DĂ©cret modifiant le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique : DORS/2021-272

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 1

Enregistrement
DORS/2021-272 Le 21 dĂ©cembre 2021

LOI FÉDÉRALE SUR LES HYDROCARBURES

C.P. 2021-1030 Le 17 dĂ©cembre 2021

Attendu que la gouverneure en conseil estime qu’il est dans l’intérêt national de continuer d’interdire à toute personne d’entreprendre ou de poursuivre, sur les terres domaniales situées dans les eaux au large de l’Arctique canadien dont les ressources naturelles sont placées sous la responsabilité administrative du ministre des Affaires du Nord, des activités autorisées au titre de la Loi sur les opérations pétrolières au Canada référence a, jusqu’à ce que soit terminé l’examen de la désignation de 2016 par le Canada de ces eaux comme étant interdites d’accès indéfiniment aux futures concessions pétrolières et gazières extracôtières;

Attendu que le Canada, la Inuvialuit Regional Corporation, la Nunavut Tunngavik Incorporated et les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut élaborent conjointement les évaluations qui seront prises en compte dans l’examen, lesquelles doivent être terminées en 2022,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre des Affaires du Nord et en vertu du paragraphe 12(1) rĂ©fĂ©rence b de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret modifiant le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique, ci-après.

Décret modifiant le Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctique

Modification

1 L’article 2 du DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

Abrogation

3 Le prĂ©sent dĂ©cret est abrogĂ© le 31 dĂ©cembre 2022.

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique actuel est entrĂ© en vigueur le 30 juillet 2019 et devait arriver Ă  Ă©chĂ©ance le 31 dĂ©cembre 2021.

La prolongation de ce décret est nécessaire en tant que mesure provisoire pour assurer l’interdiction continue des activités pétrolières et gazières dans la zone extracôtière de l’Arctique et la préservation des conditions des 11 permis de prospection actifs dans la mer de Beaufort. Cela permettra au Canada d’étudier les rapports sur le climat et l’évaluation basée sur la vie marine, préparés conjointement avec les Territoires, les organisations Inuvialuit et inuit, afin d’orienter les prochaines étapes ayant trait au moratoire.

Contexte

Le 20 dĂ©cembre 2016, le gouvernement du Canada a annoncĂ©, dans le cadre de la DĂ©claration commune des dirigeants sur l’Arctique, une suspension d’une durĂ©e indĂ©terminĂ©e de l’émission de nouveaux titres pĂ©troliers et gaziers dans les eaux au large de l’Arctique (le moratoire arctique extracĂ´tier) qui fera l’objet d’un examen quinquennal fondĂ© sur des donnĂ©es scientifiques et climatiques. Le moratoire reconnaĂ®t l’équilibre important entre la valeur historique des eaux arctiques pour les peuples autochtones du Nord et la valeur de la mise en place d’une Ă©conomie et d’un Ă©cosystème robustes et durables dans l’Arctique, appuyĂ©s par une gestion fondĂ©e sur la science. Bien que le moratoire suspende l’émission de nouveaux titres pĂ©troliers et gaziers, il ne suspend pas les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières, ni ne suspend les conditions auxquelles sont assujettis les 11 permis de prospection actifs, rĂ©vĂ©lant une lacune dans le rĂ©gime et exigeant une solution.

En 2017, les reprĂ©sentants de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) ont tenu des consultations approfondies avec les intervenants territoriaux et autochtones du Nord (les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, la Inuvialuit Regional Corporation, la Nunavut Tunngavik Incorporated et les associations inuites rĂ©gionales), l’Association canadienne des producteurs pĂ©troliers et les dĂ©tenteurs de permis pĂ©troliers et gaziers actifs, afin de connaĂ®tre leurs intĂ©rĂŞts futurs dans l’arctique extracĂ´tier. Puis, en octobre 2018, le Canada a annoncĂ© les Prochaines Ă©tapes en ce qui concerne l’exploitation du pĂ©trole et du gaz dans l’Arctique, afin de suspendre les conditions des permis existants et d’empĂŞcher leur expiration pour la durĂ©e du moratoire. Les Ă©tapes subsĂ©quentes incluaient Ă©galement une Ă©laboration conjointe avec les gouvernements territoriaux et autochtones du Nord, d’un modèle d’évaluation scientifique quinquennal qui tient compte de la science du milieu marin et des changements climatiques, et la nĂ©gociation avec les gouvernements du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest, et la Inuvialuit Regional Corporation d’une entente de cogestion du pĂ©trole et du gaz dans l’Arctique de l’Ouest extracĂ´tier.

