La Gazette du Canada, Partie I, volume 156, numĂ©ro 22 : DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Le 28 mai 2022

Fondement législatif
Loi sur les espÚces en péril

MinistĂšre responsable
Ministùre de l’Environnement

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La biodiversitĂ© dĂ©cline rapidement dans le monde entier, Ă  mesure que certaines espĂšces disparaissent. Selon un rĂ©cent rapport d’un groupe international d’expertsrĂ©fĂ©rence 1, une moyenne d’environ 25 % des espĂšces des groupes d’animaux et de plantes Ă©tudiĂ©s sont dĂ©jĂ  menacĂ©s d’extinction. Cela signifie qu’environ un million d’espĂšces sont dĂ©jĂ  menacĂ©es d’extinction, la plupart d’ici quelques dĂ©cennies. Si des mesures ne sont pas prises pour rĂ©duire l’intensitĂ© des facteurs de perte de biodiversitĂ©, on s’attend Ă  une nouvelle accĂ©lĂ©ration du taux mondial d’extinction d’espĂšces qui, selon le rapport, est dĂ©jĂ  au moins plusieurs dizaines Ă  centaines de fois supĂ©rieur au taux moyen des 10 derniers millions d’annĂ©es. Dans le mĂȘme rapport, les experts ont Ă©galement cernĂ© et classĂ© par ordre d’importance les cinq facteurs directs de perte et de dĂ©gradation de la biodiversitĂ© ayant eu Ă  ce jour le plus important impact mondial relatif. Ces facteurs sont, par ordre dĂ©croissant : la modification de l’utilisation des terres et des mers; l’exploitation directe des organismes; les changements climatiques; la pollution et les espĂšces exotiques envahissantes.

Le Canada, deuxiĂšme pays en superficie au monde et abritant un large Ă©ventail d’espĂšces, n’est pas Ă©pargnĂ© par cette crise mondiale de la biodiversitĂ©. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), entre 1970 et 2014, les mammifĂšres ont diminuĂ© en moyenne de 43 %, les oiseaux des prairies ont chutĂ© de 69 % et les populations de poissons ont diminuĂ© de 20 % partout au CanadarĂ©fĂ©rence 2. Avec ce dĂ©clin rapide et abrupt de la biodiversitĂ©, le Canada subit de nombreux effets nĂ©gatifs qui sont gĂ©nĂ©ralement associĂ©s Ă  la perte d’habitat et d’espĂšces.

Une corrĂ©lation positive a Ă©tĂ© Ă©tablie entre la biodiversitĂ© et la productivitĂ© de l’écosystĂšme, sa santĂ© et sa rĂ©siliencerĂ©fĂ©rence 3 (c’est-Ă -dire la capacitĂ© de l’écosystĂšme de s’adapter aux changements ou de se dĂ©fendre contre les perturbations). Compte tenu de l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut mener Ă  une diminution des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques (par exemple les processus naturels comme la lutte contre les organismes nuisibles, la pollinisation, l’attĂ©nuation des dommages causĂ©s par les vagues cĂŽtiĂšres, la rĂ©gulation de la tempĂ©rature et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont Ă©galement des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme peuvent entraĂźner la perte d’individus et d’espĂšces, et donc avoir des effets nĂ©fastes et irrĂ©versibles Ă  grande Ă©chelle sur les Canadiens.

Contexte

Le Canada est un pays dotĂ© d’un environnement naturel riche qui abrite une grande diversitĂ© d’espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales. Ce patrimoine naturel fait partie intĂ©grante de l’identitĂ© et de l’histoire nationales. Les Canadiens tiennent aux espĂšces sauvages pour des raisons esthĂ©tiques, culturelles, spirituelles, rĂ©crĂ©atives, Ă©ducatives, historiques, alimentaires, mĂ©dicales, Ă©cologiques et scientifiques. Les espĂšces et Ă©cosystĂšmes sauvages font aussi partie du patrimoine mondialrĂ©fĂ©rence 4. Le ministĂšre de l’Environnement (le MinistĂšre) a pour mandat, entre autres, de prĂ©server et d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’environnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© de la conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement du pays, le MinistĂšre jour un rĂŽle de premier plan Ă  titre d’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral afin d’éviter la disparition — de la planĂšterĂ©fĂ©rence 5 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 6 — d’espĂšces terrestres. L’Agence Parcs Canada (APC), en tant qu’autoritĂ© compĂ©tente, contribue aussi Ă  la protection et Ă  la conservation des espĂšces dans son rĂ©seau de lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©srĂ©fĂ©rence 7, notamment les parcs nationaux et les zones marines nationales de conservation.

Le principal moyen lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour rĂ©aliser ce mandat est la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (la LEP ou la Loi). La LEP vise Ă  prĂ©venir la disparition — de la planĂšte ou du Canada seulement — des espĂšces sauvages; Ă  permettre le rĂ©tablissement des espĂšces sauvages dĂ©signĂ©es « disparues du pays Â», « en voie de disparition Â» ou « menacĂ©es Â», et Ă  favoriser la gestion des espĂšces prĂ©occupantes afin d’éviter qu’elles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es. Lorsque la LEP a Ă©tĂ© promulguĂ©e en 2003, la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1 de la LEP) comprenait 233 espĂšces. Depuis, la liste a Ă©tĂ© modifiĂ©e Ă  plusieurs reprises afin d’y ajouter des espĂšces ou d’en retirer, ou de reclassifier les espĂšces. En date de janvier 2022, il y avait 640 espĂšces rĂ©pertoriĂ©es Ă  l’annexe 1.

À la suite de la proclamation de la LEP en 2003, le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) a Ă©tĂ© constituĂ© par la Loi en tant qu’organisme consultatif scientifique indĂ©pendant chargĂ© de fournir au ministre de l’Environnement (le ministre) des Ă©valuations de la situation des espĂšces sauvages qui risquent de disparaĂźtre du Canada. Les Ă©valuations sont rĂ©alisĂ©es conformĂ©ment Ă  l’article 15 de la LEP qui exige, entre autres, que le COSEPAC dĂ©termine le statut des espĂšces qu’il considĂšre ĂȘtre en pĂ©ril et qu’il cerne les menaces existantes et potentielles pour ces espĂšces. Les membres du COSEPAC se rĂ©unissent deux fois par an afin d’examiner les renseignements recueillis sur des espĂšces sauvages et rĂ©partissent les espĂšces en sept catĂ©gories : disparue, disparue du pays, en voie de disparition, menacĂ©e, prĂ©occupante, donnĂ©es insuffisantes, ou non en pĂ©rilrĂ©fĂ©rence 8.

Une fois que le COSEPAC a prĂ©sentĂ© son Ă©valuation au ministre de l’Environnement, ce dernier dispose de 90 jours pour publier dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril (le Registre public) une dĂ©claration afin d’indiquer comment il compte rĂ©agir Ă  l’évaluation et selon quel Ă©chĂ©ancier. Cette dĂ©claration communique l’étendue des consultations portant sur les changements proposĂ©s Ă  l’annexe 1 de la LEP.

AprĂšs les consultations et l’analyse qui en dĂ©coule rĂ©alisĂ©e par les reprĂ©sentants du MinistĂšre, un dĂ©cret est publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada afin de confirmer la rĂ©ception de l’évaluation du COSEPAC. Cette publication dĂ©clenche un processus rĂ©glementaire par lequel, sur recommandation du ministre, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, dans un dĂ©lai de neuf mois suivant la rĂ©ception de l’évaluation :

Si le gouverneur en conseil ne prend pas de dĂ©cision dans un dĂ©lai de neuf mois aprĂšs avoir reçu officiellement l’évaluation du COSEPAC, le paragraphe 27(3) de la LEP stipule que le ministre doit modifier l’annexe 1 en conformitĂ© avec cette Ă©valuation.

En plus de recommander de nouveaux ajouts Ă  l’annexe 1, le COSEPAC peut examiner le statut d’une espĂšce sauvage prĂ©cĂ©demment Ă©valuĂ©e et recommander une nouvelle classification pour cette espĂšce. La reclassification est importante pour garantir que la dĂ©signation est conforme aux donnĂ©es scientifiques les plus rĂ©centes, ce qui permet une meilleure prise de dĂ©cision quant Ă  l’établissement des prioritĂ©s en matiĂšre de conservation des espĂšces. Les espĂšces sont classĂ©es Ă  un niveau de risque supĂ©rieur lorsque leur situation s’est dĂ©tĂ©riorĂ©e depuis la derniĂšre Ă©valuation (par exemple un dĂ©clin de la population). Lorsque leur situation s’amĂ©liore, on peut les faire passer Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e ou les retirer de la Liste des espĂšces en pĂ©ril, de sorte que les espĂšces soient protĂ©gĂ©es selon l’esprit de la LEP tout en minimisant les rĂ©percussions sur les intervenants et les ressources.

Interdictions en application de la LEP

DĂšs leur inscription, les espĂšces sauvages bĂ©nĂ©ficient de diffĂ©rents niveaux de protection, qui varient selon leur dĂ©signation, conformĂ©ment aux interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Le tableau 1 ci-aprĂšs prĂ©sente les diffĂ©rentes protections offertes par la LEP immĂ©diatement aprĂšs l’ajout d’une espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Tableau 1.1 : RĂ©sumĂ© des niveaux de protection accordĂ©s aux espĂšces sauvages et leur rĂ©sidence dĂšs leur inscription Ă  l’annexe 1 de la LEP — Application des interdictions gĂ©nĂ©rales par type d’espĂšces et leur emplacement

DĂ©signation de l’espĂšce

EspÚces protégées en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs

EspĂšces aquatiques

Toutes les autres espĂšces inscrites

Préoccupante

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas.

Menacée, en voie de disparition et disparue du pays

Les interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent partout au Canada pour les oiseaux migrateurs.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent partout au Canada pour les espĂšces aquatiques.

Dans les provinces, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que sur le territoire domanial note a du tableau a1 .

Dans les territoires, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que sur le territoire domanial fĂ©dĂ©ral qui relĂšve du ministre de l’Environnement ou du ministre responsable de l’Agence Parcs Canada.

Note(s) du tableau a1

Note a du tableau a1

L’article 2 de la LEP dĂ©finit le territoire domanial comme " a) les terres qui appartiennent Ă  Sa MajestĂ© du chef du Canada ou qu’elle a le pouvoir d’aliĂ©ner, ainsi que leurs eaux et leur espace aĂ©rien; b) les eaux intĂ©rieures et la mer territoriale du Canada; c) les rĂ©serves ou autres terres qui ont Ă©tĂ© mises de cĂŽtĂ© Ă  l’usage et au profit d’une bande en application de la Loi sur les Indiens, ainsi que leurs eaux et leur espace aĂ©rien. "

Retour Ă  la note a du tableau a1

Tableau 1.2 : RĂ©sumĂ© des niveaux de protection accordĂ©s aux espĂšces sauvages et leur rĂ©sidence dĂšs leur inscription Ă  l’annexe 1 de la LEP — Interdictions gĂ©nĂ©rales

DĂ©signation de l’espĂšce

Protection des individus (article 32 de la LEP)

Protection de la rĂ©sidence (article 33 de la LEP)

Préoccupante

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas.

La protection de la rĂ©sidence en vertu de la LEP ne s’applique pas.

Menacée, en voie de disparition et disparue du pays

Protection des individus de l’espùce contre l’abattage, les blessures, le harcùlement, la capture ou la prise.

Interdiction de possĂ©der, de collectionner, d’acheter et de vendre ou d’échanger un individu d’une espĂšce ou toute partie ou tout produit qui en provient.

La destruction ou le fait de causer des dommages Ă  la rĂ©sidence d’un ou de plusieurs individus de l’espĂšce constitue une infraction.

Pour les espĂšces disparues du pays, la protection de la rĂ©sidence ne s’applique que si un programme de rĂ©tablissement recommande la rĂ©insertion Ă  l’état sauvage au Canada.

À l’extĂ©rieur du territoire domanial, les espĂšces inscrites qui ne sont pas des espĂšces aquatiques ou des oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM) ne peuvent ĂȘtre protĂ©gĂ©es par la LEP que par un dĂ©cret en conseilrĂ©fĂ©rence 9. Le ministre de l’Environnement doit recommander la prise d’un tel dĂ©cret s’il estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement l’espĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus.

Planification du rétablissement

L’inscription d’une espĂšce sous une dĂ©signation d’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne, pour le ministre compĂ©tent, l’obligation d’établir un programme de rĂ©tablissement visant Ă  prendre des mesures quant aux menaces Ă  la survie ou au rĂ©tablissement des espĂšces inscrites. Dans le cas des espĂšces prĂ©occupantes, un plan de gestion doit ĂȘtre Ă©laborĂ© dans les trois ans suivant l’inscription.

La LEP Ă©nonce qu’un programme de rĂ©tablissement doit ĂȘtre publiĂ© dans le Registre public :

Pour les espĂšces sauvages dont le rĂ©tablissement a Ă©tĂ© estimĂ© possible, les programmes de rĂ©tablissement comprennent ce qui suit :

Les programmes de rĂ©tablissement sont Ă©laborĂ©s en collaboration avec les intervenants suivants :

Dans la mesure du possible, les programmes de rétablissement sont élaborés en consultation avec les propriétaires fonciers (y compris les provinces et les territoires) et autres personnes que le ministre compétent croit directement touchés par les programmes.

Une fois qu’un programme de rĂ©tablissement dĂ©finitif est publiĂ©, le ministre compĂ©tent est tenu d’élaborer un ou plusieurs plans d’action fondĂ©s sur le programme de rĂ©tablissement. Les plans sont Ă©tablis en consultation avec les organisations et les personnes prĂ©citĂ©es. Les Ă©chĂ©anciers d’établissement ou de mise en Ɠuvre ne sont pas prĂ©vus dans la LEP, mais sont plutĂŽt Ă©tablis dans le programme de rĂ©tablissement. Les plans d’action comprennent ce qui suit :

Protection de l’habitat essentiel

Les exigences de la LEP pour protĂ©ger l’habitat essentiel diffĂšrent selon qu’il s’agisse d’espĂšces aquatiques, d’espĂšces d’oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM ou d’autres espĂšces, et selon que ces espĂšces soient prĂ©sentes sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive, sur le plateau continental du Canada ou ailleurs au Canada. Pour les oiseaux migrateurs qui sont protĂ©gĂ©s en vertu de la LCOM, leurs nids et leurs abris Ă  nid sont protĂ©gĂ©s contre la destruction partout au Canada.

Lorsque l’habitat essentiel d’une espĂšce ou une partie de celui-ci se trouve sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive du Canada ou sur le plateau continental du Canada, la LEP exige que celui-ci fasse l’objet de mesures de protection lĂ©gales dans un dĂ©lai de 180 jours suivant sa dĂ©signation dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action. La protection peut ĂȘtre assurĂ©e par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fĂ©dĂ©rale, ou une mesure prise sous leur rĂ©gime, y compris les accords de conservation aux termes de l’article 11 de la LEP.

Si l’habitat essentiel se trouve dans un refuge d’oiseaux migrateurs en vertu de la LCOM, dans un parc national comprit Ă  l’annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (LPNC), dans le parc urbain national de la Rouge Ă©tabli en vertu de la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, dans une zone marine protĂ©gĂ©e dĂ©signĂ©e sous le rĂ©gime de la Loi sur les ocĂ©ans, ou dans une rĂ©serve nationale de faune en vertu de la Loi sur les espĂšces sauvages du Canada, le ministre compĂ©tent est tenu de publier une description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada dans les 90 jours qui suivent la publication de la version dĂ©finitive du programme de rĂ©tablissement ou du plan d’action dĂ©signant l’habitat essentiel. Quatre-vingt-dix jours aprĂšs la publication de la dĂ©signation de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada, la protection de l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) de la LEP (c’est-Ă -dire les interdictions relatives Ă  la destruction de l’habitat essentiel) entre en vigueur automatiquement, et l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire d’une aire protĂ©gĂ©e fĂ©dĂ©rale est protĂ©gĂ© lĂ©galement par la LEP.

Dans les cas oĂč l’habitat essentiel se trouve sur le territoire domanial, mais pas dans les zones de protection fĂ©dĂ©rales dĂ©crites dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent, dans les 180 jours suivant la mise dans le Registre public de la version dĂ©finitive du programme de rĂ©tablissement ou du plan d’action dĂ©signant l’habitat essentiel, le ministre compĂ©tent est tenu :

Lorsqu’il s’agit de l’habitat essentiel d’une espĂšce d’oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©e par la LCOM situĂ© Ă  l’extĂ©rieur du territoire domanial, de la zone Ă©conomique exclusive ou du plateau continental du Canada ou d’un refuge d’oiseaux migrateurs en vertu de la LCOM, l’habitat essentiel n’est protĂ©gĂ© que lorsqu’un dĂ©cret en conseil est pris Ă  cet effet, Ă  la suite de la recommandation du ministre compĂ©tent. Lorsque l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur protĂ©gĂ© par la LCOM est dĂ©signĂ© dans un document de rĂ©tablissement et qu’un arrĂȘtĂ© ou une dĂ©claration est publiĂ© Ă©nonçant comment l’habitat essentiel est protĂ©gĂ©, les interdictions de la LEP contre la destruction de l’habitat essentiel ont une portĂ©e plus large que les protections offertes en vertu de la LCOM aux individus, Ă  leurs Ɠufs, aux nids et aux abris Ă  nid.

La LEP considĂšre la protection des parties de l’habitat essentiel par les autres ordres de gouvernement (provinces ou territoires) pour les espĂšces autres que les espĂšces aquatiques ou les espĂšces d’oiseau migrateur protĂ©gĂ©es par la LCOM, situĂ©es ailleurs que sur le territoire domanial. Dans l’éventualitĂ© oĂč l’habitat essentiel ne serait pas protĂ©gĂ© Ă  l’intĂ©rieur de ces aires, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, appliquer l’interdiction de dĂ©truire l’habitat essentiel prĂ©vue par la LEP. Dans les cas oĂč le ministre de l’Environnement estime que l’habitat essentiel ailleurs que sur le territoire domanial n’est pas protĂ©gĂ© efficacement par les lois provinciales ou territoriales, une autre mesure prise en vertu de la LEP (y compris les accords prĂ©vus Ă  l’article 11) ou par l’entremise d’une autre loi fĂ©dĂ©rale, le ministre est tenu de recommander au gouverneur en conseil la prise d’un dĂ©cret pour mettre en application les interdictions de dĂ©truire l’habitat essentiel Ă  l’extĂ©rieur du territoire domanial. Avant de faire sa recommandation, le ministre doit consulter les ministres provinciaux ou territoriaux appropriĂ©s. Dans tous les cas, le gouverneur en conseil prend la dĂ©cision dĂ©finitive pour dĂ©terminer s’il faut aller de l’avant avec le dĂ©cret pour la protection de l’habitat essentiel en questionrĂ©fĂ©rence 10.

Permis en vertu de la LEP

Une personne qui prĂ©voit exercer une activitĂ© qui est interdite par la LEP, touchant une espĂšce sauvage inscrite, toute partie de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, peut prĂ©senter une demande de permis au ministre compĂ©tentrĂ©fĂ©rence 11, conformĂ©ment Ă  l’article 73 de la Loi. Un permis peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© si le ministre est d’avis que l’activitĂ© a l’un des trois objectifs suivants :

De plus, le permis ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si le ministre compĂ©tent estime que les trois conditions prĂ©alables suivantes sont respectĂ©es :

En vertu de l’article 74 de la LEP, un ministre compĂ©tent peut dĂ©livrer un permis conformĂ©ment Ă  une autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple, la Loi sur les parcs nationaux du Canada) pour exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, toute partie de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, qui aura le mĂȘme effet que ceux dĂ©livrĂ©s en vertu du paragraphe 73(1) de la LEP, si certaines conditions sont respectĂ©es, et ce, afin de rĂ©duire la nĂ©cessitĂ© d’obtenir de multiples autorisations.

Pour les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM et la LEP, un permis sous le rĂ©gime de la LCOM conforme Ă  la LEP peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© pour autoriser une activitĂ© touchant un oiseau migrateur inscrit, dans le but d’éviter que deux permis distincts ne soient dĂ©livrĂ©s. Pour qu’un seul permis soit dĂ©livrĂ©, toutes les conditions Ă©noncĂ©es aux paragraphes 73(2) Ă  73(6.1) de la LEP doivent ĂȘtre respectĂ©es. La dĂ©livrance d’un permis pour l’activitĂ© en question doit Ă©galement ĂȘtre autorisĂ©e en vertu de la LCOM.

Un permis en vertu de la LEP peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© lorsqu’une activitĂ© touche la rĂ©sidence d’un oiseau migrateur, si cette rĂ©sidence n’est pas un nid ou un abri Ă  nid protĂ©gĂ© par la LCOM. Un permis peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©livrĂ© en vertu de la LEP pour des activitĂ©s touchant l’habitat essentiel protĂ©gĂ© d’un oiseau migrateur inscrit, car l’habitat essentiel n’est pas protĂ©gĂ© par la LCOM.

