La Gazette du Canada, Partie I, volume 160, numĂ©ro 25 : Règlement modifiant le Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux (partie 2, section 1 — hydrocarbures) et le Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires et les avis (LMMC 2001)

Le 20 juin 2026

Fondement législatif
Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada

Ministère responsable
Ministère des Transports

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Le mazout lourd est un combustible liquide Ă©pais qui reste prĂ©sent dans l’environnement pendant une longue pĂ©riode en cas de dĂ©versement, provoquant l’accumulation physique de rĂ©sidus d’hydrocarbures sur les plantes et les animaux sauvages, et entraĂ®nant l’ingestion d’hydrocarbures par les organismes marins, les mammifères et les oiseaux. En raison des propriĂ©tĂ©s visqueuses et tenaces de ce carburant, ainsi que de l’emplacement Ă©loignĂ© des milieux marins arctique et antarctique, du froid qui y règne et de leur couverture de glace, les interventions en cas de dĂ©versement sont complexes et susceptibles d’avoir des rĂ©percussions importantes sur ce fragile Ă©cosystème. Pour aborder ces risques, l’Organisation maritime internationale (OMI) a adoptĂ© des modifications Ă  la Convention internationale pour la prĂ©vention de la pollution par les navires (MARPOL), un traitĂ© international auquel le Canada adhère, en vue d’interdire l’utilisation et le transport de mazout lourd (aussi appelĂ© « fuel-oil lourd Â» dans la Convention MARPOL) comme carburant dans les eaux antarctiques et arctiques. Ces interdictions sont entrĂ©es en vigueur le 1er aoĂ»t 2011 et le 1er juillet 2024, respectivement. Cette interdiction vise Ă  attĂ©nuer les rĂ©percussions d’un dĂ©versement de mazout lourd provenant de bâtiments dans le milieu marin, compte tenu de l’infrastructure limitĂ©e et des conditions d’intervention difficiles en cas de dĂ©versement dans les eaux arctiques ou antarctiques.

Description : Le Règlement modifiant le Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux (partie 2, section 1 — hydrocarbures) [le « projet de règlement Â»], mettrait en Ĺ“uvre l’interdiction internationale d’utiliser et de transporter pour utilisation comme carburant du mazout lourd dans les eaux arctiques et antarctiques. De plus, il contribuerait Ă  corriger des rĂ©fĂ©rences dĂ©suètes relevĂ©es Ă  la section 1 (Hydrocarbures) de la partie 2 du Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux (RPBPCD).

Des modifications devront également être apportées au Règlement sur les sanctions administratives pécuniaires et les avis (LMMC 2001) afin de désigner les nouvelles dispositions du RPBPCD relatives à l’interdiction du mazout lourd comme constituant une violation en cas de non-respect.

Justification : Ă€ l’heure actuelle, le RPBPCD n’incorpore pas l’exigence internationale d’interdire l’utilisation et le transport de mazout lourd dans les eaux arctiques et antarctiques; des modifications sont donc nĂ©cessaires pour harmoniser le cadre national du Canada avec les normes internationales actuelles.

De 2027 Ă  2036, le projet de règlement engendrera un coĂ»t total de 10,4 millions de dollars (valeur exprimĂ©e en dollars canadiens de 2023, actualisĂ©e Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence de 2027 Ă  un taux de 2 %) pour les reprĂ©sentants autorisĂ©s des bâtiments touchĂ©s en raison de la nĂ©cessitĂ© d’utiliser des carburants Ă  plus faible teneur en soufre. Le projet de règlement procurera un avantage total de 4,3 millions de dollars dĂ©coulant de la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Les Canadiens qui vivent Ă  proximitĂ© des eaux arctiques en tireront Ă©galement des bienfaits, dans la mesure oĂą le projet de règlement contribuera Ă  rĂ©duire les rĂ©percussions d’un dĂ©versement de mazout lourd et Ă  amĂ©liorer leurs conditions socio-Ă©conomiques et leur santĂ© globale.

L’analyse rĂ©alisĂ©e au moyen de la Lentille des petites entreprises a permis de conclure que le projet de règlement n’aura pas d’incidences sur les petites entreprises canadiennes. La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, Ă©tant donnĂ© que le projet de règlement n’entraĂ®ne pas de hausse du fardeau administratif des entreprises et qu’aucun règlement n’est abrogĂ© ou ajoutĂ©.

Enjeux

Vu sa viscosité et sa densité élevées, le mazout lourd peut avoir des répercussions environnementales persistantes à long terme sur les eaux polaires, ce qui pourrait avoir une incidence sur le milieu biologique marin et les collectivités qui en dépendent pour se nourrir. Les conditions difficiles, la couverture de glace, l’éloignement et les longues périodes d’obscurité ajoutent à la complexité du nettoyage à la suite d’un déversement dans les eaux polaires. Ces conditions rendent encore plus difficile le nettoyage en cas de déversement de mazout lourd, car ce dernier ne s’évapore pas rapidement et est plus persistant dans l’environnement.

Compte tenu des dommages environnementaux irrĂ©versibles qu’un seul dĂ©versement de mazout lourd pourrait causer, l’OMI a adoptĂ© des interdictions dans le cadre de la Convention MARPOL relativement Ă  l’utilisation ou au transport de mazout lourdrĂ©fĂ©rence 1 comme carburant dans les eaux polaires. L’interdiction internationale est en place depuis le 1er aoĂ»t 2011 dans la zone de l’Antarctique et est entrĂ©e en vigueur le 1er juillet 2024 dans les eaux arctiques. Le Canada met actuellement en Ĺ“uvre l’interdiction dans l’Arctique par l’intermĂ©diaire de l’ArrĂŞtĂ© d’urgence no 3 interdisant aux bâtiments dans les eaux arctiques d’avoir Ă  leur bord certains hydrocarbures de Transports Canada (TC). Il s’agit d’une mesure temporaire en vue d’attĂ©nuer les risques directs ou indirects pour l’environnement. Par consĂ©quent, des modifications aux règlements canadiens sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre l’interdiction.

Le projet de règlement présentera de nouvelles interdictions qui ne sont pas actuellement visées par le régime de sanctions administratives pécuniaires (SAP), ce qui nécessitera des modifications connexes dans le Règlement sur les sanctions administratives pécuniaires et les avis (LMMC 2001) afin de désigner ces nouvelles dispositions du RPBPCD comme constituant une violation en cas de non-respect.

Contexte

L’OMI est l’institution spécialisée des Nations Unies qui établit les normes mondiales en matière de sécurité et de sûreté du transport maritime international et de prévention de la pollution par les bâtiments. La Convention MARPOL, un traité administré par l’OMI, est la principale convention internationale consacrée à la prévention de la pollution marine causée par les bâtiments, qu’elle soit d’origine opérationnelle ou accidentelle. Le Recueil sur la navigation polaire de l’OMI au titre de la Convention MARPOL doit être respecté par les bâtiments exploités en eaux polaires et énonce des exigences en matière de sécurité et de prévention de la pollution applicables à la navigation dans ces eaux, notamment des normes de conception des réservoirs de carburant en vue d’atténuer les risques de pollution.

Le RPBPCD, Ă©tabli en vertu de la LMMC 2001, constitue le principal cadre rĂ©glementaire national du Canada pour la mise en Ĺ“uvre des exigences de la Convention MARPOL. Il intègre ces exigences internationales dans le droit canadien et Ă©tablit des normes environnementales qui contribuent Ă  prĂ©venir les rejets de substances polluantes par les bâtiments et Ă  rĂ©glementer les Ă©missions atmosphĂ©riques produites par les bâtiments exploitĂ©s dans les eaux de compĂ©tence canadienne, ainsi que celles des bâtiments battant pavillon canadien, peu importe oĂą ils sont exploitĂ©s. Il Ă©tablit des normes supplĂ©mentaires ou complĂ©mentaires Ă  celles qui sont prĂ©vues par la Convention MARPOL et le Recueil sur la navigation polaire, permettant de veiller Ă  ce que le Canada respecte ses obligations internationales tout en conservant un cadre national solide. Il est organisĂ© en neuf sections, Ă  savoir les hydrocarbures, les substances liquides nocives et les produits chimiques dangereux, les polluants marins, les eaux usĂ©es, les ordures, l’atmosphère, les substances polluantes, les systèmes antisalissures et les eaux grises.

Le terme gĂ©nĂ©rique « mazout lourd Â» est employĂ© dans l’industrie pour rĂ©fĂ©rer aux carburants Ă  faible coĂ»t et Ă  viscositĂ© et densitĂ© Ă©levĂ©es qui ne s’évaporent pas aussi rapidement que les autres carburants et qui sont donc plus susceptibles de se retrouver emprisonnĂ©s dans la glace. Les mazouts lourds ont une forte teneur en soufre et sont souvent combinĂ©s Ă  des carburants plus lĂ©gers pour crĂ©er des mĂ©langes, comme du mazout Ă  très faible teneur en soufre (MTFTS), qui est encore considĂ©rĂ© comme du mazout lourd, mais Ă  plus faible teneur en soufre.

Les navires peuvent opter pour diffĂ©rents types de carburants de propulsion, selon leur taille, leur configuration, leur itinĂ©raire, leur logistique et leurs considĂ©rations financières. Les mazouts marins comprennent gĂ©nĂ©ralement le mazout lĂ©ger (par exemple le gazole marin ou le diesel marin), le gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL) ou le carburant rĂ©siduel (par exemple le mazout lourd ou le mazout Ă  très faible teneur en soufre [MTFTS]). Le coĂ»t du mazout lourd est normalement moins Ă©levĂ© que celui du mazout lĂ©ger ou du GNL, et sa teneur en soufre est plus forte. Les grands bâtiments commerciaux, comme des bâtiments de charge, des pĂ©troliers et des vraquiersrĂ©fĂ©rence 2, utilisent principalement du mazout lourd pour les voyages longue distance et les transits en haute mer.

De nombreux bâtiments, comme les navires de croisière, les brise-glace, les bâtiments de recherche et les bateaux de pĂŞche, sont passĂ©s aux carburants Ă  faible teneur en soufre, comme le mazout lĂ©ger et le mazout Ă  très faible teneur en soufre, pour respecter la limite mondiale de teneur en soufre de l’OMI. Cette limite, qui est entrĂ©e en vigueur en janvier 2020, restreint la teneur en soufre du mazout marin afin de rĂ©duire les Ă©missions nocives d’oxyde de soufre des bâtiments. Des limites de soufre plus strictes s’appliquent dans certaines zones de contrĂ´le des Ă©missions (ZCE) dĂ©signĂ©es, c’est-Ă -dire des zones maritimes approuvĂ©es par l’OMI afin de restreindre les polluants atmosphĂ©riques provenant des bâtiments. Celles-ci comprennent notamment la ZCE de l’AmĂ©rique du Nord, qui englobe tous les ports du Canada situĂ©s au sud du 60e parallèle.

Les bâtiments exploités dans ces ZCE doivent utiliser des carburants conformes à faible teneur en soufre pendant leur présence dans ces zones. En raison de la limite mondiale de teneur en soufre et des exigences dans les ZCE, les bâtiments transportent souvent plusieurs types de carburants, comme du mazout lourd pour les transits en haute mer à l’extérieur des ZCE et du mazout léger à faible teneur en soufre ou du gaz naturel liquéfié (GNL) pour la navigation dans les ZCE. Par conséquent, le changement de carburant est une pratique opérationnelle bien établie chez les représentants autorisés (propriétaires ou opérateurs) qui leur permet d’éviter de dépasser les limites internationales de teneur en soufre imposées.

Eaux antarctiques

En 2009, les États membres de l’OMI, qui comprennent le Canada, ont approuvĂ© des modifications Ă  la règle 43 de l’annexe I de la Convention MARPOL dans le but d’interdire l’utilisation et le transport de mazout lourd comme carburant dans les eaux antarctiques. Cette interdiction, qui est entrĂ©e en vigueur le 1er aoĂ»t 2011 et qui s’applique Ă  tous les bâtiments exploitĂ©s dans les eaux antarctiques, vise Ă  protĂ©ger ces eaux sensibles et vulnĂ©rables contre les risques de rejet accidentel ou de dĂ©versement de mazout lourd. La règle 43 a Ă©tĂ© modifiĂ©e en 2014 pour interdire le transport de mazout lourd en tant que cargaison, son utilisation en tant que ballast (pour stabiliser les bâtiments) ainsi que son utilisation en tant que carburant. Les États membres sont parvenus Ă  mettre en Ĺ“uvre l’interdiction du mazout lourd facilement dans les eaux antarctiques, car cette zone est rĂ©gie par le Système du TraitĂ© sur l’Antarctique, un accord international qui accorde la prioritĂ© Ă  la protection de l’environnement et qui interdit l’exploitation des ressources de l’Antarctique Ă  des fins commerciales. Par consĂ©quent, la rĂ©gion de l’Antarctique ne compte aucun rĂ©sident permanent et la navigation commerciale est limitĂ©e.

On compte peu de bâtiments battant pavillon canadien qui sont exploitĂ©s dans les eaux antarctiques. Ceux qui le font sont principalement des navires de croisière, des bateaux de pĂŞche et des bâtiments de recherche qui n’utilisent pas de mazout lourd. Il n’y a pas de pĂ©troliers, de bâtiments de charge ni de vraquiers commerciaux battant pavillon canadien dans les eaux antarctiques. Tous les bâtiments exploitĂ©s dans les eaux antarctiques sont assujettis Ă  l’interdiction du mazout lourd en vertu de l’annexe I de la Convention MARPOL. Le projet de règlement visant Ă  interdire le transport de mazout lourd en tant que cargaison, son utilisation comme ballast, ainsi que son transport et son utilisation comme mazout lourd n’imposera pas de nouvelles exigences Ă  ces bâtiments; toutefois, tant que cette interdiction du mazout lourd n’est pas officiellement intĂ©grĂ©e au projet de règlement, cette obligation internationale ne peut ĂŞtre appliquĂ©e aux bâtiments battant pavillon canadien.

L’accès aux eaux antarctiques et les activités qui y sont menées par des bâtiments battant pavillon canadien sont régis par un régime de délivrance de permis existant en vertu de la Loi sur la protection de l’environnement en Antarctique (LPEA), administré par le ministre de l’Environnement et du Changement climatique (ECCC), et en place depuis 2003. La LPEA exige que les bâtiments battant pavillon canadien obtiennent un permis d’Environnement et Changement climatique Canada avant d’entrer dans les eaux antarctiques ou d’y être exploités, au moyen duquel des mesures de protection de l’environnement et de prévention de la pollution sont appliquées. La LPEA n’incorpore pas l’interdiction du mazout lourd de la Convention MARPOL dans les eaux antarctiques. Bien que la LPEA puisse restreindre certaines activités dans le cadre du régime de délivrance de permis, elle ne permet pas de faire appliquer cette interdiction du mazout lourd tant que celle-ci n’est pas intégrée au RPBPCD.

Eaux arctiques

En juillet 2021, les États membres de l’OMI, dont le Canada, ont adoptĂ© des modifications Ă  l’annexe I de la Convention MARPOL introduisant la règle 43, qui interdit l’utilisation et le transport de mazout lourd comme carburant par les bâtiments exploitĂ©s dans les eaux arctiques. La modification est entrĂ©e en vigueur Ă  l’échelle internationale le 1er novembre 2022, et la conformitĂ© Ă  cette interdiction est requise Ă  compter du 1er juillet 2024. Contrairement Ă  l’interdiction dans les eaux antarctiques, l’interdiction dans les eaux arctiques autorise le transport de mazout lourd en tant que cargaison, reconnaissant que certains pays de l’Arctique dĂ©pendent du mazout lourd pour le chauffage. Bien que le Canada n’utilise pas le mazout lourd pour le chauffage, les pĂ©troliers sont autorisĂ©s Ă  transporter du mazout lourd. Dans les eaux arctiques canadiennes, on retrouve 25 bâtiments battant pavillon canadien qui pourront utiliser ou transporter du mazout lourd. Les autres bâtiments, y compris les pĂ©troliers, les navires de croisière, les bateaux de pĂŞche, les bâtiments de recherche et les brise-glaces appartenant au gouvernement canadien, utilisent des carburants conformes (par exemple du mazout lĂ©ger ou du GNL) et ne sont donc pas concernĂ©s par l’interdiction du mazout lourd.

