Vol. 147, numĂ©ro 7 — Le 27 mars 2013

Enregistrement

TR/2013-27 Le 27 mars 2013

LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

DĂ©cret concernant la Liste des espèces en pĂ©ril (dĂ©cisions de ne pas inscrire certaines espèces)

C.P. 2013-276 Le 7 mars 2013

Sur recommandation du ministre de l’Environnement et en vertu des paragraphes 27(1.1) et (1.2) de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (voir rĂ©fĂ©rence a), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil :

  • a) dĂ©cide de ne pas inscrire sur la Liste des espèces en pĂ©ril figurant à l’annexe 1 de la Loi le bĂ©luga (Delphinapterus leucas) (population de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin), le bar rayĂ© (Morone saxatilis) (population du Sud du golfe du Saint-Laurent) et le brosme (Brosme brosme);
  • b) agrĂ©e que le ministre de l’Environnement mette dans le registre public Ă©tabli en vertu de l’article 120 de la Loi la dĂ©claration qui figure à l’annexe du prĂ©sent dĂ©cret et qui Ă©nonce les motifs des dĂ©cisions de ne pas inscrire ces espèces sur la Liste.

DÉCRET CONCERNANT LA LISTE DES ESPÈCES EN PÉRIL (DÉCISIONS
DE NE PAS INSCRIRE CERTAINES ESPÈCES)

ANNEXE

DÉCLARATION ÉNONÇANT LES MOTIFS DES DÉCISIONS DE NE PAS INSCRIRE LE BÉLUGA (POPULATION DE L’EST DU HAUT ARCTIQUE ET DE LA BAIE DE BAFFIN), LE BAR RAYÉ (POPULATION DU SUD DU GOLFE DU SAINT-LAURENT) ET LE BROSME SUR LA LISTE DES ESPÈCES EN PÉRIL
Béluga (Delphinapterus leucas) (population de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin)

Le ministre de l’Environnement a recommandĂ©, sur avis du ministre des Pêches et des OcĂ©ans, de ne pas inscrire le bĂ©luga (population de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin) sur la Liste des espèces en pĂ©ril (la « Liste ») figurant à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (la « LEP »).

La population de bĂ©lugas de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin, qui passe ses hivers dans le secteur du dĂ©troit de Jones et de la polynie North Water, ne semble pas touchĂ©e par l’exploitation ou d’autres consĂ©quences nĂ©fastes d’origine anthropique. La possibilitĂ© de surexploitation à l’extĂ©rieur des eaux canadiennes est perçue comme une prĂ©occupation relativement à cette population, qui hiberne dans ce secteur. Même si les activitĂ©s de pêche commerciale du flĂ©tan du Groenland (Reinhardtius hippoglossoides) et de la crevette rose (Pandalus borealis) sont pratiquĂ©es dans le même secteur que celui où cette population passe l’hiver, les effets nĂ©fastes possibles de la concurrence entre les divers types de pêche à l’égard des ressources n’ont pas encore Ă©tĂ© analysĂ©s. En mai 2004, le ComitĂ© sur la situation des espèces en pĂ©ril au Canada (le « COSEPAC ») a Ă©valuĂ© le bĂ©luga (population de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin) et l’a dĂ©signĂ©e comme prĂ©occupante.

Les avantages de l’inscription de l’espèce seraient limitĂ©s. L’inscription du bĂ©luga (population de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin) comme espèce prĂ©occupante nĂ©cessiterait la prĂ©paration d’un plan de gestion sous le rĂ©gime de la LEP. Puisqu’il n’existe aucune menace connue dans les eaux canadiennes, l’incidence d’un tel plan de gestion sur cette population serait limitĂ©e et ce plan ne pourrait porter sur la chasse effectuĂ©e à l’extĂ©rieur du Canada. De plus, le plan de gestion ne changerait pas le nombre de bĂ©lugas de cette population pêchĂ©s dans les eaux canadiennes (environ une centaine par annĂ©e). La non-inscription de l’espèce n’entraînerait aucune rĂ©percussion pour les populations inuits, la population canadienne en gĂ©nĂ©ral, l’industrie ou le gouvernement.

