DĂ©cret modifiant la Liste des marchandises et technologies d'exportation contrĂ´lĂ©e : DORS/2021-121

La Gazette du Canada, Partie II, volume 155, numéro 13

Enregistrement
DORS/2021-121 Le 4 juin 2021

LOI SUR LES LICENCES D'EXPORTATION ET D'IMPORTATION

C.P. 2021-504 Le 3 juin 2021

Attendu que l'administrateur en conseil est d'avis qu'il est nécessaire de contrôler l'exportation ou le transfert de marchandises et de technologies afin de s'assurer que des armes, des munitions, du matériel ou des armements de guerre, des approvisionnements navals, des approvisionnements de l'armée ou des approvisionnements de l'aviation, ou des articles jugés susceptibles d'être transformés en l'un de ceux-ci ou de pouvoir servir à leur production ou ayant d'autre part une nature ou une valeur stratégiques, ne seront pas rendus disponibles à une destination où leur emploi pourrait être préjudiciable à la sécurité du Canada et afin de mettre en œuvre un accord ou un engagement intergouvernemental,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu des alinĂ©as 3(1)a) et d), du paragraphe 3(2) rĂ©fĂ©rence a et de l'article 6 rĂ©fĂ©rence b de laLoi sur les licences d'exportation et d'importation rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence l'administrateur du gouvernement du Canada en conseil prend le DĂ©cret modifiant la Liste des marchandises et technologies d'exportation contrĂ´lĂ©e, ci-après.

Décret modifiant la Liste des marchandises et technologies d'exportation contrôlée

Modifications

1 Les dĂ©finitions de Accord de Wassenaar et Guide, Ă  l'article 1 de la Liste des marchandises et technologies d'exportation controlĂ©e rĂ©fĂ©rence 1, sont respectivement remplacĂ©es par ce qui suit :

Accord de Wassenaar
Le document intitulé List of Dual-Use Goods and Technologies and Munitions List, adopté à la réunion plénière du Wassenaar Arrangement on Export Controls for Conventional Arms and Dual-Use Goods and Technologies tenue à Vienne, en Autriche, les 11 et 12 juillet 1996, avec ses modifications successives. (Wassenaar Arrangement)
Guide
Le Guide de la Liste des marchandises et technologies d'exportation contrôlée du Canada, publié par le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, avec ses modifications successives. (Guide)

2 Les alinĂ©as a) et b) du groupe 2 de l'annexe de la mĂŞme liste sont remplacĂ©s par ce qui suit :

3 Le groupe 3 de l'annexe de la mĂŞme liste est remplacĂ© par ce qui suit :

GROUPE 3

Non-prolifération nucléaire

3-01 (1) Les marchandises et technologies visĂ©es au groupe 3 du Guide, le Canada ayant acceptĂ© de contrĂ´ler l'exportation de celles-ci Ă  la fois :

(2) Le paragraphe (1) ne vise pas les marchandises et technologies visĂ©es au groupe 3 du Guide qui contiennent :

(3) Pour l'application de l'alinĂ©a (2)g), la masse, en grammes efficaces, correspond :

(4) Pour l'application des alinéas (2)d) à g), matières brutes et produits fissiles spéciaux s'entendent au sens du document visé à l'alinéa (1)b) intitulé Guidelines for Nuclear Transfers.

3-02 Le deutĂ©rium, l'eau lourde (oxyde de deutĂ©rium) et tout composĂ© de deutĂ©rium dans lequel le rapport atomique deutĂ©rium/hydrogène dĂ©passe 1/5 000, si le ministre conclut que le deutĂ©rium ou les composĂ©s du deutĂ©rium sont destinĂ©s Ă  ĂŞtre utilisĂ©s dans un rĂ©acteur nuclĂ©aire pouvant fonctionner de manière Ă  maintenir une rĂ©action de fission en chaĂ®ne auto-entretenue.

