La Gazette du Canada, Partie I, volume 160, numĂ©ro 45 : Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière (transferts de comptes de placement)

Le 7 novembre 2026

Fondement législatif
Loi sur les banques

Ministère responsable
Ministère des Finances

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les Canadiens dĂ©tenant des comptes de placement, y compris les comptes enregistrĂ©s et non enregistrĂ©s, peuvent souhaiter changer de fournisseur de services financiers pour de nombreuses raisons, mais rencontrent des obstacles lorsqu’ils transfèrent ces comptes entre institutions financières. Ces obstacles incluent des frais de transfert qui s’élèvent gĂ©nĂ©ralement Ă  150 $ par compte, des dĂ©lais de transfert longs et incertains, ainsi que l’absence de renseignements clairs et appropriĂ©s concernant le processus de transfert.

Description : Le projet de Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière (transferts de comptes de placement) [le projet de Règlement] interdirait aux banques de facturer des frais de transfert pour les comptes enregistrĂ©s et les comptes de placement, exigerait que des Ă©lĂ©ments du processus de transfert aient lieu dans des dĂ©lais dĂ©finis, Ă©tablirait des exigences pour le rĂ©enregistrement des instruments de type dĂ©pĂ´t, et exigerait la communication de renseignements relatifs au processus de transfert des comptes enregistrĂ©s et des comptes de placement.

Justification : Le projet de Règlement favoriserait la concurrence dans le secteur financier en rĂ©duisant les obstacles au transfert des comptes enregistrĂ©s et des comptes de placement entre institutions. Les Ă©lĂ©ments relatifs aux dĂ©lais de transfert prĂ©vus dans le projet de règlement s’inspirent d’initiatives proposĂ©es Ă  l’échelle provinciale et contribuent Ă  un ensemble de règles cohĂ©rent pour l’ensemble des acteurs du secteur. Sans tenir compte des avantages liĂ©s Ă  une concurrence accrue dans le secteur financier, le projet de règlement entraĂ®nerait 16,3 millions de dollars d’avantages monĂ©taires et 22,5 millions de dollars de coĂ»ts monĂ©taires, sur une pĂ©riode de 10 ans en valeur actuelle, ce qui se traduirait par un coĂ»t net de 6,2 millions de dollars.

Enjeux

Les Canadiens peuvent ĂŞtre confrontĂ©s Ă  certains obstacles lors du transfert de comptes de placement enregistrĂ©s et non enregistrĂ©s (ci-après appelĂ©s « comptes de placement Â») entre institutions financières. Ces obstacles comprennent des frais de transfert Ă©levĂ©s facturĂ©s par les banques, des dĂ©lais incertains pour la rĂ©alisation des transferts, ainsi qu’un manque de renseignements clairs et appropriĂ©s concernant le processus de transfert. Ensemble, ces obstacles pourraient dissuader les consommateurs de transfĂ©rer des comptes de placement vers des fournisseurs de services financiers rĂ©pondant mieux Ă  leurs besoins et dĂ©courager les institutions en place d’amĂ©liorer les services pour leurs clients existants, ce qui pourrait en fin de compte nuire Ă  la concurrence sur le marchĂ© des services financiers au Canada.

Les frais de transfert de compte de placement sont facturĂ©s par les banques lorsqu’un client demande Ă  transfĂ©rer ce type de compte vers une autre institution financière au Canada. Ces frais sont gĂ©nĂ©ralement de 150 $ par compte transfĂ©rĂ©. De nombreuses institutions financières, y compris certaines grandes banques, leurs filiales et leurs concurrents, proposent de rembourser les frais de transfert facturĂ©s au client par l’institution financière sortante, sous certaines conditions. Cette pratique peut dĂ©savantager injustement les concurrents des grandes banques et les nouveaux entrants dans leurs efforts pour gagner des parts de marchĂ© auprès des institutions en place, car le remboursement des frais augmente les coĂ»ts d’acquisition de clients.

Les longs délais de transfert dissuadent aussi les clients de transférer leurs comptes de placement à des institutions financières dont les offres peuvent mieux répondre à leurs besoins. Lors du transfert de compte, les clients n’ont pas accès à leurs placements et ne peuvent pas effectuer de transactions. Cela peut avoir un coût en occasions d’investissement manquées. Étant donné qu’aucune garantie ne précise la durée d’un transfert, l’incertitude entourant les délais peut davantage décourager les consommateurs d’entreprendre un transfert de compte. Bien qu’il y ait eu des initiatives récentes à l’échelle provinciale pour moderniser et raccourcir les délais de transfert pour les courtiers en placement et en fonds communs de placement, ces règles ne s’appliqueraient pas systématiquement aux banques.

Il existe également très peu de renseignements publiés sur les sites Web des banques, ou divulgués dans les conventions de compte, concernant le processus et les délais de transfert des comptes de placement vers une autre institution financière. Il peut donc être difficile pour les consommateurs de comprendre le processus et les délais auxquels ils peuvent s’attendre lorsqu’ils demandent un transfert, et cela peut les dissuader davantage d’entamer le processus de transfert.

Contexte

Les Canadiens épargnent et investissent souvent par l’intermédiaire de comptes de placement auprès de fournisseurs de services financiers canadiens, comme les banques et les courtiers en placement. Ces comptes de placement sont soit enregistrés, comme le régime enregistré d’épargne-retraite, le compte d’épargne libre d’impôt ou le régime enregistré d’épargne-études, soit non enregistrés.

Il existe de nombreuses raisons de changer de fournisseur de services financiers, notamment pour réaliser des économies, bénéficier de services améliorés, accéder à une plus vaste gamme de produits de placement, regrouper ses services financiers auprès d’un seul fournisseur, ou pour d’autres motifs. Bien que les consommateurs puissent ouvrir un nouveau compte et transférer leurs actifs eux-mêmes, ils doivent généralement effectuer le transfert directement par l’entremise des fournisseurs de services financiers afin d’éviter des répercussions fiscales imprévues, telles que l’imposition des gains en capital ou des pénalités pour retrait anticipé de comptes enregistrés.

Annonces gouvernementales concernant les frais de transfert de compte

Le budget de 2025 a annoncĂ© que le gouvernement a l’intention d’interdire les frais de transfert de comptes de placement et de comptes enregistrĂ©s, qui coĂ»tent actuellement en moyenne 150 $ par compte aux Canadiens. Il a Ă©galement annoncĂ© que le gouvernement exigera le transfert rapide de ces comptes et une prĂ©sentation claire des renseignements sur le processus et l’absence de frais.

Comptes de placement

Les comptes de placement peuvent ĂŞtre enregistrĂ©s ou non. Les comptes enregistrĂ©s offrent plusieurs avantages fiscaux aux Canadiens, notamment la croissance exonĂ©rĂ©e d’impĂ´t et le report d’impĂ´t afin d’encourager l’épargne et l’investissement. Par exemple, les rĂ©gimes enregistrĂ©s d’épargne-retraite (REER) incitent l’épargne pour la retraite, tandis que les rĂ©gimes enregistrĂ©s d’épargne-Ă©tudes (REEE) incitent l’épargne pour les Ă©tudes postsecondaires d’un bĂ©nĂ©ficiaire. Pour les comptes non enregistrĂ©s, les clients sont gĂ©nĂ©ralement imposĂ©s sur les revenus gĂ©nĂ©rĂ©s et les gains en capital rĂ©alisĂ©s par ces comptes.

Les comptes de placement peuvent ĂŞtre dĂ©tenus auprès d’une banque, de l’une de ses filiales, ou d’autres fournisseurs de services financiers (par exemple les coopĂ©ratives de crĂ©dit, les courtiers en placement). Les types de placements qu’un consommateur peut dĂ©tenir dans un compte dĂ©pendent de l’endroit oĂą le compte a Ă©tĂ© ouvert et du type de compte. Les comptes de placement ouverts dans une banque ne contiennent gĂ©nĂ©ralement que des liquiditĂ©s, des instruments de type dĂ©pĂ´t, des fonds communs de placement et des billets Ă  capital protĂ©gĂ©. Un billet Ă  capital protĂ©gĂ© est un type d’instrument financier selon lequel l’argent qu’un investisseur gagne est liĂ© Ă  un indice ou Ă  un point de rĂ©fĂ©rence, et il est garanti que l’argent (le capital) investi sera au moins Ă©gal au montant initialement investi. L’indice ou le point de rĂ©fĂ©rence peut ĂŞtre un indice boursier ou le taux de change entre deux devises.

Coûts de transfert

La plupart des banques facturent des frais pour le transfert de comptes de placement vers une autre institution. Certains de ces frais peuvent ĂŞtre utilisĂ©s pour compenser le coĂ»t d’un transfert. Ces coĂ»ts proviennent principalement de la main-d’œuvre requise, Ă©tant donnĂ© qu’une grande partie du processus est traitĂ©e manuellement par les employĂ©s de la banque. Il n’existe actuellement aucun système automatisĂ© standard ni facilitateur unique de transfert Ă©lectronique que les fournisseurs de services financiers peuvent utiliser pour transfĂ©rer ces comptes et tous les types d’actifs qu’ils contiennent.

