La Gazette du Canada, Partie I, volume 159, numĂ©ro 10 : Règlement modifiant le Règlement sur les permis d’armes Ă  feu

Le 8 mars 2025

Fondement législatif
Loi sur les armes Ă  feu

Ministère responsable
Ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

La violence liĂ©e aux armes Ă  feu est un problème complexe qui touche les gens au Canada, tant en milieu urbain que rural. Bien que de nombreuses armes Ă  feu soient entreposĂ©es de façon sĂ©curitaire et utilisĂ©es lĂ©galement pour la chasse ou les activitĂ©s de tir sportif, la violence liĂ©e aux armes Ă  feu et les risques associĂ©s aux armes Ă  feu dans les situations de violence conjugale et familiale demeurent un problème persistant. En 2023, le Canada a recensĂ© 1 083 incidents de violence entre partenaires intimes (VPI)rĂ©fĂ©rence 1 impliquant une arme Ă  feu, ce qui reprĂ©sente 1,2 % de tous les incidents de VPI. Les femmes et les filles reprĂ©sentaient plus de quatre victimes sur cinq (84 %) pour ce type d’incident.

Dans l’ensemble du Canada, les ordonnances de protection sont Ă©mises par des tribunaux et d’autres autoritĂ©s compĂ©tentes pour assurer la sĂ©curitĂ© d’une personne. Ces ordonnances peuvent ĂŞtre prĂ©sentĂ©es sous divers noms (p. ex., ordonnance de non-communication, d’intervention ou de protection) et avoir des durĂ©es variables. Lorsqu’elles sont Ă©mises, ces ordonnances imposent des restrictions qui rĂ©gissent le comportement d’une personne, comme empĂŞcher la communication avec une personne dĂ©signĂ©e ou l’interdiction de se trouver Ă  un endroit donnĂ©. Ces ordonnances sont juridiquement contraignantes, ce qui signifie qu’elles doivent ĂŞtre respectĂ©es.

Les titulaires de permis d’armes Ă  feu doivent rĂ©pondre aux exigences continues d’admissibilitĂ© requises pour utiliser et possĂ©der des armes Ă  feu. Ă€ l’heure actuelle, si un tribunal ou une autre autoritĂ© compĂ©tente autorisĂ©e devait rendre une ordonnance de protection contre une personne qui demande un permis d’armes Ă  feu ou qui est actuellement titulaire d’un permis, le contrĂ´leur des armes Ă  feu (CAF) a le pouvoir discrĂ©tionnaire de refuser de lui dĂ©livrer un permis d’armes Ă  feu ou de rĂ©voquer son permis d’armes Ă  feu.

L’ancien projet de loi C-21, Loi modifiant certaines lois et d’autres textes en consĂ©quence (armes Ă  feu) [projet de loi C-21], qui a reçu la sanction royale le 15 dĂ©cembre 2023, a apportĂ© un certain nombre de modifications Ă  la Loi sur les armes Ă  feu afin de rĂ©duire les risques pour la sĂ©curitĂ© publique et de mieux rĂ©agir aux cas de violence liĂ©e aux armes Ă  feu, y compris la VPI, la violence familiale, la violence conjugale et la violence fondĂ©e sur le sexe.

 Le règlement est nĂ©cessaire pour dĂ©finir le terme « ordonnance de protection Â», y compris pour dĂ©terminer les entitĂ©s qui seront reconnues comme autres autoritĂ©s compĂ©tentes pour l’émission d’ordonnances de protection et prĂ©voir des facteurs que les CAF devront prendre en considĂ©ration lorsqu’ils dĂ©cident de dĂ©livrer ou non un permis de possession et d’acquisition assorti de conditions (permis conditionnel) aux personnes visĂ©es par des dispositions renforcĂ©es de rĂ©vocation du permis et d’inadmissibilitĂ© au permis aux fins de chasse ou de trappe de subsistance.

Contexte

Admissibilité au permis et révocations

La Loi sur les armes à feu fournit aux CAF des critères qui doivent être pris en compte pour déterminer l’admissibilité à un permis d’armes à feu ou pour déterminer l’admissibilité continue d’une personne à un permis d’armes à feu. Ces critères comprennent, entre autres, si la personne a été traitée pour un trouble mental associé à la violence, a des antécédents de comportement violent ou a été reconnue coupable de certaines infractions au Code criminel.

La Loi sur les armes Ă  feu confère aux CAF un pouvoir discrĂ©tionnaire de dĂ©terminer l’admissibilitĂ© d’une personne Ă  obtenir et Ă  dĂ©tenir un permis d’armes Ă  feu. Les demandeurs font l’objet d’une vĂ©rification afin d’évaluer leur admissibilitĂ© Ă  dĂ©tenir un permis d’armes Ă  feu et le titulaire de permis est assujetti Ă  un contrĂ´le continu de son admissibilitĂ© pendant la pĂ©riode de validitĂ© du permis. Si un titulaire de permis est impliquĂ© dans un Ă©vĂ©nement qui remet en question son admissibilitĂ© Ă  un permis, comme un Ă©vĂ©nement comportant de la violence ou d’autres infractions comme harcèlement criminel, usage nĂ©gligent d’une arme Ă  feu ou autres infractions liĂ©es Ă  une arme Ă  feu prĂ©vues Ă  la partie III du Code criminel, cela est consignĂ© dans le Système canadien d’information sur les armes Ă  feu au moyen d’un rapport intitulĂ© Personne d’intĂ©rĂŞt – Armes Ă  feu (PIAF) et acheminĂ© au CAF compĂ©tent aux fins d’examen. Le CAF reçoit Ă©galement des renseignements sur les prĂ©occupations liĂ©es Ă  l’entreposage, au transport ou Ă  l’utilisation des armes Ă  feu qui peuvent ĂŞtre utilisĂ©s pour dĂ©terminer l’admissibilitĂ© d’un titulaire de permis.

Dans la plupart des cas, les CAF ont le pouvoir discrétionnaire de révoquer un permis d’armes à feu pour tout motif suffisant et valable.

Il y a des situations où une personne devient inadmissible à détenir un permis en vertu de la loi, par exemple lorsqu’elle est visée par une ordonnance d’interdiction. Cela signifie que le refus de délivrer le permis ou de révoquer le permis n’est pas une décision prise par le CAF; il s’agit plutôt d’une décision prise en application de la loi. Une ordonnance d’interdiction est une ordonnance rendue en application du Code criminel ou de toute autre loi fédérale interdisant à une personne d’avoir en sa possession des armes à feu, arbalètes, armes prohibées, armes à autorisation restreinte, dispositifs prohibés, pièce d’arme à feu, munitions, munitions prohibées et substances explosives, ou l’un ou plusieurs de ces objets. Elles sont émises par les tribunaux sur une base obligatoire ou discrétionnaire et entraînent la révocation du permis d’armes à feu et le retrait des armes à feu.

Dans l’ensemble, pour la dĂ©termination de l’admissibilitĂ©, les CAF accordent la prioritĂ© Ă  la sĂ©curitĂ© publique afin de rĂ©duire le risque de prĂ©judices causĂ©s par l’utilisation abusive d’armes Ă  feu . En 2023, 920 demandes de permis ont Ă©tĂ© refusĂ©es pour diverses raisons liĂ©es Ă  la sĂ©curitĂ© publique, dont 78 Ă©taient dus Ă  un incident de violence familiale et 367 Ă©taient dus Ă  un risque pour autrui. De mĂŞme, 3 127 permis ont Ă©tĂ© rĂ©voquĂ©s, dont 206 Ă©taient dus Ă  un incident de violence familiale et 689 Ă©taient dus Ă  un risque pour autrui.

Ordonnances de protection

Les ordonnances de protection sont des ordonnances rendues par les tribunaux et autres autoritĂ©s compĂ©tentes visant Ă  protĂ©ger les personnes advenant des craintes pour leur sĂ©curitĂ©, comme des cas de VPI, de harcèlement ou de menaces. Dans la plupart des administrations canadiennes, il existe diffĂ©rents types d’ordonnances permettant d’assurer la sĂ©curitĂ© d’une personne en cas de prĂ©judice ou de prĂ©judice potentiel de la part d’un partenaire ou d’un membre de sa famille (p. ex., ordonnances de protection civile, ordonnances d’injonction, ordonnances de prĂ©vention, ordonnances de non-communication, ordonnances d’assistance ou ordonnances d’intervention d’urgence). Dans la plupart des cas, les tribunaux et autres autoritĂ©s compĂ©tentes peuvent ajouter des conditions ou des restrictions Ă  ces ordonnances pour empĂŞcher une personne de se livrer Ă  certaines activitĂ©s (p. ex., communiquer avec une personne dĂ©signĂ©e, se trouver dans un lieu donnĂ© ou recourir Ă  la violence familiale). Ces conditions peuvent comprendre des interdictions de possession d’armes Ă  feu ou des ordonnances de saisie d’armes Ă  feu par des agents de la paix.

Le nombre total d’ordonnances de protection Ă©mises au Canada est inconnu. Ă€ l’heure actuelle, la Loi sur les armes Ă  feu ne prĂ©voit aucune obligation pour les tribunaux ou autres autoritĂ©s compĂ©tentes de faire rapport aux CAF quant Ă  la dĂ©livrance d’ordonnances de protection. De plus, les tribunaux provinciaux et territoriaux peuvent choisir de faire rapport aux CAF quant Ă  la dĂ©livrance d’ordonnances de protection, Ă  l’exception de la province du Manitoba. Au Manitoba, les autoritĂ©s compĂ©tentes en vertu de la Loi sur la violence familiale et le harcèlement criminel du Manitoba sont tenues de fournir aux CAF une copie de l’ordonnance de protection lorsqu’elle a Ă©tĂ© accordĂ©e. En cas de signalement, le CAF doit tenir compte de cette information lors de l’évaluation de l’admissibilitĂ© du demandeur Ă  dĂ©tenir un permis en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu, mais il n’est pas tenu, en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu, de refuser de dĂ©livrer un nouveau permis ou de rĂ©voquer un permis existant.

Ancien projet de loi C-21

L’ancien projet de loi C-21 a modifiĂ© la Loi sur les armes Ă  feu afin de mettre en place de nouvelles mesures visant Ă  amĂ©liorer le rĂ©gime actuel de rĂ©vocation de permis d’arme Ă  feu et d’admissibilitĂ© au permis. Ces nouvelles dispositions rĂ©pondent aux demandes visant Ă  prendre des mesures plus rigoureuses contre la violence liĂ©e aux armes Ă  feu et Ă  traiter les risques associĂ©s aux armes Ă  feu dans les situations Ă  risque, y compris les cas de violence fondĂ©e sur le sexe, de VPI et de violence familiale.