Il existe peu de donnĂ©es à l’appui de l’inscription du bĂ©luga (population de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin) comme espèce prĂ©occupante compte tenu du fait que cette population est peu chassĂ©e au Canada et de l’absence de preuve de menaces anthropiques à son Ă©gard ou à l’égard de son habitat en eaux canadiennes. L’inscription de cette espèce sur la Liste ne pourrait porter sur la chasse effectuĂ©e à l’extĂ©rieur des eaux canadiennes.

De plus, la Commission mixte Canada-Groenland sur la conservation et la gestion du narval et du bĂ©luga a conclu en 2009 que la population du Canada est saine et que le modèle de population de la partie du stock de bĂ©lugas au Groenland (à la suite de la rĂ©duction des quotas après 2004) porte à croire au renversement de la tendance à la diminution du stock.

La gestion et la chasse de la population de bĂ©lugas de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin continuera d’être assujettie au Règlement sur les mammifères marins pris en vertu de la Loi sur les pêches. De plus, la gestion et la conservation au quotidien de cette population sont rĂ©gies par l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut constituĂ© par cet accord. Le système de cogestion des ressources fauniques est rĂ©gi par les principes de conservation et les met en application.

Pêches et OcĂ©ans Canada continuera à discuter avec ses partenaires Ă©trangers des questions ayant trait à la gestion durable de la chasse et à l’information scientifique nĂ©cessaire à l’évaluation des populations de mammifères marins à l’intĂ©rieur et à l’extĂ©rieur des eaux canadiennes. En vertu de la LEP, le COSEPAC rĂ©examine la classification d’une espèce en pĂ©ril quand de nouveaux renseignements l’amène à conclure qu’il devrait peut-être revoir son Ă©valuation de cette espèce. Le cas Ă©chĂ©ant, Pêches et OcĂ©ans Canada prendra en compte les nouveaux renseignements qui auront Ă©tĂ© examinĂ©s par le COSEPAC dans sa prochaine Ă©valuation du bĂ©luga (population de l’Est du haut Arctique et de la baie de Baffin).

Bar rayé (Morone saxatilis) (population du Sud du golfe du Saint-Laurent)

Le ministre de l’Environnement a recommandĂ©, sur avis du ministre des Pêches et des OcĂ©ans, de ne pas inscrire le bar rayĂ© (population du Sud du golfe du Saint-Laurent) sur la Liste figurant à l’annexe 1 de la LEP.

En novembre 2004, le COSEPAC a Ă©valuĂ© le bar rayĂ© (population du Sud du golfe du Saint-Laurent) et l’a dĂ©signĂ© comme espèce menacĂ©e. Même si cette population ne fraie qu’à un seul endroit, ce qui satisfait aux critères du COSEPAC pour dĂ©signer une espèce comme menacĂ©e en raison de sa petite aire de rĂ©partition, le COSEPAC l’a dĂ©signĂ© comme espèce menacĂ©e « à cause du haut degrĂ© de rĂ©silience qui apparaît dans les rĂ©centes estimations de l’abondance des gĂ©niteurs ». Les prises accessoires au cours de la pêche commerciale au gaspareau et à l’éperlan arc-en-ciel, ainsi que la pêche illĂ©gale font partie des menaces Ă©voquĂ©es par le COSEPAC.

