Vol. 146, no 12 — Le 6 juin 2012

Enregistrement

DORS/2012-107 Le 17 mai 2012

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie

C.P. 2012-657 Le 17 mai 2012

Attendu que le gouverneur en conseil juge que la situation en Syrie constitue une rupture sĂ©rieuse de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales et a entraînĂ© ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale,

À ces causes, sur recommandation du ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu des paragraphes 4(1) à (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (voir rĂ©fĂ©rence a), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie, ci-après.

RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES VISANT LA SYRIE

MODIFICATIONS

1. L’article 1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie (voir rĂ©fĂ©rence 1) est modifiĂ© par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, de ce qui suit :

« articles de luxe » S’entend notamment d’articles tels que les bijoux, les pierres et mĂ©taux prĂ©cieux, les montres, les cigarettes, les boissons alcoolisĂ©es, le parfum, les vêtements et accessoires griffĂ©s, les fourrures, les articles de sport, les aĂ©ronefs personnels, les aliments et produits entrant dans la composition de mets fins, le homard, les ordinateurs, les tĂ©lĂ©viseurs et autres appareils Ă©lectroniques. (luxury goods)

2. (1) L’alinĂ©a 3.1e) de la version française du même règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

  1. e) d’exporter, de vendre, de fournir ou d’envoyer à la Syrie ou à toute personne qui s’y trouve toute marchandise, y compris des donnĂ©es techniques, employĂ©e dans la surveillance des tĂ©lĂ©communications;

(2) L’article 3.1 du même règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a f), de ce qui suit :

  1. g) d’exporter, de vendre, de fournir ou d’envoyer des articles de luxe à la Syrie ou à toute personne qui s’y trouve.

3. La partie 1 de l’annexe du même règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 41, de ce qui suit :

42. Organisme gĂ©nĂ©ral de la radio et de la tĂ©lĂ©vision (aussi connu sous le nom d’ORTAS)

43. Groupe Altoun

44. Monopole syrien des tabacs

4. L’article 49 de la partie 2 de l’annexe du même règlement est abrogĂ©.

5. La partie 2 de l’annexe du même règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 130, de ce qui suit :

131. Salim Altoun

132. Youssef Klizli

133. Adib Mayleh

ANTÉRIORITÉ DE LA PRISE D’EFFET

6. Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

ENTRÉE EN VIGUEUR

7. Le prĂ©sent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce rĂ©sumĂ© ne fait pas partie du Règlement.)

1. Contexte

Le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 24 mai 2011 a Ă©tĂ© adoptĂ© par le Canada en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (SEMA). Ces mesures ont interdit aux personnes au Canada et aux Canadiens à l’Ă©tranger d’effectuer des opĂ©rations portant sur les biens des personnes dĂ©signĂ©es.

Le Règlementmodifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 13 août 2011 a ajoutĂ© les noms d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es, et a modifiĂ© l’orthographe de plusieurs noms qui y Ă©taient dĂ©jà inscrits.

Le Règlementmodifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 4 octobre 2011 a ajoutĂ© d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es, a interdit tout achat et transport de produits pĂ©troliers en provenance de la Syrie, a interdit aux Canadiens de faire de nouveaux investissements dans le secteur pĂ©trolier syrien, et a interdit de fournir des services financiers dans le but d’investir dans l’industrie pĂ©trolière ou de faciliter l’importation du pĂ©trole et des produits pĂ©troliers.

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 23 dĂ©cembre 2011 a ajoutĂ© d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es, a interdit l’importation en provenance de la Syrie, les nouveaux investissements en Syrie, et l’exportation vers la Syrie des Ă©quipements, y compris les logiciels, pour la surveillance des communications tĂ©lĂ©phoniques et sur Internet.

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 25 janvier 2012 a ajoutĂ© d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es tout en prĂ©voyant de nouvelles dĂ©rogations pour minimiser les rĂ©percussions nĂ©gatives sur les citoyens ordinaires.

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 5 mars 2012 a eu pour effet d’imposer une interdiction presque complète des transactions financières avec la Syrie et les personnes qui s’y trouvent. Elle se traduit Ă©galement par l’ajout d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es.