Gestion des espÚces préoccupantes

L’ajout d’une espĂšce prĂ©occupante Ă  l’annexe 1 de la LEP fournit une indication que l’espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre. Suivant l’inscription, la prĂ©paration d’un plan de gestion pourrait permettre Ă  l’espĂšce d’ĂȘtre gĂ©rĂ©e de maniĂšre proactive et de maximiser la probabilitĂ© de succĂšs du rĂ©tablissement, et devrait permettre d’éviter la mise en place future de mesures plus coĂ»teuses.

Le plan comprend les mesures de conservation jugĂ©es appropriĂ©es pour prĂ©server l’espĂšce et Ă©viter le dĂ©clin de sa population. Il est Ă©laborĂ© en collaboration avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux compĂ©tents, d’autres ministĂšres fĂ©dĂ©raux, des conseils de gestion des ressources fauniques, des partenaires et des organisations autochtones et tout autre intervenant concernĂ©. Le plan de gestion doit ĂȘtre publiĂ© dans un dĂ©lai de trois ans suivant l’inscription de l’espĂšce.

Nouvelles unités désignables

Aux termes de la LEP, une espĂšce sauvage se dĂ©finit comme Ă©tant une « espĂšce, sous-espĂšce, variĂ©tĂ© ou population gĂ©ographiquement ou gĂ©nĂ©tiquement distincte d’animaux, de vĂ©gĂ©taux ou d’autres organismes d’origine sauvage […] Â». Par cette dĂ©finition, la LEP reconnaĂźt que la conservation de la diversitĂ© biologique passe par la protection des entitĂ©s taxonomiques d’un rang infĂ©rieur de l’espĂšce (c’est-Ă -dire les unitĂ©s dĂ©signables), et donne au COSEPAC le mandat de les Ă©valuer lorsqu’il est justifiĂ© de le faire. Dans les Ă©valuations du COSEPAC, ces unitĂ©s dĂ©signables nouvellement dĂ©finies et leur classification (par exemple espĂšce en voie de disparition, espĂšce menacĂ©e, espĂšce prĂ©occupante) sont prĂ©sentĂ©es de la mĂȘme façon que pour les autres espĂšces sauvages. Dans certains cas, selon les donnĂ©es scientifiques, les espĂšces sauvages ayant dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©valuĂ©es pourraient ĂȘtre Ă©valuĂ©es Ă  nouveau et le COSEPAC pourrait dĂ©terminer que ces espĂšces sauvages contiennent moins d’unitĂ©s dĂ©signables, plus d’unitĂ©s dĂ©signables ou des unitĂ©s dĂ©signables diffĂ©rentes. Le COSEPAC publiera les Ă©valuations et les classifications pour toute unitĂ© dĂ©signable qui pourrait correspondre ou non Ă  celle de l’espĂšce sauvage dĂ©finie auparavant.

Si aprĂšs avoir Ă©valuĂ© une nouvelle unitĂ© dĂ©signable, le COSEPAC lui attribue le mĂȘme statut que l’espĂšce sauvage dĂ©finie au dĂ©part, l’annexe 1 doit aussi ĂȘtre modifiĂ©e pour reflĂ©ter la liste des espĂšces la plus rĂ©cente, conformĂ©ment aux meilleures donnĂ©es scientifiques disponibles.

Objectif

L’objectif du projet de DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (le projet de dĂ©cret) est d’aider Ă  prĂ©server la biodiversitĂ© du Canada et de favoriser la santĂ© des Ă©cosystĂšmes canadiens en empĂȘchant la disparition d’espĂšces sauvages du Canada ou de la planĂšte et de contribuer Ă  leur rĂ©tablissement ainsi que de donner suite aux recommandations du COSEPAC.

Description

ConformĂ©ment Ă  l’article 27 de la LEP, il est proposĂ© que le gouverneur en conseil modifie la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1) par l’inscription de 12 espĂšces, la reclassification de quatre espĂšces et la radiation d’une espĂšce.

Les espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret sont prĂ©sentes partout au Canada. Elles ont Ă©tĂ© regroupĂ©es, parce qu’elles ont dĂ» faire l’objet de vastes consultations ou d’une analyse plus approfondie.

Parmi les 17 espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret, on propose :

Ces modifications sont indiquĂ©es dans les tableaux 2.1 Ă  2.3 ci-dessous. Une description dĂ©taillĂ©e de chaque espĂšce, de son aire de rĂ©partition et des menaces qui pĂšsent sur elle, est fournie Ă  l’annexe 1. Des renseignements supplĂ©mentaires sur ces espĂšces sont Ă©galement fournis dans les rapports de situation du COSEPACrĂ©fĂ©rence 14.

Tableau 2.1 : EspĂšces que l’on propose d’inscrire Ă  l’annexe 1 de la LEP

Taxon

EspĂšce

Nom scientifique

Statut actuel

Statut proposé

Aire de répartition

Oiseaux

Bruant Ă  face noire

Zonotrichia querula

Aucun

Préoccupante

Alberta, Manitoba, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Ontario, Saskatchewan

Lichens

Lobaire réticulée

Lobaria retigera

Aucun

Menacée

Colombie-Britannique

Arthropodes

Hespérie tachetée (population boréale)

Erynnis martialis

Aucun

En voie de disparition

Manitoba

Arthropodes

Hespérie tachetée (population des plaines des Grands Lacs)

Erynnis martialis

Aucun

En voie de disparition

Ontario, Québec

Arthropodes

Coccinelle Ă  neuf points

Coccinella novemnotata

Aucun

En voie de disparition

Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario, Québec, Saskatchewan

Arthropodes

Hespérie du Colorado

Hesperia colorado oregonia

Aucun

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Arthropodes

Hémileucin de Nuttall

Hemileuca nuttalli

Aucun

En voie de disparition

Colombie-Britannique

Mollusques

Polyspire rayé

Webbhelix multilineata

Aucun

En voie de disparition

Ontario

Plantes

Gérardie de Virginie

Aureolaria virginica

Aucun

En voie de disparition

Ontario

Plantes

Gérardie fausse-pédiculaire

Aureolaria pedicularia

Aucun

Menacée

Ontario

Plantes

Gérardie jaune

Aureolaria flava

Aucun

Menacée

Ontario

Plantes

Gesse littorale

Lathyrus littoralis

Aucun

Menacée

Colombie-Britannique

Tableau 2.2 : EspĂšces que l’on propose de reclassifier dans l’annexe 1 de la LEP

Taxon

EspĂšce

Nom scientifique

Statut actuel

Statut proposé

Aire de répartition

Oiseaux

Engoulevent d’AmĂ©rique

Chordeiles minor

Menacée

Préoccupante

Partout au Canada

Oiseaux

Moucherolle à cÎtés olive

Contopus cooperi

Menacée

Préoccupante

Partout au Canada

Plantes

FrĂȘne bleu

Fraxinus quadrangulata

Préoccupante

Menacée

Ontario

Reptiles

Couleuvre agile à ventre jaune de l’Ouest

Coluber constrictor mormon

Préoccupante

Menacée

Colombie-Britannique

Tableau 2.3 : EspĂšce que l’on propose de radier de l’annexe 1 de la LEP

Taxon

EspĂšce

Nom scientifique

Statut actuel

Statut proposé

Aire de répartition

Oiseaux

Faucon pĂšlerin anatum/tundrius

Falco peregrinus anatum/tundrius

Préoccupante

Non en péril

Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, QuĂ©bec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador

Élaboration de la rĂ©glementation

I. Consultation

En vertu de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP), l’évaluation scientifique indĂ©pendante de la situation des espĂšces sauvages effectuĂ©e par le COSEPAC et la dĂ©cision du gouverneur en conseil d’accorder une protection juridique par l’inscription des espĂšces sauvages Ă  l’annexe 1 de la Loi sont deux processus distincts. Cette distinction garantit que le comitĂ© de scientifiques peut travailler de façon indĂ©pendante pour Ă©valuer la situation des espĂšces sauvages et que les Canadiens ont la possibilitĂ© de participer au processus dĂ©cisionnel consistant Ă  dĂ©terminer si les espĂšces sauvages seront inscrites ou non Ă  la LEP pour faire l’objet d’une protection juridique.

Le gouvernement du Canada reconnaĂźt que la conservation des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© conjointe et que la meilleure façon d’assurer la survie des espĂšces en pĂ©ril et la prĂ©servation de leur habitat passe par la participation active de toutes les parties concernĂ©es. Le prĂ©ambule de la LEP indique que tous les Canadiens ont un rĂŽle Ă  jouer dans la prĂ©vention de la disparition des espĂšces sauvages du Canada. L’une des façons dont les Canadiens peuvent participer est de faire part de leurs commentaires concernant l’inscription d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP et la reclassification ou la radiation d’espĂšces de l’annexe. Le ministre tient compte de tous les commentaires reçus lorsqu’il fait ses recommandations concernant l’inscription d’espĂšces au gouverneur en conseil. Les commentaires sont examinĂ©s en fonction des consĂ©quences possibles de l’inscription ou de la non-inscription d’une espĂšce Ă  l’annexe 1.

Le ministĂšre de l’Environnement amorce les consultations publiques initiales par la publication des rĂ©ponses du ministre dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril dans les 90 jours suivant la rĂ©ception d’un exemplaire de l’évaluation de la situation d’une espĂšce sauvage provenant du COSEPAC. Les peuples autochtones, les intervenants, les organisations et le grand public sont Ă©galement consultĂ©s par voie d’un document diffusĂ© publiquement intitulĂ© Consultation sur la modification de la liste des espĂšces de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril : espĂšces terrestres. Un tel document a Ă©tĂ© diffusĂ© en janvier 2013 (PDF), 2015 (PDF), 2016 (PDF), 2017 (PDF), 2018 (PDF) et 2019 (PDF) pour les espĂšces visĂ©es par le prĂ©sent projet de dĂ©cret.

Les documents de consultation fournissent des renseignements sur les espĂšces, y compris la justification de leur dĂ©signation, une description biologique et des renseignements sur leurs localitĂ©s. Ils prĂ©sentent Ă©galement un aperçu du processus d’inscription Ă  la LEP. Ces documents ont Ă©tĂ© distribuĂ©s directement Ă  plus de 3 200 personnes et organisations, y compris des peuples et organisations autochtones, des gouvernements provinciaux et territoriaux, divers secteurs industriels, des utilisateurs de ressources, des propriĂ©taires fonciers et des organisations non gouvernementales de l’environnement (ONGE) qui s’intĂ©ressent Ă  une espĂšce en particulier.

Résumé des résultats des consultations initiales

Les consultations initiales avec les intervenants intĂ©ressĂ©s et les membres du public sur les modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1 ont eu lieu entre 2013 et 2019, comme dĂ©crit dans le tableau ci-dessous. Un suivi a Ă©tĂ© effectuĂ© auprĂšs des intervenants et des peuples autochtones concernĂ©s Ă  la suite de ces consultations initiales.

Tableau 3 : Consultations initiales sur les amendements proposĂ©s

Période de consultation

EspĂšces

De janvier Ă  octobre 2019

Engoulevent d’AmĂ©rique, moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive et faucon pĂšlerin anatum/tundrius

De janvier Ă  mai 2019

Gérardie de Virginie, gérardie fausse-pédiculaire, gérardie jaune, polyspire rayé et lobaire réticulée

De janvier Ă  mai 2018

Bruant Ă  face noire

De janvier Ă  octobre 2017

Coccinelle Ă  neuf points, couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’ouest et hĂ©mileucin de Nuttall

De dĂ©cembre 2015 Ă  mai 2016

FrĂȘne bleu

De janvier Ă  avril 2015

Hespérie du Colorado

De dĂ©cembre 2013 Ă  mars 2014

Hespérie tachetée (population des plaines des Grands Lacs), hespérie tachetée (population boréale) et gesse littorale.

En tout, le ministĂšre a reçu 164 commentairesrĂ©fĂ©rence 15 lors de ces consultations. Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus de provinces, de territoires, d’ONGE, de PremiĂšres Nations, d’organisations autochtones, de conseils de gestion des ressources fauniques, d’organisations industrielles, d’associations de chasseurs et de particuliers. La majoritĂ© de ces commentaires Ă©taient favorables ou ne s’opposaient pas aux modifications de l’annexe 1 de la LEP. Parmi les commentaires reçus qui portaient spĂ©cifiquement sur les espĂšces visĂ©es par ce projet de dĂ©cret, 76 Ă©taient favorables aux modifications, 43 ne s’y opposaient pas et 15 n’y Ă©taient pas favorables. Quant aux autres commentaires reçus, 14 Ă©taient favorables ou ne s’opposaient pas Ă  toutes les inscriptions proposĂ©es, un s’opposait Ă  toutes les inscriptions proposĂ©es et un allait au-delĂ  de la portĂ©e des consultations actuelles, puisqu’il n’était pas liĂ© aux modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1. Le MinistĂšre a Ă©galement reçu 14 autres commentaires dans lesquels on accusait rĂ©ception de la trousse de consultation, on indiquait le besoin de ressources supplĂ©mentaires afin de pouvoir rĂ©pondre adĂ©quatement aux efforts de consultation, ou on demandait une rencontre avec le MinistĂšre.

Sur les 15 commentaires dans lesquels les rĂ©pondants exprimaient leur opposition, deux commentaires Ă©taient dĂ©favorables Ă  l’inscription proposĂ©e de la lobaire rĂ©ticulĂ©e sur la liste de la LEP (comme espĂšce menacĂ©e). Les 13 autres commentaires Ă©taient dĂ©favorables aux modifications de statut actuel dans la LEP. Parmi ces commentaires, six Ă©taient dĂ©favorables Ă  la reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque de l’Engoulevent d’AmĂ©rique (qui passerait d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce prĂ©occupante); cinq Ă©taient dĂ©favorables Ă  la reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive (qui passerait d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce prĂ©occupante), et deux Ă©taient dĂ©favorables Ă  la radiation du Faucon pĂšlerin anatum/tundrius de la Liste.

Parmi tous les commentaires reçus au cours de la consultation, 86 provenaient de peuples autochtones, notamment de gouvernements de PremiĂšres Nations, d’organisations autochtones et de conseils de gestion des ressources fauniques. Sept de ces commentaires (dĂ©taillĂ©s ci-dessous) provenant de cinq collectivitĂ©s autochtones Ă©taient expressĂ©ment dĂ©favorables Ă  certaines des modifications proposĂ©es, les autres commentaires Ă©tant soit favorables aux modifications ou n’y Ă©tant pas dĂ©favorables. Les rĂ©pondants autochtones ont aussi formulĂ© des commentaires gĂ©nĂ©raux indiquant leur appui Ă  l’inscription de nouvelles espĂšces ou abordant les efforts dĂ©ployĂ©s dans leurs collectivitĂ©s afin de protĂ©ger les espĂšces en pĂ©ril. D’autres ont indiquĂ© un manque de capacitĂ© ou ont fait une demande de financement afin d’examiner les documents de consultation. En rĂ©ponse Ă  cette demande, le MinistĂšre a rĂ©itĂ©rĂ© son offre de fournir un soutien non financier, comme des documents d’information (c’est-Ă -dire fiches de renseignements, prĂ©sentations, cartes, etc.), ou d’organiser une rencontre en personne, au besoin, afin d’appuyer la participation des Autochtones au processus de consultation.

Le ministĂšre de l’Environnement s’est engagĂ© Ă  promouvoir la collaboration tout au long des processus d’évaluation, d’inscription et de planification du rĂ©tablissement. Les rĂ©sultats des consultations publiques sont d’une grande importance pour le processus d’inscription des espĂšces en pĂ©ril. Le MinistĂšre examine attentivement les commentaires reçus afin de mieux comprendre les avantages et les coĂ»ts de la modification de la Liste des espĂšces en pĂ©ril.

Commentaires détaillés sur les modifications proposées

a) Opposition Ă  la proposition d’inscription de la lobaire rĂ©ticulĂ©e

Commentaires provenant d’une association industrielle

Un reprĂ©sentant de l’industrie forestiĂšre est d’avis que le COSEPAC est en train de surestimer la menace que reprĂ©sente l’industrie forestiĂšre pour la lobaire rĂ©ticulĂ©e et ne tient pas compte des avantages dĂ©coulant des pratiques volontaires d’amĂ©nagement forestier et des normes de certification de l’industrie. Le reprĂ©sentant a Ă©galement soulevĂ© des inquiĂ©tudes concernant la quantitĂ© de donnĂ©es Ă  l’appui de l’évaluation, en particulier le fait qu’une grande superficie d’habitat non convenable a Ă©tĂ© incluse dans le calcul de la zone d’occurrence de l’espĂšce.

Réponse du MinistÚre

De bonnes pratiques forestiĂšres attĂ©nueront les impacts sur cette espĂšce sauvage; toutefois, la menace globale que reprĂ©sente l’industrie forestiĂšre demeure une prĂ©occupation importante. L’inscription de la lobaire rĂ©ticulĂ©e Ă  l’annexe 1 de la LEP assurerait sa protection sur le territoire domanial, ce qui n’est pas garanti par les mesures volontaires et les normes de l’industrie. Quant au calcul de la zone d’occurrence, il a Ă©tĂ© effectuĂ© selon les mĂ©thodes normalisĂ©es, sachant notamment que la zone d’occurrence peut renfermer de l’habitat non convenable ou inoccupĂ©. La zone d’occurrence est utilisĂ©e pour mesurer les risques que reprĂ©sentent pour une espĂšce les menaces qui existent dans l’ensemble de sa rĂ©partition gĂ©ographique. La zone d’occurrence n’a pas Ă©tĂ© utilisĂ©e dans l’évaluation de la situation de cette espĂšce, car sa superficie est bien supĂ©rieure aux seuils. Les renseignements utilisĂ©s dans l’évaluation indiquent clairement que des dĂ©clins ont eu lieu dans le passĂ©, permettent de comprendre oĂč l’espĂšce est prĂ©sente et quelles sont les menaces toujours prĂ©sentes qui pĂšsent sur elle.

Commentaires provenant d’une organisation autochtone

Une collectivitĂ© autochtone de la Colombie-Britannique est d’avis que le statut de l’espĂšce devrait ĂȘtre celui d’espĂšce prĂ©occupante, plutĂŽt que celui d’espĂšce menacĂ©e, bien qu’elle ne semble pas s’opposer Ă  l’inscription de la lobaire rĂ©ticulĂ©e Ă  titre d’espĂšce menacĂ©e. Elle a indiquĂ© qu’un statut d’espĂšce prĂ©occupante permettrait non seulement d’élaborer un plan de gestion, mais aussi de mieux comprendre la rĂ©silience de l’espĂšce par rapport aux pratiques forestiĂšres.

Réponse du MinistÚre

L’espĂšce satisfait aux critĂšres et Ă  la dĂ©finition d’espĂšce menacĂ©e du COSEPAC, d’aprĂšs les dĂ©clins actuels et futurs attribuables Ă  des menaces importantes. Un statut d’espĂšce menacĂ©e dĂ©clenche l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement, qui pourrait comprendre un objectif d’évaluation des effets de l’exploitation forestiĂšre (directs et indirects). Compte tenu des renseignements disponibles dans le rapport de situation, le statut attribuĂ© par le COSEPAC est bien Ă©tayĂ©. L’organisation autochtone n’a pas fourni de nouveaux renseignements Ă  l’appui d’une recommandation du ministre voulant que le dossier de l’espĂšce soit renvoyĂ© au COSEPAC. Cela dit, les renseignements sur la lobaire rĂ©ticulĂ©e fournis dans la lettre seront communiquĂ©s Ă  l’équipe de rĂ©tablissement.

b) Opposition Ă  la proposition de reclassification de l’Engoulevent d’AmĂ©rique et du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive

Commentaires provenant d’ONGE

Un rapport dĂ©taillĂ© a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© par une ONGE canadienne concernant les deux espĂšces d’oiseaux. Dans le cas de l’Engoulevent d’AmĂ©rique, l’ONGE indique que le statut attribuĂ© par le COSEPAC ne reflĂšte pas les tendances Ă  long terme. L’organisation s’inquiĂšte du fait que le taux de dĂ©clin de l’espĂšce n’a pas considĂ©rablement ralenti au Canada au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, et qu’il a, en fait, lĂ©gĂšrement augmentĂ© dans la rĂ©gion du Saint-Laurent et du lac Ontario et dans celle du lac ÉriĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es. De plus, l’organisation croit que, bien que les causes de ce dĂ©clin ne soient pas bien connues ou qu’elles aient Ă©tĂ© peu Ă©tudiĂ©es, elles comprennent des menaces qui rĂ©duisent le nombre d’insectes volants, notamment l’utilisation de pesticides et les changements dans les rĂ©gimes hydrologiques (tempĂ©rature et prĂ©cipitations). Enfin, les effets de l’activitĂ© humaine et des changements climatiques sur la rĂ©duction de la disponibilitĂ© de la nourriture et du nombre de sites de nidification de l’espĂšce au Canada sont prĂ©occupants. Dans le cas du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive, le rapport de l’ONGE reconnaĂźt le ralentissement des dĂ©clins, ce qui amĂšne cette derniĂšre Ă  appuyer sa reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque.

