La Gazette du Canada, Partie I, Volume 160, numĂ©ro 26 : Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière

Le 27 juin 2026

Fondement législatif
Loi sur les banques

Ministère responsable
Ministère des Finances

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : La fraude ciblant les consommateurs augmente rapidement au Canada. Les pertes sont estimĂ©es Ă  704 millions de dollars en 2025, mais elles sont en rĂ©alitĂ© plus Ă©levĂ©es parce que ce chiffre ne reprĂ©sente que de 5 Ă  10 pour cent des pertes liĂ©es Ă  la fraude. Les comptes de dĂ©pĂ´t bancaires personnels ont souvent des fonctionnalitĂ©s par dĂ©faut, par exemple le virement tĂ©lĂ©graphique et le transfert d’argent international, qui permettent les opĂ©rations bancaires en ligne d’une valeur pouvant atteindre 50 000 $. Si quelqu’un accède Ă  un compte sans autorisation, les consĂ©quences peuvent ĂŞtre graves pour le consommateur. De plus, sans donnĂ©es prĂ©cises, il est difficile pour les dĂ©cideurs d’estimer l’ampleur rĂ©elle des pertes liĂ©es Ă  la fraude et de prendre des mesures pour protĂ©ger les consommateurs. Le projet de règlement est nĂ©cessaire pour opĂ©rationnaliser les modifications lĂ©gislatives Ă  la Loi sur les banques introduites par le projet de loi C-15, la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2025.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière (le projet de règlement) exigerait que les banques :

  • obtiennent le consentement exprès des consommateurs avant d’activer la fonctionnalitĂ© de transfert Ă©lectronique de fonds associĂ©e Ă  leurs comptes de dĂ©pĂ´t personnels (y compris les virements tĂ©lĂ©graphiques, les transferts mondiaux et les virements Ă©lectroniques Interac), seulement après les avoir informĂ©s de la nature et des usages potentiels de cette fonctionnalitĂ©;
  • permettent aux consommateurs de dĂ©sactiver les transferts Ă©lectroniques de fonds;
  • traitent les demandes d’augmentation d’une limite de transaction sans dĂ©lai si elles ont validĂ© l’identitĂ© du consommateur, ou le jour ouvrable suivant si elles ne l’ont pas vĂ©rifiĂ©e;
  • aient des politiques et des procĂ©dures pour enquĂŞter sur les opĂ©rations suspectes et prĂ©venir les consommateurs des demandes suspectes d’activation de fonctionnalitĂ©s ou d’augmentation de limites de transaction;
  • collectent et dĂ©clarent certains points de donnĂ©es sur les cas de fraude, dont le type de stratagème et la mĂ©thode de transaction utilisĂ©s pour frauder le consommateur, et transmettent ces donnĂ©es Ă  l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC), qui les compilera et fournira un rapport au ministre des Finances;
  • informent les consommateurs, Ă  l’ouverture d’un compte, que certaines fonctionnalitĂ©s du compte exigent un consentement exprès pour ĂŞtre activĂ©es, et que les limites de transaction peuvent ĂŞtre modifiĂ©es.

Justification : Le projet de règlement attĂ©nuerait les prĂ©judices causĂ©s par la fraude ciblant les consommateurs en exigeant que les banques permettent aux consommateurs de dĂ©sactiver les fonctionnalitĂ©s des comptes qu’ils n’utilisent pas et obtiennent le consentement exprès des consommateurs avant d’activer certaines fonctionnalitĂ©s des comptes. Ces fonctionnalitĂ©s peuvent ĂŞtre utilisĂ©es par les fraudeurs pour voler l’argent des consommateurs lorsqu’ils parviennent Ă  accĂ©der de manière illicite aux comptes de dĂ©pĂ´t personnels. Le projet de règlement fournirait des protections aux consommateurs dans l’éventualitĂ© oĂą leur compte serait compromis, en compliquant, pour les fraudeurs, l’exĂ©cution de certaines opĂ©rations de grande valeur. De plus, afin de garantir que le ministère des Finances ait accès en temps utile Ă  des donnĂ©es pertinentes sur la fraude ciblant les consommateurs aux fins d’élaboration de politiques, le projet de règlement prescrirait les points de donnĂ©es relatifs Ă  la fraude que les banques seraient obligĂ©es de transmettre Ă  l’ACFC. Cela permettrait au gouvernement de mieux comprendre l’incidence de la fraude sur les consommateurs, y compris les principaux types de stratagèmes de fraude et les principales mĂ©thodes d’exĂ©cution, les modes de communication et les mĂ©thodes pour effectuer les paiements frauduleux et, en fin de compte, de guider l’élaboration de futures politiques.

Enjeux

La fraude ciblant les consommateurs, c’est-à-dire le fait qu’un consommateur soit victime d’une fraude par une opération qu’il n’a pas autorisée ou qu’il a autorisée par suite de coercition ou de tromperie, affiche une croissance rapide au Canada depuis 2018. Ce problème est exacerbé par les avancées dans l’intelligence artificielle, qui facilitent l’utilisation de techniques sophistiquées par les fraudeurs, par exemple les vidéos hypertruquées et les appels téléphoniques générés par l’intelligence artificielle, pour frauder les Canadiens. Dans certains cas, un consommateur ne réalise pas qu’il a été fraudé avant qu’il ne soit trop tard.

La fraude ciblant les consommateurs est un risque prévisible associé aux fonctionnalités de paiement activées par les banques, dont les virements électroniques Interac, les virements télégraphiques et les transferts d’argent mondiaux. Afin de s’attaquer au taux croissant de fraude, des mesures de protection institutionnelles plus puissantes et plus cohérentes sont requises.

À l’heure actuelle, les mécanismes pour protéger les consommateurs contre la fraude sont limités. Bien qu’il existe des règles relatives à la responsabilité des consommateurs concernant les opérations non autorisées faites avec des cartes de débit ou de crédit, les consommateurs ont généralement peu de contrôle sur les fonctionnalités de paiement associées à leurs comptes de dépôt (virements électroniques Interac, virements télégraphiques, transferts d’argent mondiaux, etc.) et ils ne peuvent pas modifier les limites de transaction de ces fonctionnalités pour se protéger si des fraudeurs accèdent à leurs comptes. Ces fonctionnalités sont souvent activées par défaut dans les comptes de dépôt personnels et, comme de nombreux consommateurs n’ont pas à s’en servir, ils ne savent peut-être pas que ces méthodes de transaction leur sont accessibles et peuvent être utilisées pour les frauder.

Alors que la fraude est en hausse, le coût réel des pertes liées à la fraude n’est pas clair, car les consommateurs sont souvent réticents à signaler la fraude aux forces policières et les banques ne sont pas tenues de la signaler en leur nom. À l’heure actuelle, en ce qui concerne le signalement des cas de fraude, les banques sont uniquement obligées de transmettre les données sur les plaintes à l’ACFC. Ce signalement n’englobe que les cas de fraude où le consommateur soumet une plainte contre son institution financière. Des consommateurs peuvent choisir de signaler les cas de fraude aux forces policières, mais ces données ne sont ni recueillies ni accessibles aux décideurs.

L’ACFC a le pouvoir de demander des renseignements aux banques pour remplir son mandat et surveiller le respect des obligations en matière de pratiques commerciales, mais les banques ne sont actuellement pas tenues de lui transmettre cette information. En gĂ©nĂ©ral, toute donnĂ©e transmise aux organismes de l’application de la loi est confidentielle et non accessible aux dĂ©cideurs en matière de politique. Bien que le Centre antifraude du Canada (CAFC), un service de police national gĂ©rĂ© par la GRC, reçoive les signalements de fraude du public, effectue des analyses et publie des rapports, il estime que seulement 5 Ă  10 % des cas de fraude sont signalĂ©s. L’absence de donnĂ©es fiables et exhaustives communiquĂ©es directement par les banques a posĂ© des difficultĂ©s pour l’élaboration de politiques Ă©clairĂ©es.

Par conséquent, le gouvernement ne peut pas estimer avec précision l’ampleur réelle de la fraude au Canada et il ne peut pas comparer les données d’une année à l’autre pour examiner comment les tendances en matière de fraude évoluent. Sans données précises sur la fraude, il est difficile pour les décideurs d’élaborer et de prendre des mesures efficaces pour protéger les consommateurs contre la fraude.

Le projet de règlement est nĂ©cessaire pour opĂ©rationnaliser les modifications lĂ©gislatives annoncĂ©es dans le budget de 2025 et adoptĂ©es dans le projet de loi C-15, la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2025. Les modifications lĂ©gislatives ne sont pas encore en vigueur, mais elles imposeront des exigences aux banques pour lutter contre la fraude ciblant les consommateurs.

