La Gazette du Canada, Partie I, volume 160, numĂ©ro 10 : Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires en matière de langues officielles

Le 7 mars 2026

Fondement législatif
Loi sur les langues officielles

Ministère responsable
Ministère du Patrimoine canadien

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Depuis plusieurs annĂ©es, le public canadien ainsi que le Commissariat aux langues officielles (CoLO) ont constatĂ© des enjeux persistants de non-conformitĂ© Ă  la Loi sur les langues officielles (la Loi ou la LLO) et au Règlement sur les langues officielles communications avec le public et prestation des services (règlement de la partie IV de la Loi ou Règlement sur les langues officielles), notamment en ce qui concerne les services offerts aux voyageurs. En effet, dès novembre 2017, le ComitĂ© permanent des langues officielles de la Chambre des communes recommandait au Gouvernement du Canada de modifier la Loi afin de confĂ©rer au commissaire aux langues officielles (CLO ou le commissaire) le pouvoir d’imposer des sanctions administratives pĂ©cuniaires (SAP) dans les cas de non-conformitĂ©. Afin de rĂ©pondre Ă  ces problĂ©matiques et de renforcer la capacitĂ© d’intervention du CLO, on a apportĂ© des modifications Ă  la Loi en juin 2023, ce qui a Ă©tendu ses pouvoirs. Parmi ces changements, l’instauration d’un rĂ©gime de SAP, destinĂ© Ă  une catĂ©gorie ciblĂ©e d’entitĂ©s offrant des services aux voyageurs, vise Ă  assurer le respect des obligations et droits Ă©noncĂ©s Ă  la partie IV de la Loi. Ce rĂ©gime entrera en vigueur par dĂ©cret et requiert l’adoption d’un règlement d’application pour en prĂ©ciser les modalitĂ©s.

Contexte

Cadre législatif fédéral sur les langues officielles

La Commission royale d’enquĂŞte sur le bilinguisme et le biculturalisme, créée en 1963, Ă©tait une rĂ©ponse aux prĂ©occupations des francophones sur les inĂ©galitĂ©s linguistiques dans l’administration fĂ©dĂ©rale. Ses recommandations ont conduit Ă  l’adoption de la première Loi sur les langues officielles en 1969, qui Ă©tablissait le français et l’anglais comme langues officielles au niveau fĂ©dĂ©ral et garantissait le droit de communiquer avec les institutions fĂ©dĂ©rales dans la langue de son choix. La Charte canadienne des droits et libertĂ©s de 1982 (la Charte) a renforcĂ© ces droits en dĂ©clarant les deux langues comme langues officielles du Canada, et en garantissant, en autres, le droit des Canadiens de communiquer avec les institutions fĂ©dĂ©rales dans la langue officielle de leur choix. Ce droit, stipulĂ© Ă  l’article 20 de la Charte, s’applique lorsque les institutions fĂ©dĂ©rales offrent des services au public, particulièrement s’il y a une demande suffisamment importante. Ainsi, les droits en matière de communications et services au public de la partie IV de la Loi et de son règlement dĂ©coulent directement des droits prĂ©vus dans la Charte. La rĂ©forme de la Loi en 1988 a Ă©largi ces protections, visant Ă  mieux reflĂ©ter les dispositions de la Charte et Ă  promouvoir l’usage des deux langues officielles dans la fonction publique fĂ©dĂ©rale et dans la sociĂ©tĂ© canadienne.

Plus rĂ©cemment, au printemps 2019, le ComitĂ© permanent des langues officielles, le ComitĂ© sĂ©natorial permanent des langues officielles ainsi que le CLO ont illustrĂ© la nĂ©cessitĂ© de moderniser la LLOrĂ©fĂ©rence 1. Le CLO recommandait l’octroi Ă  son bureau de pouvoirs additionnels, incluant l’établissement d’un rĂ©gime de SAP qui s’appliquerait Ă  toutes les institutions fĂ©dĂ©rales assujetties Ă  la LLO. Cette mĂŞme annĂ©e, le gouvernement a Ă©galement menĂ© de vastes consultations sur une possible modernisation de la Loi. En 2021, dans le cadre d’une initiative de modernisation, la ministre du DĂ©veloppement Ă©conomique et des Langues officielles a prĂ©sentĂ© le document Français et anglais : vers une Ă©galitĂ© rĂ©elle des langues officielles au Canada, qui soulignait la nĂ©cessitĂ© de rĂ©former la Loi pour l’adapter aux rĂ©alitĂ©s contemporaines. Ce document articulait plusieurs piliers d’intervention, notamment le pilier 5, qui mettait l’accent sur l’exemplaritĂ© du gouvernement du Canada. Ce pilier visait Ă  renforcer la conformitĂ© des institutions fĂ©dĂ©rales en augmentant les pouvoirs du CLO, afin de garantir une meilleure application de la LLO. La rĂ©forme a pris corps avec la promulgation de la Loi visant l’égalitĂ© rĂ©elle entre les langues officielles du Canada en 2023, qui a modernisĂ© la Loi en reconnaissant la diversitĂ© linguistique des provinces et territoires, tout en renforçant la protection du français, particulièrement dans les communautĂ©s en situation minoritaire, ainsi qu’en Ă©largissant le continuum des pouvoirs du CLO, notamment avec l’ajout du pouvoir d’émettre des SAP.

Le pouvoir confĂ©rĂ© au CLO d’émettre des SAP aux sociĂ©tĂ©s d’État et aux entitĂ©s dĂ©signĂ©es par règlement, en vertu des articles 65.1 Ă  65.95 de la Loi (pas encore en vigueur), vise Ă  renforcer le respect des obligations de la partie IV de la Loi. Cette partie impose aux institutions fĂ©dĂ©rales des obligations en matière de communications et services au public. Les institutions fĂ©dĂ©rales doivent offrir des services et des communications dans les deux langues officielles, notamment au siège social, Ă  l’administration centrale, ainsi que dans les bureaux situĂ©s dans la rĂ©gion de la capitale nationale et dans les endroits oĂą il y a une demande importante de la part du public. Ces obligations couvrent Ă©galement les services aux voyageurs, y compris ceux fournis par des tiers qui agissent au nom d’une institution, et s’étendent aux institutions liĂ©es Ă  la santĂ©, Ă  la sĂ©curitĂ© publique ou ayant un mandat national ou international. Les communications, Ă©crites ou orales, doivent ĂŞtre disponibles dans les deux langues officielles, et comporter une offre active, une signalisation bilingue et l’utilisation de mĂ©dias appropriĂ©s qui permettent une communication efficace dans la langue choisie par le public.