Les banques peuvent également facturer des frais pour liquider des actifs qui ne peuvent pas être transférés en nature lorsque le contrat du produit de placement prévoit des frais de résiliation anticipée, comme des frais pouvant être exigés pour encaisser un certificat de placement garanti (CPG) avant sa date d’échéance. Les banques facturent généralement des frais de rachat anticipé parce que des produits comme les CPG (qui sont des contrats à durée déterminée) sont établis en partant du principe que les fonds restent immobilisés jusqu’à l’échéance, ce qui permet aux banques de financer et de gérer des engagements à long terme.

Processus de transfert

Pour transfĂ©rer un compte de placement, un client doit d’abord ouvrir un nouveau compte auprès d’un fournisseur de services financiers. Cette institution financière « rĂ©ceptrice Â» (qui accepte le transfert) interagit avec le client pendant le processus de transfert et s’assure que ses instructions sont prises en compte.

Trois grandes catĂ©gories dĂ©finissent les types de transferts de compte qui ont lieu entre institutions :

Une fois que le client possède un compte de placement auprès de l’institution financière rĂ©ceptrice, l’étape suivante du processus consiste Ă  faire une demande de transfert. L’institution financière rĂ©ceptrice soumet alors une demande Ă  l’ancien fournisseur de services financiers du client — l’institution financière « cĂ©dante Â» — pour obtenir la liste des actifs dĂ©tenus dans le compte de placement du client.

Ă€ la rĂ©ception de cette liste, l’institution financière rĂ©ceptrice Ă©value si elle peut effectuer le transfert, en tenant compte de facteurs tels que ses propres limitations en matière d’actifs et autres obligations rĂ©glementaires, comme les exigences relatives au besoin de bien connaĂ®tre son client et de bien connaĂ®tre son produit. Tout problème repĂ©rĂ© susceptible d’empĂŞcher ou de restreindre le transfert d’actifs, avec ou sans instructions supplĂ©mentaires du client, est appelĂ© une « entrave Â». C’est aussi Ă  ce stade que l’institution financière cĂ©dante Ă©value la faisabilitĂ© du transfert et identifie toute entrave de son point de vue. Un exemple typique d’entrave serait un client demandant un transfert « en nature Â» d’un actif propriĂ©taire (comme un billet Ă  capital protĂ©gĂ©) qui ne peut pas ĂŞtre transfĂ©rĂ© en nature.

Il incombe à l’institution financière réceptrice d’aviser le client des entraves, de trouver des solutions possibles et de demander des instructions pour les régler.

Une fois que toutes les entraves sont levées, l’institution financière cédante doit agir selon les instructions de son client, telles que transmises par l’institution financière réceptrice. Si un transfert en nature est demandé, l’institution financière cédante doit informer les organismes de compensation appropriés ou les institutions émettrices externes afin de transférer la propriété des actifs. Cela peut inclure les émetteurs de fonds communs de placement, La Caisse canadienne de dépôt de valeurs ou d’autres banques. Par exemple, pour les CPG, les comptes d’épargne à intérêt élevé et autres produits bancaires, l’institution financière cédante doit aviser la banque émettrice afin de réaffecter ou de réenregistrer la propriété des actifs.

L’institution financière cédante déduit les frais applicables du solde du compte avant d’envoyer les fonds restants à l’institution réceptrice.

Délais de transfert

Le temps nĂ©cessaire pour transfĂ©rer un compte de placement varie. Les grandes banques et autres grands courtiers en placement informent gĂ©nĂ©ralement leurs clients qu’un transfert entrant d’un compte enregistrĂ© peut prendre de 2 Ă  6 semaines, et que les dĂ©lais varient selon le type de compte et les produits de placement dĂ©tenus. Par exemple, les grandes banques indiquent gĂ©nĂ©ralement que le transfert des comptes immobilisĂ©s et des comptes conjoints peut prendre plus de temps (plus de 25 jours ouvrables), tandis que les transferts en espèces et certains transferts de comptes enregistrĂ©s peuvent ne prendre que 5 jours ouvrables.

Les produits nĂ©cessitant une rĂ©inscription auprès des banques, comme les CPG, peuvent introduire une complexitĂ© supplĂ©mentaire. Certains CPG dĂ©tenus dans les banques ne peuvent pas ĂŞtre transfĂ©rĂ©s vers d’autres institutions conformĂ©ment au contrat du produit. D’autres, y compris ceux dĂ©tenus par les filiales de courtage en placement des banques, peuvent Ă©ventuellement ĂŞtre transfĂ©rĂ©s avant l’échĂ©ance par le biais d’une demande de « rĂ©inscription Â». En pratique, ce processus peut prendre de 6 Ă  8 semaines. L’Organisme canadien de rĂ©glementation des investissements (OCRI) a notĂ© que ce dĂ©lai signifie que l’industrie ne soumet gĂ©nĂ©ralement pas de demandes de rĂ©inscription pour les CPG arrivant Ă  Ă©chĂ©ance dans les 60 jours, voire pas du tout, ce qui constitue une entrave supplĂ©mentaire liĂ©e au produit pour des transferts rapides.

Règles existantes

La Loi sur les banques contient une exigence générale selon laquelle les banques doivent indiquer tous les frais liés aux produits et services offerts. Cette obligation d’information s’appliquerait aux frais de transfert de comptes de placement facturés par une banque. La Loi sur les banques et les règlements connexes n’imposent cependant aucune exigence aux banques concernant les délais de transfert des comptes de placement ou les documents d’information spécifiques sur le transfert de ces produits. Toutefois, les banques fournissent généralement des renseignements sur leurs sites Web concernant les frais, le processus et les délais pour le transfert entrant de comptes de placement, bien que les documents d’information varient.

Les membres de l’Association des banquiers canadiens (ABC) se sont engagĂ©s volontairement Ă  s’efforcer de transfĂ©rer certains rĂ©gimes enregistrĂ©s dans un dĂ©lai de 7 Ă  12 jours ouvrables. Cependant, cet engagement s’applique gĂ©nĂ©ralement uniquement aux comptes enregistrĂ©s dĂ©tenant des instruments de type dĂ©pĂ´t.

L’Organisme canadien de rĂ©glementation des investissements (OCRI) est l’organisme national d’autorĂ©glementation qui supervise tous les courtiers en placement, les courtiers en fonds communs de placement et les activitĂ©s de nĂ©gociation sur les marchĂ©s de la dette et des actions au Canada. Les règles actuelles de l’OCRI exigent que les courtiers transfèrent les comptes en « bonne et due forme Â» dans un dĂ©lai de 10 jours de compensation. Cependant, ces règles ne prĂ©cisent ni les dĂ©lais ni le processus pour rĂ©soudre les entraves et ainsi mettre un compte en bonne et due forme. Il convient de noter que les règles de l’OCRI dĂ©finissent un jour de compensation comme tout jour oĂą les Services de dĂ©pĂ´t et de compensation (SDC) ou une autre chambre de compensation acceptable sont ouverts. Pour les courtiers en fonds communs de placement, l’OCRI exige actuellement qu’ils agissent « avec diligence et rapiditĂ© Â», mais ne fixe pas de dĂ©lai prĂ©cis. Les règles actuelles et futures de l’OCRI ne s’appliqueraient pas aux comptes de placement ou aux comptes enregistrĂ©s dĂ©tenus dans une banque, Ă©tant donnĂ© que les banques ne sont pas des courtiers en placement et ne sont donc pas membres de l’OCRI.

Initiative de l’OCRI pour moderniser les exigences relatives aux transferts de compte

Le 10 juillet 2025, l’OCRI a publiĂ© des projets de modification des règles visant Ă  moderniser ses exigences concernant les transferts de comptes de placement. Les projets de modification des règles incluent l’utilisation obligatoire de systèmes automatisĂ©s et de communications Ă©lectroniques pour les transferts. Selon ces projets de modification des règles, les courtiers rĂ©cepteurs et cĂ©dants doivent rĂ©pertorier les entraves potentielles, ainsi que les options pour les rĂ©soudre, dans un dĂ©lai de deux jours de compensation après rĂ©ception, par l’institution financière rĂ©ceptrice, de la liste des soldes en espèces et des actifs du compte. Les courtiers rĂ©cepteurs doivent ensuite rĂ©pertorier toutes les entraves au transfert ainsi que les options pour les rĂ©soudre et en informer le client.

Selon les projets de modification des règles par l’OCRI, les clients disposent alors d’une occasion de prendre une dĂ©cision finale sur la manière de procĂ©der Ă  leur demande de transfert de compte, s’ils souhaitent toujours poursuivre le transfert, avant que celui-ci ne soit initiĂ©. Une fois que le client a fourni ses instructions finales pour rĂ©soudre les entraves, ou si aucune entrave n’existe, les projets de modification des règles par l’OCRI exigeraient que l’institution financière cĂ©dante et l’institution financière rĂ©ceptrice collaborent pour finaliser le transfert du compte dans un dĂ©lai de 10 jours de compensation, y compris pour les transferts prĂ©sentant des entraves.