Contexte

En 2025, les Canadiens ont dĂ©clarĂ© des pertes totalisant 704 millions de dollars au CAFC, soit une augmentation de près de 300 pour cent par rapport aux pertes dĂ©clarĂ©es en 2020. Ces valeurs reprĂ©sentent probablement une sous-estimation importante des pertes totales dues Ă  la fraude, compte tenu de la rĂ©ticence des victimes Ă  signaler ce crime. Le CAFC estime que seulement 5 Ă  10 pour cent des fraudes sont signalĂ©es.

Nature multisectorielle de la fraude

La nature et l’ampleur de la fraude ciblant les consommateurs évoluent rapidement, les fraudeurs étant capables d’exploiter facilement les avancées technologiques pour inciter les consommateurs à leur divulguer leurs renseignements personnels par des moyens nouveaux et de plus en plus complexes. Les fraudeurs se servent de l’infrastructure des télécommunications et d’autres infrastructures numériques pour identifier et contacter les victimes potentielles, par des messages texte, appels, courriels et contenus de médias sociaux frauduleux. Les fraudeurs peuvent utiliser, à faible coût, des technologies d’intelligence artificielle génératrices avancées qui leur permettent de concevoir des escroqueries, qui sont de plus en plus convaincantes, par la fausse représentation de l’identité réelle des parties qui tentent de frauder les consommateurs ou de la nature des services offerts, notamment de fausses offres d’investissements. La grande disponibilité des méthodes avancées de transaction de grande valeur à partir de comptes, par exemple les virements télégraphiques et les transferts d’argent internationaux, exacerbe le problème, permet aux fraudeurs d’effectuer rapidement des paiements frauduleux quand ils accèdent à des comptes de dépôt personnels.

Cadre actuel

Dans l’actuel cadre lĂ©gislatif du secteur financier, la seule exigence de protection des consommateurs contre la fraude que les banques doivent respecter a trait aux opĂ©rations non autorisĂ©es par carte de crĂ©dit. Si les identifiants de carte de crĂ©dit ou de dĂ©bit d’un consommateur sont utilisĂ©s d’une manière non autorisĂ©e, la responsabilitĂ© du consommateur est limitĂ©e Ă  50 $, Ă  moins que celui-ci n’ait fait preuve de nĂ©gligence grave dans la protection de sa carte, des renseignements sur son compte ou de ses renseignements d’authentification personnels. Toutefois, dans la pratique, les grands Ă©metteurs de cartes de crĂ©dit ne tiennent nullement les titulaires de cartes responsables des opĂ©rations non autorisĂ©es. Cela signifie que les consommateurs ne sont pas tenus responsables des opĂ©rations faites au moyen de leurs cartes de crĂ©dit qu’ils n’ont pas autorisĂ©es, y compris les cas oĂą la carte de crĂ©dit ou les identifiants d’un consommateur sont volĂ©s et utilisĂ©s pour faire des paiements.

De même, la plupart des banques ont signé volontairement le Code de pratique canadien des services de cartes de débit, qui exige que les consommateurs ne soient pas tenus responsables des pertes découlant de situations indépendantes de leur volonté, par exemple s’ils sont victimes de fraude ou de vol, ou s’ils sont contraints par supercherie, force ou intimidation de faire un paiement par carte de débit.

Les banques peuvent tenir les consommateurs entièrement responsables de toutes les autres opĂ©rations frauduleuses faites Ă  partir de leur compte, y compris les virements Ă©lectroniques Interac, les virements tĂ©lĂ©graphiques et les transferts d’argent mondiaux non autorisĂ©s effectuĂ©s par un fraudeur qui est parvenu Ă  accĂ©der Ă  leur compte. Les consommateurs sont aussi tenus responsables des opĂ©rations frauduleuses qu’ils ont autorisĂ©es Ă  la suite de coercition ou de tromperie, par exemple :

Étant donné la nature multisectorielle de la fraude, le gouvernement a annoncé dans le budget de 2025 qu’il élaborera une Stratégie nationale antifraude pour réunir les institutions financières, les entreprises technologies et les entreprises de télécommunications en vue de définir une approche intersectorielle pour lutter contre la fraude.

Modifications législatives

La Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2025 a introduit des modifications Ă  la Loi sur les banques pour lutter contre la fraude ciblant les consommateurs. Lorsque les dispositions pertinentes seront en vigueur, ces modifications obligeront les banques Ă  avoir des politiques et des procĂ©dures pour lutter contre la fraude ciblant les consommateurs, permettre aux consommateurs de modifier les montants maximaux des opĂ©rations, obtenir le consentement exprès pour activer certaines fonctionnalitĂ©s avec des montants rĂ©glementĂ©s, permettre aux consommateurs de dĂ©sactiver certaines fonctionnalitĂ©s dans leurs comptes, et recueillir les donnĂ©es sur la fraude rĂ©glementĂ©es et les transmettre au commissaire de l’ACFC.

Le présent règlement préciserait les modifications législatives, par exemple il prescrirait les politiques et les procédures supplémentaires que les banques seraient tenues d’avoir, les fonctionnalités liées aux comptes que les banques devraient permettre aux consommateurs d’activer et de désactiver, la façon dont les banques devraient obtenir le consentement exprès avant d’activer ces fonctionnalités, le moment où les banques devraient activer les hausses de limite de transaction demandées par les consommateurs, et les points de données concernant la fraude ciblant des consommateurs que les banques seraient tenues d’amasser et de transmettre à l’ACFC. L’intention est que les modifications législatives relatives à la fraude ciblant les consommateurs entrent en vigueur le même jour que le projet de règlement.

Objectif

L’objectif est de faire en sorte que les systèmes des banques gèrent l’accès des consommateurs aux fonctionnalités de leurs comptes de dépôt personnels d’une manière qui leur permet de prendre des décisions éclairées quand ils choisissent les fonctionnalités qui leur sont accessibles, et de permettre aux consommateurs de paramétrer ces fonctionnalités pour se protéger contre la fraude. De plus, le règlement garantirait que le gouvernement ait accès en temps utile à des données exactes au sujet de la fraude ciblant les consommateurs au Canada, et soit mieux outillé pour prendre des décisions stratégiques éclairées.

Description

Le projet de règlement serait pris Ă  la suite des modifications lĂ©gislatives Ă  la Loi sur les banques qui introduit une dĂ©finition de « fraude ciblant les consommateurs Â». Il s’appliquerait Ă  toutes les institutions dĂ©finies comme des banques et des banques Ă©trangères autorisĂ©es aux termes de la Loi sur les banques.

Fonctionnalités des comptes

Le projet de règlement exigerait que les banques obtiennent le consentement exprès des consommateurs avant d’activer toute fonctionnalité qui permet le virement électronique de fonds, dont les virements télégraphiques, les transferts d’argent mondiaux et les virements électroniques Interac. Les virements entre comptes de la même institution qui appartiennent à la même personne, les retraits au guichet automatique, les paiements effectués avec des identifiants de carte de paiement (carte de débit, carte prépayée, etc.), les débits préautorisés et les paiements de facture directs seraient exemptés de cette exigence.

Le projet de règlement préciserait que les banques doivent fournir au particulier des renseignements sur la nature et les utilisations potentielles des fonctionnalités et doivent prendre des mesures pour valider l’identité du titulaire de compte avant d’activer ces fonctionnalités. Le projet de règlement ne préciserait pas la méthode de contact que les banques devraient utiliser pour obtenir le consentement exprès.

Le projet de règlement exigerait que les banques permettent aux consommateurs de désactiver ces mêmes fonctionnalités dans leurs comptes et divulguent, à l’ouverture d’un compte, le fait que les consommateurs ont accès à ces fonctionnalités.

Les banques ne seraient pas obligées d’obtenir le consentement exprès pour les fonctions qui sont déjà activées dans des comptes existants au moment de l’entrée en vigueur du projet de règlement.

Périodes d’application des limites de retrait et de virement

Le projet de règlement établit les délais de traitement des demandes d’augmentation des limites de transaction par les banques. Les banques devraient appliquer la limitée augmentée sans délai si elles ont vérifié que la personne qui a fait la demande d’augmentation de la limite est bien le titulaire du compte. Cela garantirait que les demandes légitimes faites par le titulaire du compte ne sont pas inutilement retardées, permettant aux consommateurs de modifier facilement leurs limites de transaction s’ils doivent faire une opération qui dépasse leur limite.

Si la banque ne vérifie pas l’identité du demandeur, l’augmentation de la limite entrerait en vigueur le jour ouvrable suivant, afin que les banques n’appliquent pas instantanément une augmentation de la limite de transaction si elles ne peuvent pas vérifier que c’est bien le titulaire du compte qui a fait la demande. Si un fraudeur parvenait à accéder au compte d’un consommateur et tentait d’augmenter la limite de transaction, cette exigence l’empêcherait de maximiser immédiatement le vol de fonds du consommateur. La Loi sur les banques exige que les banques avisent les consommateurs si leurs limites sont modifiées, ce qui permet à ces derniers d’aviser leur banque si une limite est modifiée sans qu’ils l’aient demandé.

