La Gazette du Canada, Partie I, volume 157, numĂ©ro 33 : Règlement sur l’électricitĂ© propre

Le 19 aoĂ»t 2023

Fondement législatif
Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Ministères responsables
Ministère de l’Environnement
Ministère de la Santé

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Il y a un besoin urgent de s’attaquer au changement climatique et le Canada s’est engagĂ© Ă  faire sa part. Alors que le changement climatique rend les conditions mĂ©tĂ©orologiques plus extrĂŞmes et plus instables, les catastrophes liĂ©es au climat (par exemple les inondations, les tempĂŞtes et les feux de forĂŞt) deviennent plus frĂ©quentes et plus coĂ»teuses. Les pertes assurĂ©es rĂ©sultant d’évĂ©nements mĂ©tĂ©orologiques catastrophiques au Canada ont totalisĂ© plus de 18 milliards de dollars (2019 CAD) entre 2010 et 2019, tandis que le nombre d’évĂ©nements mĂ©tĂ©orologiques catastrophiques au cours de cette pĂ©riode a Ă©tĂ© plus de trois fois supĂ©rieur Ă  ce qu’il Ă©tait entre 1980 et 1989rĂ©fĂ©rence 1. Sans attĂ©nuation rapide pour rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (GES) afin de maintenir l’augmentation de la tempĂ©rature mondiale en dessous de 1,5 Â°C (degrĂ©s Celsius) par rapport aux niveaux prĂ©industriels, les effets nĂ©fastes du changement climatique devraient s’intensifier au-delĂ  de la capacitĂ© d’adaptation (la capacitĂ© des systèmes Ă©cologiques pour s’adapter aux changements environnementaux), affectant de manière disproportionnĂ©e les plus vulnĂ©rables de notre populationrĂ©fĂ©rence 2. En plus des rĂ©percussions catastrophiques sur l’environnement et la santĂ© humaine, les changements climatiques entraĂ®neront Ă©galement d’importantes pertes sociales, culturelles et Ă©conomiques au Canada. Afin de limiter ces effets et en se basant sur la conclusion accablante de la science du climat, le Canada a rejoint en 2021 plus de 120 pays qui se sont engagĂ©s Ă  devenir, d’ici 2050, une Ă©conomie carboneutrerĂ©fĂ©rence 3.

Pour parvenir Ă  la carboneutralitĂ© dans l’ensemble de l’économie d’ici 2050, l’électrification des activitĂ©s Ă©nergivores, telles que le transport, le chauffage et la climatisation des bâtiments et divers procĂ©dĂ©s industriels, sera nĂ©cessaire. Pour que cette Ă©lectrification entraĂ®ne les rĂ©percussions souhaitĂ©es, la production d’électricitĂ© devra provenir de sources de production d’électricitĂ© peu et non Ă©mettrices (voir le tableau 3 pour une description de ces technologies) et cela devra se produire bien avant 2050. En considĂ©rant par exemple que le gouvernement du Canada (le gouvernement) a proposĂ© un mandat de vente pour s’assurer que 100 % des ventes de vĂ©hicules lĂ©gers seraient des vĂ©hicules Ă  zĂ©ro Ă©mission de GES d’ici 2035rĂ©fĂ©rence 4, le gouvernement a dĂ©terminĂ© que sans rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale visant Ă  garantir que le secteur de la production d’électricitĂ© fournisse une Ă©lectricitĂ© plus propre Ă  partir de sources de production d’électricitĂ© peu et non-Ă©mettrices d’ici 2035, le secteur ne serait pas sur une trajectoire permettant Ă  l’économie d’atteindre la carboneutralitĂ© d’ici 2050.

Description : Le projet de Règlement sur l’électricitĂ© propre (le projet de règlement) Ă©tablirait des normes de rendement pour rĂ©duire les Ă©missions de GES provenant de l’électricitĂ© produite Ă  partir de combustibles fossiles Ă  compter de 2035.

Justification : Le projet de règlement accĂ©lĂ©rerait les progrès vers un secteur de production d’électricitĂ© carboneutre, aidant le Canada Ă  devenir une Ă©conomie carboneutre d’ici 2050. Ces efforts sont nĂ©cessaires pour aider Ă  limiter les pires effets du changement climatique. Le projet de règlement Ă©tablirait des normes de rendement qui garantiraient une transformation importante du secteur d’ici 2035, de sorte qu’une base solide d’électricitĂ© propre soit disponible pour alimenter les technologies Ă©lectriques (par exemple le transport Ă©lectrique) nĂ©cessaires pour soutenir la transition du Canada vers une Ă©conomie carboneutre d’ici 2050.

Une analyse coĂ»ts-avantages (ACA) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  partir des rĂ©sultats de deux modèles ministĂ©riels, NextGrid et E3MC, de manière Ă  minimiser le coĂ»t Ă  l’échelle du système (national) de la satisfaction de la demande d’électricitĂ©, sous rĂ©serve de nombreuses contraintes, notamment les paramètres des politiques, la fiabilitĂ© du rĂ©seau et la disponibilitĂ© des ressources (par exemple les contraintes gĂ©ologiques). L’ACA tient compte de divers changements Ă©conomiques et environnementaux externes susceptibles de se produire au cours de la pĂ©riode d’analyse en utilisant des hypothèses prudentes, le cas Ă©chĂ©ant, et en testant d’autres paramètres dans le cadre d’analyses de sensibilitĂ©. L’ACA reprĂ©sente une modĂ©lisation du cas central dans laquelle la demande d’électricitĂ© augmente de 40 % au cours de la pĂ©riode d’analyse. Ce scĂ©nario central ne reprĂ©sente pas la seule voie que le secteur de la production d’électricitĂ© pourrait emprunter pour se conformer aux exigences rĂ©glementaires, qui dĂ©pendra en fin de compte des dĂ©cisions d’investissement prises au niveau provincial. Selon l’ensemble des hypothèses utilisĂ©es dans la modĂ©lisation du scĂ©nario central, l’ACA estime que le projet de règlement entraĂ®nerait une rĂ©duction nette de 342 millions de tonnes mĂ©triques (Mt) d’unitĂ©s d’équivalent en dioxyde de carbone (CO2e) d’émissions de GES entre 2024 et 2050 (la pĂ©riode d’analyse de 27 ans). Les avantages supplĂ©mentaires associĂ©s Ă  ces rĂ©ductions de GES, en plus des Ă©conomies de coĂ»ts pour le système Ă©lectrique, sont estimĂ©s Ă  102,5 milliards de dollars, tandis que les coĂ»ts supplĂ©mentaires sont estimĂ©s Ă  73,6 milliards de dollars sur la pĂ©riode analytique de 27 ans, ce qui se traduit par un avantage net pour la sociĂ©tĂ© de 28,9 milliards de dollars (en dollars constants de 2022, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2023 Ă  un taux d’actualisation de 2 %).

Enjeux

Il y a un besoin urgent de s’attaquer au changement climatique Ă  l’échelle mondiale et le Canada s’est engagĂ© Ă  faire sa part. Le changement climatique est responsable d’importants phĂ©nomènes mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes, de perturbations de l’approvisionnement alimentaire et d’une augmentation des feux de forĂŞt dans le monde entier. Au cours des cinq dernières dĂ©cennies au Canada, les coĂ»ts annuels des catastrophes mĂ©tĂ©orologiques telles que les inondations, les tempĂŞtes et les feux de forĂŞt sont passĂ©s de dizaines de millions de dollars Ă  des milliards de dollars. De 2010 Ă  2019, le nombre d’évĂ©nements catastrophiques a Ă©tĂ© plus de trois fois supĂ©rieur Ă  celui des annĂ©es 1980. Les dommages causĂ©s par les catastrophes mĂ©tĂ©orologiques sont parmi les indicateurs les plus visibles des coĂ»ts du changement climatique. Pourtant, ces coĂ»ts ne donnent qu’une image incomplète puisqu’ils ne reprĂ©sentent pas l’ensemble des dommages sociaux (par exemple les effets sur la santĂ© humaine), Ă©conomiques et environnementaux du changement climatiquerĂ©fĂ©rence 1. La planète s’est dĂ©jĂ  rĂ©chauffĂ©e d’environ 1 Â°C par rapport aux niveaux prĂ©industriels (1850-1900) en raison des activitĂ©s humaines et subit les effets nĂ©gatifs qui en dĂ©coulent. Au rythme actuel de 0,2 Â°C par dĂ©cennie, le rĂ©chauffement de la planète atteindra 1,5 Â°C entre 2030 et 2052rĂ©fĂ©rence 5. En l’absence de mesures d’attĂ©nuation rapides visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de GES afin de limiter le rĂ©chauffement Ă  1,5 Â°C, les effets nĂ©fastes du changement climatique devraient s’aggraver au-delĂ  de la capacitĂ© d’adaptation, affectant de manière disproportionnĂ©e les membres les plus vulnĂ©rables de notre sociĂ©tĂ©. En 2021, le Canada a rejoint plus de 120 pays en s’engageant Ă  mettre en place une Ă©conomie carboneutre d’ici 2050rĂ©fĂ©rence 6 afin de limiter le rĂ©chauffement planĂ©taire Ă  1,5 Â°C et Ă©viter les pires effets du changement climatique.

Pour parvenir Ă  la carboneutralitĂ© dans l’ensemble de l’économie d’ici 2050 et pour que cette Ă©lectrification entraĂ®ne les rĂ©percussions nĂ©cessaires, il faudra Ă©lectrifier les activitĂ©s Ă  forte consommation d’énergie, telles que le transportrĂ©fĂ©rence 7, le chauffage et la climatisation des bâtiments ainsi que divers processus industriels. MĂŞme en l’absence de mesures rĂ©glementaires visant Ă  contrĂ´ler les Ă©missions de dioxyde de carbone du secteur de l’électricitĂ©, ce besoin en Ă©lectrification exigera des investissements importants pour maintenir, moderniser et dĂ©velopper les parcs de gĂ©nĂ©rateurs d’électricitĂ© du Canada. Les estimations prĂ©liminaires du ministère indiquent que ces investissements devraient s’élever Ă  plus de 400 milliards de dollars. Pour que l’électrification ait l’impact requis sur la rĂ©duction des GES, les investissements devront ĂŞtre orientĂ©s vers la production d’électricitĂ© Ă  faibles Ă©missions et sans Ă©missions (voir le tableau 3 pour une description de ces technologies) et cela devra se produire bien avant 2050. Sans rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale pour s’assurer que le secteur de la production d’électricitĂ© est prĂŞt Ă  fournir de l’électricitĂ© plus propre Ă  partir de sources de production d’électricitĂ© peu et non-Ă©mettrices d’ici 2035, le secteur ne serait pas sur la voie qui permettrait Ă  l’économie d’atteindre la carboneutralitĂ© d’ici 2050.

Contexte

Il est urgent de lutter contre le changement climatique et de respecter les engagements pris par le Canada en la matière

La rĂ©duction des Ă©missions mondiales de GES visant la carboneutralitĂ© d’ici 2050 est le meilleur moyen de limiter les risques graves liĂ©s au changement climatique en raison du rĂ©chauffement de la planète. Les GES font naturellement partie des systèmes gĂ©ologiques de la Terre, mais les activitĂ©s humaines, telles que l’utilisation de combustibles fossiles, augmentent rapidement les niveaux de GES dans l’atmosphère. Cette concentration accrue de GES dans l’atmosphère augmente la tempĂ©rature Ă  la surface de la Terre (rĂ©chauffement planĂ©taire), provoquant ainsi le changement climatique. L’augmentation des tempĂ©ratures Ă  la surface de la planète entraĂ®ne la probabilitĂ© d’une augmentation des sĂ©cheresses et de l’intensitĂ© des tempĂŞtes. L’évaporation d’une plus grande quantitĂ© d’eau dans l’atmosphère alimente des tempĂŞtes de plus en plus puissantes. L’augmentation de la chaleur dans l’atmosphère et le rĂ©chauffement des tempĂ©ratures Ă  la surface des ocĂ©ans peuvent entraĂ®ner une augmentation de la vitesse des vents dans les tempĂŞtes tropicales. L’élĂ©vation du niveau de la mer expose des endroits qui n’étaient pas soumis auparavant Ă  la puissance et Ă  la capacitĂ© destructrices des ocĂ©ans, notamment aux forces Ă©rosives des vagues et des courants. La Terre s’est dĂ©jĂ  rĂ©chauffĂ©e d’environ 1 Â°C par rapport aux niveaux prĂ©industriels en raison des activitĂ©s humaines et en subit les consĂ©quences. En 2022, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publiĂ© le rapport intitulĂ© Changement climatique 2022 : Impacts, adaptation et vulnĂ©rabilitĂ© (PDF), qui Ă©value que le changement climatique, notamment l’augmentation de la frĂ©quence et de l’intensitĂ© des phĂ©nomènes climatiques et mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes, a eu des effets nĂ©fastes gĂ©nĂ©ralisĂ©s sur les Ă©cosystèmes, l’agriculture, l’alimentation, l’eau, la santĂ© humaine, les moyens de subsistance et l’activitĂ© Ă©conomique. En affectant de manière disproportionnĂ©e les plus vulnĂ©rables, notamment par ses effets sur l’alimentation, l’eau et les moyens de subsistance, le changement climatique peut exacerber les inĂ©galitĂ©s et les injustices existantes, tant au niveau national que mondial. La base de donnĂ©es canadienne sur les catastrophes (BDC) recense les risques mĂ©tĂ©orologiques les plus importants, en termes de frĂ©quence, de coĂ»t et de personnes dĂ©placĂ©es. La BDC estime que les coĂ»ts des catastrophes naturelles se sont Ă©levĂ©s Ă  35 milliards de dollars (en dollars canadiens de 2019) pour 300 des 645 catastrophes liĂ©es aux conditions mĂ©tĂ©orologiques enregistrĂ©es depuis 1970. Les inondations sont les catastrophes mĂ©tĂ©orologiques les plus frĂ©quemment signalĂ©es, avec 40 % du nombre total de catastrophes naturelles, suivies par les orages violents (18 %), les feux de forĂŞt (15 %) et les tempĂŞtes hivernales (9 %). La grĂŞle, le vent et le verglas sont inclus dans ces catĂ©gories. Le nombre annuel de catastrophes dans la BDC n’a cessĂ© d’augmenter depuis les annĂ©es 1970, fluctuant entre un minimum de huit au dĂ©but des annĂ©es 1970 et un maximum de 27 par an en 2016. En plus de cette augmentation du nombre de catastrophes naturelles, les coĂ»ts par catastrophes ont aussi augmentĂ©, passant d’une moyenne de 8,3 millions de dollars (2019 CAD) par Ă©vĂ©nement dans les annĂ©es 1970 Ă  une moyenne de 112 millions de dollars (2019 CAD) par Ă©vĂ©nement dans les annĂ©es 2010. Ce changement reprĂ©sente une augmentation de 1 250 % en quatre dĂ©cennies et demierĂ©fĂ©rence 1.

Au rythme actuel de 0,2 Â°C par dĂ©cennie, le rĂ©chauffement climatique atteindra 1,5 Â°C entre 2030 et 2052. Compte tenu des incidences du changement climatique associĂ©es Ă  un rĂ©chauffement planĂ©taire atteignant dĂ©jĂ  1,0 Â°C par rapport aux niveaux prĂ©industriels, une augmentation Ă  court terme du rĂ©chauffement planĂ©taire atteignant 1,5 Â°C entraĂ®nerait une augmentation inĂ©vitable de multiples dangers et prĂ©senterait des risques pour les Ă©cosystèmes et les ĂŞtres humains au-delĂ  de la capacitĂ© d’adaptation. Les mesures Ă  court terme qui permettraient de limiter le rĂ©chauffement planĂ©taire Ă  1,5 Â°C rĂ©duiraient considĂ©rablement les risques futurs par rapport Ă  des niveaux de rĂ©chauffement plus Ă©levĂ©s. Les effets du changement climatique gĂ©nĂ©ralisĂ© sont dĂ©jĂ  Ă©vidents dans de nombreuses rĂ©gions du Canada et devraient s’intensifier Ă  l’avenir. Outre les pertes environnementales importantes, notamment la disparition accĂ©lĂ©rĂ©e d’habitats et d’espèces, ce phĂ©nomène aura des rĂ©percussions nĂ©gatives sur la vie sociale (par exemple, les effets sur la santĂ© humaine), culturelle et Ă©conomique du Canada et de ses habitants.

Selon l’Agence internationale de l’énergierĂ©fĂ©rence 8, les Ă©missions annuelles mondiales de GES ont augmentĂ© de 60 %, passant de 21,4 gigatonnes (Gt)rĂ©fĂ©rence 9 en 1990 Ă  34,2 Gt en 2020. Au cours de la mĂŞme pĂ©riode, les Ă©missions du CanadarĂ©fĂ©rence 10 ont augmentĂ© de 13 %, passant de 595 mĂ©gatonnes (Mt) Ă  672 Mt. Bien que la contribution du Canada aux totaux mondiaux puisse sembler relativement faible, le Canada se classe au 7e rang mondial des Ă©metteurs de GES par habitantrĂ©fĂ©rence 11.

Le Canada s’est efforcé de réduire les émissions de GES tant au niveau national qu’international
Au niveau international
Au niveau national

Stratégie du Canada en matière de changement climatique pour la production d’électricité

Selon le Rapport d’inventaire national 2022 du Canada (RIN 2022),rĂ©fĂ©rence 13 partie 3, en 2020, le Canada a produit 575 000 gigawattheures (GWh)rĂ©fĂ©rence 14 d’électricitĂ© et a Ă©mis 62 Mt d’équivalent de dioxyde de carbone (CO2), abrĂ©gĂ© en CO2 e,rĂ©fĂ©rence 15 (9,2 % des Ă©missions nationales totales de GES). Sur l’électricitĂ© produite cette annĂ©e-lĂ , 16 % provenaient de sources d’électricitĂ© Ă©mettrices utilisant des combustibles fossiles (charbon, gaz naturel, autres combustibles tels que les produits pĂ©troliers raffinĂ©s) pendant que 84 % provenaient de sources d’électricitĂ© peu et non Ă©mettrices utilisant des sources d’énergie renouvelable (nuclĂ©aire et autres telles que l’hydroĂ©lectricitĂ©, l’éolienne et le solaire. Le tableau 1 prĂ©sente une rĂ©partition de la production d’électricitĂ© par sources d’électricitĂ© Ă©mettrices, peu Ă©mettrices et non Ă©mettrices et des Ă©missions de CO2e par rĂ©gion en 2020.

Tableau 1. Production d’électricitĂ© (GWh) par des sources d’électricitĂ© Ă©mettrices, peu et non Ă©mettrices, et Ă©missions de CO2e (kt) par rĂ©gion en 2020.
RĂ©gion Production d’électricitĂ© (GWh)  % de production Ă  partir de sources d’électricitĂ© peu et non Ă©mettrices  % de la production provenant de sources Ă©mettrices Émissions de COe (kt) provenant de la production d’électricitĂ© Ă©mettrice
T.-N.-L. 39 800 97 % 3 % 950
ĂŽ.-P.-É. 660 100 % 0 % 0,3
N.-É. 9 420 21 % 79 % 6 340
N.-B. 12 000 70 % 30 % 3 470
QuĂ©. 188 000 99% 1% 290
Ont. 149 000 94 % 6 % 3 710
Man. 37 200 100% 0% 28
Sask. 24 000 22 % 78 % 13 900
Alb. 55 800 15 % 85 % 32 700
C.-B. 58 400 97 % 3 % 420
Yn. 530 83 % 17 % 54
T.N.-O. 350 74 % 26 % 62
Nt. 200 0 % 100 % 150
Canada 575 000 84 % 16 % 62 100

Le RIN 2022 montre que les Ă©missions de GES provenant de production d’électricitĂ© Ă©mettrice ont Ă©tĂ© rĂ©duites de plus de moitiĂ©, passant de 132 Mt de CO2e en 2000 Ă  62 Mt de CO2e en 2020, alors que la production d’électricitĂ©, qui Ă©tait de 539 000 GWh en 2000, n’a pas fluctuĂ© de manière significative. Le tableau 2 prĂ©sente une rĂ©partition par sources de production d’électricitĂ© Ă©mettrices, peu Ă©mettrices, et non Ă©mettrices en 2000 et 2020 au Canada.

Tableau 2. Production d’électricitĂ© (GWh) par sources de production d’électricitĂ© Ă©mettrices (Charbon, Gaz naturel, autres carburants), peu et non Ă©mettrices (nuclĂ©aire, hydro, autres renouvelables) pour le Canada en 2000 et 2020.
Génération d’électricité (GWh) par carburant Charbon Gaz naturel Autres carburants Nucléaire Hydro Autres renouvelables Génération d’électricité totale (GWh) Émissions de CO2e (kt) provenant de génération d’électricité émettrice
2000 106 440 26 616 13 250 68 650 323 130 260 538 346 132 044
% total de gĂ©nĂ©ration d’électricitĂ© 20 % 5 % 2 % 13 % 60 % 0,05 % 100 % -.
2020 35 940 47 978 7 346 92 590 354 980 36 180 575 013 62 197
% total de gĂ©nĂ©ration d’électricitĂ© 6 % 8 % 1 % 16 % 62 % 6 % 100 % -.

Le tableau 2 montre que les rĂ©ductions d’émissions de GES de 2000 Ă  2020 Ă©taient principalement dues Ă  une diminution significative de l’utilisation du charbon comme combustible pour produire de l’électricitĂ© (de 20 % en 2000 Ă  6 % en 2020) et Ă  l’adoption de sources de production d’électricitĂ© peu Ă©mettrices et non Ă©mettrices (de 73 % en 2000 Ă  84 % en 2020).

Actions fédérales (réglementaires et non réglementaires) visant à soutenir la réduction des émissions de GES du secteur émetteur de la production d’électricité

Le Canada continue de chercher activement Ă  rĂ©duire les Ă©missions de GES du secteur de la production d’électricitĂ©, notamment par des mesures rĂ©glementaires et non rĂ©glementaires au niveau fĂ©dĂ©ral, incluant :

Mesures réglementaires
Mesures non réglementaires

MalgrĂ© ces mesures et le fait qu’en 2020, seulement 16 % de l’électricitĂ© produite au Canada provenait de sources d’électricitĂ© Ă©mettrices, l’analyse montre que le secteur canadien de la production d’électricitĂ© Ă©mettrice n’est pas sur la voie d’une transformation significative de ses Ă©missions d’ici 2035. Pour que le Canada atteigne son objectif de carboneutralitĂ© pour l’ensemble de l’économie d’ici 2050, une croissance significative de l’offre d’électricitĂ© propre est nĂ©cessaire. Les chercheurs s’entendent gĂ©nĂ©ralement pour dire que l’utilisation accrue des technologies Ă©lectriques (p. ex. le transport Ă©lectrique, le chauffage et la climatisation des bâtiments et les solutions pour divers procĂ©dĂ©s industriels) pourrait, en l’absence d’une norme sur l’électricitĂ© propre, entraĂ®ner une augmentation importante des Ă©missions de GES provenant de la production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles (voir la section sur l’analyse de sensibilitĂ©).

Technologies actuelles et émergentes du réseau électrique nécessaires pour parvenir à la carboneutralité

Un large Ă©ventail de technologies de production d’électricitĂ© sont disponibles au Canada pour former le rĂ©seau Ă©lectrique (tel que dĂ©crit dans le tableau 3).

Tableau 3. Technologies du rĂ©seau Ă©lectrique et rĂ©sumĂ© des spĂ©cifications en 2022 (moyenne canadienne, dollars constants de 2022) tableau note a3 * .
Technologie Description Coût du capital ($/kW) Coût fixe d’exploitation et de maintenance ($/kW) Coût variable d’exploitation et de maintenance ($/MWh) Coût moyen du combustible ($/MWh) Durée de vie estimée (années)
TCPG Turbine Ă  combustion de pĂ©trole/gaz (semblable au cycle de Brayton) 1 625 20 6 61 45
CCPG Turbine Ă  combustion pĂ©trole/gaz Ă©quipĂ©e d’un système de rĂ©cupĂ©ration de la chaleur perdue et d’une turbine Ă  vapeur (semblable au cycle de Brayton + cycle de Rankine) 1 571 26 4 61 45
Petit CCPG Similaire Ă  l’OGCC, mais avec une capacitĂ© de production plus faible 1 737 33 4 61 45
GN CSC Turbine Ă  combustion au gaz naturel (gĂ©nĂ©ralement OGCC, mais OGCT possible), Ă©quipĂ©e d’une technologie de capture et de stockage du carbone. 3 310 51 11 61 45
Vapeur PG Turbine Ă  vapeur (apparentĂ©e au cycle de Rankine) gĂ©nĂ©rĂ©e Ă  partir de la combustion de pĂ©trole/gaz 5 239 135 9 56 45
Charbon Production d’une turbine Ă  vapeur Ă  partir de la combustion du charbon 3 825 47 3 13 45
Charbon CSC Production d’une turbine Ă  vapeur Ă  partir de la combustion du charbon, Ă©quipĂ©e d’une technologie de capture et de stockage du carbone 8 111 95 11 13 45
Biomasse Production thermique utilisant la biomasse comme combustible 5 634 138 10 3 45
Biomasse CSC Production thermique utilisant la biomasse comme combustible, Ă©quipĂ©e d’une technologie de stockage et sĂ©questration du carbone 10 485 192 18 3 45
DĂ©chets Production thermique utilisant des dĂ©chets comme combustible 2 085 27 8 13 45
NuclĂ©aire Production de turbines Ă  vapeur utilisant la fission nuclĂ©aire comme source de chaleur 9 120 167 4 - 60
Hydro, charge de base Projets hydroĂ©lectriques avec peu ou pas de stockage (au fil de l’eau) 7 071 137 - - 100
Hydro en pĂ©riode de pointe Projets hydroĂ©lectriques avec rĂ©servoirs associĂ©s, capables de produire de l’électricitĂ© pendant les pĂ©riodes de pointe de la demande 7 200 49 2 - 100
HydroĂ©lectricitĂ© par pompage Projets hydroĂ©lectriques capables de stocker l’énergie en vue d’une utilisation ultĂ©rieure 7 200 49 2 - 100
Petites centrales hydroĂ©lectriques Similaire Ă  l’hydroĂ©lectricitĂ© de base, mais avec une capacitĂ© de production plus faible 4 362 49 2 - 100
Éolien terrestre Éoliennes terrestres 2 117 51 - - 30
L’énergie Ă©olienne en mer Éoliennes en mer 6 370 148 - - 30
PV solaire Panneaux solaires photovoltaĂŻques 1 825 18 - - 30
GĂ©othermie Production thermique utilisant l’énergie gĂ©othermique pour produire de la vapeur 11 712 224 7 - 30
Vague Processus qui utilise le mouvement des vagues pour produire de l’énergie 8 905 439 - - 20
Stockage Technologies variables capables de consommer de l’énergie Ă  un moment donnĂ© et de la restituer Ă  un autre moment, avec une perte d’efficacitĂ© associĂ©e. 1 409 11 1 - 15
Autres Autres technologies non couvertes ci-dessus 5 462 172 7 32 45

Note(s) du tableau a3

Note * du tableau a3

Toutes les estimations de coûts figurant dans ce tableau ont été calculées à l’aide du modèle ministériel E3MC. Pour plus d’informations sur ce modèle, voir la section Avantages et coûts.

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Note ** du tableau a3

Le CSC représente le captage et le stockage du carbone des émissions.

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D’une manière gĂ©nĂ©rale, les technologies des rĂ©seaux Ă©lectriques prĂ©sentĂ©es dans le tableau 3 peuvent ĂŞtre classĂ©es dans les catĂ©gories suivantes : production d’électricitĂ© sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions, production d’électricitĂ© avec dispositif de rĂ©duction des Ă©missions, production d’électricitĂ© non Ă©mettrice et stockage. Certaines technologies de production d’émissions sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions sont capables d’atteindre des profils d’émissions plus faibles en utilisant des « combustibles propres Â» tels que le gaz naturel renouvelable ou l’hydrogène. Les technologies de production peu Ă©mettrices atteignent des profils d’émissions plus faibles en dĂ©ployant des technologies de rĂ©duction telles que le captage et le stockage du carbone (CSC), qui peuvent ĂŞtre construites sur mesure ou installĂ©es dans certaines installations existantes.

Il existe également des technologies émergentes pour les réseaux électriques qui pourraient devenir plus largement disponibles au Canada au fur et à mesure de leur développement. Par exemple, les piles à combustible pourraient offrir un stockage d’énergie à plus long terme que les batteries (des mois ou des années contre des jours ou des semaines), mais elles sont actuellement sous-utilisées, car la technologie des piles à combustible n’est pas encore suffisamment efficace par rapport aux batteries. Certaines technologies avancées de production d’énergie renouvelable variable, telles que l’éolien en mer et la géothermie, devraient devenir davantage disponibles à moyen terme (bien que soumises à des contraintes géologiques), tout comme les petits réacteurs nucléaires modulaires, qui sont conçus pour être plus largement déployables que le nucléaire conventionnel en raison de leur taille compacte. La production avec dispositif de réduction des émissions, la production sans émissions et le stockage devraient tous contribuer de manière significative au futur réseau électrique carboneutre du Canada, bien qu’un certain degré de développement technologique soit nécessaire pour y parvenir.

Objectif

Les objectifs du projet de règlement sont les suivants :

  1. Aider le Canada à respecter ses engagements en matière de changement climatique visant à atteindre la carboneutralité dans l’ensemble de l’économie d’ici 2050, en limitant les émissions provenant de la production d’énergie thermique sans dispositif de réduction des émissions. Cette transition soutiendra les efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique et contribuera à limiter les dommages associés;
  2. réduire les émissions de GES (c’est-à-dire de CO2) provenant de la production d’électricité à partir de 2035.

Description

Le projet de règlement permettrait de rĂ©duire les Ă©missions en appliquant, aux groupes de production d’électricitĂ©, une norme de rendement annuelle en matière d’émissions de 30 tonnes de CO2 par GWh d’électricitĂ© produite (30 t/GWh), avec des exceptions limitĂ©es.

Le projet de règlement s’applique à tous les groupes de production d’électricité qui répondent aux critères d’applicabilité. Un groupe est un ensemble d’équipements qui fonctionnent ensemble pour produire de l’électricité et doit comprendre au moins une chaudière ou un moteur à combustion, et peut inclure des systèmes de CSC.

De plus amples informations sur la raison d’être de la rĂ©glementation figurent Ă  l’annexe 1.

Application

Le projet de règlement s’applique Ă  tout groupe qui rĂ©pond aux trois critères suivants :

  1. Utilise n’importe quelle quantité de combustibles fossiles pour produire de l’électricité;
  2. A une capacitĂ© de 25 MW ou plus;
  3. Est connecté à un réseau électrique soumis aux normes de la North American Electric Reliability Corporation (NERC).

Inscription

Le projet de règlement exigerait que tous les groupes qui rĂ©pondent aux critères d’applicabilitĂ© s’enregistrent auprès du ministre de l’Environnement d’ici la fin de l’annĂ©e 2025 ou, pour les groupes mis en service après le 1er janvier 2025, dans les 60 jours suivants la mise en service.

Normes de rendement en matière d’émissions

La norme de rendement de 30 t/GWh s’appliquerait Ă  partir du :

  1. 1er janvier 2035, pour les groupes qui brĂ»lent du charbon ou du coke de pĂ©trole;
  2. 1er janvier 2035, pour tous groupes mis en service le ou après le 1er janvier 2025;
  3. 1er janvier 2035, pour un groupe qui a augmentĂ© sa capacitĂ© de production d’électricitĂ© de 10 % ou plus depuis l’enregistrement de celui-ci;
  4. 1er janvier 2035 ou du 1er janvier de l’annĂ©e au cours de laquelle l’interdiction prĂ©vue au paragraphe 4(2) du Règlement limitant les Ă©missions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricitĂ© thermique au gaz naturelrĂ©fĂ©rence 18 commence Ă  s’appliquer Ă  un groupe chaudière ayant subi une modification majeure, c’est-Ă -dire un groupe qui a cessĂ© de brĂ»ler du charbon, selon la plus tardive de ces deux dates;
  5. Pour tous les autres groupes, la date la plus tardive entre le 1er janvier 2035 ou 20 ans suivant la date de mise en service.

Seuls les groupes qui ont un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure au cours d’une année civile donnée sont soumis à la norme de rendement pour cette année-là. Les groupes ayant un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure produisent de l’électricité qui est fournie à un réseau d’électricité réglementé par la NERC et, parfois, demandent de l’électricité à ce réseau. Par conséquent, la norme de rendement ne s’applique qu’aux groupes qui fournissent plus d’électricité à un réseau électrique réglementé par la NERC qu’ils n’en demandent.

Exceptions au respect de la norme de rendement annuelle de 30 t/GWh

Au cours d’une annĂ©e civile donnĂ©e, un groupe pourrait se conformer au règlement proposĂ© en utilisant l’une des exceptions suivantes Ă  la norme de rendement annuelle de 30 t/GWh si toutes les conditions liĂ©es Ă  ces exceptions sont remplies :

Si toutes les conditions liĂ©es aux exceptions ne sont pas remplies au cours d’une annĂ©e civile donnĂ©e, la norme de rendement de 30 t/GWh en moyenne annuelle doit ĂŞtre respectĂ©e au cours de cette annĂ©e.

En outre, le projet de règlement permettrait à tous groupes assujettis au règlement de fonctionner pendant toutes périodes de circonstances d’urgences accordées par le ministre sans être tenus de respecter la norme de rendement pendant ces périodes de l’année civile. En général, une situation d’urgence est une situation qui survient à la suite d’un événement extraordinaire, imprévu et inévitable.

Quantification

Le projet de règlement définit la manière de déterminer la conformité à la norme de rendement au cours d’une année civile. En général, pour chaque groupe, l’exploitant devra déterminer l’intensité des émissions du groupe, c’est-à-dire les émissions totales du groupe divisées par sa production totale. Les exigences de quantification s’appliquent à chaque groupe, chaque année, à compter de l’année civile au cours de laquelle l’interdiction s’applique pour la première fois au groupe, que le groupe soit ou non soumis à l’interdiction au cours d’une année civile.

La production totale du groupe est la quantité d’électricité qu’il a produit au cours d’une année, mesurée sur une base brute.

Les Ă©missions totales du groupe, qui peuvent ĂŞtre dĂ©terminĂ©es Ă  l’aide d’une mĂ©thode basĂ©e sur les combustibles ou d’un système de mesure et d’enregistrement en continu des Ă©missions (SMECE), comprennent, selon le cas, les Ă©lĂ©ments suivants :

Par souci de clarté, lorsque l’hydrogène est utilisé comme combustible dans le groupe de production d’électricité, la combustion de cet hydrogène ne produit pas directement d’émissions de CO2; par conséquent, toutes les émissions de CO2 associées à la production d’hydrogène doivent également être quantifiées et incluses dans les émissions totales du groupe.

Comme le prévoit le projet de règlement, les émissions totales du groupe peuvent exclure la quantité d’émissions captées par son système de CSC uniquement si ces émissions sont stockées de manière permanente dans un projet de stockage répondant aux critères prescrits.

Rapports

Le projet de règlement exigerait que tous les groupes qui répondent aux critères d’applicabilité soumettent un rapport d’enregistrement comprenant des informations telles que l’identification de la personne responsable, l’emplacement et le nom du groupe, un diagramme de processus du groupe, y compris la date de mise en service de chaque chaudière ou moteur à combustion, la date de mise en service du groupe et la capacité de production d’électricité du groupe.

Sur une base annuelle, le projet de règlement exigerait que tous les groupes qui ont un solde exportateur supĂ©rieur Ă  zĂ©ro gigawattheure vers un rĂ©seau Ă©lectrique sujet aux normes de la NERC soumettent un rapport comprenant des informations telles que l’intensitĂ© moyenne annuelle des Ă©missions du groupe et, le cas Ă©chĂ©ant, dans le cas des groupes dotĂ©s d’un système de CSC installĂ© au cours des 7 dernières annĂ©es, la documentation dĂ©montrant que le groupe a fonctionnĂ© Ă  30 t/GWh ou moins pendant 2 pĂ©riodes d’au moins 12 heures continues au cours de l’annĂ©e de dĂ©claration, la production brute, les Ă©missions et les heures d’exploitation.

Une déclaration d’absence de solde exportateur supérieur à zéro gigawattheure peut être fournie pour un groupe qui ne prévoit pas de solde exportateur supérieur à zéro gigawattheure à partir du moment où la norme de rendement commencerait à s’appliquer à ce groupe, ce qui réduirait ses exigences en matière de rapports. Si ces groupes n’ont jamais un solde exportateur supérieur à zéro gigawattheure vers le réseau électrique, ils resteront exemptés à la fois de l’interdiction et des exigences de quantification prévues par le projet de règlement.

Tous les groupes seraient tenus de suivre leur solde exportateur, car la norme de rendement s’appliquerait à partir de l’année applicable (à partir de 2035) pour ce groupe s’il y a un solde exportateur supérieur à zéro gigawattheure cette année-là. Ces groupes seraient également soumis aux règles de quantification à partir de l’année applicable.

Le Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) serait modifiĂ© afin d’y inclure le projet de règlement et de rendre sa violation des règles applicables passible de sanctions appropriĂ©es, telles que des amendes plus Ă©levĂ©es et des peines d’emprisonnement.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le ministère de l’Environnement (le ministère) a dĂ©butĂ© les consultations avec les parties intĂ©ressĂ©es par le projet de règlement en mars 2022. Les parties intĂ©ressĂ©es comprennent les entreprises de services publics, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les groupes autochtones, les associations industrielles, les organisations non gouvernementales environnementales (ONGE), les syndicats et les organisations syndicales, les chercheurs et les universitaires dans le domaine du changement climatique ou de l’énergie, ainsi que le grand public.

Tout d’abord, le document de travail sur la norme sur l’électricité propre a présenté la proposition initiale du ministère sur la manière de réaliser une transition vers une électricité carboneutre et introduit les éléments clés que toute politique de ce type devrait intégrer, à savoir les réductions d’émissions, l’abordabilité de l’électricité, et la fiabilité du réseau électrique. Dans sa proposition, le ministère a indiqué que la mise en œuvre du projet de règlement nécessiterait un équilibre entre ces trois critères, étant donné que la maximisation des résultats pour l’un des critères pourrait compromettre la réalisation de l’un des deux autres. Par exemple, maximiser l’accessibilité financière pourrait compromettre les réductions d’émissions, car l’option la moins chère pour maintenir le réseau électrique en fonctionnement dans de nombreux endroits est de continuer à utiliser la production existante à base de gaz naturel. De la même manière, maximiser la fiabilité peut entraver les réductions d’émissions, car la fiabilité dans le statu quo exige de disposer d’une production suffisante de gaz naturel. Un réseau électrique qui n’est ni abordable ni fiable pourrait décourager la transition vers une production d’électricité propre nécessaire pour atteindre l’objectif de carboneutralité dans l’ensemble de l’économie en 2050.

Engagement des parties intéressées

En date de dĂ©cembre 2022, près de 100 rĂ©unions bilatĂ©rales ont eu lieu avec les parties intĂ©ressĂ©es afin de poursuivre les discussions et de fournir un retour d’information sur l’approche du projet de règlement.