Une autre ONGE canadienne a exprimĂ© des prĂ©occupations quant au fait que la reclassification proposĂ©e de ces espĂšces dans la catĂ©gorie de moindre risque « prĂ©occupante Â» rendrait difficile, voire impossible, l’acquisition de connaissances permettant de combler les lacunes apparentes sur leur biologie et l’établissement de critĂšres de rĂ©tablissement adĂ©quats, en particulier pour l’Engoulevent d’AmĂ©rique. Les auteurs craignent Ă©galement que la rĂ©duction de la protection accordĂ©e Ă  ces espĂšces ne respecte pas le principe de prĂ©caution de la LEP et pourrait donc entraĂźner des dĂ©clins futurs ou empĂȘcher le rĂ©tablissement de ces espĂšces. Ils font remarquer que, bien que le taux de dĂ©clin des deux espĂšces ait ralenti, ce ralentissement n’indique pas une stabilitĂ© de la population ou une diminution du risque de disparition.

Enfin, une autre ONGE canadienne recommande que l’Engoulevent d’AmĂ©rique garde son statut d’espĂšce menacĂ©e en raison de son taux de dĂ©clin instable. De plus, elle craint que la fiabilitĂ© des estimations de la population de cette espĂšce soit faible. En ce qui concerne le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive, la mĂȘme organisation recommande qu’il garde Ă©galement son statut d’espĂšce menacĂ©e, selon le principe de prĂ©caution. L’organisation est prĂ©occupĂ©e par le taux de dĂ©clin instable de l’espĂšce ainsi que par le dĂ©clin continu de son habitat. En outre, elle craint que l’exploitation forestiĂšre dans le nord n’ait un impact nĂ©gatif sur l’habitat d’accouplement et de reproduction de l’espĂšce.

Réponse du MinistÚre

En rĂ©ponse aux commentaires formulĂ©s au sujet du dĂ©clin des populations de ces espĂšces, le MinistĂšre est d’avis que l’amĂ©lioration des tendances au dĂ©clin observĂ©es depuis les derniĂšres Ă©valuations reflĂšte des changements rĂ©els de la situation de ces espĂšces. Les ONGE n’ont pas fourni de nouvelles donnĂ©es scientifiques, au-delĂ  de celles figurant dans le rapport du COSEPAC. Les donnĂ©es utilisĂ©es par le COSEPAC pour dĂ©terminer la situation de l’Engoulevent d’AmĂ©rique et du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive satisfont aux critĂšres de la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante Â» et reflĂštent le risque rĂ©duit de disparition de ces espĂšces. En ce qui concerne l’application du principe de prĂ©caution, il convient de noter que les Ă©valuations ont Ă©tĂ© effectuĂ©es compte tenu des meilleures donnĂ©es biologiques disponibles, y compris les connaissances scientifiques, autochtones et communautaires. Les variables Ă©cologiques font toujours l’objet d’un certain degrĂ© d’incertitude scientifique, et cette incertitude ainsi que les risques connexes ont Ă©tĂ© pris en compte dans les critĂšres d’évaluation des deux espĂšces.

Le statut d’espĂšce prĂ©occupante exige la prĂ©paration d’un plan de gestion, conformĂ©ment Ă  l’article 65 de la LEP, ce plan devant comprendre des mesures pour assurer la conservation de l’espĂšce. Tout plan de gestion futur serait fondĂ© sur les programmes de rĂ©tablissement existants et s’attaquerait Ă  toutes les menaces restantes qui pourraient avoir un impact sur la taille et la viabilitĂ© des populations Ă  long terme. La reclassification dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante Â» signifierait que ces deux espĂšces ne bĂ©nĂ©ficieraient plus des interdictions de la LEP. Toutefois, en plus des dispositions de la LEP relatives Ă  un plan de gestion, ces espĂšces continueraient de bĂ©nĂ©ficier de protections dans le cadre de la LCOM. La protection juridique en vertu de la LCOM s’étend aux nids, aux Ɠufs et Ă  toute partie de l’oiseau.

Commentaires provenant d’organisations autochtones

Une collectivitĂ© autochtone du QuĂ©bec a fait savoir qu’elle n’appuierait pas la reclassification de l’Engoulevent d’AmĂ©rique ni celle du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive dans une catĂ©gorie de moindre risque sans avoir une idĂ©e plus claire de la façon dont les mesures de rĂ©tablissement ont favorisĂ© ce changement de statut. Elle craint que, Ă  cause de ce changement, les deux espĂšces ne bĂ©nĂ©ficient plus des protections accordĂ©es par la LEP et que, par consĂ©quent, des plans d’action ne soient plus nĂ©cessaires, mĂȘme si les populations des deux espĂšces continuent de diminuer, quoiqu’à un rythme plus lent. Elle a Ă©galement indiquĂ© qu’elle aimerait en savoir plus sur les donnĂ©es limitĂ©es disponibles sur l’habitat et l’abondance des populations ainsi que sur les consĂ©quences de l’utilisation continue de pesticides nuisibles aux populations d’insectes et d’oiseaux sauvages en ce qui concerne ces deux espĂšces. Une autre collectivitĂ© autochtone de l’Ontario a exprimĂ© des prĂ©occupations semblables au sujet de la reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque de l’Engoulevent d’AmĂ©rique et croit que, en raison de la diminution continue des effectifs d’autres insectivores aĂ©riens, l’espĂšce connaĂźt toujours un dĂ©clin.

Enfin, une autre collectivitĂ© autochtone, celle-lĂ  de la Colombie-Britannique, s’est dite prĂ©occupĂ©e par le fait que la reclassification du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive de la catĂ©gorie « espĂšce menacĂ©e Â» Ă  celle d’« espĂšce prĂ©occupante Â» nuirait aux recherches qu’elle mĂšne sur l’espĂšce, car elle n’aurait plus accĂšs Ă  des fonds. La collectivitĂ© autochtone est d’avis que la poursuite de ces recherches et l’amĂ©lioration de nos connaissances sur le lien entre les facteurs liĂ©s Ă  l’habitat et le succĂšs reproductif pourraient contribuer Ă  freiner le dĂ©clin des populations. De plus, on a fait remarquer que la reclassification de l’espĂšce dans une catĂ©gorie de moindre risque signifierait que les buts du plan de rĂ©tablissement ont Ă©tĂ© atteints, alors qu’ils ne l’ont pas Ă©tĂ©.

Réponse du MinistÚre

Les Ă©valuations du risque de disparition effectuĂ©es par le COSEPAC tiennent compte de toutes les rĂ©percussions des mesures de rĂ©tablissement (par exemple par l’évaluation de la taille et des tendances des populations); toutefois, dans le cadre de la LEP, le calendrier des réévaluations du COSEPAC est indĂ©pendant des activitĂ©s de rĂ©tablissement. Si les espĂšces sont reclassifiĂ©es dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante Â», la LEP exige l’élaboration d’un plan de gestion qui doit comporter des mesures de conservation pour l’espĂšce visĂ©e. Un plan de gestion serait fondĂ© sur le travail effectuĂ© pour le programme de rĂ©tablissement et le travail dĂ©jĂ  en cours pour Ă©laborer des plans d’action.

MĂȘme si les interdictions prĂ©vues Ă  la LEP pour les espĂšces menacĂ©es et en voie de disparition ne s’appliquaient plus, ces espĂšces continueraient d’ĂȘtre protĂ©gĂ©es par la LCOM. En ce qui concerne l’utilisation de pesticides comme menace pour les oiseaux insectivores, sur la base des derniĂšres dĂ©cisions de réévaluation publiĂ©es par l’Agence de rĂ©glementation de la lutte antiparasitaire sur plusieurs nĂ©onicotinoĂŻdes — une classe de pesticides —, certaines utilisations de certains nĂ©onicotinoĂŻdes ont Ă©tĂ© annulĂ©es pour tenir compte des risques identifiĂ©s d’effets nocifs sur l’environnement. Cela pourrait rĂ©duire l’exposition des organismes non ciblĂ©s Ă  ces insecticides et pourrait attĂ©nuer mais pas Ă©liminer la menace. On ne sait pas quel effet l’utilisation d’autres insecticides homologuĂ©s, qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s Ă  la place des nĂ©onicotinoĂŻdes, peut avoir sur l’abondance des insectes volants. Ces facteurs seraient pris en compte dans le plan de gestion.

Commentaires provenant d’un gouvernement provincial

Une province s’est opposĂ©e Ă  la reclassification proposĂ©e du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive et de l’Engoulevent d’AmĂ©rique d’espĂšces menacĂ©es Ă  espĂšces prĂ©occupantes. La province estime qu’elle dispose de tous les outils lĂ©gislatifs et rĂ©glementaires pour protĂ©ger ces espĂšces et qu’elles ne devraient donc pas demeurer inscrites Ă  la LEP.

Réponse du MinistÚre

Le prĂ©ambule de la LEP indique « que la conservation des espĂšces sauvages au Canada est une responsabilitĂ© partagĂ©e par les gouvernements du pays et que la collaboration entre eux est importante en vue d’établir des lois et des programmes complĂ©mentaires pouvant assurer la protection et le rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril au Canada Â». Le ministĂšre de l’Environnement accueille favorablement les mesures que les provinces et les territoires prennent pour offrir une protection aux espĂšces en pĂ©ril sur leur territoire. Toutefois, il est toujours nĂ©cessaire que le gouvernement du Canada prenne des mesures, car les mesures de protection provinciales ne s’appliquent pas sur le territoire domanial. L’inscription d’une espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP ou la modification de son statut constituent Ă©galement la premiĂšre Ă©tape pour permettre la mise en Ɠuvre d’un certain nombre de mesures de protection, notamment : l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou de plusieurs plans d’action; l’élaboration d’un plan de gestion (pour les espĂšces prĂ©occupantes); la dĂ©signation et la protection de l’habitat essentiel des espĂšces; le financement de la recherche visant Ă  combler les lacunes en matiĂšre d’information cernĂ©es dans un calendrier d’études.

c) Opposition à la proposition de radiation du Faucon pÚlerin des sous-espÚces anatum/tundrius de la Liste des espÚces en péril

Commentaires provenant d’organisations autochtones

Dans une lettre reçue d’une collectivitĂ© autochtone du QuĂ©bec, celle-ci indique qu’elle n’appuie pas la proposition de radiation du Faucon pĂšlerin de la sous-espĂšce anatum/tundrius, maintenant dĂ©signĂ©e « non en pĂ©ril Â» par le COSEPAC. La collectivitĂ© a fait savoir qu’il faudrait mieux comprendre comment le rĂ©tablissement de cette sous-espĂšce a favorisĂ© ce changement de statut.

Tout en se rĂ©jouissant de l’augmentation du nombre de Faucons pĂšlerins, les auteurs de la lettre s’interrogent sur les mesures qui ont Ă©tĂ© prises pour mettre en Ɠuvre le plan de gestion de 2017 et se demandent si ces mesures appuient la proposition de radiation. En particulier, pour les populations mĂ©ridionales des milieux urbains, ils ont constatĂ© que ce n’est que grĂące Ă  des mesures proactives visant Ă  protĂ©ger et Ă  crĂ©er des sites de nidification sur les infrastructures urbaines que des individus ont pu se reproduire avec succĂšs et conserver leurs sites de nidification annĂ©e aprĂšs annĂ©e. De plus, les auteurs ont observĂ© que le taux de mortalitĂ© des juvĂ©niles continue d’ĂȘtre Ă©levĂ© Ă  cause de collisions avec des vĂ©hicules. Ils mentionnent que les taux de survie globaux des faucons en milieu urbain pourraient ĂȘtre infĂ©rieurs aux taux prĂ©vus et s’inquiĂštent du fait que la radiation pourrait avoir une incidence nĂ©gative sur les mesures de protection et d’attĂ©nuation nĂ©cessaires. Dans une perspective de prĂ©caution, ils estiment que la radiation serait prĂ©maturĂ©e.

La collectivitĂ© autochtone a Ă©galement des prĂ©occupations prĂ©cises concernant l’utilisation de pesticides, comme menace pour le Faucon pĂšlerin; ils se demandent, en particulier, si les pesticides s’accumulant chez cette sous-espĂšce pourraient causer des effets semblables Ă  ceux observĂ©s dans le passĂ© avec le DDT.

Une autre collectivitĂ© autochtone, celle-lĂ  de la ColombieBritannique, a fait part de ses prĂ©occupations quant Ă  la proposition de reclassification de cette espĂšce. Elle estime que, en raison de leur importance, elles devraient rester dans la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante Â» conformĂ©ment au principe de prĂ©caution pour assurer leur conservation.

Réponse du MinistÚre

Le plan de gestion du Faucon pĂšlerin de la sous-espĂšce anatum/tundrius a Ă©tĂ© publiĂ© en 2017, la mĂȘme annĂ©e que le rapport de situation du COSEPAC. Les activitĂ©s de conservation figurant dans le plan de gestion n’ont pas contribuĂ© au rĂ©tablissement de cette sous-espĂšce. Cependant, de nombreuses activitĂ©s mises en Ɠuvre avant la publication du plan de gestion ont contribuĂ© Ă  leur rĂ©tablissement. Comme mis en Ă©vidence dans le rapport de situation du COSEPAC de 2017, le rĂ©tablissement de cette sous-espĂšce est le rĂ©sultat de rĂ©introductions dans une grande partie du sud du Canada aprĂšs l’interdiction des pesticides organochlorĂ©s (par exemple le DDT). Des campagnes de sensibilisation ont Ă©galement Ă©tĂ© lancĂ©es pour prĂ©venir la perturbation des nids dans les carriĂšres et sur les falaises rocheuses oĂč l’on pratique l’escalade.

En ce qui concerne l’utilisation de pesticides et d’autres polluants, il convient de noter que, bien que certains polluants soient encore dĂ©tectĂ©s dans les Ă©chantillons de tissus analysĂ©s, cela ne semble pas avoir d’incidence sur le succĂšs reproductif Ă  l’échelle de la population. Cette interprĂ©tation est corroborĂ©e par la forte croissance constante de la population globale, dont on sait qu’elle est fonction d’une productivitĂ© saine des Ă©cosystĂšmes.

Lorsqu’une espĂšce sauvage est considĂ©rĂ©e comme non en pĂ©ril, le COSEPAC n’est pas obligĂ© de réévaluer cette espĂšce Ă  l’avenir. Cependant, n’importe qui peut demander au COSEPAC d’évaluer la situation d’une espĂšce sauvage, et une Ă©valuation peut ĂȘtre effectuĂ©e Ă  la suite d’une telle demande. Cette espĂšce continuera de relever de la compĂ©tence des provinces et des territoires.

En ce qui concerne l’application du principe de prĂ©caution, comme il est mentionnĂ© ci-dessus, les recommandations dĂ©coulant des Ă©valuations du COSEPAC sont fondĂ©es sur les meilleures donnĂ©es et connaissances disponibles. Ainsi, l’incertitude scientifique et les risques connexes sont pris en compte dans les critĂšres d’évaluation.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Obligations découlant des traités modernes

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et confirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones, qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. Comme l’exige la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ɠuvre des traitĂ©s modernes, une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour ce projet de dĂ©cret. L’évaluation a permis de cerner les rĂ©percussions suivantes.

Le MinistĂšre accorde la prioritĂ© aux commentaires des conseils de gestion des ressources fauniques dans le processus dĂ©cisionnel relatif Ă  l’inscription d’espĂšces sauvages. Quatre des espĂšces faisant l’objet de ce projet de dĂ©cret ont Ă©tĂ© observĂ©es dans des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes oĂč des conseils de gestion des ressources fauniques sont autorisĂ©s Ă  exercer des fonctions Ă  l’égard d’une espĂšce sauvage : le Bruant Ă  face noire, le Faucon pĂšlerin anatum/tundrius, le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive et l’Engoulevent d’AmĂ©rique. Les conseils de gestion des ressources fauniques concernĂ©s ont Ă©tĂ© consultĂ©s au sujet des modifications proposĂ©es pour ces espĂšces, conformĂ©ment aux processus dĂ©crits dans leur accord de revendications territoriales respectif. Sept conseils de gestion des ressources fauniques ont soumis des rĂ©solutions en rĂ©ponse aux modifications proposĂ©es, soit en appuyant l’inscription des espĂšces visĂ©es, soit en exerçant leur pouvoir discrĂ©tionnaire de ne pas exercer leurs fonctions dĂ©cisionnelles Ă  l’égard de certaines espĂšces qui ne sont pas prĂ©sentes dans le territoire visĂ© par les accords. Les autres conseils de gestion des ressources fauniques n’ont pas soumis de rĂ©solutions.

Il est proposĂ© d’inscrire le Bruant Ă  face noire Ă  titre d’espĂšce prĂ©occupante. Il est prĂ©sent dans des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes, notamment l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, l’Entente sur les revendications territoriales des Inuvialuit, l’Entente sur la revendication territoriale globale des Gwich’in, l’Accord tłįcho, l’Entente sur la revendication territoriale globale des DĂ©nĂ©s et des MĂ©tis du Sahtu et la Convention dĂ©finitive des Inuvialuit. On s’attend Ă  ce que l’inscription de cette espĂšce n’ait qu’une incidence mineure sur les droits issus de traitĂ©s, car les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP (articles 32 et 33) ne s’appliquent pas aux espĂšces inscrites Ă  titre d’espĂšces prĂ©occupantes, et cette espĂšce est dĂ©jĂ  protĂ©gĂ©e par la LCOM. Dans le cadre de la LEP, l’inscription d’une espĂšce prĂ©occupante Ă  la liste nĂ©cessite l’élaboration d’un plan de gestion. Pour l’élaboration de ce plan, le ministre est tenu de collaborer avec les diffĂ©rentes parties Ă©numĂ©rĂ©es au paragraphe 66(1) de la LEP, y compris les conseils de gestion des ressources fauniques Ă©tablis au titre des accords sur les revendications territoriales. Ces conseils doivent ĂȘtre consultĂ©s lors de la prise de dĂ©cisions et de la formulation de recommandations concernant la gestion des espĂšces dans les rĂ©gions visĂ©es par ces accords. Le plan de gestion doit Ă©galement ĂȘtre prĂ©parĂ©, dans la mesure oĂč il s’appliquera Ă  une rĂ©gion donnĂ©e, conformĂ©ment aux dispositions de l’accord qui s’applique. Afin de s’acquitter de ses obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes, le MinistĂšre consultera les PremiĂšres Nations qui sont des parties aux termes de ces traitĂ©s et les conseils de gestion des ressources fauniques concernĂ©s et les fera participer Ă  la planification de la gestion de cette espĂšce. Parmi ceux-ci figurent le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, le Conseil consultatif de la gestion de la faune, le Conseil des ressources renouvelables gwich’in, l’Office des ressources renouvelables du Wek’ùezhÌi, l’Office des ressources renouvelables du Sahtu et le Conseil Inuvialuit de gestion du gibier.

Comme ce projet de dĂ©cret prĂ©voit la reclassification du Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive et de l’Engoulevent d’AmĂ©rique d’espĂšces menacĂ©es Ă  espĂšces prĂ©occupantes, un plan de gestion devrait Ă©galement ĂȘtre Ă©laborĂ© pour ces espĂšces en collaboration avec les conseils de gestion des ressources fauniques Ă©tablis en vertu des accords sur les revendications territoriales pertinentsrĂ©fĂ©rence 31. Quant Ă  la radiation proposĂ©e du faucon pĂšlerin anatum/tundrius, il ne devrait pas avoir d’incidence sur les droits issus de traitĂ©s modernes, car cette modification signifie que l’espĂšce ne sera plus assujettie Ă  la LEP.

Mobilisation et 5consultation des Autochtones

Le Canada s’est engagĂ© Ă  renouveler sa relation de nation Ă  nation avec les peuples autochtones en l’ancrant dans la reconnaissance de leurs droits, le respect, la collaboration et le partenariat. ConformĂ©ment Ă  cet engagement, le ministĂšre de l’Environnement prend des mesures pour tenir des consultations significatives auprĂšs des peuples et des organisations autochtones, dans un esprit de respect, de collaboration et de partenariat. ParallĂšlement, des discussions sont en cours avec les collectivitĂ©s autochtones intĂ©ressĂ©es afin de dĂ©terminer les approches les plus appropriĂ©es pour les consulter.

Le MinistĂšre a communiquĂ© avec les peuples et les organisations autochtones afin de permettre Ă  ceux qui seraient le plus susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©s par le projet de dĂ©cret de faire connaĂźtre leur point de vue. Avant le lancement des consultations sur les modifications proposĂ©es Ă  la LEP, le MinistĂšre a envoyĂ© un courriel ou une lettre ciblĂ©e Ă  certaines PremiĂšres Nations et organisations autochtones, sollicitant leurs commentaires. Le courriel, ou la lettre, fournissait des renseignements gĂ©nĂ©raux sur l’initiative et sur les espĂšces Ă  inscrire ou Ă  reclassifier, en mettant l’accent sur celles qui sont prĂ©sentes dans la province ou le territoire oĂč se trouve la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation ou le groupe autochtone. L’avis clarifiait Ă©galement l’approche de consultation et offrait des sources d’information supplĂ©mentaires sur les processus d’inscription et de consultation concernant les espĂšces terrestres. De plus, le MinistĂšre a offert la possibilitĂ© de discuter davantage de ce projet de dĂ©cret avec les PremiĂšres Nations et les organisations autochtones qui en feraient la demande, par tĂ©lĂ©phone, par tĂ©lĂ©confĂ©rence ou lors d’une sĂ©ance de consultation en personne.

