Vol. 147, numĂ©ro 4 — Le 13 fĂ©vrier 2013
Enregistrement
TR/2013-5 Le 13 février 2013
LOI SUR L’ARRESTATION PAR DES CITOYENS ET LA LÉGITIME DÉFENSE
Décret fixant au 11 mars 2013 la date d’entrée en vigueur de la loi
C.P. 2013-16 Le 31 janvier 2013
Sur recommandation du ministre de la Justice et en vertu de l’article 4 de la Loi sur l’arrestation par des citoyens et la légitime défense, chapitre 9 des Lois du Canada (2012), Son Excellence le Gouverneur général en conseil fixe au 11 mars 2013 la date d’entrée en vigueur de cette loi.
NOTE EXPLICATIVE
(Cette note ne fait pas partie du Décret.)
Proposition
Le prĂ©sent dĂ©cret fixe au 11 mars 2013 l’entrĂ©e en vigueur de la Loi modifiant le Code criminel (arrestation par des citoyens et moyens de dĂ©fense relativement aux biens et aux personnes), qui a reçu la sanction royale le 28 juin 2012. Cette loi est Ă©galement citĂ©e sous son titre abrĂ©gĂ©e : Loi sur l’arrestation par des citoyens et la lĂ©gitime dĂ©fense. Ce dĂ©cret est pris conformĂ©ment à l’article 4 de cette Loi.
La Loi sur l’arrestation par des citoyens et la lĂ©gitime dĂ©fense, anciennement appelĂ©e le projet de loi C-26, modifie le Code criminel pour permettre au propriĂ©taire d’un bien (ou à la personne en ayant la possession lĂ©gitime), ainsi qu’à toute personne qu’il autorise, d’arrêter, dans un dĂ©lai raisonnable, toute personne qui a commis une infraction criminelle sur le bien ou relativement à celui-ci. Elle modifie Ă©galement le Code criminel pour simplifier les dispositions relatives à la dĂ©fense des biens et celles relatives à la dĂ©fense des personnes.
Objet
Les modifications aux pouvoirs d’arrestation des citoyens prĂ©cisent comment une personne peut rĂ©agir à des actes qui menacent ses biens ou une personne lorsque les circonstances rendent impossible l’arrestation par un agent de la paix. Les modifications aux dispositions relatives aux moyens de dĂ©fense des biens et des personnes fournissent aux agents de police et aux procureurs une des balises lĂ©gislatives claires, laquelle leur permet d’exercer leur pouvoir discrĂ©tionnaire de porter des accusations ou d’intenter des poursuites. Enfin, en exposant le droit plus clairement, les modifications relatives aux pouvoirs d’arrestation des citoyens et les modifications relatives aux moyens de dĂ©fense des biens et des personnes fournissent des indications aux tribunaux et aux jurĂ©s dans le but de rĂ©duire le nombre d’appels fondĂ©s sur des erreurs rĂ©sultant de la complexitĂ© de l’ancienne loi.
Contexte
Le Code criminel prĂ©cise les situations particulières où il est acceptable pour un individu d’utiliser une force raisonnable contre un autre individu.
Au cours des dernières annĂ©es, un certain nombre d’affaires très mĂ©diatisĂ©es ont suscitĂ© l’attention du public à propos de l’étendue du pouvoir des citoyens d’arrêter quiconque commet une infraction criminelle sur leur bien. Le pouvoir d’arrestation des citoyens ne pouvait s’exercer que pour arrêter un suspect qui Ă©tait en train de commettre une infraction criminelle. Les arrestations effectuĂ©es après la perpĂ©tration de l’infraction n’étaient pas autorisĂ©es et elles pouvaient entraîner la condamnation de la personne ayant procĂ©dĂ© à l’arrestation.
Les modifications législatives concernant le pouvoir d’arrestation par un citoyen changent les limites que prévoyait le Code criminel en :
- a) rallongeant les limites temporelles du pouvoir d’arrestation des citoyens [paragraphe 494(2) du Code criminel];
- b) en prĂ©cisant que le recours à la force nĂ©cessaire (article 25 du Code criminel) s’applique à l’arrestation par un citoyen (article 494 du Code criminel).