Ces modifications obligent les CAF à révoquer le permis d’armes à feu d’une personne lorsqu’ils ont des motifs raisonnables de soupçonner qu’elle a commis un acte de violence familiale ou de traque et entraînent, conformément à la loi, la révocation obligatoire du permis si le titulaire d’un permis d’armes à feu est visé par une ordonnance de protection. Ces modifications ont également renforcé les critères d’inadmissibilité, rendant les personnes inadmissibles au permis d’armes à feu si elles sont visées par une ordonnance de protection ou sont reconnues coupables d’une infraction commise avec usage, tentative ou menace de violence contre leur partenaire intime ou un membre de leur famille. Afin d’atténuer les effets adverses sur les personnes visées par ces dispositions renforcées de révocation du permis ou d’inadmissibilité au permis pour qui il est nécessaire de posséder une arme à feu pour chasser ou trapper afin de subvenir à leurs besoins ou à ceux de leur famille, des modifications législatives ont été apportées. Ces dernières confèrent aux CAF le pouvoir de délivrer, sur demande, un permis conditionnel permettant aux particuliers de posséder une arme à feu uniquement pour la chasse ou la trappe de subsistance.

Les modifications complĂ©mentaires du projet de loi C-21 ont créé de nouvelles exigences en matière de tenue de documents pour les CAF lorsque des ordonnances de protection sont accordĂ©es, modifiĂ©es ou rĂ©voquĂ©es, et une obligation positive pour les autoritĂ©s compĂ©tentes, comme les tribunaux, de fournir aux CAF des renseignements sur les ordonnances de protection accordĂ©es, modifiĂ©es ou rĂ©voquĂ©es au sein de leur administration.

Objectif

Le gouvernement du Canada s’engage à protéger les collectivités et les populations vulnérables, y compris les femmes, les Autochtones et les autres groupes à risque, contre la violence liée aux armes à feu.

Le projet de Règlement modifiant le Règlement sur les permis d’armes à feu (le projet de règlement) appuierait les opérations et renforcerait l’application des modifications à la Loi sur les armes à feu mis en vigueur par l’ancien projet de loi C-21. On s’attend à ce qu’en déterminant quelles ordonnances de protection entraîneraient la révocation ou le refus d’un permis d’armes à feu, l’accès aux armes à feu aux personnes présentant un danger pour autrui soit réduit et les résultats sur le plan de la sécurité soient améliorés en ce qui concerne les personnes à risque, y compris dans les situations de VPI et de violence familiale. De plus, en ajoutant des facteurs à prendre en considération pour la délivrance d’un permis conditionnel renforcerait le régime de délivrance des permis tout en accordant l’accès aux armes à feu aux personnes qui en ont besoin pour chasser ou piéger afin de subvenir à leurs besoins ou à ceux de leur famille.

Description

Le projet de règlement comprendrait les changements suivants :

DĂ©finition du terme « ordonnance de protection Â»

Le projet de règlement modifierait le Règlement sur les permis d’armes Ă  feu afin d’établir une dĂ©finition du terme « ordonnance de protection Â» qui indiquerait aux tribunaux et aux autres autoritĂ©s compĂ©tentes les types d’ordonnance qu’ils doivent dĂ©clarer aux CAF au titre de la Loi sur les armes Ă  feu. Après rĂ©ception de l’information de ces entitĂ©s, le CAF devrait envoyer une notification de refus ou de rĂ©vocation conformĂ©ment aux dispositions de la Loi sur les armes Ă  feu et des règlements s’y rapportant. L’information fournie par les tribunaux et les autres autoritĂ©s compĂ©tentes aiderait les CAF Ă  cerner les personnes dont le permis doit ĂŞtre rĂ©voquĂ© en raison d’une ordonnance de protection. Cette information permettrait Ă©galement de s’assurer que ces personnes demeurent inadmissibles au permis pour la durĂ©e de l’ordonnance de protection.

On entend par « ordonnance de protection Â» toute ordonnance civile rendue par un tribunal ou une autre autoritĂ© compĂ©tente dans l’intĂ©rĂŞt de la sĂ©curitĂ© d’une autre personne, y compris une ordonnance interdisant Ă  la personne de se livrer Ă  une liste non exhaustive d’activitĂ©s, comme se trouver Ă  proximitĂ© physique d’une personne dĂ©signĂ©e ou de suivre une personne dĂ©signĂ©e d’un lieu Ă  un autre; de se trouver dans un lieu donnĂ© ou Ă  une distance donnĂ©e de ce lieu; d’occuper un foyer familial ou une rĂ©sidence. Une ordonnance civile dĂ©signe une ordonnance exĂ©cutoire rendue dans le cadre de procĂ©dures en droit civil et familial. Ces ordonnances peuvent ĂŞtre prĂ©sentĂ©es sous divers noms (p. ex., ordonnance d’injonction, d’intervention ou de protection civile), avoir des durĂ©es variables et ĂŞtre assujetties de conditions. La dĂ©finition du projet de règlement comprend les ordonnances civiles de toute durĂ©e, y compris les ordonnances d’urgence de courte.

DĂ©finition du terme « autre autoritĂ© compĂ©tente Â»

Pour appuyer la dĂ©finition de « ordonnance de protection Â», le projet de règlement dĂ©finirait Ă©galement le terme « autre autoritĂ© compĂ©tente Â» afin de veiller Ă  ce que les ordonnances accordĂ©es, modifiĂ©es ou rĂ©voquĂ©es par des reprĂ©sentants autres que les tribunaux (c’est-Ă -dire, les juges de paix ou les conseils, les gouvernements ou les autres entitĂ©s autorisĂ©s Ă  agir au nom d’un peuple, d’un groupe ou d’une communautĂ© autochtone qui dĂ©tient des droits reconnus et confirmĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982) soient Ă©galement Ă©noncĂ©es. Les modifications lĂ©gislatives apportĂ©es Ă  l’ancien projet de loi C-21, lorsqu’elles entreront en vigueur, exigeront que ces autres reprĂ©sentants, comme les tribunaux, dĂ©clarent la dĂ©livrance, la modification et la rĂ©vocation des ordonnances de protection aux CAF. Ainsi, les CAF pourraient appliquer la loi en diffusant des notifications de refus et de rĂ©vocation conformĂ©ment aux exigences actuelles Ă©noncĂ©es dans la Loi sur les armes Ă  feu et les règlements s’y rapportant.

Délivrance d’un permis conditionnel

Afin d’amĂ©liorer la mise en Ĺ“uvre de ce pouvoir et d’appuyer une prise de dĂ©cision cohĂ©rente par les CAF, le projet de règlement modifierait le Règlement sur les permis d’armes Ă  feu afin de dĂ©crire les exigences relatives aux demandes de permis conditionnel, y compris l’obligation pour le demandeur de fournir une dĂ©claration justifiant les raisons pour lesquelles il a besoin d’une arme Ă  feu pour chasser ou trapper afin de subvenir Ă  ses besoins ou Ă  ceux de sa famille. Le projet de règlement permettrait Ă©galement aux CAF de dĂ©livrer un permis conditionnel seulement pour les armes Ă  feu sans restriction, principalement des carabines et des fusils de chasse communs, dont l’utilisation est autorisĂ©e dans le cadre d’activitĂ©s de chasse dans l’ensemble du Canada.

De plus, le projet de règlement exigerait que les CAF tiennent compte d’une liste non exhaustive de facteurs avant de dĂ©livrer un permis conditionnel :

En plus de ces facteurs, les CAF devront continuer Ă  tenir compte des critères d’admissibilitĂ© Ă©noncĂ©s dans la Loi sur les armes Ă  feu (p. ex., la personne a des antĂ©cĂ©dents de comportement violent ou a Ă©tĂ© reconnue coupable de certaines infractions au Code criminel). Le projet de règlement permettrait aux CAF de continuer Ă  utiliser leurs pouvoirs discrĂ©tionnaires existants pour prendre en considĂ©ration d’autres facteurs qui, selon eux, pourraient ĂŞtre pertinents dans un cas donnĂ©. De plus, les CAF pourraient tout de mĂŞme imposer au permis toute autre condition qu’ils jugent appropriĂ©e afin d’attĂ©nuer les risques Ă  la sĂ©curitĂ© publique.

Comme c’est le cas pour toutes les demandes de permis pour particuliers, si un CAF délivre un permis conditionnel, il serait tenu d’aviser l’époux ou le conjoint de fait du demandeur et toute autre personne avec laquelle il entretient une relation conjugale au moment de la présentation de la demande ou avec qui il a eu une relation conjugale dans les deux années précédant la présentation de la demande.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Après l’obtention de la sanction royale de l’ancien projet de loi C-21, des sĂ©ances de mobilisation ont eu lieu entre mai 2024 et dĂ©cembre 2024 avec des fonctionnaires provinciaux et territoriaux ainsi que des partenaires, des organisations autochtones et des intervenants. L’objectif de ces consultations Ă©tait d’orienter l’élaboration du projet de règlement et dĂ©terminer les considĂ©rations relatives Ă  la mise en Ĺ“uvre.

SĂ©curitĂ© publique Canada a convoquĂ© une sĂ©rie de rĂ©unions bilatĂ©rales avec les provinces et les territoires afin de sensibiliser les gens, de discuter des considĂ©rations relatives Ă  la mise en Ĺ“uvre et de recueillir des commentaires pour aider Ă  dĂ©finir le terme « ordonnance de protection Â» au sens du règlement. Les fonctionnaires ont Ă©galement informĂ© les tables fĂ©dĂ©rales, provinciales et territoriales dirigĂ©es conjointement par le ministère de la Justice, y compris le ComitĂ© de coordination des hauts fonctionnaires, les Services aux victimes et les chefs de l’administration des tribunaux judiciaires. Certains partenaires provinciaux et territoriaux ont formulĂ© des commentaires sur la portĂ©e des Ă©lĂ©ments qui devraient ĂŞtre inclus ou exclus de la dĂ©finition (p. ex., le bien-fondĂ© de l’exclusion des ordonnances de protection d’urgence ou des engagements de ne pas troubler l’ordre public, l’inclusion d’ordonnances temporaires ou Ă  court terme) et ont discutĂ© des considĂ©rations relatives Ă  la mise en Ĺ“uvre. Parmi ces facteurs, mentionnons les rĂ©percussions possibles sur les dĂ©cisions prises par les autoritĂ©s compĂ©tentes et les dĂ©fis associĂ©s Ă  la dĂ©claration d’une ordonnance de protection et la capacitĂ© des CAF de rapidement donner suite Ă  la rĂ©vocation après avoir reçu l’avis du tribunal. Les partenaires ont Ă©galement soulignĂ© l’importance d’avoir un processus permettant aux individus d’accĂ©der Ă  des armes Ă  feu, surtout dans les rĂ©gions du Nord ou les rĂ©gions Ă©loignĂ©es, pour la chasse de subsistance, ce qui leur permettrait d’avoir une source d’aliments ou de revenus pour subvenir Ă  leurs besoins ou Ă  ceux de leur famille.