Plusieurs espĂšces visĂ©es par ce projet de dĂ©cret, pour lesquelles on prĂ©voit des impacts supplĂ©mentaires, sont prĂ©sentes sur le territoire domanial. L’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), le frĂȘne bleu et la gesse littorale sont prĂ©sents, respectivement, sur les terres de rĂ©serve des PremiĂšres Nations d’Alderville, des Moraviens et d’East Saanich. La couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest, pour sa part, est prĂ©sente sur les terres de rĂ©serve des PremiĂšres Nations de Westbank et de Splatsin. Quant Ă  la gĂ©rardie jaune et au polyspire rayĂ©, ils sont tous les deux prĂ©sents sur les terres de rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Walpole Island.

En rĂ©ponse aux consultations de suivi que le MinistĂšre a menĂ©es auprĂšs des PremiĂšres Nations potentiellement touchĂ©es, une PremiĂšre Nation a fourni des commentaires sur l’importance culturelle et la valeur Ă©conomique de la gĂ©rardie jaune, dont les racines sont traditionnellement utilisĂ©es pour la teinture d’objets de vannerie. Bien que cette activitĂ© puisse ĂȘtre touchĂ©e si la rĂ©colte de la plante Ă©tait interdite, la PremiĂšre Nation a indiquĂ© que des teintures commerciales synthĂ©tiques sont maintenant disponibles et largement utilisĂ©es dans cette industrie, ce qui pourrait attĂ©nuer les rĂ©percussions Ă©conomiques potentielles.

Il semble que la PremiĂšre Nation effectue plusieurs autres activitĂ©s Ă©conomiques qui pourraient ĂȘtre touchĂ©es par les inscriptions proposĂ©es. Ces activitĂ©s se dĂ©roulent dans divers secteurs, notamment l’agriculture, la fabrication, la vente au dĂ©tail, le tourisme et d’autres utilisations des marais et des milieux humides. Par consĂ©quent, la PremiĂšre Nation ou ses membres pourraient devoir assumer des coĂ»ts s’ils doivent demander un permis pour une activitĂ© touchant ces espĂšces ou une partie de leurs rĂ©sidences, et il est toujours possible que la demande soit refusĂ©e si les conditions du permis ne sont pas toutes remplies. En ce qui concerne la gĂ©rardie jaune, le MinistĂšre n’a connaissance d’aucune terre protĂ©gĂ©e dĂ©diĂ©e, et de nombreux terrains et bĂątiments agricoles sont situĂ©s dans la zone d’occurrence de l’espĂšce. Pour ce qui est du polyspire rayĂ©, l’emplacement exact des sites d’occurrence dans la rĂ©serve est inconnu et, par consĂ©quent, les rĂ©percussions potentielles sur les activitĂ©s Ă©conomiques, telles que l’agriculture ou le dĂ©veloppement d’infrastructures, sont incertaines. Le MinistĂšre a tentĂ© de communiquer avec la PremiĂšre Nation pour obtenir des commentaires supplĂ©mentaires sur les rĂ©percussions socioĂ©conomiques potentielles de l’inscription de ces espĂšces, mais sans succĂšs.

Pour le frĂȘne bleu, en plus des consultations initiales, une lettre de suivi a Ă©tĂ© envoyĂ©e Ă  la PremiĂšre Nation potentiellement touchĂ©e en janvier 2019 pour demander des commentaires sur sa reclassification proposĂ©e de l’espĂšce de la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante Â» Ă  celle d’« espĂšce menacĂ©e Â», notant que cette espĂšce est prĂ©sente dans les terres de la PremiĂšre Nation, et que des interdictions seront appliquĂ©es Ă  la suite du changement de statut. Un appel tĂ©lĂ©phonique de suivi a Ă©galement Ă©tĂ© effectuĂ©; aucun commentaire n’a Ă©tĂ© soumis.

Au cours de 2017-2018, pour l’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), des courriels de suivi ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  l’administration de la PremiĂšre Nation afin de solliciter des commentaires sur son inscription. Une rĂ©union en personne avait Ă©tĂ© tenue en 2017 afin de discuter de l’inscription, et une autre rĂ©union avait Ă©tĂ© tenue en 2018, au cours de laquelle cette PremiĂšre Nation avait exprimĂ© des inquiĂ©tudes relativement aux renseignements prĂ©sentĂ©s dans le rapport de situation du COSEPAC sur l’espĂšce. Lors de cette rĂ©union, le MinistĂšre a notĂ© que, advenant l’inscription de l’espĂšce, des commentaires seraient sollicitĂ©s pour l’élaboration du programme de rĂ©tablissement.

Choix de l’instrument

La LEP stipule qu’aprĂšs avoir reçu une Ă©valuation du COSEPAC sur la situation d’une espĂšce sauvage, le gouverneur en conseil peut procĂ©der Ă  l’examen de l’évaluation et peut, Ă  la recommandation du ministre de l’Environnement :

La protection des espÚces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Par conséquent, le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matiÚre de protection des espÚces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques.

La Loi comprend des articles qui appuient les approches d’intendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement, organisation ou personne au Canada. Bien que ces articles puissent ĂȘtre utilisĂ©s pour obtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce, l’obligation du ministre de formuler une recommandation Ă  l’intention du gouverneur en conseil relativement Ă  une Ă©valuation ne peut pas ĂȘtre contournĂ©e.

Analyse de la réglementation

Cette analyse prĂ©sente les impacts supplĂ©mentaires, tant en termes d’avantages que de coĂ»ts, du projet de dĂ©cret. Les impacts supplĂ©mentaires sont dĂ©finis comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario dans lequel le projet de dĂ©cret est mis en Ɠuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč une espĂšce est prĂ©sente et tient compte de tout changement, prĂ©vu au cours des dix prochaines annĂ©es, qui surviendrait sans l’adoption du projet de dĂ©cret. Le scĂ©nario dans lequel le projet de dĂ©cret est mis en Ɠuvre comprend les impacts qui devraient dĂ©couler des interdictions gĂ©nĂ©rales ainsi que de tout arrĂȘtĂ© ou dĂ©cret de protection de l’habitat essentiel sur le territoire domanial, qui pourrait ĂȘtre pris Ă  l’avenir. L’habitat essentiel n’étant dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action qu’aprĂšs l’inscription de l’espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP, l’étendue de l’habitat essentiel dĂ©signĂ© (et donc des mesures de protection connexes) est inconnue pour le moment. Par consĂ©quent, l’analyse est fondĂ©e sur les meilleures donnĂ©es disponibles Ă  cette Ă©tape.

Une pĂ©riode de 10 ans a Ă©tĂ© choisie pour l’analyse, puisque le statut d’une espĂšce doit ĂȘtre réévaluĂ© tous les 10 ans par le COSEPAC. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s selon leur valeur actualisĂ©e ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă  un taux d’actualisation de 3 % pour la pĂ©riode de 2022 Ă  2031. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans la prĂ©sente analyse sont en dollars constants de 2021.

De façon gĂ©nĂ©rale, le projet de dĂ©cret devrait profiter Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La protection des espĂšces visĂ©es permettrait de prĂ©server les valeurs socioĂ©conomiques et culturelles connexes, les valeurs d’existence et d’option ainsi que les avantages dĂ©coulant de services tels que le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. Le projet de dĂ©cret ne devrait entraĂźner que de faibles coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action et de plans de gestion, le cas Ă©chĂ©ant, ainsi qu’aux Ă©ventuelles demandes de permis et Ă  la promotion de la conformitĂ©. Les autres coĂ»ts dĂ©coulant de ce projet de dĂ©cret, liĂ©s au dĂ©clenchement de l’application d’interdictions gĂ©nĂ©rales et Ă  d’éventuels futurs arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets de protection de l’habitat essentiel visant les espĂšces inscrites comme menacĂ©es ou en voie de disparition, devraient ĂȘtre faibles, voire nuls.

I. Avantages

En vertu de la LEP, les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui dĂ©finissent les principales menaces pesant sur leur survie et, dans la mesure du possible, l’habitat nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. Les espĂšces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration d’un plan de gestion, qui comprend des mesures de conservation de l’espĂšce. Ces documents permettent aux autoritĂ©s responsables de la gestion des terres de prendre des mesures coordonnĂ©es, peu importe oĂč les espĂšces se trouvent au Canada. Une meilleure coordination entre les autoritĂ©s augmente la probabilitĂ© de survie des espĂšces. Ce processus permet Ă©galement d’examiner l’impact des mesures de rĂ©tablissement des espĂšces et de consulter les peuples autochtones et les intervenants. Ces activitĂ©s peuvent ĂȘtre complĂ©tĂ©es par des projets rĂ©alisĂ©s par les administrations locales, des intervenants et/ou les peuples autochtones pour protĂ©ger les espĂšces et leur habitat, par exemple des projets financĂ©s par le Programme d’intendance de l’habitatrĂ©fĂ©rence 62, qui nĂ©cessite un soutien et des fonds de contrepartie provenant d’autres sources. Ces projets amĂ©liorent la capacitĂ© de comprendre les besoins en matiĂšre de conservation des espĂšces et de leur habitat et d’y rĂ©pondre efficacement.

La dĂ©signation comme espĂšce prĂ©occupante est Ă©galement un premier signe que l’espĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre en raison d’une combinaison de caractĂ©ristiques biologiques et de menaces recensĂ©es. Elle aide Ă  gĂ©rer l’espĂšce de façon proactive, en optimisant la probabilitĂ© de rĂ©ussite et en prĂ©venant potentiellement des mesures coĂ»teuses Ă  l’avenir. L’avantage supplĂ©mentaire de la reclassification d’une espĂšce dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante Â» dĂ©coule des efforts de gestion qui reflĂštent les meilleures donnĂ©es scientifiques disponibles, qui sont fournies par le COSEPAC. De tels efforts permettent de s’assurer que les espĂšces sont protĂ©gĂ©es conformĂ©ment aux objectifs de la LEP avec une incidence minimale sur les intervenants, les peuples autochtones et les ressources gouvernementales.

Économie de coĂ»ts dĂ©coulant des reclassifications dans une catĂ©gorie de moindre risque

La radiation du Faucon pĂšlerin de la liste des espĂšces en pĂ©ril, oĂč il Ă©tait inscrit Ă  titre d’espĂšce prĂ©occupante, permettrait d’éviter des coĂ»ts, puisque l’élaboration d’un plan de gestion Ă  jour ne serait plus nĂ©cessairerĂ©fĂ©rence 18. De mĂȘme, des plans d’action ne seraient plus nĂ©cessaires pour l’Engoulevent d’AmĂ©rique et le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive, Ă©tant donnĂ© qu’ils seraient reclassifiĂ©s dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante Â»rĂ©fĂ©rence 64. On estime que les coĂ»ts Ă©vitĂ©s par le gouvernement se situeraient entre 3 000 et 10 000 dollars par espĂšce (non actualisĂ©s), soit un total estimĂ© entre 9 000 et 30 000 dollars pour ces trois espĂšces. Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliqueraient plus Ă  ces espĂšces aprĂšs leur reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque; cependant, elles seraient toujours protĂ©gĂ©es par la LCOM et devraient faire l’objet de permis en vertu de cette Loi. En se basant sur les demandes de permis dĂ©jĂ  dĂ©posĂ©es pour ces espĂšces, on suppose que, Ă  l’avenir, il y aurait en moyenne cinq demandes de permis dĂ©livrĂ©s en vertu de la LCOM par annĂ©e qui n’auraient plus besoin d’ĂȘtre conformes Ă  la LEP. Cela se traduirait par une Ă©conomie estimĂ©e Ă  16 500 $ pour les demandeurs de permis et Ă  34 000 $ pour le gouvernement du Canada. Les coĂ»ts totaux Ă©vitĂ©s pour ces trois espĂšces varieraient entre 59 500 $ et 80 500 $ (non actualisĂ©s).

Valeur économique totale de la conservation des espÚces

Le cadre de la valeur Ă©conomique totale est souvent utilisĂ© pour Ă©valuer de quelle façon les richesses de l’environnement telles que les espĂšces en pĂ©ril contribuent au bien-ĂȘtre de la sociĂ©tĂ©. À l’aide de ce cadre, l’analyse effectuĂ©e a permis de constater que les espĂšces visĂ©es par ce projet de dĂ©cret procurent divers types d’avantages aux Canadiens. Bien que le projet de dĂ©cret ne puisse Ă  lui seul prĂ©venir la perte d’avantages que ces espĂšces procurent aux Canadiens, certains d’entre eux sont prĂ©sentĂ©s ci-dessous Ă  des fins de mise en contexte.

a) Valeurs socioéconomiques et culturelles pour les peuples autochtones

Certaines des espĂšces dont l’inscription est proposĂ©e ont une valeur Ă©conomique, sociale et culturelle unique pour les peuples autochtones.

Par exemple, Ă  partir de l’écorce interne du tronc du frĂȘne bleu, on peut produire un colorant bleu. Des donnĂ©es rĂ©vĂšlent que les peuples autochtones utilisaient, dans le passĂ©, ce colorant dans la production de divers textilesrĂ©fĂ©rence 50. La gĂ©rardie jaune aurait des propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales, et les peuples autochtones de l’AmĂ©rique du Nord s’en servent pour traiter des maladiesrĂ©fĂ©rence 21. Les racines de cette plante sont Ă©galement utilisĂ©es traditionnellement par les peuples autochtones pour teindre les objets de vannerierĂ©fĂ©rence 37.

La couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest, en tant qu’espĂšce de couleuvre, revĂȘt une importance pour le patrimoine de nombreux peuples autochtones de la cĂŽte nord-ouest du Pacifique, dont font partie les PremiĂšres Nations vivant Ă  proximitĂ© de l’aire de rĂ©partition canadienne de cette espĂšce en Colombie-Britannique. Par exemple, une crĂ©ature surnaturelle ressemblant Ă  un serpent, appelĂ©e « Sisiutl Â», existe dans les mythes et dans l’iconographie traditionnelle et cĂ©rĂ©monialerĂ©fĂ©rence 53. Les reprĂ©sentations kwakiutl montrent un visage humanoĂŻde entre les deux tĂȘtes d’un serpent, et des reprĂ©sentations similaires existent chez les groupes Tsimshian, Tlingit, Bella Coola, Nootka et HaidarĂ©fĂ©rence 38. Le Sisiutl est associĂ© Ă  la fois Ă  la mort et Ă  la propriĂ©tĂ©, ce qui pourrait ĂȘtre Ă  l’origine de son iconographie bicĂ©phale. Il est Ă©galement liĂ© aux chamans, car tous deux sont considĂ©rĂ©s comme des mĂ©diateurs entre les mondes naturel et surnaturelrĂ©fĂ©rence 23.

b) Avantages récréatifs

Les espĂšces du genre Hemileuca, comme l’hĂ©mileucin de Nuttall, suscitent l’intĂ©rĂȘt des entomologistes, tant amateurs que professionnels, depuis de nombreuses annĂ©es, en partie Ă  cause de leurs mƓurs diurnes et de leur coloration remarquablerĂ©fĂ©rence 24. De plus, Ă©tant donnĂ© que les papillons de nuit figurent frĂ©quemment dans les photos des concours organisĂ©s par la SociĂ©tĂ© d’entomologie du Canada, on peut en dĂ©duire que cette espĂšce peut avoir une valeur esthĂ©tique pour les photographes de la faunerĂ©fĂ©rence 25. Comme il s’agit du plus grand bruant d’AmĂ©rique du Nord et du seul Ă  se reproduire uniquement au CanadarĂ©fĂ©rence 26, le Bruant Ă  face noire incite probablement Ă  l’observation des oiseaux. En tant qu’espĂšce charismatique et largement connue au Canada pour ses capacitĂ©s physiques, le Faucon pĂšlerin est Ă©galement susceptible d’inciter Ă  l’observation des oiseaux. L’Engoulevent d’AmĂ©rique et le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive sont d’autres oiseaux qui favorisent probablement les activitĂ©s d’observation. Selon l’EnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012rĂ©fĂ©rence 57, 4,7 millions de Canadiens pratiquent l’observation des oiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012rĂ©fĂ©rence 28. En moyenne, les ornithologues amateurs ont consacrĂ© 133 jours et 207 $CAN (de 2012) chacun Ă  cette activitĂ©.

c) Avantages fonctionnels

De nombreuses espĂšces dont l’inscription ou la reclassification est recommandĂ©e jouent des rĂŽles fonctionnels importants Ă  l’appui des systĂšmes Ă©conomiques et de la santĂ© et du bien-ĂȘtre des humains. La coccinelle Ă  neuf points joue un rĂŽle vital en tant qu’agent de lutte biologique dans les jardins et les champs de cultures agricoles, car elle est un prĂ©dateur de diverses espĂšces de pucerons, d’acariens, de cochenilles et de chenillesrĂ©fĂ©rence 59. La couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest se nourrit d’insectes nuisibles et de rongeurs, ce qui pourrait contribuer Ă  lutter contre les infections Ă  hantavirus, des maladies propagĂ©es par les souris sylvestres en Colombie-BritanniquerĂ©fĂ©rence 45,rĂ©fĂ©rence 16. Ces couleuvres jouent Ă©galement un rĂŽle important dans les zones agricoles oĂč les insectes et les rongeurs peuvent causer des dommages aux culturesrĂ©fĂ©rence 17. Les lichens tels que la lobaire rĂ©ticulĂ©e sont des composantes essentielles de nombreux Ă©cosystĂšmes de la Colombie-Britannique en raison de leur rĂŽle dans le maintien de la santĂ© des Ă©cosystĂšmes, par exemple parce qu’ils protĂšgent le sol contre l’érosion et l’empiĂ©tement des mauvaises herbes et parce qu’ils constituent une source essentielle d’azote atmosphĂ©riquerĂ©fĂ©rence 48,rĂ©fĂ©rence 19. Les escargots tels que le polyspire rayĂ© peuvent jouer un rĂŽle essentiel dans le fonctionnement des Ă©cosystĂšmes forestiers en contribuant aux processus de dĂ©composition, du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs et de formation des solsrĂ©fĂ©rence 20. Les frĂȘnes jouent Ă©galement un rĂŽle important dans le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs dans les forĂȘts de feuillusrĂ©fĂ©rence 20. Comme la plupart des papillons dotĂ©s d’une trompe (c’est-Ă -dire d’une longue langue tubulaire servant de paille), l’hespĂ©rie tachetĂ©e et l’hespĂ©rie du Colorado sont des pollinisateurs qui favorisent la reproduction et la dispersion des plantes Ă  fleurs, contribuant ainsi Ă  la biodiversitĂ© de la florerĂ©fĂ©rence 36,rĂ©fĂ©rence 22. La gesse littorale est une source de nourriture pour les populations cĂŽtiĂšres de cerfs, et divers insectes s’alimentent de ses fleursrĂ©fĂ©rence 23. C’est Ă©galement l’une des rares espĂšces constituant une source de nourriture pour les chenilles du Platyprepia virginalis (un papillon nommĂ© « Ranchman’s Tiger Moth Â» en anglais)rĂ©fĂ©rence 23. L’Engoulevent d’AmĂ©rique et le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive sont des agents importants de contrĂŽle des populations d’insectes, car ils se nourrissent de grandes quantitĂ©s d’insectes volants, leur seule source de nourriturerĂ©fĂ©rence 39,rĂ©fĂ©rence 40,rĂ©fĂ©rence 41,rĂ©fĂ©rence 27. Le Faucon pĂšlerin, pour sa part, est un agent important de contrĂŽle des populations d’oiseaux, car son rĂ©gime alimentaire se compose principalement d’oiseauxrĂ©fĂ©rence 43,rĂ©fĂ©rence 29.

d) Valeur scientifique

Plusieurs des espĂšces dont l’inscription ou la reclassification est recommandĂ©e sont utilisĂ©es dans la recherche comme indicateurs de l’état des Ă©cosystĂšmes et de l’environnement. Les scientifiques s’appuient sur ces bio-indicateurs pour comprendre l’impact des perturbations anthropiques sur les Ă©cosystĂšmes et pour surveiller et gĂ©rer la biodiversitĂ©. Les dĂ©clins d’escargots peuvent avoir un impact important sur la dynamique des populations de passereaux forestiers, et la diversitĂ© des escargots peut indiquer le degrĂ© de perturbation anthropique de l’environnementrĂ©fĂ©rence 30,rĂ©fĂ©rence 61,rĂ©fĂ©rence 32. Il est possible que le polyspire rayĂ© puisse prĂ©senter ces caractĂ©ristiques et puisse donc ĂȘtre utilisĂ© comme indicateur de la biodiversitĂ©. Les lichens tels que la lobaire rĂ©ticulĂ©e sont utiles pour Ă©valuer la biodiversitĂ© et la continuitĂ© des forĂȘts et pour surveiller la qualitĂ© de l’airrĂ©fĂ©rence 33,rĂ©fĂ©rence 34. Les papillons de nuit sont aussi, en gĂ©nĂ©ral, considĂ©rĂ©s comme des indicateurs Ă©cologiques convenablesrĂ©fĂ©rence 35. Compte tenu de sa prĂ©fĂ©rence pour les milieux Ă  purshie tridentĂ©e, l’hĂ©mileucin de Nuttall pourrait ĂȘtre une espĂšce indicatrice idĂ©ale de la santĂ© globale de son Ă©cosystĂšme prĂ©fĂ©rĂ©rĂ©fĂ©rence 51.