L’OCRI est également en train de développer une nouvelle solution technologique pour accélérer et normaliser le processus de transfert de comptes dans l’ensemble de l’écosystème. Ces initiatives permettraient d’améliorer l’efficacité et la rapidité des transferts.

Objectif

L’objectif du projet de règlement serait de favoriser la concurrence au sein du secteur financier canadien en réduisant les obstacles au transfert de comptes de placement entre les institutions financières canadiennes. Le projet de règlement viserait à réduire ces obstacles en interdisant aux banques de facturer des frais de transfert de comptes de placement, en exigeant que certaines étapes du processus de transfert aient lieu dans des délais définis, en imposant que la réinscription des CPG soit effectuée dans des délais précis et en améliorant l’information concernant le processus, les délais et les coûts d’un transfert. Le projet de règlement s’inspire des propositions récemment formulées par l’OCRI pour moderniser et renforcer le processus de transfert de compte.

Description

Le projet de règlement interdirait aux banques de facturer des frais de transfert pour les comptes de placement, exigerait que certaines étapes du processus de transfert se déroulent selon des délais définis, établirait des exigences pour la réinscription des instruments de type dépôt et imposerait la communication de renseignements concernant le processus de transfert des comptes de placement.

Le projet de règlement serait adoptĂ© en vertu de la Loi sur les banques, qui ne s’appliquerait qu’aux comptes de placement dans les banques. Le projet de règlement ne s’appliquerait pas aux comptes de placement dĂ©tenus auprès de courtiers en placement sous rĂ©glementation provinciale, y compris des filiales de courtage en placement des banques, outre le fait que les produits exigeant une rĂ©inscription après des banques (par exemple les CPG) dĂ©tenus dans ces comptes de placement devront respecter les dĂ©lais de rĂ©inscription.

Les filiales de courtage en placement des banques membres de l’OCRI seraient assujetties aux règles de l’OCRI. Les normes énoncées dans le projet de règlement sont inspirées des nouvelles règles de l’OCRI en cours d’élaboration qui, une fois finalisées, seraient supervisées par l’OCRI.

Interdiction des frais de transfert

Le projet de règlement interdirait aux banques de facturer des frais pour la fermeture ou le transfert de comptes de placement vers une autre institution financière au Canada.

Le projet de règlement permettrait toutefois de facturer des frais pour les comptes financĂ©s depuis moins de 90 jours, afin de s’assurer que les banques n’aient pas Ă  absorber les coĂ»ts liĂ©s au transfert d’un compte pour des personnes qui n’ont pas vraiment l’intention de devenir clients. Actuellement, certains acteurs du secteur ne remboursent pas les frais de transfert pour les comptes financĂ©s depuis moins de 90 jours, ce qui suggère que cette durĂ©e est jugĂ©e appropriĂ©e pour dĂ©terminer si une personne a l’intention de devenir un client Ă  plus long terme.

Délais de transfert

Le projet de règlement impose des exigences aux banques, selon qu’elles reçoivent un transfert d’une autre institution financière, pouvant être ou non une banque, ou lui versent un transfert.

  1. Le projet de règlement exigerait que les banques cĂ©dantes rĂ©pondent aux banques ou institutions financières rĂ©ceptrices dans un dĂ©lai de deux jours de compensation en fournissant la liste des actifs et les positions de trĂ©sorerie dès la rĂ©ception d’une demande de transfert. La dĂ©finition d’un jour de compensation dans le projet de règlement est alignĂ©e sur la dĂ©finition Ă©tablie par l’OCRI dans le cadre de ses Règles sur les courtiers en placement et règles partiellement consolidĂ©es.
  2. Le projet de règlement exigerait que les banques rĂ©ceptrice et cĂ©dante identifient toute entrave au transfert dans un dĂ©lai de deux jours de compensation suivant la remise de la liste d’actifs Ă  la banque ou institution financière rĂ©ceptrice. La banque rĂ©ceptrice serait alors tenue de communiquer au client toutes les entraves au transfert et les options pour les rĂ©soudre.
  3. Dès la rĂ©ception des instructions du client, le projet de règlement exigerait que les banques rĂ©ceptrice et cĂ©dante prennent toutes les mesures nĂ©cessaires, et mettent en place des politiques et procĂ©dures, pour achever les transferts de comptes dans un dĂ©lai de 10 jours de compensation pour les transferts impliquant une institution financière qui n’est pas une banque. Pour les transferts entre banques, le projet de règlement exigerait que les transferts soient terminĂ©s dans un dĂ©lai de 10 jours de compensation.

Les Ă©lĂ©ments relatifs aux dĂ©lais de transfert du projet de règlement sont conçus pour s’harmoniser globalement avec les projets de modification des règles de l’OCRI. Une diffĂ©rence clĂ© rĂ©side dans le fait que le projet de règlement n’exige pas que les banques obtiennent les instructions du client concernant la rĂ©solution des entraves dans un dĂ©lai de 10 jours de compensation. Bien que l’OCRI soit encore en train de parachever les projets de modification de ses règles, il est encouragĂ© Ă  envisager des dĂ©lais plus courts, qui seraient pris en compte lors de la publication finale du prĂ©sent projet de règlement. MĂŞme si l’harmonisation demeure un objectif du projet de règlement pour assurer la cohĂ©rence au sein de l’écosystème financier, celle-ci dĂ©pendrait en partie des règles finales de l’OCRI.

Réinscription des instruments de type dépôt

Le projet de règlement exigerait Ă©galement que les banques Ă©mettrices d’instruments de type dĂ©pĂ´t et de billets Ă  capital protĂ©gĂ© rĂ©inscrivent ces instruments au nom d’une autre institution financière dans un dĂ©lai de 3 jours ouvrables lorsqu’une demande de rĂ©inscription est faite et que cela est permis par le contrat du produit. Un jour ouvrable dĂ©signe toute journĂ©e qui n’est ni un samedi, ni un dimanche, ni un jour fĂ©riĂ©. Exiger que les banques Ă©mettrices rĂ©inscrivent ces produits dans un dĂ©lai de 3 jours ouvrables permettrait de laisser suffisamment de temps aux institutions effectuant un transfert de compte de placement de le terminer dans un dĂ©lai de 10 jours de compensation pour un compte dĂ©tenant des instruments de type dĂ©pĂ´t et des billets Ă  capital protĂ©gĂ©.

Communication de renseignements

Le projet de règlement établirait des exigences en matière d’information, tant sur les sites Web des banques que dans leurs conventions de compte, pour les banques qui offrent des comptes de placement.

Les banques seraient tenues de veiller Ă  ce que les renseignements sur le processus de transfert des comptes de placement soient facilement accessibles sur une page Web, directement Ă  partir de toute page de leur site faisant la promotion des comptes enregistrĂ©s ou de placement qu’elles proposent ou fournissant des renseignements sur ceux-ci, et prĂ©sentĂ©s dans un format similaire Ă  celui de leurs autres pages Web. Les renseignements relatifs au processus de transfert des comptes de placement comprendraient :

Le projet de règlement exigerait également que ces renseignements soient fournis avec des formulaires et outils de transfert et qu’ils soient disponibles en version imprimée, sans frais supplémentaires, à toute personne qui en fait la demande.

Les renseignements concernant les obligations de la banque devraient Ă©galement ĂŞtre bien visibles dans les conventions de compte ou dans un document distinct. Ces renseignements comprendraient :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Ă€ la suite de l’annonce du budget de 2025 en novembre 2025, le ministère des Finances Canada (le Ministère) a menĂ© des consultations auprès d’un groupe ciblĂ© d’intervenants afin d’éclairer l’approche rĂ©glementaire. Ce groupe ciblĂ© comprenait des associations du secteur, des organismes de rĂ©glementation provinciaux et des organismes d’autorĂ©glementation, ainsi que d’autres fournisseurs de services financiers et des courtiers en placement. Le Ministère a sollicitĂ© des commentaires sur la portĂ©e d’application du projet de règlement, la conception des dĂ©lais de transfert des comptes, les exigences en matière d’information et le dĂ©lai nĂ©cessaire pour passer aux nouvelles exigences rĂ©glementaires.

De manière gĂ©nĂ©rale, les commentaires reçus appuyaient l’intention de la politique et les objectifs visant Ă  rĂ©duire les obstacles aux transferts de comptes. Presque toutes les soumissions conseillaient vivement au Ministère de coordonner les initiatives avec celles dĂ©jĂ  en cours Ă  l’OCRI et Ă  l’AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF) du QuĂ©bec afin de moderniser les systèmes et les exigences en matière de transfert de comptes. En juillet 2025, l’AMF a publiĂ© un document de consultation sollicitant des commentaires du public sur les transferts de comptes dans le secteur financier, mais n’a pas encore proposĂ© de règles.

