DĂ©cret fixant au 1er fĂ©vrier 2022 la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 22.1 de cette loi en Ontario et en Saskatchewan : TR/2022-1

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 1

Enregistrement
TR/2022-1 Le 5 janvier 2022

LOI MODIFIANT LA LOI SUR LE DIVORCE, LA LOI D’AIDE À L’EXÉCUTION DES ORDONNANCES ET DES ENTENTES FAMILIALES ET LA LOI SUR LA SAISIE-ARRÊT ET LA DISTRACTION DE PENSIONS ET APPORTANT DES MODIFICATIONS CORRÉLATIVES À UNE AUTRE LOI

DĂ©cret fixant au 1er fĂ©vrier 2022 la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 22.1 de cette loi en Ontario et en Saskatchewan

C.P. 2021-1031 Le 17 dĂ©cembre 2021

Sur recommandation du ministre de la Justice et en vertu du paragraphe 126(3.1) de la Loi modifiant la Loi sur le divorce, la Loi d’aide Ă  l’exĂ©cution des ordonnances et des ententes familiales et la Loi sur la saisie-arrĂŞt et la distraction de pensions et apportant des modifications corrĂ©latives Ă  une autre loi, chapitre 16 des Lois du Canada (2019), Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil fixe au 1er fĂ©vrier 2022 la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 22.1 de cette loi en Ontario et en Saskatchewan.

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie du Décret.)

DĂ©cret fixant au 1er fĂ©vrier 2022 la date d’entrĂ©e en vigueur en Ontario et en Saskatchewan de l’article 22.1 de la Loi modifiant la Loi sur le divorce, la Loi d’aide Ă  l’exĂ©cution des ordonnances et des ententes familiales et la Loi sur la saisie-arrĂŞt et la distraction de pensions et apportant des modifications corrĂ©latives Ă  une autre loi

Proposition

ConformĂ©ment au paragraphe 126 (3.1) de la Loi modifiant la Loi sur le divorce, la Loi d’aide Ă  l’exĂ©cution des ordonnances et des ententes familiales et la Loi sur la saisie-arrĂŞt et la distraction de pension et apportant des modifications corrĂ©latives Ă  une autre loi, le dĂ©cret fixe au 1er fĂ©vrier 2022 la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 22.1 de cette loi (disposition sur les droits linguistiques) en Ontario et en Saskatchewan.

Objectif

L’objectif du décret est de fixer à une date précise l’entrée en vigueur de la disposition sur les droits linguistiques de la Loi sur le divorce modifiée en Ontario et en Saskatchewan. Cette disposition vise accroître l’accessibilité du système de justice familiale du Canada dans l’une ou l’autre des langues officielles, notamment pour les communautés de langues officielles en situation minoritaire (CLOSM).

Contexte

L’ancien projet de loi C-78, la Loi modifiant la Loi sur le divorce, la Loi d’aide Ă  l’exĂ©cution des ordonnances et des ententes familiales et la Loi sur la saisie-arrĂŞt et la distraction de pension et apportant des modifications corrĂ©latives Ă  une autre loi, qui a reçu la sanction royale le 21 juin 2019, amĂ©liore et modernise le système de justice familiale du Canada, promeut l’accès Ă  la justice et rend les lois fĂ©dĂ©rales en matière familiale mieux adaptĂ©es aux besoins des familles canadiennes.