4 L'alinĂ©a b) du groupe 4 de l'annexe de la mĂŞme liste est remplacĂ© par ce qui suit :

5 Le groupe 6 de l'annexe de la mĂŞme liste est remplacĂ© par ce qui suit :

GROUPE 6

Régime de contrôle de la technologie des missiles

Les marchandises et technologies visĂ©es au groupe 6 du Guide, le Canada ayant acceptĂ© de contrĂ´ler l'exportation de celles-ci aux termes d'accords bilatĂ©raux conclus le 7 avril 1987 conformĂ©ment aux lignes directrices intitulĂ©es Directives pour les transferts sensibles se rapportant aux missiles Ă©tablies par le RĂ©gime de contrĂ´le de la technologie des missiles pour contrĂ´ler l'exportation de matĂ©riel et de technologies applicables aux missiles, lesquels matĂ©riel et technologies sont mentionnĂ©s dans le document MTCR/TEM/2019/Annex du 11 octobre 2019, avec ses modifications successives.

6 Les alinĂ©as a) et b) du groupe 7 de l'annexe de la mĂŞme liste sont remplacĂ©s par ce qui suit :

Entrée en vigueur

7 Le présent décret entre en vigueur le trentième jour suivant la date de sa publication dans la partie II de la Gazette du Canada.

RÉSUMÉ DE L'ÉTUDE D'IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La Liste des marchandises et technologies d'exportation contrôlée (LMTEC) est un règlement mis en place en vertu de la Loi sur les licences d'exportation et d'importation (la Loi) qui fait état des marchandises et des technologies dont l'exportation depuis le Canada est soumise à un contrôle. Les exportations de marchandises contrôlées selon la LMTEC ne peuvent se faire qu'en vertu d'une licence délivrée par le ministre des Affaires étrangères (le ministre). Le programme de contrôle des exportations du Canada remonte à l'adoption de la Loi en 1947, et les exportateurs réguliers d'articles contrôlés connaissent bien les exigences relatives aux licences.

La dĂ©signation des marchandises et des technologies dont l'exportation est contrĂ´lĂ©e dĂ©coule principalement d'engagements pris au cĂ´tĂ© de partenaires internationaux en vertu des divers rĂ©gimes multilatĂ©raux de contrĂ´le des exportations et de non-prolifĂ©ration. Les quatre principaux rĂ©gimes en question sont : l'Arrangement de Wassenaar sur le contrĂ´le des exportations d'armes conventionnelles et de biens et technologies Ă  double usage, le Groupe des fournisseurs nuclĂ©aires, le RĂ©gime de contrĂ´le de la technologie des missiles et le Groupe d'Australie. Les objectifs de ces rĂ©gimes sont semblables, en ce sens que les pays s'entendent sur des listes communes de marchandises et de technologies dont une mauvaise utilisation pourrait constituer une menace pour la sĂ©curitĂ© internationale; ils s'engagent donc Ă  appliquer des contrĂ´les Ă  l'exportation de ces articles. Chaque annĂ©e, les rĂ©gimes mettent Ă  jour leurs listes de contrĂ´le communes afin d'ajouter des articles devenus sensibles du point de vue de la sĂ©curitĂ© internationale. Ils peuvent aussi retirer les articles devenus moins sensibles et prĂ©ciser les critères de contrĂ´le pour d'autres biens. La participation Ă  ces rĂ©gimes favorise la coordination des politiques, la transparence et l'Ă©change d'informations sur les menaces Ă  la sĂ©curitĂ© internationale, et elle permet de maintenir des règles du jeu Ă©quitables pour les exportateurs dans les pays participants.

