Autorisation de mise en marchĂ© de la vitamine D dans le lait, le lait de chèvre et la margarine : DORS/2021-278

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 2

Enregistrement
DORS/2021-278 Le 29 dĂ©cembre 2021

LOI SUR LES ALIMENTS ET DROGUES

En vertu du paragraphe 30.3(1) rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les aliments et drogues rĂ©fĂ©rence b, le ministre de la SantĂ© dĂ©livre l’Autorisation de mise en marchĂ© de la vitamine D dans le lait, le lait de chèvre et la margarine, ci-après.

Ottawa, le 17 dĂ©cembre 2021

Le ministre de la Santé
Jean-Yves Duclos

Autorisation de mise en marché de la vitamine D dans le lait, le lait de chèvre et la margarine

Interprétation

Terminologie

1 Les termes utilisés dans la présente autorisation s’entendent au sens du Règlement sur les aliments et drogues.

Exemptions

Lait

2 (1) Les aliments ci-après sont soustraits Ă  l’application des alinĂ©as 4(1)a) et d) et des articles 6 et 6.1 de la Loi sur les aliments et drogues ainsi que des articles B.01.042 et D.01.011 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne la vitamine D prĂ©sente dans chacun de ces aliments, si la condition applicable prĂ©vue au paragraphe (2) est respectĂ©e :

Condition

(2) Chacun des aliments contient la quantitĂ© de vitamine D suivante :

Lait de chèvre

3 (1) Les aliments ci-après sont soustraits Ă  l’application des alinĂ©as 4(1)a) et d) de la Loi sur les aliments et drogues ainsi que des articles B.08.029 et D.01.011 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne la vitamine D prĂ©sente dans chacun de ces aliments, si la condition applicable prĂ©vue au paragraphe (2) est respectĂ©e :

Condition

(2) Chacun des aliments contient la quantitĂ© de vitamine D suivante :

Margarine

4 (1) La margarine et la margarine rĂ©duite en calories sont soustraites Ă  l’application des alinĂ©as 4(1)a) et d) et des articles 6 et 6.1 de la Loi sur les aliments et drogues ainsi que des articles B.01.042 et D.01.011 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne la vitamine D prĂ©sente dans chacun de ces aliments, si la condition prĂ©vue au paragraphe (2) est respectĂ©e.

Condition

(2) Chacun des aliments contient 26 μg de vitamine D par 100 g.

Entrée en vigueur

Enregistrement

5 La présente autorisation entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie de l’Autorisation.)

Enjeux

Une autorisation de mise en marché (AMM) est introduite pour permettre aux fabricants d’augmenter volontairement la quantité de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine afin s’assurer l’harmonisation et la conformité au Règlement modifiant le Règlement sur les aliments et drogues (étiquetage nutritionnel, autres dispositions d’étiquetage et colorants alimentaires) [DORS/2016-305] (Règlement de 2016 sur l’étiquetage nutritionnel).

Contexte

La vitamine D est un Ă©lĂ©ment nutritif qui aide le corps Ă  absorber le calcium et le phosphore pour prĂ©server des os et des dents solides. La vitamine D est tirĂ©e de certains aliments et de supplĂ©ments, et le corps peut en produire après une exposition Ă  la lumière du soleil. Une carence en vitamine D peut conduire au rachitisme chez les enfants et Ă  l’ostĂ©omalacie (ramollissement des os) chez les adultes. D’après les donnĂ©es sur l’état sanguin de l’EnquĂŞte canadienne sur les mesures de la santĂ©, environ 20 % des Canadiens sont Ă  risque d’insuffisance en vitamine D (gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme insatisfaisant pour la santĂ© des os), tandis qu’environ 8 % sont Ă  risque de carence.

Le Règlement sur les aliments et drogues (RAD) fixe la valeur quotidienne (VQ) de la vitamine D (c’est-à-dire une valeur qui répondrait aux besoins en vitamine D de presque tous les Canadiens) ainsi que la quantité de vitamine D requise dans le lait de vache et la margarine et permise dans le lait de chèvre. Les fabricants ne peuvent pas augmenter la quantité de vitamine D dans les aliments au-delà de ce qui est actuellement prévu par le RAD.

