Règlement modifiant certains règlements visant les drogues d’usage restreint (Programme d’accès spĂ©cial) : DORS/2021-271

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 1

Enregistrement
DORS/2021-271 Le 21 dĂ©cembre 2021

LOI RÉGLEMENTANT CERTAINES DROGUES ET AUTRES SUBSTANCES

LOI SUR LES ALIMENTS ET DROGUES

C.P. 2021-1029 Le 17 dĂ©cembre 2021

Sur recommandation du ministre de la SantĂ©, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant certains règlements visant les drogues d’usage restreint (Programme d’accès spĂ©cial), ci-après, en vertu :

Règlement modifiant certains règlements visant les drogues d’usage restreint (Programme d’accès spécial)

Loi réglementant certaines drogues et autres substances

Règlement sur les aliments et drogues

1 (1) Les définitions de ordonnance et de pharmacien, à l’article J.01.001 du Règlement sur les aliments et drogues référence 1, sont abrogées.

(2) La dĂ©finition de drogue d’usage restreint, Ă  l’article J.01.001 du mĂŞme règlement, est remplacĂ©e par ce qui suit :

drogue d’usage restreint
S’entend des substances désignées qui sont visées à l’annexe de la présente partie. (restricted drug)

2 (1) Le passage du paragraphe J.01.004(1) du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Personnes autorisées

J.01.004 (1) Les personnes ci-après sont autorisĂ©es Ă  avoir en leur possession une drogue d’usage restreint mentionnĂ©e Ă  la partie I de l’annexe de la prĂ©sente partie :

(2) Le paragraphe J.01.004(2) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Mandataires

(2) Toute personne est autorisée à avoir en sa possession une drogue d’usage restreint mentionnée à la partie I de l’annexe de la présente partie si elle agit comme mandataire d’une personne visée aux alinéas (1)a), b), d) ou e).

(3) Le passage du paragraphe J.01.004(3) du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Mandataires — personne visĂ©e Ă  l’alinĂ©a (1)c)

(3) Toute personne est autorisĂ©e Ă  avoir en sa possession une drogue d’usage restreint mentionnĂ©e Ă  la partie I de l’annexe de la prĂ©sente partie si les conditions ci-après sont rĂ©unies :

Règlement sur les stupéfiants

3 (1) Le passage de la dĂ©finition de stupĂ©fiant prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a), au paragraphe 2(1) du Règlement sur les stupĂ©fiants rĂ©fĂ©rence 2, est remplacĂ© par ce qui suit :

stupĂ©fiant S’entend de l’une des substances suivantes :

(2) Le paragraphe 2(2) du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

Loi sur les aliments et drogues

Règlement sur les aliments et drogues

4 Le paragraphe C.08.010(3) du Règlement sur les aliments et drogues référence 1 est abrogé.

5 Le paragraphe C.08.011.1(2) du même règlement est abrogé.

Entrée en vigueur

6 Le présent règlement entre en vigueur à la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Les mĂ©dicaments qui n’ont pas encore Ă©tĂ© approuvĂ©s pour la vente au Canada peuvent gĂ©nĂ©ralement ĂŞtre demandĂ©s en passant par le Programme d’accès spĂ©cial de SantĂ© Canada lorsque les traitements conventionnels ont Ă©chouĂ©, ne conviennent pas ou ne sont pas disponibles. En raison des modifications apportĂ©es Ă  la partie C du Règlement sur les aliments et drogues en 2013, les drogues d’usage restreint sont devenues la seule catĂ©gorie de substances dĂ©signĂ©es ne pouvant pas faire l’objet d’une demande dans le cadre du Programme d’accès spĂ©cial.

Les drogues d’usage restreint sont des substances dĂ©signĂ©es inscrites Ă  l’annexe de la partie J du Règlement sur les aliments et drogues rĂ©fĂ©rence 3. Les drogues d’usage restreint n’ont pas d’usage mĂ©dical approuvĂ©. Depuis les modifications rĂ©glementaires apportĂ©es en 2013, la science concernant l’efficacitĂ© et l’innocuitĂ© de certaines drogues d’usage restreint a continuĂ© de progresser, dĂ©montrant actuellement que certaines d’entre elles ont des usages thĂ©rapeutiques possibles, y compris dans des essais cliniques de phase II et de phase III rĂ©fĂ©rence 4.

En raison des modifications rĂ©glementaires de 2013, en application de la Loi sur les aliments et drogues, les essais cliniques sont devenus le seul moyen d’autoriser la vente d’une drogue d’usage restreint pour le traitement de patients. Les essais cliniques demeurent le meilleur moyen d’autoriser la vente de drogues d’usage restreint (ou de toute autre drogue non approuvĂ©e) pour le traitement de patients, mais il n’est pas toujours possible pour un patient d’y prendre part. Par exemple, il se peut qu’il n’y ait pas d’essai clinique qui recrute actuellement des candidats pour une drogue prĂ©cise, ou dans une rĂ©gion prĂ©cise du pays. Compte tenu de l’intĂ©rĂŞt scientifique croissant envers certaines drogues d’usage restreint, on s’attend Ă  ce que SantĂ© Canada se trouve dans une situation oĂą les preuves scientifiques appuient l’usage thĂ©rapeutique d’une drogue d’usage restreint dans le contexte du Programme d’accès spĂ©cial.

