La Gazette du Canada, Partie I, volume 156, numĂ©ro 22 : DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril
Le 28 mai 2022
Fondement législatif
Loi sur les espÚces en péril
MinistĂšre responsable
MinistĂšre de lâEnvironnement
RĂSUMĂ DE LâĂTUDE DâIMPACT DE LA RĂGLEMENTATION
(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)
Enjeux
La biodiversitĂ© dĂ©cline rapidement dans le monde entier, Ă mesure que certaines espĂšces disparaissent. Selon un rĂ©cent rapport dâun groupe international dâexpertsrĂ©fĂ©rence 1, une moyenne dâenviron 25 % des espĂšces des groupes dâanimaux et de plantes Ă©tudiĂ©s sont dĂ©jĂ menacĂ©s dâextinction. Cela signifie quâenviron un million dâespĂšces sont dĂ©jĂ menacĂ©es dâextinction, la plupart dâici quelques dĂ©cennies. Si des mesures ne sont pas prises pour rĂ©duire lâintensitĂ© des facteurs de perte de biodiversitĂ©, on sâattend Ă une nouvelle accĂ©lĂ©ration du taux mondial dâextinction dâespĂšces qui, selon le rapport, est dĂ©jĂ au moins plusieurs dizaines Ă centaines de fois supĂ©rieur au taux moyen des 10 derniers millions dâannĂ©es. Dans le mĂȘme rapport, les experts ont Ă©galement cernĂ© et classĂ© par ordre dâimportance les cinq facteurs directs de perte et de dĂ©gradation de la biodiversitĂ© ayant eu Ă ce jour le plus important impact mondial relatif. Ces facteurs sont, par ordre dĂ©croissant : la modification de lâutilisation des terres et des mers; lâexploitation directe des organismes; les changements climatiques; la pollution et les espĂšces exotiques envahissantes.
Le Canada, deuxiĂšme pays en superficie au monde et abritant un large Ă©ventail dâespĂšces, nâest pas Ă©pargnĂ© par cette crise mondiale de la biodiversitĂ©. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), entre 1970 et 2014, les mammifĂšres ont diminuĂ© en moyenne de 43 %, les oiseaux des prairies ont chutĂ© de 69 % et les populations de poissons ont diminuĂ© de 20 % partout au CanadarĂ©fĂ©rence 2. Avec ce dĂ©clin rapide et abrupt de la biodiversitĂ©, le Canada subit de nombreux effets nĂ©gatifs qui sont gĂ©nĂ©ralement associĂ©s Ă la perte dâhabitat et dâespĂšces.
Une corrĂ©lation positive a Ă©tĂ© Ă©tablie entre la biodiversitĂ© et la productivitĂ© de lâĂ©cosystĂšme, sa santĂ© et sa rĂ©siliencerĂ©fĂ©rence 3 (câest-Ă -dire la capacitĂ© de lâĂ©cosystĂšme de sâadapter aux changements ou de se dĂ©fendre contre les perturbations). Compte tenu de lâinterdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut mener Ă une diminution des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques (par exemple les processus naturels comme la lutte contre les organismes nuisibles, la pollinisation, lâattĂ©nuation des dommages causĂ©s par les vagues cĂŽtiĂšres, la rĂ©gulation de la tempĂ©rature et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont Ă©galement des liens importants avec lâĂ©conomie canadienne. De petits changements au sein dâun Ă©cosystĂšme peuvent entraĂźner la perte dâindividus et dâespĂšces, et donc avoir des effets nĂ©fastes et irrĂ©versibles Ă grande Ă©chelle sur les Canadiens.
Contexte
Le Canada est un pays dotĂ© dâun environnement naturel riche qui abrite une grande diversitĂ© dâespĂšces vĂ©gĂ©tales et animales. Ce patrimoine naturel fait partie intĂ©grante de lâidentitĂ© et de lâhistoire nationales. Les Canadiens tiennent aux espĂšces sauvages pour des raisons esthĂ©tiques, culturelles, spirituelles, rĂ©crĂ©atives, Ă©ducatives, historiques, alimentaires, mĂ©dicales, Ă©cologiques et scientifiques. Les espĂšces et Ă©cosystĂšmes sauvages font aussi partie du patrimoine mondialrĂ©fĂ©rence 4. Le ministĂšre de lâEnvironnement (le MinistĂšre) a pour mandat, entre autres, de prĂ©server et dâamĂ©liorer la qualitĂ© de lâenvironnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© de la conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre tous les ordres de gouvernement du pays, le MinistĂšre jour un rĂŽle de premier plan Ă titre dâorganisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral afin dâĂ©viter la disparition — de la planĂšterĂ©fĂ©rence 5 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 6 — dâespĂšces terrestres. LâAgence Parcs Canada (APC), en tant quâautoritĂ© compĂ©tente, contribue aussi Ă la protection et Ă la conservation des espĂšces dans son rĂ©seau de lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©srĂ©fĂ©rence 7, notamment les parcs nationaux et les zones marines nationales de conservation.
Le principal moyen lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour rĂ©aliser ce mandat est la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (la LEP ou la Loi). La LEP vise Ă prĂ©venir la disparition — de la planĂšte ou du Canada seulement — des espĂšces sauvages; Ă permettre le rĂ©tablissement des espĂšces sauvages dĂ©signĂ©es « disparues du pays », « en voie de disparition » ou « menacĂ©es », et Ă favoriser la gestion des espĂšces prĂ©occupantes afin dâĂ©viter quâelles ne deviennent des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es. Lorsque la LEP a Ă©tĂ© promulguĂ©e en 2003, la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1 de la LEP) comprenait 233 espĂšces. Depuis, la liste a Ă©tĂ© modifiĂ©e Ă plusieurs reprises afin dây ajouter des espĂšces ou dâen retirer, ou de reclassifier les espĂšces. En date de janvier 2022, il y avait 640 espĂšces rĂ©pertoriĂ©es Ă lâannexe 1.
Ă la suite de la proclamation de la LEP en 2003, le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) a Ă©tĂ© constituĂ© par la Loi en tant quâorganisme consultatif scientifique indĂ©pendant chargĂ© de fournir au ministre de lâEnvironnement (le ministre) des Ă©valuations de la situation des espĂšces sauvages qui risquent de disparaĂźtre du Canada. Les Ă©valuations sont rĂ©alisĂ©es conformĂ©ment Ă lâarticle 15 de la LEP qui exige, entre autres, que le COSEPAC dĂ©termine le statut des espĂšces quâil considĂšre ĂȘtre en pĂ©ril et quâil cerne les menaces existantes et potentielles pour ces espĂšces. Les membres du COSEPAC se rĂ©unissent deux fois par an afin dâexaminer les renseignements recueillis sur des espĂšces sauvages et rĂ©partissent les espĂšces en sept catĂ©gories : disparue, disparue du pays, en voie de disparition, menacĂ©e, prĂ©occupante, donnĂ©es insuffisantes, ou non en pĂ©rilrĂ©fĂ©rence 8.
Une fois que le COSEPAC a prĂ©sentĂ© son Ă©valuation au ministre de lâEnvironnement, ce dernier dispose de 90 jours pour publier dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril (le Registre public) une dĂ©claration afin dâindiquer comment il compte rĂ©agir Ă lâĂ©valuation et selon quel Ă©chĂ©ancier. Cette dĂ©claration communique lâĂ©tendue des consultations portant sur les changements proposĂ©s Ă lâannexe 1 de la LEP.
AprĂšs les consultations et lâanalyse qui en dĂ©coule rĂ©alisĂ©e par les reprĂ©sentants du MinistĂšre, un dĂ©cret est publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada afin de confirmer la rĂ©ception de lâĂ©valuation du COSEPAC. Cette publication dĂ©clenche un processus rĂ©glementaire par lequel, sur recommandation du ministre, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, dans un dĂ©lai de neuf mois suivant la rĂ©ception de lâĂ©valuation :
- (1) ajouter une espĂšce sauvage Ă lâannexe 1 de la LEP, conformĂ©ment Ă lâĂ©valuation de sa situation par le COSEPAC;
- (2) ne pas inscrire lâespĂšce Ă lâannexe 1; ou
- (3) renvoyer la question au COSEPAC pour renseignements supplémentaires ou pour réexamen.
Si le gouverneur en conseil ne prend pas de dĂ©cision dans un dĂ©lai de neuf mois aprĂšs avoir reçu officiellement lâĂ©valuation du COSEPAC, le paragraphe 27(3) de la LEP stipule que le ministre doit modifier lâannexe 1 en conformitĂ© avec cette Ă©valuation.
En plus de recommander de nouveaux ajouts Ă lâannexe 1, le COSEPAC peut examiner le statut dâune espĂšce sauvage prĂ©cĂ©demment Ă©valuĂ©e et recommander une nouvelle classification pour cette espĂšce. La reclassification est importante pour garantir que la dĂ©signation est conforme aux donnĂ©es scientifiques les plus rĂ©centes, ce qui permet une meilleure prise de dĂ©cision quant Ă lâĂ©tablissement des prioritĂ©s en matiĂšre de conservation des espĂšces. Les espĂšces sont classĂ©es Ă un niveau de risque supĂ©rieur lorsque leur situation sâest dĂ©tĂ©riorĂ©e depuis la derniĂšre Ă©valuation (par exemple un dĂ©clin de la population). Lorsque leur situation sâamĂ©liore, on peut les faire passer Ă une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e ou les retirer de la Liste des espĂšces en pĂ©ril, de sorte que les espĂšces soient protĂ©gĂ©es selon lâesprit de la LEP tout en minimisant les rĂ©percussions sur les intervenants et les ressources.
