Règlement modifiant le Règlement sur les passages Ă  niveau : DORS/2021-233

La Gazette du Canada, Partie II, volume 155, numéro 25

Enregistrement
DORS/2021-233 Le 26 novembre 2021

LOI SUR LA SÉCURITÉ FERROVIAIRE

C.P. 2021-966 Le 26 novembre 2021

Sur recommandation du ministre des Transports et en vertu de l’article 7.1rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 18(1)rĂ©fĂ©rence b et (2)rĂ©fĂ©rence c et 24(1)rĂ©fĂ©rence d de la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviairerĂ©fĂ©rence e, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les passages Ă  niveau, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les passages à niveau

Modifications

1 Le paragraphe 1(1) du Règlement sur les passages Ă  niveaurĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, de ce qui suit :

distance de stockage
Sur une route traversant un passage à niveau, distance la plus courte entre le rail le plus près de l’abord routier du passage à niveau et la route la plus proche croisant la route qui traverse le passage à niveau, mesurée à partir de la ligne du centre de la route, telle que représentée par D dans la figure 11-1 des Normes sur les passages à niveau. (storage distance)
passage à niveau de priorité élevée
Passage à niveau public où la moyenne annuelle de mouvements ferroviaires quotidiens est de dix ou plus et où la vitesse de référence sur la voie ferrée est de 97 km/h (60 mi/h) ou plus. (high-priority grade crossing)
produit vectoriel
Le produit de la moyenne annuelle de mouvements ferroviaires quotidiens par le débit journalier moyen annuel. (cross-product)

2 L’article 2 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après le paragraphe (2), de ce qui suit :

Non-application

(3) MalgrĂ© le paragraphe (1), les articles 19 Ă  96 ne s’appliquent pas aux passages Ă  niveau suivants :

3 Le paragraphe 21(4) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Échéancier

(4) Les exigences prĂ©vues aux paragraphes (1) Ă  (3) doivent ĂŞtre respectĂ©es Ă  compter des dates suivantes :

4 (1) Le paragraphe 53(2) de la version anglaise du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Alternative — limited use

(2) If the grade crossing provides access to fewer than three private dwelling-places and does not provide access to a business, a limited use warning system, and signs, that meet the standards set out in Appendix B of the Grade Crossings Standards, may be installed at the grade crossing instead of the warning system referred to in subsection (1).

(2) Le paragraphe 53(3) de la version anglaise du mĂŞme règlement, avant l’alinĂ©a (a), est remplacĂ© par ce qui suit :

Alternative — walk light

(3) A limited use warning system with a walk light, and signs, that meet the standards set out in Appendix C of the Grade Crossings Standards, may be installed at the grade crossing instead of the warning system referred to in subsection (1) or (2), if

5 L’article 59 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Exigences additionnelles

59 En plus de respecter les exigences prĂ©vues Ă  l’article 58, le passage Ă  niveau existant qui est un passage Ă  niveau public doit respecter les exigences prĂ©vues aux articles 60 Ă  71, et ce, Ă  compter des dates suivantes :

6 L’article 74 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Exigences additionnelles

74 En plus de respecter les exigences prĂ©vues Ă  l’article 73, le passage Ă  niveau existant qui est un passage Ă  niveau privĂ© doit respecter les exigences prĂ©vues aux articles 76 Ă  81, et ce, Ă  compter du 28 novembre 2024.

7 Le paragraphe 75(1) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Exigences relatives aux systèmes d’avertissement

75 (1) Le passage Ă  niveau existant qui est un passage Ă  niveau privĂ© doit respecter les exigences prĂ©vues aux articles 82 Ă  85, et ce, Ă  compter du 28 novembre 2024.

8 L’article 87 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après le paragraphe (3), de ce qui suit :

Option — usage restreint

(4) Si le passage à niveau donne accès à moins de trois maisons d’habitation privées et ne donne pas accès à un commerce, un système d’avertissement à usage restreint qui respecte les normes prévues à l’appendice B des Normes sur les passages à niveau et des panneaux qui respectent les normes prévues à cet appendice peuvent être installés au passage à niveau au lieu du système d’avertissement visé au paragraphe (1).

Option — feu piĂ©tonnier

(5) Un système d’avertissement Ă  usage restreint comportant un feu de signalisation piĂ©tonnier qui respecte les normes prĂ©vues Ă  l’appendice C des Normes sur les passages Ă  niveau et des panneaux qui respectent les normes prĂ©vues Ă  cet appendice peuvent ĂŞtre installĂ©s au passage Ă  niveau au lieu du système d’avertissement visĂ© aux paragraphes (1) ou (4), dans les cas suivants :

9 Dans les passages ci-après du mĂŞme règlement, « Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement Â», « la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement Â» et « l’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement Â» sont remplacĂ©s par « le 28 novembre 2014 Â» :

Entrée en vigueur

10 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Le Règlement sur les passages Ă  niveau (le Règlement), qui a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada le 17 dĂ©cembre 2014, a Ă©tabli des normes de sĂ©curitĂ© qui ont force exĂ©cutoire, lesquelles se rapportent notamment aux lignes de visibilitĂ©, Ă  la signalisation, Ă  la conception de la surface de croisement, aux systèmes d’avertissement, Ă  l’inspection et Ă  la mise Ă  l’essai, pour les passages Ă  niveau publics et privĂ©s de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Le Règlement, qui vise Ă  la fois les passages Ă  niveau nouveaux et existants, est entrĂ© en vigueur immĂ©diatement dans le cas des nouveaux passages Ă  niveau, mais un dĂ©lai de sept ans a toutefois Ă©tĂ© accordĂ© aux intervenants (par exemple les compagnies de chemin de fer, les autoritĂ©s responsables du service de voirie et les municipalitĂ©s) afin qu’ils rendent leurs passages Ă  niveau existants conforment aux normes de sĂ©curitĂ©. Le 28 novembre 2021, le dĂ©lai de conformitĂ© de sept ans expirera et les exigences en matière de sĂ©curitĂ© entreront en vigueur pour les passages Ă  niveau existants.

Ă€ la lumière de vastes consultations menĂ©es depuis l’automne 2019 auprès des intervenants, tels que des municipalitĂ©s, des autoritĂ©s responsables du service de voirie, des compagnies de chemin de fer et des associations d’agriculteurs, Transports Canada (TC) a dĂ©terminĂ© que les intervenants seront incapables de respecter le dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© au 28 novembre 2021 en ce qui concerne des milliers de passages Ă  niveau existants. La pandĂ©mie de COVID-19 explique en partie les retards accusĂ©s, mais d’autres facteurs entrent en jeu, comme le manque de comprĂ©hension des intervenants dans les responsabilitĂ©s et les rĂ´les prĂ©cis qu’ils doivent assumer par rapport aux modernisations exigĂ©es, et en consĂ©quence, des diffĂ©rends pourraient ĂŞtre soumis Ă  l’Office des transports du Canada (l’Office) aux fins de rĂ©solution et engendrer des dĂ©lais dans la mise en Ĺ“uvre.

Outre les enjeux associĂ©s au dĂ©lai, TC a dĂ©terminĂ© que le champ d’application du Règlement est trop vaste et qu’il doit, en consĂ©quence, ĂŞtre adaptĂ©. Selon une analyse approfondie des donnĂ©es sur les risques recueillies au cours des sept dernières annĂ©es, TC a cernĂ© les caractĂ©ristiques communes des passages Ă  niveau qui posent un très faible risque d’accident grave. Selon les donnĂ©es mises Ă  la disposition de TC, 3 734 passages Ă  niveau qui Ă©taient assujettis aux exigences de modernisation Ă©noncĂ©es dans le Règlement pourraient en ĂŞtre exemptĂ©s sur la base de ces caractĂ©ristiques, puisque ces modernisations ne procureraient que peu d’avantages sur le plan de la sĂ©curitĂ©.

Description : Les modifications rĂ©glementaires adaptent le champ d’application du Règlement en Ă©tablissant des exigences pour les passages Ă  niveau selon un modèle fondĂ© sur les risques. Selon ce modèle, les passages Ă  niveau dont les risques sont jugĂ©s faibles ne sont dorĂ©navant pas assujettis aux exigences de modernisation. De plus, les modifications prolongent le dĂ©lai de conformitĂ© avec ces exigences d’un an (jusqu’au 28 novembre 2022) pour les passages Ă  niveau existants jugĂ©s de prioritĂ© Ă©levĂ©e, et de trois ans (jusqu’au 28 novembre 2024) pour tous les autres passages Ă  niveau existants (c’est-Ă -dire ceux qui ne satisfont pas au seuil des critères Ă©tablis pour le risque faible ou la prioritĂ© Ă©levĂ©e).

Justification : Ce règlement permet de tenir compte des prĂ©occupations soulevĂ©es par les intervenants quant au respect du dĂ©lai de conformitĂ© en novembre 2021. Les modifications rĂ©glementaires permettent Ă©galement de veiller Ă  ce que les passages Ă  niveau Ă  faible risque ne fassent pas l’objet d’un fardeau indu. Le Règlement accordera non seulement une latitude aux intervenants, mais il contribuera Ă©galement Ă  veiller Ă  ce que les amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© nĂ©cessaires soient priorisĂ©es en fonction du risque et apportĂ©es le plus rapidement possible Ă  la majoritĂ© des passages Ă  niveau au Canada.

Le coĂ»t total des modifications est Ă©valuĂ© Ă  244,03 millions de dollars entre 2021 et 2030 (valeur actualisĂ©e en dollars canadiens de 2020 Ă  un taux d’actualisation de 7 %); de cette somme, 238,21 millions de dollars seraient pris en charge par les Canadiens et 5,82 millions de dollars par les compagnies de chemin de fer. Ces coĂ»ts prĂ©vus reprĂ©sentent les avantages sur le plan de la sĂ©curitĂ© (estimĂ©s au moment de publier le Règlement en 2014) qui ne pourraient pas ĂŞtre obtenus pour les raisons ci-après : (i) le report des dĂ©lais de conformitĂ© relativement aux exigences de modernisation; (ii) dans une moindre mesure, l’exemption des passages Ă  niveau Ă  faible risque de certaines exigences de modernisation. Ces coĂ»ts sont associĂ©s aux dĂ©cès, aux blessures graves et aux dommages matĂ©riels estimĂ©s qui auraient Ă©tĂ© Ă©vitĂ©s si tous les passages Ă  niveau existants se conformaient Ă  ces exigences d’ici le 28 novembre 2021.

On estime que les modifications procureraient des avantages totaux de 110,76 millions de dollars rĂ©partis sur la mĂŞme pĂ©riode d’analyse de 10 ans, d’une valeur de 69,72 millions de dollars pour les autoritĂ©s responsables du service de voirie et de 41,04 millions de dollars pour les compagnies de chemin de fer. Ces avantages font ressortir le rĂ©pit financier que les intervenants concernĂ©s recevraient si les passages Ă  niveau Ă  faible risque Ă©taient exemptĂ©s de la conformitĂ© et si les dĂ©lais de conformitĂ© des passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et d’autres passages Ă  niveau Ă©taient reportĂ©s. De façon gĂ©nĂ©rale, on s’attend Ă  ce que les modifications entraĂ®nent un coĂ»t net de 133,27 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans. MalgrĂ© le coĂ»t net, TC a conclu que les modifications sont dans l’intĂ©rĂŞt public puisqu’elles : (i) remĂ©dient au fait que des milliers de passages Ă  niveau ne respecteraient pas le dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© au 28 novembre 2021; (ii) contribuent Ă  veiller Ă  ce que les modernisations exigĂ©es aux passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e soient priorisĂ©es et apportĂ©es le plus rapidement possible.

Enjeux

Les accidents aux passages à niveau demeurent la source la plus importante de décès et de blessures graves attribuables à l’exploitation ferroviaire au Canada. Le Règlement sur les passages à niveau (le Règlement) devait remédier à cet enjeu persistant et de longue date lié à la sécurité ferroviaire. Cependant, l’approche et l’échéancier utilisés pour améliorer la sécurité aux passages à niveau au Canada posaient un défi important pour diverses raisons, dont les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les finances et les travaux de construction des municipalités, les fardeaux financiers imposés aux propriétaires de passages à niveau privés, les délais imprévus quant à la détermination des propriétaires de passages à niveau privés et les difficultés que pose la conclusion d’ententes entre les autorités responsables du service de voirie et les compagnies de chemin de fer en ce qui a trait aux modernisations exigées et à la répartition des coûts.

Ă€ la suite de vastes consultations menĂ©es auprès des intervenants, tels que les municipalitĂ©s, les autoritĂ©s responsables du service de voirie, les compagnies de chemin de fer et les associations d’agriculteurs, Transports Canada (TC) a conclu que des milliers de passages Ă  niveau assujettis au Règlement ne respecteraient pas le dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© au 28 novembre 2021. Par consĂ©quent, TC Ă©tait d’avis que les exigences de modernisation ne pourraient pas ĂŞtre mises en Ĺ“uvre d’ici le 28 novembre 2021. TC a conclu qu’il ne serait pas en mesure de mettre en application le Règlement Ă  un niveau suffisant pour amĂ©liorer de façon marquĂ©e la situation. Les compagnies de chemin de fer et les propriĂ©taires de passages Ă  niveau publics et privĂ©s ont prĂ©cisĂ© qu’ils auraient encore besoin d’une Ă  trois annĂ©es pour atteindre la conformitĂ© Ă  compter du 28 novembre 2021. C’est pourquoi TC a dĂ©cidĂ© que des modifications rĂ©glementaires s’imposaient pour Ă©viter un nombre Ă©levĂ© de cas de non-conformitĂ© et veiller Ă  ce que les amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© nĂ©cessaires aux passages Ă  niveau soient apportĂ©es le plus rapidement possible en accordant la prioritĂ© aux passages Ă  niveau qui prĂ©sentent un risque plus Ă©levĂ©.

Contexte

Le Règlement est entrĂ© en vigueur le 28 novembre 2014. Il concerne plus de 13 000 passages Ă  niveau publics et plus de 10 000 passages Ă  niveau privĂ©srĂ©fĂ©rence 2 qui sont situĂ©s le long des 41 711 kilomètres (km) de voies ferrĂ©es au Canada. Les compagnies de chemin de fer, les autoritĂ©s responsables du service de voirie et les propriĂ©taires fonciers des passages Ă  niveau existants devaient se conformer aux exigences de modernisation Ă©noncĂ©es dans le Règlement d’ici le 28 novembre 2021, soit sept ans après l’entrĂ©e en vigueur de ce dernier. Ces exigences se rapportaient notamment aux lignes de visibilitĂ©, Ă  la surface de croisement, Ă  la gĂ©omĂ©trie de la route (abord routier, dĂ©clivitĂ©/angle d’intersection, largeur de la chaussĂ©e), aux spĂ©cifications et Ă  la conception du système d’avertissement et Ă  la signalisation. Depuis l’entrĂ©e en vigueur du Règlement en 2014, tous les nouveaux passages Ă  niveau doivent respecter des exigences particulières en matière de sĂ©curitĂ©.