Le Règlement de 2016 sur l’étiquetage nutritionnel a augmentĂ© la VQ de la vitamine D afin de rĂ©pondre aux recommandations actualisĂ©es sur les apports alimentaires. La pĂ©riode de transition pour les modifications apportĂ©es Ă  l’étiquetage nutritionnel finit le 14 dĂ©cembre 2021. Cependant, compte tenu des dĂ©fis imposĂ©s par la COVID-19, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) concentrera ses efforts de la première annĂ©e sur la sensibilisation et la promotion de la conformitĂ©. Après le 14 dĂ©cembre 2022, les fabricants devront utiliser la nouvelle VQ pour calculer le pourcentage de la valeur quotidienne (% VQ) qui figurera dans le tableau de la valeur nutritive (TVN) sur les Ă©tiquettes des emballages. Le % VQ donne aux consommateurs une indication de la quantitĂ© d’un Ă©lĂ©ment nutritif dans une portion d’aliment pour les aider Ă  faire des choix alimentaires Ă©clairĂ©s.

SantĂ© Canada a entrepris une stratĂ©gie d’enrichissement en vitamine D dont l’objectif de santĂ© publique est de promouvoir une santĂ© osseuse adĂ©quate chez les Canadiens sans crĂ©er de risque d’apport excessif en vitamine D. Dans un premier temps, SantĂ© Canada a proposĂ© dans le Règlement modifiant certains règlements pris en vertu de la Loi sur les aliments et drogues (symboles nutritionnels, autres dispositions d’étiquetage, huiles partiellement hydrogĂ©nĂ©es et vitamine D) [Règlement sur l’étiquetage sur le devant de l’emballage] d’augmenter la quantitĂ© de vitamine D requise dans le lait de vache et la margarine et permise dans le lait de chèvre. Comme le lait et la margarine sont les plus importantes sources de vitamine D dans le rĂ©gime alimentaire canadien, l’augmentation de leur taux de vitamine D aura une incidence importante sur l’apport alimentaire en vitamine D de la plupart des Canadiens.

SantĂ© Canada avait l’intention de faire coĂŻncider les modifications de la VQ de la vitamine D et l’augmentation des quantitĂ©s de vitamine D dans les laits et la margarine afin d’éviter que les fabricants aient Ă  modifier plusieurs fois leurs Ă©tiquettes. De plus, si les changements ne coĂŻncidaient pas, tant la forte diminution du % VQ dĂ©clarĂ© que la perte de l’allĂ©gation « excellente source Â» pour le lait de vache et le lait de chèvre (autorisĂ©e lorsqu’un aliment fournit une quantitĂ© supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  25 % VQ par portion) pourraient affecter nĂ©gativement la confiance des consommateurs dans ces aliments en tant qu’excellente source de vitamine D. En fĂ©vrier 2018, SantĂ© Canada a effectuĂ© une publication prĂ©alable visant Ă  augmenter la teneur en vitamine D du lait de vache, du lait de chèvre et de la margarine dans le cadre du Règlement sur l’étiquetage sur le devant de l’emballage dans la Partie I de la Gazette du Canada. Toutefois, en raison des efforts dĂ©ployĂ©s par SantĂ© Canada pour soutenir la rĂ©ponse du gouvernement Ă  la lutte contre la pandĂ©mie de COVID-19, la publication finale du Règlement sur l’étiquetage sur le devant de l’emballage a Ă©tĂ© retardĂ©e.

Objectif

Les objectifs de la prĂ©sente AMM sont les suivants :

Le fait de permettre aux fabricants d’augmenter la quantité de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine permettra d’atteindre ces objectifs. L’AMM est destinée à être une mesure provisoire jusqu’à ce que des modifications soient apportées au RAD et approuvées par la gouverneure en conseil.

Description

La prĂ©sente AMM permettra aux fabricants d’augmenter volontairement la quantitĂ© de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine en instaurant une exemption Ă  certaines interdictions figurant dans la Loi sur les aliments et drogues (LAD) et les dispositions du RAD. En l’absence de cette AMM, ces quantitĂ©s plus Ă©levĂ©es de vitamine D seraient interdites par la LAD et le RAD. Ainsi, l’AMM crĂ©era des exemptions aux alinĂ©as 4(1)a) et d) et aux articles 6 et 6.1 de la LAD, et aux articles B.01.042 et D.01.011 pour le lait de vache et la margarine, puis aux alinĂ©as 4(1)a) et d) de la LAD et aux articles B.08.029 et D.01.011 du RAD pour le lait de chèvre.