Politiques et procédures

Le projet de règlement exigerait que les banques incluent dans leurs politiques et procédures les critères qu’elles utilisent pour enquêter sur les opérations qu’elles jugent suspectent et les critères qu’elles utilisent pour déterminer si elles doivent aviser le titulaire d’un compte d’une demande suspecte d’augmentation d’une limite de transaction ou d’activation d’une fonctionnalité dans son compte. Il exigerait également que les banques révisent leurs politiques et leurs procédures au moins une fois par année.

Ces exigences compléteraient celles de la Loi sur les banques en ce qui concerne les politiques et les procédures des banques pour détecter et prévenir la fraude ciblant les consommateurs et atténuer ses impacts.

Collecte de données et établissement de rapports

Le projet de règlement exigerait que les banques transmettent Ă  l’ACFC les donnĂ©es sur les cas de fraude qui touchent leurs clients, que ces cas soient confirmĂ©s par la banque ou simplement allĂ©guĂ©s par le consommateur. Pour chaque cas de fraude, les banques seraient tenues de dĂ©clarer les renseignements suivants :

Le projet de règlement obligerait les banques à transmettre des renseignements chaque année au commissaire de l’ACFC, dans un format convenant au commissaire, avec des renseignements sur les mesures qu’elles ont prises pour mettre en place et respecter les politiques et les procédures mentionnées dans la Loi sur les banques et sur toute formation offerte aux employés à propos de la fraude ciblant les consommateurs. En outre, les banques devraient fournir de l’information concernant leurs cibles internes de réduction de la fraude, si elles en ont. Afin que les renseignements présentés soient dans un format qui convient au commissaire, les banques devraient s’aligner sur les attentes du commissaire en matière de présentation des données (par exemple soumission dans le portail d’information de l’ACFC), et les menus déroulants associés à chaque point de donnée.

Le rapport porterait sur les donnĂ©es de toute l’annĂ©e civile, du 1er janvier au 31 dĂ©cembre, et devrait ĂŞtre soumis au commissaire dans les 135 jours suivant la fin de l’annĂ©e civile. Ce dĂ©lai concorde avec le dĂ©lai pour mettre le rapport sur le traitement des plaintes Ă  la disposition du public, comme l’exige la Loi sur les banques.

De plus, le projet de règlement obligerait l’ACFC Ă  prĂ©senter au ministre des Finances un rapport annuel confidentiel compilant les renseignements reçus dans les rapports de fraude qu’elle reçoit des banques. Le rapport prĂ©parĂ© par l’ACFC devrait ĂŞtre soumis avant le 30 septembre de l’annĂ©e suivant immĂ©diatement l’annĂ©e qui est couverte par les rapports des banques. L’exigence que le commissaire prĂ©sente ce rapport au ministre avant le 30 septembre garantirait que l’ACFC ait assez de temps après la rĂ©ception des rapports annuels des banques pour prĂ©parer son propre rapport annuel.

Bien qu’il y ait un dĂ©lai entre la collecte des donnĂ©es par les banques et leur transmission au ministre des Finances, cela reprĂ©senterait une amĂ©lioration importante de l’accès des dĂ©cideurs aux donnĂ©es. Ă€ l’heure actuelle, les donnĂ©es fiables et exhaustives sur les incidents de fraude sont limitĂ©es, et une grande partie repose sur des signalements volontaires au CAFC, qui estime que ceux-ci ne reprĂ©sentent que 5 Ă  10 % de l’ensemble des cas de fraude. En recueillant des donnĂ©es directement auprès des banques, le gouvernement serait mieux Ă  mĂŞme de comprendre l’ampleur de la fraude au Canada. Les banques auront besoin d’un dĂ©lai raisonnable pour compiler les diffĂ©rents renseignements requis après la fin de l’annĂ©e civile. De mĂŞme, l’ACFC aura besoin de temps pour compiler et analyser les renseignements reçus des banques avant de prĂ©senter son rapport au ministre.

Exigences en matière de communication à l’ouverture d’un compte

Le projet de règlement modifierait l’article du Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière qui réglemente les renseignements que les banques doivent donner aux consommateurs à l’ouverture d’un compte. De plus, il obligerait les banques à informer les consommateurs des fonctionnalités de leur compte dont l’activation exige un consentement exprès, des fonctionnalités du compte qui peuvent être désactivées et des fonctionnalités du compte pour lesquelles les limites de transaction ou de retrait peuvent être augmentées ou réduites. Ainsi, les consommateurs seraient au courant des mesures de protection contre la fraude qui leur sont accessibles lorsqu’ils ouvrent un compte de dépôt personnel.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le ministère a mené trois séries de consultations publiques en lien avec l’examen législatif des lois régissant le secteur financier.

Lors de la première consultation (qui s’est dĂ©roulĂ©e du 5 octobre au 4 dĂ©cembre 2023), les intervenants ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  commenter les mesures de protection supplĂ©mentaires potentielles pour veiller Ă  ce que les Canadiens reçoivent des services bancaires de grande qualitĂ© et Ă  faible coĂ»t et Ă  ce qu’ils puissent y accĂ©der facilement (c’est-Ă -dire sans obstacles liĂ©s au coĂ»t). Les commentaires reçus ont guidĂ© l’élaboration d’une consultation subsĂ©quente, qui a eu lieu du 12 aoĂ»t au 11 septembre 2024.

Pendant la deuxième consultation, les intervenants ont pu donner leur point de vue sur des mesures particulières pour prĂ©venir la fraude, notamment exiger que les banques :

Le ministre a reçu des commentaires de 22 organisations reprĂ©sentants des groupes de consommateurs, des membres de l’industrie et d’autres organisations provinciales et fĂ©dĂ©rales.

Les commentaires recueillis pendant cette consultation étaient partagés. Les groupes de consommateurs appuyaient fortement toutes les mesures proposées. En revanche, les groupes de l’industrie représentant les banques et d’autres institutions financières s’y opposaient et ont plutôt exhorté le gouvernement à envisager une approche volontaire de lutte contre la fraude qui permettrait aux banques de décider quelles mesures antifraude mettre en œuvre au sein de leur propre institution. Ces groupes de l’industrie ont par ailleurs mentionné la Coalition canadienne antifraude récemment formée, un groupe multisectoriel qui était alors dirigé par l’Association des banquiers canadiens (ABC) et qui visait à lutter contre les fraudes ciblant les Canadiens, comme exemple de travaux volontaires de l’industrie pour s’attaquer à la fraude. Bien que les travaux volontaires accomplis par la Coalition canadienne antifraude soient positifs, il a été déterminé que les mesures volontaires ne seraient pas adéquates pour protéger les consommateurs contre la fraude.

Après les consultations, le ministère a organisé des rencontres de suivi avec neuf organisations, dont des groupes de consommateurs et des associations commerciales représentant les banques et les institutions financières, pour discuter de leurs commentaires.

Séparément, à la suite de l’annonce dans le budget de 2025 des modifications législatives qui introduiraient de nouvelles exigences pour lutter contre la fraude, le ministère a mené une rencontre informelle et ciblée avec des intervenants représentants les consommateurs et l’industrie qui avaient précédemment fourni des commentaires dans le cadre des consultations sur l’examen législatif.

Lors de cette consultation, des commentaires ont été demandés au sujet du projet de règlement, notamment pour quelles fonctionnalités des comptes les banques devraient-elles être obligées d’obtenir le consentement exprès avant de les activer, quelles fonctionnalités des comptes les banques devraient-elles permettre aux consommateurs de désactiver, comment les banques devraient-elles obtenir le consentement exprès des titulaires de compte avant d’activer des fonctionnalités, si des limites de transaction paramétrables supplémentaires devraient être prescrites, le délai pour les banques pour appliquer les modifications des limites de retrait ou de virement demandées par les titulaires de compte, si des critères supplémentaires devraient être inclus dans les politiques et les procédures des banques pour détecter et prévenir la fraude ciblant les consommateurs, les points de données sur la fraude que les banques devront transmettre à l’ACFC, et les renseignements que les banques devraient donner aux consommateurs à l’ouverture d’un compte de dépôt personnel au sujet des caractéristiques relatives à la fraude associées à leur compte.

Le ministère a reçu des commentaires de 10 organisations durant cette pĂ©riode de consultation, y compris de groupes consultatifs de consommateurs, d’associations commerciales de l’industrie et d’organismes de rĂ©glementation gouvernementaux. Les groupes de consommateurs sont gĂ©nĂ©ralement favorables au projet de règlement, surtout aux exigences qui forcent les banques Ă  permettre aux consommateurs de paramĂ©trer certaines fonctionnalitĂ©s de leurs comptes et Ă  informer les consommateurs, Ă  l’ouverture d’un compte, que certaines fonctionnalitĂ©s de leur compte peuvent ĂŞtre paramĂ©trĂ©es. Les groupes de consommateurs soutiennent aussi la liste proposĂ©e par le ministère de fonctionnalitĂ©s des comptes qui seraient assujetties Ă  ces exigences.