L’objectif principal du Règlement Ă©tait d’accroĂ®tre la sĂ©curitĂ© aux passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale au Canada afin de diminuer le nombre de dĂ©cès, de blessures et de dommages matĂ©riels en :

  1. établissant des normes de sécurité qui ont force exécutoire pour les passages à niveau;
  2. précisant les rôles et les responsabilités des compagnies de chemin de fer, des autorités responsables du service de voirie et des autorités privées;
  3. favorisant la collaboration entre les compagnies de chemin de fer et les autorités responsables du service de voirie.

Durant les deux premières annĂ©es du dĂ©lai de conformitĂ© initial de sept ans, les autoritĂ©s responsables du service de voirie et les compagnies de chemin de fer devaient Ă©changer des renseignements entre elles pour dĂ©terminer si des modernisations s’imposaient. Les cinq autres annĂ©es visaient Ă  accorder aux intervenants suffisamment de temps pour planifier et prĂ©parer les travaux de modernisation exigĂ©s et rĂ©aliser la majoritĂ© des travaux de construction en 2020 et 2021.

Le Règlement a prĂ©cisĂ© les rĂ´les et les responsabilitĂ©s des compagnies de chemin de fer, des autoritĂ©s responsables du service de voirie et des autoritĂ©s privĂ©es. ConformĂ©ment au Règlement, ces dernières se partagent la responsabilitĂ© de gĂ©rer la sĂ©curitĂ© aux passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Des milliers de nouvelles parties rĂ©glementĂ©es (quelque 1 600 autoritĂ©s responsables du service de voirie et 9 000 propriĂ©taires de passages Ă  niveau privĂ©s) ont ainsi Ă©tĂ© appelĂ©es Ă  apporter leur contribution. Par consĂ©quent, les intervenants ont fait face Ă  des dĂ©fis inattendus liĂ©s Ă  l’échange de renseignements sur la sĂ©curitĂ© et Ă  l’évaluation des modernisations exigĂ©es des passages Ă  niveau publics. Il s’est Ă©galement avĂ©rĂ© difficile d’identifier les propriĂ©taires de passages Ă  niveau privĂ©s. Ces dĂ©fis ont ainsi occasionnĂ© des retards et des diffĂ©rends Ă  propos de la rĂ©partition des coĂ»ts.

Passages Ă  niveau publics

La compagnie de chemin de fer et l’autoritĂ© responsable du service de voirie se partagent la responsabilitĂ© d’assurer la sĂ©curitĂ© aux passages Ă  niveau publics. En ce qui a trait aux passages Ă  niveau publics existants, les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie devaient s’échanger les renseignements exigĂ©s dans les deux ans suivant l’entrĂ©e en vigueur du Règlement (au 28 novembre 2016). Chaque partie avait ainsi le temps d’évaluer la sĂ©curitĂ© de son infrastructure et de planifier en consĂ©quence. Plusieurs autoritĂ©s responsables du service de voirie ont Ă©tĂ© confrontĂ©es Ă  diverses difficultĂ©s durant cette Ă©tape; lors de leur communication avec les compagnies de chemin de fer, elles ont prĂ©cisĂ© qu’elles ne disposaient pas des ressources ou de l’expertise pour recueillir et valider les renseignements sur la sĂ©curitĂ© exigĂ©s. Les compagnies de chemin de fer ont relevĂ© diverses lacunes dans les renseignements fournis par certaines autoritĂ©s responsables du service de voirie, et elles ont dĂ» dĂ©ployer d’autres efforts de communication et d’enquĂŞte pour valider les renseignements. Par consĂ©quent, les difficultĂ©s rencontrĂ©es pour recueillir les renseignements sur la sĂ©curitĂ© et les restrictions associĂ©es Ă  la pandĂ©mie ont eu d’importantes rĂ©percussions sur le respect du dĂ©lai de conformitĂ© avec les modernisations.

De plus, depuis l’automne 2019, les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie ont soulevĂ© des prĂ©occupations Ă  propos de leur capacitĂ© Ă  procĂ©der aux travaux de modernisation exigĂ©s Ă  leurs passages Ă  niveau et ont prĂ©cisĂ© qu’elles ne respecteraient pas le dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© en novembre 2021. Ces prĂ©occupations se sont d’ailleurs accrues depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie de COVID-19. Il a toujours Ă©tĂ© prĂ©vu que la majoritĂ© des modernisations exigĂ©es des passages Ă  niveau publics aient lieu vers la fin du cycle quinquennal de planification municipale, soit durant les Ă©tĂ©s 2020 et 2021. Par contre, toute la saison de construction 2020 a Ă©tĂ© perdue en raison de la pandĂ©mie et les municipalitĂ©s, qui sont confrontĂ©es maintenant Ă  des restrictions budgĂ©taires, Ă  des revenus Ă  la baisse et Ă  des prioritĂ©s en santĂ© publique, n’ont pas les ressources financières pour investir dans les modernisations exigĂ©es. Ces restrictions ont des rĂ©percussions Ă©videntes puisqu’on estime qu’environ 85 % des passages Ă  niveau publics existants ne sont actuellement pas conformes aux exigences de modernisation du Règlement.

Passages à niveau privés

En gĂ©nĂ©ral, les compagnies de chemin de fer sont responsables de veiller Ă  la sĂ©curitĂ© aux passages Ă  niveau privĂ©s. Par contre, les compagnies de chemin de fer ont conclu, dans certains cas, des ententes avec les propriĂ©taires de passages Ă  niveau privĂ©s, qui vivent pour la plupart dans les milieux agricoles, et ceux-ci peuvent ĂŞtre responsables jusqu’à concurrence de 100 % des coĂ»ts des modernisations exigĂ©es pour satisfaire au Règlement. Depuis janvier 2020, les compagnies de chemin de fer ont commencĂ© Ă  envoyer des lettres Ă  ces propriĂ©taires pour les informer qu’ils recevraient les factures des travaux qui seraient accomplis Ă  leur passage Ă  niveau. Dans la publication prĂ©alable du rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (REIR), le coĂ»t d’un système d’avertissement rĂ©gulier avait Ă©tĂ© Ă©valuĂ© Ă  200 000 $. Bien que les montants approximatifs de ces factures varient, des compagnies de chemin de fer ont informĂ© TC que le coĂ»t d’un système d’avertissement peut varier entre 300 000 $ et 600 000 $, ou plus. La majoritĂ©, sinon la totalitĂ©, des propriĂ©taires fonciers n’auraient pas les moyens de payer un tel système. Ces coĂ»ts ont suscitĂ© beaucoup d’intĂ©rĂŞt de la part des mĂ©dias, et certains intervenants affirment qu’ils n’ont pas Ă©tĂ© bien informĂ©s du dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© en novembre 2021. Les compagnies de chemin de fer ont indiquĂ© qu’elles ont accusĂ© des retards pour ce qui est : (i) de cerner les modernisations nĂ©cessaires; (ii) de dĂ©terminer et d’informer les propriĂ©taires de passages Ă  niveau privĂ©s. Les deux activitĂ©s se sont avĂ©rĂ©es plus complexes que prĂ©vu. Ă€ l’heure actuelle, seulement 22 % des passages Ă  niveau privĂ©s sont jugĂ©s entièrement conformes aux exigences de modernisation.

Efforts de sensibilisation de Transports Canada

TC a dĂ©ployĂ© beaucoup d’efforts de sensibilisation auprès de l’industrie et des intervenants depuis 2015 pour favoriser la collaboration entre les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie et pour promouvoir la conformitĂ© d’ici la date limite en utilisant tous les outils Ă  sa disposition.

TC a dĂ©ployĂ© les efforts ci-dessous pour encourager et aider les intervenants Ă  se conformer au Règlement :

Selon les donnĂ©es de TC, ces efforts ont aidĂ© l’industrie et les intervenants Ă  atteindre un taux de conformitĂ© d’environ 99 % en date de mars 2021 pour les exigences liĂ©es Ă  l’échange des renseignements du Règlement, comparativement Ă  82 % en 2016. Les travaux se sont poursuivis pour recueillir les renseignements manquants jusqu’à l’étĂ© 2021. Par contre, il est devenu Ă©vident que le dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© au mois de novembre 2021 pour les modifications exigĂ©es ne serait pas respectĂ© et qu’en consĂ©quence, des milliers de passages Ă  niveau ne seraient pas conformes si le Règlement n’était pas modifiĂ©.

Champ d’application

Outre les nombreux défis qui ont eu des répercussions sur la mise en œuvre opportune des modernisations exigées par les intervenants, TC a conclu que le champ d’application du Règlement de 2014 était trop vaste et qu’il devait, par conséquent, être modifié.

TC a accumulé beaucoup plus de données depuis l’élaboration initiale du Règlement, ce qui lui a permis d’analyser d’une manière plus exhaustive et précise les risques associés aux passages à niveau au Canada. À titre d’exemple, TC possède maintenant la Passerelle intégrée de la sécurité ferroviaire (PISF), un système de données qui a été conçu pour conférer aux inspecteurs la capacité de documenter, d’analyser et de présenter les résultats de leurs activités de surveillance. Grâce à la PISF, TC peut mieux consigner et regrouper ses résultats d’inspection, lesquels servent ensuite à appuyer un processus décisionnel fondé sur les risques qui est mieux éclairé.

TC utilise également GradeX, un outil Web interne d’analyse des risques, pour générer une liste des passages à niveau qui est ensuite publiée chaque année sur la page Web de l’Inventaire des passages à niveauréférence 3 du portail de données ouvertes du gouvernement du Canada. Cette liste de passages à niveau contient des données sur les endroits et les caractéristiques de tous les passages à niveau au Canada. TC utilise ensuite ces données pour soutenir le programme d’inspection de la sécurité ferroviaire.

Au moyen des renseignements tirĂ©s des activitĂ©s d’inspection de la PISF, de GradeX ainsi que des donnĂ©es sur les Ă©vĂ©nements ferroviaires du Bureau de la sĂ©curitĂ© des transports du Canada (BST), TC a conclu que les passages Ă  niveau qui reprĂ©sentent très peu de risque d’accident grave ont des caractĂ©ristiques communes. Ă€ l’aide de ces renseignements, TC a Ă©tĂ© en mesure d’élaborer un ensemble objectif de critères pour les passages Ă  niveau qui posent un risque très faible. Selon les renseignements disponibles, TC estime que 3 734 passages Ă  niveau actuellement assujettis aux exigences de modernisation Ă©noncĂ©es dans le Règlement pourraient ĂŞtre exemptĂ©s.

Objectif

Les modifications rĂ©glementaires visent principalement Ă  tenir compte des prĂ©occupations soulevĂ©es par les intervenants au sujet du respect du dĂ©lai de conformitĂ© de novembre 2021 et Ă  veiller Ă  ce que les exigences en matière de sĂ©curitĂ© Ă©noncĂ©es pour les passages Ă  niveau existants reflètent mieux leur niveau de risque relatif. MĂŞme si les dĂ©lais de conformitĂ© sont reportĂ©s et si certains passages Ă  niveau sont retirĂ©s du champ d’application, les modifications rĂ©glementaires permettront tout de mĂŞme d’appuyer les objectifs de sĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©raux du Règlement de 2014 en veillant Ă  ce que les amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© soient apportĂ©es Ă  la majoritĂ© des passages Ă  niveau au Canada dès que cela est raisonnablement possible. Les travaux de modernisation auront d’abord lieu aux passages Ă  niveau prĂ©sentant un risque plus Ă©levĂ©.

Sans les modifications, on s’attendait Ă  ce que l’Office reçoive un niveau Ă©levĂ© de plaintes des propriĂ©taires de passages Ă  niveau privĂ©s d’ici le dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© en novembre 2021. Ces modifications permettent d’exclure de manière permanente environ 32 % des passages Ă  niveau privĂ©s des exigences et de prolonger le dĂ©lai de trois ans pour quelque 68 % des passages Ă  niveau privĂ©s. Cela pourrait se traduire par une rĂ©duction immĂ©diate de 32 % du nombre de plaintes que l’Office pourrait recevoir de la part des propriĂ©taires de passages Ă  niveau privĂ©s ainsi que l’étalement de la majoritĂ© des plaintes dĂ©posĂ©es par les propriĂ©taires d’autres passages Ă  niveau privĂ©s sur trois annĂ©es supplĂ©mentaires.

Description

1. Établir les critères de risque

Comme il a Ă©tĂ© susmentionnĂ©, TC a conclu que le champ d’application du Règlement de 2014 n’était pas optimal après avoir effectuĂ© des analyses approfondies des donnĂ©es, qui ont pris en considĂ©ration le volume et la vitesse des trains aux passages Ă  niveau ainsi que la probabilitĂ© et les rĂ©percussions potentielles des incidents. Par consĂ©quent, TC a Ă©laborĂ© une approche en trois volets, qui est fondĂ©e sur les risques, Ă  l’égard du champ d’application. Cette approche porte en particulier sur les facteurs de risque ci-après :

Passages à niveau de priorité élevée

Le Règlement dĂ©finit les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e comme Ă©tant les passages Ă  niveau publics oĂą la moyenne quotidienne de mouvements ferroviairesrĂ©fĂ©rence 4 est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  10 trains et oĂą la vitesse de rĂ©fĂ©rence sur la voie ferrĂ©erĂ©fĂ©rence 5 est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  97 km/h (60 mi/h).

Selon les donnĂ©es de TC, la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP) et VIA Rail Canada (VIA Rail) sont les seules compagnies dont les passages Ă  niveau satisfont aux critères Ă©tablis pour les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e. La nouvelle dĂ©finition des passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e concernera 2 125 passages Ă  niveau publics.

Passages Ă  niveau Ă  faible risque

Les passages Ă  niveau Ă  faible risque sont ceux qui, selon TC, ont des risques rĂ©siduels minimes, qu’ils soient modernisĂ©s ou non. Autrement dit, TC a conclu que mĂŞme si ces passages sont assujettis aux exigences Ă©noncĂ©es dans les articles 19 Ă  96 du Règlement, ils procureraient peu d’avantages notables sur le plan de la sĂ©curitĂ©.

