Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus : DORS/2022-75

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 9

Enregistrement
DORS/2022-75 Le 5 avril 2022

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2022-336 Le 5 avril 2022

Attendu que la gouverneure en conseil juge que les actions du Bélarus constituent une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui entraîne une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu des paragraphes 4(1)rĂ©fĂ©rence a, (1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2) et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Bélarus

Modifications

1 L’article 1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, de ce qui suit :

technologie
Toute forme de données techniques ou d’aide technique, notamment la formation, l’entraînement, les services de consultants ou de conseils techniques et le transfert de savoir-faire ou de données techniques. (technology)

2 L’alinĂ©a 2c) de la version anglaise du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

3 (1) Le passage de l’article 3.3 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Assurance ou réassurance

3.3 Il est interdit Ă  toute personne se trouvant au Canada et Ă  tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger de fournir, Ă  l’une ou l’autre des entitĂ©s ou personnes ci-après ou Ă  leur profit, des services d’assurance ou de rĂ©assurance :

(2) Les alinĂ©as 3.3a) et b) de la version française du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

(3) L’article 3.3 du mĂŞme règlement devient le paragraphe 3.3(1) et est modifiĂ© par adjonction de ce qui suit :

Assurance — aĂ©ronautique et aĂ©rospatiale

(2) Il est interdit Ă  toute personne se trouvant au Canada et Ă  tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger de fournir des services d’assurance ou de rĂ©assurance Ă  toute personne qui se trouve au BĂ©larus ou au profit de celle-ci, Ă  l’égard des marchandises visĂ©es au chapitre 88 du Système harmonisĂ© de dĂ©signation et de codification des marchandises, publiĂ© par l’Organisation mondiale des douanes, ou d’une technologie liĂ©e Ă  l’une des marchandises qui y est visĂ©e.

Assurance en cours

(3) Le paragraphe (2) ne s’applique à l’assurance ou la réassurance en cours d’effet qu’une fois écoulés trente jours après l’entrée en vigueur du présent article.

4 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 3.5, de ce qui suit :

Marchandises réglementées

3.6 (1) Il est interdit à toute personne au Canada et à tout Canadien à l’étranger d’exporter, de vendre, de fournir ou d’envoyer toute marchandise, peu importe où elle se trouve, lorsqu’elle est destinée au Bélarus ou à toute personne qui s’y trouve et qu’elle est visée par la Liste des marchandises et technologies réglementées.

Technologies réglementées

(2) Il est interdit à toute personne au Canada et à tout Canadien à l’étranger de fournir au Bélarus ou à toute personne qui s’y trouve l’une ou l’autre des technologies qui sont visées par la Liste des marchandises et technologies réglementées.

Non-application — marchandises

(3) Le paragraphe (1) ne s’applique pas :

Non-application — technologies

(4) Le paragraphe (2) ne s’applique pas à la technologie fournie en lien avec une marchandise dont l’exportation, la vente, la fourniture ou l’envoi est autorisé aux termes du paragraphe (3).

Définitions

(5) Les définitions qui suivent s’appliquent au présent article.