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 30 mars 2012 a eu pour effet d’ajouter d’autres personnes et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es.

2. Question

Le dernier Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie rĂ©pond à la grave dĂ©tĂ©rioration continue de la situation en Syrie, qui, de l’avis du gouverneur en conseil, constitue une rupture sĂ©rieuse de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales qui a entraînĂ© ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale. Les manifestations pro-dĂ©mocratiques pacifiques qui ont Ă©clatĂ© le 15 mars 2011 dans plusieurs villes à travers la Syrie ont Ă©tĂ© affrontĂ©es avec une rĂ©pression de plus en plus sĂ©vère. La Commission d’enquête Ă©tablie par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a constatĂ© des violations massives, systĂ©matiques et rĂ©prĂ©hensives des droits de la personne qui sont commises à la connaissance et avec le consentement des dirigeants aux plus hauts niveaux de l’État. Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), plus de 9 000 Syriens, au bas mot, ont Ă©tĂ© tuĂ©s et des dizaines de milliers d’autres ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s à l’intĂ©rieur des territoires syriens ou ont Ă©tĂ© contraints de se rĂ©fugier dans les pays voisins. Le gouvernement syrien a Ă©galement refusĂ© l’accès à la plupart des organisations humanitaires internationales, suscitant d’importantes prĂ©occupations en matière de protection.

Un règlement de la crise semble toujours hors d’atteinte. Et pour apaiser à la fois l’opposition locale et la communautĂ© internationale, le prĂ©sident Bachar Al-Assad a progressivement dĂ©voilĂ© une sĂ©rie de concessions. Toutefois, ces mesures demeurent limitĂ©es dans leur portĂ©e et leur mise en œuvre, et les actions des forces de sĂ©curitĂ© syriennes dĂ©mentent toute vĂ©ritable volontĂ© de rĂ©forme. La Syrie a acceptĂ© le 2 novembre 2011 une proposition prĂ©sentĂ©e par la Ligue arabe pour mettre fin à la violence, mais le rĂ©gime syrien n’a pas cessĂ© de violer les dispositions de cette proposition. Une mission d’observateurs de la Ligue arabe est entrĂ©e dans le pays le 26 dĂ©cembre 2011, mais le rĂ©gime syrien a entravĂ© ses activitĂ©s, et la mission a ainsi suspendu ses activitĂ©s à la suite de l’escalade de la violence du 28 janvier 2012. La Syrie a rejetĂ© un plan de la Ligue arabe en vue d’une transition dĂ©mocratique pacifique — prĂ©sentĂ© avec l’aval de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies (le 16 fĂ©vrier 2012) et des Amis du peuple syrien (le 24 fĂ©vrier 2012). Le 28 mars 2012, la Syrie a acceptĂ© le plan en six points de l’EnvoyĂ© spĂ©cial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, Monsieur Kofi Annan. Cela a donnĂ© lieu à un cessez-le-feu fragile, le 12 avril, et le dĂ©ploiement de la Mission de supervision des Nations Unies en RĂ©publique arabe syrienne (MISNUS) se poursuit à l’heure actuelle. Toutefois, après une accalmie initiale, la violence s’accentue à nouveau, de sorte que, dans une large mesure, le reste du plan n’a pas encore Ă©tĂ© mis en œuvre.

3. Objectifs

Les mesures rĂ©glementaires visent à :

  • contribuer à des efforts internationaux concertĂ©s en vue d’isoler davantage la Syrie et d’exercer plus de pressions sur le rĂ©gime syrien pour mettre fin à la violence, tout en signalant l’appui du Canada à l’Ă©gard du peuple syrien.