La Loi prĂ©voit que le montant des SAP peut atteindre 25 000 $, mais que ce maximum peut ĂŞtre augmentĂ© par règlement. En cas de violation, un procès-verbal est dressĂ©; celui-ci prĂ©cise les faits, les dispositions concernĂ©es, ainsi que les modalitĂ©s de contestation ou de paiement. Si la sanction n’est ni payĂ©e ni contestĂ©e dans les dĂ©lais impartis, le contrevenant est rĂ©putĂ© responsable et doit s’acquitter du paiement. Le Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires en matière de langues officielles (le projet de règlement ou Règlement) viendra clarifier et dĂ©tailler certains aspects de cette loi, comme prĂ©vu au paragraphe 65.4(1), et ces dĂ©tails sont abordĂ©s dans la section « Description Â» du prĂ©sent document.

Profil linguistique des institutions fédérales offrant des services aux voyageurs

Le rĂ©gime de SAP s’appliquera Ă  certaines entitĂ©s du domaine des transports offrant des services au public voyageur si elles ne respectent pas les obligations linguistiques de la partie IV de la Loi. En septembre 2024, le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor a rĂ©pertoriĂ© 568 points de service pour les entitĂ©s assujetties. Parmi ces points de service, 340 d’entre eux, soit 59 %, sont dĂ©signĂ©s comme Ă©tant bilingues. Cependant, ce taux est de seulement 55 % (248) pour Air Canada, tandis qu’il dĂ©passe les 75 % pour les autres institutions. Il convient Ă©galement de noter que le taux de bilinguisme est infĂ©rieur pour les vols intĂ©rieurs d’Air Canada (61), comparativement Ă  ses bureaux (65) et Ă  ses vols internationaux (122). Par ailleurs, seuls deux trajets de VIA Rail, Ă  savoir ceux de Jasper Ă  Prince Rupert et de Winnipeg Ă  Churchill, sont dĂ©signĂ©s comme unilingues anglais.

Tableau 1 : Obligation linguistique selon le nombre de points de service
Remarque : DonnĂ©es tirĂ©es du Système pour les obligations en langues officielles par le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor, en date de septembre 2024. Le système permet aux institutions assujetties Ă  la LLO et Ă  son règlement de garder Ă  jour, sur une base rĂ©gulière, la liste de leurs bureaux qui offrent des services au public et qui communiquent avec lui.
Institution Anglais Anglais et français Français seulement Total
Air Canada : total 206 248 0 454
Air Canada : vols intĂ©rieurs 72 61 0 133
Air Canada : vols internationaux 75 122 0 197
Air Canada : bureaux 59 65 0 124
VIA Rail Canada Inc. : total 16 62 1 79
VIA Rail Canada Inc. : trajets 2 13 0 15
VIA Rail Canada Inc. : bureaux 14 49 1 64
Administrations aéroportuaires 5 22 0 27
Marine Atlantique S.C.C. 0 8 0 8
Total 227 340 1 568

Plaintes portant sur la partie IV de la Loi jugées recevables par le CLO

Au cours des dernières annĂ©es, une proportion significative des plaintes jugĂ©es recevables par le CLO portait sur la communication avec le public et la prestation des services (partie IV de la Loi). Les rapports annuels du CLO montrent que, pour 2023-2024, 63 % des plaintes (533 sur 847) Ă©taient liĂ©es Ă  cette partie de la Loi. En 2022-2023, cette proportion Ă©tait de 45 % (810 plaintes sur 1 788). En 2021-2022, 63 % des plaintes (3 398 sur 5 409) portaient sur la partie IV de la Loi.

Parallèlement, une augmentation constante des plaintes recevables a Ă©tĂ© observĂ©e dans le secteur des transports, avec une attention particulière sur les administrations aĂ©roportuaires, Air Canada et l’Administration canadienne de la sĂ»retĂ© du transport aĂ©rien. En 2015-2016, 103 plaintes ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es. En 2022-2023, ce nombre a grimpĂ© Ă  437 plaintes. Comme le montrent ces donnĂ©es, bien que le nombre de plaintes tous secteurs confondus ait diminuĂ©, tel qu’il ressort de l’analyse prĂ©cĂ©dente, la proportion de celles relevant de la partie IV de la Loi demeure Ă©levĂ©e, signalant une problĂ©matique persistante concernant la communication et la prestation des services au public, en particulier dans le secteur des transports.

Tableau 2 : Nombre de plaintes recevables visant les institutions offrant des services au public voyageur — Moyenne de cinq ans (2018-2019 Ă  2022-2023)
Institution fédérale note a du tableau 2 Moyenne annuelle (2018-2019 à 2022-2023) 2022-2023
Administrations aéroportuaires 108,4 77
Air Canada 110,2 note b du tableau 2 276
VIA Rail Canada Inc. 6,6 7
Administration canadienne de la sûreté du transport aérien note c du tableau 2 36,8 77

Note(s) du tableau 2

Source : Extrait du tableau 1 des Ă©lĂ©ments jugĂ©s pertinents du Rapport 2022-2023 du CLO.
Note a du tableau 2

Données de Marine Atlantique S.C.C. non disponibles.

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Note b du tableau 2

Exclut 2021-2022, car la majoritĂ© des 2 833 plaintes reçues cette annĂ©e-lĂ  concernaient le discours en anglais du PDG d’Air Canada devant la Chambre de commerce de MontrĂ©al, un manquement diffĂ©rent des infractions habituelles des institutions servant le public voyageur.

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Note c du tableau 2

Inclus à titre d’information, puisque les sanctions administratives pécuniaires ne s’appliqueront pas à l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien.

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Objectif

L’objectif du projet de règlement est de mettre en œuvre le régime prévu dans la partie IX de la Loi (commissaire aux langues officielles). Ce projet de règlement permettra au CLO d’émettre des SAP aux entités assujetties à la Loi et de préciser les modalités d’application. Il établira un régime transparent, prévisible et flexible, visant à favoriser le respect des obligations linguistiques par les entités concernées.

Le CLO dispose déjà d’un éventail d’outils d’application de la Loi, tels que le recours à de modes substitutifs de règlement des différends, la capacité de publier le sommaire, les conclusions et les recommandations découlant de ses enquêtes, ainsi que les accords de conformité (l’offre de conclure un accord de conformité à l’entité sera une condition préalable à l’émission d’une SAP). Le pouvoir d’émettre une SAP demeurera un pouvoir discrétionnaire de dernier recours dans le continuum des pouvoirs à la disposition du CLO.

Description

Établissement des entités assujetties

Le projet de règlement identifie les entitĂ©s qui seraient assujetties au rĂ©gime des SAP. ConformĂ©ment Ă  la Loi, ces entitĂ©s doivent avoir des obligations en vertu de la partie IV de la loi et du Règlement sur les langues officielles — communications avec le public et prestation de services (Règlement sur les langues officielles), exercer leurs activitĂ©s dans le domaine des transports et fournir des services aux voyageurs. La liste de ces entitĂ©s visĂ©es comprend : Air Canada, VIA Rail Canada Inc., Marine Atlantic S.C.C. et les administrations aĂ©roportuaires dĂ©signĂ©es au sens du paragraphe 2(1) de la Loi relative aux cessions d’aĂ©roports.