Les quantitĂ©s de vitamine D dans l’aliment doivent correspondre Ă  celles indiquĂ©es dans l’AMM et sont dĂ©terminĂ©es en fonction de l’état du produit tel qu’il est indiquĂ© dans l’AMM, s’il y en a une (par exemple lorsqu’il est reconstituĂ© et prĂŞt Ă  servir, reconstituĂ© au volume initial, reconstituĂ© selon le mode d’emploi). Pour conformer au Règlement de 2016 sur l’étiquetage nutritionnel, les fabricants doivent appliquer la nouvelle VQ pour la vitamine D selon le tableau des valeurs quotidiennes.

Ă€ des fins d’uniformitĂ© avec les nouvelles VQ de vitamine D indiquĂ©es dans le Règlement de 2016 sur l’étiquetage nutritionnel, les quantitĂ©s Ă©tablies dans l’AMM sont donnĂ©es en microgrammes (µg) plutĂ´t qu’en unitĂ©s internationales (U.I.). Pour des raisons de clartĂ© et de facilitĂ© de calcul, l’AMM exige une quantitĂ© de vitamine D pour 100 ml de lait de vache et de lait de chèvre et une quantitĂ© de vitamine D pour 100 g de margarine.

Pour le lait de vache et le lait de chèvre, l’AMM fixe la quantitĂ© de vitamine D Ă  2 Âµg/100 ml, et Ă  26 Âµg/100 g pour la margarine. Toutes les autres exigences de la LAD et du RAD pour le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine continueront Ă  s’appliquer.

Si un fabricant choisit de ne pas augmenter la quantité de vitamine D dans ces aliments pour atteindre les taux fixés dans l’AMM, les dispositions actuelles du RAD relatives aux quantités de vitamine D continueront à s’appliquer.

Entrée en vigueur et dispositions transitoires

La présente AMM entrera en vigueur dès son enregistrement.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Santé Canada a consulté les intervenants pendant un certain nombre d’années pour élaborer la politique qui a abouti à la présente AMM.

Premières consultations sur la vitamine D

SantĂ© Canada a organisĂ© les activitĂ©s de participation des intervenants suivantes :

Commentaires des intervenants

En mars 2015, une proposition de rĂ©vision de la politique sur l’enrichissement en vitamine D a Ă©tĂ© discutĂ©e par des experts (y compris les DiĂ©tĂ©tistes du Canada, des chercheurs et des professionnels des soins de santĂ©) lors d’un forum d’échanges Meilleurs Cerveaux qui a Ă©tĂ© coanimĂ© par IRSC et SantĂ© Canada. La proposition consistait Ă  augmenter la quantitĂ© obligatoire d’enrichissement en vitamine D du lait, des boissons vĂ©gĂ©tales enrichies et de la margarine, et de permettre l’ajout optionnel de vitamine D dans le yogourt. Les opinions de la majoritĂ© des experts Ă©taient positives ou neutres sur la question de l’augmentation des quantitĂ©s de vitamine D dans le lait. Les partisans de la proposition ont dit qu’il Ă©tait important de continuer d’enrichir le lait, mais Ă©galement d’étendre l’enrichissement en vitamine D Ă  d’autres supports. Une minoritĂ© d’experts n’était pas d’accord avec l’idĂ©e d’augmenter les quantitĂ©s de vitamine D dans le lait, principalement parce que cette mesure ne rejoindrait pas certaines sous-populations Ă  risque. Les rĂ©troactions au sujet de la margarine Ă©taient mixtes. Les personnes en faveur ont dit que si c’est un produit frĂ©quemment consommĂ©, particulièrement dans certaines sous-populations Ă  risque, il conviendrait d’envisager d’en augmenter le niveau d’enrichissement. Les personnes qui avaient des rĂ©serves s’inquiĂ©taient Ă  l’idĂ©e que cette mesure puisse transmettre des messages contradictoires : il faut limiter la consommation de l’aliment Ă  cause de sa teneur en matières grasses, mais il ne faut pas limiter la consommation de l’aliment parce qu’il contient de la vitamine D.