La LMTEC ne comprend pas les articles contrĂ´lĂ©s en consĂ©quence de la participation du Canada aux diffĂ©rents rĂ©gimes. Ceux-ci sont plutĂ´t repris dans un document intitulĂ© « Guide de la Liste des marchandises et technologies d'exportation contrĂ´lĂ©e du Canada Â» (le Guide). Ce dernier, qui Ă©nonce les spĂ©cifications techniques des articles contrĂ´lĂ©s et qui est publiĂ© par Affaires mondiales Canada, est incorporĂ© par renvoi dans la LMTEC. La LMTEC incorpore Ă©galement par renvoi les listes de contrĂ´le communes spĂ©cifiques convenues en vertu des principaux rĂ©gimes.

Chaque année, le gouvernement négocie des changements aux listes de contrôle des régimes, puis met à jour le Guide dans les deux langues officielles pour tenir compte de ces nouveaux engagements. La LMTEC est ensuite modifiée pour intégrer à la fois les listes de contrôle communes mises à jour et la dernière version du Guide.

Ce processus a occasionné un décalage entre la négociation des contrôles multilatéraux et leur mise en œuvre au Canada. Les modifications réglementaires à la LMTEC sont souvent retardées en raison de la disponibilité limitée des ressources gouvernementales, du calendrier parlementaire serré (particulièrement durant les années d'élections) et des priorités gouvernementales concurrentes. Cependant, il est essentiel que les contrôles du Canada soient aussi à jour que possible afin que nous puissions respecter nos engagements multilatéraux en matière de prévention de la prolifération des biens et des technologies sensibles, et éviter que les exportateurs canadiens se retrouvent en position de désavantage concurrentiel à l'échelle internationale.

Afin d'amĂ©liorer le processus de mise Ă  jour de la liste de contrĂ´le commune au Canada, le prĂ©sent dĂ©cret modifie la LMTEC pour y inclure l'expression « avec ses modifications successives Â» en rĂ©fĂ©rence au contenu du Guide et des listes de contrĂ´le communes. Il sera ainsi possible de mettre Ă  jour les engagements pris jusqu'Ă  la fin de 2020, et toute mise Ă  jour annuelle subsĂ©quente des listes de contrĂ´le communes pourra ĂŞtre intĂ©grĂ©e Ă  la LMTEC sans qu'il soit nĂ©cessaire de modifier la rĂ©glementation. Les contrĂ´les mis Ă  jour entreront dĂ©sormais en vigueur 30 jours après la publication en ligne de la dernière version du Guide par le Ministère. Le prĂ©sent dĂ©cret ne modifiera en rien le processus d'Ă©laboration ou de nĂ©gociation des positions canadiennes dans le cadre du processus de mise Ă  jour des listes des rĂ©gimes multilatĂ©raux.

ConformĂ©ment Ă  l'alinĂ©a 18.1(2)b) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le Guide peut ĂŞtre incorporĂ© Ă  la LMTEC « avec ses modifications successives Â» seulement s'il est reproduit Ă  partir de documents qui ne sont pas créés par le ministre. C'est le cas pour la plus grande partie du Guide. Celui-ci, qui compte plus de 350 pages, reproduit les listes des rĂ©gimes moyennant quelques modifications mineures de mise en forme autorisĂ©es en vertu de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, celles-ci facilitant l'incorporation des listes dans la structure de la LMTEC.

Les contrôles du Canada diffèrent légèrement de ceux des régimes dans deux domaines distincts et, à la suite de cette modification, ces domaines apparaîtront désormais dans l'annexe de la LMTEC. Le premier concerne les armes à feu. En plus des contrôles précisés dans l'Accord de Wassenaar, le Canada contrôle l'exportation de toutes les armes à feu définies comme telles en droit canadien et dans la Convention interaméricaine contre la fabrication et le trafic illicites des armes à feu, munitions, explosifs et autres matériels connexes (CIFTA). Le deuxième domaine concerne certains articles nucléaires contrôlés par le Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN). Pour le GFN, le statut de contrôle de certains articles dépend du moment, de la destination et du montant des exportations antérieures. Comme il n'existe aucun mécanisme pour appliquer cette approche à l'échelle nationale, le Canada a toujours contrôlé toutes les exportations des marchandises énumérées, peu importe les quantités exportées en cours d'année. La portée des contrôles actuels à l'exportation des armes à feu ou des matières nucléaires découlant du présent décret n'a pas été modifiée.