Critères pour l’émission d’une SAP

Toutes les dispositions de la partie IV (articles 22 Ă  30 de la Loi), ainsi que les articles correspondants du Règlement sur les langues officielles, seront couvertes par le rĂ©gime de SAP.

Barème de sanctions

La Loi modernisée a renforcé les pouvoirs du commissaire en matière de santé et sécurité des voyageurs en y prévoyant des sanctions administratives pécuniaires. Lors des consultations préliminaires, de nombreux intervenants ont souligné l’importance de reconnaître la diligence raisonnable des entités visées par le projet de règlement et de respecter une gradation proportionnée dans la sévérité des sanctions. Pour guider la détermination des pénalités, les intervenants ont identifié plusieurs facteurs atténuants et aggravants. Parmi les facteurs aggravants figurent la répétition et la durée des manquements, l’impact sur les droits des passagers, la solidité des preuves, ainsi que les conséquences sur la santé publique et la sécurité des voyageurs. Les violations d’obligations liées aux services conventionnés recevraient un barème de sanction plus clément pour refléter la difficulté opérationnelle et le moindre contrôle que l’entité visée a sur la prestation de ces services.

Le projet de règlement prévoit donc un barème de sanctions qui permettra au commissaire de déterminer le montant des sanctions en fonction du type de violation, de la taille des entités et de son évaluation des facteurs aggravants et atténuants.

Les violations seront catĂ©gorisĂ©es comme suit :

Les facteurs que le commissaire utilisera pour Ă©valuer la gravitĂ© de la sanction comprennent :

Tableau 3 : Barème de sanction
Type de violation Montant
A Jusqu’à 25 000 $
B Jusqu’à 50 000 $
C 5 000 $ Ă  50 000 $

Ainsi, le commissaire aura, Ă  l’intĂ©rieur des fourchettes Ă©noncĂ©es ci-dessus, Ă  Ă©valuer le caractère des violations en fonction des critères Ă©tablis par la Loi et le projet de règlement. Il pourrait ordonner une sanction pĂ©cuniaire symbolique de 500 $ par exemple. La dĂ©fĂ©rence accordĂ©e au commissaire s’explique par la nature juridique du commissaire aux langues officielles, agent du Parlement du Canada. N’étant pas un agent de la branche exĂ©cutive, mais se rapportant au Parlement, le rĂ©gime lui accorde une latitude importante dans l’évaluation de la sanction appropriĂ©e.

Règles de signification des documents

Le projet de règlement Ă©tablira les mĂ©thodes acceptables pour signifier les procès-verbaux et documents affĂ©rents Ă  l’administrateur gĂ©nĂ©ral ou Ă  tout autre responsable administratif de l’entitĂ© visĂ©e. Les mĂ©thodes de signification comprendront :

Le projet de règlement exigera que la preuve de signification soit Ă©tablie par :

En l’absence d’un accusé de réception signé, la signification sera réputée en vigueur le septième jour suivant la date indiquée sur l’avis de réception du bureau de poste ou du service de messagerie.

Contenu des procès-verbaux

En sus des exigences du contenu des procès-verbaux telles qu’elles sont dĂ©finies au paragraphe 65.6(4) de la LoirĂ©fĂ©rence 2, le projet de règlement prĂ©voit que chaque procès-verbal liĂ© Ă  l’émission d’une SAP devra inclure les Ă©lĂ©ments pertinents, tels que la date d’observation de la violation, la date de signalement au CLO, ainsi que tout autre document pertinent mentionnĂ© ou rĂ©sumĂ© dans le rapport d’enquĂŞte, tel que des photos ou des captures d’écran. Le projet de règlement prĂ©cisera que le procès-verbal doit Ă©galement indiquer que le paiement doit ĂŞtre fait au receveur gĂ©nĂ©ral du Canada et mentionner les modes de paiement de la sanction.

De plus, le règlement exigera que, pour chaque sanction, le CLO fournisse une justification détaillée expliquant les raisons du montant fixé. Cette justification comprendra une évaluation des facteurs aggravants et atténuants ayant influencé la décision, y compris la détermination et la prise en compte de la taille de l’entité, ainsi qu’une explication de la méthodologie utilisée pour déterminer le montant, en conformité avec le barème défini par le projet de règlement.

Entrée en vigueur et examen décennal du projet de règlement

Le projet de règlement prendra effet à compter de la date de son enregistrement. Cependant, il est prévu dans le projet de règlement que les sanctions pour les violations de Type A ne pourront être émises qu’un an après l’entrée en vigueur du projet de règlement.

Le ministre du Patrimoine canadien devra examiner le Règlement et son application tous les 10 ans. Un rapport devra ensuite ĂŞtre dĂ©posĂ© devant chaque chambre du Parlement dans les 30 jours de sĂ©ance suivant l’examen.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Stratégie de consultation pré-Gazette du Canada

La stratĂ©gie de consultation prĂ©alable du ministère du Patrimoine canadien (le Ministère) s’est dĂ©ployĂ©e en deux volets : les consultations prĂ©alables avec les diverses parties prenantes et un questionnaire en ligne Ă  l’intention du grand public.

Les consultations prĂ©alables ont portĂ© sur le choix des entitĂ©s visĂ©es par le rĂ©gime, les droits et obligations pouvant faire l’objet de sanctions, les montants applicables et les critères des SAP, ainsi que des Ă©lĂ©ments procĂ©duraux, tels que la signification des documents et le contenu des procès-verbaux. Entre avril et juillet 2024, un total de 18 rencontres, virtuelles ou en personne, ont eu lieu avec les intervenants clĂ©s, dont les communautĂ©s de langue officielle en situation minoritaire, des organismes porte-parole de certains secteurs, des reprĂ©sentants des provinces et des territoires, des institutions fĂ©dĂ©rales et des entitĂ©s assujetties Ă  la LLO. Ces rencontres ont rassemblĂ© plus de 140 individus reprĂ©sentant près de 80 organismes. De plus, sept mĂ©moires ont ensuite Ă©tĂ© reçus et analysĂ©s. Une sĂ©ance de consultation notable s’est tenue en personne Ă  Halifax le 6 juin 2024, rassemblant plus de 30 organismes membres de la FĂ©dĂ©ration des communautĂ©s francophones et acadienne. Les avis partagĂ©s lors de cette rencontre ont enrichi le processus d’élaboration du projet de règlement. Parallèlement, du 9 mai au 17 juillet 2024, un questionnaire en ligne a Ă©tĂ© ouvert Ă  tous les Canadiens, leur offrant l’occasion de rĂ©pondre Ă  une sĂ©rie de questions et de partager leurs commentaires sur divers aspects des deux chantiers rĂ©glementaires du Ministère (règlement d’application du rĂ©gime de SAP et celui de la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privĂ©es de compĂ©tence fĂ©dĂ©rale). Au terme de la pĂ©riode de consultation prĂ©alable, plus de 1 300 rĂ©pondants avaient rempli le questionnaire, dont 679 (soit 50 %) avaient complĂ©tĂ© le volet SAP. Les rĂ©pondants soulignent l’insuffisance des pouvoirs actuels du CLO et la nĂ©cessitĂ© de sanctions plus strictes pour garantir le respect des obligations linguistiques. Ils proposent notamment de renforcer les pouvoirs du CLO, d’amĂ©liorer l’éducation et l’information du public, et d’imposer des sanctions proportionnelles et progressives.