Parmi les modifications apportĂ©es par l’ancien projet de loi C-78, on retrouve une nouvelle disposition accordant des droits linguistiques. Celle-ci prĂ©voit que les instances intentĂ©es en vertu de la Loi sur le divorce peuvent ĂŞtre menĂ©es en français, en anglais, ou dans les deux langues. Cela comprend le droit de dĂ©poser les actes de procĂ©dure ou tout autre document, de tĂ©moigner et de prĂ©senter des observations dans l’une ou l’autre langue officielle. Les parties ont Ă©galement le droit : Ă  des services d’interprĂ©tation simultanĂ©e dans l’autre langue officielle, sur demande; d’être entendues par un(e) juge qui parle leur langue officielle ou les deux langues; et d’obtenir une transcription ou un enregistrement de ce qui a Ă©tĂ© dit dans la langue officielle dans laquelle cela a Ă©tĂ© dit. Le tribunal aurait aussi l’obligation, sur demande, de rendre disponible tout jugement ou ordonnance qui a Ă©tĂ© rendu dans la langue officielle d’une partie. Finalement, la disposition prĂ©voit que les formulaires des tribunaux doivent ĂŞtre offerts en français et en anglais.

L’ancien projet de loi C-78 fournit aux provinces et aux territoires la souplesse nĂ©cessaire pour mettre en Ĺ“uvre la nouvelle disposition Ă  diffĂ©rents moments, lorsqu’ils s’estiment prĂŞts Ă  le faire. La disposition de droites linguistiques est en vigueur au Manitoba, au Yukon et au Nunavut depuis le 1er mars 2021. L’Ontario et la Saskatchewan ont indiquĂ© ĂŞtre prĂŞts Ă  mettre en Ĺ“uvre la nouvelle disposition le 1er fĂ©vrier 2022. Par consĂ©quent, la disposition entrera en vigueur en Ontario et en Saskatchewan le 1er fĂ©vrier 2022, par ce dĂ©cret.

La majorité des autres provinces et territoires ont indiqué l’intention de leur gouvernement de mettre en œuvre la disposition de droites linguistiques dans les prochaines années.

Considérations

Ce décret indique clairement la date d’entrée en vigueur de la disposition accordant des droits linguistiques de la Loi sur le divorce modifiée en Ontario et en Saskatchewan.

Les Canadiens vivant dans les CLOSM constituent une population dynamique qui continue de croĂ®tre. Selon le Recensement de 2016, plus d’un million de francophones vivent Ă  l’extĂ©rieur du QuĂ©bec, et plus 1,1 million d’anglophones vivent au QuĂ©bec.

Étant donné le paysage linguistique du pays, bon nombre de Canadiens en instance de séparation ou de divorce ont de la difficulté à régler leurs problèmes juridiques dans la langue officielle qui n’est pas celle de la majorité dans leur province ou territoire. Comme les autres Canadiens, ils ont besoin d’avoir accès aux tribunaux dans la langue officielle de leur choix.

La mise en œuvre de la disposition en Ontario et en Saskatchewan permettra notamment aux Canadiens et Canadiennes issus des CLOSM de ces provinces de bénéficier d’un accès accru à la justice familiale dans la langue officielle de leur choix. Elle permettra aussi d’augmenter la capacité des tribunaux d’instruire les requêtes dans l’une ou l’autre langue officielle.

Consultations

Des consultations avec les provinces et les territoires ont eu lieu par l’entremise du ComitĂ© de coordination des hauts fonctionnaires — Justice familiale (CCHF-JF) Ă  la suite de l’introduction de la disposition sur les droits linguistiques dans la Loi sur le divorce. Des consultations ont aussi eu lieu avec des organisations reprĂ©sentant les CLOSM, qui ont dĂ©fendu ces droits et ont rĂ©pondu favorablement Ă  leur ajout dans le projet de loi C-78. Par exemple, dans un communiquĂ© de presse datĂ© du 29 juin 2019, la FĂ©dĂ©ration des associations de juristes d’expression française de common law a saluĂ© le projet de loi C-78 et a qualifiĂ© ces nouveaux droits « d’historiques et significatifs Â». Le ministre de la Justice reçoit rĂ©gulièrement des commentaires de la part des Canadiens au sujet de questions liĂ©es au droit de la famille.

Personne-ressource

Marie-JosĂ©e Poirier
Avocate
Section de la politique en matière de droit de la famille et de la justice pour les jeunes
Justice Canada
Courriel : marie-josee.poirier@justice.gc.ca