Ă€ la suite de ces consultations, plus de 330 soumissions sur la proposition ont Ă©tĂ© reçues. Les parties intĂ©ressĂ©es ont formulĂ© des commentaires sur les points suivants :

Les parties intéressées ont également exprimé leur soutien général à la décarbonisationréférence 19 du réseau électrique et leur volonté de participer à l’élaboration du projet de règlement afin de s’assurer qu’il permettrait d’atteindre les réductions d’émissions nécessaires tout en maintenant l’abordabilité et la fiabilité.

En gĂ©nĂ©ral, les commentaires sur le Cadre rĂ©glementaire proposĂ© pour le règlement sur l’électricitĂ© propre (26 juillet 2022) ont Ă©tĂ© positifs, dans la mesure oĂą de nombreuses parties intĂ©ressĂ©es considèrent le cadre rĂ©glementaire proposĂ© comme une approche rĂ©alisable pour atteindre la carboneutralitĂ©. Cependant, les parties intĂ©ressĂ©es ont soulevĂ© des prĂ©occupations spĂ©cifiques, discutĂ©es ci-dessous, que le ministère a examinĂ©es en profondeur lors de l’élaboration du projet de règlement.

Préoccupations des parties intéressées
La production d’électricité alimentée au gaz naturel et aux combustibles liquides après 2035

De nombreuses entreprises de services publics se sont inquiétées du fait que les opérateurs de réseaux électriques ne seraient pas en mesure de maintenir la fiabilité sans au moins un certain fonctionnement après 2035 des types de production qui sont actuellement alimentés au gaz naturel ou aux combustibles liquides parce qu’ils sont flexibles et hautement contrôlables. Beaucoup ont exprimé leur soutien à une exemption qui permettrait aux exploitants de réseaux d’utiliser ces générateurs pour maintenir la fiabilité, à condition que ce soit sur une base de temps et d’émissions limitées.

Les ONGE, les producteurs d’électricité non émetteurs et les représentants de l’industrie durable ont fait valoir que le rôle du gaz naturel et des combustibles liquides dans la production d’électricité devrait être minime après 2035 et qu’une exigence qui limiterait l’utilisation du gaz naturel réduirait les émissions à un niveau aussi près que possible de zéro.

Pour rĂ©pondre aux prĂ©occupations des parties intĂ©ressĂ©es, le ministère a intĂ©grĂ© dans le projet de règlement des flexibilitĂ©s en matière de limites d’émissions pour la production d’électricitĂ© alimentĂ© au gaz naturel et aux combustibles liquides :

Quelques entreprises de services publics ont mis en garde contre une trop grande flexibilité associée à la production d’électricité au gaz naturel, qui pourrait décourager le déploiement de la production non émettrice et du stockage de l’énergie. En outre, les ONGE se sont inquiétées du fait que tout rôle de la production d’électricité non urgente alimenté au gaz naturel devrait être fortement limité après 2035. Ces parties ont mis en garde contre une sous-estimation de la capacité des technologies telles que le stockage de l’énergie, l’hydrogène, le CSC, le nucléaire et d’autres technologies émergentes peu ou non émettrices à assurer la fiabilité du réseau électrique d’ici à 2035.

Les délais incorporés dans les quatre flexibilités de conformité susmentionnées pourraient limiter l’utilisation du gaz naturel et des combustibles liquides sans dispositif de réduction des émissions pour la production d’électricité au cours de la période postérieure à 2035. On s’attend à ce que cela conduise à un recours accru à des sources de production peu ou non émettrice.

Les provinces plus émettrices, les services publics, les exploitants de réseaux et les producteurs d’électricité ont demandé une certaine flexibilité dans l’application de la norme de rendement. Plus précisément, ils ont fait part de leur inquiétude quant au fait que, sans flexibilité, la capacité de production alimentée au gaz naturel serait insuffisante pour soutenir les énergies renouvelables variables (par exemple l’éolien et le solaire) et que les groupes en construction aujourd’hui pourraient ne pas être mis en service à temps (d’ici 2025) pour bénéficier de la FdVR pour les groupes existants décrite ci-dessus.

Pour rĂ©pondre Ă  cette prĂ©occupation, le projet de règlement prĂ©voit des flexibilitĂ©s qui :

Les ONGE et l’industrie opérant dans le domaine des technologies propres cherchaient des signaux clairs indiquant que le projet de règlement exigerait des opérateurs de réseaux électriques qu’ils répartissent les sources sans émission avant les sources émettrices. En tenant compte de ces commentaires, le ministère a noté que la fiabilité des réseaux électriques est d’une importance cruciale pour les provinces et les territoires, car ceux-ci sont responsables de la conception et de l’exploitation des réseaux. Le projet de règlement fixe une norme de rendement stricte, mais maintient la neutralité technologique, ce qui permet aux provinces et territoires, ou aux opérateurs de réseaux électriques de choisir les types de production à développer.

De nombreuses ONGE ont demandĂ© l’inclusion de normes provisoires (c’est-Ă -dire l’application d’une norme avant 2035) afin d’éviter l’accumulation de nouvelles centrales alimentĂ©es au gaz naturel avant l’application de la norme de rendement en 2035. Le projet de règlement ne propose pas de normes intermĂ©diaires pour les raisons suivantesrĂ©fĂ©rence 21 :

Traitement de la production industrielle d’électricité émettrice

De nombreuses ONGE et certains services publics ont fait part de leur inquiĂ©tude quant Ă  la possibilitĂ© d’un dĂ©veloppement important de la production industrielle d’électricitĂ© « Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installationrĂ©fĂ©rence 22 Â» afin d’éviter le projet de règlement, Ă©tant donnĂ© que les groupes d’électricitĂ© qui ne sont pas connectĂ©s Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC ne seraient pas assujettis au projet de règlement.

Après un examen, le ministère a constatĂ© ce qui suit :

Pour les raisons susmentionnĂ©es, le projet de règlement ne s’appliquerait pas aux groupes situĂ©s « Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation Â» qui n’ont pas un solde exportateur supĂ©rieur Ă  0 GWh.

Incidences négatives potentielles sur les tarifs de l’électricité

Certaines provinces et certains services publics ont fait part de leurs préoccupations concernant les coûts de mise en conformité avec le projet de règlement et les incidences potentielles sur l’abordabilité des tarifs pour les ménages, les entreprises et l’industrie. Ils ont fait remarquer que les réseaux électriques dépendant des combustibles fossiles supporteraient des coûts plus élevés lors de la transition vers la carboneutralité que les réseaux disposant d’importantes ressources sans émission, par exemple l’éolien. Ces parties intéressées ont demandé des programmes de financement, des mesures fiscales et d’autres incitatifs pour minimiser les coûts à court terme de la transition. En particulier, les gouvernements provinciaux du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse ont souligné que ces provinces souffrent d’un taux plus élevé de pauvreté énergétiqueréférence 24 dans le pays, et ont fait part de leur inquiétude quant au fait que le projet de règlement pourrait exacerber ce problème.

Le ministère note ce qui suit :

Capacité des nouvelles technologies non émettrices à fournir une électricité fiable d’ici à 2035

Quelques services publics, ONGE, entreprises actives dans le domaine des technologies propres et quelques universitaires ont mis en garde contre une trop grande flexibilité pour la production de l’électricité alimentée au gaz naturel, car cela pourrait décourager le déploiement de la production sans émission et du stockage de l’énergie. Ces parties ont mis en garde contre une sous-estimation de la capacité des technologies telles que le stockage de l’énergie, les turbines à gaz prêtes pour l’hydrogène, le CSC, le nucléaire et d’autres technologies émergentes peu ou non émettrices pour assurer la fiabilité du réseau électrique d’ici à 2035.

Plusieurs provinces et territoires ont indiquĂ© que le CSC n’était pas une option de dĂ©carbonisation pour eux, car leur gĂ©ologie ne permet pas le stockage du carbone. Plusieurs provinces et territoires ont exprimĂ© leur inquiĂ©tude quant Ă  l’état de prĂ©paration des technologies clĂ©s de dĂ©carbonisation telles que le CSC, les petits rĂ©acteurs nuclĂ©aires modulaires, et le stockage de l’énergie, notant que leurs coĂ»ts seront très Ă©levĂ©s mĂŞme lorsqu’elles seront prĂŞtes Ă  ĂŞtre dĂ©ployĂ©es Ă  grande Ă©chelle. Les experts en technologie de CSC ont notĂ© que si la norme de rendement de 30 t/GWh peut ĂŞtre atteinte par ces systèmes, il peut y avoir des pĂ©riodes au cours des premières annĂ©es de dĂ©ploiement de ces systèmes oĂą certains ajustements aux systèmes peuvent ĂŞtre nĂ©cessaires pour qu’ils atteignent la norme de rendement de manière cohĂ©rente.

Le ministère note ce qui suit :

Obligations découlant des traités modernes et consultation des populations autochtones

Comme l’exige la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des implications des traités modernes a été réalisée pour le projet de règlement. L’évaluation a porté sur le champ d’application géographique et l’objet du projet de règlement par rapport aux traités modernes en vigueur. L’évaluation n’a pas mis en évidence de conséquences ou d’obligations découlant de traités modernes.

Le ministère a adoptĂ© une approche de consultation basĂ©e sur les distinctions avec les peuples autochtones :

Les parties intéressées autochtones ont indiqué que l’abordabilité de l’énergie était une préoccupation de plus en plus aiguë et ont recommandé que la conception du projet de règlement protège l’abordabilité de l’électricité. Certaines ont également indiqué que les autochtones sont très sensibilisés aux risques pour la santé liés à l’utilisation de combustibles fossiles et qu’ils souhaitent comprendre les avantages de la réduction des polluants atmosphériques que le projet de règlement pourrait entraîner.

Le ministère note que :

Le ministère a également entendu parler des intersections entre le projet de règlement et les préoccupations plus générales concernant la réconciliation économique et la participation des peuples autochtones à la transition vers l’énergie propre, en particulier par le biais de la participation économique.

Outre les considérations ci-dessus, le ministère a examiné toutes les questions et tous les commentaires reçus de la part des parties autochtones intéressées et continuera à les prendre en compte dans l’élaboration du projet de règlement. Certaines questions soulevées, notamment le point de vue des communautés autochtones sur la transition énergétique et la participation économique, présentent un intérêt non seulement dans le contexte du projet de règlement, mais aussi dans celui plus large de la transition vers l’électricité propre.

Choix de l’instrument

La Directive du Cabinet sur la réglementation (DCR) exige des ministères et des agences qu’ils évaluent l’ensemble des instruments disponibles (réglementaires et non réglementaires) en vertu des lois et règlements fédéraux afin de sélectionner l’instrument ou la combinaison d’instruments le plus efficace et le plus approprié pour traiter une question de politique générale. Compte tenu de l’urgence de la lutte contre le changement climatique et des objectifs du Canada en la matière, à savoir devenir une économie carboneutre d’ici 2050, un changement transformationnel sera nécessaire dans tous les secteurs de l’économie canadienne, y compris le secteur de la production d’électricité.

La transformation des réseaux électriques doit intervenir bien avant 2050, car elle nécessite une croissance de l’offre d’électricité pour soutenir l’utilisation accrue de technologies électriques, telles que le transport électrique, le chauffage et la climatisation des bâtiments, les solutions pour divers processus industriels, et que l’électricité produite entraîne des émissions carboneutres. Si cette transformation n’est pas engagée d’ici 2035, le Canada risque de ne pas atteindre ses objectifs en matière de changement climatique, à savoir devenir une économie carboneutre d’ici 2050.

Pour dĂ©terminer l’instrument ou le mĂ©lange d’instruments le plus efficace et le plus appropriĂ© qui garantirait que le secteur de la production d’électricitĂ© est sur la bonne voie pour rĂ©aliser la transformation requise d’ici 2035, le ministère a pris en compte le rĂ©gime rĂ©glementaire fĂ©dĂ©ral actuel qui affecte le secteur dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (statu quo), y compris les actions non rĂ©glementaires. Il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que le rĂ©gime rĂ©glementaire fĂ©dĂ©ral actuel ne garantit pas que le secteur atteindrait la transformation requise d’ici 2035 et que, par consĂ©quent, une rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale est nĂ©cessaire. Un rĂ©sumĂ© de cette Ă©valuation est prĂ©sentĂ© ci-dessous :

Scénario de référence/aucun nouveau contrôle

L’approche du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence implique le maintien des restrictions existantes sur les Ă©missions de l’électricitĂ© produite Ă  partir du charbon, telles que dĂ©finies dans le Règlement sur la rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone — secteur de l’électricitĂ© thermique au charbon, qui fixe gĂ©nĂ©ralement une norme de rendement de 420 t/GWh. En outre, l’approche du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence implique le maintien des restrictions existantes sur les Ă©missions de la production d’électricitĂ© Ă  partir de gaz naturel dĂ©finies dans le Règlement limitant les Ă©missions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricitĂ© thermique au gaz naturel. Celui-ci fixe une norme de rendement de 420 t/GWh pour les chaudières Ă  gaz naturel ou les moteurs Ă  combustion de 150 MW et plus, et une norme de rendement de 550 t/GWh pour les moteurs Ă  combustion de moins de 150 MW.

Ă€ partir de 2030, la capacitĂ© de production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles gazeux qui rĂ©pond Ă  des critères prĂ©cis et qui a Ă©tĂ© mise en place le 1er janvier 2021 ou après cette date, qu’il s’agisse d’une installation existante ou d’une nouvelle installation, serait entièrement exposĂ©e au prix du carbone. Toute capacitĂ© de production d’électricitĂ© existant avant 2021 ne serait soumise au prix du carbone que pour la partie des Ă©missions de GES dĂ©passant une norme de rendement de 370 t/GWh. Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, la production au gaz naturel sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions, ainsi que les GES associĂ©s, devrait augmenter dans les annĂ©es Ă  venir, Ă  mesure que davantage de technologies Ă©lectriques seront mises en Ĺ“uvre (par exemple le transport Ă©lectrique) au Canada. Cela limiterait la capacitĂ© du Canada Ă  atteindre la carboneutralitĂ© dans l’ensemble de l’économie d’ici 2050. La plupart des installations de production d’électricitĂ© sont soumises Ă  la tarification de la pollution par le carbone en vertu du Règlement sur le système de tarification fondĂ© sur le rendement (RSTFR), ou en vertu de systèmes provinciaux ou territoriaux qui satisfont au critère de rĂ©fĂ©rence fĂ©dĂ©ral (c’est-Ă -dire le critère national de rigueur minimale que tous les systèmes de tarification du carbone au Canada doivent respecter). En vertu du RSTFR, les installations de production d’électricitĂ© couvertes par le système fĂ©dĂ©ral doivent fournir une compensation pour les Ă©missions de GES qui dĂ©passent la limite d’émissions de l’installation. La compensation peut se faire en payant la redevance sur les Ă©missions excĂ©dentaires (65 $/tonne de CO2 e en 2023, puis 170 $/tonne de CO2 e en 2030) ou en fournissant une unitĂ© de conformitĂ© (crĂ©dit excĂ©dentaire, crĂ©dit compensatoire ou crĂ©dit compensatoire provincial reconnu) pour chaque tonne d’émissions dĂ©passant leur limite. Si les Ă©missions sont infĂ©rieures Ă  leur limite, les installations reçoivent des crĂ©dits excĂ©dentaires pour la quantitĂ© entre les Ă©missions rĂ©elles et la limite d’émissions, qui peuvent ĂŞtre vendus ou mis en rĂ©serve pour satisfaire aux obligations de conformitĂ© futures.

Dans le cadre du RSTFR, les limites d’émissions sont calculĂ©es en multipliant la production d’une installation par la norme de rendement associĂ©e Ă  l’activitĂ©, qui peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme une allocation gratuite. La production d’électricitĂ© est soumise Ă  diffĂ©rentes normes basĂ©es sur la production en fonction du type de combustible. Pour les combustibles solides, la norme de rendement a commencĂ© Ă  800 t/GWh en 2019, et diminuera jusqu’à 370 t/GWh en 2030. Pour les combustibles liquides, la norme de rendement est de 500 t/GWh et pour les combustibles gazeux, la norme de rendement est de 370 t/GWh. En outre, les installations de production d’électricitĂ© alimentĂ©e par les combustibles gazeux qui commencent Ă  produire de l’électricitĂ© le 1er janvier 2021 ou après cette date et qui rĂ©pondent Ă  certaines exigences en matière de taille et de conception ont une norme de rendement de 370 t/GWh en 2021, norme qui diminue jusqu’à 0 t/GWh en 2030. Cela signifie qu’en 2030, les nouvelles installations de production d’électricitĂ© alimentĂ©es par les combustibles gazeux ne bĂ©nĂ©ficieront d’aucune allocation gratuite et devront donc payer 100 % des Ă©missions de GES Ă©mises par l’installation. La modĂ©lisation effectuĂ©e par le ministère indique que les Ă©missions du secteur de l’électricitĂ© ne diminueraient pas suffisamment pour atteindre les objectifs du projet de règlement et pourraient en fait augmenter de manière significative au cours des prochaines dĂ©cennies.

Le gouvernement du Canada dispose de programmes d’investissement dans les infrastructures de base qui se concentrent sur l’infrastructure de rĂ©seaux d’énergie propre, avec des investissements combinĂ©s totaux de près de 10 milliards de dollars. Cela comprend des programmes tels que le Programme des Ă©nergies renouvelables intelligentes et de trajectoires d’électrification (ÉRITE) de Ressources naturelles Canada, un programme de 1,57 milliard de dollars, dont 600 millions de dollars annoncĂ©s dans le budget 2022, qui fournit un soutien aux projets d’énergie renouvelable intelligente et de modernisation du rĂ©seau Ă©lectrique, y compris les projets qui soutiennent le renforcement des capacitĂ©s. De dĂ©cembre 2021 Ă  fĂ©vrier 2023, le ÉRITE a fourni un financement d’environ 164,5 millions de dollarsrĂ©fĂ©rence 17. Dans le budget 2023, le gouvernement du Canada a annoncĂ© une augmentation du financement de 3 milliards de dollars pour le ÉRITE.

Le gouvernement du Canada fournit un financement Ă  faible taux d’intĂ©rĂŞt aux projets d’électricitĂ© propre par le biais de divers mĂ©canismes, y compris les investissements et le financement de la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) et du Fonds stratĂ©gique pour l’innovation, ainsi que des incitations fiscales fĂ©dĂ©rales. Ces initiatives totalisent plus de 20 milliards de dollars. Cela comprend le Fonds de Croissance du Canada Inc. (15 milliards de dollars pour financer des investissements Ă  l’appui d’une Ă©conomie Ă  zĂ©ro Ă©mission de GES) et le financement du secteur de l’énergie propre annoncĂ© dans le budget 2023 par l’intermĂ©diaire de la Banque de l’infrastructure du Canada (10 milliards de dollars dans le cadre du domaine prioritaire de l’énergie propre pour la construction d’importantes centrales Ă©lectriques propres).

Le gouvernement du Canada s’attend à ce que ces programmes d’investissement soient d’une importance cruciale, car ils fonctionneraient en tandem avec le projet de règlement pour aider à atteindre les objectifs du Canada en transformant le réseau électrique avant 2035 pour aider à atteindre une économie carboneutre d’ici 2050.

Utiliser le système de tarification du carbone pour réduire les émissions du secteur de l’électricité

Actuellement, les critères nationaux minimaux de rigueur pour les systèmes de tarification du carbone (la référence fédérale) exigent que les systèmes explicites basés sur le prix du carbone, tels que le système fédéral de tarification basé sur la production, soient conçus de manière à ce que le signal de prix marginal soit égal au prix de référence, mais permettent aux systèmes d’appliquer des coûts moyens du carbone plus faibles aux installations industrielles afin d’atténuer les risques de fuite de carbone et de compétitivité qui peuvent survenir en raison de la tarification du carbone. Pour ce faire, les systèmes exigent des installations qu’elles paient le prix du carbone pour les émissions qui dépassent une limite d’émission et délivrent des crédits négociables aux installations qui émettent moins que cette limite. Cette approche crée un signal de prix au prix de référence pour chaque tonne d’émissions, mais comme les installations n’ont pas à payer le prix du carbone pour toutes leurs émissions, elle réduit les coûts moyens du carbone et le risque de fuite de carbone et d’effets négatifs sur la compétitivité.

La rĂ©duction des Ă©missions de GES provenant du secteur de l’électricitĂ© pourrait ĂŞtre obtenue en veillant Ă  ce qu’un prix du carbone Ă©levĂ© soit payĂ© pour chaque tonne d’émissions de l’électricitĂ©. Si les producteurs d’électricitĂ© devaient payer le prix du carbone pour chaque tonne d’émissions, leur coĂ»t moyen du carbone augmenterait. Le ministère a effectuĂ© plusieurs exercices de modĂ©lisation et a dĂ©terminĂ© qu’un prix du carbone de 170 $/tonne appliquĂ© Ă  chaque tonne d’émissions du secteur de l’électricitĂ© ne permettrait pas au secteur de se rapprocher suffisamment de l’objectif de carboneutralitĂ© d’ici 2035. En outre, dans un scĂ©nario de modĂ©lisation Ă  forte demande, un prix du carbone de 170 $/tonne n’a pas Ă©tĂ© jugĂ© suffisamment Ă©levĂ© pour rendre les technologies de production d’électricitĂ© peu Ă©mettrices nettement plus compĂ©titives que les technologies Ă©mettrices ; si les technologies de production peu et non Ă©mettrices ne sont pas les options les plus compĂ©titives en termes de coĂ»ts, on s’attend Ă  ce que les Ă©missions du secteur augmentent. Par consĂ©quent, si le fait d’exiger que le prix du carbone soit payĂ© pour chaque tonne d’émissions provenant de la production d’électricitĂ© devait permettre d’obtenir des rĂ©ductions d’émissions supplĂ©mentaires, cela ne permettrait pas d’obtenir les rĂ©ductions nĂ©cessaires pour atteindre l’objectif de carboneutralitĂ© d’ici 2035.

En outre, les systèmes de tarification de la pollution par le carbone au Canada sont un outil économique qui incite fortement à réduire les émissions de la manière la plus rentable possible pour toutes les sources d’émissions qu’il couvre. Cette forte incitation est due à sa conception, qui ne fixe pas de limites spécifiques pour les émissions des différents secteurs. Elles ne garantissent pas un certain niveau de réduction dans un secteur spécifique et ne sont donc pas l’outil approprié pour garantir la réalisation de l’objectif d’un secteur de l’électricité carboneutre.

En l’absence de norme réglementée, il sera probablement plus économique pour les services publics (i) de continuer à utiliser du gaz naturel sans dispositif de réduction des émissions pour produire une énergie de base fiable et de payer un prix plus élevé pour la pollution, ou (ii) d’acquérir et de transférer des crédits excédentaires ou compensatoires. En l’absence d’autres contraintes, c’est le choix que feraient probablement les producteurs plutôt que de transformer leur équipement de production pour produire de l’électricité fiable à émissions quasi nulles grâce à des solutions technologiques telles que l’énergie éolienne ou solaire associée au stockage de l’énergie ou le gaz naturel associé à une technologie moderne de captage et de stockage du carbone (CSC). Dans l’ensemble, l’analyse du ministère indique que le fait d’exiger des producteurs d’électricité qu’ils paient un prix du carbone élevé sur toutes leurs émissions ne serait pas suffisant en soi pour garantir que le secteur de l’électricité réalise d’ici 2035 la transformation nécessaire pour soutenir l’objectif du Canada en matière de changement climatique, à savoir devenir une économie carboneutre d’ici 2050.

L’approche réglementaire proposée

La rĂ©duction des Ă©missions de GES pour parvenir Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique carboneutre et pour soutenir une Ă©conomie carboneutre d’ici 2050 nĂ©cessiterait une transition planifiĂ©e et permanente vers l’abandon de la production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles. Le projet de règlement s’appuie sur le cadre rĂ©glementaire existant pour le secteur de l’électricitĂ© afin de poursuivre la transition permanente de la production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles vers des sources de production peu ou non Ă©mettrices. Des progrès significatifs dans cette direction pourraient ĂŞtre accomplis grâce Ă  l’application de normes de rendement strictes Ă  l’horizon 2035. La norme rĂ©glementaire exigerait la production d’électricitĂ© au gaz naturel Ă  avoir des dispositifs de rĂ©duction des Ă©missions afin de fournir une production de base. Cette approche fournirait Ă©galement un point de rĂ©fĂ©rence rĂ©glementaire clair qui dĂ©finirait ce qui constitue de l’électricitĂ© propre, tout en fournissant aux producteurs d’électricitĂ© des dĂ©lais suffisants pour adapter leurs plans d’investissement. Toutefois, Ă©tant donnĂ© que la norme de rendement proposĂ©e serait fixĂ©e Ă  une valeur non nulle et que l’approche rĂ©glementaire proposĂ©e inclurait plusieurs flexibilitĂ©s en matière de conformitĂ©, le secteur de la production d’électricitĂ© continuerait Ă  avoir de faibles niveaux d’émissions rĂ©siduelles. Des actions supplĂ©mentaires seraient nĂ©cessaires avant que le secteur de la production d’électricitĂ© ne parvienne Ă  la carboneutralitĂ©.

Dans le cadre de l’approche du projet de règlement, le ministère a envisagé plusieurs options pour les paramètres clés, notamment la norme de rendement en matière d’émissions, les marges de manœuvre en matière de conformité, le seuil de capacité, la couverture de la production industrielle et la fin de la vie réglementaire. Les effets de la variation de ces paramètres sont évalués dans la section du REIR consacrée à l’analyse de sensibilité.

Analyse réglementaire

Avantages et coûts

Sources de données et paramètres analytiques

Une analyse coûts-avantages (ACA) est réalisée pour déterminer les répercussions supplémentaires (coûts et avantages) d’un scénario réglementaire par rapport à ceux d’un scénario de référence. Pour ce projet de règlement, l’ACA compare les répercussions d’un scénario avec le projet de règlement à ceux d’un scénario sans celui-ci. Le principal facteur de répercussions différentielles pour le projet de règlement est la composition du réseau électrique modélisé dans le scénario de référence par rapport à celui modélisé dans le scénario réglementaire. Dans l’ACA, la composition du réseau électrique fait référence à l’ensemble des infrastructures qui composent le réseau électrique (p. ex. production sans émission, production émettrice avec dispositif de réduction des émissions, production émettrice, stockage, lignes de transmission reliant les réseaux de services publics d’électricité), aux spécifications techniques de ces infrastructures (p. ex. capacité, production, utilisation de combustibles, intensité des émissions, facteurs d’opération et de maintenance) et à l’utilisation de ces infrastructures (p. ex. réseau électrique seulement, production, production industrielle, production d’appoint ou d’urgence). En vertu du projet de règlement, la composition du réseau électrique du Canada évoluerait vers des sources de production d’électricité peu ou non émettrices plus rapidement et dans une plus grande mesure que dans le scénario de référence, et il y aurait plus d’investissement dans le stockage et la transmission.

La composition du rĂ©seau Ă©lectrique et les facteurs connexes qui pourraient ĂŞtre rĂ©alisĂ©s dans le cadre d’un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence par rapport Ă  un scĂ©nario rĂ©glementaire ont Ă©tĂ© projetĂ©s par deux modèles ministĂ©riels. Le premier modèle, NextGrid, est un modèle d’expansion de la capacitĂ© qui identifie les dĂ©cisions optimales d’investissement et d’exploitation dans le rĂ©seau Ă©lectrique canadien, en minimisant les coĂ»ts Ă  l’échelle du rĂ©seau (national) afin de satisfaire la demande, sous rĂ©serve de plusieurs contraintes telles que les paramètres des politiques, la fiabilitĂ© du rĂ©seau et la disponibilitĂ© des ressources (ex. : contraintes gĂ©ologiques). Le deuxième modèle est le modèle Énergie, Ă©missions et Ă©conomie du Canada (E3MC), qui comprend lui-mĂŞme deux composantes. La première composante du modèle E3MC est Énergie 2020 (E2020), un modèle nord-amĂ©ricain intĂ©grĂ©, multirĂ©gional et multisectoriel qui simule l’offre, le prix et la demande de tous les combustibles. E2020 estime la production et les prix de l’énergie pour chaque secteur sur les marchĂ©s rĂ©glementĂ©s et non rĂ©glementĂ©s, et simule la manière dont les prix de l’énergie et les mesures gouvernementales peuvent affecter les choix des consommateurs et des entreprises lorsqu’ils achètent et utilisent de l’énergie. Les rĂ©sultats d’E2020 comprennent des changements dans la consommation d’énergie, les prix de l’énergie, les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, les Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques, les coĂ»ts d’investissement et les Ă©conomies possibles grâce aux mesures, qui sont utilisĂ©es pour identifier les effets directs des mesures visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Les Ă©conomies et les investissements rĂ©sultant d’E2020 sont ensuite utilisĂ©s comme intrants dans la deuxième composante d’E3MC, le modèle Informetrica (TIM). Le TIM est utilisĂ© pour examiner les dĂ©cisions de consommation, d’investissement, de production et de commerce dans l’ensemble de l’économie. Il saisit les interactions entre les industries, ainsi que les implications des changements dans les prix Ă  la production, les prix finaux relatifs et les revenus. Il tient Ă©galement compte des soldes budgĂ©taires des gouvernements, des flux monĂ©taires et des taux d’intĂ©rĂŞt et de change. TIM projette les rĂ©percussions directes sur la demande finale, la production, l’emploi, la formation des prix et le revenu sectoriel de l’économie qui rĂ©sultent des diffĂ©rents choix politiques. Ceux-ci permettent Ă  leur tour d’estimer l’effet des politiques en lien avec le changement climatique et des rĂ©percussions connexes sur l’économie nationalerĂ©fĂ©rence 25.

NextGrid et E3MC sont capables de modéliser la composition des réseaux électriques au Canada jusqu’en 2050 et fondent leurs résultats sur des algorithmes d’optimisation et des contraintes qui sont distinctes pour chaque modèle, en utilisant des données provenant d’une multitude de sources, y compris Statistique Canada et une collaboration continue avec les provinces et les services publics. Dans la mesure du possible et le cas échéant, les hypothèses sous-jacentes et l’application du projet de règlement ont été harmonisées entre E3MC et NextGrid afin de produire des résultats à partir des deux modèles qui peuvent être utilisés en tandem tout au long de l’ACA. Dans l’ACA, la composition du réseau électrique dans le scénario de référence a été modélisée par E3MC, tandis que la composition du réseau électrique dans le scénario de référence a été modélisée par NextGrid et E3MC. Plus précisément, NextGrid a modélisé les décisions que peuvent prendre les groupes existants qui ne respectent pas la limite d’intensité des émissions de CO2 à partir de 2035 (c.-à-d. mise hors service anticipée, mise à niveau avec systèmes de CSC, changement du régime d’exploitation pour opérer selon la flexibilité basée sur les heures d’opérations et la masse d’émissions), tandis que E3MC a modélisé les décisions que peuvent prendre tous les autres groupes. NextGrid a également été utilisé pour modéliser et chiffrer les nouvelles lignes de transmission interprovinciales qui pourraient être construites dans le cadre du scénario réglementaire. Hormis ces lignes de transmissions, tous les autres coûts du réseau électrique et de l’ensemble de l’économie utilisés dans l’ACA ont été calculés par E3MC. L’ACA utilise les résultats d’E3MC et de NextGrid pour présenter une distribution des impacts jugés attribuables au projet de règlement, tout en reconnaissant une variété de changements économiques et environnementaux externes qui peuvent se produire au cours de la période d’analyse en utilisant des hypothèses conservatrices le cas échéant et en testant des paramètres alternatifs dans l’analyse de sensibilité.

Il est important de noter que le projet de règlement ne prescrit aucune voie de conformité particulière pour un groupe particulier qui ne respecte pas la limite d’intensité des émissions de CO2 à partir de 2035. Tous les résultats présentés dans le résumé de l’étude d’impact de la réglementation représentent un scénario modélisé indiquant ce qui pourrait se produire en réponse au projet de règlement sur la base de contraintes et d’hypothèses raisonnables (c’est-à-dire la modélisation du cas central). Ce scénario central ne représente pas la seule voie que le secteur de la production d’électricité pourrait emprunter pour se conformer aux exigences réglementaires et ne doit pas être interprété comme étant plus probable que d’autres voies potentielles. De même, il est important de reconnaître le vaste degré d’incertitude lors de la modélisation des changements structurels associés à la décarbonisation de l’économie sur une longue période. Un large éventail de résultats est finalement possible, qui pourrait être déterminé par des développements technologiques nouveaux ou imprévus, ainsi que par des facteurs macroéconomiques, des changements démographiques et des paysages politiques à tous les niveaux de gouvernement, qui pourraient modifier fondamentalement la modélisation de base.

En vertu du projet de règlement, certains coĂ»ts administratifs pour l’industrie commenceraient en 2024 dès l’enregistrement anticipĂ© du règlement. Les rĂ©sultats d’E3MC indiquent que les changements apportĂ©s Ă  la composition du rĂ©seau Ă©lectrique du Canada et les changements associĂ©s aux coĂ»ts du rĂ©seau pourraient commencer dès 2026 en prĂ©vision de l’entrĂ©e en vigueur de la limite d’intensitĂ© des Ă©missions de CO2 Ă  partir de 2035. Pour cette raison, et compte tenu de l’objectif du Canada de parvenir Ă  des Ă©missions nettes nulles d’ici 2050, la pĂ©riode d’analyse choisie pour l’ACA s’étend de 2024 Ă  2050 (soit une pĂ©riode de 27 ans). Sauf indication contraire, tous les coĂ»ts et avantages monĂ©taires sont prĂ©sentĂ©s en dollars constants de 2022, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2023 Ă  un taux d’actualisation de 2 %. Il s’agit du taux d’actualisation Ă  court terme de Ramsey actuellement utilisĂ© par le gouvernement du Canada pour monĂ©tiser les rĂ©ductions de GES, sur la base de l’état le plus rĂ©cent de la science du climat (de plus amples informations sur cette approche sont prĂ©sentĂ©es dans la sous-section sur les avantages). Dans tous les tableaux qui suivent, les totaux peuvent ne pas correspondre Ă  la somme des composantes en raison des arrondissements.

Principales hypothèses de modélisation de l’ACA

Certains groupes de production d’électricitĂ© produisent de l’électricitĂ© Ă  des fins industrielles dans les limites de l’installation (c’est-Ă -dire au sein d’une installation industrielle). Un sous-ensemble de ces groupes industriels de production vend une partie de l’électricitĂ© qu’il produit Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC. En vertu du projet de règlement, tout groupe d’une capacitĂ© supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  25 MW qui est connectĂ© Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC et qui a un solde exportateur d’électricitĂ© supĂ©rieur Ă  zĂ©ro gigawattheure Ă  partir de 2035 (ou de l’annĂ©e de conformitĂ© pertinente) doit se conformer Ă  la norme de rendement de 30 t/GWh d’émissions de CO2 sauf s’il remplit toutes les conditions liĂ©es Ă  l’une des exceptions. La modĂ©lisation de l’ACA suppose que tous les groupes de production industrielle qui ont un solde exportateur d’électricitĂ© vers un rĂ©seau Ă©lectrique supĂ©rieur Ă  zĂ©ro gigawattheure dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence entreprendraient les investissements liĂ©s Ă  la rĂ©duction des Ă©missions nĂ©cessaires pour continuer Ă  vendre une partie de l’électricitĂ© qu’elles produisent au rĂ©seau Ă©lectrique dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. Par extension, la proportion d’électricitĂ© que ces groupes industriels produisent pour une utilisation dans les limites de celle-ci respecterait Ă©galement la norme de rendement des Ă©missions de CO2. Dans l’ACA, les rĂ©ductions d’émissions attribuables Ă  la production vendue au rĂ©seau Ă©lectrique (par les compagnies d’électricitĂ© et les groupes de production industrielle) sont considĂ©rĂ©es comme des bĂ©nĂ©fices principaux, tandis que les rĂ©ductions d’émissions attribuables Ă  la production utilisĂ©e dans les limites de l’installation sont considĂ©rĂ©es comme des co-bĂ©nĂ©fices. En revanche, l’ACA ne fait aucune distinction entre les coĂ»ts encourus par les compagnies d’électricitĂ© et ceux encourus par la production industrielle. En reconnaissance du fait que tout investissement qui serait entrepris afin de respecter la norme de rendement des Ă©missions de CO2 est considĂ©rĂ© comme un coĂ»t direct du projet de règlement, quel que soit l’endroit oĂą l’électricitĂ© produite est utilisĂ©e. Les groupes industriels qui ne sont pas connectĂ©s Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC et qui produisent uniquement de l’électricitĂ© pour une utilisation dans les limites de celle-ci ne sont pas soumis au projet de règlement et sont donc hors du champ d’application de l’ACA.

Aux fins de l’analyse, le ministère a modĂ©lisĂ© dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence les lignes de transport interprovinciales (ou interconnexions), y compris celles qui n’ont pas encore Ă©tĂ© construites (par exemple, la boucle de l’Atlantique). Les interconnexions rĂ©gionales sont considĂ©rĂ©es comme une stratĂ©gie de conformitĂ© clĂ© pour les provinces tributaires du charbon afin de satisfaire aux exigences du Règlement sur la rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone — secteur de l’électricitĂ© thermique, tel qu’il a Ă©tĂ© modifiĂ© en 2018, et ne sont pas considĂ©rĂ©es comme des Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires liĂ©s au projet de règlement. La modĂ©lisation indique que les interconnexions rĂ©gionales dans la rĂ©gion de l’Atlantique constituent l’option la moins coĂ»teuse pour se conformer au projet de règlement.

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence inclut Ă©galement les politiques et programmes de financement fĂ©dĂ©raux liĂ©s aux investissements dans l’infrastructure du rĂ©seau Ă©lectrique. Plus prĂ©cisĂ©ment, le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence tient compte d’une abstraction du crĂ©dit d’impĂ´t Ă  l’investissement (CIIrĂ©fĂ©rence 26) pour les technologies propres qui a Ă©tĂ© annoncĂ© dans l’exposĂ© Ă©conomique de l’automne 2022, en rĂ©duisant le coĂ»t marginal du capital de la construction de nouvelles installations (par MW) de technologies admissibles de 30 % en 2023 jusqu’en 2031, puis en supprimant les crĂ©dits de façon linĂ©aire de 2032 Ă  2035. Le CII modĂ©lisĂ© affecte le coĂ»t relatif auquel l’industrie doit faire face pour construire des technologies du rĂ©seau Ă©lectrique non Ă©mettrices qualifiĂ©es par rapport aux technologies du rĂ©seau Ă©lectrique Ă©mettrices, augmentant ainsi l’attractivitĂ© des investissements dans la capacitĂ© non Ă©mettrice dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence par rapport Ă  ce qu’elle a Ă©tĂ© historiquement. Le CII modĂ©lisĂ© a Ă©tĂ© appliquĂ© au nuclĂ©aire, Ă  l’hydroĂ©lectricitĂ© par pompage, Ă  la petite hydroĂ©lectricitĂ©, Ă  l’éolien terrestre, Ă  l’éolien en mer, au solaire photovoltaĂŻque, Ă  l’énergie houlomotrice et au stockage, mais pas aux technologies Ă©mettrices qui mettent en Ĺ“uvre un système de captage et de stockage du carbone. La modĂ©lisation du cas central n’a pas intĂ©grĂ© l’ensemble des aides fĂ©dĂ©rales qui seront mises Ă  la disposition du secteur de la production d’électricitĂ© au Canada. Au fur et Ă  mesure que les dĂ©tails concernant le nouveau CII pour l’électricitĂ© propre et son application deviennent disponibles, ainsi que les nouvelles mesures supplĂ©mentaires annoncĂ©es dans le budget de 2023, la conception finale du CII pour les technologies propres, le CII pour le CCS et toute dĂ©cision de financement fĂ©dĂ©ral future (par exemple Fond stratĂ©gique pour l’innovation, Initiative AccĂ©lĂ©rateur net zĂ©ro), la modĂ©lisation future du scĂ©nario central serait ajustĂ©e pour s’aligner sur ce traitement. Ces dĂ©cisions de financement fĂ©dĂ©ral devraient rĂ©duire l’ampleur des impacts diffĂ©rentiels Ă©valuĂ©s pour le projet de règlement (c’est-Ă -dire des coĂ»ts et des avantages moindres), Ă©tant donnĂ© que des mesures supplĂ©mentaires visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de GES dans le secteur de la production d’électricitĂ© devraient ĂŞtre prises dans le cadre du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

Les tarifs en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick devraient augmenter à l’avenir dans le cadre du scénario de référence. En plus des mesures incluses dans l’Énoncé économique de l’automne 2022 et le budget de 2023 qui soutiennent la décarbonisation de l’électricité, le gouvernement fédéral a offert un financement pour construire des lignes de transmission qui contribueront aux efforts visant à atténuer les impacts sur les tarifs d’électricité dans la région. La réduction des augmentations de tarifs prévues dans le scénario de base diminue également l’impact global du projet de règlement sur les tarifs.