Les discussions avec les parties prenantes ont permis d’identifier des considĂ©rations importantes concernant des aspects clĂ©s du rĂ©gime de SAP, intĂ©grĂ©es lors de l’élaboration du projet de règlement, assurant ainsi un dĂ©ploiement cohĂ©rent et efficace. Entre aoĂ»t et septembre 2025, des discussions ciblĂ©es ont Ă©galement eu lieu avec des partenaires clĂ©s de la mise en Ĺ“uvre afin de valider certains dĂ©tails techniques et opĂ©rationnels. Cela a permis de s’assurer que la proposition rĂ©glementaire tienne compte de considĂ©rations prĂ©cises liĂ©es Ă  la mise en Ĺ“uvre. Ces Ă©changes ont Ă©tĂ© limitĂ©s en portĂ©e et ne remplacent pas les possibilitĂ©s de consultation plus larges qui suivront la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada.

Résumé des positions exprimées par les parties consultées
Entités visées par le régime

Certains intervenants, notamment des organismes communautaires, soutiennent intĂ©gralement l’application du rĂ©gime aux administrations aĂ©roportuaires ainsi qu’à VIA Rail Canada Inc., Ă  Air Canada et Ă  Marine Atlantique S.C.C. Une majoritĂ© a mentionnĂ© explicitement le souhait que soit aussi incluse l’Administration canadienne de la sĂ»retĂ© du transport aĂ©rien. D’autres intervenants plaident pour une approche plus inclusive et Ă©quitable, demandant que toutes les entitĂ©s assujetties Ă  la partie IV de la LLO soient intĂ©grĂ©es sans exception. Parmi ces derniers, des entitĂ©s assujetties Ă  la LLO et certains organismes porte-parole de secteurs particuliers ont soulignĂ© l’importance d’inclure notamment l’Agence des services frontaliers du Canada, Passeports Canada, certaines autoritĂ©s portuaires et les entreprises des secteurs ayant un impact direct sur la santĂ© et la sĂ©curitĂ© des passagers. Toutefois, certaines propositions d’inclusion d’entitĂ©s ne tiennent pas compte du fait que certaines des entitĂ©s ne sont pas couvertes par la dĂ©finition prĂ©vue Ă  la LLO. Ces intervenants estiment nĂ©anmoins que ces inclusions assureraient la cohĂ©rence et l’uniformitĂ© du rĂ©gime de SAP.

Par ailleurs, certains intervenants, représentant divers groupes d’entités, estiment qu’un régime de sanctions administratives pécuniaires ne devrait pas être instauré et que, dans tous les cas, de telles sanctions ne devraient pas s’appliquer aux aéroports et aux ports, notamment pour éviter l’imposition de coûts supplémentaires aux voyageurs. Cela dit, ces associations ont tout de même formulé des propositions constructives qui ont enrichi les travaux du Ministère dans l’élaboration du projet de règlement.

D’autres intervenants signalaient que la dĂ©finition se trouvant dans le texte de loi excluait dĂ©jĂ  d’emblĂ©e certaines entitĂ©s, notamment l’Agence des services frontaliers du Canada et les autoritĂ©s portuaires (dont les activitĂ©s traitent de marchandises). Plusieurs ont aussi mentionnĂ© l’importance que le rĂ©gime inclut l’Administration canadienne de la sĂ»retĂ© du transport aĂ©rien. Le commissaire, quant Ă  lui, considère que toutes les entitĂ©s qui remplissent les critères Ă©numĂ©rĂ©s Ă  l’article 65.2 doivent ĂŞtre dĂ©signĂ©es dans le projet de règlement. Il prĂ©conise l’adoption d’une dĂ©finition aussi large que possible, estimant que la portĂ©e du rĂ©gime est dĂ©jĂ  très limitĂ©e.

Le Ministère a pris en considération les informations communiquées par les divers intervenants aux fins de l’identification des entités qui seront assujetties au régime de SAP, à savoir Air Canada, VIA Rail Canada Inc., Marine Atlantic S.C.C. et les 21 administrations aéroportuaires désignées en vertu de la Loi relative aux cessions d’aéroports comme étant assujetties à la Loi.

Dispositions sur les communications et services au public pouvant faire l’objet de SAP

Plusieurs intervenants, y compris certaines entitĂ©s assujetties Ă  la partie IV de la LLO, ont insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de limiter tout aspect arbitraire dans la dĂ©termination des violations et de garantir que les sanctions soient justifiĂ©es de manière claire et objective. Selon eux, une SAP ne devrait ĂŞtre Ă©mise que pour des infractions dĂ©finies de façon prĂ©cise et vĂ©rifiable, constatĂ©es par une autoritĂ© impartiale, afin de corriger des comportements systĂ©matiquement inacceptables. Certains intervenants, dont le CoLO, recommandent que toutes les dispositions de la partie IV de la LLO soient couvertes par le rĂ©gime de SAP, sans exception, tandis que d’autres estiment que certaines dispositions devraient en ĂŞtre exclues, notamment celles qui sont liĂ©es Ă  des communications orales.

Les répondants au questionnaire en ligne ont exprimé des opinions variées quant à l’application des SAP, avec une répartition relativement égale entre trois positions. Environ un tiers des répondants soutient que des sanctions devraient être imposées pour toute violation de la LLO. Un autre tiers privilégie une approche plus ciblée, tandis que le dernier tiers s’oppose à l’utilisation des sanctions administratives pécuniaires. Les opinions divergent également sur la marge de manœuvre du CoLO dans l’émission des SAP. Certains intervenants, notamment le commissaire, plaident pour une flexibilité accrue, lui permettant de tenir compte des circonstances particulières avant de décider d’émettre une SAP. D’autres, en revanche, préfèrent un cadre plus prescriptif, exprimant des préoccupations quant à l’impartialité du CoLO et à la nécessité de réduire toute perception d’arbitraire dans le processus.

Les répondants ont aussi signalé que les plaintes les plus fréquentes au cours des 12 derniers mois, lorsqu’il y a eu une ou plusieurs violations des langues officielles dans les services offerts aux voyageurs, portaient sur l’absence des services dans la langue officielle de leur choix et l’absence d’une offre active de services dans les deux langues officielles. Une autre préoccupation soulevée par plusieurs répondants est l’insuffisance des pouvoirs actuels du CLO et la nécessité d’instaurer des sanctions plus strictes pour assurer le respect des normes linguistiques. Ces répondants recommandent de renforcer les pouvoirs du CLO, de prévoir des sanctions proportionnelles et progressives, ainsi que de prévoir des incitations positives pour encourager la conformité à la Loi.

