La Gazette du Canada, Partie I, volume 159, numĂ©ro 10 : Règlement modifiant le Règlement mutisectoriel sur les polluants atmosphĂ©riques

Le 8 mars 2025

Fondement législatif
Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Ministères responsables
Ministère de l’Environnement
Ministère de la Santé

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Le ministère de l’Environnement (le ministère) a dĂ©terminĂ© que les procĂ©dures d’essai de la partie 1 du Règlement multisectoriel sur les polluants atmosphĂ©riques (RMSPA) sont inadĂ©quates pour certaines configurations de chaudières et de fours industriels existants et peuvent conduire Ă  des conditions d’essai dangereuses pour la dĂ©termination de leurs Ă©missions d’oxydes d’azote (NOX). Par consĂ©quent, au moins 41 chaudières et fours industriels n’ont pas pu ĂŞtre correctement classifiĂ©s sur la base de leur performance en matière d’émission de NOX, car aucun essai pour dĂ©terminer leurs niveaux d’émissions n’a pu ĂŞtre complĂ©tĂ©, ou les essais complĂ©tĂ©s ont Ă©tĂ© jugĂ©s invalides, ou les essais rĂ©alisĂ©s n’étaient pas conformes aux dispositions actuelles. Le Règlement modifiant le Règlement multisectoriel sur les polluants atmosphĂ©riques (les modifications proposĂ©es) rĂ©soudrait ces problèmes en a) prolongeant le dĂ©lai pour complĂ©ter un essai sur les NOX et en b) permettant une plus grande flexibilitĂ© pour complĂ©ter les essais sur diverses configurations de chaudières et de fours industriels, faisant en sorte que les entitĂ©s rĂ©glementĂ©es puissent se conformer Ă  la partie 1 du RMSPA.

Contexte

Dans le cadre du Système de gestion de la qualitĂ© de l’air (SGQA) adoptĂ© par les ministres de l’Environnement en 2012, le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux et territoriaux collaborent pour lutter contre la pollution atmosphĂ©rique. Le SGQA Ă©tablit des exigences de base relatives aux Ă©missions industrielles (EBEI) pour les principales sources industrielles et les principaux types d’équipement. Les EBEI sont Ă©tablies par le gouvernement fĂ©dĂ©ral au moyen d’instruments rĂ©glementaires et non rĂ©glementaires. Le RMSPA est entrĂ© en vigueur le 17 juin 2016 et a mis en place des EBEI pour les chaudières et les fours industriels, les moteurs stationnaires Ă  allumage commandĂ© et le secteur du ciment. La partie 1 du RMSPA Ă©tablit des normes d’émission de NOX pour les chaudières et fours industriels Ă  combustibles fossiles gazeux. La partie 2 Ă©tablit des normes d’émission de NOX pour les moteurs stationnaires Ă  allumage commandĂ©, alimentĂ©s par des combustibles fossiles gazeux. La partie 3 Ă©tablit des normes d’émission de NOX et de dioxyde de soufre pour les installations de fabrication de ciment.

La partie 1 du RMSPA cible les chaudières et les fours industriels au gaz naturel, qui constituent le segment le plus important des chaudières et des fours industriels au Canada. Il y a environ 1 300 chaudières et fours industriels assujettis Ă  la partie 1 du RMSPA, situĂ©s dans plus de 300 installations industrielles Ă  travers le Canada. Plus de 77 % de ces chaudières et fours industriels sont utilisĂ©s dans les secteurs d’exploitation pĂ©trolière, gazière et des sables bitumineux, mais d’autres secteurs sont Ă©galement reprĂ©sentĂ©s, notamment les produits chimiques (7 %), les pâtes et papiers (6,6 %), les centrales Ă©lectriques (2,6 %) et la production de potasse (2,1 %).

L’une des principales exigences du RMSPA Ă©tait l’obligation pour les exploitants de chaudières et fours industriels mis en service avant le 17 juin 2016 (appelĂ©s chaudières et fours industriels prĂ©existants rĂ©fĂ©rence 1) de dĂ©terminer la classe de performance en matière des Ă©missions de NOX de leurs chaudières et fours industriels. Pour ce faire, les exploitants devaient rĂ©aliser un essai valide sur les NOX entre le 17 juin 2016 et le 31 dĂ©cembre 2022, afin de dĂ©terminer l’intensitĂ© des Ă©missions de NOX de leurs chaudières et fours industriels, qui serait ensuite utilisĂ©e pour dĂ©terminer leur classe. Les chaudières et fours industriels prĂ©existants dont l’intensitĂ© des Ă©missions de NOX est infĂ©rieure Ă  70 g de NOX par gigajoule (GJ) de combustible brĂ»lĂ© seraient soumis Ă  des exigences moins strictes. Inversement, les chaudières et fours industriels prĂ©existants moins efficaces seraient soumis Ă  des normes d’intensitĂ© d’émission plus strictes. Le tableau 1 dĂ©crit les trois classes de performance, qui sont dĂ©terminĂ©es en fonction de l’intensitĂ© des Ă©missions de NOX des chaudières et des fours industriels prĂ©existants.

Une règle du RMSPA stipule que si un propriĂ©taire ou un exploitant n’a pas Ă©tĂ© en mesure d’effectuer un test valide sur les NOX pour une chaudière ou un four industriel prĂ©existant au cours de la pĂ©riode prescrite, la chaudière ou le four industriel sera par consĂ©quent rĂ©putĂ© comme appartenant Ă  la classe de performance d’intensitĂ© des Ă©missions de NOX la plus dĂ©favorable, soit de classe 80 (règle d’assignation). Pour se conformer au RMSPA, les chaudières ou les fours industriels de la classe 80 devront respecter une limite stricte d’intensitĂ© des Ă©missions de NOX de 26 g/GJrĂ©fĂ©rence 2 au plus tard le 1er janvier 2026. Cette mesure aurait un impact sur la plupart des chaudières et des fours industriels rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80. Les plus affectĂ©s sont les exploitants de chaudières et de fours industriels de classe 40, car ces Ă©quipements devront respecter une limite d’intensitĂ© des Ă©missions de NOX de 26 g/GJ Ă  partir de 2026, une limite qu’ils Ă©viteraient autrement pour le reste de leur vie utile. Les exploitants de chaudières et de fours industriels de classe 70 qui sont rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 suivant la règle d’assignation sont Ă©galement affectĂ©s, car ces chaudières et fours industriels seraient soumis Ă  une limite d’intensitĂ© des Ă©missions des NOX de 26 g/GJ qui entrerait en vigueur 10 ans plus tĂ´t (2026 pour la classe 80 et 2036 pour la classe 70) que s’ils avaient Ă©tĂ© classifiĂ©s dans leur classe appropriĂ©e.