Les associations de l’industrie représentant les banques et les institutions financières n’étaient pas favorables à l’inclusion d’exigences supplémentaires dans la réglementation, car elles étaient d’avis que les modifications législatives, avec les pratiques que les banques appliquent déjà, seraient suffisantes pour prévenir la fraude. Il est vrai que les banques prennent des mesures pour prévenir la fraude, par exemple l’authentification à deux facteurs pour certaines opérations et la sensibilisation des consommateurs, mais ces mesures ne vont pas assez loin pour prévenir la fraude, comme en témoigne la croissance des pertes liées à la fraude.

Le ministère n’était pas d’accord pour dire que les modifications législatives constitueraient une protection suffisante contre la fraude ciblant les consommateurs. C’est pourquoi il élabore ce projet de règlement pour prescrire des exigences supplémentaires. Toutefois, les groupes de l’industrie appuyaient l’actualisation des exigences en matière de communication à l’ouverture d’un compte pour harmoniser les nouvelles exigences introduites dans la législation et le projet de règlement. Ils ont aussi dit souhaiter que les délais soient exprimés en jours ouvrables plutôt qu’en heures.

Obligations relatives aux traités modernes, consultation et mobilisation des Autochtones

Ă€ la suite de l’évaluation des rĂ©percussions relatives aux traitĂ©s modernes, aucune incidence nĂ©gative sur les droits autochtones ou issus de traitĂ©s, potentiels ou Ă©tablis, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, n’a Ă©tĂ© relevĂ©e.

Les peuples autochtones ou leurs groupes représentatifs n’ont pas été consultés spécifiquement dans le cadre du projet de règlement, étant donné que la promotion de la concurrence dans le secteur financier et l’amélioration du processus de transfert des comptes de placement s’appliquent à tous les Canadiens.

Choix de l’instrument

Le projet de règlement est requis pour réduire le risque de fraude ciblant les consommateurs canadiens. L’objectif du projet de règlement ne pourrait pas être atteint au moyen d’autres instruments, car des exigences réglementaires particulières sont requises pour l’application de mesures d’exécution par l’ACFC.

Dans le cadre du processus d’élaboration de la réglementation, d’autres options ont été étudiées pour protéger les consommateurs contre la fraude. Une de ces options était de compter sur les efforts volontaires des banques par l’intermédiaire de la Coalition canadienne antifraude pour réduire la fraude contre les Canadiens. Ces travaux comprennent la conception de campagnes d’information pour sensibiliser les consommateurs à la nature de la fraude les ciblant, et l’étude de solutions pour que les institutions de secteurs multiples, dont les banques, les entreprises de télécommunications et les plateformes de médiaux sociaux, puissent échanger entre elles des données relatives à la fraude. Cette approche volontaire n’englobe pas d’exigences particulières qui permettraient aux consommateurs de paramétrer les fonctionnalités de leurs comptes et exigeraient que les banques élaborent des politiques et des procédures pour prévenir la fraude.

Le gouvernement a déterminé qu’une approche réglementaire prescriptive pour lutter contre la fraude, plutôt qu’un code volontaire fondé sur des principes, fournirait de meilleures protections aux consommateurs en imposant des exigences spécifiques aux banques pour détecter, prévenir et atténuer la fraude, assurer un niveau uniforme de protection des consommateurs d’une banque à l’autre, et veiller à ce que l’ACFC puisse prendre des mesures appropriées pour surveiller et faire appliquer les exigences, y compris en imposant des sanctions pécuniaires en cas de non-conformité. Certaines banques ont adopté volontairement certaines des exigences contenues dans le projet de règlement, mais ces pratiques ne sont pas uniformes entre les banques. Le projet de règlement est donc nécessaire pour assurer le traitement cohérent des consommateurs indépendamment de leur institution financière.

De plus, l’obligation de la déclaration des données sur la fraude assurerait une approche uniforme entre toutes les banques et garantirait que le ministère des Finances et l’ACFC aient accès aux données sur la fraude amassée par les banques. Sans le projet de règlement, le gouvernement n’aurait toujours pas accès à des données fiables sur la fraude, et le manque de connaissances continuerait de compliquer l’élaboration de politiques. Ces exigences réglementaires compléteront d’autres exigences prescrites par la Loi sur les banques pour que les banques préviennent et détectent la fraude ciblant les consommateurs et atténuent ses conséquences, lesquelles exigences seront surveillées et mises en application par l’ACFC.

Afin de protéger davantage les consommateurs contre la fraude, le ministère travaille avec d’autres ministères gouvernementaux pour élaborer une Stratégie nationale antifraude qui proposera une approche multisectorielle pour lutter contre la fraude. Cette stratégie réunira les institutions financières, les entreprises de télécommunications et les entreprises technologiques pour mieux protéger les consommateurs contre la fraude.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Aperçu

L’analyse coĂ»ts-avantages examine les coĂ»ts et les avantages supplĂ©mentaires potentiels associĂ©s au projet de règlement. Dans l’ensemble, l’analyse conclut que le projet de règlement apporterait des avantages actualisĂ©s s’élevant Ă  2,9 milliards de dollars et gĂ©nĂ©rerait des coĂ»ts actualisĂ©s de 611 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans après son enregistrement (actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e 2027 Ă  un taux d’actualisation de 7 % et exprimĂ©s en dollars canadiens de 2026). Cela reprĂ©sente des avantages nets de 2,3 milliards de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans suivant l’enregistrement du projet de règlement. Tous les avantages monĂ©taires reviendraient aux consommateurs, tandis que les coĂ»ts monĂ©taires seraient rĂ©partis entre les consommateurs, les banques et le gouvernement.

L’analyse met en Ă©vidence l’avantage monĂ©taire suivant associĂ© au projet de règlement :

L’analyse Ă©numère aussi les quatre coĂ»ts monĂ©taires suivants associĂ©s au projet de règlement :

Les avantages qualitatifs suivants sont Ă©galement associĂ©s Ă  cette proposition :

  1. la réduction des préjudices non financiers associés aux pertes liées à la fraude, y compris les effets sur la santé mentale, découlant de la réduction de la fréquence et de la valeur totale des pertes liées à la fraude;
  2. la réduction du temps passé par les organismes responsables de l’application de la loi et les institutions financières à enquêtes sur les cas de fraude;
  3. l’avantage pour les consommateurs que les banques soient obligées d’appliquer les demandes de modification d’une limite de transaction ou de retrait sans délai, si la banque vérifie l’identité du consommateur;
  4. la confiance accrue des consommateurs dans le secteur financier fédéral, du fait de la réduction des pertes liées à la fraude;
  5. l’accès à des données fiables et exactes en temps utile pour guider les futures politiques de prévention de la fraude, y compris la Stratégie nationale antifraude.
Profil des intervenants concernés
Consommateurs

Le projet de règlement apporterait des avantages monétaires aux consommateurs canadiens qui désactivent (ou, pour les nouveaux comptes, n’activent pas) les fonctionnalités de compte qui pourraient autrement être utilisées pour les frauder. À savoir, les consommateurs qui désactivent le transfert électronique de fonds bénéficieraient d’une réduction des pertes liées à la fraude si un fraudeur accède à leur compte de dépôt personnel.

Le CAFC conclut que, d’après les donnĂ©es de 2024, les personnes de moins de 50 ans sont plus susceptibles d’être victimes de fraude. Toutefois, les personnes âgĂ©es de plus de 50 ans perdent plus d’argent lorsqu’elles se font frauder. En 2024, le CAFC a reçu 109 000 rapports de fraude. Cependant, il note que seulement 5 Ă  10 % des fraudes au Canada sont signalĂ©esrĂ©fĂ©rence 1, ce qui fait que le nombre rĂ©el de cas de fraude au Canada pourrait se situer entre 1,1 et 2,2 millions de dollars en 2024.

Les donnĂ©es probantes de l’enquĂŞte de l’ACFC rĂ©vèlent que la fraude ciblant les consommateurs touche les Canadiens de diffĂ©rents groupes dĂ©mographiques, mais que la dĂ©claration des cas par les victimes varie d’une sous-population Ă  l’autre. Dans le Suivi mensuel du bien-ĂŞtre financier de l’ACFC, 13 % des Canadiens ont dĂ©clarĂ© avoir Ă©tĂ© victimes de fraude en 2024, les plus nombreux Ă©tant les jeunes adultes de 18 Ă  34 ans (16 %) et les moins nombreux Ă©tant les personnes de 65 ans et plus (9 %).

Entre 2023 et 2025, les pertes liĂ©es Ă  la fraude totales signalĂ©es au CAFC ont augmentĂ© d’approximativement 10 % chaque annĂ©e. La hausse d’une annĂ©e sur l’autre des pertes liĂ©es Ă  la fraude a diminuĂ© après la pandĂ©mie de COVID-19, pendant laquelle les pertes ont bondi de 130 % en 2021 et de 40 % en 2022. Le CAFC n’a pas publiĂ© de donnĂ©es avant 2020.