Au cours de cette mĂŞme pĂ©riode, SĂ©curitĂ© publique Canada a invitĂ© 53 groupes autochtones, y compris des organisations autochtones nationales, des Premières Nations autonomes et modernes visĂ©es par un traitĂ© et des Premières Nations mobilisĂ©es prĂ©cĂ©demment dans le cadre du processus parlementaire de l’ancien projet de loi C-21. Bien que la mobilisation demeure continue, les rĂ©ponses de neuf groupes ont Ă©tĂ© reçues. Les organisations autochtones ont insistĂ© sur l’importance de l’accès aux armes Ă  feu pour la chasse de subsistance et les pratiques culturelles traditionnelles, l’incidence potentielle sur le droit de chasser et l’exercice des droits reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, mĂŞme dans les circonstances oĂą un permis est rĂ©voquĂ©. Une organisation a demandĂ© des prĂ©cisions sur la question de savoir si les ordonnances de protection dĂ©livrĂ©es en vertu des lois autochtones ou de la Loi sur les Indiens seraient envisagĂ©es dans l’élaboration du règlement. De plus, l’importance de reconnaĂ®tre la valeur des mesures existantes et locales pour protĂ©ger les collectivitĂ©s et les personnes contre les risques associĂ©s aux armes Ă  feu a Ă©tĂ© soulevĂ©e.

De plus, les discussions avec et les observations Ă©crites d’un certain nombre de partisans du contrĂ´le des armes Ă  feu et de groupes de dĂ©fenseurs des droits des victimes ont prĂ©sentĂ© une gamme de commentaires, notamment sur la portĂ©e des ordonnances Ă  inclure dans la dĂ©finition des ordonnances de protection et la dĂ©livrance de permis conditionnels, recommandant, entre autres, que ce soit limitĂ© aux personnes exerçant un droit reconnu et confirmĂ© par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

SĂ©curitĂ© publique Canada a tenu compte de tous les commentaires reçus lors de consultations dans le cadre de l’élaboration du projet de règlement, y compris l’intĂ©gration d’ordonnances de protection prises par des conseils, des gouvernements ou d’autres entitĂ©s autorisĂ©es Ă  agir au nom d’un peuple, d’un groupe ou d’une communautĂ© autochtone qui dĂ©tient des droits reconnus et confirmĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Ces entitĂ©s comprennent, par exemple, les conseils de bande qui agissent conformĂ©ment aux lois autochtones ou aux lois applicables. En outre, les commentaires ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s Ă  l’élaboration des facteurs dont un CAF doit tenir compte dans la dĂ©livrance d’un permis conditionnel en Ă©tablissant certains paramètres pour la dĂ©livrance de ce type de permis afin de permettre l’accès aux armes Ă  feu pour la chasse de subsistance, tout en accordant la prioritĂ© Ă  la sĂ©curitĂ© publique et Ă  la sĂ©curitĂ© des personnes qui pourraient ĂŞtre Ă  risque de violence liĂ©e aux armes Ă  feu. Dans certains cas, les commentaires n’ont pas Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s, car ils auraient Ă©tĂ© incompatibles avec le cadre lĂ©gislatif ou auraient eu des rĂ©percussions indues sur les personnes qui comptent sur la chasse pour subvenir Ă  leurs besoins ou Ă  ceux de leur famille. Par exemple, bien que certains intervenants Ă©taient d’avis que le projet de règlement devrait empĂŞcher les personnes qui ont menacĂ© de tuer un partenaire intime ou un ex-partenaire au cours des cinq dernières annĂ©es d’être admissibles au permis conditionnel, une telle exclusion serait en conflit avec le cadre lĂ©gislatif. Les modifications lĂ©gislatives apportĂ©es par l’ancien projet de loi C-21 permettent aux CAF de dĂ©livrer un permis conditionnel aux personnes qui ont Ă©tĂ© reconnues coupables d’une infraction commise avec usage, tentative ou menace de violence contre leur partenaire intime ou un membre de leur famille.

Des consultations auprès des Canadiens, des provinces et des territoires, des organisations autochtones et des intervenants sont en cours et continueront d’être entreprises dans le cadre du processus de la Partie I de la Gazette du Canada. En plus de la pĂ©riode de publication prĂ©alable de 30 jours, SĂ©curitĂ© publique Canada, en collaboration avec le Programme canadien des armes Ă  feu de la GRC, a l’intention d’organiser des sĂ©ances d’information techniques Ă  l’intention des provinces et des territoires, des groupes autochtones et de certains intervenants, comme les groupes de lutte contre la violence fondĂ©e sur le genre, d’aide aux victimes et de dĂ©fense des droits. Cela permettra de mieux faire connaĂ®tre la proposition, de donner aux partenaires et aux intervenants externes l’occasion de communiquer des considĂ©rations et des recommandations et de promouvoir la prĂ©sentation de commentaires officiels au moyen du Système de consultation rĂ©glementaire en ligne. Comme l’exige la Loi sur les armes Ă  feu, le projet de règlement sera dĂ©posĂ© aux deux chambres du Parlement pendant 30 jours de sĂ©ance dès que possible.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du Cabinet de 2015 sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, la proposition a fait l’objet d’une évaluation des répercussions des traités modernes (ERTM). Aucune incidence particulière sur l’autonomie gouvernementale ou sur les traités modernes n’a été relevée. Le projet de règlement appuierait le processus administratif par lequel un permis conditionnel peut être accordé à ceux qui, autrement, ne seraient pas admissibles à un permis dans des circonstances limitées, mais qui auraient besoin d’une arme à feu pour pratiquer la chasse et la trappe de subsistance. De plus, le Règlement d’adaptation visant les armes à feu des peuples autochtones du Canada continue de prévoir des mesures d’adaptation pour les Autochtones qui présentent une demande de permis (c’est-à-dire, recours à un interprète et présentation de déclarations orales, l’obligation pour les CAF de donner aux demandeurs autochtones la possibilité de fournir des recommandations s’ils envisagent de refuser de délivrer un permis).

Sécurité publique Canada continuera d’intégrer les commentaires des peuples autochtones au fur et à mesure que cette proposition progresse dans le processus réglementaire.

Veuillez consulter la section Consultation pour obtenir un résumé de la mobilisation des Autochtones.

Choix de l’instrument

L’examen d’autres instruments de politique a Ă©tĂ© jugĂ© comme n’étant pas un mĂ©canisme appropriĂ© pour atteindre efficacement les objectifs stratĂ©giques en matière de sĂ©curitĂ© publique des nouvelles mesures. Par exemple, une approche d’autorĂ©glementation et volontaire nĂ©cessiterait que les tribunaux et les CAF dĂ©cident quelles ordonnances exĂ©cutoires sont des « ordonnances de protection Â», ce qui ne permettrait pas d’effectuer les mesures lĂ©gislatives prĂ©vues dans la Loi sur les armes Ă  feu. Une approche volontaire crĂ©erait un manque d’uniformitĂ© dans l’application et la mise en Ĺ“uvre des mesures lĂ©gislatives.

Le Parlement a dĂ©cidĂ©, par l’entremise de l’ancien projet de loi C-21, que dĂ©finir le terme dans le règlement serait le mĂ©canisme le plus appropriĂ© pour limiter l’ambiguĂŻtĂ© quant aux ordonnances qui entraĂ®neraient un refus et une rĂ©vocation de permis. Puisque la dĂ©finition de « ordonnance de protection Â» s’entend au sens prĂ©vu dans le règlement, des modifications rĂ©glementaires sont nĂ©cessaires pour effectuer l’opĂ©rationnalisation de certaines des mesures lĂ©gislatives prises par l’ancien projet de loi C-21.

Des règlements prescriptifs sont plus appropriĂ©s compte tenu de l’éventail d’ordonnances civiles disponibles partout au Canada. Bien qu’une rĂ©glementation axĂ©e sur les rĂ©sultats (axĂ©e sur le rendement) ait Ă©galement Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme inappropriĂ©e, car elle exigerait que les tribunaux et les CAF aient la capacitĂ© et la volontĂ© de concevoir le processus (c’est-Ă -dire dĂ©cider du sens de « ordonnance de protection Â» ou des facteurs de dĂ©livrance d’un permis conditionnel pour la chasse ou la trappe de subsistance) pour atteindre les rĂ©sultats stratĂ©giques des mesures.

En ce qui a trait au permis conditionnel, bien qu’une orientation stratégique puisse être utilisée à long terme pour appuyer la mise en œuvre de la délivrance du permis, le projet de règlement aidera à faire en sorte que toutes les CAF adoptent une approche normalisée pour la délivrance de permis conditionnels partout au Canada.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le gouvernement fédéral et les tribunaux fédéraux et provinciaux et territoriaux (PT) engageraient la plupart des coûtsréférence 2 liés aux dépenses administratives et opérationnelles à l’appui de la mise en œuvre du projet de règlement. Les propriétaires d’armes à feu engageraient également des coûts s’ils faisaient l’objet d’ordonnances de protection et devaient remettre leurs armes à feu. Les armes à feu remises ne sont pas rendues à leurs propriétaires. S’ils le souhaitent, ils devront également assumer des frais pour présenter une nouvelle demande de permis d’armes à feu.

Les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es devraient entraĂ®ner des coĂ»ts actualisĂ©s de 20 169 082$ coĂ»ts totaux et 254 321 196 $ en avantages totaux, ce qui donne un avantage net de 234 152 114 $, soit l’équivalent de 33 456 703 $ par annĂ©e.

Une personne qui est titulaire d’un permis perdra ses privilèges de permis si elle fait l’objet d’une ordonnance de protection au sens du règlement proposé et ne sera pas admissible à demander un permis avant l’expiration de l’ordonnance de protection ou si l’ordonnance est révoquée par l’autorité compétente qui l’a délivrée. Une personne qui demande un permis d’armes à feu et qui fait l’objet d’une ordonnance de protection ne sera pas non plus admissible à détenir un permis pendant la durée de l’ordonnance de protection. Par conséquent, ces personnes n’auront pas le droit de profiter de certaines des activités qu’elles pratiqueraient autrement (comme le tir sportif ou la pratique de la cible). Ces coûts n’ont pas qualité pour agir puisqu’ils découlent d’une violation des conditions d’une licence. Ils n’ont pas été estimés.