Le 30 juillet 2019, la gouverneure en conseil a pris un DĂ©cret interdisant certaines activitĂ©s dans les eaux au large de l’Arctique, conformĂ©ment au paragraphe 12(1), de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures L.R.C. 1985. Le DĂ©cret interdisait toutes activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans l’Arctique extracĂ´tier et suspendait les conditions de tous les permis gaziers et pĂ©troliers actifs dans les zones extracĂ´tières de l’ouest et de l’est de l’Arctique. Ce dĂ©cret devait arriver Ă  Ă©chĂ©ance le 31 dĂ©cembre 2021, conjointement avec l’examen par le Canada du rapport d’évaluation scientifique quinquennal et des prochaines Ă©tapes du moratoire. Les rapports ont Ă©tĂ© retardĂ©s en raison des processus Ă©lectoraux fĂ©dĂ©raux et du Nunavut et devraient ĂŞtre terminĂ©s en janvier ou fĂ©vrier 2022.

Un permis de prospection a une durée fixe de neuf ans au cours de laquelle un détenteur de permis est tenu de terminer le forage d’un puits d’exploration. La prolongation de ce décret empêche les licences actives d’expirer pendant que le Canada prend en considération les rapports d’évaluation du climat et du milieu marin qui ont été élaborés conjointement avec les territoires, les organisations Inuvialuit et Inuit afin d’orienter les prochaines étapes ayant trait au moratoire.

Le Décret permettra également aux représentants de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada de continuer de collaborer avec les partenaires du Nord et de faire avancer de nouvelles recherches sur le climat et le milieu marin en vue de respecter l’engagement du Canada de 2016 d’examiner le moratoire tous les cinq ans.

Sans la prolongation du DĂ©cret, les permis existants commenceraient Ă  expirer après le 31 dĂ©cembre 2021. Le Canada ne serait donc pas en mesure de respecter l’engagement de suspendre les conditions des titres existants, ou de rĂ©pondre Ă  l’engagement d’examen du moratoire.

Objectif

Description

Le DĂ©cret consiste en une extension d’un an du DĂ©cret qui a Ă©tĂ© fait le 30 juillet 2019 et qui devait arriver Ă  Ă©chĂ©ance le 31 dĂ©cembre 2021. Le DĂ©cret continue d’interdire aux dĂ©tenteurs de titres pĂ©troliers et gaziers et Ă  toute autre personne d’entreprendre ou de poursuivre des activitĂ©s ou des travaux dans les eaux extracĂ´tières de l’Arctique canadien et prĂ©serve les droits des dĂ©tenteurs de permis actifs. Le DĂ©cret suspend les 11 permis de prospection actifs dans l’Arctique extracĂ´tier, empĂŞchant les dĂ©tenteurs d’effectuer des travaux et prĂ©servant les conditions rattachĂ©es aux permis.

Le Décret se veut une mesure provisoire afin de permettre au Canada d’examiner les rapports d’évaluation du climat et du milieu marin qui ont été élaborés conjointement avec des partenaires du Nord, afin d’orienter les prochaines étapes ayant trait au moratoire.

Élaboration de la réglementation

Consultation

En 2017, RCAANC a mené de vastes consultations avec les gouvernements territoriaux et autochtones du Nord et les représentants de l’industrie sur leurs intérêts futurs dans l’Arctique extracôtier. Les intervenants s’entendaient pour dire que l’avenir du développement pétrolier et gazier dans la zone extracôtière pourrait offrir de réelles possibilités de développement économique aux habitants du Nord et à tous les Canadiens.