Les consommateurs subiraient aussi les effets des nouvelles frictions causées par le projet de règlement, notamment l’exigence pour les banques d’obtenir leur consentement exprès avant d’activer certaines fonctionnalités des comptes et de soit valider leur identité pour augmenter une limite de transaction sans délai, soit attendre un jour ouvrable si leur identité n’a pas pu être validée. Cela pourrait frustrer les consommateurs qui tentent de faire des opérations légitimes, surtout s’ils sont pressés.

Institutions financières

Le projet de règlement s’appliquerait uniquement aux « institutions Â», telles qu’elles sont dĂ©finies dans la partie XII.2 de la Loi sur les banques. Cette dĂ©finition comprend les banques Ă©numĂ©rĂ©es aux annexes I et II ainsi que les banques Ă©trangères autorisĂ©es. En date du 31 dĂ©cembre 2025, 35 banques visĂ©es par l’annexe I et 15 banques visĂ©es par l’annexe II exerçaient des activitĂ©s au Canada. Selon le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), il y avait 29 banques Ă©trangères autorisĂ©es. Au total, 79 institutions seraient touchĂ©es par le projet de règlement.

Modèle et hypothèses
Réductions des pertes liées à la fraude (monétaires)

Afin d’estimer les niveaux de fraude au Canada, les cas Ă©tant majoritairement non dĂ©clarĂ©s, il sera prĂ©sumĂ© que le nombre et la valeur des cas de fraude signalĂ©s par le CAFC reprĂ©sentent 7,5 % de la valeur rĂ©elle de la fraude au Canada. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© dans le contexte, cette hypothèse est basĂ©e sur l’estimation du CAFC voulant que seulement 5 Ă  10 % des cas de fraude soient signalĂ©s, ce qui fait que de 90 Ă  95 % des cas ne le sont pas. En 2024, le CAFC a dĂ©clarĂ© des pertes liĂ©es Ă  la fraude totalisant 645 millions de dollars, pour 109 000 rapports de cas. Cependant, chaque rapport ne correspond pas Ă  une perte, parce que certains consommateurs signalent les tentatives de fraude au CAFC. En 2024, les pertes dĂ©clarĂ©es par les consommateurs liĂ©es aux virements tĂ©lĂ©graphiques se sont Ă©levĂ©es Ă  154 millions de dollars, tandis que celles liĂ©es aux virements Ă©lectroniques Interac ont atteint 36,7 millions de dollars. Si ces chiffres reprĂ©sentent 7,5 % de la valeur rĂ©elle des pertes liĂ©es Ă  la fraude, alors les Canadiens ont perdu 2,1 milliards de dollars Ă  cause de la fraude par virement tĂ©lĂ©graphique et 489 millions de dollars Ă  cause de la fraude par virement Ă©lectronique Interac en 2024.

D’après la valeur des pertes liĂ©es Ă  la fraude dĂ©clarĂ©e par le CAFC entre 2022 et 2025, il est prĂ©sumĂ© que ces pertes continueront d’augmenter de 10 % par annĂ©e. Aux fins de la prĂ©sente analyse, il est Ă©galement prĂ©sumĂ© que le nombre de victimes de fraude augmentera de 10 % par annĂ©e.

Afin d’estimer les avantages du projet de règlement, il est prĂ©sumĂ© que les consommateurs qui n’utilisent pas le virement tĂ©lĂ©graphique, le transfert d’argent mondial ou le virement Ă©lectronique Interac n’activeront pas ces fonctionnalitĂ©s et ne subiront donc pas de pertes en lien avec ces mĂ©thodes de transaction si un fraudeur accède Ă  leur compte. Interac affirme que 88 % des Canadiens utilisent le virement Ă©lectronique InteracrĂ©fĂ©rence 2. Puisqu’une partie des consommateurs qui ne l’utilisent pas l’activeraient tout de mĂŞme, il est prĂ©sumĂ© que 10 % des titulaires de compte dĂ©sactiveraient cette fonctionnalitĂ© s’il en avait la possibilitĂ©.

Comme le CAFC ne fait pas la distinction entre les virements tĂ©lĂ©graphiques et les transferts d’argent mondiaux dans son rapport annuel, il est prĂ©sumĂ© que les pertes associĂ©es aux transferts d’argent mondiaux sont un sous-ensemble des pertes liĂ©es aux virements tĂ©lĂ©graphiques. Selon Paiements CanadarĂ©fĂ©rence 3, 20 % des Canadiens avaient envoyĂ© un paiement international dans les 12 mois avant mars 2024. Bien que ces personnes n’aient peut-ĂŞtre par utilisĂ© la fonctionnalitĂ© de transfert d’argent mondial, cette donnĂ©e est utilisĂ©e pour estimer le nombre de consommateurs qui dĂ©sactiveraient cette fonctionnalitĂ©. Étant donnĂ© qu’il est probable qu’une partie de la population qui n’a pas utilisĂ© la fonctionnalitĂ© de transfert d’argent mondial ne souhaite pas la dĂ©sactiver, il est prĂ©sumĂ© que 25 % des Canadiens l’activeraient, et donc que 75 % la dĂ©sactiveraient.

Vu le manque de donnĂ©es sur le nombre de Canadiens qui utilisent les virements tĂ©lĂ©graphiques, il est prĂ©sumĂ© qu’un autre 50 % des Canadiens dĂ©sactiveraient cette fonctionnalitĂ©. MĂŞme si le virement tĂ©lĂ©graphique n’est pas une mĂ©thode courante pour les opĂ©rations quotidiennes, il est pratique pour les opĂ©rations de grande valeur, comme les mises de fonds sur les hypothèques ou les achats de vĂ©hicules. Si l’on combine les virements tĂ©lĂ©graphiques aux estimations des transferts d’argent mondiaux, il est prĂ©sumĂ© que 25 % de la population dĂ©sactiverait les virements tĂ©lĂ©graphiques, y compris les transferts d’argent mondiaux.

Aux fins des avantages monĂ©taires dĂ©crits dans la prĂ©sente analyse, il est prĂ©sumĂ© que seules les opĂ©rations frauduleuses non autorisĂ©es seraient empĂŞchĂ©es par le projet de règlement. MĂŞme s’il est possible que le projet de règlement prĂ©vienne certaines opĂ©rations autorisĂ©es si, par exemple, un consommateur choisit de ne pas envoyer un paiement frauduleux Ă  cause de la friction associĂ©e Ă  la rĂ©activation d’une fonctionnalitĂ© de son compte, cela ne reprĂ©senterait qu’une infime partie des pertes liĂ©es Ă  la fraude, et l’efficacitĂ© du règlement Ă  prĂ©venir une telle fraude est beaucoup plus incertaine. Par consĂ©quent, ces avantages ne sont pas monĂ©tisĂ©s dans cette analyse. Selon Paiements CanadarĂ©fĂ©rence 4, les opĂ©rations non autorisĂ©es reprĂ©sentaient 38 % des cas de fraude subis par les Canada durant une pĂ©riode de six mois en 2024. Par consĂ©quent, on prĂ©sume que 38 % des pertes liĂ©es Ă  la fraude estimĂ©es sont attribuables aux opĂ©rations frauduleuses non autorisĂ©es et que ces pertes seraient Ă©vitĂ©es si le projet de règlement entrait en vigueur.

Afin d’estimer la rĂ©duction des pertes liĂ©es Ă  la fraude, la valeur estimĂ©e de ces pertes associĂ©e Ă  chaque mĂ©thode de transaction en 2027 (651 millions de dollars pour le virement Ă©lectronique Interac, 2,7 milliards de dollars pour le virement tĂ©lĂ©graphique) est multipliĂ©e par le pourcentage estimĂ© de la population qui dĂ©sactiverait les fonctionnalitĂ©s (10 % et 25 %, respectivement) et par le pourcentage des pertes totales associĂ©es aux opĂ©rations frauduleuses non autorisĂ©es (38 %).

Coûts de mise en œuvre pour l’industrie (monétaires)

Afin d’estimer les coĂ»ts que les banques engageraient la première annĂ©e suivant l’enregistrement du projet de règlement, les hypothèses suivantes sont faites :

Coûts annuels pour l’industrie (monétaires)

Afin d’estimer les coĂ»ts annuels permanents associĂ©s Ă  l’examen annuel des politiques et des procĂ©dures, les hypothèses suivantes sont faites :

Afin d’estimer les coĂ»ts associĂ©s Ă  la collecte de donnĂ©es sur la fraude auprès des consommateurs, il est prĂ©sumĂ© que tous les consommateurs signaleraient les cas de fraude Ă  leurs banques. Pour estimer le nombre de cas de fraude au cours d’une annĂ©e donnĂ©e, il est prĂ©sumĂ© que le nombre de cas de fraude signalĂ©s au CAFC reprĂ©sente 7,5 % du nombre total de cas de fraude au Canada. Cette hypothèse cadre avec l’estimation du CAFC, Ă  savoir que seulement 5 Ă  10 % des cas de fraude sont signalĂ©s. Il est prĂ©sumĂ© que chaque rapport prendrait 12 minutes Ă  remplir, donc qu’un employĂ© d’une banque remplirait 5 rapports par heure. Par consĂ©quent, 5 381 heures seraient requises pour amasser toutes les donnĂ©es sur la fraude Ă  chacune des 79 banques concernĂ©es en 2028. Il est prĂ©sumĂ© que chacun de ces employĂ©s se trouve au niveau des analystes principaux ou des cadres supĂ©rieurs et gagne 59,48 $ par heure (Classification nationale des professions 10010).

