Règlement interdisant les plastiques Ă  usage unique : DORS/2022-138

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 13

Enregistrement
DORS/2022-138 Le 20 juin 2022

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

C.P. 2022-723 Le 17 juin 2022

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)rĂ©fĂ©rence b, le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 25 dĂ©cembre 2021, le projet de règlement intitulĂ© Règlement interdisant les plastiques Ă  usage unique, conforme en substance au texte ci-après, et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations Ă  cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 93(3) de cette loi, le comitĂ© consultatif national s’est vu accorder la possibilitĂ© de formuler ses conseils dans le cadre de l’article 6rĂ©fĂ©rence c de celle-ci;

Attendu que la gouverneure en conseil est d’avis que, aux termes du paragraphe 93(4) de cette loi, le projet de règlement ne vise pas un point dĂ©jĂ  rĂ©glementĂ© sous le rĂ©gime d’une autre loi fĂ©dĂ©rale de manière Ă  offrir une protection suffisante pour l’environnement et la santĂ© humaine,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre de l’Environnement et du ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 93(1) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement interdisant les plastiques Ă  usage unique, ci-après.

Règlement interdisant les plastiques à usage unique

Définitions

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent règlement.

anneaux en plastique Ă  usage unique pour emballage de boissons
Articles manufacturés en plastique, composés entièrement ou partiellement de plastique, en forme de séries d’anneaux ou de bandes déformables qui sont conçues pour entourer des récipients de boissons et permettre de les transporter ensemble. (single-use plastic ring carrier)
bâtonnet à mélanger en plastique à usage unique
Article manufacturé en plastique, composé entièrement ou partiellement de plastique, qui est conçu pour remuer ou mélanger des boissons ou pour empêcher le débordement d’une boisson par le couvercle de son contenant. (single-use plastic stir stick)
paille en plastique Ă  usage unique
Article manufacturĂ© en plastique, composĂ© entièrement ou partiellement de plastique, en forme de paille qui sert Ă  boire et qui respecte l’un ou l’autre des critères suivants :
  • a) il contient du polystyrène ou du polyĂ©thylène;
  • b) ses propriĂ©tĂ©s physiques changent après cent lavages dans un lave-vaisselle d’usage domestique alimentĂ© Ă  l’électricitĂ©. (single-use plastic straw)
paille flexible en plastique Ă  usage unique
Paille en plastique à usage unique comportant un segment articulé qui permet de la plier et de la maintenir en position dans différents angles. (single-use plastic flexible straw)
récipient alimentaire en plastique à usage unique
Article manufacturĂ© en plastique, composĂ© entièrement ou partiellement de plastique, qui Ă  la fois :
  • a) est en forme de rĂ©cipient Ă  clapet, de rĂ©cipient Ă  couvercle, de boĂ®te, de gobelet, d’assiette ou de bol;
  • b) est conçu pour servir des aliments ou des boissons prĂŞts Ă  consommer ou pour les transporter;
  • c) contient de la mousse de polystyrène expansĂ©, de la mousse de polystyrène extrudĂ©, du chlorure de polyvinyle, du plastique contenant un pigment noir produit par la combustion partielle ou incomplète d’hydrocarbures ou du plastique oxodĂ©gradable. (single-use plastic foodservice ware)
sac d’emplettes en plastique à usage unique
Article manufacturĂ© en plastique, composĂ© entièrement ou partiellement de plastique, en forme de sac qui est conçu pour transporter des articles achetĂ©s dans une entreprise et qui respecte l’un ou l’autre des critères suivants :
  • a) le plastique n’est pas un tissu au sens de l’article 2 de la Loi sur l’étiquetage des textiles;
  • b) le plastique est un tissu au sens de l’article 2 de la Loi sur l’étiquetage des textiles, et il se brise ou se dĂ©chire, selon le cas :
    • (i) si le sac est utilisĂ© pour transporter un poids de dix kilogrammes sur une distance de cinquante-trois mètres Ă  cent reprises;
    • (ii) si le sac est lavĂ© conformĂ©ment aux mĂ©thodes de lavage spĂ©cifiĂ©es pour un seul lavage domestique dans la norme ISO 6330 de l’Organisation internationale de normalisation, intitulĂ©e Textiles — MĂ©thodes de lavage et de sĂ©chage domestiques en vue des essais des textiles, avec ses modifications successives. (single-use plastic checkout bag)
ustensile en plastique Ă  usage unique
Article manufacturĂ© en plastique, composĂ© entièrement ou partiellement de plastique, en forme de fourchette, de couteau, de cuillère, de cuillère-fourchette ou de baguette et qui respecte l’un ou l’autre des critères suivants :
  • a) il contient du polystyrène ou du polyĂ©thylène;
  • b) ses propriĂ©tĂ©s physiques changent après cent lavages dans un lave-vaisselle d’usage domestique alimentĂ© Ă  l’électricitĂ©. (single-use plastic cutlery)

Non-application

Transit

2 (1) Le prĂ©sent règlement ne s’applique pas aux articles manufacturĂ©s en plastique visĂ©s Ă  l’article 1 qui sont en transit au Canada, en provenance et Ă  destination d’un lieu hors du Canada, et qui sont accompagnĂ©s d’un document attestant qu’ils sont en transit.

Exportation

(2) Sous rĂ©serve des articles 8 et 9, le prĂ©sent règlement ne s’applique pas aux articles manufacturĂ©s en plastique visĂ©s Ă  l’article 1 qui sont fabriquĂ©s, importĂ©s ou vendus Ă  des fins d’exportation.

Déchets

(3) Le prĂ©sent règlement ne s’applique pas aux articles manufacturĂ©s en plastique visĂ©s Ă  l’article 1 qui sont des dĂ©chets.

Anneaux en plastique Ă  usage unique pour emballage de boissons

Interdiction — fabrication ou importation

3 (1) Il est interdit de fabriquer ou d’importer des anneaux en plastique à usage unique pour emballage de boissons.

Interdiction — vente

(2) Il est interdit de vendre des anneaux en plastique Ă  usage unique pour emballage de boissons.

Pailles en plastique Ă  usage unique

Interdiction — fabrication ou importation

4 Il est interdit de fabriquer ou d’importer des pailles en plastique à usage unique, à l’exception de pailles flexibles en plastique à usage unique.

Interdiction — vente

5 (1) Sous réserve des paragraphes (2) à (6), il est interdit de vendre des pailles en plastique à usage unique.

Exception — vente dans certains contextes

(2) Il est permis de vendre des pailles flexibles en plastique à usage unique dans un contexte qui n’est ni commercial, ni industriel, ni institutionnel.

Exception — vente interentreprise

(3) Il est permis à une entreprise de vendre un paquet d’au moins vingt pailles flexibles en plastique à usage unique à une autre entreprise.

Exception — vente au dĂ©tail

(4) Il est permis Ă  un magasin de vente au dĂ©tail de vendre un paquet d’au moins vingt pailles flexibles en plastique Ă  usage unique Ă  un client si les conditions suivantes sont rĂ©unies :

Exception — rĂ©cipients de boissons

(5) Il est permis à un magasin de vente au détail de vendre des pailles flexibles en plastique à usage unique à un client si les pailles sont emballées conjointement avec des récipients de boissons et que les récipients de boissons ont été emballés ailleurs qu’au magasin de vente au détail.

Exception — vente en Ă©tablissements de soins

(6) Il est permis à un hôpital, à un établissement médical, à un établissement de soins de longue durée ou à un autre établissement de soins de vendre des pailles flexibles en plastique à usage unique à ses patients ou à ses résidents.

Autres articles manufacturés en plastique

Interdiction — fabrication ou importation

6 (1) Il est interdit de fabriquer ou d’importer des bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique, des récipients alimentaires en plastique à usage unique, des sacs d’emplettes en plastique à usage unique ou des ustensiles en plastique à usage unique.

Interdiction — vente

(2) Il est interdit de vendre des bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique, des récipients alimentaires en plastique à usage unique, des sacs d’emplettes en plastique à usage unique ou des ustensiles en plastique à usage unique.

Analyse

Laboratoire accrédité

7 (1) Pour l’application du prĂ©sent règlement, l’analyse visant Ă  dĂ©terminer les caractĂ©ristiques physiques des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, des pailles de plastique Ă  usage unique, des pailles flexibles en plastique Ă  usage unique, des rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique ou des ustensiles en plastique Ă  usage unique est effectuĂ©e par un laboratoire qui, au moment de cette dĂ©termination, rĂ©pond aux conditions suivantes :

Normes de bonnes pratiques

(2) Lorsqu’aucune méthode n’est reconnue par un organisme de normalisation eu égard à l’analyse visant à déterminer les caractéristiques physiques des articles manufacturés en plastique visés au paragraphe (1) et que, par conséquent, la portée de l’accréditation du laboratoire ne comprend pas cette analyse, l’analyse est effectuée conformément aux normes de bonnes pratiques scientifiques généralement reconnues au moment où elle est effectuée.

Registres

Registre — exportation

8 Toute personne qui fabrique ou importe Ă  des fins d’exportation un article manufacturĂ© en plastique visĂ© par le prĂ©sent règlement conserve dans un registre les renseignements et les documents ci-après, pour chaque type d’article manufacturĂ© en plastique fabriquĂ© ou importĂ© Ă  des fins d’exportation :

Conservation du registre

9 (1) Toute personne qui a l’obligation de tenir un registre en application de l’article 8 le conserve, pendant au moins cinq ans après la date de consignation des renseignements et des documents dans le registre, Ă  son Ă©tablissement principal au Canada ou Ă  tout autre lieu au Canada oĂą le registre et les documents peuvent ĂŞtre examinĂ©s. Dans ce dernier cas, la personne informe le ministre de l’adresse municipale du lieu.

Changement d’adresse

(2) Si le lieu de conservation du registre change, la personne avise le ministre par écrit de la nouvelle adresse municipale au Canada de ce lieu dans les trente jours suivant la date du changement.

Modifications du présent règlement

10 Le paragraphe 2(2) du prĂ©sent règlement est abrogĂ©.

11 Le paragraphe 5(5) du prĂ©sent règlement est abrogĂ©.

Modification connexe au Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

12 L’annexe du Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :
Article

Colonne 1

Règlement

Colonne 2

Dispositions

38 Règlement interdisant les plastiques à usage unique
  • a) paragraphes 3(1) et (2)
  • b) article 4
  • c) paragraphe 5(1)
  • d) paragraphes 6(1) et (2)

Entrée en vigueur

Six mois après l’enregistrement

13 (1) Sous réserve des paragraphes (2) à (5), le présent règlement entre en vigueur le jour qui, dans le sixième mois suivant le mois de son enregistrement, porte le même quantième que le jour de son enregistrement ou, à défaut de quantième identique, le dernier jour de ce sixième mois.

Un an après l’enregistrement

(2) Le paragraphe 3(1) entre en vigueur au premier anniversaire de l’enregistrement du prĂ©sent règlement.

Dix-huit mois après l’enregistrement

(3) L’article 5 et le paragraphe 6(2) entrent en vigueur le jour qui, dans le dix-huitième mois suivant le mois de l’enregistrement du prĂ©sent règlement, porte le mĂŞme quantième que le jour de son enregistrement ou, Ă  dĂ©faut de quantième identique, le dernier jour de ce dix-huitième mois.

Deux ans après l’enregistrement

(4) Le paragraphe 3(2) et l’article 11 entrent en vigueur au deuxième anniversaire de l’enregistrement du prĂ©sent règlement.

Quarante-deux mois après l’enregistrement

(5) L’article 10 entre en vigueur le jour qui, dans le quarante-deuxième mois suivant le mois de l’enregistrement du prĂ©sent règlement, porte le mĂŞme quantième que le jour de son enregistrement ou, Ă  dĂ©faut de quantième identique, le dernier jour de ce quarante-deuxième mois.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les preuves scientifiques actuelles indiquent que la pollution par les macroplastiques prĂ©sente un danger Ă©cologique, avec notamment des dommages physiques, pour certains animaux et leur habitat. Les Canadiens utilisent chaque annĂ©e des quantitĂ©s importantes d’articles manufacturĂ©s en plastique Ă  usage unique. Ces plastiques Ă  usage unique sont conçus pour ĂŞtre jetĂ©s une fois leur unique utilisation effectuĂ©e. Une partie de ces dĂ©chets devient de la pollution plastique. Il est nĂ©cessaire de prendre des mesures pour restreindre ou interdire l’utilisation des plastiques Ă  usage unique qui reprĂ©sentent une menace pour l’environnement.

Description : Le Règlement interdisant les plastiques Ă  usage unique (le Règlement) interdira la fabrication, l’importation et la vente de six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (c’est-Ă -dire les sacs d’emplettes, les ustensiles, les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, les anneaux pour emballage de boissons, les bâtonnets Ă  mĂ©langer et les pailles) avec une exemption temporaire pour l’exportation. Le Règlement prĂ©voit Ă©galement des exemptions pour accommoder les personnes en situation de handicap. Puisque les sacs d’emplettes, les ustensiles et les pailles en plastique Ă  usage unique peuvent ĂŞtre remplacĂ©s par des articles en plastique rĂ©utilisables, le Règlement prĂ©voit des normes de rendement pour diffĂ©rencier les articles Ă  usage unique des articles rĂ©utilisables pour ces trois catĂ©gories de produits.

Pour les sacs d’emplettes, les ustensiles, les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, les bâtonnets Ă  mĂ©langer et les pailles en plastique Ă  usage unique, l’interdiction de fabrication et d’importation entrera en vigueur six mois après l’enregistrement du Règlement. L’interdiction de vente de ces articles entrera en vigueur 18 mois après l’enregistrement du Règlement. Les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique ne seront pas assujetties Ă  l’interdiction de fabrication et d’importation, car il est nĂ©cessaire d’assurer l’approvisionnement de ces articles pour les personnes qui en ont besoin, mais leur vente sera soumise Ă  des règles spĂ©ciales qui entreront en vigueur 18 mois après l’enregistrement du Règlement. L’interdiction de fabrication et d’importation d’anneaux en plastique Ă  usage unique pour emballage de boissons entrera en vigueur 12 mois après l’enregistrement du Règlement. L’interdiction de vente d’anneaux pour emballage de boissons ainsi que l’abrogation d’une exemption temporaire permettant la vente de pailles flexibles en plastique Ă  usage unique emballĂ©es avec des rĂ©cipients de boissons entreront en vigueur 24 mois après l’enregistrement du Règlement. Le Règlement abrogera Ă©galement l’exemption temporaire de fabrication, d’importation et de vente Ă  des fins d’exportation pour toutes les catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique 42 mois après l’enregistrement du Règlement.

Justification : Les plastiques font partie des matĂ©riaux les plus universellement utilisĂ©s dans la sociĂ©tĂ© moderne. Les articles de consommation Ă  usage unique sont les articles les plus couramment recueillis lors des activitĂ©s de ramassage des dĂ©tritus, le plastique Ă©tant le matĂ©riau le plus couramment rĂ©cupĂ©rĂ© dans les activitĂ©s de nettoyage nationales et internationales. Les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique visĂ©es par le Règlement reprĂ©sentaient une quantitĂ© estimĂ©e Ă  150 000 tonnes vendues en 2019, soit environ 3 % du total des dĂ©chets plastiques produits au Canada en 2019.

Le Règlement appuiera la StratĂ©gie visant l’atteinte de zĂ©ro dĂ©chet de plastique des gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Plusieurs autoritĂ©s provinciales, territoriales et municipales ont dĂ©jĂ  adoptĂ© des interdictions ou des normes concernant certains plastiques Ă  usage unique. Le 7 octobre 2020, le ministère de l’Environnement (le Ministère) a publiĂ© un document de consultation dans le registre de la Loi canadienne sur la protection de l’environnementrĂ©fĂ©rence 2 dĂ©crivant une approche proposĂ©e de gestion intĂ©grĂ©e des produits de plastique visant Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et Ă  prĂ©venir la pollution. Au cours de la pĂ©riode de consultation publique de 60 jours qui a suivi, le Ministère a reçu 205 observations Ă©crites reprĂ©sentant les points de vue de 245 groupes d’intervenants (151 membres de l’industrie; 39 gouvernements provinciaux, territoriaux ou municipaux; 2 groupes autochtones; 32 organisations non gouvernementales et 21 autres groupes tels que des groupes de rĂ©flexion, des groupes de dĂ©fense des droits en santĂ© et des groupes de dĂ©fense des droits des contribuables). En outre, le Ministère a reçu plus de 24 000 courriels de particuliers canadiens, ainsi qu’une pĂ©tition en ligne lancĂ©e par un groupe de la sociĂ©tĂ© civile ayant obtenu plus de 100 000 signatures indiquant un soutien Ă  l’action du gouvernement.

Le projet de Règlement a Ă©tĂ© publiĂ© dans la partie I de la Gazette du Canada le 25 dĂ©cembre 2021 suivi d’une pĂ©riode de commentaires du public d’une durĂ©e de 70 jours. Pendant cette pĂ©riode, des intervenants et des membres du public ont eu l’occasion de formuler des commentaires, par Ă©crit, au Ministère. Le Ministère a reçu des commentaires reprĂ©sentant les points de vue de 146 groupes d’intervenants (75 membres de l’industrie, 22 administrations provinciales, territoriales et municipales, un groupe autochtone, 29 organisations non gouvernementales (ONG) et 19 autres). Le Ministère a Ă©galement reçu 25 avis d’opposition concernant le projet de Règlement et des demandes pour qu’une commission de rĂ©vision soit constituĂ©e pour enquĂŞter sur la nature et l’étendue du danger que reprĂ©sentent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique visĂ©es par le Règlement. Le ministre de l’Environnement a refusĂ© de former une commission de rĂ©vision. Tous les avis d’opposition, ainsi que les rĂ©ponses du ministre figurent dans le registre de la LCPE.

Dans l’ensemble, les ONG et les administrations locales ont exprimé leur soutien au Règlement, tandis que les producteurs de résines et fabricants de produits en plastique ont soulevé des préoccupations. D’autres intervenants de l’industrie ont commencé à abandonner l’utilisation des plastiques à usage unique ou ont annoncé leur intention de le faire. Le soutien des gouvernements provinciaux et territoriaux au Règlement est partagé.

En plus des commentaires Ă©crits, le gouvernement a tenu des rĂ©unions virtuelles avec des intervenants pour rĂ©pondre Ă  leurs questions et recevoir leur rĂ©troaction. En date du 11 mars 2022, il y a eu 48 rĂ©unions virtuelles avec des intervenants, dont 27 entreprises, 12 associations de l’industrie et leurs membres, quatre organisations non gouvernementales de l’environnement, quatre gouvernements municipaux et provinciaux, et la FĂ©dĂ©ration canadienne des municipalitĂ©s. De plus, le Ministère a rencontrĂ© toutes les provinces et tous les territoires par l’intermĂ©diaire du Conseil canadien des ministres de l’environnement. De nombreuses rĂ©unions ont rassemblĂ© plusieurs intervenants dont des reprĂ©sentants de SantĂ© Canada. Lors de ces rĂ©unions, les intervenants ont eu l’occasion de poser des questions et de formuler des commentaires. Un questionnaire a Ă©galement Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  plusieurs fabricants partout au Canada en vue de recueillir de la rĂ©troaction sur les impacts sur le secteur manufacturier. Douze rĂ©ponses ont Ă©tĂ© reçues.

Le Règlement devrait entraĂ®ner une diminution nette d’environ 1,3 million de tonnes de dĂ©chets plastiques sur une pĂ©riode d’analyse de 10 ans (de 2023 Ă  2032), ce qui reprĂ©sente environ 3 % du total estimĂ© des dĂ©chets plastiquesrĂ©fĂ©rence 3 produits au Canada chaque annĂ©e. Il devrait Ă©galement entraĂ®ner une diminution d’environ 22 000 tonnes de la pollution plastiquerĂ©fĂ©rence 4 sur la mĂŞme pĂ©riode, ce qui reprĂ©sente environ 5 % de la pollution plastique totale gĂ©nĂ©rĂ©e chaque annĂ©e. Le Règlement devrait gĂ©nĂ©rer des coĂ»ts en valeur actualisĂ©e de 2 milliards de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse, dĂ©coulant principalement des coĂ»ts de substitution. Bien que ces coĂ»ts soient importants dans l’ensemble, ils seront largement rĂ©partis entre les consommateurs canadiens (environ 5 $ par habitant par annĂ©e). L’interdiction de fabrication des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique devrait Ă©galement entraĂ®ner des coĂ»ts de 176 millions de dollars pour les fabricants canadiens au cours de la pĂ©riode d’analyse.

En rĂ©duisant la pollution plastique, le Règlement devrait Ă©galement rĂ©duire le risque des dommages Ă©cologiques qui peuvent ĂŞtre causĂ©s Ă  la faune et Ă  ses habitats, ainsi qu’accroĂ®tre le plaisir des Canadiens Ă  profiter de la nature. Bien que ces avantages ne soient pas monĂ©tisĂ©s dans cette analyse, ils devraient ĂŞtre importants compte tenu des dommages liĂ©s Ă  la pollution plastique. L’analyse a monĂ©tisĂ© les avantages associĂ©s aux coĂ»ts Ă©vitĂ©s du nettoyage des dĂ©chets terrestres et de la pollution plastique marine Ă©vitĂ©e (une valeur actualisĂ©e de 616 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse).

Enjeux

L’économie canadienne gĂ©nère chaque annĂ©e de grandes quantitĂ©s de dĂ©chets plastiques, dont une certaine proportion pĂ©nètre dans l’environnement sous forme de pollution plastique. Les preuves scientifiques actuelles indiquent que la pollution par les macroplastiques cause des dommages physiques Ă  la faune Ă  l’échelle des individus et a le potentiel d’affecter nĂ©gativement l’intĂ©gritĂ© de l’habitat. Les articles manufacturĂ©s en plastique Ă  usage unique sont des contributeurs importants Ă  la pollution plastique, car ils sont conçus pour ĂŞtre jetĂ©s une fois leur unique utilisation effectuĂ©e. La prĂ©vention de la pollution et de la production des dĂ©chets est un domaine de compĂ©tence partagĂ© important de tous les ordres de gouvernement au Canada, et la pollution plastique constitue un problème de dimension nationale et internationale qui ne peut ĂŞtre Ă©liminĂ© efficacement par des mesures provinciales, territoriales ou locales uniquement. Par consĂ©quent, le ministre de l’Environnement et le ministre de la SantĂ© (les ministres), conformĂ©ment Ă  l’article 93 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE ou « la Loi Â»], ont recommandĂ© au gouverneur en conseil l’élimination ou la restriction de six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique assujetties au Règlement. Il s’agit des sacs d’emplettes, des ustensiles, des rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, des anneaux pour emballage de boissons, des bâtonnets Ă  mĂ©langer et des pailles (ci-après dĂ©nommĂ©s les « six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Â»).

Contexte

Cycle de vie des articles manufacturés en plastique dans l’économie canadienne

Les plastiques font partie des matĂ©riaux les plus universellement utilisĂ©s dans la sociĂ©tĂ© moderne. Les plastiques sont peu coĂ»teux et durables et sont utilisĂ©s dans une vaste gamme d’applications, comme les emballages, les matĂ©riaux de construction, les matĂ©riaux automobiles, l’électronique, les textiles ainsi que les Ă©quipements mĂ©dicaux. Les plastiques peuvent ĂŞtre produits Ă  partir d’un grand nombre de composĂ©s organiques synthĂ©tiques ou semi-synthĂ©tiques et sont composĂ©s de polymères Ă  longue chaĂ®ne de masse molĂ©culaire Ă©levĂ©e qui contiennent souvent des additifs chimiques. DiffĂ©rents polymères peuvent ĂŞtre fabriquĂ©s au moyen de diffĂ©rents mĂ©langes de produits pĂ©troliers, de matières premières d’origine vĂ©gĂ©tale ou de plastiques recyclĂ©s et rĂ©cupĂ©rĂ©s. Les articles manufacturĂ©s en plastique peuvent ĂŞtre façonnĂ©s en une forme physique ou en une conception prĂ©cise pendant la fabrication et remplir de nombreuses fonctions diffĂ©rentes. Ils peuvent ĂŞtre des produits finis ou des composants de produits. Dans un contexte environnemental, la documentation scientifique classe souvent la pollution plastique par taille. Les morceaux de plastique dont la taille est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  5 millimètres (mm) sont appelĂ©s « microplastiques Â», tandis que ceux dont la taille est supĂ©rieure Ă  5 mm sont appelĂ©s « macroplastiques Â». Les microplastiques peuvent ĂŞtre des « microplastiques primaires Â» (microparticules de plastique manufacturĂ©es intentionnellement) ou des « microplastiques secondaires Â» (microparticules de plastique provenant de la fragmentation d’articles en plastique manufacturĂ©s plus gros).

La gestion appropriĂ©e des articles manufacturĂ©s en plastique reprĂ©sente un problème mondial, car des millions de tonnes de plastique sont produites chaque annĂ©e dans le monde et parce que la pollution plastique qui pĂ©nètre dans les ocĂ©ans est transportĂ©e sur de longues distances vers d’autres parties du globe. On estime que la moitiĂ© des plastiques produits chaque annĂ©e sont destinĂ©s Ă  des articles Ă  usage uniquerĂ©fĂ©rence 5. En 2020, 367 millions de tonnes de plastique ont Ă©tĂ© produites dans le monde, soit une baisse de 0,3 % par rapport Ă  2019rĂ©fĂ©rence 6. La pandĂ©mie de COVID-19 a modifiĂ© de façon importante l’activitĂ© Ă©conomique et les profils de demandes, dans certains cas, augmentant la consommation des plastiques Ă  usage unique (p. ex., fournis avec les repas Ă  emporter) et des emballages en plastique (p. ex., dĂ» Ă  la croissance du commerce Ă©lectronique). Celle-ci a Ă©galement diminuĂ© la consommation des plastiques dans d’autres secteurs Ă©conomiques tels que le commerce de gros et de dĂ©tail, la fabrication d’automobiles et la constructionrĂ©fĂ©rence 7.

Afin de mieux comprendre les quantités, les utilisations et la gestion en fin de vie des plastiques dans l’économie canadienne, le ministère de l’Environnement a commandé l’Étude économique sur l’industrie, les marchés et les déchets du plastique au Canada (l’étude de Deloitte de 2019). Cette étude publiée en 2019 a présenté la première caractérisation détaillée des flux physiques des matières plastiques dans l’économie canadienne. S’appuyant sur cette étude et en l’approfondissant, Statistique Canada a depuis publié son compte des flux physiques des matières plastiques, qui décrit la production et le sort des plastiques dans l’économie canadienne.

Statistique Canada a estimĂ© qu’environ 6,3 millions de tonnes de rĂ©sines plastiques (matières premières) ont Ă©tĂ© introduites sur le marchĂ© national en 2018, tandis qu’environ 4,4 millions de tonnes d’articles manufacturĂ©s en plastique sont devenues des dĂ©chets plastiques. Le secteur des emballages reprĂ©sente Ă  lui seul 50 % (environ 2,2 millions de tonnes) de l’ensemble des dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©s, car la grande majoritĂ© des emballages sont conçus pour se transformer en dĂ©chets après une seule utilisation. Des 4,4 millions de tonnes de dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©s Ă  l’échelle nationale en 2018, 3,9 millions de tonnes (87 %) se sont retrouvĂ©s dans des sites d’enfouissement ou ont Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©s sans rĂ©cupĂ©ration d’énergie, 365 000 tonnes (8 %) ont Ă©tĂ© recyclĂ©es, 149 000 tonnes (4 %) ont Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©es avec rĂ©cupĂ©ration d’énergie, et 43 000 tonnes (1 %) sont devenues de la pollution plastique. D’après ces chiffres, les Canadiens ont produit environ un kilogramme de pollution plastique par habitant en 2018.

Ces donnĂ©es Ă©tayent les rĂ©sultats de l’étude de Deloitte de 2019 selon laquelle l’économie canadienne des plastiques est principalement linĂ©aire, plutĂ´t que circulaire. Dans le cadre d’une Ă©conomie linĂ©aire, les articles manufacturĂ©s en plastique suivent un parcours unidirectionnel : production Ă  partir de matĂ©riaux essentiellement vierges (par opposition aux matĂ©riaux recyclĂ©s), utilisation (jusqu’à ce qu’ils ne soient plus jugĂ©s utiles), puis Ă©limination dans le flux des dĂ©chets, principalement dans des sites d’enfouissement. En d’autres termes, la plupart des articles en plastique fabriquĂ©s dans une Ă©conomie linĂ©aire sont produits Ă  partir de rĂ©sines vierges, et leur valeur n’est pas rĂ©cupĂ©rĂ©e Ă  la fin de leur vie utile. Ainsi, la plupart des dĂ©chets plastiques produits au Canada entrent dans les sites d’enfouissement et sortent de l’économie, ce qui reprĂ©sente une importante perte de possibilitĂ©s Ă©conomiques potentielles.

En revanche, une économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui récupère et réintègre les produits, les composants et les matériaux par des stratégies telles que la réutilisation, la réparation, la remise à neuf ou (en dernier recours) le recyclageréférence 8. Dans le cadre d’une économie circulaire, les articles manufacturés en plastique sont produits selon plusieurs voies différentes, dont l’une comprend l’utilisation de résines recyclées. Leur valeur est récupérée à la fin de leur vie utile pour être réintégrée dans l’économie. De cette façon, la fin de la chaîne de valeur d’un article manufacturé devient le début de la chaîne de valeur d’un autre article, ce qui permet d’allonger les cycles de vie et de réduire les déchets.

De nombreux facteurs contribuent Ă  la nature linĂ©aire de l’économie des plastiques au Canada, notamment les suivants :

L’étude de Deloitte de 2019 a estimĂ© que 2 500 tonnes de dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©s au Canada en 2016 ont Ă©tĂ© rejetĂ©es dans les ocĂ©ans sous forme de pollution plastique, tandis qu’il n’existe actuellement aucune estimation de la quantitĂ© de pollution plastique rejetĂ©e dans les eaux douces canadiennes (p. ex., les Grands Lacs, les autres lacs, les rivières) qui n’atteint jamais les ocĂ©ans. Ă€ l’international, des Ă©tudes universitaires ont estimĂ© que la quantitĂ© totale de pollution plastique qui pĂ©nètre dans les ocĂ©ans Ă  l’échelle mondiale se situe entre 8 et 13 millions de tonnes par anrĂ©fĂ©rence 9. En fait, les plastiques constituent le type de dĂ©chets le plus rĂ©pandu dans les ocĂ©ans. On estime qu’ils reprĂ©sentent au moins 80 % de l’ensemble des dĂ©bris marins (des eaux de surface aux sĂ©diments des profondeurs), les sacs en plastique Ă©tant parmi les articles les plus rĂ©pandusrĂ©fĂ©rence 10.

L’étude de Deloitte de 2019 indique que l’une des principales voies par lesquelles les dĂ©chets plastiques se transforment en pollution plastique terrestre ou marine est l’abandon par les gens de dĂ©tritus sur le sol ou directement dans les milieux aquatiques. On estime que 80 % de toute la pollution plastique marine provient de la terre et est transportĂ©e vers les ocĂ©ans par le vent ou les rivières, les 20 % restants Ă©tant attribuables aux activitĂ©s de pĂŞche, aux catastrophes naturelles et Ă  d’autres sourcesrĂ©fĂ©rence 11. Une fois que la pollution plastique atteint les ocĂ©ans, la majoritĂ© des dĂ©chets s’altèrent lentement et se fragmentent en microplastiques, s’accumulent sur les rivages, coulent au fond de la mer ou flottent Ă  la surface de la mer, mais ne se dĂ©composent jamais complètement.

La pollution plastique est présente sur le littoral de tous les continents, sa prolifération étant plus importante près des destinations touristiques et des zones densément peuplées. Les activités de nettoyage à grande échelle des déchets en mer et en eau douce sont très coûteuses et, par conséquent, limitées. Bien que ces nettoyages puissent avoir des effets bénéfiques temporaires, ils ne modifient pas l’afflux de pollution plastique dans les milieux marins ou d’eau douce et doivent donc être reproduits fréquemment pour obtenir des avantages durables. C’est pourquoi la prévention de la pollution plastique dans l’environnement est souvent considérée comme la seule approche viable pour gérer efficacement la question de la pollution plastique marine à long termeréférence 12.