En ce qui concerne la portée d’application, des intervenants, y compris des associations du secteur financier, soulignent que les courtiers en valeurs mobilières, dont les filiales des banques, relèvent de la compétence des provinces. À la suite de ces commentaires, la portée du règlement se limite aux comptes de placement détenus auprès d’une banque. Certains intervenants de l’industrie, y compris des associations du secteur financier ainsi que des entreprises de services financiers, ont proposé l’utilisation de la Loi de l’impôt sur le revenu pour interdire les frais applicables aux comptes enregistrés, car cela s’appliquerait également aux comptes enregistrés détenus dans des institutions financières sous réglementation provinciale et fédérale. Le recours à la Loi de l’impôt sur le revenu, qui porte principalement sur des questions fiscales, n’est pas envisagé pour le moment. Une autre approche suggérée consistait à laisser ce travail à d’autres organismes, tels que l’OCRI et l’AMF. Étant donné que les règles proposées par l’OCRI, ou toute règle future élaborée par l’AMF, ne s’appliqueraient pas directement aux banques, cette proposition n’a pas été retenue.

En ce qui concerne la façon de fixer et de concevoir les dĂ©lais de transfert, presque tous les intervenants ont vivement encouragĂ© le Ministère Ă  harmoniser toute approche avec celle des règles proposĂ©es par l’OCRI, bien que certains intervenants, y compris des institutions financières et leurs associations, aient suggĂ©rĂ© des Ă©carts par rapport Ă  l’approche proposĂ©e par l’OCRI. Ă€ cet Ă©gard, certains ont proposĂ© des exemptions Ă  la pĂ©riode de règlement sous 10 jours pour les produits et les situations qui prennent gĂ©nĂ©ralement plus de 10 jours pour ĂŞtre rĂ©glĂ©s, mentionnant notamment les fonds de pension, les transferts effectuĂ©s par chèque ou par courrier, ainsi que d’autres scĂ©narios complexes. Ces exemptions n’ont pas Ă©tĂ© retenues dans le projet de règlement afin de s’harmoniser avec l’approche proposĂ©e par l’OCRI, d’encourager les banques Ă  amĂ©liorer leurs systèmes des services administratifs pour moderniser les dĂ©lais de transfert, et de garantir que les consommateurs bĂ©nĂ©ficient d’un dĂ©lai de transfert cohĂ©rent, normalisĂ© et fiable.

Plusieurs intervenants, y compris des institutions financières et leurs associations, ont suggéré que toute exigence en matière de délais soit conditionnée à la mise en place d’une solution technologique à l’échelle de l’industrie, que l’OCRI est en train de développer. À la suite de ces commentaires, le projet de règlement prévoirait une date d’entrée en vigueur plus lointaine pour les éléments relatifs aux délais de transfert afin de laisser le temps à la mise en œuvre de la solution technologique de l’OCRI.

En ce qui concerne les exigences en matière d’information, presque tous les intervenants, y compris les associations du secteur financier, les institutions financières, les fournisseurs de services financiers et les groupes de consommateurs, ont recommandé que les documents d’information comprennent des renseignements sur le processus, les frais et les délais prévus, ainsi que les coordonnées d’une personne responsable. Les intervenants ont également recommandé de manière constante que les documents d’information aux clients incluent les conséquences possibles liées au transfert de certains actifs, y compris les incidences fiscales, ainsi que des renseignements sur les actifs qui pourraient ne pas être admissibles au transfert. De nombreux intervenants ont recommandé que cette information soit donnée lors de l’ouverture du compte, sur les sites Web et avant tout transfert. À la suite de ces commentaires, le projet de règlement inclurait ces éléments d’information.

En ce qui concerne les délais d’entrée en vigueur, certains intervenants ont reconnu que l’interdiction des frais de transfert pourrait, ou devrait, entrer en vigueur avant les autres exigences réglementaires.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes n’a dĂ©terminĂ© aucun effet prĂ©judiciable sur les droits autochtones ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Les peuples autochtones ou leurs groupes représentatifs n’ont pas été consultés spécifiquement dans le cadre du projet de règlement, étant donné que la promotion de la concurrence dans le secteur financier et l’amélioration du processus de transfert des comptes de placement s’appliquent à tous les Canadiens. Aucune consultation ciblée ou spécifique auprès des communautés autochtones n’a été réalisée.

Choix de l’instrument

Le projet de règlement, rédigé en vertu de la Loi sur les banques, interdirait aux banques de facturer des frais pour le transfert de comptes de placement, exigerait des délais de transfert obligatoires et imposerait la communication de renseignements concernant le processus de transfert des comptes de placement.

L’idée de confier ce travail à l’OCRI ou aux régulateurs provinciaux n’a pas été retenue. Bien que le nouvel ensemble de règles de l’OCRI concernant les délais de transfert s’appliquerait aux filiales de courtage en placement des banques, des règles fédérales sont nécessaires pour étendre ces exigences aux banques elles-mêmes et favoriser l’harmonisation dans l’ensemble de l’écosystème. En outre, l’OCRI n’a pas compétence pour imposer des exigences de réinscription aux banques émettrices d’instruments de type dépôt ou de billets à capital protégé. Par conséquent, des règlements fédéraux sont nécessaires pour atteindre les objectifs de politique visant à réduire les obstacles aux transferts de comptes de placement.

Un accord volontaire avec les banques a également été envisagé, mais n’a pas été retenu. L’accord actuel de l’ABC concernant les transferts de comptes s’applique de manière très restreinte aux instruments de type dépôt dans le cadre de comptes enregistrés et ne prévoit ni interdiction des frais ni exigences d’information. Il est peu probable que cet engagement volontaire puisse être étendu au-delà de ces comptes et inclure une interdiction des frais.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Dans l’ensemble, le projet de règlement entraĂ®nerait des avantages monĂ©taires de 16,3 millions de dollars et des coĂ»ts monĂ©taires de 22,5 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans en valeur actuelle, ce qui se traduirait par un coĂ»t net monĂ©taire de 6,2 millions de dollars sur cette pĂ©riode.

Le projet de règlement favoriserait un secteur financier plus concurrentiel en donnant aux consommateurs une plus grande capacité de transférer leurs comptes de placement à partir de banques sous réglementation fédérale. Les consommateurs en bénéficieraient soit en voyant diminuer les obstacles pour transférer leurs comptes de placement vers une institution financière mieux adaptée à leurs besoins, soit par le fait que leur institution financière actuelle offre des produits plus concurrentiels pour les retenir. Il s’agit là d’avantages importants du projet de règlement qui n’ont pas été quantifiés.

Le rapport complet d’analyse coûts-avantages, contenant la méthodologie détaillée, est disponible sur demande auprès de la personne-ressource indiquée à la fin du présent résumé de l’étude d’impact de la réglementation.

Profil des intervenants concernés
Consommateurs

Les consommateurs, ou toute personne dĂ©tenant un compte de placement au Canada, pourraient ĂŞtre positivement touchĂ©s par le projet de règlement. Les estimations internes du Ministère suggèrent qu’il pourrait y avoir plus de 60 millions de comptes de placement au Canada (une personne peut dĂ©tenir plusieurs comptes).

Institutions financières

Le projet de règlement concernerait les banques, les banques étrangères autorisées et les caisses populaires fédérales régies par la Loi sur les banques qui offrent des comptes de placement, enregistrés ou non enregistrés. Le projet de règlement aurait également un effet indirect (et positif) sur les courtiers en placement qui ne sont pas directement visés par le projet de règlement, d’abord en les dispensant de rembourser les frais de transfert de compte à leurs clients, et ensuite en améliorant leur compétitivité grâce à la réduction des obstacles au changement d’institution.

Cadre d’analyse

Les effets du projet de règlement ont été évalués conformément au Guide d’analyse coûts-avantages pour le Canada du Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT).

Les impacts diffĂ©rentiels attribuables au projet de règlement sont dĂ©terminĂ©s en comparant un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, dans lequel le projet de règlement n’est pas en vigueur, Ă  un scĂ©nario oĂą le règlement est en vigueur :

Les coĂ»ts et les avantages sur la pĂ©riode de 10 ans suivant la mise en Ĺ“uvre du projet de règlement (2026-2035) sont actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2026 (l’annĂ©e au cours de laquelle le projet de règlement devrait ĂŞtre enregistrĂ©) Ă  un taux d’actualisation de 7 % (dĂ©but d’annĂ©e) et exprimĂ©s en dollars canadiens de 2025. Aux fins de l’analyse seulement, on part du principe que le projet de règlement entre en vigueur le 1er janvier 2027.

Sources de données

Les données utilisées pour cette analyse reposent principalement sur des données internes du ministère des Finances et/ou sur des données fournies au Ministère lors de consultations ciblées pour estimer le nombre de comptes de placement, la fréquence à laquelle les clients effectuent des transferts de comptes et les coûts associés à ces transferts.