Du point de vue de l’analyse coûts-avantages, il convient de noter que toute dépense publique relative aux incitatifs financiers fédéraux constituerait un transfert de coûts de l’industrie (et, par extension, des consommateurs d’électricité) vers l’assiette fiscale générale. La modélisation du cas central tient compte de l’absorption progressive du financement fédéral en projetant d’abord la combinaison de systèmes électriques qui serait construite dans les scénarios de référence et de réglementation avec le CII modélisé en place, puis en déterminant les dépenses publiques supplémentaires associées à ces investissements.

Composition du réseau électrique

La composition du rĂ©seau Ă©lectrique canadien peut ĂŞtre caractĂ©risĂ©e sur deux bases : la capacitĂ© et la production. La capacitĂ© Ă©lectrique reprĂ©sente la capacitĂ© maximale d’un groupe Ă  produire de l’électricitĂ© (exprimĂ©e en MW), tandis que la production Ă©lectrique est la quantitĂ© rĂ©elle d’électricitĂ© produite par un groupe sur une pĂ©riode donnĂ©e (exprimĂ©e en GWh). Les groupes de production ne fonctionnent pas toujours Ă  plein rendement. Par exemple, un groupe d’éolienne produirait en dessous de sa capacitĂ© lorsque la vitesse du vent est faible et un groupe d’appoint ne produirait Ă  plein rendement que lorsque cela est nĂ©cessaire pour la fiabilitĂ©. La modĂ©lisation d’E3MC indique que le secteur des services publics d’électricitĂ© du Canada (Ă  l’exclusion de tout groupe de production industrielle) adopterait les caractĂ©ristiques de capacitĂ© suivantes dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (tableau 4) par rapport au scĂ©nario rĂ©glementaire (tableau 5) :

Tableau 4. Composition du rĂ©seau Ă©lectrique par type de technologie (en fonction de la capacitĂ©), scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence
Type de technologie 2025 2030 2035 2040 2045 2050
Émettrice note * du tableau c1 17,9 % 16,4 % 14,1 % 13,4 % 12,9 % 12,6 %
Émettrice avec CSC 0,1 % 0,1 % 0,3 % 0,4 % 0,5 % 0,5 %
NuclĂ©aire 8,8 % 6,1 % 5,1 % 4,8 % 4,6 % 4,3 %
HydroĂ©lectricitĂ© 53,1 % 43,1 % 39,2 % 37,7 % 37,0 % 36,7 %
Autres non Ă©mettrices note * du tableau c1 20,1 % 34,3 % 41,3 % 43,7 % 45,1 % 45,9 %
CapacitĂ© totale (%) 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % 100 %
CapacitĂ© totale (MW) 149 244 183 907 220 858 234 536 243 420 258 442
Stockage (MW) 2 701 4 877 6 607 7 285 7 832 9 021

Note(s) du tableau c1

Note * du tableau c1

Pour les tableaux 4 Ă  7, " Émettrice " fait rĂ©fĂ©rence aux technologies suivantes : TCPG, CCPG, petit CCPG, PG Ă  la vapeur, Charbon, Biomasse et dĂ©chet, ce qui peut ĂŞtre diffĂ©rent de ce qui constitue une technologie Ă©mettrice dans le RIN.

Retour Ă  la note * du tableau c1

Note ** du tableau c1

Pour les tableaux 4 Ă  7, " Autres non Ă©mettrices " fait rĂ©fĂ©rence aux technologies suivantes : Ă©olien terrestre, Ă©olien en mer, PV solaire, gĂ©othermie et turbine marĂ©motrice.

Retour Ă  la note ** du tableau c1

Tableau 5. Composition du rĂ©seau Ă©lectrique par type de technologie (en fonction de la capacitĂ©), scĂ©nario rĂ©glementaire
Type de technologie 2025 2030 2035 2040 2045 2050
Émettrice 17,9 % 15,6 % 9,0 % 8,0 % 6,7 % 6,5 %
Émettrice avec CSC 0,1 % 0,9 % 3,8 % 4,2 % 4,9 % 4,8 %
NuclĂ©aire 8,8 % 6,2 % 5,4 % 5,0 % 5,1 % 5,1 %
HydroĂ©lectricitĂ© 53,1 % 43,1 % 39,6 % 38,0 % 37,6 % 37,6 %
Autres non Ă©mettrices 20,1 % 34,3 % 42,2 % 44,8 % 45,6 % 46,0 %
CapacitĂ© totale (%) 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % 100 %
CapacitĂ© totale (MW) 149 244 183 725 219 876 240 008 247 801 260 301
Stockage (MW) 2 701 5 052 6 887 7 745 8 658 9 931

De mĂŞme, E3MC suggère que le secteur des services publics d’électricitĂ© du Canada (Ă  l’exclusion de tout groupe de production industrielle) adopterait les caractĂ©ristiques de production suivantes dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (tableau 6) par rapport au scĂ©nario rĂ©glementaire (tableau 7).

Tableau 6. Composition du rĂ©seau Ă©lectrique par type de technologie (base de production), scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence
Type de technologie 2025 2030 2035 2040 2045 2050
Émettrice 14,3 % 9,9 % 7,1 % 6,9 % 6,3 % 6,2 % note * du tableau c3
Émettrice avec CSC 0,1 % 0,1 % 0,1 % 0,1 % 0,1 % 0,1 %
NuclĂ©aire 10,9 % 9,7 % 9,7 % 9,0 % 8,7 % 8,3 %
HydroĂ©lectricitĂ© 62,0 % 56,4 % 52,9 % 51,5 % 50,7 % 49,9 %
Autres non Ă©mettrices 12,6 % 23,8 % 30,2 % 32,5 % 34,1 % 35,6 %
Production totale (%) 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % 100 %
Production totale (GWh) 620 300 685 808 772 314 807 363 836 810 885 514

Note(s) du tableau c3

Note * du tableau c3

Sur cette proportion, 9 % de la production d’émissions en 2050 est attribuable Ă  la biomasse et aux dĂ©chets.

Retour Ă  la note * du tableau c3

Tableau 7. Composition du rĂ©seau Ă©lectrique par type de technologie (base de production), scĂ©nario rĂ©glementaire
Type de technologie 2025 2030 2035 2040 2045 2050
Émettrice 14,3 % 9,7 % 3,8 % 1,7 % 0,8 % 1,1 % note * du tableau c4
Émettrice avec CSC 0,1 % 0,3 % 1,1 % 0,8 % 1,2 % 1,1 %
NuclĂ©aire 10,9 % 9,7 % 10,1 % 9,5 % 9,2 % 9,3 %
HydroĂ©lectricitĂ© 62,0 % 56,4 % 54,0 % 53,5 % 53,5 % 52,5 %
Autres non Ă©mettrices 12,6 % 23,8 % 31,1 % 34,5 % 35,3 % 36,1 %
Production totale (%) 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % 100 %
Production totale (GWh) 620 300 685 689 774 404 810 726 838 254 886 766

Note(s) du tableau c4

Note * du tableau c4

Sur cette proportion, 42 % de la production d’émissions en 2050 est attribuable Ă  la biomasse et aux dĂ©chets.

Retour Ă  la note * du tableau c4

En l’absence du projet de règlement (tableau 6), il aurait Ă©tĂ© anticipĂ© que le rĂ©seau Ă©lectrique canadien rĂ©duise la production provenant de technologie Ă©mettrice de 14,3 % en 2025 Ă  6,2 % en 2050 et qu’il augmente la production provenant de technologie non Ă©mettrice de 85,5 % en 2025 Ă  93,7 % en 2050. En revanche, en vertu du projet de règlement (tableau 7), il est anticipĂ© que le rĂ©seau Ă©lectrique canadien rĂ©duise la production provenant de technologie Ă©mettrice de 14,3 % en 2025 Ă  1,1 % en 2050 et augmente la production provenant de technologie non Ă©mettrice de 85,5 % en 2025 Ă  97,9 % en 2050.

Avantages

Le projet de règlement rĂ©duirait la quantitĂ© de GES Ă©mis par les groupes de production d’électricitĂ© au Canada, sous forme de dioxyde de carbone (CO2), de mĂ©thane (CH4) et d’oxyde nitreux (N2O), le CO2 Ă©tant le plus important. La rĂ©duction des Ă©missions de ces gaz permettrait d’éviter les dommages causĂ©s par le changement climatique Ă  l’échelle mondiale. Le projet de règlement rĂ©duirait Ă©galement la quantitĂ© de polluants atmosphĂ©riques Ă©mis par les groupes de production d’électricitĂ©, notamment les oxydes d’azote (NOX), les oxydes de soufre (SOX), les particules primaires d’une largeur infĂ©rieure Ă  2,5 microns (PM2,5) et le mercure (Hg). La rĂ©duction de ces polluants atmosphĂ©riques pourrait entraĂ®ner une amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’air au niveau local, en fonction des caractĂ©ristiques gĂ©ographiques et mĂ©tĂ©orologiques des sites d’émission, ce qui pourrait avoir des effets bĂ©nĂ©fiques sur la santĂ© et l’environnement.

Étant donné que les sources de production d’électricité émettrices sont remplacées par des sources peu ou non émettrices, le projet de règlement permettrait également au secteur de l’électricité de réaliser des économies au fil du temps, sous la forme d’une utilisation évitée des combustibles, d’opération et de maintenance, et de remise en état.

Chacun de ces avantages est décrit en détail dans les sous-sections ci-dessous.

Dommages évités au niveau mondial en raison du changement climatique

En utilisant les rĂ©sultats du modèle E3MC, l’ACA estime que le projet de règlement entraĂ®nerait la rĂ©duction de 272 Mt de GES (exprimĂ©s en CO2e) provenant de la production d’électricitĂ© vendue Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC, ainsi que la rĂ©duction de 70 Mt de GES provenant de la production d’électricitĂ© utilisĂ©e dans les limites de l’installation, pour des rĂ©ductions totales de près de 342 Mt au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans (2024 Ă  2050) [tableau 8].

Tableau 8. RĂ©ductions supplĂ©mentaires de GES (exprimĂ©es en kilotonnes de CO2 e note * du tableau c5 )
Description 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annuelle (n=27)
CO2 (rĂ©seau Ă©lectrique) 1 112 13 024 75 308 87 058 93 811 268 088 9 929
CH4 (rĂ©seau Ă©lectrique) 5 124 643 577 568 1 907 71
N2O (rĂ©seau Ă©lectrique) 12 83 539 566 589 1 765 65
CO2 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 2 293 5 508 20 492 20 689 20 544 69 527 2 575
CH4 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 1 31 126 54 26 238 9
N2O (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 12 28 106 104 101 350 13
Principaux avantages : RĂ©ductions de GES attribuables Ă  la production d’électricitĂ© vendue au rĂ©seau Ă©lectrique note ** du tableau c5 1 129 13 231 76 490 88 201 94 968 271 761 10 065
Co-bĂ©nĂ©fices : RĂ©ductions de GES attribuables Ă  la production d’électricitĂ© utilisĂ©e " Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation " note *** du tableau c5 2 306 5 567 20 725 20 847 20 671 70 116 2 597
RĂ©ductions totales de GES 1 177 18 798 97 215 109 048 115 640 341 877 12 662

Note(s) du tableau c5

Note * du tableau c5

CH4 et N2O ont été convertis en CO2e en utilisant des facteurs de potentiel de réchauffement planétaire de 25 et 298, respectivement.

Retour Ă  la note * du tableau c5

Note ** du tableau c5

Ce sous-total représente la somme du CO2 (réseau électrique), du CH4 (réseau électrique) et du N2O (réseau électrique).

Retour Ă  la note ** du tableau c5

Note *** du tableau c5

Ce sous-total reprĂ©sente la somme de CO2 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation "), CH4 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") et N2O (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ").

Retour Ă  la note *** du tableau c5

Les dommages Ă©vitĂ©s au niveau mondial provenant des changements climatiques associĂ©s Ă  ces rĂ©ductions de GES peuvent ĂŞtre monĂ©tisĂ©s Ă  l’aide d’estimations du coĂ»t social de chaque polluant. En novembre 2022, l’Agence amĂ©ricaine de protection de l’environnement (US EPA) a publiĂ© la version prĂ©liminaire d’un rapport [« Report on the Social Cost of Greenhouse Gases: Estimates Incorporating Recent Scientific Advances (disponible en anglais seulement) Â»] dans laquelle les mĂ©thodologies et les valeurs du coĂ»t social (CS) ont Ă©tĂ© mises Ă  jour et prĂ©sentĂ©es pour le CO2, le CH4 et le N2O. Au cours du mois d’avril 2023, le ministère a publiĂ© un projet d’orientation sur les CS pour le Canada, en accord avec les valeurs des CS-GES proposĂ©es par l’EPA. Un sous-ensemble de valeurs canadiennes CS-GES tirĂ©es de ce document d’orientation est prĂ©sentĂ© dans le tableau 9.

Tableau 9. Valeurs annuelles CS-CO2, CS-CH4 et CS-N2O pour certaines annĂ©es (2021 $ CA, $/t, actualisĂ© Ă  l’annĂ©e d’indice pertinente Ă  2 %) note * du tableau c6
Année de l’indice CS-CO2 CS-CH4 CS-N2O
2020 247 $ 2 107 $ 69 230 $
2025 271 $ 2 589 $ 77 066 $
2030 294 $ 3 073 $ 84 903 $
2035 317 $ 3 634 $ 92 894 $
2040 341 $ 4 194 $ 100 886 $
2045 367 $ 4 803 $ 109 902 $
2050 394 $ 5 410 $ 118 919 $

Note(s) du tableau c6

Note * du tableau c6

Les valeurs CS pour CH4 et N2O intègrent leur propre concept de potentiel de réchauffement planétaire dans les calculs. Ainsi, pour utiliser ces valeurs CS dans l’ACA, elles doivent être multipliées par les réductions de tonnage de CH4 et de N2O, et non par les réductions de tonnage de ces polluants exprimées en CO2e.

Retour Ă  la note * du tableau c6

Les valeurs canadiennes du CS-GES du tableau 9 reflètent l’état le plus rĂ©cent de la science du climat. Comme l’explique la version prĂ©liminaire du rapport de l’EPA, les valeurs CS-GHG actualisĂ©es sont le fruit de l’interaction de quatre modules : socio-Ă©conomique et Ă©missions, climatique, dommages, et actualisation. Le module socio-Ă©conomique et Ă©missions repose sur un nouvel ensemble de projections probabilistes de la population, des revenus et des Ă©missions de GES Ă©laborĂ©es dans le cadre de l’initiative « Resources for the Future Social Cost of Carbon Â» (coĂ»t social du carbone). Le module climatique s’appuie sur le modèle « Finite Amplitude Impulse Response Â» (un modèle du système terrestre largement utilisĂ© et recommandĂ© par les « National Academies Â»), qui saisit les relations entre les Ă©missions de GES, les concentrations atmosphĂ©riques de GES et la tempĂ©rature moyenne Ă  la surface du globe. Les projections socio-Ă©conomiques et les rĂ©sultats du module climatique sont utilisĂ©s comme donnĂ©es d’entrĂ©e dans le module des dommages pour estimer les dommages futurs monĂ©tisĂ©s rĂ©sultant des changements de tempĂ©rature. Le module d’actualisation actualise le flux des futurs dommages climatiques en remontant jusqu’à l’annĂ©e des Ă©missions Ă  l’aide d’un ensemble de taux d’actualisation dynamiques qui comportent une grande part d’incertitude. Comme indiquĂ© dans la version prĂ©liminaire du rapport de l’EPA, les modules utilisent des hypothèses mĂ©thodologiques prudentes et sont donc susceptibles de sous-estimer les dommages marginaux dus Ă  la pollution par les GES.

L’ACA a converti les valeurs CS-GES canadiennes prĂ©sentĂ©es au tableau 9 en dollars constants de 2022 en utilisant un facteur de conversion de 1,068 98 (dĂ©rivĂ© des estimations de l’Indice des prix Ă  la consommation dans E3MC), puis a multipliĂ© ces valeurs par les rĂ©ductions de tonnage de chaque polluant (pas en termes de CO2e) rĂ©sumĂ©es dans le tableau 8, avant d’actualiser les rĂ©sultats Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2023 Ă  2 %. Comme le montre le tableau 10, le projet de règlement permettrait d’éviter plus de 87,5 milliards de dollars de dommages mondiaux causĂ©s par les changements climatiques au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans, dont 69,45 milliards de dollars seraient attribuables Ă  la production d’électricitĂ© vendue au rĂ©seau Ă©lectrique.

Tableau 10. Dommages Ă©vitĂ©s au niveau mondial en raison du changement climatique (millions de dollars)
Description 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
CO2 (rĂ©seau Ă©lectrique) 306 3 477 19 809 22 347 23 440 68 767 3 321
CH4 (réseau électrique) 1 15 81 76 76 248 12
N2O (réseau électrique) 3 22 140 145 148 453 22
CO2 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 632 1 478 5 392 5 313 5 134 17 949 867
CH4 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 0,1 4 16 7 4 30 1
N2O (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 3 7 28 27 26 90 4
Principaux avantages : Avantages en matière de changement climatique attribuables Ă  la production d’électricitĂ© vendue au rĂ©seau Ă©lectrique note * du tableau c7 310 3 514 20 030 22 568 23 665 69 468 3 355
Co-bĂ©nĂ©fices : BĂ©nĂ©fices liĂ©s au changement climatique attribuable Ă  la production d’électricitĂ© utilisĂ©e " Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation " note ** du tableau c7 635 1 489 5 436 5 346 5 163 18 069 873
Total des bĂ©nĂ©fices liĂ©s au changement climatique 325 5 003 25 466 27 914 28 828 87 537 4 227
Note(s) du tableau c7
Note * du tableau c7

Ce sous-total représente la somme du CO2 (réseau électrique), du CH4 (réseau électrique) et du N2O (réseau électrique).

Retour Ă  la note * du tableau c7

Note ** du tableau c7

Ce sous-total reprĂ©sente la somme de CO2 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation "), CH4 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") et N2O (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ").

Retour Ă  la note ** du tableau c7

Comme indiquĂ© dans la description du REIR, une marge de manĹ“uvre serait disponible jusqu’en 2040 pour tout groupe qui met en service un système de CSC, ce qui permettrait Ă  ces groupes de fonctionner jusqu’à 40 t/GWh pendant sept ans ou jusqu’au 31 dĂ©cembre 2039, selon la première Ă©ventualitĂ©, Ă  condition que le groupe ait dĂ©montrĂ© qu’il peut fonctionner Ă  30 t/GWh ou moins pendant deux pĂ©riodes dĂ©terminĂ©es au cours d’une annĂ©e. La modĂ©lisation de l’ACA part du principe que ces groupes seront en mesure d’atteindre 30 t/GWh d’ici 2035 et ne modĂ©lise donc pas l’utilisation de cette flexibilitĂ© de conformitĂ©. Il convient de noter qu’en fonction de l’utilisation de la flexibilitĂ© de conformitĂ© par les groupes Ă©quipĂ©s d’un système de CSC, les rĂ©ductions de GES et les avantages monĂ©taires associĂ©s, les Ă©conomies de combustible et les coĂ»ts variables d’exploitation et d’entretien pour ces groupes peuvent ĂŞtre lĂ©gèrement surestimĂ©s dans les annĂ©es prĂ©cĂ©dant 2040. Toutefois, Ă©tant donnĂ© que la limite d’intensitĂ© des Ă©missions pour les groupes au gaz naturel (la majoritĂ© des utilisateurs de CSC) dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence est de 420 Ă  550 t/GWh selon le Règlement limitant les Ă©missions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricitĂ© thermique au gaz naturel, le fait de passer de ces limites d’intensitĂ© des Ă©missions Ă  40 t/GWh dans le scĂ©nario rĂ©glementaire (plutĂ´t qu’à 30 t/GWh) pour un nombre limitĂ© d’annĂ©es ne devrait pas rĂ©duire de façon significative les avantages marginaux liĂ©s aux changements climatiques dĂ©crits dans le tableau 10.

Avantages potentiels pour la santé

En utilisant les rĂ©sultats de l’E3MC, l’ACA estime que le projet de règlement entraĂ®nerait des rĂ©ductions des Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques provenant de la production d’électricitĂ© vendue au rĂ©seau Ă©lectrique ainsi que de la production d’électricitĂ© utilisĂ©e «à l’intĂ©rieur des limites d’une installation Â». Le tableau 11 prĂ©sente une rĂ©partition de ces rĂ©ductions par polluant sur la pĂ©riode analytique de 27 ans.

Tableau 11. RĂ©ductions supplĂ©mentaires des Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques, par polluant (tonnes)
Description 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annuelle (n=27)
NOX (rĂ©seau Ă©lectrique) 2 154 25 140 131 363 95 244 90 705 344 605 12 763
SOX (rĂ©seau Ă©lectrique) 9 277 6 942 42 663 18 965 18 835 96 682 3 581
P2,5 (rĂ©seau Ă©lectrique) 44 1 695 8 557 7 858 7 983 26 138 968
Hg (rĂ©seau Ă©lectrique) 0,010 8 0,062 5 0,313 7 0,314 0 0,313 8 1,014 9 0,037 6
NOX (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 1 750 3 891 17 863 28 040 27 952 79 496 2 944
SOX (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 2 033 2 315 8 186 23 445 23 220 59 200 2 193
PM2,5 (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 14 17 158 544 534 1 268 47
Hg (" Ă  l’intĂ©rieur des limites d’une installation ") 0,000 3 0,001 1 0,004 2 0,004 3 0,004 3 0,014 2 0,000 5

La rĂ©partition de ces rĂ©ductions supplĂ©mentaires d’émissions de polluants atmosphĂ©riques par province au cours de la pĂ©riode d’analyse est prĂ©sentĂ©e dans le tableau 12.

Tableau 12. RĂ©ductions supplĂ©mentaires des Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques entre 2024 et 2050, par province (en tonnes) note * du tableau c7
Province NOX SOX PM2,5 Hg
T.-N.-L. 591 63 7 0,000 0
ĂŽ.-P.-É. 146 185 9,5 0,000 0
N.-É. 27 816 15 039 −224 0,015 4
N.-B. 4 112 29 004 65 0,000 0
Qc 0,0 0,0 0,0 0,0000
Ont. 225 718 −55 24 412 0,000 1
Man. 0,0 0,0 0,0 0,0000
Sask. 50 821 68 513 1 900 0,836 3
Alb. 103 914 41 712 1 064 0,015 0
C.-B. 10 978 1 421 172 0,162 1
Yn 0,6 0 0 0,000 0
T.N.-O. 3,7 0 0,1 0,000 0
Nun. 2 0 0 0,000 0
Total 424 101 155 882 27 406 1,029 0
Note(s) du tableau c9
Note * du tableau c9

E3MC tient compte des émissions de polluants atmosphériques provenant de la production d’électricité ainsi que d’une quantité relativement faible d’émissions de polluants atmosphériques provenant des processus opérationnels, y compris la distribution. Il est possible que certains types de technologie soient associés à des émissions de polluants atmosphériques nulles pour la production d’électricité, mais positives pour les processus opérationnels. Les totaux présentés dans ce tableau représentent la somme des deux sources d’émissions de polluants atmosphériques.

Retour Ă  la note * du tableau c9

Comme le montre le tableau 12, l’Alberta, la Saskatchewan, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick sont les provinces qui subiraient les plus fortes rĂ©ductions d’émissions de polluants atmosphĂ©riques, en grande partie attribuables Ă  l’abandon des centrales au gaz naturel au profit de sources de production d’électricitĂ© peu ou non Ă©mettrices. DĂ©pendamment de la localisation de ces rĂ©ductions d’émissions de polluants atmosphĂ©riques, il est attendu que le projet de règlement amĂ©liorerait la qualitĂ© de l’air au niveau local. Il convient de noter que la biomasse, la biomasse avec les systèmes de CSC et le gaz naturel avec CSC sont associĂ©s Ă  des Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques provenant de la production d’électricitĂ©. Par consĂ©quent, les provinces oĂą ces technologies sont mises en place de façon progressive et importante pourraient connaĂ®tre des rĂ©ductions diffĂ©rentielles globales de polluants atmosphĂ©riques moins importantes que les provinces qui misent davantage sur des types de technologies sans Ă©mission.

La pollution de l’air est reconnue mondialement comme un facteur majeur de dĂ©veloppement de maladies et de dĂ©cès prĂ©maturĂ©s et constitue un facteur de risque environnemental clĂ© pour la santĂ© humaine au Canada. L’exposition Ă  la pollution atmosphĂ©rique augmente le risque de mortalitĂ© prĂ©maturĂ©e par cardiopathie, accident vasculaire cĂ©rĂ©bral et cancer du poumon, ainsi que le risque de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Les enfants, les personnes âgĂ©es et les personnes souffrant de problèmes de santĂ© sous-jacents sont particulièrement vulnĂ©rables aux effets nĂ©fastes de la pollution atmosphĂ©rique. Par ailleurs, les preuves scientifiques montrent que les effets nĂ©fastes sur la santĂ© se produisent Ă  des concentrations très faibles pour de nombreux polluants, sans indication d’un seuil en dessous duquel il n’y a pas de risques. Par consĂ©quent, une lĂ©gère diminution de la pollution atmosphĂ©rique est associĂ©e Ă  une rĂ©duction du risque d’effets nĂ©fastes sur la santĂ© pour les populations exposĂ©es. En 2015, le ministère de la SantĂ© a estimĂ© que la pollution atmosphĂ©rique provenant des groupes de production d’électricitĂ© contribue Ă  environ 150 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s par an au Canada, ainsi qu’à de nombreuses consĂ©quences non fatales, pour un coĂ»t total de 1,2 milliard de dollars par an (dollars constants de 2015)rĂ©fĂ©rence 27. Alors que les effets nĂ©gatifs sur la santĂ© devraient ĂŞtre considĂ©rablement attĂ©nuĂ©s par le Règlement modifiant le Règlement sur la rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone — secteur de l’électricitĂ© thermique au charbon, le projet de règlement devrait Ă©galement rĂ©duire les effets nĂ©gatifs sur la santĂ©.

Le projet de règlement permettrait Ă©galement de rĂ©duire les Ă©missions de mercure de 1 029 kg, dont la majeure partie se situerait dans le sud de la Saskatchewan. L’exposition au mercure est associĂ©e Ă  un large Ă©ventail d’effets nĂ©fastes sur la santĂ© humaine (notamment, le système nerveux est sensible Ă  la toxicitĂ© du mercure), les fĹ“tus et les enfants en dĂ©veloppement Ă©tant les plus sensibles Ă  ces effets nĂ©fastes sur la santĂ©.

Les répercussions sur la qualité de l’air et les bénéfices sanitaires associés n’ont pas été quantifiés ni monétisés dans cette analyse. Cependant, les réductions des émissions de polluants atmosphériques associées au projet de règlement devraient réduire le risque d’effets néfastes sur la santé des populations concernées, ce qui se répercuterait comme un bénéfice économique dans l’avenir.

Avantages potentiels pour l’environnement

Dans la mesure oĂą les rĂ©ductions de la pollution atmosphĂ©rique dĂ©crites dans le tableau 12 amĂ©liorent la qualitĂ© de l’air au niveau local, le projet de règlement peut Ă©galement rĂ©duire les nuisances environnementales en amĂ©liorant la visibilitĂ©, en Ă©vitant les coĂ»ts de nettoyage des surfaces, en amĂ©liorant le rendement des cultures, en amĂ©liorant la santĂ© des Ă©cosystèmes forestiers et en rĂ©duisant le risque de maladie ou de dĂ©cès prĂ©maturĂ© chez les populations sensibles d’animaux sauvages ou d’élevage, en fonction de ce qui se trouve Ă  proximitĂ© du site d’émission. Comme pour les avantages potentiels pour la santĂ©, les rĂ©percussions sur la qualitĂ© de l’air et les bĂ©nĂ©fices environnementaux associĂ©s n’ont pas Ă©tĂ© quantifiĂ©s ni monĂ©tisĂ©s dans cette analyse.

Économies de carburant

Les centrales Ă©mettrices ont besoin d’une source de combustible pour produire de l’électricitĂ© (gaz naturel, mazout lourd, mazout lĂ©ger, gaz de pĂ©trole liquĂ©fiĂ©, biomasse, dĂ©chets, etc.) En revanche, les groupes non Ă©metteurs utilisent des sources d’énergie renouvelables telles que l’eau, le vent, la chaleur ou le soleil pour produire de l’électricitĂ©, qui sont toutes fournies par l’environnement naturel. Ă€ l’exception des centrales qui mettent en Ĺ“uvre le CSCrĂ©fĂ©rence 28, le passage des types de centrales Ă©mettrices Ă  des types de centrales Ă  peu ou non Ă©mettrices en vertu du projet de règlement rĂ©duirait considĂ©rablement les coĂ»ts opĂ©rationnels du secteur de la production d’électricitĂ© en ce qui concerne les carburants. En utilisant les rĂ©sultats du modèle E3MC, l’ACA estime que le projet de règlement entraĂ®nerait des Ă©conomies totales de 13,5 milliards de dollars en carburant pour les groupes de production d’électricitĂ© au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. La rĂ©partition de ces Ă©conomies par province est prĂ©sentĂ©e au tableau 13.

Tableau 13. Économies diffĂ©rentielles de carburant par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 0 54 237 103 48 442 21
Î.-P.-É. 0 4 8 1 0 13 1
N.-É. -5 147 651 661 532 1 986 96
N.-B. 4 81 279 64 130 558 27
Qué. 0 6 28 26 24 84 4
Ont. -23 245 1 484 1 798 1 353 4 858 235
Man. 0 0 0 0 0 0 0
Sask. -2 100 632 718 701 2 148 104
Alb. 2 135 899 1 035 1 141 3 211 155
C.-B. 0 13 74 69 66 222 11
Yn. 0 0 0 0 0 0 0
T.N.-O. 0 0 0 0 0 0 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total -25 785 4 292 4 475 3 994 13 522 653
Note(s) du tableau c10
Note * du tableau c10

Les dépenses en combustibles augmentent au cours des premières années de la période d’analyse en raison de l’évolution de la production par rapport aux importations, ainsi que de l’utilisation de combustibles provenant des nouvelles technologies du réseau électrique dont la construction est modélisée au cours de cette période (c’est-à-dire la production d’électricité au gaz naturel avec système de CSC, et la production d’électricité avec de la biomasse). Cette observation vaut également pour les coûts variables d’exploitation et d’entretien.

Retour Ă  la note * du tableau c10

Un exemple détaillé de la manière dont les économies de carburant ont été calculées sera fourni sur demande par le département dans les mois à venir.

Économies sur les coûts variables d’opération et de maintenance

Si l’on considère tous les types de centrales peu ou non Ă©mettrices, le coĂ»t moyen d’opĂ©ration et de maintenance de ces groupes sur une base variable (par MWh de production) est infĂ©rieur Ă  celui des types de centrales Ă©mettrices. Ainsi, le passage de types de centrales Ă©mettrices Ă  des types de centrales peu ou non Ă©mettrices dans le cadre du projet de règlement tendrait Ă  rĂ©duire les coĂ»ts variables d’opĂ©ration et de maintenance (VOM) pour le secteur de l’électricitĂ©. En utilisant les rĂ©sultats du modèle E3MC, l’ACA estime que le projet de règlement entraĂ®nerait des Ă©conomies totales de 1,4 milliard de dollars en coĂ»ts VOM au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. La rĂ©partition de ces Ă©conomies par province est prĂ©sentĂ©e au tableau 14.

Tableau 14. Économies diffĂ©rentielles sur les coĂ»ts variables d’opĂ©ration et de maintenance par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 0 2 9 3 2 16 1
Î.-P.-É. 0 0 1 1 1 3 0
N.-É. 0 8 26 30 29 93 4
N.-B. 1 10 26 10 19 67 3
Qué. 0 0 -1 -1 0 -2 0
Ont. -3 32 147 166 140 482 23
Man. 0 0 0 0 0 0 0
Sask. 0 17 85 63 40 205 10
Alb. -5 23 264 185 182 650 31
C.-B. -1 -8 -25 -32 -45 -111 -5
Yn. 0 0 0 0 0 0 0
T.N.-O. 0 0 0 0 0 0 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total -7 83 531 426 368 1 402 68

Un exemple détaillé de la manière dont les économies de coûts variables d’opération et de maintenance ont été calculées sera fourni sur demande par le département dans les mois à venir.

Réduction des coûts de mise à neuf

Les coûts de mise à neuf sont des coûts d’investissement périodiques entrepris à la fin de la durée de vie opérationnelle d’un groupe, dépensés pour remettre un groupe dans un état similaire à celui de sa mise en service initiale. Le modèle E3MC n’applique pas le concept de durée de vie opérationnelle d’un groupe et, par conséquent, le modèle assume que de nombreux groupes continuent à fonctionner, quel que soit leur âge. Pour s’assurer que les coûts de mise à neuf périodique sont pris en compte dans l’analyse, l’ACA applique un coût supplémentaire aux groupes l’année où ils atteignent la fin de leur durée de vie utile. Une fois ce surcoût appliqué, l’ACA modélise ce groupe pour une autre durée de vie utile, après laquelle le surcoût serait à nouveau encouru. Ce cycle se répète de la date de mise en service d’un groupe jusqu’à la fin de la période d’analyse en 2050.

L’ACA conçoit le coût de mise à neuf comme étant celui associé au remplacement d’un ancien groupe sur le même site. Ce coût type de remplacement utilise l’infrastructure d’un ancien groupe comme base, ce qui est beaucoup moins coûteux que la construction d’un nouveau groupe dans une nouvelle zone. La différence de coût la plus importante entre la construction d’un nouveau groupe sur un site existant et celle d’un nouveau groupe sur un nouveau site est la présence de lignes d’alimentation en combustible et de lignes de transmission d’électricité qui relient les groupes en amont et en aval. L’ACA part de l’hypothèse prudente que le coût de la construction d’une nouvelle centrale sur un site existant est d’un tiers de celui de la construction d’une nouvelle centrale sur un nouveau site, quel que soit le type de centrale. Cette hypothèse prudente sous-estime probablement l’ampleur des économies qui seraient réalisées.

En vertu du projet de règlement, les provinces ayant une grande quantitĂ© de capacitĂ© Ă©mettrice dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence devraient voir les coĂ»ts de mise Ă  neuf rĂ©duits dans le scĂ©nario rĂ©glementaire Ă  mesure que les groupes sont retirĂ©s, Ă  deux exceptions près. La première exception concerne les groupes au gaz naturel sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions qui se convertissent au gaz naturel avec CSC, qu’on suppose respecter leur calendrier de remise en Ă©tat initial, mais dont les coĂ»ts de mise Ă  neuf seraient dĂ©sormais plus Ă©levĂ©s Ă  la fin de leur durĂ©e de vie utile. La deuxième exception concerne le stockage de l’électricitĂ©, dont la durĂ©e de vie est plus courte que celle des autres infrastructures du rĂ©seau Ă©lectrique. Dans l’ensemble, la modĂ©lisation de l’ACA estime que le projet de règlement permettrait de rĂ©aliser des Ă©conomies supplĂ©mentaires de 55 millions de dollars sur les coĂ»ts de remise Ă  neuf au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. La distribution des Ă©conomies de coĂ»ts de remise Ă  neuf par province est prĂ©sentĂ©e au tableau 15.

Tableau 15. Économies diffĂ©rentielles liĂ©es Ă  la remise Ă  neuf par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 0 0 11 29 0 41 2
Î.-P.-É. 0 0 0 0 0 0 0
N.-É. 0 0 -24 0 0 -24 -1
N.-B. 0 0 0 0 0 0 0
Qué. 0 30 -6 3 0 27 1
Ont. 0 48 101 0 0 149 7
Man. 0 0 0 0 0 0 0
Sask. 0 0 -5 -85 0 -90 -4
Alb. 99 0 0 -219 -78 -198 -10
C.-B. 0 0 111 -9 49 151 7
Yn. 0 0 0 0 0 0 0
T.N.-O. 0 0 0 0 0 0 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total 99 77 189 -281 -28 55 3
Coûts

À mesure que les sources de production d’électricité émettrices sont remplacées par des sources peu ou non émettrices, le projet de règlement entraînerait des coûts supplémentaires liés à la construction de nouvelles capacités de production et de stockage, à la construction de nouvelles lignes de transmission, aux opérations fixes et à la maintenance, à la valeur résiduelle du capital en cas de mise hors service anticipée et à l’augmentation des dépenses nettes d’importation ainsi que l’augmentation des coûts administratifs et gouvernementaux.

Chacun de ces coûts est décrit en détail dans les sous-sections ci-dessous.

Coûts d’investissement pour les nouvelles capacités du réseau électrique

La nouvelle capacité du réseau électrique désigne l’augmentation d’une année à l’autre de la capacité de production et de stockage requise à la fois dans le scénario de référence et dans le scénario réglementaire pour répondre à la demande d’énergie et à d’autres contraintes. Le projet de règlement entraînerait une diminution des nouveaux investissements dans les types de centrales émettrices et une augmentation des nouveaux investissements dans les types de centrales peu ou non émettrices. La plupart des types de centrales non émettrices ont un coût d’investissement par MW de capacité plus élevée que leurs homologues émettrices. Les types de centrales émettrices dotées d’un système de captage et de stockage du carbone ont également un coût d’investissement par MW de capacité plus élevée que leurs homologues sans dispositif de réduction d’émissions. Par conséquent, les économies associées à l’abandon de nouvelles capacités émettrices sont généralement inférieures aux coûts associés à la mise en chantier de nouvelles capacités peu ou non émettrices.