Tableau 1 : Classification et Ă©chĂ©ances de mise en vigueur des intensitĂ©s d’émissions de NOX
Classification Intensité d’émission de NOX
(d’un essai de NOX)
Limite d’intensité d’émission de NOX (imposée par le RMSPA) Échéance
Classe 40 < 70 g/GJ s.o. s.o.
Classe 70 > 70 and < 80 g/GJ 26 g/GJ 1er janvier 2036
Classe 80 > 80 g/GJ 26 g/GJ 1er janvier 2026

Dans le rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (REIR) de 2016 pour la partie 1 du RMSPA, il a Ă©tĂ© supposĂ© qu’un essai valide sur les NOX pouvait ĂŞtre effectuĂ© sur toutes les chaudières et les fours industriels prĂ©existants et qu’ils pouvaient donc ĂŞtre classifiĂ©s dans leur classe de performance des Ă©missions de NOX appropriĂ©e dans les dĂ©lais prescrits. Dans le REIR de 2016, il a Ă©tĂ© estimĂ© que 53 chaudières et fours industriels prĂ©existants seraient classifiĂ©s dans la classe 70 ou 80 Ă  la suite de leurs essais des Ă©missions. Après avoir examinĂ© les dĂ©clarations pour les chaudières et les fours industriels prĂ©existants (dĂ©but 2023) et contactĂ© l’industrie (septembre 2023), le ministère a constatĂ© que de nombreux exploitants avaient des difficultĂ©s Ă  interprĂ©ter et/ou Ă  se conformer aux dispositions relatives aux essais de NOX du RMSPA pour une gamme variĂ©e de configurations d’équipements. Pour certaines configurations, le respect des exigences du RMSPA entraĂ®nerait des conditions d’essai dangereuses pour l’équipement ou pour la vie humaine. En aoĂ»t 2024, aucun essai valide sur les NOX n’avait Ă©tĂ© soumis pour 324 chaudières et fours industriels prĂ©existants. Cela concernait 83 installations, principalement dans le secteur du pĂ©trole et du gaz. Comme la conformitĂ© aux exigences s’appliquant aux essais n’a pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e, la règle d’assignation a Ă©tĂ© appliquĂ©e Ă  ces 324 chaudières et fours industriels prĂ©existants, donc rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80.

Sur la base de l’annĂ©e de mise en service de ces chaudières et fours industriels prĂ©existants et des consultations menĂ©es auprès de 17 reprĂ©sentants de l’industrie, couvrant 67 % de l’ensemble des chaudières et fours industriels concernĂ©s, il a Ă©tĂ© estimĂ© que 218 chaudières et fours industriels prĂ©existants pourraient ĂŞtre rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 suivant la règle d’assignation. Les 106 autres chaudières et fours industriels sont estimĂ©s comme Ă©tant de vĂ©ritable classe 80, mis hors service ou n’étant plus assujettis au RMSPA. Les chaudières et fours industriels affectĂ©s sont ceux qui auraient pu ĂŞtre classifiĂ©s comme Ă©tant de classe 40 ou 70 si un essai conforme aux exigences existantes sur les essais avait Ă©tĂ© complĂ©tĂ©. Les modifications proposĂ©es visent Ă  permettre aux exploitants des chaudières et des fours industriels prĂ©existants affectĂ©s par la règle d’assignation de dĂ©montrer qu’ils respectent les exigences en matière d’essais et Ă  leur donner la possibilitĂ© de reclassifier leurs chaudières ou fours industriels prĂ©existants dans leur vĂ©ritable classe de performance. Le rĂ©sultat de la reclassification des chaudières et fours industriels rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 en classe 40 — qui est la vĂ©ritable classe de la majoritĂ© des chaudières et fours industriels rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 — signifie que ces chaudières et fours industriels reclassifiĂ©s ne devront plus ĂŞtre modernisĂ©s pour se conformer Ă  la limite d’émission de NOX pour les Ă©quipements de classe 80.

Le tableau 2 ci-dessous présente un sommaire de la localisation et du secteur industriel des 218 chaudières et fours industriels préexistants affectés.

Tableau 2 : RĂ©partition des chaudières et des fours industriels affectĂ©s
Secteur/province Alb. C.-B. T.-N.-L. Ont. Qc Sask. Total
Produits chimiques 6 s.o. s.o. 6 s.o. s.o. 12
Pétrole et gaz 140 5 2 s.o. s.o. 11 158
Sables bitumineux 30 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o. 30
Potasse s.o. s.o. s.o. s.o. s.o. 6 6
Centrales électriques 1 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o. 1
Pâte et papier s.o. 1 s.o. 7 3 s.o. 11
Total 177 6 2 13 3 17 218

Ă€ la suite des consultations avec l’industrie rĂ©glementĂ©e concernĂ©e par la question de la classification des chaudières et des fours industriels, le ministère a dĂ©couvert que, sur les 218 chaudières et fours industriels affectĂ©s, au moins :

En l’absence d’information sur les chaudières et les fours industriels restants, le ministère, conformĂ©ment Ă  la règle d’assignation dĂ©crite au paragraphe 12(2) du règlement, et aux fins de l’analyse, a considĂ©rĂ© que ces Ă©quipements appartenaient Ă  la classe 80 en raison de problèmes d’essais, ou parce qu’ils n’avaient pas Ă©tĂ© soumis Ă  un essai de classification dans les dĂ©lais prescrits, qu’ils Ă©taient dĂ©sormais hors service ou qu’ils appartenaient vĂ©ritablement Ă  la classe 80.

Objectif

Les modifications proposées visent à apporter plus de flexibilité aux exigences d’essai afin qu’elles s’appliquent à une plus grande variété de configurations d’équipements. Les modifications proposées donneraient également aux parties réglementées une période d’essai prolongée pour réaliser un essai valide sur les émissions de NOX pour les 218 chaudières et fours industriels préexistants pour lesquels un essai valide sur les émissions de NOX n’a pas été soumis. Cela inclut au moins 41 chaudières et fours industriels pour lesquels des problèmes de conformité avec les exigences d’essai existantes ont été confirmés. Les exploitants des 218 chaudières et fours industriels concernés disposeraient ainsi du temps et de la souplesse nécessaire pour refaire les essais sur leurs équipements.

