Vol. 146, no 17 — Le 15 août 2012

Enregistrement

DORS/2012-152 Le 26 juillet 2012

LOI SUR LES GRAINS DU CANADA

Règlement sur la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique (blĂ© et orge)

C.P. 2012-997 Le 26 juillet 2012

Sur recommandation du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire et en vertu de l’article 83.2 (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi sur les grains du Canada (voir rĂ©fĂ©rence b), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le Règlement sur la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique (blĂ© et orge), ci-après.

RÈGLEMENT SUR LA RECHERCHE, LA PROMOTION DE LA COMMERCIALISATION ET L’ASSISTANCE TECHNIQUE (BLÉ ET ORGE)

DÉFINITION

1. Dans le prĂ©sent règlement « Commission » s’entend de l’Alberta Barley Commission.

APPLICATION

2. Le prĂ©sent règlement vise le blĂ© et l’orge cultivĂ©s au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans le district de la rivière de la Paix en Colombie-Britannique.

ORGANISME RESPONSABLE

3. La Commission est l’organisme chargĂ© de recueillir la somme prĂ©vue à l’article 83.1 de la Loi sur les grains du Canada.

RETENUES

4. (1) Toute personne tenue de dĂ©livrer un bon de paiement en application de la Loi effectue les retenues ci-après sur la somme à payer au titre du bon :

  • a) 0,48 $ par tonne de blĂ©;

  • b) 0,56 $ par tonne d’orge, sauf dans le cas de l’orge cultivĂ©e en Alberta, pour laquelle la somme retenue est de 0,04 $ par tonne.

(2) Les sommes ainsi retenues sont remises à la Commission dans les trente jours suivant la fin du mois où elles sont perçues. Elles sont accompagnĂ©es d’un rapport indiquant, par producteur, les retenues effectuĂ©es à l’Ă©gard du blĂ© et de l’orge.

REMBOURSEMENT DES SOMMES RETENUES

5. (1) Tout producteur peut demander à la Commission le remboursement des sommes retenues au titre du paragraphe 4(1).

(2) La demande, dûment signĂ©e et datĂ©e, est prĂ©sentĂ©e sur le formulaire fourni à cette fin par la Commission et comprend les nom, adresse postale et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone du producteur.

(3) Une seule demande est présentée par campagne agricole et ce, au plus tard le 31 juillet de la campagne en cours.

(4) La Commission a soixante jours à compter de la fin de la campagne agricole pour effectuer le remboursement demandĂ©.

RAPPORT ANNUEL

6. La Commission remet au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, dans les quatre-vingt-dix jours suivant la fin de la campagne agricole, un rapport annuel contenant les renseignements ci-après à l’Ă©gard du blĂ© et à l’Ă©gard de l’orge :

  • a) la somme totale des retenues;

  • b) la somme totale versĂ©e pour la recherche sur de nouvelles variĂ©tĂ©s et l’amĂ©lioration de variĂ©tĂ©s existantes, le destinataire de la somme et une description des activitĂ©s de recherche;

  • c) la somme totale versĂ©e pour la promotion de la commercialisation et de l’utilisation du grain, le destinataire de la somme et une description des activitĂ©s de promotion;

  • d) la somme totale versĂ©e pour l’assistance technique liĂ©e à l’utilisation du grain, le destinataire de la somme et une description des activitĂ©s d’assistance technique;

  • e) la somme totale des remboursements;

  • f) le dĂ©tail des dĂ©penses administratives.

ENTRÉE EN VIGUEUR

7. Le prĂ©sent règlement entre en vigueur le 1er août 2012.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce rĂ©sumĂ© ne fait pas partie du Règlement.)

1. Contexte

La Commission canadienne du blĂ© (CCB) a financĂ© les activitĂ©s de recherche en administrant une retenue pour le blĂ© et l’orge des producteurs en vertu de la Loi sur la Commission canadienne du blĂ© et a directement financĂ© la promotion de la commercialisation et l’assistance technique. La retenue est une somme que prĂ©lève la CCB sur le paiement final des producteurs de grains afin de soutenir les activitĂ©s de recherche sur le blĂ© et l’orge. Les fonds provenant de la retenue ont Ă©tĂ© versĂ©s à la Western Grains Research Foundation (WGRF). La CCB a directement fourni à l’Institut international du Canada pour le grain (IICG), ainsi qu’au Centre technique canadien pour l’orge brassicole (CTCOB), des fonds qui sont investis dans la promotion de la commercialisation et l’assistance technique. Cet argent provenait Ă©galement des producteurs, car la CCB utilisait une partie des revenus rĂ©alisĂ©s sur la vente du blĂ© et de l’orge des producteurs pour financer ces organismes.

Les fonds recueillis au moyen de la retenue des producteurs ont Ă©tĂ© investis dans la recherche sur de nouvelles variĂ©tĂ©s de blĂ© et d’orge par l’entremise de programmes de culture publics menĂ©s dans tout l’Ouest canadien (c’est-à-dire au moyen de partenariats avec des centres universitaires de dĂ©veloppement des cultures et des installations de recherche gouvernementales — qui fournissent tous des biens publics). Un grand nombre de variĂ©tĂ©s de blĂ© et d’orge cultivĂ©es dans les fermes aujourd’hui ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es grâce à la recherche financĂ©e par cette retenue.

Les contributions fournies à l’IICG par la CCB ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour des activitĂ©s de la promotion de la commercialisation et d’assistance technique, notamment la prestation de programmes de formation des clients, la fourniture de services techniques appliquĂ©s et le dĂ©veloppement de nouveaux produits et d’applications finales pour les grains canadiens.