Interdictions en application de la LEP
DĂšs leur inscription, les espĂšces sauvages bĂ©nĂ©ficient de diffĂ©rents niveaux de protection, qui varient selon leur dĂ©signation, conformĂ©ment aux interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Le tableau 1 ci-aprĂšs prĂ©sente les diffĂ©rentes protections offertes par la LEP immĂ©diatement aprĂšs lâajout dâune espĂšce Ă lâannexe 1 de la LEP.
| DĂ©signation de lâespĂšce |
EspÚces protégées en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs |
EspĂšces aquatiques |
Toutes les autres espĂšces inscrites |
|---|---|---|---|
Préoccupante |
Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sâappliquent pas. |
Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sâappliquent pas. |
Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sâappliquent pas. |
Menacée, en voie de disparition et disparue du pays |
Les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent partout au Canada pour les oiseaux migrateurs. |
Les interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent partout au Canada pour les espĂšces aquatiques. |
Dans les provinces, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne sâappliquent que sur le territoire domanial note a du tableau a1 . Dans les territoires, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne sâappliquent que sur le territoire domanial fĂ©dĂ©ral qui relĂšve du ministre de lâEnvironnement ou du ministre responsable de lâAgence Parcs Canada. |
Note(s) du tableau a1
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| DĂ©signation de lâespĂšce |
Protection des individus (article 32 de la LEP) |
Protection de la résidence (article 33 de la LEP) |
|---|---|---|
Préoccupante |
Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sâappliquent pas. |
La protection de la rĂ©sidence en vertu de la LEP ne sâapplique pas. |
Menacée, en voie de disparition et disparue du pays |
Protection des individus de lâespĂšce contre lâabattage, les blessures, le harcĂšlement, la capture ou la prise. Interdiction de possĂ©der, de collectionner, dâacheter et de vendre ou dâĂ©changer un individu dâune espĂšce ou toute partie ou tout produit qui en provient. |
La destruction ou le fait de causer des dommages Ă la rĂ©sidence dâun ou de plusieurs individus de lâespĂšce constitue une infraction. Pour les espĂšces disparues du pays, la protection de la rĂ©sidence ne sâapplique que si un programme de rĂ©tablissement recommande la rĂ©insertion Ă lâĂ©tat sauvage au Canada. |
Ă lâextĂ©rieur du territoire domanial, les espĂšces inscrites qui ne sont pas des espĂšces aquatiques ou des oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM) ne peuvent ĂȘtre protĂ©gĂ©es par la LEP que par un dĂ©cret en conseilrĂ©fĂ©rence 9. Le ministre de lâEnvironnement doit recommander la prise dâun tel dĂ©cret sâil estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement lâespĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus.
Planification du rétablissement
Lâinscription dâune espĂšce sous une dĂ©signation dâespĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne, pour le ministre compĂ©tent, lâobligation dâĂ©tablir un programme de rĂ©tablissement visant Ă prendre des mesures quant aux menaces Ă la survie ou au rĂ©tablissement des espĂšces inscrites. Dans le cas des espĂšces prĂ©occupantes, un plan de gestion doit ĂȘtre Ă©laborĂ© dans les trois ans suivant lâinscription.
La LEP Ă©nonce quâun programme de rĂ©tablissement doit ĂȘtre publiĂ© dans le Registre public :
- dans un dĂ©lai dâun an aprĂšs lâinscription, pour les espĂšces en voie de disparition; et
- dans un dĂ©lai de deux ans aprĂšs lâinscription, pour les espĂšces menacĂ©es et les espĂšces disparues du pays.
Pour les espÚces sauvages dont le rétablissement a été estimé possible, les programmes de rétablissement comprennent ce qui suit :
- la description de lâespĂšce et de ses besoins;
- la dĂ©signation des menaces Ă la survie de lâespĂšce et des menaces Ă son habitat, et une description des grandes lignes du plan Ă suivre pour y faire face;
- la dĂ©signation de lâhabitat essentiel (câest-Ă -dire lâhabitat nĂ©cessaire au rĂ©tablissement ou Ă la survie de lâespĂšce sauvage inscrite);
- un calendrier des Ă©tudes visant Ă dĂ©signer lâhabitat essentiel lorsque lâinformation disponible est insuffisante;
- des exemples dâactivitĂ©s qui sont susceptibles dâentraĂźner la destruction de lâhabitat essentiel;
- un Ă©noncĂ© des objectifs en matiĂšre de population et de dissĂ©mination de lâespĂšce (câest-Ă -dire le nombre dâindividus, les populations et/ou la rĂ©partition gĂ©ographique de lâespĂšce nĂ©cessaires Ă son rĂ©tablissement);
- une description gĂ©nĂ©rale des activitĂ©s de recherche et de gestion nĂ©cessaires Ă lâatteinte de ces objectifs; et
- un Ă©noncĂ© de lâĂ©chĂ©ancier pour lâĂ©laboration dâun ou de plusieurs plans dâaction.
Les programmes de rétablissement sont élaborés en collaboration avec les intervenants suivants :
- tout gouvernement provincial ou territorial compétent;
- tout ministre fĂ©dĂ©ral dont relĂšve le territoire domanial oĂč se trouve lâespĂšce;
- le conseil de gestion des ressources fauniques habilité par un accord sur des revendications territoriales;
- toute organisation autochtone directement touchée; et
- toute autre personne ou organisation que le ministre estime compétente.
Dans la mesure du possible, les programmes de rétablissement sont élaborés en consultation avec les propriétaires fonciers (y compris les provinces et les territoires) et autres personnes que le ministre compétent croit directement touchés par les programmes.
Une fois quâun programme de rĂ©tablissement dĂ©finitif est publiĂ©, le ministre compĂ©tent est tenu dâĂ©laborer un ou plusieurs plans dâaction fondĂ©s sur le programme de rĂ©tablissement. Les plans sont Ă©tablis en consultation avec les organisations et les personnes prĂ©citĂ©es. Les Ă©chĂ©anciers dâĂ©tablissement ou de mise en Ćuvre ne sont pas prĂ©vus dans la LEP, mais sont plutĂŽt Ă©tablis dans le programme de rĂ©tablissement. Les plans dâaction comprennent ce qui suit :
- la dĂ©signation de lâhabitat essentiel, dans la mesure du possible, dâune façon conforme au programme de rĂ©tablissement, si elle nâest pas dĂ©jĂ faite;
- des exemples dâactivitĂ©s susceptibles de dĂ©truire lâhabitat essentiel;
- un Ă©noncĂ© des mesures envisagĂ©es pour protĂ©ger lâhabitat essentiel, y compris lâĂ©tablissement dâaccords de conservation en application de lâarticle 11 de la LEP;
- la dĂ©signation de toute partie de lâhabitat essentiel qui nâa pas Ă©tĂ© protĂ©gĂ©e;
- un exposĂ© des mesures Ă prendre pour mettre en Ćuvre le programme de rĂ©tablissement;
- les mĂ©thodes Ă utiliser pour surveiller le rĂ©tablissement de lâespĂšce et sa viabilitĂ© Ă long terme;
- lâĂ©valuation des coĂ»ts socioĂ©conomiques du plan dâaction et des avantages de sa mise en Ćuvre; et
- tout autre Ă©lĂ©ment prĂ©vu par rĂšglement (sâil y a lieu) pris aux termes du paragraphe 49(2) de la Loi.
Protection de lâhabitat essentiel
Les exigences de la LEP pour protĂ©ger lâhabitat essentiel diffĂšrent selon quâil sâagisse dâespĂšces aquatiques, dâespĂšces dâoiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM ou dâautres espĂšces, et selon que ces espĂšces soient prĂ©sentes sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive, sur le plateau continental du Canada ou ailleurs au Canada. Pour les oiseaux migrateurs qui sont protĂ©gĂ©s en vertu de la LCOM, leurs nids et leurs abris Ă nid sont protĂ©gĂ©s contre la destruction partout au Canada.
Lorsque lâhabitat essentiel dâune espĂšce ou une partie de celui-ci se trouve sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive du Canada ou sur le plateau continental du Canada, la LEP exige que celui-ci fasse lâobjet de mesures de protection lĂ©gales dans un dĂ©lai de 180 jours suivant sa dĂ©signation dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan dâaction. La protection peut ĂȘtre assurĂ©e par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi fĂ©dĂ©rale, ou une mesure prise sous leur rĂ©gime, y compris les accords de conservation aux termes de lâarticle 11 de la LEP.