Description

Les modifications proposĂ©es Ă  la partie 1 du RMSPA donneraient aux exploitants de chaudières et fours industriels prĂ©existants affectĂ©s par la règle d’assignation une occasion pour reclassifier leur Ă©quipement. Les modifications proposĂ©es offriraient Ă©galement plus de flexibilitĂ© pour la rĂ©alisation des essais afin de permettre l’utilisation de conditions d’essai sĂ»res et prĂ©visibles pour les configurations d’équipement que l’on retrouve dans l’industrie. Les modifications proposĂ©es incorporeraient les Ă©lĂ©ments suivants :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Ă€ la suite de la date limite de classification du 31 dĂ©cembre 2022, en vertu de l’article 36 du RMSPA, le ministère a analysĂ© les rapports soumis pour dĂ©terminer l’étendue des problèmes d’essais en Ă©valuant le nombre de chaudières et de fours industriels pour lesquels un essai valide sur les Ă©missions de NOX n’a pu ĂŞtre complĂ©tĂ©. L’analyse a rĂ©vĂ©lĂ© qu’un essai valide n’avait pas Ă©tĂ© soumis pour 324 chaudières et fours industriels, ce qui a amenĂ© le ministère Ă  s’inquiĂ©ter de la possibilitĂ© qu’un nombre important d’exploitants de chaudières et de fours industriels soient confrontĂ©s Ă  des problèmes de conformitĂ© aux exigences d’essai des Ă©missions de NOX.

Afin de dĂ©terminer les raisons pour lesquelles le dĂ©lai de classification n’avait pas Ă©tĂ© respectĂ© et afin de valider l’impact des problèmes liĂ©s aux exigences d’essai sur les Ă©missions de NOX, le ministère s’est entretenu avec 17 entreprises au cours de l’automne 2023, avec une reprĂ©sentativitĂ© rĂ©gionale et sectorielle, qui possĂ©daient ou exploitaient plus de 67 % des 324 chaudières et fours industriels pour lesquels un essai valide sur les Ă©missions de NOX n’avait pas Ă©tĂ© soumis. Les commentaires entendus Ă©taient conformes Ă  ce que le ministère avait entendu au cours de ses huit annĂ©es d’administration du RMSPA et ont confirmĂ© l’étendue des problèmes liĂ©s aux essais.

En raison de la nĂ©cessitĂ© de publier les modifications finales avant le 1er janvier 2026 (date d’entrĂ©e en vigueur des limites d’émissions de NOX pour les chaudières et les fours industriels prĂ©existants), le ministère s’est entretenu en 2024 avec un groupe limitĂ© d’entreprises confrontĂ©es aux problèmes les plus complexes afin de valider la faisabilitĂ© des modifications proposĂ©es pour les cheminĂ©es communes ainsi que les autres flexibilitĂ©s proposĂ©es en matière d’essais. En gĂ©nĂ©ral, les exploitants consultĂ©s se sont montrĂ©s favorables aux flexibilitĂ©s proposĂ©es aux exigences d’essai ainsi qu’à l’occasion de reclassifier les Ă©quipements affectĂ©s.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes, le ministère a procĂ©dĂ© Ă  une Ă©valuation des implications des traitĂ©s modernes sur les modifications proposĂ©es. Bien qu’un petit nombre de chaudières et de fours industriels soient situĂ©s dans des sites industriels ou dans des entitĂ©s rĂ©glementĂ©es couvertes par de multiples accords, cette initiative n’aurait aucune incidence sur le domaine des droits clĂ©s dĂ©crits dans les accords, car ces chaudières et fours industriels ne sont pas situĂ©s sur des terres ou des entreprises appartenant aux dĂ©tenteurs de traitĂ©s modernes rĂ©pertoriĂ©s. L’évaluation n’a donc pas mis en Ă©vidence d’implications ou d’obligations dĂ©coulant de traitĂ©s modernes, et les modifications proposĂ©es concernant les dispositions relatives aux essais ne devraient pas avoir d’incidence directe sur les populations autochtones. Les organisations nationales autochtones n’ont pas encore Ă©tĂ© impliquĂ©es. Elles seront informĂ©es de la pĂ©riode de consultation publique de 60 jours lorsque les modifications proposĂ©es seront publiĂ©es.

Choix de l’instrument

Le maintien du statu quo n’a pas été considéré comme une option viable, car les exploitants de chaudières et fours industriels auraient alors été confrontés à des problèmes de sécurité pour les équipements ou pour la vie humaine pour quantifier leurs émissions de NOX et auraient été considérés à tort comme non conformes aux règlements en vigueur.

Pour atteindre l’objectif de corriger la classification des chaudières et fours industriels affectés, il a été déterminé que la seule option viable était de modifier les règlements.

La modification du règlement offrirait une plus grande flexibilité pour la quantification des émissions de NOX pour une variété de configurations d’équipement, en plus d’ajouter une période pour déterminer la classe de performance en matière d’émissions de NOX d’une chaudière ou d’un four industriel afin de permettre aux exploitants de démontrer leur conformité en utilisant des essais appropriés et sûrs.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cadre analytique

Les 218 chaudières et fours industriels pour lesquels aucun rĂ©sultat d’essai valide n’a Ă©tĂ© produit dans les dĂ©lais prescrits par le RMSPA sont rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 en vertu de la règle d’assignation du règlement actuel. Si ces chaudières et fours industriels restent rĂ©putĂ©s comme Ă©tant de classe 80, leurs exploitants subiront des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour se conformer au RMSPA. Depuis 2016, le ministère a reçu suffisamment de donnĂ©es et d’informations de la part des exploitants pour dĂ©terminer que la grande majoritĂ© des chaudières et des fours industriels affectĂ©s seraient classifiĂ©s comme Ă©tant de vĂ©ritable classe 40 et seraient donc conformes au RMSPA sans aucune modification. En l’absence des modifications proposĂ©es, les exploitants des chaudières et des fours industriels affectĂ©s seraient obligĂ©s de faire des investissements importants pour mettre Ă  niveau ou reconfigurer des Ă©quipements, ce qui ne serait pas nĂ©cessaire pour des Ă©quipements de classe 40.