Pour ce qui est de la lĂ©gitime dĂ©fense et de la dĂ©fense des biens, on trouve des problèmes de longue date causĂ©s par la manière dont sont formulĂ©es les dispositions figurant dans le Code criminel. Il y a actuellement quatre dispositions qui Ă©noncent le droit applicable en matière de lĂ©gitime dĂ©fense dans diffĂ©rentes circonstances, et cinq dispositions qui Ă©noncent la dĂ©fense des biens applicable dans diffĂ©rentes circonstances. Bien que l’issue des affaires soit gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme satisfaisante, la formulation des dispositions lĂ©gislatives est compliquĂ©e et crĂ©e de la confusion. Compte tenu de cette complexitĂ©, des accusations pourraient avoir Ă©tĂ© portĂ©es dans des affaires où elles ne l’auraient pas Ă©tĂ© si la loi avait Ă©tĂ© mieux comprise. En outre, la confusion entourant le droit applicable a donnĂ© lieu à de nombreux appels fondĂ©s sur des erreurs dans les directives donnĂ©es au jury.
Les modifications aux dispositions relatives aux moyens de dĂ©fense des biens et des personnes s’attaquent à ces problèmes en :
- a) simplifiant la dĂ©fense des biens par le remplacement de cinq dispositions lĂ©gislatives (articles 38 à 42 du Code criminel) par une seule disposition qui Ă©nonce les Ă©lĂ©ments de base de la dĂ©fense de façon claire et simple;
- b) simplifiant les dispositions sur la lĂ©gitime dĂ©fense par le remplacement de quatre d’entre elles (articles 34 à 37 du Code criminel) en une seule qui Ă©nonce les Ă©lĂ©ments de base de la dĂ©fense de façon claire et simple. La nouvelle disposition sur la lĂ©gitime dĂ©fense renfermera Ă©galement une liste de facteurs pertinents en vue d’aider le tribunal ou le jury à dĂ©terminer si les actes commis Ă©taient raisonnables dans les circonstances.
Répercussions
La première rĂ©action d’une personne tĂ©moin d’un acte criminel devrait toujours être d’appeler la police. Il est toutefois reconnu que la police n’est pas toujours prĂ©sente sur les lieux des crimes ou en mesure de s’y rendre dans un dĂ©lai raisonnable.
La nouvelle lĂ©gislation permet à une personne de procĂ©der à une arrestation dans un dĂ©lai raisonnable après la perpĂ©tration d’une infraction criminelle sur son bien lorsque l’arrestation par un agent de la paix n’est pas possible dans les circonstances. La notion d’arrestation dans un dĂ©lai raisonnable est nouvelle au droit applicable à l’arrestation par des citoyens et sera soumise à une interprĂ©tation judiciaire. On prĂ©voit que les tribunaux tiendront compte des motifs ayant menĂ©s à l’arrestation et du dĂ©lai suivant la commission de l’infraction lorsqu’ils devront dĂ©terminer si l’arrestation Ă©tait lĂ©gale.
Toutes les situations liĂ©es à des arrestations sont imprĂ©visibles et comportent des risques. Les citoyens ne devraient adopter des comportements dĂ©fensifs ou procĂ©der à des arrestations qu’avec une prudence extrême. Une prudence accrue est nĂ©cessaire lorsque les arrestations ne sont pas faites au moment de la perpĂ©tration de l’infraction puisqu’il y a un plus grand risque de commettre une erreur d’identification du suspect.
La simplification du droit applicable à la lĂ©gitime dĂ©fense et à la dĂ©fense des biens devrait faciliter la tâche des agents de police, des procureurs, des tribunaux et des jurĂ©s au moment de dĂ©terminer si une demande fondĂ©e sur un des moyens de dĂ©fense devrait être accueillie.
Consultation
Au cours de l’élaboration des divers aspects de la loi, des consultations ont eu lieu avec les procureurs généraux des provinces et territoires, les services de police, les agences privées de sécurité et les universitaires.
Personne-ressource du ministère
Joanne Klineberg
Avocate-conseil
Section de la politique en matière pĂ©nale
Ministère de la Justice Canada
Téléphone : 613-957-0199