Objectifs

Description

La dĂ©finition de « Guide Â» Ă  l'article 1 de la LMTEC est modifiĂ©e pour que soit incluse l'expression « avec ses modifications successives Â». De mĂŞme, les listes publiĂ©es par les rĂ©gimes multilatĂ©raux de contrĂ´le des exportations et de non-prolifĂ©ration qui sont incorporĂ©es Ă  la fois dans la dĂ©finition de l'« Accord de Wassenaar Â», Ă  l'article 1, et dans les divers groupes de l'annexe sont modifiĂ©es par l'ajout de l'expression « avec ses modifications successives Â». Cela permet l'entrĂ©e en vigueur des mises Ă  jour du Guide et des listes des divers rĂ©gimes après la publication du Guide par Affaires mondiales Canada, sans qu'il soit pour autant nĂ©cessaire de modifier la LMTEC.

Afin de rĂ©duire le risque juridique de cette approche, et conformĂ©ment Ă  l'alinĂ©a 18.1(2)b) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, les quelques domaines pour lesquels il existe des diffĂ©rences importantes entre le texte des listes des rĂ©gimes et celui du Guide sont explicitement Ă©noncĂ©s dans les groupes 2 et 3 de l'annexe de la LMTEC.

Dans le groupe 2, les domaines oĂą les contrĂ´les du Canada sur les armes Ă  feu diffèrent de ceux de la Munitions List (ou liste de matĂ©riel de guerre) de l'Accord de Wassenaar et sont plus vastes que ceux-ci sont prĂ©cisĂ©s dans l'annexe. On y retrouve les contrĂ´les Ă©noncĂ©s au point 2-1.e du Guide qui s'appliquent aux armes Ă  feu prohibĂ©es, y compris l'arme Ă  feu du modèle communĂ©ment appelĂ© Taser Public Defender ainsi que l'arme Ă  feu du mĂŞme modèle qui comporte des variantes ou qui a subi des modifications, tel qu'elles sont Ă©tablies dans la partie I de l'annexe du Règlement dĂ©signant des armes Ă  feu, armes, Ă©lĂ©ments ou pièces d'armes, accessoires, chargeurs, munitions et projectiles comme Ă©tant prohibĂ©s ou Ă  autorisation restreinte, et Ă  toutes autres armes Ă  feu conçues pour tirer un projectile Ă  une vitesse initiale supĂ©rieure Ă  152,4 m/s ou dont l'Ă©nergie initiale est supĂ©rieure Ă  5,7 joules. De plus, ni le Canada ni l'Accord de Wassenaar ne contrĂ´lent l'exportation d'armes Ă  feu historiques, et comme la dĂ©finition d'« arme Ă  feu historique Â» dans le Code criminel est unique au Canada, elle est Ă©noncĂ©e explicitement aux alinĂ©as a) et b). Enfin, les adaptations de longue date apportĂ©es aux contrĂ´les de la Munitions List dans le Guide, Ă  la suite du dĂ©sir exprimĂ© par le Canada de contrĂ´ler les exportations des armes Ă  feu au sens de la CIFTA, apparaissent Ă  l'alinĂ©a c).