Afin d’identifier et d’évaluer l’impact diffĂ©rentiel des modifications proposĂ©es, deux scĂ©narios ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©s : le scĂ©nario de base (en absence des modifications proposĂ©es) et le scĂ©nario rĂ©glementaire (en appliquant les modifications proposĂ©es). Dans les deux scĂ©narios, les Ă©quipements sont censĂ©s fonctionner Ă  75 % de leur capacitĂ©, 24 heures sur 24, 365 jours par annĂ©e. La pĂ©riode d’analyse s’étend de 2025 Ă  2035 inclusivement (pĂ©riode d’analyse de 11 ans). Les coĂ»ts totaux sont prĂ©sentĂ©s en dollars canadiens de 2024 et sont actualisĂ©s Ă  3 %.

Scénario de base

Le scĂ©nario de base reflète une projection des conditions actuelles et des coĂ»ts estimĂ©s dans le cadre du RMSPA. Dans le scĂ©nario de base, 218 chaudières et fours industriels n’ont pas prĂ©sentĂ© de rĂ©sultats d’essais valides prescrits par le règlement actuel et, Ă  ce titre, ont Ă©tĂ© rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80. En l’absence de modifications, ces Ă©quipements seraient assujettis aux normes d’émission de la classe 80 et leurs exploitants subiraient des coĂ»ts pour les mettre Ă  niveau afin de se conformer au RMSPA. Il en rĂ©sulterait des rĂ©ductions d’émissions supplĂ©mentaires qui n’ont pas Ă©tĂ© estimĂ©es dans le cadre du RMSPA et des essais supplĂ©mentaires pour dĂ©montrer la conformitĂ© avec les normes d’intensitĂ© d’émissions en 2026. Les Ă©missions de rĂ©fĂ©rence des NOX ont Ă©tĂ© calculĂ©es sur la base des normes de rendement auxquelles chaque chaudière et four industriel serait soumis en vertu de sa classification dans le RMSPA, y compris les chaudières et fours industriels prĂ©sumĂ©s ĂŞtre de classe 80. Pour toute chaudière ou tout four industriel dont les Ă©missions actuelles sont supĂ©rieures Ă  70 g NOX/GJ ou qui Ă©taient rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80, leurs Ă©missions ont Ă©tĂ© estimĂ©es Ă  20 g/GJrĂ©fĂ©rence 3 afin de respecter la limite de 26 g/GJ Ă  laquelle elles sont soumises dans le cadre du RMSPA.

Scénario réglementaire

Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, les modifications proposĂ©es rĂ©duiraient les coĂ»ts en offrant plus de flexibilitĂ© pour la rĂ©alisation des essais et en prolongeant la pĂ©riode d’essai pour la classification des Ă©quipements du prĂ©sent règlement jusqu’au 31 dĂ©cembre 2025 pour dĂ©montrer la performance d’émission de NOX des chaudières et des fours industriels. Ces dispositions permettraient aux exploitants de chaudières et de fours industriels de classifier leurs Ă©quipements dans leur vĂ©ritable classe de performance d’émission de NOX. Pour ce faire, un nouvel essai devra ĂŞtre rĂ©alisĂ© en 2025. Cela Ă©vitera des coĂ»ts de mise Ă  niveau inutiles et coĂ»teux, qui pourraient inclure le remplacement des Ă©quipements ou la reconfiguration des Ă©quipements de l’installation. Il en rĂ©sulterait que les chaudières et les fours industriels incorrectement classifiĂ©s ne seraient plus soumis aux normes d’émission prescrites par le RMSPA et n’entraĂ®neraient pas les rĂ©ductions d’émissions supplĂ©mentaires dĂ©crites dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Certaines parties rĂ©glementĂ©es (chaudières et fours industriels vĂ©ritablement de classe 70 qui Ă©taient rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80) subiront des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour un essai en cheminĂ©e additionnel en 2036. Tous les exploitants encourront Ă©galement une charge administrative pour se familiariser avec les modifications proposĂ©es.

Impacts supplémentaires

Dans le cadre de la rĂ©glementation actuelle, les exploitants des 218 chaudières et fours industriels affectĂ©s sont tenus de rĂ©aliser des essais pour dĂ©terminer les Ă©missions de leurs chaudières et fours industriels afin de dĂ©montrer qu’ils respectent les limites d’émissions de NOX de la classe 80, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2026. Ces essais ne seraient plus requis en vertu des modifications proposĂ©es pour les chaudières et les fours industriels qui seraient reclassifiĂ©s comme classe 40 ou 70 (208 dans le tableau 3). Toutefois, les exploitants de ces chaudières et fours industriels de classe 40 ou 70 seraient tenus, en vertu des modifications proposĂ©es, d’effectuer un essai pour les reclassifier dans leur vĂ©ritable classe d’ici la fin de 2025. Ces essais s’annuleraient l’un l’autre pour les chaudières et les fours industriels de classe 40 ou 70. Seuls les chaudières et fours industriels de classe 70 seraient tenus d’effectuer un essai supplĂ©mentaire, Ă©tant donnĂ© qu’ils seraient toujours tenus, en vertu des modifications proposĂ©es, d’effectuer un essai pour dĂ©montrer qu’ils respectent la limite d’émission de NOX de classe 70 qui entrera en vigueur le 1er janvier 2036.

Le tableau 3 prĂ©sente une rĂ©partition des chaudières et fours industriels affectĂ©s, les Ă©missions avec et sans les modifications proposĂ©es, et les exigences pour chaque classe.

Tableau 3 : RĂ©partition des chaudières et fours industriels affectĂ©s : Ă©missions et exigences supplĂ©mentaires
Classification après les modifications proposées Émissions sans modification
(g NOX/GJ)
Émissions avec modification (scénario réglementaire)
[g NOX/GJ]
Nombre d’équipement Exigence de conformité
Classe 40 ≤ 26 ≤ 26 74 Familiarisation avec les modifications proposĂ©es
Classe 40 20 26 ≤ x < 70 121 Familiarisation avec les modifications proposĂ©es
Classe 70 20 2026 : 70 ≤ x < 80 note a du tableau 3 2036 : 20 13 Essai en cheminĂ©e supplĂ©mentaire et familiarisation avec les modifications proposĂ©es
Classe 80 20 20 10 Familiarisation avec les modifications proposées
Total s.o. s.o. 218 s.o.