Le projet de règlement profitera principalement aux personnes qui sont susceptibles de subir de la VPI liĂ©e aux armes Ă  feu. Les avantages ont Ă©tĂ© calculĂ©s en estimant le nombre de blessures et de dĂ©cès qui seraient Ă©vitĂ©s une fois le projet de règlement entrĂ© en vigueur. Ces rĂ©sultats montrent des avantages nets de 234 152 114 $, soit l’équivalent de 33 456 703 $ par annĂ©e, ce qui dĂ©passe considĂ©rablement le coĂ»t du projet de règlement. L’ACA a Ă©galement examinĂ© dans quelle mesure la rĂ©duction des blessures corporelles, des dĂ©cès et de cas sans blessures pour que les coĂ»ts et les avantages du projet de règlement soient Ă©gaux. Les rĂ©sultats montrent qu’une rĂ©duction de 0,4 % par rapport au nombre de rĂ©fĂ©rence de blessures, de dĂ©cès et de cas sans blessures serait suffisante pour que les avantages correspondent aux coĂ»ts du projet de règlement. En d’autres termes ; si, par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, le règlement entraĂ®nait neuf blessures mineures de moins, une blessure grave de moins, moins de trois dĂ©cès et moins de 27 blessures non corporelles, les avantages du règlement seraient presque Ă©gaux aux coĂ»ts.

La rĂ©partition des coĂ»ts et des avantages est inĂ©gale. Au Canada, les hommes sont plus nombreux que les femmes Ă  dĂ©tenir un permis d’armes Ă  feu (dans un rapport 7:1), et les coĂ»ts du projet de règlement auront des rĂ©percussions disproportionnĂ©es sur les titulaires de permis de sexe masculin. Cependant, les femmes sont plus nombreuses que les hommes Ă  ĂŞtre victimes de VPI et sont plus susceptibles d’être blessĂ©es ou tuĂ©es par une arme Ă  feu dans ces cas et bĂ©nĂ©ficieraient davantage de ce projet de règlement que les hommes, car les hommes ne reprĂ©sentent que 7,4 % des victimes d’incidents de VPI liĂ©s Ă  une arme Ă  feu.

La situation gĂ©ographique est aussi importante. Les femmes affichent des taux beaucoup plus Ă©levĂ©s de VPI liĂ©e aux armes Ă  feu dans les rĂ©gions rurales (8,1 pour 100 000) et dans les rĂ©gions rurales du Nord (31 pour 100 000) que dans les zones urbaines (4,1 pour 100 000). Ce règlement pourrait offrir des avantages disproportionnĂ©s en matière de sĂ©curitĂ© pour les populations de ces rĂ©gions. Bien qu’un plus grand nombre de Canadiens vivent dans les rĂ©gions urbaines, ces donnĂ©es montrent que les rĂ©sidents des rĂ©gions rurales connaissent des taux de violence armĂ©e plus Ă©levĂ©s par rapport Ă  leur population.

Scénario de base et réglementaire pour les ordonnances de protection et les permis conditionnels
1. Ordonnances de protection

Scénario de base

Dans le scĂ©nario de base, les mesures lĂ©gislatives relatives aux ordonnances de protection prĂ©vues dans la Loi sur les armes Ă  feu par l’ancien projet de loi C-21 sont en vigueur. Toutefois, jusqu’à ce que le gouverneur en conseil prenne un règlement pour attribuer la dĂ©finition de « ordonnance de protection», certaines parties du rĂ©gime lĂ©gislatif sur l’inadmissibilitĂ© aux permis et la rĂ©vocation des permis ne s’appliquent pas. Les tribunaux et les autres autoritĂ©s compĂ©tentes n’auraient pas l’obligation positive de signaler la dĂ©livrance, la modification ou la rĂ©vocation des ordonnances de protection au CAF de leur province ou territoire.

L’admissibilité des personnes visées par une ordonnance de protection à détenir un permis continue d’être évaluée par les CAF conformément aux critères énoncés dans la Loi sur les armes à feu. Les demandeurs continueront d’être tenus de divulguer s’ils sont visés par une ordonnance de protection ou l’ont déjà été, conformément aux critères d’admissibilité établis dans la Loi sur les armes à feu. De plus, tout renseignement fourni aux CAF par quiconque, y compris les tribunaux, continuera d’être pris en considération pour déterminer l’admissibilité du titulaire de permis.

Scénario réglementaire

Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, le projet de règlement qui dĂ©finit « ordonnance de protection Â» et les autres mesures lĂ©gislatives complĂ©mentaires liĂ©es aux ordonnances de protection contenues dans l’ancien projet de loi C-21 sont en vigueur.

Les ordonnances de protection seraient définies de manière à englober une ordonnance civile rendue par un tribunal ou une autre autorité compétente dans les intérêts de la sécurité d’une personne, y compris une ordonnance interdisant à la personne de se livrer à une liste non exhaustive d’activités, comme se trouver à proximité d’une personne identifiée ou suivre cette personne d’un endroit à l’autre; se trouver dans un lieu désigné ou à une distance donnée de ce lieu; occuper une maison familiale ou une résidence. La définition comprend les ordonnances civiles de toute durée, y compris les ordonnances d’urgence à court terme rendues en vertu des lois civiles, familiales et autochtones par un tribunal ou une autre autorité compétente.

Les tribunaux et autres autoritĂ©s compĂ©tentes, qui seront un juge de paix ou un conseil, un gouvernement ou une autre entitĂ© autorisĂ©e Ă  agir au nom d’un groupe, d’une collectivitĂ© ou d’un peuple autochtone qui dĂ©tient des droits reconnus et confirmĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, seront tenus de signaler aux CAF de leur province ou territoire les ordonnances de protection qu’ils Ă©mettent, modifient ou rĂ©voquent dans les 24 heures. La plupart des tribunaux et autres autoritĂ©s compĂ©tentes continueront d’utiliser les mĂŞmes mĂ©canismes de GI-TI (p. ex. courriel, courrier ou tĂ©lĂ©copieur) pour aviser les CAF des ordonnances d’interdiction et d’autres ordonnances criminelles (p. ex., ordonnances de mise en libertĂ© provisoire par voie judiciaire), tandis que d’autres peuvent amĂ©liorer leurs pratiques.

Lorsque les notifications de dĂ©livrance des ordonnances de protection sont reçues, les CAF devront prendre les mesures nĂ©cessaires pour refuser et rĂ©voquer les permis en vertu de la loi. ConformĂ©ment aux exigences en matière de notification prĂ©vues par la Loi sur les armes Ă  feu et ses règlements concernant le refus ou la rĂ©vocation d’un permis, les CAF enverront un avis au titulaire ou au demandeur de permis. Dans le cas d’une rĂ©vocation, Ă  la rĂ©ception de la notification, les personnes qui sont en possession d’armes Ă  feu seront tenues de les remettre Ă  un agent de la paix dans les 24 heures ou dans un dĂ©lai Ă©tabli par le CAF dans la notification.

Le gouvernement fédéral recevra et traitera toutes les ordonnances de protection des tribunaux et des autorités compétentes afin de procéder à la révocation des permis. Cela est facilité par le fait que le Programme canadien des armes à feu reçoit ces ordonnances et permet aux CAF compétents d’y accéder pour leur traitement.

2. Permis conditionnel

Scénario de référence

Dans le scénario de référence, les CAF peuvent délivrer un permis conditionnel sans que le projet de règlement soit en vigueur. Les CAF sont autorisés à délivrer ces permis à des personnes qui ont besoin d’une arme à feu pour chasser ou trapper pour subvenir à leurs besoins ou à ceux de leur famille lorsque leur permis a été révoqué parce qu’elles ont été reconnues coupables d’une infraction où elles ont utilisé la violence, menacé ou tenté d’y recourir contre un partenaire intime ou un membre de leur famille, ou lorsqu’un CAF avait des motifs raisonnables de soupçonner que l’individu ait commis de la violence familiale ou de la traque.

Pour demander un permis conditionnel, ces personnes sont tenues de présenter une nouvelle demande de permis à un CAF conformément aux exigences existantes énoncées dans le Règlement sur les permis d’armes à feu et le Règlement d’adaptation visant les armes à feu des peuples autochtones du Canada, et d’indiquer qu’elles sont des chasseurs de subsistance. Un CAF effectue une vérification de l’admissibilité et peut demander des renseignements supplémentaires pour déterminer cette dernière. Les frais de demande peuvent être omis puisque le permis est demandé pour la chasse de subsistance. Les CAF appliquent leur pouvoir discrétionnaire pour délivrer un permis d’armes à feu et peuvent fixer d’autres conditions qu’ils estiment appropriées.

Scénario réglementaire

Dans le scénario réglementaire, les pouvoirs des CAF de délivrer un permis conditionnel en vertu de la Loi sur les armes à feu et du projet de règlement sont en vigueur.

En vertu du projet de règlement, les CAF seraient tenus de tenir compte de plusieurs facteurs lorsqu’ils décident s’ils doivent délivrer un permis conditionnel, notamment si la demande porte sur la possession et l’acquisition d’armes à feu sans restriction, si la chasse ou la trappe constitue la principale source de revenu ou de nourriture, la nature et les circonstances du refus ou de la révocation du permis. Ces facteurs s’ajoutent aux critères d’admissibilité existants et ne limiteraient pas les autres facteurs que les CAF peuvent prendre en considération. Les demandeurs devraient aussi fournir une déclaration écrite sur la nécessité d’avoir une arme à feu pour la chasse de subsistance.

Le scénario réglementaire ne diffère pas considérablement du scénario de référence, sauf que les CAF sont expressément tenus de prendre en considération plusieurs facteurs dans leur décision et les demandeurs seraient également tenus de fournir une déclaration écrite sur la nécessité de l’arme à feu pour la chasse de subsistance.

Coûts additionnels
Coûts des ordonnances de protection

Coûts pour le gouvernement

Le gouvernement aura besoin de nouveaux employĂ©s Ă  temps plein pour assurer la rĂ©ception et le traitement des ordonnances de protection afin de procĂ©der Ă  la rĂ©vocation des permis. Au cours des deux premières annĂ©es, 12,16 membres du personnel de gestion du programme traiteront manuellement les 15 198 ordonnances de protection par annĂ©e. Au cours des annĂ©es suivantes, lorsque le traitement automatisĂ© deviendra possible grâce Ă  l’installation de nouveaux systèmes de TI, un seul membre du personnel de gestion du programme sera requis pour traiter les cas particuliers ou les problèmes de moindre importance.

Le personnel de la technologie de l’information (TI) mettra Ă  niveau les systèmes de base de donnĂ©es existants de la GRC afin de gĂ©rer le flux de travail relatif aux ordonnances de protection. La majeure partie de ce travail se dĂ©roulera pendant les deux premières annĂ©es au cours desquelles les systèmes de TI seront mis en ligne pour automatiser la rĂ©ception de renseignements des tribunaux et automatiser le processus de recherche des titulaires de permis et de rĂ©vocation. Quatre membres du personnel des TI seront requis chaque annĂ©e pendant ces deux annĂ©es, et un membre du personnel des TI sera requis pendant les 8 autres annĂ©es pour gĂ©rer les mises Ă  jour et la maintenance et rĂ©gler tout problème.