4. Description

Le dernier Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie a pour effet d’interdire l’exportation de produits de luxe vers la Syrie et d’ajouter trois autres personnes ainsi que trois autres entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es soumises à l’interdiction sur les transactions en vertu du Règlement. Ces modifications pourraient toucher les Canadiens ou les entreprises canadiennes qui font affaire avec des personnes et des entitĂ©s dĂ©signĂ©es ou qui exportent des produits de luxe vers la Syrie. Toutefois, avec les interdictions existantes visant les services financiers entre le Canada et la Syrie, les nouvelles mesures ne devraient pas avoir de plus amples rĂ©percussions importantes sur les Canadiens ou les entreprises canadiennes. De plus, le ministre des Affaires Ă©trangères est autorisĂ© à dĂ©livrer des permis pour permettre à ceux qui sont touchĂ©s par le Règlement de mener des activitĂ©s qui seraient autrement interdites. Ces modifications suppriment aussi de la liste des personnes dĂ©signĂ©es le nom d’une personne dont la situation ne correspond plus aux critères applicables aux personnes dĂ©signĂ©es.

5. Consultation

Le ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international a rĂ©digĂ© le Règlement à la suite de consultations auprès du ministère de la Justice.

6. Lentille des petites entreprises

Le Règlement peut nĂ©anmoins toucher les Canadiens ou les entreprises canadiennes qui font affaire avec des personnes et des entitĂ©s dĂ©signĂ©es ou qui exportent des produits de luxe vers la Syrie. Toutefois, avec les interdictions existantes visant les services financiers entre le Canada et la Syrie, les nouvelles mesures ne devraient pas avoir de plus amples rĂ©percussions importantes sur les Canadiens ou les entreprises canadiennes. De plus, le ministre des Affaires Ă©trangères est autorisĂ© à dĂ©livrer des permis pour permettre à ceux qui sont touchĂ©s par le Règlement de mener des activitĂ©s qui seraient autrement interdites.

7. Justification

Les États-Unis, l’Union europĂ©enne, la Ligue arabe et la Turquie ont tous imposĂ© des sanctions à la Syrie avec la plus rĂ©cente sĂ©rie de sanctions imposĂ©e par l’Union europĂ©enne le 14 mai 2012. Le dernier règlement contribue à ces efforts internationaux concertĂ©s en vue d’isoler davantage la Syrie et d’exercer plus de pressions sur le rĂ©gime syrien pour mettre fin à la violence, tout en signalant l’appui du Canada à l’Ă©gard du peuple syrien. La Syrie a dĂ©jà commencĂ© à ressentir les effets des sanctions internationales.

Le Règlement peut nĂ©anmoins toucher les Canadiens ou les entreprises canadiennes qui font affaire avec des personnes et des entitĂ©s dĂ©signĂ©es ou qui exportent des produits de luxe vers la Syrie. Toutefois, avec les interdictions existantes visant les services financiers entre le Canada et la Syrie, les nouvelles mesures ne devraient pas avoir de plus amples rĂ©percussions importantes sur les Canadiens ou les entreprises canadiennes. De plus, le ministre des Affaires Ă©trangères est autorisĂ© à dĂ©livrer des permis pour permettre à ceux qui sont touchĂ©s par le Règlement d’entreprendre de mener des activitĂ©s qui seraient autrement interdites.

8. Mise en œuvre, application et normes de service

La Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada sont chargĂ©es de l’application du Règlement. Toute personne qui contrevient aux articles 3 ou 4 du Règlement est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ©, des peines prĂ©vues à l’article 8 de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales.

9. Personnes-ressources

Curtis Schmeichel
Agent juridique
Direction du droit onusien, des droits de la personne et du droit économique (JLH)
Ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 613-996-3863
TĂ©lĂ©copieur : 613-992-2467
Courriel : curtis.schmeichel@international.gc.ca

Hugh Adsett
Directeur
Direction du droit onusien, des droits de la personne et du droit économique (JLH)
Ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 613-992-6296
TĂ©lĂ©copieur : 613-992-2467
Courriel : hugh.adsett@international.gc.ca

Mark Bailey
Conseiller principal (Syrie et Iran)
Direction des relations avec le Moyen-Orient et le Maghreb
Ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 613-944-3022
TĂ©lĂ©copieur : 613-944-7975
Courriel : mark.bailey@international.gc.ca

Référence a
L.C. 1992, ch. 17

Référence 1
DORS/2011-114