Les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, la Inuvialuit Regional Corporation, la Nunavut Tunngavik Incorporated et les associations inuites rĂ©gionales ont appuyĂ© pleinement les mesures prises afin d’assurer la suspension des 11 permis de prospection actifs dans la mer de Beaufort, afin de les empĂŞcher d’expirer pendant que le moratoire est en vigueur. De plus, l’Association canadienne des producteurs pĂ©troliers et chacun des dĂ©tenteurs de permis reprĂ©sentant les 11 permis de prospection, incluant Imperial Oil, BP Canada, Chevron Canada, ConocoPhillips Canada et Franklin Petroleum Canada Limited, ont appuyĂ© la suspension des 11 permis de prospection.

En novembre 2021, les reprĂ©sentants de RCAANC ont consultĂ© les trois gouvernements territoriaux, la Nunavut Tunngavik Incorporated et la Inuvialuit Regional Corporation, qui ont confirmĂ© leur soutien Ă  la prolongation d’un an du DĂ©cret (jusqu’au 31 dĂ©cembre 2022), lequel continuera de suspendre les conditions des permis de prospection et permettra la prise en compte des rapports d’évaluation en 2022. Les intervenants de l’industrie ont Ă©galement Ă©tĂ© informĂ©s et soutiennent l’intention du Gouvernement de prolonger le DĂ©cret.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation des implications des traités modernes a été menée sur la proposition, telle qu’elle est exigée par la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes. L’évaluation n’a pas identifié d’implications ou d’obligations relatives aux traités modernes. Au cours de l’année 2017, le Canada a mené de vastes consultations avec les gouvernements territoriaux et les groupes autochtones du Nord sur leurs intérêts futurs dans la zone Arctique extracôtière. En conséquence directe de ces consultations, le Canada a fait l’annonce en 2018 des prochaines étapes de l’exploitation du pétrole et du gaz dans l’Arctique en collaboration avec les groupes autochtones du Nord.

Le Décret s’applique aux terres fédérales dans les eaux arctiques, et s’applique directement à la suspension des activités pétrolières et gazières sous réglementation fédérale. Le Décret n’a pas d’incidence sur les droits des titulaires de droits issus des traités modernes, car il n’empiète pas sur leurs territoires traditionnels ni sur leur récolte traditionnelle d’animaux sauvages, leur mode de vie traditionnel ou les routes migratoires ou de transit traditionnelles.

En reconnaissance supplĂ©mentaire des droits issus de traitĂ©s autochtones dans le Nord, la partie 3 de la Loi fĂ©dĂ©rale sur les hydrocarbures prĂ©voit explicitement qu’aucune disposition de la Loi ne doit ĂŞtre interprĂ©tĂ©e comme abrogeant ou dĂ©rogeant Ă  des droits ancestraux ou issus de traitĂ©s existants des peuples autochtones du Canada en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Choix de l’instrument

La prolongation du Décret interdisant certaines activités dans les eaux au large de l’Arctique est la seule façon de faire en sorte que les conditions des permis de prospection soient suspendues avant leur expiration. Cette approche est également conforme à l’intention du moratoire et permet au Canada de travailler avec les gouvernements territoriaux et autochtones du Nord et de les consulter sur les décisions futures concernant le développement pétrolier et gazier arctique.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le Décret interdisant aux détenteurs de titres pétroliers et gaziers actifs d’exercer tout travail ou activité dans les zones extracôtières de l’Arctique ne devrait pas entraîner d’impacts sous forme d’avantages différés (c’est-à-dire manque à gagner en profits provenant de la production dans la zone de permis) pour les détenteurs de permis touchés et pour les économies du Nord et autochtone. Il n’y a pas d’autres coûts quantitatifs prévus au Décret pour les détenteurs de permis.

Les détenteurs de permis actifs ont investi temps et argent afin de planifier et d’exercer leur droit de pratiquer des activités d’exploration pétrolière et gazière à l’intérieur des limites de leur permis. Depuis les années 70, 69 découvertes significatives de gisements de pétrole et de gaz prouvés dans la zone extracôtière arctique ont été faites. Les détenteurs de permis ont la possibilité de développer ces gisements lorsque les conditions du marché et la technologie favorisent la rentabilité, ce qui profite aux détenteurs de permis ainsi qu’aux gouvernements territoriaux et aux communautés autochtones du Nord. Sur la base d’une évaluation des conditions économiques actuelles, ainsi que des commentaires reçus des parties prenantes du secteur pétrolier et gazier, il n’est pas prévu qu’une production mesurable de pétrole et de gaz aurait été possible à court terme sans une prolongation de l’ordonnance.