En utilisant les rĂ©sultats du modèle E3MC, l’ACA estime que le projet de règlement entraĂ®nerait un total de 53,7 milliards de dollars en coĂ»ts d’investissement diffĂ©rentiels dans le secteur de la production d’électricitĂ© pour la nouvelle capacitĂ© du rĂ©seau Ă©lectrique au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. Ces coĂ»ts d’infrastructure sont rĂ©partis par province, comme le montre le tableau 16, et par type de technologie, comme le montre le tableau 17. Le coĂ»t en capital total rĂ©parti par province est prĂ©sentĂ© au tableau 16, et le coĂ»t en capital moyen annualisĂ© par type de technologie et province est prĂ©sentĂ© au tableau 17.

Tableau 16. CoĂ»t d’investissement diffĂ©rentiel pour la nouvelle capacitĂ© du rĂ©seau Ă©lectrique par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 0 0 780 210 1 235 2 225 107
Î.-P.-É. 0 0 0 0 0 0 0
N.-É. 1 648 3 730 642 743 -623 6 140 297
N.-B. 0 0 1 405 4 340 0 5 745 277
Qué. 2 294 64 0 -79 281 14
Ont. -63 3 900 10 251 -1 225 217 13 081 632
Man. 0 0 0 0 0 0 0
Sask. 340 1 241 2 467 30 2 628 6 707 324
Alb. 2 607 14 606 683 357 -1 340 16 914 817
C.-B. 0 1 626 953 88 -93 2 574 124
Yn. 0 0 0 0 0 0 0
T.N.-O. 0 0 0 0 0 0 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total 4 534 25 398 17 246 4 543 1 946 53 667 2 592
Tableau 17. CoĂ»t en capital moyen annualisĂ© (n=27) pour les nouvelles capacitĂ©s de production d’électricitĂ© par type de technologie et province (millions de dollars)
  T.-N.-L. N.-É. N.-B. QuĂ©. Ont. Sask. Alb. C.-B. Total
TCPG 0 43 -13 0 -2 -19 -43 0 -34
CCPG 0 0 -25 0 -4 -36 -82 0 -147
Petit CCPG 0 -14 -28 0 -4 -40 -90 0 -177
GN CSC table d2 note * 0 0 0 0 0 181 820 0 1,001
Nucléaire 0 0 281 0 0 204 196 0 681
Hydro, charge de base 26 27 38 0 0 4 55 1 151
Hydro, de pointe 0 0 0 14 452 0 0 94 560
Petites centrales hydroélectriques 21 0 0 -3 95 7 -84 10 45
Biomasse 12 138 25 0 10 3 48 2 238
Biomasse CSC 0 40 0 0 105 9 12 11 138
Éolien terrestre 18 73 -0,1 2 -25 4 -24 5 52
Énergie éolienne en mer 27 19 -0,04 0 0 0 0 0 46
PV solaire -0,1 2 0 -0,01 4 8 5 0,1 19
Stockage 4 8 0 1 2 -1 4 2 19
Total 107 297 277 14 632 324 817 124 2,592
Note(s) du tableau d2
Note * du tableau d2

Les dĂ©penses en immobilisations liĂ©es au captage et stockage du carbone Ă  partir du gaz naturel comportent deux volets : la construction de nouveaux systèmes de captage et de stockage et la mise Ă  niveau des groupes existants alimentĂ©s au gaz naturel pour dĂ©ployer les systèmes de captage et stockage du carbone.

Retour Ă  la note * du tableau d2

Comme le montre le tableau 16, l’Île-du-Prince-Édouard, le Manitoba, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ne devraient pas entreprendre d’importants dĂ©veloppements de technologies sur le rĂ©seau Ă©lectrique en rĂ©ponse au projet de règlement, tandis que de nouveaux investissements importants sont attendus en Alberta, en Ontario, en Saskatchewan, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick. Comme le montre le tableau 17, la majoritĂ© des coĂ»ts en capital pour ces provinces seraient attribuables Ă  la construction de centrales utilisant la biomasse en Nouvelle-Écosse, de centrales nuclĂ©aires au Nouveau-Brunswick, de l’hydroĂ©lectricitĂ© de pointe en Ontario, de centrales nuclĂ©aires en Saskatchewan et du CSC associĂ© Ă  la production d’électricitĂ© au gaz naturel en Alberta. Dans l’ensemble, le projet de règlement entraĂ®nerait une diminution de la construction de nouveaux capitaux pour les technologies de production d’électricitĂ© sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions (TCPG, CCPG et petit CCPG), jumelĂ© Ă  une augmentation de la construction de tous les autres types de technologies de rĂ©seaux Ă©lectriques.

Un exemple dĂ©taillĂ© de la manière dont les coĂ»ts d’investissement pour les nouvelles capacitĂ©s de production d’électricitĂ© ont Ă©tĂ© calculĂ©s sera fourni sur demande par le dĂ©partement dans les mois Ă  venir. Le coĂ»t pour le gouvernement de l’adoption progressive de l’ITC modĂ©lisĂ© associĂ© aux coĂ»ts d’investissement pour le secteur de la production d’électricitĂ© indiquĂ©s dans le tableau 16 est prĂ©sentĂ© dans la sous-section consacrĂ©e aux coĂ»ts pour le gouvernement.

Coût du capital pour les nouvelles lignes de transmission

La modĂ©lisation faite avec le modèle NextGrid indique que minimiser les coĂ»ts du projet de règlement Ă  l’échelle nationale, tout en assurant sa fiabilitĂ©, impliquerait que les provinces construisent certaines interconnexions pour faciliter le mouvement de l’électricitĂ© produite au pays. En utilisant les rĂ©sultats du modèle NextGrid, l’ACA estime que le projet de règlement entraĂ®nerait un total de 6,7 milliards de dollars de coĂ»ts d’immobilisation supplĂ©mentaires pour de nouvelles lignes de transmission interprovinciales au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. L’ACA suppose que le coĂ»t en capital de toutes les nouvelles lignes de transmission serait partagĂ© Ă©galement entre les deux provinces que la ligne relie. La rĂ©partition de ces coĂ»ts d’infrastructure par province est prĂ©sentĂ©e au tableau 18.

Tableau 18. CoĂ»t d’immobilisation diffĂ©rentiel pour les nouvelles lignes de transport par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 0 0 0 0 0 0 0
Î.-P.-É. 0 79 0 0 0 79 4
N.-É. 0 0 0 0 0 0 0
N.-B. 0 79 0 0 0 79 4
Qué. 0 0 558 0 0 558 27
Ont. 0 443 597 52 291 1 383 67
Man. 0 443 38 70 486 1 038 50
Sask. 0 437 0 18 196 651 31
Alb. 0 1 132 0 374 146 1 653 80
C.-B. 0 694 0 374 146 1 215 59
Yn. 0 0 0 0 0 0 0
T.N.-O. 0 0 0 0 0 0 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total 0 3 309 1 193 889 1 265 6 656 321

Étant donnĂ© que le dĂ©veloppement et la mise en Ĺ“uvre d’une nouvelle ligne de transport interprovinciale nĂ©cessitent de nombreuses annĂ©es avant que celle-ci soit opĂ©rationnelle, toutes les interconnexions qui seraient mises en service entre 2024 et 2030 sont dĂ©jĂ  planifiĂ©es et, par consĂ©quent, ne sont pas considĂ©rĂ©es comme des coĂ»ts supplĂ©mentaires par rapport au projet de règlement. Les coĂ»ts du tableau 18 ont Ă©tĂ© calculĂ©s en multipliant la capacitĂ© de transport modĂ©lisĂ©e (MW) par le coĂ»t marginal en capital du transport estimĂ© ($/MW), comme indiquĂ© dans le tableau 19. La variation du coĂ»t marginal du capital de transport est attribuable aux diffĂ©rentes distances des lignes (kilomètres) ainsi qu’aux diffĂ©rences provinciales en matière de gĂ©ographie et de permis.

Tableau 19. CapacitĂ© de transmission diffĂ©rentielle et coĂ»t marginal estimĂ© du capital de transmission
Provinces connectées Capacité de transmission modélisée (MW) Coût marginal moyen du capital de transmission ($/MW, millions de dollars, dollars constants de 2022, non actualisés)
N.-B. — ĂŽ.-P.-É. 125 1,6
Ont. — QuĂ©. 2 000 0,8
Man. — Ont. 666 3,6
Man. — Sask. 110 3,3
Sask. — Man. 108 3,3
Alb. — Sask. 300 3,7
C.-B. — Alb. 2 100 1,6

Le projet de règlement ne devrait pas inciter Ă  Ă©tendre les interconnexions aux territoires, car la plupart des groupes de production dans les territoires ont une capacitĂ© infĂ©rieure Ă  25 MW et ne sont pas branchĂ©s Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC, ce qui les exclut du champ d’application du projet de règlement. Il convient de noter que l’analyse coĂ»ts-avantages ne tient pas compte des nouvelles lignes de transport intraprovinciales qui pourraient ĂŞtre nĂ©cessaires pour relier les nouvelles infrastructures au rĂ©seau Ă©lectrique, Ă©tant donnĂ© que l’on suppose que les nouvelles infrastructures utiliseront les lignes de transport intraprovinciales existantes.

Coûts fixes d’opération et de maintenance

Si l’on considère tous les types de centrales Ă  peu ou non Ă©mettrices, le coĂ»t moyen d’opĂ©ration et de maintenance sur une base fixe (par MW de capacitĂ©) est plus Ă©levĂ© que celui des types de centrales sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions. Ainsi, le passage de types de centrales Ă©mettrices Ă  des types de centrales peu ou non Ă©mettrices dans le cadre du projet de règlement aurait tendance Ă  augmenter les coĂ»ts fixes d’opĂ©ration et de maintenance pour le secteur de l’électricitĂ©. E3MC suggère que le projet de règlement entraĂ®nerait un total de 6,4 milliards de dollars en coĂ»ts fixes d’opĂ©ration et de maintenance au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. La rĂ©partition de ces coĂ»ts par province est prĂ©sentĂ©e dans le tableau 20.

Tableau 20. Coûts fixes différentiels de O&M par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 0 -4 28 68 165 257 12
Î.-P.-É. 0 0 -2 -2 -2 -6 0
N.-É. 30 60 146 219 178 633 31
N.-B. 0 0 26 511 463 1 001 48
Qué. 0 3 19 12 6 40 2
Ont. -3 -38 200 159 31 350 17
Man. 0 0 0 0 0 0 0
Sask. 5 62 182 253 301 802 39
Alb. 57 490 1 045 966 799 3 357 162
C.-B. 0 -16 -24 -7 -10 -57 -3
Yn. 0 0 0 0 0 0 0
T.N.-O. 0 0 -2 -2 -2 -6 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total 89 556 1 619 2 179 1 930 6 372 308

Un exemple détaillé de la manière dont les coûts fixes d’opération et de maintenance ont été calculés sera fourni sur demande par le ministère dans les mois à venir.

Valeur résiduelle du capital en cas de mise hors service anticipée

Comme indiqué précédemment, le projet de règlement ne prescrit aucune voie de conformité particulière pour un groupe particulier qui ne respecterait pas la limite d’intensité des émissions de CO2 à partir de 2035, et tous les résultats présentés dans l’analyse coûts-avantages représentent un scénario modélisé indiquant ce qui pourrait se produire en réponse au projet de règlement dans le cadre d’un scénario central. Dans ce cas central, le modèle NextGrid a modélisé les décisions qui pourraient être prises concernant les groupes existants qui ne respectent pas la limite d’intensité des émissions de CO2 à partir de 2035 (c’est-à-dire mise hors service anticipée, mise à niveau avec système de CSC ou changement du régime d’exploitation pour opérer selon la flexibilité basée sur les heures d’opérations et la masse d’émissions), tandis que le modèle E3MC a modélisé les décisions qui pourraient être prises par tous les autres groupes.

Selon la modĂ©lisation du cas central, la majoritĂ© des groupes Ă©metteurs sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions (56 %) continueraient Ă  fonctionner de manière limitĂ©e dans le cadre de la flexibilitĂ© basĂ©e sur les heures d’opĂ©rations et la masse d’émissions Ă  partir de l’annĂ©e oĂą la limite d’intensitĂ© des Ă©missions de CO2 commence Ă  s’appliquer Ă  ces groupes, afin de fournir une capacitĂ© d’appoint au rĂ©seau Ă©lectrique Ă  des fins de fiabilitĂ©. Une autre proportion de groupes Ă©metteurs sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions (35 %) continuerait Ă  fonctionner en mettant en Ĺ“uvre un système de captage et de stockage du carbone pour respecter la limite d’intensitĂ© des Ă©missions de CO2. Une minoritĂ© de groupes Ă©metteurs concernĂ©s (9 %) se retireraient plus tĂ´t qu’ils ne l’auraient fait en l’absence du projet de règlement.

En utilisant les rĂ©sultats du modèle E3MC pour monĂ©tiser les mises hors service anticipĂ©es Ă©tablies par le modèle NextGrid comme voie de conformitĂ©, l’ACA estime que la valeur rĂ©siduelle du capital de celles-ci totaliserait 1,3 milliard de dollars au cours de la pĂ©riode analytique de 27 ans (ou une moyenne annualisĂ©e de 65 millions de dollars sur 27 ans), dont la totalitĂ© devrait se produire en 2035. Ces coĂ»ts ont Ă©tĂ© estimĂ©s en multipliant d’abord la capacitĂ© (kW) de chaque groupe mis hors service en 2034 (c’est-Ă -dire leur dernière annĂ©e de pleine production) par le coĂ»t marginal du capital de la capacitĂ© de production ($/kW) de ces groupes en 2035. Cela reprĂ©sente le coĂ»t de la construction d’un nouveau groupe d’une capacitĂ© Ă©quivalente au cours de l’annĂ©e de mise hors service. Pour transformer cette valeur totale en valeur rĂ©siduelle du capital mis hors service, ces nouveaux coĂ»ts ont ensuite Ă©tĂ© multipliĂ©s par la fraction de la durĂ©e de vie restante de chaque groupe, sur la base de leur date de mise en ligne, qui est une approximation de leur date de mise en service.

Dans la mesure où d’autres capitaux devraient être constitués (ou les importations devraient augmenter) pour remplacer la production fournie par les groupes qui feraient l’objet d’une mise hors service anticipée, l’attribution d’un coût à la mise hors service anticipée peut constituer un double comptage du point de vue de l’ACA. Cependant, ce coût est conservé dans l’ACA pour tenir compte des coûts des industries qui peuvent découler du service de la dette impayée sur les actifs qui cessent de fonctionner.

Augmentation des dépenses d’importations nettes internationales

Ă€ l’aide des rĂ©sultats du modèle E3MC, l’ACA estime que les recettes d’exportation internationales supplĂ©mentaires diminueraient de 5,6 milliards de dollars (diminution de 2 % par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence), tandis que les dĂ©penses d’importation supplĂ©mentaires augmenteraient de 6 millions de dollars (augmentation de 0,01 % par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence). En consĂ©quence, les dĂ©penses nettes d’importation (dĂ©penses d’importation moins recettes d’exportation) provenant du commerce international augmenteraient de 5,6 milliards de dollars sur la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. La rĂ©partition des dĂ©penses d’importation nettes diffĂ©rentielles par province est prĂ©sentĂ©e dans le tableau 21.

Tableau 21. DĂ©penses diffĂ©rentielles d’importations nettes internationales par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 0 0 0 0 0 0 0
Î.-P.-É. 0 0 0 0 0 0 0
N.-É. 0 0 0 0 0 0 0
N.-B. -12 -41 -85 -118 -54 -309 -15
QuĂ©. 69 449 -1 274 998 1 758 2 000 97
Ont. -41 534 -972 -686 -202 -1 365 -66
Man. 12 390 1 296 1 488 752 3 938 190
Sask. 0 5 5 -58 -54 -103 -5
Alb. 0 3 21 26 20 70 3
C.-B. 13 17 -110 303 1 127 1 350 65
Yn. 0 0 0 0 0 0 0
T.N.-O. 0 0 0 0 0 0 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total 41 1 357 -1 118 1 953 3 348 5 581 270

Un exemple détaillé de la manière dont les recettes nettes d’exportation de combustible ont été calculées sera fourni sur demande par le département dans les mois à venir. L’ACA suppose qu’il n’y aurait pas de différence significative dans l’intensité moyenne des émissions de l’électricité produite au Canada par rapport à celle produite aux États-Unis aux fins du commerce bilatéral. Les fuites de carbone ne devraient pas constituer un risque pour la réalisation des dommages évités liés au changement climatique présentés dans la sous-section sur les avantages.

L’ACA considère que les rĂ©percussions que le projet de règlement pourrait avoir sur les dĂ©penses d’importations nettes nationales sont transfĂ©rĂ©es et sont donc analysĂ©es dans la section de l’analyse distributive. Il convient de noter que, sous rĂ©serve de certaines contraintes, le commerce est une alternative Ă  la constitution de capital et serait choisi lorsque cette dernière est relativement plus coĂ»teuse. Ainsi, les provinces qui devraient augmenter leurs importations nettes internationales ou intĂ©rieures Ă©viteraient Ă©galement une augmentation des coĂ»ts en capital pour la nouvelle capacitĂ© de production d’électricitĂ©. En d’autres termes, si les rĂ©percussions estimĂ©es sur le commerce ne se produisaient pas comme prĂ©vu par le modèle, le coĂ»t en capital supplĂ©mentaire pour la nouvelle capacitĂ© du rĂ©seau Ă©lectrique dĂ©crit dans le tableau 16 augmenterait proportionnellement pour les provinces dĂ©pendantes des importations.

Frais administratifs

Comme indiquĂ© dans la section Description, les exigences administratives prĂ©vues par le projet de règlement s’appliqueraient Ă  tout groupe de production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles d’une capacitĂ© supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  25 MW qui est connectĂ©e Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC, tandis que les exigences de conformitĂ© (c’est-Ă -dire le respect de la norme de rendement de 30 t/GWh ou une exception appropriĂ©e) s’appliqueraient Ă  tout groupe qui produit de l’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles, d’une capacitĂ© supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  25 MW, et qui a un solde exportateur vers un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC supĂ©rieur Ă  zĂ©ro gigawattheure. ConformĂ©ment Ă  la modĂ©lisation effectuĂ©e avec le modèle NextGrid, l’ACA estime que 125 installations seraient soumises Ă  des exigences administratives,rĂ©fĂ©rence 29 dont 124 devraient soumettre des rapports annuels complets. Bien que certaines installations puissent ĂŞtre composĂ©es de plusieurs groupes de production d’électricitĂ©, l’ACA suppose que les mĂŞmes coĂ»ts administratifs « par Ă©vĂ©nement Â» seraient encourus pour chaque installation, quel que soit le nombre de groupes contenus dans chacune d’entre elles. Les hypothèses utilisĂ©es pour Ă©valuer les coĂ»ts administratifs sont prĂ©sentĂ©es dans le tableau 22.

Tableau 22. Hypothèses de coûts administratifs, par activité administrative (dollars constants de 2022, non actualisés)
Activité administrative Calendrier Nombre d’installations (en 2024) Catégorie professionnelle Heures consacrées Taux de salaire horaire (y compris les frais généraux) Coût approximatif par événement
Familiarisation avec les exigences administratives 2024 125 Professions des sciences naturelles et appliquĂ©es 12,0 53,38 $ 641 $
Familiarisation avec les exigences administratives 2024 125 Professions juridiques et services sociaux, communautaires et gouvernementaux 8,0 53,43 $ 427 $
Familiarisation avec les exigences administratives 2024 125 Professions d’encadrement supĂ©rieur 4,0 76,77 $ 307 $
Rapport d’enregistrement — informations sur le groupe et diagramme de flux 2024 125 Sciences naturelles et appliquĂ©es et professions connexes 4,0 53,38 $ 214 $
Attribution du numĂ©ro d’enregistrement 2024 125 Personnel de bureau 0,5 31,19 $ 16 $
Rapport annuel — recherche et saisie des donnĂ©es, Ă©chantillonnage et analyse, calculs (Ă©missions de CO2, production d’électricitĂ©, solde exportateur), envoi du rapport. Ă€ partir de 2035 124 Sciences naturelles et appliquĂ©es et professions connexes 20,0 53,38 $ 1 068 $
Rapport annuel succinct — calculer le solde exportateur, envoyer le rapport Ă€ partir de 2035 1 Sciences naturelles et appliquĂ©es et professions connexes 3,0 53,38 $ 160 $
Rapport annuel — calcul de l’énergie thermique nette produite Ă€ partir de 2035 75 Sciences naturelles et appliquĂ©es et professions connexes 4,0 53,38 $ 214 $
Rapport annuel — Ă‰missions captĂ©es par le système CSC Ă€ partir de 2035 19 Sciences naturelles et appliquĂ©es et professions connexes 4,0 53,38 $ 214 $
Rapport annuel — Ă‰missions de CO2 associĂ©es Ă  l’hydrogène ou Ă  la vapeur achetĂ©e Ă€ partir de 2035 19 Sciences naturelles et appliquĂ©es et professions connexes 1,0 53,38 $ 53 $
Rapport annuel — approbation Ă€ partir de 2035 124 Professions gestionnaires supĂ©rieures 2,0 76,77 $ 154 $
Rapport annuel succinct — approbation Ă€ partir de 2035 1 Professions gestionnaires supĂ©rieures 0,5 76,77 $ 38 $
Rapport annuel — enregistrement des donnĂ©es associĂ©es Ă€ partir de 2035 125 Personnel de bureau 1,0 31,19 $ 31 $

Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, la modĂ©lisation effectuĂ©e avec le modèle NextGrid estime que la capacitĂ© totale de tous les groupes de production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles diminuerait de 8,53 % au total entre 2024 et 2050, soit une diminution moyenne de 0,34 % par an. Cette diminution annuelle moyenne de la capacitĂ© a Ă©tĂ© utilisĂ©e comme approximation de la croissance nĂ©gative du nombre d’installations touchĂ©es au cours de la pĂ©riode d’analyse. En utilisant les donnĂ©es du tableau 22 et le taux de croissance nĂ©gatif des installations concernĂ©es, le projet de règlement devrait entraĂ®ner des coĂ»ts administratifs supplĂ©mentaires de 2,0 millions de dollars pour l’industrie au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans.

Coûts pour le gouvernement

Le projet de règlement devrait entraĂ®ner un total de 104 millions de dollars en coĂ»ts gouvernementaux supplĂ©mentaires au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans. De ce total, la modĂ©lisation du cas central estime que le gouvernement dĂ©penserait 55 millions de dollars en financement fĂ©dĂ©ral supplĂ©mentaire dans le cadre du CII modĂ©lisĂ© associĂ© Ă  l’expansion progressive des technologies admissibles indiquĂ©es dans le tableau 16. Le gouvernement dĂ©penserait Ă©galement 48 millions de dollars pour l’administration du programme, principalement sous forme de nouveaux salaires pour le ministère, qui commenceraient Ă  ĂŞtre versĂ©s en 2024, lorsque l’on propose d’enregistrer le règlement. Les coĂ»ts associĂ©s Ă  la promotion de la conformitĂ© (c’est-Ă -dire les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration, Ă  l’affichage et Ă  la distribution de matĂ©riel promotionnel) devraient ĂŞtre minimes, car le bassin de parties touchĂ©es est limitĂ© et connu.

En outre, le ministère devrait engager 1 million de dollars de coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s Ă  la formation, aux inspections, aux enquĂŞtes et aux mesures prises en cas d’infractions prĂ©sumĂ©es, ainsi qu’aux activitĂ©s de mise en conformitĂ© et de promotion. Un coĂ»t unique de 58 192 $ serait Ă©galement nĂ©cessaire pour la formation des agents de contrĂ´le, ainsi qu’un coĂ»t unique de 84 195 $ pour le travail d’évaluation des renseignements stratĂ©giques (en dollars de 2022, non actualisĂ©s). L’ACA suppose que ces coĂ»ts surviendraient en 2034, un an avant l’annĂ©e oĂą les limites d’intensitĂ© des Ă©missions commenceront Ă  s’appliquer aux groupes touchĂ©s. Des coĂ»ts rĂ©currents (annuels) de 32 912 $ seraient nĂ©cessaires pour l’administration, la coordination et l’analyse afin de soutenir les activitĂ©s d’application, ainsi que 94 743 $ pour l’application, rĂ©partis comme suit : 15 259 $ pour les inspections (qui comprennent les coĂ»ts d’opĂ©ration et de maintenance, les coĂ»ts de transport et d’échantillonnage) et les mesures prises en cas d’infractions prĂ©sumĂ©es (y compris les avertissements, les ordres de conformitĂ© en matière de protection de l’environnement et les injonctions), 1 073 $ pour les enquĂŞtes, 2 378 $ pour les poursuites et 43 121 $ pour l’acquisition continue de renseignement (en dollars de 2022, non actualisĂ©s). L’ACA suppose que ces coĂ»ts commenceraient en 2035, annĂ©e oĂą les limites d’intensitĂ© des Ă©missions commenceront Ă  s’appliquer aux groupes touchĂ©s.

Déclaration coûts-avantages
Tableau 23. RĂ©sumĂ© des avantages diffĂ©rentiels totaux (en millions de dollars, sauf indication contraire)
Description 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
Principal avantage : attĂ©nuation du changement climatique -310 3 514 20 030 22 568 23 665 69 468 3 355
Co-bĂ©nĂ©fice : attĂ©nuation du changement climatique 635 1 489 5 436 5 346 5 163 18 069 873
RĂ©duction des coĂ»ts pour l’industrie 67 946 5 013 4 619 4 334 14 979 723
Total des avantages monĂ©taires 392 5 949 30 479 32 534 33 162 102 516 4 951
Principal avantage : rĂ©duction de la pollution atmosphĂ©rique
(en kilotonnes)
11 34 183 122 118 467 17
Co-bĂ©nĂ©fice : rĂ©duction de la pollution atmosphĂ©rique
(en kilotonnes)
4 6 26 52 52 140 5
Avantages quantifiés totaux (en kilotonnes) 15 40 209 174 169 607 22
Tableau 24. RĂ©sumĂ© des coĂ»ts diffĂ©rentiels totaux (en millions de dollars)
Description 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
CoĂ»ts d’investissement pour les nouvelles capacitĂ©s du rĂ©seau Ă©lectrique 4 534 25 398 17 246 4 543 1 946 53 667 2 592
CoĂ»ts d’investissement pour les nouvelles lignes de transmission 0 3 309 1 193 889 1 265 6 656 321
CoĂ»ts fixes d’opĂ©ration et de maintenance 89 556 1 619 2 179 1 930 6 372 308
Valeur rĂ©siduelle du capital en cas de mise hors service anticipĂ©e 0 1 263 0 0 0 1 263 61
CoĂ»t net des importations internationales 41 1 357 -1 118 1 953 3 348 5 581 270
Frais administratifs 0,2 0,1 0,6 0,6 0,5 2 0,1
Coûts pour le Gouvernement 66 26 5 4 4 104 8
CoĂ»ts totaux 4 731 31 910 18 945 9 568 8 492 73 647 3 557
Tableau 25. DĂ©claration des coĂ»ts et avantages du projet de règlement (millions de dollars)
Description 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
Total des avantages monĂ©taires note * du tableau d10 392 5 949 30 479 32 534 33 162 102 516 4 951
Total des coĂ»ts monĂ©tisĂ©s 4 731 31 910 18 945 9 568 8 492 73 647 3 557
BĂ©nĂ©fices nets totaux -4 339 -25 961 11 533 22 966 24 670 28 869 1 394

Note(s) du tableau d10

Note * du tableau d10

Les avantages totaux sont probablement sous-estimés, car les avantages potentiels pour la santé et l’environnement qui résulteraient au fil du temps de la réduction des émissions de polluants atmosphériques n’ont pas été monétisés dans l’analyse coûts-avantages.

Retour Ă  la note * du tableau d10

Comme le montre le tableau 25, on estime que le projet de règlement se traduira par un total de 28,9 milliards de dollars d’avantages nets monĂ©tisĂ©s pour la sociĂ©tĂ© au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans, soit 1,4 milliard de dollars d’avantages nets par an sur une base annualisĂ©e.

Analyse de la répartition

Coûts et économies par province

On s’attend Ă  ce que le projet de règlement entraĂ®ne une augmentation importante des Ă©changes interprovinciaux d’électricitĂ©, grandement facilitĂ©e par les nouvelles interconnexions provinciales modĂ©lisĂ©es Ă  l’aide du modèle NextGrid afin de minimiser les coĂ»ts de conformitĂ© Ă  l’échelle du rĂ©seau. Avec les interconnexions modĂ©lisĂ©es Ă  l’aide du modèle NextGrid en place, les rĂ©sultats du modèle E3MC ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour estimer que le commerce intĂ©rieur augmenterait de 43 milliards de dollars en valeur Ă©conomique au cours de la pĂ©riode d’analyse de 27 ans (augmentation de 17 % par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence). Étant donnĂ© que le commerce intĂ©rieur constitue un transfert entre les entitĂ©s canadiennes, l’augmentation des dĂ©penses intĂ©rieures nettes d’importation (dĂ©penses d’importation moins revenue d’exportation) dĂ©coulant du projet de règlement serait nulle dans le cadre de l’ACA, bien que des rĂ©percussions commerciales importantes et variables soient ressenties d’une province Ă  l’autre, comme l’indique le tableau 26.

Tableau 26. DĂ©penses intĂ©rieures nettes supplĂ©mentaires d’importation par province (millions de dollars)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27)
T.-N.-L. 2 -31 -825 -770 -1 445 -3 068 -148
Î.-P.-É. -0 5 61 171 118 355 17
N.-É. -10 -52 -448 -342 -690 -1 542 -74
N.-B. 65 584 945 115 777 2 486 120
QuĂ©. -67 -540 337 -1 562 -2 139 -3 971 -192
Ont. 21 430 1 552 4 143 4 613 10 759 520
Man. -11 -408 -1 621 -1 673 -910 -4 623 -223
Sask. -1 370 1 745 1 608 1 271 4 993 241
Alb. 73 917 3 475 4 342 7 538 16 344 789
C.-B. -72 -1 276 -5 222 -6 033 -9 134 -21 737 -1 050
Yn. -0 0 1 1 1 3 0
T.N.-O. 0 0 0 0 0 0 0
Nt. 0 0 0 0 0 0 0
Total 0 0 0 0 0 0 0

Pour avoir une idĂ©e de la rĂ©percussion globale du projet de règlement sur les coĂ»ts de chaque province, les Ă©conomies totales pour les provinces (consommation de combustible Ă©vitĂ©e, coĂ»ts variables d’opĂ©ration et de maintenance Ă©vitĂ©s et mises Ă  niveau Ă©vitĂ©es) ont Ă©tĂ© soustraites des coĂ»ts totaux pour les provinces (coĂ»ts en capital pour la nouvelle capacitĂ© du rĂ©seau Ă©lectrique, coĂ»ts en capital pour les nouvelles lignes de transmission, coĂ»ts fixes d’opĂ©ration et de maintenance, valeur rĂ©siduelle du capital sur les mises hors service anticipĂ©es, importations internationales nettes, importations nationales nettes et coĂ»ts administratifs) pour obtenir les coĂ»ts nets totaux par province (tableau 27). Les valeurs positives reprĂ©sentent les coĂ»ts nets supplĂ©mentaires pour les provinces, tandis que les valeurs nĂ©gatives reprĂ©sentent les Ă©conomies nettes supplĂ©mentaires pour les provinces. NormalisĂ©es par le PIB provincial, les provinces qui subiraient les coĂ»ts nets les plus Ă©levĂ©s sont le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et l’Alberta, tandis que les provinces qui rĂ©aliseraient les Ă©conomies nettes les plus importantes sont la Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador.

Tableau 27. CoĂ»ts diffĂ©rentiels nets des Ă©conomies diffĂ©rentielles par province (en millions)
Province 2024-2030 2031-2035 2036-2040 2041-2045 2046-2050 Total sur 27 ans Moyenne annualisĂ©e (n=27) Mesure du coĂ»t relatif en fonction de la taille de l’économie note * du tableau d12
T.-N.-L. 2 28 -273 -627 -95 -964 -47 -1 190
ĂŽ.-P.-É. 0,0 80 50 167 116 412 20 2 419
N.-É. 1 672 3 584 -313 -71 -1 695 3 177 153 3 089
N.-B. 49,1 531 1 986 4 774 1 037 8 377 405 9 910
QuĂ©. 4 176 -318 -579 -478 -1 194 -58 -118
Ont. -60 5 579 9 896 481 3 457 19 353 935 968
Man. 1 425 -286 -115 329 353 17 210
Sask. 346 2 416 3 687 1 155 3 600 11 204 541 5 292
Alb. 2 642 17 010 4 061 5 064 5 918 34 694 1 675 3 906
C.-B. -58,2 1 109 -4 562 -5 303 -8 034 -16 848 -814 -2 404
Yn. 0 0 1 1 1 3 0 31
T.N.-O. 0 0 -2 -2 -2 -6 0 -51
Nt. 0 0 0 0 0 0 0 -0,4
Total 4 598 30 938 13 928 4 944 4 154 58 561 2 828 s.o.

Note(s) du tableau d12

Note * du tableau d12

Les valeurs de cette colonne ont été calculées en divisant les coûts nets moyens annualisés pour les provinces (en dollars) par la contribution projetée de chaque province au PIB du Canada (en millions de dollars) en 2023 (l’année de base de l’actualisation dans l’ACA), comme estimée par E3MC. Les valeurs dans les colonnes n’ont de sens que lorsqu’elles sont comparées les unes aux autres pour indiquer un positionnement relatif, mais n’ont pas d’interprétation réelle si elles sont considérées en isolation.

Retour Ă  la note * du tableau d12

Analyse des tarifs d’électricité

De façon générale, les tarifs d’électricité résidentiels se composent d’une partie fixe et d’une partie variable. La partie fixe prend en compte l’investissement en capital tandis que la partie variable prend en compte les coûts de production. Aux fins de l’ACA, on suppose que la majorité des coûts encourus par les compagnies d’électricité seront finalement répercutés sur les consommateurs par le biais de ce mécanisme de tarification, d’une manière qui est spécifique à chaque province (étant donné que les tarifs d’électricité relèvent de la politique provinciale et sont déterminés au niveau provincial). Dans la plupart des cas, on s’attend à ce que les investissements dans des technologies de production peu ou non émettrices augmentent la partie fixe de la facture d’électricité d’un ménage et diminuent la partie variable. Lorsque, selon les approches de tarification déterminées par la province, les augmentations des tarifs fixes sont appliquées de manière égale à tous les consommateurs, quelle que soit leur consommation d’électricité, les ménages à faible revenu paieraient une proportion plus élevée de leur revenu pour couvrir ces coûts par rapport aux ménages à revenu plus élevé.

En vertu du projet de règlement, bien que les coûts variables de production diminueraient pour plusieurs provinces, la plupart des provinces devraient d’abordes entreprendre d’importants investissements en capital pour construire de nouvelles capacités de production d’électricité peu ou non émettrices et de nouvelles lignes de transmission. Comme ce serait généralement le cas pour couvrir les coûts des immobilisations, ces investissements seraient financés et remboursés aux prêteurs, répartissant ainsi les paiements effectués sur ce capital au fil du temps.

Le modèle E3MC a été utilisé pour modéliser l’impact que le projet de règlements pourrait avoir sur les tarifs d’électricité pour différents segments de l’économie au fil du temps. Ces tarifs sont générés par le modèle E3MC de manière endogène, à l’aide d’une formule complexe qui utilise les résultats d’autres variables modélisées telles que les achats, les ventes, les importations, les exportations, les crédits et les taxes liés à l’énergie, ainsi que les coûts non liés à l’électricité. Il convient de noter que les tarifs d’électricité résidentiels générés par le modèle E3MC ne prennent pas en compte les formules de fixation des tarifs propres à chaque province, comme les plafonds tarifaires qui peuvent exister dans certaines provinces. Ainsi, les impacts tarifaires modélisés par le modèle E3MC peuvent éventuellement surestimer l’amplitude des augmentations ou des baisses de tarifs. En fin de compte, le coût du réseau électrique dans chaque province et l’impact de ce réseau sur les tarifs seront le reflet des décisions prises au niveau provincial en réponse au projet de règlement, qui peuvent varier par rapport aux impacts modélisés par le modèle E3MC. Il est également important de noter que la modélisation des tarifs dans le modèle E3MC ne fait pas la différence entre les changements apportés à la partie à taux fixe d’une facture d’électricité et ceux apportés à la partie à taux variable. Par conséquent, les augmentations de tarifs modélisées par le modèle E3MC représentent les augmentations moyennes des factures d’électricité dans les deux dimensions, présentées par kWh.

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, la construction de nouvelles infrastructures (et l’exploitation de ce rĂ©seau Ă©lectrique modĂ©lisĂ©) aurait Ă©tĂ© associĂ©e Ă  des augmentations moyennes des tarifs rĂ©els de l’électricitĂ© rĂ©sidentielle de 43 % entre 2025 et 2050 cumulĂ©s. En revanche, dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, la construction de nouvelles infrastructures (et l’exploitation de ce rĂ©seau Ă©lectrique modĂ©lisĂ©) serait associĂ©e Ă  des augmentations moyennes des tarifs rĂ©els d’électricitĂ© rĂ©sidentielle de 45 % entre 2025 et 2050 cumulĂ©s. La variation diffĂ©rentielle des tarifs rĂ©els de l’électricitĂ© rĂ©sidentielle (c’est-Ă -dire la variation des tarifs attribuable au projet de règlement) n’est que la diffĂ©rence de tarifs entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire. Les rĂ©percussions alternatives sur les tarifs suivant une mĂ©thodologie diffĂ©rente de celle du cas central sont explorĂ©es dans l’analyse de sensibilitĂ©. L’analyse de sensibilitĂ© explore les coĂ»ts ayant une incidence sur les taux qui dĂ©coulent d’une approche de modĂ©lisation diffĂ©rente de celle utilisĂ©e dans le cadre de la modĂ©lisation du cas central.

En vertu du projet de règlement, la modĂ©lisation Ă  l’aide du modèle E3MC estime que les tarifs rĂ©sidentiels moyens nationaux (en dollars constants non actualisĂ©s de 2022) augmenteraient par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence de 0,08 cent le kWh en 2035 (augmentation de 0,35 %), de 0,49 cent le kWh en 2040 (augmentation de 1,9 %), de 0,35 cent le kWh en 2045 (augmentation de 1,2 %) et 0,26 cent le kWh en 2050 (augmentation de 0,89 %). La majoritĂ© des provinces et des territoires devraient connaĂ®tre des augmentations de taux bien infĂ©rieures Ă  la moyenne nationale, certains affichant des rĂ©ductions de taux par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence. Cependant, pour les provinces qui comptent actuellement davantage sur les technologies Ă©mettrices pour produire de l’électricitĂ©, des augmentations tarifaires supplĂ©mentaires plus importantes sont prĂ©vues. Par exemple, en 2040, la modĂ©lisation Ă  l’aide du modèle E3MC estime que les tarifs rĂ©sidentiels augmenteraient par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence de 3,9 cents le kWh en Nouvelle-Écosse (augmentation de 15 %), de 1,2 cents le kWh en Alberta (augmentation de 5 %), de 0,9 cent le kWh en Saskatchewan (augmentation de 3 %) et de 0,4 cent le kWh au Nouveau-Brunswick (augmentation de 2 %). La modĂ©lisation Ă  l’aide du modèle E3MC suggère que d’ici 2050, les impacts diffĂ©rentiels des tarifs diminueront Ă  l’échelle nationale par rapport au sommet atteint en 2040. Par exemple, en 2050, la modĂ©lisation Ă  l’aide du modèle E3MC estime que les tarifs rĂ©sidentiels augmenteraient de 2,6 cents le kWh par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence en Nouvelle-Écosse (augmentation de 9 %), 1,2 cent le kWh en Alberta (augmentation de 4 %) et 1,1 cents le kWh en Saskatchewan (augmentation de 3 %), tandis que les tarifs rĂ©sidentiels diminueraient par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence de 1,2 cents le kWh (diminution de 4 %) au Nouveau-Brunswick.