Les modifications apportĂ©es en 2013 concernaient Ă©galement la dĂ©finition de drogue d’usage restreint dans la partie J du Règlement sur les aliments et drogues, afin d’inclure tout produit non autorisĂ© contenant de la cocaĂŻne (c’est-Ă -dire les produits contenant de la cocaĂŻne qui n’ont pas fait l’objet du processus d’examen et d’approbation de SantĂ© Canada et auxquels une identification numĂ©rique de drogue n’a pas Ă©tĂ© attribuĂ©e rĂ©fĂ©rence 5, ainsi que les produits contenant de la cocaĂŻne qui n’ont pas Ă©tĂ© autorisĂ©s dans le cadre d’un essai clinique approuvĂ© ou qui n’ont pas Ă©tĂ© composĂ©s par un pharmacien conformĂ©ment Ă  une ordonnance). Au mĂŞme moment, des modifications ont Ă©tĂ© apportĂ©es au Règlement sur les stupĂ©fiants afin que seuls les mĂ©dicaments d’ordonnance approuvĂ©s contenant de la cocaĂŻne restent assujettis aux exigences de ce règlement. Ă€ la suite de ces modifications, la cocaĂŻne est devenue la seule substance dĂ©signĂ©e visĂ©e par deux règlements diffĂ©rents. La double rĂ©glementation de la cocaĂŻne complique la tâche de ceux qui mènent ou qui demandent Ă  mener des activitĂ©s avec de la cocaĂŻne, comme les chercheurs et les distributeurs autorisĂ©s, puisqu’ils doivent dĂ©terminer lequel des deux règlements s’applique aux divers produits contenant de la cocaĂŻne.

Contexte

Cadre réglementaire pour les substances désignées et les drogues d’usage restreint au Canada

La Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances est la loi fĂ©dĂ©rale qui fournit un cadre pour le contrĂ´le des substances susceptibles d’altĂ©rer les processus mentaux, de nuire Ă  la santĂ© et d’être nĂ©fastes pour la sociĂ©tĂ© lorsqu’elles sont dĂ©tournĂ©es vers un marchĂ© illicite ou mal utilisĂ©es. Ces substances sont dĂ©finies comme Ă©tat des substances dĂ©signĂ©es et sont Ă©numĂ©rĂ©es dans les annexes I Ă  V de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances. Diverses infractions et peines sont Ă©galement Ă©noncĂ©es dans cette loi relativement aux opĂ©rations interdites menĂ©es avec des substances.

Les règlements pris en application de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances fournissent un cadre dans lequel sont permises les activitĂ©s lĂ©gitimes telles que la possession, la production, la vente, l’importation et l’exportation de substances dĂ©signĂ©es. Aux termes de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances, il existe quatre catĂ©gories de substances dĂ©signĂ©es : les stupĂ©fiants, les substances ciblĂ©es, les drogues contrĂ´lĂ©es et les drogues d’usage restreint. Chacune de ces catĂ©gories est assujettie Ă  un règlement diffĂ©rent pris en vertu de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances.

Les drogues d’usage restreint sont des substances dĂ©signĂ©es en vertu de la partie J du Règlement sur les aliments et drogues. Elles n’ont gĂ©nĂ©ralement aucun usage mĂ©dical approuvĂ©, et ne peuvent ĂŞtre utilisĂ©es qu’à des fins scientifiques ou de recherche, par exemple lors d’essais cliniques. Le règlement ne permet pas aux praticiens, aux pharmaciens ou aux patients d’exercer des activitĂ©s avec des drogues d’usage restreint Ă©tant donnĂ© qu’elles n’ont pas d’usage mĂ©dical approuvĂ©. Le règlement ne permet pas non plus Ă  un distributeur autorisĂ© de vendre une drogue d’usage restreint Ă  un praticien. Pour mener en toute lĂ©galitĂ© des activitĂ©s avec des drogues d’usage restreint qui ne sont pas autorisĂ©es en application de la partie J du Règlement sur les aliments et drogues, il faut obtenir une exemption aux termes du paragraphe 56(1) de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances.

En raison de leurs effets pharmacologiques, les substances dĂ©signĂ©es rĂ©pondent Ă©galement Ă  la dĂ©finition de « drogue Â» selon la Loi sur les aliments et drogues, et sont donc aussi assujetties Ă  cette loi et Ă  ses règlements. En vertu du Règlement sur les aliments et drogues, l’importation et la vente de toute drogue sont interdites sauf si un avis de conformitĂ© a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© ou une identification numĂ©rique de drogue a Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă  la suite du processus Ă©tabli d’examen et d’approbation d’un mĂ©dicament de SantĂ© Canada. L’accès aux mĂ©dicaments qui n’ont pas Ă©tĂ© approuvĂ©s pour la vente au Canada peut ĂŞtre obtenu par un essai clinique autorisĂ© ou par le Programme d’accès spĂ©cial de SantĂ© Canada.