Si lâhabitat essentiel se trouve dans un refuge dâoiseaux migrateurs en vertu de la LCOM, dans un parc national comprit Ă lâannexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (LPNC), dans le parc urbain national de la Rouge Ă©tabli en vertu de la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, dans une zone marine protĂ©gĂ©e dĂ©signĂ©e sous le rĂ©gime de la Loi sur les ocĂ©ans, ou dans une rĂ©serve nationale de faune en vertu de la Loi sur les espĂšces sauvages du Canada, le ministre compĂ©tent est tenu de publier une description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada dans les 90 jours qui suivent la publication de la version dĂ©finitive du programme de rĂ©tablissement ou du plan dâaction dĂ©signant lâhabitat essentiel. Quatre-vingt-dix jours aprĂšs la publication de la dĂ©signation de lâhabitat essentiel dans la Gazette du Canada, la protection de lâhabitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) de la LEP (câest-Ă -dire les interdictions relatives Ă la destruction de lâhabitat essentiel) entre en vigueur automatiquement, et lâhabitat essentiel se trouvant sur le territoire dâune aire protĂ©gĂ©e fĂ©dĂ©rale est protĂ©gĂ© lĂ©galement par la LEP.
Dans les cas oĂč lâhabitat essentiel se trouve sur le territoire domanial, mais pas dans les zones de protection fĂ©dĂ©rales dĂ©crites dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent, dans les 180 jours suivant la mise dans le Registre public de la version dĂ©finitive du programme de rĂ©tablissement ou du plan dâaction dĂ©signant lâhabitat essentiel, le ministre compĂ©tent est tenu :
- (1) soit de prendre un arrĂȘtĂ© interdisant la destruction de lâhabitat essentiel en vertu du paragraphe 58(4) de la LEP;
- (2) soit de publier dans le Registre public une dĂ©claration Ă©nonçant comment lâhabitat essentiel (ou une partie de celui-ci) est protĂ©gĂ© sous le rĂ©gime de la LEP ou dâune autre loi fĂ©dĂ©rale, y compris en vertu dâaccords de conservation conclus au titre de lâarticle 11 de la LEP.
Lorsquâil sâagit de lâhabitat essentiel dâune espĂšce dâoiseaux migrateurs protĂ©gĂ©e par la LCOM situĂ© Ă lâextĂ©rieur du territoire domanial, de la zone Ă©conomique exclusive ou du plateau continental du Canada ou dâun refuge dâoiseaux migrateurs en vertu de la LCOM, lâhabitat essentiel nâest protĂ©gĂ© que lorsquâun dĂ©cret en conseil est pris Ă cet effet, Ă la suite de la recommandation du ministre compĂ©tent. Lorsque lâhabitat essentiel dâun oiseau migrateur protĂ©gĂ© par la LCOM est dĂ©signĂ© dans un document de rĂ©tablissement et quâun arrĂȘtĂ© ou une dĂ©claration est publiĂ© Ă©nonçant comment lâhabitat essentiel est protĂ©gĂ©, les interdictions de la LEP contre la destruction de lâhabitat essentiel ont une portĂ©e plus large que les protections offertes en vertu de la LCOM aux individus, Ă leurs Ćufs, aux nids et aux abris Ă nid.
La LEP considĂšre la protection des parties de lâhabitat essentiel par les autres ordres de gouvernement (provinces ou territoires) pour les espĂšces autres que les espĂšces aquatiques ou les espĂšces dâoiseau migrateur protĂ©gĂ©es par la LCOM, situĂ©es ailleurs que sur le territoire domanial. Dans lâĂ©ventualitĂ© oĂč lâhabitat essentiel ne serait pas protĂ©gĂ© Ă lâintĂ©rieur de ces aires, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, appliquer lâinterdiction de dĂ©truire lâhabitat essentiel prĂ©vue par la LEP. Dans les cas oĂč le ministre de lâEnvironnement estime que lâhabitat essentiel ailleurs que sur le territoire domanial nâest pas protĂ©gĂ© efficacement par les lois provinciales ou territoriales, une autre mesure prise en vertu de la LEP (y compris les accords prĂ©vus Ă lâarticle 11) ou par lâentremise dâune autre loi fĂ©dĂ©rale, le ministre est tenu de recommander au gouverneur en conseil la prise dâun dĂ©cret pour mettre en application les interdictions de dĂ©truire lâhabitat essentiel Ă lâextĂ©rieur du territoire domanial. Avant de faire sa recommandation, le ministre doit consulter les ministres provinciaux ou territoriaux appropriĂ©s. Dans tous les cas, le gouverneur en conseil prend la dĂ©cision dĂ©finitive pour dĂ©terminer sâil faut aller de lâavant avec le dĂ©cret pour la protection de lâhabitat essentiel en questionrĂ©fĂ©rence 10.
Permis en vertu de la LEP
Une personne qui prĂ©voit exercer une activitĂ© qui est interdite par la LEP, touchant une espĂšce sauvage inscrite, toute partie de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, peut prĂ©senter une demande de permis au ministre compĂ©tentrĂ©fĂ©rence 11, conformĂ©ment Ă lâarticle 73 de la Loi. Un permis peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© si le ministre est dâavis que lâactivitĂ© a lâun des trois objectifs suivants :
- lâactivitĂ© est liĂ©e Ă des recherches scientifiques sur la conservation de lâespĂšce, menĂ©es par des personnes compĂ©tentes;
- lâactivitĂ© profite Ă lâespĂšce ou est nĂ©cessaire Ă lâaugmentation de ses chances de survie Ă lâĂ©tat sauvage; ou
- lâactivitĂ© ne touche lâespĂšce que de façon incidenterĂ©fĂ©rence 12,rĂ©fĂ©rence 13.
De plus, le permis ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© que si le ministre compĂ©tent estime que les trois conditions prĂ©alables suivantes sont respectĂ©es :
- toutes les solutions de rechange susceptibles de rĂ©duire au minimum les consĂ©quences nĂ©gatives de lâactivitĂ© sur lâespĂšce ont Ă©tĂ© envisagĂ©es et la meilleure solution a Ă©tĂ© retenue;
- toutes les mesures possibles seront prises afin de rĂ©duire au minimum les consĂ©quences nĂ©gatives de lâactivitĂ© sur lâespĂšce, son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus; et
- lâactivitĂ© ne mettra pas en pĂ©ril la survie ou le rĂ©tablissement de lâespĂšce.
En vertu de lâarticle 74 de la LEP, un ministre compĂ©tent peut dĂ©livrer un permis conformĂ©ment Ă une autre loi fĂ©dĂ©rale (par exemple, la Loi sur les parcs nationaux du Canada) pour exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, toute partie de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, qui aura le mĂȘme effet que ceux dĂ©livrĂ©s en vertu du paragraphe 73(1) de la LEP, si certaines conditions sont respectĂ©es, et ce, afin de rĂ©duire la nĂ©cessitĂ© dâobtenir de multiples autorisations.
Pour les oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la LCOM et la LEP, un permis sous le rĂ©gime de la LCOM conforme Ă la LEP peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© pour autoriser une activitĂ© touchant un oiseau migrateur inscrit, dans le but dâĂ©viter que deux permis distincts ne soient dĂ©livrĂ©s. Pour quâun seul permis soit dĂ©livrĂ©, toutes les conditions Ă©noncĂ©es aux paragraphes 73(2) Ă 73(6.1) de la LEP doivent ĂȘtre respectĂ©es. La dĂ©livrance dâun permis pour lâactivitĂ© en question doit Ă©galement ĂȘtre autorisĂ©e en vertu de la LCOM.
Un permis en vertu de la LEP peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© lorsquâune activitĂ© touche la rĂ©sidence dâun oiseau migrateur, si cette rĂ©sidence nâest pas un nid ou un abri Ă nid protĂ©gĂ© par la LCOM. Un permis peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©livrĂ© en vertu de la LEP pour des activitĂ©s touchant lâhabitat essentiel protĂ©gĂ© dâun oiseau migrateur inscrit, car lâhabitat essentiel nâest pas protĂ©gĂ© par la LCOM.
Gestion des espÚces préoccupantes
Lâajout dâune espĂšce prĂ©occupante Ă lâannexe 1 de la LEP fournit une indication que lâespĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre. Suivant lâinscription, la prĂ©paration dâun plan de gestion pourrait permettre Ă lâespĂšce dâĂȘtre gĂ©rĂ©e de maniĂšre proactive et de maximiser la probabilitĂ© de succĂšs du rĂ©tablissement, et devrait permettre dâĂ©viter la mise en place future de mesures plus coĂ»teuses.
Le plan comprend les mesures de conservation jugĂ©es appropriĂ©es pour prĂ©server lâespĂšce et Ă©viter le dĂ©clin de sa population. Il est Ă©laborĂ© en collaboration avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux compĂ©tents, dâautres ministĂšres fĂ©dĂ©raux, des conseils de gestion des ressources fauniques, des partenaires et des organisations autochtones et tout autre intervenant concernĂ©. Le plan de gestion doit ĂȘtre publiĂ© dans un dĂ©lai de trois ans suivant lâinscription de lâespĂšce.