Le financement de l’assistance technique fourni par la CCB au CTCOB a servi à mener des activitĂ©s comme l’Ă©valuation des rĂ©coltes, les programmes de formation pour les clients et les acheteurs, le soutien technique et la mise à l’essai de produits, qui contribuent toutes à faire en sorte que le Canada soit concurrentiel sur les marchĂ©s d’exportation de l’orge brassicole.

La retenue de la WGRF a cessĂ© lorsque la Loi sur la Commission canadienne du blĂ© a Ă©tĂ© abrogĂ©e, le 1er août 2012. Faute de dĂ©tenir le monopole pour les ventes de blĂ© et d’orge de l’Ouest, la nouvelle CCB à participation volontaire ne possĂ©dera pas les mêmes marchĂ©s garantis qu’avant ce changement, et l’on ne prĂ©voit pas qu’elle sera dans une situation financière qui lui permettra de soutenir l’IICG et le CTCOB, comme elle l’a fait par le passĂ©. En outre, la CCB fera la concurrence à d’autres cĂ©rĂ©aliers, et il ne conviendrait pas que, au sein de l’industrie, elle soit la seule à soutenir ces organismes qui procurent des avantages à l’ensemble du secteur. Faute de la contribution dĂ©crite dans ce règlement, on n’aurait plus accès à des fonds pour les activitĂ©s de recherche et la promotion de la commercialisation.

Le gouvernement, avec le soutien de l’industrie, a maintenu que les activitĂ©s de recherche, de la promotion de la commercialisation et d’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge devraient se poursuivre, car elles profitent au secteur cĂ©rĂ©alier du Canada. Grâce à la retenue provisoire, les producteurs continueront de financer les activitĂ©s de recherche, la promotion de la commercialisation et d’assistance technique au cours de la phase de transition de cinq ans, ce qui donnera le temps à l’industrie d’Ă©tablir un modèle de financement à long terme.

2. Enjeux/problèmes

Comme la Loi sur la Commission canadienne du blĂ© arrive à terme le 1er août 2012, la contribution actuelle des producteurs à la recherche de la WGRF cessera après les paiements finaux de la campagne agricole de 2011-2012. Le financement direct versĂ© par la CCB à l’IICG et au CTCOB a pris fin au printemps 2012.

La Loi sur le libre choix des producteurs de grains en matière de commercialisation comportait une modification de la Loi sur les grains du Canada qui entre en vigueur le 1er août 2012 et permet au gouverneur en conseil d’Ă©tablir par règlement une contribution pour la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge. La retenue proposĂ©e remplacera provisoirement le soutien à la recherche, la promotion de la commercialisation et à l’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge fourni par la CCB, pendant que l’industrie Ă©labore un modèle de financement à long terme de ces activitĂ©s.

3. Objectifs

Les objectifs du prĂ©sent règlement sont les suivants :

  • La poursuite, à titre provisoire, du financement par les producteurs de la recherche, de la promotion de la commercialisation et de l’assistance technique à l’Ă©gard du blĂ© et de l’orge;
  • L’Ă©tablissement d’une retenue provisoire comportant les caractĂ©ristiques qui ressemblent Ă©troitement au financement antĂ©rieur de la CCB.

4. Description

Le prĂ©sent règlement Ă©tablit une retenue, d’une durĂ©e maximale de cinq ans, remboursable au point de vente, afin de soutenir la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge. Après ces cinq ans, il incombera à l’industrie d’avoir Ă©laborĂ© et d’administrer sa propre retenue, si le soutien de ces activitĂ©s continue d’être prioritaire pour le secteur cĂ©rĂ©alier.

La retenue provisoire s’effectuera sur les ventes de blĂ© et d’orge livrĂ©s aux acheteurs de grains autorisĂ©s qui dĂ©livrent des bons de paiement. Un bon de paiement est un document donnĂ© comme preuve de l’achat de grains par une installation agréée, en vertu de la Loi sur les grains du Canada. La retenue ne s’appliquera pas aux ventes entre producteurs et aux ventes d’aliments pour animaux et d’exportation qui ne sont pas livrĂ©s par l’entremise d’installations agréées. Dans le cadre de ces opĂ©rations, on ne dĂ©livrerait pas de bon de paiement conformĂ©ment à la Loi sur les grains du Canada. La retenue s’appliquera au blĂ© et à l’orge cultivĂ©s dans les provinces du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta, ainsi que dans la partie de la province de la Colombie-Britannique connue sous le nom de district de la rivière de la Paix, semblable à la rĂ©gion qui relevait antĂ©rieurement de la compĂ©tence de la CCB. Ainsi, la retenue ne s’appliquera pas aux grains importĂ©s ni aux grains cultivĂ©s à l’extĂ©rieur de la rĂ©gion dĂ©crite.

Les fonds provenant de la retenue provisoire seront prĂ©sentĂ©s à un « organisme prĂ©vu par règlement ». Celui-ci recevra les montants retenus, prendra des dispositions pour qu’ils soient utilisĂ©s pour la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge, traitera les demandes de remboursement des producteurs et fournira des rapports annuels au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. L’Alberta Barley Commission (ABC) est l’organisme prĂ©vu par règlement. L’ABC, constituĂ©e en 1991, est un organisme sans but lucratif financĂ© par les producteurs. AAC et l’ABC ont l’intention de conclure un protocole d’entente prĂ©cisant que la WGRF, l’IICG et le CMBTC sont les bĂ©nĂ©ficiaires de la retenue et indiquant le montant à attribuer à chacun.

Comme cela se passait par le passĂ©, les producteurs sont en mesure de demander par Ă©crit le remboursement du montant retenu. La demande de remboursement serait expĂ©diĂ©e par le producteur à l’ABC chaque annĂ©e.