Note(s) du tableau 3

Note a du tableau 3

Les chaudières et fours industriels de classe 70 devront ĂŞtre mis Ă  niveau ou remplacĂ©s pour atteindre la norme de 26 g NOX/GJ, mais ils bĂ©nĂ©ficient de 10 ans de plus pour le faire (1er janvier 2036 au lieu du 1er janvier 2026). Par consĂ©quent, les Ă©missions supplĂ©mentaires sont celles Ă©mises durant la pĂ©riode supplĂ©mentaire de 10 ans et sont calculĂ©es sur la base du diffĂ©rentiel entre l’intensitĂ© des Ă©missions actuelles et l’intensitĂ© des Ă©missions après la mise Ă  niveau ou le remplacement.

Retour Ă  la note a du tableau 3

Impacts quantitatifs
Avantages

Dans le cadre des modifications proposĂ©es, les avantages supplĂ©mentaires monĂ©tisĂ©s correspondraient aux Ă©conomies de coĂ»ts rĂ©alisĂ©es par environ 60 % des 218 chaudières et fours industriels qui Ă©viteraient des mises Ă  niveau inutiles. Ces Ă©conomies ont Ă©tĂ© calculĂ©es sur la base des coĂ»ts marginaux prĂ©sentĂ©s dans le REIR pour le RMSPA (en dollars de 2015). Pour les Ă©quipements de la classe 70, les coĂ»ts Ă©vitĂ©s ont Ă©tĂ© calculĂ©s en utilisant la diffĂ©rence entre le coĂ»t actualisĂ© de remplacement ou de mise Ă  niveau de l’équipement en 2025 (pour les Ă©quipements de classe 80, dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence) et le coĂ»t de ceux-ci en 2035 (pour les Ă©quipements de classe 70, dans le scĂ©nario rĂ©glementaire). Les coĂ»ts estimĂ©s dans le RMSPA pour mettre Ă  niveau les chaudières et les fours industriels varient en fonction du niveau d’émissions actuel et de la capacitĂ© de la chaudière ou du four industriel, et vont de 46 000 Ă  1 million de dollars par Ă©quipement (en dollars de 2015). Le total des coĂ»ts Ă©vitĂ©s par les exploitants grâce aux modifications proposĂ©es a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  14,5 millions de dollars (en dollars de 2024, actualisĂ©s) sur l’ensemble de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts

Treize chaudières et fours industriels rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 en vertu du Règlement actuel et qui seraient reclassifiĂ©s comme appartenant Ă  la classe 70 en vertu des modifications proposĂ©es entraĂ®neront des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour effectuer un essai en cheminĂ©e (comme indiquĂ© dans le tableau 3). Ce coĂ»t s’ajoute au coĂ»t de l’essai sur les Ă©missions de NOX pour la classification de tous les Ă©quipements prescrit par le Règlement actuel. Il s’agirait d’un essai supplĂ©mentaire et d’un coĂ»t subsĂ©quent encouru en 2036. Le coĂ»t de la rĂ©alisation et de la soumission d’un essai en cheminĂ©e supplĂ©mentaire est Ă©valuĂ© Ă  10 500 $ (en dollars de 2024). Si l’on tient compte du fait que l’essai sera effectuĂ© en 2036, le coĂ»t supplĂ©mentaire total pour les 13 Ă©quipements de classe 70 est d’environ 101 569 $ (dollars de 2024, actualisĂ©s). Il n’y aurait pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s aux essais en cheminĂ©e pour les Ă©quipements qui seraient reclassifiĂ©s comme Ă©tant de classe 40 ou pour les Ă©quipements qui resteraient de classe 80 en vertu des modifications proposĂ©es, car ils n’auraient pas besoin de soumettre un essai supplĂ©mentaire pour ĂŞtre reclassifiĂ©s.

Les parties rĂ©glementĂ©es qui possèdent et/ou exploitent les 218 chaudières et fours industriels assujettis aux modifications proposĂ©es assumeront des frais administratifs pour se familiariser avec les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es. Il s’agit d’un coĂ»t initial unique qui devrait ĂŞtre pris en charge par des cadres supĂ©rieurs internes. Il a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  0,5 heure pour les exploitants sans cheminĂ©es communes et Ă  quatre heures pour les exploitants avec des cheminĂ©es communes. Le total des coĂ»ts administratifs actualisĂ©s associĂ©s aux modifications proposĂ©es pour la pĂ©riode d’analyse s’élève Ă  9 648 $ en dollars de 2024.

Impacts qualitatifs
Impacts sur les émissions

Pour le scĂ©nario de base, il a Ă©tĂ© estimĂ© que les exploitants des 218 chaudières et fours industriels rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 seraient tenus de respecter la norme d’émission pour les Ă©quipements de classe 80, ce qui entraĂ®nerait une rĂ©duction supplĂ©mentaire des Ă©missions de 25,33 kt de NOX au cours de la pĂ©riode d’analyse. Les modifications proposĂ©es permettraient aux exploitants de corriger la classification de leurs chaudières et fours industriels en leur donnant le temps d’effectuer un essai valide. Les modifications proposĂ©es offrent Ă©galement une plus grande flexibilitĂ© en ce qui concerne les exigences d’essai. Si les exploitants des 218 chaudières et fours industriels rĂ©alisent un essai valide sur les Ă©missions de NOX de leurs chaudières et fours industriels, ils pourront ĂŞtre correctement classifiĂ©s comme Ă©tant de classe 40 et ne seront donc plus soumis Ă  une exigence de rĂ©duction des Ă©missions de NOX, ce qui n’entraĂ®nerait pas de rĂ©ductions supplĂ©mentaires des Ă©missions.

Impacts sur la santé

Les avantages pour la santĂ© liĂ©s Ă  la pollution atmosphĂ©rique ont Ă©tĂ© estimĂ©s dans le REIR pour le RMSPA publiĂ© en 2016. Les rĂ©ductions des Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques (notamment 98 750 tonnes de NOX) associĂ©es aux normes de rendement sur les chaudières et fours industriels devraient rĂ©duire les niveaux de pollution de l’air ambiant et entraĂ®ner environ 70 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s de moins au cours de la pĂ©riode d’analyse de 2016 Ă  2035, ainsi qu’une diminution des rĂ©percussions sur la morbiditĂ©, telles que 20 000 jours de moins de symptĂ´mes d’asthme et 70 000 jours de moins d’activitĂ©s restreintes chez les non-asthmatiques. La valeur de ces avantages pour la santĂ© au cours de la pĂ©riode 2016-2035 a Ă©tĂ© estimĂ©e Ă  388 millions de dollars (en dollars de 2015).

