Règlement modifiant le Règlement de l’aviation canadien (parties I, III et VI — RESA) : DORS/2021-269

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 1

Enregistrement
DORS/2021-269 Le 21 dĂ©cembre 2021

LOI SUR L’AÉRONAUTIQUE

C.P. 2021-1027 Le 17 dĂ©cembre 2021

Sur recommandation du ministre des Transports et en vertu du paragraphe 4.3(2)rĂ©fĂ©rence a, de l’article 4.9rĂ©fĂ©rence b et des alinĂ©as 7.6(1)a)rĂ©fĂ©rence c et b)rĂ©fĂ©rence d de la Loi sur l’aĂ©ronautiquerĂ©fĂ©rence e, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement de l’aviation canadien (parties I, III et VI — RESA), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement de l’aviation canadien (parties I, III et VI — RESA)

Modifications

1 Les dĂ©finitions de ASDA ou distance accĂ©lĂ©ration-arrĂŞt utilisable et TODA ou distance de dĂ©collage utilisable, au paragraphe 101.01(1) du Règlement de l’aviation canadienrĂ©fĂ©rence 1, sont remplacĂ©es par ce qui suit :

ASDA ou distance accélération-arrêt utilisable
S’entend, à l’égard d’une piste, de la distance de roulement utilisable au décollage à laquelle s’ajoute, lorsqu’il y a un prolongement d’arrêt, la longueur de ce prolongement que l’exploitant de l’aérodrome déclare utilisable. (ASDA or accelerate-stop distance available)
TODA ou distance de décollage utilisable
S’entend, à l’égard d’une piste, de la distance de roulement utilisable au décollage à laquelle s’ajoute, lorsqu’il y a un prolongement dégagé, la longueur de ce prolongement que l’exploitant de l’aérodrome déclare utilisable. (TODA or take-off distance available)
2 (1) La sous-partie 2 de la partie III de l’annexe II de la sous-partie 3 de la partie I du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après la mention « Article 302.504 Â», de ce qui suit :

Colonne I

Texte désigné

Colonne II

Montant maximal de l’amende ($)

Personne physique Personne morale
Paragraphe 302.600(5) 3 000 15 000
Paragraphe 302.601(2) 3 000 15 000
Article 302.603 3 000 15 000

(2) La sous-partie 2 de la partie III de l’annexe II de la sous-partie 3 de la partie I du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par suppression de la mention « Paragraphe 302.601(2) Â» qui figure dans la colonne I et des montants figurant dans la colonne II en regard de cette mention.

3 L’article 300.01 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, de ce qui suit :

RESA ou aire de sécurité d’extrémité de piste
Aire adjacente à la piste ou sur la piste destinée à réduire la gravité des dommages subis par un avion en cas d’un atterrissage trop court ou d’une sortie d’extrémité de piste de celui-ci. (RESA or runway end safety area)

4 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 302.505, de ce qui suit :

[302.506 à 302.599 réservés]

Section VI — Aire de sĂ©curitĂ© d’extrĂ©mitĂ© de piste (RESA)
RESA — obligations de l’exploitant

302.600 (1) L’exploitant d’un aĂ©roport veille Ă  ce qu’une piste utilisĂ©e pour le dĂ©collage ou l’atterrissage d’avions commerciaux utilisĂ©s dans le cadre d’un service aĂ©rien rĂ©gulier pour le transport de passagers soit munie d’une RESA qui satisfait aux exigences de l’article 302.602 si, selon les statistiques visĂ©es aux paragraphes (2) ou (3), la somme du nombre de passagers embarquĂ©s et du nombre de passagers dĂ©barquĂ©s Ă  l’aĂ©roport est d’au moins 325 000 par annĂ©e au cours d’une pĂ©riode de deux annĂ©es civiles consĂ©cutives, la première pĂ©riode dĂ©butant l’annĂ©e de l’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent article.

(2) Les statistiques à l’égard du nombre de passagers sont établies selon l’Enquête sur l’activité aéroportuaire publiée par Statistique Canada.

(3) Si les statistiques à l’égard du nombre de passagers ne sont pas publiées ou sont incomplètes, les statistiques sont celles transmises au ministre par Statistique Canada.

(4) Dans le cas prévu au paragraphe (3), si le nombre minimal de passagers prévu au paragraphe (1) est atteint, le ministre en avise l’exploitant de l’aéroport.

(5) L’exploitant de l’aĂ©roport se conforme aux exigences prĂ©vues au paragraphe (1), selon le cas :

(6) Malgré le paragraphe (5), lorsqu’une nouvelle piste est initialement mise en service après que le nombre minimal de passagers prévu au paragraphe (1) est atteint, l’exploitant de l’aéroport se conforme aux exigences du paragraphe (1) à compter de la date de la mise en service initiale de la piste.

(7) Si la somme du nombre de passagers embarquĂ©s et du nombre de passagers dĂ©barquĂ©s Ă  l’aĂ©roport est infĂ©rieure Ă  325 000 par annĂ©e au cours de toute pĂ©riode de trois annĂ©es civiles consĂ©cutives après la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent article, l’exploitant d’un aĂ©roport visĂ© au paragraphe (1) n’est plus tenu de se conformer aux exigences de ce paragraphe jusqu’à ce que la somme du nombre de passagers embarquĂ©s et du nombre de passagers dĂ©barquĂ©s Ă  l’aĂ©roport soit d’au moins 325 000 par annĂ©e au cours d’une pĂ©riode de deux annĂ©es civiles consĂ©cutives.

RESA — obligations de l’exploitant d’un aĂ©roport Ă©numĂ©rĂ©

302.601 (1) MalgrĂ© le paragraphe 302.600(1), l’exploitant d’un aĂ©roport visĂ© au tableau du prĂ©sent article veille Ă  ce qu’une piste utilisĂ©e pour le dĂ©collage ou l’atterrissage d’avions commerciaux utilisĂ©s dans le cadre d’un service aĂ©rien rĂ©gulier pour le transport de passagers soit munie d’une RESA qui satisfait aux exigences de l’article 302.602.

(2) L’exploitant d’un aéroport se conforme aux exigences du paragraphe (1) dans les trois ans suivant la date d’entrée en vigueur du présent article.

TABLEAU
Aéroport Indicateur d’emplacement de l’OACI
Calgary (aéroport international) CYYC
Edmonton (aéroport international) CYEG
Halifax (aéroport international Robert L. Stanfield) CYHZ
Kelowna (aéroport international) CYLW
Montréal (aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau) CYUL
Ottawa (aéroport international Macdonald-Cartier) CYOW
Québec (aéroport international Jean-Lesage) CYQB
Saskatoon (aéroport international John G. Diefenbaker) CYXE
Toronto (aéroport international Lester B. Pearson) CYYZ
Vancouver (aéroport international) CYVR
Victoria (aéroport international) CYYJ
Winnipeg (aéroport international James Armstrong Richardson) CYWG
RESA — exigences

302.602 (1) La RESA est d’une longueur minimale de 150 m et est conforme aux exigences relatives Ă  l’emplacement, aux caractĂ©ristiques et aux objets dans l’aire de sĂ©curitĂ© d’extrĂ©mitĂ© de piste prĂ©vues Ă  3.2 du chapitre 3 du document intitulĂ© AĂ©rodromes — Normes et pratiques recommandĂ©es, TP 312F, publiĂ© par le ministère des Transports.

(2) L’exploitant d’un aéroport peut réduire la longueur de l’ASDA, de la LDA ou de la TORA afin d’obtenir la longueur minimale prévue au paragraphe (1).

(3) La longueur minimale prĂ©vue au paragraphe (1) ne s’applique pas si l’exploitant d’un aĂ©roport installe un système d’arrĂŞt, conçu pour arrĂŞter un avion en cas d’une sortie d’extrĂ©mitĂ© de piste, qui est conforme aux exigences relatives au système prĂ©vues Ă  3.2 du chapitre 3 du TP 312F.

(4) La RESA n’est pas requise avant le point de dĂ©part de la LDA si, selon le cas :

(5) Pour l’application de l’alinéa (4)b), guidage vertical approuvé s’entend de l’information de déviation de l’alignement de descente donnée au pilote jusqu’à ce que la hauteur de décision soit atteinte, à l’appui d’une approche aux instruments tridimensionnelle sans point d’approche interrompue où le segment d’approche interrompue débute à la hauteur de décision.

Avis au ministre

302.603 L’exploitant d’un aĂ©roport avise le ministre, au plus tard quatre-vingt-dix jours avant la fin de la pĂ©riode visĂ©e aux alinĂ©as 302.600(5)a) ou b), ou au paragraphe 302.601(2), selon le cas, de la façon dont il entend se conformer aux exigences des paragraphes 302.600(1) ou 302.601(1).

Arrêté ministériel

302.604 Si l’exploitant ne se conforme pas aux exigences des paragraphes 302.600(1) ou 302.601(1), le ministre est autorisĂ© Ă  prendre un arrĂŞtĂ© lui enjoignant de rĂ©duire la longueur de l’ASDA, de la LDA ou de la TORA de la longueur requise pour respecter la longueur minimale d’une RESA.

5 L’article 302.601 du mĂŞme règlement et l’intertitre le prĂ©cĂ©dant sont abrogĂ©s.

6 Les articles 302.603 et 302.604 du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

302.603 L’exploitant d’un aĂ©roport avise le ministre, au plus tard quatre-vingt-dix jours avant la fin de la pĂ©riode visĂ©e aux alinĂ©as 302.600(5)a) ou b), selon le cas, de la façon dont il entend se conformer aux exigences du paragraphe 302.600(1).

Arrêté ministériel

302.604 Si l’exploitant ne se conforme pas aux exigences du paragraphe 302.600(1), le ministre est autorisĂ© Ă  prendre un arrĂŞtĂ© lui enjoignant de rĂ©duire la longueur de l’ASDA, de la LDA ou de la TORA de la longueur requise pour respecter la longueur minimale d’une RESA.

7 L’alinĂ©a 601.23(1)a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

8 L’alinĂ©a 602.96(3)d) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Entrée en vigueur

9 (1) Sous réserve du paragraphe (2), le présent règlement entre en vigueur à la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

(2) Le paragraphe 2(2) et les articles 5 et 6 entrent en vigueur au quatrième anniversaire de la publication du prĂ©sent règlement dans la Partie II de la Gazette du Canada.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les sorties de piste reprĂ©sentent un danger pour la sĂ»retĂ© de l’aviation civile. Une sortie de piste se produit lorsqu’un aĂ©ronef, au dĂ©collage ou Ă  l’atterrissage, termine sa route en dehors de la piste avant la fin de la procĂ©dure de dĂ©collage ou d’atterrissage. Les caractĂ©ristiques du terrain entourant la piste contribuent Ă  la gravitĂ© d’une sortie de piste. Par exemple, un ravin est plus susceptible qu’un terrain plat d’endommager sĂ©rieusement un aĂ©ronef et de blesser des passagers, et il est beaucoup plus difficile pour les secouristes de s’acquitter de leurs tâches sur ce type de terrain.

L’aménagement d’aires de sécurité autour d’une piste diminue les conséquences des sorties de piste. Les aires de sécurité d’extrémité de piste (RESA) sont des aires compactes, planes et sans obstacle situées aux extrémités de la piste. Elles sont destinées à réduire au minimum la gravité des dommages aux aéronefs et le risque de blessures et de décès en cas de sortie de piste et à faciliter l’intervention des services d’urgence en cas d’atterrissage trop court ou de sortie en bout de piste par l’aéronef.

Description : Les modifications au Règlement de l’aviation canadien (le Règlement ou le RAC) obligeront les aĂ©rodromes certifiĂ©s canadiens (aĂ©roports)rĂ©fĂ©rence 2 Ă  prolonger leur aire de sĂ©curitĂ© actuelle obligatoire de 60 m (au-delĂ  des extrĂ©mitĂ©s de piste) Ă  150 m aux extrĂ©mitĂ©s des pistes destinĂ©es aux vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers. Les aĂ©roports canadiens dont le seuil annuel de passagers est d’au moins 325 000 pendant deux annĂ©es consĂ©cutives seront assujettis aux modifications. S’il n’est pas possible d’augmenter la taille de l’aire de sĂ©curitĂ© existante en dehors de la piste, les modifications proposent d’autres options offrant un niveau de sĂ»retĂ© Ă©quivalent. Les modifications sont imposĂ©es aux pistes existantes qui ne sont pas actuellement assujetties Ă  l’exigence des 150 m figurant dans la cinquième Ă©dition du document intitulĂ© AĂ©rodromes — Normes et pratiques recommandĂ©es (TP 312).