Plus particulièrement, les passages Ă  niveau qui satisfont Ă  tous les critères Ă©noncĂ©s dans l’une des quatre catĂ©gories ci-dessous sont jugĂ©s Ă  faible risque (dans la mesure oĂą ils continuent de respecter les critères) :

  1. les passages Ă  niveau publics oĂą la moyenne annuelle de mouvements ferroviaires quotidiens est infĂ©rieure Ă  trois, la vitesse de rĂ©fĂ©rence sur la voie ferrĂ©e est Ă©gale ou infĂ©rieure Ă  17 km/h (10 mi/h), une seule voie ferrĂ©e traverse le passage Ă  niveau, la distance de stockagerĂ©fĂ©rence 6 est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  30 mètres (sauf si les piĂ©tons et les vĂ©hicules non motorisĂ©s sont les seuls Ă  avoir accès Ă  partir de l’abord routier), le sifflet est exigĂ© ou autorisĂ© lorsque le matĂ©riel roulant s’approche du passage Ă  niveau et le produit vectorielrĂ©fĂ©rence 7 est infĂ©rieur Ă  2 000;
  2. les passages Ă  niveau privĂ©s oĂą la vitesse de rĂ©fĂ©rence sur la voie ferrĂ©e est Ă©gale ou infĂ©rieure Ă  17 km/h (10 mi/h), un maximum de deux voies ferrĂ©es traversent le passage Ă  niveau et le produit vectoriel est infĂ©rieur Ă  100;
  3. les passages Ă  niveau privĂ©s oĂą la vitesse de rĂ©fĂ©rence sur la voie ferrĂ©e est Ă©gale ou infĂ©rieure Ă  41 km/h (25 mi/h) pour les trains de marchandises et Ă  49 km/h (30 mi/h) pour les trains de voyageurs, une seule voie ferrĂ©e traverse le passage Ă  niveau, la distance de stockage est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  30 mètres (sauf si les piĂ©tons et les vĂ©hicules non motorisĂ©s sont les seuls Ă  avoir accès Ă  partir de l’abord routier), le produit vectoriel est infĂ©rieur Ă  100 et il n’y a aucun trottoir;
  4. les passages à niveau publics ou privés où la moyenne annuelle de mouvements ferroviaires quotidiens est de zéro.
Autres passages Ă  niveau

Les passages Ă  niveau qui ne rĂ©pondent pas Ă  la dĂ©finition d’un « passage Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e Â» ou qui ne correspondent pas Ă  l’une des quatre catĂ©gories de passages Ă  niveau Ă  faible risque ne sont pas dĂ©finis explicitement dans le Règlement. Ă€ l’heure actuelle, cette catĂ©gorie gĂ©nĂ©rale inclut environ 17 469 passages Ă  niveau, soit 75 % de tous les passages Ă  niveau assujettis au Règlement.

Changements Ă  un passage Ă  niveau

Il est à noter qu’un passage à niveau pourrait devenir assujetti à des exigences ou échéances différentes aux fins de conformité si des changements sont apportés à la vitesse de référence sur la voie ferrée, à la moyenne annuelle de mouvements ferroviaires quotidiens, au produit vectoriel ou à tout autre critère pertinent au passage à niveau. Les caractéristiques opérationnelles d’un passage à niveau ne sont pas statiques et peuvent varier avec le temps (par exemple une augmentation de la vitesse des trains afin de maintenir un certain niveau de service, une augmentation ou diminution du volume de circulation routière à la suite d’activités de planification urbaine). Les intervenants qui apporteront des modifications à un passage à niveau, lequel relèvera en conséquence d’une catégorie de risque différente en vertu du Règlement, devront s’assurer que toutes les exigences de modernisation sont respectées dans les délais prévus dans le Règlement ou, si ces échéanciers ont expiré, avant d’apporter toute modification au passage à niveau.

2. Ajouter un champ d’application pour exclure les passages Ă  niveau Ă  faible risque des articles 19 Ă  96 du Règlement

Le champ d’application du Règlement est modifiĂ© afin d’exclure les passages Ă  niveau Ă  faible risque des exigences prĂ©vues dans les articles 19 Ă  96 du Règlement.

Ces articles prĂ©voient les exigences liĂ©es aux lignes de visibilitĂ© ainsi qu’à la conception, la construction, les panneaux et les systèmes d’avertissement des nouveaux passages Ă  niveau publics et privĂ©s; les exigences mises Ă  jour pour les passages Ă  niveau existants publics et privĂ©s, et les exigences gĂ©nĂ©rales concernant le boĂ®tier des instruments, les inspections, la mise Ă  l’essai et l’entretien. Un grand nombre de franchissements d’un champ Ă  l’autre utilisĂ©s par les fermiers, qui reprĂ©sentent une grande proportion des passages Ă  niveau privĂ©s, ainsi que de nombreux passages Ă  niveau publics et privĂ©s situĂ©s sur les voies ferrĂ©es qui seront abandonnĂ©es au cours des trois prochaines annĂ©es, figureront vraisemblablement parmi les passages Ă  niveau Ă  faible risque exclus de l’application des articles 19 Ă  96 du Règlement.

Les modifications permettent de réduire le nombre de passages à niveau concernés par les exigences de modernisation et d’atténuer les préoccupations des propriétaires fonciers qui devaient assumer d’importantes dépenses afin de moderniser leurs passages à niveau malgré le volume de la circulation minime. De plus, elles devraient permettre de diminuer les pressions sur l’Office qui est appelé à assurer la médiation des différends actuels et potentiels entre les compagnies de chemin de fer et les propriétaires fonciers en ce qui a trait aux coûts liés à la modernisation des passages à niveau.

En outre, les modifications permettent d’écarter du champ d’application un total de 3 734 passages Ă  niveau Ă  faible risque, dont 496 sont publics et 3 238 sont privĂ©s, dans la mesure oĂą ils continuent de satisfaire aux critères. Selon les donnĂ©es disponibles, ces passages Ă  niveau Ă  faible risque reprĂ©sentent environ 16 % de tous les passages Ă  niveau actuellement assujettis au Règlement. MalgrĂ© l’exclusion, si TC dĂ©termine qu’un passage Ă  niveau prĂ©sente un risque pour la sĂ©curitĂ©, des options demeurent disponibles en vertu de la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire (LSF) pour qu’il aborde ce risque ou risque imminent.

Sur les 3 238 passages Ă  niveau privĂ©s qui ont Ă©tĂ© exclus, 1 099 d’entre eux sont exclus puisque la vitesse de rĂ©fĂ©rence sur la voie ferrĂ©e est Ă©gale ou infĂ©rieure Ă  17 km/h (10 mi/h), un maximum de deux voies ferrĂ©es traversent le passage Ă  niveau et le produit vectoriel est infĂ©rieur Ă  100. De plus, 2 593 passages Ă  niveau privĂ©s sont exclus puisque la vitesse de rĂ©fĂ©rence sur la voie ferrĂ©e est Ă©gale ou infĂ©rieure Ă  41 km/h (25 mi/h) pour les trains de marchandises et Ă  49 km/h (30 mi/h) pour les trains de voyageurs, une seule voie ferrĂ©e traverse le passage Ă  niveau, la distance de stockage est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  30 m, le produit vectoriel est infĂ©rieur Ă  100 et il n’y a aucun trottoir. Enfin, 253 passages Ă  niveau privĂ©s sont exclus puisqu’aucun train n’y circule. Il convient de prĂ©ciser que 707 passages sont visĂ©s par plus d’un critère d’exclusion Ă©tabli pour les passages Ă  niveau privĂ©s Ă  faible risque.

TC estime que des coĂ»ts ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© assumĂ©s pour moderniser approximativement 665 passages Ă  niveau privĂ©s Ă  faible risque afin qu’ils se conforment aux exigences du Règlement d’ici la date de conformitĂ© qui Ă©tait initialement prĂ©vue en novembre 2021. Il est probable que bon nombre d’entre eux devaient faire l’objet de modernisations minimes pour satisfaire au Règlement.

Les passages Ă  niveau Ă  faible risque demeurent assujettis aux dispositions rĂ©glementaires relatives aux dĂ©finitions (article 1), Ă  l’application (article 2), au respect des exigences (article 3), au partage des renseignements (articles 4 Ă  18), Ă  l’obstruction du passage Ă  niveau (articles 97 Ă  103), Ă  l’avertissement audible (articles 104 Ă  107) et aux registres (articles 108 Ă  110). Les justifications pour conserver les passages Ă  niveau Ă  faible risque assujettis Ă  ces articles sont Ă©noncĂ©es ci-après.

  1. Article 1 : Les dĂ©finitions sont pertinentes pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque, car ceux-ci sont encore assujettis Ă  certaines exigences du Règlement.
  2. Article 2 : Le champ d’application est pertinent pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque, car il Ă©nonce les critères qui concernent ces passages Ă  niveau.
  3. Article 3 : L’article « Respect des exigences Â» dĂ©crit avec prĂ©cision les rĂ´les et les responsabilitĂ©s que les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie assument au titre du Règlement en ce qui concerne les passages Ă  niveau publics et privĂ©s. Avant l’entrĂ©e en vigueur du Règlement en novembre 2014, les rĂ´les et les responsabilitĂ©s que ces parties devaient exercer pour surveiller la condition des passages Ă  niveau existants Ă©taient souvent peu clairs, et plusieurs rapports d’examen de la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire ont rĂ©vĂ©lĂ© que la nature intergouvernementale des passages Ă  niveau est Ă  l’origine de leurs lacunes en matière de sĂ©curitĂ©. Puisque certains articles du Règlement Ă©noncent encore des responsabilitĂ©s liĂ©es aux passages Ă  niveau Ă  faible risque pour les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie, l’article 3 continue de s’appliquer.
  4. Articles 4 Ă  18 : Selon les exigences rĂ©glementaires liĂ©es au partage des renseignements, les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie devaient s’échanger des renseignements dans les deux ans suivant l’approbation et la publication du Règlement, c’est-Ă -dire au 28 novembre 2016. Les compagnies de chemin de fer sont Ă©galement tenues de conserver les renseignements les plus rĂ©cents qui ont Ă©tĂ© Ă©changĂ©s. Ces exigences visent Ă  garantir que les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie possèdent les renseignements dont elles ont besoin pour Ă©valuer les modifications qui s’imposent, au besoin, afin que les passages Ă  niveau soient conformes au Règlement. Les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie sont Ă©galement tenues de s’échanger des renseignements lorsqu’un nouveau passage Ă  niveau est construit ou qu’une modification ou un changement opĂ©rationnel est apportĂ© Ă  un passage Ă  niveau. Ces articles continueront de s’appliquer Ă  tous les passages Ă  niveau puisqu’ils comprennent des exigences liĂ©es au partage des renseignements portant sur des changements planifiĂ©s aux opĂ©rations d’un passage Ă  niveau afin que les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie possèdent les renseignements dont elles ont besoin pour Ă©valuer la sĂ©curitĂ© de leur infrastructure et planifier en consĂ©quence.
  5. Articles 97 Ă  103 : Avant l’entrĂ©e en vigueur du Règlement en novembre 2014, des rapports d’examen de la Loi sur la sĂ©curitĂ© ferroviaire ont rĂ©vĂ©lĂ© que l’obstruction des passages Ă  niveau Ă©tait une grave prĂ©occupation en matière de sĂ©curitĂ©. Selon les articles ayant trait Ă  l’obstruction des passages Ă  niveau, lorsqu’une ville, une municipalitĂ© ou toute autre circonscription administrative adopte une rĂ©solution selon laquelle l’obstruction d’un passage Ă  niveau public suscite une prĂ©occupation en matière de sĂ©curitĂ©, les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie doivent travailler de concert pour remĂ©dier Ă  la prĂ©occupation. De plus, les compagnies de chemin de fer doivent prendre toutes les mesures nĂ©cessaires pour libĂ©rer un passage Ă  niveau public dès qu’un vĂ©hicule d’urgence doit le franchir. Les autoritĂ©s responsables du service de voirie doivent s’assurer que les vĂ©hicules ne s’arrĂŞtent pas sur la surface de croisement d’un passage Ă  niveau public. Ces articles continueront de s’appliquer aux passages Ă  niveau Ă  faible risque puisque la justification et les avantages sur le plan de la sĂ©curitĂ© sont encore pertinents.
  6. Articles 104 Ă  107 : Les articles concernant l’avertissement audible du Règlement Ă©noncent les exigences Ă  respecter pour que le sifflet du train soit interdit dans un territoire conformĂ©ment Ă  l’article 23.1 de la LSF ainsi que les caractĂ©ristiques de sĂ©curitĂ© d’un passage Ă  niveau par rapport Ă  l’avertissement audible. Ă€ titre d’exemple, un passage Ă  niveau doit ĂŞtre dotĂ© d’un système d’avertissement afin d’y autoriser l’interdiction du sifflet. Ces articles continueront de s’appliquer aux passages Ă  niveau Ă  faible risque puisque la justification et les avantages sur le plan de la sĂ©curitĂ© sont encore pertinents.
  7. Articles 108 Ă  110 : Les exigences relatives Ă  la conservation des registres aident TC Ă  mener ses activitĂ©s de surveillance et d’application du Règlement, et elles sont encore pertinentes pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque mĂŞme si les modifications sont apportĂ©es.

3. Prolonger le délai de conformité d’un an pour les passages à niveau de priorité élevée et de trois ans pour les autres passages à niveau

Les modifications permettent de prolonger le dĂ©lai de conformitĂ© fixĂ© en novembre 2021 d’un an pour les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et de trois ans pour les autres passages Ă  niveau.

Compte tenu de l’ampleur des travaux que les compagnies de chemin de fer et les autorités responsables du service de voirie doivent encore accomplir à l’égard des passages à niveau publics, le report de la date d’échéance en fonction des risques permet de veiller à ce que les parties priorisent leurs efforts et leurs ressources afin de rendre conformes les passages à niveau publics à haut risque dès que possible.

Pour établir les délais de conformité, TC a consulté des intervenants, tels que les compagnies de chemin de fer et les autorités responsables du service de voirie, et a examiné des données de manière approfondie, en tenant notamment compte des risques et des conséquences des collisions et du nombre de collisions qui sont survenues.

Prolongation basée sur les risques

À la lumière des consultations menées auprès des intervenants, tels que les compagnies de chemin de fer et les autorités responsables du service de voirie, TC a conclu que de une à trois années supplémentaires seraient nécessaires pour que tous les passages à niveau soient conformes. De plus, il a déterminé que les passages à niveau publics à haut risque devraient être prioritaires en vue de préserver les avantages sur le plan de la sécurité du Règlement.

Lorsque TC a élaboré les prolongations proposées des délais de conformité, il a pris en considération des facteurs comme un examen de l’historique des collisions, la probabilité de collisions et les conséquences des collisions. Il a notamment examiné des données du BST, des données de GradeX ainsi que les exigences actuelles du Règlement.

Prolongation du délai d’un an pour les passages à niveau à priorité élevée

Grâce aux ensembles de données, TC a élaboré une approche fondée sur les risques selon laquelle les passages à niveau, où des collisions ont occasionné des blessures graves ou mortelles, sont comparés pour déceler les caractéristiques communes. Cette approche fondée sur les risques a été validée à l’aide de données tirées de GradeX. Les intervenants ont mentionné qu’ils tiennent à cœur la sécurité aux passages à niveau publics et qu’ils s’efforcent d’atteindre la conformité dès que possible. Il a été conclu que les passages à niveau dont les caractéristiques posent un risque plus élevé doivent se voir accorder la priorité.

Au total, il est estimĂ© que 2 125 passages Ă  niveau publics seraient considĂ©rĂ©s comme une prioritĂ© Ă©levĂ©e et devraient ĂŞtre conformes d’ici la date limite reportĂ©e au 28 novembre 2022. Selon les donnĂ©es disponibles, ces passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e reprĂ©sentent environ 9 % de tous les passages Ă  niveau qui sont actuellement assujettis au Règlement. Puisque les intervenants dĂ©ploient dĂ©jĂ  des efforts en vue d’atteindre la conformitĂ©, le fait de prolonger la date limite d’un an pour les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e leur permettra non seulement de concentrer leurs efforts sur 9 % des passages Ă  niveau, mais Ă©galement de profiter d’une autre saison de construction et de 12 mois additionnels pour obtenir le financement municipal nĂ©cessaire pour moderniser leurs passages Ă  niveau. Enfin, cela permettra d’échelonner sur 12 autres mois le recours potentiel aux ressources de l’Office pour rĂ©gler les diffĂ©rends relatifs aux coĂ»ts de toute modernisation nĂ©cessaire entre les autoritĂ©s responsables du service de voirie et les compagnies de chemin de fer.