Si les modifications proposĂ©es ne prolongeaient pas le dĂ©lai des essais, le nombre de mises Ă  niveau ou de remplacements serait plus Ă©levĂ© que dans les hypothèses initiales, ce qui entraĂ®nerait des rĂ©ductions d’émissions supplĂ©mentaires. Toutefois, le rĂ©sultat de la classification des 218 chaudières et fours industriels n’ayant pas fait l’objet d’essais valides est incertain.

Les modifications proposées ne changeraient pas les normes de rendement ou les délais pour les mises à niveau ou les remplacements. En outre, les modifications proposées devraient entraîner les mêmes réductions d’émissions que l’analyse initiale pour le RMSPA. Ainsi, les modifications proposées devraient avoir un impact minime, voire nul, sur le plan de la santé et d’avantages monétaires par rapport aux impacts sur la qualité de l’air et la santé estimées dans l’analyse initiale du RMSPA.

Les modifications proposées ne devraient pas entraîner de nouveaux coûts, directs ou indirects, pour le gouvernement ou les consommateurs canadiens.

Énoncé des coûts et des avantages
Tableau 4 : Avantages monĂ©taires
Parties prenantes affectées Description de l’avantage 2025 2026-2034 2035 Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
Industrie CoĂ»ts en capital Ă©vitĂ©s 14 483 047 $ 0 $ 0 $ 14 483 047 $ 1 565 290 $
Toutes les parties prenantes Total des avantages 14 483 047 $ 0 $ 0 $ 14 483 047 $ 1 565 290 $
Tableau 5 : CoĂ»ts monĂ©taires
Description des coûts 2025 2026-2034 2035 Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
Industrie Familiarisation avec les modifications rĂ©glementaires pour les Ă©quipements qui ne partagent pas une cheminĂ©e commune 7 686 $ 0 $ 0 $ 7 686 $ 830 $
Familiarisation avec les modifications rĂ©glementaires pour les Ă©quipements qui partagent une cheminĂ©e commune 1 962 $ 0 $ 0 $ 1 962 $ 212 $
CoĂ»ts supplĂ©mentaires des essais 0 $ 0 $ 101 569 $ 101 569 $ 10 977 $
CoĂ»t total 9 648 $ 0 $ 101 569 $ 111 217 $ 12 020 $
Tableau 6 : RĂ©sumĂ© des avantages et des coĂ»ts
Impact 2025 2026-2034 2035 Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
Total des avantages 14 483 047 $ 0 $ 0 $ 14 483 047 $ 1 565 290 $
CoĂ»t total 9 648 $ 0 $ 101 569 $ 111 217 $ 12 020 $
Impact net 14 473 399 $ 0 $ −101 569 $ 14 371 829 $ 1 553 271 $

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’appliquerait pas, car il n’y a pas de petites entreprises identifiées qui seraient affectées par les modifications proposées.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’appliquerait puisque les modifications proposĂ©es entraĂ®neraient une augmentation du fardeau administratif pour les entreprises affectĂ©es. Les coĂ»ts administratifs pour les entreprises comprendraient la familiarisation avec les modifications proposĂ©es. Selon l’« lnternational Standard Cost Model Manual Â» (document disponible en anglais seulement) et en utilisant un taux d’actualisation de 7 %, l’augmentation annualisĂ©e des coĂ»ts administratifs pour chaque entreprise touchĂ©e est de 1,43 $ et le total des coĂ»ts administratifs annualisĂ©s est de 776 $ (en dollars canadiens de 2012). L’initiative est donc assujettie Ă  cette règle.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les modifications proposées ne devraient pas avoir d’incidence sur la coopération et l’alignement réglementaires.

Effets sur l’environnement

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et Ă©conomique stratĂ©gique (directive EEES), un examen prĂ©liminaire EEES a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©. Les textes rĂ©glementaires soumis Ă  la Directive du Cabinet sur la rĂ©glementation sont exemptĂ©s des Ă©lĂ©ments d’analyse Ă©conomique de la directive EEES. L’examen prĂ©liminaire a dĂ©montrĂ© que les modifications proposĂ©es ne produiraient pas d’effets importants liĂ©s aux gaz Ă  effet de serre (GES) et/ou n’auraient pas d’incidence sur les plans et les cibles climatiques du Canada. Toutefois, la prolongation de la pĂ©riode de reclassification prĂ©vue par les modifications proposĂ©es pourrait entraĂ®ner des Ă©missions supplĂ©mentaires d’un maximum de 25 333 tonnes de NOX au cours de la pĂ©riode d’analyse de 11 ans (2025-2035). En effet, la prolongation permettrait aux 218 chaudières et fours industriels rĂ©putĂ©s appartenir Ă  la classe 80 d’être reclassifiĂ©s comme la classe 40. Les Ă©quipements rĂ©putĂ©s ĂŞtre de classe 80 devront ĂŞtre mis Ă  niveau ou remplacĂ©s d’ici le 1er janvier 2026 dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, alors que dans le cadre des modifications proposĂ©es, ils pourraient ĂŞtre mis Ă  niveau ou remplacĂ©s 10 ans plus tard (pour les Ă©quipements de classe 70) ou pas du tout (pour les Ă©quipements de la classe 40), ce qui se traduirait par des Ă©missions supplĂ©mentaires de NOX.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le bureau du programme sur la qualitĂ© de l’air d’ECCC a Ă©laborĂ© une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) approfondie pour l’Initiative horizontale : Lutte contre la pollution atmosphĂ©rique prĂ©sentĂ©e et approuvĂ©e par le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor. L’analyse a dĂ©montrĂ© qu’aucun groupe (sur la base de facteurs tels que le genre, le sexe, l’âge, la langue, l’éducation, la gĂ©ographie, la culture, l’ethnicitĂ©, le revenu, la capacitĂ©, l’orientation sexuelle et l’identitĂ© de genre) ne devrait ĂŞtre affectĂ© de manière disproportionnĂ©e par les politiques d’attĂ©nuation de la pollution de l’air. Plus prĂ©cisĂ©ment, les modifications proposĂ©es n’entraĂ®neraient pas d’augmentation du coĂ»t des biens pour les consommateurs ni du coĂ»t de production pour l’industrie, ce qui garantit l’absence de pertes d’emplois et protège contre tout impact les personnes Ă©conomiquement vulnĂ©rables. Par consĂ©quent, il est anticipĂ© que les parties prenantes ou le public ne soulèveront pas de prĂ©occupations concernant les consĂ©quences possibles des modifications proposĂ©es.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les activités de promotion de la conformité et d’application de la loi se poursuivront pour les parties réglementées par le RMSPA. Les modifications proposées entreraient en vigueur dès leur enregistrement.