Ces coûts seraient engagés à compter de la deuxième année suivant l’enregistrement du projet de règlement.

Enfin, pour estimer le coĂ»t annuel associĂ© Ă  transmission des donnĂ©es sur la fraude Ă  l’ACFC, les hypothèses suivantes sont faites :

Les coûts associés à la transmission des données sur la fraude à l’ACFC seraient engagés à compter de la troisième année suivant l’enregistrement du projet de règlement.

Coûts de la supervision pour le gouvernement (monétaires)

L’ACFC administrerait, superviserait et assurerait la conformité des banques et des banques étrangères autorisées au projet de règlement, procéderait à des mises à jour ciblées ou créerait de nouvelles ressources documentaires pour les consommateurs, et soutiendrait la présentation de rapports annuels au ministre une fois les données requises soumises conformément au projet de règlement.

Les activités de l’ACFC relatives à la surveillance du projet de règlement évolueraient au fil du temps, à commencer par les activités de mise en œuvre durant la période de transition et progressant vers la surveillance et l’application continues fondées sur les risques.

Au cours de la première année suivant l’enregistrement du projet de règlement, l’ACFC entreprendrait une série d’activités de mise en œuvre pour aider les entités réglementées à atteindre rapidement la conformité. Il s’agirait notamment d’adapter et d’élargir les systèmes de réception et de validation de données de l’ACFC et de communiquer aux banques les attentes réglementaires, y compris l’élaboration de directives de surveillance, de procédures opérationnelles et de cadres interprétatifs internes. Pendant ce temps, l’ACFC préparerait des produits de communication externes (mises à jour du site Web, pages d’information pour les consommateurs, foire aux questions, etc.).

L’ACFC estime qu’au cours de la première annĂ©e, il aurait besoin de cinq Ă©quivalents Ă  temps plein (ETP) pour prĂ©parer les transmissions de donnĂ©es, cinq ETP pour prĂ©parer la supervision des exigences relatives aux fonctionnalitĂ©s des comptes, et huit ETP pour prĂ©parer la supervision des politiques et des procĂ©dures sur la fraude ciblant les consommateurs. Au total, l’ACFC aurait besoin de 18 ETP la première annĂ©e suivant l’enregistrement du projet de règlement.

L’ACFC estime que chacune des annĂ©es subsĂ©quentes, après l’entrĂ©e en vigueur du règlement, elle aurait besoin de 9 ETP pour soutenir la surveillance des exigences relatives Ă  la transmission de donnĂ©es, 11 ETP pour surveiller les exigences relatives aux politiques et aux procĂ©dures, et 5 ETP pour surveiller les exigences relatives aux fonctionnalitĂ©s des comptes. Au total, l’ACFC estime qu’elle aurait besoin de 25 ETP par annĂ©e Ă  compter de la deuxième annĂ©e suivant l’enregistrement du projet de règlement.

Coûts liés aux frictions pour les consommateurs (monétaires)

Les consommateurs subiraient des coĂ»ts associĂ©s Ă  l’activation des fonctionnalitĂ©s de compte et Ă  la validation de leur identitĂ© pour augmenter une limite de transaction. Il est prĂ©sumĂ© que 95 % des Canadiens qui ont des comptes bancaires souhaiteraient activer certaines fonctionnalitĂ©s de compte, que ce soit le virement tĂ©lĂ©graphique, le transfert d’argent mondial ou le virement Ă©lectronique Interac, ou une combinaison des trois, et que l’activation de ces fonctionnalitĂ©s prendrait environ cinq minutes, quel que soit le nombre de fonctionnalitĂ©s activĂ©es. Les banques ne seraient pas obligĂ©es d’obtenir le consentement exprès pour les fonctionnalitĂ©s qui auraient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© activĂ©es avant l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement. Par consĂ©quent, les consommateurs qui ouvrent un compte avant l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement n’engageraient pas de coĂ»ts pour l’activation de fonctionnalitĂ©s, Ă  moins qu’ils choisissent de d’abord en dĂ©sactiver.

Afin d’estimer le nombre de comptes qui seront ouverts dans une annĂ©e donnĂ©e, il est prĂ©sumĂ© que 99 % des nouveaux adultes dans la population canadienne ouvriraient un compte bancaire. Cette hypothèse est basĂ©e sur les donnĂ©es de l’ABC, qui estime que 99 % des Canadiens adultes ont un compte bancairerĂ©fĂ©rence 7. Cela signifie que 28 000 Canadiens ouvriraient un compte bancaire en 2027. En plus de la part des Canadiens qui ouvriront leur premier compte bancaire, il est prĂ©sumĂ© que 24 % de la population adulte ouvrirait un deuxième compte bancaire ou changerait de banque pendant toute annĂ©e donnĂ©erĂ©fĂ©rence 8. Cette hypothèse cadre avec les donnĂ©es d’Environics Research, qui a conclu que 24 % des Canadiens ont dĂ©clarĂ© avoir changĂ© de compte bancaire en 2024. En 2027, cela correspondrait Ă  8,1 millions de Canadiens.

De plus, il est prĂ©sumĂ© que, sur la population de Canadiens adultes qui ont des comptes bancaires, 25 % souhaiteraient augmenter une limite de transaction Ă  un certain moment durant l’annĂ©e, et que la validation de leur identitĂ© prendrait environ cinq minutes. Étant donnĂ© que 99 % des Canadiens adultes ont un compte bancaire, il est prĂ©sumĂ© que 8,4 millions de Canadiens souhaiteraient augmenter une limite de transaction dans la deuxième annĂ©e suivant l’enregistrement du projet de règlement.

Afin d’estimer ces coĂ»ts pour les consommateurs, le coĂ»t de renonciation liĂ©e Ă  la fourniture du consentement exprès et Ă  la validation de l’identitĂ© est prĂ©sumĂ© ĂŞtre Ă©gal au salaire moyen au Canada. Selon Statistique Canada, le salaire moyen pour tous les employĂ©s Ă©tait de 36,40 $ en 2025.

Énoncé des coûts et des avantages
Tableau 1 : Avantages monĂ©taires (x 1 000 000 $)
Intervenant touché Description de l’avantage Année de base (2027) Autres années pertinentes (2028) Dernière année (2036) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Consommateurs RĂ©duction des pertes liĂ©es Ă  la fraude 142 $ 313 $ 671 $ 2 887 $ 411 $
Tous les intervenants Montant total de l’avantage 142 $ 313 $ 671 $ 2 887 $ 411 $
Tableau 2 : CoĂ»ts monĂ©taires (x 1 000 000 $)
Intervenant touché Description des coûts Année de base (2027) Autres années pertinentes (2028) Dernière année (2036) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Industrie CoĂ»ts de mise en Ĺ“uvre 3 $ 0 0 $ 3 $ 0
CoĂ»ts annuels 0 26 $ 55 $ 227 $ 32 $
Gouvernement CoĂ»ts de supervision 4 $ 7 $ 6 $ 39 $ 6 $
Consommateurs CoĂ»ts liĂ©s aux frictions relatives aux paiements 25 $ 51 $ 54 $ 342 $ 49 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 32 $ 84 $ 115 $ 611 $ 87 $
Tableau 3 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©taire (x 1 000 000 $)
Répercussions Année de base (2027) Autres années pertinentes (2028) Dernière année (2036) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des avantages 142 $ 313 $ 671 $ 2 887 $ 411 $
Total des coĂ»ts 32 $ 84 $ 115 $ 611 $ 87 $
RĂ©percussion nette 110 $ 229 $ 555 $ 2 276 $ 324 $
Analyse de la sensibilité

Dans l’analyse coĂ»ts-avantages, il est prĂ©sumĂ© que les pertes liĂ©es Ă  la fraude dĂ©clarĂ©es par le CAFC reprĂ©sentent 7,5 % des pertes liĂ©es Ă  la fraude totale (1,9 million de cas de fraude par annĂ©e). Bien que le CAFC estime que ses dĂ©clarations reprĂ©sentent de 5 Ă  10 % de toutes les pertes liĂ©es Ă  la fraude au Canada, la valeur rĂ©elle n’est pas connue. L’analyse de la sensibilitĂ© examine l’impact du projet de règlement si les dĂ©clarations du CAFC reprĂ©sentent 5 % (scĂ©nario haut — 2,9 millions de cas de fraude par annĂ©e) et 10 % (scĂ©nario bas — 1,4 million de cas de fraude par annĂ©e) des pertes liĂ©es Ă  la fraude au Canada.