dispositif de communication
S’entend de l’un ou l’autre des Ă©lĂ©ments suivants :
  • a) les calculateurs;
  • b) les disques durs, les dispositifs de stockage Ă  semi-conducteurs et tout autre dispositif de mĂ©moire;
  • c) les unitĂ©s de commande d’entrĂ©e-sortie, autres que les contrĂ´leurs industriels conçus pour le traitement chimique;
  • d) les accĂ©lĂ©rateurs graphiques et les coprocesseurs graphiques;
  • e) les moniteurs;
  • f) les imprimantes;
  • g) les modems, les contrĂ´leurs d’accès au rĂ©seau et les contrĂ´leurs de communications;
  • h) les claviers, les souris et les dispositifs similaires;
  • i) les tĂ©lĂ©phones mobiles, notamment les tĂ©lĂ©phones cellulaires et satellites, les assistants numĂ©riques personnels, les modules d’identitĂ© d’abonnĂ© (cartes SIM) et les dispositifs similaires;
  • j) l’équipement de sĂ©curitĂ© de l’information et les pĂ©riphĂ©riques;
  • k) les camĂ©ras numĂ©riques et les cartes mĂ©moire;
  • l) les rĂ©cepteurs de tĂ©lĂ©vision et de radio;
  • m) les dispositifs d’enregistrement;
  • n) les piles, les batteries, les chargeurs, les Ă©tuis et les accessoires des marchandises visĂ©es aux alinĂ©as a) Ă  m);
  • o) les logiciels, sauf le code source de chiffrement, destinĂ©s Ă  ĂŞtre utilisĂ©s avec les marchandises visĂ©es aux alinĂ©as a) Ă  n). (consumer communication device)
Liste des marchandises et technologies réglementées
La Liste des marchandises et technologies réglementées préparée par le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement et publiée sur son site Web, avec ses modifications successives. (Restricted Goods and Technologies List)

5 Le passage de l’article 4 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Non-application

4 L’article 3 ne s’applique pas Ă  l’égard :

6 L’article 5 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Participation à une activité interdite

5 Il est interdit Ă  toute personne se trouvant au Canada et Ă  tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger de faire sciemment quoi que ce soit qui occasionne ou facilite la rĂ©alisation de toute activitĂ© interdite aux termes des articles 3 Ă  3.6, qui y contribue ou qui vise Ă  le faire.

7 La partie 1.1 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction après l’article 41, de ce qui suit :

8 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’annexe 2, de l’annexe 3 figurant Ă  l’annexe du prĂ©sent règlement.

Antériorité de la prise d’effet

9 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

10 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

ANNEXE

(article 8)

ANNEXE 3

(alinĂ©as 3.6(3)a), c) et f))

Pays partenaires

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Le BĂ©larus supporte la violation de la souverainetĂ© et de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine par la FĂ©dĂ©ration de Russie.

Contexte

Le 9 aoĂ»t 2020, la RĂ©publique du BĂ©larus a tenu des Ă©lections prĂ©sidentielles entachĂ©es de nombreuses irrĂ©gularitĂ©s. Sous la direction du prĂ©sident au pouvoir Alexandre Loukachenko, le gouvernement du BĂ©larus a menĂ© une campagne de rĂ©pression systĂ©matique pendant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant le vote et pendant le dĂ©roulement de l’élection elle-mĂŞme, et a utilisĂ© la violence soutenue par l’État contre le peuple bĂ©larussien afin de rĂ©primer les manifestations antigouvernementales. Human Rights Watch, Amnistie internationale, le Bureau du commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, le Viasna Human Rights Centre, ainsi que l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE), ont tous signalĂ© de nombreuses violations des droits de la personne. Depuis lors, plusieurs organisations renommĂ©es des droits de la personne, incluant le Viasna Human Rights Centre, ont Ă©tĂ© contraintes de fermer.

Depuis les Ă©lections prĂ©sidentielles de 2020, le gouvernement du BĂ©larus continue de commettre ces violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne. Celles-ci comprennent des dĂ©tentions arbitraires prolongĂ©es, la brutalitĂ©, l’intimidation et l’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques. Les arrestations arbitraires se poursuivent. De plus, il existe des restrictions indues aux droits Ă  la libertĂ© d’expression, de rĂ©union pacifique et Ă  la libertĂ© d’association. Les observateurs des droits de la personne ont identifiĂ© une escalade de l’ampleur de la rĂ©pression contre les journalistes indĂ©pendants en 2021, notamment des dĂ©tentions arbitraires, l’imposition d’amendes et de peines de prison, la perte d’accrĂ©ditations mĂ©diatiques et des descentes de police. Le 23 mai 2021, le gouvernement du BĂ©larus a orchestrĂ© un Ă©vĂ©nement qui a constituĂ© une escalade importante et dangereuse de ses attaques contre les voix de l’opposition. Le vol Ryanair 4978, volant entre Athènes (Grèce) et Vilnius (Lituanie), a Ă©tĂ© dĂ©routĂ© vers l’aĂ©roport national de Minsk Ă  la demande des autoritĂ©s aĂ©ronautiques bĂ©larussiennes. Le dĂ©tournement a Ă©tĂ© demandĂ© sur la base d’une Ă©ventuelle menace Ă  la bombe Ă  bord, qui n’a pas Ă©tĂ© corroborĂ©e. Ă€ l’atterrissage Ă  Minsk, deux passagers, le journaliste et militant bĂ©larussien Roman Protasevich et sa compagne russe Sofia Sapega, ont Ă©tĂ© retirĂ©s du vol. En date d’octobre 2021, ils demeurent assignĂ©s Ă  rĂ©sidence, en attendant leur procès.