Les coĂ»ts liĂ©s au personnel ont Ă©tĂ© estimĂ©s en multipliant les salaires annuels de ces postes par le nombre d’employĂ©s sur une pĂ©riode de dix ans, de 2025 Ă  2034. Les coĂ»ts seraient de 3 613 914 $ pour les membres du personnel.

Le gouvernement devra assumer des coĂ»ts de TI pour la crĂ©ation et le dĂ©veloppement de systèmes informatiques permettant de gĂ©rer la saisie et le traitement des donnĂ©es. Les coĂ»ts s’élèvent Ă  570 381 $.

Les coĂ»ts actualisĂ©s pour le gouvernement sont estimĂ©s Ă  4 184 295 $.

CoĂ»ts pour les tribunaux et « autres autoritĂ©s compĂ©tentes Â»

Les coĂ»ts pour les tribunaux et les autoritĂ©s compĂ©tentes dĂ©couleront du travail des greffiers qui traiteront les ordonnances de protection et enverront les notifications aux CAF. On estime Ă  l’échelle nationale qu’il y aura 12 employĂ©s Ă  temps plein au cours de la pĂ©riode de dix ans.

Pour arriver à ces chiffres, une estimation a d’abord été faite en fonction du nombre d’ordonnances de protection délivrées chaque année. Ce nombre a été calculé à partir des données du CAF sur les ordonnances de protection délivrées au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador de 2018 à 2019, ainsi que des données démographiques pour les deux provinces. Ces données ont été extrapolées pour déterminer le nombre d’ordonnances de protection par habitant à l’échelle nationale. Étant donné que les données sur les ordonnances de protection ne sont pas communiquées de façon uniforme, les données du CAF sont utilisées dans ces provinces, car elles sont fiables et disponibles.référence 3

Le pourcentage d’ordonnances de protection par habitant (0,0410 %) a Ă©tĂ© appliquĂ© Ă  la population canadienne (37 058 856) pour arriver Ă  un nombre national estimĂ© d’ordonnances de protection de 15 198. Ce nombre d’ordonnances de protection serait appliquĂ© au nombre moyen de titulaires de permis afin de dĂ©terminer le nombre de ces personnes qui seraient assujetties Ă  une ordonnance de protection. Une estimation du nombre de titulaires de permis correspondant aux ordonnances de protection au Manitoba peut ĂŞtre faite en utilisant les donnĂ©es existantes du Manitoba de 2018, oĂą 7,93 % des sujets des ordonnances de protection ont vu leur permis ĂŞtre rĂ©voquĂ©.

En appliquant cela Ă  l’échelle nationale, en utilisant la moyenne des titulaires de permis au Manitoba correspondant aux ordonnances de protection (7,93 %) et en ajustant le nombre moyen national de titulaires de permis comparativement au Manitoba (87 %), sur 15 198 ordonnances de protection, nous nous attendons Ă  ce que 1 579 de ces ordonnances entraĂ®nent la rĂ©vocation du permis.

Ces 15 198 ordonnances de protection devront ĂŞtre traitĂ©es par les tribunaux. On estime que douze membres du personnel sur une pĂ©riode de dix ans seront requis, conformĂ©ment aux mĂŞmes hypothèses que celles utilisĂ©es pour calculer le personnel requis Ă  la GRC.

Le salaire annuel d’un greffier est de 50 134,50 $. Le salaire Ă©quivaut Ă  celui d’un greffier qui travaille 37,5 heures par semaine pendant 52 semaines par annĂ©e, Ă  un salaire horaire de 25,71 $.

On a supposé que le traitement d’une ordonnance de protection par un greffier pourrait prendre jusqu’à une heure et demie, formation comprise. Le traitement des ordonnances des tribunaux n’est qu’un des aspects du travail d’un greffier, et la délivrance des ordonnances de protection varie selon le territoire, certains tribunaux délivrant ces ordonnances beaucoup moins fréquemment que d’autres. Le nombre d’employés requis devrait varier d’un tribunal à l’autre. Par conséquent, l’estimation du nombre d’employés est jugée raisonnable.

Le nombre d’employĂ©s a Ă©tĂ© multipliĂ© par le salaire annuel pour gĂ©nĂ©rer le coĂ»t sur chacune des 10 annĂ©es d’analyse.

Le coĂ»t total actualisĂ© pour les tribunaux et les autoritĂ©s compĂ©tentes est estimĂ© Ă  4 225 485 $.

Coûts pour les titulaires de permis

Lorsqu’un particulier voit son permis révoqué en raison d’une ordonnance de protection, il devra remettre toute arme à feu en sa possession et, s’il le souhaite, il peut demander un nouveau permis une fois l’ordonnance de protection expirée. Ce particulier n’est donc plus en mesure de participer à des activités où une arme à feu est utilisée, comme le tir sportif, la chasse ou la pratique de tir à la cible. Ces coûts ne sont pas à prendre en considération, car ils découlent d’une violation des conditions d’un permis. Aucune estimation n’est fournie pour ces coûts.

Il y aura des coĂ»ts pour les particuliers qui prĂ©sentent une nouvelle demande de permis pour une autre raison que la chasse de subsistance. Ce coĂ»t est estimĂ© en multipliant le nombre de demandes par les frais associĂ©s Ă  une demande de permis. Le nombre de demandes est basĂ© sur le nombre estimĂ© d’ordonnances de rĂ©vocation qui seront dĂ©livrĂ©es annuellement (1 579), ce qui signifie que 1 579 personnes par annĂ©e pourraient demander pour un permis d’armes Ă  feu et payer chacune les frais de 60 $ (qui selon l’hypothèse demeureront constants pendant toute la pĂ©riode).

Les coĂ»ts actualisĂ©s pour les particuliers qui demanderont un permis après l’expiration d’une ordonnance de protection sont estimĂ©s Ă  246 452 $

Il y aura des coĂ»ts pour ceux qui doivent remettre leurs armes Ă  feu. Pour estimer ces coĂ»ts, le coĂ»t moyen d’une arme Ă  feu (695 $) est multipliĂ© par une moyenne estimĂ©e de 2,7 armes Ă  feu par particulier. Le nombre de personnes est de 579 en fonction du nombre estimĂ© de personnes qui sont assujetties Ă  une ordonnance de protection et qui sont titulaires d’un permis d’armes Ă  feu, et du nombre moyen de dĂ©cisions de rĂ©vocation dĂ©coulant d’une ordonnance de protection. On suppose que le nombre d’armes Ă  feu augmente avec la croissance de la population.

Les coĂ»ts actualisĂ©s pour les particuliers qui remettront leurs armes Ă  feu sont estimĂ©s Ă  7 707 789 $.

Si l’on tient compte des avantages perdus pour les titulaires de permis qui peuvent se livrer Ă  la violence conjugale après avoir prĂ©sentĂ© une demande et obtenu un permis conditionnel, le coĂ»t total actualisĂ© pour les particuliers est de 11 759 303 $.

Coûts pour les entreprises

La proposition ne concernerait que les particuliers et n’entraĂ®nerait pas de coĂ»ts ou d’avantages directs ou connus pour les entreprises. Les coĂ»ts totaux pour le gouvernement, les tribunaux, les autoritĂ©s compĂ©tentes et les particuliers sont estimĂ©s Ă  20 169 082 $.

Avantages supplémentaires
Avantages liés aux ordonnances de protection

Les avantages découlent de la révocation d’un permis et du refus de sa délivrance en raison d’une ordonnance de protection en vigueur et de la remise subséquente d’armes à feu.

Le projet de règlement porte sur les risques associés aux armes à feu dans les situations à risque, y compris les risques de violence entre partenaires intimes et de violence familiale. Ces modifications favoriseront la santé et la sécurité des populations vulnérables, car les personnes qui se livrent à des activités qui présentent un risque ne seront pas légalement autorisées à accéder à des armes à feu. Les révocations de permis et les refus de délivrance d’un permis devraient réduire le nombre de blessures, de décès et de blessures non physiques dans les situations de VPI où une arme à feu est présente.

Étant donné que les ordonnances de protection sont délivrées à la discrétion du tribunal ou de l’autorité compétente, il est difficile de fournir une estimation réelle du nombre de refus ou de révocations obligatoires qui découleront des ordonnances de protection. Par conséquent, on a plutôt utilisé les données de Statistique Canada pour estimer les avantages quant à la prévention des décès et des blessures par arme à feu dans les situations de violence entre partenaires intimes.

Les donnĂ©es sur les fĂ©minicides dĂ©clarĂ©s par la police entre 2011 et 2021 au Canada montrent que 1 125 femmes et filles ont Ă©tĂ© tuĂ©es et, parmi ces fĂ©minicides, 66 % (les deux tiers) ont Ă©tĂ© commis par un partenaire intime. Ces donnĂ©es ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour estimer un taux annuel moyen d’homicides liĂ©s Ă  la VPI de 74,25 pour les femmes et de 6 pour les hommes.

Il est difficile de trouver des donnĂ©es cohĂ©rentes sur diffĂ©rents types de blessures liĂ©es aux armes Ă  feu lors d’incidents de VPI, car ces incidents ont tendance Ă  ne pas ĂŞtre signalĂ©s Ă  la police et peuvent ĂŞtre mesurĂ©s par diffĂ©rentes mĂ©thodes ou pĂ©riodes, ce qui rend les comparaisons difficiles. Les donnĂ©es de Statistique Canada ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour estimer les avantages quant aux blessures liĂ©es aux armes Ă  feu. En 2020, il y a eu 218,5 cas de blessures mineures, 605,9 cas sans blessures physiques et 59,6 cas oĂą les blessures sont inconnues. Cette dernière catĂ©gorie a Ă©tĂ© ajoutĂ©e aux cas sans blessure physique.

Les donnĂ©es de Statistique Canada sur le taux de blessures et de dĂ©cès causĂ©s par des partenaires intimes montrent que, lorsque le nombre de blessures double, la gravitĂ© des blessures diminue de moitiĂ©. Ă€ la lumière de cette observation, et en l’absence de donnĂ©es sur les blessures majeures, les estimations annuelles suivantes ont Ă©tĂ© Ă©tablies :

Les avantages escomptés sont proportionnels à la mesure dans laquelle les révocations de permis et les refus de délivrance d’un permis prévus dans le projet de règlement entraîneront la réduction de ces données de référence sur les décès et les blessures liés à la VPI impliquant des armes à feu.