Dans le groupe 3 de l'annexe, les paramètres de contrĂ´le technique qui diffèrent de la liste de contrĂ´le du GFN (INFCIRC/254/Rev.14/Part 1) ou qui n'y sont pas expressĂ©ment mentionnĂ©s le sont maintenant de façon explicite Ă  l'annexe de la LMTEC. Il s'agit notamment des dĂ©cisions prises par le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'Ă©nergie atomique (AIEA) en ce qui concerne les paramètres de contrĂ´le Ă  appliquer aux « matières brutes Â» et aux « produits fissiles spĂ©ciaux Â» et de l'approche canadienne pour l'application des contrĂ´les Ă  ces deux catĂ©gories d'articles, ainsi qu'au « deutĂ©rium Â» et Ă  « l'eau lourde Â». Le texte qui a Ă©tĂ© ajoutĂ© au groupe 3 de l'annexe est basĂ© sur les contrĂ´les des points 3-1.1, 3-1.2, et 3-2.2.1 du Guide.

Dans le groupe 7 de l'annexe, la mention d'une « entente bilatĂ©rale conclue le 24 dĂ©cembre 1992 entre le Canada et les États-Unis Â» a Ă©tĂ© supprimĂ©e, car cette entente n'est plus prise en compte pour dĂ©terminer la façon d'appliquer les contrĂ´les sur les Ă©lĂ©ments prĂ©cisĂ©s dans le groupe 7 du Guide.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada a consulté les intervenants de l'industrie au sujet des modifications envisagées. Ces derniers comprennent les avantages découlant de la mise en œuvre de mesures accélérées en vue d'éliminer les contrôles sur les articles qui ne sont plus contrôlés à l'échelle internationale. Ils comprennent également que le Décret ne permet pas au Canada d'appliquer des contrôles unilatéraux sans une modification réglementaire et une période de consultation publique correspondante. Un manque de connaissance du processus de modification des contrôles à l'exportation du Canada pourrait faire craindre, à tort, que le Canada en vienne à contrôler unilatéralement l'exportation d'autres articles sans consulter l'industrie.

Il convient de noter que, lors de la nĂ©gociation de tout nouveau contrĂ´le en vertu des rĂ©gimes en place, Affaires mondiales Canada consulte les intervenants de l'industrie susceptibles d'ĂŞtre touchĂ©s par des contrĂ´les appliquĂ©s Ă  leurs exportations; ce processus de consultation ne changera pas Ă  l'avenir. Ainsi, au cours des dernières annĂ©es, plus de 300 entreprises et associations ont Ă©tĂ© consultĂ©es individuellement sur des propositions prĂ©cises envisagĂ©es par les rĂ©gimes.

L'exemption de publication préalable en vigueur pour le présent décret est conforme à la pratique antérieure relative aux modifications réglementaires apportées à la LMTEC. Les commentaires des intervenants sont pris en compte dans l'élaboration des positions de négociation du Canada vis-à-vis des différents régimes, et il n'est pas possible de modifier les contrôles multilatéraux dans le cadre du processus de réglementation une fois que le Canada a accepté de les mettre en œuvre.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Comme le processus de délivrance des licences d'exportation proprement dit est inchangé, le Décret ne devrait pas imposer de fardeau ni de coûts réglementaires supplémentaires, et le gouvernement, l'industrie ou les Canadiens ne devraient pas avoir à subir d'autres répercussions négatives.

En ce qui concerne les engagements actuels, aucune proposition n'a Ă©tĂ© acceptĂ©e dans les domaines oĂą le Canada a soulevĂ© des prĂ©occupations fondĂ©es sur les rĂ©actions de l'industrie. Il est possible que les engagements futurs envers les diffĂ©rents rĂ©gimes entraĂ®nent des dĂ©penses supplĂ©mentaires pour l'industrie canadienne, certaines entreprises Ă©tant obligĂ©es de prĂ©senter une demande de licence avant d'exporter leurs articles — comme on a pu le constater en 25 annĂ©es d'adhĂ©sion Ă  ces rĂ©gimes —, mais ces dĂ©penses seraient compensĂ©es par une diminution des coĂ»ts pour les entreprises dont les exportations ont Ă©tĂ© soustraites au contrĂ´le des rĂ©gimes.