e) Valeur d’existence

De nombreuses personnes Ă©prouvent un sentiment de bien-ĂȘtre du simple fait de savoir qu’une espĂšce existe maintenant et/ou qu’elle continuera d’exister Ă  l’avenir. Bien que l’on ne dispose d’aucune estimation quantitative de la valeur de l’existence des espĂšces dont l’inscription ou la reclassification est recommandĂ©e, des Ă©tudes connexes indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde une valeur substantielle aux espĂšces vulnĂ©rables, et en particulier aux espĂšces charismatiques, emblĂ©matiques ou ayant une valeur symboliquerĂ©fĂ©rence 52,rĂ©fĂ©rence 38. Les coccinelles sont des espĂšces emblĂ©matiques pour le grand public, et le dĂ©clin observĂ© de la jolie coccinelle Ă  neuf points a suscitĂ© l’intĂ©rĂȘt du public pour sa conservationrĂ©fĂ©rence 54. La lobaire rĂ©ticulĂ©e est une espĂšce phare pour un groupe de lichens et de bryophytes rares et peu communs, qui poussent dans les forĂȘts anciennes humides de la ColombieBritanniquerĂ©fĂ©rence 55. Une espĂšce phare est une espĂšce charismatique qui a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e pour aider Ă  sensibiliser les gens aux enjeux de la conservation, habituellement parce que la protection de cette espĂšce protĂšge indirectement de nombreuses autres espĂšces dans le mĂȘme Ă©cosystĂšme. De mĂȘme, l’hĂ©mileucin de Nuttall est considĂ©rĂ© comme une espĂšce emblĂ©matique de l’écosystĂšme Ă  purshie tridentĂ©e du sud aride de la vallĂ©e de l’Okanagan, l’un des Ă©cosystĂšmes les plus menacĂ©s au CanadarĂ©fĂ©rence 56. Enfin, l’hespĂ©rie tachetĂ©e est un papillon reprĂ©sentatif d’écosystĂšmes rares et vitaux Ă  l’échelle mondiale, tels que les forĂȘts de chĂȘnes, les forĂȘts de pins, les prairies Ă  grandes graminĂ©es et les alvarsrĂ©fĂ©rence 42.

f) Valeur d’option

Le public et les entreprises du Canada peuvent valoriser la prĂ©servation de l’information gĂ©nĂ©tique qui pourrait ĂȘtre utilisĂ©e Ă  l’avenir Ă  des fins biologiques, mĂ©dicales, gĂ©nĂ©tiques et autresrĂ©fĂ©rence 58. Plusieurs espĂšces dont l’inscription ou la reclassification est recommandĂ©e sont associĂ©es Ă  ces valeurs (c’est-Ă -dire les valeurs d’option). Les gĂ©rardies ont une valeur de conservation considĂ©rable, car l’habitat dans lequel elles sont prĂ©sentes est censĂ© ĂȘtre relativement intact depuis l’époque prĂ©cĂ©dant la colonisation par les EuropĂ©ensrĂ©fĂ©rence 44. De telles espĂšces sont importantes pour la recherche sur la biogĂ©ographie, le flux gĂ©nique et l’évolutionrĂ©fĂ©rence 59. Le frĂȘne bleu est considĂ©rĂ© comme unique parmi les cinq espĂšces de frĂȘnes indigĂšnes de l’Ontario, principalement parce qu’il rĂ©siste mieux Ă  l’agrile du frĂȘne et qu’il pourrait possĂ©der certaines propriĂ©tĂ©s pouvant avantager d’autres espĂšces de frĂȘnesrĂ©fĂ©rence 60. Au Canada, le polyspire rayĂ© et la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest sont prĂ©sents Ă  la limite nord de leur aire de rĂ©partition mondialerĂ©fĂ©rence 46,rĂ©fĂ©rence 47. Les populations se trouvant aux limites de leur aire de rĂ©partition peuvent avoir une importance pour la recherche sur la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique, la survie Ă  long terme et l’évolution des espĂšces, et offrent des possibilitĂ©s d’activitĂ©s rĂ©crĂ©atives pour les humainsrĂ©fĂ©rence 63.

II. Coûts

Les espĂšces ont Ă©tĂ© incluses dans le projet de dĂ©cret uniquement si la nature de la modification rĂ©glementaire connexe Ă©tait censĂ©e n’imposer aucun coĂ»t, voire un coĂ»t minimal, aux intervenants et/ou aux peuples autochtones. Ainsi, par dĂ©finition, les rĂ©percussions prĂ©vues du projet de dĂ©cret seraient faibles.

Pour chaque espĂšce, l’analyse a pris en compte quatre types de coĂ»ts supplĂ©mentaires du projet de dĂ©cret :

L’analyse est fondĂ©e sur la meilleure information accessible Ă  ce stade.

Coûts pour les intervenants et les peuples autochtones

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes, ce qui signifie que l’inscription ou la reclassification d’une espĂšce dans cette catĂ©gorie n’entraĂźne aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les intervenants et les peuples autochtones. De plus, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne sont dĂ©clenchĂ©es que pour les espĂšces prĂ©sentes sur le territoire domanial, ce qui fait en sorte qu’il n’y a aucun nouvel impact pour les peuples autochtones ou les intervenants lorsque la prĂ©sence des espĂšces n’est pas connue sur le territoire domanial.

Bien que les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  l’ensemble du rĂ©seau de lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©s de l’APC au moment de l’inscription, les espĂšces et leur habitat bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  d’une protection dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationauxrĂ©fĂ©rence 49 en vertu de la LPNC. Trois espĂšces nouvellement inscrites comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition se trouvent dans des zones protĂ©gĂ©es par l’APC : le polyspire rayĂ©, la gesse littorale et le frĂȘne bleu.

L’inscription proposĂ©e des espĂšces prĂ©sentes sur les terres de l’APC touchĂ©es n’entraĂźnera aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les intervenants, autre que le coĂ»t potentiel des demandes de permis (pour de plus amples dĂ©tails, voir la sous-section sur les demandes de permis ci-dessous). De mĂȘme, en raison de la protection existante, les impacts supplĂ©mentaires attendus d’un Ă©ventuel dĂ©cret de protection de l’habitat essentiel de ces espĂšces sont minimes.

Des interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent Ă©galement ailleurs sur le territoire domanial, notamment dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations. Sept espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret qui seraient nouvellement inscrites ou reclassifiĂ©es comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition se trouvent dans des rĂ©serves : le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune, l’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), la gesse littorale, l’hespĂ©rie du Colorado, le frĂȘne bleu et la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest. Comme il est expliquĂ© plus en dĂ©tail ci-dessous, ces occurrences ne devraient pas entraĂźner d’impacts supplĂ©mentaires dus aux interdictions gĂ©nĂ©rales ou aux futurs arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets de protection de l’habitat essentiel dans des rĂ©serves, au-delĂ  de l’obligation de demander un permis pour certaines activitĂ©s. Les coĂ»ts supplĂ©mentaires pour le gouvernement du Canada dĂ©coulant du dĂ©cret proposĂ© pour ces sept espĂšces, liĂ©s aux activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© et d’application de la loi, sont abordĂ©s ci-dessous.

L’hespĂ©rie du Colorado et la gĂ©rardie jaune se trouvent toutes deux dans la rĂ©serve d’une PremiĂšre Nation en Colombie-Britannique : la rĂ©serve East Saanich no 2. La PremiĂšre Nation a Ă©laborĂ© plusieurs approches rĂ©glementaires pour gĂ©rer l’amĂ©nagement des terres dans la rĂ©serve, notamment en matiĂšre de protection ou de gestion des caractĂ©ristiques environnementales naturelles. La PremiĂšre Nation a Ă©galement Ă©laborĂ© un plan communautaire exhaustif visant Ă  prĂ©server les zones Ă©cosensibles et Ă  crĂ©er un rĂ©seau Ă©cologique et rĂ©crĂ©atif interreliĂ© oĂč les espĂšces sauvages peuvent prospĂ©rer. L’ensemble de ces approches est considĂ©rĂ© comme Ă©tant des mesures suffisantes pour protĂ©ger l’hespĂ©rie du Colorado et la gesse littorale, et l’inscription des deux espĂšces et d’éventuels dĂ©crets de protection de l’habitat essentiel sur le territoire domanial devraient entraĂźner un seul impact supplĂ©mentaire minime.

L’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) se trouve dans la rĂ©serve d’une PremiĂšre Nation en Ontario. Les activitĂ©s sont dĂ©jĂ  restreintes dans une certaine mesure Ă  cet endroit en raison de la prĂ©sence d’autres espĂšces inscrites Ă  la LEP, et des permis sont dĂ©jĂ  requis Ă  cet endroit pour toute activitĂ© touchant la rainette faux-grillon de l’Ouest et/ou la rĂ©sidence de l’espĂšce. La gĂ©rardie jaune et le polyspire rayĂ© se trouvent dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Walpole Island en Ontario. L’emplacement de la population de gĂ©rardie jaune est considĂ©rĂ© comme un site de patrimoine naturel et est protĂ©gĂ© au sein de la communautĂ©. Cette rĂ©serve compte des occurrences ainsi que de l’habitat essentiel de multiples espĂšces inscrites Ă  la liste de la LEP, et elle rĂ©alise dĂ©jĂ  d’importants travaux de conservation et de remise en Ă©tat pour protĂ©ger les espĂšces. Le frĂȘne bleu se trouve dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Moravian no 47. Aucune activitĂ© susceptible d’entraĂźner l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales n’a Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©e Ă  cet endroit. Les impacts supplĂ©mentaires liĂ©s Ă  l’inscription des quatre espĂšces et aux Ă©ventuels arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets de protection de l’habitat essentiel sur le territoire domanial devraient donc ĂȘtre minimes.

La prĂ©sence de la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest est confirmĂ©e dans trois sites en territoire domanial, dans trois rĂ©serves de PremiĂšres Nations et possiblement prĂšs de trois autres rĂ©serves de PremiĂšres Nations, toutes en Colombie-Britannique. Cette espĂšce partage des hibernacles (chambres souterraines que les serpents utilisent pendant l’hiver pour se protĂ©ger du froid) avec la couleuvre Ă  nez mince du Grand Bassin et, dans une moindre mesure, avec le crotale de l’Ouest et la couleuvre nocturne du dĂ©sert. Ces trois espĂšces sont dĂ©jĂ  inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition et, par consĂ©quent, leurs hibernacles sont protĂ©gĂ©s par les dispositions applicables de la LEP. L’aire de rĂ©partition de la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest chevauche Ă©galement de façon importante l’habitat essentiel dĂ©signĂ© de nombreuses espĂšces actuellement inscrites comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition Ă  l’annexe 1 de la LEP, notamment le crapaud du Grand Bassin et le blaireau d’AmĂ©rique. Par consĂ©quent, les impacts supplĂ©mentaires prĂ©vus du changement de statut de la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest pour les intervenants et les peuples autochtones, que ce soit en ce qui concerne les interdictions gĂ©nĂ©rales ou un Ă©ventuel arrĂȘtĂ© ou dĂ©cret de protection de l’habitat essentiel sur le territoire domanial, ne seraient que minimes, hormis les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’application de la loi et aux permis, qui sont abordĂ©s aux sous-sections 2 et 3 de la section sur les coĂ»ts.

Il est fort possible que l’hĂ©mileucin de Nuttall se trouve dans la rĂ©serve nationale de faune (RNF) de Vaseux-Bighorn, en Colombie-Britannique. Bien que les espĂšces prĂ©sentes dans les RNF soient protĂ©gĂ©es dans une certaine mesure par le RĂšglement sur les rĂ©serves d’espĂšces sauvages fĂ©dĂ©ral, des mesures de protection supplĂ©mentaires s’appliqueraient normalement Ă  une espĂšce en vertu des dispositions de la LEP dĂšs l’inscription de cette espĂšce. Toutefois, l’habitat essentiel de l’hĂ©mileucin de Nuttall a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©signĂ© au sein de la rĂ©serve nationale de faune de Vaseux-Bighorn et du refuge d’oiseaux migrateurs (ROM) du Lac-Vaseux dans la version provisoire du programme de rĂ©tablissement de l’espĂšce. L’habitat essentiel de l’hĂ©mileucin chevauche de maniĂšre importante l’habitat essentiel dĂ©jĂ  dĂ©signĂ©, et donc dĂ©jĂ  protĂ©gĂ©, du porte-queue de Behr, une espĂšce de papillon. Comme le porte-queue de Behr est dĂ©jĂ  protĂ©gĂ© en vertu de la LEP, les activitĂ©s dans cette partie du territoire domanial qui reprĂ©sentaient des menaces pour l’espĂšce sont dĂ©jĂ  interdites, ce qui bĂ©nĂ©ficie grandement Ă  l’hĂ©mileucin de Nuttall. Ainsi, Ă  l’exception des coĂ»ts liĂ©s Ă  l’application de la loi et aux permis (abordĂ©s ci-dessous dans la section relative aux coĂ»ts pour le gouvernement du Canada), les interdictions gĂ©nĂ©rales ou un Ă©ventuel arrĂȘtĂ© ou dĂ©cret de protection de l’habitat essentiel sur le territoire fĂ©dĂ©ral ne devraient pas avoir d’impact supplĂ©mentaire sur les intervenants en ce qui concerne l’inscription de l’hĂ©mileucin de Nuttall.

L’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) se trouve sur une propriĂ©tĂ© du ministĂšre de la DĂ©fense nationale (MDN), la BFC Borden. Les impacts de l’inscription de cette population devraient ĂȘtre minimes, car l’espĂšce dĂ©pend d’une plante hĂŽte qui n’a pas Ă©tĂ© touchĂ©e par les activitĂ©s d’entraĂźnement sur la propriĂ©tĂ© du MDN. Le MDN dispose d’un programme environnemental qui fournit une orientation favorisant la conformitĂ© avec les lois environnementales, et il a collaborĂ© avec le ministĂšre de l’Environnement et l’APC Ă  des questions relatives aux espĂšces terrestres en pĂ©ril. De plus, lorsque des activitĂ©s sont liĂ©es Ă  des considĂ©rations de sĂ©curitĂ© nationale, elles peuvent ĂȘtre exemptĂ©es des interdictions gĂ©nĂ©rales et des exigences en matiĂšre de protection de l’habitat essentiel prĂ©vues dans la LEP, si une telle exemption est autorisĂ©e au titre d’une autre loi fĂ©dĂ©ralerĂ©fĂ©rence 65. Compte tenu de ces facteurs, aucun impact important n’est prĂ©vu sur les propriĂ©tĂ©s du MDN. Les coĂ»ts que le MDN pourrait subir en rapport avec les espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret dans le cadre de son approche globale Ă  l’égard de la gestion de l’environnement n’ont pas Ă©tĂ© estimĂ©s, car ils sont considĂ©rĂ©s comme faisant partie du scĂ©nario de base. Tous les coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©coulant du dĂ©cret proposĂ© devraient ĂȘtre minimes.

Coûts pour le gouvernement du Canada

Comme l’indique le tableau 4 ci-dessous, les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada diffĂšrent selon la catĂ©gorie d’inscription, car les diffĂ©rentes catĂ©gories entraĂźnent diffĂ©rentes exigences en matiĂšre de production de rapports.

Tableau 4 : Types d’inscription et coĂ»ts connexes pour le gouvernement du Canada

Types d’inscription

Exigences de la LEP

Coût estimé par espÚce

Nouvelle inscription ou reclassification en tant qu’espĂšce prĂ©occupante

Élaboration d’un plan de gestion

De 10 000 $ Ă  15 000 $

Reclassification de l’espĂšce, de la catĂ©gorie " espĂšce menacĂ©e " Ă  la catĂ©gorie " espĂšce en voie de disparition " (et vice versa)

Mise Ă  jour du programme de rĂ©tablissement et du plan d’action

De 3 000 $ Ă  10 000 $

Nouvelle inscription en tant qu’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays

Élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un plan d’action

De 20 000 $ Ă  25 000 $ par document

Changement au nom d’une espùce

Mise Ă  jour de documents

3 000 $

Retrait de l’annexe 1

S.O.

S.O.

L’inscription ou la reclassification de trois espĂšces en tant qu’espĂšces prĂ©occupantes sont proposĂ©es : le Bruant Ă  face noire, l’Engoulevent d’AmĂ©rique et le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive. Les espĂšces nouvelles inscrites comme Ă©tant prĂ©occupantes nĂ©cessitent l’élaboration d’un plan de gestion, tandis que les espĂšces reclassifiĂ©es comme Ă©tant prĂ©occupantes nĂ©cessitent la mise Ă  jour du plan de gestion, dont les coĂ»ts sont Ă©valuĂ©s entre 10 000 et 15 000 $ par espĂšce. Le coĂ»t total non actualisĂ© que le gouvernement du Canada devra assumer pour toutes les espĂšces de ce groupe est donc estimĂ© entre 30 000 et 45 000 $.

Treize espĂšces ont Ă©tĂ© rĂ©cemment Ă©valuĂ©es par le COSEPAC comme Ă©tant en voie de disparition ou menacĂ©es. Le coĂ»t de la prĂ©paration des programmes de rĂ©tablissement et des plans d’action est estimĂ© entre 20 000 et 25 000 $ par espĂšce, par document, pour un coĂ»t total non actualisĂ© de 520 000 Ă  650 000 $ devant ĂȘtre assumĂ©s par le gouvernement du Canada pour la prĂ©paration des 13 programmes de rĂ©tablissement et plans d’action concernant ces espĂšces. Les espĂšces de ce groupe nĂ©cessiteraient Ă©galement des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, dont le coĂ»t total est estimĂ© Ă  10 000 $ pour la premiĂšre annĂ©e.

Huit espĂšces dont l’inscription est proposĂ©e se trouvent ou pourraient se trouver sur le territoire domanial : le frĂȘne bleu, le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune, l’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), l’hĂ©mileucin de Nuttall, la gesse littorale, l’hespĂ©rie du Colorado et la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest. Leur prĂ©sence sur le territoire domanial fĂ©dĂ©ral pourrait entraĂźner la prise de mesures d’application de la loi et des coĂ»ts connexes. Ces coĂ»ts sont liĂ©s Ă  l’analyse des renseignements, aux inspections, aux enquĂȘtes et aux mesures nĂ©cessaires pour aborder toute infraction prĂ©sumĂ©e au dĂ©cret proposĂ©. Le coĂ»t des efforts prĂ©opĂ©rationnels d’application de la loi (par exemple analyse des renseignements et mobilisation des partenaires) est Ă©valuĂ© Ă  environ 11 000 $. Les coĂ»ts d’application de la loi pendant la premiĂšre annĂ©e suivant l’entrĂ©e en vigueur du dĂ©cret sont Ă©valuĂ©s Ă  environ 67 000 $. Ce montant englobe 5 000 $ pour les analyses, 20 000 $ pour les inspections (y compris les coĂ»ts des opĂ©rations et du transport), 4 000 $ pour les mesures visant Ă  aborder les infractions prĂ©sumĂ©es (y compris les avertissements), 6 000 $ pour les enquĂȘtes et 32 000 $ pour les poursuites. Le total des coĂ»ts pour chaque annĂ©e d’activitĂ©s suivante est Ă©valuĂ© Ă  environ 46 000 $. Le total non actualisĂ© des coĂ»ts que le gouvernement du Canada devrait assumer pour l’application de la loi et la promotion de la conformitĂ© pendant la pĂ©riode d’analyse est d’environ 500 000 $.

Demandes de permis

Des permis seraient nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui seraient interdites par la LEP. Cette analyse utilise les permis prĂ©cĂ©demment demandĂ©s pour formuler des hypothĂšses sur le nombre de demandes de permis potentielles, en tenant compte du fait qu’il n’est pas certain que le dĂ©cret proposĂ© entraĂźne des exigences supplĂ©mentaires en matiĂšre de permis et qu’aucune conclusion ne puisse ĂȘtre tirĂ©e sur la possibilitĂ© de dĂ©livrer un permis avant la prĂ©sentation d’une demande. Plus prĂ©cisĂ©ment, on suppose qu’il peut y avoir une demande de permis par propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale abritant des espĂšces et une autre demande de permis pour les terres de l’APC ou certaines terres d’ECCC, comme les RNF ou les ROM. Les demandes de permis supplĂ©mentaires pour les terres de l’APC porteraient probablement sur des recherches ou des activitĂ©s qui profitent Ă  des espĂšces et seraient prĂ©parĂ©es par des Ă©tablissements universitaires ou d’autres organismes de recherche (par exemple organisations non gouvernementales et gouvernements). Pour les propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ  un permis au titre d’une autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation d’une activitĂ© (par exemple parc national et rĂ©serve nationale de faune), la modification du permis pour le rendre conforme Ă  la LEP entraĂźnerait un coĂ»t supplĂ©mentaire, mais exigerait environ quatre fois moins de temps que la prĂ©sentation d’une nouvelle demande de permis (ou environ sept heures du temps du demandeur). Les coĂ»ts moyens liĂ©s aux demandes de permis en vertu de la LEP sont prĂ©sentĂ©s dans les tableaux 5.1 et 5.2 ci-dessous.