La règle 43A prĂ©voit deux exceptions transitoires d’une durĂ©e limitĂ©e, convenues Ă  l’échelle internationale, permettant Ă  certains bâtiments de retarder leur conformitĂ© Ă  l’interdiction du mazout lourd dans les eaux arctiques. Ces exceptions ont Ă©tĂ© adoptĂ©es par l’OMI afin d’équilibrer la protection de l’environnement et les besoins opĂ©rationnels dans l’Arctique, et d’aider les États membres, y compris ceux dont des populations vivent dans la rĂ©gion de l’Arctique, Ă  maintenir des activitĂ©s de transport maritime essentielles. Le Canada applique ces deux exceptions depuis le 1er juillet 2024.

Exception — Exception automatique pour tous les bâtiments dont les rĂ©servoirs de carburant sont dotĂ©s d’une protection supplĂ©mentaire (jusqu’au 1er juillet 2029)

Cette exception s’applique Ă  tout bâtiment exploitĂ© dans les eaux arctiques, Ă  condition que celui-ci soit Ă©quipĂ© de rĂ©servoirs de carburant dotĂ©s d’une protection complĂ©mentairerĂ©fĂ©rence 3, comme c’est le cas des bâtiments Ă  double coque. La conception renforcĂ©e de son rĂ©servoir offre une meilleure protection et rĂ©duit le risque de dĂ©versement en cas d’échouement ou d’abordage. Ces bâtiments devront passer Ă  des carburants conformes Ă  compter du 1er juillet 2029. Dans les eaux arctiques canadiennes, cette exception s’applique Ă  18 des 25 bâtiments battant pavillon canadien et comprend 9 bâtiments de charge, 8 pĂ©troliers et 1 vraquier.

Exception — DĂ©rogation temporaire pour les bâtiments (de charge) de ravitaillement par mer (jusqu’au 1er juillet 2026)

L’OMI a permis aux pays disposant de littoraux arctiques, comme le Canada, d’accorder des dĂ©rogations temporaires Ă  leurs bâtiments nationaux exploitĂ©s dans leurs propres eaux arctiques jusqu’au 1er juillet 2029, afin de rĂ©duire au minimum les interruptions des opĂ©rations dans l’Arctique. Le Canada a choisi d’appliquer une dĂ©rogation de deux ans aux bâtiments (de charge) de ravitaillement par mer battant pavillon canadien et exploitĂ©s dans les eaux arctiques canadiennes. Les bâtiments doivent prĂ©senter une demande Ă  TC afin d’obtenir cette dĂ©rogation temporaire. Cette exception avait pour but d’attĂ©nuer les hausses de coĂ»ts potentielles pour les collectivitĂ©s de l’Arctique, alors que l’industrie passait Ă  des carburants conformes plus coĂ»teux. Au Canada, comme cette dĂ©rogation prend fin le 1er juillet 2026 et que les bâtiments devront alors utiliser des carburants conformes, elle n’aura donc pas d’incidence sur le projet de règlement.

Tableau 1 : Eaux arctiques : demande d’interdiction du mazout lourd par type de bâtiment et dates de rĂ©fĂ©rence
Type de bâtiment 

1er juillet 2024

Début de l’interdiction du mazout lourd

1er juillet 2026

Fin des dérogations temporaires

1er juillet 2029

Fin de l’exception automatique

Bâtiments (de charge) de ravitaillement par mer  Assujettis Ă  l’interdiction 7 bâtiments exploitĂ©s dans le cadre d’une dĂ©rogation temporaire 9 bâtiments
PĂ©troliers  Assujettis Ă  l’interdiction Sans objet 8 bâtiments (entièrement conformes)
Vraquiers  Assujettis Ă  l’interdiction Sans objet 1 bâtiment
Navires de croisière  Entièrement conformes Sans objet Sans objet
Bateaux de pĂŞche  Entièrement conformes Sans objet Sans objet
Bâtiments de recherche  Entièrement conformes Sans objet Sans objet
Brise-glace  Entièrement conformes Sans objet Sans objet
Arrêtés d’urgence

Le Canada a mis en Ĺ“uvre l’interdiction du mazout lourd ainsi que les deux exceptions transitoires au moyen d’arrĂŞtĂ©s d’urgence rendus en vertu de la LMMC 2001. Ces arrĂŞtĂ©s d’urgence sont des textes lĂ©gislatifs temporaires que le ministre des Transports peut prendre en vue de parer les risques directs ou indirects au milieu marin. Ils confèrent Ă  Transports Canada le pouvoir lĂ©gal d’assurer le respect et l’application tant de l’interdiction du mazout lourd que des exceptions transitoires. Les arrĂŞtĂ©s d’urgence s’appliquent aux bâtiments battant pavillon canadien dans les eaux arctiques et aux bâtiments battant pavillon Ă©tranger dans les eaux arctiques canadiennes. Selon la LMMC 2001, les arrĂŞtĂ©s d’urgence peuvent ĂŞtre pris uniquement pour une pĂ©riode maximale d’un an. Le premier arrĂŞtĂ© d’urgence est entrĂ© en vigueur le 1er juillet 2024, suivi des deuxième et troisième arrĂŞtĂ©s d’urgence. L’ArrĂŞtĂ© d’urgence no 3 interdisant aux bâtiments dans les eaux arctiques d’avoir Ă  leur bord certains hydrocarbures est valide jusqu’au 31 dĂ©cembre 2026. Un arrĂŞtĂ© d’urgence demeurera en vigueur au Canada jusqu’à l’entrĂ©e en application du projet de règlement.

Objectif

Le projet de règlement a pour but d’intégrer au droit national les engagements internationaux du Canada au titre de la Convention MARPOL et du Recueil sur la navigation polaire. Le but de ces engagements est de prévenir la pollution du milieu marin causée par les bâtiments. Le projet de règlement permettra au Canada d’honorer ses engagements internationaux et de promouvoir la gestion responsable de l’environnement et la durabilité par le biais d’une protection accrue des eaux polaires. Il contribuera également à réduire les répercussions des déversements d’hydrocarbures grâce à la réglementation de l’utilisation et du transport de mazout lourd, dont la viscosité et la densité sont élevées.

Description

Eaux antarctiques et arctiques

Le Canada propose des modifications au RPBPCD dans le but de l’aligner sur les modifications Ă  l’annexe I de la Convention MARPOL. Ces modifications mettraient en Ĺ“uvre la règle 43 (eaux antarctiques) et la règle 43A (eaux arctiques), qui interdisent l’utilisation et le transport de mazout lourd comme carburant. Le projet de règlement s’appliquera aux bâtiments battant pavillon canadien peu importe oĂą ils sont exploitĂ©s ainsi qu’aux bâtiments battant pavillon Ă©tranger qui sont exploitĂ©s dans les eaux arctiques canadiennes.

Eaux arctiques seulement

Le projet de règlement comprend la dĂ©rogation limitĂ©e dans le temps, applicable dans les eaux arctiques, qui permet Ă  18 bâtiments de ravitaillement par mer, pĂ©troliers et vraquiers dont les rĂ©servoirs sont dotĂ©s d’une protection supplĂ©mentaire de continuer Ă  utiliser et Ă  transporter du mazout lourd jusqu’au 1er juillet 2029. Il convient de noter que chacun des huit pĂ©troliers utilise des carburants conformes aux exigences de la Convention MARPOL.

Paramètres opérationnels dans les eaux antarctiques et arctiques

Le projet de règlement ne s’appliquera pas aux bâtiments chargés d’effectuer des opérations de recherche et sauvetage, d’assurer la sécurité des bâtiments ou de prévenir la perte immédiate d’un bâtiment, ce qui permettrait une certaine souplesse opérationnelle en situation d’urgence. Le projet de règlement dispensera également ces bâtiments de l’obligation de rincer leurs réservoirs ou tuyauteries après avoir déchargé du mazout lourd, de manière à réduire au minimum les déversements et la pollution de l’environnement.

Corrections administratives au RPBPCD 

Le projet de règlement prĂ©voit des corrections administratives mineures au RPBPCD afin de supprimer des dispositions de transition obsolètes. Le RPBPCD exige que tous les pĂ©troliers dont la jauge brute est infĂ©rieure Ă  5 000 tonneaux soient Ă©quipĂ©s d’un système de confinement Ă  double coque. Le libellĂ© actuel du RPBPCD indique que cette exigence ne s’applique pas avant le 1er janvier 2015. Dans un mĂŞme ordre d’idĂ©e, l’âge d’un bâtiment devait ĂŞtre dĂ©terminĂ© avant le 6 juillet 1996. Ces deux dispositions de transition sont maintenant obsolètes, Ă©tant donnĂ© que ces exigences sont en vigueur depuis ces dates. Ces modifications ne devraient pas avoir d’incidence sur les intervenants et ces dispositions peuvent ĂŞtre abrogĂ©es sans atteinte aux rĂ©sultats de conformitĂ© ou d’application de la loi.

Ajout de sanctions administratives pécuniaires

Le projet de règlement modifiera Ă©galement le Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires et les avis (LMMC, 2001) afin de qualifier quatre nouvelles dispositions comme constituant des violations, en cas de non-respect, passibles d’une sanction administrative pĂ©cuniaire (SAP). La fourchette de sanctions serait de 1 250 $ pour les violations mineures Ă  25 000 $ pour les violations graves.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Des discussions ont été amorcées en 2019 avec l’industrie, les peuples autochtones, les gouvernements provinciaux et territoriaux et les intervenants pour s’assurer que leurs préoccupations et leurs intérêts concordent avec la position du Canada à l’égard de l’interdiction du mazout lourd de l’OMI, avant l’approbation internationale.

Industrie

En 2023, 201 bâtiments Ă©taient exploitĂ©s dans les eaux de l’Arctique canadien, y compris 117 bâtiments battant pavillon Ă©tranger et 84 bâtiments battant pavillon canadien. Le trafic maritime Ă©tait notamment constituĂ© de grands bâtiments commerciaux, comme des bâtiments de charge, des vraquiers, des pĂ©troliers et d’autres bâtiments, tels que des navires de croisière, des bateaux de pĂŞche, de petites embarcations de plaisance et des brise-glaces appartenant au gouvernement canadien. Des 84 bâtiments battant pavillon canadien, 25 Ă©taient autorisĂ©s Ă  utiliser ou Ă  transporter du mazout lourd ou du MTFTS comme carburant de propulsion. Ceux-ci comprennent de grands bâtiments de charge commerciaux, de pĂ©troliers et de vraquiers qui consomment d’importantes quantitĂ©s de carburant; le mazout lourd est plus Ă©conomique et largement disponible. Selon les discussions tenues avec l’industrie, tous les pĂ©troliers naviguant dans les eaux arctiques canadiennes utilisent du GNL ou du mazout lĂ©ger. Les autres bâtiments, dont les navires de croisière et les brise-glaces, utilisent dĂ©jĂ  du mazout lĂ©ger comme carburant de propulsion. Les petits bâtiments, comme les bateaux de pĂŞche et les embarcations de plaisance, utilisent Ă©galement du mazout lĂ©ger.

Les discussions avec l’industrie maritime sur l’interdiction du mazout lourd dans l’Arctique ont Ă©tĂ© entamĂ©es en 2019 dans le cadre de la rĂ©union d’automne du Conseil consultatif maritime canadien (CCMC), et des rĂ©unions rĂ©gionales de ce dernier dans les rĂ©gions des Prairies et du Nord, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. TC assure la coordination et la prĂ©sidence du CCMC, qui est composĂ© de l’industrie maritime, des gouvernements provinciaux, des administrations municipales et des peuples autochtones. Ces rĂ©unions avaient pour but d’exposer la position du Canada au sein de l’OMI au sujet de l’interdiction du mazout lourd dans l’Arctique et d’obtenir un appui Ă  cet Ă©gard. Depuis que les ministres des Transports et des Affaires Ă©trangères ont annoncĂ© leur appui Ă  l’interdiction du mazout lourd en 2020, celle-ci fait l’objet de discussions chaque annĂ©e au cours des rĂ©unions nationales et rĂ©gionales du CCMC, y compris lors de la rĂ©union de la rĂ©gion des Prairies et du Nord et de la rĂ©union nationale du CCMC, toutes deux tenues en novembre 2025. La tenue de consultations Ă  propos de l’interdiction du mazout lourd en Antarctique n’a pas fait l’objet de discussions, puisque l’industrie est au courant de cette interdiction depuis 2011.

Pendant ces rĂ©unions, aucune prĂ©occupation n’a Ă©tĂ© soulevĂ©e Ă  l’égard de l’interdiction internationale, mais certains participants ont posĂ© des questions sur les dĂ©lais liĂ©s au projet de règlement et ont demandĂ© si le Canada prĂ©voyait accorder des dĂ©rogations aux bâtiments battant pavillon canadien exploitĂ©s en eaux canadiennes, comme le permet l’OMI. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, le ministre des Transports a dĂ©cidĂ© d’autoriser des dĂ©rogations temporaires pour les bâtiments canadiens de ravitaillement par mer, de manière Ă  ce qu’ils puissent continuer Ă  utiliser et Ă  transporter du mazout lourd comme carburant dans les eaux arctiques canadiennes jusqu’au 1er juillet 2026. La dĂ©cision de la dĂ©rogation n’aura aucune incidence sur le projet de règlement, qui entrera en vigueur après cette date.

Autres intervenants

Depuis 2019, des discussions sont tenues avec des groupes environnementaux au sujet de l’interdiction du mazout lourd dans l’Arctique dans le cadre d’ateliers en personne sur le mazout lourd, de rĂ©unions en personne et de discussions en ligne. En outre, TC a publiĂ© un document de discussion intitulĂ© « Carburant marin dans l’Arctique Â» sur son site Web Parlons transport en 2019 Ă  l’intention des partenaires et des intervenants afin qu’ils puissent faire part de leurs prĂ©occupations et de leurs intĂ©rĂŞts. Plus de 100 rĂ©ponses ont Ă©tĂ© reçues, et la majoritĂ© d’entre elles appuyaient l’interdiction et la percevaient comme un moyen de mieux protĂ©ger l’environnement dans l’Arctique. Dans le cadre de la règle 43A de la Convention MARPOL, deux dĂ©rogations limitĂ©es dans le temps, qui ont fini par retarder la mise en Ĺ“uvre de l’interdiction du mazout lourd dans les eaux arctiques, ont Ă©tĂ© adoptĂ©es : les bâtiments de ravitaillement en mer battant pavillon canadien peuvent demander une dĂ©rogation temporaire jusqu’au 1er juillet 2026 et les bâtiments dont les rĂ©servoirs sont dotĂ©s d’une protection supplĂ©mentaire sont automatiquement autorisĂ©s Ă  utiliser et Ă  transporter du mazout lourd jusqu’au 2 juillet 2029. Plusieurs intervenants ont dit ĂŞtre prĂ©occupĂ©s par le fait que ces dĂ©rogations permettent Ă  certains bâtiments de continuer Ă  utiliser du mazout lourd dans les eaux arctiques, et que, de ce fait, les risques de dĂ©versement de mazout lourd perdurent. Ă€ titre de rĂ©ponse, TC a menĂ© des consultations supplĂ©mentaires pour clarifier que les dĂ©rogations de l’OMI s’appliquent uniquement aux bâtiments dont la conception mĂŞme rĂ©duit les risques de dĂ©versement, et que les dĂ©rogations temporaires donnent aux nations de l’Arctique le temps de se procurer des carburants de remplacement conformes. Aucun autre commentaire n’a Ă©tĂ© reçu.