La population de bars rayĂ©s du Sud du golfe du Saint-Laurent a longtemps Ă©tĂ© soumise à une forte exploitation par la pêche commerciale et rĂ©crĂ©ative. Les contraintes climatiques, la surpêche pratiquĂ©e par le passĂ©, la pêche illĂ©gale, les prises accessoires au cours de divers types de pêche commerciale, la modification de l’habitat et la prĂ©sence de contaminants ont toutes Ă©tĂ© relevĂ©es comme causes probables du dĂ©clin de cette population. La pêche commerciale de cette population est interdite depuis 1996. Depuis 2000, toutes les activitĂ©s de pêche rĂ©crĂ©ative et de pêche autochtone à des fins alimentaires, sociales et rituelles sont Ă©galement interdites. Il est aussi obligatoire de remettre à l’eau tous les individus de cette population capturĂ©s accessoirement.

Le fait d’inscrire le bar rayĂ© (population du Sud du golfe du Saint-Laurent) comme espèce menacĂ©e dĂ©clencherait les interdictions automatiques prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP, ce qui entraînerait des rĂ©percussions socioĂ©conomiques importantes pour les collectivitĂ©s. La fermeture de certaines pêches côtières donnerait lieu à des pertes de profits pour les pêcheurs, ainsi que pour les secteurs de la transformation du poisson et de la pêche rĂ©crĂ©ative. On estime que de telles rĂ©percussions sur la pêche à l’éperlan, au gaspareau et à l’anguille d’AmĂ©rique pourraient causer à l’industrie des pertes de profit annuelles Ă©valuĂ©es entre 134 000 $ et 671 000 $. L’inscription en tant qu’espèce menacĂ©e assortie d’un seuil de dommage plus flexible attĂ©nuerait certaines de ces rĂ©percussions. Toutefois, cette approche entraînerait des coûts supplĂ©mentaires liĂ©s à l’élaboration et à la mise en œuvre du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action exigĂ©s en vertu de la LEP, et elle ne donnerait pas de rĂ©sultats biologiques considĂ©rablement diffĂ©rents quant au rĂ©tablissement à long terme de cette population.

L’évaluation scientifique du potentiel de rĂ©tablissement de la population de bars rayĂ©s du Sud du golfe du Saint-Laurent a permis de conclure que le rĂ©tablissement est possible tant qu’aucune autre activitĂ© ne cause de mortalitĂ© au-delà des niveaux actuels. L’interdiction de la pêche dirigĂ©e du bar rayĂ© dans le Sud du golfe du Saint-Laurent demeure en vigueur. Des Ă©tudes rĂ©centes confirment que, grâce à cette interdiction, la population de bars rayĂ©s du Sud du golfe du Saint-Laurent est en voie de rĂ©tablissement. Depuis la dernière Ă©valuation du COSEPAC, un certain nombre de mesures de gestion ont Ă©tĂ© mises en œuvre en vertu de la Loi sur les pêches en vue d’assurer le rĂ©tablissement de cette population. Celle-ci est en voie de se rĂ©tablir grâce à la mise en application de la lĂ©gislation et à l’utilisation des outils existants.

L’évaluation scientifique du potentiel de rĂ©tablissement de la population de bars rayĂ©s du Sud du golfe du Saint-Laurent a rĂ©vĂ©lĂ© des mesures de gestion additionnelles qui peuvent être mises en œuvre afin de rĂ©duire davantage les prises accessoires dans certains types de pêches. La mise en œuvre de ces mesures d’attĂ©nuation devrait amĂ©liorer le potentiel d’atteinte des objectifs de rĂ©tablissement fixĂ©s pour cette population. Pêches et OcĂ©ans Canada mettra en œuvre ces mesures pour consolider les gains rĂ©cents constatĂ©s chez cette population et permettre à celle-ci d’atteindre des niveaux de rĂ©fĂ©rence indicateurs d’un rĂ©tablissement à long terme. De plus, cette Ă©valuation a permis de recenser les mesures suivantes pour suffisamment encadrer les activitĂ©s qui entraînent les plus forts taux de mortalité :