Prolongation du délai de trois ans pour tous les autres passages à niveau

Environ 17 469 passages Ă  niveau, soit 75 % de tous les passages Ă  niveau au Canada, obtiendront une prolongation du dĂ©lai de trois ans (jusqu’au 28 novembre 2024). Selon le Règlement entrĂ© en vigueur en 2014, les intervenants Ă©taient initialement responsables de planifier et prioriser les modernisations Ă  effectuer aux fins de conformitĂ©. Grâce Ă  la prolongation de trois ans, les intervenants pourront consacrer leurs ressources Ă  la modernisation de ces passages Ă  niveau dès qu’ils auront achevĂ© les travaux exigĂ©s aux passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e. Ils devront notamment mettre la dernière main aux plans de travail après l’évaluation des renseignements sur la sĂ©curitĂ© de leurs passages Ă  niveau, au besoin. Durant les consultations, des intervenants ont mentionnĂ© que le Règlement Ă©tait fondĂ© sur le principe que cinq ans leur seraient accordĂ©s pour planifier et effectuer les travaux de modernisation nĂ©cessaires après les deux premières annĂ©es rĂ©servĂ©es Ă  l’échange des renseignements sur la sĂ©curitĂ© entre eux. Par consĂ©quent, et compte tenu du fait que l’échange des renseignements a pris plus de temps que prĂ©vu, les intervenants dĂ©siraient obtenir un dĂ©lai Ă©quivalent. Selon les donnĂ©es de TC, les intervenants respectaient 92 % des exigences relatives Ă  l’échange des renseignements Ă  la fin de 2018, et ce pourcentage a augmentĂ© peu Ă  peu jusqu’à atteindre 99 % en mars 2021. Le retard accusĂ© est principalement attribuable aux efforts supplĂ©mentaires que les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie ont dĂ» dĂ©ployer pour valider les renseignements Ă©changĂ©s. Par consĂ©quent, la date limite prolongĂ©e jusqu’au 28 novembre 2024 pour les autres passages Ă  niveau permettra ainsi d’accorder les cinq annĂ©es initialement prĂ©vues pour planifier et effectuer les travaux de modernisation nĂ©cessaires Ă  une grande majoritĂ© des passages Ă  niveau.

Ce dĂ©lai reportĂ© devrait ĂŞtre rĂ©alisable puisque 85 % des passages Ă  niveau publics et 78 % des passages Ă  niveau privĂ©s qui ne sont pas actuellement conformes au Règlement doivent seulement faire l’objet d’une modernisation mineure. Il pourrait s’agir de lignes de visibilitĂ©, de la signalisation, etc., mais jamais de l’installation d’un nouveau système d’avertissement. Bien que la majoritĂ© des travaux de modernisation soient mineurs, le volume considĂ©rable de passages Ă  niveau visĂ©s par ces changements, et le fait qu’environ 95 % de ces passages Ă  niveau appartiennent aux deux plus grandes compagnies de chemin de fer canadiennes, qui doivent coordonner les modernisations chacune de leur cĂ´tĂ© auprès de centaines ou de milliers d’intervenants diffĂ©rents, signifie qu’il serait tout simplement impossible d’effectuer tous les travaux de modernisation mineurs Ă  tous ces passages Ă  niveau d’ici novembre 2021.

Système d’avertissement à usage restreint

Après la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada, d’autres modifications ont Ă©tĂ© apportĂ©es au Règlement dans le but de donner suite aux commentaires des compagnies et des associations de chemin de fer concernant le coĂ»t des systèmes d’avertissement pour les propriĂ©taires fonciers. Bien que les montants approximatifs varient, des compagnies de chemin de fer ont informĂ© TC que le coĂ»t d’un système d’avertissement peut atteindre 600 000 $, ou plus. La majoritĂ©, sinon la totalitĂ©, des propriĂ©taires fonciers n’auraient pas les moyens de payer un tel système.

Un système d’avertissement est gĂ©nĂ©ralement composĂ© de feux clignotants et d’une sonnerie. Il peut Ă©galement comprendre des barrières. Ils sont gĂ©nĂ©ralement installĂ©s Ă  des passages Ă  niveau publics. Quant au système d’avertissement Ă  usage restreint, il est habituellement composĂ© uniquement de feux clignotants. Ces options ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es afin d’être utilisĂ©es Ă  des passages Ă  niveau privĂ©s oĂą l’accès est restreint ou contrĂ´lĂ©. TC estime qu’il en coĂ»terait (en moyenne) approximativement 200 000 $ pour l’installation d’un tel système d’avertissement.

Pour les nouveaux passages à niveau privés, le Règlement permet cette option dans les cas où l’usage du passage à niveau est restreint, si ce dernier respecte les critères. Par exemple, si le passage à niveau donne accès à moins de trois maisons d’habitation privées et ne donne pas accès à un commerce, un système d’avertissement et des panneaux à usage restreint qui respectent les normes de l’appendice B des Normes sur les passages à niveau peuvent être installés. De plus un système d’avertissement à usage restreint avec feux de signalisation piétonniers respectant les normes décrites à l’appendice C des Normes sur les passages à niveau peut être installé à un passage à niveau au lieu d’un système d’avertissement standard si certaines conditions sont en place. Par exemple, si l’accès à la route est contrôlé par une barrière verrouillée ou le passage à niveau est destiné à l’usage exclusif de l’autorité privée et n’est pas utilisé par le public.

Les modifications au Règlement permettent désormais l’installation d’un système d’avertissement à usage restreint à un passage à niveau privé existant afin de se conformer aux exigences des lignes de visibilité, tant que les mêmes restrictions d’accès qui s’appliquent aux nouveaux passages à niveau sont respectées et maintenues. Ces exigences reflètent les critères existants dans le Règlement pour les nouveaux passages à niveau privés.

Élaboration de la réglementation

Consultation

TC a menĂ© de vastes consultations auprès des compagnies de chemin de fer au sujet du dĂ©lai de conformitĂ© prĂ©vu en novembre 2021 afin de cibler de potentielles solutions Ă  mettre en avant, et les compagnies de chemin de fer lui ont fourni des donnĂ©es pour valider l’approche adoptĂ©e pour la modification du Règlement.

Au dĂ©but du mois de janvier 2021, les responsables de TC ont poussĂ© plus loin ces activitĂ©s en lançant un vaste processus de consultation publique sur les modifications proposĂ©es, y compris l’approche qui compte trois volets et est fondĂ©e sur les risques, au moyen du portail de consultation en ligne « Parlons transport Â» de TC. Les intervenants qui risquaient d’être touchĂ©s par les modifications proposĂ©es au Règlement, comme les compagnies de chemin de fer, les provinces, les municipalitĂ©s et les associations municipales, ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une pĂ©riode de 30 jours pour fournir des commentaires Ă  partir du portail. TC a reçu 40 rĂ©ponses sur le forum Parlons transport ainsi que 25 rĂ©ponses sous forme de lettres et de courriels. Tous les commentaires reçus Ă©taient favorables Ă  l’approche globale proposĂ©e pour modifier le Règlement. TC n’a reçu aucun commentaire d’intervenants se disant prĂ©occupĂ©s d’avoir dĂ©jĂ  investi dans des travaux de modernisation pour se conformer aux exigences du Règlement avant le dĂ©lai de conformitĂ© qui Ă©tait initialement prĂ©vu en novembre 2021.

Publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Les modifications ont fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 19 juin 2021, suivie d’une pĂ©riode de consultation de 30 jours. Au total, 19 avis ont Ă©tĂ© soumis par les compagnies et les associations de chemin de fer, les autoritĂ©s provinciales, les associations municipales, les organismes qui reprĂ©sentent les producteurs, et un membre du public.

La plupart des intervenants se sont montrés favorables à l’approche fondée sur les risques adoptée dans les modifications réglementaires proposées et à la prolongation des délais de conformité fixés pour les exigences de modernisation. Néanmoins, certains intervenants ont fait part de leurs inquiétudes quant à la portée des critères pour les passages à niveau à faible risque, au coût des travaux de modernisation, aux délais de conformité, à la ponctualité des services ferroviaires voyageurs et au maintien des normes minimales de sécurité aux passages à niveau de compétence fédérale.

TC a examiné l’ensemble des commentaires des intervenants, et le Règlement a été modifié de façon à atténuer certaines préoccupations sans compromettre les objectifs de sécurité établis au moment de la publication préalable. Des modifications ont été apportées afin de mieux préciser la portée des critères pour les passages à niveau à faible risque et de permettre l’installation d’un système d’avertissement à usage restreint à un passage à niveau privé existant qui ne possédait pas de système d’avertissement auparavant. Aucune modification n’a toutefois été apportée dans le but de prolonger davantage les délais de conformité.

Passages Ă  niveau Ă  faible risque

Le Règlement prĂ©alablement publiĂ© Ă©tablissait une condition voulant que, pour qu’un passage Ă  niveau public soit jugĂ© Ă  faible risque, la distance de stockage devait ĂŞtre Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  30 mètres. La distance de stockage dĂ©signe, sur une route traversant un passage Ă  niveau, la distance la plus courte entre le rail le plus près de l’abord routier du passage Ă  niveau et la route la plus proche croisant la route qui traverse le passage Ă  niveau, mesurĂ©e Ă  partir de la ligne du centre de la route. La distance de stockage minimale diminue le risque que des files de vĂ©hicules empiètent sur la voie ferrĂ©e.

Une compagnie de chemin de fer a recommandé de modifier le Règlement de façon à permettre une distance de stockage égale ou supérieure à 10 mètres si le véhicule type est une automobile. La condition exigeant une distance de stockage égale ou supérieure à 30 mètres pour les passages à niveau sur lesquels circulent des véhicules routiers n’a toutefois pas été modifiée dans le Règlement publié au préalable. Cette condition est prévue pour assurer aux automobilistes la présence d’une aire de stockage dégagée aux passages à niveau. Sans ce dégagement, il risque de se former des files de véhicules sur les voies ferrées, et cela pourrait provoquer une collision avec un train.

NĂ©anmoins, compte tenu des commentaires de cet intervenant, les critères pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque ont Ă©tĂ© modifiĂ©s de façon Ă  exclure de la condition voulant que la distance de stockage soit Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  30 mètres les passages Ă  niveau dont l’accès Ă  l’abord routier est destinĂ© Ă  l’usage exclusif des piĂ©tons et des vĂ©hicules non motorisĂ©s. Cette modification concorde avec les conditions existantes pour les nouveaux passages Ă  niveau publics dans le Règlement : un nouveau passage Ă  niveau public n’a pas Ă  remplir la condition voulant que la distance de stockage soit Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  30 mètres si l’accès Ă  l’abord routier est destinĂ© Ă  l’usage exclusif des piĂ©tons et des vĂ©hicules non motorisĂ©s.

Une compagnie et une association de chemin de fer ont Ă©galement recommandĂ© que les passages Ă  niveau qui ne sont plus en service soient ajoutĂ©s aux critères pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque. TC a dĂ©terminĂ© que le risque rĂ©siduel dĂ©coulant de l’ajout de ce critère serait minimal, que le passage Ă  niveau soit visĂ© ou non par les exigences Ă©noncĂ©es aux articles 16 Ă  96 du Règlement. Cette modification pourrait Ă©galement offrir un allĂ©gement supplĂ©mentaire aux autoritĂ©s responsables du service de voirie et aux autoritĂ©s privĂ©es. Par consĂ©quent, les critères pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque ont Ă©tĂ© modifiĂ©s pour inclure les passages Ă  niveau dont la moyenne annuelle de mouvements ferroviaires quotidiens est de zĂ©ro (par exemple les passages Ă  niveau situĂ©s sur une voie qui n’est plus en service). Il est important de souligner que tout passage Ă  niveau ultĂ©rieurement remis en service devra respecter les exigences prĂ©vues aux articles 19 Ă  96 du Règlement s’il ne remplit pas les critères pour ĂŞtre jugĂ© Ă  faible risque.

Certaines associations de producteurs et certaines municipalitĂ©s sont Ă©galement inquiètes du fait que les passages Ă  niveau qui sont rarement franchis par des vĂ©hicules routiers ou qui sont franchis une Ă  deux fois par jour par de la machinerie agricole ou forestière seront soumis aux exigences de modernisation parce que la vitesse des trains est supĂ©rieure aux seuils de 10, 25 et 30 mi/h prĂ©vus dans le Règlement. Ces intervenants ont recommandĂ© que les passages Ă  niveau qui sont rarement utilisĂ©s soient considĂ©rĂ©s comme des passages Ă  niveau Ă  faible risque. TC a Ă©tudiĂ© cette recommandation, par contre, dans l’optique de prĂ©server le niveau de sĂ©curitĂ©, aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e au Règlement. Les critères Ă©tablis par TC pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque sont toutefois constituĂ©s de caractĂ©ristiques communes aux passages Ă  niveau qui prĂ©sentent un très faible risque d’accident grave, comme la vitesse maximale des trains et des vĂ©hicules, le nombre de voies ferrĂ©es et de voies de circulation, le volume de la circulation routière et ferroviaire et la distance de stockage. Si ces critères ne sont pas remplis, un passage Ă  niveau ne serait pas considĂ©rĂ© comme Ă©tant Ă  faible risque.

Le Règlement offre également une certaine souplesse quant à la manière d’assurer la conformité des passages à niveau. Par exemple, aux passages à niveau qui ne sont pas munis d’un système d’avertissement, il est possible de fournir les lignes de visibilité minimales en éliminant les obstructions ou en réduisant la vitesse des trains et des véhicules. Dans certains cas, l’utilisation d’ensembles routiers longs pourrait être interdite, ou la déclivité de l’abord routier pourrait être modifiée. L’installation d’un panneau d’arrêt ou d’un système d’avertissement actif est une autre option.

Certains intervenants ont posé des questions lors de la période de publication préalable à savoir si leurs passages à niveau seraient jugés à faible risque. Ces questions ne font pas partie de l’objectif de la consultation, comme elles ne portent pas sur le contenu du Règlement ni sur ses répercussions potentielles.

Un membre du public a également recommandé que le Règlement donne la possibilité aux inspecteurs d’exempter des passages à niveau des exigences réglementaires. TC a étudié cette recommandation, mais a déterminé qu’il ne s’agit pas d’une option viable, étant donné que le règlement actuel offre davantage de prévisibilité et de transparence et suscite davantage la confiance du public envers le cadre d’application.

Coûts de conformité

Presque tous les intervenants se prĂ©occupaient des coĂ»ts de conformitĂ© engendrĂ©s par les exigences de modernisation. Six intervenants ont recommandĂ© que le gouvernement fĂ©dĂ©ral octroie des fonds supplĂ©mentaires dans le cadre du Programme d’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© ferroviaire (PASF). Le 13 aoĂ»t 2021, le ministre des Transports a annoncĂ© que le gouvernement du Canada verserait 100 millions de dollars au cours des cinq prochaines annĂ©es (dès 2021-2022) afin de continuer Ă  promouvoir le transport ferroviaire sĂ©curitaire et sĂ»r des personnes et des marchandises. Les fonds serviront Ă  financer une vaste gamme d’activitĂ©s, y compris le PASF qui continue de connaĂ®tre du succès et la modernisation de passages Ă  niveau existants.