Compte tenu de ces avis divergents, le projet de règlement vise à établir un équilibre entre flexibilité et rigueur. Pour assurer impartialité et équité, le Ministère propose un barème de montants basé sur le type de violation, tout en permettant au CLO de tenir compte de facteurs aggravants ou atténuants dans la détermination des SAP. Cette approche répond aux attentes des intervenants qui privilégient un encadrement clair et une prévisibilité dans la méthode de calcul des SAP, tout en préservant une marge de discrétion pour le CLO. Par ailleurs, les exigences liées au contenu des procès-verbaux, y compris les éléments requis et une justification détaillée des montants imposés, renforcent la rigueur et la transparence du régime.

Montants, critères et barèmes de sanctions

La majorité des intervenants ont souligné l’importance de reconnaître la diligence raisonnable des entités visées et de respecter une gradation proportionnée dans la sévérité des sanctions. Pour guider la détermination des pénalités, les intervenants ont identifié plusieurs facteurs atténuants et aggravants. Parmi les facteurs aggravants figurent la répétition et la durée des manquements, l’impact sur les droits des passagers, la solidité des preuves, ainsi que les conséquences sur la santé publique et la sécurité des voyageurs. En revanche, les efforts déployés pour corriger les infractions, la coopération avec le CoLO, les contraintes opérationnelles qui rendent plus difficile le fait de résoudre l’enjeu de conformité et d’éviter la récidive, le niveau de contrôle de l’entité, ainsi que la capacité financière de l’entité à assumer une sanction proportionnelle à ses revenus, ont été reconnus comme des facteurs atténuants. Le commissaire pour sa part considère que la Loi identifie déjà plusieurs critères pertinents dans le cas où un barème serait établi. Il ajoute à ceux-ci l’importance de permettre au commissaire de tenir compte du but de la sanction, de la nature de la violation, du degré d’intention ou de négligence, ainsi que des avantages concurrentiels ou économiques que l’organisation fautive aurait pu retirer de cette violation.

Des organismes porte-parole de secteurs particuliers ont insistĂ© sur l’importance de dĂ©finir des critères clairs et objectifs, notamment en excluant les plaintes liĂ©es Ă  la qualitĂ© de la langue ou Ă  l’accent et en excluant l’application Ă  des Ă©lĂ©ments de communications orales. Ils insistent Ă©galement sur la nĂ©cessitĂ© de promouvoir l’équitĂ©, la cohĂ©rence et l’uniformitĂ© dans le traitement des infractions. Certains de ces acteurs estiment que le rĂ©gime de sanctions devrait couvrir toutes les Ă©tapes du parcours du voyageur, tout en fixant des critères minimaux justifiant l’émission d’une SAP. Ils avertissent aussi que l’augmentation des coĂ»ts liĂ©s Ă  la mise en place de ce rĂ©gime pourrait compromettre la viabilitĂ© de l’offre de services des entitĂ©s du domaine du transport et que ces coĂ»ts pourraient ĂŞtre directement rĂ©percutĂ©s sur les voyageurs. D’autres insistent sur le fait que l’émission d’une SAP pour assurer la conformitĂ© Ă  la partie IV de la Loi devrait ĂŞtre utilisĂ©e en dernier recours, après l’épuisement des autres outils de conformitĂ© du CLO.

Le Ministère a pris en compte l’ensemble des points de vue exprimés lors des consultations afin de développer un régime de sanctions équilibré et juste. Les suggestions des intervenants, notamment sur la définition des facteurs aggravants et atténuants, ont été minutieusement examinées par le Ministère afin de guider l’élaboration du barème des sanctions. En intégrant ces contributions, le Ministère vise un régime permettant l’évaluation nuancée des diverses situations et une application de sanctions proportionnées aux infractions, tout en tenant compte des réalités opérationnelles et du niveau de complexité des entités concernées.

Procès-verbal et signification des documents liés à la sanction

La majorité des intervenants ont souligné l’importance de disposer de procès-verbaux clairs et détaillés, contenant des informations précises sur les infractions et les mesures correctives à prendre. Ils insistent sur le fait que ces procès-verbaux doivent être fondés sur des preuves objectives et récentes, sans ambiguïté, et inclure tous les paramètres de l’infraction, tels que l’identité des personnes concernées et les circonstances entourant l’incident, afin d’assurer une défense équitable. Les procès-verbaux devraient également spécifier des actions correctives réalistes que l’institution peut entreprendre pour résoudre le problème, sans la pénaliser pour ne pas avoir pris des actions qu’elle ne peut pas accomplir.

De plus, de nombreux organismes communautaires et porte-parole de secteurs particuliers ont exprimé le souhait que le procès-verbal précise si la situation est systémique et propose des options de correctifs. Certains intervenants ont également suggéré que les informations sur les SAP soient rendues publiques, et que le commissaire mette en place un processus fluide et rapide pour traiter ces sanctions, avec des règles claires pour la signification des documents et la procédure les entourant. En particulier, il est recommandé de prévoir plusieurs modes de signification de document. Le projet de règlement devrait inclure des outils explicites permettant de signifier les documents rapidement et efficacement.

Plusieurs intervenants ont également insisté sur l’importance de développer des mécanismes efficaces pour évaluer les plaintes et produire des rapports d’enquête rapidement. D’autres, dont le CoLO, proposent d’inclure un mécanisme de révision ou d’examen périodique du projet de règlement. Certains répondants au questionnaire en ligne ont partagé cette perspective, suggérant également la mise en place d’audits pour vérifier les mesures correctives après sanctions.

Le Ministère a pris en compte les éléments communiqués ainsi que les divers régimes fédéraux de SAP afin de définir les exigences en ce qui a trait aux procès-verbaux et à la signification des documents tout en respectant les exigences en matière de confidentialité qui sont prévues dans la Loi.

Obligations relatives aux traités modernes, consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des répercussions du projet de règlement sur les obligations issues de ces traités modernes a été menée. Cette analyse a permis de conclure qu’il est peu probable que le projet de règlement entraîne des répercussions sur des obligations particulières découlant des traités modernes.

Du printemps Ă  l’étĂ© 2024, les consultations prĂ©alables menĂ©es avec divers intervenants clĂ©s ont orientĂ© la stratĂ©gie de mobilisation autochtone et les sujets Ă  aborder avec les communautĂ©s ont Ă©tĂ© identifiĂ©s grâce Ă  celles-ci. En conformitĂ© avec l’article 5 de la Loi sur la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, le Ministère a dĂ©cidĂ© de consulter divers reprĂ©sentants autochtones, y compris des organisations nationales, pour s’assurer que le projet de règlement respecte les principes de la DĂ©claration, notamment en ce qui concerne la langue et la culture.