Le DĂ©cret donne lieu Ă  deux bĂ©nĂ©fices importants. Premièrement, mĂŞme si aucun bĂ©nĂ©fice n’est attendu, il protège des impacts potentiellement nĂ©fastes du dĂ©veloppement pĂ©trolier et gazier les eaux arctiques et l’environnement marin pour la durĂ©e du DĂ©cret, permettant la recherche sur le climat et le milieu marin de progresser. Deuxièmement, il suspend les conditions des 11 permis de prospection actifs dans la mer de Beaufort, ce qui empĂŞche leur expiration et la perte des droits des dĂ©tenteurs de permis. Bien que le DĂ©cret puisse ĂŞtre vu comme entraĂ®nant certaines dĂ©penses pour les dĂ©tenteurs de permis (c’est-Ă -dire une perte de revenus), les dĂ©tenteurs de permis n’avaient pas l’intention d’exercer leurs droits en raison des conditions dĂ©favorables du marchĂ© avant l’annonce du moratoire.

Lentille des petites entreprises

Il n’y a pas d’impact sur les petites entreprises découlant de ce décret.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif de la charge administrative pour les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le DĂ©cret est conforme Ă  la DĂ©claration commune des dirigeants sur l’Arctique de dĂ©cembre 2016, visant Ă  travailler avec les habitants du Nord pour prĂ©server l’Arctique extracĂ´tier des impacts nĂ©gatifs potentiels des activitĂ©s pĂ©trolières et gazières, et Ă  construire la base de connaissances du milieu marin et du climat, afin d’assurer que l’exploitation future du pĂ©trole et du gaz dans la rĂ©gion est fondĂ©e sur des donnĂ©es probantes et rĂ©pond aux objectifs climatiques nationaux et internationaux du Canada.

Les pays producteurs de pĂ©trole de l’Arctique qui bordent la frontière maritime du Canada ont dĂ©crĂ©tĂ© des moratoires indĂ©finis sur le pĂ©trole et le gaz dans leurs juridictions respectives. L’administration amĂ©ricaine actuelle s’est de nouveau engagĂ©e Ă  respecter la DĂ©claration commune des dirigeants du Canada et des États-Unis sur l’Arctique de 2016 interdisant les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières dans la mer de Beaufort et de Chukchi, tandis que le Groenland a interdit les nouveaux droits pĂ©troliers et gaziers dans ses eaux territoriales. De plus, le document d’orientation sur la stratĂ©gie pour l’Arctique d’octobre 2021, publiĂ© par l’Union europĂ©enne, a appelĂ© Ă  une interdiction Ă  l’échelle de l’Arctique de toute nouvelle exploitation pĂ©trolière et gazière afin de protĂ©ger l’environnement arctique vulnĂ©rable.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a conclu qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise, puisque le Décret ne fait qu’appuyer les impacts importants sur l’environnement qui résultent du moratoire extracôtier de l’Arctique. L’examen quinquennal en cours, fondé sur des données scientifiques, associé au moratoire comprendra une évaluation environnementale stratégique dans les zones extracôtières de l’ouest et de l’est de l’Arctique.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) prĂ©liminaire a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour Ă©valuer les impacts de la proposition sur divers groupes de la sociĂ©tĂ©, en mettant l’accent sur les Premières Nations du Nord, les Inuit, les MĂ©tis et les autres rĂ©sidents du Nord. L’évaluation s’appuie sur des consultations effectuĂ©es en 2017 avec les gouvernements territoriaux et autochtones du Nord, et l’industrie, sur leurs intĂ©rĂŞts futurs dans la zone arctique extracĂ´tière, et elle est Ă©clairĂ©e par des Ă©valuations subsĂ©quentes liĂ©es Ă  l’élĂ©ment « Ă‰conomie durable de l’Arctique Â» du Cadre stratĂ©gique pour l’Arctique et le Nord.