Une association de producteurs agricoles a mentionné que les coûts occasionnés par les améliorations en matière de sécurité découlant des exigences réglementaires devraient exclure les coûts liés à l’entretien général des passages à niveau, car ceux-ci devraient être assumés par les compagnies de chemin de fer. Les questions relatives à la répartition des coûts relèvent de la compétence de l’Office et dépassent donc le champ d’application du Règlement. Des modifications supplémentaires n’ont donc pas été apportées au Règlement. Lorsque les parties ne parviennent pas à une entente, elles doivent renvoyer toute question concernant les coûts d’entretien d’un passage à niveau à l’Office. Ainsi, l’Office continuera de régler les questions relatives à la construction, à l’entretien et aux coûts des passages à niveau privés grâce à diverses méthodes, dont la facilitation, la médiation et le processus décisionnel formelréférence 8.

Des compagnies de chemin de fer se prĂ©occupaient Ă©galement du fait que les propriĂ©taires fonciers n’auraient pas les moyens de payer les coĂ»ts d’installation d’un système d’avertissement. Bien que les montants approximatifs de ces factures varient, des compagnies de chemin de fer ont informĂ© TC qu’un système d’avertissement peut coĂ»ter jusqu’à 600 000 $, voire plus. Pour tenir compte de ces prĂ©occupations, TC a modifiĂ© le Règlement afin de veiller Ă  ce qu’un passage Ă  niveau privĂ© existant puisse bĂ©nĂ©ficier de la mĂŞme souplesse accordĂ©e Ă  un nouveau passage Ă  niveau privĂ©, c’est-Ă -dire la possibilitĂ© d’être muni d’un système d’avertissement Ă  usage restreint. Ă€ l’instar d’un nouveau passage Ă  niveau privĂ©, un passage Ă  niveau privĂ© existant devrait Ă©galement respecter certaines restrictions d’accès (par exemple donne accès Ă  moins de trois maisons d’habitation privĂ©es, le passage Ă  niveau ne mène pas Ă  un commerce, l’accès Ă  la route est contrĂ´lĂ© par une barrière verrouillĂ©e ou le passage Ă  niveau est destinĂ© Ă  l’usage exclusif de l’autoritĂ© privĂ©e et n’est pas utilisĂ© par le public). Ces modifications pourraient offrir un certain allĂ©gement financier aux propriĂ©taires fonciers qui doivent assumer des dĂ©penses importantes pour moderniser leurs passages Ă  niveau privĂ©s tout en conservant les objectifs en matière de sĂ©curitĂ©. Ă€ titre d’exemple, contrairement Ă  un système d’avertissement rĂ©gulier, TC estime qu’un système d’avertissement Ă  usage restreint peut coĂ»ter (en moyenne) 200 000 $.

ContrĂ´le et surveillance

La majoritĂ© des intervenants ont appuyĂ© l’exclusion des passages Ă  niveau Ă  faible risque des exigences prĂ©vues dans les articles 19 Ă  96 du Règlement. Dans son avis, une autoritĂ© provinciale a nĂ©anmoins fait part de sa prĂ©occupation quant au fait que les normes de sĂ©curitĂ© minimales relatives aux lignes de visibilitĂ©, Ă  la surface des passages Ă  niveau, aux panneaux de signalisation et aux systèmes d’avertissement ne seraient pas respectĂ©es Ă  des passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale.

MalgrĂ© le fait qu’il soit exclu des exigences des articles 19 Ă  96 du Règlement, un passage Ă  niveau Ă  faible risque doit malgrĂ© tout satisfaire Ă  quelques exigences de la LSF. Ă€ titre d’exemple, l’article 11 de la LSF prĂ©voit que la conception, la construction, l’évaluation, l’entretien ou la modification de ces passages Ă  niveau doivent ĂŞtre effectuĂ©s conformĂ©ment Ă  des principes d’ingĂ©nierie bien Ă©tablis. Selon des donnĂ©es mises Ă  la disposition de TC, la modernisation de ces passages Ă  niveau ne procurerait en toute vraisemblance que peu d’avantages sur le plan de la sĂ©curitĂ©. Par consĂ©quent, aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e pour rĂ©pondre Ă  la prĂ©occupation soulevĂ©e. D’après les donnĂ©es dont dispose TC, exiger que les passages Ă  niveau Ă  faible risque se conforment aux articles 19 Ă  96 du Règlement n’apporterait que des avantages minimes en matière de sĂ©curitĂ©. Par consĂ©quent, TC a dĂ©terminĂ© que ces passages Ă  niveau pouvaient ĂŞtre exemptĂ©s des articles 19 Ă  96 sans compromettre les objectifs de sĂ©curitĂ©.

Une association représentant des municipalités a demandé, dans son avis, que TC donne des précisions sur la manière dont les passages à niveau à faible risque seraient surveillés puisque la circulation et les profils de risque peuvent évoluer au fil du temps. De plus, une compagnie de chemin de fer a dit craindre que les exigences de modernisation non respectées influent sur la ponctualité des services ferroviaires voyageurs.

En exerçant son rôle de surveillance, TC continuera de faire en sorte que les compagnies de chemin de fer respectent la LSF et ses règlements connexes grâce à des vérifications et des inspections. À l’heure actuelle, TC fonde la planification de ses activités de surveillance, qui incluent les vérifications et les inspections courantes, sur les risques. De plus, le Ministère a plusieurs pouvoirs au titre de la LSF qui lui permettent d’aborder les préoccupations cernées en matière de sécurité, notamment les avis, les arrêtés et les injonctions ministérielles.

Une association représentant des producteurs a aussi soulevé que TC et l’Office devraient accroître leur surveillance diligente afin de veiller à ce que les coûts des projets de modernisation des passages à niveau soient concurrentiels. L’association craignait que les compagnies de chemin de fer ne fassent elles-mêmes des travaux de modernisation sans ouvrir les projets à la concurrence. Étant donné que les questions relatives aux coûts ne sont pas traitées dans le Règlement et relèvent de la compétence de l’Office, ce commentaire a été examiné au-delà de la portée des modifications réglementaires. L’Office suit des processus établis afin de traiter les différends concernant les coûts et continuera de fournir des renseignements et de répondre aux questions sur les frais que les compagnies de chemin de fer peuvent exiger pour les travaux et les services aux passages à niveau privésréférence 9.

Répartition des coûts

Certaines associations reprĂ©sentant des producteurs ont Ă©galement recommandĂ© que les compagnies de chemin de fer assument les coĂ»ts liĂ©s aux amĂ©liorations des passages Ă  niveau. Ces recommandations ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme Ă©tant hors de la portĂ©e de l’initiative puisque le cadre lĂ©gislatif pour les passages Ă  niveau privĂ©s est Ă©tabli sous les articles 102 et 103 de la Loi sur les transports au Canada (LTC). Pour les passages Ă  niveau construits sous l’article 103 de la LTC, les coĂ»ts associĂ©s aux passages Ă  niveau sont la responsabilitĂ© du propriĂ©taire foncier.

Une compagnie de chemin de fer a dit craindre que certaines tierces parties aient une fausse idée de la capacité de l’Office à gérer les répercussions financières du Règlement. Pour tenir compte des préoccupations des intervenants, TC continuera, en collaboration avec l’Office, à informer les intervenants de ce cadre législatif établi dans la LTC. Il continuera aussi de sensibiliser les intervenants aux services offerts par l’Office, tel que le mode alternatif de règlement des conflits.

Délais de conformité

MĂŞme si la majoritĂ© des intervenants appuyaient le report des dĂ©lais de conformitĂ©, une compagnie de chemin de fer et quelques associations de producteurs agricoles ont demandĂ© des prolongations supplĂ©mentaires. TC a pris en considĂ©ration ces demandes, mais il a conclu que pour veiller au respect des objectifs en matière de sĂ©curitĂ© aux passages Ă  niveau, aucune prolongation supplĂ©mentaire ne pouvait ĂŞtre accordĂ©e. Les modifications au Règlement prolongent dĂ©jĂ  les dĂ©lais de conformitĂ© d’un an (jusqu’au 28 novembre 2022) pour les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et de trois ans (jusqu’au 28 novembre 2024) pour tous les autres passages Ă  niveau (c’est-Ă -dire les passages qui ne satisfont pas au seuil des critères Ă©tablis pour le risque faible ou la prioritĂ© Ă©levĂ©e). TC a conclu que les modernisations doivent ĂŞtre effectuĂ©es le plus rapidement possible afin de diminuer et prĂ©venir les pertes de vie, les blessures graves et les dommages matĂ©riels importants. TC continuera d’encourager les compagnies de chemin de fer Ă  informer en temps opportun les autoritĂ©s publiques et privĂ©es des exigences de modernisation.

Les modernisations opportunes contribueront à offrir des services ferroviaires sécuritaires, efficaces et fiables. Une compagnie de chemin de fer a mentionné, après la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada, que la conformité avec les exigences de modernisation favorise la ponctualité et les temps de déplacement intéressants entre les destinations des services ferroviaires voyageurs.

Sensibilisation et mobilisation

Une association représentant des municipalités s’est dite préoccupée par le fait que les municipalités n’ont pas été appelées à contribuer à l’établissement des critères pour les passages à niveau à faible risque. Dans son avis, elle a recommandé à TC de favoriser l’échange de renseignements entre les municipalités et les compagnies de chemin de fer et d’utiliser le portail de données ouvertes pour faire le point sur le Règlement et transmettre des données sur les modernisations achevées. Enfin, une municipalité avait de la difficulté à comprendre le classement par ordre de priorité des modernisations selon le niveau de risque des passages à niveau qui ne respectent ni les critères d’un passage à niveau à faible risque ni ceux d’un passage à niveau de priorité élevée.

TC a mené des consultations exhaustives sur les modifications réglementaires. Pour donner suite aux préoccupations soulevées, TC continuera malgré tout de bien informer les compagnies de chemin de fer, les municipalités et les autorités privées des modifications réglementaires, des exigences de modernisation et du calendrier de mise en œuvre. En outre, TC continuera à favoriser la coopération et l’échange de renseignements entre les compagnies de chemin de fer, les autorités responsables du service de voirie et les autorités privées. Enfin, TC communiquera avec les municipalités pour leur transmettre des renseignements sur le classement par ordre de priorité des modernisations des passages à niveau qui ne respectent ni les critères d’un passage à niveau à faible risque ni ceux d’un passage à niveau de priorité élevée.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Le Règlement aura une incidence sur les gouvernements autochtones responsables des routes aux passages à niveau et des abords routiers, dans la mesure où ces derniers ont une incidence sur la sécurité aux passages à niveau. Les modifications constitueront pour eux un allégement, étant donné qu’elles leur donneront plus de temps pour se conformer au Règlement. Pour la suite, TC consultera les gouvernements autochtones concernés, s’il y a lieu, afin d’assurer une mise en œuvre réussie du Règlement.

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une analyse a été réalisée pour déterminer si le Règlement était susceptible de donner lieu à des obligations découlant des traités modernes. La portée géographique et l’objet du Règlement ont été évalués relativement aux traités modernes en vigueur, et aucune obligation découlant des traités modernes n’a été relevée.

Choix de l’instrument

Les modifications au Règlement Ă©taient nĂ©cessaires pour tenir compte de la rĂ©alitĂ© concrète que des milliers de passages Ă  niveau ne seraient pas conformes aux exigences de modernisation d’ici l’ancienne date limite du 28 novembre 2021. De plus, TC a conclu que le champ d’application du Règlement Ă©tait trop vaste et que certains passages Ă  niveau posaient tellement peu de risque qu’ils n’avaient pas besoin d’être assujettis aux exigences de modernisation.

TC a envisagĂ© certaines solutions de rechange Ă  l’intervention rĂ©glementaire, dont l’option du statu quo selon laquelle aucune prolongation du dĂ©lai de conformitĂ© initial ne serait accordĂ©e et TC appliquerait toutes les exigences dès le 28 novembre 2021. Par contre, il a conclu qu’en raison du volume Ă©levĂ© des cas de non-conformitĂ© prĂ©vus, les mesures d’application de la loi entraĂ®neraient des coĂ»ts Ă©levĂ©s autant pour TC que pour les intervenants de l’industrie et qu’elles ne seraient ni pratiques ni suffisantes pour rendre les passages Ă  niveau conformes dès que possible. Après avoir menĂ© de vastes consultations auprès des intervenants de l’industrie, TC a conclu que l’intervention rĂ©glementaire Ă©tait la seule solution pratique de gĂ©rer la situation de conformitĂ© et veiller Ă  ce que les modernisations soient effectuĂ©es dès que possible, en commençant d’abord par la modernisation des passages Ă  niveau Ă  haut risque.

Enfin, TC a Ă©galement envisagĂ© d’accorder des exemptions ministĂ©rielles au titre de la LSF Ă  de tels passages Ă  niveau, mais il a rĂ©alisĂ© que le pouvoir d’accorder de telles exemptions ne s’appliquait pas aux exigences de construction Ă©noncĂ©es dans le Règlement. C’est pourquoi TC a conclu qu’il devait apporter des modifications rĂ©glementaires pour prĂ©voir des exemptions aux exigences Ă©noncĂ©es dans les articles 19 Ă  96 du Règlement.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les modifications procureront un rĂ©pit financier aux intervenants concernĂ©s en exemptant de la conformitĂ© les passages Ă  niveau Ă  faible risque et en prolongeant les dĂ©lais de conformitĂ© des passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et d’autres passages Ă  niveau d’un an et de trois ans, respectivement. Il est estimĂ© que les modifications auraient des avantages totaux (dĂ©penses en immobilisations Ă©vitĂ©es et reportĂ©es) de 110,76 millions de dollars entre 2021 et 2030 (valeur actualisĂ©e en dollars canadiens de 2020 Ă  un taux d’actualisation de 7 %).

Les modifications entraĂ®neront Ă©galement la perte des avantages sur le plan de la sĂ©curitĂ© qui auraient Ă©tĂ© obtenus au titre du Règlement de 2014rĂ©fĂ©rence 10. Le coĂ»t total des modifications est Ă©valuĂ© Ă  244,03 millions de dollars pour cette mĂŞme pĂ©riode (valeur actualisĂ©e en dollars canadiens de 2020 Ă  un taux d’actualisation de 7 %).

Par consĂ©quent, les modifications entraĂ®neront un coĂ»t net de 133,27 millions de dollars entre 2021 et 2030 (valeur actualisĂ©e en dollars canadiens de 2020 Ă  un taux d’actualisation de 7 %).

Cadre d’analyse

Les avantages et les coûts associés aux modifications sont évalués en comparant le scénario de base et le scénario de réglementation, conformément à la Politique sur l’analyse coûts-avantages du Secrétariat du Conseil du Trésor. Le scénario de base révèle ce qui est susceptible de se produire à l’avenir si le gouvernement du Canada ne met pas en œuvre les modifications du Règlement. Le scénario de réglementation fournit, quant à lui, des renseignements sur les résultats envisagés à la suite des modifications.