Le Canada s’est fortement engagé dans la situation au Bélarus, tant directement avec le gouvernement du Bélarus et avec des partenaires internationaux, ainsi qu’au sein de forums multilatéraux, tels que l’OSCE, la Coalition pour la liberté des médias et la Freedom Online Coalition. Jusqu’à maintenant, le Canada a sanctionné 115 individus et 37 entités liés aux événements au Bélarus, incluant l’imposition de restrictions sur certaines activités liées aux valeurs mobilières et aux instruments du marché monétaire, au financement par emprunt, à l’assurance et à la réassurance, aux produits pétroliers, et aux produits à base de chlorure de potassium. Des modifications au Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Bélarus (le Règlement) ont été apportées à six reprises distinctes entre 2020 et 2022.

Le DĂ©cret concernant l’autorisation, par permis, Ă  procĂ©der Ă  certaines opĂ©rations (mesures Ă©conomiques spĂ©ciales – BĂ©larus), entrĂ© en vigueur le 2 octobre 2020, confère au ministre des Affaires Ă©trangères le pouvoir d’autoriser, par permis, une personne se trouvant au Canada ou un Canadien se trouvant Ă  l’étranger de rĂ©aliser une activitĂ© ou une transaction, ou tout autre genre d’activitĂ© ou de transaction, qui sera autrement interdit en vertu du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus.

Depuis la mi-2021, il y a eu un rapprochement entre le BĂ©larus et la Russie. La Russie apporte un soutien diplomatique, financier, militaire, aux mĂ©dias et au renseignement au BĂ©larus. Le 30 novembre 2021, Loukachenko a mentionnĂ© que le territoire de la CrimĂ©e occupĂ© par la Russie Ă©tait lĂ©galement devenu une partie de la Russie en 2014, ajoutant qu’il avait planifiĂ© de visiter la pĂ©ninsule avec le prĂ©sident russe Vladimir Poutine. Ceci marque un changement important des dĂ©clarations prĂ©cĂ©dentes du BĂ©larus.

Il y a eu un renforcement significatif des troupes russes (environ 150 000-190 000), des Ă©quipements militaires et des capacitĂ©s militaires en Ukraine et dans les environs depuis l’automne 2021, ainsi qu’à des mois d’intensification de la part de la Russie. Ceci inclut les exercices militaires au BĂ©larus, avec la participation des forces armĂ©es du BĂ©larus. La Russie et le BĂ©larus ont tenu des exercices militaires anticipĂ©s du 10 au 20 fĂ©vrier 2022. Toutefois, le 20 fĂ©vrier 2022, la Russie a Ă©tendu la durĂ©e de cet exercice militaire avec le BĂ©larus et a annoncĂ© que les troupes russes ne quitteraient pas le BĂ©larus. Les relations du BĂ©larus avec l’Ukraine, les États-Unis et l’Organisation du TraitĂ© de l’Atlantique Nord (OTAN) se sont Ă©galement dĂ©tĂ©riorĂ©es, ce qui a menĂ© Ă  des tensions accrues.