Pour mettre en contexte ces changements de tarifs rĂ©sidentiels modĂ©lisĂ©s, la maison individuelle moyenne a consommĂ© 12 555 kWh d’électricitĂ© en 2019, tandis que l’appartement moyen dans une tour d’habitation a consommĂ© 7 222 kWh d’électricitĂ©rĂ©fĂ©rence 30. En maintenant ces utilisations constantes et en les utilisant pour former une fourchette illustrative, les paiements annuels moyens nationaux d’électricitĂ© au niveau rĂ©sidentiel pourraient culminer Ă  une augmentation de 35 $ Ă  61 $ par mĂ©nage en 2040. Cependant, par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence, les paiements annuels moyens nationaux d’électricitĂ© ne devraient ĂŞtre que de 19 $ Ă  33 $ de plus par mĂ©nage en 2050. Il est important de noter que de tels changements dans les paiements nationaux moyens annuels d’électricitĂ© s’ajouteraient aux autres augmentations prĂ©vues dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Comme c’est le cas avec les taux diffĂ©rentiels indiquĂ©s ci-dessus, les provinces qui dĂ©pendent actuellement davantage des technologies Ă©mettrices pour produire de l’électricitĂ© devraient connaĂ®tre des augmentations plus importantes des paiements annuels d’électricitĂ© par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence, qui culmineraient en 2040, mais diminueraient quelque peu pour la plupart des provinces d’ici 2050. Par exemple, les paiements d’électricitĂ© supplĂ©mentaires annuels moyens au niveau rĂ©sidentiel pourraient ĂŞtre de 279 $ Ă  485 $ plus Ă©levĂ©s en Nouvelle-Écosse en 2040 par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence, mais seulement de 185 $ Ă  322 $ plus Ă©levĂ©s en 2050. En 2040, alors que ces paiements devraient ĂŞtre de 88 $ Ă  154 $ de plus en Alberta par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence, mais seulement de 86 $ Ă  149 $ de plus en 2050. En 2040, ces paiements devraient ĂŞtre de 32 $ Ă  55 $ plus Ă©levĂ©s au Nouveau-Brunswick par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence (conformĂ©ment Ă  la moyenne nationale), mais seraient de 88 $ Ă  153 $ de moins que le niveau de rĂ©fĂ©rence en 2050. En 2040, ces paiements devraient ĂŞtre supĂ©rieurs de 64 $ Ă  111 $ par rapport au niveau de rĂ©fĂ©rence en Saskatchewan et de 79 $ Ă  137 $ de plus en 2050.

La modĂ©lisation Ă  l’aide du modèle E3MC estime que les changements aux tarifs commerciaux et industriels dans chaque province suivraient un schĂ©ma et une ampleur similaires Ă  ceux des tarifs rĂ©sidentiels (c’est-Ă -dire une augmentation de 2,2 % pour les tarifs commerciaux et de 2,8 % pour les tarifs industriels en 2040, et une augmentation de 1,1 % pour les tarifs commerciaux et de 1,3 % pour les tarifs industriels en 2050).

Alors que le projet de règlement devrait entraĂ®ner une augmentation des tarifs de l’électricitĂ© par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, ces augmentations doivent ĂŞtre comprises dans le contexte des budgets Ă©nergĂ©tiques globaux, qui devraient ĂŞtre considĂ©rablement influencĂ©s par l’ensemble des mesures mises en place pour soutenir l’électrification propre de l’économie. Par exemple, bien que les mĂ©nages puissent subir des augmentations de tarifs d’électricitĂ©, ils devraient Ă©galement rĂ©aliser des Ă©conomies et bĂ©nĂ©ficier d’une plus grande certitude en matière de prix lorsqu’ils passeront de combustibles fossiles de plus en plus coĂ»teux Ă  de l’électricitĂ© propre pour chauffer et climatiser leurs maisons et pour faire fonctionner leurs vĂ©hicules. Comme le souligne le Canadian Climate Institute : l’augmentation de la consommation d’électricitĂ© des mĂ©nages correspondra Ă  une diminution de la consommation d’essence, de gaz naturel et d’autres combustibles fossiles. Alors que les dĂ©penses en Ă©lectricitĂ© augmenteront probablement, les dĂ©penses totales en Ă©nergie diminueront.rĂ©fĂ©rence 31 Bien que l’évaluation de l’impact d’une sĂ©rie complète de mesures sur les budgets Ă©nergĂ©tiques globaux des mĂ©nages soit hors de portĂ©e de l’ACA, cet aspect est explorĂ© dans la section Analyse comparative entre les sexes plus.

Analyse de la demande d’électricité des ménages

La demande d’électricité des ménages et, par extension, le rythme auquel les ménages sont censés s’électrifier, peuvent être affectés par les modifications des tarifs de l’électricité résidentielle induites par le projet de règlement. En réponse à des prix de l’électricité plus élevés, les consommateurs peuvent modifier leur comportement au fil du temps pour réduire la quantité d’électricité qu’ils utilisent. Par exemple, certains ménages peuvent réagir en investissant dans des technologies et des maisons plus efficaces sur le plan énergétique. D’autres ménages peuvent réagir en remplaçant l’électricité par d’autres sources d’énergie. Certains ménages peuvent également réagir en réduisant la quantité d’activités dépendantes de l’électricité auxquelles ils participent (ou en réduisant le nombre d’heures consacrées à ces activités). Les changements de comportement particuliers qu’un ménage entreprendrait dépendent de nombreux facteurs tels que l’élasticité de la demande par rapport au prix (la sensibilité de la consommation d’électricité des ménages au prix), le prix et la disponibilité de sources d’énergie de substitution et les préférences individuelles.

Les rĂ©sultats du modèle E3MC ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour Ă©valuer les rĂ©percussions potentielles du projet de règlements sur la demande d’électricitĂ© des mĂ©nages et l’électrification. Le tableau 28 prĂ©sente la demande totale d’électricitĂ© rĂ©sidentielle en tant que proportion de la demande totale d’énergie rĂ©sidentielle dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence par rapport au scĂ©nario rĂ©glementaire pour certaines annĂ©es.

Tableau 28. Demande totale d’électricitĂ© rĂ©sidentielle en proportion de la demande totale d’énergie rĂ©sidentielle, scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence par rapport au scĂ©nario rĂ©glementaire pour certaines annĂ©es
Province Proportion du scénario de référence (2025) Proportion du scénario réglementaire (2025) Proportion du scénario de référence (2050) Proportion du scénario réglementaire (2050)
T.-N.-L. 30,0 % 30,0 % 37,2 % 37,2 %
ĂŽ.-P.-É. 12,1 % 12,1 % 33,6 % 33,7 %
N.-É. 25,7 % 25,7 % 52,1 % 51,0 %
N.-B. 34,9 % 34,9 % 50,3 % 50,6 %
Qué. 42.7% 42.7% 75.1% 75.0%
Ont. 16,9 % 16,9 % 29,5 % 29,4 %
Man. 30.5% 30.5% 44.9% 44.8%
Sask. 10,9 % 10,9 % 14,9 % 14,7 %
Alb. 12,8 % 12,8 % 22,5 % 22,0 %
C.-B. 23,8 % 23,8 % 44,5 % 44,4 %
Yn. 19,7 % 19,7 % 50,3 % 50,3 %
T.N.-O. 7,7 % 7,7 % 11,4 % 11,4 %
Nt. 6,5 % 6,5 % 9,2 % 9,2 %
Moyenne 21,1 % 21,1 % 36,6 % 36,4 %

Comme le montre le tableau 28, l’électrification au niveau des mĂ©nages devrait ĂŞtre importante dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, on s’attend Ă  ce que la demande en Ă©lectricitĂ© des mĂ©nages double par rapport Ă  la demande totale d’énergie entre 2025 et 2050 dans plusieurs provinces. Ces proportions sont presque identiques entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire, ce qui indique que le projet de règlement n’aurait pas de rĂ©percussions significatives sur le rythme auquel les mĂ©nages devraient s’électrifier. En effet, dans le cadre du projet de règlement, le modèle E3MC estime que la demande nationale d’électricitĂ© rĂ©sidentielle ne diminuerait que d’environ 1 000 GWh en 2050 (soit une baisse d’environ 0,4 % par rapport Ă  la demande d’électricitĂ© de rĂ©fĂ©rence cette annĂ©e-lĂ ). Ainsi, la substitution n’est pas considĂ©rĂ©e comme une source de prĂ©occupation dans l’analyse et toutes rĂ©percussions potentielles sur le bien-ĂŞtre des consommateurs et les Ă©missions de GES qui pourraient ĂŞtre associĂ©es Ă  ces changements mineurs de comportement n’ont pas Ă©tĂ© Ă©valuĂ©es dans l’ACA.

Analyse de sensibilité

Le ministère a effectuĂ© une analyse de sensibilitĂ© en deux parties sur le projet de règlement en utilisant son modèle NextGrid, ainsi qu’une troisième partie comparant les principaux coĂ»ts d’entrĂ©e utilisĂ©s entre NextGrid et E3MC. La première partie Ă©value les rĂ©percussions qu’une demande d’électricitĂ© plus Ă©levĂ©e aurait sur les combinaisons de rĂ©seaux Ă©lectriques provinciaux, les Ă©missions et les coĂ»ts totaux. La deuxième partie Ă©tudie l’effet de la modification de divers aspects de la conception du REP, notamment le niveau de la norme de rendement, les dispositions relatives Ă  la flexibilitĂ© en fonction de la masse et de la durĂ©e, le seuil de capacitĂ© de production d’électricitĂ©, l’inclusion des groupes industriels et la fin de vie rĂ©glementaire. Dans tous les cas, le scĂ©nario rĂ©glementaire est comparĂ© Ă  un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence qui inclut une augmentation de la demande de 1,4 fois par rapport Ă  la demande actuelle d’ici 2050 et toutes les politiques annoncĂ©es, Ă  l’exception de celles annoncĂ©es dans le budget 2023, pour le secteur de l’électricitĂ© (le Règlement modifiant le Règlement sur la rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone — secteur de l’électricitĂ© thermique au charbon, le Règlement limitant les Ă©missions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricitĂ© thermique au gaz naturel et la tarification de la pollution par le carbone telle qu’elle s’applique Ă  la production d’électricitĂ© par le biais du Règlement sur le système de tarification fondĂ© sur le rendement, ou STFR). La comparaison est effectuĂ©e pour le scĂ©nario de faible demande, modĂ©lisĂ© comme une augmentation de 1,4 fois (« 1,4 X Â») par rapport Ă  la demande actuelle d’ici 2050 et utilisĂ© dans l’ACA, et pour le scĂ©nario de forte demande, modĂ©lisĂ© comme une augmentation de 2,5 fois (« 2,5 X Â») par rapport Ă  la demande actuelle d’ici 2050. Étant donnĂ© que cette analyse de sensibilitĂ© sur le projet de règlement a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  l’aide du modèle NextGrid, ces rĂ©sultats ne peuvent pas ĂŞtre combinĂ©s avec les rĂ©sultats prĂ©sentĂ©s dans l’ACA, qui utilise le modèle E3MC.

Partie 1
Changements dans la combinaison des technologies déployées pour répondre à la demande

Le Canadian Climate Institute a rĂ©cemment passĂ© en revue une sĂ©rie d’études qui estiment que la rĂ©alisation d’une Ă©conomie carboneutre nĂ©cessitera une augmentation de la production globale d’électricitĂ© de 1,6 Ă  2,1 fois d’ici 2050 par rapport au niveau de 2020. D’autres Ă©tudes avaient prĂ©cĂ©demment estimĂ© que la demande d’électricitĂ© triplerait d’ici 2050. Compte tenu de la difficultĂ© de prĂ©voir avec prĂ©cision l’augmentation future de la demande d’électricitĂ©, le ministère a choisi d’évaluer les sensibilitĂ©s Ă  l’aide d’une approche « Ă  deux volets Â» qui Ă©value les rĂ©sultats pour un scĂ©nario de demande faible et un scĂ©nario de demande Ă©levĂ©e, conformĂ©ment Ă  ces travaux indĂ©pendants. Dans ce contexte, l’augmentation de la demande de 2,5 (« 2,5 X Â») reprĂ©sente une estimation prudente et Ă©levĂ©e qui vise Ă  saisir toute l’augmentation de la demande d’électricitĂ© qui serait observĂ©e dans le cadre d’une Ă©conomie carboneutre. Ă€ l’inverse, le scĂ©nario de faible demande (« 1,4 X Â») suppose une croissance modeste de l’électrification d’autres secteurs, ce qui signifie qu’une plus grande part de l’approvisionnement Ă©nergĂ©tique dans le cadre de la dĂ©carbonisation provient de sources autres que l’électricitĂ©, par exemple l’hydrogène. L’augmentation rĂ©elle de la demande au Canada dĂ©pendra de la mesure dans laquelle les Canadiens finiront par compter sur l’électricitĂ© propre pour la dĂ©carbonisation de l’ensemble de l’économie d’ici Ă  2050. Une forte dĂ©pendance Ă  l’égard de l’électricitĂ© propre, c’est-Ă -dire une augmentation Ă©levĂ©e de la demande, entraĂ®nera un besoin accru de capacitĂ©s de production d’électricitĂ© non Ă©mettrice d’ici 2050, tandis qu’une faible dĂ©pendance Ă  l’égard de l’électricitĂ© propre, c’est-Ă -dire une faible croissance de la demande, entraĂ®nera probablement un dĂ©ploiement relativement moins important de capacitĂ©s non Ă©mettrices. Cela aurait non seulement des rĂ©percussions sur la capacitĂ© et le mix de production dans le secteur de l’électricitĂ© en 2050, mais aussi sur les coĂ»ts qui en rĂ©sulteraient pour les producteurs et les consommateurs. Ces rĂ©percussions devraient donc ĂŞtre examinĂ©es dans le cadre de cette analyse des impacts du REP.

Le modèle NextGrid a Ă©tĂ© utilisĂ© pour projeter la combinaison des options d’approvisionnement qui seraient dĂ©ployĂ©es d’ici 2050 pour rĂ©pondre au scĂ©nario de croissance de la charge utilisĂ© dans l’analyse coĂ»ts-avantages (c’est-Ă -dire 1,4 fois la demande actuelle) et l’a comparĂ©e Ă  la combinaison qui rĂ©sulterait d’un scĂ©nario de 2,5 fois la demande, qui est similaire aux projections de croissance de la demande figurant dans la littĂ©rature rĂ©centerĂ©fĂ©rence 32. Cette Ă©valuation de la composition du rĂ©seau Ă©lectrique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour l’ensemble du Canada, ainsi que pour l’Alberta, la Saskatchewan, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, car ce sont les provinces qui disposent actuellement d’une importante capacitĂ© de production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles qui serait assujettie au projet de règlement. En comparant les combinaisons de rĂ©seaux Ă©lectriques du scĂ©nario 2,5 X Ă  celles du scĂ©nario 1,4 X, il semblerait qu’en vertu du projet de règlement, les mĂŞmes technologies seraient, en gĂ©nĂ©ral, dĂ©ployĂ©es quel que soit le scĂ©nario de demande, mais qu’une plus grande capacitĂ© serait dĂ©ployĂ©e dans le scĂ©nario de charge plus Ă©levĂ©e. Il en rĂ©sulte un rĂ©seau Ă©lectrique plus propre par MWh, car les nouveaux dĂ©ploiements sont en grande partie des groupes peu ou non Ă©metteurs. C’est le rĂ©sultat attendu, car NextGrid optimise le coĂ»t le plus bas sur la base des technologies dĂ©ployĂ©es (c’est-Ă -dire que la solution optimale des technologies dĂ©ployĂ©es s’adapte Ă  l’échelle des besoins pour les mĂŞmes technologies). La mĂŞme relation est observĂ©e pour la production.

Changements dans les émissions totales

En passant d’un scĂ©nario dans lequel le projet de règlement rĂ©glemente les Ă©missions liĂ©es Ă  la satisfaction d’une demande de 1,4 fois la demande actuelle Ă  un scĂ©nario dans lequel la demande est de 2,5 fois la demande actuelle, on s’attendrait Ă  voir plus d’émissions dans le scĂ©nario 2,5 fois la demande actuelle. C’est le rĂ©sultat attendu puisque, mĂŞme si le projet de règlement rĂ©duit considĂ©rablement les Ă©missions de chaque groupe, un plus grand nombre de groupes est nĂ©cessaire pour rĂ©pondre Ă  une plus grande demande et, par consĂ©quent, il y a plus d’émissions au niveau juridictionnel. Cette tendance attendue est gĂ©nĂ©ralement observĂ©e dans l’analyse de sensibilitĂ©, rĂ©sumĂ©e dans le tableau 29. Dans l’ensemble, on s’attend Ă  ce que le projet de règlement soit aussi efficace dans un scĂ©nario 2,5 X qu’il le serait dans un scĂ©nario 1,4 X. Cela s’explique en grande partie par le fait que le modèle NextGrid prĂ©voit que la demande accrue serait principalement satisfaite par une production non Ă©mettrice dont la nature variable est stabilisĂ©e par une combinaison d’échanges interprovinciaux accrus d’électricitĂ©, de stockage d’énergie, de rĂ©ponse Ă  la demande et de production Ă  base de combustibles fossiles rarement utilisĂ©e. Des diffĂ©rences sont toutefois observĂ©es au niveau provincial. Notamment, le QuĂ©bec et la Nouvelle-Écosse verraient des rĂ©ductions plus importantes dans le cadre d’un scĂ©nario 2,5 X que dans le cadre d’un scĂ©nario 1,4 X. Étant donnĂ© que cette analyse de sensibilitĂ© sur le projet de règlement a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  l’aide du modèle NextGrid, ces rĂ©sultats ne peuvent pas ĂŞtre combinĂ©s avec les rĂ©sultats prĂ©sentĂ©s dans l’ACA, qui utilise le modèle E3MC. Le scĂ©nario 1,4 X a Ă©tĂ© fourni ici pour servir de point de rĂ©fĂ©rence aux rĂ©sultats du scĂ©nario 2,5 X.

Tableau 29. Variation en pourcentage des Ă©missions totales dans le cadre du projet de règlement pour un scĂ©nario d’augmentation de la demande de 1,4 X et de 2,5 X
Juridiction Pourcentage de variation des Ă©missions dans le projet de règlement — scĂ©nario 1,4 X par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (2025-2050) Pourcentage de variation des Ă©missions dans le projet de règlement — scĂ©nario 2,5 X par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (2025-2050)
CAN -28 % -32 %
C.-B. -10 % -9 %
Alb. -26 % -27 %
Sask. -38 % -38 %
Man. -55 % -38 %
Ont. -35 % -40 %
QuĂ©. -39 % -70 %
N.-B. -10 % -1 %
N.-É. -1 % -71 %
T.-N.-L. -9 % -9 %
ĂŽ.-P.-É. 0 % -0 %
Changements dans les coûts totaux

La variation en pourcentage des coĂ»ts totaux en vertu du projet de règlement pour un scĂ©nario d’augmentation de la demande de 1,4 X et de 2,5 X est rĂ©sumĂ©e dans le tableau 30. Étant donnĂ© les coĂ»ts infĂ©rieurs de la production non Ă©mettrice, de la transmission et de la rĂ©ponse Ă  la demande par rapport Ă  la production Ă©mettrice rĂ©duite, NextGrid prĂ©voit que les scĂ©narios avec une demande plus Ă©levĂ©e verraient une part disproportionnĂ©e de cette demande satisfaite par des sources non Ă©mettrices. Ainsi, les augmentations proportionnelles des coĂ»ts par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence pour le scĂ©nario de demande plus faible sont Ă  peu près constantes par rapport Ă  celles du scĂ©nario de demande plus Ă©levĂ©e. Étant donnĂ© que cette analyse de sensibilitĂ© sur le projet de règlement a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  l’aide du modèle NextGrid, ces rĂ©sultats ne peuvent pas ĂŞtre combinĂ©s avec les rĂ©sultats prĂ©sentĂ©s dans l’ACA, qui utilise le modèle E3MC. Le scĂ©nario 1,4 X a Ă©tĂ© fourni ici pour servir de point de rĂ©fĂ©rence aux rĂ©sultats du scĂ©nario 2,5 X.

Tableau 30. Pourcentage de variation des coĂ»ts totaux dans le cadre du projet de règlement pour un scĂ©nario d’augmentation de la demande de 1,4 X et 2,5 X
Juridiction Pourcentage de variation des Ă©missions dans le projet de règlement — scĂ©nario 1,4 X par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (2025-2050) Pourcentage de variation des Ă©missions dans le projet de règlement — scĂ©nario 2,5 X par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (2025-2050)
CAN 5 % 4 %
C.-B. 3 % 1 %
Alb. 4 % 2 %
Sask. 7 % 4 %
Man. 8 % 3 %
Ont. 6 % 4 %
QuĂ©. 4 % 5 %
N.-B. 2 % 0 %
N.-É. 4 % 3 %
T.-N.-L. 4 % 13 %
ĂŽ.-P.-É. 7 % 3 %

Les prix moyens de l’électricité ont été calculés à partir des résultats des coûts du modèle NextGrid en y incorporant les coûts de la dette du service public, les coûts de distribution et de transmission et d’autres considérations relatives aux coûts finaux supportés par les consommateurs. Ces prix moyens tiennent compte des tarifs volumétriques de l’électricité et des charges fixes.

Sur la base des rĂ©sultats des coĂ»ts du modèle NextGrid pour le scĂ©nario 1,4 X, les prix moyens calculĂ©s de l’électricitĂ© augmentent de 0,7 cent par kWh (4,0 %) en 2035 et de 0,7 cent par kWh (4,0 %) en 2050, exprimĂ©s en tant que moyenne simple au niveau national et par rapport Ă  la base de rĂ©fĂ©rence. Des augmentations relatives faibles et similaires des prix moyens de l’électricitĂ© sont Ă©galement observĂ©es dans le scĂ©nario 2,5 X, les prix de l’électricitĂ© augmentant de 0,6 cent par kWh (4,0 %) en 2035 et de 0,3 cent par kWh (1,0 %) en 2050. Comme pour les rĂ©sultats de l’étude E2020 dans le cadre d’un scĂ©nario de croissance de 1,4 X, la plupart des provinces affichent de faibles variations des prix de l’électricitĂ© rĂ©sidentielle par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, bien que certaines provinces affichent des rĂ©percussions plus importantes sur les prix de l’électricitĂ© par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (Nouvelle-Écosse, ĂŽle-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador).

Étant donnĂ© que les conclusions ci-dessus reposent sur la moyenne arithmĂ©tique des diffĂ©rences entre les prix de l’électricitĂ© dans le scĂ©nario rĂ©glementaire et le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence sur les dix provinces, la moyenne nationale qui en rĂ©sulte considère que le volume d’électricitĂ© dans chaque province est Ă©gal. Ce n’est pas le cas dans la rĂ©alitĂ©, car la consommation varie considĂ©rablement d’une province Ă  l’autre. Si le prix moyen national de l’électricitĂ© est pondĂ©rĂ© par la consommation, la moyenne pondĂ©rĂ©e qui en rĂ©sulte donne une idĂ©e plus prĂ©cise des rĂ©percussions du projet de règlement au niveau national. Les rĂ©sultats de la moyenne pondĂ©rĂ©e indiquent une augmentation des prix de 0,3 cent par kWh (2,2 %) en 2035 et de 0,1 cent par kWh (0,8 %) en 2050 pour le scĂ©nario 1,4 X. Pour le scĂ©nario 2,5 X, l’augmentation est de 0,1 cent par kWh en 2035 et de 0,1 cent par kWh en 2050. Pour le scĂ©nario 2,5 X, les augmentations de prix sont Ă  peu près les mĂŞmes.

Une analyse plus approfondie pour comprendre ces répercussions est en cours sur les résultats des données du modèle E2020 et du modèle NextGrid afin de s’assurer que des conclusions solides sont tirées en tenant compte d’une gamme de résultats en matière de coûts.

Conclusions générales

Par rapport aux scĂ©narios de demande plus faible, on peut s’attendre Ă  ce que le projet de règlement, dans des scĂ©narios de demande plus Ă©levĂ©e, permette :

Partie 2

La deuxième partie de l’analyse de sensibilitĂ© Ă©value les incidences sur les coĂ»ts et les rĂ©ductions d’émissions qui rĂ©sulteraient du renforcement ou de l’assouplissement des Ă©lĂ©ments suivants du projet de règlement :

  1. Norme de rendement : La valeur proposĂ©e est de 30 t/GWh ; l’analyse de sensibilitĂ© envisage 0 t/GWh et 100 t/GWh;
  2. Groupes fonctionnant dans le cadre de la flexibilitĂ© des Ă©missions/durĂ©e basĂ©e sur la masse : Il est proposĂ© que la contribution Ă  la production de ces groupes dans le cadre de la flexibilitĂ© des Ă©missions/durĂ©e basĂ©e sur la masse soit contrainte aux limites annuelles de 450 heures (ce qui Ă©quivaut approximativement Ă  une utilisation de 5 %) et de 150 kt d’émissions. L’analyse de sensibilitĂ© envisage i) de ne permettre aucune utilisation de cette flexibilitĂ© de sorte que la fiabilitĂ© doit ĂŞtre assurĂ©e par des options n’utilisant pas de combustibles fossiles et ii) d’autoriser une utilisation jusqu’à 10 %;
  3. Seuil de capacitĂ© de production d’électricitĂ© : La valeur proposĂ©e est de 25 MW ; l’analyse de sensibilitĂ© porte sur 2,5 MW et 50 MW. Par souci de clartĂ©, seuls les groupes dont la capacitĂ© est supĂ©rieure au seuil seraient soumis au projet de règlement;
  4. Traitement des groupes industriels : L’approche proposĂ©e n’obligerait que les groupes industriels qui ont un solde exportateur supĂ©rieur Ă  zĂ©ro gigawattheure vers un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC au cours d’une annĂ©e donnĂ©e Ă  se conformer Ă  la norme de rendement. L’analyse de sensibilitĂ© considère une approche dans laquelle toute la production industrielle est soumise au projet de règlement et une approche dans laquelle aucune production industrielle n’est soumise au projet de règlement;
  5. DurĂ©e de vie rĂ©glementaire : La valeur proposĂ©e est de 20 ans ; l’analyse de sensibilitĂ© envisage 0, 15, 25, 30, 35, 40 et 45 ans.

La sensibilitĂ© de chacun des paramètres ci-dessus a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e en exĂ©cutant le modèle NextGrid avec le projet de règlement en ne modifiant qu’un seul des paramètres ci-dessus Ă  la fois. Les incidences sur les coĂ»ts et les Ă©missions sont prĂ©sentĂ©es sous forme de pourcentage de changement par rapport au projet de règlement. Plus prĂ©cisĂ©ment :

L’effet sur le coĂ»t du projet de règlement est prĂ©sentĂ© comme suit :

 – Version textuelle en dessous de l'image

Eq. 1

où CSdR, Créférence 1réglementaire et Créférence 2réglementaire représentent les coûts cumulés (2025 à 2050) actualisés du scénario de référence, du scénario réglementaire et du scénario réglementaire modifié, respectivement.

L’effet sur les réductions d’émissions est calculé

 – Version textuelle en dessous de l'image Eq2.

où ESdR, Eréférence 1Réglementaire et Eréférence 2Réglementaire représentent les émissions cumulées (2025 à 2050) de la production d’électricité dans le scénario de référence, le scénario réglementaire et le scénario réglementaire modifié, respectivement.

Les mises en garde suivantes sont importantes pour l’examen des rĂ©sultats de la sensibilitĂ© :

Effets de la variation de la rigueur de la norme de rendement

Le projet de règlement exigerait que les groupes respectent, Ă  quelques exceptions près, une norme de rendement de 30 t/GWh. Afin d’évaluer la sensibilitĂ© des coĂ»ts et des rĂ©ductions d’émissions prĂ©vus par le projet de règlement, cette norme de rendement a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e Ă  0 t/GWh (c’est-Ă -dire, Ă©quivalant Ă  une interdiction de facto des centrales Ă  combustibles fossiles Ă  la fin de leur vie rĂ©glementaire), ne permettant pas Ă  ces groupes de fournir des services d’appoint pour les Ă©nergies renouvelables variables ou d’installer le CSC; et 100 t/GWh (ce qui Ă©viterait au projet de règlement de prĂ©voir un dĂ©lai pour que les nouveaux groupes CSC s’adaptent Ă  la norme rigoureuse de 30 t/GWh, c’est-Ă -dire que 100 t/GWh sur une base annuelle moyenne est facilement rĂ©alisable par n’importe quel groupe CSC).

L’approche plus stricte de 0 t/GWh s’est avĂ©rĂ©e augmenter les coĂ»ts de 20 % et 18 % pour les scĂ©narios 1,4 X et 2,5 X respectivement, tout en augmentant les rĂ©ductions d’émissions d’environ 2 % et 3 % dans les mĂŞmes scĂ©narios de demande respectifs. Cette approche plus stricte ne semble donc pas ĂŞtre une approche rentable pour les rĂ©ductions supplĂ©mentaires. L’approche moins stricte d’une norme de rendement de 100 t/GWh ne rĂ©duirait pas considĂ©rablement les coĂ»ts prĂ©vus (4 % et 5 % de rĂ©duction pour les scĂ©narios 1,4 X et 2,5 X respectivement) et augmenterait potentiellement les Ă©missions d’environ 12 % pour chacun des scĂ©narios 1,4 X et 2,5 X. Cette analyse de sensibilitĂ© suggère que la norme de rendement proposĂ©e de 30 t/GWh permet de rĂ©duire les Ă©missions sans augmenter considĂ©rablement les coĂ»ts.

Effets de la variation de la durée des dispositions relatives à la flexibilité des émissions basées sur la masse/durée

Le projet de règlement prĂ©voit des exceptions Ă  la norme de rendement de 30 t/GWh pour les groupes qui fonctionnent moins de 450 heures par an et Ă©mettent moins de 150 kt/an. Ă€ titre de rĂ©fĂ©rence, 450 heures par an correspondent Ă  environ 5 % du total des heures d’une annĂ©e en supposant un fonctionnement Ă  100 % de la capacitĂ©. Cette approche fournit un outil important aux entitĂ©s rĂ©glementĂ©es pour prĂ©server la fiabilitĂ© du rĂ©seau Ă©lectrique en utilisant des groupes qui remplissent ces conditions pour fournir une Ă©nergie d’appoint ou de pointe et Ă  des coĂ»ts potentiellement infĂ©rieurs si l’autre moyen de produire cette Ă©nergie de fiabilitĂ© consistait Ă  construire de nouveaux projets d’investissement. Afin d’évaluer la sensibilitĂ© des coĂ»ts et des rĂ©ductions d’émissions prĂ©vus par le projet de règlement, cette souplesse en matière d’émissions et de durĂ©e fondĂ©e sur la masse a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e Ă  0 % d’utilisation (ce qui Ă©quivaut Ă  ne pas permettre Ă  ces groupes de fournir des services d’appoint pour les Ă©nergies renouvelables variables) et Ă  10 % ; aux fins de l’analyse, on a supposĂ© que les groupes qui utilisaient cette souplesse fonctionnaient Ă  100 % de leur capacitĂ©. Une Ă©valuation supplĂ©mentaire a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour dĂ©terminer les rĂ©percussions d’une utilisation de 8 %.

L’approche plus stricte de 0 % d’utilisation s’est avĂ©rĂ©e augmenter les coĂ»ts de 12 % et 33 % pour les scĂ©narios 1,4 X et 2,5 X respectivement, tout en augmentant les rĂ©ductions d’émissions d’environ 11 % dans les deux scĂ©narios de demande. Cela semble indiquer que la recherche de nouvelles rĂ©ductions d’émissions en limitant l’utilisation des groupes Ă©metteurs pour fournir une alimentation d’appoint/de pointe Ă  moins de 450 heures n’apporterait pas de nouvelles rĂ©ductions, tandis que les coĂ»ts continueraient d’augmenter avec l’accroissement de la demande d’électricitĂ©. Cette conclusion suggère que 450 heures est probablement la valeur minimale Ă  prendre en compte. Dans ce contexte, les analyses ont indiquĂ© que l’approche moins stricte d’un facteur d’utilisation de 10 % ne rĂ©duirait pas considĂ©rablement les coĂ»ts prĂ©vus (3 % et 1 %, respectivement, pour les scĂ©narios 1,4 X et 2,5 X) et entraĂ®nerait une perte proportionnellement plus Ă©levĂ©e de rĂ©ductions d’émissions (6 % et 15 %, respectivement, pour les scĂ©narios 1,4 X et 2,5 X). L’évaluation d’une utilisation de 8 % pour le scĂ©nario de demande 1,4 X a indiquĂ© une rĂ©duction des coĂ»ts de seulement 2 % par rapport Ă  450 heures et une perte de rĂ©ductions d’émissions d’environ 4 %. Cette analyse de sensibilitĂ© suggère que les valeurs proposĂ©es de 450 heures et 150 kt fournissent le meilleur Ă©quilibre entre les Ă©conomies de coĂ»ts et les rĂ©ductions d’émissions.

Le ministère invite les parties intĂ©ressĂ©es Ă  fournir des commentaires spĂ©cifiques, fondĂ©s sur des preuves, ainsi que toute donnĂ©e relative Ă  cette importante flexibilitĂ© avant la publication dans la Partie II de la Gazette du Canada. Bien que l’objectif du projet de règlement soit de rĂ©duire les Ă©missions de CO2 provenant de la production d’électricitĂ©, il est Ă©galement important que l’approvisionnement en Ă©lectricitĂ© du Canada demeure fiable et abordable, car cela contribue Ă  la fois Ă  la sĂ©curitĂ© des Canadiens et Ă  l’atteinte de l’objectif du Canada d’une Ă©conomie carboneutre d’ici 2050.

Effets de la variation de la valeur du seuil de capacité de production d’électricité

Les groupes de production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles qui ne dĂ©passent pas une capacitĂ© de 25 MW ne seraient pas soumis au projet de règlement. Cette approche permet d’éviter les coĂ»ts associĂ©s aux groupes qui, historiquement, n’ont pas Ă©tĂ© une source importante d’émissions de GES au Canada, tout en offrant une certaine souplesse aux exploitants de rĂ©seaux Ă©lectriques dans les endroits oĂą l’infrastructure n’est peut-ĂŞtre pas suffisante. Elle permettrait Ă©galement de rĂ©duire le coĂ»t cumulatif de la conformitĂ© au règlement pour les exploitants de groupes, sans pour autant sacrifier une quantitĂ© importante de rĂ©ductions d’émissions de carbone.

L’effet sur le coĂ»t du projet de règlement et sur les rĂ©ductions d’émissions associĂ©es a Ă©tĂ© calculĂ© pour un seuil plus strict de 2,5 MW ainsi que pour un seuil moins strict de 50 MW.

Le seuil plus strict de 2,5 MW aurait un effet nĂ©gligeable sur les coĂ»ts et les rĂ©ductions d’émissions pour les deux scĂ©narios de charge. Les faibles gains en termes de rĂ©duction des Ă©missions (de l’ordre de 1 %) ne justifient pas l’augmentation très importante du nombre d’organismes de rĂ©glementation chargĂ©s de la mise en Ĺ“uvre du règlement ni la perte de flexibilitĂ© pour les opĂ©rateurs dans les endroits oĂą l’infrastructure du rĂ©seau Ă©lectrique n’est peut-ĂŞtre pas suffisante.

Le seuil moins strict de 50 MW rĂ©duirait le coĂ»t du projet de règlement de 3 % tout en rĂ©duisant les rĂ©ductions d’émissions d’environ 5 % pour les deux scĂ©narios de charge. Bien que la diminution proportionnelle des coĂ»ts par rapport Ă  la perte de rĂ©ductions d’émissions soit comparable Ă  l’approche proposĂ©e, le seuil de capacitĂ© de production plus Ă©levĂ© de 50 MW pourrait entraĂ®ner la construction de groupes d’une capacitĂ© lĂ©gèrement infĂ©rieure Ă  50 MW afin d’éviter d’être soumis au projet de règlement. Bien qu’un schĂ©ma d’évitement similaire soit thĂ©oriquement possible avec la valeur proposĂ©e de 25 MW, on s’attend Ă  ce qu’un parc composĂ© de groupes de moins de 25 MW ait une plus grande inefficacitĂ© logistique qu’un parc composĂ© de groupes de moins de 50 MW. Cette plus grande inefficacitĂ© logistique est jugĂ©e suffisante pour dĂ©courager une construction apprĂ©ciable de groupes lĂ©gèrement infĂ©rieurs Ă  25 MW. C’est pourquoi l’approche proposĂ©e d’un seuil de capacitĂ© de production d’électricitĂ© de 25 MW est considĂ©rĂ©e comme la meilleure.

Effets de la variation de la mesure dans laquelle la production industrielle est incluse dans le champ d’application du projet de règlement

Le projet de règlement s’appliquerait aux groupes industriels qui satisfont aux critères d’applicabilitĂ©, notamment le fait d’être connectĂ©s Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC. Toutefois, seuls les groupes qui ont un solde exportateur de plus de zĂ©ro gigawattheure au cours d’une annĂ©e donnĂ©e devront se conformer Ă  la norme de rendement. Cette approche devrait permettre d’éviter la ruĂ©e vers la production d’électricitĂ© destinĂ©e Ă  ĂŞtre vendue Ă  un rĂ©seau d’électricitĂ© rĂ©glementĂ© par la NERC en utilisant des groupes de production d’électricitĂ© Ă  base de combustibles fossiles sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions appartenant Ă  l’industrie ; l’approche s’appuie Ă©galement sur d’autres instruments — adaptĂ©s Ă  des secteurs industriels spĂ©cifiques — pour rĂ©duire les Ă©missions associĂ©es Ă  l’électricitĂ© produite uniquement pour l’activitĂ© industrielle.

La sensibilitĂ© des coĂ»ts estimĂ©s et des rĂ©ductions d’émissions Ă  l’approche proposĂ©e a Ă©tĂ© analysĂ©e pour deux couvertures alternatives des groupes industriels : une politique plus stricte dans laquelle tous les groupes industriels sont entièrement couverts, qu’ils exportent ou non vers un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC, et une politique moins stricte dans laquelle les groupes industriels sont entièrement exemptĂ©s du respect de la norme de rendement.