Cette analyse estime l’incidence des modifications au cours de la pĂ©riode d’analyse Ă©chelonnĂ©e sur 10 ans, soit de 2021 Ă  2030. Les modifications rĂ©glementaires seront enregistrĂ©es en 2021.

Sauf indication contraire, toutes les valeurs en dollars sont exprimĂ©es en dollars canadiens de 2020, actualisĂ©es en fonction de l’annĂ©e 2021 Ă  un taux d’actualisation de 7 % pour la pĂ©riode d’analyse de 10 ans.

Scénarios de base et de réglementation

Aux fins de cette analyse, on a supposĂ© que, dans le scĂ©nario de base, tous les types de passages Ă  niveau auraient dĂ» ĂŞtre conformes d’ici novembre 2021 aux exigences relatives Ă  l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© qui sont prĂ©vues dans le Règlement de 2014rĂ©fĂ©rence 11. Cette hypothèse repose sur la proposition selon laquelle, en l’absence d’une solution de rechange, TC devrait appliquer le Règlement de 2014.

Dans le scĂ©nario de rĂ©glementation, il ne sera plus obligatoire que les passages Ă  niveau Ă  faible risque se conforment aux exigences relatives Ă  l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ©. De plus, les dĂ©lais de conformitĂ© des passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et d’autres passages Ă  niveau seront prolongĂ©s d’un an et de trois ans, respectivement. Puisque des modifications sont prĂ©vues, on ne s’attend pas Ă  ce que les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie aient pris des mesures de conformitĂ© pour leurs passages Ă  niveau si ceux-ci ne respectaient pas les exigences relatives Ă  l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© en date de janvier 2021. Selon les consultations menĂ©es auprès des intervenants, le taux de non-conformitĂ© des passages Ă  niveau varie en fonction des dispositions particulières Ă©noncĂ©es dans le Règlement. Le taux de non-conformitĂ© et les exigences relatives Ă  la conformitĂ© sont Ă©numĂ©rĂ©s dans les tableaux 1 et 2, respectivement.

Tableau 1 — Taux de non-conformitĂ© des passages Ă  niveau en janvier 2021
Partie responsable Dispositions du Règlement Taux de non-conformité
Compagnies de chemin de fer Modernisation unique
Panneau Passage Ă  niveau (73) 4,00 %
Circuits de commande — circuits de coupure (70) 1,00 %
OpĂ©ration des circuits de commande — temps d’annonce d’approche — vitesse de rĂ©fĂ©rence (69) 5,00 %
Dispositifs lumineux en porte-Ă -faux supplĂ©mentaires (68(1)) 9,00 %
Feux avant supplĂ©mentaires — routes Ă  voies multiples (68(1)) 9,00 %
Feux arrière supplĂ©mentaires — routes Ă  voies multiples (68(1)) 9,00 %
Feux arrière supplĂ©mentaires — routes Ă  sens unique (68(1)) 9,00 %
Feux avant supplĂ©mentaires — routes Ă  sens unique (68(1)) 9,00 %
Dispositifs lumineux supplĂ©mentaires — abord routier courbĂ© (68(1)) 9,00 %
Dispositifs lumineux supplĂ©mentaires — abord routier/carrefour (68(1)) 9,00 %
Dispositifs lumineux supplĂ©mentaires — trottoirs et sentiers (68(1)) 9,00 %
Entretien annuel
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© — public (21(2)) 9,00 %
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© — public (21(1)) 13,00 %
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© — privĂ© (21(2)) 22,00 %
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© — privĂ© (21(1)) 1,00 %
Autorités responsables du service de voirie Modernisation unique
Panneau Signal avancĂ© d’un passage Ă  niveau [66(1)a)] 51,00 %
Panneau Signal avancĂ© d’un passage Ă  niveau [66(1)b)] 51,00 %
Panneau Stop et panneau Signal avancĂ© d’arrĂŞt (64 [panneau Stop] et 65 [Signal avancĂ© d’arrĂŞt]) 17,00 %
Panneau Signal avancĂ© d’arrĂŞt (65) 100,00 %
Panneau PrĂ©parez-vous Ă  arrĂŞter Ă  un passage Ă  niveau (67) 5,00 %
Entretien annuel
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© — public 21(2) 100,00 %
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© — public 21(1) 100,00 %

Source : Transports Canada, rĂ©sultats des inspections de 2020 de la Passerelle intĂ©grĂ©e de la sĂ©curitĂ© ferroviaire (PISF).

Le tableau 2 ci-dessous compare de manière détaillée les exigences relatives à la conformité du scénario de base à celles du scénario de réglementation, par type de passage à niveau.

Tableau 2 — Exigences relatives Ă  la conformitĂ© des scĂ©narios de base et de rĂ©glementation, selon le niveau de risque des passages Ă  niveau
Type de passage Ă  niveau Exigences relatives Ă  la conformitĂ© — scĂ©nario de base Exigences relatives Ă  la conformitĂ© — scĂ©nario de rĂ©glementation DiffĂ©rence
Passage Ă  niveau Ă  faible risque Se conformer aux amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© d’ici novembre 2021 ExemptĂ© des amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© Il n’est plus obligatoire de moderniser et d’entretenir ces passages Ă  niveau. Certaines parties responsables Ă©conomiseront des coĂ»ts liĂ©s Ă  la modernisation unique et toutes les parties Ă©conomiseront des coĂ»ts associĂ©s Ă  l’entretien annuel.
Passage Ă  niveau Ă  prioritĂ© Ă©levĂ©e Se conformer aux amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© d’ici novembre 2021 Se conformer aux amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© d’ici novembre 2022 Certaines parties responsables reporteront d’un an les dĂ©penses en immobilisations liĂ©es Ă  la modernisation et toutes les parties reporteront d’un an les dĂ©penses liĂ©es Ă  l’entretien.
Autre passage Ă  niveau Se conformer aux amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© d’ici novembre 2021 Se conformer aux amĂ©liorations de la sĂ©curitĂ© d’ici novembre 2024 Certaines parties responsables reporteront de trois ans les dĂ©penses en immobilisations liĂ©es Ă  la modernisation et toutes les parties reporteront de trois ans les dĂ©penses liĂ©es Ă  l’entretien.

Profil de l’intervenant

Un passage Ă  niveau est l’installation conjointe d’une autoritĂ© privĂ©e ou responsable du service de voirie et d’une compagnie de chemin de fer. Les modifications visent environ 23 300 passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale et concernent 20 compagnies de chemin de fer ainsi que des autoritĂ©s privĂ©es ou responsables du service de voirie qui sont tenues de se conformer aux normes de sĂ©curitĂ© Ă©noncĂ©es dans le Règlement.

Compagnies de chemin de fer

Parmi les 20 compagnies de chemin de fer concernĂ©es, le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique (CP) sont les deux chefs de file dans le transport ferroviaire des marchandises et dĂ©tiennent ensemble environ 94,47 % des passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale au Canada. Central Maine and Quebec Railway Canada Inc., qui est Ă©galement une compagnie offrant des services de marchandises, se classe au troisième rang en ce qui concerne le nombre de passages Ă  niveau, soit approximativement 1,80 % des passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. VIA Rail est quant Ă  elle la compagnie de chemin de fer de premier plan pour les services voyageurs et possède près de 0,98 % des passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Enfin, 2,75 % des passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale appartiennent aux 16 autres compagnies de chemin de fer.

Toutes ces compagnies de chemin de fer sont considĂ©rĂ©es comme de grandes entreprises, Ă  l’exception d’une seule qui est jugĂ©e une petite entreprise et qui possède environ 0,04 % des passages Ă  niveau au pays.

Autorités responsables du service de voirie

L’autoritĂ© responsable du service de voirie est chargĂ©e de l’entretien, du contrĂ´le ou de la gestion des routes dans un territoire donnĂ©. Selon les modifications, les autoritĂ©s responsables du service de voirie partageront les responsabilitĂ©s de moderniser et d’entretenir les passages Ă  niveau avec les compagnies de chemin de fer, s’il y a lieu. Il existe deux types d’autoritĂ©s : les autoritĂ©s publiques responsables du service de voirie et les autoritĂ©s privĂ©es responsables du service de voirie.

Autorités publiques responsables du service de voirie

Les autoritĂ©s publiques responsables du service de voirie partagent les responsabilitĂ©s liĂ©es aux passages Ă  niveau publics, c’est-Ă -dire qu’ils sont situĂ©s sur des routes publiques, avec les compagnies de chemin de fer. Il existe trois types d’autoritĂ©s publiques responsables du service de voirie : les municipalitĂ©s, les provinces et les conseils de bande. Les modifications concernent environ 1 450 municipalitĂ©s, 9 provinces, 2 territoires et près de 100 conseils de bande.

Les modifications concernent environ 13 000 passages Ă  niveau publics de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Environ 65 % d’entre eux sont situĂ©s dans trois provinces canadiennes : la Saskatchewan (28 %), l’Ontario (21 %) et l’Alberta (16 %)rĂ©fĂ©rence 12. Enfin, c’est en Colombie-Britannique que l’on trouve la majoritĂ© des passages Ă  niveau publics situĂ©s dans des communautĂ©s autochtones.

Autorités privées responsables du service de voirie

Les autorités privées responsables du service de voirie partagent la responsabilité d’assurer la sécurité aux passages à niveau privés, c’est-à-dire qu’ils sont situés sur des chemins privés, avec les compagnies de chemin de fer. En général, les autorités privées responsables du service de voirie sont propriétaires de chemins privés. La répartition des coûts entre une autorité privée responsable du service de voirie et une compagnie de chemin de fer est précisée dans une entente conclue entre les deux parties ou une entente déposée auprès de l’Office. Bien qu’en réalité, les autorités privées responsables du service de voirie peuvent encourir des coûts assumés par les compagnies de chemin de fer pour s’assurer que les exigences du Règlement sont respectées, TC n’est pas en mesure d’évaluer la proportion des coûts assumés par ces autorités puisqu’il n’a pas accès aux contrats privés entre les parties. Il incombe à l’Office de prendre des décisions liées à la répartition des coûts lorsque les parties ne parviennent pas à une entente.

Au Canada, il existe plus de 10 000 passages Ă  niveau privĂ©s. Environ 70 % d’entre eux sont situĂ©s dans trois provinces : le QuĂ©bec (25 %), la Colombie-Britannique (24 %) et l’Ontario (21 %)rĂ©fĂ©rence 12.

Population canadienne

Les modifications concerneront également la population canadienne, puisque les accidents aux passages à niveau peuvent causer des décès, des blessures graves et des dommages matériels.

Entre 2010 et 2019, le BST a recensĂ© au total 232 dĂ©cès et 271 blessures graves Ă  tous les passages Ă  niveau. Les conducteurs des vĂ©hicules sont particulièrement Ă  risque, puisque le fait de ne pas cĂ©der le passage Ă  un train au passage Ă  niveau ou de se retrouver dans le chemin d’une locomotive peut causer une collision grave qui fait des morts ou des blessĂ©s graves. Les passagers des vĂ©hicules sont aussi exposĂ©s Ă  des risques semblables.

Avantages

Les avantages (Ă©conomies de coĂ»t) associĂ©s aux modifications sont doubles : les dĂ©penses en immobilisations associĂ©es aux passages Ă  niveau Ă  faible risque qui sont Ă©vitĂ©es en raison de l’exemption de la conformitĂ© pour ces passages Ă  niveau, et les dĂ©penses en immobilisations associĂ©es aux passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et aux autres passages Ă  niveau qui sont reportĂ©es puisque la conformitĂ© de ces passages Ă  niveau avec les exigences liĂ©es Ă  l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© sera reportĂ©e d’un an et de trois ans respectivement, comparativement aux dĂ©lais de conformitĂ© fixĂ©s initialement dans le Règlement de 2014.

Les avantages escomptĂ©s ont Ă©tĂ© calculĂ©s en multipliant les coĂ»ts unitaires par le nombre de passages Ă  niveau. Il est estimĂ© que les Ă©conomies de coĂ»t totales s’élèveront Ă  110,76 millions de dollars, d’une valeur de 41,04 millions de dollars pour les compagnies de chemin de fer et de 69,72 millions de dollars pour les autoritĂ©s responsables du service de voirie. Plus prĂ©cisĂ©ment :

Le tableau 3 donne un aperçu du nombre total de passages Ă  niveau concernĂ©s qui relèvent de la responsabilitĂ© des compagnies de chemin de fer et des autoritĂ©s responsables du service de voirie, selon le coĂ»t de conformitĂ© et le type de risque.

Tableau 3 — CoĂ»ts de conformitĂ© et nombre de passages Ă  niveau concernĂ©s par type de risque
Partie responsable Dispositions du Règlement Coût de conformité
($/passage Ă  niveau)
Nombre de passages à niveau à faible risque concernés Nombre de passages à niveau de priorité élevée concernés Nombre d’autres passages à niveau concernés
Compagnies de chemin de fer Modernisation unique
Panneau Passage Ă  niveau (73) 1 714 $ 208 0 435
Circuits de commande — circuits de coupure (70) 22 852 $ 22 233 730
Circuits de commande — temps d’annonce d’approche de
conception (69)
22 852 $ 122 1 292 4 058
Dispositifs lumineux en porte-Ă -faux supplĂ©mentaires [68(1)] 57 131 $ 84 892 2 800
Feux avant supplĂ©mentaires — routes
Ă  voies multiples [68(1)]
2 857 $ 50 530 1 664
Feux arrière supplĂ©mentaires — routes
Ă  voies multiples [68(1)]
1 143 $ 50 530 1 664
Feux arrière supplĂ©mentaires — routes
Ă  sens unique [68(1)]
1 143 $ 5 52 162
Feux avant supplĂ©mentaires — routes
Ă  sens unique [68(1)]
2 857 $ 5 52 162
Dispositifs lumineux supplĂ©mentaires — abord routier courbĂ© [68(1)] 2 857 $ 44 465 1 461
Dispositifs lumineux supplĂ©mentaires — abord routier/carrefour [68(1)] 2 857 $ 66 698 2 191
Dispositifs lumineux supplĂ©mentaires — trottoirs et sentiers [68(1)] 22 852 $ 2 26 81
Entretien annuel
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© [21(2)] 1 143 $ 92 235 2 721
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© [21(1)] 1 143 $ 374 833 6 491
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© [21(2)] 377 $ 21 0 57
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© [21(1)] 377 $ 238 0 497
Autorités responsables du service de voirie Modernisation unique
Panneau Signal avancĂ© d’un passage Ă  niveau (66) 571 $ 62 659 2 070
Panneau Signal avancĂ© d’un passage Ă  niveau (66) 571 $ 191 425 3 310
Panneau Stop et panneau Signal avancé d’arrêt (64 [panneau Stop] et
65 [Signal avancé d’arrêt])
571 $ 35 61 729
Panneau Signal avancĂ© d’arrĂŞt (65) 571 $ 158 458 2 122
Panneau PrĂ©parez-vous Ă  arrĂŞter Ă  un passage Ă  niveau (67) 57 131 $ 6 65 203
Entretien annuel
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© [21(2)] 2 285 $ 92 235 2 721
DĂ©gagement des lignes de visibilitĂ© [21(1)] 2 285 $ 374 833 6 491

Source : Transports Canada, rĂ©sultats des inspections de 2020 de la Passerelle intĂ©grĂ©e de la sĂ©curitĂ© ferroviaire (PISF).