Les participants Ă  la consultation ciblĂ©e de 2017 comprenaient que les augmentations proposĂ©es ne seraient pas Ă©quivalentes Ă  la forte augmentation de la VQ Ă©tant donnĂ© que SantĂ© Canada proposait d’élargir sa politique d’enrichissement Ă  d’autres aliments Ă  plus long terme. Toutefois, comme le % VQ sur les Ă©tiquettes des produits diminuera en consĂ©quence, les intervenants du domaine de la santĂ© ont soulignĂ© l’importance de positionner correctement ce message par l’entremise de mesures de sensibilisation des consommateurs pour maintenir le niveau de confiance de ces derniers envers de tels produits, particulièrement le lait. Certains participants voulaient comprendre comment les changements dans les quantitĂ©s de vitamine D allaient se reflĂ©ter dans les recommandations alimentaires. Un intervenant de l’industrie s’est dit prĂ©occupĂ© par le volume des changements qu’on propose Ă  exiger de l’industrie sur une pĂ©riode de trois Ă  cinq ans, par exemple les nouvelles exigences relatives au TVN et Ă  la liste des ingrĂ©dients, l’étiquetage sur le devant de l’emballage, l’enrichissement en vitamine D, et l’initiative de modernisation de l’étiquetage des aliments de l’ACIA (maintenant l’initiative d’innovation en matière de produits alimentaires). Un autre intervenant de l’industrie a contrĂ© cet argument en soulignant de manière positive les efforts du ministère Ă  harmoniser autant que possible les calendriers des multiples initiatives. Un intervenant du domaine de la santĂ© a ajoutĂ© que tout retard dans la mise en Ĺ“uvre des diverses propositions serait très dĂ©cevant pour les praticiens de la santĂ© qui considèrent les initiatives rĂ©glementaires comme un ensemble de mesures qui contribueront Ă  assurer un approvisionnement alimentaire plus sain au Canada.

Consultation prĂ©alable sur la vitamine D dans la Partie I de la Gazette du Canada (fĂ©vrier 2018)

Le 10 fĂ©vrier 2018, SantĂ© Canada a effectuĂ© une publication prĂ©alable de son projet de règlement en matière d’étiquetage sur le devant de l’emballage dans la Partie I de la Gazette du Canada, Ă  des fins de consultation pendant 75 jours. Il y avait environ 32 prĂ©sentations reçues d’un Ă©ventail d’intervenants, y compris : 11 associations industrielles, 6 reprĂ©sentants du gouvernement, 5 reprĂ©sentants de l’industrie, 3 consommateurs, 2 organisations de professionnels de la santĂ©, 2 universitaires, 2 organisations non gouvernementales, 1 professionnel de la santĂ©. Quatre commentaires exprimant le soutien Ă  la proposition sur la vitamine D ont Ă©galement Ă©tĂ© reçus dans le cadre du processus de notification des obstacles techniques au commerce (OTC) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En mars 2018, SantĂ© Canada a tenu des webinaires techniques avec tous les intervenants pour offrir un aperçu du projet de règlement qui a Ă©tĂ© publiĂ©, au prĂ©alable, dans la Partie I de la Gazette du Canada, afin de faciliter le processus de consultation.

Commentaires des intervenants

Presque tous les répondants ont soutenu la proposition de réglementation visant à augmenter les quantités de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine. Un petit nombre de répondants se sont dits préoccupés par l’approche proposée et/ou ont posé des questions concernant les délais, la portée, les détails techniques et l’éducation des consommateurs.

Quelques intervenants ont soulevĂ© des prĂ©occupations quant Ă  l’approche visant Ă  accroĂ®tre uniquement la vitamine D du lait et de la margarine. Un intervenant de l’industrie a notamment soulignĂ© que les donnĂ©es indiquent que la consommation de ces produits a diminuĂ© chez les Canadiens et les Canadiennes au cours des dernières annĂ©es, et que certains groupes ethniques ne consomment pas de lait de vache. Une organisation de professionnels de la santĂ© a mis en doute l’efficacitĂ© gĂ©nĂ©rale de cette approche pour aider les Canadiens Ă  augmenter leur consommation de vitamine D. Ils ont exprimĂ© leurs prĂ©occupations quant Ă  l’importance d’augmenter la quantitĂ© de vitamine D dans la margarine Ă  l’heure actuelle, par rapport Ă  la stratĂ©gie globale de santĂ© publique. Ses membres ont plutĂ´t proposĂ© Ă  SantĂ© Canada d’envisager plutĂ´t de modifier les recommandations alimentaires pour amĂ©liorer l’apport en vitamine D. Enfin, certains intervenants de l’industrie ont demandĂ© quels Ă©taient les plans de SantĂ© Canada pour informer les consommateurs de la raison pour laquelle le % VQ pour la vitamine D sera plus faible dans le TVN alors qu’en fait les quantitĂ©s sont augmentĂ©es dans les laits et la margarine.