Gouvernements provinciaux et territoriaux

En 2019, TC a commencĂ© Ă  consulter les gouvernements provinciaux et territoriaux au sujet du projet de règlement, et a poursuivi les discussions au cours des annĂ©es qui ont suivi dans le cadre des rĂ©unions nationales et rĂ©gionales du CCMC. Au cours des discussions initiales, le gouvernement du Nunavut a fait part de ses prĂ©occupations quant aux rĂ©percussions Ă©conomiques possibles dĂ©coulant de l’augmentation des coĂ»ts des services de rĂ©approvisionnement par mer dans ses collectivitĂ©s. En rĂ©ponse Ă  ces prĂ©occupations, TC a autorisĂ© des dĂ©rogations temporaires pour les bâtiments de ravitaillement par mer afin de les aider Ă  attĂ©nuer l’augmentation des coĂ»ts. Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) a confirmĂ© qu’aucun navire n’utilise du mazout lourd. Aussi, parce qu’il y a moins de trafic maritime dans l’Arctique de l’Ouest, les Territoires du Nord-Ouest ont Ă©tĂ© retirĂ©s de l’analyse du projet de règlement. Le GTNO appuie l’intention du projet de règlement. Aucune nouvelle prĂ©occupation n’a Ă©tĂ© soulevĂ©e Ă  l’occasion des rĂ©unions nationale et rĂ©gionale du CCMC en novembre 2025, et TC continuera d’ouvrir la voie aux discussions avec les gouvernements provinciaux et territoriaux.

Autres ministères fédéraux

En 2019, TC a mis sur pied un groupe de travail en collaboration avec d’autres ministères fĂ©dĂ©raux en vue d’échanger des renseignements concernant l’interdiction du mazout lourd de l’OMI et d’obtenir des commentaires sur l’appui du Canada Ă  cet Ă©gard et sur les liens entre l’interdiction et les autres prioritĂ©s du gouvernement du Canada. Parmi les membres du groupe de travail figurent SantĂ© Canada (SC), Environnement et Changement climatique Canada, le ministère des PĂŞches et des OcĂ©ans (MPO), la Garde cĂ´tière canadienne (GCC), Affaires mondiales Canada (AMC), Ressources naturelles Canada (RNCan), l’Agence canadienne de dĂ©veloppement Ă©conomique du Nord (CanNor), Services aux Autochtones Canada (SAC) et Emploi et DĂ©veloppement social Canada (EDSC). Tous les ministères fĂ©dĂ©raux ont dĂ©clarĂ© appuyer l’interdiction du mazout lourd dans les eaux arctiques canadiennes.

La GCC est le principal organisme d’intervention fédéral dans le cadre du Régime canadien de préparation et d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures et est responsable de maintenir une capacité de préparation aux fins d’intervention en cas de déversement dans les eaux arctiques canadiennes. La GCC a indiqué son appui au projet de règlement et a mentionné qu’il n’y aura aucune incidence sur ses ressources ou ses besoins opérationnels, car tous ses bâtiments exploités dans l’Arctique utilisent du mazout léger et ne seront donc pas touchés par l’interdiction du mazout lourd. De plus, l’interdiction de l’OMI ne s’applique pas aux bâtiments qui participent à la préparation et à la lutte contre les déversements d’hydrocarbures, qui assurent la sécurité des bâtiments ou qui effectuent des opérations de recherche et sauvetage.

Le projet de règlement sera cosignĂ© par le ministre des Transports et le ministre des Ressources naturelles. Il recoupe le mandat du ministre des Ressources naturelles, dans la mesure oĂą il s’appliquera aux bâtiments utilisables dans le cadre d’activitĂ©s de forage, de production, de l’exploitation ou de traitement du pĂ©trole ou du gaz, conformĂ©ment au paragraphe 190(2) de la LMMC 2001.

TC a travaillé en tandem avec SAC pour s’assurer que le projet de règlement est conforme au Cadre stratégique pour l’Arctique et le Nord, qui s’appuie sur la collaboration avec les peuples autochtones et les gouvernements territoriaux, provinciaux et fédéral en vue de définir une vision et des objectifs pour l’avenir de l’Arctique et du Nord du Canada jusqu’en 2030. La vision du Cadre comprend une stratégie globale qui vise à promouvoir le développement durable, à améliorer le bien-être des collectivités du Nord et à favoriser la gérance de l’environnement dans l’Arctique. L’objectif est d’établir des partenariats avec les peuples autochtones, les provinces et les territoires à l’appui de l’adaptation aux changements climatiques, de la croissance économique et de la préservation de l’environnement dans le Nord.

Peuples autochtones

TC a commencĂ© Ă  mener des activitĂ©s de mobilisation ciblĂ©es auprès des peuples autochtones et des titulaires de droits autochtones en 2019. Ces partenaires ont Ă©tĂ© consultĂ©s par le biais d’ateliers en personne sur le mazout lourd, de rĂ©unions en personne, de discussions en ligne et du site Web Parlons transport. Des sĂ©ances de mobilisation bilatĂ©rales ont Ă©tĂ© tenues avec des reprĂ©sentants de façon ponctuelle et en marge des rĂ©unions nationales du CCMC. Des corps reprĂ©sentatifs autochtones ont Ă©galement Ă©tĂ© mobilisĂ©s, dont l’AssemblĂ©e des chefs du Manitoba. Trois organisations inuites ont dĂ©clarĂ© appuyer l’interdiction du mazout lourd dans les eaux arctiques aux fins de la protection de l’environnement, Ă  savoir Nunavut Tunngavik Inc., le Conseil circumpolaire inuit et le Conseil inuvialuit de gestion du gibier. Cependant, certains peuples autochtones ont exprimĂ© des prĂ©occupations au sujet de la hausse des coĂ»ts du transport maritime que pourrait entraĂ®ner l’interdiction dans l’Arctique et du transfert potentiel de ces coĂ»ts aux consommateurs par l’industrie maritime, ce qui aurait d’importantes rĂ©percussions sur leurs mĂ©nages et leurs collectivitĂ©s. Pour aborder ces prĂ©occupations, le ministre des Transports a accordĂ© des dĂ©rogations temporaires aux bâtiments de ravitaillement par mer canadiens, valides jusqu’au 1er juillet 2026. Ces dĂ©rogations visaient Ă  donner plus de temps Ă  l’industrie pour se procurer des sources de carburants conformes et Ă  rĂ©duire au minimum le risque que le fardeau des coĂ»ts de carburant plus Ă©levĂ©s soit transmis aux consommateurs. Les prĂ©occupations soulevĂ©es par les peuples autochtones avaient Ă©galement trait aux effets directs et indirects que cette interdiction pourrait avoir sur la santĂ© et la qualitĂ© de vie des Autochtones vivant dans l’Arctique. TC a informĂ© les peuples autochtones que le but de l’interdiction du mazout lourd est d’éliminer l’utilisation du mazout lourd dans les eaux arctiques et d’ordonner aux bâtiments de faire la transition Ă  des carburants plus propres en vue d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’environnement et de l’air pour les collectivitĂ©s de l’Arctique. Les groupes autochtones n’ont soulevĂ© aucune prĂ©occupation concernant la dĂ©rogation limitĂ©e dans le temps accordĂ©e aux bâtiments dont les rĂ©servoirs sont dotĂ©s d’une protection supplĂ©mentaire, Ă©tant donnĂ© que cette dĂ©rogation n’a pas d’incidence sur les coĂ»ts d’expĂ©dition.

Au printemps et Ă  l’étĂ© 2024, TC a menĂ© d’autres consultations auprès d’Inuit Tapiriit Kanatami, du Conseil circumpolaire inuit du Canada et de l’Inuit Nunangat, ainsi qu’auprès de la SociĂ©tĂ© Makivvik, de Nunavut Tunngavik Incorporated, de la SociĂ©tĂ© rĂ©gionale inuvialuite et du gouvernement du Nunatsiavut. Les possibilitĂ©s de consultation offertes consistaient en des tĂ©lĂ©confĂ©rences rĂ©gulières prĂ©vues aux deux semaines. Au cours de ces sĂ©ances de mobilisation, TC a prĂ©sentĂ© des mises Ă  jour sur la mise en Ĺ“uvre nationale de l’interdiction d’utiliser et de transporter du mazout lourd comme carburant dans les eaux arctiques, qui est entrĂ©e en vigueur le 1er juillet 2024 par le biais de l’ArrĂŞtĂ© d’urgence no 3 interdisant aux bâtiments dans les eaux arctiques d’avoir Ă  leur bord certains hydrocarbures, lequel est valide jusqu’au 31 dĂ©cembre 2026. Les peuples autochtones ont prĂ©cisĂ© qu’ils accueillent favorablement l’interdiction, mais qu’ils s’inquiètent des rĂ©percussions sur les collectivitĂ©s arctiques en raison de l’augmentation du coĂ»t des aliments, du carburant et d’autres produits due Ă  la hausse des frais de transport maritime, dont la plupart des collectivitĂ©s dĂ©pendent pour rĂ©pondre Ă  leurs besoins en rĂ©approvisionnement.

Analyse coûts-avantages

Au cours de l’étĂ© 2024, TC a consultĂ© SantĂ© Canada concernant l’évaluation des avantages du projet de règlement pour la santĂ© des Canadiens vivant Ă  proximitĂ© des eaux arctiques. Les reprĂ©sentants de SC ont signalĂ© qu’il est seulement possible d’analyser les avantages pour la santĂ© de manière qualitative, car ils ne peuvent pas ĂŞtre quantifiĂ©s concrètement, compte tenu de la rĂ©duction prĂ©vue des Ă©missions, de la taille relativement petite de la population canadienne touchĂ©e et de sa rĂ©partition gĂ©ographique (voir l’analyse de la rĂ©glementation pour obtenir de plus amples renseignements).

Parallèlement, TC a consultĂ© ECCC pour obtenir ses projections concernant les prix du carburant et la consommation de carburant (exprimĂ©s en demande d’énergie) au Canada en se fondant sur son modèle Ă©nergie-Ă©missions-Ă©conomie du Canada (E3MC)rĂ©fĂ©rence 4. Le modèle E3MC comporte deux composantes. La première est Énergie 2020 (E2020), soit un modèle nord-amĂ©ricain intĂ©grĂ©, multirĂ©gional et multisectoriel qui simule l’offre, le prix et la demande pour tous les carburants. La deuxième est le modèle d’Informetrica (TIM), qui sert Ă  examiner les dĂ©cisions en matière de consommation, d’investissement, de production et de commerce dans l’ensemble de l’économie. Les rĂ©sultats du modèle E3MC ont fourni Ă  TC des projections des prix du carburant fondĂ©es sur la consommation d’énergie et les niveaux d’émissions de gaz Ă  effet de serre pour l’aider Ă  Ă©valuer les rĂ©percussions environnementales et Ă©conomiques du projet de règlement sur les intervenants touchĂ©s.

Ă€ l’automne 2024, TC a consultĂ© deux reprĂ©sentants autorisĂ©s concernĂ©s qui possèdent ou exploitent tous les pĂ©troliers touchĂ©s et une part importante des bâtiments de charge touchĂ©s au sujet de leurs plans opĂ©rationnels relativement Ă  la consommation de carburant. Les deux reprĂ©sentants ont confirmĂ© que leurs pĂ©troliers utilisent dĂ©jĂ  des carburants conformes au projet de règlement (par exemple du gaz naturel liquĂ©fiĂ©, du diesel marin ou du diesel Ă  très faible teneur en soufre). Ces renseignements ont servi Ă  orienter l’analyse.

En outre, ces représentants autorisés ont confirmé qu’ils ne prévoient aucun coût supplémentaire attribuable au changement de carburant, à la vidange des soutes ou au rinçage des réservoirs ou des tuyauteries en raison du projet de règlement, car ils planifient leur consommation de carburant pour leurs voyages avant d’entrer dans les eaux arctiques. Ces bâtiments doivent souvent naviguer dans des ZCE avant d’entrer dans les eaux arctiques, et les représentants autorisés de ces bâtiments ont pour pratique actuelle de planifier la consommation de carburant avant d’entrer dans une ZCE lorsqu’ils ne sont pas autorisés à y utiliser ou à y transporter des carburants qui ne satisfont pas aux exigences propres à cette ZCE.

Mobilisation des Autochtones, consultation et obligations découlant des traités modernes

Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une analyse a été réalisée pour déterminer si le projet de règlement entraînera des répercussions découlant des traités modernes. L’évaluation a permis d’examiner la portée géographique et l’objet du projet de règlement par rapport aux traités modernes en vigueur.

L’article 5 de la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (LDNU) exige que le gouvernement du Canada, en consultation et en coopĂ©ration avec les peuples autochtones, prenne toutes les mesures nĂ©cessaires pour veiller Ă  ce que les lois existantes et nouvelles du Canada, y compris les règlements, soient conformes Ă  la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

TC a mobilisé les groupes concernés afin qu’ils participent à l’élaboration du projet de règlement, et une évaluation de conformité à la LDNU a été effectuée dans le cadre de cette initiative.

TC a collaboré avec son bureau des relations avec les Autochtones, tout au long de la période qui a précédé la décision de l’OMI d’introduire une interdiction du mazout lourd, afin d’élaborer une stratégie de mobilisation et de consulter de manière extensive les organisations autochtones et inuites, y compris le gouvernement du Nunatsiavut, la Société Makivvik, la Société régionale inuvialuit, le Nunavut Tunngavik Incorporated, l’Administration régionale Kativik, la Kivvalliq Regional Inuit Association, l’Inuit Tapiriit Kanatami, l’Inuvialuit Game Council et l’Assemblée des chefs du Manitoba. TC continue de consulter et de mobiliser les peuples autochtones et inuits pour assurer la mise en œuvre efficace de l’interdiction du mazout lourd dans les eaux arctiques. Les efforts de collaboration continus comprennent des consultations auprès du Conseil circumpolaire inuit, du groupe de travail du Comité de partenariat entre les Inuits et la Couronne chargé d’aborder les enjeux inuits internationaux, et du Forum de l’Inuit Nunangat et de Transports Canada.

L’équipe des relations avec les Autochtones de TC a recommandĂ© que la consultation des peuples autochtones se poursuive, conformĂ©ment Ă  la DĂ©claration des Nations Unies et Ă  la Politique sur l’Inuit Nunangat du gouvernement du Canada, qui reconnaĂ®t l’Inuit Nunangat comme une rĂ©gion distincte et en vertu de laquelle les ministères fĂ©dĂ©raux sont tenus de concevoir et d’exĂ©cuter des politiques en partenariat avec les organisations inuites. La facilitation de dialogues ouverts et transparents sera bĂ©nĂ©fique Ă  la mise en Ĺ“uvre nationale de cet engagement international, puis servira de mĂ©canisme dont les organisations inuites signataires de traitĂ©s et les partenaires autochtones pourront se servir pour Ă©valuer les obligations de consultation, y compris dĂ©terminer si l’obligation de consulter est dĂ©clenchĂ©e, ou non.

Le projet de règlement s’applique aux traitĂ©s modernes en place dans le Nord et l’Arctique du Canada. Des dispositions particulières des traitĂ©s exigent que le Canada consulte avant de consentir Ă  ĂŞtre liĂ© par une entente internationale (voir l’article 17.27.3 de l’Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Labrador) et qu’il tienne compte des avis des groupes signataires de traitĂ©s lorsqu’il prend des dĂ©cisions touchant les zones marines (voir l’article 15.4.1 de la Loi concernant l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut). La Loi sur les revendications territoriales du Nunavut Ă©nonce des principes qui dĂ©finissent la participation des Inuit aux aspects de l’élaboration des politiques de gestion des ressources marines de l’Arctique.