Le 24 fĂ©vrier, le prĂ©sident Poutine a annoncĂ© une « opĂ©ration militaire spĂ©ciale Â» au moment oĂą des forces russes lançaient une invasion Ă  grande Ă©chelle contre l’Ukraine. Cette invasion a commencĂ© par des frappes ciblĂ©es sur des infrastructures militaires ukrainiennes d’importance, avec des forces russes avançant au nord de l’Ukraine en provenance de la Russie et du BĂ©larus, Ă  l’est en provenance de la Russie et les rĂ©gions dites RĂ©publique populaire de Louhansk et RĂ©publique populaire de Donetsk, at au sud en provenance de la CrimĂ©e. L’attaque de la Russie contre l’Ukraine est dĂ©jĂ  bien avancĂ©e. Le rĂ©gime bĂ©larussien a soutenu et encouragĂ© cette mesure flagrante, laquelle est une violation flagrante du droit international et de l’ordre basĂ© sur les principes. Cette attaque a causĂ© une dĂ©vastation gĂ©nĂ©rale des infrastructures et propriĂ©tĂ©s ukrainiennes, ainsi que la mort inutile d’Ukrainiens, particulièrement des civils. Le 27 fĂ©vrier, le rĂ©gime de Loukachenko a adoptĂ© une modification illĂ©gale Ă  la Constitution du BĂ©larus en supprimant l’article 18, qui s’engageait Ă  « faire de son territoire une zone dĂ©nuclĂ©arisĂ©e et un État neutre Â». Cette dĂ©cision a ouvert la voie au BĂ©larus pour accueillir des armes nuclĂ©aires russes. Ă€ la suite de l’invasion, les forces du BĂ©larus ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©es Ă  la frontière avec l’Ukraine, mais n’ont pas encore pĂ©nĂ©trĂ© en Ukraine elle-mĂŞme.

Réponse internationale

Depuis le dĂ©but de la crise actuelle, le Canada et la communautĂ© internationale demandent Ă  la Russie de dĂ©samorcer la situation, de poursuivre la voie diplomatique et de faire preuve de transparence dans ses activitĂ©s militaires. Les nĂ©gociations diplomatiques se sont dĂ©roulĂ©es sur plusieurs pistes, notamment par : (1) les pourparlers bilatĂ©raux entre les États-Unis et la Russie (par exemple le Dialogue stratĂ©gique sur la stabilitĂ©); (2) l’OTAN; (3) l’OSCE; (4) le Format Normandie (Ukraine, Russie, Allemagne, France) pour la mise en Ĺ“uvre des accords de Minsk.

Le 21 fĂ©vrier 2022, les ministres des Affaires Ă©trangères du G7 ont publiĂ© une dĂ©claration condamnant la reconnaissance russe des soi-disant rĂ©gions de la RĂ©publique populaire de Louhansk et de la RĂ©publique populaire de Donetsk, et mentionnant que le G7 s’apprĂŞtait Ă  renforcer ses mesures restrictives en rĂ©ponse aux actions russes. De plus, les membres ont rĂ©affirmĂ© leur engagement inĂ©branlable envers la souverainetĂ© et l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine. Le 17 mars, les ministres des Affaires Ă©trangères du G7 ont rĂ©affirmĂ© leur engagement et exigĂ© que les dirigeants russes se conforment immĂ©diatement Ă  l’ordre de la Cour internationale de Justice d’arrĂŞter l’assaut contre l’Ukraine. Cette dĂ©claration fait suite Ă  une dĂ©claration similaire faite en dĂ©cembre 2021 et Ă  celle des ministres des Affaires Ă©trangères de l’OTAN en janvier 2022.

Le 2 mars 2022, le ministère du Commerce des États-Unis a imposĂ© une sĂ©rie de mesures de contrĂ´le sur l’exportation significatives sur les exportations de plusieurs catĂ©gories de biens et de technologies envers le BĂ©larus, ciblant les secteurs bĂ©larussiens de la dĂ©fense, de l’aĂ©rospatiale et de la marine.

