Avis conjoint prolongeant la pĂ©riode d’interdiction de certaines activitĂ©s sur le banc de Georges : DORS/2022-82

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 9

Enregistrement
DORS/2022-82 Le 13 avril 2022

LOI DE MISE EN Ĺ’UVRE DE L’ACCORD CANADA — NOUVELLE-ÉCOSSE SUR LES HYDROCARBURES EXTRACĂ”TIERS

Attendu que les ministres fĂ©dĂ©ral et provincial, en vertu du paragraphe 141(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada — Nouvelle-Écosse sur les hydrocarbures extracĂ´tiers rĂ©fĂ©rence b, ont pris l’Avis conjoint prĂ©cisant la pĂ©riode d’interdiction de certaines activitĂ©s sur le banc de Georges rĂ©fĂ©rence c le 11 avril 2016, lequel prĂ©voit une pĂ©riode d’interdiction se terminant le 31 dĂ©cembre 2022;

Attendu que les ministres, après examen des incidences environnementales et socio-économiques des travaux de recherche et de forage dans la partie de la zone extracôtière visée à l’annexe IV de cette loi ainsi que de tous les autres facteurs pertinents, prolongent pour dix ans l’interdiction visée par l’avis conjoint,

Ă€ ces causes, en vertu du paragraphe 141(2)rĂ©fĂ©rence a de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada — Nouvelle-Écosse sur les hydrocarbures extracĂ´tiers rĂ©fĂ©rence b, le ministre des Ressources naturelles et le ministre des Ressources naturelles et des Énergies renouvelables de la Nouvelle-Écosse prennent l’Avis conjoint prolongeant la pĂ©riode d’interdiction de certaines activitĂ©s sur le banc de Georges, ci-après.

Ottawa, le 11 avril 2022

Le ministre des Ressources naturelles
Jonathan Wilkinson

Le ministre des Ressources naturelles et des Énergies renouvelables de la Nouvelle-Écosse
Tory Rushton

Avis conjoint prolongeant la période d’interdiction de certaines activités sur le banc de Georges

Interdiction

Période

1 Pour l’application du paragraphe 141(3) de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada — Nouvelle-Écosse sur les hydrocarbures extracĂ´tiers, sont interdits — pendant la pĂ©riode commençant le 1er janvier 2023 et se terminant le 31 dĂ©cembre 2032 — la recherche, notamment par forage, la production, la rationalisation de l’exploitation et la transformation des hydrocarbures dans la partie de la zone extracĂ´tière visĂ©e Ă  l’annexe IV de cette loi, ainsi que le transport des hydrocarbures qui y sont produits.

Entrée en vigueur

1er janvier 2023

2 Le prĂ©sent avis conjoint entre en vigueur le 1er janvier 2023.

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie l’Avis.)

Objectif

Cet avis est donnĂ© en vertu de l’article 141 de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada – Nouvelle-Écosse sur les hydrocarbures extracĂ´tiers, et prolonge un moratoire sur les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières sur le banc de Georges. La prolongation entrera en vigueur le 1er janvier 2023 et prendra fin le 31 dĂ©cembre 2032.

Contexte

Le banc de Georges est un vaste banc peu profond dont la superficie est supĂ©rieure Ă  40 000 kilomètres carrĂ©s. Il est situĂ© dans la zone externe du plateau continental de l’est de l’AmĂ©rique du Nord. Le banc chevauche la frontière maritime entre le Canada et les États-Unis, avec environ 7 000 kilomètres carrĂ©s situĂ©s dans la partie sud-ouest de la zone extracĂ´tière Canada–Nouvelle-Écosse.

Richesse de l’écosystème, sensibilité environnementale et importance de la région

Le banc de Georges est un important écosystème maritime qui, en raison de sa forte production de phytoplancton, offre un habitat à une vaste gamme de poissons, y compris l’espadon, le thon, le hareng et le maquereau; à des mammifères marins, y compris la baleine noire, qui est en voie de disparition; à des crustacés, y compris la mye, le homard et le pétoncle de grands fonds; ainsi qu’à des coraux. En outre, il soutient d’importantes pêches commerciales, notamment la morue, l’aiglefin, la goberge et la limande à queue jaune.

Le banc de Georges soutient une pĂŞche prĂ©cieuse, productive et durable. En 2019, on a estimĂ© que la partie canadienne du banc de Georges fournissait de l’emploi Ă  environ 556 personnes participant directement Ă  la pĂŞche et Ă  la rĂ©colte, et Ă  636 autres personnes dans la transformation Ă  terre. En 2020, les prises dĂ©barquĂ©es de la partie canadienne de la pĂŞche du banc de Georges, toutes espèces confondues, Ă©taient Ă©valuĂ©es Ă  140,6 millions de dollars.