Programme d’accès spécial

Le ministre de la SantĂ© peut, en application de la partie C du Règlement sur les aliments et drogues, dĂ©livrer une lettre d’autorisation permettant Ă  un fabricant de vendre un mĂ©dicament non homologuĂ© Ă  un praticien pour le traitement d’urgence d’un patient dans certaines circonstances. Le Programme d’accès spĂ©cial permet aux praticiens de demander l’accès Ă  des mĂ©dicaments qui ne sont pas disponibles au Canada afin de traiter leurs patients atteints de maladies graves ou mortelles lorsque les traitements conventionnels ont Ă©chouĂ©, ne conviennent pas ou ne sont pas disponibles.

Les demandes soumises au Programme d’accès spĂ©cial sont Ă©valuĂ©es au cas par cas, en tenant compte du niveau de preuves scientifiques (y compris les preuves relatives Ă  l’innocuitĂ© et Ă  l’efficacitĂ©) pour appuyer l’utilisation du mĂ©dicament en vue de traiter le problème de santĂ© prĂ©cis du patient. Habituellement, les demandes soumises au Programme d’accès spĂ©cial ne sont prises en compte que lorsque l’on dispose dĂ©jĂ  de rĂ©sultats positifs Ă  des essais cliniques de phase II ou phase III.

Lorsque le Programme d’accès spécial autorise la vente d’une quantité précise d’un médicament non homologué, le praticien demandeur doit fournir le nom et l’adresse municipale de l’établissement où le médicament sera expédié. La personne qui reçoit l’envoi du médicament doit être un praticien ou un pharmacien.

Il incombe aux praticiens qui présentent des demandes au nom de leurs patients de s’assurer que ces derniers sont au courant des risques et des avantages potentiels du médicament demandé ainsi que de son stade de développement.

Drogues d’usage restreint

En 2013, des modifications ont Ă©tĂ© apportĂ©es au Règlement sur les stupĂ©fiants ainsi qu’aux parties C et J du Règlement sur les aliments et drogues afin d’empĂŞcher l’autorisation, par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial, de drogues d’usage restreint, de la diacĂ©tylmorphine (c’est-Ă -dire l’hĂ©roĂŻne) et de produits non autorisĂ©s contenant de la cocaĂŻne. Lorsque les modifications rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© apportĂ©es en 2013, SantĂ© Canada n’avait encore reçu aucune demande d’un praticien en vue d’accĂ©der Ă  des drogues d’usage restreint par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial, mĂŞme si cela avait Ă©tĂ© thĂ©oriquement possible avant les modifications de 2013.

En septembre 2016, la diacĂ©tylmorphine a Ă©tĂ© retirĂ©e de l’annexe de la partie J du Règlement sur les aliments et drogues et ajoutĂ©e Ă  l’annexe au Règlement sur les stupĂ©fiants, ce qui a redonnĂ© aux praticiens la possibilitĂ© de demander l’accès Ă  cette drogue au moyen du Programme d’accès spĂ©cial. Toutefois, les autres modifications de 2013 ont Ă©tĂ© maintenues.

Réglementation de la cocaïne

Avant les modifications rĂ©glementaires de 2013, la cocaĂŻne sous toutes ses formes Ă©tait rĂ©glementĂ©e aux termes du Règlement sur les stupĂ©fiants. Ă€ la suite des modifications de 2013, les produits contenant de la cocaĂŻne qui avaient une identification numĂ©rique de drogue, dont la vente Ă©tait autorisĂ©e dans le cadre d’un essai clinique ou qui Ă©taient composĂ©s par un pharmacien conformĂ©ment Ă  une ordonnance Ă©taient rĂ©glementĂ©s en tant que stupĂ©fiants en application du Règlement sur les stupĂ©fiants, tandis que tous les autres produits contenant de la cocaĂŻne Ă©taient rĂ©glementĂ©s en tant que drogues d’usage restreint en application de la partie J du Règlement sur les aliments et drogues. Dans les faits, la cocaĂŻne est devenue assujettie Ă  deux règlements diffĂ©rents aux termes de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances : le Règlement sur les stupĂ©fiants et la partie J du Règlement sur les aliments et drogues. La cocaĂŻne est la seule substance dĂ©signĂ©e visĂ©e par deux règlements diffĂ©rents en application de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances.

Objectif

L’objectif des modifications réglementaires est de donner de nouveau la possibilité aux praticiens de demander l’accès à des drogues d’usage restreint par l’intermédiaire du Programme d’accès spécial. Dans la pratique, cela signifie que les praticiens pourront, au nom de patients atteints de maladies graves ou mortelles, demander l’accès à des drogues d’usage restreint par l’intermédiaire du Programme d’accès spécial lorsque les traitements conventionnels ont échoué, ne conviennent pas, ou ne sont pas disponibles au Canada.

Avec ces modifications, la cocaĂŻne serait Ă©galement supprimĂ©e de la dĂ©finition de « drogue d’usage restreint Â» et tous les produits contenant de la cocaĂŻne seraient alors rĂ©glementĂ©s en tant que stupĂ©fiants en application du Règlement sur les stupĂ©fiants. La rĂ©glementation de tous les produits contenant de la cocaĂŻne en application du Règlement sur les stupĂ©fiants simplifiera le processus pour les intervenants qui mènent ou qui demandent Ă  mener des activitĂ©s avec de la cocaĂŻne.