Réponse du Canada

Le 8 mars 2022, le Canada a mis en Ĺ“uvre de nouvelles sanctions contre 19 individus et 25 entitĂ©s en modifiant le Règlement. Avec la collaboration des alliĂ©s du Canada, ces sanctions ciblent les Ă©lites gouvernementales et financières, les oligarques et les membres de leurs familles et associĂ©s, ainsi que les entitĂ©s impliquĂ©es dans les secteurs de la finance, de la potasse, de l’énergie, du tabac, et de la dĂ©fense au BĂ©larus.

Le 16 mars 2022, le Canada a de nouveau modifiĂ© le Règlement pour ajouter 22 hauts fonctionnaires supplĂ©mentaires du ministère de la DĂ©fense du gouvernement du BĂ©larus pour leur implication dans l’invasion russe de l’Ukraine.

Ces modifications au Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Bélarus renforcent les sanctions existantes du Canada contre le Bélarus en entravant davantage les opérations entre la Russie et le Canada. Ces mesures sont prises en coordination avec des partenaires, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne (UE), la Corée du Sud et le Japon.

Conditions pour imposer et soulever les sanctions

Conformément à la Loi sur les mesures économiques spéciales, le gouverneur en conseil peut imposer des sanctions économiques et autres sanctions contre des États étrangers, des entités et des individus lorsque, parmi d’autres circonstances, une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales s’est produite et a entraîné une grave crise internationale.

La durée des sanctions imposées par le Canada et ses partenaires aux vues similaires a été explicitement liée à l’arrêt du support du Bélarus à la Russie ou à la résolution pacifique du conflit, et au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières, telles qu’elles sont reconnues par la communauté internationale; ces frontières incluent la Crimée et les zones maritimes limitrophes de l’Ukraine. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et l’Australie continuent aussi à mettre à jour leurs régimes de sanctions à l’encontre d’individus et d’entités au Bélarus, en Ukraine et en Russie.

Objectifs

  1. Imposer des coûts à l’encontre du Bélarus pour son support à l’invasion non provoquée et injustifiable de la Russie en Ukraine.
  2. Maintenir l’alignement des mesures canadiennes avec celles prises par les partenaires internationaux du Canada concernant la restriction de l’exportation de certaines marchandises et technologies vers le Bélarus pour démontrer les intérêts communs de sécurité et l’unité des pays alliés et partenaires dans la réponse aux actions du Bélarus en Ukraine.
  3. Empêcher le Canada de devenir une source d’assurance liée à l’aviation qui n’est pas disponible ailleurs.

Description

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus (les modifications) ajoute 9 individus Ă  l’annexe 1 du Règlement, qui sont sujets Ă  une prohibition gĂ©nĂ©rale de transactions. Ces individus sont des oligarques et leur famille, de proches associĂ©s du rĂ©gime, et des hauts fonctionnaires militaires.

Ces modifications révisent également les interdictions existantes contre les personnes au Canada qui fournissent de l’assurance ou de la réassurance au Bélarus ou à toute personne au Bélarus. La mesure révisée interdit la fourniture de tout service d’assurance, de réassurance et de souscription, y compris la vente de nouveaux contrats et la demande d’annulation de contrats existants liés à l’aviation. L’interdiction inclut la couverture d’assurance pour les aéronefs et les produits aéronautiques et aérospatiaux appartenant à, contrôlés par, enregistrés à, affrétés par ou exploités par des entités et des individus résidant, constitués en société ou domiciliés au Bélarus ou destinés à être utilisés au Bélarus.