Les coûts de mise en œuvre sont fondés sur les meilleures estimations disponibles au moment de l’analyse, tirées de recherches portant sur des règlements antérieurs, qui demeurent sujettes à incertitude.

Le Ministère accueille favorablement toute donnée ou tout commentaire pouvant contribuer à améliorer cette analyse et à réduire l’incertitude des résultats.

Méthodologie

Afin d’évaluer l’impact diffĂ©rentiel du projet de règlement, un modèle simplifiĂ© des institutions financières a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©. Dans ce modèle, il existe quatre institutions financières reprĂ©sentatives composites : deux banques Ă©tablies qui seraient visĂ©es par le projet de règlement et deux nouveaux entrants qui ne seraient pas visĂ©s par celui-ci. En incluant quatre institutions financières reprĂ©sentatives, le modèle permet de couvrir les transferts de comptes selon les quatre scĂ©narios suivants :

  1. d’une banque établie vers une autre banque établie (transfert visé par le projet de règlement);
  2. d’une banque établie vers un nouvel entrant (transfert visé par le projet de règlement);
  3. d’un nouvel entrant vers une banque établie (transfert non visé par le projet de règlement);
  4. d’un nouvel entrant vers un autre nouvel entrant (transfert non visé par le projet de règlement).

D’après les estimations internes, les commentaires des intervenants et certaines hypothèses, environ 17 000 transferts de comptes seraient visĂ©s par le projet de règlement au cours de la première annĂ©e, et ce nombre devrait augmenter en fonction de la croissance dĂ©mographique.

Le scénario principal suppose qu’il n’y a pas de changements dans le volume des transferts de comptes, principalement en raison du manque de preuves sur la façon dont les consommateurs et les institutions financières pourraient réagir à la levée des obstacles aux transferts. Bien que les frais de transfert, les processus peu clairs et les délais longs constituent tous des obstacles au transfert des comptes et que leur suppression devrait accroître la pression concurrentielle, il ne s’ensuit pas nécessairement que le projet de règlement entraînera davantage de transferts. Les institutions financières pourraient réagir en améliorant leurs offres afin de fidéliser leurs clients, ce qui pourrait compenser l’augmentation des changements d’institution ou, dans certains cas, réduire le besoin pour les consommateurs d’effectuer un transfert.

Pour tenir compte de cette incertitude, l’analyse comprend une série de scénarios dans le cadre de l’analyse de sensibilité.

Le tableau ci-dessous résume les principales estimations et hypothèses utilisées pour évaluer les répercussions des frais de transfert de comptes.

Tableau 1 : Principales estimations et hypothèses utilisĂ©es pour Ă©valuer les rĂ©percussions des frais de transfert de comptes
Estimations et hypothèses
Nombre de transferts de comptes de placement visés par le projet de règlement (arrondi, en milliers) 17
Pourcentage des transferts de comptes visĂ©s provenant d’institutions financières Ă©tablies vers de nouveaux entrants (arrondi) 90 %
Pourcentage des transferts de comptes visĂ©s provenant d’institutions financières Ă©tablies vers d’autres institutions financières Ă©tablies (arrondi) 10 %
Pourcentage des transferts de comptes remboursĂ©s par l’institution financière rĂ©ceptrice (arrondi) 50 %

Indépendamment de ce modèle, les coûts de mise en œuvre pour le secteur sont estimés selon l’hypothèse ci-dessous. Par ailleurs, les coûts liés à la supervision et à l’application de la réglementation par le gouvernement sont estimés par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).

Coûts différentiels du projet de règlement
Perte de revenus due aux frais de transfert de comptes (monétaire)

Étant donnĂ© que les banques ne pourraient plus facturer de frais de transfert de comptes, une institution cĂ©dante subirait un coĂ»t, sous forme de perte de revenus, dĂ©coulant de l’impossibilitĂ© de facturer ces frais. Toutefois, les institutions cĂ©dantes sont Ă©galement des institutions rĂ©ceptrices dans d’autres cas. Une institution rĂ©ceptrice rĂ©alise des Ă©conomies nettes, puisqu’elle n’a plus Ă  rembourser aux consommateurs les frais de transfert. On estime qu’environ 50 % des frais de transfert de comptes sont remboursĂ©s. Globalement, les banques devraient renoncer Ă  16,3 millions de dollars en valeur actualisĂ©e en frais de transfert sortants sur une pĂ©riode de 10 ans.

Coûts de supervision gouvernementale (monétaires)

L’ACFC superviserait les banques et s’assurerait de leur conformité au projet de règlement en utilisant son cadre existant de supervision des pratiques du secteur, fondé sur le risque.

L’ACFC supervise un éventail d’entités sous réglementation fédérale, notamment les banques, les banques étrangères autorisées, les sociétés de fiducie et de prêt, ainsi que les exploitants de réseaux de cartes de paiement. Elle est également chargée de surveiller la conformité aux lois, règlements et codes de conduite fédéraux applicables ainsi qu’aux engagements publics.

Outre ses activités de supervision et d’application de la loi, l’ACFC entreprendrait des activités ponctuelles limitées de communication et d’information destinées au public afin de favoriser la sensibilisation et la compréhension des consommateurs à l’égard du nouveau cadre de changement de compte. Ces activités pourraient inclure des mises à jour de l’information existante destinée aux consommateurs sur Canada.ca, y compris des pages liées aux produits enregistrés, aux billets à capital protégé ainsi qu’aux certificats de placement garanti et aux dépôts à terme. Ces mises à jour seraient effectuées avant l’entrée en vigueur du projet de règlement afin d’assurer la disponibilité en temps opportun d’une information exacte pour les consommateurs.

L’ACFC pourrait également entreprendre des communications stratégiques ciblées, telles que la publication d’un communiqué de presse et l’élaboration de documents de questions-réponses adaptés au moment de l’entrée en vigueur du projet de règlement. En outre, un soutien limité en matière de marketing, comme du contenu pour les médias sociaux, des mises à jour Web et des travaux de conception, pourrait être nécessaire pour amplifier les messages clés et orienter les consommateurs vers des sources d’information fiables. Aucune activité de mobilisation ou de sensibilisation des intervenants au-delà de ces communications n’est actuellement prévue.

L’ACFC aurait besoin de 2,0 Ă©quivalents temps plein (ETP) en ressources supplĂ©mentaires permanentes pour gĂ©rer la mise en Ĺ“uvre de la nouvelle rĂ©glementation, ce qui est estimĂ© Ă  environ 420 000 $ par annĂ©e, soit 2,7 millions de dollars actualisĂ©s sur une pĂ©riode de 10 ans.

Coûts de mise en œuvre pour l’industrie (monétaires)

Les banques devront probablement aussi assumer certains coĂ»ts durant la première annĂ©e d’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement afin d’assurer leur conformitĂ©. Les hypothèses suivantes sont utilisĂ©es pour estimer les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre du projet de règlement :

On estime que les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre pour les banques s’élèveront Ă  3,8 millions de dollars la première annĂ©e suivant l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement. Il est supposĂ© que l’ensemble des coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre seront engagĂ©s durant cette première annĂ©e. Le coĂ»t total actualisĂ© de la mise en Ĺ“uvre est estimĂ© Ă  3,5 millions de dollars.

Coûts pour les consommateurs découlant d’augmentations potentielles des frais pour d’autres services bancaires (qualitatif)

Afin de compenser les revenus perdus en raison du projet de règlement, les banques concernées pourraient augmenter les frais associés à leurs autres produits financiers. Cela pourrait inclure une hausse des frais de tenue de compte, une augmentation des taux d’intérêt sur les produits de crédit ou une majoration des frais de transaction. Cela constituerait un coût pour les consommateurs, mais un avantage pour les banques, qui verraient leurs revenus augmenter. Ce coût n’a pas été chiffré dans le cadre de l’analyse.

Favoriser l’augmentation de la concurrence dans le secteur financier (qualitatif)

Le projet de règlement réduirait les obstacles au transfert des comptes de placement, ce qui améliorerait la mobilité des consommateurs et renforcerait la concurrence dans l’ensemble du secteur. Une concurrence accrue pourrait exercer une pression à la baisse sur les marges bénéficiaires et les revenus des institutions financières en place. Cependant, une partie de cette réduction se traduirait par des avantages pour les consommateurs, puisque la concurrence accrue entraîne généralement des tarifs et des offres de produits plus compétitifs.