L’objectif du Règlement Ă©tait d’Ă©tablir un financement de base pour la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique semblable aux niveaux antĂ©rieurs fournis par la CCB ou par son entremise. Auparavant, la contribution pour la recherche que la CCB fournissait à la WGRF Ă©tait fondĂ©e sur des taux à la tonne de 0,30 $ par tonne pour le blĂ© et de 0,50 $ par tonne pour l’orge, mais elle n’est versĂ©e que s’il y a un paiement final de la CCB aux producteurs. En 2010, la WGRF a reçu des contributions Ă©valuĂ©es à 5 394 000 $ pour le blĂ© et 994 000 $ pour l’orge. Le Conseil d’administration de la CCB dĂ©terminait le financement qui Ă©tait canalisĂ© vers l’IICG et le CTCOB pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique dans le cadre de la planification de ses activitĂ©s. En 2009-2010, la CCB a versĂ© au total 2,3 millions de dollars à l’IICG et au CTCOB.

Les taux de la retenue provisoire ont Ă©tĂ© Ă©tablis à un niveau qui remplace les prĂ©lèvements antĂ©rieurs de la CCB pour la recherche sur le blĂ© et l’orge et les transferts de fonds pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique pris en charge par la CCB. La retenue fixera une valeur de base par tonne qui rĂ©tablira ces niveaux antĂ©rieurs de financement. On tient compte d’autres variables pour calculer le montant de la retenue, notamment des volumes moyens historiques de blĂ© et d’orge livrĂ©s aux installations agréées et des chiffres historiques de retrait volontaire des producteurs. On prend Ă©galement en compte environ 5 % pour les droits administratifs pour compenser les frais du processus de prĂ©lèvement, du suivi et de l’administration.

Les taux de la retenue provisoire seront ventilĂ©s de la façon suivante : 0,30 $ par tonne pour la recherche, 0,15 $ par tonne pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique, 0,03 $ par tonne pour l’administration dans le cas du blĂ©, 0,50 $ par tonne pour la recherche, 0,03 $ par tonne pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique et 0,03 $ par tonne pour l’administration dans le cas de l’orge.

Aux fins du Règlement, ceci s’Ă©lève à un taux de retenue total de 0,48 $ pour le blĂ© et de 0,56 $ pour l’orge. Ces retenues sont censĂ©es reproduire les niveaux de financement antĂ©rieurs. Les niveaux de financement effectifs fournis par la retenue dĂ©pendront du volume de blĂ© et d’orge vendu par l’entremise d’installations agréées et varieront avec les volumes de production et les demandes de remboursement des producteurs.

En Alberta, la retenue pour l’orge sera de 0,04 $ par tonne, pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique, et une portion des frais d’administration. L’orge de l’Alberta Ă©tait antĂ©rieurement exemptĂ©e de la retenue pour la recherche de la CCB, car la province prĂ©levait dĂ©jà une contribution et, par consĂ©quent, elle sera Ă©galement exemptĂ©e de la portion recherche de la retenue provisoire.

5. Consultation

La question du financement de la recherche et de la promotion de la commercialisation a Ă©tĂ© discutĂ©e pendant le processus de consultation concernant la Loi sur le libre choix des producteurs de grains en matière de commercialisation tout au long de l’Ă©tĂ© 2011. Au cours de ces consultations, on a constituĂ© un groupe de travail sur le libre-choix en matière de commercialisation, composĂ© de reprĂ©sentants de l’industrie, du milieu universitaire et du gouvernement. Ce groupe de travail s’est rĂ©uni à Winnipeg, au Manitoba, à plusieurs reprises entre juillet et septembre 2011. Le groupe de travail a recueilli les propos d’un certain nombre d’intervenants et a recommandĂ© de poursuivre le financement de la recherche et de la promotion de la commercialisation par le truchement d’un système de retenue provisoire, car l’industrie en profite. Ces recommandations sont publiĂ©es dans le rapport final du groupe de travail.

Un certain nombre de groupes et d’organismes de producteurs ont Ă©galement Ă©crit directement au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire afin d’exprimer leur soutien à la poursuite du financement de la recherche, la promotion de la commercialisation et de l’assistance technique qui est actuellement assurĂ© par l’entremise de la CCB.

Les intervenants et les membres du groupe de travail s’accordaient à dire que les activitĂ©s de recherche et la promotion de la commercialisation sont vitales pour le secteur cĂ©rĂ©alier de l’Ouest canadien et qu’elles doivent se poursuivre sans interruption. L’industrie comprend que le Canada doit amĂ©liorer ses travaux de recherche, de la promotion de la commercialisation et d’assistance technique pour demeurer concurrentiel sur les marchĂ©s internationaux. Les groupes d’intervenants n’ont pas exprimĂ© d’opposition à la poursuite du financement de la recherche, de la promotion de la commercialisation et de l’assistance technique.

Le 26 mai 2012, le règlement proposĂ© a Ă©tĂ© publiĂ© au prĂ©alable dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada; il y a eu ensuite une pĂ©riode de commentaires publics de 30 jours. Au cours de la pĂ©riode de publication prĂ©alable, AAC a reçu 16 observations. AAC a examinĂ© ces commentaires et en a tenu compte dans le cadre de sa rĂ©vision du Règlement.

Dans l’ensemble, c’est-à-dire dans 10 commentaires fournis sur 16, les intervenants ont exprimĂ© leur appui aux objectifs gĂ©nĂ©raux du Règlement. En outre, la majoritĂ© des observations soulignaient l’importance d’autoriser le Règlement au plus tard le 1er août 2012 pour que des mĂ©canismes permettant une mise en œuvre harmonieuse soient adoptĂ©s.

Les commentaires reçus ont Ă©tĂ© regroupĂ©s en cinq grandes catĂ©gories :

  1. Organisme prĂ©vu par règlement;
  2. Remboursements;
  3. Traitement et délais;
  4. Transition vers de nouvelles organisations provinciales;
  5. Montant de la retenue.