Ce décret réduit aussi les frais pour le Canada, parce qu'il élimine l'obligation de mettre à jour la LMTEC grâce à des modifications réglementaires annuelles, et il libère les ressources gouvernementales limitées qui participent au processus réglementaire. Le Décret ne devrait pas entraîner de changement dans le volume des demandes de licences d'exportation traitées.

Lentille des petites entreprises

Selon les donnĂ©es de 2018 de Statistique Canada, 485 entreprises, soit 76 % de toutes les entreprises du secteur de la dĂ©fense, employaient moins de 100 personnes. Pour l'ensemble du secteur, ces petites et moyennes entreprises (PME) reprĂ©sentaient 15 % de tous les emplois, 12 % des ventes totales et moins de 8 % de la valeur des exportations. Nous n'avons recensĂ© aucune PME exportant actuellement des articles dĂ©sormais contrĂ´lĂ©s en raison des plus rĂ©cents engagements pris dans les diffĂ©rents rĂ©gimes. Dès qu'il sera possible de le faire, la Direction de la politique des contrĂ´les Ă  l'exportation d'Affaires mondiales Canada entreprendra des activitĂ©s de sensibilisation auprès des reprĂ©sentants de l'industrie partout au pays, en visant plus particulièrement les PME, afin de mieux faire connaĂ®tre les contrĂ´les Ă  l'exportation exercĂ©s par le Canada et de conseiller les exportateurs d'articles contrĂ´lĂ©s.

Règle du « un pour un Â»

Le DĂ©cret soit ajoutera soit retirera des articles Ă  contrĂ´ler, mais ceci n'aura pas d'incidence sur le processus de dĂ©livrance des licences d'exportation. Le fardeau administratif imposĂ© aux entreprises portera sur les articles nouvellement contrĂ´lĂ©s, le fardeau administratif concernant les articles non contrĂ´lĂ©s Ă©tant Ă©liminĂ©. Tout compte fait, on ne s'attend pas Ă  une augmentation du fardeau administratif global Ă  la suite de cette modification rĂ©glementaire et, par consĂ©quent, la règle du « un pour un Â» n'est pas dĂ©clenchĂ©e.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

L'objectif du Décret est de veiller à ce que la LMTEC reflète en temps opportun les derniers engagements pris par le Canada en vertu des divers régimes multilatéraux de contrôle des exportations et de non-prolifération. Les alliés du Canada aux vues similaires, comme l'UE et les partenaires du Groupe des cinq, sont également membres des régimes et ils se sont engagés à contrôler l'exportation des mêmes articles. De nombreux alliés du Canada ont également mis en place des mesures accélérées pour adopter les contrôles des régimes dans leur cadre juridique national.

Par exemple, la Nouvelle-ZĂ©lande ne met pas Ă  jour sa liste de contrĂ´le par le truchement d'un processus rĂ©glementaire. En vertu de la Customs Act de la Nouvelle-ZĂ©lande, la simple publication en ligne de la liste nationale de contrĂ´le Ă  jour (la New Zealand Strategic Goods List) est suffisante pour permettre l'entrĂ©e en vigueur des nouveaux contrĂ´les. En Australie, les engagements envers les rĂ©gimes sont reflĂ©tĂ©s dans la Defence and Strategic Goods List, qui est un « instrument lĂ©gislatif Â» plus facile Ă  mettre Ă  jour qu'un règlement, car les modifications entrent en vigueur une fois qu'elles ont Ă©tĂ© signĂ©es par le ministre australien de la DĂ©fense et officiellement enregistrĂ©es.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu'une évaluation environnementale stratégique n'est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucune incidence importante découlant de l'analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) n'a été déterminée pour ce décret.