Évaluation scientifique de la pollution plastique

En octobre 2020, le ministère de l’Environnement et le ministère de la SantĂ© ont publiĂ© une Évaluation scientifique de la pollution plastique (l’évaluation scientifique) sur le site Web Canada.ca (Substances chimiques). Cette Ă©valuation scientifique a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e afin de rĂ©sumer l’état actuel des connaissances scientifiques concernant les effets potentiels de la pollution plastique sur l’environnement et la santĂ© humaine ainsi que d’orienter les futures recherches et d’éclairer les prises de dĂ©cisions concernant la pollution plastique au Canada. L’évaluation scientifique a rĂ©vĂ©lĂ© que la pollution par les macroplastiques et les microplastiques est omniprĂ©sente dans l’environnement. L’évaluation scientifique a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© que de nombreuses sources de rejet contribuent Ă  la pollution plastique et que les effets potentiels des microplastiques sur la faune, l’environnement et la santĂ© humaine ne sont pas clairs et nĂ©cessitent davantage de recherches.

En ce qui concerne la pollution par les macroplastiques, l’évaluation scientifique a mis en lumière des preuves d’effets nĂ©fastes, notamment la mortalitĂ©, pour certains animaux par :

Dans l’ensemble, l’évaluation scientifique recommande de prendre des mesures immĂ©diates pour rĂ©duire la prĂ©sence de la pollution plastique dans l’environnement, conformĂ©ment au principe de prĂ©caution dĂ©fini Ă  l’article 2 de la LCPE.

Mesures gouvernementales concernant les déchets plastiques et la pollution plastique

Le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  prendre des mesures pour rĂ©duire les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique de plusieurs manières. En novembre 2018, par l’entremise du Conseil canadien des ministres de l’environnement, les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux ont approuvĂ© en principe une stratĂ©gie pancanadienne visant l’atteinte de zĂ©ro dĂ©chet de plastique (PDF) (la stratĂ©gie). La stratĂ©gie adopte une approche d’économie circulaire Ă  l’égard du plastique et fournit un cadre d’action au Canada. Les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux collaborent pour mettre en Ĺ“uvre le Plan d’action visant l’atteinte de zĂ©ro dĂ©chet de plastique (le plan d’action), dont la phase 1 (PDF) et la phase 2 (PDF) ont Ă©tĂ© approuvĂ©es en 2019 et en 2020, respectivement.

En octobre 2020, le gouvernement a publiĂ© un document de discussion intitulĂ© Une approche proposĂ©e de gestion intĂ©grĂ©e des produits de plastique visant Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et Ă  prĂ©venir la pollution (le document de consultation). Le document de consultation prĂ©sente une approche proposĂ©e de gestion intĂ©grĂ©e qui porte sur l’ensemble du cycle de vie des plastiques afin de rĂ©duire les dĂ©chets plastiques et Ă  prĂ©venir la pollution plastique. Le gouvernement a dĂ©crit une sĂ©rie de mesures Ă  mettre au point dans le cadre de la LCPE afin de mettre en Ĺ“uvre l’approche de gestion intĂ©grĂ©e, qui vise Ă  :

Sur la base des conclusions de l’évaluation scientifique et d’autres renseignements disponibles, les ministres ont acquis la certitude que les articles manufacturĂ©s en plastique satisfaisaient au critère Ă©cologique d’une substance toxique, tel qu’il est dĂ©fini Ă  l’alinĂ©a 64a) de la LCPE. Afin d’élaborer des mesures de gestion des risques en vertu de la LCPE pour faire face aux risques Ă©cologiques potentiels associĂ©s Ă  certains articles manufacturĂ©s en plastique qui deviennent de la pollution plastique, l’administrateur en conseil a pris un dĂ©cret d’inscription des produits manufacturĂ©s en plastique Ă  l’annexe 1 de la LCPE qui a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada le 12 mai 2021. La liste permet aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques en vertu de la LCPE, qui cibleraient les sources de pollution plastique et modifieraient les comportements Ă  des Ă©tapes clĂ©s du cycle de vie des produits de plastique, comme la conception, la fabrication, l’utilisation, l’élimination et la rĂ©cupĂ©ration.

Articles les plus répandus contribuant à la pollution plastique

Ă€ l’international, les articles de consommation Ă  usage unique sont les articles les plus couramment ramassĂ©s lors des activitĂ©s de nettoyage des dĂ©tritus, le plastique Ă©tant le matĂ©riau le plus couramment rĂ©cupĂ©rĂ©. La plupart des 10 premiers Ă©lĂ©ments indiquĂ©s dans le rapport International Coastal Cleanup 2020 de l’Ocean Conservancy [en anglais seulement] (auquel le Canada a participĂ©) Ă©taient en plastique ou en contenaient. Ces articles comprenaient les emballages alimentaires, les filtres Ă  cigarettes, les bouteilles de boisson en plastique, autres dĂ©chets non prĂ©cisĂ©s, les bouchons de bouteille en plastique, les sacs d’emplettes en plastique, les pailles, les bâtonnets Ă  mĂ©langer, et les rĂ©cipients alimentaires en plastique. Depuis 2017, les 10 objets les plus recueillis chaque annĂ©e sont tous en plastique. De mĂŞme, les donnĂ©es fondĂ©es sur le total des articles recueillis au fil du temps par l’Agence europĂ©enne pour l’environnementrĂ©fĂ©rence 13 montrent que les catĂ©gories les plus courantes d’articles trouvĂ©s comme dĂ©chets marins sur la plage sont les filtres Ă  cigarettes, les bouchons et les couvercles de boissons en plastique, les sacs d’emplettes, les ficelles et cordes d’emballage alimentaire, les cotons-tiges, les bouteilles de boisson et les rĂ©cipients alimentaires. En ce qui concerne les matĂ©riaux, on a constatĂ© que le plastique reprĂ©sentait 87 % de tous les matĂ©riaux recueillis au fil du tempsrĂ©fĂ©rence 13.

Ă€ l’échelle nationale, le Grand nettoyage des rivages canadiens, a Ă©galement permis de trouver en gĂ©nĂ©ral des filtres Ă  cigarettes, des emballages alimentaires, des bouchons de bouteilles, des sacs en plastique, des bouteilles en plastique et des pailles dans les 10 types de dĂ©chets les plus frĂ©quemment recueillis. MĂŞme si les quantitĂ©s recueillies par le Grand nettoyage des rivages canadiens Ă©taient plus faibles en 2020, en raison principalement de la pandĂ©mie de COVID-19 qui a limitĂ© la participation, la quantitĂ© recueillie en 2019 reprĂ©sentait presque le double de celle dĂ©clarĂ©e en 2017, en poids. Les autres articles en plastique couramment trouvĂ©s lors des nettoyages du littoral comprennent les ustensiles, les anneaux pour emballage de boissons, les gobelets, les morceaux de mousse et les fragments de plastique ainsi que les produits d’hygiène personnelle.

Malgré les différences du nombre d’articles récupérés dans chaque catégorie, certaines d’entre elles sont considérées comme étant plus problématiques sur le plan environnemental, car elles sont plus nocives pour la faune et la flore ou l’environnement en général, en raison de la composition, du poids et de la forme, ou de la structure. Parmi les articles de consommation courante en plastique, les sacs en plastique sont ceux qui ont le plus de répercussions sur la faune marineréférence 14. Les sacs en plastique sont légers et ont généralement des poignées en boucle dans lesquelles les animaux sauvages peuvent s’emmêler. Les anneaux pour emballage de boissons peuvent également représenter une menace d’enchevêtrement, car ils ont également une structure en boucle. Les sacs et ustensiles en plastique ont été classés comme les articles en plastiques présentant le plus grand risque d’ingestion par les oiseaux de mer, les tortues et les mammifères marinsréférence 14. On considère que de nombreux articles de consommation fréquemment recueillis lors des activités de ramassage des détritus posent également des problèmes de récupération de la valeur, car ils sont composés de plastiques problématiques pour lesquels les taux de recyclage sont très faibles.

Action du gouvernement concernant les articles manufacturés en plastique à usage unique

En juin 2019, le premier ministre a annoncĂ© un engagement du gouvernement du Canada consistant Ă  prendre des mesures pour rĂ©duire les quantitĂ©s de dĂ©chets plastiques et la pollution plastique, notamment en collaborant avec les provinces et les territoires pour mettre en Ĺ“uvre des normes et des objectifs qui rendraient les entreprises qui fabriquent des produits de plastique ou qui vendent des articles avec des emballages en plastique responsables de leurs dĂ©chets plastiques. Dans la mĂŞme annonce, le premier ministre a Ă©noncĂ© l’engagement du gouvernement du Canada Ă  interdire les plastiques Ă  usage unique nocifs dès 2021, lorsque cela est justifiĂ© et appuyĂ© par des preuves scientifiques. Cet engagement a Ă©tĂ© reconfirmĂ© dans la lettre de mandat de 2019 et la lettre de mandat de 2021 adressĂ©es au ministre de l’Environnement (le ministre) et dans le discours du TrĂ´ne en septembre 2020.

Afin de dĂ©terminer les plastiques Ă  usage unique qui sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant nocifs et qui justifient une interdiction au Canada, le Ministère a Ă©laborĂ© un cadre de gestion pour catĂ©goriser les plastiques Ă  usage unique (le Cadre), tel qu’il est prĂ©sentĂ© dans le document de consultation. Le Cadre a permis de classer un vaste Ă©ventail de plastiques Ă  usage unique couramment recueillis comme dĂ©chets ou signalĂ©s par d’autres autoritĂ©s (p. ex., diffĂ©rents types de sacs, diffĂ©rents types d’emballages, filtres Ă  cigarettes, dosettes de cafĂ©) comme Ă©tant soit problĂ©matiques sur le plan environnemental, soit problĂ©matiques sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur, soit les deux. L’évaluation scientifique fournit la justification pour prendre des mesures. Comme l’indique le document de consultation, une rĂ©flexion plus approfondie a Ă©tĂ© menĂ©e sur les plastiques Ă  usage unique Ă  inclure dans le Règlement. Les plastiques Ă  usage unique qui sont visĂ©s par l’interdiction doivent satisfaire aux critères d’un Ă©lĂ©ment problĂ©matique du point de vue environnemental et du point de vue de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur grâce Ă  des preuves scientifiques permettant d’évaluer la prĂ©valence environnementale et les dĂ©fis de rĂ©cupĂ©ration de la valeur, en tenant compte des exemptions pour certaines fonctions essentielles. Après avoir Ă©valuĂ© de cette façon la vaste sĂ©lection de plastiques Ă  usage unique, le Cadre a permis de cerner six plastiques Ă  usage unique nocifs, ou catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă©tablies par utilitĂ©, dont une interdiction ou une restriction sont justifiĂ©es au Canada.

Sacs d’emplettes Ă©galement connus sous les noms de « sacs Ă  provisions Â», « sacs d’épicerie Â» ou « sacs fourre-tout Â». Ces articles sont gĂ©nĂ©ralement remis aux clients aux points de vente au dĂ©tail pour transporter les marchandises achetĂ©es dans une entreprise. Ils sont gĂ©nĂ©ralement (mais pas exclusivement) fabriquĂ©s Ă  partir d’une pellicule de polyĂ©thylène haute ou basse densitĂ©, et peuvent avoir ou non des poignĂ©es. Les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique ont un faible taux de recyclage (estimĂ© Ă  moins de 15 %) bien qu’ils soient acceptĂ©s dans plusieurs programmes de recyclage au Canada, et entravent notoirement les systèmes de recyclage en se coinçant dans les machines de tri et de traitement. Ils font partie des types les plus courants de dĂ©tritus plastiques dans l’environnement naturel (p. ex., 31 164 unitĂ©s ont Ă©tĂ© recueillies sur les rivages canadiens en 2019 dans le cadre du Grand nettoyage des rivages canadiens). Les experts ont dĂ©terminĂ© que les sacs d’emplettes prĂ©sentaient une menace d’enchevĂŞtrement, d’ingestion et de perturbation de l’habitat pour la faune marine.

Ustensiles (couteaux, fourchettes, cuillères, cuillères-fourchettes et baguettes). Ces articles sont gĂ©nĂ©ralement donnĂ©s aux clients par les restaurants et autres vendeurs d’aliments sur place ou Ă  emporter, mais ils peuvent Ă©galement ĂŞtre achetĂ©s en vrac dans de nombreux commerces de dĂ©tail tels que les Ă©piceries ou les magasins Ă  un dollar. Ils sont gĂ©nĂ©ralement (mais pas exclusivement) fabriquĂ©s en polypropylène ou en polystyrène. Les ustensiles en plastique Ă  usage unique ont un faible taux de recyclage (estimĂ© Ă  près de 0 %), et ne sont gĂ©nĂ©ralement pas acceptĂ©s dans les systèmes de recyclage provinciaux ou municipaux. Ce sont des formes courantes de dĂ©tritus plastiques (p. ex., 10 772 unitĂ©s ont Ă©tĂ© recueillies sur les rivages du Canada en 2019 dans le cadre du Grand nettoyage des rivages canadiens). Lorsqu’ils sont jetĂ©s dans la nature, les ustensiles sont classĂ©s comme une menace pour la faune, car ils sont frĂ©quemment rencontrĂ©s dans l’environnement, ils transportent des rĂ©sidus alimentaires qui encouragent l’ingestion et ils possèdent des propriĂ©tĂ©s rigides qui les rendent nocifs (p. ex., en perforant les organes) une fois consommĂ©srĂ©fĂ©rence 14.

RĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent. Cette catĂ©gorie comprend les rĂ©cipients Ă  clapet, les rĂ©cipients Ă  couvercle, les cartons, les gobelets, les assiettes et les bols utilisĂ©s pour servir ou transporter des aliments ou des boissons prĂ©parĂ©s (c’est-Ă -dire prĂŞts Ă  ĂŞtre consommĂ©s sans autre prĂ©paration, comme la cuisson, l’ébullition ou le chauffage). Cette catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique n’inclut que ceux fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques qui sont dĂ©finis comme la mousse de polystyrène extrudĂ© ou expansĂ©, le chlorure de polyvinyle, les plastiques oxodĂ©gradables ou les plastiques qui contiennent l’additif « noir de carbone Â». Lorsqu’ils sont jetĂ©s dans l’environnement, les rĂ©cipients alimentaires peuvent ĂŞtre classĂ©s dans diverses catĂ©gories, selon le type de plastique utilisĂ© (p. ex., on s’attend Ă  ce qu’ils fassent partie du total des unitĂ©s recueillies dans les catĂ©gories suivantes : mousse [24 213 unitĂ©s], emballages et contenants alimentaires [74 224 unitĂ©s] ou petits morceaux de plastique ou de mousse [595 227 unitĂ©s] lors du Grand nettoyage des rivages canadiens de 2019). Les rĂ©cipients alimentaires sous forme de rĂ©cipients en polystyrène expansĂ©, de rĂ©cipients Ă  emporter, de gobelets et d’assiettes ainsi que de couvercles en plastique pour aliments ont tous Ă©tĂ© classĂ©s par les experts parmi les plus dangereux pour la faune en raison de la contamination et, dans le cas de la mousse de polystyrène, de l’ingestion.

Anneaux pour emballage de boissons Les anneaux pour emballage de boissons sont des bandes dĂ©formables placĂ©es sur les rĂ©cipients de boissons (p. ex., les canettes, les bouteilles) afin de les emballer pour le transport. Ils peuvent ĂŞtre coupĂ©s pour contenir diffĂ©rents multiples de rĂ©cipients (p. ex., deux canettes, huit canettes). Ils sont gĂ©nĂ©ralement fabriquĂ©s en polyĂ©thylène basse densitĂ©. Les anneaux pour emballage de boissons ne sont gĂ©nĂ©ralement pas recyclĂ©s au Canada et ne sont pas acceptĂ©s par les systèmes de recyclage provinciaux ou municipaux. Les anneaux pour emballage de boissons reprĂ©sentent une forme courante de dĂ©tritus plastiques (p. ex., 1 627 unitĂ©s collectĂ©es sur les rivages du Canada en 2019 dans le cadre du Grand nettoyage des rivages canadiens) et sont reconnus comme prĂ©sentant une menace d’enchevĂŞtrement pour les espèces sauvages telles que les oiseaux de mer.

Bâtonnets Ă  mĂ©langer (Ă©galement appelĂ©s « agitateurs Â» ou « mĂ©langeurs de boissons Â»). Les bâtonnets Ă  mĂ©langer sont gĂ©nĂ©ralement fabriquĂ©s en polypropylène ou en polystyrène. Ils peuvent avoir la forme d’un bâtonnet, d’une tige ou d’un tube, et peuvent Ă©galement comporter des Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs (p. ex., les bâtonnets Ă  mĂ©langer pour cocktails ou les pilons) ou disposer d’accessoires permettant de fermer les couvercles des gobelets de cafĂ©. Ils ont des taux de recyclage très faibles, voire nuls, et ne sont gĂ©nĂ©ralement pas acceptĂ©s dans les systèmes de recyclage provinciaux ou municipaux. Les bâtonnets Ă  mĂ©langer sont trouvĂ©s comme dĂ©chets dans l’environnement. Ils sont gĂ©nĂ©ralement classĂ©s dans la mĂŞme catĂ©gorie que les pailles (p. ex., les bâtonnets Ă  mĂ©langer feraient partie des 26 157 unitĂ©s collectĂ©es en 2019 dans le cadre du Grand nettoyage des rivages canadiens dans la catĂ©gorie des pailles). Les bâtonnets Ă  mĂ©langer reprĂ©sentent les mĂŞmes menaces pour la faune que les pailles.

Pailles Les pailles sont gĂ©nĂ©ralement remises aux clients des restaurants, des cafĂ©s et d’autres vendeurs de nourriture avec les boissons achetĂ©es. Elles sont gĂ©nĂ©ralement (mais pas exclusivement) fabriquĂ©es en polypropylène et sont de dimensions variables. Elles peuvent Ă©galement ĂŞtre vendues en paquets de plusieurs pailles dans des magasins de vente au dĂ©tail comme les Ă©piceries et les magasins Ă  un dollar, ou ĂŞtre emballĂ©es avec un autre produit (p. ex., une boĂ®te de jus). Les pailles en plastique sont frĂ©quentes dans les donnĂ©es sur les dĂ©chets recueillis dans la nature (p. ex., 26 157 unitĂ©s de pailles et de bâtonnets Ă  mĂ©langer recueillies au Canada en 2019 dans le cadre du Grand nettoyage des rivages canadiens). Elles ont des taux de recyclage faibles ou nuls en raison de leur taille et de leur forme, et ne sont gĂ©nĂ©ralement pas acceptĂ©es dans les systèmes de recyclage provinciaux ou municipaux. Pour les experts, les pailles constituent une menace importante pour la faune dans l’environnement par l’ingestion (p. ex., en perforant les organes).

Actions provinciales, territoriales et municipales sur les SUP

Plusieurs autoritĂ©s municipales et provinciales ont dĂ©jĂ  mis en place des interdictions visant certaines de ces six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, l’Île-du-Prince-Édouard a mis en Ĺ“uvre des interdictions sur les sacs en plastique Ă  usage unique en 2019, et Terre-Neuve-et-Labrador et la Nouvelle-Écosse ont mis en Ĺ“uvre des interdictions sur les sacs en plastique Ă  usage unique en  et en 2020. Ces interdictions permettent aux entreprises de proposer des sacs en papier ou rĂ©utilisables. Seule l’Île-du-Prince-Édouard impose des frais minimums pour proposer des sacs de substitution. Ces trois interdictions concernent Ă©galement les sacs en plastique Ă  usage unique compostables et oxodĂ©gradables et prĂ©voient diverses exemptions. En mai 2021, le discours du TrĂ´ne du Yukon a signalĂ© l’intention du gouvernement d’interdire les plastiques Ă  usage unique et, en date de janvier 2022, tous les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique sont interdits sur le territoire. En fĂ©vrier 2022, aucune autre interdiction concernant les plastiques Ă  usage unique n’avait Ă©tĂ© promulguĂ©e Ă  l’échelle provinciale ou territoriale, bien que la Colombie-Britannique ait publiĂ© un cadre pour faciliter les interdictions municipales, et modifiĂ© sa loi sur la protection de l’environnement pour lui permettre de mettre en place une interdiction provincialerĂ©fĂ©rence 15. Un grand nombre de municipalitĂ©s ont mis en Ĺ“uvre une interdiction locale des plastiques Ă  usage unique. Par exemple, Vancouver, MontrĂ©al, Sherbrooke et plusieurs petites municipalitĂ©s canadiennes ont interdit les sacs en plastique Ă  usage unique. La ville d’Edmonton a rĂ©cemment annoncĂ© un plan pour rĂ©glementer certains plastiques Ă  usage unique, tels les sacs en plastique, les rĂ©cipients alimentaires en mousse de polystyrène, les ustensiles, les pailles, les gobelets, les condiments et serviettes prĂ©emballĂ©s.

Quelques caractéristiques choisies concernant le marché canadien

Selon l’étude de Deloitte de 2019, la fabrication canadienne de produits de plastique (y compris les plastiques Ă  usage unique et les biens durables) a reprĂ©sentĂ© des ventes de 25 milliards de dollars en 2017. Dans cette Ă©tude, les auteurs ont dĂ©terminĂ© que les Ă©tablissements de fabrication de matières plastiques Ă©taient principalement situĂ©s en Ontario (44 %), au QuĂ©bec (28 %), en Colombie-Britannique (11 %) et en Alberta (8 %). Les informations de Statistique Canada indiquent qu’en 2017, les fabricants nationaux de plastiques ont satisfait environ 50 % de la demande nationale, tandis que les importations ont satisfait les 50 % restantsrĂ©fĂ©rence 16. On estime que les ÉtatsUnis reçoivent 90 % des exportations canadiennes et fournissent plus de 60 % des importations canadiennes.

Répartition entre les six catégories de plastiques à usage unique

Comme le montre le tableau 1, les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ont reprĂ©sentĂ© des ventes d’environ 760 millions de dollars en 2019, soit près de 30 milliards d’unitĂ©s vendues. Par habitant et par jour, ces valeurs se traduisent par environ 0,06 $ de ventes et 2,2 unitĂ©s vendues. En supposant que chaque unitĂ© vendue a rempli son usage unique dans les plus brefs dĂ©lais après sa vente, la masse de chaque unitĂ© vendue devient rapidement un dĂ©chet plastique. Sur la base de cette hypothèse, les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ont gĂ©nĂ©rĂ© environ 150 000 tonnes de dĂ©chets plastiques, ce qui reprĂ©sente Ă  peu près 4 % du total des dĂ©chets plastiques produits au Canada en 2019rĂ©fĂ©rence 17.

Tableau 1 : CaractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© note a du tableau b1 pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique en 2019
CatĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique note b du tableau b1 Volume des ventes (en millions d’unitĂ©s) Croissance annuelle moyenne (2015 Ă  2019, en volume) Prix unitaire (en dollars
de 2021)
Valeur
(en millions, en dollars de 2021)
Poids unitaire (grammes) Tonnage
Sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique 15 593 2,5 % 0,03 $ 429 $ 8 124 746
Ustensiles en plastique Ă  usage unique 4 612 2,0 % 0,04 $ 170 $ 2,4 11 112
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent note d du tableau b1 469 0,9 % 0,09 $ 43 $ 19,0 8 685
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique 183 1,9 % 0,03 $ 6 $ 3,5 648
Bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique 2 950 3,1 % 0,01 $ 31 $ 0,6 1 770
Pailles en plastique Ă  usage unique 5 846 2,7 % 0,01 $ 81 $ 0,4 2 339
Total (ou moyenne pondĂ©rĂ©e) note c du tableau b1 29 654 2,5 % 0,03 $ 760 $ 5,0 149 300

Note(s) du tableau b1

Note a du tableau b1

Les caractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© correspondent aux donnĂ©es et aux mĂ©thodologies dĂ©crites dans la section « Avantages et coĂ»ts Â».

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Note b du tableau b1

Les dĂ©finitions de chacun de ces termes sont prĂ©sentĂ©es dans la section « Description Â».

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Note c du tableau b1

Le total peut différer de la somme des éléments en raison de l’arrondissement.

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Note d du tableau b1

La quantité de récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent a changé de façon importante par rapport à ce qui avait été déclaré dans le résumé de l’étude d’impact de la réglementation publié dans la Partie I de la Gazette du Canada (GCI). C’est parce que l’analyse publiée dans la GCI contenait une erreur de modélisation faisant en sorte à surévaluer la quantité de récipients alimentaires vendus en 2019 considérés comme fabriqués à partir de plastiques problématiques ou en contiennent. Par conséquent, le volume des ventes et les paramètres mesurés connexes qui sont présentés dans le tableau 1 ont diminué.

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Les gouvernements et l’industrie ont rĂ©alisĂ© d’importants progrès ces dernières annĂ©es Ă  l’échelle mondiale pour Ă©liminer progressivement plusieurs plastiques Ă  usage unique communĂ©ment identifiĂ©s, en particulier les sacs en plastique Ă  usage unique, comme il est dĂ©crit dans le Global Commitment 2021 Progress Report [en anglais seulement] publiĂ© par la Fondation Ellen MacArthur et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Au Canada, certaines grandes entreprises ont annoncĂ© ou ont dĂ©jĂ  mis en Ĺ“uvre des mesures visant Ă  rĂ©duire l’utilisation de certains plastiques Ă  usage unique. Par exemple, plusieurs entreprises du secteur de la restauration rapiderĂ©fĂ©rence 18,rĂ©fĂ©rence 19,rĂ©fĂ©rence 20 ont dĂ©jĂ  Ă©liminĂ© les pailles et d’autres objets en plastique Ă  usage unique dans leurs Ă©tablissements canadiens. Certains restaurants Ă  service complet se sont Ă©galement engagĂ©s Ă  Ă©liminer toutes les pailles en plastique Ă  usage unique de leurs restaurantsrĂ©fĂ©rence 21. Dans le domaine du commerce de dĂ©tail, plusieurs chaĂ®nes d’épicerie et d’autres dĂ©taillants ont Ă©liminĂ© ou se sont engagĂ©s Ă  Ă©liminer les sacs en plastique Ă  usage unique de leurs magasinsrĂ©fĂ©rence 22,rĂ©fĂ©rence 23,rĂ©fĂ©rence 24. MalgrĂ© les mesures volontaires prises par certaines entreprises canadiennes pour rĂ©duire les dĂ©chets plastiques dans leurs Ă©tablissements, la consommation des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă  l’échelle nationale devrait croĂ®tre au cours de la prochaine dĂ©cennie et au-delĂ  en l’absence d’interventions rĂ©glementaires.

Substituts aux six catégories de plastiques à usage unique

Des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique existent et sont facilement accessibles sur les marchĂ©s Ă©tablis au Canada. Nombre de ces substituts sont des articles manufacturĂ©s Ă  usage unique non fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques (articles manufacturĂ©s Ă  usage unique non plastiques). La plupart de ces articles sont fabriquĂ©s en papier ou en bois et, Ă  ce titre, sont gĂ©nĂ©ralement plus lourds et plus coĂ»teux que leurs homologues en plastique Ă  usage unique. Quoi qu’il en soit, les articles Ă  usage unique non plastiques sont devenus plus rĂ©pandus sur le marchĂ© au fil du temps, Ă  mesure que la prĂ©fĂ©rence des consommateurs pour les substituts aux plastiques Ă  usage unique s’accroĂ®t en raison de la sensibilisation accrue aux impacts des dĂ©chets plastiques et Ă  la pollution plastique. Dans le cas des rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent et des anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, il existe des substituts qui sont Ă©galement des articles fabriquĂ©s en plastique, mais qui ne posent pas les mĂŞmes dĂ©fis en matière d’environnement ou de revalorisation. La croissance estimĂ©e du marchĂ© d’une annĂ©e Ă  l’autre de la plupart des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique est plus Ă©levĂ©e que celle de leurs homologues plastiques Ă  usage unique. Comme le montre le tableau 2, le taux de croissance annuel moyen de 2015 Ă  2019 d’une sĂ©lection de substituts Ă  usage unique facilement accessibles aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă©tait de 4,7 %.

Tableau 2 : CaractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© note a du tableau b2 des substituts Ă  usage unique facilement disponibles aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique en 2019
Selon la catégorie de plastiques à usage unique Matériau de substitution à usage unique facilement disponible Volume des ventes (en millions d’unités) Croissance annuelle moyenne (2015 à 2019, en volume) Prix unitaire (en dollars de 2021) Valeur
(en millions, en dollars de 2021)
Poids unitaire (grammes) Tonnage
Sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique Papier 3 709 4,8 % 0,08 $ 292 $ 52,6 214 562
Ustensiles en plastique Ă  usage unique Bois 1 115 2,8 % 0,09 $ 100 $ 1,5 1 680
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent Papier et fibre moulĂ©e 486 2,0 % 0,16 $ 78 $ 39,1 18 744
Aluminium 238 0,3 % 0,14 $ 33 $ 9,5 2 262
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent note d du tableau b2 Plastiques recyclables 483 3,5 % 0,11 $ 51 $ 24 11 598
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique     Papier et fibre moulĂ©e 127 2,7 % 0,30 $ 39 $ 27,6 3 502
Plastiques recyclables 53 1,6 % 0,14 $ 8 $ 19,5 1 034
Pellicule plastique note b du tableau b2 - - 0,06 $ - 18 -
Bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique Bois 1 022 3,8 % 0,01 $ 13 $ 1,9 1 941
Pailles en plastique Ă  usage unique Papier 744 13,0 % 0,03 $ 21 $ 0,8 595
Total (ou moyenne pondĂ©rĂ©e) note c du tableau b2 7 976 4,7 % 0,08 $ 634 $ 29,7 255 918

Note(s) du tableau b2

Note a du tableau b2

Les caractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© correspondent aux donnĂ©es et aux mĂ©thodologies dĂ©crites dans la section « Avantages et coĂ»ts Â».

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Note b du tableau b2

On ne connaît pas les caractéristiques de base du marché de la pellicule plastique en ce qui concerne son utilisation comme substitut des anneaux pour emballage de boissons en plastique à usage unique.

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Note C du tableau b2

Le total peut différer de la somme des éléments en raison de l’arrondissement.

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Note d du tableau b2

La quantité de récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent a changé de façon importante par rapport à ce qui avait été déclaré dans le résumé de l’étude d’impact de la réglementation publié dans la Partie I de la Gazette du Canada (GCI). C’est parce que l’analyse publiée dans la GCI contenait une erreur de modélisation qui surévaluait la quantité de récipients alimentaires vendus en 2019 considérés comme fabriqués à partir de plastiques problématiques ou en contiennent. Par conséquent, le volume des ventes et les paramètres mesurés connexes qui sont présentés dans le tableau 1 ont diminué.

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Les autres substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique sont des articles manufacturĂ©s rĂ©utilisables, fabriquĂ©s Ă  partir de divers matĂ©riaux, notamment des plastiques durables, des mĂ©taux, du bois, du verre, du silicone et des tissus. Contrairement aux articles Ă  usage unique, les articles rĂ©utilisables sont prĂ©cisĂ©ment conçus pour rester durables malgrĂ© des utilisations rĂ©pĂ©tĂ©es et des lavages rĂ©pĂ©tĂ©s Ă  la machine. Les articles rĂ©utilisables sont habituellement plus lourds et plus coĂ»teux que leurs homologues en plastique Ă  usage unique ou Ă  usage unique non plastiques, Ă©tant donnĂ© l’impĂ©ratif de durabilitĂ© et la quantitĂ© de matières premières nĂ©cessaire Ă  leur production. Cependant, comme un article rĂ©utilisable peut ĂŞtre utilisĂ© plusieurs fois, il remplace tout un flux d’articles Ă  usage unique au cours de sa durĂ©e de vie utile et s’il est assez durable, il finira par « atteindre ou battre Â» le coĂ»t total du flux d’articles Ă  usage unique qu’il a dĂ©tournĂ© au fil du temps. Le temps exact nĂ©cessaire pour atteindre le seuil de rentabilitĂ© varie en fonction du prix de l’article rĂ©utilisable, du prix des articles Ă  usage unique dĂ©tournĂ©s, et du taux et de la durĂ©e de rĂ©utilisation.