Selon les consultations menées auprès des peuples autochtones de l’Arctique, les collectivités du Nord appuient généralement l’interdiction du mazout lourd en raison des avantages connexes pour l’environnement, mais craignent de devoir assumer la hausse des coûts du transport, puisque le coût de la vie est déjà une préoccupation particulière dans l’Arctique. Pour donner suite à ces préoccupations, le ministre des Transports a décidé d’accorder des dérogations aux bâtiments battant pavillon canadien qui effectuent des voyages de réapprovisionnement par mer. Cette décision a pour but de permettre à l’industrie de se procurer des carburants conformes afin que le coût du remplacement du mazout lourd ne soit pas transféré aux consommateurs. Il convient de noter que l’industrie s’efforce d’utiliser des carburants plus conformes, car tous les pétroliers, navires de croisière et brise-glace exploités dans les eaux arctiques canadiennes utilisent du GNL ou du mazout léger comme carburant de propulsion. Notons également qu’il n’y a aucune communauté autochtone en Antarctique.

Choix de l’instrument

En tant qu’État membre de l’OMI et partie Ă  la Convention MARPOL, le Canada a l’obligation de mettre en Ĺ“uvre l’interdiction internationale du mazout lourd Ă  l’échelle nationale afin de s’aligner sur les modifications Ă  la Convention MARPOL qui sont entrĂ©es en vigueur en 2011, et d’être en mesure d’accepter les modifications Ă  la Convention MARPOL qui sont entrĂ©es en vigueur en 2024. Le règlement permettra d’assurer que les exigences internationales sont respectĂ©es et applicables au Canada. Le RPBPCD vise Ă  prĂ©venir et Ă  rĂ©duire au minimum les rejets de substances polluantes par les bâtiments et Ă  faire respecter les mesures de prĂ©vention de la pollution. Il incorpore actuellement diffĂ©rentes dispositions de la Convention MARPOL relatives Ă  la prĂ©vention de la pollution. Toutefois, le RPBPCD n’a pas Ă©tĂ© mis Ă  jour depuis 2012. Ă€ ce titre, la section 1 (Hydrocarbures) du RPBPCD, qui interdit le rejet d’hydrocarbures ou de mĂ©langes d’hydrocarbures dans les eaux arctiques et la zone de l’Antarctique, doit ĂŞtre mise Ă  jour pour tenir compte de l’interdiction internationale du mazout lourd. L’utilisation d’autres instruments (par exemple des lignes directrices de politique) ne serait ni appropriĂ©e ni pratique pour mettre en Ĺ“uvre l’interdiction du mazout lourd de façon permanente Ă  l’échelle nationale.

Les sanctions administratives pécuniaires (SAP) imposées en vertu du RSAPA demeurent un instrument idéal de contrôle de l’exécution de la loi à l’appui de la sécurité maritime et de la protection du milieu marin, car elles offrent une grande souplesse en raison de l’éventail de montants des pénalités. TC impose déjà des SAP à titre de solution de rechange aux avertissements et aux poursuites. Aux termes de la LMMC 2001, toute disposition de la Loi et de ses règlements qui est assujettie à des SAP en cas de non-conformité doit être désignée comme une violation dans le RSAPA. Par conséquent, il faut apporter des modifications au RSAPA pour que l’application des exigences établies dans le projet de règlement puisse être assurée au moyen de sanctions pécuniaires.

Analyse de la réglementation

Le projet de règlement interdira l’utilisation et le transport pour utilisation du mazout lourd comme carburant dans les eaux arctiques et antarctiques. Il visera les reprĂ©sentants autorisĂ©s de 25 bâtiments canadiens, qui devront se tourner vers des carburants Ă  plus faible teneur en soufre afin d’exploiter leurs bâtiments.

Par consĂ©quent, le projet de règlement entraĂ®nera un coĂ»t total de 10,4 millions de dollars (valeur en dollars canadiens de 2023, actualisĂ©e Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence de 2027 Ă  un taux de 2 %) entre 2027 et 2036 pour les reprĂ©sentants autorisĂ©s touchĂ©s en ce qui a trait Ă  la consommation de carburant, mais procurera un avantage monĂ©taire total de 4,3 millions de dollars grâce Ă  la rĂ©duction des Ă©missions de GES. Le coĂ»t net du projet de règlement s’élèvera donc Ă  6,1 millions de dollars. Cependant, le projet de règlement permettra au Canada de s’acquitter de ses obligations internationales et sera Ă©galement bĂ©nĂ©fique pour les Canadiens vivant Ă  proximitĂ© des eaux arctiques, tout particulièrement les peuples autochtones, en rĂ©duisant les dommages Ă  l’environnement, en rehaussant la qualitĂ© de l’air et en amĂ©liorant la santĂ© humaine.

Un rapport d’analyse coûts-avantages détaillé est accessible sur demande auprès de la personne-ressource indiquée au bas du résumé de l’étude d’impact de la réglementation.

Cadre d’analyse

Les avantages et les coĂ»ts du projet de règlement ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s conformĂ©ment Ă  la Politique sur l’analyse coĂ»ts-avantages du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor (SCT). L’analyse ne se penche que sur les rĂ©percussions sur les intervenants canadiens. Dans la mesure du possible, les rĂ©percussions sont quantifiĂ©es et une valeur monĂ©taire leur est attribuĂ©e, et seuls les coĂ»ts et avantages directs pour les intervenants sont pris en compte dans l’analyse coĂ»ts-avantages.

Les avantages et les coûts associés au projet de règlement sont évalués en fonction de la comparaison du scénario de référence au scénario de réglementation. Le scénario de référence décrit ce qui risque de se produire dans l’avenir si le gouvernement du Canada ne met pas en œuvre le projet de règlement. Le scénario de réglementation fournit des renseignements sur les résultats prévus en raison du projet de règlement. De plus amples détails sur ces deux scénarios sont présentés ci-dessous.

Dans le cadre de l’analyse, l’incidence du projet de règlement a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e sur une pĂ©riode de 10 ans, soit de 2027 Ă  2036. Sauf indication contraire, tous les montants sont exprimĂ©s sous la forme des valeurs en dollars canadiens de 2023, actualisĂ©es Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence de 2027 Ă  un taux de 2 %, pour la pĂ©riode de 10 ans. Le taux d’actualisation de 2 % correspond Ă  celui qui est utilisĂ© pour Ă©tablir le coĂ»t social des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre au Canada, et il est appliquĂ© Ă  l’évaluation des coĂ»ts associĂ©s au projet de règlement, conformĂ©ment au Guide d’analyse coĂ»ts-avantages pour le Canada : Propositions de rĂ©glementation (le Guide d’ACA)rĂ©fĂ©rence 5.

Il convient de noter que : (1) les chiffres prĂ©sentĂ©s dans l’analyse (y compris ceux figurant dans les tableaux) ont Ă©tĂ© arrondis et que leur somme peut donc diffĂ©rer des totaux indiquĂ©s; (2) la formule utilisĂ©e pour calculer les valeurs annualisĂ©es de l’énoncĂ© des coĂ»ts-avantages suit la mĂ©thodologie prescrite dans le Guide d’ACA du SCT selon laquelle les impacts survenus au cours de la première pĂ©riode d’analyse ne sont pas actualisĂ©s; (3) bien que la règle « OMI 2020 Â» limite la teneur en soufre des combustibles de soute Ă  un maximum de 0,5 %, une limite qui s’applique Ă  certaines variantes de combustibles Ă  très faible teneur en soufre, l’hypothèse retenue dans cette analyse est que le diesel marin contient environ 0,1 % de soufre, ce qui est infĂ©rieur Ă  la teneur en soufre typique des combustibles Ă  très faible teneur en soufre.

Profil des intervenants

Représentants autorisés

D’après la base de donnĂ©es interne de TC, 25 bâtiments canadiens exploitĂ©s par quatre reprĂ©sentants autorisĂ©s (tous de grandes entreprises) ont effectuĂ© des voyages dans les eaux arctiques canadiennes en 2023. Ces bâtiments ont historiquement Ă©tĂ© exploitĂ©s sur une base rĂ©gulière dans les eaux arctiques canadiennes et reprĂ©sentent la plupart des bâtiments canadiens dans cette rĂ©gion. Dans l’analyse, il est donc prĂ©sumĂ© que ces 25 bâtiments, et aucun autre bâtiment canadien, continueront d’être exploitĂ©s dans cette rĂ©gion au cours de la pĂ©riode visĂ©e par l’analyse.

Huit de ces bâtiments sont des pĂ©troliers, 16 sont des bâtiments de charge, et un est un vraquier. PrĂ©cisĂ©ment, 13 de ces bâtiments (deux pĂ©troliers et 11 bâtiments de charge) ont une jauge brute de 5 000 Ă  9 999 tonneaux et les 12 autres (six pĂ©troliers, cinq bâtiments de charge et un vraquier) ont une jauge brute de 10 000 Ă  24 999 tonneaux.

Il convient de noter que ni les bâtiments battant pavillon Ă©tranger qui naviguent dans les eaux arctiques canadiennes ni les bâtiments battant pavillon canadien qui naviguent dans les eaux antarctiques ne seront touchĂ©s par le projet de règlement. Comme il a Ă©tĂ© expliquĂ© prĂ©cĂ©demment (voir la section « Contexte Â» pour plus de dĂ©tails), les reprĂ©sentants autorisĂ©s de ces bâtiments se sont dĂ©jĂ  conformĂ©s aux exigences de la Convention MARPOL relatives au carburant et devraient continuer de respecter l’interdiction internationale, mĂŞme en l’absence du projet de règlement.

Collectivités nordiques et autochtones

Le projet de règlement aura des rĂ©percussions sur les Canadiens vivant Ă  proximitĂ© des eaux arctiques. D’après un rapport non publiĂ© intitulĂ© Évaluation des avantages et des rĂ©percussions associĂ©s Ă  l’interdiction d’utiliser et de transporter du mazout lourd comme carburant pour les navires exploitĂ©s dans l’Arctique, qui a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© pour TC en 2019, le projet de règlement touchera tout particulièrement les collectivitĂ©s nordiques et autochtonesrĂ©fĂ©rence 6situĂ©es dans diverses provinces et diffĂ©rents territoires (voir le tableau 2), soit environ 16 186 mĂ©nagesrĂ©fĂ©rence 7 (dont 12 895 mĂ©nages autochtones)rĂ©fĂ©rence 8.

Tableau 2 : CollectivitĂ©s nordiques et autochtones touchĂ©es
Nom de la collectivité Province ou territoire Revenu moyen par ménage (non actualisé, en dollars canadiens de 2023 note a du tableau a2 )
Qikiqtani (Qikiqtaaluk) Nunavut 163 292 $
Kitikmeot Nunavut 140 473 $
Kivalliq Nunavut 150 678 $
Nunavik QuĂ©bec 116 162 $
Eeyou Istchee QuĂ©bec 118 800 $
Labrador — Nunatsiavut Terre-Neuve-et-Labrador 103 434 $
Churchill Manitoba 101 828 $
Revenu moyen par mĂ©nage dans les collectivitĂ©s touchĂ©es 127 810 $

Note(s) du tableau a2

Note a du tableau a2

Les valeurs prĂ©sentĂ©es dans le tableau 2 ont initialement Ă©tĂ© fournies en dollars canadiens de 2020, mais ont Ă©tĂ© ajustĂ©es aux dollars canadiens de 2023 aux fins de la prĂ©sente analyse.

Retour Ă  la note a du tableau a2

Scénario de référence et scénario de réglementation

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les reprĂ©sentants autorisĂ©s des 25 bâtiments canadiens touchĂ©s pourront utiliser du mazout lourd (gĂ©nĂ©ralement du mazout Ă  très faible teneur en soufre [MTFTS]rĂ©fĂ©rence 9 dans les eaux de l’Arctique canadien sans avoir Ă  se conformer aux exigences de la Convention MARPOL concernant l’utilisation ou le transport de mazout lourd comme carburant. Cependant, selon les consultations menĂ©es auprès des intervenants, les huit pĂ©troliers utilisent dĂ©jĂ  des carburants qui satisfont aux exigences de la Convention MARPOL.

Parmi ces 25 bâtiments, 18 ont Ă©tĂ© exemptĂ©s des exigences de la Convention MARPOL jusqu’au 1er juillet 2029. Parmi les 18 bâtiments exemptĂ©s, trois sont des bâtiments de charge ayant des rĂ©servoirs protĂ©gĂ©s approuvĂ©s par la BETMM, et les 15 autres bâtiments (huit pĂ©troliers, six bâtiments de charge et un vraquier) sont Ă©galement admissibles Ă  la dĂ©rogation de 2029, car ils ont des rĂ©servoirs de carburant protĂ©gĂ©s approuvĂ©s par la Convention MARPOL. Par consĂ©quent, il est prĂ©sumĂ© que les bâtiments canadiens touchĂ©s continueront d’utiliser du MTFTS lorsqu’ils navigueront dans les eaux arctiques canadiennes, Ă  l’exception des huit pĂ©troliers exploitĂ©s dans cette rĂ©gion qui utilisent dĂ©jĂ  des carburants conformes aux exigences de la Convention MARPOL (voir la section « Ă‰laboration de la rĂ©glementation Â» pour plus de dĂ©tails).

Dans le cadre du scénario de réglementation, ces représentants autorisés seront tenus de se conformer au projet de règlement harmonisé avec les exigences de la Convention MARPOL lorsqu’ils navigueront dans les eaux de l’Arctique canadien, en utilisant fort probablement du diesel marin. Les exceptions susmentionnées demeureront toutefois valides jusqu’à leur expiration. Les représentants autorisés de huit pétroliers poursuivront leur plan opérationnel actuel en utilisant des carburants qui satisfont déjà aux exigences de la Convention MARPOL.

De plus, le RSAPA sera modifiĂ© afin de dĂ©signer quatre nouvelles violations sujettes Ă  des sanctions administratives pĂ©cuniaires, allant de 1 250 $ Ă  25 000 $, afin de renforcer les outils de mise en application de TC associĂ©s au projet de règlement.

Données et méthodologie

Données

Les principales données utilisées aux fins de l’analyse sont les projections de prix des carburants, les projections de la consommation de carburant et les coefficients d’émission de divers gaz à effet de serre (GES).

Les projections de prix des carburants s’appuient sur le modèle E3MC d’ECCCrĂ©fĂ©rence 10. Les prix projetĂ©s des carburants selon le modèle E3MC sont fondĂ©s sur la consommation d’énergie (en $/gigajoule [GJ], taxes en sus) pour le mazout lourd et le diesel marin utilisĂ©s au sein du secteur maritime dans toutes les provinces et tous les territoires canadiens. Les projections de prix pour la province de QuĂ©bec ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es pour cette analyse, puisque les reprĂ©sentants autorisĂ©s des bâtiments touchĂ©s y rempliront très probablement leurs rĂ©servoirs de carburant avant d’effectuer leurs voyages dans les eaux arctiques canadiennes. Comme le modèle E3MC ne permet pas d’établir des projections de prix pour le MTFTS, les prix sont fondĂ©s sur les projections du modèle E3MC pour le mazout lourd et le diesel marin ainsi que sur les donnĂ©es historiques de l’indice Bunker (voir ci-dessous pour plus de dĂ©tails).