Le Canada Ă©value toutes les demandes de licence d'exportation en fonction du risque que l'exportation pourrait poser pour des groupes vulnĂ©rables. Le Canada a Ă©galement adhĂ©rĂ© au TraitĂ© sur le commerce des armes (TCA), le premier traitĂ© international qui mentionne expressĂ©ment la violence fondĂ©e sur le sexe comme consĂ©quence Ă  Ă©viter dans toute dĂ©cision autorisant l'exportation d'armes classiques. Afin de dĂ©cider s'il dĂ©livrera une licence en vertu de la Loi « Ă  l'Ă©gard d'armes, de munitions, de matĂ©riels ou d'armements de guerre Â», le ministre doit dĂ©terminer si les marchandises ou les technologies prĂ©cisĂ©es dans la demande de licence d'exportation risquent de servir Ă  la commission ou Ă  faciliter la commission d'actes graves de violence fondĂ©e sur le sexe ou d'actes graves de violence contre les femmes et les enfants. Si, après avoir examinĂ© les mesures d'attĂ©nuation envisageables, le ministre dĂ©termine qu'il existe un risque sĂ©rieux que l'exportation proposĂ©e entraĂ®ne un acte grave de violence fondĂ©e sur le sexe ou un acte de violence contre les femmes et les enfants, il doit alors refuser la licence d'exportation.

Justification

Le Décret permet une mise en œuvre plus rapide des tout récents contrôles convenus en regard des régimes multilatéraux de contrôle des exportations et de non-prolifération. Il peut, actuellement, falloir plusieurs années pour exécuter les engagements multilatéraux par le biais de modifications réglementaires de la LMTEC, ce qui n'est pas sans représenter des risques importants pour la sécurité nationale et des coûts économiques pour le Canada.

Le gouvernement du Canada ne peut légalement pas empêcher l'acheminement d'articles sensibles que les régimes ont convenu de contrôler si ces articles ne sont pas énumérés dans la LMTEC. Jusqu'à ce que les plus récents contrôles entrent en vigueur au Canada, rien n'empêche une entreprise canadienne d'exporter des technologies sensibles ou émergentes vers une destination préoccupante.

De plus, les exportateurs canadiens doivent demander une licence avant d'exporter tout article qui n'est pas contrôlé à l'échelle internationale, mais qui l'est au Canada. Cet exercice peut être à la fois coûteux et laborieux pour les entreprises, surtout compte tenu des délais réguliers caractérisant le traitement des demandes de licence d'exportation.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur 30 jours après sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Un document détaillé soulignant les changements apportés au Guide à la suite du présent décret est disponible sur le site Web des contrôles à l'exportation d'Affaires mondiales Canada. Ce document permet aux exportateurs d'identifier facilement les changements apportés par le Décret qui pourraient avoir une incidence sur leurs entreprises.

Dans l'avenir, un sommaire sera produit Ă  chaque mise Ă  jour annuelle du Guide, et les exportateurs continueront de disposer de 30 jours pour se familiariser avec les changements futurs avant leur entrĂ©e en vigueur.

Conformité et application

Toutes les exportations ou tous les transferts d'articles contrôlés en vertu de la LMTEC doivent être autorisés par une licence d'exportation. L'Agence des services frontaliers du Canada et la Gendarmerie royale du Canada sont responsables de l'application des contrôles à l'exportation. Toute exportation, tout transfert ou toute tentative d'exportation ou de transfert de marchandises et de technologies contrôlées en vertu de la LMTEC qui seraient effectués sans posséder une licence exigée par la Loi sont interdits et peuvent donner lieu à des poursuites.

Normes de service

Pour obtenir des renseignements sur les délais de traitement des demandes de licence d'exportation d'articles contrôlés, veuillez consulter la dernière version du Manuel des contrôles du courtage et à l'exportation, qui se trouve sur le site Web de la Direction de la politique des contrôles à l'exportation.

Personne-ressource

Judy Korecky
Directrice adjointe
Direction de la politique des contrĂ´les Ă  l'exportation
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 343‑203‑4332
TĂ©lĂ©copieur : 613‑996‑9933
Courriel : judy.korecky@international.gc.ca