Vol. 146, no 14 — Le 4 juillet 2012
Enregistrement
TR/2012-45 Le 4 juillet 2012
LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL
DĂ©cret concernant la Liste des espèces en pĂ©ril (dĂ©cisions de ne pas inscrire certaines espèces)
C.P. 2012-836 Le 19 juin 2012
Sur recommandation du ministre de l’Environnement et en vertu des paragraphes 27(1.1) et (1.2) de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (voir rĂ©fĂ©rence a), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil :
- a) dĂ©cide de ne pas inscrire sur la Liste des espèces en pĂ©ril figurant à l’annexe 1 de la Loi le gomphe de Laura (Stylurus laurae), le marah d’OrĂ©gon (Marah oreganus) et l’asclĂ©piade à quatre feuilles (Asclepias quadrifolia);
- b) agrĂ©e que le ministre de l’Environnement mette dans le registre public Ă©tabli en vertu de l’article 120 de la Loi la dĂ©claration qui figure à l’annexe du prĂ©sent dĂ©cret et qui Ă©nonce les motifs des dĂ©cisions de ne pas inscrire ces espèces sur la Liste.
ANNEXE
DÉCLARATION ÉNONÇANT LES MOTIFS DES DÉCISIONS DE NE PAS INSCRIRE LE GOMPHE DE LAURA, LE MARAH D’ORÉGON ET L’ASCLÉPIADE À QUATRE FEUILLES SUR LA LISTE DES ESPÈCES EN PÉRIL
Le 21 avril 2012, sur recommandation du ministre de l’environnement, le gouverneur en conseil a publiĂ©, dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, un projet de dĂ©cret proposant d’inscrire dix-huit espèces sur la Liste des espèces en pĂ©ril (la « Liste ») figurant à l’annexe I de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (la « Loi ») et d’en reclasser sept autres. Trente jours ont Ă©tĂ© donnĂ© aux intĂ©ressĂ©s pour prĂ©senter leurs observations au ministre. Le RĂ©sumĂ© de l’Ă©tude d’impact de la rĂ©glementation accompagnant le projet de dĂ©cret indiquait aussi que le ministre a recommandĂ© au gouverneur en conseil de ne pas inscrire le gomphe de Laura, le marah d’OrĂ©gon et l’asclĂ©piade à quatre feuilles sur la Liste.
Onze observations s’opposant à la recommandation ont Ă©tĂ© reçues par le ministre. Les motifs invoquĂ©s Ă©tant que la recommandation Ă©tait incompatible avec la Loi et que, à leur avis, elle n’Ă©tait pas appuyĂ©e par des justifications Ă©conomiques et scientifiques suffisantes. Des prĂ©occupations ont Ă©tĂ© Ă©galement exprimĂ©es au sujet de la recommandation du ministre de ne pas inscrire ces espèces en raison de leur faible prĂ©sence au Canada arguant qu’une telle justification pouvait crĂ©er un prĂ©cĂ©dent qui pourrait mener à la dĂ©tĂ©rioration des Ă©cosystèmes du sud du Canada.
Étant donnĂ© la protection actuelle accordĂ©e au gomphe de Laura et à l’asclĂ©piade à quatre feuilles en vertu d’une loi provinciale, l’aire de rĂ©partition extrêmement rĂ©duite au Canada occupĂ©e par les trois espèces et la contribution limitĂ©e que les activitĂ©s de rĂ©tablissement au Canada apporteraient à la conservation de ces espèces, le ministre affirme que, pour les motifs Ă©noncĂ©s ci-après, ces espèces ne sont pas inscrites sur la Liste afin que les ressources disponibles puissent être allouĂ©es de manière plus efficace à des espèces pour lesquelles le Canada peut faire une plus grande diffĂ©rence.
Le gomphe de Laura (Stylurus laurae)
Le ministre de l’Environnement a recommandĂ© de ne pas inscrire le gomphe de Laura sur la Liste. Cette libellule de l’est de l’AmĂ©rique du Nord n’est connue que dans deux endroits au Canada dans le sud-ouest de l’Ontario, dans des ruisseaux sableux à cours exceptionnellement rapide sur des territoires autres que des territoires domaniaux. Des donnĂ©es dĂ©montrent que son habitat connaît un dĂ©clin continu. Selon le rapport de situation du ComitĂ© sur la situation des espèces en pĂ©ril au Canada (« COSEPAC »), les principales menaces à l’habitat aquatique du gomphe de Laura sont la dĂ©gradation causĂ©e par la pollution, le prĂ©lèvement d’eau à des fins d’irrigation et la prĂ©sence d’espèces envahissantes.