Bien que les rĂ©ductions d’émissions associĂ©es Ă  cette approche plus stricte soient très Ă©levĂ©es (105 % et 80 % plus Ă©levĂ©es pour les scĂ©narios de charge 1,4 X et 2,5 X, respectivement), la couverture de tous les groupes industriels de production d’électricitĂ© augmente Ă©galement de manière significative le coĂ»t du projet de règlement, de 87 % et 62 % pour les scĂ©narios de charge 1,4 X et 2,5 X, respectivement. Cette augmentation de coĂ»t ne prend en compte que le coĂ»t de la production d’électricitĂ© et de chaleur industrielle Ă  partir de groupes de cogĂ©nĂ©ration et n’évalue pas les rĂ©percussions secondaires que ces coĂ»ts pourraient avoir sur l’activitĂ© industrielle en particulier (par exemple, en supprimant potentiellement l’activitĂ© Ă©conomique, en rĂ©duisant la compĂ©titivitĂ©, etc.) et sur l’économie canadienne en gĂ©nĂ©ral. Par consĂ©quent, cette constatation particulière ne devrait pas ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme une justification suffisante pour assujettir toute la production industrielle Ă  la norme de rendement prĂ©vue dans le projet de règlement. Par ailleurs, le fait de ne pas assujettir la production industrielle au projet de règlement reprĂ©sente un scĂ©nario dans lequel la production industrielle peut vendre sans limites de l’électricitĂ© produite Ă  partir de combustibles fossiles au rĂ©seau Ă©lectrique. Cette approche ne rĂ©duirait pas de manière significative le coĂ»t du projet de règlement (2 % pour le scĂ©nario 1,4 x et 1 % pour le scĂ©nario 2,5 X), mais diminuerait les rĂ©ductions d’émissions d’un montant sensiblement plus Ă©levĂ© : 35 % et 26 % pour les scĂ©narios de charge 1,4 X et 2,5 X, respectivement. Cette analyse n’a pas pris en compte la possibilitĂ© que l’électricitĂ© ne soit plus produite par des groupes appartenant au service public, mais par des groupes industriels utilisant des combustibles fossiles sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions ; en ne prenant pas en compte cette possibilitĂ©, la conclusion relative Ă  la rĂ©duction des Ă©missions perdues est probablement biaisĂ©e, c’est-Ă -dire que les rĂ©ductions d’émissions perdues sont sous-estimĂ©es et seraient probablement plus Ă©levĂ©es que 35 % et 26 %. Cette constatation indique que l’approche proposĂ©e dans le projet de règlement couvrant les groupes industriels ayant un solde exportateur de plus de zĂ©ro gigawattheure est probablement la meilleure des solutions envisagĂ©es, car elle est moins susceptible d’avoir des incidences Ă©conomiques plus larges, mais elle permet Ă©galement d’obtenir des rĂ©ductions d’émissions Ă  faible coĂ»t du point de vue de l’ensemble de l’économie.

Effets de la variation de la fin de vie réglementaire

Le projet de règlement permet aux groupes mis en service avant le 1er janvier 2025 de continuer Ă  fonctionner sans avoir Ă  respecter une limite d’intensitĂ© des Ă©missions jusqu’à la fin de la durĂ©e de vie rĂ©glementaire du groupe, que l’on propose de fixer Ă  20 ans, ou jusqu’au 1er janvier 2035, selon la date la plus tardive. Cette approche permet d’introduire progressivement l’activitĂ© nĂ©cessaire pour soutenir un rĂ©seau Ă©lectrique carboneutre, Ă©vitant ainsi une chute brutale de la capacitĂ© en 2035 tout en garantissant que les groupes de production d’électricitĂ© Ă  base de combustibles fossiles sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions soient conformes au règlement bien avant 2050.

L’effet sur le coĂ»t du projet de règlement et sur les rĂ©ductions d’émissions associĂ©es a Ă©tĂ© calculĂ© pour une sĂ©rie de nombres d’annĂ©es alternatifs, allant de 0 an (c’est-Ă -dire que les groupes existants doivent satisfaire Ă  la norme de rendement en 2035, tout comme les nouveaux groupes) Ă  45 ans (c’est-Ă -dire que les groupes sont autorisĂ©s Ă  fonctionner jusqu’à la fin de leur durĂ©e de vie technique).

La fixation de la durĂ©e de vie prescrite Ă  0, 5, 10 ou 15 ans a donnĂ© des rĂ©sultats similaires : Le coĂ»t du projet de règlement dans un scĂ©nario de charge 1,4 X augmente d’environ 8 %, mais les rĂ©ductions d’émissions n’augmentent que de 3 %. Pour un scĂ©nario de charge 2,5 X, l’augmentation du coĂ»t est nĂ©gligeable et les rĂ©ductions d’émissions n’augmentent que de 2 %. Compte tenu des difficultĂ©s logistiques accrues auxquelles on peut raisonnablement s’attendre en cas de mise en place accĂ©lĂ©rĂ©e des nouvelles capacitĂ©s nĂ©cessaires pour assurer la fiabilitĂ© du rĂ©seau et du gain relativement faible en termes de rĂ©duction des Ă©missions, il ne semble pas avantageux de rĂ©duire le nombre d’annĂ©es pendant lesquelles les groupes existants peuvent fonctionner après leur mise en service.

Par contre, le fait de permettre aux groupes existants de fonctionner pendant 35 Ă  45 ans après la date de mise en service permet de rĂ©duire le coĂ»t du projet de règlement, mais au dĂ©triment de pertes importantes en termes de rĂ©ductions d’émissions. Pour le scĂ©nario de charge 1,4 X, les coĂ»ts diminuent de 14 % Ă  77 % pour une durĂ©e d’exploitation de 35 Ă  45 ans, mais les rĂ©ductions d’émissions diminuent Ă©galement de 25 % Ă  76 %. Pour le scĂ©nario de charge 2,5 X, la diminution des coĂ»ts associĂ©e Ă  une durĂ©e de vie prescrite de 35 Ă  45 ans est de 10 % Ă  53 %, mais aux dĂ©pens d’une rĂ©duction des Ă©missions de 14 % Ă  31 %.

Un allongement plus modĂ©rĂ© de la durĂ©e de vie prescrite (c’est-Ă -dire de 25 Ă  30 ans) est associĂ© Ă  une augmentation modĂ©rĂ©e des coĂ»ts du projet de règlement. Pour le scĂ©nario de charge 1,4 X, ces augmentations vont de 1 % Ă  6 % pour 25 et 30 ans, alors qu’elles vont de 4 % Ă  2 % pour les mĂŞmes annĂ©es dans les scĂ©narios de charge 2,5X. Ces augmentations de coĂ»ts s’accompagnent de pertes modĂ©rĂ©es en termes de rĂ©duction des Ă©missions : 4 % et 12 % pour 25 et 30 ans dans le scĂ©nario 1,4 X et 3 % et 7 % pour le mĂŞme nombre d’annĂ©es dans le scĂ©nario de charge 2,5 X.

Cela indique que la durĂ©e d’exploitation proposĂ©e de 20 ans est la meilleure option, car elle permet d’équilibrer la mise en Ĺ“uvre progressive du règlement pour assurer la fiabilitĂ©, de gĂ©rer les coĂ»ts et de ne pas sacrifier une quantitĂ© substantielle de rĂ©ductions d’émissions. Toutefois, si d’autres considĂ©rations, telles que des rĂ©alitĂ©s logistiques limitant le rythme auquel de nouvelles capacitĂ©s pourraient ĂŞtre mises en place, devaient ĂŞtre dĂ©montrĂ©es comme une prĂ©occupation valable, des pĂ©riodes de vie prescrite plus longue, ne dĂ©passant pas 30 ans, ne devraient pas avoir d’incidences significatives sur les rĂ©ductions d’émissions attendues du projet de règlement.

Troisième partie

La troisième partie de l’analyse de sensibilitĂ© teste les rĂ©percussions sur le coĂ»t total de l’utilisation de coĂ»ts d’entrĂ©e diffĂ©rents pour les variables clĂ©s que ceux utilisĂ©s dans la modĂ©lisation du cas central. Dans l’ACA, les coĂ»ts totaux sont sensibles Ă  une variable en particulier : le coĂ»t marginal du capital (par MW) de la construction de nouvelles installations pour les technologies du rĂ©seau Ă©lectrique (coĂ»ts marginaux du capital). Cette variable dĂ©termine l’ampleur des rĂ©percussions sur les coĂ»ts associĂ©s Ă  la construction de nouvelles installations de technologies de production d’électricitĂ© avec dispositif de rĂ©duction des Ă©missions et non Ă©mettrices, induits par le projet de règlement, mais elle affecte Ă©galement l’ampleur des rĂ©percussions associĂ©es Ă  l’abandon de la remise en Ă©tat et Ă  la valeur rĂ©siduelle du capital lors des mises hors service anticipĂ©es.

Les coĂ»ts marginaux du capital utilisĂ©s dans la modĂ©lisation du cas central ont Ă©tĂ© calculĂ©s par le modèle E3MC. Cependant, il ne s’agit pas des seules estimations des coĂ»ts du capital qui pourraient ĂŞtre prises en compte dans l’analyse. Dans le cadre du processus d’élaboration du modèle NextGrid, le ministère a chargĂ© un contractant externe de compiler, entre autres, une projection des coĂ»ts marginaux du capital pour les technologies clĂ©s du rĂ©seau Ă©lectrique dans chaque province en utilisant des informations provenant de sources publiques fiables telles que le ministère amĂ©ricain de l’Énergie, l’OCDE, la Banque du Canada et les entreprises canadiennes de services publics. Un cas de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ© en mettant en correspondance les types de technologie du contrat externe avec ceux du modèle E3MC, rĂ©vĂ©lant des diffĂ©rences dans les coĂ»ts marginaux d’investissement entre les deux approches (tableau 31).

Tableau 31. Différence en pourcentage du coût marginal d’investissement (par MW) dans le scénario de sensibilité par rapport au scénario central, par type de technologie pour certaines années (moyenne canadienne, basée sur les dollars constants de 2022)
Type de technologie 2025 2030 2035 2040 2045 2050
TCPG -9 % -9 % -9 % -9 % -9 % -9 %
CCPG -5 % -5 % -5 % -5 % -5 % -5 %
Petit OGCC note * du tableau e4 -5 % -5 % -5 % -5 % -5 % -5 %
GN CSC -9 % -14 % -21 % -25 % -28 % -31 %
NuclĂ©aire 41 % 41 % 41 % 41 % 41 % 41 %
Hydro, charge de base 8 % 8 % 8 % 8 % 8 % 7 %
Hydro, de pointe 8 % 7 % 7 % 7 % 7 % 7 %
Petites centrales hydroĂ©lectriques -25 % -25 % 8 % 8 % 8 % 7 %
Biomasse -1 % -12 % -21 % -41 % -41 % -41 %
Biomasse CSC note * du tableau e4 -3 % -23 % -27 % -31 % -31 % -31 %
Éolien terrestre 1 % 2 % 0 % 1 % 1 % 2 %
Éolien en mer note * du tableau e4 1 % 2 % 2 % 2 % 3 % 4 %
Solaire PV -11 % -10 % -10 % -10 % -9 % -6 %
Stockage 83 % 113 % 91 % 94 % 97 % 101 %

Note(s) du tableau e4

Note * du tableau e4

Le contrat externe n’a pas déterminé les estimations des coûts marginaux d’investissement pour ces types de technologie. Pour estimer les valeurs du cas de sensibilité, les différences de pourcentage entre deux coûts pertinents du cas central ont été calculées et appliquées au scénario de sensibilité. Par exemple, la valeur pour le petit OGCC a été générée en multipliant l’OGCC du contrat externe par la différence de coût en pourcentage entre l’OGCC et le petit OGCC de l’E3MC. Le même traitement a été effectué pour le CSC de la biomasse (différence de pourcentage par rapport à la biomasse) et l’éolien en mer (différence de pourcentage par rapport à l’éolien terrestre).

Retour Ă  la note * du tableau e4

Les coĂ»ts marginaux du capital issus du scĂ©nario de sensibilitĂ© ont Ă©tĂ© appliquĂ©s au mĂŞme mix de rĂ©seaux Ă©lectriques modĂ©lisĂ© dans le cas central, gĂ©nĂ©rant les rĂ©sultats suivants : par rapport au cas central sur la pĂ©riode d’analyse de 27 ans (2024 Ă  2050), les coĂ»ts marginaux du capital pour les nouvelles capacitĂ©s du rĂ©seau Ă©lectrique diminuent de 929 millions de dollars (1,7 %), les Ă©conomies marginales sur les coĂ»ts de remise en Ă©tat augmentent de 115 millions de dollars (208 %) et la valeur rĂ©siduelle du capital sur les mises hors service anticipĂ©es diminue de 98 millions de dollars (7,8 %).

Bien que le scĂ©nario de sensibilitĂ© gĂ©nère des coĂ»ts d’investissement totaux similaires Ă  ceux du scĂ©nario central (c.-Ă -d. 52,7 milliards de dollars contre 53,7 milliards de dollars), les changements apportĂ©s Ă  la rĂ©partition des coĂ»ts d’investissement entre les provinces sont dignes de mention. Étant donnĂ© que les groupes au gaz naturel avec CSC et les groupes Ă  la biomasse sont moins coĂ»teux dans le scĂ©nario de sensibilitĂ© que dans le scĂ©nario central, les coĂ»ts diffĂ©rentiels totaux en Nouvelle-Écosse et en Alberta diminuent considĂ©rablement. De mĂŞme, comme les groupes nuclĂ©aires et les centrales hydroĂ©lectriques de pointe sont plus coĂ»teux dans le scĂ©nario de sensibilitĂ© par rapport au scĂ©nario central, les coĂ»ts diffĂ©rentiels totaux au Nouveau-Brunswick augmentent de manière significative. Les coĂ»ts pour les provinces dans le scĂ©nario de sensibilitĂ© sont prĂ©sentĂ©s dans le tableau 32 ci-dessous.

Tableau 32. Coût d’investissement moyen annualisé (n=27) pour les nouvelles capacités de production d’électricité par type de technologie et par province dans le scénario de sensibilité (en millions de dollars)
  T.-N.-L. N.-É. N.-B. QuĂ©. Ont. Sask Al. C.-B. Total
TCPG 0 37 -12 0 -2 -17 -42 0 -36
CCPG 0 0 -23 0 -4 -35 -85 0 -146
Petit OGCC* 0 -13 -25 0 -4 -39 -93 0 -175
GN CSC 0 0 0 0 0 127 643 0 770
Nucléaire 0 0 368 0 0 289 296 0 954
Hydro, charge de base 28 28 38 0 0 5 63 1 163
Hydro, de pointe 0 0 0 14 481 0 0 104 599
Petites centrales hydroélectriques 23 0 0 -3 103 7 -98 11 42
Biomasse 13 27 18 0 8 3 30 3 101
Biomasse CSC* 0 0 0 0 96 10 6 11 123
Éolien terrestre 19 73 0 2 -26 4 -28 5 49
Éolien en mer* 29 18 -0,04 0 0 0 0 0 47
Solaire PV 0 2 0 -0,01 4 8 4 0,1 18
Stockage 8 15 0 2 3 -2 9 3 39
Total 120 187 365 15 658 359 705 138 2,547
DiffĂ©rence en pourcentage par rapport au scĂ©nario central 12 % -37 % 32 % 6 % 4 % 11 % -14 % 11 % -2 %

Lentille des petites entreprises

Le projet de règlement n’imposerait aucune exigence administrative ou de conformitĂ© aux petites entreprises telles que dĂ©finies par le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor du Canada (moins de 100 employĂ©s ou revenus bruts annuels infĂ©rieurs Ă  5 millions de dollars).

Règle du « un pour un Â»

La règle du «un pour un» s’applique puisqu’il y a une augmentation progressive de la charge administrative pesant sur les entreprises. La proposition abrogerait deux titres rĂ©glementaires existants, entre 2035 et 2045, et introduirait un nouveau titre rĂ©glementaire, ce qui se traduirait par une diminution nette d’un titre rĂ©glementaire. (Politique sur la limitation du fardeau rĂ©glementaire sur les entreprises). Ces coĂ»ts sont dĂ©crits dans la sous-section « CoĂ»ts administratifs Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â». Les coĂ»ts administratifs pertinents indiquĂ©s dans le tableau 22 (c’est-Ă -dire ceux qui seraient encourus de 2024 Ă  2033) ont Ă©tĂ© convertis en dollars constants de 2012, puis actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de base 2012 Ă  l’aide d’un taux d’actualisation de 7 %. Selon cette mĂ©thodologie, le projet de règlement entraĂ®nerait une augmentation annualisĂ©e de la charge administrative de 9 963 $ ou 79,70 $ par installation. Il est important de noter que le calcul de la charge en vertu de la règle du un pour un ne comprend pas les coĂ»ts administratifs associĂ©s Ă  la dĂ©claration annuelle qui commencerait en 2035 et ne comprend que les coĂ»ts administratifs associĂ©s Ă  la familiarisation avec la rĂ©glementation et Ă  la soumission d’un rapport d’enregistrement et d’une assignation d’enregistrement. Le règlement sur la rĂ©duction des formalitĂ©s administratives prĂ©cise la mĂ©thodologie requise pour estimer les coĂ»ts de la charge administrative, qui se limite aux rĂ©percussions encourues au cours de la pĂ©riode de 10 ans qui commence lorsque le règlement serait enregistrĂ©. Ces coĂ»ts sont toutefois estimĂ©s et rapportĂ©s dans le cadre de l’ACA.

Coopération en matière de réglementation et d’harmonisation réglementaire

Le projet de règlement est un pilier essentiel du Plan de rĂ©duction des Ă©missions, le plan climatique du Canada visant Ă  atteindre une Ă©conomie carboneutre d’ici 2050 (NZ2050). Il aurait une incidence non seulement sur le secteur de l’électricitĂ©, mais aussi sur d’autres secteurs Ă  mesure qu’ils se dĂ©carbonisent Ă  l’aide d’électricitĂ© propre. Le projet de règlement accĂ©lĂ©rerait les progrès vers un secteur de production d’électricitĂ© carboneutre, aidant le Canada Ă  devenir une Ă©conomie carboneutre d’ici 2050. Le Canada s’est joint Ă  plus de 120 pays qui se sont engagĂ©s Ă  atteindre la carboneutralitĂ© d’ici 2050, y compris tous les autres pays du G7. Le projet de règlement ne fera pas double emploi avec les règlements provinciaux ou territoriaux. Étant donnĂ© que l’électricitĂ© est en grande partie un produit national et qu’elle n’est exportĂ©e qu’aux États-Unis, le seul alignement international possible serait celui des États-Unis. Le 24 mars 2023, le prĂ©sident Biden et le premier ministre Trudeau ont publiĂ© une dĂ©claration commune dans laquelle ils ont fait rĂ©fĂ©rence aux engagements pris par les deux pays pour parvenir Ă  des rĂ©seaux Ă©lectriques carboneutres d’ici 2035, les deux pays indiquant Ă©galement leur intention de proposer avant cet automne des règlements qui rĂ©duiront les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre du secteur nord-amĂ©ricain de l’électricitĂ©rĂ©fĂ©rence 33.

L’analyse de la modĂ©lisation visant Ă  comprendre la dynamique potentielle du commerce de l’électricitĂ© entre les États-Unis et le Canada dans le cadre du REP aura lieu entre la prĂ©publication dans la Gazette du Canada, partie I, et la publication finale dans la Gazette du Canada, partie II.

Évaluation environnementale stratégique

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique (EES) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour le projet de règlement. L’EES a conclu que le projet de règlement devrait avoir des effets positifs sur l’environnement. Les effets environnementaux nĂ©gatifs liĂ©s au projet de règlement pourraient inclure les rĂ©percussions localisĂ©es sur l’utilisation des terres associĂ©es aux nouveaux projets d’énergie solaire et Ă©olienne, ou les considĂ©rations relatives au stockage/Ă  l’élimination du combustible usĂ© des centrales nuclĂ©aires, Ă©tant donnĂ© que le projet de règlement devrait favoriser un dĂ©ploiement accru des sources de production d’électricitĂ© Ă  faible teneur en carbone. Toutefois, par rapport aux effets environnementaux positifs de la rĂ©duction de la production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles au Canada, les effets nĂ©gatifs potentiels sur l’environnement seraient limitĂ©s. Le projet de règlement soutient les objectifs de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD) 2022-2026, Ă  savoir : « AccroĂ®tre l’accès des Canadiens Ă  une Ă©nergie propre Â», « Favoriser l’innovation et les infrastructures vertes au Canada Â», « Prendre des mesures relatives aux changements climatiques et leurs impacts Â», « AmĂ©liorer l’accès Ă  des logements abordables, Ă  de l’air pur, aux transports, aux parcs et aux espaces verts, ainsi qu’au patrimoine culturel au Canada Â». Le projet de règlement devrait Ă©galement contribuer aux objectifs de dĂ©veloppement durable (ODD) connexes du Programme 2030 des Nations unies, en particulier l’ODD 3 Bonne santĂ© et bien-ĂŞtre ; l’ODD 7 Ă‰nergie abordable et propre ; l’ODD 9 Industrie, innovation et infrastructure ; et l’ODD 13 Action pour le climat.

Sans le projet de règlement, dans le cadre du rĂ©gime rĂ©glementaire actuel, le modèle E3MC estime que le secteur canadien de la production d’électricitĂ© rejetterait 44 Mt d’émissions en 2030, principalement en raison de la production d’électricitĂ© Ă  partir de gaz naturel, qui devrait se poursuivre jusque dans les annĂ©es 2040. Le projet de règlement est l’un des Ă©lĂ©ments du plan de rĂ©duction des Ă©missions du Canada. Les progrès rĂ©alisĂ©s dans le cadre de ce plan seront examinĂ©s dans des rapports d’étape produits en 2023, 2025 et 2027. Des objectifs et des plans supplĂ©mentaires seront Ă©laborĂ©s pour les annĂ©es 2035 Ă  2050.

Analyse comparative entre les sexes plus

À l’aide d’une analyse comparative entre les sexes plus (ACS Plus), le ministère a déterminé que, par rapport à l’ensemble de la population canadienne, le projet de règlement peut avoir des effets disproportionnés, tant positifs que négatifs, sur certains groupes démographiques. En outre, les effets du changement climatique auront des répercussions disproportionnées sur ces mêmes données démographiques qui peuvent également être influencées par des considérations régionales, telles que des tempêtes plus violentes pour les communautés côtières ou des sécheresses et des incendies de forêt plus graves dans les régions plus enclavées et centrales. Ces effets peuvent être ressentis différemment par les personnes appartenant à ces groupes démographiques, et en particulier par les personnes dont les identités sociales se croisent et se chevauchent.

Le projet de règlement accélérerait les progrès vers un secteur de production d’électricité carboneutre, un élément clé pour que le Canada atteigne une économie carboneutre d’ici 2050. En vertu de sa portée en tant qu’instrument réglementaire fédéral, le projet de règlement peut aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada et contribuer à l’action climatique mondiale. Étant donné que certains groupes démographiques de Canadiens sont plus vulnérables aux effets néfastes du changement climatique que l’ensemble de la population canadienne, le ministère s’attend à ce que ces groupes démographiques vulnérables ressentent davantage les effets positifs de l’atténuation réussie du changement climatique mondialréférence 34,référence 35. Par conséquent, alors que le projet de règlement serait bénéfique pour ces groupes démographiques, ils incluraient des mesures visant à prendre en compte l’impact des coûts sur ces mêmes groupes.

Le projet de règlement a été conçu avec plusieurs flexibilités de conformité, y compris une flexibilité d’émission/durée basée sur la masse et une disposition de fin de vie réglementaire. Ces assouplissements en matière de conformité finissent par réduire les effets du projet de règlement sur les coûts, par exemple en diminuant la valeur résiduelle du capital en cas de mise hors service prématurée des actifs. Les provinces et les territoires sont responsables de l’approbation des modifications des tarifs d’électricité et les répercussions réelles du REP sur les tarifs dépendront des approches provinciales en matière de fixation des tarifs ainsi que de décisions d’investissement judicieuses et d’une bonne planification. Toutefois, les répercussions sur les tarifs ont plus de chance de se produire en Alberta, en Saskatchewan et en Nouvelle-Écosse et, dans une moindre mesure, au Nouveau-Brunswick, étant donné que leur plus grande dépendance à l’égard de la production de combustibles fossiles nécessiterait un renouvellement du capital plus important que dans les provinces qui disposent déjà d’une plus grande capacité non émettrice, telle que l’hydroélectricité. Le ministère a estimé les incidences sur les tarifs d’électricité par province (voir la section sur l’analyse des tarifs d’électricité), mais les incidences différentielles réelles du projet de règlement sur les tarifs d’électricité seraient influencées par les décisions provinciales sur la façon de respecter les normes réglementaires. De plus, le Ministère s’attend à ce qu’il y ait des impacts distributifs parmi certains groupes démographiques et communautés dans les provinces dépendantes des combustibles fossiles, en particulier pour ceux qui font face à l’intersectionnalité.

MĂŞme de faibles augmentations de tarifs pourraient avoir des rĂ©percussions disproportionnĂ©es sur les mĂ©nages Ă  faible revenu, car ils consacrent une plus grande part de leur revenu Ă  l’électricitĂ© et sont plus susceptibles d’être confrontĂ©s Ă  la pauvretĂ© Ă©nergĂ©tique. Par exemple, un document d’orientation commandĂ© par l’Institut canadien du climat a rĂ©vĂ©lĂ© que, dans toutes les provinces, les dĂ©penses d’électricitĂ© reprĂ©sentaient une charge plus importante pour les mĂ©nages Ă  faible revenu, soit entre deux et dix pour cent de leur revenu. En revanche, les mĂ©nages Ă  revenus plus Ă©levĂ©s dĂ©pensaient entre zĂ©ro et deux pour cent de leurs revenus pour l’électricitĂ©rĂ©fĂ©rence 36. Les provinces de l’Atlantique peuvent ĂŞtre particulièrement touchĂ©es, car elles prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement les taux les plus Ă©levĂ©s de pauvretĂ© Ă©nergĂ©tique au CanadarĂ©fĂ©rence 37. En outre, les mĂ©nages Ă  faible revenu peuvent ne pas avoir la capacitĂ© d’acheter des technologies qui leur permettraient de bĂ©nĂ©ficier de l’électrification des utilisations finales (par exemple, les thermopompes ou les vĂ©hicules Ă©lectriques). Le ministère collabore avec des universitaires spĂ©cialisĂ©s dans l’économie des rĂ©seaux Ă©lectriques afin de comprendre les effets potentiels du projet de règlement sur l’abordabilitĂ© de l’électricitĂ© (p. ex. les tarifs d’électricitĂ©), les coĂ»ts totaux de l’électricitĂ© supportĂ©s par les mĂ©nages (en tenant compte d’une Ă©lectrification accrue) et les changements dans les dĂ©penses d’électricitĂ© en tant que part du revenu. Cependant, ces impacts potentiels devraient ĂŞtre compensĂ©s par la diminution des dĂ©penses des mĂ©nages en combustibles fossiles, en raison de l’électrification du chauffage domestique et des transportsrĂ©fĂ©rence 38.

Le ministère a l’intention de prendre en compte les rĂ©sultats de ce travail dans son raisonnement lorsqu’il poursuivra l’engagement et l’élaboration du projet de règlement. Comme le montre le budget 2023, le gouvernement du Canada poursuit une sĂ©rie de mesures complĂ©mentaires qui soutiennent une transition abordable et fiable vers l’électricitĂ© propre et l’électrification. L’étude susmentionnĂ©e sur l’accessibilitĂ© financière de l’électricitĂ© pourrait contribuer Ă  l’élaboration de futures mesures complĂ©mentaires potentielles.

Les enfants, les jeunes et les générations futures risquent d’être confrontés à des répercussions de plus en plus graves du changement climatique si celui-ci progresse au cours de leur vie et, par conséquent, ils devraient bénéficier davantage que les générations adultes d’aujourd’hui des réductions d’émissions à long terme. Le projet de règlement soutient les avantages intergénérationnels en accélérant la mise en place d’une infrastructure d’électricité propre, en créant les fondations des réseaux électriques propres de l’avenir, qui seront un élément clé pour fournir des avantages climatiques à long terme aux générations futures grâce au potentiel de réduction des émissions de l’électrification. Bien que le projet de règlement et la transition vers l’énergie propre entraînent des répercussions financières sur les générations actuelles, les générations futures bénéficieront en général de ces investissements. En outre, un accès accru à l’énergie propre peut avoir des avantages socio-économiques à long terme pour les générations futures en attirant l’industrie et les entreprises qui cherchent de plus en plus à utiliser de l’électricité propre et à réduire les émissions opérationnelles.

La composition actuelle du marchĂ© du travail du secteur de l’électricitĂ© au Canada est davantage reprĂ©sentĂ©e par certains groupes. Par exemple, en 2019, les hommes occupaient 67 % des emplois dans le secteur de la productionrĂ©fĂ©rence 39, du transport et de la distribution d’électricitĂ© et reprĂ©sentaient 63 % de la main-d’œuvre dans le secteur des produits environnementaux et des technologies propresrĂ©fĂ©rence 40. Les possibilitĂ©s Ă©conomiques offertes par la transition vers les Ă©nergies propres pourraient se traduire par une composition similaire du marchĂ© du travail. Toutefois, le Canada est plus susceptible de connaĂ®tre une pĂ©nurie de travailleurs qualifiĂ©s que d’emplois durables dans le secteur de l’énergie proprerĂ©fĂ©rence 41 et il existe une opportunitĂ© d’inclure ceux qui sont actuellement sous-reprĂ©sentĂ©s dans l’industrie de la production, du transport et de la distribution d’électricitĂ©, tels que les femmes (33 %), les peuples autochtones (3 %) et les minoritĂ©s visibles (12 %)rĂ©fĂ©rence 39. Les personnes handicapĂ©esrĂ©fĂ©rence 42 et les personnes LGBTQ2+rĂ©fĂ©rence 43 sont Ă©galement probablement sous-reprĂ©sentĂ©es dans le secteur de l’électricitĂ©, mais il existe peu de donnĂ©es publiques ventilĂ©es permettant de quantifier leur reprĂ©sentation. Le Plan (provisoire) pour des emplois durables, lancĂ© en fĂ©vrier 2023, est un mĂ©canisme qui permet d’attĂ©nuer ces rĂ©percussions. Une partie intĂ©grante du Plan pour des emplois durables consiste Ă  s’assurer que les circonstances particulières des groupes marginalisĂ©s et sous-reprĂ©sentĂ©s sont prises en compte afin de garantir leur participation pleine et Ă©gale Ă  l’économie.

Le projet de règlement accĂ©lĂ©rant la transition vers l’électricitĂ© propre, le Canada assistera Ă  une augmentation des formes de production d’électricitĂ© peu ou non Ă©mettrices (comme les Ă©nergies renouvelables) et Ă  une rĂ©duction des formes de production d’électricitĂ© Ă©mettrices (comme la production d’électricitĂ© au gaz naturel sans dispositif de rĂ©duction des Ă©missions). Au cours de cette transition, certains travailleurs qui travaillent dans le secteur de la production d’électricitĂ© Ă  partir de combustibles fossiles devront peut-ĂŞtre changer d’emploi. Pour certains d’entre eux, cela peut nĂ©cessiter d’acquĂ©rir de nouvelles compĂ©tences, d’adapter leur parcours professionnel et leur trajectoire, ou de dĂ©mĂ©nager vers des lieux oĂą existent de nouveaux emplois dans le domaine de l’électricitĂ© propre. Cette transition touchera principalement les hommes, car le secteur de l’énergie basĂ©e sur les combustibles fossiles est dominĂ© par les hommesrĂ©fĂ©rence 39. Les travailleurs plus âgĂ©s peuvent Ă©galement ĂŞtre confrontĂ©s Ă  des dĂ©fis particuliers lors de la transition vers un nouvel emploi, tels que des problèmes de santĂ©, l’absence d’amĂ©nagements sur le lieu de travail et l’âgismerĂ©fĂ©rence 44. En 2019, 21 % des travailleurs du secteur de la production, du transport et de la distribution d’électricitĂ© Ă©taient âgĂ©s de 55 ans et plus et 46 % Ă©taient âgĂ©s de 45 ans et plusrĂ©fĂ©rence 39.

La production d’électricité à partir de combustibles fossiles continuera à jouer un rôle et nécessitera des travailleurs connaissant bien ces réseaux. En outre, ceux qui ont de l’expérience dans la production d’électricité à partir de combustibles fossiles peuvent posséder certaines compétences et connaissances transférables nécessaires pour travailler avec des formes de production d’électricité peu et non émettrices. Les étudiants, les jeunes travailleurs et les générations futures pourraient être mieux placés pour adapter leur parcours éducatif et leur carrière afin de tirer parti d’un secteur de l’énergie propre en pleine croissance. Même si certains travailleurs ne seront pas en mesure de faire la transition à partir d’emplois basés sur la production de combustibles fossiles, leur nombre devrait être faible, car le temps prévu entre la publication du projet de règlement et l’entrée en vigueur de la norme de rendement en 2035, ainsi que la mise à la retraite progressive de la production existante basée sur les combustibles fossiles, peuvent laisser le temps à la main-d’œuvre du secteur d’acquérir de nouvelles compétences et de profiter des opportunités d’emploi offertes par la transition vers l’énergie propre.

Les reprĂ©sentants autochtones ont soulignĂ© que l’abordabilitĂ© de l’énergie et l’accès continu Ă  une Ă©nergie fiable sont des prĂ©occupations pour les communautĂ©s autochtones et Ă©loignĂ©es. Dans cette optique, les flexibilitĂ©s de conformitĂ© du projet de règlement ont Ă©tĂ© conçues pour exempter efficacement la plupart des communautĂ©s autochtones et des communautĂ©s nordiques, rurales et Ă©loignĂ©es qui ne sont pas connectĂ©es Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC, car elles n’ont souvent pas d’options abordables pour utiliser une production d’électricitĂ© non Ă©mettricerĂ©fĂ©rence 45. Dans le mĂŞme temps, les reprĂ©sentants autochtones ont exprimĂ© le souhait d’une plus grande inclusion des peuples autochtones dans la transition vers l’énergie propre afin de catalyser une transition vers l’abandon de la production d’électricitĂ© Ă  partir du diesel et de promouvoir les opportunitĂ©s Ă©conomiques locales. Alors que le nombre de communautĂ©s autochtones aidant Ă  fournir des options d’électricitĂ© propre au Canada continue d’augmenter, le gouvernement reconnaĂ®t la contribution substantielle que les communautĂ©s autochtones peuvent jouer dans la rĂ©alisation d’un rĂ©seau d’électricitĂ© carboneutre. Le gouvernement reconnaĂ®t Ă©galement le rĂ´le important que la transition vers l’électricitĂ© propre peut jouer dans la rĂ©conciliation Ă©conomique. Le gouvernement du Canada continuera Ă  s’engager auprès des partenaires autochtones et des parties intĂ©ressĂ©es pour faire connaĂ®tre les programmes d’énergie propre et les possibilitĂ©s de financement pour les communautĂ©s qui ne sont pas connectĂ©es Ă  un rĂ©seau Ă©lectrique rĂ©glementĂ© par la NERC (c’est-Ă -dire les « communautĂ©s hors rĂ©seau Â»). Ces efforts soutiendront les engagements plus larges du gouvernement en faveur de la rĂ©conciliation et de relations renouvelĂ©es avec les peuples autochtones afin d’atteindre les objectifs inscrits dans la DĂ©claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtonesrĂ©fĂ©rence 46.

Raison d’être

Le projet de règlement contribuerait de manière significative Ă  l’engagement du Canada d’atteindre la carboneutralitĂ© Ă  l’échelle de l’économie d’ici 2050. L’atteinte de la carboneutralitĂ© Ă  l’échelle de l’économie nĂ©cessitera une Ă©lectrification Ă  grande Ă©chelle des secteurs et des utilisations finales qui dĂ©pendent actuellement des combustibles fossiles, comme le transport, le chauffage des locaux et de l’eau et l’activitĂ© industrielle. Il est gĂ©nĂ©ralement admis que le niveau d’électrification nĂ©cessaire pour atteindre l’objectif de 2050 exigerait au moins un doublement de l’approvisionnement en Ă©lectricitĂ© du Canada d’ici Ă  2050. Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, dans lequel le projet de règlement ne se produit pas, les provinces et les territoires vont faire des investissements importants dans la production et la transmission d’électricitĂ© au cours des prochains 25 ans pour rĂ©pondre Ă  cette demande croissante d’électricitĂ©. Dans ce contexte, le ministère estime que des investissements de plus de 400 milliardsrĂ©fĂ©rence 47 de dollars sont nĂ©cessaires dans le cadre du remplacement de routine des installations vieillissantes et de l’expansion de la production pour rĂ©pondre Ă  l’augmentation de la demande dĂ©coulant de la croissance dĂ©mographique et Ă©conomique, du passage aux vĂ©hicules Ă©lectriques, de l’adoption du chauffage Ă©lectrique pour les bâtiments et de l’électrification des processus industriels tels que la production d’acier et d’aluminium.

Si aucune mesure réglementaire n’est prise, le Canada devrait connaître une augmentation des émissions provenant du secteur de l’électricitéréférence 48. L’action réglementaire a été considérée comme la meilleure approche pour envoyer des signaux sans équivoque en faveur d’une transition de l’économie des combustibles fossiles vers des sources non émettrices.

Les mesures rĂ©glementaires nĂ©cessiteront des investissements proportionnels. Alors que ces investissements devraient entraĂ®ner une augmentation des tarifs d’électricitĂ©, la recherche suggère qu’ils soutiendront un changement dans l’utilisation de l’énergie qui rĂ©duira en fait les dĂ©penses globales des mĂ©nages en matière d’énergie. Le rapport Clean Electricity, Affordable Energy (juin 2023) du Climate Change Institute conclut que les dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques moyennes des mĂ©nages diminueront de 12 % d’ici Ă  2050, Ă  mesure que les gens abandonneront les combustibles fossiles au profit de technologies plus efficaces telles que les vĂ©hicules Ă©lectriques et les pompes Ă  chaleur.

MĂŞme si les dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques des mĂ©nages devraient diminuer, le gouvernement du Canada reconnaĂ®t Ă©galement que l’électricitĂ© doit rester abordable. Alors que le coĂ»t supplĂ©mentaire pour s’assurer que l’augmentation de la production se fasse de manière Ă  aboutir Ă  un rĂ©seau carboneutre ne devrait ajouter qu’un faible pourcentage au coĂ»t global d’électricitĂ©, le gouvernement du Canada a engagĂ© plus de 50 milliards de dollars pour aider Ă  dĂ©carboniser le secteur. Ce financement pourrait couvrir plus de la moitiĂ© des coĂ»ts supplĂ©mentaires nĂ©cessaires pour garantir que cette transformation conduise Ă  un rĂ©seau carboneutre, et il offre aux provinces la possibilitĂ© de rĂ©duire considĂ©rablement l’impact sur les tarifs, en particulier dans le Canada atlantique et les Prairies.

Avec l’ensemble des mesures fédérales complémentaires, le projet de règlement accélérerait l’évolution du Canada vers un secteur de l’électricité carboneutre. Bien que les provinces et les territoires soient responsables de la planification et de l’exploitation de leurs réseaux électriques, le gouvernement fédéral a compétence pour réglementer les émissions de GES en vertu de la LCPE. Par rapport au scénario de référence, le projet de règlement augmenterait les sources de production non émettrices et les sources émettrices avec dispositif de réduction des émissions et réduirait considérablement la production d’émissions sans dispositif de réduction des émissions d’ici 2035, et presque complètement d’ici 2050.