Les modifications offrent également une souplesse aux autorités privées responsables du service de voirie qui doivent effectuer les améliorations de la sécurité aux passages à niveau existants de priorité élevée ou aux autres passages à niveau. En effet, si ces passages à niveau ne sont pas munis d’un système d’avertissement, les autorités privées responsables du service de voirie peuvent alors décider d’installer soit un système d’avertissement à usage restreint, soit un système d’avertissement complet conformément au Règlement de 2014. Par conséquent, les autorités privées responsables du service de voirie peuvent retirer un avantage des modifications si elles choisissent d’installer un système d’avertissement à usage restreint, lequel pourrait être moins coûteux qu’un système d’avertissement complet. Cet avantage n’est toutefois pas quantifié dans la présente analyse en raison du manque d’information.

Bien que les montants approximatifs de ces factures varient, des compagnies de chemin de fer ont informĂ© TC que le coĂ»t d’un système d’avertissement peut varier entre 300 000 $ et 600 000 $, ou plus. Ă€ titre de comparaison, le coĂ»t approximatif d’un système d’avertissement Ă  usage restreint est de 200 000 $.

Exemption des passages Ă  niveau Ă  faible risque

Les modifications exemptent les passages Ă  niveau Ă  faible risque de la conformitĂ© avec les exigences liĂ©es Ă  l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© qui Ă©taient initialement prĂ©vues dans le Règlement de 2014. Par consĂ©quent, les parties responsables de ces passages Ă  niveau Ă©conomiseront des coĂ»ts liĂ©s Ă  la modernisation unique, si elles ne se sont pas conformĂ©es aux exigences actuelles du Règlement de 2014 avant janvier 2021, et des coĂ»ts associĂ©s Ă  l’entretien annuel. Les coĂ»ts unitaires et le nombre de passages Ă  niveau concernĂ©s sont dĂ©crits dans le tableau 3 ci-dessus.

Par consĂ©quent, le total des Ă©conomies de coĂ»t associĂ©es Ă  l’exemption des passages Ă  niveau Ă  faible risque est Ă©valuĂ© Ă  13,41 millions de dollars, soit 5,38 millions de dollars pour les compagnies de chemin de fer et 8,03 millions de dollars pour les autoritĂ©s responsables du service de voirie.

Prolonger les délais de conformité des passages à niveau de priorité élevée et d’autres passages à niveau

Passages à niveau de priorité élevée

Puisque le dĂ©lai de conformitĂ© des passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e sera prolongĂ© d’un an, les parties responsables bĂ©nĂ©ficieront du report des dĂ©penses en immobilisations liĂ©es Ă  des modernisations uniques et Ă  l’entretien annuel. Les coĂ»ts unitaires et le nombre de passages Ă  niveau concernĂ©s sont dĂ©crits dans le tableau 3 ci-dessus.

Par consĂ©quent, le total des Ă©conomies de coĂ»t (les dĂ©penses en immobilisations reportĂ©es) associĂ©es aux passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e est Ă©valuĂ© Ă  4,11 millions de dollars, soit 1,66 million de dollars pour les compagnies de chemin de fer et 2,45 millions de dollars pour les autoritĂ©s responsables du service de voirie.

Autres passages Ă  niveau

Puisque le dĂ©lai de conformitĂ© des autres passages Ă  niveau sera prolongĂ© de trois ans, les parties responsables bĂ©nĂ©ficieront du report des dĂ©penses en immobilisations liĂ©es Ă  la modernisation unique et Ă  l’entretien annuel. Les coĂ»ts unitaires et le nombre de passages Ă  niveau concernĂ©s sont dĂ©crits dans le tableau 3 ci-dessus.

Par consĂ©quent, le total des Ă©conomies de coĂ»t (les dĂ©penses en immobilisations reportĂ©es) associĂ©es aux autres passages Ă  niveau est Ă©valuĂ© Ă  93,24 millions de dollars, soit 34,0 millions de dollars pour les compagnies de chemin de fer et 59,24 millions de dollars pour les autoritĂ©s responsables du service de voirie.

En ce qui concerne les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et les autres passages Ă  niveau, il convient Ă©galement de souligner que les Ă©conomies de coĂ»t prĂ©vues sont associĂ©es Ă  la prĂ©fĂ©rence temporelle d’effectuer les dĂ©penses en immobilisations Ă  une date ultĂ©rieure, puisque les fonds qui ne sont pas dĂ©pensĂ©s en 2021 peuvent ĂŞtre Ă©pargnĂ©s ou investis dans d’autres entreprises et gĂ©nĂ©rer un rendement quelconque.

Coûts

Deux groupes assumeront les coĂ»ts des modifications : les compagnies de chemin de fer et les Canadiens. L’exemption des passages Ă  niveau Ă  faible risque de la conformitĂ© avec les exigences liĂ©es Ă  l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© et la prolongation des dĂ©lais de conformitĂ© pour les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et les autres passages Ă  niveau seraient Ă  l’origine d’un nombre de collisions supĂ©rieur Ă  celui prĂ©vu dans le scĂ©nario de base (c’est-Ă -dire le scĂ©nario selon lequel tous les passages Ă  niveau se conforment aux exigences liĂ©es Ă  l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© d’ici novembre 2021). Par consĂ©quent, cela signifie qu’on s’attend Ă  ce que le nombre de dĂ©cès, de blessures graves et de dommages matĂ©riels soit plus Ă©levĂ© dans le cadre du scĂ©nario de rĂ©glementation. Il est estimĂ© que le total des coĂ»ts associĂ©s aux modifications est de 244,03 millions de dollars.

Collisions

Dans les documents sur la sĂ©curitĂ© des transports, le facteur de modification des collisions (FMC) est utilisĂ© couramment pour estimer la rĂ©duction prĂ©vue des collisions Ă  un emplacement. Le FMC sert Ă  reprĂ©senter la modification attendue de la frĂ©quence des collisions Ă  un emplacement après l’adoption de changements, qui sont habituellement des contre-mesures. Le FMC indique ainsi l’efficacitĂ© escomptĂ©e des mesures de prĂ©vention des collisions. Le tableau 4 illustre le nombre annuel de collisions qui seraient Ă©vitĂ©es si les exigences sont adoptĂ©es, selon le FMC estimĂ© qui dĂ©coulerait de l’amĂ©lioration exigĂ©e de la sĂ©curitĂ© aux passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale.

Tableau 4 — Collisions mettant en cause du matĂ©riel roulant Ă©vitĂ©es chaque annĂ©e, par type de passage Ă  niveau
Type de collision Type de passage à niveau Passage à niveau public Passage à niveau privé Total
Collisions mettant en cause du matériel roulant Passage à niveau à faible risque 1,33 0,39 1,72
Passage à niveau de priorité élevée 12,90 0 12,90
Autre passage Ă  niveau 44,13 1,30 45,43
Total 58,36 1,69 60,05
Collisions ne mettant pas en cause du matériel roulant Passage à niveau à faible risque 4,34 1,25 5,59
Passage à niveau de priorité élevée 41,92 0 41,92
Autre passage Ă  niveau 143,42 4,24 147,66
Total 189,68 5,49 195,17

Sources : DonnĂ©es sur les collisions du Bureau de la sĂ©curitĂ© des transports et Base nationale de donnĂ©es sur les collisions (BNDC).

Cette analyse a tenu compte de deux types de collisions aux passages Ă  niveau : celles mettant en cause du matĂ©riel roulant et celles ne mettant pas en cause du matĂ©riel roulant. Comme il a Ă©tĂ© susmentionnĂ©, la frĂ©quence rĂ©duite des collisions mettant en cause du matĂ©riel roulant a Ă©tĂ© estimĂ©e Ă  l’aide du FMC qui dĂ©coule de l’amĂ©lioration exigĂ©e de la sĂ©curitĂ©. Pour estimer le nombre rĂ©duit des collisions ne mettant pas en cause du matĂ©riel roulant aux passages Ă  niveau non conformes oĂą la sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©e, les donnĂ©es du BST sur les collisions et les donnĂ©es de la BNDC ont Ă©tĂ© comparĂ©es pour la pĂ©riode de 1998 Ă  2002. Selon cette analyse, la proportion des collisions ne mettant pas en cause du matĂ©riel roulant par rapport aux collisions mettant en cause du matĂ©riel roulant est de 3,25 collisions.

Dans cette analyse, il est supposĂ© que les modifications n’influeront pas sur le nombre prĂ©vu de collisions Ă©vitĂ©es chaque annĂ©e (indiquĂ© au tableau 4). Puisque les passages Ă  niveau Ă  faible risque sont toutefois exemptĂ©s, on s’attend Ă  ce qu’il y ait moins de collisions Ă©vitĂ©es (c’est-Ă -dire plus de collisions) dans le cadre du scĂ©nario de rĂ©glementation comparativement au nombre de collisions qui pourraient ĂŞtre Ă©vitĂ©es si le scĂ©nario de base Ă©tait conservĂ© pour la pĂ©riode d’analyse Ă©chelonnĂ©e sur 10 ans. De plus, en raison des dĂ©lais de conformitĂ© prolongĂ©s pour les passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e et les autres passages Ă  niveau, on s’attend Ă  ce qu’il y ait encore moins de collisions Ă©vitĂ©es (c’est-Ă -dire plus de collisions) entre 2021 et 2023. Au total, les modifications pourraient ĂŞtre Ă  l’origine de 707 collisions supplĂ©mentaires entre 2021 et 2030, soit 166 qui mettraient en cause du matĂ©riel roulant et 541 qui ne mettraient pas en cause du matĂ©riel roulant. Le nombre de collisions Ă  la hausse serait bien entendu associĂ© Ă  un nombre accru de dĂ©cès, de blessures graves et de dommages matĂ©riels.

Décès et blessures graves

Les nombres annuels de dĂ©cès et de blessures graves supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© estimĂ©s en multipliant le nombre de collisions additionnelles par annĂ©e par les taux de dĂ©cès et de blessures graves occasionnĂ©s par les collisions aux passages Ă  niveau publics et privĂ©s. Ces taux ont Ă©tĂ© tirĂ©s des donnĂ©es sur les collisions du BST en utilisant une moyenne sur 10 ans des dĂ©cès et des blessures graves occasionnĂ©s par les collisions aux passages Ă  niveau publics et privĂ©s qui sont survenues entre 2010 et 2019. Le tableau 5 prĂ©sente ces taux moyens et prĂ©cise si les collisions mettent en cause ou non du matĂ©riel roulant.

Tableau 5 — Taux moyens de dĂ©cès et de blessures graves occasionnĂ©s par les collisions (2010-2019)
Type de collision Passages à niveau publics Passages à niveau privés
Taux de décès Taux de blessures graves Taux de décès Taux de blessures graves
Collisions mettant en cause du matériel roulant 0,154 0,169 0,045 0,122
Collisions ne mettant pas en cause du matériel roulant 0,003 0,016 0,003 0,016

Sources : DonnĂ©es sur les collisions du Bureau de la sĂ©curitĂ© des transports et Base nationale de donnĂ©es sur les collisions (BNDC).

Il est estimĂ© que les modifications pourraient ĂŞtre Ă  l’origine de 26 dĂ©cès supplĂ©mentaires et de 36 blessures graves supplĂ©mentaires pendant la pĂ©riode d’analyse de 10 ans.

Les dĂ©cès sont exprimĂ©s en valeur monĂ©taire Ă  l’aide de la valeur d’une vie statistique (VVS) de 7,99 millions de dollars par dĂ©cès conformĂ©ment Ă  la Politique sur l’analyse coĂ»ts-avantages du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor (SCT). La valeur des blessures graves est estimĂ©e Ă  13,42 % de la VVSrĂ©fĂ©rence 13, ce qui reprĂ©sente environ 1,07 million de dollars par blessure grave.

Par consĂ©quent, il est estimĂ© que le coĂ»t des dĂ©cès et des blessures graves supplĂ©mentaires associĂ©s aux passages Ă  niveau est de 231,15 millions de dollars.

Dommages matériels

Les collisions aux passages Ă  niveau peuvent endommager le matĂ©riel roulant et les vĂ©hicules, ce qui concerne Ă  la fois les compagnies de chemin de fer et les Canadiens. Le coĂ»t des dommages matĂ©riels varie en fonction du fait que les collisions mettent en cause ou non du matĂ©riel roulant. Le tableau 6 ci-dessous contient des renseignements dĂ©taillĂ©s.

Tableau 6 — Pourcentage de collisions mettant en cause du matĂ©riel roulant qui ont entraĂ®nĂ© des dommages matĂ©riels et coĂ»t moyen, par type de dommage
Collisions mettant en cause du matériel roulant
Type de dommage matériel Pourcentage de collisions qui ont entraîné des dommages matériels note a du tableau c6 Coût moyen par collision note b du tableau c6
MatĂ©riel roulant 100 % 5 942 $
VĂ©hicule routier 94 % 13 309 $
DĂ©raillement 4 % 883 244 $
Collisions ne mettant pas en cause du matériel roulant
Type de dommage matériel Nombre de véhicules endommagés par collision Coût moyen par véhicule
VĂ©hicule routier 1,41 7 313 $

Note(s) du tableau c6

Note a du tableau c6

Données sur les collisions ferroviaires du BST et données de la BNDC pour la période de 1998 à 2002.

Retour Ă  la note a du tableau c6

Note b du tableau c6

Données obtenues du Canadien National, du Canadien Pacifique et du Bureau d’assurance du Canada.

Retour Ă  la note b du tableau c6

On a estimĂ© le coĂ»t annuel des dommages matĂ©riels en multipliant le nombre de collisions supplĂ©mentaires qui entraĂ®neraient chaque type de dommages matĂ©riels par annĂ©e par les coĂ»ts moyens indiquĂ©s dans le tableau 6. On estime que le coĂ»t total des dommages matĂ©riels s’élève Ă  12,88 millions de dollars, soit 7,74 millions de dollars pour les collisions mettant en cause du matĂ©riel roulant et 5,14 millions de dollars pour les collisions ne mettant pas en cause du matĂ©riel roulant.