Cette espèce a une aire de rĂ©partition extrêmement rĂ©duite au Canada et le COSEPAC a admis qu’une estimation exacte de la taille de la population et de l’information sur les tendances de la population ne sont pas disponibles. Rien ne prouve que la contribution du Canada au statut de cette espèce à l’Ă©chelle mondiale est importante. De plus, le gomphe de Laura n’est connu qu’en Ontario sur des territoires autres que des territoires domaniaux et est dĂ©jà protĂ©gĂ© sur le plan juridique par la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. À l’instar de la Loi, la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition interdit, entre autres, de tuer, de harceler, de capturer ou de prendre un membre vivant d’une espèce inscrite en vertu de l’article 7 de la loi de l’Ontario comme espèce disparue de l’Ontario, en voie de disparition ou menacĂ©e ou de lui nuire. Cette loi interdit Ă©galement de possĂ©der, de transporter, de collectionner, d’acheter, de vendre, de louer, d’Ă©changer ou d’offrir d’acheter, de vendre, de louer ou d’Ă©changer une telle espèce. Étant donnĂ© la protection actuelle accordĂ©e au gomphe de Laura en vertu de la loi de l’Ontario, sa prĂ©sence connue exclusivement en Ontario sur des territoires autres que des territoires domaniaux, son aire de rĂ©partition extrêmement rĂ©duite au Canada et la contribution limitĂ©e que les activitĂ©s de rĂ©tablissement au Canada apporteraient à la conservation de cette espèce, celle-ci n’est pas inscrite sur la Liste afin que les ressources disponibles puissent être allouĂ©es de manière plus efficace à des espèces pour lesquelles le Canada peut faire une plus grande diffĂ©rence.
Le marah d’OrĂ©gon (Marah oreganus)
Le ministre de l’Environnement a recommandĂ© de ne pas inscrire le marah d’OrĂ©gon sur la Liste. Il s’agit d’une vigne vivace longĂ©vive qui n’est connue au Canada que dans trois endroits dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans des îles Gulf adjacentes. Selon le rapport de situation du COSEPAC, les principales menaces sont l’exploitation des quelques sites connus, les espèces exotiques et les Ă©vĂ©nements fortuits touchant les quelques individus restants.
Selon le COSEPAC, le marah d’OrĂ©gon n’a jamais Ă©tĂ© rĂ©pandu en Colombie-Britannique, Ă©tant donnĂ© que l’espèce n’est connue qu’à la limite nord de son aire de rĂ©partition. Rien ne prouve que la contribution du Canada au statut de cette espèce à l’Ă©chelle mondiale est importante. Même si l’Ă©valuation du COSEPAC a pu Ă©tablir des menaces existantes, le degrĂ© de rĂ©percussion de ces menaces est incertain et il est peu probable que le marah d’OrĂ©gon puisse se rĂ©tablir naturellement à partir de populations extĂ©rieures. À l’exception de la prĂ©sence d’un individu sur une propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale, le marah d’OrĂ©gon n’est connu qu’en Colombie Britannique sur des territoires autres que des territoires domaniaux et il est inscrit sur la liste rouge de la Colombie-Britannique pour faciliter, entre autres, la prise de dĂ©cisions visant la conservation et l’Ă©tablissement des prioritĂ©s relatives aux activitĂ©s environnementales de recherche, d’inventaire, de gestion et de protection. Étant donnĂ© son aire de rĂ©partition extrêmement rĂ©duite au Canada et la contribution limitĂ©e que les activitĂ©s de rĂ©tablissement au Canada apporteraient à la conservation de cette espèce, celle-ci n’est pas inscrite sur la Liste afin que les ressources disponibles puissent être allouĂ©es de manière plus efficace à des espèces pour lesquelles le Canada peut faire une plus grande diffĂ©rence. Toutefois, l’Ă©cosystème du chêne de Garry, duquel cette espèce fait partie, est un Ă©cosystème prioritaire pour le Programme d’intendance de l’habitat (« PIH ») pour les espèces en pĂ©ril depuis le lancement du programme en 2000. Dans le plan quinquennal courant du PIH, cet Ă©cosystème demeure une prioritĂ©. Dans le cadre de la StratĂ©gie nationale pour la protection des espèces en pĂ©ril du Canada, le gouvernement fĂ©dĂ©ral a créé le PIH qui consacre entre 9 et 13 millions de dollars par annĂ©e à des projets de conservation et de protection des espèces en pĂ©ril et de leurs habitats.