  • augmenter le nombre de patrouilles d’application de la loi pendant les saisons de la pêche le long des rivières du Sud du golfe du Saint-Laurent pour rĂ©duire la pêche illĂ©gale;
  • procĂ©der à la fermeture annuelle de la pêche à la ligne dans les aires de rassemblement et les frayères de la rivière Miramichi Nord-Ouest du 1er mai au 30 juin;
  • reporter au 1er novembre l’ouverture de la pêche de l’éperlan arc-en-ciel en eaux libres dans le Sud du golfe du Saint-Laurent;
  • modifier les règles sur les engins de pêche, les pĂ©riodes de pêche ou les endroits pour pêcher, afin de rĂ©duire le taux de mortalitĂ© rĂ©sultant de l’utilisation de filets maillants par des autochtones sur la rivière Miramichi;
  • effectuer des recherches scientifiques additionnelles pour mieux comprendre les rĂ©partitions spatiale et temporelle de la population de bars rayĂ©s du Sud du golfe du Saint-Laurent et son niveau de prise accessoire dans divers types de pêche;
  • former les pêcheurs dont les types de pêche favorisent le risque de prises accessoires de la population de bars rayĂ©s du Sud du golfe du Saint-Laurent, quant à la façon de manipuler adĂ©quatement les individus de cette population et de les remettre à l’eau.

Ces mesures limiteront l’accès aux aires de rassemblement et à la frayère pendant les pĂ©riodes les plus importantes, rĂ©duiront les interactions entre la population de bars rayĂ©s du Sud du golfe du Saint-Laurent et les engins de pêche, amĂ©lioreront les pratiques de remise à l’eau, contribueront aux efforts de conservation et de protection et permettront d’approfondir les recherches visant à mieux comprendre la rĂ©partition de cette population. Ces mesures auront force exĂ©cutoire pour garantir la protection de cette population et amĂ©liorer son rĂ©tablissement.

Pêches et OcĂ©ans Canada crĂ©era de nouvelles mesures de gestion en vertu de la Loi sur les pêches en fonction du niveau et du genre de risques pour cette population, ces risques Ă©tant principalement la pêche illĂ©gale et les prises accessoires dans d’autres types de pêche. Ces mesures devraient permettre d’éviter la disparition de cette population du pays ou de la planète et d’assurer son rĂ©tablissement, sans rĂ©percussion indue sur les collectivitĂ©s autochtones, les autoritĂ©s provinciales et les parties intĂ©ressĂ©es.

Brosme (Brosme brosme)

Le ministre de l’Environnement a recommandĂ©, sur avis du ministre des Pêches et des OcĂ©ans, de ne pas inscrire le brosme sur la Liste figurant à l’annexe 1 de la LEP.

En mai 2003, le COSEPAC a Ă©valuĂ© le brosme et l’a dĂ©signĂ© comme espèce menacĂ©e. Il a prĂ©sentĂ© la même Ă©valuation en 2006, après que le gouverneur en conseil lui ait renvoyĂ© la question. Le COSEPAC a dĂ©terminĂ© que la mortalitĂ© dĂ©coulant de la pêche, dirigĂ©e ou accessoire, constituait la plus grande menace pour le brosme.

Le brosme est surtout capturĂ© de façon accessoire dans les palangres qui ciblent la morue, l’aiglefin, la goberge et le flĂ©tan de l’Atlantique, mais Ă©galement lors des activitĂ©s de pêche des espèces rĂ©coltĂ©es par casiers comme le homard. On ne connaît actuellement aucune façon d’exclure le brosme des chaluts, des palangres et des casiers. Le Plan de gestion intĂ©grĂ©e de la pêche du poisson de fond (le « Plan ») interdit la pêche dirigĂ©e du brosme et celui-ci ne peut être dĂ©barquĂ© comme prise accessoire qu’en conformitĂ© avec les seuils fixĂ©s dans ce plan pour chaque catĂ©gorie de flotte et chaque zone de pêche. Au cours de l’évaluation du potentiel de rĂ©tablissement de 2007, les prises accessoires de brosme Ă©taient estimĂ©es à 900 tonnes par an. Depuis 2007, Pêches et OcĂ©ans Canada a abaissĂ© le seuil des prises accessoires de brosme à environ 650 tonnes par annĂ©e et a mis en œuvre un certain nombre d’autres mesures pour gĂ©rer cette espèce. Il est interdit de garder le brosme capturĂ© de façon accessoire dans tous les autres types de pêche. Le brosme est Ă©galement pêchĂ© à des fins alimentaires, sociales et rituelles en vertu d’un permis dĂ©livrĂ© par le Native Council of Nova Scotia et fait partie des prises accessoires dans le cadre de la pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles et de la pêche commerciale par les Autochtones.