Avantages supplémentaires du projet de règlement
Économies provenant des frais de transfert de compte (monétaires)

Comme le projet de règlement interdit les frais de transfert de compte, les consommateurs et les institutions rĂ©ceptrices bĂ©nĂ©ficient de ce changement. Les frais de transfert de compte sont soit assumĂ©s par le consommateur, soit, dans d’autres cas, remboursĂ©s par l’institution rĂ©ceptrice. La plupart des institutions financières recevant un transfert de compte offrent de rembourser Ă  leur nouveau client les frais de transfert facturĂ©s par l’institution Ă©mettrice, Ă  condition que le compte dĂ©passe un certain seuil (par exemple 15 000 $ ou 25 000 $). D’après les renseignements fournis par les intervenants, on estime que 46 % des transferts sont remboursĂ©s par les institutions rĂ©ceptrices. Par consĂ©quent, les « entrants Â» Ă©conomiseraient environ 7,7 millions de dollars en valeur actualisĂ©e sur les frais de transfert sortants sur une pĂ©riode de 10 ans. On estime Ă©galement que les consommateurs Ă©conomiseraient environ 8,6 millions de dollars en valeur actualisĂ©e sur les frais de transfert sortants sur une pĂ©riode de 10 ans.

Favoriser l’augmentation de la concurrence dans le secteur financier (qualitatif)

Les frais de transfert de compte constituent un obstacle au transfert de compte de placement d’une institution financière à une autre. L’interdiction de ces frais confère aux consommateurs une plus grande liberté pour transférer leurs comptes de placement vers l’institution financière qui répond le mieux à leurs besoins. Il s’agit d’un avantage direct pour le consommateur.

En outre, comme les institutions réceptrices remboursent souvent les frais de transfert de compte au consommateur, elles n’auront plus à supporter ce coût et pourront réaffecter ces économies à l’amélioration de leurs services, renforçant ainsi leur compétitivité. Bien qu’il s’agisse d’un avantage direct pour l’institution réceptrice, un secteur financier plus concurrentiel constitue également un avantage pour les consommateurs.

Énoncé des coûts et des avantages
Tableau 2 : Avantages monĂ©taires (en millions de dollars canadiens)
Intervenant touché Description de l’avantage Année d’entrée en vigueur (2027) Dernière année (2035) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Institutions financières Économies nettes sur les remboursements des frais de transfert de compte 1,1 $ 1,2 $ 7,7 $ 1,0 $
Consommateurs Frais de transfert de compte Ă©vitĂ©s 1,3 $ 1,4 $ 8,6 $ 1,1 $
Total 2,4 $ 2,6 $ 16,3 $ 2,2 $
Tableau 3 : CoĂ»t monĂ©taire (en millions de dollars canadiens)
Intervenants touchés Description de l’avantage Année d’entrée en vigueur (2027) Dernière année (2035) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Institutions financières Revenus nets perdus en frais de transfert de compte 2,4 $ 2,6 $ 16,3 $ 2,2 $
CoĂ»t de mise en Ĺ“uvre 3,8 $ 0 $ 3,5 $ 0,5 $
Gouvernement CoĂ»ts de supervision et d’information aux consommateurs 0,4 $ 0,4 $ 2,7 $ 0,4 $
Total 6,6 $ 3,0 $ 22,5 $ 3,0 $
Tableau 4 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©taires (en millions de dollars canadiens)
Incidence Année d’entrée en vigueur (2027) Dernière année (2035) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des avantages 2,4 $ 2,6 $ 16,3 $ 2,2 $
Total des coĂ»ts 6,6 $ 3,0 $ 22,5 $ 3,0 $
Avantage net −4,2 $ −0,4 $ −6,2 $ −0,8 $
Répercussions quantifiées (non monétaires) et qualitatives

Répercussions positives

Répercussions négatives

Analyse de sensibilité

Compte tenu des limites de données de l’analyse, une analyse de sensibilité a été réalisée afin de s’assurer que l’analyse est, au minimum, correcte sur le plan directionnel. Plusieurs scénarios ont été envisagés.

ScĂ©nario 1 : Nombre diffĂ©rent de transferts de comptes par annĂ©e

En raison du manque de donnĂ©es publiques, l’estimation du nombre de transferts de comptes par annĂ©e repose principalement sur l’information fournie par les intervenants et sur des estimations internes du Ministère. En outre, tous les transferts de comptes ne sont pas visĂ©s par le projet de règlement, celui-ci ne s’appliquant qu’aux institutions financières sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale. Étant donnĂ© que deux variables sont en jeu, l’estimation centrale d’environ 17 000 transferts de compte la première annĂ©e, supposĂ©e croĂ®tre avec la population au fil du temps, couverte par le projet de règlement, pourrait ne pas ĂŞtre exacte.

Ce scĂ©nario part du principe que le nombre de transferts de comptes serait supĂ©rieur ou infĂ©rieur de 50 % Ă  l’estimation centrale afin d’indiquer les variations potentielles des avantages nets du projet de règlement.

Tableau 5 : Analyse de sensibilitĂ© du nombre variable de transferts de comptes par annĂ©e (en millions de dollars canadiens)
Nombre de transferts de comptes Bénéfice total (valeur actualisée) Coûts totaux (valeur actualisée) Valeur actualisée nette
Faible (8,5 k) 8,1 $ 14,4 $ −6,2 $
Central (17 k) 16,3 $ 22,5 $ −6,2 $
ÉlevĂ© (26 k) 24,2 $ 30,7 $ −6,2 $

Étant donné qu’une proportion significative des coûts et avantages monétaires est essentiellement un transfert des institutions financières aux consommateurs, varier le nombre de transferts de comptes n’a aucune incidence sur la valeur actualisée nette (sur le fond, les coûts de mise en œuvre et d’application restent dans la valeur actualisée nette).

Il est important de noter que l’objectif du projet de règlement, ainsi que le principal avantage qui en découlerait, est d’améliorer la compétitivité du secteur financier canadien. Cependant, en raison du manque de recherches sur le sujet et de l’absence de juridictions internationales permettant une comparaison, l’analyse ne permet pas de chiffrer cet avantage.

ScĂ©nario 2 : Modifications des transferts de comptes rĂ©sultant du projet de règlement

On prévoit que le projet de règlement entraînera un changement dans les comportements des consommateurs et du secteur. Les consommateurs, confrontés à un obstacle moindre pour changer d’institution, pourraient être plus enclins à transférer leurs comptes vers une autre institution financière. Parallèlement, les banques établies pourraient proposer des produits plus compétitifs (au bénéfice du consommateur) pour inciter leurs clients existants à rester.

Lors de la prise en compte des changements dans les transferts de comptes de placement, l’analyse devait considĂ©rer le coĂ»t pour l’institution rĂ©ceptrice ainsi que pour l’institution Ă©mettrice pour effectuer un transfert de compte. Selon les renseignements fournis par les intervenants, le coĂ»t d’exĂ©cution d’un transfert de compte peut varier de moins de 10 $ Ă  plus de 80 $ par transfert, selon la complexitĂ© de celui-ci.

L’analyse centrale n’avait pas prĂ©vu de changement dans les transferts de compte au fil du temps, principalement en raison du manque d’information ou de connaissances sur la tendance de ces transferts. Ă€ titre illustratif, ce scĂ©nario considère les deux cas suivants :

Tableau 6 : Analyse de sensibilitĂ© variant le coĂ»t par transfert de compte, et changements rĂ©sultants dans les transferts de compte (en millions de dollars canadiens)
Scénario Bénéfice total (valeur actualisée) Coûts totaux (valeur actualisée) Valeur actualisée nette

CoĂ»t par transfert : 10 $

Augmentation de 20 % des transferts

16,3 $ 26,2 $ −9,9 $

CoĂ»t par transfert : 80 $

Augmentation de 20 % des transferts

16,3 $ 23,4 $ −7,2 $

Comme l’illustrent ces deux scĂ©narios distincts, plus le transfert est coĂ»teux, plus l’incidence potentielle sera importante si le projet de règlement entraĂ®ne un changement dans le nombre de transferts de comptes. Si le projet de règlement entraĂ®ne une augmentation des transferts de compte, cela se traduira par une hausse des coĂ»ts nets. Ces coĂ»ts pourraient provenir de la nĂ©cessitĂ© d’allouer davantage de ressources pour effectuer les transferts ou ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme un substitut des coĂ»ts que les institutions financières pourraient engager pour retenir des clients, coĂ»ts qui n’étaient pas nĂ©cessaires dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

Comme mentionné dans le scénario précédent, une des limites de cette analyse est que le bénéfice de la concurrence, ou les avantages pour les consommateurs résultant d’une concurrence accrue, n’a pas été pris en compte. En outre, il est raisonnable de supposer que, bien qu’il existe un coût pour l’exécution d’un transfert par l’institution réceptrice, les revenus générés par le consommateur au fil du temps compensent ce coût pour l’institution (sinon elle n’accepterait pas les nouveaux clients). La théorie économique indique qu’une concurrence accrue, tout en réduisant le surplus des producteurs pour les entreprises, augmente le surplus des consommateurs de manière plus importante, éliminant ainsi les pertes sèches associées à des prix de type monopolistique.