Description

Rétablissement d’un accès potentiel aux drogues d’usage restreint par le biais du Programme d’accès spécial

Les modifications abrogent les dispositions de la partie C du Règlement sur les aliments et drogues qui interdisent d’autoriser la vente ou l’importation d’une drogue d’usage restreint aux fins du Programme d’accès spĂ©cial. Ces modifications donnent Ă  SantĂ© Canada le pouvoir discrĂ©tionnaire d’autoriser la vente de drogues d’usage restreint aux fins de traitement d’urgence par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial, Ă  condition que la demande prĂ©sentĂ©e par le praticien respecte toutes les exigences applicables rĂ©fĂ©rence 6.

Assujettissement de toutes les formes de cocaïne au Règlement sur les stupéfiants

La dĂ©finition de « drogue d’usage restreint Â», dans la partie J du Règlement sur les aliments et drogues, est modifiĂ©e en supprimant toute mention de la cocaĂŻne. Pour tenir compte de cette modification de la dĂ©finition, certaines dispositions supplĂ©mentaires figurant dans la partie J du Règlement sur les aliments et drogues sont Ă©galement modifiĂ©es afin d’éliminer les rĂ©fĂ©rences Ă  la cocaĂŻne. Le Règlement sur les stupĂ©fiants est Ă©galement modifiĂ© en abrogeant la disposition qui exclut les formes non approuvĂ©es de cocaĂŻne de l’annexe du Règlement sur les stupĂ©fiants. Ces modifications ont pour consĂ©quence de soustraire la cocaĂŻne de la dĂ©finition de « drogue d’usage restreint Â» et font donc en sorte que toutes les formes de cocaĂŻne sont assujetties exclusivement aux exigences du Règlement sur les stupĂ©fiants.

De plus, les dĂ©finitions des termes « pharmacien Â» et « ordonnance Â» sont abrogĂ©es de la partie J du Règlement sur les aliments et drogues puisqu’elles n’avaient Ă©tĂ© incluses que pour appuyer l’ajout de la cocaĂŻne Ă  la dĂ©finition de « drogue d’usage restreint Â» en 2013.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 12 dĂ©cembre 2020, SantĂ© Canada a publiĂ© un Avis d’intention dans la Partie I de la Gazette du Canada afin d’annoncer son intention de modifier le Règlement sur les aliments et drogues et le Règlement sur les stupĂ©fiants pour rĂ©tablir l’accès potentiel Ă  des drogues d’usage restreint par le biais du Programme d’accès spĂ©cial. La publication de cet avis a dĂ©clenchĂ© une pĂ©riode de commentaires de 60 jours pendant laquelle le ministère a reçu des commentaires Ă©crits de la part de 392 rĂ©pondants uniques. La consultation ciblait les professionnels et les organisations de la santĂ©, les chercheurs et les universitaires, les distributeurs autorisĂ©s ainsi que le grand public.

Les rĂ©ponses obtenues provenaient majoritairement de membres du public; 25 rĂ©ponses ont Ă©tĂ© soumises au nom d’organisations. La soumission d’une organisation a notamment reçu l’appui de 922 personnes qui ont apposĂ© leur signature ou appuyĂ© la soumission par Ă©crit. Les rĂ©ponses donnĂ©es par des organisations ont Ă©tĂ© rĂ©parties dans les catĂ©gories suivantes :

Lors de la pĂ©riode de consultation publique, SantĂ© Canada a reçu des soumissions de quatre campagnes Ă©pistolaires. Au total, les soumissions provenant de campagnes Ă©pistolaires reprĂ©sentaient environ 14 % des rĂ©ponses obtenues. Dans certains cas, les rĂ©pondants ont accompagnĂ© les lettres types de tĂ©moignages uniques.

De nombreuses soumissions dépassant le cadre de ce projet de réglementation ont été reçues en réponse à l’Avis d’intention, notamment des commentaires généraux au sujet du Programme d’accès spécial et de l’administration de ce programme en ce qui concerne précisément les drogues d’usage restreint psychédéliques. Bien que le ministère ait pris en compte ces soumissions, les commentaires de cette nature n’ont pas été inclus dans le résumé de la consultation puisqu’elles ne s’appliquent pas expressément à ce projet de réglementation.

Dans l’ensemble, la quasi-totalitĂ© des commentaires Ă©tait favorable aux modifications rĂ©glementaires proposĂ©es ou Ă  l’élargissement de l’accès aux substances psychĂ©dĂ©liques. Les commentaires de personnes opposĂ©es Ă  la proposition Ă©taient très peu nombreux et reprĂ©sentaient moins de 2 % de l’ensemble des rĂ©ponses.