De plus, les coefficients d’émission du modèle E3MC ont Ă©tĂ© utilisĂ©s dans le cadre de l’analyse pour estimer les niveaux de GES prĂ©sentĂ©s dans le tableau 3 ci-dessous. Il convient de noter que les coefficients d’émission de GES associĂ©s au mazout lourd sont utilisĂ©s comme variables de remplacement pour ceux qui se rapportent au MTFTS. La rĂ©duction des Ă©missions de GES pour les polluants prĂ©sentĂ©s dans le tableau 3 ainsi que pour l’oxyde de soufre abordĂ© plus bas pourrait donc ĂŞtre surestimĂ©e.

Tableau 3 : Coefficients d’émission de GES, par type de carburant
Type de carburant Coefficient d’émission Tonnes/GJ
Mazout lourd Dioxyde de carbone (CO2) 0,074258824
Méthane (CH4) 0,00000672
Oxyde de diazote (N2O) 0,00000192
Diesel marin Dioxyde de carbone (CO2) 0,069895698
Méthane (CH4) 0,000006569
Oxyde de diazote (N2O) 0,000001877

Les projections de la consommation de carburant sont fondées sur la consommation moyenne annuelle de carburant de 2020 à 2023 (en mètres cubes [m3], par type de bâtiment et fourchette de jauge brute [JB]référence 11 des bâtiments qui effectuent des voyages dans les eaux arctiques canadiennes. Ces renseignements sont consignés par Protection des milieux marins de l’Arctique (PMMA), qui utilise les données de la base de données sur le trafic maritime dans l’Arctique (BDTMA)référence 12. La BDTMA s’appuie sur un système d’identification automatique (SIA)référence 13 pour effectuer le suivi des activités de transport maritime de tous les bâtiments exploités dans les eaux arctiques canadiennes. Bien que ces données ne précisent pas les types de carburant, il est présumé que les bâtiments qui naviguent dans cette région utiliseront du MTFTS en raison de la limite mondiale de teneur en soufre.

Méthodologie
Projections de prix des carburants (en $/GJ)

Les prix projetĂ©s du mazout lourd et du diesel marin selon le modèle E3MC ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour Ă©tablir ceux du MTFTS. Les prix quotidiens historiques des carburants entre 2020 et 2022rĂ©fĂ©rence 14 indiquent que le prix du MTFTS Ă©tait en moyenne 17 % plus Ă©levĂ© que celui du mazout lourd, mais 13 % infĂ©rieur Ă  celui du diesel marin. D’après les estimations, la limite infĂ©rieure et la limite supĂ©rieure des prix projetĂ©s pour le MTFTS correspondent donc Ă  117 % des prix projetĂ©s du mazout lourd et Ă  87 % des prix projetĂ©s du diesel marin, respectivement, et la valeur moyenne (voir le tableau 4) a Ă©tĂ© utilisĂ©e aux fins de l’analyse.

Les prix projetĂ©s du modèle E3MC pour le mazout lourd et le diesel marin sont Ă©tablis en fonction des projections canadiennes actuelles de la demande et des prix du pĂ©trole brut Ă©laborĂ©es par la RĂ©gie de l’énergie du CanadarĂ©fĂ©rence 15, et non de la demande intĂ©rieure de ces carburants ou des prix mondiaux des carburants. Le Canada est un preneur de prix sur les marchĂ©s mondiaux des carburants, compte tenu de la part nĂ©gligeable de sa consommation de carburant Ă  l’échelle internationale. En outre, les changements dans la demande de mazout lourd et de diesel marin au Canada provenant des bâtiments touchĂ©s (voir le tableau 5) n’auront vraisemblablement pas d’incidence sur la demande de pĂ©trole brut du Canada. Étant donnĂ© que la consommation de carburant projetĂ©e de ces bâtiments devrait ĂŞtre peu importante comparativement Ă  celle de l’ensemble du Canada, les raffineries canadiennes pourront rĂ©agir Ă  ces changements en rajustant leur portefeuille de production ou bien en important ou en exportant davantage de carburants. Cependant, les rĂ©percussions connexes sur la production des raffineries canadiennes (y compris les rĂ©percussions connexes sur les Ă©missions de GES) devraient ĂŞtre nĂ©gligeables. Le projet de règlement ne devrait donc pas influer sur les prix projetĂ©s des carburants au Canada.

Tableau 4 : Prix annuels projetĂ©s du MTFTS et du diesel marin (non actualisĂ©s, en dollars canadiens de 2023/GJ)
AnnĂ©e MTFTS (en $/GJ) Diesel marin (en $/GJ) DiffĂ©rence de prix en pourcentage
2027 25,45 29,12 14,4 %
2028 24,99 28,64 14,6 %
2029 24,83 28,48 14,7 %
2030 24,61 28,26 14,8 %
2031 24,60 28,25 14,8 %
2032 24,63 28,28 14,8 %
2033 24,65 28,30 14,8 %
2034 24,66 28,31 14,8 %
2035 24,75 28,41 14,8 %
2036 24,79 28,45 14,8 %
Projections de la consommation de carburant (exprimées en consommation d’énergie)

Les projections de la consommation annuelle de MTFTS (exprimĂ©es en GJ) de chaque bâtiment touchĂ© (Ă  l’exclusion des pĂ©troliersrĂ©fĂ©rence 16) ont Ă©tĂ© Ă©tablies en multipliant la consommation annuelle moyenne historique de carburant consignĂ©e par PMMA, le facteur de conversion des m3 en GJ (en utilisant le facteur de conversion du mazout lourd comme variable de remplacementrĂ©fĂ©rence 17 et l’augmentation prĂ©vue de la demande d’énergie dans le secteur maritime au Nunavut (une augmentation annuelle de 0,5 % selon les projections du modèle E3MC). Les augmentations projetĂ©es de la demande d’énergie dans le secteur maritime au Nunavut ont Ă©tĂ© utilisĂ©es comme indicateur de la croissance Ă©conomique dans la rĂ©gion de l’Arctique canadien, car le mouvement des bâtiments associĂ© au rĂ©approvisionnement des collectivitĂ©s et aux activitĂ©s minières est en grande partie influencĂ© par la croissance Ă©conomique dans cette rĂ©gion.

Il est important de souligner qu’il est prĂ©sumĂ©, dans le cadre de cette analyse, que le projet de règlement n’aura pas d’incidences sur les distances parcourues (c’est-Ă -dire la longueur des trajets ou le nombre de dĂ©placements) et qu’il ne modifiera donc pas le niveau de consommation d’énergie des bâtiments touchĂ©s. La quantitĂ© d’énergie qu’un bâtiment doit consommer pour parcourir une distance donnĂ©e est en grande partie tributaire de facteurs comme la taille du bâtiment et les conditions mĂ©tĂ©orologiques. Les distances parcourues par les bâtiments touchĂ©s relèvent de dĂ©cisions opĂ©rationnelles prises en fonction de la demande de leurs services, qui est largement dictĂ©e par la croissance Ă©conomique des collectivitĂ©s de l’Arctique. Étant donnĂ© que le projet de règlement n’aura aucune incidence sur les facteurs qui dĂ©terminent la consommation d’énergie ou la demande de services des bâtiments touchĂ©s, les distances que ces derniers parcourront et, par consĂ©quent, leur consommation d’énergie demeureront inchangĂ©es dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario de rĂ©glementation (voir le tableau 5 pour plus de dĂ©tails)rĂ©fĂ©rence 18. Toutefois, comme le montre le tableau 4, il serait plus coĂ»teux d’exploiter des bâtiments en utilisant du diesel marin plutĂ´t que du mazout lourd au mĂŞme niveau de consommation d’énergie (voir la section « CoĂ»ts Â» pour plus de dĂ©tails). Puisque la densitĂ© d’énergie du diesel marin est infĂ©rieure Ă  celle du mazout lourd, les bâtiments touchĂ©s auraient besoin d’un volume de diesel marin plus Ă©levĂ© que de mazout lourd pour maintenir la mĂŞme consommation d’énergie.

Tableau 5 : Consommation annuelle projetĂ©e de carburant (exprimĂ©e en tĂ©rajoules (TJ) des bâtiments touchĂ©s (Ă  l’exclusion des pĂ©troliers)
Année Consommation de carburant (TJ)
2027 353,8
2028 355,5
2029 357,3
2030 359,1
2031 360,9
2032 362,7
2033 364,5
2034 366,3
2035 368,2
2036 370,0
Total 3 618,3
Émissions de GES

Les niveaux annuels d’émissions de GES rejetĂ©es par les bâtiments touchĂ©s (Ă  l’exclusion des pĂ©troliers) ont Ă©tĂ© calculĂ©s en multipliant le coefficient d’émission et la consommation annuelle projetĂ©e de carburant, qui figurent dans les tableaux 3 et 5, respectivement.

Coûts

Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, les reprĂ©sentants autorisĂ©s de 17 bâtiments auront Ă  engager des coĂ»ts supplĂ©mentaires en carburant, car ils devront exploiter ces bâtiments en utilisant du diesel marin. Plus particulièrement, les reprĂ©sentants autorisĂ©s de sept bâtiments de charge devront engager ces coĂ»ts Ă  partir de la date d’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement, et les reprĂ©sentants autorisĂ©s de 10 bâtiments (neuf bâtiments de charge et un vraquier), Ă  compter du 1er juillet 2029rĂ©fĂ©rence 19. D’après les prix projetĂ©s des carburants du tableau 4 et la consommation projetĂ©e de carburant du tableau 5, le coĂ»t total en carburant est estimĂ© Ă  80,6 millions de dollars dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et Ă  90,9 millions de dollars dans le scĂ©nario de rĂ©glementation. Par consĂ©quent, le coĂ»t supplĂ©mentaire total en carburant s’élève Ă  10,4 millions de dollars, dont 9,1 millions de dollars seront assumĂ©s par les reprĂ©sentants autorisĂ©s des navires de charge, et 1,3 million de dollars, par les reprĂ©sentants autorisĂ©s du vraquier. Le gouvernement du Canada ne prĂ©voit pas engager de coĂ»ts en ce qui touche le projet de règlement. Les inspecteurs de la sĂ©curitĂ© maritime (ISM) de TC ont des outils d’application de la loi pour assurer la conformitĂ© aux exigences internationales (par exemple celles de la Convention MARPOL et la limite mondiale de teneur en soufre), qui font partie des pratiques opĂ©rationnelles standards et continues (voir la section « Mise en Ĺ“uvre, conformitĂ© et application, et normes de service Â» pour plus de dĂ©tails).

Avantages

Le projet de règlement gĂ©nĂ©rera un avantage total de 4,3 millions de dollars dĂ©coulant de la rĂ©duction des Ă©missions de GES. De plus, les Canadiens vivant Ă  proximitĂ© des eaux arctiques canadiennes tireront des bienfaits de la rĂ©duction des dommages Ă  l’environnement en cas de dĂ©versement de mazout lourd ainsi que de l’amĂ©lioration de leur santĂ© grâce Ă  la meilleure qualitĂ© de l’air.

Un avantage additionnel du projet de règlement serait l’harmonisation de la réglementation nationale du Canada avec les exigences internationales et le respect des obligations internationales du Canada. Le Canada pourra ainsi contribuer à préserver sa réputation auprès de l’OMI à titre de partie à la Convention MARPOL.

Réduction des émissions de GES

Selon les coefficients d’émission du tableau 3 et la consommation projetĂ©e de carburant du tableau 5, la quantitĂ© d’émissions de GES est estimĂ©e Ă  268,7 kilotonnes (kt) dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et Ă  254,8 kt dans le scĂ©nario de rĂ©glementation. Par consĂ©quent, le projet de règlement permettra de rĂ©duire les Ă©missions de GES de 13,9 kt au total, dont 13,9 kt de CO2, 0,0005 kt de CH4 et 0,0001 kt de N2O.

Selon le coĂ»t social des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre au Canada, le projet de règlement devrait entraĂ®ner un avantage total de 4,3 millions de dollars attribuable Ă  la rĂ©duction des Ă©missions de GES.

Avantages pour la santé humaine

La teneur en soufre des carburants marins a une incidence directe sur la quantitĂ© d’émissions de soufre rejetĂ©es pendant leur combustion. Les carburants Ă  teneur Ă©levĂ©e en soufre sont Ă©galement associĂ©s Ă  des quantitĂ©s plus Ă©levĂ©es d’émissions de matières particulaires, y compris de mĂ©taux. Une Ă©tude canadiennerĂ©fĂ©rence 20 a rĂ©vĂ©lĂ© que l’adoption de carburants Ă  faible teneur en soufre suivant l’établissement de la Zone de contrĂ´le des Ă©missions de l’AmĂ©rique du Nord (PDF) a contribuĂ© Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© de l’air dans les villes portuaires canadiennes.

Les Ă©missions d’oxyde de soufre (SOx) des bâtiments (principalement le dioxyde de soufre [SO2]) peuvent avoir des effets directs sur la qualitĂ© de l’air et la santĂ© humaine, en particulier chez les personnes dĂ©jĂ  atteintes de maladies respiratoires (par exemple l’asthme). Dans l’atmosphère, le SO2 se transforme Ă©galement en sulfate, qui, comme le carbone noir, est une composante importante des matières particulaires fines (PM2,5) ambiantes. L’exposition aux PM2,5 ambiantes cause plusieurs effets nĂ©fastes sur la santĂ© humaine qui sont bien connus Ă  l’échelle internationale. Selon les conclusions de SantĂ© Canada, l’exposition aux PM2,5 accroĂ®t le risque de mortalitĂ© cardiorespiratoire, d’exacerbation de l’asthme et d’effets cardiovasculaires nĂ©fastesrĂ©fĂ©rence 21, et les donnĂ©es probantes existantes montrent que l’exposition Ă  celles-ci pourrait Ă©galement ĂŞtre associĂ©e Ă  d’autres effets nĂ©fastes pour la santĂ©, tels que le diabète et la naissance prĂ©maturĂ©e. Qui plus est, les donnĂ©es indiquent qu’il n’existe aucun seuil d’exposition, c’est-Ă -dire que les risques diminuent proportionnellement Ă  la rĂ©duction de l’exposition. Au Canada, environ 12 500 dĂ©cès par annĂ©e sont attribuables Ă  l’exposition aux PM2,5 ambiantesrĂ©fĂ©rence 22.

En utilisant le facteur d’émission pour les SOx générées par la consommation de VLSFO ou de MDO, le projet de règlement devrait permettre de réduire de 716,1 tonnes les SOx provenant des gaz d’échappement des navires. La réduction des SOx pourrait également contribuer à la diminution du niveau d’émissions d’autres polluants dans la région arctique canadienne tels que le carbone noir et les particules, car les SOx sont un précurseur principal de leur formation. Cependant, la réduction de ces polluants secondaires ne peut pas être quantifiée, puisque leur relation avec les SOx n’est pas toujours simple et que d’autres facteurs (par exemple les oxydes d’azote [NOx], les conditions météorologiques) jouent également un rôle important dans leur formation. Néanmoins, la réduction des émissions polluantes des bâtiments dans cette région pourrait potentiellement réduire les concentrations ambiantes de SO2 et de PM2,5 et améliorer la qualité de l’air. Par conséquent, le projet de règlement pourrait réduire les risques connexes pour la santé des Canadiens vivant dans cette région en améliorant la qualité de l’air. À l’heure actuelle, il est impossible de quantifier l’ampleur des répercussions du projet de règlement sur l’ensemble des polluants atmosphériques et les effets de ces polluants sur la santé au Canada.