Alors que les systèmes existants et prévus de tarification du carbone mis en œuvre par les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral pourraient réduire les émissions provenant de la production d’électricité à partir de combustibles fossiles, les résultats de la modélisation montrent que le projet de règlement est un moteur nécessaire qui garantirait que les émissions de GES du secteur n’augmentent pas indûment dans le cadre d’un scénario prévoyant une forte augmentation de la demande d’électricité.

L’approche du gouvernement du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques est fondée sur le principe de la maximisation des améliorations de la performance environnementale tout en minimisant les répercussions économiques négatives. Le projet de règlement accorde au secteur de l’électricité des délais suffisants pour ajuster ses plans d’investissement afin de respecter les normes d’émissions de CO2 proposées d’ici 2035.

Une analyse coĂ»ts-avantages sociĂ©tale a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour le projet de règlement, qui a indiquĂ© qu’il entraĂ®nerait une rĂ©duction nette d’environ 342 Mt CO2e d’émissions de GES entre 2024 et 2050 dans le cadre d’un scĂ©nario central dans lequel la demande d’électricitĂ© augmente de 40 %. L’avantage supplĂ©mentaire liĂ© Ă  la rĂ©alisation de ces rĂ©ductions est estimĂ© Ă  102,5 milliards de dollars, tandis que le coĂ»t supplĂ©mentaire est estimĂ© Ă  73,6 milliards de dollars au cours de la mĂŞme pĂ©riode. Il en rĂ©sulte un bĂ©nĂ©fice net pour la sociĂ©tĂ© d’environ 28,9 milliards de dollarsrĂ©fĂ©rence 49.

Si les provinces et les services publics du Canada s’engageaient largement en faveur d’un réseau électrique carboneutre et profitaient pleinement du soutien financier du gouvernement fédéral, le programme d’électrification propre devrait être réalisé avec un coût supplémentaire minime pour les contribuables, tout en contribuant à réduire les coûts globaux de l’énergie pour les ménages et les entreprises.

Les principaux aspects du projet de règlement sont prĂ©sentĂ©s Ă  l’annexe 1 du prĂ©sent document, ainsi que la justification de ces aspects.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Une fois le projet de règlement publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada, le personnel du ministère dirigera l’élaboration et la mise en Ĺ“uvre des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, selon les besoins. Il peut s’agir de publier des informations sur le Web, d’envoyer des courriels/lettres aux entitĂ©s rĂ©glementĂ©es pour les informer de la publication, de rĂ©pondre aux demandes d’information ou de clarification, d’envoyer des lettres de rappel (le cas Ă©chĂ©ant). Le projet de règlement entrera en vigueur Ă  la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada, tandis que la norme de rendement entrera en vigueur Ă  partir du 1er janvier 2035.

En gĂ©nĂ©ral, les secteurs touchĂ©s par le projet de règlement connaĂ®tront les exigences rĂ©glementaires proposĂ©es en raison des efforts considĂ©rables de mobilisation dĂ©ployĂ©s par le ministère en 2022, notamment de multiples webinaires (auxquels ont participĂ© plus de 400 personnes, y compris des reprĂ©sentants d’associations industrielles et de secteurs industriels) et des documents diffusĂ©s par le ministère qui expliquent l’élaboration du projet de règlement, des rĂ©unions entre des fonctionnaires du ministère et des reprĂ©sentants de l’industrie et d’autres secteurs afin d’informer de l’évolution du projet de règlement, la demande par le ministère de commentaires Ă©crits sur le cadre rĂ©glementaire proposĂ© et l’analyse de ces commentaires par le personnel du ministère. Des activitĂ©s d’engagement similaires sont prĂ©vues pour 2023.

Le ministère prĂ©voit de publier le Règlement sur l’électricitĂ© propre dans la Partie II de la Gazette du Canada en 2024. La date d’entrĂ©e en vigueur proposĂ©e serait le 1er janvier 2025. Les groupes dont la date de mise en service est antĂ©rieure au 1er janvier 2025 et qui rĂ©pondent aux critères d’applicabilitĂ© devront s’enregistrer auprès du ministère de l’Environnement d’ici la fin de l’annĂ©e 2025 et les groupes mis en service le 1er janvier 2025 ou après devront s’enregistrer dans les 60 jours suivant la mise en service. Après la publication, les groupes non au charbon mis en service avant le 1er janvier 2025 devront atteindre une norme de rendement de 30 t/GWh Ă  partir du 1er janvier 2035 ou du 1er janvier de l’annĂ©e suivant la fin de la durĂ©e de vie rĂ©glementaire du groupe (20 ans après la mise en service), la date la plus tardive Ă©tant retenue. Les groupes au charbon devront atteindre cette norme de rendement Ă  partir du 1er janvier 2035, quelle que soit leur date de mise en service. Tous les groupes mis en service Ă  partir du 1er janvier 2025, quel que soit le combustible utilisĂ©, devront respecter la norme de rendement de 30 t/GWh Ă  partir du 1er janvier 2035.

Conformité et application

Étant donné que le projet de règlement est pris en vertu de la LCPE, les agents chargés de l’application de la loi appliqueront, lorsqu’ils vérifieront la conformité au projet de règlement, la politique d’observation et d’application de la LCPE. Cette politique définit l’éventail des réponses possibles aux infractions présumées, y compris les avertissements, les directives, les ordres de conformité en matière de protection de l’environnement, les contraventions, les arrêtés ministériels, les injonctions, les poursuites pénales et les mesures de rechange en matière de protection de l’environnement (qui sont une alternative aux poursuites judiciaires après le dépôt d’une plainte pour une infraction à la LCPE). En outre, la politique explique quand le gouvernement du Canada aura recours à des poursuites civiles de la part de la Couronne pour le recouvrement des coûts.

Personnes-ressources

Karishma Boroowa
Directrice
Division de l’électricité et de la combustion
Direction de l’énergie et des transports
Environnement et changement climatique Canada
Courriel : ECD-DEC@ec.gc.ca

Maria Klimas
Directrice par intérim
Division de l’analyse réglementaire et de l’évaluation
Direction de l’analyse économique
Environnement et changement climatique Canada
Courriel : RAVD.DARV@ec.gc.ca

Annexe 1 Résumé du projet de règlement
Application Raison d’être
Le projet de règlement s’applique aux groupes de production d’électricitĂ© qui rĂ©pondent aux trois critères suivants :
1. Utiliser n’importe quelle quantité de combustibles fossiles pour produire de l’électricité La nécessité de lutter contre le changement climatique exige de limiter les émissions anthropiques de CO2, et le projet de règlement devrait couvrir de la même manière toutes les sources potentielles d’émissions liées à la production d’électricité.
2. a une capacitĂ© Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  25 MW

Évite les coĂ»ts associĂ©s aux groupes qui ne devraient pas ĂŞtre une source majeure d’émissions de GES au Canada, tout en offrant une certaine souplesse aux exploitants dans les endroits oĂą l’infrastructure du rĂ©seau Ă©lectrique n’est pas suffisante. En effet, les groupes de moins de 25 MW reprĂ©sentent actuellement environ 2 % des Ă©missions du secteur de l’électricitĂ© au Canada.

En outre, comme l’efficacitĂ© diminue avec la taille des MW, les groupes de moins de 25 MW sont trop inefficaces pour constituer une option viable en vue d’un dĂ©ploiement Ă  grande Ă©chelle de l’énergie de base.

3. sont connectés à un réseau électrique soumis aux normes de la NERC

Évite les coĂ»ts associĂ©s aux groupes qui :

produisent principalement ou uniquement pour leur propre usage, car ces groupes sont le plus souvent intégrés à de grands complexes industriels qui seraient mieux réglementés par des instruments adaptés à leur secteur industriel;

sont situés dans des régions éloignées ou nordiques, car ces groupes ne devraient pas être une source majeure d’émissions de GES au Canada et les régions nordiques n’ont pas beaucoup d’options pour obtenir de l’électricité fiable à faible taux d’émissions ou sans émissions, fournie à des prix compétitifs.

Inscription Raison d’être
Le projet de règlement exigera que tous les groupes qui rĂ©pondent aux critères d’applicabilitĂ© s’enregistrent d’ici la fin de l’annĂ©e 2025 ou, pour les groupes mis en service après le 1er janvier 2025, dans les 60 jours suivant la mise en service. Le projet de règlement exige que tous les groupes susceptibles de devoir se conformer Ă  la norme de rendement s’enregistrent afin de dĂ©montrer qu’ils sont conscients de leurs obligations et de fournir au ministère les informations nĂ©cessaires pour mener des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© et d’application avant que les normes de rendement ne s’appliquent.
Normes de rendement en matière d’émissions Raison d’être
On entend par groupe un ensemble composé de tout équipement physiquement connecté et fonctionnant ensemble pour produire de l’électricité, et qui
  • a) doit comprendre au moins une chaudière ou un moteur Ă  combustion;
  • b) peut comprendre des brĂ»leurs Ă  conduit et d’autres dispositifs de combustion, des systèmes de rĂ©cupĂ©ration de la chaleur, des turbines Ă  vapeur, des gĂ©nĂ©rateurs et des dispositifs de contrĂ´le des Ă©missions, y compris des systèmes de CSC capturant les Ă©missions provenant de la production d’électricitĂ©.

Afin de maximiser les rĂ©ductions d’émissions rĂ©alisables, le projet de règlement s’appliquerait Ă  la production d’électricitĂ© au niveau le plus bas de la production, qui, dans le secteur de l’électricitĂ©, est dĂ©fini comme " un groupe ".

Cette approche est conforme Ă  celle du Règlement sur la rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone — secteur de l’électricitĂ© thermique au charbon et du Règlement limitant les Ă©missions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricitĂ© thermique au gaz naturel.

Les groupes, autres que ceux brĂ»lant du charbon, mis en service avant le 1er janvier 2025 : La norme de rendement proposĂ©e (30 t/GWh) s’appliquera Ă  partir du 1er janvier 2035 ou 20 ans après la mise en service du groupe.

Une approche progressive donnerait aux groupes existants le temps d’élaborer une stratégie de mise en conformité et de construire l’infrastructure nécessaire ou d’y avoir accès. En offrant cette flexibilité, la fiabilité du réseau électrique sera plus facilement maintenue aux niveaux actuels.

Cette valeur correspond Ă  l’intensitĂ© des Ă©missions de la production de gaz naturel avec un taux de captage et de stockage du carbone (CSC) de 95 %, ce qui, selon les experts et les fournisseurs de CSC, devrait ĂŞtre possible d’ici Ă  2035.

Groupe mis en service Ă  partir du 1er janvier 2025 : Ă€ partir du 1er janvier 2035, la norme de rendement proposĂ©e s’appliquera. Le fait d’accorder aux nouveaux groupes un dĂ©lai de 10 ans pour se conformer au projet de règlement offre une certaine souplesse. Les exploitants disposeront de suffisamment de temps pour entreprendre la construction et obtenir les matĂ©riaux nĂ©cessaires Ă  la mise en place d’une capacitĂ© de production suffisante pour maintenir la fiabilitĂ© aux niveaux actuels.
Groupe qui brĂ»le du charbon ou qui a augmentĂ© sa capacitĂ© de production d’électricitĂ© d’au moins 10 pour cent depuis son enregistrement en vertu du projet de règlement : Ă€ partir du 1er janvier 2035, la norme de rendement proposĂ©e s’appliquera. L’objectif principal de l’approche progressive est de faciliter la transition rĂ©sultant de l’application de la norme de rendement. Les groupes visĂ©s par le Règlement sur la rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone — secteur de l’électricitĂ© thermique au charbon ont dĂ©jĂ  bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une telle approche progressive en vertu de ce règlement. Le fait de prĂ©voir une deuxième pĂ©riode de transition fausserait les objectifs de rĂ©duction des Ă©missions du projet de règlement.

Un groupe qui a cessĂ© de brĂ»ler du charbon et qui a subi des " modifications majeures " : La norme de rendement proposĂ©e s’appliquerait Ă  partir du 1er janvier 2035 ou du 1er janvier de l’annĂ©e suivant la prolongation de sa durĂ©e de vie en vertu du Règlement limitant les Ă©missions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricitĂ© thermique au gaz naturel, selon la date la plus tardive.

Pour plus d’informations sur la signification de " modification majeure ", voir le paragraphe 3(4) du Règlement limitant les Ă©missions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricitĂ© thermique au gaz naturel.

Ces groupes considérablement modifiés sont inclus dans le Règlement limitant les émissions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricité thermique au gaz naturel. Les règlements sont harmonisés afin d’assurer la fiabilité du réseau électrique.

Les groupes ayant subi des modifications importantes n’ont aucune possibilité de fonctionner sans norme de rendement après 2039.

Seuls les groupes qui sont un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure au cours d’une année civile donnée sont soumis à la norme de rendement pour cette année-là.

Ceci s’applique aux groupes qui produisent de l’électricité destinée à un réseau électrique réglementé par la NERC et qui demandent de l’électricité à partir de ce réseau. Ainsi, la norme de rendement proposée ne s’appliquerait qu’aux groupes qui fournissent plus d’électricité à un réseau électrique réglementé par la NERC qu’ils n’en demandent.

Le projet de règlement impose des limites aux émissions de CO2 associées à la production d’électricité. Le critère du solde exportateur de plus de zéro gigawattheure est inclus ici pour faire la distinction entre les installations qui sont connectées à un réseau électrique soumis aux normes de la NERC en tant que consommateur et celles qui sont connectées à un réseau électrique soumis aux normes de la NERC en tant que producteur.

Le projet de règlement exige que le solde exportateur du groupe soit déterminé pour chaque année civile à partir de laquelle l’interdiction commencerait à s’appliquer à ce groupe. Un groupe ayant un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure au cours d’une année civile devra se conformer à la norme de rendement au cours de cette année civile et au cours de toutes les années suivantes où il aura un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure. Ces groupes seront également soumis aux règles de quantification à partir de la première année ou celui-ci à un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure, lorsque l’interdiction commencera à s’appliquer à ce groupe.

Exceptions Ă  l’obligation gĂ©nĂ©rale de respecter la norme de rendement de 30 t/GWh Raison d’être

FlexibilitĂ© en matière de durĂ©e et d’émissions en fonction de la masse, limitant les groupes Ă  faible utilisation et Ă  faibles Ă©missions Ă  450 heures par an et 150 kt par an.

Cette exception peut ĂŞtre utilisĂ©e lorsque toutes les conditions applicables sont remplies au cours de l’annĂ©e civile concernĂ©e. Si toutes les conditions liĂ©es Ă  cette exception ne sont pas remplies au cours d’une annĂ©e civile donnĂ©e, la norme de rendement de 30 t/GWh en moyenne annuelle doit ĂŞtre respectĂ©e cette annĂ©e-lĂ .

Permet aux groupes, qui sont encore capables de produire de l’électricité, de jouer un rôle de valeur ajoutée au réseau électrique en limitant les émissions. Pour les groupes qui ont besoin de cette flexibilité, les groupes utilisés pendant les périodes de forte demande ou lorsque les sources non émettrices ne sont pas disponibles. Ce faisant, la flexibilité réduit les coûts de mise en conformité et fournit des options pour l’alimentation de réserve, contribuant ainsi à éviter les problèmes de fiabilité et les pressions à la hausse sur l’accessibilité financière.

40 t/GWh disponibles jusqu’à la première des deux dates suivantes : sept ans après la mise en service d’un système de captage et de stockage du carbone (CSC) ou le 31 dĂ©cembre 2039.

Cette exception peut ĂŞtre utilisĂ©e lorsque toutes les conditions applicables sont remplies au cours de l’annĂ©e civile concernĂ©e. Si toutes les conditions liĂ©es Ă  cette exception ne sont pas remplies au cours d’une annĂ©e civile donnĂ©e, la norme de rendement moyenne annuelle de 30 t/GWh doit ĂŞtre respectĂ©e au cours de cette annĂ©e.

Permettre aux groupes qui ont dĂ©ployĂ© le CSC pour satisfaire Ă  la norme de 30 t/GWh de disposer d’un temps limitĂ© pour ajuster le système de CSC et adapter son fonctionnement aux particularitĂ©s du groupe. Permettre aux groupes qui pourraient ne pas ĂŞtre en mesure de respecter la norme de 30 t/GWh au cours de leurs sept premières annĂ©es d’exploitation de fonctionner Ă  la norme moins stricte de 40 t/GWh aide les exploitants de rĂ©seaux Ă  fournir une Ă©lectricitĂ© fiable.

En outre, il est prévu qu’une adaptation soit nécessaire pour la première génération de CSC appliquée aux groupes électrogènes au gaz naturel. Le besoin de cette exception diminuera au fil du temps et ne devrait plus être nécessaire d’ici à 2040. En conséquence, la limitation de cette flexibilité va dans le sens des objectifs de réduction des émissions de projet de règlement.

Circonstances d’urgence

Le projet de règlement contient une disposition qui autorise la production d’électricité émettrice afin d’éviter une menace pour l’approvisionnement en électricité ou de le rétablir.

Elle permet une plus grande fiabilité du réseau électrique, ce qui améliore la qualité de vie et la sécurité des Canadiens. En outre, cette flexibilité réduit les coûts, car elle pourrait permettre à des groupes qui ne seraient autrement pas disponibles en cas d’urgence d’apporter une valeur ajoutée dans les situations d’urgence.
Quantification Raison d’être
La mesure de la quantité d’électricité produite au cours d’une année, utilisée pour déterminer la conformité avec les normes de rendement en matière d’intensité des émissions, doit être effectuée sur une base brute. Cette approche est conforme à celle adoptée dans le cadre du Règlement limitant les émissions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricité thermique au gaz naturel et tient compte des difficultés de quantification pour les groupes réglementés dont les activités sont intégrées à celles de tiers qui ne sont pas couverts par le règlement.
En ce qui concerne la quantité d’hydrogène qu’un groupe utilise pour produire de l’électricité, le projet de règlement exigerait que les émissions associées à la production de ce carburant soient incluses dans la détermination de l’intensité des émissions du groupe. Bien qu’il n’y ait pas d’émissions de CO2 provenant de la combustion de l’hydrogène, les émissions associées à sa production sont au moins égales aux émissions provenant de la combustion de combustibles fossiles dans un groupe de production d’électricité. Par conséquent, le projet de règlement exigerait que les émissions liées à la production d’hydrogène soient incluses dans la détermination de l’intensité des émissions du groupe.
En ce qui concerne la quantité de vapeur produite en dehors de l’installation d’un groupe et que celui-ci utilise pour produire de l’électricité, le projet de règlement exigerait que les émissions associées à cette production de vapeur soient incluses dans la détermination de l’intensité des émissions du groupe. Les émissions associées à la production de vapeur sont au moins égales aux émissions provenant de la combustion directe de combustibles fossiles dans un groupe de production d’électricité. Par conséquent, le projet de règlement exigerait que les émissions liées à la production de vapeur soient incluses dans la détermination de l’intensité des émissions du groupe.
Rapports Raison d’être
Le projet de règlement exigera que tous les groupes qui rĂ©pondent aux critères d’applicabilitĂ© soumettent un rapport d’enregistrement comprenant des informations telles que :
  • l’identification de la personne responsable
  • L’emplacement et le nom du groupe;
  • SchĂ©ma de procĂ©dĂ© du groupe, y compris la date de mise en service de chaque chaudière ou moteur Ă  combustion;
  • la date de mise en service du groupe;
  • la capacitĂ© de production d’électricitĂ© du groupe.
Cette mesure vise à fournir au ministère les informations nécessaires pour mener des activités de promotion de la conformité et de mise en œuvre avant l’application de la norme de rendement.
Le projet de règlement exigera que tous les groupes qui ont un solde exportateur de plus de zĂ©ro gigawattheure soumettent un rapport annuel comprenant des informations telles que l’intensitĂ© des Ă©missions du groupe :
  • l’intensitĂ© des Ă©missions;
  • la production;
  • les Ă©missions;
  • les heures d’exploitation
Le but est de fournir au ministère les informations nécessaires pour garantir la conformité sur une base annuelle une fois que la norme de rendement s’applique à ce groupe.
Le projet de règlement exigera que les groupes qui déclarent ne pas avoir un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure soumettent chaque année des informations concernant leur solde exportateur. Étant donné que la norme de rendement se serait appliquée à ces groupes s’ils avaient un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure, le ministère exige que ces groupes soumettent des documents justificatifs montrant qu’il n’y a pas un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure. Tous les groupes doivent suivre leur solde exportateur, car la norme de rendement s’appliquera à partir de l’année applicable (à partir de 2035) pour ce groupe s’il y a solde exportateur de plus de zéro gigawattheure au cours de cette année.
Le projet de règlement exigera que les groupes qui déclarent ne pas avoir un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure soumettent chaque année des informations concernant leur solde exportateur. Étant donné que la norme de rendement se serait appliquée à ces groupes s’ils avaient un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure, le ministère exige que ces groupes soumettent des documents justificatifs montrant qu’il n’y a pas un solde exportateur de plus de zéro gigawattheure. Tous les groupes doivent suivre leur solde exportateur, car la norme de rendement s’appliquera à partir de l’année applicable (à partir de 2035) pour ce groupe s’il y a solde exportateur de plus de zéro gigawattheure au cours de cette année.

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ©, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 93(1), de l’article 286.1rĂ©fĂ©rence c et du paragraphe 330(3.2)rĂ©fĂ©rence d de la mĂŞme loi, se propose de prendre le Règlement sur l’électricitĂ© propre, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter au ministre de l’Environnement, dans les soixante-quinze jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis, leurs observations au sujet du projet de règlement ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution de la commission de rĂ©vision prĂ©vue Ă  l’article 333 de la mĂŞme loi. Ceux qui prĂ©sentent des observations sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. Ceux qui prĂ©sentent leurs observations par tout autre moyen, ainsi que ceux qui prĂ©sentent un avis d’opposition, sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Karishma Boroowa, directrice, Division de l’électricitĂ© et de la combustion, Direction de l’énergie et des transports, Direction gĂ©nĂ©rale de la protection de l’environnement, ministère de l’Environnement, 351, boul. Saint-Joseph, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3 (courriel : ECD-DEC@ec.gc.ca).

Quiconque fournit des renseignements au ministre peut en mĂŞme temps prĂ©senter une demande de traitement confidentiel aux termes de l’article 313 de cette loi.

Ottawa, le 2023

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

Règlement sur l’électricité propre

Objet

Objet

1 Le présent règlement établit un régime visant la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) provenant de la production d’électricité à partir de la combustion de combustibles fossiles.

Définitions et interprétation

Définitions

2 (1) Les définitions qui suivent s’appliquent au présent règlement.

agent autorisé
  • a) Dans le cas oĂą la personne responsable est une personne morale, celui de ses dirigeants qui est autorisĂ© Ă  agir en son nom;
  • b) dans le cas oĂą elle est une personne physique, celle-ci ou la personne physique qui est autorisĂ©e Ă  agir en son nom;
  • c) dans le cas oĂą elle est une autre entitĂ©, la personne physique qui est autorisĂ©e Ă  agir en son nom. (authorized official)
API
L’American Petroleum Institute. (API)
ASTM
L’ASTM International, auparavant connue sous le nom de American Society for Testing and Materials. (ASTM)
biomasse
Vise les plantes ou matières végétales, déchets d’origine animale ou leurs produits dérivés, notamment le bois et les produits du bois, le charbon de bois, les résidus d’origine agricole, la matière organique d’origine biologique dans les déchets urbains et industriels, les gaz d’enfouissement, les bioalcools, la liqueur de cuisson, les gaz de digestion des boues ainsi que les combustibles d’origine animale ou végétale. (biomass)
capacité de production d’électricité
Ă€ l’égard d’un groupe et d’une annĂ©e civile :
  • a) soit la puissance maximale — la puissance nette maximale qui peut ĂŞtre maintenue en continu par le groupe, dans des conditions normales — la plus rĂ©cente qui a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e Ă  l’autoritĂ© provinciale responsable ou Ă  l’exploitant de rĂ©seau Ă©lectrique dans la province oĂą le groupe se trouve, exprimĂ©e en MW;
  • b) soit, en l’absence d’une telle dĂ©claration, la quantitĂ© maximale d’électricitĂ© destinĂ©e Ă  la vente qui est produite de façon continue par ce groupe pendant deux heures au cours de l’annĂ©e en cause, exprimĂ©e en MW. (electricity generation capacity)
charbon
Sont assimilés au charbon le coke de pétrole et le gaz de synthèse provenant du charbon ou du coke de pétrole. (coal)
combustible fossile
Combustible autre que la biomasse. Y est assimilé l’hydrogène. (fossil fuel)
conditions normales
Conditions qui correspondent Ă  une tempĂ©rature de 15 Â°C et Ă  une pression de 101,325 kPa. (standard conditions)
date de mise en service
Date à laquelle la plus vieille chaudière ou le plus vieux moteur à combustion du groupe commence à fonctionner. (commissioning date)
énergie thermique utile
Énergie, sous forme de vapeur ou d’eau chaude, destinée à être utilisée à une fin, autre que la production d’électricité, qui, n’était l’utilisation de cette vapeur ou de cette eau chaude, nécessiterait la consommation d’énergie sous forme de combustible ou d’électricité. (useful thermal energy)
exploitant
Personne ayant toute autorité sur un groupe. (operator)
groupe
Ensemble qui est constituĂ© de tout Ă©quipement physiquement raccordĂ© et fonctionnant ensemble pour produire de l’électricitĂ© et qui rĂ©pond aux conditions suivantes :
  • a) il comporte au moins une chaudière ou un moteur Ă  combustion;
  • b) il peut comporter des brĂ»leurs d’appoint et d’autres dispositifs de combustion, des systèmes de rĂ©cupĂ©ration de chaleur, des turbines Ă  vapeur, des gĂ©nĂ©rateurs, des dispositifs de contrĂ´le des Ă©missions et des systèmes de captage et de stockage de carbone. (unit)
installation
Ensemble des groupes, bâtiments, autres structures et Ă©quipements fixes — y compris les Ă©quipements utilisĂ©s pour la production d’hydrogène et ceux utilisĂ©s pour la production de carburant Ă  partir de la gazĂ©ification du charbon — sur un site unique, ou sur des sites contigus ou adjacents qui fonctionnent comme un site intĂ©grĂ© unique, sur lequel une activitĂ© industrielle est exercĂ©e. (facility)
méthode de référence
Le document publiĂ© par le ministère de l’Environnement intitulĂ© MĂ©thode de rĂ©fĂ©rence pour le contrĂ´le Ă  la source : quantification des Ă©missions de dioxyde de carbone des centrales thermiques par un système de mesure et d’enregistrement en continu des Ă©missions, datĂ© de juin 2012. (Reference Method)
méthode d’ECCC
Le document intitulé Exigences relatives à la quantification des gaz à effet de serre au Canada, Programme de déclaration des gaz à effet de serre, publié en 2021 par le ministère de l’Environnement. (GHGRP)
moteur Ă  combustion
Tout moteur, Ă  l’exception du moteur autopropulsĂ© et du moteur conçu pour ĂŞtre propulsĂ© tout en accomplissant sa fonction et qui, selon le cas :
  • a) fonctionne selon le cycle thermodynamique de Brayton et brĂ»le du combustible fossile en vue de la production d’une quantitĂ© nette de force motrice;
  • b) brĂ»le du combustible fossile et qui utilise un mouvement alternatif en vue de la conversion d’énergie thermique en travail mĂ©canique. (combustion engine)
NERC
La North American Electric Reliability Corporation. (NERC)
personne responsable
Le propriétaire ou l’exploitant d’un groupe. (responsible person)
solde exportateur
Pour une année civile donnée, quantité d’électricité exportée par un groupe vers un réseau électrique assujetti aux normes de la NERC, exprimée en GWh, moins la quantité d’électricité importée par un groupe d’un réseau électrique assujetti aux normes de la NERC, exprimée en GWh, quantifiée à l’aide de compteurs d’électricité qui sont conformes aux exigences de la Loi sur l’inspection de l’électricité et du gaz et du Règlement sur l’inspection de l’électricité et du gaz. (net exports)
système de gazéification du charbon
S’entend notamment d’un système de gazéification du charbon qui est en partie souterrain. (coal gasification system)
système de mesure et d’enregistrement en continu des émissions ou SMECE
Équipement destiné à l’échantillonnage, au conditionnement et à l’analyse d’émissions provenant d’une source donnée, ainsi qu’à l’enregistrement de données concernant ces émissions. (continuous emission monitoring system or CEMS)
vérificateur
Personne physique qui, Ă  la fois :
  • a) est indĂ©pendante de la personne responsable faisant l’objet de la vĂ©rification;
  • b) possède des connaissances et de l’expĂ©rience en ce qui touche :
    • (i) la certification, l’exploitation et la vĂ©rification de l’exactitude relative des systèmes de mesure et d’enregistrement en continu des Ă©missions,
    • (ii) les procĂ©dures d’assurance de la qualitĂ© et de contrĂ´le de la qualitĂ© relatives Ă  ces systèmes. (auditor)

Plus d’un propriétaire ou exploitant

(2) Pour l’application de la définition de installation, s’il y a plus d’un propriétaire ou exploitant en commun, les éléments visés à cette définition ne sont compris dans celle-ci que s’ils ont en commun un même propriétaire ou exploitant.

Captage et de stockage de carbone

(3) Les Ă©quipements qui sont raccordĂ©s uniquement par un système de captage et de stockage de carbone ne sont pas considĂ©rĂ©s comme Ă©tant raccordĂ©s physiquement pour l’application de la dĂ©finition de groupe, au paragraphe (1). Le système de captage et de stockage de carbone est inclus dans la description de chacun des groupes auquel il est raccordĂ©.

Interprétation des documents incorporés par renvoi

(4) Pour l’interprĂ©tation des documents incorporĂ©s par renvoi dans le prĂ©sent règlement, toute mention de « should Â» ainsi que les recommandations et suggestions expriment une obligation.

Incorporation par renvoi

(5) Sauf indication contraire, toute mention d’un document incorporé par renvoi dans le présent règlement constitue un renvoi au document avec ses modifications successives, à l’exception de la méthode d’ECCC.

Champ d’application

Groupes visés

3 Le prĂ©sent règlement s’applique Ă  tout groupe qui, le 1er janvier 2025 ou après cette date, remplit les conditions suivantes :

Enregistrement

Rapport d’enregistrement

4 (1) La personne responsable d’un groupe transmet au ministre pour fins d’enregistrement un rapport d’enregistrement comportant les renseignements visĂ©s Ă  l’annexe 1 dans l’un des dĂ©lais suivants :

Modification

(2) Si un groupe subit une modification, notamment par l’ajout ou le retrait d’une pièce d’équipement ou par une modification dans la façon dont les Ă©quipements sont raccordĂ©s ensemble, qui a pour effet de crĂ©er un ou plusieurs nouveaux groupes, la personne responsable, selon le cas :

Numéro d’enregistrement

(3) Sur réception d’un rapport d’enregistrement, le ministre assigne un numéro d’enregistrement au groupe et informe la personne responsable de ce numéro.

Déclaration relative au solde exportateur

Déclaration

5 (1) La personne responsable peut transmettre au ministre une dĂ©claration, datĂ©e et signĂ©e par elle ou son agent autorisĂ©, portant que le solde exportateur du groupe sera Ă©gal ou infĂ©rieur Ă  zĂ©ro GWh. La dĂ©claration contient ce qui suit :

31 dĂ©cembre

(2) La dĂ©claration est transmise au ministre au plus tard le 31 dĂ©cembre de l’annĂ©e civile prĂ©cĂ©dant celle de l’application de l’interdiction prĂ©vue au paragraphe 6(1) au groupe.

Exemptions

(3) La dĂ©claration a pour effet d’exempter la personne responsable de l’application des articles 6 Ă  24.

Rapport abrégé

(4) La personne responsable d’un groupe Ă  l’égard duquel une dĂ©claration a Ă©tĂ© transmise au ministre transmet Ă  celui-ci un rapport abrĂ©gĂ© contenant les renseignements visĂ©s aux articles 1 et 2 de l’annexe 2 et les donnĂ©es sur le solde exportateur du groupe pour l’annĂ©e civile au plus tard le 1er juin qui suit l’annĂ©e civile faisant l’objet du rapport.

Fin des exemptions

(5) Sous rĂ©serve du paragraphe (6), les exemptions visĂ©es au paragraphe (3) deviennent inapplicables au groupe si le solde exportateur du groupe est supĂ©rieur Ă  zĂ©ro GWh au cours de toute annĂ©e civile.

Exemption en cas d’urgence

(6) Si le solde exportateur du groupe est supĂ©rieures Ă  zĂ©ro GWh au cours d’une annĂ©e civile en raison de la quantitĂ© d’électricitĂ© qu’il exporte au cours d’une pĂ©riode visĂ©e par une exemption accordĂ©e par le ministre en application de l’article 19 ou prolongĂ©e par celui-ci en application de l’article 20, les exemptions visĂ©es au paragraphe (3) continuent Ă  s’appliquer.

Interdiction

Interdiction

6 (1) Il est interdit Ă  la personne responsable d’un groupe dont le solde exportateur est supĂ©rieur Ă  zĂ©ro GWh au cours d’une annĂ©e civile de rejeter du CO2 provenant de la combustion de combustibles fossiles par le groupe dont l’intensitĂ© d’émission est supĂ©rieure Ă  30 tonnes d’émissions de CO2/GWh d’électricitĂ© produite en moyenne au cours de cette annĂ©e civile, celle-ci Ă©tant dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment aux articles 7 Ă  18 selon le cas.

Exception — captage et stockage de carbone

(2) MalgrĂ© le paragraphe (1), la personne responsable d’un groupe dont le solde exportateur est supĂ©rieur a zĂ©ro GWh au cours d’une annĂ©e civile donnĂ©e peut, au plus tard le 31 dĂ©cembre 2039, rejeter du CO2 provenant de la combustion de combustibles fossiles par le groupe dont l’intensitĂ© d’émission est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  40 tonnes d’émissions de CO2/GWh d’électricitĂ© produite, intensitĂ© dĂ©terminĂ©e aux termes des articles 7 Ă  18, selon le cas, si :

Exception — heures

(3) MalgrĂ© le paragraphe (1), la personne responsable d’un groupe qui n’a pas brĂ»lĂ© de charbon au cours de l’annĂ©e civile et qui a solde exportateur supĂ©rieur Ă  zĂ©ro GWh peut rejeter une quantitĂ© maximale de 150 kilotonnes de CO2, celle-ci Ă©tant dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment Ă  l’article 8, si le groupe fonctionne pendant au plus 450 heures au cours de cette annĂ©e civile, compte non tenu des Ă©missions produites et du nombre d’heures de fonctionnement du groupe au cours de toute pĂ©riode visĂ©e par une exemption accordĂ©e par le ministre en application de l’article 19 ou prolongĂ©e par celui-ci en application de l’article 20 .

Début de l’interdiction

(4) La personne responsable est tenue de respecter la limite d’intensitĂ© d’émission prĂ©vue au paragraphe (1) Ă  compter :

DĂ©finition — vie rĂ©glementaire

(5) Pour l’application de l’alinĂ©a (4)c), vie rĂ©glementaire s’entend de la pĂ©riode commençant Ă  la date de mise en service du groupe et se terminant Ă  la plus tardive des dates suivantes :

Quantification

Intensité des émissions

Intensité des émissions

7 (1) L’intensitĂ© des Ă©missions d’un groupe est dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

E Ă· G
oĂą :
E
représente la quantité d’émissions de CO2, exprimée en tonnes, attribuée à un groupe au cours de l’année civile, déterminée conformément à l’article 8;
G
la quantité d’électricité, exprimée en GWh, produite par le groupe au cours de l’année civile, déterminée conformément au paragraphe 18(1).

Valeur négative

(2) Il est entendu que si le rĂ©sultat de la dĂ©termination de la variable E dans la formule prĂ©vue au paragraphe (1) en application de l’article 8 est une valeur nĂ©gative, elle est alors zĂ©ro.

Quantité d’émissions de CO2

Méthodes de quantification

Quantification des émissions

8 (1) La quantitĂ© d’émissions de CO2 attribuĂ©e Ă  un groupe au cours de l’annĂ©e civile est dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

Eg − Eth − Ecsc + Eext − Esu
oĂą :
Eg
représente la quantité d’émissions de CO2, exprimée en tonnes, provenant de la combustion de combustibles fossiles par le groupe, au cours de l’année civile, et déterminée conformément au paragraphe (3) et, selon le cas, à l’article 9, 10 ou 13;
Eth
la quantité d’émissions de CO2, exprimée en tonnes, attribuée à la production d’énergie thermique utile par le groupe, au cours de l’année civile, et déterminée en application de l’article 15;
Ecsc
la quantité de CO2, exprimée en tonnes, captée à partir du groupe, au cours de l’année civile, et déterminée conformément à l’article 16;
Eext
la quantité de CO2, exprimée en tonnes, provenant de la production d’hydrogène ou de vapeur qui est utilisé par le groupe pour produire de l’électricité, au cours de l’année civile, déterminée conformément à l’article 17;
Esu
la quantité de CO2, exprimée en tonnes, émise par le groupe au cours d’une période, pendant l’année civile, visée par une exemption accordée par le ministre en application de l’article 19 ou prolongée par celui-ci en application de l’article 20, et déterminée conformément au paragraphe (2).

Calcul de la variable Esu

(2) La variable Esu reprĂ©sente la diffĂ©rence entre la somme des variables Eg et Eext et la somme des variables Eth et Ecsc calculĂ©e conformĂ©ment aux articles 9, 10, 13, 15 Ă  17 et 19, selon le cas, calcul dans lequel l’annĂ©e civile est remplacĂ©e par la pĂ©riode au cours de celle-ci qui est visĂ©e par une exemption accordĂ©e par le ministre en application de l’article 19 ou prolongĂ©e par celui-ci en application de l’article 20.

Méthodes de quantification pour Eg

(3) La quantitĂ© d’émissions de CO2 provenant de la combustion de combustibles fossiles attribuĂ©e Ă  un groupe au cours d’une annĂ©e civile (Eg) est dĂ©terminĂ©e, selon le cas :

Captage et de stockage de carbone

(4) Seule peut ĂŞtre comptabilisĂ©e sous la variable Ecsc visĂ©e aux paragraphes (1) et (2) la quantitĂ© de CO2 stockĂ©e de façon permanente dans le cadre d’un projet de stockage qui respecte les critères suivants :

Système de mesure et d’enregistrement en continu des émissions

Mesure à l’aide d’un SMECE

9 Sous rĂ©serve de l’article 11, pour l’application de l’alinĂ©a 8(3)a), la quantitĂ© d’émissions de CO2 est mesurĂ©e Ă  l’aide d’un SMECE et calculĂ©e conformĂ©ment aux sections 7.1 Ă  7.7 de la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence. Il en est de mĂŞme pour l’application de l’alinĂ©a 8(3)d) lorsque la personne responsable choisit de mesurer la quantitĂ© d’émissions conformĂ©ment au prĂ©sent article.