Justification : Les modifications imposent l’amĂ©nagement de RESA sur davantage de pistes. Afin de maximiser les avantages des RESA pour la grande majoritĂ© des voyageurs aĂ©riens et des Ă©quipages, les modifications visent les pistes destinĂ©es aux vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers des aĂ©roports canadiens les plus achalandĂ©s au lieu de viser tous les aĂ©rodromes canadiens. Cette approche augmenterait la sĂ»retĂ© du public voyageur et des Ă©quipages sans imposer de coĂ»ts excessifs Ă  l’industrie aĂ©ronautique. Les modifications rĂ©duiront au minimum les consĂ©quences d’un atterrissage court ou d’une sortie en bout de piste en rĂ©duisant la gravitĂ© de quelque six Ă©vĂ©nements sur 20 ans. Les avantages financiers de ces rĂ©ductions de sorties de piste sont estimĂ©s Ă  4 981 482 $. Les coĂ»ts sont Ă©valuĂ©s Ă  26 586 697 $, principalement en raison de l’amĂ©nagement de RESA Ă  un seul aĂ©roport ayant des caractĂ©ristiques physiques uniques.

Les modifications devraient crĂ©er un fardeau administratif avec des coĂ»ts annualisĂ©s estimĂ©s Ă  196 $, ou 6 $ par aĂ©roport. Elles sont donc considĂ©rĂ©es comme un « ajout Â» selon la règle du « un pour un Â». Aucun des intervenants touchĂ©s n’entre dans le champ d’application de la lentille des petites entreprises.

Les modifications imposeront l’aménagement de RESA à chaque extrémité des pistes destinées aux vols commerciaux réguliers de transport de passagers des aéroports canadiens les plus achalandés. Ce faisant, elles permettront de mieux harmoniser le RAC avec la norme de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Enjeux

Tandis que certaines sorties de piste n’entraînent que peu ou pas de conséquences, d’autres entraînent des décès, des blessures graves, des dégâts matériels importants et des perturbations du trafic aérien.

Jusqu’au début de 2020, les aéroports canadiens ont connu une croissance constante du volume de passagers aériens, ce qui se traduisait par des vols annuels supplémentaires. Un nombre important de tous les accidents d’aéronefs et des incidents graves d’aéronefs se produisent lors du décollage et de l’atterrissage. Bon nombre de ces événements mettent en cause une sortie en bout de piste ou un atterrissage court. À mesure que le trafic aérien augmente, on s’attend à ce que l’exposition aux atterrissages courts et aux sorties en bout de piste augmente proportionnellement. Plus de sorties de piste entraîneraient probablement davantage de blessures, de décès, de dommages matériels et de perturbations du trafic aérien.

Contexte

La Loi sur l’aĂ©ronautique donne au ministre des Transports le pouvoir d’élaborer des règlements pour assurer la sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© du secteur de l’aviation et du public voyageur. Le RAC s’applique Ă  tous les aspects de l’aĂ©ronautique, y compris aux aĂ©ronefs, aux aĂ©rodromes et aĂ©roports, aux licences, Ă  la formation, Ă  la navigabilitĂ©, aux règles de vol et aux services de navigation aĂ©rienne. Les aĂ©roports canadiens et leurs pistes respectives sont certifiĂ©s conformĂ©ment aux exigences Ă©noncĂ©es dans le TP 312, qui est incorporĂ© par renvoi dans le Règlement.

Une sortie de piste dĂ©signe un incident survenu lorsqu’un aĂ©ronef dĂ©colle ou atterrit et qu’il termine sa route en dehors de la piste lors de la procĂ©dure de dĂ©collage ou d’atterrissage. Il existe trois types de sorties de piste :

Les modifications visent les sorties de piste qui ont lieu avant ou après la piste, à savoir les atterrissages courts et les sorties en bout de piste.

Il existe une variété de risques associés à la probabilité d’une sortie de piste, notamment l’état de la surface de la piste, le type d’approche utilisé et le niveau de fatigue de l’équipage, mais les risques ne sont pas limités à cela. Une sortie de piste est rarement le résultat d’un seul facteur de risque; elle découle plus souvent d’une combinaison de divers facteurs de risques.

Le Bureau de la sĂ©curitĂ© des transports du Canada (BST) a enquĂŞtĂ© sur plusieurs accidents impliquant des sorties de piste et a recommandĂ© Ă  Transports Canada de demander Ă  des aĂ©roports canadiens d’amĂ©nager des RESA ou une protection offrant un niveau de sĂ»retĂ© Ă©quivalent. Les sorties en bout de piste sont l’un des deux problèmes figurant actuellement sur la Liste de surveillance du BSTrĂ©fĂ©rence 3 visant le rĂ©seau de transport aĂ©rien, et elles ont Ă©tĂ© dĂ©signĂ©es Ă  plusieurs reprises comme un problème de sĂ»retĂ© critique prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© pour les Canadiens. Les modifications rĂ©pondront partiellement aux recommandations du BST concernant les sorties en bout de piste.

Les sorties en bout de piste suivantes ont Ă©tĂ© portĂ©es Ă  l’attention du public par les mĂ©dias :

Mesures d’atténuation pour les sorties de piste

Afin de prĂ©venir les sorties de piste, Transports Canada a publiĂ© des documents d’orientationrĂ©fĂ©rence 4 portant sur divers Ă©lĂ©mentsrĂ©fĂ©rence 5 visant des facteurs qui ont jouĂ© un rĂ´le dans des sorties de piste par le passĂ©. Lorsqu’elles sont suivies par l’industrie, ces documents d’orientations contribuent Ă  rĂ©duire le risque de sortie de piste.

Bien que le risque de sortie de piste puisse ĂŞtre rĂ©duit, il ne peut ĂŞtre totalement Ă©liminĂ©. C’est lĂ  que les modifications entrent en jeu : elles prescrivent la mise en place de mesures pour rĂ©duire au minimum les consĂ©quences d’une sortie de piste, qui varient selon le type de terrain se trouvant aux extrĂ©mitĂ©s d’une piste. Par exemple, par rapport Ă  une surface plane, une surface irrĂ©gulière (par exemple un ravin) est plus susceptible d’endommager gravement un aĂ©ronef et de blesser les passagers, et il est beaucoup plus difficile pour les secouristes de s’acquitter de leurs tâches sur ce type de terrain.

Deux types d’aires de sĂ©curitĂ© sont situĂ©s aux extrĂ©mitĂ©s des pistes : une aire de sĂ©curitĂ© de piste et une RESA. Il s’agit d’aires compactes, planes et sans obstacles qui sont destinĂ©es Ă  rĂ©duire au minimum les dommages aux aĂ©ronefs et la gravitĂ© des blessures, Ă  Ă©viter les dĂ©cès et Ă  faciliter l’intervention des services d’urgence en cas d’atterrissage court ou de sortie en bout de piste.

L’aire de sĂ©curitĂ© de piste est une aire qui s’étend le long des cĂ´tĂ©s et des extrĂ©mitĂ©s d’une piste et comprend les 60 premiers mètres au-delĂ  de chaque extrĂ©mitĂ© d’une piste. Cette aire de sĂ©curitĂ© est une norme internationale et est obligatoire pour toutes les pistes au Canada. Bien que cela offre un espace supplĂ©mentaire permettant Ă  un aĂ©ronef de s’immobiliser en toute sĂ»retĂ©, la distance de 60 m couverte par l’aire de sĂ©curitĂ© de piste rĂ©duit au minimum les consĂ©quences de seulement 53 % des sorties de piste.

Les RESA constituent un prolongement de l’aire de sĂ©curitĂ© de piste dĂ©jĂ  rĂ©glementĂ©e. Elles nĂ©cessitent l’ajout de 90 m Ă  l’aire de sĂ©curitĂ© de piste actuelle, pour une aire de sĂ©curitĂ© totale d’une longueur minimale de 150 m aux extrĂ©mitĂ©s d’une piste. Selon des donnĂ©es canadiennes, ces 150 m procurent une distance suffisante pour contenir 90 % des sorties de piste.

Ă€ titre de comparaison, les extrĂ©mitĂ©s de bande de piste et les RESA sont pour les aĂ©ronefs ce que les coussins gonflables sont pour les voitures : elles n’empĂŞcheront pas un accident de se produire. Cependant, en fournissant une distance supplĂ©mentaire aux aĂ©ronefs pour qu’ils s’immobilisent en toute sĂ»retĂ©, elles rĂ©duisent au minimum la gravitĂ© des dommages et le risque de blessures et de dĂ©cès rĂ©sultant de l’accident.

Afin de mieux harmoniser les exigences canadiennes avec la norme de l’OACI relative aux RESA, le gouvernement du Canada a transformĂ© sa recommandation en une norme, dans la version originale du document TP 312, 5e Ă©dition (2015). Cette norme se trouvait Ă  l’article 3.2 du TP 312. Cependant, la norme ne s’appliquait qu’aux pistes construites après son entrĂ©e en vigueur. En consĂ©quence, la plupart des pistes ne sont pas actuellement assujetties aux exigences relatives aux RESA. La norme d’applicabilitĂ© des RESA de l’article 3.2 de la 5e Ă©dition du TP 312 a Ă©tĂ© modifiĂ©e au dĂ©but de 2020 en ajoutant « lorsqu’une aire de sĂ©curitĂ© d’extrĂ©mitĂ© de piste est amĂ©nagĂ©e Â» en tenant compte de l’inclusion prochaine des exigences relatives aux RESA dans le RAC.

Normes et pratiques recommandées à l’échelle internationale relatives aux RESA

Les normes et pratiques recommandĂ©es (SARP) de l’aviation civile internationale sont dĂ©finies par l’OACI, une agence spĂ©cialisĂ©e des Nations Unies, créée par les États membres en 1944. Le mandat de l’OACI est de gĂ©rer l’administration et la gouvernance de la Convention relative Ă  l’aviation civile internationale (la Convention de Chicago).

Les SARP exigent l’amĂ©nagement d’une RESA afin de rĂ©duire au minimum les risques de dommages aux aĂ©ronefs lors d’un atterrissage court ou d’une sortie en bout de piste. En 1999, l’exigence d’une RESA de 90 m imposĂ©e par l’OACI s’ajoutait Ă  l’exigence de 60 m au-delĂ  de l’extrĂ©mitĂ© de piste, ce qui portait l’aire de sĂ©curitĂ© totale requise au-delĂ  de l’extrĂ©mitĂ© de piste Ă  150 m. En plus de cette norme, l’OACI recommande d’étendre la RESA de 90 m Ă  240 m, si possible, pour porter l’aire de sĂ©curitĂ© totale Ă  300 mrĂ©fĂ©rence 6. Le tableau suivant dĂ©taille les normes et recommandations actuelles de l’OACI. La norme de l’OACI est de 90 m pour toutes les pistes (le cas Ă©chĂ©ant), mais les recommandations varient en fonction de la longueur et du type de piste.

Tableau 1 — Normes et recommandations internationales relatives aux RESA
Code de piste Longueur de piste Type de piste Norme internationale relative aux RESA table b1 note a Recommandation internationale relative aux RESA table b1 note a
Code 1 Moins de 800 m Piste aux instruments table b1 note b 90 m 120 m
Piste Ă  vue table b1 note c 30 m
Code 2 De 800 m Ă  1 200 m exclus Piste aux instruments 90 m 120 m
Piste Ă  vue 30 m
Code 3 De 1 200 m Ă  1 800 m exclus Piste aux instruments 90 m 240 m
Piste Ă  vue
Code 4 1 800 m et plus Piste aux instruments 90 m 240 m
Piste Ă  vue

Note(s) du tableau b1

Note a du tableau b1

OACI, Annexe 14, volume I — Conception et exploitation technique des aĂ©rodromes, 8e Ă©dition, juillet 2018.

Retour Ă  la note a du tableau b1

Note b du tableau b1

Une piste aux instruments est une piste dotĂ©e ou devant ĂŞtre dotĂ©e d’aides Ă  la navigation aĂ©rienne Ă©lectroniques ou visuelles adaptĂ©es Ă  une procĂ©dure d’approche aux instruments jusqu’à une hauteur au-dessus de l’aĂ©rodrome ou une hauteur au-dessus de la zone de poser infĂ©rieure Ă  500 pi.

Retour Ă  la note b du tableau b1

Note c du tableau b1

Une piste Ă  vue est une piste destinĂ©e Ă  l’utilisation d’aĂ©ronefs effectuant des procĂ©dures d’approche Ă  vue, ou une procĂ©dure d’approche aux instruments jusqu’à une hauteur au-dessus de l’aĂ©rodrome ou une hauteur au-dessus de la zone de poser non infĂ©rieure Ă  500 pi.

Retour Ă  la note c du tableau b1

Le Canada est signataire de la Convention de Chicago et, à ce titre, devrait se conformer aux normes de l’OACI ou informer l’OACI de ses divergences par rapport à ces normes.

D’autres pays, notamment les États-Unis et les membres de l’Union europĂ©enne, ont pris des mesures actives pour se conformer aux SARP en matière de RESA :

Au Canada, le nombre total de pistes disposant de RESA est faible, 9 aĂ©roports sont actuellement entièrement conformes et 7 aĂ©roports partiellement conformes, car l’introduction de la norme relative aux RESA (« norme RESA Â») est relativement rĂ©cente (2015). En ce qui concerne les RESA, les aĂ©roports canadiens sont tenus de se conformer aux normes et aux pratiques recommandĂ©es relatives aux aĂ©rodromes en vigueur Ă  la date Ă  laquelle le certificat d’aĂ©roport a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©. En consĂ©quence, les aĂ©roports ne sont pas tenus d’amĂ©nager des RESA.