En ce qui concerne les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, le substitut rĂ©utilisable le plus courant est le sac d’emplettes rĂ©utilisable. De nombreux Canadiens ont modifiĂ© leur comportement de consommation et normalisĂ© le fait d’apporter des sacs d’emplettes rĂ©utilisables aux divers commerces de dĂ©tail, notamment les Ă©piceries. Certains lieux de vente au dĂ©tail vendent Ă©galement des sacs d’emplettes rĂ©utilisables Ă  leurs caisses. Le remplacement des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique par des sacs rĂ©utilisables est plus courant au Canada que l’utilisation de substituts aux cinq autres catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, il n’est pas encore courant que les consommateurs apportent des rĂ©cipients alimentaires rĂ©utilisables et des ustensiles rĂ©utilisables pour rĂ©cupĂ©rer et consommer des aliments Ă  emporter. Par consĂ©quent, on ne considère pas que les articles rĂ©utilisables jouent un rĂ´le important Ă  court terme dans le dĂ©tournement de la consommation de cinq des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, par rapport au rĂ´le que jouent Ă  cet Ă©gard les articles Ă  usage unique non plastiques et autres articles de substitution Ă  usage unique. Ă€ mesure que les campagnes de sensibilisation en cours menĂ©es par les gouvernements et les groupes de la sociĂ©tĂ© civile sensibilisent davantage aux dĂ©chets et Ă  la pollution causĂ©s par la consommation d’articles Ă  usage unique, l’adoption de comportements de consommation Ă  faible production de dĂ©chets pourrait conduire Ă  une prĂ©fĂ©rence plus rĂ©pandue pour les produits rĂ©utilisables.

Recherche sur l’opinion publique

Une forte majoritĂ© de Canadiens sont prĂ©occupĂ©s par la pollution plastique et sont favorables Ă  ce que les gouvernements prennent de nouvelles mesures. Dans une enquĂŞte menĂ©e par Abacus Data en 2018, 88 % des personnes interrogĂ©es se disent prĂ©occupĂ©es par la pollution plastique des ocĂ©ans et des cours d’eau, dont 36 % qui affirment qu’il s’agit de l’un des problèmes environnementaux les plus importants actuellementrĂ©fĂ©rence 25. Un important sondage rĂ©alisĂ© par Ipsos en 2019 a interrogĂ© près de 20 000 adultes de 28 pays, montrant un large soutien mondial aux mesures concernant les plastiquesrĂ©fĂ©rence 26. Dans l’ensemble des pays interrogĂ©s, 71 % des rĂ©pondants approuvent l’affirmation selon laquelle les plastiques Ă  usage unique devraient ĂŞtre interdits dès que possible (par pays, 72 % des rĂ©pondants canadiens et 57 % des rĂ©pondants amĂ©ricains approuvent cette affirmation).

La pandĂ©mie de COVID-19 a modifiĂ© l’opinion publique sur l’interdiction des plastiques Ă  usage unique et la consommation des plastiques Ă  usage unique. Deux enquĂŞtes menĂ©es par l’UniversitĂ© Dalhousie, l’une avant la pandĂ©mie et l’autre pendant, ont montrĂ© que le soutien Ă  l’interdiction de tous les emballages alimentaires plastiques Ă  usage unique est passĂ© de 72 % des rĂ©pondants en 2019 Ă  58 % en 2020rĂ©fĂ©rence 27. Les enquĂŞtes semblaient Ă©galement indiquer que les habitudes de consommation ont Ă©tĂ© modifiĂ©es, puisque 29 % des personnes interrogĂ©es ont indiquĂ© qu’elles achetaient davantage de produits emballĂ©s en plastique pendant la pandĂ©mie qu’avant celle-ci. Ă€ l’inverse, plus de 90 % des Canadiens interrogĂ©s dans le cadre d’un sondage rĂ©alisĂ© en 2021 sont prĂ©occupĂ©s par les rĂ©percussions de la pollution plastique sur nos ocĂ©ans et notre faune, et un sondage rĂ©alisĂ© par Abacus Data en juin 2020 rĂ©vèle que 86 % des Canadiens sont favorables Ă  l’interdiction de certains plastiques Ă  usage unique, ce qui reprĂ©sente une hausse par rapport aux 81 % de 2019. Dans un sondage rĂ©alisĂ© au dĂ©but de 2021 par Abacus Data pour le compte d’Oceana Canada, les deux tiers des Canadiens interrogĂ©s ont indiquĂ© qu’ils Ă©taient favorables Ă  Ă©tendre les interdictions afin qu’elles englobent plus que les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ciblĂ©es par le cadre, comme les filtres Ă  cigarettes, le polystyrène et d’autres types de gobelets pour boissons contenant du plastiquerĂ©fĂ©rence 28.

Objectif

L’objectif du Règlement interdisant les plastiques à usage unique (le Règlement) consiste à prévenir la pollution par les plastiques en éliminant ou en restreignant la fabrication, l’importation et la vente (y compris aux fins d’exportation) de six catégories de plastiques à usage unique qui constituent une menace pour l’environnement.

Description

Le Règlement Ă©liminera ou restreindra six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique au Canada et est conçu en vertu de l’article 93 de la LCPE.

Applicabilité

Le Règlement s’appliquera aux catĂ©gories suivantes d’articles en plastique :

les sacs d’emplettes en plastique à usage unique, qui sont des articles manufacturés en plastique fabriqués entièrement ou partiellement de plastique ayant la forme d’un sac, conçus pour transporter les marchandises achetées dans un commerce, et généralement remis à un client dans le point de vente au détail;

les ustensiles en plastique à usage unique, qui englobent les articles manufacturés en plastique fabriqués entièrement ou partiellement de plastique et ayant la forme d’un couteau, d’une fourchette, d’une cuillère, d’une cuillère-fourchette ou d’une baguette;

les rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, qui englobent les articles manufacturĂ©s en plastique fabriquĂ©s entièrement ou partiellement de plastique et :

les anneaux en plastique à usage unique pour emballage de boissons, qui sont des articles manufacturés en plastique fabriqués entièrement ou partiellement de plastique, en forme de séries d’anneaux ou de bandes déformables et qui sont conçus pour entourer des récipients de boissons afin de les transporter ensemble;

les bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique, qui sont des articles manufacturés en plastique fabriqués entièrement ou partiellement de plastique et qui sont conçus pour remuer ou mélanger des boissons, ou pour empêcher une boisson de déborder par un couvercle;

les pailles en plastique à usage unique, qui sont des articles manufacturés en plastique fabriqués entièrement ou partiellement de plastique et qui ont la forme d’une paille à boire, y compris les pailles flexibles en plastique à usage unique comportant un segment articulé qui permet à la paille de plier et de maintenir sa position à différents angles.

Les interdictions prévues par le Règlement comprendront des critères de rendement applicables aux sacs d’emplettes, aux ustensiles et aux pailles afin de déterminer si un produit est à usage unique. Il n’existe pas de critères semblables pour les bâtonnets à mélanger, les anneaux pour emballage de boissons ou les récipients alimentaires fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent, car tous les produits répondant à la définition du Règlement sont censés être à usage unique.

Les tests visant Ă  dĂ©terminer si un produit satisfait aux critères d’usage unique doivent ĂŞtre rĂ©alisĂ©s par un laboratoire agréé selon la norme ISO/CEI 17025 intitulĂ©e Exigences gĂ©nĂ©rales concernant la compĂ©tence des laboratoires d’étalonnages et d’essais, par un organisme d’agrĂ©ment signataire de l’International Laboratory Accreditation Cooperation Mutual Recognition Arrangement. La certification peut Ă©galement ĂŞtre fournie par un laboratoire agréé en vertu de la Loi sur la qualitĂ© de l’environnement du QuĂ©bec.

Interdictions et exceptions

Interdictions et exceptions concernant les articles en plastique à usage unique, à l’exception des pailles en plastique

Le Règlement interdira la fabrication, l’importation et la vente des catégories de plastiques à usage unique décrites dans la sous-section précédente (à l’exception des pailles, décrites dans la sous-section suivante).

Interdictions et exceptions concernant les pailles en plastique

Le Règlement interdira la fabrication, l’importation et la vente de pailles en plastique Ă  usage unique, y compris les pailles emballĂ©es avec d’autres articles comme les rĂ©cipients de boissons, ainsi que les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique dans tout milieu commercial, industriel ou institutionnel, sauf pour les activitĂ©s suivantes :

Entrée en vigueur

Pour les sacs d’emplettes, les ustensiles, les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, les bâtonnets Ă  mĂ©langer et les pailles en plastique Ă  usage unique, l’interdiction de fabrication et d’importation entrera en vigueur six mois après l’enregistrement du Règlement. L’interdiction de vente de ces articles entrera en vigueur 18 mois après l’enregistrement du Règlement. Les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique ne seront pas assujetties Ă  l’interdiction de fabrication et d’importation car il est nĂ©cessaire d’assurer l’approvisionnement de ces articles pour les personnes qui en ont besoin, mais leur vente sera soumise Ă  des règles spĂ©ciales qui entreront en vigueur 18 mois après l’enregistrement du Règlement. L’interdiction de fabrication et d’importation d’anneaux en plastique Ă  usage unique pour emballage de boissons entrera en vigueur 12 mois après l’enregistrement du Règlement. L’interdiction de vente d’anneaux pour emballage de boissons ainsi que l’abrogation d’une exemption permettant la vente de pailles flexibles en plastique Ă  usage unique emballĂ©es avec des rĂ©cipients de boissons entreront en vigueur 24 mois après l’enregistrement du Règlement. Le Règlement abrogera l’exemption de fabrication, d’importation et de vente Ă  des fins d’exportation pour toutes les catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique 42 mois après l’enregistrement du Règlement.

Conservation des renseignements

Pour la période de 42 mois pendant laquelle l’exportation n’est pas interdite, toute personne qui fabrique ou importe l’une des six catégories de plastiques à usage unique à des fins d’exportation doit conserver des renseignements fournissant la preuve écrite que le plastique à usage unique a été ou sera exporté. Les registres et les pièces justificatives doivent être conservés pour au moins cinq ans après leur création.

Modifications corrélatives à d’autres règlements en vertu de la LCPE

Des modifications corrĂ©latives sont nĂ©cessaires au Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application —  Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (le Règlement sur les dispositions dĂ©signĂ©es) qui dĂ©signe diverses dispositions prises conformĂ©ment Ă  la LCPE comme Ă©tant soumis Ă  un rĂ©gime d’amendes en vertu de la Loi sur le contrĂ´le d’application de lois environnementales. Plus prĂ©cisĂ©ment, toutes dispositions rĂ©glementaires Ă©numĂ©rĂ©es Ă  l’annexe du Règlement sur les dispositions dĂ©signĂ©es sont assujetties Ă  des amendes minimales et Ă  des amendes maximales plus Ă©levĂ©es Ă  la suite d’une poursuite menĂ©e Ă  bien pour une infraction impliquant un dommage ou un risque de dommage Ă  l’environnement, ou une entrave Ă  l’autoritĂ©rĂ©fĂ©rence 29. Des modifications sont nĂ©cessaires pour inclure le Règlement dans l’annexe du Règlement sur les dispositions dĂ©signĂ©es.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Activités préalables à la consultation

Le 7 octobre 2020, le Ministère a publiĂ© dans le registre de la LCPErĂ©fĂ©rence 30 le document de consultation dĂ©crivant sa proposition d’approche de gestion intĂ©grĂ©e des produits de plastique visant Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et Ă  prĂ©venir la pollution. Le public a pu formuler des commentaires sur ce document de consultation au cours d’une pĂ©riode de 60 jours allant du 7 octobre au 9 dĂ©cembre, 2020. Au cours de cette pĂ©riode, le Ministère a reçu des observations Ă©crites reprĂ©sentant les points de vue de 245 groupes d’intervenants (151 membres de l’industrie, 39 administrations provinciales, territoriales ou municipales, 2 groupes autochtones, 32 organisations non gouvernementales et 21 autres). Le Ministère a Ă©galement reçu plus de 24 000 courriels de la part de particuliers canadiens, de mĂŞme qu’une pĂ©tition en ligne comportant plus de 100 000 signatures, lancĂ©e par un groupe de la sociĂ©tĂ© civile.

Le Ministère a Ă©galement organisĂ© cinq webinaires et tenu quatre sĂ©ances de consultation en ligne auprès des intervenants entre le 30 octobre et le 27 novembre 2020. Plus de 6 000 intervenants ont Ă©tĂ© informĂ©s Ă  l’avance des webinaires, qui Ă©taient Ă©galement ouverts au public et 1 474 personnes au total y ont participĂ©. De 100 Ă  150 intervenants ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  chaque sĂ©ance de consultation; de 35 Ă  50 participants ont assistĂ© Ă  chacune d’elle. Trois webinaires et trois sĂ©ances de consultation auprès des intervenants portaient sur la proposition d’interdire certains plastiques Ă  usage unique. Parmi les sujets de discussion, on retrouvait les dĂ©finitions, les interdictions, le besoin potentiel d’exemptions et la disponibilitĂ© de produits de substitution. Une description de chaque webinaire et de chaque sĂ©ance de consultation auprès des intervenants, y compris les sujets abordĂ©s, la participation des intervenants et les commentaires reçus, se trouve dans le rapport intitulĂ© Ce que nous avons entendu.

Des intervenants de l’industrie, des administrations provinciales, territoriales ou municipales, des groupes autochtones et des organisations non gouvernementales ont notamment formulé des commentaires. Les organisations de la société civile et les collectivités locales ont reconnu que la pollution plastique est nuisible pour l’environnement canadien et que les Canadiens assument les coûts de la pollution plastique. Bon nombre de ces organisations étaient en faveur d’une interdiction des six articles en plastiques à usage unique ciblés par le Règlement et plusieurs ont également exhorté le gouvernement du Canada à prendre des mesures plus ambitieuses (p. ex., interdire davantage de plastiques à usage unique). Les administrations provinciales et territoriales ont également, pour la plupart, appuyé l’interdiction, bien que d’autres administrations ont exprimé des préoccupations concernant les impacts économiques possibles d’une interdiction des plastiques à usage unique, entre autres.

Les commentaires portaient sur un Ă©ventail de sujets, mais Ă©taient gĂ©nĂ©ralement liĂ©s Ă  l’un de sept thèmes, c.-Ă -d. les plastiques non conventionnels; les prĂ©occupations relatives Ă  l’accessibilitĂ©; les engagements du Canada en matière de commerce international; effets sociaux, Ă©conomiques et environnementaux non intentionnels des produits de substitution; difficultĂ©s Ă©conomiques dues Ă  la pandĂ©mie de COVID-19; le fait que l’interdiction ne soit pas suffisamment exhaustive; et l’élaboration de normes nationales. Un rĂ©sumĂ© exhaustif des commentaires reçus dans le cadre de ces consultations est prĂ©sentĂ© dans le RĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada le 25 dĂ©cembre 2021.

Consultation suivant la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Une pĂ©riode de consultation publique de 70 jours a suivi la publication du projet de Règlement dans la Partie I de la Gazette du Canada le 25 dĂ©cembre 2021. Pendant cette pĂ©riode de consultation, les intervenants et les membres du public ont eu l’occasion d’adresser au ministère des commentaires Ă©crits sur le projet de Règlement. Le ministère a reçu des commentaires reprĂ©sentant le point de vue de 146 groupes d’intervenants (75 membres de l’industrie, 22 reprĂ©sentants des gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux, un groupe autochtone, 29 ONG et 19 autres). Le tableau 3 prĂ©sente le niveau de soutien des diffĂ©rents groupes des intervenants. Comme indiquĂ©, la majoritĂ© des intervenants soutiennent le Règlement.

Tableau 3 : DegrĂ© d’appui au Règlement
Types d’intervenants Opposition Appui partiel Appui Total
Organisations autochtones 0 0 1 1
Industrie 41 24 10 75
Collectivité locale 0 4 17 21
Divers 3 8 8 19
ONG 0 6 23 29
Provinces et territoires 0 0 1 1
Total 44 42 60 146

Le Ministère a Ă©galement reçu 25 avis d’opposition au projet de Règlement et des demandes d’établir une commission de rĂ©vision pour examiner la nature et l’étendue du danger posĂ© par l’une ou plusieurs des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique visĂ©es par le projet de Règlement. Le ministre a refusĂ© de crĂ©er une commission de rĂ©vision. Tous les avis d’opposition, ainsi que les rĂ©ponses du ministre figurent dans le registre de la LCPE.

Outre la consultation publique visant Ă  recevoir des commentaires par Ă©crit, le gouvernement a tenu des rĂ©unions virtuelles avec des intervenants pour rĂ©pondre Ă  leurs questions et recevoir leur rĂ©troaction. En date du 11 mars 2022, il y a eu 48 rĂ©unions virtuelles avec des intervenants, dont 27 entreprises, 12 associations de l’industrie et leurs membres, quatre organisations non gouvernementales de l’environnement, quatre gouvernements municipaux et provinciaux, et la FĂ©dĂ©ration canadienne des municipalitĂ©s. De plus, le Ministère a rencontrĂ© toutes les provinces et tous les territoires par le bias du Conseil canadien des ministres de l’Environnement. De nombreuses rĂ©unions ont rassemblĂ© un grand nombre d’intervenants, dont des reprĂ©sentants de SantĂ© Canada. Lors de ces rĂ©unions, les intervenants avaient l’occasion de poser des questions et de formuler des commentaires. Un questionnaire a Ă©galement Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  un grand nombre de fabricants partout au Canada en vue de recueillir de la rĂ©troaction sur les impacts sur ce secteur. Douze rĂ©ponses ont Ă©tĂ© reçues.

Les commentaires formulĂ©s verbalement et par Ă©crit ont Ă©tĂ© pris en compte dans l’élaboration de la version finale du Règlement. Ils portaient sur un Ă©ventail de sujets, mais, en gĂ©nĂ©ral, Ă©taient liĂ©s Ă  l’un des huit thèmes suivants :

Dates d’entrée en vigueur

Le projet de Règlement comprenait une période d’entrée en vigueur d’un an pour l’interdiction de fabrication et de vente, plus une autre année pour l’interdiction de vente des sacs d’emplettes, des ustensiles, des récipients alimentaires, des anneaux pour emballage de boissons et des bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique.

Le gouvernement a reçu des commentaires d’organisations non gouvernementales et du public exhortant le gouvernement à accélérer les dates d’entrée en vigueur en reconnaissance de la nécessité d’une action immédiate pour prévenir la pollution plastique en éliminant ou en restreignant l’utilisation des plastiques à usage unique qui représentent une menace pour l’environnement.

En reconnaissance des mesures prises par les chefs de file de l’industrie et d’autres entités, de l’évolution des préférences des consommateurs ainsi que des tendances du marché qui abandonnent les plastiques à usage unique et l’objectif principal de prévenir la pollution plastique, des représentants du Ministère ont discuté avec les intervenants de la possibilité de raccourcir la période d’entrée en vigueur. Le Ministère a entendu des détaillants et des distributeurs de l’industrie qu’une accélération de l’échéancier de mise en œuvre entraînerait une réduction de l’accès, voire aucun accès, à des substituts une fois l’interdiction de vente entrée en vigueur. Certains intervenants ont mentionné l’enjeu de la chaîne d’approvisionnement pendant la pandémie de COVID-19 comme facteur exacerbant cette possibilité. Les fabricants de l’industrie ont exprimé des préoccupations en ce qui concerne le raccourcissement de la période d’entrée en vigueur disant qu’il n’y avait pas suffisamment de temps pour le réoutillage s’ils devaient réorienter leurs procédés entièrement.

Le gouvernement a Ă©galement entendu d’un grand nombre d’intervenants de l’industrie des boissons que la pĂ©riode d’entrĂ©e en vigueur relative aux anneaux pour emballage de boissons ne pouvait ĂŞtre raccourcie sans entraĂ®ner des coĂ»ts importants et de graves perturbations. Les intervenants ont expliquĂ© qu’un tel Ă©chĂ©ancier serait trop court pour choisir d’autres types d’emballages, acheter et recevoir de nouveaux Ă©quipements, et rĂ©organiser les installations de production. Le gouvernement a reçu des commentaires similaires concernant les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique emballĂ©es conjointement avec des rĂ©cipients de boissons (p. ex., fixĂ©es Ă  des boĂ®tes Ă  boire).

Ces commentaires ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration, ainsi que les tendances du marchĂ© et les prĂ©fĂ©rences des consommateurs qui s’éloignent des plastiques Ă  usage unique. En consĂ©quence, l’interdiction de fabrication et d’importation entrera en vigueur six mois après l’enregistrement du Règlement final et l’interdiction de vente entrera en vigueur 18 mois après l’enregistrement du Règlement pour les sacs d’emplettes, les ustensiles, les pailles, les rĂ©cipients alimentaires et les bâtonnets Ă  mĂ©langer. Pour les anneaux pour emballage de boissons, l’interdiction de fabrication et d’importation entrera en vigueur 12 mois après l’enregistrement du Règlement final. L’interdiction de vente de ces articles ainsi que l’abrogation d’une exemption temporaire permettant la vente des pailles flexibles en plastique Ă  usage unique emballĂ©es avec des rĂ©cipients de boissons entreront en vigueur 24 mois après l’enregistrement du Règlement. Une date d’entrĂ©e en vigueur ultĂ©rieure pour la vente aidera Ă  Ă©viter l’abandon d’inventaire et permettra aux vendeurs d’épuiser leurs stocks et d’obtenir des substituts.

Exemption pour l’exportation

Le projet de Règlement prĂ©voyait une exemption indĂ©finie pour la fabrication, l’importation et la vente Ă  des fins d’exportation des articles en plastique Ă  usage unique visĂ©s, en vue de limiter l’impact Ă©conomique sur les fabricants canadiens de ces articles. Ă€ la suite de commentaires d’organisations non gouvernementales et du public selon lesquels cette exemption irait Ă  l’encontre de l’objectif du Règlement et du programme plus large de zĂ©ro dĂ©chet de plastique du gouvernement fĂ©dĂ©ral, notamment des engagements pris par le Canada dans le cadre de la Charte sur les plastiques dans les ocĂ©ans pour limiter la pollution plastique mondiale, le Ministère a soulevĂ© la possibilitĂ© de retirer cette exemption pendant la pĂ©riode de consultation de 70 jours.

Le Ministère a largement consultĂ© sur le retrait de l’exemption pour l’exportation avec un Ă©ventail d’intervenants, y compris des fabricants, des dĂ©taillants et des associations de l’industrie. Dans les commentaires fournis lors des 29 rĂ©unions virtuelles des intervenants ainsi que par Ă©crit par le biais de mĂ©moires officiels sur le Règlement concernant l’élimination progressive de l’exemption pour l’exportation, une majoritĂ© des intervenants de l’industrie s’est opposĂ©e Ă  l’élimination de l’exemption pour l’exportation, en laissant entendre que cette approche entraĂ®nerait des pertes d’emplois, l’abandon d’actifs et la fermeture d’installations. Certains grands fabricants ont mentionnĂ© qu’une grande proportion de leur production est actuellement exportĂ©e et que l’incapacitĂ© de vendre sur les marchĂ©s internationaux serait nĂ©faste sur le plan Ă©conomique. Un intervenant a Ă©galement suggĂ©rĂ© que le retrait de l’exemption pour l’exportation aurait peu d’impact sur la pollution plastique mondiale puisque le marchĂ© serait rempli par la production Ă©trangère. Certains intervenants ont suggĂ©rĂ© que ces impacts pourraient ĂŞtre attĂ©nuĂ©s en fournissant une pĂ©riode de transition avant le retrait de l’exemption. Les suggestions de l’industrie concernant la durĂ©e spĂ©cifique nĂ©cessaire Ă  la transition variaient, mais Ă©taient gĂ©nĂ©ralement 3 Ă  5 ans, le consensus Ă©tant que le dĂ©lai pour planifier et explorer de nouveaux marchĂ©s, obtenir un financement, commander et installer de nouveaux Ă©quipements, embaucher et former de nouveaux employĂ©s peut prendre plusieurs annĂ©es.

Par suite de cette rĂ©troaction, le Ministère a conclu qu’un compromis appropriĂ© entre les objectifs environnementaux et le temps nĂ©cessaire aux intervenants de l’industrie pour la transition serait l’élimination progressive de l’exemption visant la fabrication, l’importation et la vente Ă  des fins d’exportation 42 mois suivant l’enregistrement du Règlement. Cet Ă©chĂ©ancier considère Ă  la fois la proposition de l’industrie d’autoriser une pĂ©riode de transition pour l’élimination de l’exemption Ă  l’exportation et les engagements du gouvernement pour prĂ©venir la pollution plastique dans le monde, y compris dans le cadre de la Charte sur les plastiques dans les ocĂ©ans.

Les plastiques non conventionnels référence 31

Le projet de Règlement ne différenciait pas les plastiques non conventionnels (p. ex., à base de plantes) des plastiques conventionnels faits de matières premières issues du pétrole. Les fabricants de plastiques compostables étaient en désaccord avec cette approche, mentionnant que cela entraverait l’innovation et la croissance dans ce secteur, que les plastiques compostables apportent des avantages pour l’environnement et qu’ils subiraient des pertes économiques. Cependant, les administrations municipales et provinciales, ainsi que les recycleurs et les organisations non gouvernementales, étaient pour la plupart en faveur, indiquant que les infrastructures actuelles de compostage et de recyclage sont incapables de transformer les plastiques non conventionnels de manière rentable. Ils ont exhorté le gouvernement d’interdire également les récipients alimentaires faits de plastiques non conventionnels.

Le Ministère reconnaît les avantages possibles du remplacement d’articles à usage unique fabriqués à partir de plastiques conventionnels par des substituts en plastique non conventionnel. Certains de ces avantages pourraient comprendre la réduction de la consommation de combustibles fossiles lorsque des matériaux d’origine végétale remplacent des matières premières plastiques produisant de fortes émissions de carbone, et l’augmentation du détournement des déchets alimentaires dans les cas où la contamination des plastiques peut constituer un obstacle au recyclage. Le Ministère reconnaît également que ces avantages doivent être évalués en fonction du rendement actuel des installations de compostage, où les plastiques non conventionnels ne peuvent généralement pas être traités et sont envoyés vers les sites d’enfouissement. De plus, bien que les plastiques compostables ressemblent beaucoup aux plastiques conventionnels qu’ils remplacent, bon nombre d’entre eux ne sont pas destinés au recyclage. Mélanger les plastiques compostables et conventionnels peut contaminer le flux de recyclage et réduire ainsi les taux de recyclage et de récupération. L’évaluation scientifique a mis en évidence le manque de données probantes significatives permettant d’affirmer que les plastiques biodégradables, compostables, d’origine biologique et oxodégradables se décomposeront entièrement en milieu naturel. Par conséquent, le Règlement traitera les articles à usage unique fabriqués à partir de plastiques non conventionnels de la même manière que leurs homologues en plastique conventionnel. Le Ministère collabore avec des partenaires et des intervenants, y compris les provinces et les territoires, pour améliorer les connaissances au sujet des plastiques non conventionnels, ce qui éclairera les prochaines mesures visant à promouvoir l’innovation, la croissance propre et la circularité dans ce secteur pour des applications autres que celles des articles interdits par ce Règlement.

Pailles en plastique à usage unique et accessibilité

Pendant la pĂ©riode de consultation de 70 jours, des intervenants, surtout des membres du public, ont soulevĂ© l’importance d’assurer l’accès continu aux pailles flexibles en plastique Ă  usage unique pour les personnes en situation de handicap ou ayant des besoins mĂ©dicaux. Le Ministère a Ă©galement reçu des commentaires Ă©crits d’un groupe de dĂ©fense des personnes en situation de handicap, d’une municipalitĂ© et de plusieurs particuliers au sujet des pailles et de l’accessibilitĂ©.

Les commentaires des intervenants de l’industrie étaient mitigés quant à savoir s’ils continueraient de produire ou de vendre des pailles flexibles en plastique à usage unique dans le cadre du Règlement, étant donné les exigences de garder les paquets de pailles hors de la vue des consommateurs et de les vendre uniquement sur demande, combinées avec la baisse prévue de la demande du marché canadien. Certains grands détaillants et grandes pharmacies ont indiqué qu’ils continueraient de les vendre, bien que le coût puisse augmenter à cause de la baisse de la demande du marché canadien. La ville de Vancouver a participé en raison de son règlement exigeant des vendeurs d’aliments qu’ils fournissent des pailles flexibles en plastique à usage unique sur demande.

Le gouvernement du Canada est sensible aux besoins des Canadiens, dont les Canadiens en situation de handicap. Le Ministère s’est engagé à créer les conditions pour que les pailles flexibles en plastique à usage unique demeurent offertes à quiconque en a besoin. Le Règlement permettra aux Canadiens en situation de handicap de continuer à acheter des pailles flexibles en plastique à usage unique pour usage personnel et à y avoir accès dans les hôpitaux et les autres milieux médicaux ou de soins de longue durée. Ces exemptions visent à équilibrer la nécessité d’assurer des options d’accessibilité au Canada tout en assurant la protection de l’environnement contre la pollution plastique.

Engagements du Canada en matière de commerce international

Certains intervenants de l’industrie ont partagé leur opinion qu’interdire certains plastiques à usage unique est contraire aux intérêts du Canada en matière de commerce international étant donné le réseau commercial vaste et croissant qui offre aux entreprises canadiennes un accès privilégié à divers marchés partout dans le monde.

Le gouvernement du Canada reconnaît ses engagements en matière de commerce international et continuera à les respecter. Le Ministère a vérifié si le Règlement pouvait aller à l’encontre des engagements du Canada en matière de commerce international et a conclu que ce n’était pas le cas sur la base de consultations avec le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement. Lorsque les accords internationaux l’exigeront, le Canada informera les parties concernées, comme l’Organisation mondiale du commerce, du Règlement. Toutes les entreprises exerçant des activités au Canada ou exportant vers celui-ci seraient assujetties à l’interdiction de certains plastiques à usage unique, ce qui éliminerait ainsi tout avantage commercial indu sur le marché intérieur. Le Règlement continuerait également de permettre la circulation des marchandises en transit.

Répercussions sociales, économiques et environnementales non voulues des produits de substitution

Pendant la pĂ©riode de consultation de 70 jours et au moyen de sĂ©ances de discussion virtuelles, certains groupes d’intervenants ont soulevĂ© la question des impacts potentiels sur l’économie et l’environnement de la production et l’accès Ă  des substituts rĂ©utilisables aux articles en plastique Ă  usage unique visĂ©s par le projet de Règlement. Certains intervenants de l’industrie ont laissĂ© entendre que les coĂ»ts seraient refilĂ©s aux consommateurs et que les augmentations de coĂ»ts pour les consommateurs dans l’analyse du gouvernement Ă©taient sous-estimĂ©es Ă©tant donnĂ© l’offre limitĂ©e des substituts disponibles, comme dĂ©crit ci-dessous dans la section « DifficultĂ©s Ă©conomiques en raison de la pandĂ©mie de COVID-19 Â». Certains intervenants ont Ă©galement affirmĂ© que les substituts seraient moins pratiques que les plastiques Ă  usage unique, surtout en ce qui concerne les pailles en bambou, en papier ou en bois, car moins fiables.

En ce qui concerne les effets non intentionnels des produits de substitution sur l’environnement, un grand nombre de membres de l’industrie ont dĂ©clarĂ© que l’approvisionnement en substituts de papier plus particulièrement, provient en grande partie des marchĂ©s asiatiques. Des membres ont laissĂ© entendre que l’augmentation dans le transport pour l’importation de ces substituts provenant des marchĂ©s asiatiques et d’autres marchĂ©s mondiaux laissera une empreinte environnementale nĂ©gative. De plus, certains se demandent si la dĂ©pendance au papier ou Ă  d’autres matières de substitution mènerait Ă  une plus grande dĂ©tĂ©rioration de l’environnement (p. ex., par la dĂ©forestation). Le Ministère a consultĂ© des experts Ă  l’interne sur cette question et a trouvĂ© que le Canada sera capable de fournir Ă  la demande accrue de papier ou d’autres matières de substitution, Ă©tant donnĂ© l’exploitation et la construction d’usines de pâtes et papiers Ă  l’échelle nationale, dont l’une utilise la paille comme matière première. La demande croissante pour ces matières provient Ă©galement des entreprises qui rĂ©orientent leurs activitĂ©s d’emballage en plastique et non seulement en raison d’une demande en sacs en papier. De mĂŞme, selon l’expĂ©rience d’autres administrations, tout enjeu d’approvisionnement serait probablement temporaire. Par exemple, une interdiction dans certains États amĂ©ricains, comme celle qui est en vigueur dans l’État de Washington, a fait exploser l’offre, car l’industrie s’est adaptĂ©e et a accru sa production de sacs en papier pour rĂ©pondre Ă  la demande croissanterĂ©fĂ©rence 32.