Afin d’évaluer les rĂ©percussions probables du projet de règlement, une analyse documentaire approfondie a Ă©tĂ© effectuĂ©e afin de dĂ©terminer s’il existe un lien important entre un accès restreint aux armes Ă  feu et les blessures et les dĂ©cès liĂ©s Ă  la VPI. Les constatations montrent que des politiques similaires adoptĂ©es dans d’autres administrations ont entraĂ®nĂ© une diminution des blessures et des dĂ©cès. Une Ă©tude amĂ©ricaine a conclu que restreindre l’accès aux armes Ă  feu d’une façon comme Ă  celle proposĂ©e dans le projet de règlement avait entraĂ®nĂ© une rĂ©duction de 9,7 % des homicides liĂ©s Ă  la VPI.

L’analyse coĂ»ts-avantages utilise ce rĂ©sultat pour estimer les rĂ©percussions du projet de règlement. En appliquant le rĂ©sultat de cette Ă©tude aux donnĂ©es canadiennes, des hypothèses ont Ă©tĂ© formulĂ©es sur les similitudes entre le Canada et les États-Unis en ce qui a trait Ă  l’utilisation d’armes Ă  feu lors d’incidents de VPI, comme un risque Ă©levĂ© de blessure ou de dĂ©cès similaire lorsqu’une arme Ă  feu est prĂ©sente, un rapport entre femmes et hommes semblable dans la population, et un nombre plus important de femmes que d’hommes Ă©tant victimes de violence entre partenaires intimes dans les deux pays. Nous supposons que la rĂ©duction de 9,7 % s’applique aux homicides liĂ©s Ă  la VPI et aux autres types de blessures.

Bien que ce taux de rĂ©duction de 9,7 % ait Ă©tĂ© observĂ© pour les homicides liĂ©s Ă  la VPI dans l’étude amĂ©ricaine, nous avons supposĂ© que, compte tenu des diffĂ©rents niveaux d’accès aux armes Ă  feu et des diffĂ©rents rĂ©gimes globaux d’armes Ă  feu, une rĂ©duction de 5 % serait considĂ©rĂ©e comme la rĂ©duction de rĂ©fĂ©rence. Cette rĂ©duction serait Ă©galement attribuable au pouvoir discrĂ©tionnaire du CAF en ce qui concerne la rĂ©vocation des permis, Ă  d’autres règlements rĂ©cents et au gel des armes de poing.

Les avantages monĂ©taires ont ensuite Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  l’aide de la valeur de la vie statistique. Les estimations montrent que les avantages totaux pour la pĂ©riode de dix ans seront :

Ensemble, les avantages pour la pĂ©riode de dix ans s’élèvent Ă  254 321 196. Avec un coĂ»t total de 16, 364,021 $ les avantages nets sont de 234 152 114 $, ce qui Ă©quivaut Ă  33 456 703 $ par an.

Avantages du permis conditionnel

Économies pour les particuliers

En ce qui concerne les particuliers, les demandes de permis conditionnel seraient prĂ©sentĂ©es de la mĂŞme façon que les demandes de permis rĂ©gulier, et une dĂ©claration Ă©crite expliquant pourquoi le demandeur a besoin d’une arme Ă  feu pour la chasse ou la trappe de subsistance serait fournie. Ils paieraient des frais de 60 $ par demande pour utiliser une arme Ă  feu sans restriction, mais ne seraient pas tenus de les payer si la demande est approuvĂ©e, car ces frais sont annulĂ©s pour ceux qui ont besoin d’une arme Ă  feu pour chasser ou trapper afin de subvenir Ă  leurs besoins ou Ă  ceux de leur famille.

On estime que 86 chasseurs de subsistance sur 1 579 personnes assujetties Ă  une ordonnance de protection seraient admissibles Ă  un permis conditionnel. Cela se fonde sur la statistique indiquant que le quart de 60 % des propriĂ©taires d’armes Ă  feu sont des chasseurs. Sur ces 86 personnes, on estime que 34 recevraient un permis conditionnel. Ces 34 personnes Ă©conomiseraient globalement 2 040 $, soit les frais de demande de permis qui seraient annulĂ©s (60 $ Ă— 34 = 2 040 $).

Le coût que devront assumer les particuliers pour fournir une déclaration écrite au CAF expliquant pourquoi ils ont besoin d’une arme à feu pour la chasse ou la trappe de subsistance devrait être faible. On s’attend déjà à ce que les demandeurs fournissent cette information, oralement ou par écrit, aux CAF pour obtenir un permis d’arme à feu régulier s’ils s’identifient comme chasseurs de subsistance et que le CAF veut obtenir plus de renseignements sur cette demande.

Les Ă©conomies totales rĂ©alisĂ©es grâce Ă  l’exonĂ©ration des droits de permis s’élèvent Ă  14 671 $ sur dix ans.

Coûts liés à la remise d’une arme à feu avec permis conditionnel

Pour les 34 titulaires de permis conditionnel, on estime qu’il y aurait des coĂ»ts liĂ©s Ă  la remise d’armes Ă  feu pour la moitiĂ© de leurs armes Ă  feu, car ils possèderaient quand mĂŞme des armes Ă  feu qui ne seraient pas utilisĂ©es pour la chasse de subsistance (p. ex., armes de poing et autres armes non utilisĂ©es pour la chasse). Ces coĂ»ts sont calculĂ©s en fonction des estimations prĂ©sentĂ©es plus tĂ´t sur le coĂ»t moyen d’une arme Ă  feu (695 $) et le nombre moyen d’armes Ă  feu par propriĂ©taire (2,7), ce qui reprĂ©sente un coĂ»t estimatif de 31 900,50 $ par annĂ©e pour la remise d’armes Ă  feu par les personnes qui recevraient un permis conditionnel (34 x 695 $ x [2,7/2] = 31 900,50 $).

Répercussions possibles sur les avantages découlant de la révocation du permis

Étant donné que, s’ils disposent d’un permis conditionnel, les propriétaires d’armes à feu pourront garder certaines armes, cela pourrait modifier l’ampleur des avantages. Cependant, si le permis est assorti de conditions efficaces, les avantages demeureront probablement.

Pour estimer les rĂ©percussions de la dĂ©livrance d’un permis conditionnel, le total des avantages estimĂ©s est divisĂ© par le nombre de rĂ©vocations, ce qui donne une estimation du coĂ»t et des avantages par rĂ©vocation. Au cours de la première annĂ©e, le total des avantages actualisĂ©s est estimĂ© Ă  33 681 929 $ divisĂ© par 579 rĂ©vocations, ce qui donne un avantage de 58 174 $ par rĂ©vocation. Cela permet d’estimer les avantages qui pourraient ĂŞtre perdus pour chaque permis conditionnel dĂ©livrĂ©.

Les 34 personnes mentionnĂ©es ci-dessus qui ont obtenu un permis conditionnel sont divisĂ©es en deux catĂ©gories – celles qui utiliseraient encore leur arme Ă  feu de façon inappropriĂ©e et celles qui suivraient les conditions du permis.

Tout d’abord, on suppose qu’un quart des personnes qui auraient un permis conditionnel utiliseraient quand mĂŞme une arme Ă  feu dans un incident de VPI, et par consĂ©quent, il y aurait une rĂ©duction des avantages de 494 479 $ pour la sociĂ©tĂ©, comme si la personne n’avait jamais reçu d’ordonnance de protection (1/4 des 34 personnes Ă— – 58 174 $) = – 494 479 $).

Les avantages perdus par ceux qui ont un permis conditionnel et qui continuent de commettre des violences conjugales sont estimĂ©s Ă  3 805 062 $, soit 541 755 $ par an.

De plus, les CAF peuvent assortir ces permis de conditions particulières, notamment l’obligation d’entreposer les armes à feu à l’extérieur de la maison (p. ex., entreposage hors site, entreposage auprès de la police, entreposage auprès d’un ami ou d’un membre de la famille). Ces conditions peuvent ou non réduire le risque qu’une personne utilise une arme à feu dans un incident de VPI, selon la façon dont elle sont appliquées et mises en œuvre et l’endroit où les armes à feu sont entreposées.

Coûts pour le gouvernement

Les coûts pour le gouvernement liés aux permis conditionnels sont intégrés dans les coûts totaux pour le gouvernement liés aux ordonnances de protection.

Énoncé coûts-avantages
Tableau 1 : Avantages monĂ©taires
Intervenants touchĂ©s   Description de l’avantage  AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence
(2025)
Autres années pertinentes (2030) Dernière année
(2034)
Total
(valeur actuelle)
Valeur annualisée
Canadiens Blessures mineures Ă©vitĂ©es 180 922 $ 130 641 $ 100 682 $ 1 373 382 $ 195 539 $
Blessures graves Ă©vitĂ©es 189 008 $ 136 479 $ 105 181 $ 1 434 759 $ 204 277 $
DĂ©cès Ă©vitĂ©s 33 036 504 $ 23 855 136 $ 18 384 514 $ 250 780 479 $ 35 705 498 $
Cas sans blessures physiques Ă©vitĂ©s 275 495 $ 198 931 $ 153 311 $ 2 091 287 $ 297 752 $
RĂ©duction des coĂ»ts de licence 1 933 $ 1 396 $ 1 076 $ 14 671 $ 2 089 $
Total 33,502,940 $ 24,191,942 $ 18,644,081 $ 254,321,196 $ 36,405,156 $
Tableau 2 : CoĂ»ts monĂ©taires
Intervenants touchĂ©s   Description des coĂ»ts  AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence (2025) Autres annĂ©es pertinentes (2030) Dernière annĂ©e (2034)  Total (valeur actuelle)  Valeur annualisĂ©e 
Gouvernement 4 184 295 $ 595 749 $
Personnel 1 342 294 $ 129 950 $ 99 138 $ 3 613 914 $ 514 540 $
Technologies de l’information 247 664 $ 35 316 $ 26 943 $ 570 381 $ 81 209 $
Tribunaux et autoritĂ©s compĂ©tentes 4 225 485 $ 678 443 $
CoĂ»ts liĂ©s au personnel 562 256 $ 374 655 $ 305 830 $ 4 765 100 $ 678 443 $
CoĂ»t pour les particuliers 11 759 303 $ 1 674 260 $
CoĂ»ts liĂ©s aux armes Ă  feu 1 015 384 $ 733 192 $ 1 030 388 $ 7 707 789 $ 7 954 241 $
Nouvelles demandes de permis 32 466 $ 23 443 $ 18 067 $ 246 452 $ 35 089 $
Avantages perdus par les personnes titulaires d’un permis conditionnel qui commettent encore des VPI 501 259 $ 361 951 $ 278 946 $ 3 805 062 $ 541 755 $
Tous les intervenants CoĂ»ts totaux 3 701 323 $ 1 658 508 $ 1 759 312 $ 20 169 082 $ 2 948 453 $
Tableau 3 : RĂ©sumĂ© des avantages et des coĂ»ts monĂ©taires 
  AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence
(2025)
Autres années pertinentes (2030) Dernière année (2034) Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
Total des avantages   33 502 940 $ 24 191 942 $ 18 644 081 $ 254 321 196 $ 36 405 156 $
CoĂ»ts totaux  3 701 323 $ 1 658 508 $ 1 759 312 $ 20 169 082 $ 2 948 453 $
Avantages nettes  29 801 617 $ 22 533 434 $ 16 884 769 $ 234 152 114 $ 33 456 703 $

Lentille des petites entreprises

Le point de vue des petites entreprises ne s’applique pas, car le projet de règlement n’entraînera aucun avantage ou coût substantiel pour les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas au projet de règlement, car il n’y a aucune rĂ©percussion sur les entreprises.