1. Organisme prĂ©vu par règlement

Un petit nombre des commentaires reçus exprimaient une certaine prĂ©occupation à l’Ă©gard du choix de l’ABC comme organisme prĂ©vu par règlement. Cette prĂ©occupation procĂ©dait du fait que l’organisme prĂ©vu par règlement est perçu comme le reprĂ©sentant d’un seul produit (c’est-à-dire l’orge) et d’une seule province, et que, par consĂ©quent, il ne reprĂ©sente pas tous les producteurs touchĂ©s par le Règlement. On peut comprendre que l’organisation choisie à titre d’organisme prĂ©vu par règlement quelle qu’elle soit ne peut obtenir un appui unanime. Toutefois, l’ABC a Ă©tĂ© choisie pour assumer le rôle d’organisme prĂ©vu par règlement en fonction de son expĂ©rience de l’administration d’une retenue, de sa capacitĂ© de surveiller une retenue provisoire et de ses relations au sein de l’industrie. À titre d’organisme prĂ©vu par règlement, l’ABC doit assumer un rôle distinct de ses autres fonctions en tant qu’organisation reprĂ©sentant les producteurs d’orge. L’ABC travaille de concert avec AAC afin de veiller à ce que le gouvernement atteigne ses buts et rĂ©alise ses objectifs relativement au nouveau règlement.

Dans certains des commentaires reçus, on s’inquiĂ©tait du fait que l’ABC ait le pouvoir de dĂ©terminer quelles organisations recevraient des fonds provenant de la retenue ainsi que le montant auquel elles auraient droit. ConformĂ©ment à la Loi sur les grains du Canada, l’organisme prĂ©vu par règlement peut utiliser tout montant qu’il reçoit à des fins de recherche, de promotion de la commercialisation, d’assistance technique et de paiement des coûts administratifs. Toutefois, l’ABC et AAC ont l’intention de conclure un protocole d’entente indiquant clairement que la WGRF, l’IICG et le CTCOB sont les bĂ©nĂ©ficiaires des fonds provenant de la retenue ainsi que le montant que chacun recevra.

2. Remboursements

Certains commentaires ont Ă©tĂ© reçus d’organisations se disant prĂ©occupĂ©es au sujet la date butoir pour prĂ©senter une demande de remboursement, soit le 31 dĂ©cembre, puisque cette date arrive trop tôt au cours de la campagne agricole. Un producteur qui ne livre pas son blĂ© ou son orge avant le 31 dĂ©cembre pourrait ne pas connaître qu’il y a une retenue, et, après sa première livraison, il aurait manquĂ© l’occasion de prĂ©senter une demande de remboursement. La proposition de repousser le dĂ©lai relatif au remboursement permettrait de rĂ©duire le fardeau qui incombe aux producteurs tout en respectant l’intention et le but du nouveau règlement. Ainsi, le règlement proposĂ© de la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada a Ă©tĂ© modifiĂ© afin de dissiper ces prĂ©occupations. La date limite pour prĂ©senter une demande de remboursement est passĂ©e du 31 dĂ©cembre au 31 juillet, soit à la fin de la campagne agricole.

Certains producteurs ont, à titre personnel, formulĂ© des commentaires et se sont dits prĂ©occupĂ©s par le fait que la retenue soit automatique au point de vente. Ils ont laissĂ© entendre qu’une retenue volontaire au point de vente serait prĂ©fĂ©rable. Ayant pour objectif de ressembler le plus possible à l’ancienne structure de la CCB ainsi que d’Ă©viter d’interrompre les activitĂ©s opĂ©rationnelles normales ou d’imposer un important fardeau aux intervenants, le nouveau règlement prĂ©voit que la retenue sur le blĂ© et l’orge soit automatiquement prĂ©levĂ©e chaque fois qu’un bon de paiement est Ă©mis. On rĂ©duit ainsi le fardeau administratif des compagnies cĂ©rĂ©alières agréées, et le fonctionnement est le même que pour les retenues prĂ©levĂ©es sur d’autres produits. Cela aide Ă©galement à normaliser le processus et rĂ©duit le risque d’erreur et d’insatisfaction des intervenants. Les producteurs ont toujours le choix de participer ou non au financement de la recherche, de la promotion de la commercialisation et de l’assistance technique. S’ils ne souhaitent pas y participer, ils peuvent demander un remboursement.

3. Traitement et délais

En ce qui a trait aux dĂ©lais de traitement prescrits dans le nouveau règlement, certains intervenants ont affirmĂ© être prĂ©occupĂ©s par leur caractère restrictif. Selon certaines observations formulĂ©es par des organisations de l’industrie, il serait plus facile de respecter certains dĂ©lais prĂ©cis s’ils Ă©taient prorogĂ©s.

Parmi ces dĂ©lais, il y en a un qui Ă©tait mentionnĂ© à l’article 4.2 du Règlement, qui fixe le dĂ©lai imposĂ© aux compagnies cĂ©rĂ©alières agréées pour la remise des fonds provenant de la retenue à l’organisme prĂ©vu par règlement. On a suggĂ©rĂ© de modifier le dĂ©lai pour qu’il passe de 30 jours suivant la perception à 30 jours suivant la fin du mois où la perception a eu lieu. La proposition prĂ©cise les instructions et permet aux compagnies cĂ©rĂ©alières agréées de fournir les fonds une fois par mois, contrairement à l’interprĂ©tation possible selon laquelle les sommes retenues devraient être remises tous les jours de manière continue. Cette modification au libellĂ© de l’article 4.2 sera apportĂ©e dans le Règlement puisqu’on prĂ©cise ainsi l’exigence et renforce l’intention du gouvernement à l’Ă©gard du Règlement sans en changer le but.