Afin de minimiser le risque de répercussions non voulues, le Ministère a élaboré le Règlement en tenant compte des pratiques exemplaires et des leçons apprises d’autres administrations ainsi que d’une étude de marché approfondie. De plus, le Ministère a effectué une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+), qui porte sur les répercussions potentielles du Règlement sur certains groupes démographiques, notamment les personnes en situation de handicap, les femmes et les parents seuls. Des facteurs environnementaux pour les substituts, comme les analyses du cycle de vie, ont été pris en compte dans l’évaluation environnementale stratégique. Les résultats de ces analyses ont été pris en compte dans l’élaboration du Règlement et de la stratégie de mise en œuvre du Ministère (p. ex., exemptions pour les pailles flexibles en plastique à usage unique). Le Ministère collaborera avec les partenaires et les intervenants à la mise en œuvre du Règlement afin de réduire au minimum le risque de répercussions non voulues, au besoin.

Difficultés économiques en raison de la pandémie de COVID-19

Bon nombre d’intervenants de l’industrie consultĂ©s pendant la pĂ©riode de consultation de 70 jours ont soulevĂ© la question de la pandĂ©mie de COVID-19 comme prĂ©occupation du projet de Règlement, invoquant l’effet nĂ©gatif de la pandĂ©mie sur l’économie et ont laissĂ© entendre que le Règlement n’arrivait pas au bon moment. Les perturbations liĂ©es Ă  la pandĂ©mie dans les chaĂ®nes d’approvisionnement mondiales et les coĂ»ts Ă©levĂ©s du transport des inventaires par fret maritime ont Ă©tĂ© soulignĂ©s comme raisons pour lesquelles l’industrie devrait disposer d’un dĂ©lai supplĂ©mentaire pour se conformer.

La pandĂ©mie de COVID-19 a affectĂ© les fournisseurs Ă  l’échelle de l’économie depuis son dĂ©but et encore plus en 2021, car les chaĂ®nes d’approvisionnement mondiales ont connu des perturbations additionnellesrĂ©fĂ©rence 33. Les pĂ©nuries d’approvisionnement de matières premières et de produits n’étaient pas l’apanage du marchĂ© des plastiques Ă  usage unique et de leurs substituts, et ont touchĂ© de nombreuses industries.

L’économie mondiale a Ă©tĂ© aux prises avec d’importantes perturbations des chaĂ®nes d’approvisionnement tout au long de l’annĂ©e 2021, notamment des pĂ©nuries d’intrants, des obstacles Ă  la production, des retards Ă  des ports importants, une augmentation des coĂ»ts d’expĂ©dition et des retards de livraison. Ces contraintes ont limitĂ© l’approvisionnement en biens et services. Ă€ mesure que la pandĂ©mie rĂ©gressera, la Banque du Canada s’attend Ă  ce que les consommateurs recommencent Ă  dĂ©penser davantage sur les services attĂ©nuant la pression sur la demande mondiale en biens. Elle s’attend Ă©galement Ă  un retour Ă  la normale pour les chaĂ®nes d’approvisionnement, mais il est difficile de prĂ©voir combien de temps cela prendrarĂ©fĂ©rence 34.

Compte tenu de ces préoccupations soulevées par les intervenants de l’industrie concernant les impacts économiques négatifs de la pandémie de COVID-19, le Ministère s’est efforcé de trouver un équilibre entre la réponse à une menace environnementale urgente et les difficultés potentielles auxquelles l’industrie pourrait être confrontée pour s’adapter au Règlement, compte tenu du climat économique.

Portée de l’interdiction

Pendant la pĂ©riode de consultation de 70 jours et au moyen de sĂ©ances de discussion virtuelles avec des intervenants, certaines organisations non gouvernementales ont dĂ©clarĂ© que le gouvernement du Canada devrait en faire plus pour s’attaquer aux dĂ©chets plastiques et Ă  la pollution plastique. Elles ont demandĂ© que le Règlement s’étende pour englober d’autres plastiques Ă  usage unique (p. ex., les bouteilles d’eau et les filtres de cigarettes) et que l’exemption sur l’exportation du projet de Règlement soit Ă©liminĂ©e. Elles ont dĂ©crit l’exemption sur l’exportation comme une « brèche Â» et une incohĂ©rence avec les objectifs du Règlement et la reconnaissance que les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique sont un enjeu mondial.

Certains intervenants de l’industrie ont soulevé des préoccupations concernant l’interdiction visant d’autres plastiques à usage unique dans le futur, affirmant que cela crée un climat d’incertitude chez les entrepreneurs. Quelques intervenants de l’industrie ont également exprimé leur opposition à l’approche réglementaire du gouvernement relative aux plastiques, y compris l’utilisation des pouvoirs conférés par la LCPE.

Le Ministère a Ă©tabli un cadre pour gĂ©rer les plastiques Ă  usage unique qui catĂ©gorise les plastiques Ă  usage unique selon leurs impacts sur l’environnement et leurs enjeux en matière de rĂ©cupĂ©ration de la valeur, et dĂ©termine les mesures, notamment les interdictions, qui pourraient ĂŞtre prises pour aborder les enjeux. Dans l’application du cadre, six articles sont considĂ©rĂ©s comme candidats Ă  une interdiction ou restriction. Le Ministère est conscient des donnĂ©es sur les rejets de dĂ©tritus qui dĂ©montrent le grand nombre d’autres articles en plastique Ă  usage unique prĂ©sents dans l’environnement. Il passera en revue les donnĂ©es sur le rendement relatif aux mesures actuelles et nouvelles pour gĂ©rer ces articles et collaborera avec les partenaires et les intervenants pour cerner les domaines oĂą des mesures supplĂ©mentaires sont nĂ©cessaires. Ă€ l’heure actuelle, le Ministère Ă©value les filtres de cigarettes pour dĂ©terminer s’ils sont des polluants plastiques prĂ©occupants, et le rĂ©sultat de cette Ă©valuation pourrait ĂŞtre pris en compte dans une future mesure du gouvernement. Le gouvernement s’est engagĂ© Ă  collaborer avec les provinces et les territoires pour mettre en Ĺ“uvre et imposer un objectif ambitieux de recyclage de 90 %, concordant avec celui du QuĂ©bec et de l’Union europĂ©enne, en ce qui concerne les bouteilles en plastique. De manière plus gĂ©nĂ©rale, le Ministère continuera d’assurer un suivi des dernières recherches et donnĂ©es sur la pollution plastique dans l’environnement, et consultera les Canadiens si d’autres Ă©lĂ©ments sont jugĂ©s prĂ©occupants.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

L’évaluation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes effectuĂ©e pour le Règlement, conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes, a menĂ© Ă  la conclusion selon laquelle le projet introduira de nouvelles exigences rĂ©glementaires sur les terres visĂ©es par les traitĂ©s modernes. Toutefois, le Règlement ne devrait pas affecter les droits protĂ©gĂ©s par la Loi constitutionnelle de 1982 ni ceux Ă©noncĂ©s dans les traitĂ©s modernes.

Une enquĂŞte menĂ©e par le Ministère sur les lois et règlements promulguĂ©s par les gouvernements autochtones, conformĂ©ment aux traitĂ©s modernes, a rĂ©vĂ©lĂ© que certaines lois et certains règlements autochtones sont en place pour aider Ă  gĂ©rer les effets de la pollution dĂ©coulant des plastiques Ă  usage unique. Par exemple :

À l’instar des autres provinces et territoires au Canada disposant d’interdictions concernant les plastiques à usage unique ou le rejet de détritus, ces mesures locales seront renforcées par les mesures fédérales visant à retirer certains plastiques à usage unique du marché national. Ce faisant, la charge que représentent pour les communautés la création, la mise en œuvre et l’application de mesures locales sera considérablement réduite. Les communautés autochtones qui ont adopté des mesures de lutte contre la pollution plastique ont été informées du Règlement et invitées à y contribuer.

Dans le cadre des Ă©changes sur le document de consultation, publiĂ© en octobre 2020, le Ministère a reçu des commentaires Ă©crits de deux organisations autochtones : l’une situĂ©e dans le Nord-du-QuĂ©bec et l’autre, au Canada atlantique. Celles-ci se disaient prĂ©occupĂ©es par l’augmentation du degrĂ© de pollution plastique dans les communautĂ©s autochtones, expliquaient les dĂ©fis que pose la gestion des dĂ©chets plastiques dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es, et encourageaient le gouvernement du Canada Ă  collaborer Ă©troitement avec les communautĂ©s lors de la crĂ©ation des mesures.

Dans un souci de mobilisation hâtive, le Ministère a tenu une rĂ©union virtuelle « en personne Â» avec les communautĂ©s et organisations autochtones intĂ©ressĂ©es le 8 janvier 2021 pour discuter de l’approche de gestion du risque proposĂ©e dans le document de consultation, rĂ©pondre aux questions et solliciter des commentaires. Sept reprĂ©sentants d’organisations autochtones ont participĂ© Ă  la rĂ©union. Les commentaires reçus lors de cette rencontre sont les suivants :

En rĂ©ponse aux commentaires des peuples autochtones, le Ministère a consultĂ© des fonctionnaires de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, qui ont dĂ©clarĂ© que les avis d’ébullition de l’eau ne devraient pas empĂŞcher le nettoyage des ustensiles rĂ©utilisables.

La période de commentaires suivant la publication préalable a également offert l’occasion pour les peuples autochtones de faire part de leurs commentaires sur le Règlement. Un groupe autochtone situé dans le Nord-du-Québec a fourni des commentaires par écrit mentionnant qu’il était en faveur de l’objectif du Règlement, mais qu’il encourageait le gouvernement à demeurer sensible aux coûts des substituts dans le contexte du coût de la vie plus élevé dans les petites communautés nordiques éloignées. Il a aussi encouragé le gouvernement à collaborer avec les administrations provinciales, régionales et locales qui sont actives dans le Nord-du-Québec dans la mise en œuvre du Règlement.

Choix de l’instrument

L’annonce du premier ministre et les lettres de mandat subsĂ©quentes adressĂ©es au ministre de l’Environnement en 2019 et en 2021, ainsi que le discours du TrĂ´ne de 2020, ont Ă©tabli l’engagement du gouvernement du Canada Ă  interdire les plastiques Ă  usage unique nocifs lorsque cette interdiction est soutenue et justifiĂ©e par des preuves scientifiques. Cet engagement a Ă©tĂ© rĂ©itĂ©rĂ© en octobre 2020 avec la publication du document de consultation, qui dĂ©crit le cadre de gestion du gouvernement du Canada pour les plastiques Ă  usage unique. Ce cadre soutient l’engagement susmentionnĂ© ainsi que le plan global du gouvernement du Canada visant Ă  atteindre l’objectif de zĂ©ro dĂ©chet de plastique. Un processus en trois Ă©tapes y est Ă©tabli, afin de :

La première Ă©tape du cadre consiste Ă  catĂ©goriser les articles en plastique Ă  usage unique comme Ă©tant soit problĂ©matiques sur le plan environnemental, soit problĂ©matiques sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur, soit les deux, et d’identifier les considĂ©rations pour d’éventuelles exemptions aux mesures de gestion. Les critères de catĂ©gorisation des articles en plastique Ă  usage unique sont dĂ©crits dans le tableau ci-dessous. Parmi les considĂ©rations relatives aux exemptions aux mesures de gestion du risque, on retrouve le fait de savoir si un article en plastique Ă  usage unique remplit une fonction essentielle (p. ex., accessibilitĂ©, santĂ© et sĂ©curitĂ©, sĂ»retĂ©) et s’il existe un substitut viable qui peut remplir la mĂŞme fonction que cet article.

Tableau 4 : CaractĂ©risation des plastiques Ă  usage unique pour dĂ©terminer la portĂ©e de l’interdiction
Catégories de plastiques à usage unique Critères
Problématique sur le plan environnemental
  • Plastique Ă  usage unique très rĂ©pandu dans les milieux naturel ou urbain, selon la science citoyenne, la sociĂ©tĂ© civile ou les donnĂ©es de vĂ©rifications des dĂ©chets municipaux; et
  • Plastique Ă  usage unique qui est connu pour causer des dommages Ă  l’environnement (p. ex., risque d’ingestion ou d’étranglement pour la faune), ou qui est suspectĂ© d’en causer
Problématique sur le plan de la récupération de la valeur
  • Plastique Ă  usage unique qui nuit aux systèmes de recyclage ou aux systèmes de traitement des eaux usĂ©es
  • Plastique Ă  usage unique dont le taux de recyclage est faible ou très faible, de 0 Ă  22 % (plus faible que le taux de recyclage moyen pour les emballages en plastique); et
  • PrĂ©sence d’obstacles Ă  l’augmentation de leur taux de recyclage.

La deuxième Ă©tape du cadre vise trois objectifs de gestion en fonction de la catĂ©gorisation des plastiques Ă  usage unique :

La troisième Ă©tape du cadre consiste Ă  choisir des instruments en s’appuyant sur le Cadre de choix des instruments pour la gestion de risques du Ministère en vertu de la LCPE. Dans ce cadre, les instruments sont choisis en fonction de plusieurs critères, dont les suivants :

Les instruments potentiels prĂ©sentĂ©s dans ce cadre comprennent les interdictions et les restrictions dans les utilisations, les mesures incitatives pour encourager la sĂ©lection de produits ou de systèmes rĂ©utilisables, les exigences relatives aux produits (p. ex., les règles ou les lignes directrices en matière de recyclabilitĂ©) et la responsabilitĂ© Ă©largie des producteurs ou autres exigences de collecte et de recyclage.

Le Ministère a Ă©valuĂ© quatorze catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique selon les critères du cadre de gestion prĂ©sentĂ©s dans le document de consultation. Au total, six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique rĂ©pondaient Ă  tous les critères dĂ©crits dans la première Ă©tape du cadre, Ă  savoir qu’ils Ă©taient problĂ©matiques Ă  la fois sur le plan environnemental et sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur, et sont donc candidats Ă  une interdiction ou Ă  une restriction de leur utilisation. Les huit autres catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique remplissaient seulement certains des critères et sont des candidats potentiels Ă  la gestion par d’autres instruments. Le Ministère continuera de collaborer avec les administrations, les intervenants et le public pour aider Ă  dĂ©terminer comment la gestion de ces autres plastiques Ă  usage unique peut ĂŞtre amĂ©liorĂ©e pour rĂ©duire la pollution plastique et accroĂ®tre la rĂ©cupĂ©ration de la valeur.

En vertu du cadre, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les mesures rĂ©glementaires visant Ă  interdire ou Ă  restreindre les plastiques Ă  usage unique problĂ©matiques sur le plan environnemental et sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur constituent la seule option viable pour Ă©liminer ou rĂ©duire considĂ©rablement l’entrĂ©e de ces plastiques dans l’environnement du Canada. Le Ministère a dĂ©terminĂ© que, Ă  la suite de l’ajout des articles manufacturĂ©s en plastique Ă  l’annexe 1 de la LCPE, l’élaboration de règlements en vertu de l’article 93 de la Loi constituait l’approche de gestion de risque privilĂ©giĂ©e. En effet, la LCPE est l’une des principales lois du gouvernement du Canada visant Ă  prĂ©venir la pollution pouvant causer des dommages Ă  l’environnement. La Loi offre Ă©galement un large Ă©ventail d’outils qui permettent une certaine souplesse pour adapter les mesures nĂ©cessaires Ă  des problèmes prĂ©cis.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cadre d’analyse

Afin d’analyser les impacts diffĂ©rentiels du Règlement, le Ministère a Ă©laborĂ© un cadre d’analyse pour dĂ©finir les coĂ»ts et les avantages (figure 1). Sauf indication contraire, tous les coĂ»ts et avantages prĂ©sentĂ©s dans les sous-sections suivantes sont en dollars canadiens de 2021, en valeur actualisĂ©e Ă  l’annĂ©e de base 2022 en utilisant un taux d’actualisation de 3 %. Le taux d’actualisation public de 3 % est appliquĂ© dans l’analyse centrale puisque le Règlement touchera principalement la consommation privĂ©e de biens et de services. Le total des avantages et des coĂ»ts monĂ©taires actualisĂ©s Ă  7 % ainsi que les totaux non actualisĂ©s sont prĂ©sentĂ©s dans la sous-section « Analyse de sensibilitĂ© Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â».

Figure 1 : Cadre d’analyse coĂ»ts-avantages

Conception des politiques et activités

Coûts

Avantages

Interdiction de six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, qui se traduit par :

  • la diminution de la quantitĂ© (et du tonnage) de dĂ©chets plastiques provenant des plastiques Ă  usage unique qui entrent dans le flux de dĂ©chets ou qui deviennent de la pollution plastique dans l’environnement
  • l’augmentation connexe de la quantitĂ© (et du tonnage) de dĂ©chets provenant de substituts aux plastiques Ă  usage unique entrant dans le flux de dĂ©chets et dans l’environnement

CoĂ»ts Ă©conomiques :

  • CoĂ»t de substitution
  • CoĂ»t d’utilisation secondaire
  • CoĂ»t de la gestion des dĂ©chets
  • CoĂ»t pour les fabricants

Impacts environnementaux et sociaux :

  • Analyse du cycle de vie
  • Perte potentielle d’utilitĂ© perçue (Ă  partir des prĂ©fĂ©rences des consommateurs)

Réduction des risques de blessure ou de mort pour la faune et amélioration de la qualité de l’habitat

Plus grande jouissance des biens et services écosystémiques

Évitement de coûts relatifs au ramassage des détritus

Évitement de coûts relatifs à la pollution marine

Conservation des renseignements

Frais administratifs

s.o.

Promotion de la conformité et activités d’application de la loi

Coûts pour le gouvernement

s.o.

La conception des politiques et les activitĂ©s dĂ©crites dans le cadre d’analyse correspondent Ă  celles prĂ©sentĂ©es dans la section « Description Â». Avant de pouvoir estimer les coĂ»ts ou les avantages, il faut d’abord quantifier les rĂ©percussions du Règlement sur les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique.

Quantifier la diminution des déchets plastiques (et l’augmentation connexe des déchets provenant de substituts)

Comme les articles manufacturĂ©s Ă  usage unique sont destinĂ©s Ă  devenir des dĂ©chets immĂ©diatement après avoir rempli leur fonction, l’analyse prĂ©sume que les « unitĂ©s vendues Â» sont Ă©quivalentes aux « dĂ©chets produits Â». Pour arriver Ă  quantifier le changement dans les dĂ©chets qui est liĂ© au Règlement, on peut estimer les volumes de ventes au fil du temps pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et leurs principaux substituts, d’abord en l’absence de rĂ©glementation (scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence), puis, en tenant compte de la rĂ©glementation (scĂ©nario rĂ©glementaire). Un cadre de quantification pour cette estimation est prĂ©sentĂ© Ă  la figure 2. La surface de chaque rectangle reprĂ©sente le volume des ventes d’un plastique Ă  usage unique donnĂ© et de ses principaux substituts (remarque : les surfaces ne sont pas Ă  l’échelle, le diagramme est uniquement illustratif).

Figure 2 : Cadre de quantification des unitĂ©s vendues / dĂ©chets produits au Canada

Figure 2 : Cadre de quantification des unitĂ©s vendues / dĂ©chets produits au Canada

Les quantifications suivant le cadre de la figure 2 sont prĂ©sentĂ©es dans les sous-sections ci-dessous.

Scénario de référence

Le Ministère a acquis des donnĂ©es de marchĂ© sur les sacs d’emplettes, les ustensiles, les rĂ©cipients alimentaires, les anneaux pour emballage de boissons, les bâtonnets Ă  mĂ©langer et les pailles auprès de sociĂ©tĂ©s internationales d’analyse de donnĂ©es, puis a croisĂ© ces donnĂ©es avec celles issues d’autres recherches (p. ex., les tableaux des ressources et des emplois de Statistique Canada, les renseignements exclusifs de l’industrie, la documentation accessible au public et les sites Web des fabricants, des distributeurs ou des grossistes) afin de crĂ©er une base de donnĂ©es historique s’étendant de 2015 Ă  2019. La base de donnĂ©es comprend des estimations du volume des ventes, du prix moyen par unitĂ© (tel qu’il est payĂ© par le dĂ©taillant final) et de la masse moyenne par unitĂ©, et ce, pour les six catĂ©gories de plastique Ă  usage unique et leurs principaux substituts. Le volume des ventes est multipliĂ© par le prix moyen par unitĂ© pour estimer la valeur marchande et par la masse moyenne par unitĂ© pour estimer le tonnage. Les estimations pour 2019 sont prĂ©sentĂ©es dans le tableau 1 et le tableau 2 de la section « Contexte Â».

Afin d’élaborer un scénario de référence projeté, on a calculé la croissance annuelle moyenne des volumes de ventes au cours de la période historique (2015 à 2019) pour les six catégories de plastiques à usage unique et leurs principaux substituts, puis on l’a appliquée à partir de 2024. L’analyse suppose une croissance nulle des ventes des six catégories de plastiques à usage unique et de leurs principaux substituts entre 2019 et 2023, afin de tenir compte du degré d’incertitude élevé attribuable à la pandémie de COVID-19 et à ses répercussions sur ces marchés. Au milieu de mesures de santé publique comme les règles de confinement à la maison, les fermetures temporaires d’entreprises et le télétravail, les habitudes des Canadiens en ce qui a trait à l’utilisation des six catégories de plastiques à usage unique et de leurs substituts ont changé. Par exemple, une plus grande consommation de repas à emporter peut contribuer à une plus grande utilisation de récipients alimentaires et d’ustensiles en plastique, alors qu’une diminution des sorties sociales dans les restaurants et les bars peut contribuer à une diminution de l’utilisation de pailles et de bâtonnets à mélanger. Il existe une grande incertitude quant aux effets résiduels de la pandémie de COVID-19 sur le marché pour les six catégories de plastique à usage unique. La mise en équivalence des volumes de vente projetés en 2023 à ceux observés en 2019 suppose que les marchés de ces biens ne changeront pas définitivement de cap, mais que les taux d’utilisation et les schémas de croissance observés reviendront à la normale une fois que les restrictions en matière de santé publique seront levées.

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence projetĂ© tient Ă©galement compte des administrations qui ont adoptĂ© des interdictions localisĂ©es pour l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique qui sont entrĂ©es en vigueur après 2019 et avant 2023 (p. ex., la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, Vancouver, Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke), en ajustant Ă  la baisse les volumes des ventes du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence proportionnellement au pourcentagerĂ©fĂ©rence 35 de la population vivant dans les zones assujetties Ă  ces interdictions. On peut ainsi s’assurer que les coĂ»ts et les avantages des mesures prises par d’autres administrations ne sont pas attribuĂ©s au Règlement. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence ne tient pas compte des annonces faites par les gouvernements ou l’industrie concernant leur intention d’éliminer progressivement l’utilisation de l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, car ces annonces ne sont pas contraignantes.

Scénario réglementaire

Comme l’illustre la figure 2, toutes les ventes pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence seront rĂ©affectĂ©es Ă  l’une des trois issues du scĂ©nario rĂ©glementaire : exemptions, rĂ©duction de la demande ou substitution. Les facteurs de rĂ©affectation utilisĂ©s dans l’analyse sont prĂ©sentĂ©s pour chaque issue dans le tableau 5.

Tableau 5 : Facteurs de rĂ©affectation du scĂ©nario rĂ©glementaire (pourcentage de l’utilisation de rĂ©fĂ©rence)
Catégorie d’article Exemptions Réduction de la demande Substitution
Sacs d’emplettes en plastique à usage unique 0 5 95
Ustensiles en plastique Ă  usage unique 0 15 85
Récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent 0 0 100
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique 0 0 100
Bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique 0 10 90
Pailles en plastique Ă  usage unique 10 15 75

Le terme « exemptions Â» concerne la poursuite de la fabrication, de l’importation et de la vente de produits de plastique Ă  usage unique dans certains cas, comme l’indique la section « Description Â». Le Règlement comportera des exemptions permettant de maintenir l’accès aux pailles flexibles en plastique Ă  usage unique Ă  des fins d’accessibilitĂ©. La base de donnĂ©es historique de 2015 Ă  2019 dĂ©montre que les pailles en plastique Ă  usage unique vendues aux « soins de santĂ© Â» et aux « mĂ©nages Â» reprĂ©sentent environ 6 % des ventes totales au cours de cette pĂ©riode. Étant donnĂ© que le Règlement permettra la vente des pailles flexibles en plastique Ă  usage unique aux fins de soins de santĂ© et d’usage individuel, l’analyse suppose un taux d’exemption de 10 % pour tenir compte de ces ventes de base ainsi qu’une certaine contingence pour tenir compte de l’augmentation des ventes aux personnes qui voudraient une paille en plastique Ă  usage unique, mais qui n’en recevront plus dans un restaurant, par exemple. Une analyse plus approfondie de cette considĂ©ration est prĂ©sentĂ©e dans la section « Analyse comparative entre les sexes plus Â».

La rĂ©duction de la demande fait rĂ©fĂ©rence Ă  la diminution prĂ©vue de la demande de substituts Ă  usage unique qui serait induite par le Règlement. Par exemple, ceci pourrait arriver si les coĂ»ts unitaires plus Ă©levĂ©s pour certains substituts entraĂ®naient un changement de comportement dans le commerce de dĂ©tail (Ă©lasticitĂ© de la demande par rapport au prix)rĂ©fĂ©rence 36. Ainsi, certains substituts (p. ex., les sacs d’emplettes en papier, les pailles en papier, les ustensiles et les bâtonnets Ă  mĂ©langer en bois) pourraient ĂŞtre proposĂ©s « sur demande Â» plutĂ´t que « par dĂ©faut Â».

La substitution dĂ©signe le remplacement des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique par leurs substituts faciles Ă  trouver. En gĂ©nĂ©ral, pour les plastiques Ă  usage unique pour lesquels on retrouve plusieurs substituts (p. ex., les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent), la rĂ©affectation Ă  chaque substitut est fondĂ©e sur les parts de marchĂ© relatives du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Les sacs d’emplettes en plastique sont la seule catĂ©gorie de plastique Ă  usage unique pour laquelle un substitut rĂ©utilisable (c’est-Ă -dire les sacs d’emplettes en plastique rĂ©utilisables) est Ă©galement modĂ©lisĂ©. Une fois la diminution de la demande prise en compte, l’analyse suppose qu’un article en plastique Ă  usage unique sera remplacĂ© par un article de substitution Ă  usage unique, et ce, pour toutes les catĂ©gories, Ă  l’exception des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Par exemple, dans l’analyse, un bâtonnet Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique est remplacĂ© par un bâtonnet Ă  mĂ©langer Ă  usage unique en bois, et une paille en plastique Ă  usage unique est remplacĂ©e par une paille en papier Ă  usage unique. En ce qui a trait aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, des facteurs supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© inclus pour tenir compte de la substitution par des sacs d’emplettes rĂ©utilisables, ainsi que des diffĂ©rences de capacitĂ© volumique entre les sacs d’emplettes en plastique et leurs substituts. Plus prĂ©cisĂ©ment, l’analyse suppose qu’en moyenne, un sac d’emplettes en papier Ă  usage unique remplacerait 1,2 sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique, et qu’un sac d’emplettes rĂ©utilisable remplace 1,7 sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique chaque fois qu’il est utilisĂ©rĂ©fĂ©rence 37. En utilisant les exigences pour distinguer un sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique d’un sac « rĂ©utilisable Â» (comme l’indique la section « Description Â»), l’analyse suppose que chaque sac d’emplettes rĂ©utilisable est utilisĂ© 100 fois en moyenne, remplaçant ainsi 170 sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique au cours de sa durĂ©e de vie.

Changement différentiel

Comme l’indique la section « Description Â», l’interdiction de fabrication et d’importation entrera en vigueur six mois après l’enregistrement du Règlement, Ă  l’exception des anneaux pour emballage de boissons, pour lesquels l’interdiction de fabrication et d’importation entrera en vigueur 12 mois après l’enregistrement du Règlement. L’interdiction de vente entrera en vigueur 18 mois après l’enregistrement du Règlement, Ă  l’exception des anneaux pour emballage de boissons et des pailles flexibles emballĂ©es avec des rĂ©cipients de boissons qui sont en plastique Ă  usage unique, pour lesquels l’interdiction de vente entrera en vigueur 24 mois après l’enregistrement du Règlement. Par consĂ©quent, la pĂ©riode d’analyse choisie de 10 ans est de 2023 Ă  2032, 2024 marquant la première annĂ©e de la pleine application des politiques. Pour tenir compte de la pĂ©riode d’« Ă©coulement Â» de facto, l’analyse suppose que 75 % des substitutions pour toutes les catĂ©gories de plastique Ă  usage unique sauf les anneaux pour emballage de boissons se seront produits Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur de l’interdiction de vente. En ce qui concerne les anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, on suppose dans l’analyse que 50 % des substitutions se seront produits Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur de l’interdiction de vente.

Comme le montre le tableau 6, le Règlement devrait rĂ©duire les dĂ©chets plastiques produits par les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique d’un poids estimĂ© Ă  139 225 tonnes au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) et d’environ 1,5 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032). Le Règlement rĂ©duira Ă©galement la quantitĂ© de dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©s par les exportations canadiennes, bien que ces rĂ©ductions puissent ĂŞtre compensĂ©es par d’autres fournisseurs sur le marchĂ© mondial des plastiques Ă  usage unique.

Tableau 6 : Estimation du changement progressif de la quantitĂ© et du tonnage de dĂ©chets plastiques provenant des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique
CatĂ©gorie d’article Millions d’unitĂ©s (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Millions d’unitĂ©s (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032) Tonnes (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Tonnes (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032)
Sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique -14 247 -152 169 -115 364 -1 232 839
Ustensiles en plastique Ă  usage unique -4 411 -47 386 -10 627 -111 434
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent -462 -4 771 -8 630 -91 138
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique -187 -1 904 -661 -6 742
Bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique -3 041 -33 232 -1 825 -19 939
Pailles en plastique Ă  usage unique -5 298 -56 996 -2 119 -22 798
Total note a du tableau c4 -27 646 -295 329 -139 225 -1 484 891

Note(s) du tableau c4

Note a du tableau c4

Le total peut différer de la somme des éléments en raison de l’arrondissement.

Retour Ă  la note a du tableau c4

En raison des caractĂ©ristiques inhĂ©rentes des substituts, la rĂ©duction des dĂ©chets plastiques provenant des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique prĂ©sentĂ©es dans le tableau 6 s’accompagnera d’une augmentation des dĂ©chets provenant des articles de substitution (p. ex., le remplacement du plastique par du papier augmente le poids des matĂ©riaux). Comme l’illustre le tableau 7, le Règlement devrait augmenter le tonnage de dĂ©chets produits par les substituts de 275 943 tonnes estimatives au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) ou d’environ 2,9 millions de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032), dont la quasi-totalitĂ© est due aux substituts de papier. Dans le cas des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, des rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent ainsi que des anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, certains substituts sont eux-mĂŞmes fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques, bien qu’ils soient probablement moins nocifs que les plastiques interdits correspondants. Les substituts en plastique sont gĂ©nĂ©ralement plus faciles Ă  recycler et contribuent donc plus rarement aux dĂ©chets plastiques qui aboutissent dans les sites d’enfouissement. Par ailleurs, dans le cas des anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, bon nombre de leurs substituts posent moins de danger aux espèces sauvages attribuable Ă  un enchevĂŞtrement, car ils n’ont pas la forme d’anneaux.

Comme il est indiquĂ© au tableau 7, on estime que les substituts en plastique produisent 13 822 tonnes de dĂ©chets plastiques au cours de la première annĂ©e de l’application rigoureuse de la politique (2024) ou 150 600 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032).