Coopération en matière de réglementation et harmonisation des règlements

Le projet de règlement n’a aucun lien avec des ententes ou des obligations internationales et n’a aucune incidence sur les autres administrations Ă  l’extĂ©rieur du Canada, car le traitement administratif pour la dĂ©livrance, le refus ou la rĂ©vocation d’un permis relève de la seule compĂ©tence des CAF autorisĂ©s en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu. La mise en Ĺ“uvre des modifications rĂ©glementaires proposĂ©es nĂ©cessiterait la coordination entre les services administratifs des tribunaux, les autoritĂ©s compĂ©tentes et les CAF pour veiller Ă  ce que les ordonnances de protection qui respectent la dĂ©finition donnĂ©e dans le projet de règlement soient dĂ©clarĂ©es dans les 24 heures, conformĂ©ment aux nouvelles exigences lĂ©gislatives Ă©noncĂ©es dans l’ancien projet de loi C-21, une fois en vigueur.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes Plus

Une analyse comparative entre les sexes a Ă©tĂ© effectuĂ©e lors de l’élaboration de l’ancien projet de loi C-21 et du projet de règlement. Les rĂ©percussions des mesures visant Ă  limiter l’accès aux armes Ă  feu devraient varier d’un groupe Ă  l’autre au Canada. On s’attend Ă  ce que les femmes, en particulier celles qui vivent dans les rĂ©gions rurales, les femmes autochtones et les femmes handicapĂ©es, et les personnes LGBTQ2+ bĂ©nĂ©ficient de façon disproportionnĂ©e du projet de règlement. En revanche, les hommes, comme ils forment la majoritĂ© des titulaires de permis, devraient ĂŞtre touchĂ©s de façon disproportionnĂ©e par le fardeau rĂ©glementaire (p. ex. refus ou rĂ©vocation des permis d’armes Ă  feu) imposĂ© par le projet de règlement.

Bien que de nombreuses armes Ă  feu soient utilisĂ©es lĂ©galement pour la chasse ou les sports de tir, l’utilisation d’armes Ă  feu contre des membres de la famille ou des partenaires intimes est un problème qui persiste. Ă€ ce titre, le projet de règlement pourrait ĂŞtre avantageux pour plus de femmes que d’hommes, car des ordonnances de protection sont souvent dĂ©livrĂ©es dans des situations de VPI, de violence familiale et de violence fondĂ©e sur le sexe, dont les femmes sont plus susceptibles d’être les victimes et plus susceptibles d’être blessĂ©es ou tuĂ©es par l’utilisation d’une arme Ă  feu. En 2020, une femme sur quatre (25 %) avait Ă©tĂ© victime d’un acte criminel liĂ© aux armes Ă  feu commis par un partenaire intime, comparativement Ă  2,2 % chez les hommes. La majoritĂ© (83 %) des victimes de sexe masculin ont Ă©tĂ© agressĂ©es par un Ă©tranger, et les autres par un ami ou une connaissance informelle. Comme c’est le cas depuis toujours, en 2023, les femmes reprĂ©sentaient un nombre disproportionnĂ© de victimes d’homicides commis par un partenaire intime au Canada. Cela comprend les homicides commis par un Ă©poux lĂ©gitime ou un conjoint de fait, un partenaire amoureux ou un autre partenaire intime, actuel ou ancien. Bien qu’il y ait eu 36 victimes d’homicide commis par un partenaire intime de moins en 2023 (67, comparativement Ă  103 en 2022), les femmes reprĂ©sentaient toujours 73 % des victimes d’homicide commis par un partenaire intime. En 2023, une arme Ă  feu Ă©tait prĂ©sente dans 1 038 cas de VPI, dont 84 % des victimes Ă©taient des femmes et des filles. Ce pourcentage Ă©tait plus Ă©levĂ© qu’en 2018, oĂą une arme Ă  feu Ă©tait prĂ©sente dans 762 cas de VPI, dont 87 % des victimes Ă©taient des femmes et des filles (Statistique Canada, 2024).

Certaines populations canadiennes enregistrent toujours des taux plus Ă©levĂ©s de VPI et d’exposition Ă  la violence liĂ©e aux armes Ă  feu, comme les femmes vivant en rĂ©gion rurale, les femmes autochtones, les femmes handicapĂ©es et les membres de la communautĂ© LGBTQ2+. Les femmes autochtones Ă©taient environ trois fois plus susceptibles que les femmes non autochtones de dĂ©clarer qu’une arme Ă  feu ou une autre arme avait Ă©tĂ© utilisĂ©e ou menacĂ©e d’être utilisĂ©e contre elles par un partenaire intime (Conroy, 2021; Cotter, 2018; Heidinger, 2021; Jaffrary, 2021; Perreault, 2011 et Rotenberg, 2019). Les propriĂ©taires d’armes Ă  feu sont Ă©galement plus nombreux dans les collectivitĂ©s rurales et les armes Ă  feu y sont gĂ©nĂ©ralement plus accessibles. La VPI liĂ©e aux armes Ă  feu chez les femmes est plus frĂ©quente dans les rĂ©gions rurales. En effet, en 2020, le pourcentage d’incidents criminels liĂ©s aux armes Ă  feu impliquant de la VPI envers les femmes Ă©tait de 32 % dans les rĂ©gions rurales du sud et de 38 % dans les rĂ©gions rurales du nord, ce qui est conforme Ă  la tendance des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Ces sous-populations, c’est-Ă -dire les femmes vivant en rĂ©gion rurale et les femmes autochtones, bĂ©nĂ©ficieraient de façon disproportionnĂ©e du projet de règlement, lequel garantirait que toute personne visĂ©e par une ordonnance de protection, y compris les partenaires et anciens partenaires, ne peut accĂ©der Ă  une arme Ă  feu pendant la durĂ©e de l’ordonnance, Ă  moins qu’elle ait convaincu un CAF qu’elle a besoin d’une arme Ă  feu pour chasser ou trapper pour subvenir Ă  ses besoins ou Ă  ceux de sa famille.

La Loi sur les armes Ă  feu s’applique sans distinction Ă  tous les Canadiens. Toutefois, la vaste majoritĂ© des dĂ©tenteurs de permis d’armes Ă  feu sont des hommes (le ratio entre le nombre d’hommes et de femmes Ă©tant approximativement de 7 pour 1). Ainsi, il y a tout lieu de conclure que le fardeau rĂ©glementaire qui pourrait ĂŞtre imposĂ© par les modifications serait principalement portĂ© par des hommes.

D’un point de vue géographique et culturel, des ordonnances de protection peuvent être rendues dans la plupart des administrations au Canada. On ignore si la délivrance d’ordonnances de protection a des répercussions disproportionnées sur les personnes vivant en région rurale et urbaine ou sur les peuples autochtones. Cependant, beaucoup de propriétaires d’armes à feu sans restriction ont tendance à se trouver dans les régions rurales du Canada, et beaucoup de titulaires de permis dans les collectivités du nord chassent ou trappent pour subvenir à leurs besoins ou à ceux de leur famille. D’un point de vue culturel, les Autochtones peuvent utiliser des armes à feu pour la chasse, y compris la chasse de subsistance, et dans le cadre de pratiques culturelles traditionnelles. Le projet de règlement pourrait avoir une plus grande incidence sur ces personnes que sur les titulaires de permis dans d’autres régions où ces activités sont moins courantes si elles devaient faire l’objet d’une ordonnance de protection. On s’attend à ce que les mesures adoptées par l’ancien projet de loi C21 qui autorisent un CAF à délivrer un permis conditionnel pour la chasse ou la trappe de subsistance aident à atténuer les répercussions.

De plus, comme les peuples autochtones ont eu de la difficultĂ© Ă  obtenir des permis d’armes Ă  feu pour de nombreuses raisons (p. ex. accès aux CAF, accès aux cours de sĂ©curitĂ©), les dispositions adaptĂ©es contenues dans le Règlement d’adaptation visant les armes Ă  feu des peuples autochtones du Canada continueront de s’appliquer, afin qu’il y ait moins d’obstacles dans le processus de demande d’un permis conditionnel pour les Autochtones.

Justification

Le gouvernement du Canada reconnaît que les armes à feu peuvent causer un préjudice accru dans les situations où il existe déjà des risques pour la sécurité, y compris celles impliquant de la VPI et de la violence familiale.

Au Canada, possĂ©der une arme Ă  feu n’est pas un droit, mais un privilège. Le rĂ©gime canadien des armes Ă  feu envisage dĂ©jĂ  la rĂ©vocation des permis d’armes Ă  feu et le retrait des armes Ă  feu dans les situations oĂą des ordonnances pĂ©nales (p. ex. des ordonnances d’interdiction) ont Ă©tĂ© rendues par les tribunaux. Afin d’amĂ©liorer le rĂ©gime des armes Ă  feu et de contribuer Ă  la rĂ©duction de la VPI et de la violence familiale, le projet de règlement Ă©tablirait un rĂ©gime distinct, mais complĂ©mentaire, pour la rĂ©vocation des permis d’armes Ă  feu et le retrait des armes Ă  feu lorsque des ordonnances civiles sont rendues par les tribunaux et d’autres autoritĂ©s compĂ©tentes dans l’intĂ©rĂŞt de la sĂ©curitĂ© d’une personne.

Comme ces ordonnances peuvent varier grandement selon le territoire de compĂ©tence, il est prĂ©fĂ©rable de prescrire une dĂ©finition d’« ordonnance de protection Â» englobant toute ordonnance civile, y compris celles rendues temporairement ou pour rĂ©pondre Ă  des situations d’urgence, pour garantir que les nouvelles mesures lĂ©gislatives peuvent contribuer Ă  prĂ©venir la violence liĂ©e aux armes Ă  feu et Ă  rĂ©duire les risques pour la sĂ©curitĂ© publique.