Depuis les annĂ©es 1960, le banc de Georges est un domaine d’intĂ©rĂŞt pour l’exploration pĂ©trolière. MĂŞme si on ne connaĂ®t pas prĂ©cisĂ©ment son potentiel en matière d’hydrocarbures, on croit que la rĂ©gion renferme du gaz naturel. En 1983, la Commission gĂ©ologique du Canada (CGC) a estimĂ© que la valeur probable moyenne d’hydrocarbures du bassin du banc de Georges Est Ă©tait de 1,06 million de barils de pĂ©trole et de 5,3 trillions de pieds cubes de gaz naturel. Les estimations plus spĂ©culatives de la CGC pour le bassin Ă©taient de 2,2 milliards de barils de pĂ©trole et de 10,8 billions de pieds cubes de gaz naturel. Ces estimations Ă©taient basĂ©es sur des levĂ©s sismiques effectuĂ©s dans la rĂ©gion. Bien qu’aucun puits d’exploration n’ait Ă©tĂ© forĂ© dans la partie canadienne du banc de Georges, 10 puits ont Ă©tĂ© forĂ©s entre 1976 et 1982 du cĂ´tĂ© amĂ©ricain du banc.

Le banc de Georges fait l’objet de permis d’exploration pétrolière et gazière délivrés par le gouvernement fédéral entre 1964 et 1971 en vertu du Règlement sur les terres pétrolifères et gazifères du Canada (conformément à la Loi sur les terres territoriales et à la Loi sur les concessions de terres domaniales).

Régime de gestion conjointe et moratoires antérieurs

Les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans la zone extracĂ´tière du Canada et de la Nouvelle-Écosse sont actuellement rĂ©glementĂ©es en vertu des versions miroir fĂ©dĂ©rale et provinciale de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada — Nouvelle-Écosse sur les hydrocarbures extracĂ´tiers (connue conjointement sous le nom de lois de mise en Ĺ“uvre de l’Accord), qui a Ă©tabli un organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral-provincial conjoint et un processus dĂ©cisionnel partagĂ© par les deux paliers de gouvernement. Le ministre fĂ©dĂ©ral des Ressources naturelles et son homologue provincial de la Nouvelle-Écosse (les ministres) sont responsables du rĂ©gime de gestion conjointe des ressources pĂ©trolières dans la zone extracĂ´tière du Canada et de la Nouvelle-Écosse.

En raison des inquiĂ©tudes suscitĂ©es par les effets nĂ©gatifs potentiels de l’activitĂ© pĂ©trolière en mer et afin de protĂ©ger l’important Ă©cosystème du banc de Georges, les gouvernements du Canada et de la Nouvelle-Écosse ont imposĂ© un moratoire sur les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans la zone depuis 1988 en utilisant divers outils juridiques et politiques. Le moratoire actuel prĂ©vu par les lois de mise en Ĺ“uvre de l’Accord doit expirer le 31 dĂ©cembre 2022.

Exigences relatives Ă  la prolongation du moratoire

Les lois de mise en Ĺ“uvre de l’Accord confèrent aux ministres le pouvoir de prolonger le moratoire pour des pĂ©riodes supplĂ©mentaires ne dĂ©passant pas 10 ans Ă  chaque fois, au moyen d’un avis Ă©crit ministĂ©riel conjoint. L’avis fĂ©dĂ©ral doit ĂŞtre publiĂ© dans la Gazette du Canada. L’avis le plus rĂ©cent visant Ă  Ă©tablir l’interdiction actuelle d’exploitation du pĂ©trole et du gaz sur le banc de Georges (DORS/2016-70) a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada le 4 mai 2016.

Les lois de mise en œuvre de l’Accord exigent également que les ministres entreprennent un examen des impacts environnemental et socio-économique des activités d’exploration et de forage dans la région du banc de Georges avant de prendre une décision concernant la prolongation du moratoire.

En 2021, les gouvernements du Canada et de la Nouvelle-Écosse, par l’intermĂ©diaire de l’Offshore Energy Research Association (maintenant connu sous le nom Net-Zero Atlantic), ont parrainĂ© une Ă©tude indĂ©pendante afin de satisfaire Ă  l’exigence d’examen prĂ©vue par les lois de mise en Ĺ“uvre de l’Accord. La sociĂ©tĂ© Stantec Consulting Ltd. a Ă©tĂ© engagĂ©e et a rĂ©alisĂ© une Ă©tude indĂ©pendante visant Ă  mettre Ă  jour l’état actuel des connaissances sur les facteurs socio-Ă©conomiques et biologiques liĂ©s Ă  l’exploitation potentielle du pĂ©trole et du gaz sur le banc de Georges. Le rapport d’étude, intitulĂ© Science and Socio-economic Review of the Georges Bank Prohibition Area 2010-2021, Ă©value tout changement important survenu depuis les 10 dernières annĂ©es dans divers domaines, y compris les pĂŞches, les hydrocarbures extracĂ´tiers et d’autres donnĂ©es scientifiques pour Ă©clairer la prise de dĂ©cision.