Les avantages pour la santĂ© liĂ©s Ă  la rĂ©duction de la pollution atmosphĂ©rique peuvent ĂŞtre quantifiĂ©s au moyen d’une fonction d’impact sur la santĂ© qui tient compte des changements dans l’exposition aux polluants atmosphĂ©riques, des risques d’effets nĂ©fastes liĂ©s Ă  l’exposition Ă  un polluant, des donnĂ©es dĂ©mographiques et de la santĂ© de la population. L’utilisation de carburants Ă  plus faible teneur en soufre par les bâtiments exploitĂ©s dans les eaux arctiques canadiennes devrait avoir des impacts positifs sur la qualitĂ© de l’air le long des routes de navigation et dans les zones affectĂ©es par les Ă©missions provenant des bâtiments. Cependant, en raison du nombre relativement faible de bâtiments touchĂ©s par le projet de règlement (17 bâtiments qui devront changer de carburant), de la quantitĂ© de carburant consommĂ©e et de l’éloignement des routes de navigation par rapport aux collectivitĂ©s, les changements dans l’exposition aux polluants atmosphĂ©riques devraient ĂŞtre minimes. En outre, les avantages pour la santĂ© attribuables Ă  la rĂ©duction de la pollution atmosphĂ©rique devraient aussi ĂŞtre minimes, compte tenu de la faible densitĂ© de la population dans la rĂ©gion de l’Arctique canadien.

Plus important encore, il est impossible de savoir avec certitude si la modĂ©lisation de la qualitĂ© de l’air permettra de prĂ©dire si des changements significatifs surviendront dans les concentrations ambiantes. Autrement dit, les changements qui dĂ©couleront du projet de règlement en ce qui concerne les concentrations ambiantes dans la rĂ©gion de l’Arctique canadien pourraient se situer dans la plage d’incertitude de la modĂ©lisation (c’est-Ă -dire moins de 0,01 microgramme/m3 pour les PM2,5 et moins de 0,01 partie par milliard pour le dioxyde d’azote et l’ozone au niveau du sol). En fin de compte, la modĂ©lisation des rĂ©percussions sur la santĂ© n’est pas possible dans un tel contexte. Finalement, il ne serait pas appropriĂ© d’extrapoler les rĂ©sultats des simulations de la qualitĂ© de l’air et de la santĂ© menĂ©es aux fins d’autres politiques maritimes dans des rĂ©gions Ă  forte densitĂ© de population du Canada, comme les grands centres urbains, vu les conditions environnementales et dĂ©mographiques uniques (par exemple la faible densitĂ© de population) dans l’Arctique, et le petit nombre de bâtiments touchĂ©s. Tout type de quantification des rĂ©percussions sur la santĂ© nĂ©cessite l’utilisation d’expositions Ă  la pollution atmosphĂ©rique et de donnĂ©es sur la santĂ© propres Ă  la rĂ©gion et Ă  la population visĂ©es.

Indépendamment de ces limites de modélisation, les données probantes actuelles sur la santé ne permettent pas de définir un seuil d’effet pour de nombreux polluants atmosphériques. Par conséquent, toute réduction de l’exposition aux polluants atmosphériques ambiants devrait réduire les risques d’effets néfastes sur la santé et avoir des incidences bénéfiques sur la santé de la population.

Avantages associés à l’environnement et au nettoyage des lieux d’un déversement

Comme il a été mentionné précédemment, le mazout lourd cause des dommages importants à l’environnement et à l’écosystème marin s’il est rejeté dans l’eau. Pour les Autochtones vivant à proximité des eaux de l’Arctique canadien, ces dommages pourraient compromettre leurs activités traditionnelles.

Comparativement au mazout lourd, le mazout lĂ©ger dont la viscositĂ© et la teneur en soufre sont infĂ©rieures (par exemple le diesel marin) se biodĂ©grade plus facilement. Dans des conditions comparables (par exemple les conditions mĂ©tĂ©orologiques, le dĂ©lai d’intervention en cas de dĂ©versement, etc.), les dĂ©versements de mazout lĂ©ger dans les eaux arctiques causent donc moins de dommages, car l’environnement peut s’en rĂ©tablir plus rapidement. Une Ă©tuderĂ©fĂ©rence 23 rĂ©alisĂ©e pour le compte du Conseil de l’Arctique en 2011 a montrĂ© que presque la totalitĂ© du mazout lourd demeurait Ă  la surface de l’eau 20 jours après le dĂ©versement, tandis que les distillats pĂ©troliers (par exemple le diesel) disparaissaient entièrement de la surface trois jours après le dĂ©versement. Lorsque dĂ©versĂ©s dans l’eau, les mazouts lĂ©gers ne s’émulsionnent pas. En revanche, le mazout lourd s’émulsionne jusqu’à la teneur maximale en eau, ce qui entraĂ®ne une augmentation considĂ©rable du volume dĂ©versĂ©. Étant donnĂ© que les conditions naturelles dans les eaux arctiques rendent difficile la lutte contre les dĂ©versements d’hydrocarbures, le projet de règlement permettrait de rĂ©duire l’impact d’un dĂ©versement d’hydrocarbures dans les eaux arctiques, ainsi que le temps et les ressources nĂ©cessaires aux parties (par exemple les organisations d’intervention) impliquĂ©es dans la lutte contre les dĂ©versements d’hydrocarbures.

Les donnĂ©es historiques indiquent qu’aucun dĂ©versement de mazout lourd n’est survenu jusqu’à maintenant dans les eaux de l’Arctique canadien, peu importe s’il Ă©tait utilisĂ© et transportĂ© comme carburant par un bâtiment ou transportĂ© comme cargaison par celui-ci. MĂŞme si le projet de règlement n’influera pas sur la probabilitĂ© d’un dĂ©versement d’hydrocarbures, la probabilitĂ© d’un dĂ©versement de mazout lourd dans les eaux arctiques canadiennes devrait ĂŞtre faible. Selon les conclusions du rapport de 2018 intitulĂ© Assessment of Oil Spill Risks in Arctic Waters (Évaluation des risques de dĂ©versement d’hydrocarbures dans les eaux arctiques)rĂ©fĂ©rence 24, la probabilitĂ© que des polluants soient rejetĂ©s dans les eaux arctiques canadiennes par un bâtiment utilisant du mazout lourd comme carburant de propulsion au cours d’une annĂ©e quelconque est infĂ©rieure Ă  0,33 %rĂ©fĂ©rence 25. Un rejet de polluants s’entend d’un rejet de substances nocives, comme des hydrocarbures (y compris les lubrifiants et tout type d’hydrocarbures transportĂ©s en tant que cargaison) ou des produits chimiques, et a une portĂ©e beaucoup plus gĂ©nĂ©rale que les dĂ©versements de mazout lourd provenant d’un rĂ©servoir de stockage de carburant (soute) visĂ©s par le prĂ©sent projet de règlement.

Bien qu’il n’existe aucun prĂ©cĂ©dent, on prĂ©voit que le projet de règlement rĂ©duira les coĂ»ts de nettoyage en cas de dĂ©versement de mazout lourd. Une analyse des donnĂ©es Ă©conomiques sur les dĂ©versements d’hydrocarbures en dehors des eaux polaires a conclu que le coĂ»t moyen de nettoyage des dĂ©versements impliquant du mazout lourd (ou ses variantes) est nettement plus Ă©levĂ© que celui du mazout lĂ©ger : le coĂ»t de nettoyage d’un dĂ©versement de carburant Ă  faible teneur en soufre varie gĂ©nĂ©ralement entre 28,89 $ et 39,27 $ par litrerĂ©fĂ©rence 26 et celui d’un dĂ©versement de diesel est d’environ 5,20 $ par litre (en dollars canadiens de 2023)rĂ©fĂ©rence 27. Les coĂ»ts de nettoyage de dĂ©versements dans les eaux arctiques devraient ĂŞtre plus Ă©levĂ©s en raison des conditions difficiles et du temps de rĂ©ponse. Si 50 % du carburant utilisĂ© pour le fonctionnement des bâtiments concernĂ©s Ă©tait dĂ©versĂ© dans les eaux arctiques, soit l’équivalent de 265 tonnes pour les bâtiments de charge et de 534 tonnes pour les vraquiers, les Ă©conomies minimales en matière de coĂ»ts de nettoyage se situeraient entre 6,9 et 9,9 millions de dollars si le dĂ©versement concernait un bâtiment de charge, et entre 13,9 et 20 millions de dollars s’il concernait un vraquier.

De plus, le projet de règlement aurait davantage de bĂ©nĂ©fices environnementaux et socioĂ©conomiques pour les collectivitĂ©s de la rĂ©gion de l’Arctique canadienne. D’après Etkin (2004)rĂ©fĂ©rence 28, le coĂ»t environnemental et socioĂ©conomique unitaire d’un dĂ©versement de carburant Ă  faible teneur en soufre est estimĂ© Ă  92,92 $ le litre et celui d’un dĂ©versement de mazout lĂ©ger Ă  53,82 $ le litre (non actualisĂ©, en dollars canadiens de 2023). Pour les dĂ©versements de pĂ©trole de la taille mentionnĂ©e ci-dessus, le règlement proposĂ© permettrait de rĂ©aliser des Ă©conomies de coĂ»ts environnementaux et socioĂ©conomiques de 11,5 millions de dollars pour un bâtiment de charge et de 23,1 millions de dollars pour un vraquier. Par consĂ©quent, on estime que les rĂ©percussions environnementales et socioĂ©conomiques et les Ă©conomies en matière de nettoyage totales en cas d’incident sont de 18,4 millions Ă  21,4 millions de dollars pour les bâtiments de charge et de 37,0 millions Ă  43,1 millions de dollars pour les vraquiers. Compte tenu du coĂ»t net non actualisĂ© de 7,0 millions de dollars, les Ă©conomies potentielles en cas d’incident unique pourraient dĂ©passer les coĂ»ts globaux, dĂ©montrant qu’un seul incident Ă©vitĂ© pourrait compenser la totalitĂ© des dĂ©penses et permettre de rĂ©aliser des gains environnementaux et Ă©conomiques durables.

En plus de l’analyse prĂ©sentĂ©e ci-dessus, en cas de dĂ©versement d’hydrocarbures ou de polluants dans les eaux canadiennes, le Canada, Ă  titre d’État membre de diverses conventions internationales Ă©tablies par l’OMI, applique des exigences strictes en matière de responsabilitĂ© et d’assurance Ă  l’endroit des reprĂ©sentants autorisĂ©s (les propriĂ©taires ou exploitants de bâtiments). Ces conventionsrĂ©fĂ©rence 29 dĂ©fendent le principe du « pollueur-payeur Â», c’est-Ă -dire qu’elles tiennent le reprĂ©sentant autorisĂ© responsable de tout dommage causĂ©, sans Ă©gard Ă  la nĂ©gligence ni Ă  la faute. Les reprĂ©sentants autorisĂ©s sont tenus de maintenir une assurance pour couvrir d’éventuels dommages, et un certificat d’assurance dĂ©livrĂ© par l’État membre de l’OMI doit ĂŞtre conservĂ© Ă  bord du bâtiment pour dĂ©montrer la couverture. Cette exigence s’applique aux bâtiments battant pavillon canadien et aux bâtiments battant pavillon Ă©tranger qui sont exploitĂ©s dans les eaux canadiennes, et le montant d’assurance Ă  payer est dĂ©terminĂ© en fonction de la jauge brute du bâtiment et du type de cargaison qu’il transporterĂ©fĂ©rence 29.

Les mutuelles de protection et d’indemnisation sont des associations Ă  but non lucratif Ă©tablies par des reprĂ©sentants autorisĂ©s qui mettent en commun leurs ressources pour agir en tant qu’assureurs de bâtiments. Ces mutuelles assurent la couverture des coĂ»ts pour environ 90 % des navires de cargaison et des pĂ©troliers hauturiers du monde entier. Contrairement aux compagnies d’assurance privĂ©es habituelles, dont les primes individuelles peuvent augmenter Ă  la suite d’un accident, ces mutuelles veillent Ă  ce que chaque membre impliquĂ© dans un accident bĂ©nĂ©ficie du mĂŞme traitement. Tous les membres de la mutuelle contribuent plutĂ´t Ă  couvrir collectivement les rĂ©clamations, ce qui tĂ©moigne du soutien mutuel et de la responsabilitĂ© partagĂ©e inhĂ©rents Ă  ces associations.

Le rĂ©gime de responsabilitĂ© des bâtiments au Canada est rĂ©gi par la Loi sur la responsabilitĂ© en matière maritime. Les reprĂ©sentants autorisĂ©s sont responsables du coĂ»t jusqu’à concurrence de la limite de la responsabilitĂ©, qui varie selon le type de bâtiment et la jauge brute du bâtiment. En cas de dĂ©versement, si le coĂ»t est infĂ©rieur Ă  la limite de la responsabilitĂ©, le reprĂ©sentant autorisĂ© couvre les dĂ©penses de la GCC, qui se charge de toutes les opĂ©rations de nettoyage dans l’Arctique. Ce coĂ»t est gĂ©nĂ©ralement couvert par la mutuelle de protection et d’indemnisation Ă  laquelle le reprĂ©sentant autorisĂ© est affiliĂ©. Pour les coĂ»ts infĂ©rieurs Ă  10 millions de dollars (en dollars amĂ©ricains), la section qui est directement affiliĂ©e Ă  la mutuelle couvre les dĂ©penses. Pour les coĂ»ts supĂ©rieurs Ă  ce montant, mais qui ne dĂ©passent pas la limite de la responsabilitĂ©, le montant restant des dĂ©penses est partagĂ© entre toutes les mutuelles Ă  l’échelle internationale.

Outre la responsabilitĂ© du reprĂ©sentant autorisĂ© et son assurance, le Canada offre une indemnisation supplĂ©mentaire en cas de dĂ©versement d’hydrocarbures provenant de bâtiments par l’entremise de la Caisse d’indemnisation des dommages dus Ă  la pollution par les hydrocarbures causĂ©e par les bâtiments, maintenant connue sous le nom d’Indemnisation Navire et Rail Canada — Fonds Navire. Ce fonds, qui est financĂ© par l’industrie pĂ©trolière, permet d’offrir une indemnisation pour tout type de dĂ©versement d’hydrocarbures causĂ© par un bâtiment, sans plafonnement pour les rĂ©clamations admissibles. Si le coĂ»t de nettoyage dĂ©passe la limite de la responsabilitĂ©, il est possible d’avoir recours au Fonds Navire afin de couvrir les dĂ©penses excĂ©dentaires.

Avantages associés aux SAP

Le projet de règlement introduira quatre nouvelles dispositions relatives aux SAP qui viseront Ă  dĂ©courager la non-conformitĂ©. Le projet de règlement contribuera Ă  renforcer l’application de la loi en veillant Ă  ce que les sanctions soient proportionnelles Ă  la gravitĂ© et aux consĂ©quences de la non-conformitĂ©.

En ajoutant des SAP, TC envoie un message clair au sujet de son engagement à assurer la sécurité de la navigation et du transport maritime, à protéger le milieu marin et à respecter les obligations maritimes internationales.

Énoncé des coûts-avantagesréférence 30
Tableau 6 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts monĂ©tisĂ©s (valeur actualisĂ©e en millions de dollars)
Intervenant touché Description du coût 2027 2029 2036 Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
ReprĂ©sentants autorisĂ©s CoĂ»t supplĂ©mentaire du carburant 0,5 $ 1,2 $ 1,1 $ 10,4 $ 1,1 $
Bâtiments de charge 0,5 $ 1,1 $ 1,0 $ 9,1 $ 1,0 $
Vraquiers 0 $ 0,2 $ 0,2 $ 1,3 $ 0,1 $
CoĂ»t total 0,5 $ 1,2 $ 1,1 $ 10,4 $ 1,1 $
Tableau  7 : RĂ©sumĂ© du coĂ»t monĂ©tisĂ© des bĂ©nĂ©fices (valeur actualisĂ©e en millions de dollars)
Intervenant touché Description des bénéfices 2027 2029 2036 Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Canadiens RĂ©duction des Ă©missions de GES 0,2 $ 0,5 $ 0,5 $ 4,3 $ 0,5 $
Avantages totaux 0,2 $ 0,5 $ 0,5 $ 4,3 $ 0,5 $
Tableau  8 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts monĂ©tisĂ©s et des bĂ©nĂ©fices (valeur actualisĂ©e en millions de dollars)
Répercussions 2027 2029 2036 Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
CoĂ»t total 0,5 $ 1,2 $ 1,1 $ 10,4 $ 1,1 $
Avantages totaux 0,2 $ 0,5 $ 0,5 $ 4,3 $ 0,5 $
CoĂ»t net 0,3 $ 0,7 $ 0,6 $ 6,1 $ 0,6 $
Répercussions qualitatives
Répercussions positives
Analyse de répartition

Tandis que l’analyse coûts-avantages ci-dessus avait essentiellement pour but d’évaluer les répercussions directes sur les intervenants touchés, la présente section traite des répercussions indirectes sur les collectivités nordiques et autochtones et le secteur minier, car ils devront ultimement assumer les coûts supplémentaires engagés par les représentants autorisés concernés.