Finalement, ces modifications imposent de nouvelles mesures qui interdisent Ă  toute personne au Canada et Ă  tout Canadien Ă  l’extĂ©rieur du Canada d’exporter, de vendre, de fournir ou d’expĂ©dier tout produit, quelle que soit sa situation, au BĂ©larus ou Ă  toute personne au BĂ©larus, si le produit est dĂ©crit dans la Liste des marchandises et technologies rĂ©glementĂ©es. La liste, avec des articles d’application militaire et civile potentielle, comprend un large Ă©ventail d’articles dans les domaines de l’électronique, des ordinateurs, des tĂ©lĂ©communications, des capteurs et des lasers, de la navigation et de l’avionique, de la marine, de l’aĂ©rospatiale et des transports. La Liste des marchandises et technologies rĂ©glementĂ©es, qui est prĂ©parĂ©e par Affaires mondiales Canada et publiĂ©e sur son site Web, est intĂ©grĂ©e aux modifications par renvoi, conformĂ©ment Ă  l’article 18.1 de la Loi sur les textes rĂ©glementaires.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada mobilise régulièrement les intervenants pertinents, qui incluent des organisations de la société civile, des communautés culturelles, et des représentants d’autres gouvernements aux vues similaires, pour discuter de l’approche du Canada relative à la mise en œuvre de sanctions.

Des fonctionnaires du gouvernement ont tenu une réunion avec le Bureau d’assurance du Canada (BAC) pour discuter de l’impact des sanctions sur l’assurance dans le secteur aérien sur les membres de cette organisation. Jusqu’à maintenant, aucune préoccupation particulière n’a été soulevée.

Pour ce qui est des modifications visant des individus spécifiques, il n’est pas approprié d’y inclure des consultations publiques, compte tenu de l’urgence d’imposer ces mesures en réponse à la violation continue de la paix et de la sécurité internationales en Ukraine.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique de l’initiative a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant des traités modernes, puisque les modifications ne prendront pas effet dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont le seul instrument permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument ne pourrait être considéré.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les sanctions visant des personnes spécifiques ont moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques traditionnelles à grande échelle, et les modifications auront un impact limité sur les citoyens des pays des personnes inscrites sur la liste. Il est probable que les individus désignés ont des liens limités avec le Canada et n’ont donc pas d’activités commerciales importantes pour l’économie canadienne.

Assurance et réassurance en aviation

Les sanctions sur les assurances aériennes sont de portée générale et concernent la provision d’assurances et de réassurances en aviation et en aérospatiale à toute entité ou individu situé ou résidant au Bélarus ou pour une utilisation au Bélarus. Étant donné que le Canada a déjà fermé son espace aérien aux aéronefs bélarussiens, le retrait de la couverture d’assurance n’aurait pas d’incidence directe sur la capacité des aéronefs bélarussiens à accéder à l’espace aérien canadien, mais affecterait plutôt leur capacité à opérer de manière plus générale.

Bien que ces sanctions puissent avoir une incidence sur les activités et les revenus canadiens, l’information actuellement disponible suggère que les compagnies d’assurance et de réassurance exerçant leurs activités au Canada ne sont pas des participants importants aux marchés internationaux de l’assurance aviation, en particulier pour les exploitants de gros avions commerciaux. Ainsi, ces sanctions sur l’assurance et la réassurance devraient avoir des répercussions négligeables sur les entreprises canadiennes.

Restrictions supplémentaires à l’exportation

En étroite conformité avec les restrictions à l’exportation de biens et de technologies similaires imposées par les États-Unis, le Royaume-Uni, l’UE, la Corée du Sud et le Japon, ces sanctions nuiront à l’économie bélarussienne, limiteront la capacité de fabrication de la défense et de l’aérospatiale du Bélarus et empêcheront le Canada de devenir un point de transbordement pour les articles sanctionnés par les partenaires du Canada. Le Canada utilise la Loi sur les mesures économiques spéciales pour empêcher l’exportation d’un large éventail de biens et de technologies vers le Bélarus qui pourraient profiter aux militaires et au gouvernement bélarussien.