ScĂ©nario 3 : Avantages d’une concurrence accrue

Quantifier les avantages d’une concurrence accrue rĂ©sultant du projet de règlement serait purement spĂ©culatif en raison du manque de comparaisons internationales et de recherches dans ce domaine. Cependant, une concurrence accrue dans le secteur financier pourrait entraĂ®ner :

Ces répercussions devraient être positives et non négligeables.

Parallèlement, les institutions financières établies pourraient subir des pertes de marges bénéficiaires et de revenus en raison de la concurrence accrue. Cela pourrait se traduire par des produits plus compétitifs ou par un effort accru pour fidéliser la clientèle existante. Comme pour les avantages, l’analyse n’est pas en mesure de quantifier ces coûts.

En théorie, un secteur plus concurrentiel devrait conduire à une plus grande efficacité, donc on s’attend à ce que les avantages l’emportent sur les coûts résultant d’une concurrence accrue.

Effets distributifs

Le tableau ci-dessous présente les effets monétaires distributifs du projet de règlement pour chaque groupe d’intervenants.

Tableau 7 : Effet distributif (en millions de dollars canadiens)
Groupes d’intervenants Répercussions Année d’entrée en vigueur (2027) Dernière année (2035)
Institutions financières Revenus perdus Ă  cause des frais de transfert de compte; Économies nettes sur le remboursement des frais de transfert de compte; CoĂ»ts de mise en Ĺ“uvre −5,0 $ −1,4 $
Consommateurs Frais de transfert de compte Ă©vitĂ©s 1,3 $ 1,4 $
Gouvernement CoĂ»ts de supervision −0,4 $ −0,4 $

Il est à noter que les consommateurs ayant des comptes de placement avec un solde bas pourraient bénéficier plus directement du projet de règlement, car ils sont moins susceptibles d’être admissibles au remboursement des frais de transfert selon les pratiques actuelles du secteur. Bien que les soldes bas soient courants chez les nouveaux investisseurs, le projet de règlement profiterait à tous les Canadiens, tous âges confondus.

Lentille des petites entreprises

Le projet de règlement ne s’appliquerait pas aux petites entreprises, car aucune banque ne répond à la définition de petite entreprise. Par conséquent, aucune analyse supplémentaire n’a été effectuée à l’égard des répercussions sur les petites entreprises ou des mesures prises pour réduire ces répercussions.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, puisqu’il n’y a pas de changement progressif dans le fardeau administratif des entreprises et qu’aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ou introduit. Le projet de règlement n’impose aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises, car il n’y a pas d’obligation de communiquer de manière proactive des renseignements Ă  l’ACFC ou Ă  un autre organisme de rĂ©glementation.

Collaboration et harmonisation en matière de réglementation

Ensemble de règles proposé par l’OCRI

En juillet 2025, l’OCRI a sollicitĂ© des commentaires sur des modifications de règles visant Ă  moderniser et Ă  renforcer le processus de transfert de compte pour ses membres qui sont des courtiers en placement ou en fonds communs de placement (Règle 4800 des Règles visant les courtiers en placement et règles partiellement consolidĂ©es et Règle 2.12 des Règles visant les courtiers en Ă©pargne collective). Le Ministère a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec l’OCRI dans l’élaboration de ces propositions rĂ©glementaires afin d’harmoniser les Ă©lĂ©ments relatifs aux dĂ©lais de transfert du projet de règlement avec ceux proposĂ©s par l’OCRI lors de sa consultation de juillet. Une fois en vigueur, les règles proposĂ©es par l’OCRI ne s’appliqueraient pas aux comptes dĂ©tenus dans des banques sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale, bien qu’elles s’appliqueraient aux comptes dĂ©tenus dans les filiales de placement et de fonds communs de placement de ces banques.

À ce jour, l’OCRI n’a pas publié ses modifications finales de règles. Selon les modifications finales des règles de l’OCRI, il sera envisagé d’inclure, à une date ultérieure, une incorporation par renvoi aux règles de l’OCRI afin de favoriser une meilleure harmonisation et coordination entre tous les acteurs du secteur.

Approches internationales

Dans le cadre de l’élaboration du projet de règlement, les approches adoptées dans des pays tels que l’Australie et le Royaume-Uni ont été examinées et analysées. L’Australie est un bon comparateur pour le Canada en raison de sa taille, de la concentration relative des banques et d’autres similitudes en matière de politique sociale. L’analyse des politiques du Royaume-Uni peut être pertinente, car ce pays est souvent à l’avant-garde des questions de protection des consommateurs financiers et de concurrence à l’échelle mondiale. Le projet de règlement serait aligné sur les approches et les objectifs de ces pays.

En Australie, les fonds de retraite (des comptes d’épargne-retraite obligatoires Ă  avantage fiscal, similaires Ă  nos produits enregistrĂ©s) ne sont pas autorisĂ©s Ă  facturer des frais de sortie lorsque les membres transfèrent leurs comptes vers un autre fonds. En revanche, les courtiers en placement sont autorisĂ©s Ă  facturer des frais de « transfert sortant Â» pour les comptes de placement. Ces frais varient de 0 Ă  100 dollars australiens, bien que la majoritĂ© des frais facturĂ©s semblent se situer entre 50 et 75 dollars australiens. Il n’existe aucune rĂ©glementation plafonnant ces frais.

De manière plus gĂ©nĂ©rale, les courtiers en placement et les maisons de courtage en Australie bĂ©nĂ©ficient d’un système Ă©lectronique centralisĂ© pour transfĂ©rer les comptes de placement des clients. L’Automated Customer Account Transfer Service (ACATS), le service automatisĂ© de transfert de comptes clients, facilite le transfert de titres d’un compte de titres Ă  un autre dans une maison de courtage ou une banque diffĂ©rente. Cela rĂ©duit considĂ©rablement Ă  la fois les coĂ»ts pour le secteur et les dĂ©lais de transfert des comptes de placement.

La Financial Conduct Authority (FCA), l’autoritĂ© de conduite financière) du Royaume-Uni, a Ă©tudiĂ© les frais de sortie des plateformes de placement et les a rĂ©pertoriĂ©s comme un obstacle Ă  la concurrence. L’ensemble de règles « Consumer Duty Â» de la FCA et les lignes directrices associĂ©es exigent que les institutions veillent Ă  ce que les clients ne soient pas confrontĂ©s Ă  des obstacles dĂ©raisonnables, y compris des coĂ»ts supplĂ©mentaires, lorsqu’ils mettent fin Ă  leur relation avec une institution. L’ensemble de règles prĂ©cise que les coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©raisonnables incluent notamment les frais de sortie excessifs. Les lignes directrices de la FCA prĂ©cisent en outre que ces frais de sortie dĂ©raisonnables comprennent ceux qui dĂ©couragent les clients de rĂ©silier des produits ou services qui ne leur conviennent pas. Cela dit, aucun plafond prĂ©cis n’a Ă©tĂ© fixĂ©.

Au Royaume-Uni, les frais de sortie pour les placements varient de 10 £ par investissement Ă  150 £ plus les taxes applicables, selon le type de compte, et certaines entreprises, comme Vanguard ou Willis Owen, ne facturent aucuns frais de sortie.

Obligations internationales

Le projet de règlement n’a pas d’incidence sur les obligations ou accords commerciaux internationaux.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le projet de règlement profiterait à tous les Canadiens, puisqu’il vise à améliorer la concurrence dans le secteur financier de manière générale. Si les Canadiens peuvent transférer plus facilement leurs comptes de placement vers d’autres institutions financières, celles-ci devront rivaliser plus vigoureusement pour attirer les clients, ce qui se traduira par des prix plus bas et/ou des services de meilleure qualité pour tous les Canadiens. Les Canadiens détenant des comptes enregistrés et des comptes de placement, plus fréquents parmi les personnes à revenu élevé, pourraient bénéficier de manière disproportionnée, car ces transferts seraient plus efficaces et moins coûteux.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les dispositions du projet de règlement concernant l’interdiction des frais de transfert entreraient en vigueur 60 jours après l’enregistrement du règlement dĂ©finitif.

Les dispositions du projet de règlement concernant les exigences de divulgation et celles liĂ©es Ă  la rĂ©inscription de certains produits entreraient en vigueur 12 mois après l’enregistrement du règlement dĂ©finitif.

Les dispositions du projet de règlement concernant les exigences relatives aux dĂ©lais de transfert entreraient en vigueur deux ans après l’enregistrement du règlement dĂ©finitif.

Le délai prolongé pour l’entrée en vigueur des exigences liées aux délais de transfert vise à accorder plus de temps à l’OCRI pour élaborer et mettre en œuvre sa solution technologique afin de moderniser l’écosystème des transferts de comptes, ainsi que pour achever son ensemble de règles proposé.

L’ACFC a confirmé qu’elle sera en mesure d’assurer l’application du projet de règlement aux dates d’entrée en vigueur proposées. Le Ministère travaillerait avec l’ACFC afin de préparer des documents de communication et de mettre à jour les documents existants d’éducation des consommateurs, au besoin, afin qu’ils soient disponibles au moment de l’enregistrement du projet de règlement.