Plus de 80 % des rĂ©pondants associaient la proposition de SantĂ© Canada Ă  un Ă©largissement de l’accès aux drogues d’usage restreint psychĂ©dĂ©liques (par exemple MDMA, psilocybine, LSD, DMT), souvent pour le traitement de diverses maladies, plus particulièrement les troubles de santĂ© mentale. Certains rĂ©pondants individuels se sont identifiĂ©s comme professionnels de la santĂ© (par exemple mĂ©decins, conseillers cliniciens, infirmières et infirmiers autorisĂ©s), travailleurs de première ligne (p. ex. travailleurs sociaux), chercheurs ou scientifiques. Les mĂ©decins et les thĂ©rapeutes ont souvent dĂ©clarĂ© qu’ils souhaitaient Ă©largir les options thĂ©rapeutiques dont ils disposent afin d’inclure les drogues d’usage restreint psychĂ©dĂ©liques. D’autres personnes (22 % environ) ont indiquĂ© souffrir ou avoir souffert de problèmes de santĂ© mentale ou d’autres maladies, et bon nombre d’entre elles ont dĂ©clarĂ© s’intĂ©resser personnellement Ă  l’obtention d’un traitement au moyen d’une drogue d’usage restreint psychĂ©dĂ©lique. Plusieurs personnes ont Ă©galement parlĂ©, dans leur soumission Ă©crite, de membres de leur famille ou d’amis qui ont Ă©prouvĂ© des problèmes de santĂ© mentale ou une dĂ©tresse psychologique en lien avec un diagnostic mĂ©dical et pour qui, selon eux, l’utilisation thĂ©rapeutique d’une drogue d’usage restreint psychĂ©dĂ©lique serait bĂ©nĂ©fique. Les auteurs de nombreuses soumissions ont affirmĂ© que la santĂ© mentale des Canadiens n’est pas bonne et que les options thĂ©rapeutiques actuelles pour les troubles de santĂ© mentale sont limitĂ©es, relativement peu efficaces et accompagnĂ©es d’effets secondaires nĂ©gatifs. Dans ces cas, les rĂ©pondants estimaient que les drogues d’usage restreint psychĂ©dĂ©liques offriraient une option thĂ©rapeutique prometteuse qui devrait ĂŞtre offerte aux patients. Les rĂ©sultats de cette consultation ont montrĂ© le fort intĂ©rĂŞt du public Ă  l’égard de l’utilisation des drogues d’usage restreint psychĂ©dĂ©liques Ă  des fins thĂ©rapeutiques. Le projet rĂ©glementaire a Ă©tĂ© frĂ©quemment mal interprĂ©tĂ© comme signifiant qu’il y aurait un accès aux drogues d’usage restreint psychĂ©dĂ©liques par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial et que cet accès serait accordĂ© Ă  un grand nombre de personnes. De nombreux rĂ©pondants, qu’il s’agisse de particuliers ou d’organisations, ont appuyĂ© ou prĂ©conisĂ© l’accès Ă  certaines drogues d’usage restreint qui dĂ©passaient la portĂ©e du Programme d’accès spĂ©cial. Quelques organisations ont par exemple appuyĂ© la proposition rĂ©glementaire en affirmant qu’elle va « dans le bon sens Â», en regrettant toutefois qu’elle n’aille pas plus loin encore. En gĂ©nĂ©ral, ces rĂ©ponses avaient davantage rapport avec la lĂ©galisation des psychĂ©dĂ©liques Ă  des fins mĂ©dicales.

Il faut noter, en particulier, que les modifications réglementaires ne donneront pas accès à grande échelle aux drogues d’usage restreint et n’indiquent pas une intention de décriminaliser ou de légaliser les drogues d’usage restreint. Le Programme d’accès spécial concerne uniquement les traitements d’urgence. En outre, l’annulation de l’interdiction d’accès aux drogues d’usage restreint ne garantit pas que les demandes concernant des drogues d’usage restreint psychédéliques ou toute autre drogue d’usage restreint donneront lieu à une autorisation dans le cadre du Programme d’accès spécial. Toutes les demandes continueront à être évaluées au cas par cas en tenant compte du niveau de preuve concernant l’innocuité et l’efficacité de l’utilisation proposée, ainsi que de la maladie du patient et de son état clinique.

Deux organisations s’opposaient aux modifications réglementaires proposées en raison des changements concernant la cocaïne. Plus précisément, une organisation s’inquiétait du fait que les modifications réglementaires puissent inciter les médecins à prescrire de la cocaïne en tant que traitement de première intention pour les troubles liés à la consommation de stimulants, remplaçant ainsi le traitement complet des dépendances et accroissant la disponibilité d’une cocaïne à faible coût. Selon l’autre organisation, les modifications proposées accroîtraient l’accès à un approvisionnement sécuritaire en cocaïne et feraient augmenter les taux de toxicomanie. Cette organisation préconisait plutôt une amélioration de l’accès à la désintoxication, au traitement et aux programmes de rétablissement. Il est important de noter que le Programme d’accès spécial évalue les demandes de traitement d’urgence au cas par cas. Il ne permettra donc pas d’obtenir facilement à la cocaïne à l’aide d’une ordonnance médicale. Ces inquiétudes n’ont débouché sur aucune modification de la proposition.

Enfin, certains intervenants ont indiquĂ© qu’ils souhaitaient que ces modifications rĂ©glementaires soient apportĂ©es dès que possible. Étant donnĂ© que les modifications rĂ©glementaires annulent les modifications de 2013 et compte tenu de l’appui massif Ă  l’égard de la proposition, d’autres consultations avec les intervenants ne permettraient vraisemblablement pas d’obtenir d’autres points de vue. De plus, la modification rapide des règlements pourrait profiter Ă  certains patients. C’est pourquoi il n’y a pas eu de publication prĂ©alable du projet de rĂ©glementation.

Il est important de noter que les modifications réglementaires n’entraîneront pas l’accès à grande échelle aux drogues d’usage restreint; chaque demande au Programme d’accès spécial sera évaluée au cas par cas.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une analyse a été menée pour déterminer si ces modifications sont susceptibles d’être associées à des obligations imposées par les traités modernes. L’évaluation a permis de conclure que les modifications ne devraient pas avoir de répercussions liées aux traités modernes.