Tableau 7 : Estimation du changement progressif de la quantitĂ© et du tonnage de dĂ©chets provenant des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, par matĂ©riau
MatĂ©riau de substitution Millions d’unitĂ©s (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Millions d’unitĂ©s (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032) Tonnes (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Tonnes (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032)
Papier 8 769 93 890 248 041 2 641 488
Bois 6 486 69 227 9 189 98 623
Plastiques 391 4 284 13 822 150 600
Fibre moulĂ©e 136 1 332 4 266 41 441
Aluminium 66 576 625 5 468
Total note a du tableau c5 15 848 169 308 275 943 2 937 620

Note(s) du tableau c5

Note a du tableau c5

Le total peut différer de la somme des éléments en raison de l’arrondissement.

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Ă€ la suite de la combinaison des rĂ©sultats du tableau 6 et de la ligne des plastiques du tableau 7, il est prĂ©vu que le Règlement entraĂ®nerait une rĂ©duction nette estimĂ©e des dĂ©chets plastiques de 125 403 tonnes au cours de la première annĂ©e de l’application rigoureuse de la politique (2024) ou de 1,3 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032), comme l’illustre le tableau 8. La rĂ©duction nette des dĂ©chets plastiques pour les sacs d’emplettes seulement reprĂ©sente 87 % de cette rĂ©duction nette totale des dĂ©chets plastiques en tonnage, ou de 52 % en nombre d’unitĂ©s.

Tableau 8 : Variation nette estimative de la quantitĂ© et du tonnage de dĂ©chets plastiques
Catégorie d’articles Millions d’unités (première année de pleine rigueur, 2024) Millions d’unités (période d’analyse
de 10 ans, 2023-2032)
Tonnes (première
année de pleine
rigueur, 2024)
Tonnes (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032)
Sacs d’emplettes -14 169 -151 627 -109 290 -1 167 805
Ustensiles -4 411 -46 257 -10 627 -111 434
RĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent -203 -1 843 -2 406 -20 862
Anneaux pour emballage de boissons -106 -1 091 863 8 548
Bâtonnets Ă  mĂ©langer -3 041 -33 232 -1 825 -19 939
Pailles -5 298 -56 996 -2 119 -23 798
Total note a du tableau c6 -27 225 -291 046 -125 403 -1 334 291

Note(s) du tableau c6

Note a du tableau c6

Le total peut différer de la somme des éléments en raison de l’arrondissement.

Retour Ă  la note a du tableau c6

Quantifier la diminution nette de la pollution plastique (et l’augmentation connexe de la pollution par les substituts)

Le Règlement devrait entraĂ®ner une rĂ©duction nette des dĂ©tritus plastiques et de la pollution plastique dĂ©coulant de la rĂ©duction nette des dĂ©chets plastiques illustrĂ©e au tableau 8. Un cadre de quantification relatif Ă  ces estimations est prĂ©sentĂ© Ă  la figure 3, oĂą l’aire de chaque rectangle reprĂ©sente une proportion de dĂ©chets plastiques, en tonnes (remarque : les aires ne sont pas Ă  l’échelle; le diagramme n’est fourni qu’à titre indicatif; les pourcentages se rapportent Ă  2024).

Figure 3 : Cadre de quantification de la pollution plastique terrestre et marine gĂ©nĂ©rĂ©e au Canada

Figure 3 : Cadre de quantification de la pollution plastique terrestre et marine gĂ©nĂ©rĂ©e au Canada

Le cadre de quantification illustrĂ© Ă  la figure 3 est rempli Ă  l’aide d’une mĂ©thodologie en trois Ă©tapes :

  1. Estimer les taux de rejet de dĂ©tritus (voir le tableau 9) associĂ©s aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Certains ouvragesrĂ©fĂ©rence 38 ont estimĂ© les taux de rejet de dĂ©tritus pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, les ustensiles en plastique Ă  usage unique, les rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique, les bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique et les pailles en plastique Ă  usage unique. Comme le Ministère n’a pas dĂ©terminĂ© d’estimation prĂ©cise du taux de rejet de dĂ©tritus pour les anneaux pour emballage de boissons dans la documentation, l’analyse utilise le taux de rejet de dĂ©tritus estimĂ© pour l’ensemble du secteur de l’emballage (tirĂ© de l’étude de Deloitte de 2019).
  2. Estimer la quantitĂ© de dĂ©tritus rĂ©cupĂ©rĂ©e dans le cadre de diverses initiatives de nettoyage qui est adĂ©quatement Ă©liminĂ©e dans un flux de dĂ©chets gĂ©rĂ©s et la quantitĂ© de dĂ©tritus plastiques qui reste dans l’environnement sous forme de pollution plastique. L’étude de Deloitte de 2019 a estimĂ© qu’environ 56 % des plastiques jetĂ©s dans l’environnement et provenant du secteur de l’emballage (Ă  l’exception des bouteilles) a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© grâce Ă  des efforts de nettoyage et Ă©liminĂ© de façon appropriĂ©e, et la proportion rĂ©siduelle, soit 44 %, demeure dans l’environnement sous forme de pollution plastique. L’analyse suppose que ces proportions tiennent pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, qui constituent un sous-ensemble du secteur global de l’emballage, et qu’elles tiennent pendant toute la pĂ©riode d’analyse (c’est-Ă -dire que les activitĂ©s de nettoyage payĂ©es et non payĂ©es devraient demeurer proportionnelles Ă  la quantitĂ© de dĂ©tritus de rĂ©fĂ©rence).
  3. Estimer la proportion de pollution plastique dans le milieu terrestre par rapport au milieu marin. Selon certaines Ă©tudes, 5 % de tous les dĂ©tritus plastiques se rĂ©pandent dans un milieu marinrĂ©fĂ©rence 39. Cette mĂ©thode d’estimation de la pollution plastique en milieu marin exclut la pollution plastique qui pĂ©nètre dans les eaux douces canadiennes (y compris les Grands Lacs, d’autres lacs et rivières) et qui n’atteint jamais les ocĂ©ans.

La rĂ©duction prĂ©vue de la pollution plastique, y compris la pollution plastique en milieu marin, dans les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique est prĂ©sentĂ©e au tableau 9 pour la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024).

Tableau 9 : Estimation de la variation nette du tonnage de dĂ©tritus plastiques, de pollution plastique et de pollution plastique en milieu marin Ă  partir des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024)
Catégorie d’articles Réduction nette des déchets plastiques (tonnes) Estimation du taux de rejet de détritus Détritus plastiques évités (tonnes) Réduction des détritus plastiques nettoyés (tonnes) note a du tableau d1 Réduction de la pollution plastique totale
(tonnes) note b du tableau d1
Réduction de la pollution plastique en milieu marin (tonnes) note c du tableau d1
Sacs d’emplettes -109 290 4,10 % 4 481 2 509 1 972 224,0
Ustensiles -10 627 0,46 % 49 27 22 2,4
RĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent -2 046 5,10 % 123 69 54 6,1
Anneaux pour emballage de boissons 863 0,89 % -9 -5 -4 -0,5
Bâtonnets Ă  mĂ©langer -1 825 0,20 % 4 2 2 0,2
Pailles -2 119 3,10 % 66 37 29 3,3
Total note d du tableau d1 -125 403 S. O. 4 712 2 639 2 073 235,6

Note(s) du tableau d1

Note a du tableau d1

56 % du total des dĂ©tritus plastiques Ă©vitĂ©s

Retour Ă  la note a du tableau d1

Note b du tableau d1

44 % des dĂ©tritus plastiques Ă©vitĂ©s

Retour Ă  la note b du tableau d1

Note c du tableau d1

5 % des dĂ©tritus plastiques Ă©vitĂ©s

Retour Ă  la note c du tableau d1

Note d du tableau d1

Le total peut différer de la somme des éléments en raison de l’arrondissement.

Retour Ă  la note d du tableau d1

Sur la rĂ©duction nette estimĂ©e des dĂ©chets plastiques de 125 403 tonnes au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), une estimation de 2 073 tonnes sont empĂŞchĂ©es de devenir de la pollution plastique, dont 1 838 tonnes de pollution plastique terrestre et 236 tonnes de pollution plastique marine. Sur la rĂ©duction nette prĂ©vue des dĂ©chets plastiques d’environ 1,3 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse totale (de 2023 Ă  2032), une estimation de 22 048 tonnes sont empĂŞchĂ©es de devenir de la pollution plastique, dont 19 543 tonnes de pollution plastique terrestre et 2 505 tonnes de pollution plastique marine. Le Règlement devrait aussi permettre d’éviter le nettoyage d’une quantitĂ© estimĂ©e de 2 639 tonnes de dĂ©tritus plastiques dans l’environnement en 2024 ou 28 061 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse totale.

Dans l’ensemble, la rĂ©duction nette prĂ©vue des dĂ©chets plastiques et de la pollution plastique associĂ©e au Règlement reprĂ©sente environ 3 % du total estimĂ© des dĂ©chets plastiques et 5 % du total estimĂ© de la pollution plastique gĂ©nĂ©rĂ©e au Canada en 2024.

Avantages

Le principal avantage associé à la réduction de la pollution plastique en milieu terrestre et marin est la réduction du risque de blessures ou de décès pour la faune et une amélioration de la qualité de l’habitat naturel. Un autre avantage est que les Canadiens profiteraient davantage des paysages naturels et des espaces récréatifs publics extérieurs. Ces avantages non pécuniaires devraient améliorer le bien-être des Canadiens et de l’environnement. L’analyse évalue également les coûts de nettoyage des détritus terrestres évités, ainsi que les coûts de la pollution plastique évitée en milieu marin comme elle affecte le tourisme, les pêches et les coûts de nettoyage. Une telle monétisation pourrait saisir en partie la valeur que les Canadiens accordent à la réduction des risques pour la faune et ses habitats, ainsi qu’au plaisir humain d’environnements plus propres, étant donné que notre société consacre du temps et des ressources au nettoyage des détritus à des fins environnementales et esthétiques.

Réduction du risque de blessures ou de décès pour la faune et amélioration de la qualité de l’habitat

La plupart des ouvrages existants caractérisent les préjudices causés par la pollution plastique aux espèces sauvages et à leur habitat en général, et non pas précisément par les plastiques à usage unique, bien que les conclusions concernant la pollution plastique puissent être appliquées aux plastiques à usage unique, car ceux-ci sont une forme courante de pollution plastique.

Les déchets plastiques qui pénètrent dans l’environnement en tant que pollution plastique ne se décomposent pas facilement et représentent un risque persistant de préjudice à la faune et à ses habitats tout au long de leur durée de vie. Dans le milieu marin, les plastiques se dégradent plus lentement que sur terre, alors que la pollution plastique légère (comme les plastiques à usage unique) peut flotter à la surface des eaux pendant longtemps avant de couler. La flottabilité de la pollution plastique légère la rend facilement transportée par les courants de petits plans d’eau vers les océans, où elle peut s’accumuler dans des plaques de déchets flottants. Les animaux marins qui sont exposés à la pollution plastique dans les eaux de surface peuvent subir des blessures ou confondre les déchets avec de la nourriture.

L’enchevĂŞtrement est l’un des effets les plus frĂ©quemment signalĂ©s de la pollution par les macroplastiques sur la faunerĂ©fĂ©rence 40. Certains ouvrages estiment que plus de 200 espèces ont Ă©tĂ© touchĂ©es par l’enchevĂŞtrement en date de 2015, bien que ce nombre soit probablement sous-estimĂ© en raison du manque de rapports de certaines grandes rĂ©gions du monderĂ©fĂ©rence 41. La structure en boucle de certains articles en plastique (p. ex., sacs en plastique et anneaux pour emballage de boissons) pose un risque d’enchevĂŞtrement. Les sacs en plastique constituent l’une des menaces les plus importantes d’enchevĂŞtrement pour la vie marine, de mĂŞme que les engins de pĂŞche et les ballonsrĂ©fĂ©rence 42. L’enchevĂŞtrement peut ĂŞtre mortel pour les animaux, causant soit la suffocation ou l’étranglement, et lorsque l’enchevĂŞtrement n’est pas immĂ©diatement mortel, il peut inhiber la croissance, rĂ©duire la mobilitĂ©, et causer des blessures physiques et un stress physiologique chez les animaux, ce qui peut mener Ă  la mortalitĂ©rĂ©fĂ©rence 43. Par exemple, la totalitĂ© ou des parties d’articles en plastique logĂ©s dans diverses parties du corps des espèces sauvages peuvent causer un inconfort grave. Les plantes marines, les Ă©ponges et les coraux sont aussi tuĂ©s lorsqu’étouffĂ©s par des objets plus gros (p. ex., sacs de plastique) qui empĂŞchent les Ă©changes de gaz adĂ©quats et rĂ©duisent la photosynthèse.

Un autre effet physique de la pollution plastique sur la faune est l’ingestion intentionnelle ou non intentionnelle. L’ingestion intentionnelle se produit lorsqu’un organisme confond de la pollution plastique pour de la nourriture, alors que l’ingestion non intentionnelle se produit lorsqu’un organisme se nourrit d’un autre organisme qui a ingéré de la pollution plastique, absorbant ainsi indirectement cette pollution par la chaîne alimentaire. Comme l’enchevêtrement, l’ingestion peut être létale ou sous-létale. Les effets létaux comprennent des dommages aux organes internes et des blocages intestinaux, qui peuvent mener à l’inanition. Les effets sous-létaux comprennent l’altération de la croissance ou de la condition, les changements nutritionnels, la contamination par des additifs toxiques et d’autres dommages internesréférence 42,référence 44. Des études ont déterminé que les sacs d’emplettes et les ustensiles en plastiques à usage unique présentaient le plus grand risque d’ingestion chez les oiseaux de mer, les tortues et les mammifères marinsréférence 42.

En plus de causer des préjudices corporels à la faune, la pollution par les macroplastiques peut affecter négativement les habitats et les écosystèmes. Les articles en plastique flottant dans les milieux marins peuvent servir de radeaux qui transportent des organismes non indigènes dans les écosystèmes établis. Ces organismes peuvent être des prédateurs pour les espèces indigènes ou les supplanter pour les ressources, ce qui entraîne des pertes de biodiversité. Les espèces non indigènes peuvent également exposer les espèces indigènes à des maladies, ce qui pourrait modifier la diversité génétique au sein des écosystèmesréférence 45.

La pollution par les macroplastiques peut également se fragmenter en morceaux plus petits, et la pollution par les microplastiques qui en résulte peut représenter une menace importante d’ingestion pour la faune. Bien que la documentation dans ce domaine soit rare, l’ingestion de pollution par les microplastiques peut avoir des effets négatifs sur la nutrition et le métabolisme des organismesréférence 46, ainsi que sur les taux de reproduction et de mortalitéréférence 47. Davantage de recherche est nécessaire pour comprendre tous les effets de la pollution par les microplastiques sur la faune et les habitats.

Le Règlement devrait réduire le risque de préjudice à la faune et aux habitats en réduisant la quantité de pollution par les macroplastiques qui pénètre dans les milieux terrestres et marins, ce qui réduira les possibilités pour la faune de faire face à une telle pollution et d’être affectée négativement. Le risque d’effets nocifs sur les espèces sauvages et leur habitat associé aux déchets de substituts provenant des six catégories de plastique à usage unique, lesquels devraient être principalement composés de papier ou de bois, devrait être inférieur, car les produits constitués de ces matières subissent généralement une biodégradation rapide.

Jouissance accrue des biens et services écosystémiques

En plus des effets bĂ©nĂ©fiques sur la faune et ses habitats, la rĂ©duction de la pollution plastique terrestre et marine associĂ©e au Règlement devrait Ă©galement accroĂ®tre la jouissance des paysages naturels pour les gĂ©nĂ©rations actuelles et futures. Les parcs, les plages et d’autres espaces publics extĂ©rieurs offrent une multitude de services Ă©cosystĂ©miques, comme des services de rĂ©gulation (p. ex., la rĂ©gulation de processus climatique et biologique) et des services culturels (p. ex., offre des espaces pour loisirs et dĂ©tente)rĂ©fĂ©rence 48. Augmenter l’accès et la fonctionnalitĂ© de ces espaces contribue au bien-ĂŞtre humainrĂ©fĂ©rence 49. La prĂ©sence de pollution plastique dans ces milieux peut nuire Ă  la fonctionnalitĂ© et Ă  la beautĂ© esthĂ©tique des espaces publics extĂ©rieurs. RĂ©duire la pollution plastique aujourd’hui est un investissement dans les biens et services Ă©cosystĂ©miques actuels et futurs, et dans leur effet positif sur le bien-ĂŞtre humainrĂ©fĂ©rence 49.

La réduction de la pollution plastique dans les espaces publics peut affecter positivement la valeur récréative pour les résidents et les touristes. Des études ont révélé que les gens accordent de l’importance à la beauté esthétique et à la propreté, tandis que les visiteurs passeront moins de temps dans environnements jonchés de détritus ou éviteront certains sites qu’ils anticipent être pleins de détritusréférence 50. Par exemple, la propreté des plages est un facteur important pour les touristes qui décident quelle plage fréquenterréférence 51 et les touristes étaient prêts à payer pour de l’eau et des rives propresréférence 52. Les résidents et les touristes peuvent donc tirer une valeur récréative accrue de l’utilisation d’espaces publics visuellement propres et sanitaires. On s’attend à ce que cela ait des répercussions positives sur les collectivités touristiques locales (grâce à l’augmentation des recettes touristiques) puisque les aires publiques extérieures propres ont tendance à attirer les touristes.

La pollution plastique peut également nuire à l’accessibilité et à la fonctionnalité des espaces publics et empêcher les résidents et les touristes de profiter des activités dans un milieu naturel. Plus précisément, la présence de détritus peut avoir des conséquences directes sur la santé physique et mentale des personnes. Les visiteurs et les travailleurs peuvent être vulnérables à un éventail de blessures, comme se couper sur des articles en plastique pointus et être exposés à des articles insalubresréférence 53, ainsi qu’à des effets négatifs sur leur bien-être émotionnel et mentalréférence 54. S’abstenir de participer à des activités que les écosystèmes offrent habituellement peut également avoir des répercussions sur la santé en raison des occasions manquées d’obtenir les effets positifs associés à de tels biens. La pollution plastique peut aussi faire obstacle à l’accès aux espaces publics extérieurs, comme les promenades de bois et les parcs.

La rĂ©duction de la pollution plastique dans les espaces publics peut Ă©galement procurer une gratification culturelle ou Ă©motionnelle considĂ©rable. Les donnĂ©es probantes montrent que les humains Ă©prouvent du bien-ĂŞtre en sachant que des animaux sont prĂ©sents et qu’ils y demeureront pour les gĂ©nĂ©rations futures. Par exemple, les organismes marins « charismatiques Â» comme les oiseaux de mer ou les tortues ont une importance culturelle et Ă©motionnelle importante pour certaines personnes, ce qui suggère qu’une rĂ©duction de la pollution plastique en milieu marin qui rĂ©duit le risque de prĂ©judice pour les espèces charismatiques peut Ă©galement amĂ©liorer le bien-ĂŞtre humainrĂ©fĂ©rence 49.

Les perceptions, les préférences et les évaluations des biens et services écosystémiques diffèrent selon des variables telles que le revenu, la culture, l’éducation et le genreréférence 55. Ces caractéristiques individuelles jouent un rôle dans la mesure où la population bénéficiera des avantages du Règlement. La relation des personnes avec les biens et services écosystémiques est également positivement corrélée avec leur volonté de les payerréférence 56. Par conséquent, les personnes récolteront les avantages de l’amélioration du bien-être différemment, selon leurs relations avec les biens et services écosystémiques et leur positionnement respectif.

Coûts de nettoyage des détritus terrestres évités

Le coût du nettoyage des détritus terrestres est principalement lié au coût de collecte des détritus qui sont jetés par des personnes dans les milieux urbains et ruraux (p. ex., rues, parcs, bordures de routes, littoral). Ces coûts sont habituellement assumés par les municipalités, mais ils peuvent aussi être assumés par les entreprises sur leur propriété et peuvent représenter un coût de renonciation important lorsque le nettoyage est effectué dans le cadre d’activités de bénévolat.

Des enquĂŞtes canadiennes sur les dĂ©tritus municipaux (p. ex., Ă  Vancouver, Ă  Edmonton et Ă  Toronto) et des enquĂŞtes provinciales sur les dĂ©tritus le long des routes (p. ex., Ă  Terre-Neuve-et-Labrador, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, Ă  l’Île-du-Prince-Édouard) fournissent des renseignements sur les dĂ©tritus plastiques, mais ne divulguent pas les coĂ»ts engagĂ©s pour nettoyer ces dĂ©tritus. Par consĂ©quent, l’analyse utilise des Ă©tudes de cas accessibles au public sur les coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus plastiques terrestres et est structurĂ©e en fonction de chaque article. L’évaluation du coĂ»t du nettoyage des dĂ©tritus terrestres en fonction du tonnage dĂ©formerait la portĂ©e de l’avantage, Ă©tant donnĂ© que les dĂ©tritus plastiques sont nombreux, lĂ©gers et dispersĂ©s partout dans l’environnement.

Comme le montre le tableau 9, la diminution prĂ©vue des dĂ©tritus plastiques ramassĂ©s dans l’environnement est estimĂ©e Ă  2 639 tonnes au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 28 061 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ce tonnage Ă©quivaut Ă  une rĂ©duction de plus de 439 millions d’unitĂ©s de plastiques Ă  usage unique ramassĂ©es dans l’environnement en 2024, soit 4,7 milliards d’unitĂ©s de plastiques Ă  usage unique au cours de la pĂ©riode d’analyse. L’analyse des coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus Ă©vitĂ©s doit Ă©galement tenir compte de l’augmentation du rejet de substituts fabriquĂ©s Ă  partir de matières autres que le plastique. Les taux de rejet de dĂ©tritus pour les substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique devraient ĂŞtre les mĂŞmes que ceux des six plastiques Ă  usage unique, indĂ©pendamment du type de matière, sauf pour les sacs d’emplettes rĂ©utilisables, qui devraient avoir un taux de rejet de 0,5 % par rapport au taux de 4,1 % pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage uniquerĂ©fĂ©rence 57. Les substituts Ă  usage unique faits de papier, de bois ou de fibres moulĂ©es sont tous biodĂ©gradables dans l’environnement et on estime qu’ils reprĂ©sentent 95 % de tous les substituts, en poids. On ne s’attend donc pas Ă  ce que le rejet de ces substituts cause des dommages Ă  long terme Ă  l’environnement. Cependant, une partie de ces substituts qui sont jetĂ©s dans l’environnement continuera d’être ramassĂ©e grâce Ă  des activitĂ©s rĂ©munĂ©rĂ©es et bĂ©nĂ©voles, avant qu’ils aient eu suffisamment de temps pour se dĂ©composer complètement. La proportion de ces substituts ramassĂ©s pendant les activitĂ©s de nettoyage des dĂ©tritus variera selon la catĂ©gorie d’article et le type de matière. Par exemple, une paille en papier Ă  usage unique se dĂ©compose dans l’environnement beaucoup plus rapidement qu’un sac d’emplettes en papier Ă  usage unique ou un ustensile en bois Ă  usage unique. Bien que la pollution causĂ©e par les rĂ©cipients alimentaires en aluminium Ă  usage unique ne se dĂ©compose pas facilement dans l’environnement, ces substituts devraient reprĂ©senter moins de 1 % du tonnage total de toutes les matières de substitution.

On estime que l’augmentation des dĂ©chets provenant de substituts non plastiques se traduit par 344 millions d’articles rejetĂ©s dans l’environnement au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 3,7 milliards d’articles au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), dont moins du tiers (101 millions d’articles en 2024 ou 1,1 milliard d’articles au cours de la pĂ©riode d’analyse) seront recueillis de l’environnement avant de se dĂ©composer complètement. Le Règlement devrait donc entraĂ®ner une rĂ©duction nette estimĂ©e de 338 millions d’articles rejetĂ©s dans l’environnement au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), soit 3,6 milliards d’articles rejetĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032).

En gĂ©nĂ©ral, les gouvernements ne rĂ©partissent pas les coĂ»ts de rejet de dĂ©tritus en fonction des morceaux de dĂ©tritus individuels, mais plutĂ´t en fonction du temps consacrĂ© au nettoyage de ces dĂ©tritus. La documentation fournit quelques exemples de coĂ»ts annuels par habitant pour la collecte de dĂ©tritus, mais ces donnĂ©es ne sont pas utiles pour dĂ©terminer le coĂ»t marginal d’une source particulière de dĂ©tritus (c’est-Ă -dire les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique). La majeure partie de l’information sur les coĂ»ts provient principalement des programmes de collecte de dĂ©tritus sur le bord de la route. Cependant, il y a des limites Ă  gĂ©nĂ©raliser les coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus le long des routes pour tous les travaux de nettoyage des dĂ©tritus terrestres, car les coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus le long des routes varieront en fonction des taux et de la densitĂ© des dĂ©pĂ´ts de dĂ©tritus, du coĂ»t de la main-d’œuvre, des conditions de la surface et du coĂ»t de l’équipement nĂ©cessairerĂ©fĂ©rence 58. DiffĂ©rentes Ă©tudes aux États-Unis ont estimĂ© que le coĂ»t du nettoyage des dĂ©tritus se situe entre 0,21 $ US et 1,29 $ US par article rejetĂ© pour les fonctionnaires rĂ©munĂ©rĂ©s, et entre 0,047 $ US et 0,18 $ US pour la main-d’œuvre bĂ©nĂ©vole dans le cadre des programmes de nettoyage de dĂ©tritus Adopt-a-Highway [adoptez une autoroute]rĂ©fĂ©rence 59. Une autre Ă©tude a estimĂ© que le coĂ»t de la main-d’œuvre pour collecter chaque morceau de dĂ©tritus rejetĂ© accidentellement dans l’environnement Ă  partir de la collecte des matières recyclables en bordure de rue variait de 0,17 $ US Ă  0,79 $ US par article rejetĂ©rĂ©fĂ©rence 60.

Bien que les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique soient parmi les formes les plus courantes de dĂ©tritus plastiques ramassĂ©s pendant les activitĂ©s de nettoyage des dĂ©tritus, d’autres types de dĂ©tritus sont Ă©galement ramassĂ©s. Par consĂ©quent, l’analyse suivante est fondĂ©e sur le nombre moyen d’articles en plastique rejetĂ©s qui peuvent ĂŞtre ramassĂ©s en une heure et suppose un taux horaire moyen de main-d’œuvre ou un coĂ»t de renonciation du travail bĂ©nĂ©vole de 15 $ l’heure.

Tableau 10 : Analyse de scĂ©nario pour le nettoyage de dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s (dollars de 2021, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2022 Ă  3 %)
Nombre d’unitĂ©s de plastiques Ă  usage unique ramassĂ©es en une heure CoĂ»t de la collecte par article Estimation du coĂ»t total de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s pour 338 millions d’unitĂ©s (2024) Estimation du coĂ»t total de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s pour 3 618 millions d’unitĂ©s (2023-2032)
40 0,38 $ 121 M$ 1 162 M$
60 0,25 $ 80 M$ 764 M$
80 (scĂ©nario central) 0,19 $ 61 M$ 581 M$
100 0,15 $ 48 M$ 459 M$

Selon le scĂ©nario central choisi, on prĂ©voit que le Règlement entraĂ®ne des coĂ»ts estimĂ©s de nettoyage de dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s de 61 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 581 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ces Ă©conomies reprĂ©sentent 1,58 $ par habitantrĂ©fĂ©rence 61 en coĂ»ts de nettoyage de dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s en 2024 ou 15,11 $ au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts de pollution marine évitée

Le Règlement devrait entraĂ®ner une rĂ©duction nette estimative de la pollution plastique en milieu marin de 2 505 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse. La quantification des fuites de plastique, en particulier la pollution plastique en milieu marin, est un domaine d’étude relativement nouveau. Par ailleurs, les Ă©tudes Ă©valuant la distribution gĂ©ographique et spatiale de la pollution plastique sont plutĂ´t rares. Ces Ă©tudes Ă©tablissent gĂ©nĂ©ralement le profil des effets externes nĂ©gatifs associĂ©s qualitativement Ă  la pollution plastique en milieu marin, mais seul un petit nombre ont tentĂ© de quantifier monĂ©tairement ces effets, et les rĂ©sultats de chacune variaient considĂ©rablement. Il est aussi difficile de comparer ces Ă©tudes, car leurs portĂ©e, mĂ©thodologie et hypothèses de dĂ©part sont très diffĂ©rentes.

Le fait de combiner les rĂ©sultats de l’étude de Deloitte de 2019 avec ceux d’une autre Ă©tude de Deloitte, qui modĂ©lisait le coĂ»t Ă©conomique mĂ©dian de la pollution plastique en milieu marin sur le plan des rĂ©percussions sur le tourisme, les pĂŞches et les coĂ»ts de nettoyage au Canada Ă  31 millions de dollars amĂ©ricains par annĂ©e, le coĂ»t de la pollution plastique marine au Canada peut ĂŞtre estimĂ© Ă  environ 16 800 $ CA par tonne (dollars constants de 2021). Ce chiffre devrait reprĂ©senter une estimation de limite infĂ©rieure, puisque le modèle exclusif ne tient compte que des cĂ´tes habitĂ©es pour le nettoyage, plutĂ´t que de l’ensemble du littoral. Le modèle a Ă©galement exclu les rĂ©percussions sur la faune et son habitat, ainsi que l’évaluation des biens immobiliers dans les rĂ©gions cĂ´tières. La prĂ©valence et la taille relativement petite des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (comparativement Ă  d’autres dĂ©chets plastiques, comme les engins de pĂŞche) donnent Ă©galement Ă  penser que la valeur estimĂ©e de 16 800 $ est une limite infĂ©rieure. Compte tenu d’une rĂ©duction nette estimative de 236 tonnes de la pollution plastique en milieu marin au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), le Règlement devrait permettre d’éviter la somme estimĂ©e de 3.7 millions de dollars en coĂ»ts reliĂ©s Ă  la pollution plastique en milieu marin (ou une rĂ©duction nette estimĂ©e de 2 505 tonnes de pollution plastique en milieu marin au cours de la pĂ©riode d’analyse, qui entraĂ®nerait des coĂ»ts estimĂ©s Ă©vitĂ©s de 35,6 millions de dollars).

D’après la documentation disponible, l’analyse suppose qu’il y a des externalités négatives minimes sur le milieu marin associées aux substituts à usage unique qui ne sont pas faits de plastique; la plupart de ces substituts se décomposent avant d’atteindre le milieu marin ou relativement rapidement par la suite. En comparaison, les six catégories de plastiques à usage unique sont habituellement plus légères et plus flottantes que leurs substituts non plastiques, ce qui facilite leur transport par le vent ou l’eau dans les milieux marins.

Coûts

La diminution de la quantité (et du tonnage) de déchets plastiques et de pollution plastique des six catégories de plastiques à usage unique ainsi que l’augmentation connexe de la quantité (et du tonnage) de déchets et de la pollution par les substituts aux six catégories de plastiques à usage unique entraînent plusieurs coûts, examinés dans les sous-sections ci-dessous.

Coûts de remplacement (pour toutes les catégories de plastiques à usage unique sauf les sacs d’emplettes)

En ce qui concerne les ustensiles en plastique Ă  usage unique, les rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques, les anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, les bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique et les pailles en plastique Ă  usage unique, le Règlement devrait se traduire par une estimation de 295 milliards de plastiques Ă  usage unique de moins vendus (tableau 6) et 169 milliards de substituts de plus vendus (tableau 7) sur la pĂ©riode d’analyse de 2023 Ă  2032. Les donnĂ©es du marchĂ© indiquent qu’en moyenne, ces plastiques Ă  usage unique sont vendus Ă  des prix unitaires plus bas que leurs substituts facilement accessibles. Les coĂ»ts de remplacement dĂ©signent les Ă©carts de prix entre les plastiques Ă  usage unique qui auraient Ă©tĂ© vendus en l’absence du Règlement et les substituts qui devraient prendre leur place dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, après avoir tenu compte de la rĂ©duction de la demande et des exemptions pour les pailles en plastique Ă  usage unique.

Figure 4 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts de remplacement

Remarque : Les aires ne sont pas Ă  l’échelle et le diagramme n’est fourni qu’à titre indicatif.