Tableau 5.1 : CoĂ»ts des demandes de permis — CoĂ»ts administratifs pour les demandeurs

Type de demande de permis

Coût par permis note a du tableau c2

Industrie, y compris les peuples autochtones (permis de prise accessoire)

2 700 $

Industrie (permis de prise accessoire) — coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP seulement

700 $

Chercheur/scientifique (permis de recherche)

1 300 $

Chercheur/scientifique (permis de recherche) — coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP seulement

300 $

Parcs Canada pour les terres de Parcs Canada/Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) pour les rĂ©serves nationales de faune et les refuges d’oiseaux migrateurs

800 $

Note(s) du tableau c2

Note a du tableau c2

Les estimations ont été arrondies.

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Tableau 5.2 : CoĂ»ts des demandes de permis — CoĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada

Type de demande de permis

Coût par permis note a du tableau c3

Nouveau permis — ECCC

3 400 $

CoĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP — gouvernement fĂ©dĂ©ral

700 $

Note(s) du tableau c3

Note a du tableau c3

Les estimations ont été arrondies.

Retour Ă  la note a du tableau c3

Des huit espĂšces qui se trouvent ou pourraient se trouver sur le territoire domanial, le polyspire rayĂ© et le frĂȘne bleu se trouvent tous deux dans le parc national de la Pointe-PelĂ©e (Ontario), qui est gĂ©rĂ© par l’APC. La gesse littorale se trouve Ă©galement sur des terres de l’APC, dans la rĂ©serve de parc national Pacific Rim et la rĂ©serve de parc national des Îles-Gulf, qui se trouvent toutes deux en Colombie-Britannique. De plus, il est fort possible que l’hĂ©mileucin de Nuttall se trouve dans deux sites en territoire domanial dĂ©signĂ©s comme Ă©tant de l’habitat essentiel dans la version provisoire du programme de rĂ©tablissement de l’espĂšce; il s’agit de la rĂ©serve nationale de faune Vaseux-Bighorn et du refuge d’oiseaux migrateurs du Lac-Vaseux, qui sont gĂ©rĂ©s par ECCC en Colombie-Britannique. Par consĂ©quent, le dĂ©cret pourrait entraĂźner la prĂ©sentation de jusqu’à 12 demandes de modification de permis pour les rendre conformes Ă  la LEP Ă  ces endroits : quatre de l’APC pour autoriser les activitĂ©s de l’organisme dans ses parcs nationaux, quatre de chercheurs ou pour des prises accessoires sur les propriĂ©tĂ©s de l’APC, deux d’ECCC pour autoriser les activitĂ©s du MinistĂšre dans deux aires protĂ©gĂ©es, et deux de chercheurs ou pour des prises accessoires sur les propriĂ©tĂ©s d’ECCC. Des six demandes de permis concernant des propriĂ©tĂ©s de l’APC ou d’ECCC qui ne seraient pas prĂ©sentĂ©es par l’APC ou ECCC, il est prĂ©sumĂ© que trois seraient prĂ©sentĂ©es par des chercheurs et que les trois autres seraient prĂ©sentĂ©es pour des prises accessoires.

Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, le MinistĂšre ne prĂ©voit pas de coĂ»ts futurs liĂ©s aux demandes de permis concernant les sites en territoire domanial oĂč se trouve la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest en raison de la possibilitĂ© d’ajouter celle-ci aux permis qui existent dĂ©jĂ  pour d’autres espĂšces qui sont inscrites Ă  la LEP et prĂ©sentes aux mĂȘmes endroits. Pour les chercheurs et l’industrie, la prĂ©sentation de demandes de permis en vertu de la LEP dans les cas oĂč un permis Ă©tait dĂ©jĂ  requis peut entraĂźner des coĂ»ts supplĂ©mentaires d’environ 300 et 700 $ par permis, respectivement. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, les aires protĂ©gĂ©es telles que les parcs nationaux et les rĂ©serves nationales de faune nĂ©cessitent dĂ©jĂ  des permis en vertu de la LPNC et du RĂšglement sur les rĂ©serves d’espĂšces sauvages (RRES), respectivement. Tel que susmentionnĂ©, les demandeurs de l’APC ou d’ECCC qui demandent des permis en vertu de la LEP pour des projets dans des parcs nationaux, des rĂ©serves nationales de faune ou des refuges d’oiseaux migrateurs assument un coĂ»t pouvant atteindre 800 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, le coĂ»t supplĂ©mentaire total non actualisĂ© que tous les demandeurs de permis liĂ©s aux espĂšces dans des aires protĂ©gĂ©es doivent assumer est estimĂ© Ă  7 800 $.

De plus, le dĂ©cret pourrait entraĂźner jusqu’à neuf nouvelles demandes de permis pour des prises accessoires qui ne sont pas dĂ©jĂ  conformes Ă  la LEP. Le polyspire rayĂ© et la gĂ©rardie jaune se trouvent tous deux dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Walpole Island. L’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) se trouve dans une rĂ©serve en Ontario. La gesse littorale et l’hespĂ©rie du Colorado se trouvent dans la rĂ©serve East Saanich no 2. Le frĂȘne bleu se trouve dans la rĂ©serve Moravian no 47. Pour ce qui est de la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest, sa prĂ©sence est confirmĂ©e dans trois rĂ©serves des PremiĂšres Nations du sud de la Colombie-Britannique. Le coĂ»t que le demandeur doit assumer pour un nouveau permis de prise accessoire est estimĂ© Ă  2 700 $. Ainsi, le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires non actualisĂ©s pour tous les demandeurs Ă  ces endroits pourrait s’élever Ă  24 800 $.

Les coĂ»ts supplĂ©mentaires que le gouvernement du Canada devrait assumer pour traiter les 12 demandes de modification de permis pour les rendre conformes Ă  la LEP sont estimĂ©s Ă  700 $ par permis, tandis que les neuf demandes de nouveaux permis en vertu de la LEP prĂ©vues entraĂźneraient des coĂ»ts estimĂ©s Ă  environ 3 400 $ par permis, y compris les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’examen des permis, Ă  l’évaluation des demandes et Ă  la communication avec les demandeurs. Ces coĂ»ts englobent les dĂ©penses et la main-d’Ɠuvre supplĂ©mentaires ainsi que les coĂ»ts de mise Ă  jour des permis actuellement en vigueur et de dĂ©livrance de nouveaux permis en raison d’une augmentation possible du nombre de demandes de permis scientifiques. Les coĂ»ts supplĂ©mentaires totaux (non actualisĂ©s) que le gouvernement du Canada devrait assumer pour l’examen de ces demandes de permis au cours des dix annĂ©es suivant l’inscription pourraient atteindre 39 000 $.

Autres coûts

a) Incidences sur les évaluations environnementales

Il pourrait y avoir des incidences sur les projetsrĂ©fĂ©rence 66 devant faire l’objet d’une Ă©valuation environnementale en vertu d’une loi fĂ©dĂ©rale (ci-aprĂšs nommĂ©e « EE fĂ©dĂ©rale Â»). Toutefois, les coĂ»ts devraient ĂȘtre minimes par rapport au total des coĂ»ts de l’exĂ©cution d’une EE fĂ©dĂ©rale. Une fois qu’une espĂšce est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP, quelle que soit sa dĂ©signation, des exigences supplĂ©mentaires en vertu de l’article 79 de la LEP s’appliquent aux promoteurs de projets et aux reprĂ©sentants du gouvernement qui entreprennent une EE fĂ©dĂ©rale. Ces exigences incluent l’identification de tous les effets nĂ©fastes que le projet pourrait avoir sur l’espĂšce et son habitat essentiel et, si le projet est rĂ©alisĂ©, l’assurance que des mesures sont prises afin d’éviter ou d’attĂ©nuer ces effets et de les surveiller. Toutefois, le MinistĂšre recommande toujours aux promoteurs dans les lignes directrices de l’EE (au dĂ©but du processus d’EE) d’évaluer les effets sur les espĂšces dĂ©jĂ  Ă©valuĂ©es par le COSEPAC qui pourraient ĂȘtre inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP dans un avenir rapprochĂ©, ce qui fait en sorte que ces coĂ»ts sont dĂ©jĂ  probablement intĂ©grĂ©s dans le scĂ©nario de base.

b) Impacts potentiels des futurs rĂšglements pris en vertu de la LEP

L’inscription d’une espĂšce sauvage Ă  la LEP en tant qu’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne une sĂ©rie d’obligations pour le gouvernement, notamment la prĂ©paration d’un programme de rĂ©tablissement qui comprend la dĂ©signation, dans la mesure du possible, de l’habitat nĂ©cessaire Ă  la survie ou au rĂ©tablissement de l’espĂšce (habitat essentiel), et diffĂ©rentes obligations concernant la protection de cet habitat essentiel. La protection de l’habitat essentiel sur le territoire non domanial peut nĂ©cessiter l’adoption de mesures rĂ©glementaires, qui permettent des avantages connexes, mais Ă©galement des coĂ»ts potentiels pour les propriĂ©taires fonciers, les utilisateurs du territoire et le gouvernement fĂ©dĂ©ral. L’impact socioĂ©conomique de chaque mesure rĂ©glementaire sera Ă©valuĂ© si cette mesure de protection supplĂ©mentaire devient nĂ©cessaire.

Coûts et des avantages

Le dĂ©cret proposĂ© devrait entraĂźner des mesures de protection et des mesures coordonnĂ©es Ă  l’appui du rĂ©tablissement des espĂšces inscrites, contribuant ainsi aux avantages qu’elles procurent Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La conservation des espĂšces est liĂ©e Ă  des valeurs socioĂ©conomiques et culturelles ainsi qu’à des valeurs d’existence et d’option. Outre les dĂ©penses liĂ©es aux permis, le dĂ©cret proposĂ© ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones et aux intervenants. Les coĂ»ts globaux liĂ©s au dĂ©cret proposĂ© pour le gouvernement du Canada devraient ĂȘtre faibles et dĂ©couler de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion ainsi que d’activitĂ©s de traitement des demandes de permis, de promotion de la conformitĂ© et d’application de la loi.

Selon la liste des espĂšces incluses dans le dĂ©cret proposĂ©, le coĂ»t net global que le gouvernement du Canada devra assumer, y compris les coĂ»ts Ă©vitĂ©s mentionnĂ©s dans la section des avantages, est estimĂ© entre 904 500 $ et 1 055 000 $ sur dix ans (2022-2031), actualisĂ© Ă  3 %, utilisant 2021 comme annĂ©e de rĂ©fĂ©rence. Pour tous les permis, le coĂ»t net global que les demandeurs (c’est-Ă -dire l’industrie, les PremiĂšres Nations, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et les scientifiques) devront assumer, y compris les coĂ»ts Ă©vitĂ©s mentionnĂ©s dans la section sur les avantages, est estimĂ© Ă  un coĂ»t unique d’environ 16 000 $ (non actualisĂ©). Le tableau ci-dessous rĂ©sume ces coĂ»ts en regroupant les espĂšces ayant des catĂ©gories semblables d’impacts prĂ©vus.

Tableau 6 : CoĂ»ts pour les intervenants et les peuples autochtones par catĂ©gorie d’inscription

Modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1

EspĂšces

Répercussions sur les coûts

Nouvelle inscription en tant qu’espĂšce menacĂ©e ou en voie de disparition (11 espĂšces)

  • Lobaire rĂ©ticulĂ©e
  • GĂ©rardie de Virginie
  • GĂ©rardie faussepĂ©diculaire
  • GĂ©rardie jaune
  • Polyspire rayĂ©
  • HespĂ©rie tachetĂ©e (population borĂ©ale)
  • HespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs)
  • Coccinelle Ă  neuf points
  • HĂ©mileucin de Nuttall
  • Gesse littorale
  • HespĂ©rie du Colorado

Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent qu’aux espĂšces prĂ©sentes sur le territoire domanial. Des treize espĂšces qu’il est proposĂ© d’inscrire comme Ă©tant en voie de disparition ou menacĂ©es, huit se trouvent sur le territoire domanial : le frĂȘne bleu, le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune, l’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), l’hĂ©mileucin de Nuttall, la gesse littorale, l’hespĂ©rie du Colorado et la couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest. Pour ces espĂšces, les coĂ»ts liĂ©s aux demandes de permis pourraient ĂȘtre minimes. Toute demande doit satisfaire Ă  des conditions prĂ©alables pour qu’un permis soit dĂ©livrĂ©.

Les coĂ»ts liĂ©s Ă  ces espĂšces que le gouvernement du Canada devrait assumer englobent l’élaboration de documents de rĂ©tablissement, le traitement des demandes de permis, la promotion de la conformitĂ© et les activitĂ©s d’application de la loi.

Reclassification de la catĂ©gorie d’espĂšce prĂ©occupante Ă  celle d’espĂšce menacĂ©e (2 espĂšces)
  • FrĂȘne bleu et couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest

Nouvelle inscription ou reclassification en tant qu’espĂšce prĂ©occupante (3 espĂšces)

  • Bruant Ă  face noire
  • Engoulevent d’AmĂ©rique
  • Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes. C’est pourquoi aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les peuples autochtones et/ou les intervenants n’est prĂ©vu.

Les coĂ»ts pour le gouvernement du Canada se limitent Ă  l’élaboration des plans de gestion.

Reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque – retrait de l’annexe 1 (1 espĂšce)

  • Faucon pĂšlerin

Aucun coĂ»t important n’est Ă  prĂ©voir puisqu’il n’y a aucun impact prĂ©vu sur les intervenants.

Le gouvernement du Canada pourrait mĂȘme faire des Ă©conomies s’il n’a pas besoin de produire des documents de rĂ©tablissement.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuĂ©e selon la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le dĂ©cret proposĂ© n’aura pas d’impact sur les petites entreprises canadiennes.

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement supplĂ©mentaire du fardeau administratif des entreprises et aucun titre de rĂšglement n’est abrogĂ© ou ajoutĂ©.

Collaboration et harmonisation en matiÚre de réglementation

La protection des espĂšces sauvages est Ă©galement une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont indiquĂ© leur engagement Ă  protĂ©ger et Ă  rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant l’Accord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril en 1996. Certaines des espĂšces Ă  l’étude sont actuellement inscrites Ă  certaines lois provinciales, et le dĂ©cret proposĂ© viendrait complĂ©ter cette protection existante. Ces lois sont indiquĂ©es dans le tableau 7 ci-dessous.

Tableau 7 : DĂ©signations provinciales et territoriales actuelles des espĂšces incluses dans le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril proposĂ©

Nom commun de l’espùce

Aire de rĂ©partition 

Proposition d’inscription à la LEP

Statut provincial / territorial

Engoulevent d’AmĂ©rique

Partout au Canada

Menacée à préoccupante

  • Ontario (prĂ©occupante)
  • QuĂ©bec (menacĂ©e ou vulnĂ©rable)
  • Manitoba (menacĂ©e)
  • Nouvelle-Écosse (menacĂ©e)
  • Nouveau-Brunswick (menacĂ©e)
  • Terre-Neuve-et-Labrador (menacĂ©e)
  • Yukon (menacĂ©e)

Moucherolle à cÎtés olive

Partout au Canada

Menacée à préoccupante

  • Ontario (prĂ©occupante)
  • QuĂ©bec (menacĂ©e ou vulnĂ©rable)
  • Manitoba (menacĂ©e)
  • Nouvelle-Écosse (menacĂ©e)
  • Nouveau-Brunswick (menacĂ©e)
  • Terre-Neuve-et-Labrador (menacĂ©e)

Faucon pĂšlerin anatum/tundrius

Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, QuĂ©bec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador

Préoccupante à non en péril

  • Alberta (menacĂ©e)
  • Manitoba (en voie de disparition)
  • Ontario (menacĂ©e)
  • QuĂ©bec (vulnĂ©rable)
  • Nouveau-Brunswick (en voie de disparition)
  • Nouvelle-Écosse (menacĂ©e)
  • Terre-Neuve-et-Labrador (menacĂ©e)
  • Territoires du Nord-Ouest (en pĂ©ril)
  • Yukon (menacĂ©e)

Le MinistĂšre collabore Ă©galement avec ses partenaires fĂ©dĂ©raux (c’est-Ă -dire PĂȘches et OcĂ©ans Canada et l’APC) pour dĂ©terminer l’incidence de l’inscription des espĂšces.

L’élaboration des programmes de rĂ©tablissement et des plans d’action, qui dĂ©coulerait de la modification du statut des espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret proposĂ©, nĂ©cessiterait la participation de diffĂ©rentes autoritĂ©s d’amĂ©nagement du territoire, comme les autres ordres de gouvernement et les communautĂ©s autochtones, ainsi que la coordination des travaux avec ces intervenants. Les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration des documents sont estimĂ©s dans la section prĂ©cĂ©dente. L’ampleur des impacts Ă©conomiques dĂ©coulant de la collaboration avec ces autres autoritĂ©s d’amĂ©nagement du territoire dĂ©pendrait de leur niveau de participation au processus de planification du rĂ©tablissement et des mesures prises Ă  la suite de l’élaboration des plans d’action. Cette participation serait volontaire, et son ampleur est donc inconnue Ă  l’heure actuelle. Toutefois, Ă©tant donnĂ© que le niveau de coordination nĂ©cessaire pour les espĂšces pour lesquelles on propose de modifier le statut en vertu de la LEP devrait ĂȘtre relativement faible par rapport Ă  celui d’autres espĂšces plus connues dont l’aire de rĂ©partition est plus vaste, les rĂ©percussions Ă©conomiques connexes devraient Ă©galement ĂȘtre faibles. Il est actuellement impossible de quantifier ces coĂ»ts.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a permis de conclure que le dĂ©cret proposĂ© aurait des effets positifs importants sur l’environnement. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection des espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă  la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.

Le dĂ©cret proposĂ© aiderait aussi le Canada Ă  respecter les engagements qu’il a pris aux termes de la Convention sur la diversitĂ© biologique. Étant donnĂ© l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut entraĂźner une diminution des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques. Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme entraĂźnant la perte d’individus et d’espĂšces peuvent donc avoir des effets nĂ©gatifs, irrĂ©versibles et de grande portĂ©e.

Les modifications Ă  l’annexe 1 de la LEP appuieraient Ă©galement l’objectif de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD)rĂ©fĂ©rence 67 « Populations d’espĂšces sauvages en santĂ© Â» en visant Ă  garantir que « les espĂšces qui sont en sĂ©curitĂ© le demeurent, et les populations d’espĂšces en pĂ©ril inscrites en vertu des lois fĂ©dĂ©rales montrent des tendances qui sont conformes aux programmes de rĂ©tablissement et aux plans de gestion Â». Les modifications appuieraient cet objectif en aidant Ă  garantir que les espĂšces bĂ©nĂ©ficient d’une protection appropriĂ©e. Elles contribueraient aussi indirectement Ă  l’objectif de la SFDD « Mesures relatives aux changements climatiques Â» en appuyant la conservation de la biodiversitĂ©, car de nombreux Ă©cosystĂšmes jouent un rĂŽle clĂ© dans l’attĂ©nuation des effets des changements climatiques. Ces mesures appuieraient Ă©galement les objectifs du Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030 des Nations UniesrĂ©fĂ©rence 68 concernant la vie terrestre (objectif 15) et les mesures relatives Ă  la lutte contre les changements climatiques (objectif 13).

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour cette proposition afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, l’ñge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation d’emploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne est touchĂ©e par le dĂ©cret proposĂ©.

La rĂ©gion de rĂ©sidence a Ă©tĂ© Ă©tablie comme le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par la proposition. L’inscription de nouvelles espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP ou leur reclassification dans la catĂ©gorie « espĂšce en voie de disparition Â» ou « espĂšce menacĂ©e Â» (depuis la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante Â») entraĂźne l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales relatives au fait de tuer un individu d’une espĂšce protĂ©gĂ©e, de le capturer ou de lui nuire. Lorsque ces interdictions gĂ©nĂ©rales sont mises en Ɠuvre, elles peuvent avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones parce qu’elles ne s’appliquent qu’au territoire domanial, dont les rĂ©serves autochtones font partie. La reclassification d’espĂšces sauvages dans une catĂ©gorie de moindre risque ou leur radiation de la liste peut Ă©galement avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones lorsque ces modifications entraĂźnent une perte de la protection de ces espĂšces qui s’applique au territoire autochtone. Certaines des espĂšces visĂ©es par des dĂ©crets d’inscription qui se trouvent sur ce territoire ont une grande importance culturelle, cĂ©rĂ©monielle et socioĂ©conomique pour les peuples autochtones. Par consĂ©quent, les personnes rĂ©sidant dans les rĂ©serves autochtones constituent le principal sous-groupe qui pourrait ĂȘtre touchĂ© nĂ©gativement par l’inscription ou la reclassification d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Le MinistĂšre a menĂ© des consultations ciblĂ©es afin de s’assurer que toutes les populations et communautĂ©s autochtones potentiellement touchĂ©es aient la possibilitĂ© d’éclairer la dĂ©cision en suspens, de donner leur avis sur les consĂ©quences potentielles de celle-ci et de faire part de leurs idĂ©es sur la meilleure façon d’aborder les menaces pesant sur les espĂšces. En plus de ces consultations initiales, qui ont durĂ© entre quatre et neuf mois, le MinistĂšre a entrepris des consultations Ă©largies pour s’assurer que les groupes autochtones potentiellement touchĂ©s Ă©taient consultĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e. Plus prĂ©cisĂ©ment, des consultations Ă©largies ont Ă©tĂ© menĂ©es sur les modifications proposĂ©es concernant le frĂȘne bleu, le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune et l’hespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), qui ont tous des occurrences confirmĂ©es sur des terres des PremiĂšres Nations. De plus amples dĂ©tails sur ces consultations se trouvent dans la section « Mobilisation et consultation des Autochtones Â» ci-dessus.