Un autre dĂ©lai de traitement a fait l’objet de commentaires, soit le dĂ©lai de traitement des demandes de remboursement, qui est Ă©tabli, comme le prĂ©voit l’article 5.4, à 60 jours après la fin de la campagne agricole. Selon certaines organisations du secteur, le dĂ©lai de 60 jours n’Ă©tait pas suffisant pour dĂ©terminer avec prĂ©cision les remboursements, comptabiliser les montants du remboursement, produire des rapports et Ă©mettre le remboursement aux producteurs. Dans certains commentaires reçus, on proposait de proroger le dĂ©lai à 120 jours après la fin de la campagne agricole pour garantir que les remboursements soient traitĂ©s de la bonne manière et de façon à respecter le dĂ©lai prescrit. Toutefois, le fait de prolonger la pĂ©riode de traitement des remboursements repousserait la date à laquelle les producteurs les recevraient.

On a Ă©galement reçu des commentaires concernant l’article 6 du Règlement. On y proposait de prolonger la pĂ©riode dont dispose l’organisme prĂ©vu par règlement pour fournir un rapport annuel au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire de sorte qu’elle passe de 90 jours à 150 jours. Cette prorogation du dĂ©lai pour la prĂ©sentation d’un rapport permettrait à l’organisme prĂ©vu par règlement de disposer de plus de temps pour veiller à ce que toutes les opĂ©rations et les rapports internes concernant la dernière campagne agricole soient traitĂ©s et vĂ©rifiĂ©s avant d’en faire un rĂ©sumĂ© et de prĂ©senter le rapport annuel. Cette proposition Ă©tait fondĂ©e sur la proposition prĂ©cĂ©dente visant à proroger le dĂ©lai de traitement des demandes de remboursement, et ces deux propositions ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es conjointement. Cette modification dĂ©pend de la prorogation possible du dĂ©lai de traitement des demandes de remboursement. Une prorogation du dĂ©lai de traitement des demandes de remboursement Ă©tirerait la pĂ©riode requise pour fournir un rapport annuel. Ces modifications ne seront pas apportĂ©es à ce moment-ci afin d’Ă©viter de reporter la mise en œuvre.

Des suggestions ont Ă©galement Ă©tĂ© formulĂ©es à l’Ă©gard des exigences en matière d’Ă©tablissement de rapport sur la remise de fonds à l’ABC par les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées. Il a Ă©tĂ© proposĂ© que le rapport sur la remise de fonds par les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées à l’ABC fournisse, outre ce qui est prĂ©vu dans l’Ă©bauche du Règlement, d’autres renseignements, comme la catĂ©gorie du blĂ© pour lequel la retenue a Ă©tĂ© prĂ©levĂ©e. Ces exigences supplĂ©mentaires en matière d’Ă©tablissement de rapports ne sont pas nĂ©cessaires pour la fonctionnalitĂ© de base de la retenue, mais elles permettent de recueillir de l’information qui constitue un atout. Les activitĂ©s de perception, de dĂ©caissement et de remboursement sont toutes possibles en vertu des exigences existantes pour l’Ă©tablissement de rapports Ă©noncĂ©es dans le Règlement.

4. Transition vers les organisations provinciales nouvellement établies

Au cours de la pĂ©riode de commentaires, on a reçu des commentaires sur la façon dont les organisations provinciales productrices de blĂ© et d’orge nouvellement Ă©tablies seraient touchĂ©es par le Règlement. Il a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© que, au moment où une organisation productrice provinciale commence ses activitĂ©s, elle agirait en tant qu’organisme prĂ©vu par règlement, surveillant la partie de la retenue sur le blĂ© et l’orge qui lui est propre. Cette proposition pourrait aider à adopter un mĂ©canisme de financement dirigĂ© par l’industrie une fois que la pĂ©riode de transition prendrait fin et pourrait accroître la contribution des producteurs aux efforts visant à soutenir la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique. Toutefois, cela pourrait Ă©galement avoir des rĂ©percussions sur la structure de la retenue et des consĂ©quences à toutes les Ă©tapes du processus, de la perception jusqu’à l’Ă©tablissement de rapports, en passant par le dĂ©caissement. En raison des consĂ©quences possibles, on devrait effectuer un examen dĂ©taillĂ© de toutes les rĂ©percussions actuelles et futures sur les intervenants. Ainsi, aucune modification ne sera faite pour le moment.

5. Montant de la retenue

Certains se sont dits prĂ©occupĂ©s par le montant de la retenue, qui ne serait pas suffisamment important pour faire en sorte que le secteur reste compĂ©titif. On proposait de profiter de l’occasion pour hausser le montant de la retenue, augmentant ainsi la base de financement des activitĂ©s de recherche et la compĂ©titivitĂ© globale de l’industrie. En outre, des inquiĂ©tudes ont Ă©tĂ© soulevĂ©es prĂ©cisĂ©ment au sujet du montant de la retenue sur l’orge prĂ©vu pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique. On mentionnait que le taux de la retenue sur l’orge Ă©tait trop peu Ă©levĂ© pour que le montant de financement Ă©quivaille au soutien financier antĂ©rieur fourni au CTCOB par la CCB et qu’il ne permettrait pas de satisfaire aux exigences actuelles. Les taux de la retenue ont Ă©tĂ© Ă©tablis en tenant compte des transferts historiques de fonds liĂ©s au financement, des volumes de production moyens et des demandes de remboursement potentielles. ConformĂ©ment aux objectifs du Règlement, les niveaux de financement dĂ©coulant de la retenue devraient rester, dans la mesure du possible, semblables aux niveaux de financement antĂ©rieurs de la CCB. Compte tenu des objectifs globaux et de la nature provisoire du Règlement, on n’envisage pas, à ce moment-ci, de modifier le montant de la retenue sur le blĂ© et l’orge. Un examen plus approfondi de la question sur la retenue sur l’orge a rĂ©vĂ©lĂ© qu’une partie du financement inclus dans l’analyse des demandes ne constituait pas un transfert de fonds.