RĂ©ponse de SantĂ© Canada

Le lait et la margarine sont les principales sources de vitamine D de l’alimentation des Canadiens et des Canadiennes. Selon les donnĂ©es sur les apports alimentaires recueillies dans le cadre de l’EnquĂŞte sur la santĂ© dans les collectivitĂ©s canadiennes de 2015, le lait et la margarine sont consommĂ©s par environ 81 % et environ 54 % des Canadiens, respectivement. La modĂ©lisation de l’apport alimentaire du lait et de la margarine (seuls et combinĂ©s) aux nouvelles quantitĂ©s de vitamine D proposĂ©es, montre que ces deux aliments sont importants pour augmenter l’apport en vitamine D des Canadiens et ainsi rapprocher les apports aux besoins. Grâce Ă  la consultation d’experts lors de notre forum d’échanges Meilleurs Cerveaux en mars 2015, nous avons Ă©galement appris que la margarine est un vĂ©hicule utile pour atteindre certaines sous-populations, comme les peuples autochtones, qui sont particulièrement vulnĂ©rables aux carences et aux insuffisances en vitamine D.

SantĂ© Canada a publiĂ© la mise Ă  jour du Guide alimentaire canadien en janvier 2019, qui continue d’inclure les aliments qui fournissent de la vitamine D. SantĂ© Canada reconnaĂ®t l’importance de sensibiliser les consommateurs et les intermĂ©diaires aux changements Ă  venir au % VQ de la vitamine D pour ces aliments. SantĂ© Canada entreprend des efforts de sensibilisation, comme les messages sur les rĂ©seaux sociaux, avec toute nouvelle politique et initiative rĂ©glementaire afin d’encourager les Canadiens Ă  faire des choix Ă©clairĂ©s pour amĂ©liorer leur rĂ©gime alimentaire.

L’augmentation des quantités de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine aidera Santé Canada à rapprocher l’objectif de santé publique visant à promouvoir une santé osseuse adéquate chez les Canadiens, en mettant l’accent sur la réduction du risque de carence sans encourir le risque d’apports excessifs. Santé Canada est toutefois conscient que l’augmentation des quantités de vitamine D dans ces aliments ne suffira pas à améliorer l’apport en vitamine D de tous les Canadiens (par exemple certains groupes ethniques peuvent consommer moins de lait). C’est pourquoi, dans une prochaine étape, le Ministère prévoit augmenter la teneur en vitamine D des boissons végétales enrichies et permettre l’enrichissement des yogourts. Santé Canada évaluera l’efficacité de ces mesures par la surveillance continue de l’apport en vitamine D et de l’état sanguin des Canadiens. Si nécessaire, le Ministère envisagera de permettre l’ajout de vitamine D à d’autres aliments appropriés.

Avis d’intention

Le 22 juillet 2021, un avis d’intention a Ă©tĂ© publiĂ© en ligne et diffusĂ© par courriel Ă  plus de 5 300 intervenants pour les informer de l’intention de SantĂ© Canada de publier une AMM pour permettre l’augmentation des niveaux de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine. Les intervenants de l’industrie et de la santĂ© n’ont pas fourni de commentaires sur l’avis d’intention.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Aucune incidence n’a été relevée quant aux obligations découlant des traités modernes relativement à la présente AMM. Toutefois, au cours de la consultation, certains experts en vitamine D ont indiqué que la margarine est un véhicule utile pour atteindre certaines sous-populations, comme les peuples autochtones, qui sont particulièrement vulnérables aux carences et aux insuffisances en vitamine D.

Choix de l’instrument

L’AMM est une mesure provisoire pour atteindre les objectifs politiques notĂ©s ci-dessus jusqu’à ce que les modifications du RAD puissent ĂŞtre entreprises. L’AMM pourrait inciter les fabricants de lait Ă  adopter le nouveau TVN pendant la pĂ©riode d’éducation et la promotion de la conformitĂ©, puisqu’ils pourraient conserver l’allĂ©gation « excellente source Â» de vitamine D pour leurs produits. Étant donnĂ© qu’un seul changement d’étiquette sera nĂ©cessaire, cela minimisera les coĂ»ts pour l’industrie ainsi que le risque de confusion pour le consommateur associĂ© Ă  des fluctuations brusques du % VQ.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Il n’y aura aucuns frais de fonctionnement supplémentaires pour Santé Canada en lien avec la présente AMM, car elle habilite le Ministère à permettre une quantité accrue de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre et la margarine. On ne prévoit pas non plus d’incidences financières supplémentaires pour l’ACIA en ce qui a trait aux activités de conformité et d’application de la loi puisque l’AMM est permissive et n’ajoute pas d’exigences réglementaires nouvelles ou supplémentaires.