Comme il est montrĂ© dans le tableau ci-dessous, si le nombre rĂ©el de cas de fraude et la valeur rĂ©elle des pertes liĂ©es Ă  la fraude sont plus faibles que ce qui est prĂ©sumĂ© dans le scĂ©nario central, les coĂ»ts et les avantages associĂ©s seront aussi plus faibles. Ă€ l’inverse, si le nombre rĂ©el de cas de fraude et la valeur rĂ©elle des pertes liĂ©es Ă  la fraude sont plus Ă©levĂ©s que ce qui Ă©tait prĂ©sumĂ© initialement, les coĂ»ts et les avantages seront plus Ă©levĂ©s. Si toutes les autres hypothèses restent les mĂŞmes dans l’analyse, tant que le nombre de cas de fraude dĂ©passe 145 200 cas par annĂ©e (75,9 % des cas de fraude signalĂ©s), le règlement produirait un avantage net positif.

Tableau 4 : RĂ©sultats de l’analyse de la sensibilitĂ© sur les impacts du projet de règlement (x 1 000 000)
  ScĂ©nario bas ScĂ©nario central ScĂ©nario haut
Nombre total de cas de fraude (2027) 1,4 1,9 2,9
Valeur totale des pertes liĂ©es Ă  la fraude (2027) 2 538,2 $ 3 384,3 $ 5 076,4 $
Montant total des avantages (VA) 2 164,9 $ 2 886,6 $ 4 329,9 $
CoĂ»ts totaux (VA) 484,9 $ 610,9 $ 595,2 $
Avantage net 1 680,0 $ 2 275,6 $ 3 734,7 $
Avantage net annualisĂ© 239,2 $ 324,0 $ 531,7 $
Analyse de répartition

Selon le CAFC, la fraude touche gĂ©nĂ©ralement Ă©galement tous les segments de la population. Si les personnes âgĂ©es sont plus susceptibles d’être fraudĂ©es par des mĂ©thodes « classiques Â», comme les appels tĂ©lĂ©phoniques directs plutĂ´t que la cyberfraude, les groupes d’âge plus jeunes sont de plus en plus victimes de types de fraudes nuancĂ©s et spĂ©cifiques Ă  l’âge, par exemple les vidĂ©os hypertruquĂ©es sur les mĂ©dias sociaux. De mĂŞme, les hommes et les femmes sont gĂ©nĂ©ralement victimes de fraude en proportion Ă©gale.

Ces avantages seraient probablement répartis entre les provinces en fonction des taux de fraude, ce qui signifie que les provinces où les pertes liées à la fraude sont plus élevées recevraient de plus grands avantages. Selon le rapport annuel de 2024 du CAFC, l’Ontario a subi les pertes liées à la fraude les plus élevées et devrait donc recevoir les plus grands avantages. À l’inverse, puisque les territoires ont déclaré les plus faibles pertes liées à la fraude, ce sont eux qui devraient toucher la plus faible part des avantages.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous l’optique des petites entreprises a permis de déterminer que le règlement n’aura pas d’incidence sur les petites entreprises. Par conséquent, aucune analyse supplémentaire n’a été effectuée à l’égard des répercussions sur les petites entreprises ou des mesures prises pour réduire ces répercussions. Cette analyse suppose qu’aucune petite entreprise n’utilise de comptes de dépôt personnels pour mener ses activités. Si ce n’est pas le cas, ces petites entreprises pourraient devoir supporter des coûts mineurs liés aux frictions, mais elles bénéficieraient aussi des mesures de protection contre la fraude et de prévention de la fraude prévues par le projet de règlement.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’appliquerait, car le projet de règlement imposerait de nouveaux coĂ»ts administratifs aux entreprises. Les banques subiraient un nouveau fardeau administratif, car elles devraient transmettre des donnĂ©es sur les cas de fraude Ă  l’ACFC.

Selon les prĂ©visions et les donnĂ©es prĂ©sentĂ©es ci-dessus et la mĂ©thodologie Ă©tablie dans le Règlement sur la rĂ©duction de la paperasse, il est estimĂ© que la communautĂ© rĂ©glementĂ©e assumerait des coĂ»ts administratifs totaux de 117 093 $ (en dollars canadiens de 2012, avec un taux d’actualisation de 7 %, selon le taux d’actualisation de base de 2012) pour toutes les banques.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le ministère a réalisé une analyse juridictionnelle pour déterminer comment les autres administrations luttent contre la fraude. Cette analyse comprenait l’examen des exigences antifraude dans d’autres pays de l’OCDE, dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, Singapour et l’Union européenne. Ces pays ont été sélectionnés parce qu’ils avaient récemment actualisé leurs mesures de prévention de la fraude.

L’Australie a récemment mis en place son cadre de prévention des escroqueries, un cadre multisectoriel visant à réduire la fraude. Le cadre exigera que les institutions des secteurs des finances et des télécommunications et les plateformes numériques prennent de mesures pour prévenir, détecter, signaler et perturber la fraude contre leurs utilisateurs, et y répondre. Il comprend des exigences générales applicables à toutes les industries et aussi des lignes directrices spécifiques aux secteurs.

La Nouvelle-Zélande a également annoncé récemment son intention d’élaborer une stratégie nationale anti-escroquerie. À l’instar du modèle australien, cette initiative intersectorielle comprendra des mesures pour renforcer les protections à l’intention des utilisateurs des secteurs des finances et des télécommunications et des plateformes numériques.

Le Royaume-Uni a adoptĂ© une approche diffĂ©rente, c’est-Ă -dire qu’il attribue la responsabilitĂ© des opĂ©rations frauduleuses aux institutions qui les effectuent. Dans les cas oĂą une opĂ©ration frauduleuse est faite entre des institutions (c’est-Ă -dire pas entre deux comptes dĂ©tenus dans une mĂŞme institution), l’institution expĂ©ditrice et l’institution rĂ©ceptrice doivent toutes deux accepter la responsabilitĂ© de 50 % des fonds perdus par la victime.

De même, Singapour a introduit un modèle de responsabilité limitée qui peut tenir les institutions financières et les fournisseurs de services de télécommunication responsables des opérations frauduleuses s’ils ne remplissent pas leurs obligations respectives pour prévenir la fraude.

Parmi les travaux visant à faire avancer la Stratégie nationale antifraude, le gouvernement a tenu des consultations sur les propositions de nouvelles exigences en matière de pratiques commerciales concernant la fraude à introduire dans le secteur financier, le secteur des télécommunications et les plateformes numériques, avec de potentielles exigences relatives aux recours qui seraient accessibles aux consommateurs en cas de non-respect des responsabilités engendrant des pertes liées à fraude. D’importants travaux stratégiques seront requis pour déterminer comment faire avancer le plus possible la stratégie.

De plus, l’Union européenne a récemment mis en œuvre des règlements qui exigent que les fournisseurs de services de paiement assument la responsabilité des opérations frauduleuses s’ils ne prennent pas de mesures appropriées pour prévenir la fraude.

Il a été constaté que d’autres pays, dont l’Australie, exigeront que les institutions financières signalent les cas de fraude à l’organisme de réglementation pertinent. Cette exigence concorde avec l’exigence proposée que les banques recueillent des données sur la fraude et les transmettent au commissaire de l’ACFC, et l’exigence que les banques aient des politiques et des procédures pour déterminer à quel moment il faut déclarer un cas de fraude à l’organisme de réglementation pertinent.

Les exigences qui permettront aux consommateurs de paramétrer certaines fonctionnalités de leurs comptes ne semblent pas exister dans d’autres pays. Cela s’explique peut-être par le fait que les institutions financières d’autres pays fournissent ces options volontairement.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas exigée.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le projet de règlement bĂ©nĂ©ficierait Ă  tous les Canadiens qui sont victimes de fraude. Les donnĂ©es du CAFC montrent que, si les Canadiens de tous âges sont susceptibles d’être victimes de fraude, ceux âgĂ©s de 50 ans et plus dĂ©clarent les pertes liĂ©es Ă  la fraude les plus Ă©levĂ©es en dollars, selon les rapports annuels de 2021 et 2022 du CAFC. Par consĂ©quent, les Canadiens de plus de 50 ans bĂ©nĂ©ficieraient probablement le plus du projet de règlement.

Selon le CAFC, les aĂ®nĂ©s sont proportionnellement plus nombreux Ă  se faire frauder par des mĂ©thodes « classiques Â», comme les appels tĂ©lĂ©phoniques directs, plutĂ´t que par des cyberfraudes. NĂ©anmoins, les Canadiens de moins de 50 ans sont de plus en plus victimes de types de fraudes nuancĂ©s et spĂ©cifiques Ă  l’âge. Par exemple, le CAFC dĂ©clare que les Canadiens de moins de 19 ans sont plus susceptibles d’être victimes de fraudes liĂ©es Ă  l’utilisation d’applications de rencontre en ligne.