Mise en œuvre

Les modifications proposées entreraient en vigueur dès leur enregistrement.

Le ministère communiquera avec les propriétaires ou les exploitants de chaudières et de fours industriels par l’intermédiaire des coordonnées qu’ils ont fournies dans des rapports sous le RMSPA pour les informer de l’entrée en vigueur des modifications proposées. Bien que la plupart des modifications proposées soient simples, du matériel de promotion de la conformité sera disponible pour aider l’industrie avec les règles de quantification plus complexe pour les chaudières et les fours industriels qui sont reliés à une cheminée commune. Le ministère administre également une boîte de réception générique pour les demandes de renseignements sur le RMSPA.

Conformité et application

Les activités de promotion de la conformité et d’application de la loi se poursuivront pour les parties réglementées par le RMSPA.

Les modifications proposées seraient apportées en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [la Loi]; par conséquent, les agents chargés de l’application de la loi appliqueraient la politique d’observation et d’application de la loi lorsqu’ils vérifieraient la conformité avec le règlement modifié. Cette politique définit l’éventail des mesures d’application possibles en cas d’infraction présumée. À la suite d’une inspection ou d’une enquête, lorsqu’un agent de l’autorité découvre une infraction présumée, il choisit la mesure d’application appropriée en fonction de la politique.

Personnes-ressources

Karishma Boroowa
Directrice
Division de l’électricité et de la combustion
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : combustion@ec.gc.ca

Matthew Watkinson
Directeur exécutif
Division de l’analyse réglementaire et valuation
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : eccc.darv-ravd.eccc@canada.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ©, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, que la gouverneure en conseil, en vertu des paragraphes 93(1)rĂ©fĂ©rence c et 330(3.2)rĂ©fĂ©rence d de cette loi, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement multisectoriel sur les polluants atmosphĂ©riques, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter au ministre de l’Environnement, dans les soixante jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis, leurs observations au sujet du projet de règlement ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution de la commission de rĂ©vision prĂ©vue Ă  l’article 333rĂ©fĂ©rence e de la mĂŞme loi. Ceux qui prĂ©sentent des observations sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. Ceux qui prĂ©sentent leurs observations par tout autre moyen, ainsi que ceux qui prĂ©sentent un avis d’opposition, sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Karishma Boroowa, directrice, Division de l’électricitĂ© et de la combustion, Direction de l’énergie et des transports, ministère de l’Environnement, 351, boul. Saint-Joseph, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3 (courriel : combustion@ec.gc.ca).

Quiconque fournit des renseignements au ministre peut en mĂŞme temps prĂ©senter une demande de traitement confidentiel aux termes de l’article 313rĂ©fĂ©rence f de cette loi.

Ottawa, le 4 fĂ©vrier 2025

La greffière adjointe intérimaire du Conseil privé
Janna Rinaldi

Règlement modifiant le Règlement multisectoriel sur les polluants atmosphériques

Modifications

1 Les dĂ©finitions de capacitĂ© nominale et gaz naturel, Ă  l’article 4 du Règlement multisectoriel sur les polluants atmosphĂ©riques rĂ©fĂ©rence 4, sont remplacĂ©es par ce qui suit :

capacité nominale
À l’égard d’une chaudière ou d’un four industriel, la quantité maximale d’énergie thermique — calculée sur la base du pouvoir calorifique supérieur du combustible — que la chaudière ou le four industriel est capable de produire par heure, exprimée en gigajoules par heure (GJ/h), spécifiée sur la plaque signalétique qui est apposée sur la chaudière ou sur le four industriel par le fabricant ou, à défaut d’une telle plaque, dans un document fourni par celui-ci. (rated capacity)
gaz naturel
Combustibles fossiles gazeux constitués d’au moins 85 % de méthane par volume. (natural gas)

2 (1) L’article 27 du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après le paragraphe (1), de ce qui suit :

Exception

(1.1) Toutefois, si une durée de trente minutes peut endommager l’équipement ou poser un danger pour la vie humaine, chaque ronde est de la durée maximale qui ne pose pas un tel risque.

(2) L’alinĂ©a 27(2)b) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

3 Le sous-alinĂ©a 28(1)a)(i) du mĂŞme règlement est abrogĂ©.

4 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 29, de ce qui suit :

Cheminée commune

29.1 (1) L’essai en cheminée, ou l’essai SMECE effectué sur une cheminée commune peut être utilisé afin d’établir l’intensité d’émission de NOx des chaudières et des fours industriels qui utilisent cette cheminée commune et qui fonctionnent pendant cet essai.

DĂ©termination de l’intensitĂ© — chaudières ou fours industriels seulement

(2) Pour l’application des articles 34 et 36, lorsque seuls des chaudières ou fours industriels utilisent la cheminĂ©e commune et fonctionnent pendant l’essai, l’intensitĂ© d’émission de NOx de chaque chaudière ou four industriel est le rĂ©sultat de l’essai en cheminĂ©e ou de l’essai SMECE effectuĂ© sur cette cheminĂ©e.

DĂ©termination de l’intensitĂ© — prĂ©sence d’autres dispositifs

(3) Pour l’application des articles 34 et 36, lorsque certains dispositifs qui utilisent cette cheminĂ©e commune et qui fonctionnent pendant l’essai ne sont pas assujettis Ă  la prĂ©sente partie, l’intensitĂ© d’émission de NOx de chaque chaudière ou four industriel qui l’est est dĂ©terminĂ©e selon la formule suivante :

rQr Ă— Esortie + ΣuQu Ă— Esortie − ΣuQu Ă— Eu) Ă· ΣrQr
où :
Qr
représente l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par la re chaudière ou le rréférence e four industriel, exprimée en GJ;
Esortie
l’intensité d’émission mesurée pendant l’essai, exprimée en g/GJ;
Qu
l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par le uréférence e dispositif, exprimée en GJ;
Eu
la valeur de l’intensité d’émission de NOx du uréférence e dispositif garantie par le fabricant, exprimée en g/GJ, ou, à défaut, 26 g/GJ;
r
la rréférence e chaudière ou le rréférence e four industriel qui utilise la cheminée commune et qui fonctionne pendant l’essai, r allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels chaudières ou fours industriels;
u
le uréférence e dispositif qui n’est pas assujetti à la présente partie, qui utilise la cheminée commune et qui fonctionne pendant l’essai, u allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels dispositifs.