Nouvelles unités désignables
Aux termes de la LEP, une espĂšce sauvage se dĂ©finit comme Ă©tant une « espĂšce, sous-espĂšce, variĂ©tĂ© ou population gĂ©ographiquement ou gĂ©nĂ©tiquement distincte dâanimaux, de vĂ©gĂ©taux ou dâautres organismes dâorigine sauvage […] ». Par cette dĂ©finition, la LEP reconnaĂźt que la conservation de la diversitĂ© biologique passe par la protection des entitĂ©s taxonomiques dâun rang infĂ©rieur de lâespĂšce (câest-Ă -dire les unitĂ©s dĂ©signables), et donne au COSEPAC le mandat de les Ă©valuer lorsquâil est justifiĂ© de le faire. Dans les Ă©valuations du COSEPAC, ces unitĂ©s dĂ©signables nouvellement dĂ©finies et leur classification (par exemple espĂšce en voie de disparition, espĂšce menacĂ©e, espĂšce prĂ©occupante) sont prĂ©sentĂ©es de la mĂȘme façon que pour les autres espĂšces sauvages. Dans certains cas, selon les donnĂ©es scientifiques, les espĂšces sauvages ayant dĂ©jĂ Ă©tĂ© Ă©valuĂ©es pourraient ĂȘtre Ă©valuĂ©es Ă nouveau et le COSEPAC pourrait dĂ©terminer que ces espĂšces sauvages contiennent moins dâunitĂ©s dĂ©signables, plus dâunitĂ©s dĂ©signables ou des unitĂ©s dĂ©signables diffĂ©rentes. Le COSEPAC publiera les Ă©valuations et les classifications pour toute unitĂ© dĂ©signable qui pourrait correspondre ou non Ă celle de lâespĂšce sauvage dĂ©finie auparavant.
Si aprĂšs avoir Ă©valuĂ© une nouvelle unitĂ© dĂ©signable, le COSEPAC lui attribue le mĂȘme statut que lâespĂšce sauvage dĂ©finie au dĂ©part, lâannexe 1 doit aussi ĂȘtre modifiĂ©e pour reflĂ©ter la liste des espĂšces la plus rĂ©cente, conformĂ©ment aux meilleures donnĂ©es scientifiques disponibles.
Objectif
Lâobjectif du projet de DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (le projet de dĂ©cret) est dâaider Ă prĂ©server la biodiversitĂ© du Canada et de favoriser la santĂ© des Ă©cosystĂšmes canadiens en empĂȘchant la disparition dâespĂšces sauvages du Canada ou de la planĂšte et de contribuer Ă leur rĂ©tablissement ainsi que de donner suite aux recommandations du COSEPAC.
Description
ConformĂ©ment Ă lâarticle 27 de la LEP, il est proposĂ© que le gouverneur en conseil modifie la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1) par lâinscription de 12 espĂšces, la reclassification de quatre espĂšces et la radiation dâune espĂšce.
Les espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret sont prĂ©sentes partout au Canada. Elles ont Ă©tĂ© regroupĂ©es, parce quâelles ont dĂ» faire lâobjet de vastes consultations ou dâune analyse plus approfondie.
Parmi les 17 espÚces visées par le projet de décret, on propose :
- dâinscrire 12 espĂšces comme Ă©tant en voie de disparition, menacĂ©es ou prĂ©occupantes;
- de faire passer 2 espĂšces de la catĂ©gorie dâespĂšce prĂ©occupante Ă la catĂ©gorie dâespĂšce menacĂ©e;
- de faire passer 2 espĂšces de la catĂ©gorie dâespĂšce menacĂ©e Ă la catĂ©gorie dâespĂšce prĂ©occupante ; et
- de radier une espĂšce de la Liste.
Ces modifications sont indiquĂ©es dans les tableaux 2.1 Ă 2.3 ci-dessous. Une description dĂ©taillĂ©e de chaque espĂšce, de son aire de rĂ©partition et des menaces qui pĂšsent sur elle, est fournie Ă lâannexe 1. Des renseignements supplĂ©mentaires sur ces espĂšces sont Ă©galement fournis dans les rapports de situation du COSEPACrĂ©fĂ©rence 14.
| Taxon |
EspĂšce |
Nom scientifique |
Statut actuel |
Statut proposé |
Aire de répartition |
|---|---|---|---|---|---|
Oiseaux |
Bruant Ă face noire |
Zonotrichia querula |
Aucun |
Préoccupante |
Alberta, Manitoba, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Ontario, Saskatchewan |
Lichens |
Lobaire réticulée |
Lobaria retigera |
Aucun |
Menacée |
Colombie-Britannique |
Arthropodes |
Hespérie tachetée (population boréale) |
Erynnis martialis |
Aucun |
En voie de disparition |
Manitoba |
Arthropodes |
Hespérie tachetée (population des plaines des Grands Lacs) |
Erynnis martialis |
Aucun |
En voie de disparition |
Ontario, Québec |
Arthropodes |
Coccinelle Ă neuf points |
Coccinella novemnotata |
Aucun |
En voie de disparition |
Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario, Québec, Saskatchewan |
Arthropodes |
Hespérie du Colorado |
Hesperia colorado oregonia |
Aucun |
En voie de disparition |
Colombie-Britannique |
Arthropodes |
Hémileucin de Nuttall |
Hemileuca nuttalli |
Aucun |
En voie de disparition |
Colombie-Britannique |
Mollusques |
Polyspire rayé |
Webbhelix multilineata |
Aucun |
En voie de disparition |
Ontario |
Plantes |
Gérardie de Virginie |
Aureolaria virginica |
Aucun |
En voie de disparition |
Ontario |
Plantes |
Gérardie fausse-pédiculaire |
Aureolaria pedicularia |
Aucun |
Menacée |
Ontario |
Plantes |
Gérardie jaune |
Aureolaria flava |
Aucun |
Menacée |
Ontario |
Plantes |
Gesse littorale |
Lathyrus littoralis |
Aucun |
Menacée |
Colombie-Britannique |
| Taxon |
EspĂšce |
Nom scientifique |
Statut actuel |
Statut proposé |
Aire de répartition |
|---|---|---|---|---|---|
Oiseaux |
Engoulevent dâAmĂ©rique |
Chordeiles minor |
Menacée |
Préoccupante |
Partout au Canada |
Oiseaux |
Moucherolle à cÎtés olive |
Contopus cooperi |
Menacée |
Préoccupante |
Partout au Canada |
Plantes |
FrĂȘne bleu |
Fraxinus quadrangulata |
Préoccupante |
Menacée |
Ontario |
Reptiles |
Couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest |
Coluber constrictor mormon |
Préoccupante |
Menacée |
Colombie-Britannique |
| Taxon |
EspĂšce |
Nom scientifique |
Statut actuel |
Statut proposé |
Aire de répartition |
|---|---|---|---|---|---|
Oiseaux |
Faucon pĂšlerin anatum/tundrius |
Falco peregrinus anatum/tundrius |
Préoccupante |
Non en péril |
Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, QuĂ©bec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ăcosse, Terre-Neuve-et-Labrador |
Ălaboration de la rĂ©glementation
I. Consultation
En vertu de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP), lâĂ©valuation scientifique indĂ©pendante de la situation des espĂšces sauvages effectuĂ©e par le COSEPAC et la dĂ©cision du gouverneur en conseil dâaccorder une protection juridique par lâinscription des espĂšces sauvages Ă lâannexe 1 de la Loi sont deux processus distincts. Cette distinction garantit que le comitĂ© de scientifiques peut travailler de façon indĂ©pendante pour Ă©valuer la situation des espĂšces sauvages et que les Canadiens ont la possibilitĂ© de participer au processus dĂ©cisionnel consistant Ă dĂ©terminer si les espĂšces sauvages seront inscrites ou non Ă la LEP pour faire lâobjet dâune protection juridique.
Le gouvernement du Canada reconnaĂźt que la conservation des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© conjointe et que la meilleure façon dâassurer la survie des espĂšces en pĂ©ril et la prĂ©servation de leur habitat passe par la participation active de toutes les parties concernĂ©es. Le prĂ©ambule de la LEP indique que tous les Canadiens ont un rĂŽle Ă jouer dans la prĂ©vention de la disparition des espĂšces sauvages du Canada. Lâune des façons dont les Canadiens peuvent participer est de faire part de leurs commentaires concernant lâinscription dâespĂšces Ă lâannexe 1 de la LEP et la reclassification ou la radiation dâespĂšces de lâannexe. Le ministre tient compte de tous les commentaires reçus lorsquâil fait ses recommandations concernant lâinscription dâespĂšces au gouverneur en conseil. Les commentaires sont examinĂ©s en fonction des consĂ©quences possibles de lâinscription ou de la non-inscription dâune espĂšce Ă lâannexe 1.
Le ministĂšre de lâEnvironnement amorce les consultations publiques initiales par la publication des rĂ©ponses du ministre dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril dans les 90 jours suivant la rĂ©ception dâun exemplaire de lâĂ©valuation de la situation dâune espĂšce sauvage provenant du COSEPAC. Les peuples autochtones, les intervenants, les organisations et le grand public sont Ă©galement consultĂ©s par voie dâun document diffusĂ© publiquement intitulĂ© Consultation sur la modification de la liste des espĂšces de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril : espĂšces terrestres. Un tel document a Ă©tĂ© diffusĂ© en janvier 2013 (PDF), 2015 (PDF), 2016 (PDF), 2017 (PDF), 2018 (PDF) et 2019 (PDF) pour les espĂšces visĂ©es par le prĂ©sent projet de dĂ©cret.