Un certain nombre d’études clĂ©s portant sur la participation des sexes dans le secteur de l’extraction des ressources minĂ©rales ont rĂ©vĂ©lĂ© un fort prĂ©jugĂ© contre les femmes autochtones et racialisĂ©es dans le secteur de l’extraction des ressources, traditionnellement dominĂ© par les hommes dans le Nord. L’étude rĂ©alisĂ©e en 2020 Ensuring the Safety and Well-Being of Inuit Women in the Resource Extraction Industry (non disponible en français) a conclu que le secteur offre des « possibilitĂ©s considĂ©rables de prospĂ©ritĂ© et de sĂ©curitĂ© Ă©conomique pour les communautĂ©s inuites et les femmes inuites Â», bien qu’elle ait soulignĂ© qu’il reste des dĂ©fis importants qui peuvent affecter de manière disproportionnĂ©e les femmes inuites en milieu de travail. L’étude a recommandĂ© des recherches et une collecte de donnĂ©es supplĂ©mentaires pour mieux comprendre les prĂ©jugĂ©s sur le lieu de travail et dĂ©velopper des outils pour y remĂ©dier.

Le rapport publiĂ© en 2021 RĂ©clamer notre pouvoir et notre place : le rapport final de l’EnquĂŞte nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinĂ©es fournit des informations supplĂ©mentaires sur les risques et les dĂ©fis associĂ©s Ă  la participation liĂ©e au genre dans le secteur de l’extraction des ressources naturelles. Le rapport recommande qu’avant le dĂ©but d’un projet de dĂ©veloppement des ressources, un examen soit entrepris pour Ă©valuer les risques que le projet peut poser aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles autochtones, et prendre des mesures d’attĂ©nuation. Le rapport final reconnaĂ®t le phĂ©nomène documentĂ© corrĂ©lant les pics de violence contre les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones dans le secteur de l’extraction des ressources. Le rapport identifie Ă©galement la caractĂ©ristique unique du secteur qui emploie principalement des hommes cĂ©libataires ayant un revenu facilement accessible, ce qui peut conduire Ă  une industrie du sexe locale en plein essor qui expose les femmes et les filles vulnĂ©rables aux abus sexuels et Ă  la violence, entraĂ®nant des taux plus Ă©levĂ©s d’infections sexuellement transmissibles. Le rapport prĂ©voit que les femmes et les filles qui sont employĂ©es dans le secteur doivent avoir un accès Ă©gal aux mĂŞmes avantages que les hommes Ă  chaque Ă©tape du dĂ©veloppement d’un projet, que des stratĂ©gies doivent ĂŞtre mises en place pour offrir une formation et des chances Ă©gales aux femmes dans le lieu de travail et que des mesures soient mises en place pour minimiser l’exploitation.

L’étude réalisée en 2021 par la Liard Aboriginal Women’s Society, Never Until Now (non disponible en français), a révélé que l’emploi des femmes dans le secteur, dans tous les groupes d’âge, niveaux d’éducation et niveaux d’expérience, est concentré dans les emplois les moins bien rémunérés. Il a également confirmé que les femmes autochtones et racialisées subissaient des niveaux élevés de harcèlement et de discrimination en milieu de travail et qu’elles ne savaient souvent pas comment signaler et contester ces comportements.

Le Décret soutiendra la collaboration avec les gouvernements territoriaux et autochtones du Nord et des autres intervenants du Nord, afin d’élaborer une voie à suivre pour la gestion stratégique des ressources pétrolières et gazières dans les eaux arctiques du Canada. Une ACS+ serait effectuée si le moratoire sur la zone extracôtière arctique était révoqué et que le développement pétrolier et gazier dans le Nord était autorisé à commencer. Le gouvernement du Canada encouragera l’application d’approches ACS+ adaptées sur le plan culturel, lesquelles aideront à garantir que les considérations d’égalité, de diversité et d’inclusion feront partie intégrante des nombreuses considérations importantes qui influenceront cette initiative et ses résultats.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de services

Le Décret est entré en vigueur à la date de son enregistrement.

Personne-ressource

Mireille Lajoie
Directrice par intérim
Gestion des ressources pétrolières et minérales
Affaires du Nord
Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada

25, rue Eddy, 10e étage
Gatineau (Québec)
K1A 0H4
TĂ©lĂ©phone : 819‑889‑9493
Courriel : mireille.lajoie@rcaanc-cirnac.gc.ca