Choix de l’instrument

Statu quo

Si aucune modification n’est apportĂ©e (« scĂ©nario de base Â»), l’accès potentiel Ă  des drogues d’usage restreint par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial resterait interdit. En application de la Loi sur les aliments et drogues, les essais cliniques resteraient le seul moyen d’autoriser la vente d’une drogue d’usage restreint pour le traitement de patients.

Les essais cliniques demeurent le meilleur moyen d’autoriser la vente de drogues non approuvĂ©es pour le traitement de patients, mais il n’est pas toujours possible pour un patient d’y prendre part. Par exemple, il se peut qu’il n’y ait pas d’essai clinique qui recrute actuellement des candidats pour une drogue prĂ©cise, ou dans une rĂ©gion prĂ©cise du pays. Dans ce genre de situations et lorsque les traitements conventionnels ont Ă©chouĂ©, ne conviennent pas, ou ne sont pas disponibles, les praticiens peuvent habituellement demander l’accès Ă  ces drogues en passant par le Programme d’accès spĂ©cial. Toutefois, les drogues d’usage restreint demeureraient la seule catĂ©gorie de substances dĂ©signĂ©es qui ne peuvent pas ĂŞtre autorisĂ©es dans le cadre du Programme d’accès spĂ©cial. Le maintien du statu quo n’a donc pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une option viable pour atteindre l’objectif dĂ©clarĂ©.

Mesure réglementaire

Ă€ la suite des modifications rĂ©glementaires apportĂ©es en 2013, les intervenants ont lancĂ© des appels de plus en plus insistants Ă  SantĂ© Canada afin qu’une annulation de ces modifications soit envisagĂ©e, ce qui rĂ©tablirait l’accès potentiel aux drogues d’usage restreint par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial. Il existe de nouvelles donnĂ©es scientifiques Ă  l’appui d’usages thĂ©rapeutiques possibles de certaines drogues d’usage restreint, plus particulièrement de drogues d’usage restreint psychĂ©dĂ©liques telles que la MDMA et la psilocybine, auxquelles la Food and Drug Administration des États-Unis a accordĂ© la dĂ©signation de « thĂ©rapie innovante Â» rĂ©fĂ©rence 7 pour le traitement du trouble de stress post-traumatique et de la dĂ©pression rĂ©sistante au traitement, respectivement.

Le maintien des modifications rĂ©glementaires de 2013 (c’est-Ă -dire le statu quo) limiterait les options thĂ©rapeutiques potentielles disponibles pour le traitement d’urgence de certains patients. Étant donnĂ© que l’interdiction d’accès Ă  des drogues d’usage restreint par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial a Ă©tĂ© mise en place par le truchement d’un règlement, la modification rĂ©glementaire est la seule option viable pour rĂ©tablir cette voie d’accès et rĂ©gler la question de la double rĂ©glementation de la cocaĂŻne. Le meilleur moyen d’atteindre l’objectif Ă©noncĂ© Ă©tait l’abrogation des autres modifications rĂ©glementaires apportĂ©es en 2013.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Avantages

Compte tenu de l’intĂ©rĂŞt scientifique croissant envers certaines drogues d’usage restreint, on s’attend Ă  ce que SantĂ© Canada se trouve en fin de compte dans une situation oĂą les preuves scientifiques appuient l’usage thĂ©rapeutique d’une drogue d’usage restreint dans le contexte du Programme d’accès spĂ©cial. On s’attend donc Ă  ce que les modifications rĂ©glementaires profitent aux patients atteints d’une maladie grave ou potentiellement mortelle qui pourraient obtenir l’accès Ă  des drogues d’usage restreint dans le cadre du Programme d’accès spĂ©cial, lorsque les autres traitements ont Ă©chouĂ©, ne conviennent pas, ou ne sont pas disponibles au Canada.

La cocaĂŻne Ă©tait la seule substance dĂ©signĂ©e qui, selon sa forme, Ă©tait assujettie soit au Règlement sur les stupĂ©fiants, soit Ă  la partie J du Règlement sur les aliments et drogues. Les modifications uniformisent la rĂ©glementation des substances dĂ©signĂ©es en assujettissant toutes les formes de cocaĂŻne aux exigences d’un seul règlement. La rĂ©glementation de toutes les formes de cocaĂŻne conformĂ©ment au Règlement sur les stupĂ©fiants simplifie l’application du rĂ©gime de contrĂ´le en ce qui a trait Ă  la cocaĂŻne, tout en maintenant la surveillance rĂ©glementaire. Il n’est pas prĂ©vu que les modifications augmentent le risque de dĂ©tournement ou d’activitĂ©s non autorisĂ©es. De plus, les modifications profiteront Ă  certains intervenants qui mènent ou qui demandent l’autorisation de mener des activitĂ©s avec de la cocaĂŻne puisqu’ils n’auront plus besoin de dĂ©cider quel règlement s’applique en fonction de la forme de la substance, Ă©tant donnĂ© que toutes les formes de cocaĂŻne seront assujetties au Règlement sur les stupĂ©fiants.