Les documents de consultation fournissent des renseignements sur les espĂšces, y compris la justification de leur dĂ©signation, une description biologique et des renseignements sur leurs localitĂ©s. Ils prĂ©sentent Ă©galement un aperçu du processus dâinscription Ă la LEP. Ces documents ont Ă©tĂ© distribuĂ©s directement Ă plus de 3 200 personnes et organisations, y compris des peuples et organisations autochtones, des gouvernements provinciaux et territoriaux, divers secteurs industriels, des utilisateurs de ressources, des propriĂ©taires fonciers et des organisations non gouvernementales de lâenvironnement (ONGE) qui sâintĂ©ressent Ă une espĂšce en particulier.
Résumé des résultats des consultations initiales
Les consultations initiales avec les intervenants intĂ©ressĂ©s et les membres du public sur les modifications proposĂ©es Ă lâannexe 1 ont eu lieu entre 2013 et 2019, comme dĂ©crit dans le tableau ci-dessous. Un suivi a Ă©tĂ© effectuĂ© auprĂšs des intervenants et des peuples autochtones concernĂ©s Ă la suite de ces consultations initiales.
| Période de consultation |
EspĂšces |
|---|---|
De janvier Ă octobre 2019 |
Engoulevent dâAmĂ©rique, moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive et faucon pĂšlerin anatum/tundrius |
De janvier Ă mai 2019 |
Gérardie de Virginie, gérardie fausse-pédiculaire, gérardie jaune, polyspire rayé et lobaire réticulée |
De janvier Ă mai 2018 |
Bruant Ă face noire |
De janvier Ă octobre 2017 |
Coccinelle Ă neuf points, couleuvre agile Ă ventre jaune de lâouest et hĂ©mileucin de Nuttall |
De décembre 2015 à mai 2016 |
FrĂȘne bleu |
De janvier Ă avril 2015 |
Hespérie du Colorado |
De décembre 2013 à mars 2014 |
Hespérie tachetée (population des plaines des Grands Lacs), hespérie tachetée (population boréale) et gesse littorale. |
En tout, le ministĂšre a reçu 164 commentairesrĂ©fĂ©rence 15 lors de ces consultations. Des commentaires ont Ă©tĂ© reçus de provinces, de territoires, dâONGE, de PremiĂšres Nations, dâorganisations autochtones, de conseils de gestion des ressources fauniques, dâorganisations industrielles, dâassociations de chasseurs et de particuliers. La majoritĂ© de ces commentaires Ă©taient favorables ou ne sâopposaient pas aux modifications de lâannexe 1 de la LEP. Parmi les commentaires reçus qui portaient spĂ©cifiquement sur les espĂšces visĂ©es par ce projet de dĂ©cret, 76 Ă©taient favorables aux modifications, 43 ne sây opposaient pas et 15 nây Ă©taient pas favorables. Quant aux autres commentaires reçus, 14 Ă©taient favorables ou ne sâopposaient pas Ă toutes les inscriptions proposĂ©es, un sâopposait Ă toutes les inscriptions proposĂ©es et un allait au-delĂ de la portĂ©e des consultations actuelles, puisquâil nâĂ©tait pas liĂ© aux modifications proposĂ©es Ă lâannexe 1. Le MinistĂšre a Ă©galement reçu 14 autres commentaires dans lesquels on accusait rĂ©ception de la trousse de consultation, on indiquait le besoin de ressources supplĂ©mentaires afin de pouvoir rĂ©pondre adĂ©quatement aux efforts de consultation, ou on demandait une rencontre avec le MinistĂšre.
Sur les 15 commentaires dans lesquels les rĂ©pondants exprimaient leur opposition, deux commentaires Ă©taient dĂ©favorables Ă lâinscription proposĂ©e de la lobaire rĂ©ticulĂ©e sur la liste de la LEP (comme espĂšce menacĂ©e). Les 13 autres commentaires Ă©taient dĂ©favorables aux modifications de statut actuel dans la LEP. Parmi ces commentaires, six Ă©taient dĂ©favorables Ă la reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque de lâEngoulevent dâAmĂ©rique (qui passerait dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce prĂ©occupante); cinq Ă©taient dĂ©favorables Ă la reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive (qui passerait dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce prĂ©occupante), et deux Ă©taient dĂ©favorables Ă la radiation du Faucon pĂšlerin anatum/tundrius de la Liste.
Parmi tous les commentaires reçus au cours de la consultation, 86 provenaient de peuples autochtones, notamment de gouvernements de PremiĂšres Nations, dâorganisations autochtones et de conseils de gestion des ressources fauniques. Sept de ces commentaires (dĂ©taillĂ©s ci-dessous) provenant de cinq collectivitĂ©s autochtones Ă©taient expressĂ©ment dĂ©favorables Ă certaines des modifications proposĂ©es, les autres commentaires Ă©tant soit favorables aux modifications ou nây Ă©tant pas dĂ©favorables. Les rĂ©pondants autochtones ont aussi formulĂ© des commentaires gĂ©nĂ©raux indiquant leur appui Ă lâinscription de nouvelles espĂšces ou abordant les efforts dĂ©ployĂ©s dans leurs collectivitĂ©s afin de protĂ©ger les espĂšces en pĂ©ril. Dâautres ont indiquĂ© un manque de capacitĂ© ou ont fait une demande de financement afin dâexaminer les documents de consultation. En rĂ©ponse Ă cette demande, le MinistĂšre a rĂ©itĂ©rĂ© son offre de fournir un soutien non financier, comme des documents dâinformation (câest-Ă -dire fiches de renseignements, prĂ©sentations, cartes, etc.), ou dâorganiser une rencontre en personne, au besoin, afin dâappuyer la participation des Autochtones au processus de consultation.
Le ministĂšre de lâEnvironnement sâest engagĂ© Ă promouvoir la collaboration tout au long des processus dâĂ©valuation, dâinscription et de planification du rĂ©tablissement. Les rĂ©sultats des consultations publiques sont dâune grande importance pour le processus dâinscription des espĂšces en pĂ©ril. Le MinistĂšre examine attentivement les commentaires reçus afin de mieux comprendre les avantages et les coĂ»ts de la modification de la Liste des espĂšces en pĂ©ril.
Commentaires détaillés sur les modifications proposées
a) Opposition Ă la proposition dâinscription de la lobaire rĂ©ticulĂ©e
Commentaires provenant dâune association industrielle
Un reprĂ©sentant de lâindustrie forestiĂšre est dâavis que le COSEPAC est en train de surestimer la menace que reprĂ©sente lâindustrie forestiĂšre pour la lobaire rĂ©ticulĂ©e et ne tient pas compte des avantages dĂ©coulant des pratiques volontaires dâamĂ©nagement forestier et des normes de certification de lâindustrie. Le reprĂ©sentant a Ă©galement soulevĂ© des inquiĂ©tudes concernant la quantitĂ© de donnĂ©es Ă lâappui de lâĂ©valuation, en particulier le fait quâune grande superficie dâhabitat non convenable a Ă©tĂ© incluse dans le calcul de la zone dâoccurrence de lâespĂšce.
Réponse du MinistÚre
De bonnes pratiques forestiĂšres attĂ©nueront les impacts sur cette espĂšce sauvage; toutefois, la menace globale que reprĂ©sente lâindustrie forestiĂšre demeure une prĂ©occupation importante. Lâinscription de la lobaire rĂ©ticulĂ©e Ă lâannexe 1 de la LEP assurerait sa protection sur le territoire domanial, ce qui nâest pas garanti par les mesures volontaires et les normes de lâindustrie. Quant au calcul de la zone dâoccurrence, il a Ă©tĂ© effectuĂ© selon les mĂ©thodes normalisĂ©es, sachant notamment que la zone dâoccurrence peut renfermer de lâhabitat non convenable ou inoccupĂ©. La zone dâoccurrence est utilisĂ©e pour mesurer les risques que reprĂ©sentent pour une espĂšce les menaces qui existent dans lâensemble de sa rĂ©partition gĂ©ographique. La zone dâoccurrence nâa pas Ă©tĂ© utilisĂ©e dans lâĂ©valuation de la situation de cette espĂšce, car sa superficie est bien supĂ©rieure aux seuils. Les renseignements utilisĂ©s dans lâĂ©valuation indiquent clairement que des dĂ©clins ont eu lieu dans le passĂ©, permettent de comprendre oĂč lâespĂšce est prĂ©sente et quelles sont les menaces toujours prĂ©sentes qui pĂšsent sur elle.
Commentaires provenant dâune organisation autochtone
Une collectivitĂ© autochtone de la Colombie-Britannique est dâavis que le statut de lâespĂšce devrait ĂȘtre celui dâespĂšce prĂ©occupante, plutĂŽt que celui dâespĂšce menacĂ©e, bien quâelle ne semble pas sâopposer Ă lâinscription de la lobaire rĂ©ticulĂ©e Ă titre dâespĂšce menacĂ©e. Elle a indiquĂ© quâun statut dâespĂšce prĂ©occupante permettrait non seulement dâĂ©laborer un plan de gestion, mais aussi de mieux comprendre la rĂ©silience de lâespĂšce par rapport aux pratiques forestiĂšres.