La mobilisation autochtone a Ă©tĂ© menĂ©e conjointement entre le Ministère et le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor dont la proposition rĂ©glementaire prĂ©cisera les obligations des institutions du gouvernement fĂ©dĂ©ral assujetties Ă  la partie VII de la LLO modernisĂ©e (Progression vers l’égalitĂ© de statut et d’usage du français et de l’anglais).

L’engagement avec les communautĂ©s autochtones a commencĂ© en novembre 2024 avec des rencontres avec Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) et l’AssemblĂ©e des Premières Nations (APN), ainsi qu’avec des communications officielles annonçant le dĂ©but du processus Ă  environ 13 organisations nationales et/ou provinciales/territoriales et organisations entrepreneuriales/Ă©conomiques. Les rencontres, discussions et communications officielles se sont poursuivies en dĂ©cembre 2024 et janvier 2025 avec les trois organisations nationales autochtones (ITK, APN, le Ralliement national des MĂ©tis). Les discussions ont surtout portĂ© sur des enjeux plus vastes concernant les langues officielles et les langues autochtones, reflĂ©tant les prioritĂ©s des organisations consultĂ©es. Aucun commentaire n’a Ă©tĂ© Ă©mis de la part des organisations consultĂ©es lors de cette phase de mobilisation. Le dialogue avec ces organisations se poursuivra pendant le processus de dĂ©pĂ´t du projet de règlement au Parlement et Ă  la suite de la publication prĂ©alable du projet de règlement dans la Partie I de la Gazette du Canada. Une mobilisation autochtone plus large pourrait alors se poursuivre.

Choix de l’instrument

Le cadre lĂ©gislatif de la partie IX de la Loi Ă©tablit explicitement les Ă©lĂ©ments du rĂ©gime de SAP qui doivent ĂŞtre mis en Ĺ“uvre par voie de règlement. La Loi n’identifie pas la possibilitĂ© de procĂ©der par une autre voie (Ă©mission d’instructions ou de politiques, par exemple) que par voie rĂ©glementaire. Étant donnĂ© cette exigence lĂ©gislative, l’élaboration d’un règlement est non seulement appropriĂ©e mais nĂ©cessaire au bon fonctionnement de ce rĂ©gime. Par consĂ©quent, aucun autre instrument n’a Ă©tĂ© envisagĂ©.

La Loi offre une certaine flexibilitĂ© dans la sĂ©lection des dispositions de la partie IV de la Loi et du Règlement sur les langues officielles qui peuvent faire l’objet d’une SAP. L’approche choisie, sans exemptions, vise Ă  garantir une application uniforme et immĂ©diate des obligations linguistiques, simplifiant ainsi le cadre rĂ©glementaire. Cette inclusion exhaustive des dispositions renforce le respect des droits linguistiques et assure un traitement Ă©quitable et proportionnĂ© pour toutes les entitĂ©s concernĂ©es.

En matière de sanctions, la Loi permet l’adoption de montants fixes ou d’un barème. Un barème a été retenu pour garantir des sanctions proportionnées à la gravité des violations et au non-respect des obligations linguistiques. Le projet de règlement propose une formule claire et des critères alignés sur d’autres cadres de SAP, permettant au CLO d’évaluer chaque cas individuellement en fonction des preuves, favorisant ainsi la conformité plutôt que les sanctions punitives.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Avantages

L’instauration d’un régime de SAP vise à renforcer la conformité aux obligations linguistiques prévues par la Loi et son règlement. Bien que les avantages d’une conformité accrue soient difficiles à quantifier, plusieurs avantages qualitatifs peuvent être cernés. Ceux-ci incluent une disponibilité accrue des services au public voyageur dans les deux langues officielles à travers le Canada. Une conformité accrue des entités visées devrait également se traduire par une baisse du nombre de violations et par le fait même d’une diminution des plaintes déposées auprès du CLO. À long terme, cela pourrait même mener à un allégement de la charge administrative liée au traitement des plaintes par le CLO et pourrait renforcer la confiance du public dans la capacité des entités à offrir des services dans les deux langues officielles.

Coûts pour les entités visées

Le projet de règlement n’apporte pas de modifications aux dispositions de la partie IV de la LLO ou à son règlement qui existent depuis 1988 et 1991 respectivement. Ainsi, les entités qui respectent déjà leurs obligations ne devraient pas engendrer de coûts supplémentaires. Conformément au Guide d’analyse coûts-avantages pour le Canada du Secrétariat du Conseil du Trésor, les SAP ne sont pas considérées comme des coûts de conformité ou d’administration. Ces coûts sont subis à cause de la violation des dispositions de la Loi ou du règlement de la partie IV de la Loi; ils n’ont donc pas d’assise juridique. Par conséquent, les coûts liés au paiement des SAP par les entités ne sont pas pris en compte dans l’analyse réglementaire, puisqu’ils ne se manifestent qu’en cas de non-conformité à la partie IV de la LLO et de son règlement.

Coûts pour le gouvernement

L’émission d’une SAP ne sera envisagée qu’en dernier recours par le CLO, après l’examen des plaintes, la réalisation d’une enquête et la proposition d’un accord de conformité à l’entité visée. Ce processus repose donc, dans un premier temps, sur des procédures déjà en place au sein du CoLO, notamment celles pour la conduite des enquêtes et la formulation de recommandations. Ce qui est nouveau dans le cadre du régime de SAP, c’est l’émission du procès-verbal, la signification des documents aux entités non conformes et l’application des sanctions. Bien que certaines de ces procédures soient inédites, elles pourraient partager des similitudes avec d’autres processus déjà existants au CoLO, comme ceux pour les interventions du CLO devant les tribunaux.

Ă€ partir de discussions et d’intrants fournis par le CLO, le Ministère estime que les coĂ»ts engagĂ©s par le commissariat s’élèveront Ă  2,7 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans (2026-2035), en dollars constants de 2024, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2026 avec un taux d’actualisation de 7 %. Ces coĂ»ts comprennent ce qui suit :

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas Ă  cette proposition rĂ©glementaire, car le projet de règlement n’engendrera aucun coĂ»t additionnel, direct ou indirect, pour les petites entreprises. Les sanctions sont des transferts et ne sont pas considĂ©rĂ©es comme un fardeau administratif ou de conformitĂ©. Certaines des entitĂ©s (12 administrations aĂ©roportuaires) qui pourraient se voir Ă©mettre des SAP sont des organisations avec moins de 100 employĂ©s. Le barème proposĂ© dans le projet de règlement prĂ©voit toutefois une diffĂ©renciation des montants applicables en fonction de la taille des entitĂ©s. Ainsi, le CLO Ă©mettrait des SAP d’un montant moins Ă©levĂ© pour les entitĂ©s de moins de 100 employĂ©s que pour les entitĂ©s avec plus de 100 employĂ©s.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas puisqu’il n’y a aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire imposĂ© aux entreprises. Les sanctions sont des transferts et ne sont pas considĂ©rĂ©es comme un fardeau administratif.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le projet de règlement ne vise aucun plan de travail ou engagement pris dans le cadre d’un forum officiel de coopération en matière de réglementation. Le projet de règlement est un outil d’application de la loi et l’harmonisation ou la coordination avec d’autres administrations ne s’applique pas.