Les donnĂ©es du CAFC ne donnent pas Ă  entendre que la fraude est un enjeu liĂ© au genre : les personnes de tous les genres subissent de la fraude Ă  des taux relativement similaires et seraient donc touchĂ©es de manière Ă©gale par le projet de règlement. Le CAFC n’amasse pas de donnĂ©es sur le revenu, le niveau de scolaritĂ© et le statut de nouvel arrivant, mais ces facteurs peuvent dĂ©terminer si une personne a plus de risque d’être victime de fraude. Les donnĂ©es d’InteracrĂ©fĂ©rence 9 indiquent que les nouveaux arrivants au Canada sentent qu’ils sont plus vulnĂ©rables Ă  la fraude.

L’EnquĂŞte canadienne sur les capacitĂ©s financières de 2024 de l’ACFC rĂ©vèle que la fraude touche les Canadiens en gĂ©nĂ©ral, mais que les tendances varient selon le type de fraude entre les groupes dĂ©mographiques. Par sexe, les hommes signalent davantage de fraudes en matière d’investissement (10 %) que les femmes (8 %), alors que les femmes rapportent plus d’utilisations non autorisĂ©es des cartes bancaires ou de crĂ©dit (39 %) que les hommes (33 %). Par âge, les Canadiens âgĂ©s de 55 ans signalent davantage de cas d’hameçonnage (16 %) que les Canadiens plus jeunes (11 %).

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le projet de règlement entrerait en vigueur le 1er juillet 2027. La pĂ©riode d’entrĂ©e en vigueur donnerait aux banques suffisamment de temps pour modifier leurs systèmes informatiques, leurs documents de divulgation, leurs documents de politiques et de procĂ©dures et d’autres documents internes afin de se conformer Ă  ces mesures. L’ACFC serait en mesure de faire appliquer le projet de règlement Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur proposĂ©e.

Le règlement renfermerait une disposition de transition qui prĂ©voirait que le premier rapport annuel des banques sur la fraude ciblant les consommateurs doit ĂŞtre prĂ©sentĂ© Ă  l’ACFC au plus tard le 15 mai 2029 et contenir les donnĂ©es de la pĂ©riode commençant le 1er janvier 2028 et se terminant le 31 dĂ©cembre 2028. Cela signifie que les banques ne seraient pas tenues de commencer Ă  recueillir les donnĂ©es sur la fraude ciblant les consommateurs jusqu’à six mois après l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement. Les banques et l’ACFC auraient donc plus de temps pour concevoir les systèmes informatiques nĂ©cessaires pour permettre la collecte et la transmission des donnĂ©es sur la fraude.

Les modifications lĂ©gislatives relatives Ă  la fraude ciblant les consommateurs entreraient en vigueur le mĂŞme jour que le projet de règlement, le 1er juillet 2027. Cette date serait fixĂ©e par dĂ©cret.

Le ministère travaillerait avec l’ACFC afin de préparer des documents de communication et de mettre à jour les documents existants d’éducation des consommateurs, au besoin, afin qu’ils soient disponibles au moment de l’enregistrement du projet de règlement.

Conformité et application

L’ACFC promeut, contrôle et assure la conformité des banques et des autres entités financières sous réglementation fédérale aux mesures de protection des consommateurs. Elle surveille le respect des dispositions de la Loi sur les banques et du Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière, notamment en surveillant les tendances du marché et les activités des banques afin de garantir le respect des exigences.

L’ACFC fonctionne sur la base du recouvrement des coûts et est financée principalement par les cotisations des entités réglementées qu’elle supervise. Elle publie chaque année un plan qui décrit les activités prévues conformément à son mandat et les ressources qui soutiendront ces activités. Les coûts associés aux nouvelles exigences seront recouvrés par les processus de recouvrement des coûts existants et indiqués dans le plan d’activités de l’ACFC. Le respect des dispositions du projet de règlement serait assuré par une variété d’approches axées sur un continuum d’observation. Par exemple, en cas de manquements isolés ou mineurs, l’ACFC peut adresser une lettre à la banque et entreprendre une surveillance renforcée. En cas de manquement plus grave, l’ACFC peut demander à une banque de conclure une entente d’observation ou de dresser un procès-verbal de violation assorti d’une sanction administrative pécuniaire.

Personne-ressource

La personne-ressource pour les demandes de renseignements est Mark Radley, directeur, Affaires des consommateurs. Vous pouvez communiquer avec lui en Ă©crivant Ă  l’adresse consumer.consommateur@fin.gc.ca.

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu des alinĂ©as 627.998a)rĂ©fĂ©rence a, p)rĂ©fĂ©rence b, q)rĂ©fĂ©rence b et s) Ă  v)rĂ©fĂ©rence b de la Loi sur les banques rĂ©fĂ©rence c, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Mark Radley, directeur, Affaires des consommateurs, Division des services financiers, Direction de la politique du secteur financier, ministère des Finances, 90, rue Elgin, Ottawa (Ontario) K1A 0G5 (courriel : consumer.consommateur@fin.gc.ca).

Ottawa, le 19 juin 2026

La greffière adjointe du Conseil privé
Janna Rinaldi

Règlement modifiant le Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière

Modifications

1 Le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière rĂ©fĂ©rence 10 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 8, de ce qui suit :

Fraude ciblant les consommateurs

Fonctionnalités du compte

8.1 (1) Pour l’application du paragraphe 627.131(1) de la Loi, les fonctionnalitĂ©s d’un compte qui permettent le virement Ă©lectronique de fonds.

Exclusion

(2) Malgré le paragraphe (1), ne sont toutefois pas visés les virements électroniques de fonds entre des comptes détenus auprès de la même institution financière par la même personne physique, les retraits au guichet automatique, les paiements effectués au moyen des informations d’authentification d’une carte de paiement, les débits préautorisés et les paiements directs.

Consentement exprès — façon

8.2 (1) Pour l’application du paragraphe 627.131(1) de la Loi, pour obtenir le consentement exprès de la personne physique qui est titulaire du compte de dĂ©pĂ´t personnel ou qui en demande l’ouverture, l’institution, Ă  la fois :

Consentement distinct

(2) L’institution est tenue d’obtenir un consentement exprès pour chaque activation d’une fonctionnalité visée, indépendamment de tout autre consentement exprès qu’elle a obtenu en vue de l’ouverture du compte ou de l’activation de toute autre fonctionnalité visée.

Périodes règlementaires

8.3 Pour l’application du paragraphe 627.132(3) de la Loi, l’augmentation d’une limite de retrait ou de virement de fonds d’un compte de dĂ©pĂ´t personnel prend effet :

Fraude — politiques et procĂ©dures

8.4 (1) Pour l’application de l’alinĂ©a 627.134(2)g) de la Loi, les critères sont les suivants :

Révision

(2) L’institution procède à une révision des politiques et des procédures au moins une fois par année afin de s’assurer qu’elles permettent de détecter et de prévenir la fraude ciblant les consommateurs et d’en atténuer les conséquences.

Rapport annuel — commissaire

8.5 Le rapport annuel prĂ©vu au paragraphe 627.134(4) de la Loi est transmis par l’institution au commissaire, en la forme que celui-ci estime satisfaisante, au plus tard cent trente-cinq jours après la fin de l’annĂ©e civile Ă  l’égard de laquelle il est Ă©tabli et il prĂ©cise :

Rapport annuel — ministre

8.6 Le commissaire transmet au ministre le rapport annuel prĂ©vu au paragraphe 627.135(1) de la Loi au plus tard le 30 septembre de l’annĂ©e civile qui suit celle Ă  l’égard de laquelle le rapport est Ă©tabli.

2 L’article 22 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a c), de ce qui suit :

Disposition transitoire

3 Pour l’application de l’article 8.5 du Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateur en matière financière, le premier rapport annuel Ă©tabli au titre du paragraphe 627.134(4) de la Loi sur les banques est transmis au commissaire, au sens de l’article 2 de cette loi, au plus tard le 15 mai 2029 et il contient les renseignements visĂ©s aux alinĂ©as 8.5a) Ă  d) de ce règlement pour la pĂ©riode qui commence le 1er janvier 2028 et qui se termine le 31 dĂ©cembre 2028.

Entrée en vigueur

4 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur le 1er juillet 2027.

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Les renseignements fournis sont recueillis en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques, de la Loi sur le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ainsi que des lois habilitantes des organismes de rĂ©glementation concernĂ©s, aux fins de recueillir des commentaires liĂ©s aux changements rĂ©glementaires. Vos commentaires et vos documents sont recueillis dans le but d’accroĂ®tre la transparence du processus rĂ©glementaire et de rendre le gouvernement plus accessible aux Canadiens.

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