Réponse du MinistÚre
LâespĂšce satisfait aux critĂšres et Ă la dĂ©finition dâespĂšce menacĂ©e du COSEPAC, dâaprĂšs les dĂ©clins actuels et futurs attribuables Ă des menaces importantes. Un statut dâespĂšce menacĂ©e dĂ©clenche lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement, qui pourrait comprendre un objectif dâĂ©valuation des effets de lâexploitation forestiĂšre (directs et indirects). Compte tenu des renseignements disponibles dans le rapport de situation, le statut attribuĂ© par le COSEPAC est bien Ă©tayĂ©. Lâorganisation autochtone nâa pas fourni de nouveaux renseignements Ă lâappui dâune recommandation du ministre voulant que le dossier de lâespĂšce soit renvoyĂ© au COSEPAC. Cela dit, les renseignements sur la lobaire rĂ©ticulĂ©e fournis dans la lettre seront communiquĂ©s Ă lâĂ©quipe de rĂ©tablissement.
b) Opposition Ă la proposition de reclassification de lâEngoulevent dâAmĂ©rique et du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive
Commentaires provenant dâONGE
Un rapport dĂ©taillĂ© a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© par une ONGE canadienne concernant les deux espĂšces dâoiseaux. Dans le cas de lâEngoulevent dâAmĂ©rique, lâONGE indique que le statut attribuĂ© par le COSEPAC ne reflĂšte pas les tendances Ă long terme. Lâorganisation sâinquiĂšte du fait que le taux de dĂ©clin de lâespĂšce nâa pas considĂ©rablement ralenti au Canada au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, et quâil a, en fait, lĂ©gĂšrement augmentĂ© dans la rĂ©gion du Saint-Laurent et du lac Ontario et dans celle du lac ĂriĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es. De plus, lâorganisation croit que, bien que les causes de ce dĂ©clin ne soient pas bien connues ou quâelles aient Ă©tĂ© peu Ă©tudiĂ©es, elles comprennent des menaces qui rĂ©duisent le nombre dâinsectes volants, notamment lâutilisation de pesticides et les changements dans les rĂ©gimes hydrologiques (tempĂ©rature et prĂ©cipitations). Enfin, les effets de lâactivitĂ© humaine et des changements climatiques sur la rĂ©duction de la disponibilitĂ© de la nourriture et du nombre de sites de nidification de lâespĂšce au Canada sont prĂ©occupants. Dans le cas du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive, le rapport de lâONGE reconnaĂźt le ralentissement des dĂ©clins, ce qui amĂšne cette derniĂšre Ă appuyer sa reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque.
Une autre ONGE canadienne a exprimĂ© des prĂ©occupations quant au fait que la reclassification proposĂ©e de ces espĂšces dans la catĂ©gorie de moindre risque « prĂ©occupante » rendrait difficile, voire impossible, lâacquisition de connaissances permettant de combler les lacunes apparentes sur leur biologie et lâĂ©tablissement de critĂšres de rĂ©tablissement adĂ©quats, en particulier pour lâEngoulevent dâAmĂ©rique. Les auteurs craignent Ă©galement que la rĂ©duction de la protection accordĂ©e Ă ces espĂšces ne respecte pas le principe de prĂ©caution de la LEP et pourrait donc entraĂźner des dĂ©clins futurs ou empĂȘcher le rĂ©tablissement de ces espĂšces. Ils font remarquer que, bien que le taux de dĂ©clin des deux espĂšces ait ralenti, ce ralentissement nâindique pas une stabilitĂ© de la population ou une diminution du risque de disparition.
Enfin, une autre ONGE canadienne recommande que lâEngoulevent dâAmĂ©rique garde son statut dâespĂšce menacĂ©e en raison de son taux de dĂ©clin instable. De plus, elle craint que la fiabilitĂ© des estimations de la population de cette espĂšce soit faible. En ce qui concerne le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive, la mĂȘme organisation recommande quâil garde Ă©galement son statut dâespĂšce menacĂ©e, selon le principe de prĂ©caution. Lâorganisation est prĂ©occupĂ©e par le taux de dĂ©clin instable de lâespĂšce ainsi que par le dĂ©clin continu de son habitat. En outre, elle craint que lâexploitation forestiĂšre dans le nord nâait un impact nĂ©gatif sur lâhabitat dâaccouplement et de reproduction de lâespĂšce.
Réponse du MinistÚre
En rĂ©ponse aux commentaires formulĂ©s au sujet du dĂ©clin des populations de ces espĂšces, le MinistĂšre est dâavis que lâamĂ©lioration des tendances au dĂ©clin observĂ©es depuis les derniĂšres Ă©valuations reflĂšte des changements rĂ©els de la situation de ces espĂšces. Les ONGE nâont pas fourni de nouvelles donnĂ©es scientifiques, au-delĂ de celles figurant dans le rapport du COSEPAC. Les donnĂ©es utilisĂ©es par le COSEPAC pour dĂ©terminer la situation de lâEngoulevent dâAmĂ©rique et du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive satisfont aux critĂšres de la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante » et reflĂštent le risque rĂ©duit de disparition de ces espĂšces. En ce qui concerne lâapplication du principe de prĂ©caution, il convient de noter que les Ă©valuations ont Ă©tĂ© effectuĂ©es compte tenu des meilleures donnĂ©es biologiques disponibles, y compris les connaissances scientifiques, autochtones et communautaires. Les variables Ă©cologiques font toujours lâobjet dâun certain degrĂ© dâincertitude scientifique, et cette incertitude ainsi que les risques connexes ont Ă©tĂ© pris en compte dans les critĂšres dâĂ©valuation des deux espĂšces.
Le statut dâespĂšce prĂ©occupante exige la prĂ©paration dâun plan de gestion, conformĂ©ment Ă lâarticle 65 de la LEP, ce plan devant comprendre des mesures pour assurer la conservation de lâespĂšce. Tout plan de gestion futur serait fondĂ© sur les programmes de rĂ©tablissement existants et sâattaquerait Ă toutes les menaces restantes qui pourraient avoir un impact sur la taille et la viabilitĂ© des populations Ă long terme. La reclassification dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante » signifierait que ces deux espĂšces ne bĂ©nĂ©ficieraient plus des interdictions de la LEP. Toutefois, en plus des dispositions de la LEP relatives Ă un plan de gestion, ces espĂšces continueraient de bĂ©nĂ©ficier de protections dans le cadre de la LCOM. La protection juridique en vertu de la LCOM sâĂ©tend aux nids, aux Ćufs et Ă toute partie de lâoiseau.
Commentaires provenant dâorganisations autochtones
Une collectivitĂ© autochtone du QuĂ©bec a fait savoir quâelle nâappuierait pas la reclassification de lâEngoulevent dâAmĂ©rique ni celle du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive dans une catĂ©gorie de moindre risque sans avoir une idĂ©e plus claire de la façon dont les mesures de rĂ©tablissement ont favorisĂ© ce changement de statut. Elle craint que, Ă cause de ce changement, les deux espĂšces ne bĂ©nĂ©ficient plus des protections accordĂ©es par la LEP et que, par consĂ©quent, des plans dâaction ne soient plus nĂ©cessaires, mĂȘme si les populations des deux espĂšces continuent de diminuer, quoiquâĂ un rythme plus lent. Elle a Ă©galement indiquĂ© quâelle aimerait en savoir plus sur les donnĂ©es limitĂ©es disponibles sur lâhabitat et lâabondance des populations ainsi que sur les consĂ©quences de lâutilisation continue de pesticides nuisibles aux populations dâinsectes et dâoiseaux sauvages en ce qui concerne ces deux espĂšces. Une autre collectivitĂ© autochtone de lâOntario a exprimĂ© des prĂ©occupations semblables au sujet de la reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque de lâEngoulevent dâAmĂ©rique et croit que, en raison de la diminution continue des effectifs dâautres insectivores aĂ©riens, lâespĂšce connaĂźt toujours un dĂ©clin.
Enfin, une autre collectivitĂ© autochtone, celle-lĂ de la Colombie-Britannique, sâest dite prĂ©occupĂ©e par le fait que la reclassification du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive de la catĂ©gorie « espĂšce menacĂ©e » Ă celle dâ« espĂšce prĂ©occupante » nuirait aux recherches quâelle mĂšne sur lâespĂšce, car elle nâaurait plus accĂšs Ă des fonds. La collectivitĂ© autochtone est dâavis que la poursuite de ces recherches et lâamĂ©lioration de nos connaissances sur le lien entre les facteurs liĂ©s Ă lâhabitat et le succĂšs reproductif pourraient contribuer Ă freiner le dĂ©clin des populations. De plus, on a fait remarquer que la reclassification de lâespĂšce dans une catĂ©gorie de moindre risque signifierait que les buts du plan de rĂ©tablissement ont Ă©tĂ© atteints, alors quâils ne lâont pas Ă©tĂ©.
Réponse du MinistÚre
Les Ă©valuations du risque de disparition effectuĂ©es par le COSEPAC tiennent compte de toutes les rĂ©percussions des mesures de rĂ©tablissement (par exemple par lâĂ©valuation de la taille et des tendances des populations); toutefois, dans le cadre de la LEP, le calendrier des réévaluations du COSEPAC est indĂ©pendant des activitĂ©s de rĂ©tablissement. Si les espĂšces sont reclassifiĂ©es dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante », la LEP exige lâĂ©laboration dâun plan de gestion qui doit comporter des mesures de conservation pour lâespĂšce visĂ©e. Un plan de gestion serait fondĂ© sur le travail effectuĂ© pour le programme de rĂ©tablissement et le travail dĂ©jĂ en cours pour Ă©laborer des plans dâaction.