Figure 4 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts de remplacement

Bien que le prix unitaire d’un seul substitut soit relativement faible (c’est-Ă -dire qu’il varie de 0,01 $ pour un bâtonnet Ă  mĂ©langer en bois Ă  usage unique Ă  0,36 $ pour un substitut de carton Ă  usage unique Ă  un anneau pour emballage de boissons), le total des coĂ»ts de remplacement par annĂ©e pour le Règlement devrait ĂŞtre important, Ă©tant donnĂ© que ces substituts remplaceront environ 30 milliards d’articles en plastiques Ă  usage unique par annĂ©e, soit environ 800 articles en plastique Ă  usage unique par Canadien. Comme l’illustre le tableau 11, les coĂ»ts de remplacement pour cinq des catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (Ă  l’exclusion des sacs d’emplettes) sont estimĂ©s Ă  173 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 1,6 milliard de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ces coĂ»ts reprĂ©sentent 4,49 $ par habitant en 2024, ou 41,94 $ par habitant au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Tableau 11 : CoĂ»ts de remplacement pour cinq catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (en millions, dollars de 2021, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2022 Ă  3 %)
Type de poste Première année de pleine rigueur de la politique (2024) Période d’analyse totale (2023-2032)
Ustensiles en plastique Ă  usage unique 75 702
Récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent 14 114
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique 33 298
Bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique 4 37
Pailles en plastique Ă  usage unique 48 462
Total 173 1 612
Coûts de remplacement et coûts d’usage secondaire des sacs d’emplettes en plastique à usage unique

On s’attend Ă  ce que le Règlement entraĂ®ne la vente d’environ 152 milliards d’unitĂ©s de sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique de moins au cours de la pĂ©riode d’analyse (tableau 6). Contrairement aux cinq autres catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, l’analyse des sacs d’emplettes tient compte de la substitution en options rĂ©utilisables en plus des substituts en papier Ă  usage unique. Le ministère des Ressources naturelles a commandĂ© un rapport qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en mars 2021 pour Ă©valuer les rĂ©percussions possibles du Règlement sur les fabricants canadiens d’emballages Ă  base de fibres (non accessible au public). Le rapport a conclu que les sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique ne doivent remplacer qu’une minoritĂ© des ventes de rĂ©fĂ©rence pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, la majoritĂ© Ă©tant remplacĂ©e par des sacs d’emplettes rĂ©utilisables. Cette constatation correspond aux constatations issues d’études de cas menĂ©es dans d’autres pays.

Le matĂ©riau, la qualitĂ© et le prix des sacs d’emplettes rĂ©utilisables varient. L’analyse ne tient compte que du prix unitaire des sacs d’emplettes rĂ©utilisables (en plastique) relativement bon marchĂ© plutĂ´t que d’autres styles plus coĂ»teux (p. ex., en coton). De cette façon, l’analyse estime un moyen Ă  coĂ»t minimal d’obtenir la substitution prĂ©vue en sacs d’emplettes rĂ©utilisables. Bien entendu, mĂŞme un sac d’emplettes rĂ©utilisable Ă  moindre coĂ»t coĂ»te beaucoup plus cher qu’un seul sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Le prix moyen d’un sac d’emplettes rĂ©utilisable peut ĂŞtre divisĂ© par son nombre thĂ©orique d’usages (supposĂ© ĂŞtre de 100) pour obtenir un « coĂ»t par usage Â» minimum (essentiellement, un amortissement linĂ©aire), ce qui permet de comparer directement les usages individuels des sacs d’emplettes rĂ©utilisables par rapport aux Ă©quivalents Ă  usage unique. Selon cette mĂ©thodologie, le prix par utilisation d’un sac d’emplettes rĂ©utilisable est environ 5,6 fois infĂ©rieur au prix unitaire d’un sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique.

Les coĂ»ts de remplacement des sacs d’emplettes ne peuvent pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s indĂ©pendamment des coĂ»ts d’usage secondaire. Bien que les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique soient conçus pour devenir des dĂ©chets après leur usage unique, il est courant pour les personnes de les conserver pour les utiliser dans des applications secondaires (c’est-Ă -dire au-delĂ  de l’application principale qui consiste Ă  faciliter le transport des biens achetĂ©s d’un point de vente au dĂ©tail). Les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique sont couramment rĂ©utilisĂ©s comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets, comme sacs pour excrĂ©ments d’animaux domestiques, pour transporter des repas emballĂ©s ou pour transporter des vĂŞtements de rechange. Les estimations dans la documentation sur le taux d’usage secondaire des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique varient, mais ont tendance Ă  se situer entre 12 % et 22 %rĂ©fĂ©rence 62. L’analyse tient compte des coĂ»ts de remplacement des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, dans leur utilisation secondaire comme sacs poubelles, par des sacs Ă  ordures en plastique (figure 5).

Figure 5 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts d’usage secondaire : sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique utilisĂ©s comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets

Figure 5 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts d’usage secondaire : sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique utilisĂ©s comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets

Étant donnĂ© qu’il est prĂ©vu que le Règlement entraĂ®ne Ă©galement une plus grande quantitĂ© de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique disponibles pour un usage secondaire, il faut Ă©galement tenir compte de l’effet compensatoire potentiel de l’usage secondaire de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets ou Ă  compost. Étant donnĂ© qu’il y a de l’incertitude en ce qui concerne plusieurs paramètres d’analyse (p. ex., la proportion prĂ©vue des ventes de rĂ©fĂ©rence pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique qui seront remplacĂ©s par des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique, les taux de rĂ©utilisation pour les sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique, la disponibilitĂ© du compostage et les habitudes), une analyse de rentabilitĂ© a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour dĂ©terminer le prix unitaire que les consommateurs devraient payer pour les sacs en papier afin de couvrir tous les coĂ»ts liĂ©s aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique (c’est-Ă -dire coĂ»t de la substitution additionnĂ© au coĂ»t de l’usage secondaire) pour atteindre le seuil de rentabilitĂ©. Les scĂ©narios pour cette analyse de rentabilitĂ© sont prĂ©sentĂ©s au tableau 12.

Tableau 12 : Analyse de rentabilitĂ© des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique pour la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), dollars de 2021, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2022 Ă  3 %
Taux de remplacement : du plastique Ă  usage unique au papier Ă  usage unique note a du tableau d5 CoĂ»ts de remplacement note b du tableau d5 Prix de rentabilitĂ© pour les sacs en papier (scĂ©nario faible) note c du tableau d5 Prix de rentabilitĂ© pour les sacs en papier (scĂ©nario Ă©levĂ©) note d du tableau d5
0,30 -111 M$ -0,07 $ 0,11 $
0,35 -75 M$ -0,01 $ 0,12 $
0,40 (central) -39 M$ 0,03 $ 0,13 $
0,45 -3 M$ 0,06 $ 0,13 $
0,50 33 M$ 0,09 $ 0,14 $

Note(s) du tableau d5

Note a du tableau d5

Toutes les substitutions restantes vont dans la catégorie des sacs d’emplettes réutilisables.

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Note b du tableau d5

Les coûts de remplacement des sacs d’emplettes suivent la même méthodologie que celle présentée à la figure 4. Des coûts de remplacement négatifs dénotent des économies.

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Note c du tableau d5

Le « scĂ©nario faible Â» est calculĂ© en utilisant un Ă©cart de prix unitaire de 0,04 $ entre les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique et les sacs Ă  ordures en plastique, et un taux d’usage secondaire de 12 %.

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Note d du tableau d5

Le « scĂ©nario Ă©levĂ© Â» est calculĂ© en utilisant un Ă©cart de prix unitaire de 0,08 $ entre les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique et les sacs Ă  ordures en plastique, et un taux d’usage secondaire de 22 %.

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En supposant que 40 % des ventes de base de sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique sont remplacĂ©es par des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique (cas central), les sacs en papier devraient coĂ»ter au moins 0,03 $ pour atteindre le seuil de rentabilitĂ© dans un « scĂ©nario faible Â» et 0,13 $ dans un « scĂ©nario Ă©levĂ© Â». Le prix unitaire historique des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique (prĂ©sentĂ© dans le tableau 2 de la section « Contexte Â») est de 0,08 $. Étant donnĂ© que les sacs en papier achetĂ©s dans un magasin, comme les doublures pour rĂ©sidus organiques compostables, sont habituellement plus chers que les sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique qui servent Ă  transporter l’épicerie, la probabilitĂ© d’atteindre le seuil de rentabilitĂ© devrait ĂŞtre raisonnablement Ă©levĂ©e.

Coûts de gestion des déchets

On s’attend Ă  ce que le Règlement empĂŞche environ 1,5 million de tonnes de plastique d’entrer dans le flux de dĂ©chets au cours de la pĂ©riode d’analyse, mais ajoutera aussi environ 2,9 millions de tonnes d’autres matières au flux de dĂ©chets provenant de l’utilisation de substituts, en raison de l’augmentation de leur poids unitaire par rapport aux plastiques Ă  usage unique. La rĂ©duction du tonnage entrant dans le flux de dĂ©chets reprĂ©sente une Ă©conomie des coĂ»ts Ă©vitĂ©s pour la gestion des dĂ©chets des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Toutefois, l’augmentation du tonnage des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique reprĂ©sente une augmentation des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s dans la prĂ©sente sous-section sont les coĂ»ts totaux associĂ©s Ă  la gestion des dĂ©chets supplĂ©mentaires et pourraient ĂŞtre imposĂ©s aux municipalitĂ©s ou aux producteurs, en fonction de la rĂ©glementation locale et des programmes de responsabilitĂ© Ă©largie des producteurs en place. Lorsque les coĂ»ts de gestion des dĂ©chets sont absorbĂ©s par les producteurs, on s’attend Ă  ce qu’ils soient refilĂ©s aux consommateurs, et lorsqu’ils sont absorbĂ©s par les municipalitĂ©s, qu’ils se rĂ©percutent sur les contribuables.

L’analyse tient compte de trois modes de gestion des dĂ©chetsrĂ©fĂ©rence 63 pour modĂ©liser les coĂ»ts diffĂ©rentiels et les coĂ»ts Ă©vitĂ©s liĂ©s Ă  la gestion des dĂ©chets, soit l’enfouissement, le recyclage et le compostage. La figure 6 montre les voies pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et leurs substituts facilement disponibles. Les taux de rĂ©acheminement des dĂ©chets vers chaque voie diffèrent selon la catĂ©gorie de plastique Ă  usage unique et la matière. La capacitĂ© de rĂ©acheminement efficace des dĂ©chets dĂ©pend de la capacitĂ© de l’infrastructure en place.

Figure 6 : Trois voies d’élimination par matière

Site d’enfouissement

Recyclage

Compostage

RĂ©duction du plastique pour six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

Substitut de papier Ă  usage unique

Substitut de bois Ă  usage unique

Substituts Ă  usage unique en plastique

Sacs d’emplettes réutilisables en plastique

Substitut de fibre moulée à usage unique

Substitut d’aluminium à usage unique

RĂ©duction du plastique pour six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

Substitut de papier Ă  usage unique

Substituts Ă  usage unique en plastique

Sacs d’emplettes réutilisables en plastique

Substitut d’aluminium à usage unique

Substitut de papier Ă  usage unique

Substitut de bois Ă  usage unique

Substitut de fibre moulée à usage unique

Les coĂ»ts diffĂ©rentiels sont calculĂ©s comme Ă©tant les Ă©conomies nettes ou les coĂ»ts Ă©vitĂ©s pour la gestion des dĂ©chets dĂ©coulant de la rĂ©duction du tonnage des dĂ©chets entrant dans le flux des dĂ©chets provenant des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, plus l’augmentation connexe des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets associĂ©s Ă  une augmentation du tonnage des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Les facteurs suivants sont pris en compte pour les matières plastiques Ă  usage unique et les substituts (le cas Ă©chĂ©ant) : tonnage supplĂ©mentaire pour chaque produit, taux de rĂ©acheminement pour chaque voie d’élimination par catĂ©gorie et matière de l’article, coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et d’élimination des dĂ©chets, ainsi que le prix des matières post-consommation pour les matĂ©riaux recyclĂ©s et compostĂ©s. Le coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et de recyclage des dĂ©chets plastiques est fondĂ© sur l’étude de Deloitte de 2019, tandis que le coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et de recyclage ou de compostage des dĂ©chets d’autres matières de remplacement est estimĂ© Ă  partir de divers rapports accessibles au public, ainsi que des Ă©tudes et des sites Web municipaux canadiens sur la gestion des dĂ©chets. L’analyse prend Ă©galement en compte la rĂ©cupĂ©ration de la valeur pour les voies de recyclage et de compostage. Le prix après consommationrĂ©fĂ©rence 64 par tonne de plastique (rĂ©duction dans les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et augmentation des substituts du plastique), de papier et d’aluminium est utilisĂ© pour estimer la rĂ©cupĂ©ration de la valeur pour la voie de recyclage, et le prix après consommation par tonne de papier, de fibres moulĂ©es et de bois est utilisĂ© pour estimer la rĂ©cupĂ©ration de la valeur pour la voie de compostage. Les coĂ»ts associĂ©s Ă  la gestion des dĂ©chets sont purement des coĂ»ts liĂ©s au traitement des matières. Les autres coĂ»ts, comme les effets nĂ©gatifs liĂ©s aux sites d’enfouissement (esthĂ©tique, odeur rĂ©siduelle, etc.) ne font pas partie de l’analyse.

Les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique peuvent obstruer les machines de recyclage, ce qui cause des retardsrĂ©fĂ©rence 65. L’analyse estime Ă©galement les Ă©conomies de coĂ»ts associĂ©es Ă  la rĂ©duction de ces retards. La mĂ©thode gĂ©nĂ©rale d’estimation des coĂ»ts diffĂ©rentiels pour la gestion des dĂ©chets est prĂ©sentĂ©e Ă  la figure 7 (remarque : les aires ne sont pas Ă  l’échelle, le diagramme n’est fourni qu’à titre indicatif). L’estimation des coĂ»ts pour les tonnes de dĂ©chets rĂ©acheminĂ©s vers chacune des trois voies est très semblable, la principale diffĂ©rence Ă©tant la prise en compte de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur des dĂ©chets recyclĂ©s ou compostĂ©s. Cette estimation a Ă©tĂ© faite pour chacune des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et des matières de remplacement.

Figure 7 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets

Figure 7 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets

La rĂ©duction du tonnage de dĂ©chets des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique reprĂ©sente une diminution des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets en gĂ©nĂ©ral, tandis que l’augmentation connexe du tonnage de dĂ©chets provenant de substituts reprĂ©sente une augmentation des coĂ»ts. En dĂ©pit de la plus grande abondance de matières dont la valeur est rĂ©cupĂ©rĂ©e, le Règlement devrait engendrer des coĂ»ts nets de gestion des dĂ©chets Ă©tant donnĂ© que le prix par tonne de matières post-consommation est beaucoup moins Ă©levĂ© que le coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et d’élimination des dĂ©chets.

Comme l’indique le tableau 13, les coĂ»ts nets prĂ©vus de gestion des dĂ©chets sont estimĂ©s Ă  20 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 193 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ces coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  0,53 $ par habitant en 2024, ou 5,02 $ par habitant au cours de la pĂ©riode d’analyse. La majeure partie des Ă©conomies de coĂ»ts dĂ©coulant de la rĂ©duction du tonnage de dĂ©chets des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique est attribuable aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, tandis que la majeure partie de l’augmentation des coĂ»ts dĂ©coulant de l’augmentation du tonnage de dĂ©chets provenant de substituts est attribuable aux sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique.

Tableau 13 : CoĂ»t de gestion des dĂ©chets (en millions de dollars, dollars de 2021, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2022 Ă  3 %)
Catégorie d’articles Première année de pleine rigueur de la politique (2024) Période d’analyse totale (2023-2032)
Six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique -75 -720
Substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique 95 913
Total des coûts différentiels de la gestion des déchets 20 193
Coûts pour les fabricants des six catégories de plastique à usage unique

Alors que la première interdiction de fabrication des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique entrera en vigueur 6 mois après l’enregistrement du Règlement, des dĂ©marches auprès de certains fabricants ont rĂ©vĂ©lĂ© que de nombreuses entreprises ont dĂ©jĂ  remarquĂ© une rĂ©duction de la demande intĂ©rieure depuis la publication prĂ©alable du Règlement dans la partie I de la Gazette du Canada, en dĂ©cembre 2021. Certaines entreprises ont arrĂŞtĂ© de façon prĂ©ventive la fabrication des six catĂ©gories de plastique Ă  usage unique. D’ici Ă  ce que l’interdiction de fabrication entre en vigueur, une proportion importante des rĂ©percussions sur les fabricants canadiens se sera dĂ©jĂ  matĂ©rialisĂ©e, Ă©tant donnĂ© la transition en cours vers des substituts par les entreprises et les consommateurs, une tendance qui devrait s’accĂ©lĂ©rer avec l’enregistrement du Règlement.

Le ministère estime que 60 % de la fabrication totale au pays des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique est vendue au Canada, alors que l’autre 40 % est exportĂ©e vers les marchĂ©s Ă©trangers. Les donnĂ©es ministĂ©rielles suggèrent que plus de 90 % de toutes les exportations de produits Ă  usage unique, qui comprennent les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, sont vendues aux États-Unis. Bien que les fabricants canadiens (ainsi que les importateurs) vont perdre le marchĂ© intĂ©rieur une fois que l’interdiction de fabrication entrera en vigueur, l’exemption visant la fabrication Ă  des fins d’exportation demeura en vigueur jusqu’à 42 mois après l’enregistrement du Règlement. Cette disposition offrira aux fabricants la flexibilitĂ© de maintenir la fabrication des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique pendant une pĂ©riode de temps dĂ©terminĂ©e pour faciliter leur transition depuis ces produits spĂ©cifiques. La pĂ©riode d’exemption leur donnera le temps d’identifier d’autres opportunitĂ©s de fabrication de plastiques, modifier leurs chaĂ®nes de production et commercialiser leurs nouveaux produits. Cette façon de faire devrait rĂ©duire au minimum l’ampleur des biens de production dĂ©suets et sous-utilisĂ©s potentiels par les entreprises.

Pour une entreprise, le passage à la production d’autres biens peut comporter des coûts liés au développement de marchés, à la planification des chaînes de production, à l’achat de nouvel équipement, à l’installation, à la formation et au marketing. Certaines entreprises pourraient aussi décider de fermer pour toujours des chaînes de production ou des installations de production. Des installations ou des chaînes de production qui ferment ou deviennent sous-utilisées peuvent entraîner des pertes d’emplois. Aucune répercussion généralisée n’est attendue sur le marché de l’emploi, car la plupart des employés seraient probablement redirigés vers d’autres possibilités d’emploi du secteur manufacturier dans la même région.

Bien que les impacts de l’obsolescence et de la sous-utilisation des actifs de production et le coĂ»t de la transition vers la fabrication d’autres produits soient uniques Ă  chaque entreprise, l’analyse applique le manque Ă  gagner attendu au niveau sectoriel comme approximation pour estimer ces coĂ»tsrĂ©fĂ©rence 66. L’analyse suppose une marge bĂ©nĂ©ficiaire moyenne pour le secteur de la fabrication de plastique de 15 %. L’analyse suppose Ă©galement une rĂ©duction linĂ©aire sur cinq ans de l’opportunitĂ© de profit manquĂ©e, en supposant que l’opportunitĂ© de profit se rĂ©tablira Ă  mesure que les entreprises feront la transition vers de nouveaux marchĂ©s.

Tableau 14 : Pourcentage estimĂ© de l’opportunitĂ© de profit de base manquĂ©e, de 2023 Ă  2032
Opportunité de profit manquée 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032
Fabrication pour la vente sur le marchĂ© intĂ©rieur 80 % 60 % 40 % 20 % 0 0 0 0 0 0
Fabrication aux fins d’exportation exportations autorisĂ©es exportations autorisĂ©es exportations autorisĂ©es 80 % 60 % 40 % 20 % 0 0 0

En utilisant la marge bĂ©nĂ©ficiaire estimĂ©e et la rĂ©duction linĂ©aire supposĂ©e de l’opportunitĂ© de profit manquĂ©e, le Règlement devrait coĂ»ter aux fabricants des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique environ 176 millions de dollars sur la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032), composĂ© de 106 millions de dollars provenant de l’interdiction de fabrication pour la vente sur le marchĂ© intĂ©rieur et de 70 millions de dollars provenant du retrait de l’exemption de fabrication aux fins d’exportation 42 mois après l’enregistrement du Règlement (Tableau 15).

Tableau 15 : OpportunitĂ© de profit manquĂ©e pour les fabricants des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (en millions de dollars, dollars de 2021, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2022 Ă  3 %)
Opportunité de profit manquée Première année de l’interdiction de fabrication (2023) Première année du retrait de l’exemption pour l’exportation (2026) Période d’analyse totale (2023-2032)
Fabrication pour la vente sur le marché intérieur 43 10 106
Fabrication aux fins d’exportation 0 28 69
Total 43 38 176
Analyse du cycle de vie

L’analyse du cycle de vie (ACV) est une mĂ©thode reconnue pour mesurer les incidences importantes de tout article manufacturĂ©. Comme le nom l’indique, les ACV fournissent une approche de modĂ©lisation qui tient compte du cycle de vie complet d’un article manufacturĂ©, de la fabrication Ă  l’évacuation finale, y compris l’étape en amont (p. ex., extraction des ressources naturelles, fabrication, transport), l’étape de l’utilisation prĂ©vue et l’étape en aval (p. ex., Ă©limination). Les rĂ©sultats sont fondĂ©s sur les effets environnementaux dĂ©terminĂ©s aux fins d’évaluation, comme les changements climatiques, la qualitĂ© de l’air, la qualitĂ© de l’eau ou la biodiversitĂ©. Étant donnĂ© que ces rĂ©percussions dĂ©passent la portĂ©e de l’analyse coĂ»ts-avantages du Règlement, une analyse documentaire des ACV portant sur les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et leurs substituts facilement accessibles est prĂ©sentĂ©e dans la section « Ă‰valuation environnementale stratĂ©gique Â».

Perte d’utilité perçue (selon les préférences des consommateurs)

Les substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ont une fonction Ă©quivalente Ă  celle des plastiques Ă  usage unique qu’ils remplacent. Par exemple, un sac d’emplettes en papier Ă  usage unique et un sac d’emplettes rĂ©utilisable remplissent la mĂŞme fonction qu’un sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique, c’est-Ă -dire transporter Ă  l’extĂ©rieur les marchandises achetĂ©es dans un magasin de dĂ©tail. Bien que les plastiques Ă  usage unique et leurs substituts soient Ă©quivalents sur le plan fonctionnel, certains consommateurs peuvent avoir des prĂ©fĂ©rences pour certaines matières et, par consĂ©quent, ne pas tirer la mĂŞme satisfaction de l’utilisation des substituts de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, sur le plan nĂ©gatif, certains ustensiles en bois Ă  usage unique peuvent donner aux aliments un goĂ»t lĂ©ger, mais dĂ©tectable comparativement aux ustensiles en plastique Ă  usage unique, et certaines pailles de papier Ă  usage unique peuvent ramollir après avoir trempĂ© dans un liquide pendant une pĂ©riode prolongĂ©e; les deux substituts pourraient nuire Ă  l’expĂ©rience de l’utilisateur. Par ailleurs, certains consommateurs pourraient constater que certains substituts de plastiques Ă  usage unique augmentent leur satisfaction. Par exemple, bien que certains consommateurs puissent ĂŞtre ennuyĂ©s par l’inconvĂ©nient d’apporter (et de se rappeler d’apporter) leurs propres sacs d’emplettes rĂ©utilisables dans un commerce de dĂ©tail, d’autres pourraient apprĂ©cier leur grande durabilitĂ© et le fait qu’ils risquent moins de se briser, comparativement aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Il est Ă©galement possible que certains consommateurs tirent une plus grande satisfaction de l’utilisation des substituts de plastiques Ă  usage unique en sachant que leur consommation n’a pas contribuĂ© Ă  la prolifĂ©ration des dĂ©chets plastiques. Pour certains consommateurs, la satisfaction accrue dĂ©coulant de l’utilisation d’articles qui ne sont pas dangereux pour l’environnement peut l’emporter sur les dĂ©sagrĂ©ments Ă©prouvĂ©s par l’utilisateur. Savoir si le Règlement entraĂ®nera une perte nette de satisfaction ou un gain net de satisfaction dĂ©pend de la prĂ©fĂ©rence et du changement de comportement des consommateurs, tant maintenant que ce vers quoi elle Ă©voluera au fil du temps.

Coûts administratifs

Le Règlement oblige toute entreprise qui fabrique ou importe l’un des articles des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă  des fins d’exportation ou de rĂ©exportation Ă  tenir un registre (comme une facture, un contrat ou un connaissement) des renseignements et des documents Ă  l’appui Ă©tablissant que l’article a Ă©tĂ© ou sera exportĂ©, et Ă  fournir ce registre si le Ministère en fait la demande. Le Ministère s’attend Ă  ce que les fabricants et les importateurs recueillent dĂ©jĂ  les renseignements requis dans le cadre de leurs activitĂ©s commerciales actuelles. Par consĂ©quent, le Règlement n’entraĂ®nera pas de nouveaux coĂ»ts administratifs dĂ©coulant de cette exigence. Les entreprises sont tenues de conserver ces dossiers administratifs pendant au moins cinq ans. Si ces documents sont demandĂ©s par les agents chargĂ©s de l’application de la loi du Ministère lors de visites sur place ou Ă  distance, cette rĂ©cupĂ©ration d’information devrait prendre entre deux et quatre heures de travail Ă  l’entreprise fabriquant ou important l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique pour l’exportation. Les coĂ»ts associĂ©s devraient totaliser environ 3 000 $ par annĂ©e pour les annĂ©es durant lesquelles l’exemption concernant la fabrication en vue de l’exportation s’applique.

La familiarisation avec les exigences rĂ©glementaires administratives et la diffusion de l’information devraient prendre 30 minutes, ce qui reprĂ©sente un coĂ»t ponctuel total de 36,47 $ par entreprise de fabrication ou d’importationrĂ©fĂ©rence 67. La familiarisation avec les exigences rĂ©glementaires administratives et la diffusion de l’information, qui s’appliqueront Ă  environ 250 000 entreprises, devraient prendre 15 minutes, ce qui reprĂ©sente un coĂ»t ponctuel total de 4,77 $ ou 11,77 $ pour les entreprises qui vendent ou offrent l’un ou l’autre des articles des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, selon qu’il s’agit d’une petite ou d’une grande entrepriserĂ©fĂ©rence 68. Ce coĂ»t ponctuel non actualisĂ© devrait totaliser une estimation de 1.2 million de dollars. Tous les coĂ»ts administratifs sont rĂ©sumĂ©s au tableau 16.

Tableau 16 : CoĂ»ts administratifs, par exigence
Exigence CoĂ»t ponctuel total (en dollars de 2021, non actualisĂ©s) CoĂ»t annuel total (en dollars de 2021, non actualisĂ©s)
Familiarisation avec les exigences administratives 1.2 M$ 0 $
RĂ©pondre aux demandes d’information du Ministère 0 $ 3 000 $

Au total, les coĂ»ts administratifs actualisĂ©s pour toutes les entreprises au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032) sont estimĂ©s Ă  1.2 million de dollars (valeur actuelle, en dollars de 2021, actualisĂ©e Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2022 Ă  3 %).

Coûts assumés par le gouvernement

Le Ministère engagera des coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s Ă  la formation, aux activitĂ©s relatives Ă  la conformitĂ© et Ă  la promotion, aux inspections, aux enquĂŞtes et aux mesures de traitement des infractions prĂ©sumĂ©es. Plus prĂ©cisĂ©ment, il faudra prĂ©voir un coĂ»t ponctuel de 170 000 $ pour former les agents de l’autoritĂ©, et un coĂ»t supplĂ©mentaire de 33 300 $ par annĂ©e pour l’administration, la coordination et l’analyse Ă  l’appui des activitĂ©s d’application de la loi. Les coĂ»ts rĂ©currents d’application de la loi varieront selon le nombre d’inspections qui seront effectuĂ©es par les agents de l’autoritĂ© du Ministère, et comprendront les inspections (incluant l’exploitation et l’entretien, les frais de transport et d’échantillonnage des sacs d’emplettes, des pailles et des ustensiles en plastique rĂ©utilisables), les mesures visant Ă  traiter les infractions prĂ©sumĂ©es (p. ex., avertissements, ordres d’exĂ©cution en matière de protection de l’environnement et injonctions), les enquĂŞtes et les poursuites. On s’attend Ă  ce que ces coĂ»ts diminuent graduellement et passent de 1,5 million de dollars par annĂ©e au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) Ă  0,74 million de dollars par annĂ©e Ă  partir de 2028.

Le total des coĂ»ts actualisĂ©s assumĂ©s par le gouvernement au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) est estimĂ© Ă  1,5 million de dollars ou Ă  7,5 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032) [valeur actualisĂ©e de 3 % pour l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2022, en dollars de 2021].

Analyse distributionnelle
Consommateurs

Des dizaines de millions d’unitĂ©s des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique sont utilisĂ©es et Ă©liminĂ©es quotidiennement par les Canadiens. Selon les estimations, chaque Canadien a utilisĂ© en moyenne 800 plastiques Ă  usage unique en 2019, soit environ deux par jour (tableau 1). Comme les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, les ustensiles en plastique Ă  usage unique, les rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, les anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, les bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique et les pailles en plastique Ă  usage unique sont des articles couramment utilisĂ©s dans l’ensemble de l’économie, la plupart des Canadiens devraient ĂŞtre touchĂ©s par le Règlement. Dans le cadre du Règlement, les Canadiens utiliseront et Ă©limineront, en gĂ©nĂ©ral, davantage de substituts Ă  usage unique (ou rĂ©utilisables) comparativement aux plastiques Ă  usage unique, mais dans certains cas, les plastiques Ă  usage unique peuvent ne pas ĂŞtre remplacĂ©s par un autre produit Ă  usage unique (p. ex., ne pas demander de paille). Le coĂ»t de remplacement prĂ©vu, associĂ© au Règlement est estimĂ© Ă  4,49 $ par Canadien au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 41,94 $ par Canadien au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Comme l’indique la section « Analyse comparative entre les sexes plus Â», les coĂ»ts de remplacement peuvent ĂŞtre ressentis plus durement par les Canadiens Ă  faible revenu et dont le revenu disponible est limitĂ©, puisque la plus grande partie des coĂ»ts de l’application de l’interdiction devrait ĂŞtre transmise aux consommateurs par les dĂ©taillants qui augmenteront le prix des aliments, des boissons et des marchandises en magasin.

Tous les coûts de remplacement devraient être transmis aux consommateurs une fois que le Règlement entrera en vigueur. La majorité des ustensiles en plastique à usage unique, des récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent et des bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique sont achetés par les consommateurs en même temps que les aliments ou les boissons qu’ils se procurent dans des restaurants, des cafés ou d’autres établissements offrant ces services. À l’heure actuelle, le prix de ces articles est habituellement intégré au prix de la transaction globale et ne représente qu’une petite fraction de ce prix. Dans le cas des sacs d’emplettes en plastique à usage unique, les coûts de remplacement devraient également être assumés par les consommateurs, soit directement (c’est-à-dire des frais par sac de papier facturés par le détaillant) ou indirectement (c’est-à-dire intégrés dans le prix des biens achetés auprès du détaillant). Les consommateurs feront également face à des coûts de remplacement directs s’ils achètent au magasin des articles faits de n’importe lequel des substituts ou des boissons auparavant présentées dans des anneaux pour emballage de boissons en plastique à usage unique, puisque ces boissons seront vendues dans un emballage substitut.

Entreprises vendant ou offrant l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

Le Ministère estime que le Règlement pourrait toucher jusqu’à 250 000 entreprises qui vendent ou offrent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique au Canada, dont environ 242 000 sont considĂ©rĂ©es ĂŞtre des petites entreprises au sens oĂą l’entend le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor dans sa Politique sur l’élaboration de la rĂ©glementation (voir la section « Lentille des petites entreprises Â» pour une analyse plus approfondie).