Conscients de la mesure dans laquelle les RESA amĂ©liorent la sĂ»retĂ© des pistes, certains aĂ©roports canadiens ont volontairement mis en Ĺ“uvre la norme internationale de 90 m pour avoir une aire de sĂ©curitĂ© totale de 150 m (par exemple l’aĂ©roport international Pearson de Toronto), tandis que d’autres aĂ©roports canadiens ont amĂ©nagĂ© des RESA plus longues, jusqu’à 240 m, afin d’avoir une aire de sĂ©curitĂ© totale de 300 m pour respecter les pratiques recommandĂ©es par l’OACI (par exemple l’aĂ©roport international MacDonald-Cartier d’Ottawa).

Objectif

Les modifications ont pour objectif d’amĂ©liorer la sĂ»retĂ© du transport aĂ©rien en rĂ©duisant les consĂ©quences nĂ©fastes des atterrissages courts et des sorties en bout de piste. Ces consĂ©quences sont notamment les suivantes :

De plus, les modifications permettent de mieux harmoniser les exigences du Règlement avec la norme de l’OACI, tout en tenant compte de l’intention de la recommandation formulée par le BST.

Description

Aéroports et piste

Ces modifications modifient les parties I, III et VI du Règlement. Les exigences s’appliqueront aux aĂ©rodromes exploitĂ©s en vertu d’un certificat d’aĂ©roport (aĂ©roports) qui atteignent ou dĂ©passent le seuil minimal de 325 000 passagers par annĂ©e pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives. Seules les pistes destinĂ©es aux vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers seront assujetties aux modifications.

Aéroports atteignant un seuil minimal de passagers

En vertu des exigences en matière de certification des aĂ©roports Ă©noncĂ©es dans la version originale du document TP 312, 5e Ă©dition, les RESA sont amĂ©nagĂ©es en fonction de la longueur de la piste, du type d’approche et du nombre de sièges passagers des aĂ©ronefs empruntant la piste. Les modifications remplaceront ces critères par de nouveaux critères, fondĂ©s sur un seuil minimal de 325 000 passagers par an pour les aĂ©roports. Les aĂ©roports militaires ne seront pas assujettis Ă  ces modifications.

Les aĂ©roports disposeront d’une pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre de trois ans pour se conformer au Règlement. Pour les aĂ©roports qui ont dĂ©jĂ  atteint ce seuil, inclus dans un tableau au paragraphe 302.601(2) du Règlement, la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre commence Ă  la date de publication de ces modifications dans la Partie II de la Gazette du Canada. Pour les autres aĂ©roports, la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre commencera lorsqu’ils auront atteint le seuil pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives suite Ă  la publication du règlement, Ă  quel moment les aĂ©roports auront alors trois ans pour mettre en Ĺ“uvre les RESA requises. La pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre obligatoire de trois ans est dĂ©clenchĂ©e pour les autres aĂ©roports lors de la publication des statistiques sur les passagers relatives Ă  la deuxième annĂ©e consĂ©cutive de seuil de passagers, telles que publiĂ©es par Statistique Canada dans l’EnquĂŞte sur l’activitĂ© aĂ©roportuaire. L’exploitant d’un aĂ©roport est Ă©galement tenu d’aviser le ministre de la manière dont l’exploitant entend se conformer aux exigences des paragraphes 302.600(1) ou 302.601(1).

Inversement, un exploitant d’aĂ©roport ne serait plus assujetti aux exigences relatives aux RESA après trois annĂ©es civiles consĂ©cutives d’un seuil de passagers infĂ©rieur Ă  325 000. Dans un tel cas, l’exploitant de l’aĂ©roport ne serait plus tenu de se conformer aux exigences relatives aux RESA jusqu’à ce que l’aĂ©roport atteigne Ă  nouveau le seuil de 325 000 passagers pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives.

Pistes destinées aux vols commerciaux réguliers de transport de passagers

Les modifications deviendront obligatoires pour les pistes existantes et nouvelles de toutes longueurs aux aĂ©roports desservant 325 000 passagers ou plus Ă  bord de vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers. Les pistes qui ne sont pas destinĂ©es Ă  ce type de vols, comme les pistes destinĂ©es exclusivement Ă  des vols cargo, des vols de formation des pilotes ou des vols privĂ©s, ne seront pas assujetties Ă  ces modifications. Si une nouvelle piste est en service pour la première fois après que le seuil de 325 000 passagers ou plus a Ă©tĂ© atteint, l’exploitant d’un aĂ©roport doit se conformer aux exigences du paragraphe 302.600(1) Ă  compter du jour oĂą la piste est en service pour la première fois.

Aires de sécurité d’extrémité de piste

La conformitĂ© Ă  la norme RESA peut ĂŞtre assurĂ©e de diffĂ©rentes manières, Ă  la discrĂ©tion de l’exploitant de l’aĂ©roport. Les options disponibles sont les suivantes : augmenter la taille de l’aire de sĂ©curitĂ© en dehors de la piste selon la longueur minimale requise, ajuster les distances dĂ©clarĂ©es de la piste, installer un dispositif d’arrĂŞt Ă  matĂ©riau absorbant (EMAS) ou utiliser une combinaison de l’augmentation de l’aire de sĂ©curitĂ© de la piste en dehors de la piste et de l’ajustement des distances dĂ©clarĂ©es de la piste.

Augmentation de la taille de l’aire de sécurité en dehors de la piste

La prĂ©paration d’une partie de terrain supplĂ©mentaire au-delĂ  des surfaces nivelĂ©es existantes augmenterait l’aire de sĂ©curitĂ© rĂ©glementĂ©e de 60 Ă  150 m avant et au-delĂ  de la pisterĂ©fĂ©rence 9. Cette option serait adoptĂ©e lorsqu’il y a suffisamment de terres disponibles aux extrĂ©mitĂ©s d’une piste.

Si cette option Ă©tait choisie, le terrain situĂ© avant et après la piste devrait satisfaire aux exigences relatives aux RESA Ă©noncĂ©es dans le TP 312. Cela peut nĂ©cessiter un remblayage, un compactage et/ou un nivellement du sol. Les obstacles prĂ©sents devraient ĂŞtre enlevĂ©s. Aucune modification ne serait nĂ©cessaire pour la piste elle-mĂŞme.

Ajustement des distances déclarées de la piste

RĂ©duire les distances dĂ©clarĂ©esrĂ©fĂ©rence 10 utilisables pour assurer le respect des exigences en matière de distance de dĂ©collage et d’atterrissage pour les pistes serait une option diffĂ©rente. Dans ce scĂ©nario, les distances dĂ©clarĂ©es utilisables de la piste seraient rĂ©duites d’un maximum de 90 m par extrĂ©mitĂ© de piste. L’exploitant de l’aĂ©roport peut adopter cette option s’il a pris la dĂ©cision commerciale qu’une telle rĂ©duction a une incidence acceptable ou minimale sur ses activitĂ©s en ce qui concerne l’utilisation par ses aĂ©ronefs critiques. Un aĂ©ronef critique est un aĂ©ronef identifiĂ© comme ayant les exigences opĂ©rationnelles les plus sĂ©vères en ce qui concerne la dĂ©termination des dimensions de l’aire de mouvement et des autres caractĂ©ristiques physiques de l’aĂ©rodrome ou d’une partie de celui-ci.

Si cette option est choisie, la seule action requise de la part de l’exploitant consisterait Ă  modifier le manuel d’exploitation d’aĂ©roport (AOM) et Ă  soumettre le nouveau AOM au ministre des Transports pour approbation. Une fois que les distances dĂ©clarĂ©es seraient modifiĂ©es, les pilotes ajusteraient leurs calculs en fonction des distances requises pour le dĂ©collage et l’atterrissage (la distance nĂ©cessaire varie en fonction de divers facteurs, notamment le type et le poids de l’aĂ©ronef, les conditions mĂ©tĂ©orologiques [par exemple prĂ©sence de pluie, de neige ou de vent]). Dans certains cas, la rĂ©duction de la distance utilisable peut entraĂ®ner un ajustement de la masse de l’aĂ©ronef, lequel est obtenu par la rĂ©duction du nombre de passagers ou de la cargaison. La rĂ©duction de la distance utilisable ne pourrait en aucun cas nuire Ă  la sĂ»retĂ© aĂ©rienne.

Installation d’un dispositif d’arrêt à matériau absorbant

Une autre option consisterait à installer un dispositif d’arrêt à matériau absorbant (EMAS)référence 11, lequel est conçu pour ralentir un aéronef qui dépasse la piste. Ce système, installé à l’extérieur de la piste, couvre le sol et se compose de matériau absorbant qui a une résistance donnée, et qui s’écrase de manière fiable et prévisible sous le poids de l’aéronef. Lorsqu’un aéronef roule sur un EMAS, ses pneus s’enfoncent dans le lit et l’appareil est ralenti du fait qu’il doit rouler à travers le matériau. Les EMAS sont construits là où la disponibilité du terrain est limitée au bout de la piste. Ils sont conçus pour arrêter un aéronef sans causer de dégâts structurels majeurs ni de graves blessures aux passagers. La longueur de ces systèmes varie en fonction de l’aéronef critique. Un EMAS peut être coûteux à mettre en place et doit être réparé après une sortie en bout de piste. Jusqu’à ce que les réparations soient terminées, la piste associée continuerait d’être exploitée. Dans ce cas, l’exploitant de l’aéroport ajusterait temporairement les distances déclarées de la piste ou demanderait une exemptionréférence 12 temporaire aux exigences réglementaires.

L’EMAS devrait respecter les exigences relatives aux RESA Ă©noncĂ©es dans le TP 312. Dans le cadre de l’installation de l’EMAS, cela peut nĂ©cessiter un remblayage, un compactage ou un nivellement du sol. Étant donnĂ© que l’EMAS doit seulement ĂŞtre aussi large que la piste, une partie de terrain devrait ĂŞtre prĂ©parĂ©e en tant que RESA de chaque cĂ´tĂ© de l’EMAS pour garantir que la surface totale couverte rĂ©pond pleinement aux exigences relatives aux RESA (deux fois la largeur de la piste). Aucune modification ne serait nĂ©cessaire pour la piste elle-mĂŞme.

Combinaison de l’augmentation de la superficie de l’aire de sécurité en dehors de la piste et de l’ajustement des distances déclarées de la piste

Une dernière option serait de combiner les deux premières options dĂ©crites ci-dessus. Selon cette option, si moins de 90 m de terrain Ă©taient disponibles Ă  une extrĂ©mitĂ© de la piste, une partie de la RESA serait dĂ©finie en prĂ©voyant un terrain en dehors de la piste et le reste de la RESA de 90 m serait obtenu en rĂ©duisant les distances dĂ©clarĂ©es de la piste de la longueur manquante. Par exemple, Ă  une extrĂ©mitĂ© de la piste, un terrain de 50 m pourrait ĂŞtre prĂ©parĂ© au-delĂ  de l’aire de sĂ©curitĂ© de piste, tandis que les 40 m restants pourraient ĂŞtre obtenus en rĂ©duisant les distances dĂ©clarĂ©es de la piste. L’aire de sĂ©curitĂ© de 60 m Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la piste est comprise dans les RESA, pour un total de 150 m.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Transports Canada a lancĂ© des consultations sur les RESA avec les intervenants en 2010. Ces consultations avaient pour objet d’informer les intervenants de l’intention de Transports Canada de proposer des modifications rĂ©glementaires relatives aux RESA et de solliciter leurs commentaires, ce qui est inestimable pour la conception de la rĂ©glementation. Transports Canada a Ă©galement consultĂ© les aĂ©roports sur les hypothèses liĂ©es Ă  l’analyse coĂ»ts-avantages ainsi que sur les estimations de coĂ»ts.

Consultations relatives à la conception de la réglementation

Approche initiale (2010)

L’intention initiale de Transports Canada Ă©tait d’harmoniser pleinement son approche avec les normes internationales Ă©tablies par l’OACI. Cette approche aurait nĂ©cessitĂ© une RESA de 150 m (pouvant comprendre l’aire de sĂ©curitĂ© de piste) aux deux extrĂ©mitĂ©s des pistes de l’un des types suivants aux aĂ©roports terrestres ouverts au public :

Un Avis de proposition de modification (APM) a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© pour la première fois au cours d’une rĂ©union du comitĂ© technique de trois jours du Conseil consultatif sur la rĂ©glementation aĂ©rienne canadienne (CCRAC) tenue du 15 au 17 novembre 2010 Ă  Ottawa. Le 23 novembre 2010, l’APM a Ă©tĂ© officiellement envoyĂ© aux membres du CCRAC, qui ont eu 30 jours pour faire part de leurs commentaires. Vingt et une soumissions ont Ă©tĂ© reçues au cours de cette première consultation, y compris, mais sans s’y limiter, les gouvernements territoriaux, les gouvernements provinciaux, les administrations aĂ©roportuaires, les compagnies aĂ©riennes et diverses associations.