Il n’existe aucune estimation de l’abondance totale du brosme dans les eaux canadiennes. Tous s’entendent sur le fait que cette abondance a diminuĂ© dans les annĂ©es 1970 et 1980, mais les donnĂ©es sont contradictoires quant à savoir si cette tendance s’est poursuivie depuis les annĂ©es 1990.

Le rapport de situation du COSEPAC Ă©tait principalement fondĂ© sur des donnĂ©es provenant de relevĂ©s au chalut (conçu pour la capture de l’aiglefin) qui rĂ©vĂ©laient un dĂ©clin en eaux canadiennes de l’ordre de 60 % à 95,5 % et qui situaient les diminutions les plus importantes dans la rĂ©gion du plateau nĂ©o-Ă©cossais. Toutefois, d’après certaines donnĂ©es, les relevĂ©s au chalut sous-estiment nettement l’abondance rĂ©elle du brosme du fait que les chaluts à panneaux prĂ©sentent des problèmes pour la capture de cette espèce et qu’ils n’échantillonnent le brosme ni dans son habitat ni à sa profondeur prĂ©fĂ©rĂ©s. L’étude sur la pêche à la palangre du flĂ©tan et les donnĂ©es sur les dĂ©barquements commerciaux dans l’évaluation du potentiel de rĂ©tablissement de 2007 indiquent que le brosme est toujours une espèce commune et rĂ©pandue dont l’abondance varie, sans prĂ©senter de tendance, depuis le milieu des annĂ©es 1990.

Si l’espèce Ă©tait inscrite et que son seuil de prises accessoires Ă©tait fixĂ© à environ 370 tonnes par annĂ©e, les coûts supplĂ©mentaires s’élèveraient probablement à 10,4 millions de dollars par annĂ©e en pertes de profit pour les producteurs (en l’occurrence l’industrie de la pêche). Ces coûts supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© estimĂ©s par comparaison avec un scĂ©nario de base comportant un seuil de prises accessoires de 900 tonnes par annĂ©e. Si l’on fait le calcul sur une pĂ©riode à long terme de 15 ans et que l’on utilise des taux d’actualisation de 3 % et de 8 %, la valeur actuelle totale des coûts supplĂ©mentaires associĂ©s à cette option est estimĂ©e à 123,9 millions de dollars (à un taux de 3 %) et à 88,8 millions de dollars (à un taux de 8 %).

Pêches et OcĂ©ans Canada est dĂ©terminĂ© à gĂ©rer le brosme et a pris un certain nombre de nouvelles mesures de gestion depuis 2007, telles que l’abaissement du seuil des prises accessoires de cette espèce à 650 tonnes par annĂ©e. En outre, Pêches et OcĂ©ans Canada mettra en œuvre, dans le cadre du Plan, des mesures additionnelles pour la gestion du brosme à l’avenir. Voici certaines de ces mesures :

  • analyser les donnĂ©es sur les prises accessoires pour Ă©valuer les risques en matière de conservation associĂ©es aux niveaux de rejet du brosme et mettre en œuvre des stratĂ©gies visant à comptabiliser toutes les prises accessoires et les rejets par le biais du Plan, incluant l’élaboration de systèmes amĂ©liorĂ©s de collecte et de surveillance de donnĂ©es pour Ă©tayer la production de rapports relatifs au dĂ©chargement et au rejet du brosme;
  • modifier les journaux de bord pour les poissons de fond et y inclure une colonne pour les rejets afin de recenser plus adĂ©quatement la quantitĂ© de brosmes rejetĂ©s;
  • crĂ©er un indice de l’abondance du brosme afin d’effectuer une Ă©valuation quantitative de l’état du stock;
  • rĂ©aliser, selon les rĂ©sultats de l’indice de l’abondance, une Ă©valuation pour dĂ©terminer les avantages pour la conservation du brosme que comporterait la fermeture de certaines zones.