Environ 40 % de ces entreprises se trouvent dans le secteur de la vente au dĂ©tail et, par consĂ©quent, sont principalement touchĂ©es par le Règlement en raison de l’interdiction des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Certaines de ces entreprises vendent au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique directement aux consommateurs. Ces entreprises pourront vendre n’importe quel substitut Ă  usage unique ou rĂ©utilisable Ă  la place des plastiques Ă  usage unique et, par consĂ©quent, ne devraient pas ĂŞtre touchĂ©es par les interdictions rĂ©glementaires proposĂ©es. Les entreprises du secteur de l’hĂ©bergement et des services de restauration reprĂ©sentent environ 35 % de toutes les entreprises qui pourraient vendre ou offrir l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. On s’attend Ă  ce que bon nombre de ces entreprises vendent plus d’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, un restaurant-minute pourrait offrir des sacs d’emplettes, des ustensiles, des rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, des bâtonnets Ă  mĂ©langer et des pailles en plastique Ă  usage unique. Le secteur des soins de santĂ© et de l’aide sociale comprend environ 15 % des entreprises susceptibles d’être touchĂ©es; elles seront toujours en mesure d’offrir des pailles flexibles en plastique aux patients ou aux rĂ©sidents qui en font la demande. Les 10 % restants sont rĂ©partis entre le secteur des arts, du divertissement et des loisirs, le secteur des transports et le secteur du commerce de gros. La rĂ©partition gĂ©ographique de ces 250 000 entreprises qui vendent ou offrent l’un ou l’autre des six plastiques Ă  usage unique est en grande partie conforme Ă  l’estimation de la population de Statistique Canada par provincerĂ©fĂ©rence 69.

Comme il en a Ă©tĂ© question dans la section « Consultation Â», les pĂ©riodes d’entrĂ©e en vigueur de l’interdiction de vente des six catĂ©gories de plastique Ă  usage unique devraient donner suffisamment de temps aux entreprises pour qu’elles vident leurs rĂ©serves et trouvent des substituts, ce qui devrait permettre de leur Ă©viter d’être aux prises avec un inventaire restant.

Entreprises qui fabriquent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

En se fondant sur les donnĂ©es obtenues d’une entreprise d’analyse de marchĂ© et par une validation plus poussĂ©e obtenue par la collaboration durant la pĂ©riode de consultation prĂ©alable Ă  la publication, le Ministère a cernĂ© 112 entreprises particulières qui pourraient fabriquer au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique en date de mars 2021rĂ©fĂ©rence 70. Parmi ces 112 entreprises, six importent Ă©galement au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Environ 80 % des installations qui fabriquent ces plastiques Ă  usage unique sont situĂ©es au QuĂ©bec et en Ontario, et 10 % se trouvent en Alberta et en Colombie-Britannique. On estime que 64 d’entre elles sont de petites entreprises (voir la section « Lentille des petites entreprises Â» pour une analyse plus approfondie).

La majoritĂ© des 112 entreprises particulières fabriquent seulement une catĂ©gorie (83 %) ou deux (12 %) de plastiques Ă  usage unique. Sur les 67 entreprises qui fabriquent des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, 60 produisent exclusivement cette catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique (tableau 17). Sur les 45 entreprises qui fabriquent des rĂ©cipients alimentaires faits Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, 30 produisent exclusivement cette catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique. La majoritĂ© des entreprises qui fabriquent des pailles, des ustensiles, des bâtonnets Ă  mĂ©langer ou des anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique produisent plus d’une catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique. Bien que l’on puisse estimer le revenu total de la plupart des 112 entreprises particulières qui fabriquent les plastiques Ă  usage unique dont l’utilisation sera interdite ou restreinte en vertu du Règlement, il n’est pas possible d’estimer la part de ce revenu qui est attribuable Ă  la fabrication et Ă  la vente des plastiques Ă  usage unique.

Tableau 17 : Estimation de 112 entreprises manufacturières, par catĂ©gorie d’articles et taille de l’entreprise
Catégorie d’articles Pailles Sacs d’emplettes Ustensiles Récipients alimentaires fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent Bâtonnets à mélanger Anneaux pour emballage de boissons Total
Grandes entreprises 6 24 6 23 3 0 62
Petites entreprises 4 43 7 22 4 1 81
Total 10 67 13 45 7 1 143 note a du tableau e2

Note(s) du tableau e2

Note a du tableau e2

Le total ne reprĂ©sente pas 112 entreprises, car certaines fabriquent plus d’une catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique.

Retour Ă  la note a du tableau e2

Les entreprises fabriquant plus d’une catĂ©gorie de plastique Ă  usage unique pourraient ĂŞtre touchĂ©es de façon disproportionnĂ©e par l’interdiction de fabrication, car elles devront abandonner une grande gamme de produits. De mĂŞme, celles dont une bonne partie des revenus provient de ces flux perdront, du moins temporairement, une grande part de leur flux de trĂ©sorerie, ce qui pourrait rĂ©duire leur capacitĂ© Ă  faire le passage vers la fabrication d’autres produits. Les petites et moyennes entreprises pourraient devoir gĂ©rer un fardeau plus grand, car elles sont gĂ©nĂ©ralement moins diversifiĂ©es, et pourraient donc ĂŞtre confrontĂ©es Ă  de plus grandes difficultĂ©s dans la planification, le financement et la mise en Ĺ“uvre de leur passage vers la fabrication de nouveaux produits. Comme nous en avons discutĂ© dans la section « Consultation Â», l’interdiction visant la fabrication entrera en vigueur six mois après l’enregistrement du Règlement pour les sacs d’emplettes, les ustensiles, les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, les bâtonnets Ă  mĂ©langer et les pailles (sauf pour les pailles flexibles) en plastique Ă  usage unique et 12 mois après l’enregistrement du Règlement pour les anneaux pour emballage de boissons. Le retrait de l’exemption de fabrication Ă  des fins d’exportation entrera en vigueur 42 mois après l’enregistrement du Règlement. Ces dispositions offriront aussi une plus grande souplesse aux entreprises qui ont dĂ©jĂ  une vitrine dans les marchĂ©s Ă©trangers par rapport Ă  celles qui vendent surtout leurs produits au pays. En tenant compte de toutes ces considĂ©rations, certaines entreprises pourraient dĂ©cider de fermer de façon permanente des chaĂ®nes ou des installations de production.

Entreprises qui importent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

En se fondant sur la Base de donnĂ©es sur les importateurs canadiensrĂ©fĂ©rence 71, le Ministère a estimĂ© que 128 entreprises uniques pourraient avoir importĂ© au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique en 2019, dont six pourraient avoir fabriquĂ© au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique dĂ©crites Ă  la sous-section prĂ©cĂ©dente. Quarante et une de ces entreprises sont considĂ©rĂ©es comme des petites entreprises (voir la section « Lentille des petites entreprises Â» pour une analyse plus approfondie). Sur les 128 entreprises, 44 % n’importent qu’une catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique, 10 % importent deux catĂ©gories, 17 % importent trois catĂ©gories et 29 % importent quatre catĂ©gories ou plus. L’incidence du Règlement sur les entreprises qui importent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique sera minime, car ces entreprises pourraient changer de chaĂ®ne d’approvisionnement pour importer des substituts Ă  usage unique (ou rĂ©utilisables) qui sont conformes au Règlement.

Entreprises fabriquant des substituts Ă  usage unique aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

Le ministère des Ressources naturelles a commandĂ© un rapport qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en mars 2021 pour Ă©valuer l’incidence possible du Règlement sur les fabricants canadiens d’emballages Ă  base de fibres (disponible sur demande). Les conclusions du rapport laissent entendre qu’il faudrait que l’interdiction rĂ©glementaire proposĂ©e sur les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique entraĂ®ne une augmentation suffisante du volume des ventes de substituts Ă  base de fibres pour que les fabricants canadiens puissent envisager de saisir les dĂ©bouchĂ©s du marchĂ©. Les interdictions rĂ©glementaires proposĂ©es pour les rĂ©cipients alimentaires pourraient Ă©galement crĂ©er un crĂ©neau pour les substituts Ă  base de fibres, mais cette possibilitĂ© est moins certaine en raison de la petite taille du marchĂ© et de l’investissement nĂ©cessaire pour obtenir les caractĂ©ristiques de rendement requises avec les substituts Ă  base de fibres.

Le rapport montre que la demande de sacs en papier par habitant a diminuĂ© de 80 % depuis les annĂ©es 1970, la dĂ©forestation Ă©tant au centre des prĂ©occupations de l’opinion publique dans les annĂ©es 1990, mais elle a lĂ©gèrement augmentĂ© dans les annĂ©es 2010 alors que l’opinion publique se tournait vers la question de la pollution plastique. Comme l’indique la section « Avantages et coĂ»ts Â», les interdictions rĂ©glementaires proposĂ©es pourraient entraĂ®ner une augmentation de plus de 200 000 tonnes de sacs de papier Ă  usage unique en 2024. Quoi qu’il en soit, le rapport laisse entendre que les deux principaux producteurs de papier kraft au Canada (utilisĂ© pour fabriquer les sacs d’emplettes en papier), l’un situĂ© au Manitoba et l’autre en Colombie-Britannique, pourraient dĂ©cider de ne pas produire davantage de papier kraft en raison du Règlement.

Pour ce qui est du rĂ©sultat indirect du Règlement, le rapport donne Ă  penser que la nouvelle demande de papier kraft pour fabriquer des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique pourrait ĂŞtre satisfaite par la production nationale des entreprises dans le marchĂ© en dĂ©clin des papiers graphiques et des entreprises dont les usines sont inactives, qui ont un total combinĂ© de capacitĂ© de production excĂ©dentaire de 200 000 tonnes. Pour passer Ă  la production de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique, ces entreprises devraient engager une petite dĂ©pense en capital. Le rapport conclut que les importations en provenance des États-Unis pourraient aussi rĂ©pondre facilement Ă  la demande supplĂ©mentaire de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique.

Énoncé des coûts-avantages
Tableau 18 : CoĂ»ts monĂ©tisĂ©s, actualisĂ©s (en millions de dollars)
Intervenant touché Description du coût 2023 2024 2032 Total
(2023-2032)
Valeur annualisée
Canadiens CoĂ»ts de remplacement (pour tous les articles sauf les sacs d’emplettes) 123 $ 173 $ 159 $ 1 612 $ 189 $
Remplacement et usage secondaire (pour les sacs d’emplettes) Rentabilité Rentabilité Rentabilité Rentabilité Rentabilité
Gestion des dĂ©chets 15 $ 20 $ 19 $ 193 $ 23 $
Fabricants OpportunitĂ© de profit manquĂ©e 43 $ 32 $ 0 $ 176 $ 21 $
Fabricants, importateurs et dĂ©taillants Administratif 0,01 $ 1,2 $ 0,0 $ 1,2 $ 0,1 $
Gouvernement Observation et application de la loi 0,3 $ 21,5 $ 0,6 $ 7,5 $ 0,9 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 181 $ 228 $ 179 $ 1 990 $ 234 $
Tableau 19 : Avantages monĂ©tisĂ©s, actualisĂ©s (en millions de dollars)
Intervenant touché Description de l’avantage 2023 2024 2032 Total (2023-2032) Valeur annualisée
Canadiens   CoĂ»t de nettoyage de pollution marine Ă©vitĂ© 45,7 $ 60,6 $ 58,3 $ 580,9 $ 68,1 $
CoĂ»t de pollution marine Ă©vitĂ© 2,8 $ 3,7 $ 3,6 $ 35,6 $ 4,2 $
Tous les intervenants Total des avantages 48,5 $ 64,3 $ 61,9 $ 616,5 $ 72,3 $
Tableau 20 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©tisĂ©s (actualisĂ©s)
Incidence 2023 2024 2032 Total
(2023-2032)
Valeur annualisée
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 181 $ 228 $ 179 $ 1 990 $ 234 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 48 $ 64 $ 62 $ 616 $ 72 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 133 $ 164 $ 117 $ 1 374 $ 162 $
RĂ©duction quantifiĂ©e des dĂ©chets plastiques (tonnes Ă©vitĂ©es) 92 086 125 403 151 384 1 334 291 133 429
Impact non-monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 1 520 2 073 2 501 22 048 2 205

Comme le montre le tableau 18, le Règlement devrait entraĂ®ner des coĂ»ts de 228 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), soit des coĂ»ts de 2 milliards de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Bien que ces coĂ»ts soient importants dans l’ensemble, ils seront largement rĂ©partis entre les consommateurs canadiens (environ 5 $ par habitant en 2024 ou environ 50 $ par habitant au cours de la pĂ©riode d’analyse). Certains consommateurs peuvent ĂŞtre touchĂ©s plus que d’autres par ces coĂ»ts, bien que l’on s’attende Ă  ce que ces effets distributifs soient relativement modestes, surtout compte tenu des exemptions pour les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique Ă  des fins d’accessibilitĂ©. Ce facteur et d’autres sont examinĂ©s dans la section « Analyse comparative entre les sexes plus Â». Tous les coĂ»ts (sauf les coĂ»ts administratifs et les coĂ»ts assumĂ©s par le gouvernement) sont Ă©valuĂ©s du point de vue des consommateurs. L’interdiction de fabrication des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique devrait entraĂ®ner des coĂ»ts de 176 millions de dollars pour les fabricants canadiens au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Comme le montre le tableau 19, le Règlement devrait entraĂ®ner des avantages monĂ©taires de 64 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 616 millions de dollars en avantages monĂ©taires au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), en raison principalement des coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s. Comme le montre le tableau 20, les coĂ»ts et les avantages monĂ©taires du Règlement totaliseront 164 millions de dollars en coĂ»t net au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 1,4 milliard de dollars en coĂ»t net au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032).

Bien que le Règlement devrait entraĂ®ner un coĂ»t net total en ce qui a trait aux rĂ©percussions monĂ©taires, l’avantage le plus important n’est pas liĂ© Ă  la monĂ©tisation, mais Ă  la rĂ©duction du risque de prĂ©judice pour la faune et ses habitats en raison de la rĂ©duction de la pollution plastique. Comme le montre le tableau 19, le Règlement devrait permettre d’éviter 125 403 tonnes de dĂ©chets plastiques au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 1,3 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), dont 2 073 tonnes (2024), ou 22 048 tonnes (2023 Ă  2032), reprĂ©sentent la pollution plastique Ă©vitĂ©e. Par nombre d’articles, ces valeurs se traduisent par environ 28 milliards d’unitĂ©s de dĂ©chets plastiques Ă©vitĂ©s au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou environ 295 milliards d’unitĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), dont 338 millions d’unitĂ©s (2024), ou 3,6 milliards d’unitĂ©s (2023 Ă  2032) reprĂ©sentent la pollution plastique Ă©vitĂ©e. Compte tenu de l’ampleur des dommages Ă©cologiques que les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique qui deviennent de la pollution plastique peuvent causer Ă  la faune et Ă  ses habitats, et de la rĂ©duction de la jouissance des biens et services Ă©cologiques par les Canadiens, les avantages non monĂ©tisĂ©s connexes devraient ĂŞtre importants.

Ces rĂ©sultats correspondent aux commentaires reçus durant la pĂ©riode de consultation publique de 70 jours sur l’analyse coĂ»ts-avantages.

Analyse de sensibilité

Plusieurs paramètres et hypothèses ont une incidence sur les rĂ©sultats prĂ©sentĂ©s au tableau 20. Les facteurs les plus sensibles qui influent sur les rĂ©sultats de l’analyse coĂ»ts-avantages sont ceux qui sont examinĂ©s dans les analyses de scĂ©narios prĂ©sentĂ©es au tableau 10 dans la sous-section « CoĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s Â» et au tableau 12 dans la sous-section « CoĂ»ts de remplacement et coĂ»ts d’usage secondaire des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â». Les tableaux 21 Ă  24 prĂ©sentent les coĂ»ts et les avantages monĂ©tisĂ©s en valeur actualisĂ©s pour quelques scĂ©narios supplĂ©mentaires.

Tableau 21 : SensibilitĂ© : taux d’actualisation (2023-2032)
Incidence 3 % (cas central) 0 % 7 %
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 990 $ 2 338 $ 1 633 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 616 $ 729 $ 501 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 375 $ 1 609 $ 1 132 $
Impact non monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 22 048 22 048 22 048
Tableau 22 : SensibilitĂ© : durĂ©e de vie du sac d’emplettes rĂ©utilisable (nombre d’utilisations) [2023-2032]
Incidence 100 (cas central) 50 200
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 990 $ 2 010 $ 1 980 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 616 $ 613 $ 618 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 374 $ 1 397 $ 1 362 $
Incidence non monĂ©taire nette : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 22 048 20 875 22 635
Tableau 23 : SensibilitĂ© : diminution du prix rĂ©el d’une annĂ©e Ă  l’autre au fil du temps (baisse composĂ©e) note a du tableau e8 [2023-2032]
Incidence 0 % (cas central) 1 % 2 %
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 990 $ 1 777 $ 1 577 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 616 $ 616 $ 616 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 374 $ 1 161 $ 961 $
Impact non monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 22 048 22 048 22 048

Note(s) du tableau e8

Note a du tableau e8

« Diminution du prix rĂ©el au fil du temps Â» dĂ©signe la possibilitĂ© que les coĂ»ts unitaires des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique diminuent d’une annĂ©e Ă  l’autre Ă  mesure que les entreprises et les particuliers achètent de plus grandes quantitĂ©s de ces articles, rĂ©alisant ainsi des Ă©conomies d’échelle.

Retour Ă  la note a du tableau e8

Tableau 24 : SensibilitĂ© : Taux horaire moyen de main-d’œuvre ou coĂ»t de renonciation du travail bĂ©nĂ©vole pour le nettoyage des dĂ©tritus (2023-2032)
Incidence 15 $ (cas central) 20 $ 30 $
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 990 $ 1 990 $ 1 990 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 616 $ 800 $ 1 197 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 374 $ 1 190 $ 793 $
Impact non monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 22 048 22 048 22 048

Lentille des petites entreprises

L’analyse dans le cadre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le Règlement aura une incidence sur les petites entreprises Ă  qui il sera interdit de fabriquer, d’importer ou de vendre l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, avec des exemptions limitĂ©es telles qu’elles sont prĂ©sentĂ©es dans la section « Description Â». Le Règlement touchera environ 242 000 entreprises qui vendent ou offrent ces plastiques Ă  usage unique, 64 entreprises qui les fabriquent et 43 entreprises qui les importent. Il ne convient pas de faire preuve d’une plus grande souplesse pour limiter le fardeau pesant sur les petites entreprises, car l’objectif environnemental du Règlement ne pourrait ĂŞtre atteint que si tous les plastiques Ă  usage unique qui y sont assujettis sont interdits.

Les frais d’administration encourus par les petites entreprises comprennent ceux prĂ©sentĂ©s Ă  la sous-section « CoĂ»ts administratifs Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â». Toutes les 242 107 petites entreprises engageront des coĂ»ts liĂ©s Ă  la familiarisation avec les exigences administratives, tandis que les 107 petites entreprises qui fabriquent ou importent l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique engageront Ă©galement des coĂ»ts liĂ©s Ă  la rĂ©ponse aux demandes d’information du Ministère.

Le Règlement ne devrait pas entraĂ®ner de coĂ»ts de conformitĂ© directs pour les petites entreprises qui vendent ou importent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, puisque les coĂ»ts de remplacement devront ĂŞtre absorbĂ©s par les consommateurs et puisque les importateurs peuvent importer d’autres produits, y compris les substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique.

Le Règlement pourrait entraĂ®ner des coĂ»ts de conformitĂ© pour les petites entreprises qui fabriquent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, selon les dĂ©cisions d’affaires prises Ă  la suite du Règlement. Comparativement au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les petites entreprises qui fabriquent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique feront face Ă  une diminution de la demande pour ces produits en vertu du Règlement. Toutefois, certaines pourraient donc dĂ©cider de modifier leurs chaĂ®nes de production pour fabriquer des articles en plastique qui ne seront pas interdits en vertu du Règlement. Les coĂ»ts associĂ©s Ă  la transition vers d’autres gammes de produits seront diffĂ©rents pour chaque entreprise, et certaines pourraient ĂŞtre plus touchĂ©es que d’autres et subir des coĂ»ts plus Ă©levĂ©s. L’exemption temporaire sur la fabrication Ă  des fins d’exportation fournira aux entreprises un dĂ©lai pour qu’elles s’adaptent aux nouvelles exigences tout en maintenant une certaine production.

L’estimation de l’opportunitĂ© de profit manquĂ©e dans la sous-section « CoĂ»ts pour les fabricants des six catĂ©gories de plastique Ă  usage unique Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â» affecte les petites entreprises. Cependant, la proportion des coĂ»ts d’opportunitĂ© de profit manquĂ©e qui est attribuable aux petites entreprises n’est pas connue. Certaines petites entreprises qui fabriquent l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique peuvent subir un manque Ă  gagner plus important que d’autres en raison de l’interdiction de fabrication et de l’expiration de l’exemption de fabrication Ă  des fins d’exportation.

Dans sa prĂ©sentation au ministère au cours de la pĂ©riode de consultation de 70 jours, la FĂ©dĂ©ration canadienne de l’entreprise indĂ©pendante a communiquĂ© les rĂ©sultats d’une Ă©tude qu’elle a menĂ©e auprès de ses membres (les petites entreprises). Selon l’étude, 44 % des petites entreprises Ă©taient en faveur de l’interdiction, autant sur le plan du principe que celui de la pratique en 2022, ce qui reprĂ©sente une baisse du soutien (par rapport Ă  67 % en 2019). En outre, 26 % appuyaient l’interdiction sur le plan du principe, mais pas sur le plan de la pratique en raison des coĂ»ts et du calendrier. D’après l’étude, presque trois petites entreprises sur dix (29 %) ont poursuivi l’utilisation des plastiques Ă  usage unique en date de fĂ©vrier 2022. Certaines petites entreprises les ont abandonnĂ©s avant l’annonce de l’interdiction par le gouvernement fĂ©dĂ©ral, mais une proportion supplĂ©mentaire de 4 % l’a fait depuis cette annonce.

Les intrants dans le calcul et les hypothèses pertinentes relatives aux coĂ»ts administratifs, notamment pour les petites entreprises, sont prĂ©sentĂ©s dans la sous-section « CoĂ»ts administratifs Â» et dans la sous-section « Analyse distributionnelle Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â».

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 25 : CoĂ»ts pour les petites entreprises
Description du coût Valeur annualisée Valeur actualisée
CoĂ»ts de conformitĂ© 0 $ 0 $
CoĂ»t administratif 128 542 $ 1 096 490 $
Total des coĂ»ts 128 542 $ 1 096 490 $
CoĂ»t moyen par petite entreprise 0,53 $ 4,53 $

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique, Ă©tant donnĂ© qu’il y a une augmentation progressive du fardeau administratif des entreprises Ă  la suite de l’introduction d’un nouveau titre rĂ©glementaire. Les coĂ»ts administratifs pour les entreprises comprennent la familiarisation avec les exigences administratives et la rĂ©ponse aux demandes d’information du Ministère. Les intrants dans le calcul et les hypothèses pertinentes sont prĂ©sentĂ©s dans la sous-section « CoĂ»ts administratifs Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â». Ces coĂ»ts ont Ă©tĂ© rajustĂ©s de 2021 Ă  2012 aux fins du calcul de l’augmentation du fardeau administratif en vertu de la règle du « un pour un Â». En dollars constants de 2012 (l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence) et en fonction d’une pĂ©riode de 10 ans Ă  partir de l’annĂ©e d’inscription (c’est-Ă -dire 2022 Ă  2031) ainsi que d’un taux d’actualisation de 7 %, l’augmentation moyenne annualisĂ©e du fardeau administratif des entreprises est estimĂ©e Ă  63 357 $ ou une moyenne de 0,25 $ par entreprise, calculĂ©e Ă  l’aide du calculateur des coĂ»ts rĂ©glementaires du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

S’harmoniser aux pratiques exemplaires actuelles

Les déchets plastiques et la pollution plastique représentent un enjeu mondial, tandis que les marchés des plastiques à usage unique sont très intégrés à l’échelle mondiale, particulièrement entre le Canada et les États-Unis. Conscient de ces considérations importantes, le Ministère a mené de vastes consultations auprès des représentants gouvernementaux d’autres administrations canadiennes et internationales (États-Unis, Royaume-Uni et Union européenne) sur leur approche respective en matière d’interdiction ou de restriction des plastiques à usage unique.

Selon les Nations Unies, sur les 192 pays examinĂ©s, 127 ont adoptĂ© certains types de mesures pour encadrer l’utilisation des sacs en plastique, comme des restrictions sur la fabrication, la distribution, le commerce, la distribution gratuite en magasin ou la taxation. Vingt-sept pays ont adoptĂ© des lois interdisant les produits Ă  usage unique (p. ex., assiettes, gobelets, pailles) ou des matĂ©riaux (p. ex., le polystyrène) ou limitant les niveaux de production. Une trentaine de pays ont instaurĂ© des taxes sur la fabrication de sacs en plastique, sur leur distribution aux consommateurs et sur les plastiques Ă  usage unique de façon gĂ©nĂ©rale au moyen d’une taxe environnementale ou d’une combinaison de mĂ©thodes fiscales. En 2019, l’Union europĂ©enne a adoptĂ©, pour les plastiques Ă  usage unique, une directive qui comprenait une liste de ces produits que les États membres devaient interdire pour 2021, et le Royaume-Uni a adoptĂ© une mesure semblable en 2020.

Ă€ l’heure actuelle, il n’existe aucune politique aux États-Unis pour restreindre ou Ă©liminer le recours aux plastiques Ă  usage unique au fĂ©dĂ©ral, mais plusieurs États comme la Californie, le Connecticut, le Delaware, le Maine, le New Jersey, New York, le Vermont, l’Oregon et l’État de Washington ont dĂ©jĂ  adoptĂ© des interdictions sur les sacs en plastique Ă  usage unique. La Californie, l’État de Washington, le New Jersey et Hawaii ont aussi interdit les ustensiles en plastique Ă  usage unique, et le New Jersey, le Vermont, Hawaii, le Maryland et le Maine ont imposĂ© des interdictions sur les contenants alimentaires en plastique Ă  usage unique. Par ailleurs, plus de 100 interdictions sur le plastique Ă  usage unique au palier municipal existent ou sont en cours de mise en Ĺ“uvre partout aux États-Unis, dont 58 sur les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique dans le Massachusetts et 12 sur les pailles en plastique Ă  usage unique en Florida. Aucune mesure gouvernementale sur le plastique Ă  usage unique n’a Ă©tĂ© prise au palier fĂ©dĂ©ral, mais les initiatives du secteur privĂ© comme le United States Plastics Pact influenceront le marchĂ©. LancĂ© en 2020, par ce pacte, plusieurs grands propriĂ©taires de marques s’engagent Ă  rĂ©duire les emballages de plastique problĂ©matique et, notamment, Ă  amĂ©liorer la recyclabilitĂ© des emballages constituĂ©s d’autres plastiques. En lien avec ce règlement, le pacte a dĂ©terminĂ© que les ustensiles, les pailles et les bâtonnets Ă  mĂ©langer, qui sont en plastique Ă  usage unique, ainsi que les pigments non dĂ©celables tels que le noir de carbone, les additifs oxodĂ©gradables, le polystyrène (dont le polystyrène expansĂ©), le polyĂ©thylène tĂ©rĂ©phtalate glycol des emballages rigides et le chlorure de polyvinyle (dont le chlorure de polyvinylidène) comme des matières problĂ©matiques et inutiles Ă  Ă©liminer d’ici 2025, Ă  quelques exceptions près.

Bien que les interdictions de fabrication à des fins d’exportation rendent le Règlement plus rigoureux que les règlements pris jusqu’à maintenant par les administrations homologues, ces interdictions s’harmonisent avec de nombreuses interdictions existantes ou à venir d’États des États-Unis et au palier local ciblant bon nombre des mêmes plastiques à usage unique que le Règlement. En interdisant la fabrication à des fins d’exportation, le Règlement pourrait montrer que le Canada est un leader mondial face à l’enjeu des déchets plastiques et de la pollution plastique. Cette position est conforme à l’intention de la résolution de 2022 adoptée par l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement de collaborer pour élaborer un instrument international ayant force obligatoire pour mettre fin à la pollution plastique. Elle pourrait aussi favoriser les mesures nationales, régionales et locales visant à réduire la pollution provenant d’autres pays (p. ex., des États-Unis pour les Grands Lacs). Elle pourrait aussi renforcer le signal envoyé par le Règlement à l’intention des marchés, voulant que les plastiques à usage unique nocifs ne sont pas des produits viables à long terme, ce qui pourrait mener à un changement dans certains marchés d’exportation. Par exemple, il se peut que certains importateurs de plastiques à usage unique fabriqués au Canada choisissent de recourir à des substituts plutôt que de trouver un autre pays qui leur fournira ces plastiques.

Les renseignements recueillis tout au long des activités d’engagement ont inspiré la conception de la politique et la mise en œuvre du Règlement afin de réduire au minimum les différences réglementaires avec les principaux partenaires commerciaux, les provinces et territoires, et d’assurer l’harmonisation avec les normes et les pratiques exemplaires existantes, tout en tirant des leçons de l’expérience d’autres administrations afin de réduire autant que possible les différences réglementaires. À titre d’exemple, le Ministère a consulté les fournisseurs de sacs réutilisables et recueilli des renseignements auprès de fonctionnaires de l’État de la Californie pour définir des seuils de rendement pour les sacs d’emplettes en plastique à usage unique qui sont conformes aux exigences de certification pour les sacs réutilisables en Californie, considérées comme une norme dans l’industrie nord-américaine. Cette approche permettra de réduire au minimum le fardeau réglementaire cumulatif imposé aux entreprises qui exercent leurs activités aux États-Unis et au Canada.

Coopérer avec les provinces, les territoires et les municipalités

La prĂ©vention des dĂ©chets plastiques et de la pollution est une compĂ©tence partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les provinces et les territoires sont des partenaires clĂ©s dans la lutte contre les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique provenant des plastiques Ă  usage unique. En date de fĂ©vrier 2022, plusieurs provinces et territoires ont instaurĂ© des mesures qui visent prĂ©cisĂ©ment les plastiques Ă  usage unique :

De plus, 125 administrations locales au Canada ont adoptĂ© des règlements pour interdire ou restreindre les sacs en plastique Ă  usage unique, bien qu’au moins 17 de ces lois n’étaient pas encore en vigueur en date de fĂ©vrier 2022. Certaines administrations locales ont Ă©galement adoptĂ© des règlements interdisant ou restreignant d’autres plastiques Ă  usage unique, comme les pailles (13 administrations locales), les rĂ©cipients Ă  emporter en polystyrène expansĂ© (10 administrations locales) et les ustensiles (5 administrations locales). Le Règlement aura des rĂ©percussions sur bon nombre de ces mesures provinciales, territoriales et municipales. Ă€ l’heure actuelle, les interdictions visant les plastiques Ă  usage unique constituent un ensemble disparate de règles qui visent Ă  rĂ©gler des problèmes qui sont essentiellement d’envergure nationale et internationale. Les plastiques Ă  usage unique sont habituellement vendus sur des marchĂ©s rĂ©gionaux ou nationaux qui Ă©chappent aux interdictions provinciales, territoriales ou municipales. Seules les mesures fĂ©dĂ©rales sont en mesure de prĂ©venir efficacement la pollution et les dĂ©chets des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique visĂ©es par le Règlement. Le Règlement aidera Ă©galement Ă  rationaliser et Ă  simplifier la mosaĂŻque de mesures existantes qui s’harmonisent largement sur le plan des objectifs (c’est-Ă -dire la prĂ©vention des dĂ©chets et de la pollution), mais il crĂ©erait Ă©galement de nombreuses incohĂ©rences (p. ex., dĂ©finition de ce qui constitue un sac d’emplettes rĂ©utilisable en plastique). Le Règlement rĂ©glera ce problème en crĂ©ant un ensemble unique de règles de portĂ©e nationale, rĂ©duisant ainsi les dĂ©doublements des obligations de conformitĂ© et de dĂ©claration entre plusieurs administrations. Cette solution contribuera Ă  la rĂ©alisation de bon nombre des mĂŞmes objectifs que les interdictions provinciales, territoriales et municipales, tout en apportant aux entreprises une plus grande certitude rĂ©glementaire, en particulier pour celles qui exercent leurs activitĂ©s dans plus d’une province ou territoire. De plus, le Ministère ne s’attend pas Ă  crĂ©er des conflits avec les mesures existantes, puisque le Règlement a Ă©tĂ© conçu de façon Ă  s’harmoniser avec le plus grand nombre possible de mesures municipales et provinciales existantes.