La principale prĂ©occupation exprimĂ©e par les intervenants concernait la proposition d’étendre l’application de la norme RESA aux aĂ©roports du Nord et des rĂ©gions Ă©loignĂ©es. Les prĂ©occupations exprimĂ©es portaient sur le fardeau et la logistique associĂ©s Ă  l’amĂ©nagement des RESA, ainsi que sur les coĂ»ts associĂ©s et leur effet dĂ©favorable attendu sur les aĂ©roports opĂ©rant avec des budgets limitĂ©s.

Transports Canada a examinĂ© le cas particulier des aĂ©roports du Nord et des rĂ©gions Ă©loignĂ©es en regardant comment d’autres rĂ©glementations et programmes de financement fĂ©dĂ©raux rĂ©pondent aux besoins des communautĂ©s du Nord et des rĂ©gions Ă©loignĂ©es. Ă€ la lumière des constatations, Transports Canada a dĂ©cidĂ© d’exclure les aĂ©roports situĂ©s au nord du 60e parallèle qui servent uniquement aux opĂ©rations des transporteurs aĂ©riens utilisant de petits aĂ©ronefs. La suppression des aĂ©roports nordiques et Ă©loignĂ©s a exclu de nombreux aĂ©roports de la proposition initiale, tous situĂ©s au QuĂ©bec, au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon.

Étant donnĂ© que l’inclusion des aĂ©roports du Nord dans l’APM a eu une incidence importante sur tous les commentaires formulĂ©s dans le cadre de cette consultation, y compris sur les Ă©chĂ©anciers et les coĂ»ts liĂ©s aux aĂ©roports Ă©loignĂ©s et nordiques, Transports Canada a publiĂ© un APM rĂ©visĂ© excluant les aĂ©roports situĂ©s au nord du 60e parallèle.

Approche révisée (2011)

Un APM rĂ©visĂ© a Ă©tĂ© publiĂ© le 23 septembre 2011 dans le cadre du processus du CCRAC. Les intervenants ont eu 30 jours pour commenter. Les exigences proposĂ©es dans cet APM rĂ©visĂ© Ă©taient toujours conformes aux normes internationales, Ă  l’exception des aĂ©roports situĂ©s au nord du 60e parallèle et n’accueillant que des services aĂ©riens commerciaux utilisant de petits aĂ©ronefs, qui ne seraient pas assujettis Ă  la rĂ©glementation sur les RESA.

Transports Canada a reçu 19 rĂ©ponses d’intervenants, notamment des administrations aĂ©roportuaires, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des transporteurs aĂ©riens et des associations telles que l’Association des pilotes d’Air Canada, la Northern Air Transport Association et l’Association du transport aĂ©rien du Canada. De toutes les soumissions reçues, seulement trois (15 %) ont indiquĂ© appuyer le projet de règlement. L’opposition exprimĂ©e Ă©tait en grande partie liĂ©e au vaste champ d’application, Ă  l’analyse prĂ©liminaire limitĂ©e rĂ©alisĂ©e par Transports Canada et aux coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre prĂ©vus.

Afin de mieux documenter les avantages en matière de sĂ»retĂ© associĂ©s aux RESA et de comprendre les problèmes de mise en Ĺ“uvre et les incidences des RESA soulevĂ©es par les intervenants, Transports Canada a commandĂ© une Ă©valuation des risques dans les aĂ©roports canadiens relative aux aires de sĂ©curitĂ© d’extrĂ©mitĂ© de piste (Runway End Safety Area, Risk Assessment at Canadian airports). Un questionnaire d’enquĂŞte a Ă©tĂ© distribuĂ© aux aĂ©roports canadiens de l’ensemble du pays afin de recueillir de l’information exacte sur des endroits prĂ©cis concernant les extrĂ©mitĂ©s des pistes. Les exploitants d’aĂ©roport ont eu cinq semaines pour remplir et soumettre le questionnaire. Des rĂ©ponses ont Ă©tĂ© reçues de 150 aĂ©roports sur 163, soit un taux de rĂ©ponse de 92 %. De plus, des ateliers d’experts en la matière ont eu lieu en 2014 Ă  Halifax, Ă  Calgary, Ă  MontrĂ©al et Ă  Ottawa pour discuter de la mĂ©thodologie de l’étude sur les RESA. Au total, 64 experts ont participĂ© Ă  ces sĂ©ances. Les experts comprenaient des reprĂ©sentants d’exploitants d’aĂ©roport, de compagnies aĂ©riennes, de pilotes et du contrĂ´le de la circulation aĂ©rienne, ainsi que des membres de diverses associations de l’industrie aĂ©ronautique. Les experts ont discutĂ© de plusieurs problèmes, notamment l’efficacitĂ© escomptĂ©e des RESA, les solutions de remplacement potentielles, les coĂ»ts initiaux et continus prĂ©vus et des prĂ©occupations concernant une approche unique.

Conformément aux conclusions et aux recommandations de l’évaluation des risques dans les aéroports canadiens relative aux aires de sécurité d’extrémité de piste (Runway End Safety Area, Risk Assessment at Canadian airports), l’approche générale en matière de RESA a été examinée. Comme aucun des facteurs de risque analysés (y compris la longueur de la piste) n’a mis en évidence un risque particulier, le critère de la longueur de la piste a été abandonné.

Approche finale (2016)

Le 12 mai 2016, un APM rĂ©visĂ© a Ă©tĂ© publiĂ© et envoyĂ© aux membres du CCRAC, composĂ© de 603 intervenants Ă  ce moment-lĂ . Transports Canada a organisĂ© une sĂ©ance d’information technique avec les intervenants concernĂ©s, y compris les gouvernements provinciaux et territoriaux, le 11 mai 2016, un jour avant la publication de l’APM rĂ©visĂ©.

L’évaluation des risques dans les aĂ©roports canadiens relative aux aires de sĂ©curitĂ© d’extrĂ©mitĂ© de piste (Runway End Safety Area, Risk Assessment at Canadian airports) a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il n’existait aucune approche Ă©vidente pour attĂ©nuer le risque de sorties de piste. Transports Canada a donc dĂ©cidĂ© de remplacer son approche prĂ©cĂ©dente, basĂ©e sur la longueur de la piste, les types d’approches et le nombre de sièges passagers des aĂ©ronefs, par une approche basĂ©e sur l’exposition. En consĂ©quence, l’APM de 2016 a proposĂ© que les exigences relatives aux RESA soient obligatoires pour les aĂ©roports dĂ©passant un certain seuil de passagers. Le critère du nombre de passagers a Ă©tĂ© choisi pour maximiser l’exposition des passagers. En d’autres termes, imposer l’amĂ©nagement obligatoire de RESA sur les pistes situĂ©es dans les aĂ©roports les plus frĂ©quentĂ©s offrirait un niveau de sĂ»retĂ© accru Ă  une grande partie des passagers aĂ©riens, en cas de sortie de piste.

Quatre options ont Ă©tĂ© soumises, avec des seuils allant de 200 000 Ă  1 000 000 de passagers par an, correspondant Ă  une couverture des voyageurs aĂ©riens commerciaux de 91,2 % Ă  96,8 %. Chaque option a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e avec une liste d’aĂ©roports potentiellement touchĂ©s (de 16 Ă  36). Les intervenants ont Ă©tĂ© consultĂ©s sur les options, la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre et les implications financières. Bien qu’une pĂ©riode de consultation de 90 jours ait Ă©tĂ© initialement accordĂ©e, cette pĂ©riode a Ă©tĂ© prolongĂ©e pour rĂ©pondre aux besoins des intervenants.

En rĂ©ponse Ă  l’APM, 26 intervenants ont prĂ©sentĂ© des soumissions, notamment des aĂ©roports, des gouvernements provinciaux, des associations de l’industrie, des associations de pilotes et des compagnies aĂ©riennes. Transports Canada a soigneusement examinĂ© chaque soumission reçue. Les principaux commentaires et prĂ©occupations reçus peuvent ĂŞtre rĂ©sumĂ©s comme suit :

Application : La plupart des aĂ©roports ont choisi l’option qui les excluait. En consĂ©quence, l’option avec le seuil le plus Ă©levĂ© (les aĂ©roports accueillant plus d’un million de passagers par an) a fini par ĂŞtre l’option privilĂ©giĂ©e par ces intervenants. Au contraire, les associations de pilotes ont prĂ©fĂ©rĂ© l’option offrant le seuil le plus bas (les aĂ©roports accueillant plus de 200 000 passagers par an), car cette option s’appliquerait au plus grand nombre d’aĂ©roports.

PĂ©riode de mise en Ĺ“uvre : Les positions sur la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre proposĂ©e de trois ans Ă©taient variĂ©es et n’ont pas fait l’objet d’un consensus. Les contrepropositions des intervenants comprenaient une pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre de deux, trois et cinq ans.

Publication dans la Partie I de la Gazette du Canada (2020)

Les modifications proposĂ©es ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 7 mars 2020. Une pĂ©riode de consultation de 30 jours s’est ensuivie. Le 2 avril 2020, Transports Canada a prolongĂ© la pĂ©riode de consultation jusqu’au 8 mai 2020, et les intervenants ont Ă©tĂ© avisĂ©s par l’intermĂ©diaire du CCRAC.

Transports Canada a reçu 31 commentaires de la part de 9 intervenants. Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus de trois exploitants d’aĂ©roport, de deux conseils d’aĂ©roports, d’un gouvernement territorial, de deux associations de pilotes ou de compagnies aĂ©riennes et d’un fournisseur de services de navigation aĂ©rienne. Aucun commentaire ne s’opposait entièrement aux modifications proposĂ©es; cependant, l’un d’entre eux encourageait Transports Canada Ă  envisager d’autres solutions, comme une technologie plus rĂ©cente et une formation accrue. Quatre commentaires soutenaient que les modifications proposĂ©es n’allaient pas assez loin, sept commentaires avaient pour objet les complications et les dĂ©fis financiers, sept commentaires Ă©taient liĂ©s Ă  l’échĂ©ancier de mise en Ĺ“uvre, huit commentaires portaient sur des situations spĂ©cifiques (telles que les caractĂ©ristiques du terrain), des prĂ©occupations propres (tels que la disponibilitĂ© limitĂ©e des terres) ou des questions particulières (telles que l’entretien requis), un commentaire appuyait la longueur minimale proposĂ©e de 150 m pour les RESA, et quatre commentaires n’étaient pas liĂ©s aux modifications proposĂ©es.

Les principaux thèmes soulevĂ©s dans les commentaires Ă©taient les suivants :

Harmonisation des normes internationales

La Air Line Pilots Association et le Conseil national des lignes aĂ©riennes du Canada Ă©taient tous deux favorables Ă  l’harmonisation des exigences canadiennes relatives aux RESA avec les pratiques internationales recommandĂ©es. Tous deux ont fait valoir les avantages de l’harmonisation des exigences relatives aux RESA avec les pratiques exemplaires recommandĂ©es par l’OACI d’aires de 300 m, compte tenu des risques associĂ©s aux sorties en bout de piste. Le Conseil national des lignes aĂ©riennes du Canada a mentionnĂ© que les sorties en bout de piste sont un problème de sĂ»retĂ© recensĂ© par la Liste de surveillance du Bureau de la sĂ©curitĂ© des transports. Les intervenants font valoir les avantages pour la sĂ»retĂ© de l’harmonisation avec les pratiques recommandĂ©es d’aires de 300 m. Un exploitant d’aĂ©roport a fait des commentaires en faveur de la longueur minimale proposĂ©e de 150 m pour les RESA.

Transports Canada a rĂ©pondu en soulignant que la longueur minimale Ă©tablie de 150 m pour les RESA a Ă©tĂ© choisie en tenant compte de la norme internationale de l’OACI.

Implications financières

Les coĂ»ts et les implications financières des modifications constituent une prĂ©occupation commune pour les aĂ©roports canadiens. Quatre intervenants, soit l’aĂ©roport Jean-Lesage de QuĂ©bec, l’aĂ©roport de Yellowknife, l’aĂ©roport Billy-Bishop et le Conseil des aĂ©roports du Canada, ont exprimĂ© leurs prĂ©occupations quant aux coĂ»ts financiers de la conformitĂ© Ă  la norme RESA. Les quatre intervenants ont fait valoir que leur situation financière actuelle demeure difficile en raison de la pandĂ©mie de COVID-19. Se conformer aux exigences relatives aux RESA sera un dĂ©fi pour certains intervenants, qui ont connu une baisse de 90 % du trafic de passagers, selon le Conseil des aĂ©roports du Canada et l’aĂ©roport Billy-Bishop.