Effets sur l’environnement 

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, un examen préliminaire a permis de conclure qu’aucune évaluation environnementale et économique stratégique n’est requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le Ministère a réalisé une analyse comparative entre les sexes plus de la proposition réglementaire. Aucune répercussion liée au sexe ou à d’autres facteurs identitaires n’a été soulevée dans le cadre du projet de règlement, car celui-ci ne devrait pas avoir d’incidence disproportionnée sur des groupes de personnes en fonction de facteurs identitaires, tels que le sexe, la race, l’origine ethnique, la sexualité, la religion, l’âge ou la langue. De plus, aucune préoccupation en ce sens n’a été soulevée lors des consultations préalables avec les intervenants. Cela dit, toutes les populations du public voyageur au Canada devraient bénéficier d’une meilleure expérience de voyage, indépendamment de leur langue officielle de choix.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le projet de règlement entrera en vigueur dès son enregistrement, accompagnĂ© du dĂ©cret requis pour activer le rĂ©gime de SAP, comme le prĂ©voit la Loi. La première annĂ©e de mise en Ĺ“uvre sera marquĂ©e par des Ă©tapes clĂ©s pour assurer une application uniforme et efficace du rĂ©gime, avec des actions ciblĂ©es pour informer les entitĂ©s visĂ©es et soutenir le personnel chargĂ© de son application. Le Ministère prendra donc des actions ciblĂ©es afin d’appuyer la mise en Ĺ“uvre de ce règlement auprès des entitĂ©s visĂ©es, par l’entremise de communications et d’outils, et devra aussi fournir des avis et des interprĂ©tations du Règlement. Ces activitĂ©s du Ministère seront rĂ©alisĂ©es grâce aux fonds annoncĂ©s dans le Budget 2024, qui sont prĂ©vus jusqu’en 2029. Ă€ plus long terme, le Ministère devra analyser les enjeux d’interprĂ©tation et d’application pour ĂŞtre en mesure de procĂ©der Ă  l’examen prĂ©vu du Règlement 10 ans après son entrĂ©e en vigueur. De plus, compte tenu de l’exigence lĂ©gislative pour le ministre de dĂ©poser un rapport annuel au Parlement sur les questions de langues officielles relevant de son mandat, il est prĂ©vu que le ministre fasse Ă©tat de l’application du Règlement dans son rapport annuel.

Puisque le CLO est l’autorité responsable d’administrer le régime et d’émettre les sanctions administratives pécuniaires, il doit veiller à ce que les dispositions soient mises en œuvre de manière équitable, transparente et conforme au cadre réglementaire. Les activités du CLO de mise en œuvre de la réglementation comprendront en premier lieu d’adapter son outil numérique de gestion des plaintes pour assurer le traitement des sanctions administratives pécuniaires. Cela permettra de gérer efficacement toute information relative à l’évaluation, l’émission et le suivi des sanctions, qui s’avérera essentielle notamment pour l’exigence réglementaire de faire rapport annuellement sur l’utilisation du pouvoir du commissaire d’imposer une SAP, ainsi que celle relative à l’examen décennal du Règlement. Cela va de pair avec la formation adéquate du personnel du CLO, qui nécessitera le développement de matériel et d’outils afin d’avoir en place des procédures adaptées aux dispositions du Règlement. Enfin, le CLO devra mettre en œuvre les modalités de paiement prévues par le Règlement (indiquées dans la section Procès-verbal), afin que les fonds soient transmis dûment au receveur général du Canada.

Une fois le régime en vigueur et lorsque le CLO décidera, le cas échéant, d’émettre une sanction administrative pécuniaire, les employés responsables devront d’abord trouver quelle disposition a été enfreinte, puis l’associer au type de violation correspondant à cette disposition (A, B ou C) afin de déterminer la sanction applicable. Il convient de souligner que les sanctions relevant des dispositions de Type A ne pourront être émises qu’un an après l’entrée en vigueur du Règlement.

Les employés devront ainsi évaluer les critères aggravants ou atténuants prévus dans le Règlement pour fixer un montant juste et proportionné. Leurs conclusions, incluant l’analyse, la méthodologie et les modalités de paiement, devront être consignées dans un procès-verbal, puis signifiées à l’entité concernée selon les moyens prévus par le Règlement, tels que la transmission électronique ou le courrier recommandé.

Dans les premières années de mise en œuvre du régime, le nombre de plaintes donnant lieu à des sanctions devrait être limité, et leur effet dissuasif devrait contribuer à une réduction progressive des violations, ainsi que des sanctions potentielles, au fil du temps.

Cela dit, il est raisonnable de s’attendre à un certain nombre de litiges, certaines sanctions administratives étant vraisemblablement contestées devant les tribunaux. Le CLO devra donc se préparer à gérer ces contestations judiciaires en s’assurant d’avoir les ressources nécessaires pour soutenir ses décisions.

À court terme, le CoLO a obtenu du financement pour la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles dans le Budget 2024 jusqu’en 2029. Ce financement comprend aussi l’exercice du pouvoir d’émettre des sanctions administratives pécuniaires, une fois le Règlement en vigueur.

Une fois que le Règlement entrera en vigueur, le CoLO continuera à fonctionner avec le même niveau de financement opérationnel pour les activités d’application de la loi. L’adoption du régime de SAP pourrait nécessiter des ajustements procéduraux internes pour intégrer ces nouvelles étapes, mais les coûts supplémentaires pour le CoLO devraient être limités grâce à l’utilisation de ressources et de processus existants. Le recours accru à des accords de conformité devrait aussi limiter la nécessité d’émettre des sanctions.

Le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor et Transports Canada jouent un rĂ´le stratĂ©gique dans ce processus. Le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor est responsable de la dĂ©finition et de l’interprĂ©tation des obligations en matière de communications avec le public et de prestation des services dans le cadre de la partie IV de la Loi sur les langues officielles et du Règlement sur les langues officielles. Compte tenu du rĂ´le central du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor dans la mise en Ĺ“uvre de la partie IV, une collaboration Ă©troite a Ă©tĂ© Ă©tablie lors de la conception de ce règlement et se poursuivra dans son exĂ©cution. Transports Canada, pour sa part, est le ministère de portefeuille qui rĂ©glemente les autres aspects des transports au Canada qui ne sont pas dĂ©jĂ  rĂ©glementĂ©s par la Loi sur les langues officielles. Ainsi, de par l’expĂ©rience de ce ministère Ă  transiger avec les entitĂ©s visĂ©es pour d’autres aspects, il est aussi un partenaire clĂ©, et la collaboration Ă©tablie dans la conception de ce règlement se poursuivra dans son exĂ©cution. L’application des SAP par le CLO ne sera envisagĂ©e qu’en dernier recours, lorsque les autres mĂ©canismes de conformitĂ©, tels que les accords de conformitĂ©, auront Ă©chouĂ©. Puisque le pouvoir d’émettre une SAP est discrĂ©tionnaire, le CLO pourra recourir aux SAP dans des situations prĂ©cises, en complĂ©ment de ses autres pouvoirs, notamment ceux d’enquĂŞte, de publication de sommaires et recommandations d’enquĂŞtes, de recours Ă  des modes alternatifs de règlement des diffĂ©rends, d’utilisation d’un plus grand nombre de motifs lui permettant de refuser d’instruire une plainte et de conclusion d’accords de conformitĂ© avec les entitĂ©s fĂ©dĂ©rales. L’émission d’une SAP sera conditionnĂ©e au respect des conditions suivantes :