Les modifications entraîneront des coûts supplémentaires pour les entreprises pour vérifier s’ils sont conformes ou pour obtenir des permis qui les autoriseraient à effectuer des activités ou des transactions spécifiques qui sont autrement interdites. Les exportateurs renonceront également à des opportunités d’affaires et à des bénéfices futurs si leur marché établi devient inaccessible ou moins accessible en raison du respect des sanctions supplémentaires. Cependant, la liste des matériaux réglementés sera accessible sur le site Web des sanctions canadiennes d’Affaires mondiales Canada, et sera accessible aux entreprises qui cherchent à exporter des marchandises vers le Bélarus.

Les banques et les institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Elles le feront en ajoutant les nouveaux individus désignés à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de mise en conformité mineur.

Les modifications entraîneront des coûts supplémentaires pour les entreprises qui cherchent à obtenir des permis qui les autoriseraient à effectuer des activités ou des transactions spécifiques qui sont autrement interdites.

Lentille des petites entreprises

Les modifications pourraient entraĂ®ner des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les petites entreprises pour vĂ©rifier s’ils sont en conformitĂ© (c’est-Ă -dire conseils ministĂ©riels aux entreprises pour rechercher un avocat privĂ©) ou pour obtenir des permis qui les autoriseraient Ă  effectuer des activitĂ©s ou des transactions spĂ©cifiques qui sont autrement interdites. Les produits visĂ©s par les sanctions reprĂ©senteront environ 1,1 million de dollars en 2021, soit moins que la moyenne des trois dernières annĂ©es. Cela reprĂ©sente environ 6,9 % des exportations du Canada vers le BĂ©larus. Affaires mondiales Canada n’est pas en mesure de dĂ©terminer la part qui serait touchĂ©e par ces mesures. En ce qui concerne l’interdiction de l’assurance et de la rĂ©assurance des produits aĂ©ronautiques bĂ©larussiens, aucune information actuelle n’indique que les petites entreprises seraient particulièrement touchĂ©es par les mesures.

Règle du « un pour un Â»

Le processus d’autorisation pour les entreprises rĂ©pond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» dans la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse et devrait ĂŞtre calculĂ© et compensĂ© dans les 24 mois. Cependant, les modifications rĂ©pondent Ă  une situation d’urgence et sont exemptĂ©es de l’obligation de compenser le fardeau administratif et les titres rĂ©glementaires en vertu de la règle du « un pour un Â».

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire, elles s’alignent sur les mesures prises par des partenaires aux vues similaires. Les restrictions supplémentaires à l’exportation s’alignent avec les mesures déjà prises par les États-Unis, l’UE, le Royaume-Uni, la Corée du Sud et le Japon.

Évaluation environnementale stratégique

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le sujet des sanctions Ă©conomiques a dĂ©jĂ  fait l’objet d’une analyse des effets sur le genre et la diversitĂ© dans le passĂ©. Bien qu’elles visent Ă  encourager un changement de comportement en exerçant une pression Ă©conomique sur des individus et entitĂ©s Ă  l’étranger, les sanctions prises en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales peuvent nĂ©anmoins avoir une incidence involontaire sur certains groupes et certaines personnes vulnĂ©rables. Les sanctions ciblĂ©es n’auront pas d’effet sur le BĂ©larus dans son ensemble, mais plutĂ´t sur des individus et entitĂ©s soupçonnĂ©s de mener des activitĂ©s qui soutiennent, facilitent ou financent, directement ou indirectement, une violation de la souverainetĂ© ou de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine, ou y contribuent. Par consĂ©quent, ces sanctions Ă©conomiques n’auront probablement pas d’incidence importante sur les groupes vulnĂ©rables, en comparaison aux larges sanctions traditionnelles, et leurs effets collatĂ©raux se limiteront aux personnes qui dĂ©pendent des personnes ciblĂ©es.