Coûts

Les modifications ne changent pas le Programme d’accès spĂ©cial actuel, en dehors du fait que les praticiens pourront dĂ©sormais demander l’accès Ă  des drogues d’usage restreint en passant par le Programme d’accès spĂ©cial pour le traitement d’urgence de patients atteints de maladies graves ou mortelles. Les praticiens devront prĂ©parer et soumettre les demandes nĂ©cessaires et tenir des dossiers des activitĂ©s portant sur toute drogue susceptible d’être autorisĂ©e. Il pourrait s’agir, par exemple, de documenter et de signaler les rĂ©actions des patients Ă  une drogue d’usage restreint après l’administration de celle-ci. Ces activitĂ©s donneront lieu Ă  des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les praticiens. Sur une base individuelle, en moyenne, on s’attend Ă  ce qu’un praticien ait besoin de moins de deux heures pour remplir une demande dans le cadre du Programme d’accès spĂ©cial; si une demande est approuvĂ©e, on estime que moins d’une heure est consacrĂ©e au respect des exigences rĂ©glementaires actuelles (par exemple dĂ©claration d’une rĂ©action indĂ©sirable Ă  un mĂ©dicament). Il est difficile d’estimer avec fiabilitĂ© le nombre total de demandes au Programme d’accès spĂ©cial susceptibles d’être reçues pour des drogues d’usage restreint au cours des dix prochaines annĂ©es. D’après l’intĂ©rĂŞt marquĂ© pour les usages thĂ©rapeutiques potentiels des drogues d’usage restreint psychĂ©dĂ©liques qui a Ă©tĂ© exprimĂ© lors de la consultation publique en rĂ©ponse Ă  l’Avis d’intention, on s’attend Ă  un regain d’intĂ©rĂŞt pour le Programme d’accès spĂ©cial dans les mois qui suivront l’entrĂ©e en vigueur de ces modifications, suivi d’une stabilisation du nombre de demandes au fil du temps. Dans l’ensemble, on ne s’attend pas Ă  ce que le coĂ»t diffĂ©rentiel total pour les praticiens soit Ă©levĂ© au cours des dix prochaines annĂ©es.

On prĂ©voit Ă©galement que ces modifications donneront lieu Ă  des coĂ»ts diffĂ©rentiels pour SantĂ© Canada. Pour appuyer la mise en Ĺ“uvre des modifications, SantĂ© Canada mettra Ă  jour les lignes directrices et d’autres documents, notamment des pages Web, qui se rapportent au Programme d’accès spĂ©cial et qui donnent aux intervenants de l’information au sujet des modifications rĂ©glementaires. Le ministère rĂ©pondra Ă©galement aux demandes de renseignements des intervenants en ce qui concerne les modifications.

En outre, le traitement des demandes prĂ©sentĂ©es au Programme d’accès spĂ©cial gĂ©nĂ©rera des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour SantĂ© Canada. Ces coĂ»ts correspondent au temps que le Programme d’accès spĂ©cial consacrera Ă  l’examen des demandes concernant des drogues d’usage restreint. De plus, le temps nĂ©cessaire au traitement d’une demande au Programme d’accès spĂ©cial est habituellement plus long pour un nouveau mĂ©dicament ou une nouvelle indication. Étant donnĂ© que les intervenants se sont dits très favorables Ă  l’accès aux drogues d’usage restreint par l’entremise du Programme d’accès spĂ©cial en rĂ©ponse Ă  l’Avis d’intention, SantĂ© Canada s’attend Ă  une augmentation du volume de demandes reçues par le Programme d’accès spĂ©cial au cours des mois qui suivront l’entrĂ©e en vigueur de ces modifications. Cependant, la hausse du volume devrait se tempĂ©rer et le volume devrait atteindre un niveau stable au fil du temps. NĂ©anmoins, puisqu’on ne dispose pas de donnĂ©es historiques, il est impossible d’estimer de façon fiable le nombre de demandes concernant des drogues d’usage restreint que SantĂ© Canada pourrait recevoir dans le cadre du Programme d’accès spĂ©cial.

Lentille des petites entreprises

Les cliniques médicales qui sont de petites entreprises seront touchées par ces modifications si les praticiens affiliés à ces cliniques demandent l’accès à des drogues d’usage restreint pour le traitement d’urgence de patients atteints de maladies graves ou mortelles. Des coûts seront associés à la préparation et à la présentation des demandes au Programme d’accès spécial au nom des patients, ainsi qu’au respect des exigences réglementaires existantes. Tel qu’il a été indiqué précédemment dans la section Avantages et coûts, on ne s’attend pas à ce que les coûts différentiels connexes soient élevés. Compte tenu du coût minime pour les petites entreprises et du fait que les modifications réglementaires ne changent pas les exigences actuellement imposées par le Programme d’accès spécial, ces modifications réglementaires ne comprennent pas d’autres assouplissements.

Règle du « un pour un Â»

Les modifications n’imposent aucune obligation qui alourdira le fardeau administratif des entreprises. Par consĂ©quent, la règle du « un pour un Â» ne s’applique pas.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les modifications réglementaires ne sont liées à aucun plan de travail ni à aucun engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération des organismes de réglementation.