Les entitĂ©s recevant une SAP disposeront de 30 jours ouvrables pour contester cette dĂ©cision devant la Cour fĂ©dĂ©rale, en remettant en question les faits reprochĂ©s, le montant de la sanction, ou les deux. L’émission d’une SAP n’empĂŞche pas le plaignant de recourir Ă  d’autres actions lĂ©gales si elles sont disponibles.

La mise en œuvre du projet de règlement pourrait nécessiter le développement de plusieurs outils afin d’assurer une application uniforme et efficace du régime de SAP. Cela pourrait inclure la production de matériel de formation, des ressources de communication destinées aux entités visées et au public, ainsi que des guides d’application pour le personnel du CoLO. Ce dernier devra également être formé adéquatement avant l’entrée en vigueur du régime.

En vertu de la Loi, le CLO devra inclure des informations sur l’application du régime de SAP dans son rapport annuel, telles que le nombre de procès-verbaux émis, les détails des violations et les montants des sanctions, le cas échéant. Cette démarche vise à renforcer la transparence et la confiance dans la gestion du régime tout en assurant un suivi rigoureux des violations et des mesures correctives.

Personne-ressource

Richard Léger
Directeur
Direction des règlements en langues officielles
Ministère du Patrimoine canadien
200, boulevard Sacré-Cœur
Gatineau (Québec)
J8X 4C6
Courriel : ReglementsLO-OLRegulations@pch.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ©, conformĂ©ment Ă  l’article 86rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les langues officielles rĂ©fĂ©rence b, que la gouverneure en conseil, en vertu de l’article 65.4rĂ©fĂ©rence c de cette loi, se propose de prendre le Règlement sur les sanctions administratives pĂ©cuniaires en matière de langues officielles, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis, seuls les jours oĂą siègent les deux chambres du Parlement Ă©tant pris en compte. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Richard LĂ©ger, directeur, Direction des règlements en langues officielles, ministère du Patrimoine canadien, 200, boulevard SacrĂ©-CĹ“ur, Gatineau (QuĂ©bec) J8X 4C6 (courriel : ReglementsLO-OLRegulations@pch.gc.ca).

Ottawa, le 2 mars 2026

La greffière adjointe intérimaire du Conseil privé
Janna Rinaldi

Règlement sur les sanctions administratives pécuniaires en matière de langues officielles

Définition

Définition de Loi

1 Dans le présent règlement, Loi s’entend de la Loi sur les langues officielles.

Désignation

Sociétés d’État et personnes morales

2 Pour l’application de l’article 65.2 de la Loi, sont dĂ©signĂ©es les sociĂ©tĂ©s d’État et les personnes morales suivantes :

Violations

Désignation

3 (1) La contravention Ă  toute disposition spĂ©cifiĂ©e de la partie IV de la Loi figurant Ă  la colonne 1 de l’annexe, notamment Ă  l’égard de toute disposition correspondante du Règlement sur les langues officielles — communications avec le public et prestation des services figurant Ă  la colonne 2, le cas Ă©chĂ©ant, est dĂ©signĂ©e comme une violation punissable au titre des articles 65.3 Ă  65.95 de la Loi.

Qualification

(2) La contravention visée au paragraphe (1) est une violation de type A, B ou C, selon ce qui est prévu en regard de celle-ci à la colonne 3 de l’annexe.

Exception — violation de type A

(3) MalgrĂ© le paragraphe (1), la contravention Ă  toute disposition visĂ©e Ă  ce paragraphe qui est commise moins d’un an après la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement et qui est une violation de type A n’est pas dĂ©signĂ©e comme une violation punissable au titre des articles 65.3 Ă  65.95 de la Loi.

Sanctions

Barème de sanctions

4 Le barème de sanctions ci-après s’applique Ă  toute violation :

Autres critères — barème de sanctions

5 Pour l’application de l’alinĂ©a 65.4(3)d) de la Loi, le commissaire tient compte des critères suivants pour dĂ©terminer le montant de la sanction :

Procès-verbal

Contenu du procès-verbal

6 Pour l’application de l’alinĂ©a 65.6(4)h) de la Loi, le procès-verbal mentionne les autres Ă©lĂ©ments suivants :

Paiement

Date réputée du paiement

7 La sanction relative Ă  une violation est rĂ©putĂ©e ĂŞtre payĂ©e :

Signification

Méthodes de signification

8 (1) Le procès-verbal ainsi que tout autre document pertinent qui l’accompagne sont signifiĂ©s au prĂ©tendu auteur de la violation de l’une des façons suivantes :

Preuve de signification

(2) La signification est Ă©tablie par l’un ou l’autre des documents suivants :

Prise d’effet de la signification

(3) La signification a lieu :

Examen décennal

Examen du règlement

9 Dix ans après l’entrée en vigueur du présent article, et tous les dix ans par la suite, le ministre du Patrimoine canadien veille à ce que le présent règlement ainsi que son application fassent l’objet d’un examen et fait déposer un rapport de l’examen devant chaque chambre du Parlement dans les trente premiers jours de séance de celle-ci suivant l’établissement du rapport.

Entrée en vigueur

L.C. 2023, ch. 15

10 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur des paragraphes 36(2) Ă  (4), de l’article 37, du paragraphe 38(2), de l’article 39 et des paragraphes 43(1) et (3) de la Loi visant l’égalitĂ© rĂ©elle entre les langues officielles du Canada ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

ANNEXE

(paragraphes 3(1) et (2))

Violations
Article

Colonne 1

Disposition de la Loi sur les langues officielles

Colonne 2

Dispositions correspondantes du Règlement sur les langues officielles — communications avec le public et prestation des services

Colonne 3

Qualification

1 22 Type B
2 23(1) Type B
3 23(2) 12(1) et 12(2) ou (3) Type A
4 24(1)a) [santé ou sécurité] 8 Type C
5 24(1)a) [autre que santé ou sécurité] 9 ou 10 Type B
6 24(1)b) 11 Type B
7 25 Type B
8 26 Type C
9 28 Type B
10 29 Type B
11 30 Type B

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