Justification

Les modifications sont une rĂ©ponse directe Ă  l’implication du Gouvernement du BĂ©larus et des forces armĂ©es du BĂ©larus dans l’invasion de l’Ukraine du 24 fĂ©vrier 2022, laquelle constitue une violation flagrante de la Russie et du BĂ©larus de l’intĂ©gritĂ© territoriale et de la souverainetĂ© de l’Ukraine, et du droit et des principes internationaux. Le BĂ©larus s’est rendu complice de ses actions par le biais son support Ă  la Russie. Les modifications visent Ă  imposer des coĂ»ts Ă©conomiques directs sur le BĂ©larus et signalent la condamnation ferme par le Canada de l’implication du BĂ©larus dans les dernières violations russes de l’intĂ©gritĂ© territoriale et de la souverainetĂ© de l’Ukraine.

Les neuf individus ajoutés à l’annexe du Règlement sont des oligarques et des membres de leur famille, de proches associés du régime, et des hauts fonctionnaires militaires.

Assurance et réassurance en aviation

Tous les exploitants d’aéronefs commerciaux, et de nombreux autres exploitants d’aéronefs, sont tenus de détenir une assurance pour exercer leurs activités. Cette obligation est imposée à la fois par des moyens réglementaires et commerciaux. Les exigences commerciales se retrouvent dans divers contrats, par exemple ceux liés au crédit-bail et au financement. Les mesures prises qui empêchent une compagnie aérienne d’obtenir une assurance auraient donc un impact significatif sur sa capacité à opérer. Bien que les partenaires du Canada aux vues similaires n’aient pas mis en œuvre une telle interdiction contre le Bélarus, le Canada considère que le soutien du Bélarus à l’invasion de l’Ukraine par la Russie justifie l’imposition de sanctions similaires contre son secteur national de l’aviation et de l’aérospatiale.

Interdictions supplémentaires à l’exportation

Le 2 mars 2022, les États-Unis ont imposĂ© d’importantes mesures de contrĂ´le sur l’exportation en rĂ©ponse directe au support du BĂ©larus Ă  l’invasion russe de l’Ukraine dans le but d’imposer un coĂ»t Ă©conomique direct au BĂ©larus et d’avoir un impact nĂ©gatif sur ses capacitĂ©s militaires. Un Ă©lĂ©ment de ces mesures a imposĂ© des restrictions sĂ©vères sur les exportations vers les utilisateurs finaux qui sont des entitĂ©s militaires. Un deuxième Ă©lĂ©ment a imposĂ© un refus d’exportation au BĂ©larus en entier de technologies sensibles, visant principalement les secteurs bĂ©larussiens de la dĂ©fense, de l’aviation et de la marine, afin de couper l’accès du BĂ©larus aux technologies de pointe. Un troisième Ă©lĂ©ment a imposĂ© une règle sur les produits Ă©trangers directs liĂ©e aux deux premiers Ă©lĂ©ments, qui Ă©tend les mesures amĂ©ricaines de contrĂ´le aux articles produits en dehors des États-Unis qui sont le produit direct de certains logiciels ou technologies amĂ©ricains. Les prĂ©sentes modifications visent Ă  aligner le Règlement avec les mesures amĂ©ricaines.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

Les noms des individus inscrits seront disponibles en ligne pour que les institutions financières puissent les examiner et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect aux modifications.

Les articles de la Liste des biens et technologies réglementées seront disponibles en ligne sur le site Web des sanctions d’Affaires mondiales Canada pour que les entreprises puissent les examiner. Cela contribuera à faciliter le respect aux modifications.

Les règlements de sanctions canadiennes sont appliquĂ©s par la Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales, quiconque contrevient sciemment au Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou d’une combinaison des deux; ou encore, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

L’ASFC a des pouvoirs d’exécution en vertu de la Loi sur les mesures économiques spéciales et de la Loi sur les douanes et jouera un rôle dans l’application de ces sanctions.

Personne-ressource

Andrew Turner
Directeur
Direction de l’Europe de l’Est et de l’Eurasie
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 343‑203‑3603
Courriel : Andrew.Turner@international.gc.ca