MĂȘme si les interdictions prĂ©vues Ă la LEP pour les espĂšces menacĂ©es et en voie de disparition ne sâappliquaient plus, ces espĂšces continueraient dâĂȘtre protĂ©gĂ©es par la LCOM. En ce qui concerne lâutilisation de pesticides comme menace pour les oiseaux insectivores, sur la base des derniĂšres dĂ©cisions de réévaluation publiĂ©es par lâAgence de rĂ©glementation de la lutte antiparasitaire sur plusieurs nĂ©onicotinoĂŻdes — une classe de pesticides —, certaines utilisations de certains nĂ©onicotinoĂŻdes ont Ă©tĂ© annulĂ©es pour tenir compte des risques identifiĂ©s dâeffets nocifs sur lâenvironnement. Cela pourrait rĂ©duire lâexposition des organismes non ciblĂ©s Ă ces insecticides et pourrait attĂ©nuer mais pas Ă©liminer la menace. On ne sait pas quel effet lâutilisation dâautres insecticides homologuĂ©s, qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s Ă la place des nĂ©onicotinoĂŻdes, peut avoir sur lâabondance des insectes volants. Ces facteurs seraient pris en compte dans le plan de gestion.
Commentaires provenant dâun gouvernement provincial
Une province sâest opposĂ©e Ă la reclassification proposĂ©e du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive et de lâEngoulevent dâAmĂ©rique dâespĂšces menacĂ©es Ă espĂšces prĂ©occupantes. La province estime quâelle dispose de tous les outils lĂ©gislatifs et rĂ©glementaires pour protĂ©ger ces espĂšces et quâelles ne devraient donc pas demeurer inscrites Ă la LEP.
Réponse du MinistÚre
Le prĂ©ambule de la LEP indique « que la conservation des espĂšces sauvages au Canada est une responsabilitĂ© partagĂ©e par les gouvernements du pays et que la collaboration entre eux est importante en vue dâĂ©tablir des lois et des programmes complĂ©mentaires pouvant assurer la protection et le rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril au Canada ». Le ministĂšre de lâEnvironnement accueille favorablement les mesures que les provinces et les territoires prennent pour offrir une protection aux espĂšces en pĂ©ril sur leur territoire. Toutefois, il est toujours nĂ©cessaire que le gouvernement du Canada prenne des mesures, car les mesures de protection provinciales ne sâappliquent pas sur le territoire domanial. Lâinscription dâune espĂšce Ă lâannexe 1 de la LEP ou la modification de son statut constituent Ă©galement la premiĂšre Ă©tape pour permettre la mise en Ćuvre dâun certain nombre de mesures de protection, notamment : lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou de plusieurs plans dâaction; lâĂ©laboration dâun plan de gestion (pour les espĂšces prĂ©occupantes); la dĂ©signation et la protection de lâhabitat essentiel des espĂšces; le financement de la recherche visant Ă combler les lacunes en matiĂšre dâinformation cernĂ©es dans un calendrier dâĂ©tudes.
c) Opposition à la proposition de radiation du Faucon pÚlerin des sous-espÚces anatum/tundrius de la Liste des espÚces en péril
Commentaires provenant dâorganisations autochtones
Dans une lettre reçue dâune collectivitĂ© autochtone du QuĂ©bec, celle-ci indique quâelle nâappuie pas la proposition de radiation du Faucon pĂšlerin de la sous-espĂšce anatum/tundrius, maintenant dĂ©signĂ©e « non en pĂ©ril » par le COSEPAC. La collectivitĂ© a fait savoir quâil faudrait mieux comprendre comment le rĂ©tablissement de cette sous-espĂšce a favorisĂ© ce changement de statut.
Tout en se rĂ©jouissant de lâaugmentation du nombre de Faucons pĂšlerins, les auteurs de la lettre sâinterrogent sur les mesures qui ont Ă©tĂ© prises pour mettre en Ćuvre le plan de gestion de 2017 et se demandent si ces mesures appuient la proposition de radiation. En particulier, pour les populations mĂ©ridionales des milieux urbains, ils ont constatĂ© que ce nâest que grĂące Ă des mesures proactives visant Ă protĂ©ger et Ă crĂ©er des sites de nidification sur les infrastructures urbaines que des individus ont pu se reproduire avec succĂšs et conserver leurs sites de nidification annĂ©e aprĂšs annĂ©e. De plus, les auteurs ont observĂ© que le taux de mortalitĂ© des juvĂ©niles continue dâĂȘtre Ă©levĂ© Ă cause de collisions avec des vĂ©hicules. Ils mentionnent que les taux de survie globaux des faucons en milieu urbain pourraient ĂȘtre infĂ©rieurs aux taux prĂ©vus et sâinquiĂštent du fait que la radiation pourrait avoir une incidence nĂ©gative sur les mesures de protection et dâattĂ©nuation nĂ©cessaires. Dans une perspective de prĂ©caution, ils estiment que la radiation serait prĂ©maturĂ©e.
La collectivitĂ© autochtone a Ă©galement des prĂ©occupations prĂ©cises concernant lâutilisation de pesticides, comme menace pour le Faucon pĂšlerin; ils se demandent, en particulier, si les pesticides sâaccumulant chez cette sous-espĂšce pourraient causer des effets semblables Ă ceux observĂ©s dans le passĂ© avec le DDT.
Une autre collectivité autochtone, celle-là de la ColombieBritannique, a fait part de ses préoccupations quant à la proposition de reclassification de cette espÚce. Elle estime que, en raison de leur importance, elles devraient rester dans la catégorie « espÚce préoccupante » conformément au principe de précaution pour assurer leur conservation.
Réponse du MinistÚre
Le plan de gestion du Faucon pĂšlerin de la sous-espĂšce anatum/tundrius a Ă©tĂ© publiĂ© en 2017, la mĂȘme annĂ©e que le rapport de situation du COSEPAC. Les activitĂ©s de conservation figurant dans le plan de gestion nâont pas contribuĂ© au rĂ©tablissement de cette sous-espĂšce. Cependant, de nombreuses activitĂ©s mises en Ćuvre avant la publication du plan de gestion ont contribuĂ© Ă leur rĂ©tablissement. Comme mis en Ă©vidence dans le rapport de situation du COSEPAC de 2017, le rĂ©tablissement de cette sous-espĂšce est le rĂ©sultat de rĂ©introductions dans une grande partie du sud du Canada aprĂšs lâinterdiction des pesticides organochlorĂ©s (par exemple le DDT). Des campagnes de sensibilisation ont Ă©galement Ă©tĂ© lancĂ©es pour prĂ©venir la perturbation des nids dans les carriĂšres et sur les falaises rocheuses oĂč lâon pratique lâescalade.
En ce qui concerne lâutilisation de pesticides et dâautres polluants, il convient de noter que, bien que certains polluants soient encore dĂ©tectĂ©s dans les Ă©chantillons de tissus analysĂ©s, cela ne semble pas avoir dâincidence sur le succĂšs reproductif Ă lâĂ©chelle de la population. Cette interprĂ©tation est corroborĂ©e par la forte croissance constante de la population globale, dont on sait quâelle est fonction dâune productivitĂ© saine des Ă©cosystĂšmes.
Lorsquâune espĂšce sauvage est considĂ©rĂ©e comme non en pĂ©ril, le COSEPAC nâest pas obligĂ© de réévaluer cette espĂšce Ă lâavenir. Cependant, nâimporte qui peut demander au COSEPAC dâĂ©valuer la situation dâune espĂšce sauvage, et une Ă©valuation peut ĂȘtre effectuĂ©e Ă la suite dâune telle demande. Cette espĂšce continuera de relever de la compĂ©tence des provinces et des territoires.
En ce qui concerne lâapplication du principe de prĂ©caution, comme il est mentionnĂ© ci-dessus, les recommandations dĂ©coulant des Ă©valuations du COSEPAC sont fondĂ©es sur les meilleures donnĂ©es et connaissances disponibles. Ainsi, lâincertitude scientifique et les risques connexes sont pris en compte dans les critĂšres dâĂ©valuation.
Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones
Obligations découlant des traités modernes
Lâarticle 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et confirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones, qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. Comme lâexige la Directive du Cabinet sur lâapproche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ćuvre des traitĂ©s modernes, une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour ce projet de dĂ©cret. LâĂ©valuation a permis de cerner les rĂ©percussions suivantes.