Répercussions indirectes sur les collectivités nordiques et autochtones

TC s’attend Ă  ce que les 16 bâtiments de charge touchĂ©s, qui sont exploitĂ©s dans les eaux arctiques canadiennes, servent au rĂ©approvisionnement des collectivitĂ©s. Les Canadiens qui vivent dans cette rĂ©gion sont largement tributaires de ces bâtiments pour obtenir des biens essentiels. D’après le rapport prĂ©parĂ© pour TC en 2019, le carburant reprĂ©sente de 13 Ă  22 % du coĂ»t du ravitaillement par mer, selon que ces bâtiments utilisent du mazout lourd ou un carburant Ă  plus faible teneur en soufre. Il est donc raisonnable de supposer que les reprĂ©sentants autorisĂ©s des 16 bâtiments de charge transfĂ©reront les coĂ»ts supplĂ©mentaires aux consommateurs finaux, principalement aux collectivitĂ©s autochtones.

Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, il existe environ 16 186 mĂ©nages nordiques et autochtones. Si le coĂ»t supplĂ©mentaire total de 9,1 millions de dollars que les reprĂ©sentants autorisĂ©s des bâtiments de charge devront engager est entièrement transfĂ©rĂ© Ă  ces mĂ©nages, les dĂ©penses moyennes par mĂ©nage pendant la pĂ©riode d’analyse augmenteront alors de 559,6 $ au total (ou une augmentation annuelle de 61,1 $), ce qui reprĂ©sente environ 0,05 % du revenu annuel des mĂ©nages (voir le tableau 2).

Répercussions indirectes sur le secteur minier du Nord

Le rapport prĂ©parĂ© pour TC en 2019 indique que sept mines Ă  proximitĂ© des eaux arctiques canadiennes seront touchĂ©es par le projet de règlement, puisque les vraquiers ont jouĂ© un rĂ´le majeur dans le transport maritime de leurs produits miniers. Comme il a Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© antĂ©rieurement, le reprĂ©sentant autorisĂ© des vraquiers touchĂ©s devra engager un coĂ»t annualisĂ© de 0,1 million de dollars, ce qui se traduira par un coĂ»t annualisĂ© moyen de 20 236 $ pour chaque mine, si ce coĂ»t est entièrement absorbĂ© par ces mines. D’après les renseignements accessibles au public, les recettes annuelles brutes estimĂ©es de ces mines varient entre 263 millions de dollars et 1,4 milliard de dollars par mine, selon leur capacitĂ© opĂ©rationnelle. Bien qu’il n’existe aucun renseignement public sur les profits annuels de ces mines, ceux-ci se situeraient entre 99,7 millions et 478,9 millions de dollars par minerĂ©fĂ©rence 31, conformĂ©ment aux estimations tirĂ©es des principales statistiques de Statistique Canada sur le secteur minierrĂ©fĂ©rence 32. Par consĂ©quent, les rĂ©percussions sur le secteur minier du Nord associĂ©es au projet de règlement seront minimes.

Analyse de sensibilité
Prix du MTFTS

L’analyse ci-dessus est fondĂ©e sur la valeur mĂ©diane des prix estimatifs de la limite supĂ©rieure et de la limite infĂ©rieure qui sont projetĂ©s pour le MTFTS. La prĂ©sente section examine plus en dĂ©tail les rĂ©percussions sur le coĂ»t total estimatif et le coĂ»t net si les prix du MTFTS de la limite supĂ©rieure et de la limite infĂ©rieure sont appliquĂ©s. Les rĂ©sultats sont prĂ©sentĂ©s dans le tableau 9 ci-dessous.

Tableau 9 : CoĂ»t total et coĂ»t net par prix du MTFTS (valeur actualisĂ©e en millions de dollars)
Répercussion Limite inférieure Scénario à hypothèse moyenne Limite supérieure
CoĂ»t total 10,1 $ 10,4 $ 10,6 $
CoĂ»t net 5,9 $ 6,1 $ 6,3 $
Période d’analyse

Une pĂ©riode d’analyse de 10 ans (de 2027 Ă  2036) a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour l’analyse Ă  hypothèse moyenne. Pour l’analyse de sensibilitĂ©, le tableau 10 prĂ©sente le coĂ»t total, les avantages totaux et le coĂ»t net pour des pĂ©riodes de 15 et 20 ans (de 2027 Ă  2041 et de 2027 Ă  2046).

Tableau 10 : CoĂ»t total et coĂ»t net selon diffĂ©rents cadres temporels analytiques (valeur actuelle en millions)
RĂ©percussion 10 ans (ScĂ©nario Ă  hypothèse moyenne) 15 ans 20 ans
BĂ©nĂ©fice total 4,3 $ 6,7 $ 9,1 $
CoĂ»t total 10,4 $ 15,7 $ 20,6 $
CoĂ»t net 6,1 $ 9,0 $ 11,5 $
Taux d’actualisation

L’analyse Ă  hypothèse moyenne a appliquĂ© un taux d’actualisation de 2 %, conformĂ©ment Ă  celui utilisĂ© pour Ă©tablir le coĂ»t social des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre au Canada. Le tableau 11 prĂ©sente Ă  la fois les rĂ©sultats non actualisĂ©s et les rĂ©sultats obtenus Ă  l’aide de taux d’actualisation de remplacement de 3 % et de 7 %. Dans tous les cas, le coĂ»t social du carbone lui-mĂŞme continue d’être actualisĂ© Ă  l’annĂ©e des Ă©missions au taux de 2 %.

Tableau 11 : Taux d’actualisation (millions de dollars)
RĂ©sultats 0 % 2 % (ScĂ©nario Ă  hypothèse moyenne) 3 % 7 %
BĂ©nĂ©fice total 4,7 $ 4,3 $ 4,1 $ 3,4 $
CoĂ»t total 11,7 $ 10,4 $ 9,8 $ 7,9 $
CoĂ»t net 7,0 $ 6,1 $ 5,7 $ 4,5 $

Lentille des petites entreprises

L’analyse rĂ©alisĂ©e au moyen de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le projet de règlement n’aura pas d’incidences sur les petites entreprises canadiennes. Toutes les entreprises assujetties aux exigences d’observation dĂ©passent les seuils prĂ©vus pour la dĂ©finition de « petite entreprise Â» dans la Politique sur la limitation du fardeau rĂ©glementaire sur les entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, Ă©tant donnĂ© que le projet de règlement n’entraĂ®ne pas de hausse du fardeau administratif des entreprises et qu’aucun règlement n’est abrogĂ© ou ajoutĂ©.

Aucune nouvelle exigence de déclaration ne sera imposée aux bâtiments battant pavillon canadien ou étranger dans les eaux polaires canadiennes en vertu du projet de règlement. Les bâtiments seront toujours tenus de déclarer leur passage dans les zones de services de trafic maritime, telles qu’elles sont définies dans le Règlement sur les zones de services de trafic maritime.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

L’OMI a adoptĂ© une interdiction visant l’utilisation et le transport pour utilisation comme carburant de mazout lourd afin de renforcer la protection du milieu marin polaire et d’attĂ©nuer les risques pour les eaux polaires en cas de dĂ©versement de mazout lourd. L’interdiction est entrĂ©e en vigueur dans toutes les eaux arctiques internationales le 1er juillet 2024 et dans toutes les eaux antarctiques internationales le 1er aoĂ»t 2011, comme l’indique l’annexe I de la Convention MARPOL, qui traite de la prĂ©vention de la pollution par les hydrocarbures dĂ©coulant de mesures opĂ©rationnelles et de dĂ©versements accidentels. Étant donnĂ© que la Convention MARPOL est un traitĂ© international juridiquement contraignant et que le Canada en est signataire, le Canada a l’obligation de mettre en Ĺ“uvre ces normes dans ses eaux arctiques et antarctiques.

Par consĂ©quent, le projet de règlement soutient la collaboration internationale en matière de rĂ©glementation par la mise en Ĺ“uvre de ces exigences. En intĂ©grant ces exigences convenues Ă  l’échelle internationale dans ses règlements nationaux, le Canada harmonisera son cadre rĂ©glementaire avec la Convention MARPOL, Ă©laborĂ©e par consensus entre les États membres de l’OMI. Bien que le calendrier et les modalitĂ©s de mise en Ĺ“uvre nationale des instruments de l’OMI soient dĂ©terminĂ©s de manière indĂ©pendante par chaque État membre conformĂ©ment Ă  ses processus juridiques et rĂ©glementaires, l’intĂ©gration de l’interdiction dans le droit interne du Canada renforce l’engagement de ce dernier Ă  l’égard de la protection internationale du milieu marin, appuie l’application efficace de la loi dans les limites de sa compĂ©tence et garantit que les exigences canadiennes sont conformes aux attentes Ă©tablies en vertu du droit maritime international.

Obligations internationales

Le projet de règlement permettra au Canada de s’aligner sur le Recueil sur la navigation polaire, de s’acquitter de l’obligation internationale qui lui incombe au titre des modifications Ă  la Convention MARPOL entrĂ©es en vigueur en 2011 et de procĂ©der Ă  l’acceptation des modifications entrĂ©es en vigueur en 2024. Cette approche est conforme Ă  l’objectif plus large du Canada, soit faire progresser la collaboration internationale en matière de rĂ©glementation au moyen de la mise en Ĺ“uvre nationale de normes convenues Ă  l’échelle internationale, tout en respectant la souverainetĂ© des États quant Ă  la dĂ©cision d’accepter ou non les modifications Ă  la Convention MARPOL. Il ne devrait pas y avoir de liens avec les obligations dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce.

Effets sur l’environnement

Selon les conclusions de l’analyse préliminaire menée aux termes de la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, aucune évaluation environnementale stratégique n’était nécessaire.

Cette évaluation a notamment pris en compte les répercussions environnementales, sociales et économiques de l’interdiction internationale du mazout lourd dans les eaux arctiques et a permis de cerner les avantages et les répercussions de la mise en œuvre de l’interdiction du mazout lourd dans les eaux arctiques canadiennes. En cas de déversement en eau froide, le mazout lourd est plus persistant que les carburants de remplacement, ce qui entraîne des répercussions à long terme sur les écosystèmes marins et côtiers et sur les espèces que ces milieux abritent. L’évaluation a permis de conclure que l’interdiction du mazout lourd dans les eaux polaires aura donc d’importants avantages environnementaux, car elle contribuera à réduire les répercussions d’un déversement d’hydrocarbures sur la qualité de l’eau et la faune. Toutefois, l’interdiction pourrait aussi avoir des répercussions économiques pour les collectivités nordiques et autochtones.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le projet de règlement aura diffĂ©rentes rĂ©percussions sur les rĂ©sidents du Nord et les peuples autochtones. La majoritĂ© des membres de la population arctique canadienne s’identifient comme des Autochtones, des Inuit, des Innus et des Cris. De nombreuses collectivitĂ©s de l’Arctique canadien, particulièrement celles oĂą vivent les peuples autochtones, sont Ă©loignĂ©es et ne sont accessibles que par avion ou par bateau. Ces collectivitĂ©s sont parfois touchĂ©es de façon disproportionnĂ©e par la pollution atmosphĂ©rique causĂ©e par l’utilisation de carburants Ă  forte teneur en soufre, comme le mazout lourd. Cependant, l’interdiction du mazout lourd contribuera Ă  rĂ©duire les rĂ©percussions de la pollution atmosphĂ©rique et pourrait ainsi avoir des effets positifs sur la santĂ© des collectivitĂ©s. Il convient de noter que l’Antarctique n’a pas Ă©tĂ© pris en compte dans cette analyse, car il n’y a aucune collectivitĂ© dans cette rĂ©gion.

Les femmes sont nettement sous-reprĂ©sentĂ©es dans l’industrie et la main-d’œuvre maritimes. Les statistiques disponibles obtenues au moyen d’enquĂŞtes dĂ©mographiques indiquent que les gens de mer sont principalement des hommes, que seulement de 3 % Ă  10 % des gens de mer employĂ©s par des entreprises ayant leur siège social au Canada sont des femmes et que ces dernières comptent pour environ 2 % de l’effectif maritime international. L’OMI reconnaĂ®t qu’il y a une pĂ©nurie gĂ©nĂ©rale de main-d’œuvre qualifiĂ©e dans l’industrie maritime et qu’il est difficile d’attirer des gens de mer qualifiĂ©s et de les maintenir en poste, tout particulièrement des femmes. Le Canada est un membre actif du RĂ©seau de l’OMI pour l’égalitĂ© entre les hommes et les femmes, qui s’efforce d’accroĂ®tre la reprĂ©sentation des femmes et d’autres groupes sous-reprĂ©sentĂ©s dans le secteur maritime en soutenant les possibilitĂ©s de formation technique, en crĂ©ant un environnement positif propice aux occasions de perfectionnement professionnel et en mettant sur pied les femmes dans le secteur maritime. Le projet de règlement devrait avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les hommes par rapport aux femmes. Toutefois, il ne devrait pas avoir pour effet de renforcer ou d’exacerber la disparitĂ© existante dans l’industrie, car les exigences visent Ă  rĂ©duire au minimum les rĂ©percussions d’un dĂ©versement de mazout lourd dans les eaux polaires. Dans le cadre de ses recherches, TC n’a trouvĂ© aucune donnĂ©e dĂ©mographique disponible Ă  propos des diffĂ©rents effets que peut avoir l’exposition au mazout lourd ou au diesel marin pendant le ravitaillement en carburant sur la santĂ© des gens de mer.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le projet de règlement entrera en vigueur le jour de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada. ConformĂ©ment Ă  la Convention MARPOL, les bâtiments exemptĂ©s de l’interdiction internationale en raison de la protection dont bĂ©nĂ©ficient leurs rĂ©servoirs de carburant pourront continuer d’utiliser et de transporter pour utilisation du mazout lourd comme carburant jusqu’au 1er juillet 2029.

Les intervenants concernés adhèrent à l’interdiction du mazout lourd qui a été mise en œuvre au moyen d’une série d’arrêtés d’urgence. Les intervenants et les ISM de TC seront informés du projet de règlement au moyen d’un avis de publication qui leur sera envoyé par courriel en utilisant la liste de distribution électronique du CCMC et à l’aide des bulletins de la sécurité des navires et des communications régulières de TC adressées aux intervenants du secteur maritime. TC transmettra également des renseignements aux bureaux régionaux avant la date d’entrée en vigueur pour veiller à ce qu’ils soient informés.

La mise en œuvre du projet de règlement sera appuyée par des instructions de travail à l’intention des inspecteurs de l’État du pavillon, comme des procédures administratives, qui figurent dans la Bibliothèque des inspecteurs de navire (un répertoire électronique de documents de référence) et qui sont communiquées à l’aide des procédures de notification internes, notamment dans le cadre du Programme de contrôle des navires par l’État du pavillon. Ce programme est chargé de s’assurer que les bâtiments battant pavillon canadien sont inspectés conformément à la réglementation canadienne.