Transports Canada reconnaĂ®t les coĂ»ts que reprĂ©sente la conformitĂ© Ă  la norme RESA, en plus des dĂ©fis financiers auxquels font face les aĂ©roports pendant la pandĂ©mie. Toutefois, d’autres solutions plus rentables ont Ă©tĂ© proposĂ©es aux intervenants, notamment la rĂ©duction des distances dĂ©clarĂ©es des pistes. Bien que de telles solutions de rechange ne soient pas accessibles pour tous les intervenants, comme l’aĂ©roport Billy-Bishop, la conformitĂ© Ă  la norme RESA peut souvent ĂŞtre atteinte sans travaux importants et Ă  un coĂ»t minimal.

L’aĂ©roport Billy-Bishop a dĂ©crit les dĂ©fis financiers qu’il doit relever pour se conformer aux exigences relatives aux RESA, en raison de sa superficie terrestre limitĂ©e, du milieu marin environnant et de l’impossibilitĂ© de rĂ©duire ou d’augmenter les distances dĂ©clarĂ©es et publiĂ©es des pistes existantes. L’aĂ©roport Billy Bishop a discutĂ© de deux options de mise en Ĺ“uvre : le dispositif d’arrĂŞt Ă  matĂ©riau absorbant (EMAS)rĂ©fĂ©rence 13 en raison de la superficie terrestre limitĂ©e, ainsi que l’agrandissement de la superficie terrestre pour rĂ©pondre aux exigences relatives aux RESA. Pour l’aĂ©roport Billy Bishop, l’EMAS Ă©tait l’option la plus rentable puisqu’elle Ă©tait Ă©valuĂ©e Ă  un montant approximatif de 30 Ă  35 millions de dollars. L’aĂ©roport Billy Bishop a indiquĂ© qu’il Ă©tudierait davantage l’option de l’EMAS avant de prendre une dĂ©cision dĂ©finitive concernant un agrandissement nĂ©cessaire de la superficie terrestre.

Échéancier de mise en œuvre des RESA

Les commentaires ont divergĂ© en ce qui concerne l’échĂ©ancier de mise en Ĺ“uvre des RESA. Alors que la Air Line Pilots Association soutient que la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre est trop longue, l’aĂ©roport Billy-Bishop et l’aĂ©roport de Yellowknife affirment qu’ils ne seront pas capables de respecter un dĂ©lai de mise en Ĺ“uvre de deux ans. Les raisons invoquĂ©es par les deux aĂ©roports pour expliquer leur incapacitĂ© Ă  respecter le dĂ©lai de deux ans sont les suivantes : les dĂ©fis liĂ©s au climat relativement Ă  la durĂ©e de la saison de construction, la pĂ©riode de consultation et de mobilisation exigĂ©e dans le cadre du processus d’évaluation des impacts sur l’environnement, ainsi que la consultation des intervenants locaux, les Ă©tudes environnementales et le manque de revenus attribuable Ă  la COVID-19. Le Conseil des aĂ©roports du Canada a affirmĂ© que les aĂ©roports souhaitent une pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre de cinq ans pour se conformer Ă  la norme RESA, tandis que Nav Canada a exhortĂ© Transports Canada Ă  prolonger le dĂ©lai afin qu’il passe de deux Ă  trois ans.

Pour donner suite Ă  ces commentaires, l’échĂ©ancier de mise en Ĺ“uvre a Ă©tĂ© changĂ©, passant de « trois ans pour recueillir les donnĂ©es et deux ans pour se conformer Ă  la norme Â» Ă  « deux ans pour recueillir les donnĂ©es et trois ans pour se conformer Ă  la norme Â». Les aĂ©roports seront assujettis Ă  la norme RESA lorsqu’ils auront atteint le seuil de 325 000 passagers pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives, Ă  compter de la date de publication de ces règlements dans la Partie II de la Gazette du Canada. Les aĂ©roports dont le nom figure sur la liste du paragraphe 302.601(2), lesquels ont dĂ©jĂ  dĂ©passĂ© le seuil de 325 000 passagers, auraient trois ans pour se conformer Ă  la norme RESA (soit un an de plus) Ă  compter de la date de publication de ces modifications dans la Partie II de la Gazette du Canada. Cette approche fait Ă©cho aux commentaires des intervenants, en donnant aux conseils d’administration des aĂ©roports plus de temps pour planifier, examiner et approuver la construction des RESA.

Seuil du volume de passagers

La Air Line Pilots Association a dĂ©jĂ  formulĂ© des commentaires en faveur d’un seuil de 200 000 passagers. Elle a fait valoir que le seuil proposĂ© de 325 000 passagers exclurait de nombreux aĂ©roports, ce qui exposerait les pilotes, et les plus petits aĂ©roports, Ă  un risque permanent.

Transports Canada a rĂ©pondu en dĂ©clarant que la liste rĂ©visĂ©e de 12 aĂ©roports dĂ©passant le seuil du volume de passagers de 325 000 en 2020 a Ă©tĂ© Ă©tablie dans le cadre d’une Ă©tude d’évaluation des risques et couvrira plus de 86 % du nombre d’embarquements et de dĂ©barquements de passagers lors de vols rĂ©guliers au Canada avant la COVID-19.

Le Conseil national des lignes aĂ©riennes du Canada a suggĂ©rĂ© que la norme RESA soit obligatoire pour la construction de nouvelles pistes et pour la modification de pistes existantes. Transports Canada a rĂ©pondu en dĂ©clarant qu’une nouvelle piste serait assujettie Ă  la norme RESA lors de sa mise en service si l’aĂ©roport atteint le seuil de mouvement de passagers d’au moins 325 000 passagers par an pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives.

Accumulation de neige

Des dĂ©fis particuliers liĂ©s Ă  l’accumulation de neige ont Ă©tĂ© soulevĂ©s par l’aĂ©roport international Jean-Lesage de QuĂ©bec. Transports Canada a rĂ©pondu Ă  la prĂ©occupation des intervenants en prĂ©cisant qu’aucun règlement n’oblige les exploitants Ă  enlever la neige des RESA, bien que d’autres obligations soient en place en ce qui concerne l’entretien hivernal des aĂ©roports.

Changements apportés à la suite de la publication préalable

Ă€ la suite de la publication prĂ©alable de ces modifications proposĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, les changements mineurs suivants ont Ă©tĂ© apportĂ©s :

Consultations après la publication dans la Partie I de la Gazette du Canada

Transports Canada a menĂ© des consultations informelles et des sĂ©ances de mise Ă  jour sur les modifications relatives aux RESA avec le Conseil des aĂ©roports du Canada (CAC), le Regional Community Airports of Canada (RCAC) et certains aĂ©roports en 2020 et au dĂ©but de 2021. Au cours de ces sĂ©ances, les intervenants ont Ă©tĂ© informĂ©s des changements entre la publication dans la Partie I de la Gazette du Canada et dans la Partie II de la Gazette du Canada. Les modifications apportĂ©es rĂ©pondent aux prĂ©occupations des intervenants en donnant aux administrations aĂ©roportuaires plus de temps pour planifier l’amĂ©nagement des RESA.

Pandémie de la COVID-19

La pandémie de la COVID-19 a eu un impact considérable sur l’industrie aéronautique et a eu un impact financier sur les exploitants d’aéroports. Les exploitants d’aéroports ont exprimé des inquiétudes quant à leur capacité d’entreprendre des projets importants en raison des impacts financiers causés par la pandémie. Pour refléter les défis rencontrés par l’industrie en raison de la pandémie, la section Analyse coûts-avantages considère les scénarios de récupération de la COVID-19 dans l’analyse de sensibilité.

De plus, la liste prĂ©cĂ©dente publiĂ©e dans la Partie I de la Gazette du Canada contenait 28 aĂ©roports, tandis que la liste modifiĂ©e en contient 12 aĂ©roports. Les changements dans la liste publiĂ©e s’expliquent par la baisse significative des voyages aĂ©riens en 2020 et 2021 en raison de la pandĂ©mie de la COVID-19, qui a fait chuter de nombreux aĂ©roports sous le seuil des 325 000 passagers. Lorsqu’un aĂ©roport atteint Ă  nouveau le seuil d’au moins 325 000 passagers par annĂ©e au cours d’une pĂ©riode de deux annĂ©es civiles consĂ©cutives, l’exigence du paragraphe 302.600(1) s’appliquera.

Malgré la pandémie, les intervenants appuyaient les modifications RESA telles que présentées dans la publication de la Partie II de la Gazette du Canada.

Consultations liées à l’analyse coûts-avantage

Estimation préliminaire des coûts et des avantages (2010)

Transports Canada a procĂ©dĂ© Ă  une estimation prĂ©liminaire des coĂ»ts et avantages potentiels liĂ©s Ă  l’obligation d’amĂ©nager des RESA de 90 m pour certaines pistes de code 2 (entre 800 m et 1 200 m) et de l’ensemble des pistes de code 3 et 4 (1 200 m et plus) au Canada. Pour ce faire, un questionnaire a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  211 aĂ©roports du pays, regroupant toutes les provinces et tous les territoires. Transports Canada a reçu un taux de rĂ©ponse de 80 %, ce qui a fourni des donnĂ©es sur 534 extrĂ©mitĂ©s de piste. Les exploitants d’aĂ©roport ont fourni des donnĂ©es sur la prĂ©sence de RESA en bout de piste et sur les coĂ»ts attendus de la construction de RESA lĂ  oĂą il n’y en a pas encore. Cette estimation prĂ©liminaire donnait une idĂ©e approximative des coĂ»ts en fonction de l’expĂ©rience des exploitants d’aĂ©roport et de leur comprĂ©hension des exigences relatives aux RESA Ă  ce moment-lĂ .

Exemple d’exercice de sensibilisation (2016)

Dans le but d’affiner les estimations de coĂ»ts fournies par les exploitants d’aĂ©roport en 2010, Transports Canada a communiquĂ© avec 36 aĂ©roports afin de leur fournir de l’information supplĂ©mentaire. L’examen des estimations des coĂ»ts des intervenants effectuĂ© par Transports Canada a rĂ©vĂ©lĂ© que les spĂ©cifications des RESA n’étaient pas bien comprises, ce qui a incitĂ© les intervenants Ă  gonfler par inadvertance leurs coĂ»ts estimatifs pour amĂ©nager une RESA. En rĂ©alitĂ©, les RESA peuvent ne pas respecter les mĂŞmes normes de construction que les pistes (en d’autres termes, les RESA peuvent ĂŞtre des surfaces dĂ©gagĂ©es naturelles telles que le sol, l’herbe, etc.).

Consultation sur les hypothèses et les intrants liés à l’analyse coûts-avantages (2017-2018)

Ă€ la suite de l’exercice type de sensibilisation menĂ© en 2016, Transports Canada a menĂ© une nouvelle sĂ©rie de consultations avec les intervenants en 2017 et 2018. Ces consultations ont Ă©tĂ© limitĂ©es aux aĂ©roports censĂ©s atteindre le seuil de passagers au cours des 20 prochaines annĂ©es. En consĂ©quence, 37 aĂ©roports ont reçu une nouvelle enquĂŞte portant sur les coĂ»ts pour une approche plus uniforme du calcul des coĂ»ts.

L’enquĂŞte de juillet 2017 a demandĂ© Ă  36 intervenants (un avait Ă©tĂ© invitĂ© au dĂ©but de 2018) de rĂ©pondre aux questions suivantes concernant la RESA supplĂ©mentaire de 90 m proposĂ©e pour leurs pistes respectives : confirmer la prĂ©sence d’obstacles sur l’aire, spĂ©cifier le type de surface actuel (gravier, herbe, asphalte ou autre), indiquer la pente du sol, et prĂ©ciser si des travaux supplĂ©mentaires seraient nĂ©cessaires pour amĂ©nager des RESA de 90 m sur leur piste. Le questionnaire envoyĂ© Ă  ces aĂ©roports est reproduit ci-dessous dans le tableau 2.

Tableau 2 — Modèle de consultation 2017-2018 pour l’analyse coĂ»ts-avantages
NumĂ©ro de piste Une surface de terrain de 90 m est-elle disponible pour le prolongement ou l’amĂ©nagement Ă©ventuel d’une RESA aux deux extrĂ©mitĂ©s? Des obstacles se trouvent-ils actuellement dans les 90 m au-delĂ  de la bande de piste? Type de surface actuel au-delĂ  de l’extrĂ©mitĂ© de la bande de piste (gravier, herbe, tarmac, etc.)? La pente du sol au-delĂ  de l’extrĂ©mitĂ© de la piste est-elle comprise entre 0 et 5 %? Indiquer la pente du sol si elle est supĂ©rieure Ă  5 %. Que faut-il faire d’autre pour se conformer aux exigences relatives aux RESA? PrĂ©ciser la nature du travail demandĂ©. Autres commentaires sur le prolongement potentiel de la RESA.
RWY 16 Oui Non Herbe Oui Non Ceci est un exemple.