L’asclĂ©piade à quatre feuilles (Asclepias quadrifolia)
Le ministre de l’Environnement a recommandĂ© de ne pas inscrire l’asclĂ©piade à quatre feuilles sur la Liste. Seulement deux petites populations existantes, chacune comptant un très faible nombre d’individus, sont connues au Canada et elles se trouvent à l’extrĂ©mitĂ© orientale du lac Ontario. Il semblerait que les populations historiques dans la rĂ©gion de Niagara Falls ont disparu. Les populations existantes ne sont connues qu’en Ontario dans des communautĂ©s forestières dĂ©cidues à sol calcaire très rares sur des territoires autres que des territoires domaniaux. L’exploitation rĂ©sidentielle constitue une menace potentielle pour le plus grand site. L’exploitation future de ce site demeure une possibilitĂ© raisonnable. Selon le rapport de situation du COSEPAC, les principales menaces à la survie de cette espèce sont la conversion de l’habitat, la dĂ©gradation de l’habitat et les espèces envahissantes.
L’Ă©valuation de l’asclĂ©piade à quatre feuilles par le COSEPAC indique qu’il n’y a pas d’information sur les rĂ©centes tendances des populations existantes canadiennes, même si d’après des observations restreintes aucun dĂ©clin n’a Ă©tĂ© enregistrĂ© depuis 2006-2007. L’asclĂ©piade à quatre feuille a une aire de rĂ©partition extrêmement rĂ©duite au Canada. Rien ne prouve que la contribution du Canada au statut de cette espèce à l’Ă©chelle mondiale de cette espèce est importante. De plus, l’asclĂ©piade à quatre feuille n’est connue qu’en Ontario sur des territoires autres que des territoires domaniaux et est dĂ©jà protĂ©gĂ©e sur le plan juridique par la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. À l’instar de la Loi, la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition interdit, entre autres, de tuer, de harceler, de capturer ou de prendre un membre vivant d’une espèce inscrite en vertu de l’article 7 de la Loi de l’Ontario comme espèce disparue de l’Ontario, en voie de disparition ou menacĂ©e ou de lui nuire. Cette loi interdit Ă©galement de possĂ©der, de transporter, de collectionner, d’acheter, de vendre, de louer, d’Ă©changer ou d’offrir d’acheter, de vendre, de louer ou d’Ă©changer une telle espèce. Étant donnĂ© la protection actuelle accordĂ©e à l’asclĂ©piade à quatre feuilles en vertu de la loi de l’Ontario, sa prĂ©sence connue exclusivement en Ontario sur des territoires autres que des territoires domaniaux, son aire de rĂ©partition extrêmement rĂ©duite au Canada et la contribution limitĂ©e que les activitĂ©s de rĂ©tablissement au Canada apporteraient à la conservation de cette espèce, celle-ci n’est pas inscrite sur la Liste afin que les ressources disponibles puissent être allouĂ©es de manière plus efficace à des espèces pour lesquelles le Canada peut faire une plus grande diffĂ©rence.
NOTE EXPLICATIVE
(Cette note ne fait pas partie du Décret.)
Le 27 octobre 2011, le gouverneur en conseil a accusĂ© rĂ©ception des Ă©valuations de 28 espèces que le ComitĂ© sur la situation des espèces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) avait fournies au ministre de l’Environnement. Cette action marquait le dĂ©but d’une pĂ©riode de neuf mois prĂ©vue par la Loi sur les espèces en pĂ©ril (la « Loi ») durant laquelle le gouverneur en conseil doit prendre des dĂ©cisions concernant l’inscription ou non de ces espèces sur la Liste des espèces en pĂ©ril (la « Liste ») figurant à l’annexe 1 de la Loi ou renvoyer la question au COSEPAC pour obtenir des renseignements supplĂ©mentaires ou un rĂ©examen. La pĂ©riode de neuf mois prendra fin le 27 juillet 2012.
Le 21 avril 2012, un projet de dĂ©cret visant l’inscription de 18 espèces sur la Liste et la reclassification de 7 espèces figurant sur la Liste a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de consultation publique de 30 jours. Dans le RĂ©sumĂ© de l’Ă©tude d’impact de la rĂ©glementation ci-joint, il a Ă©tĂ© proposĂ© de ne pas inscrire trois espèces à l’annexe 1 de la Loi.
Par ce dĂ©cret, le gouverneur en conseil prend les dĂ©cisions de ne pas inscrire sur la Liste le gomphe de Laura, le marah d’OrĂ©gon et l’asclĂ©piade à quatre feuilles sur la recommandation du ministre de l’Environnement.
Le gouverneur en conseil agrĂ©e Ă©galement que le ministre de l’Environnement, conformĂ©ment au paragraphe 27(1.2) de la Loi, mette, dans le registre public, les raisons qui justifient les dĂ©cisions de ne pas inscrire sur la Liste le gomphe de Laura, le marah d’OrĂ©gon et l’asclĂ©piade à quatre feuilles. Ces raisons figurent à l’annexe du DĂ©cret et seront affichĂ©es sur le site Web du registre public créé en vertu de la Loi (www.registrelep.gc.ca).
Référence a
L.C. 2002, ch. 29