Conformité et application

Afin d’obtenir l’autorisation d’entrer dans les eaux du nord et de l’Arctique canadien, tous les bâtiments doivent se présenter à la zone de services de trafic maritime ou au centre de la GCC le plus proche, comme il est décrit dans le Règlement sur les zones de services de trafic maritime. Les bâtiments devront remplir un formulaire électronique obligatoire comprenant des renseignements sur le nom du bâtiment, son pavillon, sa position actuelle, son itinéraire prévu, la quantité totale d’hydrocarbures utilisés comme carburant à bord ou transportés comme cargaison, les personnes et les marchandises à bord, ainsi que tout défaut ou dommage. Les ISM de TC peuvent examiner la dernière note de livraison de combustibles de soute (NLCS) émise pour le bâtiment, laquelle indique le mazout livré à bord. L’ISM peut se fonder sur la NLCS du bâtiment afin de confirmer les renseignements déclarés à la zone de services de trafic maritime ou au centre de la GCC le plus proche pour le voyage en question dans les eaux arctiques canadiennes. Il peut également prélever un échantillon du mazout utilisé pour déterminer celui qui est employé au moment de l’échantillonnage ou bien un échantillon du carburant à bord pour déterminer ce qui se trouve dans le réservoir de mazout et qui est destiné à être utilisé ou transporté en vue d’être utilisé. Ces échantillons ne seront prélevés qu’en cas présumé de non-conformité. Aucune formation supplémentaire ne sera nécessaire pour les ISM ou les agents d’application de la loi, et aucune activité d’inspection additionnelle ne devra être menée pour obtenir ces échantillons, car les ISM et les agents d’application de la loi en recueillent déjà pour vérifier la conformité à la limite mondiale de teneur en soufre.

TC dispose d’agents de service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, chargĂ©s de surveiller le trafic maritime dans l’Arctique canadien, de mener des activitĂ©s de conformitĂ© et de prendre les mesures nĂ©cessaires en cas de non-conformitĂ©. Toute application du projet de règlement serait effectuĂ©e conformĂ©ment aux politiques et aux normes de TC. Les ISM de TC respecteront le principe de l’augmentation graduelle de la sĂ©vĂ©ritĂ© des mesures d’application de la loi en ce qui touche les infractions Ă  la LMMC 2001. Pour les infractions graves, la LMMC 2001 prĂ©voit des amendes maximales de 1 000 000 $ ou 18 mois de prison sur dĂ©claration sommaire de culpabilitĂ©, ou les deux, en cas d’infraction aux règlements pris aux termes de la partie 9 de la Loi, ce qui comprend le projet de règlement.

En cas de violation du RPBPCD, la loi est actuellement appliquĂ©e au moyen du Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires et les avis (LMMC 2001) [RSAPA]. Le projet de règlement dĂ©signera quatre dispositions supplĂ©mentaires comme des violations pour lesquelles des SAP peuvent ĂŞtre imposĂ©es et Ă©tablira des sanctions maximales pour chacune d’elles. Les sanctions imposĂ©es pour chaque violation du RSAPA visant une disposition dĂ©signĂ©e en vertu du projet de règlement se situeront entre 1 250 $ et 25 000 $. Outre les SAP, TC dispose d’autres outils en rĂ©ponse aux violations, comme les avertissements, les poursuites ou les rĂ©vocations. Dans tous les cas, la mesure d’application prise par TC permettra d’assurer Ă  la fois la conformitĂ© et un effet dissuasif. ConformĂ©ment Ă  la Loi sur la responsabilitĂ© en matière maritime (LRM), les reprĂ©sentants autorisĂ©s doivent contracter l’assurance-responsabilitĂ© obligatoire et contribuer au Fonds Navire (anciennement la Caisse d’indemnisation des dommages dus Ă  la pollution par les hydrocarbures causĂ©e par les bâtiments) du Canada, qui verse des contributions au Fonds international d’indemnisation pour les dommages dus Ă  la pollution par les hydrocarbures (FIPOL). Ces exigences financières constituent une mesure d’observation et d’application de la loi en ce qu’elles garantissent que les pollueurs disposent des ressources nĂ©cessaires pour couvrir les frais liĂ©s au nettoyage et aux dommages dĂ©coulant de dĂ©versements d’hydrocarbures. Si un pollueur n’est pas en mesure de respecter les limites de sa responsabilitĂ©, le Fonds Navire offre un moyen supplĂ©mentaire d’indemniser les parties touchĂ©es. Ce cadre garantit que les coĂ»ts d’intervention en cas de dĂ©versement seront recouvrĂ©s, mĂŞme si le pollueur est incapable ou refuse de payer.

TC a mis en place un cadre complet pour gĂ©rer les dĂ©versements d’hydrocarbures et intervenir dans de tels cas. Les dĂ©versements dans les eaux arctiques nĂ©cessitent la coordination du gouvernement fĂ©dĂ©ral, des territoires et des collectivitĂ©s nordiques et autochtones, ainsi que des partenaires de l’industrie. Le rĂ©gime canadien de prĂ©vention et d’intervention en matière de dĂ©versement d’hydrocarbures provenant de bâtiments repose sur le principe du « pollueur-payeur Â». En cas de dĂ©versement de mazout lourd par un bâtiment, le pollueur sera responsable des coĂ»ts raisonnables liĂ©s aux mesures prĂ©ventives, au nettoyage et aux dommages causĂ©s par la pollution. Si le pollueur est incapable de payer, le Fonds Navire ou le FIPOL s’assurera que les personnes touchĂ©es n’ont pas Ă  assumer les coĂ»ts liĂ©s aux dommages, aux pertes et aux efforts d’intervention. La GCC est le principal organisme fĂ©dĂ©ral responsable de la supervision des interventions en cas de dĂ©versement d’hydrocarbures par des bâtiments dans les eaux canadiennes, y compris les eaux arctiques.

Personne-ressource

Elizabeth Werszko
Affaires lĂ©gislatives, rĂ©glementaires, stratĂ©giques et internationales – Environnement
Sécurité et sûreté maritimes
Transports Canada
Place de Ville, tour C
330, rue Sparks
Ottawa (Ontario)
K1A 0N5
Courriel : MSSRegulations-ReglementsSSM@tc.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu de l’alinĂ©a 35(1)d)rĂ©fĂ©rence a, de l’article 190rĂ©fĂ©rence b et des alinĂ©as 244f)rĂ©fĂ©rence c et h)rĂ©fĂ©rence d de la Loi de 2001 sur la marine marchande du CanadarĂ©fĂ©rence e, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux (partie 2, section 1 — hydrocarbures) et le Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires et les avis (LMMC 2001), ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les soixante jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Elizabeth Werszko, gestionnaire et conseillère principale en politiques, SĂ©curitĂ© et sĂ»retĂ© maritimes, Transports Canada, 330 rue Sparks, arrĂŞt postal AMSR, tour C, Place de Ville, Ottawa, (Ontario) K1A 0N5. Courriel : MSSRegulations-ReglementsSSM@tc.gc.ca

Ottawa, le 12 juin 2026

La greffière adjointe du Conseil privé
Janna Rinaldi

Règlement modifiant le Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux (partie 2, section 1 — hydrocarbures) et le Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires et les avis (LMMC 2001)

Modifications

1 (1) Le paragraphe 46(3) du Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereuxrĂ©fĂ©rence 33 est remplacĂ© par ce qui suit :

PĂ©troliers d’une jauge brute de moins de 5 000

(3) Le reprĂ©sentant autorisĂ© d’un pĂ©trolier d’une jauge brute de moins de 5 000 veille Ă  ce que celui-ci soit pourvu d’une coque double ou d’un dispositif de confinement double Ă  l’égard duquel le ministre conclut qu’il est aussi efficace qu’une coque double pour la prĂ©vention des rejets d’hydrocarbures.

(2) Les paragraphes 46(5) et (6) du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

2 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 47, de ce qui suit :

SOUS-SECTION 7.1

Utilisation et transport d’hydrocarbures — eaux arctiques et zone de l’Antarctique

Définition de eaux arctiques

47.1 (1) MalgrĂ© la dĂ©finition qu’en donne le paragraphe 1(1), dans le prĂ©sent article, eaux arctiques s’entend au sens de la règle 46.2 de l’Annexe I de MARPOL.

Eaux arctiques

(2) Il est interdit aux bâtiments ci-après qui se trouvent dans les eaux arctiques d’utiliser ou de transporter autrement qu’à titre de cargaison les hydrocarbures visĂ©s Ă  la règle 43.1.2 de l’Annexe I de MARPOL :

Non-application

(3) Le paragraphe (2) ne s’applique pas Ă  l’égard des bâtiments suivants :

Représentant autorisé

(4) Le reprĂ©sentant autorisĂ© d’un bâtiment Ă  l’égard duquel s’applique le paragraphe (2) veille Ă  ce que celui-ci respecte ce paragraphe.

Définition de zone de l’Antarctique

47.2 (1) Dans le prĂ©sent article, zone de l’Antarctique s’entend au sens de la règle 1.11.7 de l’Annexe I de MARPOL.

Zone de l’Antarctique

(2) Il est interdit Ă  tout bâtiment canadien qui se trouve dans la zone de l’Antarctique d’utiliser ou de transporter les hydrocarbures visĂ©s aux règles 43.1.1 Ă  43.1.3 de l’Annexe I de MARPOL.

Non-application

(3) Le paragraphe (2) ne s’applique pas Ă  l’égard des bâtiments suivants :

Représentant autorisé

(4) Le reprĂ©sentant autorisĂ© d’un bâtiment Ă  l’égard duquel s’applique le paragraphe (2) veille Ă  ce que celui-ci respecte ce paragraphe.

Modification corrélative au Règlement sur les sanctions administratives pécuniaires et les avis (LMMC 2001)

3 La partie 13 de l’annexe du Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires et les avis (LMMC 2001)rĂ©fĂ©rence 34 est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 75, de ce qui suit :
Article

Colonne 1

Disposition du Règlement sur la pollution par les bâtiments et sur les produits chimiques dangereux

Colonne 2

Barème des sanctions ($)

Colonne 3

Violation distincte pour chacun des jours

75.1 Paragraphe 47.1(2) 1 250 Ă  25 000  
75.2 Paragraphe 47.1(4) 1 250 Ă  25 000  
75.3 Paragraphe 47.2(2) 1 250 Ă  25 000  
75.4 Paragraphe 47.2(4) 1 250 Ă  25 000  

Entrée en vigueur

4 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur Ă  la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Conditions d’utilisation et Avis de confidentialité

Conditions d’utilisation

Vous ĂŞtes tenu de vous assurer que les commentaires que vous formulez ne contiennent aucun des Ă©lĂ©ments suivants :

  • renseignement personnel;
  • renseignement protĂ©gĂ© ou classifiĂ© du gouvernement du Canada;
  • commentaire discriminatoire ou qui incite Ă  la discrimination fondĂ©e sur la race, le sexe, la religion, l’orientation sexuelle ou contre tout autre groupe protĂ©gĂ© en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne ou de la Charte canadienne des droits et libertĂ©s;
  • commentaire haineux, diffamatoire ou obscène;
  • commentaire menaçant, violent, intimidant ou harcelant;
  • commentaire venant Ă  l’encontre des lois fĂ©dĂ©rales, provinciales ou territoriales du Canada;
  • commentaire qui constitue une usurpation d’identitĂ©, de la publicitĂ© ou du pollupostage;
  • commentaire dont le but est d'encourager ou d'inciter une activitĂ© criminelle;
  • liens externes;
  • commentaire rĂ©digĂ© dans une langue autre que le français ou l’anglais;
  • commentaire qui contrevient autrement au prĂ©sent avis.

L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit d’examiner et de supprimer les renseignements personnels, les propos haineux ou tout autre renseignement jugĂ© inappropriĂ© Ă  la publication, tel qu’il est dĂ©crit ci-dessus.

Les renseignements commerciaux confidentiels ne doivent ĂŞtre affichĂ©s que dans la zone de texte rĂ©servĂ©e Ă  cette fin. En gĂ©nĂ©ral, « renseignements commerciaux confidentiels Â» dĂ©signe les renseignements qui i) ne sont pas accessibles au public, ii) sont traitĂ©s de façon confidentielle par la personne dont l’entreprise est concernĂ©e par ces renseignements et iii) ont une valeur Ă©conomique rĂ©elle ou potentielle pour la personne ou ses concurrents, car ils ne sont pas accessibles au public et leur divulgation entraĂ®nerait une perte financière pour la personne ou un gain important pour ses concurrents. Les commentaires fournis dans la zone rĂ©servĂ©e aux renseignements commerciaux confidentiels qui correspondent Ă  cette description ne seront pas rendus publics. L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit de rendre le commentaire public s’il n’est pas considĂ©rĂ© qu’il s’agit d’un renseignement commercial confidentiel.

Vos commentaires seront affichés sur le site Web de la Gazette du Canada à la disposition du public pour examen. Cependant, vous avez le droit de soumettre vos commentaires de façon anonyme. Le cas échéant, vos commentaires seront rendus publics et attribués à une personne anonyme. Aucun autre renseignement à votre sujet ne sera rendu public.

Les commentaires seront affichĂ©s sur le site Web de la Gazette du Canada pendant au moins 10 ans.

Veuillez noter que la communication par courriel n’est pas sécurisée. Par conséquent, si la pièce jointe à transmettre contient des renseignements de nature délicate, veuillez écrire à l’adresse de courriel ministérielle pour discuter des façons dont vous pouvez transmettre ces renseignements.

Avis de confidentialité

Les renseignements fournis sont recueillis en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques, de la Loi sur le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ainsi que des lois habilitantes des organismes de rĂ©glementation concernĂ©s, aux fins de recueillir des commentaires liĂ©s aux changements rĂ©glementaires. Vos commentaires et vos documents sont recueillis dans le but d’accroĂ®tre la transparence du processus rĂ©glementaire et de rendre le gouvernement plus accessible aux Canadiens.

Les renseignements personnels soumis sont recueillis, utilisĂ©s, communiquĂ©s, conservĂ©s et protĂ©gĂ©s contre l’accès par les personnes ou les organismes non autorisĂ©s conformĂ©ment aux dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels et du Règlement sur la protection des renseignements personnels. Les noms des personnes fournis ne seront pas affichĂ©s en ligne; ils seront toutefois conservĂ©s pour que nous puissions communiquer avec ces personnes au besoin. Les noms des organisations qui formulent des commentaires seront affichĂ©s en ligne.

Les renseignements soumis, y compris les renseignements personnels, seront accessibles Ă  Services publics et Approvisionnement Canada, Ă  qui incombe les responsabilitĂ©s de la page Web de la Gazette du Canada, et Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Toute personne est en droit de demander que les renseignements personnels la concernant lui soient communiquĂ©s ou qu’ils soient corrigĂ©s. Pour demander l’accès Ă  vos renseignements personnels ou leur correction, communiquez avec le Bureau de l’accès Ă  l’information et de la protection des renseignements personnels (AIPRP) de l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Vous pouvez adresser une plainte au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada au sujet de la gestion de vos renseignements personnels par une institution fédérale.

Les renseignements personnels fournis sont versĂ©s dans le fichier de renseignements personnels POU 938 ActivitĂ©s de sensibilisation. Les personnes qui souhaitent accĂ©der Ă  leurs renseignements personnels en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels doivent en faire la demande Ă  l’organisme de rĂ©glementation compĂ©tent en fournissant suffisamment de renseignements pour permettre Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale de rĂ©cupĂ©rer les renseignements personnels concernant ces personnes. L’institution fĂ©dĂ©rale pourrait avoir de la difficultĂ© Ă  retracer les renseignements personnels au sujet de personnes qui formulent des commentaires de façon anonyme et qui demandent l’accès Ă  leurs renseignements personnels.