Période de référence

(4) Il est entendu que, lorsque le paragraphe (2) ou (3) s’applique avec l’article 34, l’essai en cheminĂ©e ou l’essai SMECE doit avoir Ă©tĂ© effectuĂ© pendant la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence visĂ©e au paragraphe 34(1).

Essai initial ou de conformité

(5) Pour l’application des articles 33 et 38, l’intensitĂ© d’émission de NOx d’une chaudière ou d’un four industriel qui partage une cheminĂ©e commune avec un dispositif qui n’est pas assujettis Ă  la prĂ©sente partie est rĂ©putĂ©e ne pas dĂ©passer la limite applicable prĂ©vue aux articles 6, 7, 9 Ă  11, 13 ou 14 si l’intensitĂ© d’émission de NOx de la cheminĂ©e commune ne dĂ©passe pas la limite dĂ©terminĂ©e selon la formule suivante :

j(Qj Ă— Lj) + Σk(Qk Ă— Ck) + Σu(QuĂ— Eu)) Ă· (ΣjQ j + ΣkQk + ΣuQu)
où :
Qj
représente l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par la jréférence e chaudière ou le jréférence e four industriel, exprimée en GJ;
Lj
la limite d’intensité d’émission de NOx applicable à la je chaudière ou au jréférence e four industriel, exprimée en g/GJ;
Qk
l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par la kréférence e chaudière ou le kréférence e four industriel, exprimée en GJ;
Ck
l’intensité d’émission de NOx de classification mesurée pour la kréférence e chaudière ou le kréférence e four industriel, exprimée en g/GJ;
Qu
l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par le uréférence e dispositif, exprimée en GJ;
Eu
la valeur de l’intensité d’émission de NOx du uréférence e dispositif garantie par le fabricant, exprimée en g/GJ, ou, à défaut, 26 g/GJ;
j
la jréférence e chaudière ou le jréférence e four industriel qui émet dans la cheminée commune pendant l’essai et pour lequel une limite d’intensité d’émission est prescrite dans la présente partie, j allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels chaudières ou fours industriels;
k
la kréférence e chaudière ou le kréférence e four industriel qui émet dans la cheminée commune pendant l’essai pour lequel aucune limite d’intensité d’émission n’est prescrite dans la présente partie, k allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels chaudières ou fours industriels;
u
le uréférence e dispositif qui n’est pas assujetti à la présente partie, qui utilise la cheminée commune et qui fonctionne pendant l’essai, u allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels dispositifs.

Nouvelle détermination après événement déclencheur

(6) Lorsque l’un des Ă©vĂ©nements dĂ©clencheurs prĂ©vus au paragraphe 37(3) se produit Ă  l’égard d’une chaudière ou d’un four industriel qui utilise la cheminĂ©e commune, l’intensitĂ© d’émission de NOx pour cette chaudière ou ce four industriel est dĂ©terminĂ©e selon la formule suivante :

((ΣtQt + ΣuQu + ΣxQx) Ă— Esortie − ΣuQu Ă— Eu − ΣxQx Ă— Cx) Ă· ΣtQt
où :
Qt
représente l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par la tréférence e chaudière ou le tréférence e four industriel, exprimée en GJ;
Qu
l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par le uréférence e dispositif, exprimée en GJ;
Qx
l’énergie du combustible brûlé pendant l’essai par la xréférence e chaudière ou le xréférence e four industriel, exprimée en GJ;
Esortie
l’intensité d’émission de NOx mesurée pendant l’essai, exprimée en g/GJ;
Eu
la valeur de l’intensité d’émission de NOx du uréférence e dispositif garantie par le fabricant, exprimée en g/GJ, ou, à défaut, 26 g/GJ;
Cx
l’intensité d’émission de NOx de classification mesurée pour la xréférence e chaudière ou le xréférence e four industriel, exprimée en g/GJ;
t
la tréférence e chaudière ou le tréférence e four industriel qui utilise la cheminée commune, qui fonctionne pendant l’essai et qui a subi un événement déclencheur, t allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels chaudières ou fours industriels;
u
le uréférence e dispositif qui n’est pas assujetti à la présente partie, qui utilise la cheminée commune et qui fonctionne pendant l’essai, u allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels dispositifs;
x
la xréférence e chaudière ou le xréférence e four industriel, qui utilise la cheminée commune, qui fonctionne pendant l’essai et qui n’a pas subi un événement déclencheur, x allant de 1 à n, où n représente le nombre de tels chaudières ou fours industriels.

5 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, avant l’article 37, de ce qui suit :

Nouvelle dĂ©termination après le choix au titre du sous-alinĂ©a 34(1)b)(vi)

36 (1) L’intensitĂ© d’émission de NOx de classification de la chaudière ou du four industriel Ă  laquelle une intensitĂ© d’émission de NOx de classification de 80 g/GJ a Ă©tĂ© assignĂ©e au titre du sous-alinĂ©a 34(1)b)(vi) peut, au plus tard le 31 dĂ©cembre 2025, ĂŞtre dĂ©terminĂ©e Ă  nouveau au cours de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence visĂ©e au paragraphe (3).

Essai en cheminée ou essai SMECE

(2) La nouvelle dĂ©termination est effectuĂ©e au moyen :

Période de référence

(3) La pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pour la nouvelle dĂ©termination commence le 17 juin 2016 et se termine Ă  la date fixĂ©e par toute personne responsable de la chaudière ou du four industriel.

Nouvelle dĂ©termination — intensitĂ© d’émission de NOx

(4) L’intensitĂ© d’émission de NOx de classification dĂ©terminĂ©e Ă  nouveau au titre des paragraphes (1) Ă  (3) remplace l’intensitĂ© d’émission de NOx de classification de 80 g/GJ assignĂ©e au titre du sous-alinĂ©a 34(1)b)(vi).

Entrée en vigueur

6 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

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