Au cours de la pĂ©riode de commentaires, il a Ă©tĂ© proposĂ© d’intĂ©grer la nouvelle retenue provisoire dans la retenue existante de l’Alberta sur l’orge. En Alberta, la retenue fĂ©dĂ©rale pour l’orge de 0,04 $ par tonne pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique pourrait être tirĂ©e de la retenue actuelle de l’Alberta sur l’orge. La proposition pourrait simplifier la retenue pour les producteurs et les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées puisqu’un seul prĂ©lèvement serait effectuĂ© pour couvrir les deux retenues. Cette façon de faire pourrait Ă©galement Ă©viter aux producteurs d’orge de l’Alberta d’avoir l’impression que l’ABC se livre à une double perception. Toutefois, la proposition pourrait avoir une incidence sur l’Ă©tablissement des rapports pour l’ABC. Elle pourrait aussi entraîner des consĂ©quences pour d’autres organisations productrices de blĂ© et d’orge. Ainsi, il faudrait examiner de manière plus approfondie la proposition de même que l’impact qu’elle pourrait avoir sur l’ensemble des intervenants. Aucune modification ne sera donc apportĂ©e pour le moment.

Une autre inquiĂ©tude a Ă©tĂ© soulevĂ©e concernant la portion de la retenue consacrĂ©e aux frais d’administration. Il a Ă©tĂ© proposĂ© que la portion de la retenue prĂ©vue pour couvrir les frais administratifs pourrait être versĂ©e aux compagnies cĂ©rĂ©alières agréées afin de les aider à traiter la retenue provisoire pour le blĂ© et l’orge. Les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées sont tenues de percevoir et de remettre la retenue pour le blĂ© et l’orge ainsi que d’en faire rapport. Toutefois, la Loi sur les grains du Canada indique que l’organisme prĂ©vu par règlement peut utiliser les fonds pour couvrir les frais administratifs liĂ©s à la retenue, et ne donne aucun pouvoir pour les utiliser à d’autres fins. En outre, les compagnies cĂ©rĂ©ales agréées prĂ©lèvent les retenues pour un certain nombre d’organisations de produits, et, de manière gĂ©nĂ©rale, ne fournit pas de compensations financières à l’organisme qui perçoit ces retenues.

6. Règle du « un pour un »

La règle du « un pour un » s’applique au Règlement sur la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique (blĂ© et orge). Ce règlement est considĂ©rĂ© comme Ă©tant visĂ© par la règle puisqu’il est nouveau et qu’il entraînerait une petite augmentation du fardeau administratif qui incombe aux intervenants. Par le passĂ©, seule la CCB Ă©tait responsable de prĂ©lever la retenue pour la recherche sur le blĂ© et l’orge auprès des producteurs et de distribuer les fonds à la WGRF. Aux termes du nouveau règlement, la perception et la remise de la retenue provisoire pour le blĂ© et l’orge seront assumĂ©es par toutes les organisations qui dĂ©livrent des bons de paiement (par exemple les silos à grain), plutôt que d’être uniquement la responsabilitĂ© de la CCB, comme c’Ă©tait le cas par le passĂ©.

On a, de manière formelle et informelle, menĂ© des consultations auprès des intervenants de l’industrie et eu des dialogues avec eux afin de comprendre et de mieux dĂ©terminer quel serait le fardeau administratif supplĂ©mentaire dĂ©coulant du Règlement.

Les propriĂ©taires de silos à grain agréés connaissent dĂ©jà les retenues et sont en mesure de les traiter puisqu’un certain nombre de produits cĂ©rĂ©aliers y sont dĂ©jà assujettis (par exemple le canola). Une fois que la retenue provisoire pour le blĂ© et l’orge sera Ă©tablie et perçue, le fardeau administratif continu supplĂ©mentaire sera minimal.

À la lumière des commentaires et des renseignements fournis par les intervenants de l’industrie, AAC a dĂ©terminĂ© que le Règlement entraînera une augmentation moyenne annuelle du fardeau administratif de 429 033 $ pour l’ensemble des intervenants, ce qui Ă©quivaut à une augmentation moyenne annuelle de 10 $ par intervenant.

Les deux groupes d’intervenants touchĂ©s par le Règlement sont les producteurs de blĂ© et d’orge de l’Ouest et les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées (y compris les nĂ©gociants en grains et les silos à grain agréés). La majeure partie du fardeau administratif incombera aux compagnies cĂ©rĂ©alières agréées puisqu’elles seront tenues de dĂ©duire la retenue au moment où elles effectueront une livraison et de remettre les fonds provenant de la retenue à l’organisme prĂ©vu par règlement.

Par ailleurs, le temps que devront consacrer les producteurs à se familiariser avec la nouvelle retenue constituera aussi un fardeau administratif supplĂ©mentaire pour eux. Chaque producteur devra consacrer environ 15 minutes à la lecture et à la comprĂ©hension de l’information dont il disposera sur le Règlement.