Les donnĂ©es recueillies ont Ă©tĂ© validĂ©es par des experts de Transports Canada qui ont examinĂ© les rĂ©ponses Ă  l’aide de l’imagerie satellite et en ont discutĂ© avec les intervenants au besoin.

Pour les pistes oĂą les 90 m de terrain requis pour prolonger l’aire de sĂ©curitĂ© au-delĂ  de l’extrĂ©mitĂ© de piste sont disponibles, sans obstacle, oĂą le type de surface est acceptable et oĂą la pente est comprise entre 0 % et 5 %, les coĂ»ts de construction ont Ă©tĂ© estimĂ©s Ă  0 $ par les spĂ©cialistes des normes d’aĂ©rodrome de Transports Canada, car aucune construction n’est requise. Dans les cas oĂą il faudrait amĂ©nager des RESA, les coĂ»ts ont Ă©tĂ© calculĂ©s en utilisant la longueur, la largeur et la pente du terrain Ă  traiter afin de dĂ©terminer le volume de remblayage nĂ©cessaire (m3) et le coĂ»t unitaire (par m3).

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une analyse a été entreprise pour déterminer si les modifications sont susceptibles de donner lieu à des obligations découlant des traités modernes. Cette évaluation a permis un examen de la portée géographique et de l’objet de la proposition relativement aux traités modernes en vigueur. Après examen, aucune incidence sur les traités modernes n’a été constatée.

Choix de l’instrument

Options rĂ©glementaires et non rĂ©glementaires considĂ©rĂ©es

En 2010, Transports Canada a d’abord consultĂ© les intervenants pour les informer de l’intention de modifier les exigences relatives aux RESA. Les modifications aux exigences relatives aux RESA visent Ă  rĂ©soudre le problème que reprĂ©sentent les risques de sortie de piste, qui figure sur la Liste de surveillance du BST depuis 2010. Les modifications des exigences relatives aux RESA visent Ă©galement Ă  harmoniser davantage le Règlement avec la norme internationale de l’OACI Ă©tablie en 1999. Les options envisagĂ©es pour modifier le RAC et rĂ©soudre le problème que reprĂ©sentent les risques de sortie de piste sont prĂ©cisĂ©es ci-dessous.

OPTION 1 : Approche du statu quo

Si le RAC n’est pas modifiĂ©, les exploitants d’aĂ©roport ne seraient pas tenus d’agrandir leur aire de sĂ©curitĂ© actuelle au-delĂ  des 60 m obligatoires.

Le statu quo a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une option inacceptable pour les raisons suivantes :

OPTION 2 : Approche rĂ©glementaire — trois ans pour recueillir les donnĂ©es et deux ans pour se conformer Ă  la norme

Selon cette approche rĂ©glementaire, les aĂ©roports dont les volumes de passagers sont supĂ©rieurs Ă  325 000 pendant trois annĂ©es consĂ©cutives auraient deux ans pour se conformer aux exigences relatives aux RESA. Cette option figurait Ă  l’origine dans la publication prĂ©alable du Règlement, mais elle a Ă©tĂ© modifiĂ©e en raison de commentaires de la part des intervenants. D’après ces commentaires, davantage de temps Ă©tait nĂ©cessaire pour planifier les changements rĂ©glementaires et les prĂ©voir au budget.

OPTION 3 : Approche rĂ©glementaire — deux ans pour recueillir les donnĂ©es et trois ans pour se conformer Ă  la norme

L’option retenue exige que les aĂ©roports canadiens dont le seuil du volume annuel de passagers est d’au moins 325 000 pendant deux annĂ©es consĂ©cutives se conforment Ă  une aire de sĂ©curitĂ© d’une longueur minimale de 150 m Ă  l’extrĂ©mitĂ© des pistes destinĂ©es aux vols commerciaux rĂ©guliers. Les aĂ©roports auraient ensuite trois ans pour se conformer aux exigences relatives aux RESA. Cette option a Ă©tĂ© retenue, car elle donne suite aux commentaires des intervenants en accordant plus de temps aux conseils d’administration des aĂ©roports pour planifier, examiner et approuver la construction des RESA. Cette approche s’inscrit Ă©galement dans l’esprit de la recommandation de l’OACI d’intercepter un minimum de 90 % des sorties de piste. Selon les donnĂ©es canadiennes sur les sorties de piste, 90 % des aĂ©ronefs ayant effectuĂ© des sorties de piste aux aĂ©roports canadiens s’immobilisent Ă  moins de 150 m. De plus, cette option a Ă©tĂ© jugĂ©e la plus appropriĂ©e du fait que plus de 86 % des passagers au Canada voyagent dans des aĂ©roports accueillant plus de 325 000 passagers par annĂ©e.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les modifications proposĂ©es rĂ©duiront au minimum la gravitĂ© des consĂ©quences d’un atterrissage court ou d’une sortie en bout de piste pour six Ă©vĂ©nements sur un horizon de 20 ans. Les avantages de cette rĂ©duction de la gravitĂ© des consĂ©quences d’accidents sont Ă©valuĂ©s Ă  environ 4 981 482 $ sur 20 ans. Sur une pĂ©riode de 20 ans, la mise en Ĺ“uvre des modifications coĂ»tera environ 26 586 697 $ aux exploitants d’aĂ©roport et au gouvernement du Canada, coĂ»t principalement assumĂ© par un aĂ©roport dotĂ© de caractĂ©ristiques physiques uniques.

Il est important de noter que l’estimation du calendrier de conformité aux modifications ainsi que la quantification des avantages reposent sur des prévisions du nombre de passagers aériens sur la période d’analyse de 2021 à 2040. Compte tenu de l’incidence importante de la COVID-19 sur le secteur aérien, une grande incertitude demeure quant à l’élaboration de prévisions du trafic aérien à court et à long terme. Cette analyse décrit les avantages et les coûts d’un scénario de relance du secteur aérien de niveau moyen, dans lequel une immunité générale est atteinte vers la fin de l’année 2021, le trafic intérieur retrouve les niveaux d’avant la COVID-19 vers la moitié de 2024, et le trafic transfrontalier ainsi que le trafic international atteignent les niveaux d’avant la COVID-19 en 2025. Un scénario de relance plus optimiste et un scénario de relance plus pessimiste sont présentés dans la section Analyse de sensibilitéréférence 14.

Selon l’analyse centrale de ces modifications, 34 aĂ©roports seront touchĂ©s. De ce nombre, 12 aĂ©roports sont nommĂ©s dans le texte rĂ©glementaire, et 22 autres aĂ©roports devraient ĂŞtre touchĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse de 20 ans en raison de leur franchissement du seuil de 325 000 passagers pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives.

Avantages

Parmi les avantages des modifications, notons ceux liés à la sûreté (réduction de la gravité des dommages aux aéronefs, réduction de la gravité des blessures, décès évités, réduction du niveau de stress subi par les passagers et les membres d’équipage lors d’un accident, réduction de la gravité des incidences à long terme potentielles après l’événement) et ceux liés à l’efficacité (réduction des retards pour les passagers et les exploitants aériens, un accès plus facile pour les interventions des services d’urgence et des frais juridiques évités pour les aéroports, le gouvernement et les exploitants aériens).

Pour Ă©valuer ces avantages, des sorties de piste historiques ont Ă©tĂ© analysĂ©es. Entre 2005 et 2016, 73 accidents d’atterrissages courts et de sorties en bout de piste ont Ă©tĂ© signalĂ©s au total dans les 34 aĂ©roports concernĂ©s, sur des pistes touchĂ©es par les modifications. Dans l’ensemble, les sorties de piste signalĂ©es n’ont pas entraĂ®nĂ© de dĂ©cès et n’ont causĂ© que des blessures mineures. Une seule sortie de piste a causĂ© des dommages importants Ă  un aĂ©ronef, tandis que toutes les autres sorties de piste ont entraĂ®nĂ© des dommages mineurs ou aucun dommage.

L’analyse ne s’est pas limitĂ©e aux sorties de piste qui se sont dĂ©roulĂ©es dans les 60 Ă  150 m avant le dĂ©but de la piste, dans le cas d’un atterrissage trop court, ou dans les 60 Ă  150 m au-delĂ  de l’extrĂ©mitĂ© de piste, dans le cas d’une sortie en bout de piste. Afin d’évaluer les avantages supplĂ©mentaires qui dĂ©couleraient des modifications, le nombre d’aĂ©ronefs ayant effectuĂ© des sorties de pistes sur des pistes destinĂ©es aux vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers a Ă©tĂ© rĂ©duit pour ne reprĂ©senter que les aĂ©ronefs s’étant immobilisĂ©s entre 60 et 150 m de l’extrĂ©mitĂ© de la piste. Pour ce faire, on a eu recours Ă  des fractions tirĂ©es du document prĂ©cĂ©demment mentionnĂ© d’évaluation des risques dans les aĂ©roports canadiens relative aux aires de sĂ©curitĂ© d’extrĂ©mitĂ© de piste (Runway End Safety Area, Risk Assessment at Canadian airports). Il est prĂ©vu qu’entre 2021 et 2040, les modifications rĂ©duiront la gravitĂ© d’environ six atterrissages courts et sorties en bout de piste.

Avantages en matière de sûreté

En proposant une aire plus longue, exempte d’obstacles et accessible aux services d’urgence aux deux extrĂ©mitĂ©s des pistes destinĂ©es aux vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers, les modifications permettront de rĂ©duire les consĂ©quences nĂ©fastes des atterrissages courts et des sorties en bout de piste d’aĂ©ronefs. Cela se traduira par les avantages de sĂ»retĂ© suivants :

En raison de la raretĂ© des donnĂ©es, seuls certains dĂ©cès et dommages aux aĂ©ronefs Ă©vitĂ©s sont Ă©valuĂ©s financièrement. Sur une pĂ©riode de 20 ans, en appliquant un taux d’actualisation de 7 %, les dommages Ă©vitĂ©s aux aĂ©ronefs sont Ă©valuĂ©s Ă  4 317 679 $, la valeur des blessures Ă©vitĂ©es devrait s’élever Ă  3 376 $, tandis que les dĂ©cès Ă©vitĂ©s escomptĂ©s sont nuls.

Gains d’efficacité

Les modifications procureront Ă©galement les gains d’efficacitĂ© suivants en cas de sortie en bout de piste ou d’atterrissage court :

Transports Canada estime Ă  660 428 $ (583 665 $ pour les passagers aĂ©riens et 76 762 $ pour les exploitants aĂ©riens) les retards Ă©vitĂ©s en cas de sortie en bout de piste ou d’atterrissage court sur 20 ans, avec un taux d’actualisation de 7 %. Les avantages directs liĂ©s Ă  un accès plus facile pour les interventions des services d’urgence et aux frais juridiques Ă©vitĂ©s pour les aĂ©roports, le gouvernement et les exploitants aĂ©riens n’ont pas Ă©tĂ© quantifiĂ©s ni Ă©valuĂ©s financièrement.

Coûts

Les coĂ»ts supportĂ©s par un aĂ©roport pour amĂ©nager une RESA aux extrĂ©mitĂ©s d’une piste destinĂ©e aux vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers sont classĂ©s en trois catĂ©gories : coĂ»ts de construction, coĂ»ts d’entretien et coĂ»ts administratifs. Le gouvernement du Canada assumera Ă©galement les coĂ»ts administratifs et d’application de la loi engagĂ©s pour assurer la conformitĂ© aux modifications.

Coûts de construction pour l’industrie

Les données sur les coûts de construction ont été recueillies lors de consultations avec les exploitants d’aéroport. La première phase de consultation comprenait une présentation aux intervenants, une réunion avec ces derniers et de nombreux appels téléphoniques. Sur la base de ces consultations préliminaires, il n’était pas prévu que les aéroports installent un EMAS, en raison des coûts importants d’achat, d’installation, d’entretien et de remplacement qu’il représente.

Les consultations 2017-2018 qui ont suivi portaient principalement sur la collecte des donnĂ©es relatives aux coĂ»ts ainsi que sur les caractĂ©ristiques physiques des RESA de tous les aĂ©roports qui seraient directement concernĂ©s par les modifications. L’information suivante a Ă©tĂ© recueillie :

D’après les rĂ©ponses fournies lors des consultations de 2017-2018, 23 des 34 aĂ©roports qui seront visĂ©s par les modifications, selon ce que l’on prĂ©voit, ont Ă©tĂ© jugĂ©s conformes aux caractĂ©ristiques physiques des RESA, et les coĂ»ts de construction engagĂ©s aux fins de conformitĂ© Ă©taient nuls ou nĂ©gligeables. NĂ©anmoins, les modifications imposeront des coĂ»ts de construction Ă©valuĂ©s Ă  26 343 321 $ (en valeur actuelle, avec un taux d’actualisation de 7 % sur 20 ans) aux aĂ©roports restants qui seront visĂ©s par le Règlement selon ce que l’on prĂ©voit. Un aĂ©roport ayant des caractĂ©ristiques uniques assumerait Ă  lui seul environ 85 % des coĂ»ts totaux de construction, soit 22 472 187 $. Les caractĂ©ristiques physiques et les activitĂ©s de cet aĂ©roport, notamment l’utilisation d’angles plus prononcĂ©s pour le dĂ©collage et l’atterrissage et l’impossibilitĂ© de dĂ©coller avec une charge complète de passagers ou de chargement lorsque la piste est humide ou contaminĂ©e (par exemple prĂ©sence de neige fondante ou de neige) limitent le prolongement de l’aire de sĂ©curitĂ©.