Groupe brûlant de la biomasse

10 (1) Sous rĂ©serve de l’article 11, pour l’application de l’alinĂ©a 8(3)b), la quantitĂ© d’émissions de CO2 d’un groupe est mesurĂ©e Ă  l’aide d’un SMECE et calculĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

Ecomb Ă— (Vcf Ă· Vt) − Es
oĂą :
Ecomb
représente la quantité d’émissions de CO2, exprimée en tonnes, par le groupe au cours de l’année civile, provenant de la combustion de combustibles fossiles et de biomasse, mesurée par le SMECE et calculée conformément aux sections 7.1 à 7.7 de la méthode de référence;
Vcf
le volume d’émissions de CO2 provenant de la combustion des combustibles fossiles par le groupe au cours de l’annĂ©e civile, exprimĂ© en m3, mesurĂ© dans des conditions normales et dĂ©terminĂ© conformĂ©ment Ă  la formule suivante :
 – Version textuelle en dessous de l'image
oĂą :
i
reprĂ©sente le ie type de combustible fossile brĂ»lĂ© par le groupe au cours de l’annĂ©e civile , oĂą « i Â» est un chiffre de 1 Ă  n, « n Â» Ă©tant le nombre de ces combustibles,
Qi
la quantitĂ© de combustible fossile de type « i Â» brĂ»lĂ© par le groupe au cours de l’annĂ©e civile, dĂ©terminĂ©e, selon le cas :
  • a) pour les combustibles gazeux, de la mĂŞme façon que la variable Vc dans la formule prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 14(1)a), cette quantitĂ© Ă©tant exprimĂ©e en m3 et mesurĂ©e dans des conditions normales,
  • b) pour les combustibles liquides, de la mĂŞme façon que la variable Vc dans la formule prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 14(1)b), cette quantitĂ© Ă©tant exprimĂ©e en kL,
  • c) pour les combustibles solides, de la mĂŞme façon que la variable Mc dans la formule prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 14(1)c), cette quantitĂ© Ă©tant exprimĂ©e en tonnes,
Fc,i
le facteur de carbone propre Ă  chaque combustible fossile de type « i Â», celui-ci Ă©tant le facteur prĂ©vu Ă  l’annexe A de la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence ou, Ă  dĂ©faut, celui qui est dĂ©terminĂ© conformĂ©ment Ă  cette annexe, corrigĂ© pour ĂŞtre exprimĂ© en m3 de CO2/GJ mesurĂ© dans des conditions normales,
HHVi
le pouvoir calorifique supĂ©rieur pour chaque type de combustible fossile de type « i Â», celui-ci Ă©tant dĂ©terminĂ© conformĂ©ment au paragraphe (2) ou le pouvoir calorifique supĂ©rieur par dĂ©faut mentionnĂ© Ă  la colonne 2 de l’annexe 3 pour le type de combustible visĂ© Ă  la colonne 1;
Vt
le volume d’émissions de CO2 provenant de la combustion de combustibles fossiles et de biomasse par le groupe au cours de l’annĂ©e civile, dĂ©terminĂ© conformĂ©ment Ă  la formule suivante :
 – Version textuelle en dessous de l'image
oĂą :
t
reprĂ©sente la te heure, oĂą « t Â» est un chiffre de 1 Ă  n, « n Â» Ă©tant le nombre total d’heures durant lesquelles le groupe a produit de l’électricitĂ© au cours de l’annĂ©e civile,
CO2h,t
la concentration moyenne d’émissions de CO2 par rapport Ă  la totalitĂ© des gaz de cheminĂ©e provenant de la combustion de combustibles par le groupe pour chaque heure « t Â» de production d’électricitĂ© au cours de l’annĂ©e civile — ou, le cas Ă©chĂ©ant, le rĂ©sultat du calcul effectuĂ© conformĂ©ment Ă  l’article 7.4 de la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence Ă  partir d’une mesure de la concentration d’oxygène (O2) dans ces gaz de cheminĂ©e —, exprimĂ©e en pourcentage de CO2 sur une base humide,
Qh,t
le débit volumétrique moyen durant l’heure en cause, exprimé en m3 et mesuré dans des conditions normales sur une base humide par un appareil de mesure du débit volumétrique placé sur la cheminée;
Es
la quantitĂ©, exprimĂ©e en tonnes, d’émissions de CO2 provenant du sorbant utilisĂ© pour contrĂ´ler les Ă©missions de dioxyde de soufre par le groupe au cours de l’annĂ©e civile, calculĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :
S Ă— R Ă— (44 Ă· MMs)
oĂą :
S
reprĂ©sente la quantitĂ© de sorbant — notamment le carbonate de calcium (CaCO3) —, exprimĂ©e en tonnes,
R
le rapport stĹ“chiomĂ©trique — selon la fraction molaire — de CO2 attribuable Ă  une mole de sorbant, lequel est 1 si le sorbant est du CaCO3,
MMs
la masse moléculaire du sorbant, laquelle est 100 si le sorbant est du CaCO3.

Pouvoir calorifique supérieur

(2) Le pouvoir calorifique supĂ©rieur d’un combustible est dĂ©terminĂ© :

Plusieurs SMECE par groupe

11 (1) Pour l’application des articles 9 et 10, la quantitĂ© totale d’émissions de CO2 par tout groupe dotĂ© de plusieurs SMECE est Ă©gale Ă  la somme des quantitĂ©s d’émissions de CO2 mesurĂ©es pour chaque SMECE.

Plusieurs groupes utilisant une cheminée commune

(2) Si le groupe est situĂ© Ă  une installation oĂą sont situĂ©s un ou plusieurs autres groupes, et qu’un SMECE est utilisĂ© pour mesurer les Ă©missions de ce groupe et celles d’autres groupes au point de rejet d’une cheminĂ©e commune plutĂ´t qu’au conduit d’évacuation de chacun de ces groupes vers la cheminĂ©e commune, la quantitĂ© d’émissions attribuable au groupe en cause est calculĂ©e en fonction de la proportion de l’apport de chaleur du groupe en cause par rapport Ă  celui de l’ensemble des groupes qui utilisent la cheminĂ©e commune, conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

 – Version textuelle en dessous de l'image
oĂą :
Qg,j
reprĂ©sente la quantitĂ© de combustible fossile de type « j Â» brĂ»lĂ© par le groupe en cause « g Â» au cours de l’annĂ©e civile en cause, dĂ©terminĂ©e :
  • a) pour les combustibles gazeux, de la mĂŞme façon que la variable Vc dans la formule prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 14(1)a), cette quantitĂ© Ă©tant exprimĂ©e en m3 et mesurĂ©e dans des conditions normales,
  • b) pour les combustibles liquides, de la mĂŞme façon que la variable Vc dans la formule prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 14(1)b), cette quantitĂ© Ă©tant exprimĂ©e en kL,
  • c) pour les combustibles solides, de la mĂŞme façon que la variable Mc dans la formule prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 14(1)c), cette quantitĂ© Ă©tant exprimĂ©e en tonnes;
HHVg,j
le pouvoir calorifique supĂ©rieur pour chaque type de combustible fossile de type « j Â» brĂ»lĂ© par le groupe « g Â», celui-ci Ă©tant dĂ©terminĂ© conformĂ©ment au paragraphe 10(2) ou mentionnĂ© Ă  la colonne 2 de l’annexe 3 pour le type de combustible visĂ© Ă  la colonne 1;
j
le je type de combustible brĂ»lĂ© au cours de l’annĂ©e civile par le groupe, oĂą « j Â» est un chiffre de 1 Ă  y, « y Â» Ă©tant le nombre de types de combustible;
Qi,j
la quantitĂ© de combustible du type « j Â» brĂ»lĂ© par chaque groupe « i Â» au cours de l’annĂ©e civile, dĂ©terminĂ©e pour les combustibles gazeux, les combustibles liquides et les combustibles solides, respectivement, de la manière prĂ©vue pour la variable Qg,j;
HHVi,j
le pouvoir calorifique supĂ©rieur pour chaque type de combustible fossile de type « j Â» brĂ»lĂ© par chaque groupe « i Â», celui-ci Ă©tant dĂ©terminĂ© conformĂ©ment au paragraphe 10(2) ou mentionnĂ© Ă  la colonne 2 de l’annexe 3 pour le type de combustible visĂ© Ă  la colonne 1;
i
le ie groupe, oĂą « i Â» est un chiffre de 1 Ă  x, « x Â» Ă©tant le nombre de groupes qui utilisent la cheminĂ©e commune;
E
la quantité, exprimée en tonnes, d’émissions de CO2 provenant de la combustion de tous les combustibles par tous les groupes qui utilisent la cheminée commune au cours de l’année civile, mesurée par un SMECE installé à la cheminée commune et calculée conformément aux sections 7.1 à 7.7 de la méthode de référence.

Utilisation d’un SMECE

12 (1) La personne responsable qui utilise un SMECE pour mesurer les émissions de CO2 veille à ce que les exigences prévues dans la méthode de référence soient suivies.

Homologation du SMECE

(2) La personne responsable homologue le SMECE conformĂ©ment Ă  la section 5 de la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence avant son utilisation pour l’application du prĂ©sent règlement.

Rapport du vérificateur

(3) Pour chaque annĂ©e civile au cours de laquelle la personne responsable a utilisĂ© un SMECE, elle obtient un rapport comportant les renseignements requis Ă  l’annexe 4, signĂ© par le vĂ©rificateur, et le transmet au ministre avec le rapport annuel prĂ©vu au paragraphe 24(1).

Quantification fondée sur le combustible brûlé

Quantification

13 La quantitĂ© d’émissions de CO2 provenant de la combustion de combustibles fossiles par un groupe, au cours d’une annĂ©e civile, est calculĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

 – Version textuelle en dessous de l'image
oĂą :
i
reprĂ©sente le ie type de combustible fossile brĂ»lĂ© par le groupe au cours de l’annĂ©e civile, oĂą « i Â» est un chiffre de 1 Ă  n, « n Â» Ă©tant le nombre de types de combustible fossile brĂ»lĂ©;
Ei
la quantitĂ© d’émissions de CO2, exprimĂ©e en tonnes, qui est attribuable Ă  la combustion de combustibles fossiles de type « i Â» par le groupe au cours de l’annĂ©e civile et qui est calculĂ©e selon le type de combustible conformĂ©ment Ă  l’article 14;
Es
la quantitĂ© d’émissions de CO2, exprimĂ©e en tonnes, qui provient du sorbant utilisĂ© pour contrĂ´ler les Ă©missions de dioxyde de soufre par le groupe au cours de l’annĂ©e civile et qui est calculĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :
S Ă— R Ă— (44 Ă· MMs)
oĂą :
S
reprĂ©sente la quantitĂ© de sorbant — tel que le carbonate de calcium (CaCO3) —, exprimĂ©e en tonnes,
R
le rapport stĹ“chiomĂ©trique — selon la fraction molaire — de CO2 attribuable Ă  une mole de sorbant, lequel est de 1 si le sorbant est du CaCO3,
MMs
la masse moléculaire du sorbant, laquelle est de 100 si le sorbant est du CaCO3.

Contenu en carbone mesuré

14 (1) La quantitĂ© d’émissions de CO2 qui est attribuable Ă  la combustion de combustibles fossiles par le groupe au cours d’une annĂ©e civile est calculĂ©e conformĂ©ment Ă  celle des formules ci-après qui s’applique :

Moyenne pondérée

(2) La moyenne pondĂ©rĂ©e « CCM Â» visĂ©e aux alinĂ©as (1)a) Ă  c) est calculĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

 – Version textuelle en dessous de l'image
oĂą :
CCi
reprĂ©sente le contenu en carbone de chaque Ă©chantillon ou Ă©chantillon composite, selon le cas, de combustible pour la ie pĂ©riode d’échantillonnage, exprimĂ© pour un combustible gazeux, liquide et solide, respectivement, dans la mĂŞme unitĂ© de mesure que celle prĂ©vue pour la variable CCM, qui soit est fourni Ă  la personne responsable par le fournisseur du combustible, ou sinon, qui est Ă©tabli par la personne responsable de la façon suivante :
  • a) dans le cas des combustibles gazeux :
    • (i) soit conformĂ©ment Ă  l’une des normes applicables ci-après qui permet d’en mesurer le contenu en carbone :
      • (A) la norme ASTM D1945-14 intitulĂ©e Standard Test Method for Analysis of Natural Gas by Gas Chromatography,
      • (B) la norme ASTM UOP539-12 intitulĂ©e Refinery Gas Analysis by Gas Chromatography,
      • (C) la norme ASTM D7833-14 intitulĂ©e Standard Test Method for Determination of Hydrocarbons and Non-Hydrocarbon Gases in Gaseous Mixtures by Gas Chromatography,
      • (D) le document intitulĂ© API Technical Report 2572, Carbon Content, Sampling, and Calculation, 1re Ă©dition, publiĂ© en mai 2013,
    • (ii) soit Ă  l’aide d’un instrument de mesure directe,
  • b) dans le cas des combustibles liquides, conformĂ©ment Ă  l’une des normes ou mĂ©thodes applicables ci-après qui permet d’en mesurer le contenu en carbone :
    • (i) le document intitulĂ© API Technical Report 2572, Carbon Content, Sampling, and Calculation, 1re Ă©dition, publiĂ© en mai 2013,
    • (ii) la norme ASTM D5291-16 intitulĂ©e Standard Test Methods for Instrumental Determination of Carbon, Hydrogen, and Nitrogen in Petroleum Products and Lubricants,
    • (iii) la norme ASTM applicable au type de combustible,
    • (iv) en l’absence d’une norme ASTM, toute mĂ©thode applicable qui est reconnue Ă  l’échelle internationale,
  • c) dans le cas des combustibles solides, sur la mĂŞme base sèche ou humide que celle qui a Ă©tĂ© choisie pour dĂ©terminer la variable CCM et :
    • (i) s’agissant de combustibles solides dĂ©rivĂ©s de dĂ©chets, conformĂ©ment Ă  la norme ASTM E777-08 intitulĂ©e Standard Test Method for Carbon and Hydrogen in the Analysis Sample of Refuse-Derived Fuel,
    • (ii) s’agissant d’autres combustibles solides, conformĂ©ment Ă  la norme ou mĂ©thode ci-après qui permet d’en mesurer le contenu en carbone :
      • (A) la norme ASTM applicable au type de combustible,
      • (B) en l’absence d’une telle norme, toute mĂ©thode applicable qui est reconnue Ă  l’échelle internationale;
i
la ie pĂ©riode d’échantillonnage visĂ©e Ă  l’article 21 oĂą « i Â» est un chiffre de 1 Ă  n, « n Â» Ă©tant le nombre de ces pĂ©riodes d’échantillonnage;
Qi
le volume ou la masse, selon le cas, du combustible brĂ»lĂ© au cours de la ie pĂ©riode d’échantillonnage, exprimĂ© :
  • a) exprimĂ© en m3 et mesurĂ© dans des conditions normales, pour les combustibles gazeux,
  • b) exprimĂ© en kL, pour les combustibles liquides,
  • c) exprimĂ© en tonnes, pour les combustibles solides, sur la mĂŞme base sèche ou humide que celle qui a Ă©tĂ© choisie pour dĂ©terminer la variable CCM.

Énergie thermique utile

Émissions — Ă©nergie thermique utile (Eth)

15 La quantitĂ© des Ă©missions de CO2 par un groupe qui est attribuable Ă  la production d’énergie thermique utile est dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

Hpnette Ă— bEI
oĂą :
Hpnette
reprĂ©sente la quantitĂ© d’énergie thermique utile nette, exprimĂ©e en GJ, dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :
 – Version textuelle en dessous de l'image
oĂą :
t
reprĂ©sente la te heure, oĂą « t Â» est un chiffre de 1 Ă  x, « x Â» Ă©tant le nombre total d’heures au cours desquelles le groupe a produit de l’énergie thermique utile au cours de l’annĂ©e civile,
i
le ie flux calorifique sortant du groupe, oĂą « i Â» est un chiffre de 1 Ă  n, « n Â» Ă©tant le nombre total de flux calorifiques sortants,
hsort_i
l’enthalpie spĂ©cifique moyenne au cours de la pĂ©riode « t Â» du ie flux calorifique sortant du groupe, exprimĂ©e en GJ/tonne et dĂ©terminĂ©e au moyen d’un instrument de mesure en continu selon les mesures de la tempĂ©rature et de la pression de ce ie flux calorifique,
Msort_i
le dĂ©bit massique au cours de la pĂ©riode « t Â» du ie flux calorifique sortant du groupe, exprimĂ© en tonnes et dĂ©terminĂ© au moyen d’un instrument de mesure en continu,
j
le je flux calorifique, autre que le flux de condensat de retour, entrant dans le groupe, oĂą « j Â» est un chiffre de 1 Ă  m, « m Â» Ă©tant le nombre total de flux calorifiques entrants,
hintr_j
l’enthalpie spĂ©cifique moyenne au cours de la pĂ©riode « t Â» du je flux calorifique, autre que le flux de condensat de retour, entrant dans le groupe, exprimĂ©e en GJ/tonne et dĂ©terminĂ©e au moyen d’un instrument de mesure en continu selon les mesures de la tempĂ©rature et de la pression de ce je flux calorifique,
Mintr_j
le dĂ©bit massique au cours de la pĂ©riode « t Â» du je flux calorifique, autre que le flux de condensat de retour, entrant dans le groupe, exprimĂ© en tonnes et dĂ©terminĂ© au moyen d’un instrument de mesure en continu,
bEI
l’intensité des émissions d’une chaudière de référence, fixée à 0,0556 tonne CO2/GJ.

Captage et de stockage de carbone

Émissions captées et stockées (Ecsc)

16 La quantitĂ© des Ă©missions de CO2 qui est captĂ©e d’un groupe et stockĂ©e dans le cadre d’un projet de stockage au cours d’une annĂ©e civile est dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

Eg Ă— (Ecap Ă· Ein)
oĂą :
Eg
représente la valeur de la variable Eg visée au paragraphe 8(1);
Ecap
la quantité d’émissions de CO2 qui est la portion de Ein qui est captée et subséquemment stockée, au cours de l’année civile, par un projet de stockage qui respecte les critères prévus au paragraphe 8(4), exprimée en tonnes et déterminée à l’aide d’une mesure directe de leur débit et de leur concentration en CO2;
Ein
la quantité d’émissions de CO2, exprimée en tonnes, entrant dans le système de captage et de stockage de carbone, au cours de l’année civile, déterminée à l’aide d’un SMECE, conformément aux sections 7.1 à 7.7 de la méthode de référence, situé en amont du système de captage et de stockage de carbone et mesurant toutes les émissions entrant dans ce système .

Hydrogène et vapeur

Quantification des émissions (Eext)

17 (1) La quantitĂ© des Ă©missions de CO2 provenant de la production d’hydrogène ou de vapeur utilisĂ© par le groupe pour produire de l’électricitĂ© est dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

oĂą :
Ek
représente la quantité totale des émissions annuelles de CO2 provenant de la production annuelle totale d’hydrogène ou de la production annuelle totale de vapeur, exprimée en tonnes, au cours d’une année civile;
Pk
la production annuelle totale d’hydrogène, exprimée en m3 et mesurée dans des conditions normales, ou de vapeur, exprimée en GJ, au cours de l’année civile, déterminée à l’aide d’un dispositif de mesure en continu;
Qk
la quantité d’hydrogène, exprimée en m3 et mesurée dans des conditions normales, ou de vapeur achetée ou transférée, exprimée en GJ, utilisée par le groupe pour produire de l’électricité, au cours de l’année civile, déterminée à l’aide d’un dispositif de mesure en continu;
k
le ke flux d’hydrogène ou de vapeur, oĂą « k Â» est un nombre de 1 Ă  n, « n Â» Ă©tant le nombre de flux d’hydrogène ou de vapeur utilisĂ©s par le groupe, au cours de l’annĂ©e civile.

Quantification des variables Ek et Pk

(2) La personne responsable obtient, dans la mesure du possible, les valeurs Ek et de Pk du fournisseur d’hydrogène ou de vapeur, lesquelles sont quantifiĂ©es conformĂ©ment Ă  la section 10 de la mĂ©thode d’ECCC en ce qui concerne l’hydrogène et conformĂ©ment Ă  la section 7 de la mĂ©thode d’ECCC en ce qui concerne la production d’électricitĂ© et de chaleur.

Variable RCO2

(3) Pour l’application du paragraphe (2), la description de la variable RCO2 dans l’équation 10–2 de la mĂ©thode d’ECCC s’entend de « CO2 captĂ© et stockĂ© dans un projet de stockage qui remplit les critères Ă©numĂ©rĂ©s aux alinĂ©as 8(4)a) et b) du prĂ©sent règlement Â».

Valeur par défaut

(4) MalgrĂ© le paragraphe (2), la personne responsable remplace le ratio Ek Ă· Pk dans la formule prĂ©vue au paragraphe (1) par la valeur par dĂ©faut 0,08 tonne CO2/GJ pour l’hydrogène et pour la vapeur si :

Quantité d’électricité

Quantité d’électricité

18 (1) La quantitĂ© d’électricitĂ© produite par un groupe est calculĂ©e conformĂ©ment Ă  la formule suivante :

Gbrute − Gsu
oĂą :
Gbrute
représente la quantité brute d’électricité produite par le groupe au cours de l’année civile, exprimée en GWh et mesurée aux bornes électriques des générateurs du groupe à l’aide d’un compteur à l’égard duquel l’approbation visée au paragraphe 9(4) de la Loi sur l’inspection de l’électricité et du gaz a été délivrée;
Gsu
la quantité brute d’électricité produite par le groupe au cours de toute période pendant l’année civile qui est visée par une exemption accordée par le ministre en application de l’article 19 ou prolongée par celui-ci en application de l’article 20, exprimée en GWh et mesurée aux bornes électriques des générateurs du groupe à l’aide d’un compteur à l’égard duquel l’approbation visée au paragraphe 9(4) de la Loi sur l’inspection de l’électricité et du gaz a été délivrée.

Normes relatives aux compteurs

(2) Les compteurs visĂ©s au paragraphe (1) sont installĂ©s et utilisĂ©s de manière Ă  ce que soient respectĂ©es les normes les plus rĂ©centes relatives Ă  la conception, Ă  la composition, Ă  la construction et au fonctionnement auxquelles un compteur ou une catĂ©gorie, un type ou un modèle de compteur doit se conformer aux termes du paragraphe 12(1) du Règlement sur l’inspection de l’électricitĂ© et du gaz, publiĂ©es sur le site Internet de Mesures Canada Ă  titre de norme en matière d’électricitĂ©.

Situations d’urgence

Demande d’exemption

19 (1) La personne responsable peut, dans une situation d’urgence visĂ©e au paragraphe (2), prĂ©senter au ministre une demande d’exemption de l’application des paragraphes 6(1) Ă  (3) Ă  l’égard d’un groupe si, en raison de la situation d’urgence, l’exploitant du rĂ©seau Ă©lectrique de la province oĂą le groupe est situĂ© ou un responsable de cette province chargĂ© d’assurer et de surveiller l’approvisionnement en Ă©lectricitĂ© lui ordonne de produire de l’électricitĂ© afin de prĂ©venir un danger pour l’approvisionnement en Ă©lectricitĂ© ou de rĂ©tablir cet approvisionnement.

Définition de situation d’urgence

(2) Est une situation d’urgence la situation qui rĂ©sulte de l’une des circonstances suivantes :

Délai et contenu de la demande

(3) La demande d’exemption est prĂ©sentĂ©e au ministre dans les quinze jours suivant la date du dĂ©but de la situation d’urgence. Elle comporte les renseignements visĂ©s Ă  l’article 1 et aux alinĂ©as 2a) Ă  d) de l’annexe 1 ou le numĂ©ro d’enregistrement du groupe, la date Ă  laquelle la situation d’urgence a dĂ©butĂ© et les renseignements Ă©tablissant, documents Ă  l’appui, que les conditions prĂ©vues au paragraphe (1) du prĂ©sent article sont rĂ©unies.

Décision du ministre

(4) Le ministre fait droit Ă  la demande d’exemption dans les trente jours suivant la date de rĂ©ception de la demande s’il est convaincu que les conditions visĂ©es au paragraphe (1) sont rĂ©unies.

Durée de l’exemption

(5) L’exemption est valide Ă  compter de la date du dĂ©but de la situation d’urgence jusqu’à la première des dates ci-après Ă  survenir :

Demande de prolongation de l’exemption

20 (1) Si les conditions prĂ©vues au paragraphe 19(1) persistent au-delĂ  de la durĂ©e de l’exemption accordĂ©e au titre du paragraphe 19(4), la personne responsable peut, tant que l’exemption est valide, prĂ©senter au ministre une demande de prolongation de celle-ci.

Contenu de la demande

(2) La demande de prolongation comporte :

Décision du ministre

(3) Le ministre fait droit à la demande de prolongation dans les quinze jours suivant la date de réception de la demande s’il est convaincu que la condition prévue à l’alinéa (2)c) a été établie.

Durée de la prolongation

(4) La prolongation est valide jusqu’à la première des dates ci-après Ă  survenir :

Échantillonnage et données manquantes

Échantillonnage

21 (1) La valeur des variables des formules visĂ©es Ă  l’article 14 est dĂ©terminĂ©e Ă  partir d’échantillons de combustible prĂ©levĂ©s conformĂ©ment au prĂ©sent article.

Contenu en carbone fourni par le fournisseur

(2) Si le fournisseur du combustible lui a fourni le contenu en carbone du combustible et que ce contenu en carbone a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© conformĂ©ment au paragraphe 14(2) en utilisant la pĂ©riode d’échantillonnage et la frĂ©quence d’échantillonnage minimale applicables prĂ©cisĂ©es au paragraphe (3), la personne responsable peut utiliser cette information au lieu de prĂ©lever des Ă©chantillons conformĂ©ment Ă  ce paragraphe.

Fréquence

(3) Chaque prĂ©lèvement est effectuĂ© Ă  un moment et Ă  un point du système de manutention du combustible de l’installation permettant de fournir les Ă©chantillons reprĂ©sentatifs ci-après du combustible brĂ»lĂ©, Ă  la frĂ©quence minimale applicable :

Échantillons additionnels

(4) MalgrĂ© le paragraphe (3), si le nombre d’échantillons ou d’échantillons composites, selon le cas, prĂ©levĂ©s dĂ©passe le nombre minimal requis et qu’une dĂ©termination du contenu en carbone de ceux-ci est faite conformĂ©ment Ă  la formule prĂ©vue au paragraphe 14(2) pour dĂ©terminer la valeur de la variable CCi pour le type de combustible en cause, la personne responsable tient compte des rĂ©sultats de cette dĂ©termination pour dĂ©terminer la valeur de la variable CCm prĂ©vue au paragraphe 14(2).

Données manquantes

22 (1) Si, pour une raison indépendante de la volonté de la personne responsable, il manque, pour une période donnée d’une année civile, des données pour déterminer une variable des formules prévues au présent règlement, des données de remplacement, établies pour cette période, sont utilisées à cette fin.

Variable déterminée à l’aide d’un SMECE

(2) Si un SMECE est utilisĂ© pour dĂ©terminer une variable des formules prĂ©vues aux articles 9 Ă  11 et qu’il manque une donnĂ©e pour une pĂ©riode donnĂ©e, la donnĂ©e de remplacement est obtenue conformĂ©ment Ă  la section 3.5.2 de la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence.

Variable non déterminée à l’aide d’un SMECE

(3) Si des données, autres que celles visées au paragraphe (2), requises pour déterminer la valeur d’une variable d’une formule prévu au présent règlement sont manquantes pour une période donnée, la donnée de remplacement est la moyenne des données disponibles pour cette variable pour la période équivalente précédant la période en cause et, si les données sont disponibles, pour la période équivalente qui la suit. Toutefois, si aucune donnée n’est disponible pour cette variable pour la période équivalente précédant la période en cause, la donnée de remplacement est la valeur établie pour la variable pour la période équivalente qui suit cette période.

DonnĂ©es de remplacement — durĂ©e maximale

(4) Si une donnée n’est pas disponible au cours d’une ou plusieurs périodes données au cours de l’année civile en cause, une donnée de remplacement ne peut être fournie que pour un maximum de vingt-huit jours de cette année civile, répartis sur une ou plusieurs des périodes en cause.

Exactitude des données

Instruments de mesure — mise en place, entretien et Ă©talonnage

23 (1) La personne responsable met en place, entretient et Ă©talonne les instruments de mesure — autres que le système de mesure et d’enregistrement en continu des Ă©missions et que tout instrument de mesure assujetti Ă  la Loi sur l’inspection de l’électricitĂ© et du gaz — utilisĂ©s pour l’application du prĂ©sent règlement conformĂ©ment aux instructions du fabricant ou Ă  une norme applicable gĂ©nĂ©ralement reconnue par l’industrie Ă  l’échelle nationale ou internationale.

Fréquence de l’étalonnage

(2) La personne responsable Ă©talonne chacun des instruments de mesure Ă  l’une ou l’autre des frĂ©quences suivantes :

Exactitude des mesures

(3) La personne responsable utilise des instruments de mesure qui permettent la prise des mesures selon un degrĂ© d’exactitude de ± 5 %.

Rapports

Rapports annuels

24 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (3), la personne responsable est tenue, Ă  compter de la première annĂ©e au cours de laquelle l’article 6 s’applique Ă  elle, de transmettre au ministre un rapport annuel Ă  l’égard du groupe comportant les renseignements Ă©numĂ©rĂ©s Ă  l’annexe 2 Ă  l’égard de chaque annĂ©e civile au cours de laquelle le groupe remplit les conditions prĂ©vues Ă  l’article 3 du prĂ©sent règlement.

1er juin

(2) La personne responsable transmet le rapport annuel au plus tard le 1er juin de l’annĂ©e civile qui suit l’annĂ©e civile faisant l’objet du rapport.

Cessation définitive

(3) Si le groupe cesse dĂ©finitivement de produire de l’électricitĂ© au cours de l’annĂ©e civile, la personne responsable transmet au ministre un avis Ă©crit contenant les renseignements visĂ©s Ă  l’annexe 5 au plus tard soixante jours après la date Ă  laquelle le groupe cesse sa production. Il n’est pas nĂ©cessaire de transmettre un rapport annuel Ă  l’égard des annĂ©es civiles suivant celle au cours de laquelle le groupe cesse sa production.

Modification aux renseignements

25 La personne responsable avise par écrit le ministre de toute modification apportée aux renseignements qui lui ont été fournis dans le rapport d’enregistrement et lui fournit les renseignements corrigés dans les soixante jours suivant le jour de la modification.

Correction d’erreur

26 La personne responsable, sans délai, avise par écrit le ministre de toute erreur dans les renseignements fournis dans un rapport transmis en application du présent règlement et lui fournit les renseignements corrigés.

Transmission et signature électroniques

27 (1) Les rapports et avis requis par le présent règlement et les demandes faites aux termes de celui-ci sont transmis électroniquement en la forme précisée par le ministre et portent la signature électronique de la personne responsable ou son agent autorisé.

Rapports, avis et demandes sur support papier

(2) Si le ministre n’a pas précisé de forme électronique ou si, en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, la personne qui transmet le rapport ou l’avis ou qui présente la demande n’est pas en mesure de le faire conformément au paragraphe (1), elle transmet le rapport ou l’avis ou présente la demande sur support papier, signé par la personne responsable ou son agent autorisé, en la forme précisée par le ministre, le cas échéant.

Dossier

Contenu du dossier

28 (1) La personne responsable constitue un dossier contenant les renseignements et documents suivants :

Délai

(2) Le dossier est constitué dès que possible, mais au plus tard trente jours après la date à laquelle les renseignements et documents devant y être consignés deviennent accessibles.

Conservation des dossiers, rapports et avis

29 (1) La personne responsable tenue, en application du prĂ©sent règlement, de constituer un dossier ou de transmettre un rapport ou un avis conserve le dossier ou une copie du rapport ou de l’avis, ainsi que les documents Ă  l’appui :

Lieu de conservation des dossiers

(2) Le dossier ou la copie de celui-ci sont conservés à l’établissement principal de la personne responsable au Canada ou en tout autre lieu au Canada où ils peuvent être examinés. Dans ce dernier cas, la personne responsable informe le ministre de l’adresse municipale du lieu.

Changement de lieu de conservation

(3) Si le lieu de conservation du dossier change, la personne responsable avise le ministre par écrit de l’adresse municipale du nouveau lieu dans les trente jours suivant la date du changement.

Langue des documents

Langue des documents

30 Les documents exigés par le présent règlement sont rédigés en français ou en anglais ou sont accompagnés d’une traduction française ou anglaise et d’une déclaration sous serment du traducteur qui en atteste la fidélité.

Modification connexe au Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

31 L’annexe du Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence 50 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :
Article

Colonne 1

Règlement

Colonne 2

Dispositions

42 Règlement sur l’électricité propre
  • a) paragraphe 6(1)
  • b) paragraphe 6(2)
  • c) paragraphe 6(3)

Abrogations

32 Le Règlement sur la rĂ©duction des Ă©missions de dioxyde de carbone — secteur de l’électricitĂ© thermique au charbon rĂ©fĂ©rence 51 est abrogĂ©.

33 Le Règlement limitant les émissions de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricité thermique au gaz naturel référence 52 est abrogé.

Entrée en vigueur

1er janvier 2025

34 (1) Le prĂ©sent règlement, sauf les articles 32 et 33, entre en vigueur le 1er janvier 2025.

1er janvier 2035

(2) L’article 32 entre en vigueur le 1er janvier 2035.

1er janvier 2045

(3) L’article 33 entre en vigueur le 1er janvier 2045.

ANNEXE 1

(paragraphe 4(1), alinĂ©a 4(2)a), paragraphe 19(3) et alinĂ©a 29(1)a))

Rapport d’enregistrement — renseignements Ă  fournir

1 Renseignements sur la personne responsable :

2 Renseignements sur le groupe :

ANNEXE 2

(paragraphes 5(4) et 24(1))

Rapport annuel — renseignements Ă  fournir

1 Le numĂ©ro d’enregistrement du groupe attribuĂ© par le ministre en application du paragraphe 4(3) du prĂ©sent règlement.

2 Renseignements Ă  l’égard des Ă©lĂ©ments ci-après pour l’annĂ©e civile :

3 Renseignements sur l’intensitĂ© des Ă©missions visĂ©e Ă  l’article 7 du prĂ©sent règlement :

4 Pour tous les groupes :

5 Pour tout groupe visĂ© par une exemption accordĂ©e en application de l’article 19 du prĂ©sent règlement ou prolongĂ©e en application de l’article 20 de celui-ci, la durĂ©e de la situation d’urgence, incluant la date Ă  laquelle la situation a dĂ©butĂ© et celle Ă  laquelle elle a pris fin.

6 Renseignement Ă  l’égard d’un groupe visĂ© au paragraphe 6(2) du prĂ©sent règlement :

7 S’agissant d’un groupe visĂ© au paragraphe 6(3) du prĂ©sent règlement, une mention indiquant que l’exemption prĂ©vue Ă  ce paragraphe est utilisĂ©e pour l’annĂ©e civile.

8 Le cas Ă©chĂ©ant, une copie du rapport du vĂ©rificateur visĂ© au paragraphe 12(3) du prĂ©sent règlement.

9 Renseignements sur les donnĂ©es de remplacement utilisĂ©es pour une pĂ©riode donnĂ©e au cours de l’annĂ©e civile en application de l’article 22, le cas Ă©chĂ©ant :

ANNEXE 3

(paragraphes 10(1) et 11(2))

Liste des combustibles et pouvoir calorifique supérieur par défaut
Article

Colonne 1

Type de combustible

Colonne 2

Pouvoir calorifique supérieur par défaut

Colonne 3

Unité

1 Mazout lĂ©ger no 1 38,78 GJ/kL
2 Mazout lĂ©ger no 2 38,50 GJ/kL
3 Mazout lourd no 4 40,73 GJ/kL
4 Kérosène 37,68 GJ/kL
5 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 25,66 GJ/kL
6 Propane note 1 du tableau g2 25,31 GJ/kL
7 Propylène 25,39 GJ/kL
8 Éthane 17,22 GJ/kL
9 Éthylène 27,90 GJ/kL
10 Isobutane 27,06 GJ/kL
11 Isobutylène 28,73 GJ/kL
12 Butane 28,44 GJ/kL
13 Butylène 28,73 GJ/kL
14 Essence naturelle 30,69 GJ/kL
15 Essence Ă  moteur 34,87 GJ/kL
16 Essence aviation 33,52 GJ/kL
17 Kérosène type aviation 37,66 GJ/kL
18 Gaz naturel de qualité pipeline 0,03793 GJ/m3 mesuré dans des conditions normales
19 Charbon bitumineux canadien — Ouest 25,6 GJ/tonne
20 Charbon bitumineux canadien — Est 27,9 GJ/tonne
21 Charbon bitumineux non canadien — Ă‰.-U. 25,7 GJ/tonne
22 Charbon bitumineux non canadien — autres pays 29,9 GJ/tonne
23 Charbon subbitumineux canadien — Ouest 19,2 GJ/tonne
24 Charbon subbitumineux non canadien — Ă‰.-U. 19,2 GJ/tonne
25 Charbon — lignite 15,0 GJ/tonne
26 Charbon — anthracite 27,7 GJ/tonne
27 Coke de charbon et coke métallurgique 28,8 GJ/tonne
28 Coke de pétrole (raffineries) 46,4 GJ/tonne
29 Coke de pétrole (usines de valorisation) 40,6 GJ/tonne
30 Déchets solides municipaux 11,5 GJ/tonne
31 Pneus 31,2 GJ/tonne
32 Diesel 38,3 GJ/kL
33 Mazout léger 38,8 GJ/kL
34 Mazout lourd 42,5 GJ/kL
35 Éthanol 21 GJ/kL
36 Hydrogène 0,012289 GJ/m3 mesuré dans des conditions normales

Note(s) du tableau g2

Note 1 du tableau g2

Le pouvoir calorifique supérieur par défaut et le facteur d’émissions de CO2 par défaut pour le propane s’appliquent uniquement au gaz propane pur. Pour l’application du présent règlement, les produits commerciaux vendus comme étant du propane sont réputés être du GPL.

Retour Ă  la note 1 du tableau g2

ANNEXE 4

(paragraphe 12(3))

Rapport du vĂ©rificateur sur le SMECE — renseignements Ă  fournir

1 Le numĂ©ro d’enregistrement du groupe attribuĂ© par le ministre en application du paragraphe 4(3) du prĂ©sent règlement.

2 Les nom, adresse municipale et numéro de téléphone de la personne responsable.

3 Les nom, adresse municipale, numéro de téléphone et titres de compétence du vérificateur et, le cas échéant, son numéro de télécopieur et son adresse électronique.

4 Les procĂ©dures utilisĂ©es par le vĂ©rificateur pour Ă©valuer :

5 Une dĂ©claration du vĂ©rificateur portant qu’à son avis :

6 Une dĂ©claration du vĂ©rificateur portant qu’à son avis la personne responsable a veillĂ© Ă  ce que le manuel d’assurance de la qualitĂ© et de contrĂ´le de la qualitĂ© soit mis Ă  jour conformĂ©ment aux sections 6.1 et 6.5.2 de la mĂ©thode de rĂ©fĂ©rence.

ANNEXE 5

(paragraphe 24(3))

Rapport de cessation définitive de production d’électricité

1 Le numĂ©ro d’enregistrement du groupe attribuĂ© par le ministre en application du paragraphe 4(3) du prĂ©sent règlement.

2 Une attestation datée et signée par la personne responsable ou son agent autorisé portant que le groupe a cessé définitivement de produire de l’électricité.

3 La date à laquelle le groupe a cessé définitivement de produire de l’électricité.

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