Le taux historique d’exemption de la retenue antĂ©rieure de la CCB pour la recherche Ă©tait d’environ 5 % des producteurs. AAC estime que le taux de remboursement de la retenue provisoire sur le blĂ© et l’orge augmentera d’environ 3 % à 5 %. Ainsi, le taux de remboursement de la retenue est estimĂ© à environ 10 % des producteurs. L’augmentation prĂ©vue des demandes de remboursement est attribuable aux faits que la retenue est perçue par les producteurs comme Ă©tant nouvelle, que les producteurs ne souhaitent pas appuyer la structure modifiĂ©e de la retenue ou que la retenue vise dĂ©sormais, outre le financement de la recherche, le financement de la promotion de la commercialisation et de l’assistance technique. Cela augmentera le fardeau administratif qui incombe aux producteurs supplĂ©mentaires qui demandent maintenant un remboursement. La demande de remboursement suivra un processus semblable à celui de la retenue antĂ©rieure de la CCB pour la recherche (c’est-à-dire qu’il faut prĂ©senter une demande Ă©crite chaque annĂ©e). Il faudra environ 10 minutes à chaque producteur pour remplir et soumettre une demande de remboursement.

Les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées constituent l’autre groupe qui sera touchĂ© par l’augmentation du fardeau administratif. Même si les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées connaissent dĂ©jà le traitement des retenues pour un certain nombre d’autres produits cĂ©rĂ©aliers, la retenue proposĂ©e entraînera une augmentation minime du fardeau administratif, principalement lorsqu’elle commencera à être perçue.

Les compagnies cĂ©rĂ©alières agréées sont tenues de produire un rapport sommaire mensuel des retenues prĂ©levĂ©es sur le blĂ© et l’orge et d’envoyer ce rapport, ainsi que les fonds provenant de la retenue, à l’ABC. Les reprĂ©sentants de l’industrie ont laissĂ© entendre que cela exigera environ trois à cinq heures de travail par mois pour chaque entreprise. Le fardeau liĂ© à cette exigence sera minime puisque les silos à grain agréés assument dĂ©jà ces fonctions relativement à d’autres retenues.

Le prĂ©lèvement des retenues sera surveillĂ© tout au long du processus et fera l’objet d’une vĂ©rification, au besoin. S’il y a eu un Ă©cart, une enquête sera faite. Lorsqu’il y aura un Ă©cart, les silos à grain agréés seront invitĂ©s à fournir de plus amples informations. Certains intervenants ont laissĂ© entendre qu’il faudra environ trois à cinq jours de travail pour chaque entreprise pour recueillir de l’information supplĂ©mentaire à des fins de vĂ©rification.

Les silos à grain agréés constitueront Ă©galement une source d’information pour les producteurs puisqu’ils fourniront des renseignements sur les exigences Ă©noncĂ©es dans le Règlement. Cela entraînera un fardeau minime puisque les silos à grain agréés assument dĂ©jà ces fonctions relativement à d’autres retenues. Les compagnies cĂ©rĂ©alières affirment, par expĂ©rience, que chaque entreprise doit consacrer environ une heure de travail par mois pour adresser les demandes de renseignements des producteurs à une source d’information. Afin de rĂ©duire les rĂ©percussions de ce fardeau, AAC et l’ABC fourniront aux compagnies cĂ©rĂ©alières agréées des renseignements pertinents ainsi que les coordonnĂ©es de personnes-ressources qui pourront rĂ©pondre aux questions Ă©ventuelles des producteurs.

7. Lentille des petites entreprises

La perspective des petites entreprises ne s’applique pas au Règlement sur la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique (blĂ© et orge). Au moment où le Règlement a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©, le calculateur des coûts liĂ©s à la rĂ©glementation a Ă©tĂ© utilisĂ© pour Ă©tablir les rĂ©percussions sur les petites entreprises liĂ©es au respect du Règlement et aux coûts administratifs. Le changement total supplĂ©mentaire et l’impact du Règlement sur les petites entreprises Ă©tait infĂ©rieur au seuil Ă©tabli. Tous les intervenants subiront une lĂ©gère augmentation des exigences sur le plan administratif, mais, dans l’ensemble, ils devront assumer des coûts nĂ©gligeables.

8. Justification

La Loi sur les grains du Canada autorise l’adoption de règlements pour l’application, au point de vente, de la retenue remboursable, d’une durĂ©e maximale de cinq ans, afin de soutenir la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge.

On a choisi l’Alberta Barley Commission comme organisme prĂ©vu par règlement en raison de ses contacts avec l’industrie, de son expĂ©rience antĂ©rieure de l’administration d’un prĂ©lèvement (elle administre la retenue pour l’orge de l’Alberta existant depuis 1991) et de sa capacitĂ© à s’acquitter des tâches exigĂ©es dĂ©signĂ©es dans la Loi sur les grains du Canada et le règlement provisoire.

La retenue s’appliquera au blĂ© et à l’orge cultivĂ©s au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans le district de la rivière de la Paix de la Colombie-Britannique, afin de demeurer cohĂ©rente avec la rĂ©gion opĂ©rationnelle qui Ă©tait auparavant couverte par la CCB. La retenue s’appliquera à toutes les ventes de blĂ© et d’orge pour lesquelles un bon de paiement a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©, afin de permettre une mise en œuvre et un traitement simples et de suivre les modifications incluses dans la Loi sur le libre choix des producteurs de grains en matière de commercialisation.

Les producteurs d’orge de l’Alberta Ă©taient exemptĂ©s de la retenue antĂ©rieure pour la recherche de la CCB pour la WGRF, car l’Alberta percevra dĂ©jà une retenue pour contribuer à la recherche. Par consĂ©quent, l’orge produite en Alberta serait exemptĂ©e du volet recherche de la retenue provisoire pour l’orge. La zone de collecte est identique à la zone de collecte du financement de la CCB.