Le Programme d’accès spĂ©cial de SantĂ© Canada, qui autorise la vente de drogues non approuvĂ©es pour des traitements d’urgence, permet au Canada d’agir conformĂ©ment aux approches rĂ©glementaires internationales en ce qui concerne les mĂ©dicaments destinĂ©s Ă  l’usage humain, comme les approches suivies aux États-Unis, au sein de l’Union europĂ©enne, en Australie, en Nouvelle-ZĂ©lande et en Irlande. Ces pays disposent gĂ©nĂ©ralement de programmes semblables pour autoriser un accès Ă©largi aux drogues qui ne sont pas approuvĂ©es (comme c’est le cas en Australie avec le Special Access Scheme (disponible en anglais seulement), ou aux États-Unis avec le U.S. Food and Drug Administration’s Expanded Access Program (disponible en anglais seulement).

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a conclu qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

On s’attend à ce que le retrait de l’interdiction d’accès aux drogues d’usage restreint par l’intermédiaire du Programme d’accès spécial ait une incidence positive sur les Canadiens atteints de maladies graves ou potentiellement mortelles. Selon l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+), le rétablissement de l’accès aux drogues d’usage restreint par l’intermédiaire du Programme d’accès spécial n’aura pas de répercussions disproportionnées ni de conséquences liées à la diversité sur des groupes ou des sous-groupes fondés sur l’origine ethnique, le genre, le sexe, l’âge ou toute autre caractéristique socio-économique.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les modifications rĂ©glementaires entreront en vigueur Ă  la date de leur publication dans la Partie II de la Gazette du Canada. Au moment de la publication dans la Partie II de la Gazette du Canada, SantĂ© Canada entreprendra des activitĂ©s pour appuyer la mise en Ĺ“uvre du règlement modifiĂ©, notamment en informant les intervenants des modifications et en mettant Ă  jour la ligne directrice concernant le Programme d’accès spĂ©cial et toute autre page Web connexe, au besoin. Le ministère rĂ©pondra Ă©galement aux demandes des intervenants en ce qui concerne les modifications.

Conformité et application

En dehors de la communication des modifications aux intervenants, les modifications réglementaires ne donnent lieu à aucune nouvelle activité de conformité et d’application de la loi ni à aucun coût connexe.

Conformément au Règlement sur les aliments et drogues, le ministre peut remettre une lettre d’autorisation à un fabricant afin de permettre la vente d’une drogue non approuvée au praticien demandeur, à condition que le praticien fournisse l’information requise et que la demande soit approuvée à la suite d’une évaluation. Les modifications apportées au Règlement sur les aliments et drogues ne changeront pas ce processus. Cependant, le ministre pourra désormais remettre une lettre d’autorisation pour une drogue qui est une drogue d’usage restreint ou qui en contient une.

Aux termes de la Loi rĂ©glementant certaines drogues et autres substances, les fabricants nationaux de substances dĂ©signĂ©es doivent dĂ©tenir une licence de distributeur valide. L’importation de substances dĂ©signĂ©es fabriquĂ©es Ă  l’étranger (par exemple pour appuyer le traitement d’un patient par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial) nĂ©cessite un permis d’importation valide Ă©mis par SantĂ© Canada. Seuls les distributeurs autorisĂ©s peuvent obtenir des permis d’importation. L’Agence des services frontaliers du Canada facilite le contrĂ´le de la conformitĂ© concernant les substances dĂ©signĂ©es Ă  la frontière.

Les praticiens qui demandent des drogues par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial sont responsables du suivi de leurs patients et des rĂ©sultats de l’utilisation de la drogue. Le Règlement sur les aliments et drogues oblige les praticiens Ă  signaler au fabricant et Ă  SantĂ© Canada le rĂ©sultat obtenu chez le patient qui utilise la drogue ainsi que toute rĂ©action indĂ©sirable constatĂ©e.

Le Règlement sur les aliments et drogues interdit de faire la publicité de drogues non autorisées, y compris celles qui sont autorisées dans le cadre du Programme d’accès spécial. Si un message concernant un produit de santé est considéré comme promotionnel, il est soumis aux dispositions relatives à la publicité de la Loi sur les aliments et drogues et aux règlements connexes.

Normes de service

Il n’existe aucune norme de service pour l’examen des demandes prĂ©sentĂ©es au Programme d’accès spĂ©cial; toutefois, les demandes sont habituellement traitĂ©es dans un dĂ©lai d’un Ă  deux jours ouvrables suivant la rĂ©ception. Étant donnĂ© que les drogues demandĂ©es dans le cadre de ce programme le sont aux fins de traitement d’urgence, SantĂ© Canada tente de rĂ©pondre aux demandes rapidement, en donnant la prioritĂ© aux plus urgentes. Le traitement est gĂ©nĂ©ralement plus long pour les demandes concernant des mĂ©dicaments qui n’ont pas dĂ©jĂ  Ă©tĂ© autorisĂ©s par l’intermĂ©diaire du Programme d’accès spĂ©cial ou pour les nouvelles indications.

Personne-ressource

Jennifer Saxe
Directrice générale
Direction des substances contrôlées
Direction générale des substances contrôlées et du cannabis
SantĂ© Canada
Immeuble principal de Statistique Canada
150, promenade du pré Tunney
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
Courriel : csd.regulatory.policy-politique.reglementaire.dsc@hc-sc.gc.ca