Énoncé des coûts-avantages
Tableau 7 — Valeur monĂ©taire des coĂ»ts
Intervenant touché Description des coûts Année de référence (2021) Autres années pertinentes Dernière année (2030) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Canadiens DĂ©cès et blessures graves 91,29 $ 1,88 $ 1,25 $ 231,15 $ 32,91 $
Canadiens Dommages matĂ©riels 2,77 $ 0,07 $ 0,04 $ 7,06 $ 1,0 $
Compagnies de
chemin de fer
Dommages matĂ©riels 2,28 $ 0,05 $ 0,04 $ 5,82 $ 0,83 $
Ensemble des intervenants CoĂ»ts totaux 96,34 $ 2,0 $ 1,33 $ 244,03 $ 34,74 $
Tableau 8 — Valeur monĂ©taire des avantages
Intervenant touché Description de l’avantage Année de référence (2021) Autres années pertinentes Dernière année (2030) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Compagnies de chemin de fer DĂ©penses en immobilisations Ă©vitĂ©es en raison de l’exemption des passages Ă  niveau Ă  faible risque 1,27 $ 0,51 $ 0,34 $ 5,38 $ 0,77 $
AutoritĂ©s responsables du service de voirie DĂ©penses en immobilisations Ă©vitĂ©es en raison de l’exemption des passages Ă  niveau Ă  faible risque 1,09 $ 0,87 $ 0,58 $ 8,03 $ 1,14 $
Compagnies de chemin de fer DĂ©penses en immobilisations reportĂ©es en raison de la prolongation des dĂ©lais de conformitĂ© pour les passages Ă  niveau Ă  prioritĂ© Ă©levĂ©e et les autres passages Ă  niveau 39,62 $ −17,14 $ 0 $ 35,66 $ 5,08 $
AutoritĂ©s responsables du service de voirie DĂ©penses en immobilisations reportĂ©es en raison de la prolongation des dĂ©lais de conformitĂ© pour les passages Ă  niveau Ă  prioritĂ© Ă©levĂ©e et les autres passages Ă  niveau 24,42 $ −0,57 $ 0 $ 61,7 $ 8,78 $
Ensemble des intervenants Avantages totaux 66,40 $ −16,33 $ 0,92 $ 110,76 $ 15,77 $
Tableau 9 – RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et des avantages en valeur monĂ©taire
Répercussions Année de référence (2021) Autres années pertinentes Dernière année (2030) Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
CoĂ»ts totaux 96,34 $ 2,0 $ 1,33 $ 244,03 $ 34,74 $
Avantages totaux 66,40 $ −16,33 $ 0,92 $ 110,76 $ 15,77 $
INCIDENCE NETTE −29,94 $ −18,33 $ −0,41 $ −133,27 $ −18,97 $

Incidences qualitatives

Les autorités privées responsables du service de voirie qui doivent effectuer les améliorations de la sécurité aux passages à niveau existants de priorité élevée ou aux autres passages à niveau pourraient économiser des coûts.

Bien que les montants approximatifs de ces factures varient, des compagnies de chemin de fer ont informĂ© TC que le coĂ»t d’un système d’avertissement peut varier entre 300 000 $ et 600 000 $, ou plus. Ă€ titre de comparaison, le coĂ»t approximatif d’un système d’avertissement Ă  usage restreint est de 200 000 $.

Analyse de sensibilité

Une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour vĂ©rifier les incertitudes liĂ©es aux principales variables. Deux mĂ©thodes diffĂ©rentes sont utilisĂ©es pour analyser l’incertitude des estimations des coĂ»ts-avantages, soit l’analyse de sensibilitĂ© Ă  variable simple et l’analyse de sensibilitĂ© du scĂ©nario.

Analyse de sensibilité à variable simple

L’analyse de sensibilité à variable simple consiste à examiner comment les avantages nets estimés changeraient si une hypothèse concernant une variable est modifiée à la fois. Les variables qui ont été prises en considération dans ce type d’analyse incluent le coût unitaire de l’amélioration de la sécurité au passage à niveau, le rapport de décès et de blessures occasionnés par une collision au passage à niveau, le taux d’actualisation et le nombre total d’années de la période d’analyse.

En ce qui concerne les avantages, l’analyse de sensibilitĂ© tient compte du scĂ©nario oĂą les coĂ»ts unitaires de conformitĂ© avec l’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© sont soit 15 % plus bas (avantages moins Ă©levĂ©s), soit 15 % plus Ă©levĂ©s (avantages plus Ă©levĂ©s). Pour ce qui est des coĂ»ts, l’analyse de sensibilitĂ© tient compte d’une situation oĂą les rapports de dĂ©cès et de blessures seraient soit 5 % plus bas (avantages moins Ă©levĂ©s), soit 5 % plus Ă©levĂ©s (avantages plus Ă©levĂ©s). Le tableau 10 ci-après prĂ©sente les rĂ©sultats de l’analyse de sensibilitĂ©.

Tableau 10 — Analyse de sensibilitĂ© Ă  variable simple
Variable Avantage net
(en millions)
Coûts
Faibles rapports de blessures et de dĂ©cès −121,71 $
ScĂ©nario central −133,27 $
Rapports Ă©levĂ©s de blessures et de dĂ©cès −144,82 $
Avantages
Estimation du prix unitaire bas −149,88 $
Estimation du prix unitaire Ă©levĂ© −116,65 $
Taux d’actualisation
0 % −147,46 $
3 % −140,95 $
Période d’analyse
15 ans −134,88 $
20 ans −135,99 $
Analyse de sensibilité du scénario

Une analyse de sensibilitĂ© du scĂ©nario, qui a tenu compte des avantages et des coĂ»ts faibles, probables et Ă©levĂ©s, a Ă©tĂ© effectuĂ©e. Dans cet exercice, les coĂ»ts et les avantages sont Ă©valuĂ©s en mĂŞme temps Ă  leurs valeurs extrĂŞmes afin que les avantages nets puissent ĂŞtre analysĂ©s Ă  leurs limites infĂ©rieures et supĂ©rieures. Les variables qui ont Ă©tĂ© retenues pour cette analyse sont les mĂŞmes que celles utilisĂ©es dans l’analyse de sensibilitĂ© Ă  variable simple des coĂ»ts et des avantages, sauf qu’elles ont Ă©tĂ© regroupĂ©es simultanĂ©ment pour donner lieu Ă  six scĂ©narios diffĂ©rents, tels qu’ils sont prĂ©sentĂ©s dans le tableau 11.

Tableau 11 — Analyse des avantages nets du scĂ©nario (en millions de dollars)
  Avantages
Faibles Probables Élevés
CoĂ»ts Faibles −138,32 $ −121,71 $ −105,10 $
Probables −149,88 $ −133,27 $ −116,65 $
ÉlevĂ©s −161,44 $ −144,82 $ −128,21 $

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises s’applique, puisque de petites entreprises économiseront des coûts grâce aux modifications réglementaires.

Des donnĂ©es sommaires fournies par l’Association des chemins de fer du Canada ont rĂ©vĂ©lĂ© que l’une des compagnies de chemin de fer qui possèdent des passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale sera touchĂ©e par les modifications. La petite entreprise en question dĂ©tient environ 0,04 % des passages Ă  niveau de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale. Celle-ci Ă©conomisera des coĂ»ts estimĂ©s Ă  17 079 $ ou 2 432 $ par annĂ©e. De plus, il est possible que certaines autoritĂ©s privĂ©es responsables du service de voirie (petits propriĂ©taires fonciers) soient considĂ©rĂ©es comme de petites entreprises. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, si certaines d’entre elles doivent assumer des coĂ»ts de modernisation et d’entretien des passages Ă  niveau conjointement avec des compagnies de chemin de fer, elles pourraient alors bĂ©nĂ©ficier Ă©galement des modifications, puisque les dĂ©penses en immobilisations pourront ĂŞtre soit Ă©vitĂ©es, soit reportĂ©es. Par contre, les Ă©conomies de coĂ»t de ces petites entreprises ne pouvaient pas ĂŞtre estimĂ©es faute de donnĂ©es.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 12 — Ă‰conomies relatives aux coĂ»ts de conformitĂ© pour les petites entreprises
Activité Valeur annualisée Valeur actualisée
Économies de coûts
(répit financier)
2 432 $ 17 079 $
Total des Ă©conomies relatives aux coĂ»ts de conformitĂ© 2 432 $ 17 079 $

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas aux modifications, puisqu’il n’y a aucun changement cumulatif du fardeau administratif pour les entreprises et les modifications rĂ©glementaires n’ajoutent ni n’abrogent aucun titre rĂ©glementaire.

Les compagnies de chemin de fer et les autoritĂ©s responsables du service de voirie devaient s’échanger des renseignements dans les deux ans suivant l’entrĂ©e en vigueur du Règlement afin que chacune d’entre elles puisse Ă©valuer la sĂ©curitĂ© de son infrastructure et planifier en consĂ©quence (avant le 28 novembre 2016). Cette exigence visait Ă  veiller Ă  ce que chaque intervenant possède des renseignements Ă  jour pour assurer la sĂ©curitĂ© aux passages Ă  niveau (par exemple des renseignements sur l’interconnexion entre le feu de circulation et le système d’avertissement). Les intervenants ont confirmĂ© qu’ils se sont dĂ©jĂ  conformĂ©s Ă  ces exigences administratives.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les modifications s’appliquent uniformément à l’ensemble des passages à niveau situés sur les voies ferrées des compagnies de chemin de fer de compétence fédérale au Canada.

Les modifications réglementaires ne sont pas présentées en vue de se conformer à une entente ou à une obligation internationale. Il n’a pas non plus de répercussions liées à un plan de travail ou à un engagement pris dans le cadre d’un forum officiel de coopération en matière de réglementation. Les modifications n’ont pas été présentées en vue d’harmoniser la réglementation avec les exigences d’une autre administration, d’un organisme de normalisation ou d’une organisation internationale. Elles ne font pas non plus partie d’une initiative officielle de coopération en matière de réglementation.

Évaluation environnementale stratégique

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes et Ă  l’ÉnoncĂ© de politique de Transports Canada sur l’évaluation environnementale stratĂ©gique (2013), le processus d’évaluation environnementale stratĂ©gique a Ă©tĂ© respectĂ© dans le cadre de ces modifications rĂ©glementaires, et une Ă©valuation du transport durable a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Aucune incidence n’a Ă©tĂ© identifiĂ©e, puisque l’objectif principal de cette initiative rĂ©glementaire est de modifier le Règlement de 2014 afin de prolonger le dĂ©lai de conformitĂ© pour certains passages Ă  niveau publics et privĂ©s et d’ajouter des exclusions de certaines dispositions du Règlement de 2014 pour les passages Ă  niveau Ă  faible risque en utilisant une approche fondĂ©e sur le risque.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune incidence relative Ă  l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) n’a Ă©tĂ© constatĂ©e dans le cadre de cette initiative rĂ©glementaire. TC a recueilli les commentaires des intervenants concernant ce projet Ă  partir de son portail de consultation en ligne « Parlons transport Â». Aucune prĂ©occupation n’a Ă©tĂ© soulevĂ©e par les intervenants en ce qui concerne des rĂ©percussions que les modifications pourraient avoir sur la base de facteurs identitaires tels que le sexe, la race, l’origine ethnique ou la sexualitĂ©.

Les donnĂ©es comparatives sur les accidents sont insuffisantes pour cibler des groupes vulnĂ©rables ou des types d’accidents particuliers au sein de collectivitĂ©s distinctes. En milieu urbain, les accidents sont normalement plus nombreux en raison du plus grand nombre de passages Ă  niveau urbains et des volumes plus Ă©levĂ©s de trains et de vĂ©hicules en circulation. Dans un rapport publiĂ© sur les Ă©vĂ©nements de transport ferroviaire, le BST indiquait qu’« en 2019, la proportion d’accidents Ă  des passages Ă  niveau publics munis de dispositifs de signalisation automatiques a Ă©tĂ© de 50 %, comparativement Ă  27 % Ă  des passages Ă  niveau publics passifs […]. Bien qu’il y ait presque deux fois plus de passages Ă  niveau publics sans dispositif de signalisation automatique que de passages Ă  niveau publics dotĂ©s de dispositifs de signalisation automatiques, le nombre plus Ă©levĂ© d’accidents qui se produisent Ă  des passages munis de dispositifs de signalisation automatiques est attribuable, en partie, au trafic routier et au trafic ferroviaire plus importants Ă  ces passages Ă  niveau. Â»

Justification

MĂŞme si les modifications entraĂ®neront un coĂ»t net, TC a conclu qu’elles sont dans l’intĂ©rĂŞt public puisqu’elles (i) remĂ©dient au fait que des milliers de passages Ă  niveau ne respecteront pas le dĂ©lai de conformitĂ© initialement fixĂ© au 28 novembre 2021 et (ii) contribuent Ă  veiller Ă  ce que les modernisations exigĂ©es aux passages Ă  niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©e soient priorisĂ©es et apportĂ©es le plus rapidement possible. Les modifications permettront Ă©galement d’offrir un rĂ©pit financier aux compagnies de chemin de fer, aux municipalitĂ©s, aux autoritĂ©s responsables du service de voirie et aux fermiers dans la foulĂ©e des rĂ©percussions de la pandĂ©mie de COVID-19.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications au Règlement entreront en vigueur à la date de leur enregistrement.

Afin d’exercer une diligence raisonnable à l’appui du report des délais de conformité et compte tenu de la complexité des responsabilités en matière de sécurité aux passages à niveau, ainsi que du grand nombre d’intervenants concernés (tel que les compagnies de chemin de fer, les municipalités, les propriétaires de passages à niveau privés et autres entités), TC a collaboré avec les compagnies de chemin de fer immédiatement après la publication préalable des modifications proposées pour obtenir des échéanciers solides afin de respecter les délais mis à jour, y compris des mises à jour mensuelles des progrès.

De plus, afin de favoriser la conformitĂ© avec le Règlement, TC a prĂ©parĂ© des documents d’orientation qu’il a mis Ă  la disposition des intervenants avant la publication dans la Partie II de la Gazette du Canada afin qu’ils puissent s’y reporter pendant la pĂ©riode menant jusqu’aux nouvelles dates d’échĂ©ance.

Aucune latitude supplĂ©mentaire ne sera accordĂ©e aux intervenants par rapport aux dĂ©lais de conformitĂ©. Ă€ l’échĂ©ance des pĂ©riodes de conformitĂ© prolongĂ©es, TC adoptera une dĂ©marche progressive et adaptĂ©e conformĂ©ment Ă  la Politique sur la surveillance de la SĂ©curitĂ© ferroviaire pour la mise en application afin de sensibiliser les intervenants, prĂ©venir les infractions et sanctionner, s’il y a lieu, ceux qui contreviennent Ă  la LSF ou Ă  ses règlements connexes. En cas de non-conformitĂ© avec le Règlement, dans les cas oĂą le nouveau dĂ©lai de conformitĂ© ne serait pas respectĂ© pour un passage Ă  niveau donnĂ©, TC tiendrait d’abord compte du comportement de l’intervenant concernĂ© et de sa volontĂ© Ă  se conformer au dĂ©lai avant de prendre les mesures d’application de la loi appropriĂ©es, qui pourraient aller d’une lettre d’avertissement Ă  une sanction administrative pĂ©cuniaire d’un montant maximal de 250 000 $.

Pour que le Règlement soit appliqué d’une manière juste, impartiale, prévisible et cohérente à l’échelle nationale, des documents d’orientation seront préparés de façon à ce que les modifications soient appliquées de manière conforme au régime de conformité et d’application de la loi existant de la Direction générale de la sécurité ferroviaire. Une formation sera donnée aux employés de la Sécurité ferroviaire dans le cadre des programmes existants. L’ajout des documents d’orientation au programme de formation existant permettra aux employés d’adopter une approche normalisée dans des circonstances similaires afin d’obtenir des résultats cohérents.

Personne-ressource

Stéphanie Plouffe
Directrice par intérim
Affaires réglementaires
Sécurité ferroviaire
Transports Canada
TĂ©lĂ©phone : 613‑291‑1843
Courriel : stephanie.plouffe@tc.gc.ca