Conformité et application

L’ACFC promeut, surveille et fait respecter la conformité des banques et des autres entités financières sous réglementation fédérale aux mesures de protection des consommateurs. Elle surveille le respect des dispositions de la Loi sur les banques et du Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière, notamment en surveillant les tendances du marché et les activités des banques afin de garantir la conformité.

L’ACFC fonctionne selon un modèle de recouvrement des coûts et est principalement financée par des cotisations versées par les entités réglementées qu’elle supervise. Les coûts de supervision associés aux nouvelles exigences seront recouvrés dans le cadre des processus existants, y compris par l’examen continu des pratiques de supervision du régime de protection des consommateurs en matière financière. La conformité aux dispositions du projet de règlement serait assurée au moyen de diverses approches s’inscrivant dans un continuum de conformité. Par exemple, en cas d’infractions isolées ou mineures, l’ACFC peut envoyer une lettre à la banque et mettre en place une surveillance accrue. En cas d’infractions plus graves, l’ACFC peut demander à une banque de conclure un accord de conformité ou émettre un avis de violation et imposer une sanction administrative pécuniaire.

Personne-ressource

La personne-ressource pour les demandes de renseignements est Mark Radley, directeur, Affaires des consommateurs. Vous pouvez communiquer avec lui en Ă©crivant Ă  l’adresse consumer.consommation@fin.gc.ca.

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu de l’article 627.998rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les banquesrĂ©fĂ©rence b, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière (transferts de comptes de placement), ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Mark Radley, directeur, Affaires des consommateurs, ministère des Finances (courriel : consumer.consommateur@fin.gc.ca).

Veuillez noter que toutes les observations, y compris les pièces jointes, seront publiées sur le site Web de la Gazette du Canada dans le cadre du processus de publication préalable, sous réserve des conditions d’utilisation de ce site relatives à la formulation de commentaires.

Ottawa, le 6 aoĂ»t 2026

La greffière adjointe du Conseil privé
Janna Rinaldi

Règlement modifiant le Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière (transferts de comptes de placement)

Modifications

1 L’article 1 du Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ© par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, de ce qui suit :

compte de placement
Produit enregistré, ou compte pouvant contenir un produit de placement. (investment account)
produit de placement
S’entend notamment d’une valeur mobilière, d’une part de fonds mutuels, d’un instrument de type dépôt, d’un billet à capital protégé, d’un compte d’épargne à intérêt élevé et d’un instrument dérivé au sens du paragraphe 415.2(2) de la Loi. (investment product)

2 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 13, de ce qui suit :

Réinscription d’instruments de type dépôt et de billets à capital protégé

Délai

13.01 Si une institution émet des instruments de type dépôt ou des billets à capital protégé et que l’accord relatif à ceux-ci permet leur réinscription au nom d’une institution financière différente de celle au nom de laquelle ils sont d’abord inscrits, l’institution les réinscrit dans les trois jours ouvrables suivant la date à laquelle elle reçoit une demande d’une institution financière en ce sens.

3 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 13, de ce qui suit :

Transferts de comptes de placement

Sans frais

13.1 (1) Sous réserve du paragraphe (2), il est interdit à l’institution d’imposer des frais pour la fermeture ou le transfert, même partiel, d’un compte de placement.

Exception — compte de placement rĂ©cemment ouvert

(2) L’institution peut toutefois imposer de tels frais si elle reçoit la demande de fermeture ou de transfert moins de quatre-vingt-dix jours après la date à laquelle le compte de placement a été approvisionné pour la première fois.

Frais de rachat ou de vente

(3) Il est entendu que l’institution peut imposer les frais — notamment pour le rachat ou la vente d’un produit de placement — qui seraient imposĂ©s mĂŞme en l’absence de la fermeture ou du transfert d’un compte de placement.

4 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 13.1, de ce qui suit :

Demande de transfert

13.11 (1) Dans les deux jours de compensation suivant la date Ă  laquelle elle reçoit d’une institution financière rĂ©ceptrice une demande de transfert du compte de placement d’un client, l’institution financière cĂ©dante qui est une institution fournit Ă  l’institution financière rĂ©ceptrice :

Avis de rejet

(2) Si l’institution financière réceptrice qui est une institution reçoit un avis de rejet d’une institution financière cédante, elle avise aussitôt que possible le client du rejet et du motif de celui-ci et fait des efforts raisonnables pour obtenir de celui-ci des renseignements corrigés.

Entrave — institution financière cĂ©dante

(3) S’il y a lieu, dans les deux jours de compensation suivant la date Ă  laquelle elle fournit les renseignements visĂ©s Ă  l’alinĂ©a (1)a) Ă  une institution financière rĂ©ceptrice, l’institution financière cĂ©dante qui est une institution avise l’institution financière rĂ©ceptrice de ce qui suit :

Entrave — institution financière rĂ©ceptrice

(4) S’il y a lieu, dans les deux jours de compensation suivant la date Ă  laquelle elle reçoit d’une institution financière cĂ©dante — que cette dernière soit ou non une institution — les renseignements visĂ©s Ă  l’alinĂ©a (1)a), l’institution financière rĂ©ceptrice qui est une institution avise l’institution financière cĂ©dante de toute entrave Ă  la rĂ©ception du transfert par elle et de la cause de chaque entrave.

Avis au client

(5) AussitĂ´t que possible après l’expiration du dĂ©lai prĂ©vu au paragraphe (4), l’institution financière rĂ©ceptrice qui est une institution avise le client de ce qui suit :

Résolution des entraves

(6) L’institution financière réceptrice qui est une institution transmet à l’institution financière cédante les instructions du client par rapport à la résolution de toutes les entraves aussitôt que possible après les avoir reçues, le cas échéant.

Amorçage du transfert

(7) L’institution financière cĂ©dante qui est une institution ne peut amorcer le transfert d’un compte de placement que si les conditions suivantes sont remplies :

Règlement du transfert

(8) Si soit l’institution financière cĂ©dante ou l’institution financière rĂ©ceptrice est une institution, elle prend les mesures nĂ©cessaires pour rĂ©gler le transfert dans les dix jours de compensation qui suivent :

Transfert entre deux institutions

(9) Si l’institution financière cédante et l’institution financière réceptrice sont toutes deux des institutions, elles veillent à ce que le transfert soit réglé dans le délai applicable prévu au paragraphe (8).

Définitions

(10) Les définitions qui suivent s’appliquent au présent article.

cédante
Se dit de l’institution financière qui reçoit d’une autre institution financière une demande visant le transfert d’un compte de placement. (delivering financial institution)
jour de compensation
S’entend au sens du paragraphe 1201(2) des Règles visant les courtiers en placement et règles partiellement consolidées publiées par l’Organisme canadien de réglementation des investissements, avec leurs modifications successives. (clearing day)
réceptrice
Se dit de l’institution financière qui envoie à une autre institution financière une demande visant le transfert d’un compte de placement. (receiving financial institution)

Politiques et procédures

13.12 L’institution qui offre des comptes de placement est tenu d’établir et de mettre en Ĺ“uvre des politiques et procĂ©dures visant Ă  faire en sorte que les transferts de compte de placement soient rĂ©glĂ©s dans le dĂ©lai applicable prĂ©vu au paragraphe 13.11(8).

5 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 13.1, de ce qui suit :

Publication de renseignements

13.2 (1) L’institution qui offre des comptes de placement rend les renseignements ci-après facilement accessibles sur une page Web ayant un format similaire Ă  ses autres pages Web, au moyen d’un hyperlien direct Ă  partir de toutes ses pages Web qui font la publicitĂ© des comptes de placement en question ou qui fournissent des renseignements sur ceux-ci et Ă  partir de tout portail et toute application de services bancaires qu’elle met Ă  la disposition de ses clients :

Fourniture des renseignements

(2) L’institution fournit ces renseignements avec tout formulaire de transfert de compte de placement et tout outil de transfert de compte de placement. Elle les fournit également en format imprimé, sans frais, à toute personne qui en fait la demande.

Accords relatifs aux comptes de placement

13.3 L’institution qui conclut avec un client un accord relatif Ă  un compte de placement veille Ă  ce que les renseignements prĂ©vus aux alinĂ©as 13.2(1)a), f), h), i) et o) figurent bien en Ă©vidence dans l’accord ou remet un document qui les contient au client avec l’accord.

6 L’alinĂ©a 13.2(1)o) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Entrée en vigueur

7 (1) Sous réserve des paragraphes (2) et (3), le présent règlement entre en vigueur le soixantième jour suivant la date de son enregistrement.

(2) Les articles 2 et 5 entrent en vigueur au premier anniversaire de l’enregistrement du prĂ©sent règlement.

(3) Les articles 4 et 6 entrent en vigueur au deuxième anniversaire de l’enregistrement du prĂ©sent règlement.

Conditions d’utilisation et Avis de confidentialité

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