À l’heure actuelle, lorsque des personnes se présentent devant un tribunal civil et de la famille pour demander une protection contre des individus qui posent un risque pour leur sécurité, cela n’entraîne pas automatiquement la perte des privilèges liés aux permis d’armes à feu ou la remise des armes à feu. Bien que certains tribunaux et autres autorités compétentes puissent imposer des restrictions aux ordonnances de protection empêchant la possession d’armes à feu ou exigeant leur saisie pendant la durée de l’ordonnance, ce n’est pas une pratique uniforme partout au Canada. De plus, la plupart des tribunaux ne sont pas tenus de signaler la délivrance d’ordonnances de protection aux CAF. Ainsi, le projet de règlement appuierait la mise en œuvre d’un processus uniforme de retrait des armes à feu en cas de VPI et de violence familiale lorsque les ordonnances de protection délivrées n’entraîneraient pas la perte obligatoire des privilèges liés aux permis d’armes à feu et la remise des armes à feu.

De plus, le projet de règlement prĂ©cise le type d’entitĂ© qui serait considĂ©rĂ©e comme une « autre autoritĂ© compĂ©tente Â» aux fins du rĂ©gime. Cela est nĂ©cessaire pour reconnaĂ®tre les dĂ©cideurs autres que les juges des tribunaux provinciaux ou territoriaux qui sont autorisĂ©s Ă  dĂ©livrer ce type d’ordonnance.

Le projet de règlement limiterait Ă©galement le dĂ©doublement et favoriserait la mise en Ĺ“uvre efficace du rĂ©gime de dĂ©livrance des permis d’armes Ă  feu. Le rĂ©gime actuel des armes Ă  feu prĂ©voit dĂ©jĂ  le retrait des armes Ă  feu et la perte des privilèges liĂ©s aux permis d’armes Ă  feu lorsque les tribunaux concluent qu’une personne ne devrait pas ĂŞtre autorisĂ©e Ă  possĂ©der des armes Ă  feu ou Ă  avoir accès Ă  celles-ci en vertu du Code criminel et d’autres lois fĂ©dĂ©rales. En outre, d’autres ordonnances, comme des ordonnances d’engagement (p. ex. des engagements Ă  ne pas troubler l’ordre public), des ordonnances judiciaires provisoires (p. ex. des ordonnances de mise en libertĂ© sous caution), des ordonnances de probation et des ordonnances de non-communication (p. ex. l’ajout de conditions aux ordonnances de mise en libertĂ© sous caution ou de probation) relèvent du rĂ©gime du droit pĂ©nal, ce qui permet aux tribunaux d’ajouter des interdictions liĂ©es aux armes lorsque lors de la dĂ©livrance de ces ordonnances. Lorsqu’une ordonnance rendue en vertu du Code criminel ou de toute autre loi fĂ©dĂ©rale est assortie d’une interdiction liĂ©e aux armes, elle devient une ordonnance d’interdiction, et les permis d’armes Ă  feu doivent ĂŞtre rĂ©voquĂ©s et les armes Ă  feu remises ou confisquĂ©es.

Enfin, l’intĂ©gration d’ordonnances d’interdiction dans la dĂ©finition d’ordonnance de protection dans le projet de règlement pourrait entraĂ®ner des consĂ©quences involontaires, comme la crĂ©ation de conflits dans l’application des lois actuelles relatives aux armes Ă  feu. Par exemple, si les ordonnances d’interdiction faisaient Ă©galement partie de la dĂ©finition d’« ordonnance de protection Â» dans le projet de règlement, il y aurait un conflit dans les autorisations utilisĂ©es par les CAF pour dĂ©livrer des permis de chasse de subsistance. Lorsqu’une personne est visĂ©e par une ordonnance d’interdiction, elle peut demander une ordonnance judiciaire pour faire lever l’ordonnance d’interdiction pour la chasse et la trappe de subsistance, ou lorsque cette interdiction Ă©quivaut Ă  une interdiction de travailler dans son seul domaine possible d’emploi. Si la levĂ©e de l’ordonnance d’interdiction est accordĂ©e, le CAF serait autorisĂ©, en vertu du Code criminel, Ă  dĂ©livrer un permis Ă  ces fins. En comparaison, si une personne est visĂ©e par une ordonnance de protection, la Loi sur les armes Ă  feu n’autorisait le CAF qu’à dĂ©livrer un permis de chasse et de trappe de subsistance.

Par consĂ©quent, la dĂ©finition proposĂ©e d’« ordonnance de protection Â» pour les ordonnances civiles contribue aux objectifs de sĂ©curitĂ© publique de l’ancien projet de loi C21 ou de la Loi sur les armes Ă  feu. La dĂ©finition proposĂ©e appuierait l’opĂ©rationnalisation d’un rĂ©gime distinct des dispositions actuelles du Code criminel, mais complĂ©mentaire, afin de gĂ©rer les cas de VPI, de violence fondĂ©e sur le genre et de violence familiale comme des affaires civiles qui ne rĂ©pondent peut-ĂŞtre pas aux critères d’un comportement criminel.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le projet de règlement entrera en vigueur en mĂŞme temps que les modifications lĂ©gislatives habilitantes, l’article 15 et l’article 41 de l’ancien projet de loi C-21. Ces modifications entreront en vigueur Ă  une date fixĂ©e par dĂ©cret, prĂ©vue Ă  l’automne 2025. Le processus sera Ă©clairĂ© par une collaboration continue avec les fonctionnaires provinciaux et territoriaux et les administrateurs des tribunaux ainsi que les autres autoritĂ©s compĂ©tentes pour appuyer une mise en Ĺ“uvre efficace.

Le Programme canadien des armes à feu (PCAF) de la GRC se prépare en vue de la mise en œuvre des mesures liées aux ordonnances de protection lorsqu’elles deviennent exécutoires (c’est-à-dire lorsque la définition de l’ordonnance de protection sera prise par règlement). Cela comprend la mise à jour des systèmes de GI-TI en place, l’élaboration de documents internes (politiques, procédures opérationnelles réglementaires, scripts du centre d’appels, produits de communication pour les CAF et les organismes d’application de la loi) et la mise à jour des avis aux clients, le tout étant mis en œuvre progressivement.

Pendant la phase 1, le PCAF mettrait en Ĺ“uvre un mĂ©canisme centralisĂ© permettant aux tribunaux et aux autoritĂ©s compĂ©tentes de fournir des renseignements sur les ordonnances de protection. Ces renseignements, ainsi que les mises Ă  jour de la documentation interne connexe, aideraient les CAF Ă  mettre en Ĺ“uvre les mesures renforcĂ©es concernant la rĂ©vocation et l’inadmissibilitĂ© dĂ©coulant des ordonnances de protection. Pendant la phase 2, le PCAF mettrait en Ĺ“uvre un portail Web permettant aux tribunaux de fournir des renseignements sur les ordonnances de protection directement dans les systèmes de la GRC, et examinera la possibilitĂ© de tirer parti des transferts automatisĂ©s de donnĂ©es avec les administrations qui utilisent des systèmes de gestion des donnĂ©es judiciaires numĂ©riques. SĂ©curitĂ© publique Canada, le PCAF et le ministère de la Justice continuent de collaborer avec les provinces et les territoires, y compris les administrateurs de tribunaux, ainsi que les autres autoritĂ©s compĂ©tentes afin de planifier la mise en Ĺ“uvre.

Une Ă©valuation des facteurs relatifs Ă  la vie privĂ©e est en cours et sera achevĂ©e avant les changements de mise en Ĺ“uvre de l’G-I/T-I ; elle a reçu l’approbation provisoire des responsables de programme et du dĂ©lĂ©guĂ© responsable de l’article 10 de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Sécurité publique Canada, en partenariat avec le Programme canadien des armes à feu de la Gendarmerie royale du Canada, avisera le public de l’entrée en vigueur des dispositions législatives et des modifications réglementaires connexes sur le site Web de Sécurité publique Canada et du Programme canadien des armes à feu. Des renseignements pourraient être obtenus par l’intermédiaire du centre d’appels du Programme canadien des armes à feu et les mécanismes de communication actuels seraient utilisés pour mieux faire connaître les nouvelles mesures. De plus, Sécurité publique Canada et le Programme canadien des armes à feu continueront à collaborer avec les partenaires provinciaux, territoriaux et autochtones, afin d’assurer la mise en œuvre efficace du régime législatif et réglementaire.

Personnes-ressources

Direction générale des politiques en matière d’armes à feu, Sécurité publique Canada
ps.firearms-armesafeu.sp@ps-sp.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu des alinĂ©as 117a)rĂ©fĂ©rence a, a.01)a, b) et w) de la Loi sur les armes Ă  feu rĂ©fĂ©rence b, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur les permis d’armes Ă  feu, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  la Direction de la politique des armes Ă  feu, Secteur de la prĂ©vention du crime, ministère de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile, 269, avenue Laurier Ouest, Ottawa (Ontario) K1A 0P8 (courriel : ps.firearms-armesafeu.sp@ps-sp.gc.ca).

Ottawa, le 4 fĂ©vrier 2025

La greffière adjointe intérimaire du Conseil privé
Janna Rinaldi

Règlement modifiant le Règlement sur les permis d’armes à feu

Modifications

1 Le Règlement sur les permis d’armes Ă  feu rĂ©fĂ©rence 4 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 1, de ce qui suit :

1.01 (1) Pour l’application de la Loi, ordonnance de protection s’entend d’une ordonnance civile rendue par un tribunal ou une autre autoritĂ© compĂ©tente dans l’intĂ©rĂŞt de la sĂ©curitĂ© d’une personne, notamment une ordonnance qui interdit Ă  une personne :

(2) Pour l’application du paragraphe (1), autre autoritĂ© compĂ©tente s’entend d’un juge de paix ou encore d’un conseil, d’un gouvernement ou d’une autre entitĂ© autorisĂ©s Ă  agir pour le compte d’un groupe, d’une collectivitĂ© ou d’un peuple autochtones titulaires de droits reconnus et confirmĂ©s par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

2 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 2, de ce qui suit :

2.1 Pour l’application de l’article 70.3 de la Loi, les circonstances sont celles oĂą sont rĂ©unies les conditions suivantes :

3 Le paragraphe 3(1) du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a d), de ce qui suit :

4 Le paragraphe 8.3(1) du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a c), de ce qui suit :

5 Le paragraphe 9(1) du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a b), de ce qui suit :

Entrée en vigueur

6 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur le premier jour oĂą l’article 15 de la Loi modifiant certaines lois et d’autres textes en consĂ©quence (armes Ă  feu), chapitre 32 des Lois du Canada (2023), est en vigueur ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

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