Coûts d’entretien pour l’industrie

Les coĂ»ts d’entretien comprennent les coĂ»ts de dĂ©neigement pour un EMAS ou de tonte du gazon, ainsi que les coĂ»ts pĂ©riodiques des produits d’étanchĂ©itĂ© et de la couche de finition pour les aĂ©roports qui installent un EMAS. Étant donnĂ© que la plupart des aĂ©roports sont assujettis au chapitre 4 du TP 312 (« Gestion des obstacles Â»), les coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s aux RESA pour dĂ©neiger les extrĂ©mitĂ©s des bandes de piste et pour tondre le gazon devraient ĂŞtre nĂ©gligeables.

Coûts administratifs pour l’industrie

L’AOM exigerait un rajustement au cours de la pĂ©riode de trois ans allouĂ©e pour amĂ©nager les RESA. Ce manuel prĂ©cise les normes respectĂ©es et les services fournis par l’aĂ©roport. On s’attend Ă  ce que chaque aĂ©roport consacre deux heures Ă  la mise Ă  jour de son AOM et 30 minutes Ă  l’examiner et Ă  l’envoyer Ă  Transports Canada pour approbation. Ces tâches seraient effectuĂ©es une fois par aĂ©roport, par le personnel de gestion des exploitants d’aĂ©roport. Les coĂ»ts administratifs totaux s’élèveraient Ă  3 951 $ sur une pĂ©riode de 20 ans, avec un taux d’actualisation de 7 %.

Coûts administratifs et coûts d’application de la loi pour le gouvernement

Le respect des modifications entraînera également des coûts administratifs et des coûts d’application de la loi pour le gouvernement du Canada.

Transports Canada serait responsable de l’examen et de l’approbation de l’AOM. Les heures supplĂ©mentaires estimatives consacrĂ©es Ă  l’examen et Ă  l’approbation des AOM devraient ĂŞtre minimes. Ainsi, les modifications proposĂ©es entraĂ®neront des coĂ»ts administratifs nĂ©gligeables pour le gouvernement.

Les coûts d’application de la loi seraient à la charge du personnel opérationnel régional chargé de la surveillance dans les régions où sont situés les aéroports concernés. Étant donné que le ministre serait autorisé à prendre un arrêté pour obliger un exploitant d’aéroport à ajuster les distances déclarées en cas de non-conformité aux modifications, une pleine conformité est prévue. Aucune inspection supplémentaire à l’appui des modifications réglementaires n’est prévue. Dans l’ensemble, les coûts engagés par le gouvernement du Canada pour assurer la conformité réglementaire aux modifications seront négligeables.

Énoncé des coûts-avantages

Tableau 3 — CoĂ»ts financiers (en dollars canadiens)
Intervenant touché Description du coût 2021 2024 2026 2040 Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
L’industrie (les exploitants d’aĂ©roport) CoĂ»ts de construction 0 $ 1 072 017 $ 24 734 387 $ 0 $ 26 343 320 $ 2 486 623 $
CoĂ»ts d’entretien 0 $ 0 $ 0 $ 78 632 $ 239 425 $ 22 600,06 $
CoĂ»ts d’administration 0 $ 1 594 $ 1 392 $ 0 $ 3 951 $ 373 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 0 $ 1 073 611 $ 24 735 780 $ 78 632 $ 26 586 697 $ 2 509 596 $
Tableau 4 — Avantages financiers (en dollars canadiens)
Intervenant touché Description de l’avantage 2021 2024 2026 2040 Total
(valeur actuelle)
Valeur annualisée
L’industrie Dommages Ă©vitĂ©s aux aĂ©ronefs 0 $ 322 481 $ 335 178 $ 170 671 $ 4 317 678 $ 407 558 $
Retards Ă©vitĂ©s pour les exploitants aĂ©riens 0 $ 5 407 $ 5 468 $ 3 507 $ 76 762 $ 7 246 $
Les Canadiens Blessures Ă©vitĂ©es 0 $ 237 $ 260 $ 136 $ 3 376 $ 319 $
Retards Ă©vitĂ©s pour les passagers 0 $ 38 101 $ 39 360 $ 28 985 $ 583 665 $ 55 094 $
Tous les intervenants Total des avantages 0 $ 336 226 $ 380 265 $ 203 298 $ 4 981 482 $ 470 217 $
Tableau 5 — RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages financiers (en dollars canadiens)
Incidences 2021 2024 2026 2040 Total
(valeur actuelle)
Valeur annualisée
Total des coĂ»ts 0 $ 1 073 611 $ 24 735 780 $ 78 632 $ 26 586 697 $ 2 509 596 $
Total des avantages 0 $ 336 226 $ 380 265 $ 203 298 $ 4 981 482 $ 470 217 $
INCIDENCE NETTE 0 $ (707 385 $) (24 355 514 $) 124 666 $ (21 605 214 $) (2 039 379 $)

Incidences quantifiĂ©es (non financières) et qualitatives

Avantages non quantifiĂ©s

CoĂ»ts non quantifiĂ©s

Analyse de sensibilité

Scénarios de prévision de passagers

Compte tenu de l’incidence de la COVID-19 sur le secteur aĂ©rien et de l’incertitude au sujet de la relance au Canada et dans le monde, trois scĂ©narios de prĂ©vision de passagers ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©s par Transports Canada selon des niveaux d’optimisme variables par rapport au taux de relance.rĂ©fĂ©rence 15 Bien que la prĂ©vision de niveau moyen ait Ă©tĂ© utilisĂ©e dans l’analyse centrale, une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© effectuĂ©e dans le but de fournir les rĂ©sultats de l’analyse coĂ»ts-avantages pour le scĂ©nario le plus optimiste, qui prĂ©voit une immunitĂ© gĂ©nĂ©rale vers la fin de l’annĂ©e 2021 et une reprise rapide du trafic aĂ©rien, et pour le scĂ©nario le plus pessimiste, qui comporte une troisième vague mondiale de COVID-19 et une reprise plus lente du trafic aĂ©rien.

Atterrissages courts et sorties en bout de piste

La probabilitĂ© d’une sortie en bout de piste ou d’un atterrissage court et, par consĂ©quent, le nombre prĂ©vu d’évĂ©nements visĂ©s sont basĂ©s sur le nombre de sorties de piste survenues par le passĂ© dans les aĂ©roports canadiens. Certains de ces Ă©vĂ©nements ont Ă©tĂ© dĂ©signĂ©s comme des sorties de piste sans qu’il soit certain que l’aĂ©ronef est sorti en bout de piste ou qu’il a dĂ©viĂ© latĂ©ralement. Pour exclure les sorties de piste latĂ©rales (qui ne sont pas visĂ©es), l’analyse principale suppose que 50 % de ces sorties de piste incertaines Ă©taient des sorties de piste latĂ©rales. Pour examiner si cette hypothèse aurait une incidence sur la conclusion, une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Pour les besoins de cette analyse, 25 % et 75 % des sorties de piste incertaines ont Ă©tĂ© traitĂ©es comme des sorties de piste latĂ©rales.

Taux d’efficacité

L’incertitude Ă©tait Ă©galement associĂ©e au taux d’efficacitĂ© des modifications. Le taux d’efficacitĂ© reprĂ©sente la mesure dans laquelle les exigences Ă©noncĂ©es dans les modifications permettront d’attĂ©nuer les consĂ©quences d’un atterrissage court ou d’une sortie en bout de piste. Une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour comparer le taux d’efficacitĂ© utilisĂ© dans l’analyse principale (50 %) aux taux d’efficacitĂ© infĂ©rieur (25 %) et supĂ©rieur (75 %).

Options relatives à l’aire de sécurité d’extrémité de piste à un aéroport ayant des caractéristiques uniques

Pour se conformer Ă  la norme RESA, les exploitants d’aĂ©roport disposent de diffĂ©rentes options : augmenter la taille de l’aire de sĂ©curitĂ© en dehors de la piste, ajuster les distances dĂ©clarĂ©es de la piste, combiner une augmentation de la taille de l’aire de sĂ©curitĂ© en dehors de la piste et un ajustement des distances dĂ©clarĂ©es, ou installer un EMAS. Pour les besoins de cette analyse, on suppose qu’un aĂ©roport installe un EMAS. Une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour prendre en compte le scĂ©nario dans lequel le terrain de cet aĂ©roport est agrandi pour que le prolongement prescrit puisse ĂŞtre effectuĂ©.

Calendrier analytique

Bien que Transports Canada estime que la pĂ©riode de 20 ans reflète le plus fidèlement les coĂ»ts et les avantages de ces modifications en raison de la longue durĂ©e de vie des RESA amĂ©nagĂ©es, une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sur une pĂ©riode de 10 ans aux fins de comparaison.

Taux d’actualisation

L’analyse de sensibilitĂ© est fondĂ©e sur un taux d’actualisation de 3 % au lieu des 7 % recommandĂ©s par le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor. Le tableau ci-dessous rĂ©sume les rĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ©.

Tableau 6 — RĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ©
Changements de paramètres Avantage net ($) Rapport avantages-coûts
Scénarios de prévision de passagers
Plus optimiste – Reprise rapide après la COVID-19 (20 689 090) 0,16
Plus pessimiste – Troisième vague mondiale de COVID-19 (21 369 839) 0,20
Nombre d’événements passés associés aux RESA
Avantages prĂ©vus en utilisant 25 % d’évĂ©nements inconnus (22 333 326) 0,16
Avantages prĂ©vus en utilisant 75 % d’évĂ©nements inconnus (20 877 119) 0,21
Taux d’efficacité
Les modifications permettront d’attĂ©nuer les consĂ©quences d’un atterrissage court ou d’une sortie en bout de piste dans une mesure de 25 %. (24 095 956) 0,09
Les modifications permettront d’attĂ©nuer les consĂ©quences d’un atterrissage court ou d’une sortie en bout de piste dans une mesure de 75 %. (19 114 473) 0,28
Options relatives à l’aire de sécurité d’extrémité de piste à un aéroport ayant des caractéristiques uniques
Ajout de la longueur prescrite (51 328 705) 0,09
Calendrier analytique
10 ans (de 2021 Ă  2030) (21 534 899) 0,18
Taux d’actualisation
3 % (24 893 911) 0,23

Analyse de répartition

Les coûts imposés par les modifications ne seront pas répartis uniformément entre les intervenants, notamment les exploitants d’aéroports, les exploitants aériens et les passagers.

Incidences sur les aéroports concernés

Environ 85 % des coĂ»ts totaux seront assumĂ©s par un seul aĂ©roport, tandis que les avantages financiers attendus resteront faibles. Cependant, Ă©tant donnĂ© les caractĂ©ristiques physiques uniques de cet aĂ©roport, une sortie de piste pourrait avoir de graves consĂ©quences. Des rĂ©percussions telles que des blessures ou la mort de membres d’équipage ou de passagers, des dommages matĂ©riels, des frais juridiques et des dommages Ă  la rĂ©putation pourraient se produire. Le tableau ci-dessous prĂ©sente une ventilation des coĂ»ts et avantages attendus pour l’aĂ©roport en question et pour tous les autres aĂ©roports concernĂ©s.

Tableau 7 — AĂ©roport ayant des caractĂ©ristiques physiques uniques par rapport Ă  tous les autres aĂ©roports concernĂ©s
Aéroport Coût total ($) Avantage total ($) Avantage net ($) Rapport avantages-coûts
AĂ©roport ayant des caractĂ©ristiques uniques 22 711 728 340 313 (22 371 415) 0,015
Tous les autres aĂ©roports concernĂ©s 3 874 968 4 641 169 766 201 1,198

Incidences sur les exploitants aériens ou les passagers

Les coĂ»ts de conformitĂ© imposĂ©s par les modifications pourraient ĂŞtre transfĂ©rĂ©s aux exploitants aĂ©riens et/ou aux passagers. Le coĂ»t maximal par mouvement, qui reprĂ©sente le montant maximal qu’un exploitant aĂ©rien devrait payer par dĂ©collage ou atterrissage pour couvrir les coĂ»ts totaux des RESA sur une pĂ©riode de 20 ans (si les aĂ©roports transfèrent 100 % des coĂ»ts des RESA aux exploitants aĂ©riens), est estimĂ© Ă  0,65 $. Autrement exprimĂ©, si les passagers devaient couvrir 100 % des coĂ»ts des RESA, le coĂ»t par passager concernĂ© (ce qui reprĂ©sente le montant maximal qu’un passager devrait payer par dĂ©collage ou atterrissage) sur une pĂ©riode de 20 ans serait d’environ 0,0082 $.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas, car il n’y a aucune incidence connexe sur les petites entreprises.