La prĂ©sente AMM aura Ă©galement les avantages qualitatifs suivants :

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas à la proposition, puisque l’AMM crée une exemption de certaines interdictions figurant dans la LAD et des dispositions du RAD, si certaines conditions sont remplies, et n’impose pas de coûts administratifs ou de conformité supplémentaires aux petites entreprises. En outre, pour les produits dont les étiquettes n’ont pas encore été mises à jour conformément au Règlement de 2016 sur l’étiquetage nutritionnel, l’AMM éliminera la nécessité de modifier deux étiquettes, comme indiqué ci-dessus.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas Ă  cette proposition, puisque les coĂ»ts administratifs restent les mĂŞmes pour les entreprises et que l’incidence de l’AMM est neutre sur le plan administratif.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

L’approche du Canada relativement à la quantité de vitamine D dans le lait de vache est similaire à celle des États-Unis; toutefois, il y a une différence lorsqu’il s’agit des margarines.

Aux États-Unis, l’enrichissement du lait de vache en vitamine D est rendu obligatoire par les États, mais pas par une loi fĂ©dĂ©rale. En 2016, la Food and Drug Administration des États-Unis a autorisĂ© l’enrichissement en vitamine D au-delĂ  du taux prescrit dans le lait (~1 Âµg/100 ml) après avoir reçu une demande de l’industrie. Elle autorise dorĂ©navant jusqu’à 2,1 Âµg de vitamine D/100 ml, ce qui est très proche du niveau proposĂ© dans la prĂ©sente AMM. Les laits qui sont enrichis au-delĂ  des quantitĂ©s Ă©tablies doivent ĂŞtre dĂ©signĂ©s par une allĂ©gation relative Ă  la teneur en Ă©lĂ©ments nutritifs telle que « lait riche en vitamine D Â», similaire Ă  l’allĂ©gation « excellente source Â» au Canada.

La margarine peut être enrichie en vitamine D aux États-Unis, mais à un seuil inférieur à celui du Canada.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une exploration préliminaire a été menée; on a conclu qu’une analyse détaillée n’était pas nécessaire, car la présente AMM n’a aucune incidence environnementale.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le genre et la diversité ont été pris en compte lors de l’élaboration de la proposition visant à augmenter volontairement la quantité de vitamine D dans certains produits. Aucune autre incidence sur le sexe, le genre ou la diversité n’a été décelée pour la présente AMM.

Mise en œuvre et conformité et application

Mise en œuvre

Les efforts de sensibilisation du public pour aider les Canadiens à comprendre comment utiliser au mieux l’étiquetage nutritionnel pour faire des choix alimentaires éclairés se poursuivent. De plus, Santé Canada affichera des renseignements sur l’AMM sur son site Web et en avisera les intervenants. L’industrie n’est pas tenue de soumettre une notification préalable à la mise en marché ou une demande d’autorisation de mise en marché temporaire avant d’augmenter les quantités de vitamine D dans le lait de vache, le lait de chèvre, ou la margarine.

Conformité et application

La conformitĂ© et l’application de l’AMM seront intĂ©grĂ©es aux activitĂ©s existantes menĂ©es par l’ACIA en vertu des dispositions de la LAD et du RAD, ainsi que d’autres lois applicables en matière d’alimentation appliquĂ©es par l’ACIA.

L’ACIA est responsable de l’application des dispositions de la LAD qui concernent les aliments. Même s’il incombe à l’industrie de se conformer aux exigences réglementaires, la conformité sera évaluée dans le cadre des programmes réguliers d’inspection à l’échelle nationale ainsi qu’à l’importation, compte tenu des ressources dont dispose l’ACIA pour la vérification de la conformité et l’application de la loi. Des mesures d’application de la loi appropriées seront prises en fonction du risque.

Personne-ressource

Bruno Rodrigue
Directeur exécutif
Bureau de la modernisation des lois et des règlements
Direction des politiques, de la planification et des affaires internationales
Direction générale des produits de santé et des aliments
Santé Canada
Holland Cross, tour A, bureau 14
11, avenue Holland
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
Indice de l’adresse : 3000A
Courriel : hc.lrm.consultations-mlr.sc@canada.ca