À la lumière de ces nouvelles mesures de gestion, les probabilitĂ©s que la biomasse du brosme augmente sont supĂ©rieures si on les compare à celles estimĂ©es dans le cadre du scĂ©nario de base et les avantages supplĂ©mentaires liĂ©s à l’inscription de l’espèce à l’annexe 1 de la LEP sont donc moins importants.

Compte tenu des nouvelles mesures de gestion qui ont Ă©tĂ© mises en œuvre et de celles qui le seront — et donc de la probabilitĂ© plus Ă©levĂ©e que la biomasse du brosme augmente —, de l’absence de certitude scientifique concernant le dĂ©clin de l’espèce et des rĂ©percussions socioĂ©conomiques et des prĂ©occupations des parties intĂ©ressĂ©es, Pêches et OcĂ©ans Canada continuera à gĂ©rer le brosme au moyen du Plan.

NOTE EXPLICATIVE

(Cette note ne fait pas partie du Décret.)

Le 19 juin 2012, le gouverneur en conseil a accusĂ© rĂ©ception des Ă©valuations de 16 espèces fournies par le ComitĂ© sur la situation des espèces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) au ministère de l’Environnement. ConformĂ©ment à la Loi sur les espèces en pĂ©ril, cela marque le dĂ©but d’une pĂ©riode de neuf mois au cours de laquelle le gouverneur en conseil doit prendre des dĂ©cisions à savoir si ces espèces doivent être inscrites ou non à la Liste des espèces en pĂ©ril (la « Liste »), de l’annexe 1 de la Loi, ou renvoyer la question à l’attention du COSEPAC pour des renseignements supplĂ©mentaires ou pour rĂ©examen. Cette pĂ©riode de neuf mois prendra fin le 19 mars 2013.

Le 7 juillet 2012, un dĂ©cret proposĂ©, qui visait à ajouter sept espèces à la Liste, à reclasser deux espèces de la Liste et à modifier l’annexe 1 en radiant une espèce inscrite à titre d’unitĂ© dĂ©signable unique et en la remplaçant par deux unitĂ©s dĂ©signables de la même espèce, a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de consultation de 30 jours. Dans le RĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (RÉIR) connexe, il Ă©tait proposĂ© que trois espèces ne soient pas ajoutĂ©es à l’annexe 1 de la Loi et que deux espèces soient rapportĂ©es à l’attention du COSEPAC pour rĂ©examen.

Par ce dĂ©cret, le gouverneur en conseil a dĂ©cidĂ© de ne pas ajouter le bĂ©luga (population de l’Est du Haut-Arctique et de la baie de Baffin), le bar rayĂ© (population du Sud du golfe du Saint-Laurent) et le brosme à la Liste. La dĂ©cision de ne pas inscrire ces trois espèces a Ă©tĂ© prise selon une recommandation du ministre de l’Environnement, agissant sur les conseils du ministre des Pêches et des OcĂ©ans.

Le gouverneur en conseil a Ă©galement agréé que le ministre de l’Environnement, conformĂ©ment au paragraphe 27(1.2) de la Loi, mette une dĂ©claration dans le registre public Ă©nonçant les motifs de la dĂ©cision de ne pas inscrire ces espèces à la Liste. Ces motifs se trouvent dans l’annexe du DĂ©cret et seront affichĂ©s sur le site Web du registre public Ă©tabli en vertu de la Loi (www.registrelep.gc.ca).