Le rapport a réaffirmé l’importance significative du banc de Georges pour le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, tant pour la récolte d’espèces clés que pour la transformation du poisson à terre. Le rapport a confirmé que la géologie du banc de Georges est semblable à celle d’autres régions de la zone extracôtière du Canada et de la Nouvelle-Écosse où des projets pétroliers et gaziers ont été réalisés avec succès. Le rapport a souligné le fait que les projets pétroliers et gaziers en mer (situés dans des zones moins sensibles sur le plan environnemental) ont coexisté avec succès avec la pêche en Nouvelle-Écosse, les deux industries contribuant durablement à l’économie provinciale.

Le rapport a également conclu que d’importants changements réglementaires, environnementaux, technologiques et de gestion des déversements de pétrole en mer ont eu lieu depuis 2010. Le déversement de pétrole Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique aux États-Unis (2010) a entraîné des avancées technologiques dans le contrôle des puits, la modélisation de la trajectoire des déversements de pétrole, la science de la toxicité du pétrole et l’évaluation des dommages causés aux ressources naturelles. Cependant, le rapport comprend également un certain nombre de conclusions qui recensent les zones d’incertitude et de préoccupation potentielles, comme par le passé, concernant les impacts potentiels de l’exploration et de l’exploitation pétrolières en mer, notamment en ce qui concerne les espèces marines, les rejets accidentels, les émissions de gaz à effet de serre et le changement climatique.

Le rapport de l’étude d’examen a ensuite Ă©tĂ© rendu public (janvier 2022) et a servi d’outil de consultation pour recueillir les commentaires et les rĂ©actions des principaux intervenants et du grand public.

Répercussions

L’Atlantique Nord américain n’a pas été sérieusement envisagé pour l’exploitation pétrolière et gazière jusqu’en 2018 lorsque, sur directive de l’administration fédérale, le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM) a publié un projet de proposition de politique pour les baux pétroliers et gaziers. Ensuite, plusieurs autorités américaines d’États côtiers, ainsi que les secteurs de la pêche et du tourisme, se sont opposées au développement, certains intentant des actions en justice contre la politique. Aucun bail n’a été accordé et la politique a depuis été rejetée par l’administration fédérale américaine actuelle.

Aucun effet négatif sur l’environnement n’est prévu à la suite de la décision de prolonger le moratoire. Il n’y a pas de répercussions financières associées à cet avis; il répond à une exigence légale en vertu des lois de mise en œuvre de l’Accord.

Les deux niveaux de gouvernement sont favorables à la prolongation du moratoire sur le banc de Georges. La décision conjointe finale prise par les ministres de prolonger l’interdiction du moratoire était fondée sur les résultats de l’étude d’examen indépendante et sur les commentaires reçus dans le cadre du processus de participation des principaux intervenants.

Consultation

Les gouvernements du Canada et de la Nouvelle-Écosse ont travaillé en étroite collaboration et de manière intensive pour satisfaire aux exigences de l’examen réglementaire et aux procédures de mobilisation des intervenants.

La participation des principaux groupes d’intervenants a eu lieu entre janvier et mars 2022. La plupart de ces groupes avaient dĂ©jĂ  exprimĂ© un vif intĂ©rĂŞt pour le moratoire sur le banc de Georges et demandĂ© Ă  participer Ă  son processus d’examen. Ces groupes comprenaient principalement des municipalitĂ©s du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, des pĂŞcheurs et des organisations de pĂŞche, des Premières Nations et des groupes de dĂ©fense de l’environnement. Les gouvernements ont Ă©galement approchĂ© l’industrie pĂ©trolière et gazière pour obtenir des commentaires et une rĂ©troaction sur l’étude d’examen, et ont consultĂ© les titulaires de permis d’exploration dans la zone du moratoire du banc de Georges sur la protection de cet Ă©cosystème productif.

En plus de fournir des commentaires et des suggestions techniques, la majorité des réponses reçues des principales parties prenantes ont montré un fort soutien au maintien ou au renouvellement du moratoire actuel sur le banc de Georges.

Personne-ressource

Tim Gardiner
Directeur principal
Division de la gestion des hydrocarbures extracĂ´tiers
Ressources naturelles Canada
580, rue Booth
Ottawa (Ontario)
K1A 0E4
TĂ©lĂ©phone : 343‑292‑8805
Courriel : Timothy.Gardiner@nrcan-rncan.gc.ca