MĂŞme si les exploitants d’aĂ©roport sont considĂ©rĂ©s comme des entreprises et qu’ils seront touchĂ©s par ces modifications, aucun d’eux n’est considĂ©rĂ© comme une petite entreprise selon la lentille en raison de leurs revenus annuels estimatifs supĂ©rieurs Ă  5 000 000 de dollars.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique, puisqu’il y a une augmentation progressive du fardeau administratif des entreprises et que la proposition est considĂ©rĂ©e comme un « ajout Â» en vertu de cette règle. Selon les modifications, les exploitants d’aĂ©roport seraient tenus de mettre Ă  jour l’AOM et de l’envoyer Ă  Transports Canada pour approbation. Selon les projections, cela entraĂ®nerait une augmentation nette des coĂ»ts moyens annualisĂ©s du fardeau administratif d’environ 196 $, soit 6 $ par exploitant d’aĂ©roport concernĂ©rĂ©fĂ©rence 16.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Ces modifications réglementaires ne sont pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans un cadre officiel de coopération en matière de réglementation; toutefois, les modifications relatives aux RESA visent à résoudre le problème que représentent les risques de sortie de piste tels qu’ils ont été recensés par le BST. En 2010, le BST a placé les sorties de piste sur sa liste de surveillance des principaux problèmes de sûreté.

De plus, les modifications relatives aux RESA reflĂ©teront l’intention exprimĂ©e dans la recommandation de l’OACI concernant les RESA. L’OACI a fait la recommandation d’une RESA de 300 m pour intercepter un minimum de 90 % des sorties de piste. La dĂ©cision de Transports Canada d’opter pour une RESA de 150 m est conforme Ă  l’intention exprimĂ©e dans la recommandation de l’OACI, car les donnĂ©es canadiennes ont dĂ©montrĂ© que 90 % des aĂ©ronefs effectuant des sorties de piste aux aĂ©roports canadiens s’immobilisent Ă  moins de 150 m.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, le processus d’évaluation environnementale stratégique (EES) a été suivi pour cette proposition et une évaluation du transport durable a été réalisée. L’évaluation a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique détaillée n’est pas nécessaire. Lors de l’évaluation, on a tenu compte des incidences possibles sur les objectifs et les cibles énoncés dans la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD) relativement à l’environnement.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune répercussion n’a été recensée au moyen de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) pour cette proposition.

Justification

À l’échelle mondiale, les sorties de piste sont reconnues comme un important problème de sûreté en raison de la gravité potentielle de tels incidents. Au Canada, le BST a cité les sorties de piste comme un problème critique de sûreté de l’aviation.

Reconnaissant la gravitĂ© des consĂ©quences des sorties de piste, et compte tenu du fait que les RESA contribuent Ă  amĂ©liorer le niveau de sĂ»retĂ© du public voyageur et des Ă©quipages, une norme internationale a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e et publiĂ©e par l’OACI en 1999. De nombreux pays ont amĂ©nagĂ© des RESA au fil des ans. Par exemple, les États-Unis ont demandĂ© Ă  leurs 539 aĂ©roports certifiĂ©s d’amĂ©nager des RESA sur toutes les pistes accueillant des vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers.

Les modifications exigeront des RESA sur les pistes destinées aux vols commerciaux réguliers de transport de passagers des aéroports canadiens les plus achalandés. Si une sortie de piste se produisait sur une piste où une RESA est aménagée, les conséquences négatives seraient minimales. En conséquence, des décès pourraient être évités, et le nombre de passagers blessés serait réduit au minimum, ainsi que la gravité des blessures. En outre, les dommages aux aéronefs et aux installations aéroportuaires seraient aussi réduits au minimum, l’intervention des services d’urgence serait facilitée et les activités de la piste et du trafic aérien reprendraient plus rapidement.

Les modifications changeront les critères d’applicabilitĂ© de la norme RESA canadienne. En consĂ©quence, la protection offerte par les RESA sera Ă©tendue aux pistes qui ne sont pas obligĂ©es actuellement d’avoir une RESA Ă  leurs extrĂ©mitĂ©s, conformĂ©ment Ă  la norme canadienne instaurĂ©e en 2015. L’utilisation du critère des pistes destinĂ©es aux vols commerciaux rĂ©guliers de transport de passagers situĂ©es aux aĂ©roports canadiens les plus achalandĂ©s et du seuil minimal de 325 000 passagers par an aux aĂ©roports pendant deux annĂ©es consĂ©cutives ferait bĂ©nĂ©ficier d’un niveau de sĂ»retĂ© plus Ă©levĂ© la plupart des voyageurs aĂ©riens et des Ă©quipages.

Aéroports et pistes

Les aĂ©roports canadiens et leurs pistes respectives sont certifiĂ©s conformĂ©ment aux exigences Ă©noncĂ©es dans le Règlement et dans le TP 312, qui y est incorporĂ© par renvoi.

Ă€ l’heure actuelle, toutes les pistes canadiennes doivent avoir une aire de sĂ©curitĂ© de 60 m Ă  leurs extrĂ©mitĂ©s, mais seuls neuf aĂ©roports ont actuellement des RESA entièrement conformes, et sept aĂ©roports ont des RESA partiellement conformes. Selon des donnĂ©es historiques canadiennes (de 1999 Ă  2010), l’amĂ©nagement de 90 m supplĂ©mentaires permettrait d’avoir une longueur suffisante pour que 90 % des aĂ©ronefs effectuant des sorties de piste s’immobilisent, alors que seulement 53 % d’entre eux s’immobilisent dans l’aire de sĂ©curitĂ© de piste actuelle de 60 m, ce qui se traduirait par une augmentation de 37 %.

Les pistes canadiennes ont également des aires de sécurité sur leurs côtés. Les modifications se concentrent sur les extrémités des pistes, car des aires de sécurité existent déjà sur les côtés des pistes (c’est pourquoi les sorties de piste latérales ne font pas partie des modifications).

Aéroports atteignant un seuil minimal de passagers

Au Canada, la version originale du document TP312, 5e Ă©dition (2015) prescrivait l’amĂ©nagement de RESA en fonction de la longueur de la piste, du type d’approche et du nombre de sièges de l’aĂ©ronef utilisant la piste. Les modifications remplaceront ces critères par un seuil minimal de 325 000 passagers par an pour les aĂ©roports. La norme d’applicabilitĂ© des RESA de l’article 3.2 de la 5e Ă©dition du TP 312 a Ă©tĂ© modifiĂ©e au dĂ©but de 2020 en tenant compte de l’inclusion prochaine des exigences relatives aux RESA dans le RAC.

Cette approche a été choisie pour maximiser les avantages des RESA. Comme il existe un risque de sortie de piste lors de chaque décollage et atterrissage, l’aménagement de RESA sur des pistes accueillant un grand nombre de vols présenterait un avantage supplémentaire par rapport aux pistes à faible trafic (cette approche couvrirait davantage de décollages et d’atterrissages).

Les aĂ©roports seront assujettis aux modifications lorsqu’ils atteindront le seuil au moment de l’entrĂ©e en vigueur de ces modifications ou après l’avoir atteint pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives après cette entrĂ©e en vigueur. Les aĂ©roports bĂ©nĂ©ficieraient d’une pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre de trois ans pour se conformer aux modifications. Un exploitant d’aĂ©roport ne serait plus soumis aux exigences relatives aux RESA après deux annĂ©es civiles consĂ©cutives d’un seuil de passagers infĂ©rieur Ă  325 000. Dans un tel cas, l’exploitant de l’aĂ©roport ne serait plus tenu de se conformer aux exigences relatives aux RESA.

Pistes destinées aux vols commerciaux réguliers de transport de passagers

La norme RESA canadienne s’applique actuellement aux pistes construites après 2015. Aucun critère dans la norme ne lie l’amĂ©nagement de RESA Ă  la piste en fonction des diffĂ©rentes activitĂ©s (vols cargo, vols commerciaux transportant des passagers, vols privĂ©s, etc.) assurĂ©es par la piste.

Afin de maximiser les avantages des RESA pour la grande majorité des voyageurs aériens et des équipages, les modifications viseront les pistes destinées aux vols commerciaux réguliers de transport de passagers. Cette approche augmenterait la sûreté du public voyageur et des équipages sans imposer des coûts excessifs à l’industrie.

Aire de sécurité d’extrémité de piste

Les modifications ne modifieront pas les caractĂ©ristiques des RESA, telles qu’elles sont actuellement prĂ©vues dans le TP 312 et les documents d’orientation (emplacement, largeur, longueur, force portante, absence d’obstacles, etc.).

Les modifications maintiendront Ă©galement les moyens de respecter les normes RESA (en augmentant la taille de l’aire de sĂ©curitĂ© en dehors de la piste, en ajustant les distances dĂ©clarĂ©es de la piste, en installant un EMAS ou en combinant une augmentation de la taille de l’aire de sĂ©curitĂ© en dehors de la piste et un ajustement des distances dĂ©clarĂ©es). Toutefois, les exploitants d’aĂ©roport devront informer le ministre, au moins 90 jours avant la fin de la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre de trois ans, de la manière qu’ils ont choisie pour rĂ©pondre aux exigences relatives aux RESA.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Pour les aĂ©roports qui ont dĂ©jĂ  atteint le seuil [ceux Ă©numĂ©rĂ©s dans le tableau du paragraphe 302.601(2)], la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre de trois ans commencera au moment de la publication des modifications dans la Partie II de la Gazette du Canada. Pour les aĂ©roports qui ne sont pas Ă©numĂ©rĂ©s dans le tableau du paragraphe 302.601(2), la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre de trois ans commencera après deux annĂ©es civiles consĂ©cutives d’atteinte du seuil pour les pistes en service existantes, la première pĂ©riode commençant l’annĂ©e de l’entrĂ©e en vigueur de l’article 302.600. Les nouvelles pistes qui sont mises en service pour la première fois après que le seuil a Ă©tĂ© atteint pendant deux annĂ©es civiles consĂ©cutives devront respecter les exigences relatives aux RESA Ă  la date de leur mise en service initiale.

Le seuil de passagers sera dĂ©terminĂ© en fonction des donnĂ©es de l’enquĂŞte sur l’activitĂ© des aĂ©roports rĂ©alisĂ©e chaque annĂ©e par Statistique Canada. Il sera calculĂ© en additionnant le nombre de passagers qui embarquent dans un aĂ©ronef (passagers embarquĂ©s) et le nombre de passagers qui sortent d’un aĂ©ronef (passagers dĂ©barquĂ©s) dans un aĂ©roport donnĂ©, pendant une annĂ©e civile donnĂ©e. Si les statistiques sur le nombre de passagers ne sont pas publiĂ©es ou sont incomplètes, les donnĂ©es fournies par Statistique Canada au ministre des Transports seront utilisĂ©es.

La conformitĂ© de l’industrie aux exigences relatives aux RESA reposera sur les documents suivants :

Application de la loi

Les exploitants d’aĂ©roports sont tenus, en vertu du Règlement, d’informer le ministre de la manière dont il entend se conformer aux exigences de RESA (en utilisant l’un des moyens de conformitĂ© dĂ©crits dans la section « Description Â» ci-dessus).

Dans les cas oĂą l’exploitant d’aĂ©roport ne se conforme pas aux exigences relatives aux RESA avant la fin de la pĂ©riode de mise en Ĺ“uvre, le ministre peut prendre un arrĂŞtĂ© en vertu de l’article 302.604 du Règlement afin de rĂ©duire les distances d’atterrissage dĂ©clarĂ©es Ă  un aĂ©roport oĂą les exigences relatives aux RESA ne sont pas respectĂ©es. L’arrĂŞtĂ© resterait en vigueur jusqu’à ce que l’exploitant de l’aĂ©roport amĂ©nage des RESA.

Les modifications seront appliquĂ©es par l’imposition de sanctions administratives pĂ©cuniaires en cas de contravention aux textes dĂ©signĂ©s en vertu des articles 7.6 Ă  8.2 de la Loi sur l’aĂ©ronautique, qui prĂ©voit une amende maximale de 3 000 $ pour les personnes physiques et de 15 000 $ pour les personnes morales, ou par une action de certificat (par exemple par suspension ou annulation) Ă  l’égard du document d’aviation canadien d’un exploitant d’aĂ©roport, ou, selon le cas, par une poursuite par procĂ©dure sommaire ou par mise en accusation en application de l’article 7.3 de la Loi sur l’aĂ©ronautique.

Personne-ressource

Steve Palisek
Chef
Affaires réglementaires (AARKA)
Aviation civile
Groupe de la sécurité et de la sûreté
Transports Canada
Place de Ville, tour C
330, rue Sparks
Ottawa (Ontario)
K1A 0N5
TĂ©lĂ©phone : 613‑993‑7284 ou 1‑800‑305‑2059
TĂ©lĂ©copieur : 613‑990‑1198
Courriel : carrac@tc.gc.ca
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