Par contre, il pourrait y avoir des répercussions sur les règlements des administrations locales interdisant ou restreignant l’utilisation de certaines pailles en plastique à usage unique si, par exemple, ils permettent ou imposent aux restaurants d’en fournir aux clients sur demande.

Les provinces qui ont inclus les plastiques Ă  usage unique dans les politiques proposĂ©es ou existantes sur la responsabilitĂ© Ă©largie des producteurs pourraient voir une rĂ©duction du nombre d’articles en plastique Ă  usage unique rĂ©cupĂ©rĂ©s. Toutefois, Ă©tant donnĂ© que le Règlement ciblera les articles en plastique Ă  usage unique qui sont Ă  la fois problĂ©matiques sur le plan environnemental et difficiles Ă  recycler, la responsabilitĂ© Ă©largie des producteurs aura probablement un effet positif sur les politiques provinciales. Entre autres choses, le fait d’éliminer du flux de dĂ©chets les articles en plastique Ă  usage unique qui sont difficiles Ă  recycler offrira les avantages suivants :

Les efforts de coordination comme ceux décrits ci-dessus aideront à réduire au minimum le fardeau réglementaire cumulatif des entreprises associées au Règlement.

Commerce international

Le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  respecter ses engagements en matière de commerce international. Le Ministère a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec d’autres ministères et organismes fĂ©dĂ©raux, dont le ministère des Affaires Ă©trangères, du Commerce et du DĂ©veloppement, pour veiller Ă  ce que le Règlement soit conforme aux obligations commerciales existantes du Canada, y compris celles en vertu de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et celles dans le cadre des accords de l’Organisation mondiale du commerce.

Évaluation environnementale stratégique

Objectif de l’évaluation environnementale stratégique

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique (EES) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour le Règlement en 2021. Entre autres choses, une EES :

Approche adoptée pour évaluer les éventuels effets sur l’environnement

L’EES a examinĂ© les effets environnementaux Ă©ventuels que pourraient entraĂ®ner la restriction ou l’élimination des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique sur le marchĂ© canadien. Cette dĂ©marche comprenait l’examen des possibles effets directs de la rĂ©duction des dĂ©chets plastiques et de la pollution plastique, ainsi que des effets potentiels Ă  diffĂ©rents points de la chaĂ®ne de valeur que pourrait causer la consommation accrue de substituts, comme ceux fabriquĂ©s avec du bois, du papier ou des plastiques de substitution. Le Ministère a puisĂ© dans une vaste gamme de sources de donnĂ©es probantes pour effectuer son analyse. Ce procĂ©dĂ© faisait suite aux directives Ă©mises par le PNUE sur les approches du cycle de vie pour lutter contre la pollution causĂ©e par les produits de plastique Ă  usage unique. Selon les directives du PNUE, « [l’analyse du cycle de vie] fournit des renseignements importants aux dĂ©cideurs, mais il faut les complĂ©ter par une sĂ©rie d’études et de connaissances supplĂ©mentaires Â». Le Ministère s’est donc inspirĂ©, entre autres sources, des ACV disponibles pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique visĂ©es par le Règlement, des donnĂ©es sur les dĂ©chets, des Ă©tudes scientifiques, de l’étude de Deloitte de 2019, d’autres rapports sur les rĂ©sultats environnementaux et de rĂ©cupĂ©ration de la valeur des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, ainsi que de l’évaluation scientifique de la pollution plastique. La figure 8 ci-dessous montre le cycle de vie des plastiques Ă  usage unique et des autres articles Ă  usage unique.

Figure 8 : Cycle de vie des plastiques Ă  usage unique et d’autres articles Ă  usage unique
Étape du cycle de vie Description
Première Ă©tape : Ă©tape en amont
  • Extraction de matĂ©riaux
  • Production
  • Transport pour utilisation
Deuxième Ă©tape : Ă©tape d’utilisation Utilisation prĂ©vue
Troisième Ă©tape : Ă©tape en aval
  • Transport vers la fin de vie utile
  • Gestion en fin de vie ou dĂ©chets/fuites

L’approche adoptĂ©e pour l’EES a permis de dĂ©terminer les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique assujetties au Règlement, ainsi que les produits de substitution que le Canada pourrait adopter Ă  grande Ă©chelle et pour lesquels il existait suffisamment de donnĂ©es pour rĂ©aliser une analyse. Les produits de substitution analysĂ©s dans l’EES sont dĂ©crits au tableau 26.

Tableau 26 : Établissement de la portĂ©e des substituts des produits de plastique Ă  usage unique aux fins de l’évaluation des effets environnementaux
Produit de plastique à usage unique Substituts analysés dans l’EES note a du tableau f2 note b du tableau f2
Sacs d’emplettes en plastique
  • Polypropylène non tissĂ© rĂ©utilisable
  • Polypropylène tissĂ© rĂ©utilisable
  • PolyĂ©thylène tĂ©rĂ©phtalate recyclĂ© rĂ©utilisable
  • Polyester rĂ©utilisable
  • Papier Ă  usage unique
  • Coton rĂ©utilisable
Ustensiles
  • Bois Ă  usage unique
  • MĂ©tal rĂ©utilisable
  • Plastique durable
Récipients alimentaires fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent
  • Pâte de bois Ă  usage unique
  • Papier Ă  usage unique
  • Plastique compostable Ă  usage unique
  • Aluminium Ă  usage unique
  • Polypropylène Ă  usage unique
  • Porcelaine rĂ©utilisable
Anneaux pour emballage de boissons
  • Pellicule rĂ©tractable en polyĂ©thylène Ă  usage unique Ă  faible densitĂ©
  • Porte-couvercle rigide Ă  usage unique en polyĂ©thylène haute densitĂ©
  • BoĂ®te de carton Ă  usage unique
  • Anneaux en fibre Ă  usage unique pour emballage de boissons
Bâtonnets à mélanger
  • Bois Ă  usage unique
  • Cuillère mĂ©tallique rĂ©utilisable
Pailles
  • Papier Ă  usage unique
  • Bois rĂ©utilisable
  • MĂ©tal rĂ©utilisable
  • Verre rĂ©utilisable
  • Silicone rĂ©utilisable

Note(s) du tableau f2

Note a du tableau f2

Les substituts analysés dans l’EES n’ont pas tous été modélisés dans l’analyse coûts-avantages en raison de la disponibilité des données.

Retour Ă  la note a du tableau f2

Note b du tableau f2

Il peut exister des substituts disponibles sur le marché qui n’ont pas été analysés dans la documentation et qui ne sont donc pas inclus dans l’EES.

Retour Ă  la note b du tableau f2

Le Ministère s’est ensuite inspirĂ© des ACV disponibles pour Ă©tablir la portĂ©e des diverses catĂ©gories d’effets environnementaux qui pourraient ĂŞtre analysĂ©s aux trois Ă©tapes du cycle de vie d’un produit :

Tableau 27 : Principaux Ă©lĂ©ments d’analyse du cycle de vie
Étape du cycle de vie Activités incluses Effets environnementaux pris en compte
Étape en amont
  • Extraction des ressources naturelles
  • Fabrication
  • Transport vers le marchĂ©
  • Changements climatiques
  • QualitĂ© de l’air
  • QualitĂ© de l’eau
  • QuantitĂ© d’eau
  • QualitĂ© de l’environnement terrestre
Étape d’utilisation
  • Utilisation prĂ©vue par l’utilisateur final
  • QuantitĂ© d’eau
Étape en aval
  • Transport et Ă©limination
  • Gestion en fin de vie utile (p. ex., enfouissement, recyclage, incinĂ©ration, utilisation comme poubelle Ă  dĂ©chets [sacs d’emplettes seulement])
  • Abandon de dĂ©tritus
  • Fuites provenant des systèmes de gestion des dĂ©chets (p. ex., articles Ă©chappĂ©s des camions de collecte)
  • Changements climatiques
  • QualitĂ© de l’air
  • QualitĂ© de l’eau
  • QuantitĂ© d’eau
  • QualitĂ© de l’environnement terrestre
  • BiodiversitĂ©

Le Ministère a ensuite appliqué les éléments de preuve disponibles pour évaluer les effets environnementaux potentiels, positifs et négatifs, que pourraient causer l’élimination ou la restriction de chacune des catégories de plastiques à usage unique assujetties au Règlement.

L’évaluation a tenu compte de l’information disponible sur les effets environnementaux potentiels qui résulteront d’une réduction des niveaux actuels des six plastiques à usage unique dans le commerce et d’une augmentation de leurs substituts. Cette analyse a été appliquée à chacune des trois étapes susmentionnées et était de nature principalement qualitative, en particulier en raison des incohérences entre les ACV disponibles, comme les substituts analysés, les paramètres relatifs aux données utilisées et les effets environnementaux évalués. De plus, les données sur les déchets disponibles provenant de différentes sources (p. ex., données sur le nettoyage des rives par rapport aux vérifications des déchets municipaux) utilisent des méthodologies, des catégorisations et des normes de données différentes, ce qui exclut l’analyse quantitative. Des ACV ont été effectuées pour différentes administrations, surtout étrangères. En raison de ces incohérences, ainsi que d’autres variables comme l’humidité, les rapports de poids et l’utilisation de matériaux recyclés, il n’a pas été possible de déterminer l’étendue ou l’ampleur des effets environnementaux.

Constatations

À l’étape en amont, les ACV disponibles constituent la principale source de données probantes, bien que d’autres sources aient également été consultées, en particulier l’étude de Deloitte de 2019 et certaines méta-analyses des ACV.

Tableau 28 : Effets environnementaux en amont
Effets environnementaux Résumé des constatations sur les effets environnementaux nets de l’élimination ou de la restriction des articles en plastique à usage unique assujettis au Règlement Conclusions
Changements climatiques Selon la diffĂ©rence de poids entre le plastique Ă  usage unique et un substitut, les substituts ont habituellement des rĂ©percussions plus importantes sur les changements climatiques en raison de l’échelle de production des plastiques Ă  usage unique, ainsi que des intrants en ressources naturelles (p. ex., exploitation forestière), des sources d’électricitĂ© (p. ex., les sacs rĂ©utilisables fabriquĂ©s dans d’autres pays peuvent dĂ©pendre de l’électricitĂ© produite par le charbon) et le poids unitaire influant sur les Ă©missions de GES pendant le transport. Certains effets environnementaux nĂ©gatifs mineurs
Qualité de l’air La production de substituts, surtout ceux en bois, en papier ou en coton, peut affecter la qualité de l’air, notamment en raison de la présence de plus grandes quantités de particules, de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote, ce qui augmente le risque de smog et de pluies acides. Certains effets environnementaux négatifs
QualitĂ© de l’eau La production de substituts peut avoir une incidence sur la qualitĂ© de l’eau dans les milieux marins et d’eau douce, comme l’eutrophisation (p. ex., production accrue d’algues) et l’acidification des rejets d’azote ou de phosphore dans l’eau lors de l’extraction des ressources naturelles (p. ex., coton) et du processus de fabrication. Certains effets environnementaux nĂ©gatifs
Quantité d’eau En général, la production de substituts nécessite plus d’eau que celle des plastiques à usage unique, soit dans la production d’intrants (p. ex., arrosage des cultures) ou dans le processus de fabrication lui-même. Certains effets environnementaux négatifs
QualitĂ© de l’environnement terrestre Les substituts peuvent nuire Ă  la qualitĂ© de l’environnement sur les terres par l’acidification et par l’épuisement des ressources naturelles (p. ex., exploitation forestière). Certains effets environnementaux nĂ©gatifs

À l’étape de l’utilisation, le seul effet environnemental relevé dans les ACV concerne l’utilisation de l’eau (c’est-à-dire le lavage de produits réutilisables), mais le Ministère a conclu que l’augmentation de la consommation d’eau sera probablement minime. Les produits réutilisables seront probablement lavés en même temps que d’autres articles. Par exemple, un sac de polypropylène tissé réutilisable sera lavé avec des vêtements dans une machine à laver, ou une cuillère métallique réutilisable sera lavée en même temps que d’autres plats, gobelets et verres. Cette eau sera utilisée, que le Règlement soit adopté ou non.

À l’étape en aval, l’évaluation a porté sur les effets environnementaux liés aux déchets (c’est-à-dire la façon de gérer les plastiques à usage unique et leurs substituts en fin de vie utile) et à la pollution (c’est-à-dire la mesure selon laquelle les plastiques à usage unique et leurs substituts pénètrent dans l’environnement et représentent une menace pour la faune). En ce qui concerne les preuves disponibles, les ACV fournissent certains renseignements, mais les analyses et les constatations sont incohérentes et qualitatives. Elles ne suivent pas la hiérarchie de la gestion des déchets pour évaluer les résultats en fin de vie utile et ne considèrent les effets écologiques des déchets que de manière qualitative. Par conséquent, à l’étape en aval, l’analyse de cette EES reposait davantage sur d’autres éléments probants, comme l’évaluation scientifique, les données sur les déchets, certaines études scientifiques sur les dommages physiques causés par les déchets, et des données et renseignements sur les résultats en fin de vie.

En ce qui concerne les rĂ©sultats en fin de vie utile Ă  l’étape en aval, chacune des catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ciblĂ©es par le Règlement prĂ©sente des taux de recyclage faibles ou très faibles (moins de 15 %), ainsi que des obstacles Ă  l’augmentation de leur taux de recyclage. On ne s’attend pas non plus Ă  ce qu’il y ait d’autres formes de rĂ©cupĂ©ration de la valeur, comme la rĂ©utilisation, la rĂ©paration ou la remise Ă  neuf. En revanche, les substituts prĂ©sentent un potentiel Ă©levĂ© de rĂ©cupĂ©ration de la valeur par le recyclage (p. ex., produits de papier) ou de rĂ©utilisation (p. ex., sacs rĂ©utilisables, ustensiles et pailles qui respectent les normes de rendement Ă©tablies dans le Règlement).

En ce qui concerne le bilan environnemental, le tableau suivant résume les effets potentiels pour chacune des catégories visées à l’étape en aval.

Tableau 29 : Effets environnementaux en aval
Effets environnementaux Résumé des constatations sur les effets environnementaux nets de l’élimination ou de la restriction des articles en plastique à usage unique assujettis au Règlement Conclusions
Changements climatiques Certains substituts, comme ceux fabriqués à partir de papier, peuvent produire des GES comme le méthane dans certaines conditions (p. ex., lors de la décomposition dans les sites d’enfouissement). Il se peut que des GES soient aussi émis en raison du transport des déchets de substitut (p. ex. vers les sites d’enfouissement ou les installations de recyclage). Les substituts ayant des taux de recyclage plus élevés (p. ex., les produits du papier) entraîneront une réduction des émissions de GES en raison des émissions évitées par le déplacement des matières vierges. Aucun effet environnemental important
QualitĂ© de l’air Les effets sur la qualitĂ© de l’air dĂ©pendent des mĂ©thodes de gestion en fin de vie utile : l’incinĂ©ration (avec ou sans production d’électricitĂ©) de plastiques Ă  usage unique ou de substituts peut avoir une incidence sur la qualitĂ© de l’air. Toutefois, Ă©tant donnĂ© qu’ils sont gĂ©nĂ©ralement plus recyclables ou beaucoup plus durables, les substituts ne devraient pas aboutir principalement Ă  l’incinĂ©ration en aval de leur cycle de vie. Effets environnementaux nĂ©gatifs ou positifs possibles
Qualité de l’eau L’évaluation scientifique montre que la pollution plastique affectera la qualité de l’eau, entre autres par le rejet de particules microplastiques et macroplastiques, notamment de celles provenant des plastiques à usage unique, puisqu’elles se fragmentent et se dégradent dans l’environnement naturel. Le retrait des plastiques à usage unique comme source de pollution plastique éliminera leur incidence sur la qualité de l’eau. Effets positifs significatifs sur l’environnement
Quantité d’eau Un plus grand nombre de substituts recyclables pourraient utiliser de l’eau dans le cadre du processus de recyclage, y compris pour laver ou trier les matériaux. Mais on ne s’attend pas à ce que cela soit important dans le contexte de l’augmentation des activités de recyclage au moyen d’autres instruments comme la responsabilité élargie des producteurs qui est mise en œuvre dans les provinces et les territoires. Effets environnementaux négatifs ou positifs possibles
Qualité de l’environnement terrestre L’évaluation scientifique montre, entre autres, que le sol retient les particules de plastique pendant de longues périodes et que les macroplastiques peuvent nuire à la végétation par des effets comme l’étouffement. On s’attend à ce que les plastiques à usage unique jetés dans la nature contribueront davantage à ces dommages environnementaux que les substituts en plastique réutilisables, et bien plus encore que les substituts non plastiques. Effets positifs significatifs sur l’environnement
Biodiversité Les plastiques à usage unique sont plus présents dans l’environnement que tout substitut et présentent aussi une plus grande menace pour la faune que tout substitut. Toutes les sources de données probantes ont démontré que sous forme de déchets, les substituts aux plastiques à usage unique présentent beaucoup moins de risques pour les espèces sauvages. L’élimination ou la restriction des six catégories de plastiques à usage unique éliminera une menace importante de préjudice. Effets positifs significatifs sur l’environnement
Atténuation et amélioration

L’EES a permis de recenser diverses mesures d’attĂ©nuation pour rĂ©duire ou Ă©liminer les effets environnementaux nĂ©gatifs en amont que pourrait entraĂ®ner la consommation accrue de substituts :

Autres effets et conclusions

L’EES a dĂ©terminĂ© que le Règlement contribuera Ă  la rĂ©alisation d’un certain nombre d’objectifs Ă©noncĂ©s dans la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD), notamment : Écologisation du gouvernement, Croissance propre, CĂ´tes et ocĂ©ans sains, Lacs et cours d’eau vierges, Populations d’espèces sauvages en santĂ©, Eau potable, Rapprocher les Canadiens de la nature et CollectivitĂ©s sĂ»res et en santĂ©. Il y aura Ă©galement une contribution Ă  de nombreux objectifs de dĂ©veloppement durable des Nations Unies correspondant Ă  chacun de ces objectifs de la SFDD.

Compte tenu des mesures d’atténuation et d’amélioration, le Règlement permettra probablement de réduire considérablement les déchets plastiques, la pollution plastique et les menaces de dommages à la faune, et de compenser largement tout effet négatif sur l’environnement.

Suivi et surveillance

Le gouvernement du Canada continuera de s’appuyer sur diverses sources de données probantes pour surveiller les effets environnementaux et assurer le suivi de l’état des connaissances sur les effets environnementaux relatifs des plastiques à usage unique et de leurs substituts. Voici certaines de ces sources.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été menée et a permis de déterminer que, bien que le Règlement touchera tous les Canadiens dans une certaine mesure, certains groupes démographiques pourraient être touchés de façon disproportionnée. Par conséquent, le Ministère a déterminé qu’il était nécessaire de prévoir des mesures d’atténuation dans le Règlement pour atténuer ces répercussions.

Personnes ayant une incapacité physique, d’apprentissage ou liée à l’âge

L’analyse de l’ACS+ a montré que certaines personnes en situation de handicap ont besoin de pailles flexibles en plastique à usage unique. Les pailles flexibles en plastique à usage unique sont légères, jetables et peu coûteuses, et elles peuvent être repositionnées. Pour manger et boire en toute sécurité, les personnes atteintes d’incapacité temporaire, sporadique ou permanente comptent souvent sur les pailles flexibles en plastique à usage unique ayant ces caractéristiques. Parmi les groupes particuliers qui ont cerné ce besoin au moyen de processus de consultation se trouvent les personnes ayant des restrictions physiques en lien avec l’âge, l’arthrite, les maladies auto-immunes, l’autisme, la paralysie cérébrale, les problèmes dentaires et buccaux, la sclérose en plaques, la dystrophie musculaire, les maladies neurologiques, les lésions médullaires, et d’autres maladies et blessures, ainsi que les personnes qui se rétablissent d’un accident vasculaire cérébral ou d’une intervention chirurgicale.

La recherche montre que les substituts actuels aux pailles flexibles en plastique à usage unique (comme les pailles faites de métal, de silicone, de verre, de papier, de bambou et de pâtes) ne répondent pas aux besoins en matière d’accessibilité. En effet, ces substituts ne peuvent être repositionnés pour un usage en toute sécurité par une personne atteinte de mobilité réduite ou de déficience. Ils peuvent donc présenter un risque de suffocation si la paille se brise (pâtes, bambou), de brûlure à haute température (métal, verre), de présence d’allergène alimentaire (pâtes), de manque de rigidité (papier) ou de blessure (métal, verre). Les pailles réutilisables, comme celles en silicone, peuvent également être difficiles à nettoyer et l’utilisation d’un substitut insuffisamment désinfecté augmente le risque d’autres problèmes de santé, en particulier chez les personnes immunodéprimées. Une interdiction complète des pailles en plastique à usage unique, sans mesures d’adaptation, pourrait créer pour les personnes en situation de handicap des obstacles sociaux à la pleine participation à la vie publique (p. ex., aller au restaurant).

Le Règlement permettra donc aux Canadiens de continuer Ă  acheter des pailles flexibles en paquet de 20 ou plus dans les magasins de dĂ©tail, ce qui est conforme aux mesures instaurĂ©es dans d’autres administrations qui restreignent les pailles en plastique Ă  usage unique. Une analyse du marchĂ© indique que des pailles flexibles sont actuellement vendues au dĂ©tail en paquets de plus de 20 unitĂ©s (p. ex., paquet de 100 ou de 200). Des consultations menĂ©es avec le secteur industriel rĂ©vèlent que les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique continueront Ă  ĂŞtre vendues au dĂ©tail et on ne s’attend pas Ă  un grand changement de prix Ă  la suite de l’entrĂ©e en vigueur du Règlement. La prĂ©valence de l’incapacitĂ© au Canada augmente selon le groupe d’âge; près de la moitiĂ© des personnes âgĂ©es de 75 ans et plus s’identifient comme Ă©tant atteintes d’une incapacitĂ©. Par consĂ©quent, l’intersection qui existe entre l’âge et l’incapacitĂ© signifie que toute politique touchant les personnes en situation de handicap aura Ă©galement une incidence disproportionnĂ©e sur les aĂ®nĂ©s au Canada. Cette tendance est particulièrement marquĂ©e Ă©tant donnĂ© que la population âgĂ©e du Canada devrait augmenter de 68 % au cours des 20 prochaines annĂ©es.

Ménages à faible revenu

Comme il est indiquĂ© dans la section « Avantages et coĂ»ts Â», on s’attend Ă  ce le Règlement entraĂ®ne des coĂ»ts pour les Canadiens. Ces coĂ»ts pourraient ĂŞtre ressentis plus durement par les Canadiens Ă  faible revenu et dont le revenu disponible est limitĂ©, puisque les dĂ©taillants refileront probablement aux consommateurs le coĂ»t de la mise en Ĺ“uvre de l’interdiction en haussant le prix des aliments, des boissons et des marchandises. Les communautĂ©s marginalisĂ©es au Canada sont particulièrement susceptibles de vivre avec un faible revenu en raison de la race, du sexe, de l’âge, de la situation d’incapacitĂ© et de l’intersectionnalitĂ© entre ces caractĂ©ristiques. Le Règlement pourrait Ă©galement nuire aux personnes Ă  faible revenu en raison de la perte des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique qui leur servent Ă  un usage secondaire. Le processus de recherche et de consultation du Ministère a rĂ©vĂ©lĂ© que les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique constituent actuellement des substituts moins coĂ»teux aux sacs de poubelle et aux sacs pour excrĂ©ments d’animaux domestiques, permettant ainsi des Ă©conomies pour les personnes Ă  faible revenu. Les personnes Ă  faible revenu qui n’ont pas toujours accès Ă  un vĂ©hicule personnel se soucient Ă©galement de l’interdiction des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, puisque pour se rendre Ă  l’épicerie, il leur est plus difficile de transporter plusieurs sacs rĂ©utilisables dans les transports en commun par rapport aux personnes qui laissent leurs sacs dans l’auto. Qui plus est, les personnes en situation d’itinĂ©rance se servent aussi des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique pour leurs effets personnels et comme protection contre la pluie pour leurs chaussures et leurs vĂŞtements. La pandĂ©mie de COVID-19 a touchĂ© de façon disproportionnĂ©e les Canadiens Ă  faible revenu et augmentĂ© le nombre de ceux qui vivent dans la pauvretĂ©. Par consĂ©quent, les Canadiens seront probablement plus nombreux dĂ©sormais Ă  ressentir les rĂ©percussions dĂ©crites ci-dessus qu’ils l’auraient Ă©tĂ© avant le dĂ©but de la pandĂ©mie de COVID-19.

Femmes et chefs de famille monoparentale

Le processus de consultation du Ministère a rĂ©vĂ©lĂ© une incidence indirecte du Règlement, soit l’éventuelle augmentation du temps et du travail nĂ©cessaires pour prĂ©parer les repas et nettoyer les contenants rĂ©utilisables, dans les cas oĂą il aurait Ă©tĂ© possible d’utiliser et d’éliminer sans nettoyage les plastiques Ă  usage unique visĂ©s par le Règlement, ce qui peut avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les femmes et les chefs de famille monoparentale. En 2014, au Canada, 20 % des familles avec des enfants de moins de 16 ans Ă©taient monoparentales, et 80 % d’entre elles Ă©taient avec une mère seulerĂ©fĂ©rence 75. De plus, la recherche qualitative met en lumière le fait que les femmes conservent la responsabilitĂ© ultime de la coordination de la vie des enfants et du bon fonctionnement du mĂ©nagerĂ©fĂ©rence 76; par exemple, les femmes sont plus susceptibles d’être responsables de la prĂ©paration des repas dans les mĂ©nages canadiensrĂ©fĂ©rence 77. Les plastiques Ă  usage unique ont permis aux Canadiens d’adopter un mode de vie de plus en plus pratique et ont allĂ©gĂ© le fardeau des femmes et des chefs de famille monoparentale lors de la prĂ©paration des repas et de la remise en Ă©tat des lieux. Par consĂ©quent, le Règlement pourrait contraindre les femmes et les chefs de famille monoparentale Ă  nettoyer un plus grand nombre de substituts rĂ©utilisables. Les impacts toucheront le temps et le travail, tandis que l’augmentation des coĂ»ts ne devrait pas ĂŞtre disproportionnĂ©e.

Mesures d’atténuation

L’ACS+ a cerné des mesures possibles pour atténuer les répercussions négatives ou renforcer les effets positifs. Il s’agit notamment d’adapter les interdictions sur les pailles en plastique à usage unique de façon à permettre aux personnes en situation de handicap de continuer d’en acheter et de les utiliser, et de mieux faire connaître aux Canadiens les moyens de réduire les déchets plastiques dans leur vie quotidienne et leurs choix de consommation. Toutes ces mesures ont été adoptées (p. ex., des mesures d’adaptation pour les pailles flexibles en plastique à usage unique) ou font l’objet d’un examen plus approfondi avec les partenaires et les intervenants.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

ConformĂ©ment Ă  la section « Description Â», les diverses interdictions Ă©noncĂ©es dans le Règlement entreront en vigueur Ă  divers moments au cours des 42 mois suivant l’enregistrement du Règlement. Ces dispositions d’entrĂ©e en vigueur diffĂ©rĂ©e visent Ă  donner aux intervenants suffisamment de temps pour s’adapter aux exigences rĂ©glementaires.

Les six premiers mois suivant l’enregistrement du Règlement, afin de garantir sa mise en Ĺ“uvre effective et efficace, le Ministère prĂ©conisera une approche intensive de promotion de la conformitĂ©. Il Ă©laborera des documents promotionnels (p. ex., une fiche d’information et des documents sur le site Web) et les distribuera de manière Ă  faire connaĂ®tre les exigences du Règlement Ă  la communautĂ© rĂ©glementĂ©e. Des relations de travail ont Ă©tĂ© Ă©tablies avec l’industrie et les associations industrielles concernĂ©es par la fabrication, l’importation et la vente des produits visĂ©s par le Règlement, y compris Ă  des fins d’exportation. Le Ministère travaillera avec ces organisations pour veiller Ă  ce que les parties concernĂ©es disposent des informations appropriĂ©es. Ă€ mesure que la communautĂ© rĂ©glementĂ©e connaĂ®tra mieux les exigences du Règlement, ces activitĂ©s devraient diminuer jusqu’à un seuil de maintenance.

Application de la loi

Le Règlement sera pris en vertu de la LCPE, de sorte qu’en vĂ©rifiant la conformitĂ© au Règlement, les agents de l’autoritĂ© agiront conformĂ©ment Ă  la Politique d’observation et d’application de la LCPE (1999).

La vĂ©rification de la conformitĂ© au Règlement comprendra des visites sur place, l’examen des dossiers, l’essai des produits rĂ©utilisables (s’il y a lieu), et l’examen des documents de transit Ă©crits. Ă€ la suite d’une inspection ou d’une enquĂŞte, si un agent de l’autoritĂ© dĂ©couvre une infraction prĂ©sumĂ©e, l’agent choisira la mesure Ă  prendre en fonction des facteurs suivants dĂ©crits dans la Politique d’observation et d’application de la LCPE (1999) :

Sous rĂ©serve du pouvoir discrĂ©tionnaire de l’agent de l’autoritĂ©, les mesures suivantes sont prĂ©vues pour sanctionner les violations prĂ©sumĂ©es de la LCPE et de ses règlements :

De plus amples renseignements sur la Politique d’observation et d’application de la LCPE (1999) sont disponibles dans le site Web d’Environnement et Changement climatique Canada.

Mesure du rendement et évaluation

La mesure du rendement permettra d’évaluer la capacité du Règlement d’atteindre son objectif de réduire les déchets plastiques et de prévenir la pollution plastique, en éliminant ou en restreignant six catégories d’articles manufacturés en plastique à usage unique qui présentent une menace pour l’environnement et posent des obstacles importants à la récupération de la valeur en fin de vie. La réalisation de cet objectif contribuera au plan du gouvernement du Canada visant l’objectif zéro déchet de plastique d’ici 2030.

Dans le cadre de la stratĂ©gie de mise en Ĺ“uvre du Règlement, des indicateurs et des objectifs quantitatifs ont Ă©tĂ© dĂ©finis et Ă©laborĂ©s, selon le cas. Voici des exemples d’indicateurs de rendement : les intervenants touchĂ©s ont bien saisi les exigences rĂ©glementaires; les produits interdits ou Ă  usage restreint ne sont pas fabriquĂ©s, importĂ©s ou vendus, Ă  moins qu’une exemption ne s’applique. Les renseignements sur le rendement nĂ©cessaires pour mesurer les indicateurs proviendront de diverses sources, comme les enquĂŞtes, les donnĂ©es sur les importations et les exportations de l’Agence des services frontaliers du Canada et les donnĂ©es de Statistique Canada.

En ce qui a trait à la collecte de données pour mesurer l’efficacité du Règlement visant à empêcher les plastiques à usage unique interdits et restreints de se retrouver dans l’environnement, le Ministère élabore un cadre scientifique sur la pollution plastique qui permettra, au fil du temps, d’améliorer la recherche et la surveillance de la pollution plastique dans l’environnement. Entre-temps, d’autres sources serviront à évaluer qualitativement cette situation, comme les données de la science citoyenne et de la société civile canadiennes concernant les plastiques à usage unique les plus couramment trouvés comme déchets sur les plages et les rivages du Canada, ainsi que les conclusions des vérifications des déchets.

Une fois ces Ă©tapes franchies, les donnĂ©es sur le rendement recueillies seront rĂ©sumĂ©es et publiĂ©es sur le site Web Canada.ca. De plus, le Ministère continuera de rendre compte des progrès, du rendement et de l’efficacitĂ© globale du Règlement dans les rapports annuels de la LCPE et les rapports ministĂ©riels sur le rendement.

Personnes-ressources

Matthew Watkinson
Directeur
Division de l’analyse réglementaire et de la valuation
Environnement et Changement climatique Canada
200, boulevard Sacré-Cœur
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : ravd-darv@ec.gc.ca

Tracey Spack
Directrice
Division des affaires réglementaires des plastiques
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : ec.plastiques-plastics.ec@ec.gc.ca