Le MinistĂšre a compris que l’information Ă  la base des consultations est complexe et qu’elle n’est donc pas facilement accessible aux personnes ayant un faible niveau d’alphabĂ©tisation ou n’ayant pas de formation scientifique. La langue peut Ă©galement constituer un obstacle Ă  une participation constructive des peuples autochtones aux consultations. Pour relever ces dĂ©fis, le MinistĂšre a offert d’organiser des tĂ©lĂ©confĂ©rences ou des rĂ©unions en personne pour expliquer la proposition aux communautĂ©s qui ont demandĂ© plus de soutien et discuter de ses rĂ©percussions possibles.

Justification

La biodiversitĂ© est essentielle Ă  la productivitĂ©, Ă  la santĂ© et Ă  la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes, mais elle dĂ©cline rapidement dans le monde entier, Ă  mesure que les espĂšces disparaissentrĂ©fĂ©rence 69. Le dĂ©cret proposĂ© favorise la survie et le rĂ©tablissement de 16 espĂšces en pĂ©ril au Canada, contribuant ainsi au maintien de la biodiversitĂ© au pays. Une autre espĂšce, le Faucon pĂšlerin anatum/tundrius, sera radiĂ©e de la liste en raison de l’évaluation ayant permis de conclure qu’il n’est plus en pĂ©ril et qu’il n’a plus besoin de protection en vertu de la LEP. Dans le cas des 13 espĂšces qu’il est proposĂ© d’inscrire ou de reclasser comme espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition, 8 d’entre elles seraient protĂ©gĂ©es sur le territoire domanial par les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP, y compris l’interdiction de tuer, de blesser, de harceler, de capturer, de possĂ©der, de collectionner, d’acheter, de vendre et d’échanger des individus des espĂšces en question. Les 13 espĂšces nouvellement inscrites ou reclassĂ©es comme espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition bĂ©nĂ©ficieraient Ă©galement de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui dĂ©finissent les principales menaces pesant sur leur survie et, dans la mesure du possible, l’habitat essentiel nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. De plus, 3 espĂšces dont l’inscription ou la reclassification dans la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante Â» est proposĂ©e bĂ©nĂ©ficieraient de la prĂ©paration d’un plan de gestion, qui comprend des mesures de conservation des espĂšces.

En rĂ©sumĂ©, les inscriptions ou reclassifications proposĂ©es pour les espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret profiteraient aux Canadiens Ă  bien des Ă©gards, et les peuples autochtones ou les intervenants n’auraient pas Ă  assumer de coĂ»ts importants. Les coĂ»ts pour le gouvernement devraient ĂȘtre relativement faibles.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

À la suite de l’inscription, le MinistĂšre et l’APC mettront en Ɠuvre un plan de promotion de la conformitĂ©. Les initiatives de la promotion de la conformitĂ© consistent en des mesures qui encouragent la conformitĂ© volontaire Ă  la loi par des activitĂ©s d’éducation et de sensibilisation et visent Ă  faire connaĂźtre et comprendre les interdictions. Les activitĂ©s de sensibilisation s’adresseraient, au besoin, aux peuples autochtones et aux intervenants susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©s afin :

Ces objectifs pourraient ĂȘtre atteints, lĂ  oĂč cela est nĂ©cessaire, grĂące Ă  la crĂ©ation et Ă  la diffusion de produits d’information expliquant les nouvelles interdictions concernant les espĂšces visĂ©es par ce dĂ©cret qui s’appliqueront sur le territoire domanial, le processus de planification du rĂ©tablissement qui suit l’inscription ou la reclassification, la façon dont les peuples autochtones et les intervenants peuvent participer, ainsi que les renseignements gĂ©nĂ©raux sur chacune des espĂšces. Ces ressources seront publiĂ©es dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril. Des envois postaux et des prĂ©sentations destinĂ©es aux publics cibles pourraient aussi ĂȘtre envisagĂ©s.

Dans les lieux patrimoniaux de l’Agence Parcs Canada, le personnel de premiĂšre ligne reçoit l’information appropriĂ©e concernant les espĂšces en pĂ©ril qui se trouvent sur leurs sites afin qu’il puisse informer les visiteurs des mesures de prĂ©vention et les faire participer Ă  la protection et Ă  la conservation des espĂšces en pĂ©ril.

AprĂšs l’inscription des espĂšces concernĂ©es, la prĂ©paration et la mise en Ɠuvre de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion peuvent mener Ă  des recommandations de mesures de rĂ©glementation supplĂ©mentaires pour la protection des espĂšces sauvages. Ces recommandations peuvent aussi s’inspirer des dispositions d’autres lois du Parlement pour assurer la protection requise.

Conformité et application

La LEP prĂ©voit des sanctions en cas d’infraction Ă  la Loi, notamment des amendes ou des peines d’emprisonnement, la saisie et la confiscation des biens saisis ou des produits de leur aliĂ©nation. Dans certaines conditions, un accord sur des mesures de rechange peut ĂȘtre conclu avec la personne accusĂ©e d’une infraction. La LEP prĂ©voit Ă©galement l’inspection ainsi que des opĂ©rations de recherche et de saisie par les agents de l’autoritĂ© dĂ©signĂ©s pour en contrĂŽler l’application. En vertu des dispositions sur les peines, une sociĂ©tĂ© reconnue coupable d’une infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire est passible d’une amende maximale de 300 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 50 000 $ et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 50 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou des deux. Une sociĂ©tĂ© reconnue coupable d’une infraction punissable par mise en accusation est passible d’une amende maximale de 1 000 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 250 000 $ et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 250 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans, ou des deux.

Normes de service

Comme il est indiquĂ© ci-dessus, l’article 73 de la LEP permet Ă  une personne de demander au ministre compĂ©tent un permis l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus. Une fois que le demandeur est avisĂ© de la rĂ©ception de sa demande de permis en vertu de l’article 73, le ministre dispose de 90 jours pour dĂ©livrer le permis ou refuser de le fairerĂ©fĂ©rence 70. Le dĂ©lai de 90 jours peut ne pas s’appliquer dans certaines circonstances.

En vertu de l’article 73 de la LEP, le RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite contribue Ă  la cohĂ©rence, Ă  la prĂ©visibilitĂ© et Ă  la transparence du processus de dĂ©livrance des permis en vertu de la LEP en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le MinistĂšre mesure le rendement de ses services chaque annĂ©e, et l’information sur le rendement est diffusĂ©e sur le site Web du MinistĂšrerĂ©fĂ©rence 71 au plus tard le 1er juin pour l’exercice prĂ©cĂ©dent.

Personne-ressource

Paula Brand
Directrice
Politiques sur la Loi sur les espÚces en péril
Service canadien de la faune
Ministùre de l’Environnement
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
TĂ©lĂ©phone : 1‑800‑668‑6767
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca

ANNEXE 1 — DESCRIPTION DES ESPÈCES AJOUTÉES OU RECLASSIFIÉES À L’ANNEXE 1 DE LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

A — EspĂšces que l’on propose d’ajouter Ă  l’annexe 1 de la LEP

1. Bruant Ă  face noire (Zonotrichia querula) — espĂšce prĂ©occupante

À propos de l’espùce

Le Bruant Ă  face noire est un bruant de grande taille dotĂ© d’un capuchon et d’une bavette noirs distinctifs. Le plumage est semblable chez les deux sexes. Cet oiseau est le seul passereau qui ne niche qu’au Canada.

La conversion de l’habitat de l’espĂšce en terres agricoles et, dans une moindre mesure, l’étalement urbain constituent des menaces pour l’espĂšce, mais on ne connaĂźt pas la portĂ©e de ces menaces.

Avantages de l’espùce

Comme il est le bruant de plus grande taille en AmĂ©rique du Nord et le seul qui niche seulement au Canada, le Bruant Ă  face noire entraĂźne probablement des activitĂ©s d’observation des oiseaux. Selon l’EnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă  des activitĂ©s d’observation d’oiseaux chaque annĂ©e (environ 20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur d’oiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($CAN de 2012) par annĂ©e Ă  cette activitĂ©.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et mai 2018. Six commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă  l’appui de l’inscription de cette espĂšce, et un commentaire ne s’y opposait pas.

Justification de l’inscription

Les donnĂ©es des Recensements des oiseaux de NoĂ«l dans le Midwest amĂ©ricain montrent une baisse significative Ă  long terme de 59 % au cours des 35 derniĂšres annĂ©es, dont 16 % au cours de la derniĂšre dĂ©cennie.

Bien que l’inscription en tant qu’espĂšce prĂ©occupante n’entraĂźne pas l’imposition d’interdictions prĂ©vues Ă  la LEP, elle peut contribuer Ă  la conservation de l’espĂšce au Canada, en exigeant l’élaboration d’un plan de gestion, qui inclurait des mesures visant Ă  empĂȘcher que l’espĂšce devienne davantage en pĂ©ril.

2. Lobaire rĂ©ticulĂ©e (Lobaria retigera) — espĂšce menacĂ©e

À propos de l’espùce

La lobaire rĂ©ticulĂ©e est un cyanolichen rare Ă©troitement associĂ© aux forĂȘts humides matures ou anciennes. Son thalle se caractĂ©rise par sa face supĂ©rieure foncĂ©e Ă  crĂȘtes en forme de filet ou rĂ©ticulĂ©e et ses abondantes propagules vĂ©gĂ©tatives ressemblant Ă  des grains (isidies).

La lobaire rĂ©ticulĂ©e est limitĂ©e par la disponibilitĂ© de l’habitat convenable (forĂȘts humides matures ou anciennes) et sa faible capacitĂ© de dispersion. L’abondance des forĂȘts de thuyas et de pruche humides matures ou anciennes a diminuĂ© en raison de l’expansion graduelle de l’exploitation forestiĂšre. D’autres menaces dĂ©coulent des infestations de l’arpenteuse de la pruche et des incendies, dont la gravitĂ© et la frĂ©quence devraient augmenter en raison de la hausse des tempĂ©ratures annuelles moyennes attribuable au rĂ©chauffement climatique.

Avantages de l’espùce

La lobaire rĂ©ticulĂ©e prĂ©sente des avantages Ă©cologiques en favorisant la santĂ© globale des Ă©cosystĂšmes. Elle a Ă©galement une valeur d’existence en tant qu’espĂšce phare de l’habitat de forĂȘt pluviale tempĂ©rĂ©e.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et mai 2019. Deux commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s en opposition Ă  l’inscription de l’espĂšce.

Justification de l’inscription

Une rĂ©duction de plus de 30 % des individus connus et estimĂ©s de cette espĂšce de lichen est prĂ©vue, principalement en raison des impacts rĂ©cents et futurs de l’exploitation forestiĂšre, au cours des trois prochaines gĂ©nĂ©rations. Il existe des incertitudes quant aux impacts des changements climatiques prĂ©vus, mais ces derniers pourraient exacerber la perte de l’espĂšce.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

3. HespĂ©rie tachetĂ©e (population borĂ©ale) (Erynnis martialis) — espĂšce en voie de disparition

À propos de l’espùce

L’hespĂ©rie tachetĂ©e est un papillon diurne de la famille des HespĂ©riidĂ©s. Cette hespĂ©rie gris foncĂ© de taille moyenne, fortement marbrĂ©e, se caractĂ©rise par de lĂ©gers reflets violacĂ©s. La prĂ©sence de taches brun jaunĂątre donne aux ailes postĂ©rieures un aspect marbrĂ© qui distingue l’hespĂ©rie tachetĂ©e des autres hespĂ©ries du genre Erynnis.

En ce moment, la quasi-totalitĂ© des sites est menacĂ©e d’une maniĂšre ou d’une autre. Le dĂ©veloppement urbain, la succession naturelle, la gestion inappropriĂ©e des incendies (dommageable au papillon et Ă  son arbuste hĂŽte), la pulvĂ©risation de Btk contre la spongieuse, un insecte dĂ©foliant non indigĂšne, les inondations naturelles et la plantation de pins gris constituent les principales menaces qui pĂšsent sur un ou plusieurs sites.

Avantages de l’espùce

Comme la plupart des papillons dotĂ©s d’un proboscis (c’est-Ă -dire une longue langue tubulaire servant de paille), l’hespĂ©rie tachetĂ©e est un pollinisateur, favorisant la reproduction et la dispersion des plantes florifĂšres, et contribuant ainsi Ă  la biodiversitĂ© de la flore.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2014 et mars 2014. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© formulĂ©.

Justification de l’inscription

Ce papillon est en dĂ©clin dans toute son aire de rĂ©partition nord-amĂ©ricaine. Au Canada, cette population particuliĂšre est restreinte Ă  une petite zone de pinĂšdes dans le sud-est du Manitoba. Toutes les localitĂ©s sont menacĂ©es. Une localitĂ© devrait ĂȘtre inondĂ©e d’ici dix ans et les quatre autres pourraient connaĂźtre des dĂ©clins de population considĂ©rables en raison de la succession forestiĂšre naturelle. L’habitat de l’espĂšce Ă  toutes les localitĂ©s pourrait faire l’objet d’une pulvĂ©risation de Btk pour lutter contre la spongieuse. Tous les sites actuellement non documentĂ©s connaĂźtront probablement une gamme similaire de menaces.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

4. HespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) (Erynnis martialis) — espĂšce en voie de disparition

À propos de l’espùce

L’hespĂ©rie tachetĂ©e est un papillon diurne de la famille des HespĂ©riidĂ©s. Cette hespĂ©rie gris foncĂ© de taille moyenne, fortement marbrĂ©e, se caractĂ©rise par de lĂ©gers reflets violacĂ©s. La prĂ©sence de taches brun jaunĂątre donne aux ailes postĂ©rieures un aspect marbrĂ© qui distingue l’hespĂ©rie tachetĂ©e des autres hespĂ©ries du genre Erynnis.

En ce moment, la quasi-totalitĂ© des sites est menacĂ©e d’une maniĂšre ou d’une autre. Le dĂ©veloppement urbain, la succession naturelle, la gestion inappropriĂ©e des incendies (dommageable au papillon et Ă  son arbuste hĂŽte), la pulvĂ©risation de Btk contre la spongieuse, un insecte dĂ©foliant non indigĂšne, les inondations naturelles et la plantation de pins gris constituent les principales menaces qui pĂšsent sur un ou plusieurs sites.

Avantages de l’espùce

Comme la plupart des papillons dotĂ©s d’un proboscis (c’est-Ă -dire une longue langue tubulaire servant de paille), l’hespĂ©rie tachetĂ©e est un pollinisateur, favorisant la reproduction et la dispersion des plantes florifĂšres, et contribuant ainsi Ă  la biodiversitĂ© de la flore.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2013 et mars 2014. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© formulĂ©.

Justification de l’inscription

La population est disparue du QuĂ©bec et occupe maintenant quelques localitĂ©s isolĂ©es dans le sud de l’Ontario, dont le nombre continue de connaĂźtre un dĂ©clin. Les effectifs de la population sont aussi en dĂ©clin. L’espĂšce est menacĂ©e principalement par la fragmentation de l’habitat, mais Ă©galement par la perte et la dĂ©gradation de l’habitat en raison, par exemple, du dĂ©veloppement, de la succession naturelle, de la suppression des feux et du broutage intensif par les cerfs.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

5. Coccinelle Ă  neuf points (Coccinella novemnotata) — espĂšce en voie de disparition

À propos de l’espùce

La coccinelle Ă  neuf points est un petit colĂ©optĂšre indigĂšne en AmĂ©rique du Nord. Les adultes se reconnaissent facilement Ă  leurs caractĂšres morphologiques externes distinctifs : les Ă©lytres sont orange pĂąle Ă  rouges, avec une ligne foncĂ©e bordant la suture de chaque Ă©lytre. Les Ă©lytres sont gĂ©nĂ©ralement ornĂ©s de neuf points, mais la taille et le nombre de points peuvent varier.

Les causes prĂ©cises du dĂ©clin de la coccinelle Ă  neuf points sont inconnues. Les menaces potentielles pesant sur l’espĂšce comprennent les interactions nĂ©gatives avec des espĂšces non indigĂšnes rĂ©cemment Ă©tablies, telles la coccinelle Ă  sept points et la coccinelle asiatique, rĂ©sultant de la compĂ©tition, de la prĂ©dation intraguilde et des effets indirects de l’introduction de pathogĂšnes. Les effets directs et indirects des pesticides et des autres produits chimiques utilisĂ©s en agriculture pour lutter contre les pucerons, principales proies de l’espĂšce, ainsi que la perte d’habitat occasionnĂ©e par l’expansion urbaine, l’abandon des terres agricoles et d’autres perturbations humaines sont Ă©galement considĂ©rĂ©s comme des menaces potentielles.

Avantages de l’espùce

La coccinelle à neuf points présente des avantages écologiques, comme la lutte contre les prédateurs de cultures.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2017. Cinq commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă  l’appui de l’inscription de cette espĂšce, et cinq commentaires ne s’y opposaient pas.

Justification de l’inscription

La coccinelle Ă  neuf points a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© commune et largement rĂ©partie dans l’ensemble du sud du Canada, depuis l’üle de Vancouver jusque dans le sud du QuĂ©bec, en passant par les Prairies. Depuis, elle a connu un dĂ©clin considĂ©rable et est maintenant rarement observĂ©e. MalgrĂ© des efforts de recherche ciblĂ©s au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, l’abondance de l’espĂšce a diminuĂ© relativement Ă  d’autres espĂšces de coccinelles. Les causes prĂ©cises du dĂ©clin sont inconnues. Les menaces possibles comprennent l’introduction de coccinelles non indigĂšnes, lesquelles pourraient affecter cette espĂšce indigĂšne par la compĂ©tition, la prĂ©dation intraguilde, ou l’introduction d’agents pathogĂšnes. D’autres menaces possibles incluent la diminution de la qualitĂ© de l’habitat causĂ©e par les effets indirects de l’utilisation de pesticides/substances chimiques associĂ©s Ă  l’agriculture pour lutter contre leurs espĂšces proies, l’expansion urbaine, ainsi que l’abandon des terres agricoles et la succession naturelle subsĂ©quente.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

6. HespĂ©rie du Colorado (Hesperia colorado oregonia) — espĂšce en voie de disparition

À propos de l’espùce

L’hespĂ©rie du Colorado est un petit papillon de la famille des HespĂ©riidĂ©s. Le dessus des ailes est principalement orange rougeĂątre, largement marginĂ© de brun foncĂ©, avec des taches angulaires orange. En dessous, les ailes sont gris verdĂątre, avec le fond des ailes postĂ©rieures brun riche.

L’épandage d’insecticides Ă  base de Btk contre la spongieuse est considĂ©rĂ© comme la principale menace pesant sur l’espĂšce. Les menaces Ă  la pĂ©rennitĂ© de l’habitat incluent la conversion et la perte d’habitat, la suppression des incendies, les espĂšces vĂ©gĂ©tales non indigĂšnes envahissantes, la succession vĂ©gĂ©tale naturelle et les tempĂȘtes et les inondations associĂ©es aux changements climatiques.

Avantages de l’espùce

Comme la plupart des papillons dotĂ©s d’un proboscis (c’est-Ă -dire une longue langue tubulaire servant de paille), l’hespĂ©rie du Colorado est un pollinisateur, favorisant la reproduction et la dispersion des plantes florifĂšres, et contribuant ainsi Ă  la biodiversitĂ© de la flore.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et avril 2015. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© formulĂ©.

Justification de l’inscription

Cette espĂšce vit dans les Ă©cosystĂšmes Ă  vĂ©gĂ©tation clairsemĂ©e du chĂȘne de Garry et de langues de sable cĂŽtiĂšres, qui ont subi d’énormes pertes par le passĂ©. Les populations de cette hespĂ©rie ont probablement connu des dĂ©clins semblables et il ne reste que quatre des seize sites, lesquels totalisent moins de 16 kmrĂ©fĂ©rence 2. Cet habitat est fragmentĂ© et isolĂ©. Toutefois, les principales menaces pesant actuellement sur cette hespĂ©rie sont l’application du pesticide Btk utilisĂ© pour lutter contre la spongieuse, une espĂšce envahissante, et la succession de la vĂ©gĂ©tation dans les habitats ouverts.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

7. HĂ©mileucin de Nuttall (Hemileuca nuttalli) — espĂšce en voie de disparition

À propos de l’espùce

L’hĂ©mileucin de Nuttall est une grande espĂšce de papillon nocturne qui appartient Ă  la famille des SaturniidĂ©s. Chez les adultes des deux sexes, les ailes antĂ©rieures mesurent 32 Ă  39 mm de longueur et sont blanches Ă  jaune pĂąle, tandis que les ailes postĂ©rieures sont jaune vif; les deux paires d’ailes sont ornĂ©es d’un motif d’épaisses marques noires.