Les producteurs sont en mesure de demander un remboursement une fois par campagne agricole. Des discussions informelles avec les intervenants portent à penser qu’ils soutiennent cette approche, et elle fournit l’option la plus simple à suivre pour l’industrie. Elle est aussi semblable à la façon dont fonctionne la retenue antĂ©rieure pour la recherche de la CCB et d’autres contributions remboursables du secteur primaire. En outre, elle laisse aux producteurs le choix de participer ou non au financement de la recherche, la promotion de la commercialisation et de l’assistance technique. Dans le passĂ©, le pourcentage moyen de producteurs demandant à se soustraire de la contribution pour la recherche de la CCB destinĂ©e la WGRF s’Ă©tablissait à environ 5 %. Comme la retenue pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique est à prĂ©sent immĂ©diate et plus visible pour les producteurs, le pourcentage de producteurs demandant un remboursement risque d’augmenter.

L’objet de la retenue provisoire consiste à Ă©tablir un niveau de financement des producteurs semblable au niveau actuel de financement des producteurs pour la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge, d’une durĂ©e maximum de cinq ans, ce qui donne le temps à l’industrie d’Ă©tablir un modèle de financement à long terme. Une retenue de 0,48 $ par tonne pour le blĂ© et de 0,56 $ par tonne pour l’orge rĂ©tablit les taux actuels perçus par l’entremise de la CCB pour la recherche et les fonds fournis par la CCB pour la promotion de la commercialisation et l’assistance technique.

La mise en œuvre du Règlement ne s’accompagne d’aucun coût pour le gouvernement, si ce n’est des coûts d’application de la Commission canadienne des grains (CCG), qui devraient être minimes.

9. Mise en œuvre et application

Le Règlement sur la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique (blĂ© et orge) entrera en vigueur pour la campagne agricole 2012-2013. À compter du 1er août 2012, les points de livraison agréés (par exemple les silos) prĂ©lèveront la retenue provisoire sur le blĂ© et l’orge. Après la livraison, ils effectueront les retenues nĂ©cessaires sur les paiements des producteurs pour le blĂ© et l’orge et en feront Ă©tat sur leurs bons de paiement individuels. Les fonds des retenues seront prĂ©sentĂ©s à l’ABC mensuellement. L’ABC dĂ©caissera les fonds pour la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique conformĂ©ment à la Loi.

Les producteurs sont en mesure de demander par Ă©crit des remboursements à l’ABC. Les producteurs doivent demander le remboursement avant la fin de la campagne agricole, soit le 31 juillet. L’organisme prĂ©vu par règlement (c’est-à-dire l’ABC) doit verser le remboursement dans les 60 jours suivant la fin de cette même campagne agricole. Auparavant, les producteurs Ă©crivaient à la WGRF pour ne plus souscrire à la retenue pour la recherche administrĂ©e par la CCB, mais n’avaient pas le choix de se retirer ou de demander un remboursement du financement antĂ©rieur de la promotion de la commercialisation et de l’assistance technique soutenu directement par la CCB.

Le règlement pour la retenue est rĂ©gi par l’article 83.2 de la Loi sur les grains du Canada. Le contrôle et l’application de ce règlement respecteront les procĂ©dures Ă©tablies par la CCG. Pour avoir le droit de dĂ©livrer un bon de paiement, les silos et nĂ©gociants en grains doit être agréé par la CCG. Les silos en grains agréés doivent satisfaire à un certain nombre d’exigences afin d’obtenir leur statut et de le conserver. L’une des exigences est que les silos agréés doivent fournir à la CCG des rapports dĂ©taillĂ©s indiquant le type de grains et les quantitĂ©s livrĂ©es à chaque point de livraison. Ces rapports dĂ©taillĂ©s aident la CCG à appliquer la Loi sur les grains du Canada, y compris la retenue provisoire sur le blĂ© et l’orge.

De plus, lorsque les silos et nĂ©gociants en grains agréés remettent les sommes de la retenue à l’organisme prĂ©vu par règlement, elle fournira un rapport indiquant la quantitĂ© de blĂ© et d’orge livrĂ©e et la somme retenue de chaque producteur. Ce rapport facilitera le processus de remboursement en indiquant le montant à rembourser et aussi en servant de point de vĂ©rification qui garantit que le montant exact de la retenue est dĂ©duit et remis par les exploitations agréées.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire recevra les rapports annuels de l’ABC sur la valeur des retenues reçues et sur la façon dont ces fonds ont Ă©tĂ© investis dans des activitĂ©s de recherche, la promotion de la commercialisation et d’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge. Le rapport comprendra Ă©galement une ventilation des coûts administratifs associĂ©s à la gestion de la retenue sur le blĂ© et l’orge. L’objectif est de prĂ©senter au public des renseignements pour montrer comment les fonds de la retenue sont investis et utilisĂ©s.

Tous ces rapports fournissent des valeurs de rĂ©fĂ©rence et des points de base pour adopter une approche fondĂ©e sur le risque relativement à la vĂ©rification touchant la retenue, du point de prĂ©lèvement jusqu’à l’investissement dans des activitĂ©s de recherche, la promotion de la commercialisation et d’assistance technique. Les rapports permettront de cerner d’Ă©ventuels Ă©carts et dĂ©clencheront des mĂ©canismes permettant de dĂ©terminer quand et où une enquête plus poussĂ©e s’imposerait. Le gouvernement rĂ©clamera les vĂ©rifications au besoin. Le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, la CCG et l’ABC collaboreront tous au contrôle et à l’application de cette retenue.

Agriculture et Agroalimentaire Canada et l’ABC diffuseront des communications au sujet de la transition au libre choix en matière de commercialisation, notamment de l’information sur la retenue pour la recherche, la promotion de la commercialisation et l’assistance technique touchant le blĂ© et l’orge.

10. Personne-ressource

Tom Askin
Division de la politique sur le secteur des cultures
Agriculture et Agroalimentaire Canada
303, rue Main
Winnipeg (Manitoba)
R3C 3G7
Courriel : Tom.askin@agr.gc.ca

Référence a
L.C. 2011, ch. 25, art. 27

Référence b
L.R., ch. G-10