Les effets cumulĂ©s de la perte cumulĂ©e d’habitat et de la dĂ©gradation et de la fragmentation des parcelles d’habitat restantes causĂ©es par l’agriculture (principalement l’amĂ©nagement de vignobles et de vergers) et le dĂ©veloppement rĂ©sidentiel et commercial reprĂ©sentent les plus importantes menaces pour les populations d’hĂ©mileucins de Nuttall au Canada.

Avantages de l’espùce

L’hĂ©mileucin de Nuttall offre des avantages rĂ©crĂ©atifs, suscitant l’intĂ©rĂȘt des entomologistes tant amateurs que professionnels. Il prĂ©sente une valeur d’existence en tant qu’emblĂšme de l’écosystĂšme Ă  purshie tridentĂ©e et un avantage Ă  titre de bio-indicateur de la santĂ© globale de l’écosystĂšme.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2017. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© formulĂ©.

Justification de l’inscription

Ce grand papillon nocturne, voyant et remarquable est restreint Ă  l’habitat de la purshie tridentĂ©e dans la vallĂ©e de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. Ce type d’habitat a connu un dĂ©clin considĂ©rable en qualitĂ© et en Ă©tendue au cours du dernier siĂšcle et demeure menacĂ© par la conversion continue en viticulture, le dĂ©veloppement rĂ©sidentiel et commercial ainsi que par l’impact des incendies. Ce papillon nocturne est rare au Canada, peu d’individus ont Ă©tĂ© observĂ©s depuis la premiĂšre mention en 1920. Des fluctuations potentiellement importantes dans la taille de la population pourraient affecter sa viabilitĂ© Ă  long terme.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

8. Polyspire rayĂ© (Webbhelix multilineata) — espĂšce en voie de disparition

À propos de l’espùce

Le polyspire rayĂ© est un gros escargot terrestre, dont la coquille jaune pĂąle, mince, ronde, mais lĂ©gĂšrement aplatie, prĂ©sente des bandes spiralĂ©es de couleur plus foncĂ©e. Cette espĂšce fait partie de la faune unique de la forĂȘt carolinienne au Canada, et elle a une importance particuliĂšre pour le fonctionnement de l’écosystĂšme par l’intermĂ©diaire du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. La population Ă©tablie Ă  la limite de l’aire de rĂ©partition de l’espĂšce au Canada est importante pour assurer la conservation de l’espĂšce Ă  l’échelle mondiale.

Avantages de l’espùce

Le polyspire rayĂ© fournit de la nourriture Ă  d’autres animaux. De plus, il offre un avantage Ă©cologique en contribuant Ă  la dĂ©composition et au cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. Il se trouve Ă  la limite septentrionale de son aire de rĂ©partition au Canada et pourrait constituer une valeur d’option dans les Ă©tudes approfondies de la recherche sur l’espĂšce.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et mai 2019. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© reçu.

Justification de l’inscription

Ce gros escargot terrestre est prĂ©sent sur l’üle PelĂ©e, dans le lac ÉriĂ©, et dans trois sites des terres continentales du sud-ouest de l’Ontario : parc national de la Pointe-PelĂ©e, Ăźle Walpole et rĂ©serve de conservation Bickford Oak Woods. L’espĂšce semble avoir disparu de quatre autres sites historiquement connus des terres continentales et d’au moins un site de l’üle PelĂ©e. L’altĂ©ration et la perte d’habitat causĂ©es par l’humain ont entraĂźnĂ© le dĂ©clin et l’isolement de la population. Parmi les menaces figurent les phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes (p. ex. sĂ©cheresses), les brĂ»lages dirigĂ©s et les perturbations humaines (c.-Ă -d. piĂ©tinement pendant que l’espĂšce s’alimente dans des sentiers lorsque les conditions sont humides).

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

9. GĂ©rardie de Virginie (Aureolaria virginica) — espĂšce en voie de disparition

10. GĂ©rardie fausse-pĂ©diculaire (Aureolaria pedicularia) — espĂšce menacĂ©e

11. GĂ©rardie jaune (Aureolaria flava) — espĂšce menacĂ©e

À propos de ces espùces

Les trois espĂšces de gĂ©rardies prĂ©sentes au Canada sont des plantes herbacĂ©es vivaces qui possĂšdent des fleurs jaune voyant. Une petite partie de l’aire de rĂ©partition mondiale des trois espĂšces s’étend dans le sud-ouest de l’Ontario. Les trois espĂšces sont disparues de nombreux anciens sites.

La population de gĂ©rardie de Virginie est trĂšs petite, comptant environ 400 individus matures dans 5 sous-populations situĂ©es dans le sud-ouest de l’Ontario. Les trois quarts de la population se trouvent sur un site prĂšs de Cambridge (Ontario).

La gĂ©rardie fausse-pĂ©diculaire se trouve dans les savanes et les forĂȘts claires, aux cĂŽtĂ©s du chĂȘne noir, son hĂŽte de prĂ©dilection. Environ 85 % de la population se trouve dans les sous-populations du complexe Pinery et du complexe de la pointe Turkey.

La gĂ©rardie jaune se trouve dans les savanes et les forĂȘts claires, aux cĂŽtĂ©s du chĂȘne noir, son hĂŽte de prĂ©dilection. La population canadienne est estimĂ©e entre 464 et 1 409 individus matures. Plus de 60 % de la population se trouve dans trois sites de la sous-population du complexe de prairies Ojibway.

Avantages de l’espùce

Valeur socioĂ©conomique et culturelle pour les peuples autochtones; approvisionnement en nourriture pour d’autres espĂšces; valeur d’option.

Consultations

Des consultations ont Ă©tĂ© menĂ©es pour cette espĂšce de janvier Ă  mai 2019. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© reçu.

Justification de l’inscription

Les trois espĂšces de gĂ©rardies, en raison de leur association avec les Ă©cosystĂšmes de chĂȘnes dĂ©gagĂ©s Ă  semi-dĂ©gagĂ©s, sont exposĂ©es Ă  des menaces semblables. La suppression des incendies et le broutage par le cerf de Virginie menacent les localitĂ©s existantes restantes. Certaines petites sous-populations de chaque espĂšce sont exposĂ©es Ă  un risque considĂ©rable de disparition, car les plantes sont situĂ©es Ă  proximitĂ© de sentiers rĂ©crĂ©atifs trĂšs frĂ©quentĂ©s.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce en voie de disparition et menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

12. Gesse littorale (Lathyrus littoralis) — espĂšce menacĂ©e

À propos de l’espùce

La gesse littorale est une herbacĂ©e vivace Ă  rhizome qui atteint une hauteur de 10 Ă  60 cm. Les tiges sont ramifiĂ©es et densĂ©ment couvertes de poils soyeux gris. Les feuilles sont alternes et composĂ©es-pennĂ©es; elles comprennent 4 Ă  8 folioles et sont dĂ©pourvues de vrilles. Les fleurs sont typiques des LĂ©gumineuses; les pĂ©tales infĂ©rieurs et latĂ©raux sont blancs, tandis que le pĂ©tale supĂ©rieur, plus grand, est de couleur rose, rouge ou violet.

Avantages de l’espùce

La gesse littorale est une source de nourriture pour les populations cĂŽtiĂšres de cerfs, et divers insectes s’alimentent de ses fleurs. Elle compte Ă©galement parmi les quelques espĂšces que le stade larvaire du Platyprepia virginalis utilise comme plante hĂŽte.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2013 et mars 2014. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© reçu.

Justification de l’inscription

Cette plante des dunes cĂŽtiĂšres, dont l’aire de rĂ©partition mondiale se trouve en majeure partie au Canada, est menacĂ©e par la compĂ©tition que lui livrent les plantes exotiques envahissantes ainsi que par les vĂ©hicules tout-terrain, le piĂ©tinement, l’herbivorie et la diminution de l’habitat convenable due aux marĂ©es de tempĂȘte de plus en plus frĂ©quentes et plus fortes en raison des changements climatiques. La rĂ©partition restreinte de l’espĂšce, le trĂšs faible nombre d’individus et le petit nombre de sous-populations rendent l’espĂšce en pĂ©ril.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

B – EspĂšces que l’on propose de reclasser Ă  l’annexe 1 de la LEP

13. Engoulevent d’AmĂ©rique (Chordeiles minor) — reclassification d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce prĂ©occupante

À propos de l’espùce

L’Engoulevent d’AmĂ©rique est le membre le plus frĂ©quemment observĂ© de la famille des engoulevents. Il chasse et attrape des insectes volants en plein vol, et il est surtout actif entre le crĂ©puscule et l’aube. Il est extrĂȘmement bien camouflĂ©, grĂące Ă  son plumage brun tachetĂ©, lorsqu’il se repose au sol ou sur des surfaces horizontales. L’Engoulevent d’AmĂ©rique est le plus souvent observĂ© en vol, lorsqu’il peut ĂȘtre reconnu par son vol bondissant distinctif, sa bande blanche Ă  proximitĂ© du bout de l’aile, et son cri nasillard « pßßnt Â».

Avantages de l’espùce

L’Engoulevent d’AmĂ©rique est un important agent de contrĂŽle des populations d’insectes, car il mange de grandes quantitĂ©s d’insectes volants, sa seule source de nourriture. En tant qu’oiseau, il offre aussi probablement des avantages rĂ©crĂ©atifs aux observateurs d’oiseaux. Selon l’EnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă  des activitĂ©s d’observation d’oiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur d’oiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($ CAN de 2012) par annĂ©e Ă  cette activitĂ©.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2019. Huit commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă  l’appui de l’inscription de cette espĂšce, six commentaires s’y opposaient et dix commentaires ne s’y opposaient pas.

Justification de la reclassification

Cet insectivore aĂ©rien est un oiseau rĂ©pandu dans le sud et la rĂ©gion borĂ©ale du Canada. Dans le sud du pays, sa population a connu une baisse de 68 % depuis 1970, mais le taux de dĂ©clin a diminuĂ© considĂ©rablement au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, et l’espĂšce semble relativement abondante dans les habitats borĂ©aux convenables. Des prĂ©occupations demeurent sur les effets des activitĂ©s humaines et des changements climatiques sur la rĂ©duction de la disponibilitĂ© de nourriture et sites de nidification.

Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs l’inscription de celle-ci en tant qu’espĂšce menacĂ©e en 2010. Une reclassification d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce prĂ©occupante n’empĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ  en cours, car elle nĂ©cessite l’élaboration d’un plan de gestion pour Ă©viter que l’espĂšce ne devienne encore plus en pĂ©ril.

14. Moucherolles Ă  cĂŽtĂ©s olive (Contopus cooperi) — reclassification d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce prĂ©occupante

À propos de l’espùce

Le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive est un oiseau chanteur de taille moyenne. Les adultes ont le plumage olive brunĂątre profond sur le dessus, tandis que la gorge, le centre de la poitrine et le ventre jusqu’aux sous-caudales sont blanchĂątres, ce qui contraste fortement avec les flancs et les cĂŽtĂ©s sombres de la poitrine qui les font paraĂźtre vĂȘtus. Des touffes blanches sont souvent visibles au-dessus des ailes, de chaque cĂŽtĂ© du croupion. Les ailes sont foncĂ©es et prĂ©sentent des barres alaires pĂąles et indistinctes, et le bec est gros.

Avantages de l’espùce

Le Moucherolle Ă  cĂŽtĂ©s olive est un important agent de contrĂŽle des populations d’insectes, car il mange de grandes quantitĂ©s d’insectes volants, sa seule source de nourriture. Il se peut que l’espĂšce constitue Ă©galement une motivation pour les activitĂ©s d’observation d’oiseaux, offrant des avantages rĂ©crĂ©atifs aux observateurs. Selon l’EnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă  des activitĂ©s d’observation d’oiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur d’oiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($CAN de 2012) par annĂ©e Ă  cette activitĂ©.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2019. Huit commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă  l’appui de l’inscription de cette espĂšce, cinq commentaires s’y opposaient, et douze commentaires ne s’y opposaient pas.

Justification de la reclassification

La population canadienne de cet oiseau chanteur forestier rĂ©pandu a subi un dĂ©clin substantiel Ă  long terme, mais le taux de dĂ©clin a diminuĂ© au cours de la derniĂšre dĂ©cennie. La perte d’habitat d’hivernage dans le nord de l’AmĂ©rique du Sud est probablement la menace la plus importante auquel fait face cet insectivore aĂ©rien, mais l’espĂšce pourrait Ă©galement ĂȘtre touchĂ©e par les changements dans les aires de reproduction, comme les effets de l’altĂ©ration des rĂ©gimes d’incendie et des changements climatiques sur la qualitĂ© de l’habitat de nidification ainsi que la rĂ©duction de l’abondance et de la disponibilitĂ© des insectes volants.

Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs l’inscription de celle-ci en tant qu’espĂšce menacĂ©e en 2010. Une reclassification d’espĂšce menacĂ©e Ă  espĂšce prĂ©occupante n’empĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ  en cours, car elle nĂ©cessite l’élaboration d’un plan de gestion pour Ă©viter que l’espĂšce ne devienne encore plus en pĂ©ril.

15. FrĂȘne bleu (Fraxinus quadrangulata) — reclassification d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce menacĂ©e

À propos de l’espùce

Le frĂȘne bleu est un arbre de dimensions moyennes et il compte parmi les six espĂšces de frĂȘne indigĂšnes du Canada. Le tronc est droit ou irrĂ©gulier et la cime est Ă©troite, petite et de forme arrondie. L’écorce Ă©cailleuse est de couleur claire, gris rougeĂątre ou gris havane. Les feuilles sont composĂ©es et opposĂ©es; elles comportent sept folioles. Les rameaux sont quadrangulaires en raison de la prĂ©sence de quatre crĂȘtes ou ailerons subĂ©reux trĂšs apparents (d’oĂč l’épithĂšte spĂ©cifique quadrangulata). Des grappes de petites fleurs sans pĂ©tales apparaissent au printemps Ă  mesure que les nouvelles feuilles se dĂ©roulent. Le fruit est une samare unisĂ©minĂ©e, habituellement tordue; son aile large porte une encoche. Le frĂȘne bleu possĂšde le trait distinctif de garder ses branches infĂ©rieures mortes, ce qui lui donne un aspect nĂ©gligĂ©.

Avantages de l’espùce

Le frĂȘne bleu a une valeur socioĂ©conomique et culturelle pour les peuples autochtones, car la teinture provenant du tronc de l’arbre est utilisĂ©e pour teindre des tissus. Ses graines servent de nourriture Ă  des animaux. Il a Ă©galement une valeur d’option dans les recherches approfondies sur la rĂ©sistance Ă  l’agrile du frĂȘne.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2015 et mai 2016. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© reçu.

Justification de l’inscription

Cet arbre a une rĂ©partition limitĂ©e dans les forĂȘts caroliniennes du sud-ouest de l’Ontario. La petite taille de la population totale que l’on retrouve dans un paysage fragmentĂ©, combinĂ©e avec l’impact potentiel croissant du broutage par le cerf de Virginie et l’infestation de l’agrile du frĂȘne, une espĂšce envahissante, exposent l’espĂšce Ă  un risque de connaĂźtre d’autres dĂ©clins dans la plupart des sites. De plus, les arbres matures sur l’üle Middle sont menacĂ©s par les impacts causĂ©s par les Cormorans Ă  aigrettes nicheurs.

Une reclassification Ă  la LEP en tant qu’espĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

16. Couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest (Coluber constrictor mormon) — reclassification d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce menacĂ©e

À propos de l’espùce

La couleuvre agile est un serpent relativement mince qui mesure normalement moins d’un mĂštre de longueur. Les adultes, uniformĂ©ment gris ou vert olive, ont le ventre jaune, tandis que les juvĂ©niles ont une sĂ©rie de bandes brunes en forme de selle le long du dos qui pĂąlissent Ă  mesure que les individus vieillissent. La couleuvre agile est inoffensive pour l’ĂȘtre humain et se nourrit principalement d’insectes. On rencontre l’espĂšce dans la partie intĂ©rieure mĂ©ridionale et centrale de la Colombie-Britannique, laquelle inclut au moins cinq zones de population distinctes prĂšs de Trail, de Grand Forks et de Midway, ainsi qu’à l’intĂ©rieur des bassins hydrographiques de l’Okanagan et de la Similkameen ainsi que de ceux de la Thompson et du Fraser.

Avantages de l’espùce

La couleuvre agile Ă  ventre jaune de l’Ouest prĂ©sente des avantages Ă©cologiques, contribuant possiblement Ă  la rĂ©duction de l’infestation en se nourrissant de rongeurs. Elle prĂ©sente une valeur d’option pour les Ă©tudes, se trouvant Ă  la limite septentrionale de son aire de rĂ©partition au Canada. Il est Ă©galement possible qu’elle prĂ©sente une valeur socioĂ©conomique et culturelle pour les peuples autochtones.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2017. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce n’a Ă©tĂ© reçu.

Justification de l’inscription

Cette couleuvre est prĂ©sente dans cinq vallĂ©es du centre-sud de la Colombie-Britannique. La perte et la fragmentation de l’habitat aux dĂ©pens de l’agriculture et le dĂ©veloppement urbain menacent l’espĂšce, surtout que l’espĂšce s’adapte particuliĂšrement mal Ă  l’urbanisation. Le rĂ©seau routier toujours en expansion et l’accroissement du trafic augmentent le taux de mortalitĂ© et fragmentent encore plus l’habitat. L’épandage de pesticides dans les zones agricoles pourrait nuire Ă  l’espĂšce, soit par contamination directe ou contamination des insectes dont elle se nourrit. Il est peu probable qu’une immigration d’individus des États-Unis soit suffisante pour avoir un effet salvateur en raison de la perte considĂ©rable d’habitats dans la zone adjacente Ă  la frontiĂšre.

Une inscription Ă  la LEP en tant qu’espĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de l’espĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire l’élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un ou plusieurs plans d’action.

C – EspĂšce que l’on propose de radier de la LEP

17. Faucon pĂšlerin (Falco peregrinus anatum/tundrius) — d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce non en pĂ©ril

À propos de l’espùce

Cette sous-espĂšce se rencontre sur presque tout le littoral de la ColombieBritannique. MalgrĂ© la hausse continue de ses effectifs, la population demeure petite. Toutefois, une grande portion de la population niche dans des aires protĂ©gĂ©es, et la probabilitĂ© d’immigration de source externe Ă  partir des États-Unis est Ă©levĂ©e.

Avantages de l’espùce

En tant qu’espĂšce charismatique et grandement connue au Canada pour ses capacitĂ©s physiques, le Faucon pĂšlerin suscite probablement des activitĂ©s d’observation d’oiseaux. Le Faucon pĂšlerin est Ă©galement un important agent de contrĂŽle des populations d’oiseaux, car son rĂ©gime alimentaire est principalement composĂ© d’oiseaux. Selon l’EnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă  des activitĂ©s d’observation d’oiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur d’oiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($CAN de 2012) par annĂ©e Ă  cette activitĂ©.

Consultations

Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2019. Quarantesix commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă  l’appui de l’inscription de cette espĂšce, deux commentaires s’y opposaient et neuf commentaires ne s’y opposaient pas.

Justification de l’inscription

AprĂšs des baisses marquĂ©es au milieu du 20e siĂšcle, cette espĂšce a connu un regain important au cours des derniĂšres dĂ©cennies, affichant de façon continue des hausses modĂ©rĂ©es Ă  fortes dans de nombreuses parties du Canada depuis le dernier rapport de situation en 2007. Le rĂ©tablissement initial Ă©tait le rĂ©sultat de rĂ©introductions dans la majeure partie du sud du Canada Ă  la suite de l’interdiction des pesticides organochlorĂ©s (p. ex. DDT). De plus en plus, la croissance dĂ©mographique continue est fonction d’une productivitĂ© saine et, dans le cas des couples nicheurs en milieu urbain, de l’exploitation d’habitat auparavant inoccupĂ©.

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, se propose de prendre le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, ci-aprĂšs.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication, et d’envoyer le tout Ă  Paula Brand, directrice, Politiques sur la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, Service canadien de la faune, ministĂšre de l’Environnement, Gatineau (QuĂ©bec), K1A 0H3 (tĂ©l. : 1‑800‑668‑6767; courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca).

Ottawa, le 24 mai 2022

La greffiÚre adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Modifications

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Mollusques Â», de ce qui suit :

2 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

4 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

5 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Reptiles Â», de ce qui suit :

6 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

7 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Lichens Â», de ce qui suit :

8 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

9 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Oiseaux Â», de ce qui suit :

10 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Reptiles Â», de ce qui suit :

11 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Plantes Â», de ce qui suit :

Entrée en vigueur

12 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.