Le MinistĂšre accorde la prioritĂ© aux commentaires des conseils de gestion des ressources fauniques dans le processus dĂ©cisionnel relatif Ă lâinscription dâespĂšces sauvages. Quatre des espĂšces faisant lâobjet de ce projet de dĂ©cret ont Ă©tĂ© observĂ©es dans des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes oĂč des conseils de gestion des ressources fauniques sont autorisĂ©s Ă exercer des fonctions Ă lâĂ©gard dâune espĂšce sauvage : le Bruant Ă face noire, le Faucon pĂšlerin anatum/tundrius, le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive et lâEngoulevent dâAmĂ©rique. Les conseils de gestion des ressources fauniques concernĂ©s ont Ă©tĂ© consultĂ©s au sujet des modifications proposĂ©es pour ces espĂšces, conformĂ©ment aux processus dĂ©crits dans leur accord de revendications territoriales respectif. Sept conseils de gestion des ressources fauniques ont soumis des rĂ©solutions en rĂ©ponse aux modifications proposĂ©es, soit en appuyant lâinscription des espĂšces visĂ©es, soit en exerçant leur pouvoir discrĂ©tionnaire de ne pas exercer leurs fonctions dĂ©cisionnelles Ă lâĂ©gard de certaines espĂšces qui ne sont pas prĂ©sentes dans le territoire visĂ© par les accords. Les autres conseils de gestion des ressources fauniques nâont pas soumis de rĂ©solutions.
Il est proposĂ© dâinscrire le Bruant Ă face noire Ă titre dâespĂšce prĂ©occupante. Il est prĂ©sent dans des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes, notamment lâAccord sur les revendications territoriales du Nunavut, lâEntente sur les revendications territoriales des Inuvialuit, lâEntente sur la revendication territoriale globale des Gwichâin, lâAccord tłįcho, lâEntente sur la revendication territoriale globale des DĂ©nĂ©s et des MĂ©tis du Sahtu et la Convention dĂ©finitive des Inuvialuit. On sâattend Ă ce que lâinscription de cette espĂšce nâait quâune incidence mineure sur les droits issus de traitĂ©s, car les interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues par la LEP (articles 32 et 33) ne sâappliquent pas aux espĂšces inscrites Ă titre dâespĂšces prĂ©occupantes, et cette espĂšce est dĂ©jĂ protĂ©gĂ©e par la LCOM. Dans le cadre de la LEP, lâinscription dâune espĂšce prĂ©occupante Ă la liste nĂ©cessite lâĂ©laboration dâun plan de gestion. Pour lâĂ©laboration de ce plan, le ministre est tenu de collaborer avec les diffĂ©rentes parties Ă©numĂ©rĂ©es au paragraphe 66(1) de la LEP, y compris les conseils de gestion des ressources fauniques Ă©tablis au titre des accords sur les revendications territoriales. Ces conseils doivent ĂȘtre consultĂ©s lors de la prise de dĂ©cisions et de la formulation de recommandations concernant la gestion des espĂšces dans les rĂ©gions visĂ©es par ces accords. Le plan de gestion doit Ă©galement ĂȘtre prĂ©parĂ©, dans la mesure oĂč il sâappliquera Ă une rĂ©gion donnĂ©e, conformĂ©ment aux dispositions de lâaccord qui sâapplique. Afin de sâacquitter de ses obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes, le MinistĂšre consultera les PremiĂšres Nations qui sont des parties aux termes de ces traitĂ©s et les conseils de gestion des ressources fauniques concernĂ©s et les fera participer Ă la planification de la gestion de cette espĂšce. Parmi ceux-ci figurent le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, le Conseil consultatif de la gestion de la faune, le Conseil des ressources renouvelables gwichâin, lâOffice des ressources renouvelables du WekâĂšezhĂi, lâOffice des ressources renouvelables du Sahtu et le Conseil Inuvialuit de gestion du gibier.
Comme ce projet de dĂ©cret prĂ©voit la reclassification du Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive et de lâEngoulevent dâAmĂ©rique dâespĂšces menacĂ©es Ă espĂšces prĂ©occupantes, un plan de gestion devrait Ă©galement ĂȘtre Ă©laborĂ© pour ces espĂšces en collaboration avec les conseils de gestion des ressources fauniques Ă©tablis en vertu des accords sur les revendications territoriales pertinentsrĂ©fĂ©rence 31. Quant Ă la radiation proposĂ©e du faucon pĂšlerin anatum/tundrius, il ne devrait pas avoir dâincidence sur les droits issus de traitĂ©s modernes, car cette modification signifie que lâespĂšce ne sera plus assujettie Ă la LEP.
Mobilisation et 5consultation des Autochtones
Le Canada sâest engagĂ© Ă renouveler sa relation de nation Ă nation avec les peuples autochtones en lâancrant dans la reconnaissance de leurs droits, le respect, la collaboration et le partenariat. ConformĂ©ment Ă cet engagement, le ministĂšre de lâEnvironnement prend des mesures pour tenir des consultations significatives auprĂšs des peuples et des organisations autochtones, dans un esprit de respect, de collaboration et de partenariat. ParallĂšlement, des discussions sont en cours avec les collectivitĂ©s autochtones intĂ©ressĂ©es afin de dĂ©terminer les approches les plus appropriĂ©es pour les consulter.
Le MinistĂšre a communiquĂ© avec les peuples et les organisations autochtones afin de permettre Ă ceux qui seraient le plus susceptibles dâĂȘtre touchĂ©s par le projet de dĂ©cret de faire connaĂźtre leur point de vue. Avant le lancement des consultations sur les modifications proposĂ©es Ă la LEP, le MinistĂšre a envoyĂ© un courriel ou une lettre ciblĂ©e Ă certaines PremiĂšres Nations et organisations autochtones, sollicitant leurs commentaires. Le courriel, ou la lettre, fournissait des renseignements gĂ©nĂ©raux sur lâinitiative et sur les espĂšces Ă inscrire ou Ă reclassifier, en mettant lâaccent sur celles qui sont prĂ©sentes dans la province ou le territoire oĂč se trouve la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation ou le groupe autochtone. Lâavis clarifiait Ă©galement lâapproche de consultation et offrait des sources dâinformation supplĂ©mentaires sur les processus dâinscription et de consultation concernant les espĂšces terrestres. De plus, le MinistĂšre a offert la possibilitĂ© de discuter davantage de ce projet de dĂ©cret avec les PremiĂšres Nations et les organisations autochtones qui en feraient la demande, par tĂ©lĂ©phone, par tĂ©lĂ©confĂ©rence ou lors dâune sĂ©ance de consultation en personne.
Plusieurs espĂšces visĂ©es par ce projet de dĂ©cret, pour lesquelles on prĂ©voit des impacts supplĂ©mentaires, sont prĂ©sentes sur le territoire domanial. LâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), le frĂȘne bleu et la gesse littorale sont prĂ©sents, respectivement, sur les terres de rĂ©serve des PremiĂšres Nations dâAlderville, des Moraviens et dâEast Saanich. La couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest, pour sa part, est prĂ©sente sur les terres de rĂ©serve des PremiĂšres Nations de Westbank et de Splatsin. Quant Ă la gĂ©rardie jaune et au polyspire rayĂ©, ils sont tous les deux prĂ©sents sur les terres de rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Walpole Island.
En rĂ©ponse aux consultations de suivi que le MinistĂšre a menĂ©es auprĂšs des PremiĂšres Nations potentiellement touchĂ©es, une PremiĂšre Nation a fourni des commentaires sur lâimportance culturelle et la valeur Ă©conomique de la gĂ©rardie jaune, dont les racines sont traditionnellement utilisĂ©es pour la teinture dâobjets de vannerie. Bien que cette activitĂ© puisse ĂȘtre touchĂ©e si la rĂ©colte de la plante Ă©tait interdite, la PremiĂšre Nation a indiquĂ© que des teintures commerciales synthĂ©tiques sont maintenant disponibles et largement utilisĂ©es dans cette industrie, ce qui pourrait attĂ©nuer les rĂ©percussions Ă©conomiques potentielles.
Il semble que la PremiĂšre Nation effectue plusieurs autres activitĂ©s Ă©conomiques qui pourraient ĂȘtre touchĂ©es par les inscriptions proposĂ©es. Ces activitĂ©s se dĂ©roulent dans divers secteurs, notamment lâagriculture, la fabrication, la vente au dĂ©tail, le tourisme et dâautres utilisations des marais et des milieux humides. Par consĂ©quent, la PremiĂšre Nation ou ses membres pourraient devoir assumer des coĂ»ts sâils doivent demander un permis pour une activitĂ© touchant ces espĂšces ou une partie de leurs rĂ©sidences, et il est toujours possible que la demande soit refusĂ©e si les conditions du permis ne sont pas toutes remplies. En ce qui concerne la gĂ©rardie jaune, le MinistĂšre nâa connaissance dâaucune terre protĂ©gĂ©e dĂ©diĂ©e, et de nombreux terrains et bĂątiments agricoles sont situĂ©s dans la zone dâoccurrence de lâespĂšce. Pour ce qui est du polyspire rayĂ©, lâemplacement exact des sites dâoccurrence dans la rĂ©serve est inconnu et, par consĂ©quent, les rĂ©percussions potentielles sur les activitĂ©s Ă©conomiques, telles que lâagriculture ou le dĂ©veloppement dâinfrastructures, sont incertaines. Le MinistĂšre a tentĂ© de communiquer avec la PremiĂšre Nation pour obtenir des commentaires supplĂ©mentaires sur les rĂ©percussions socioĂ©conomiques potentielles de lâinscription de ces espĂšces, mais sans succĂšs.
Pour le frĂȘne bleu, en plus des consultations initiales, une lettre de suivi a Ă©tĂ© envoyĂ©e Ă la PremiĂšre Nation potentiellement touchĂ©e en janvier 2019 pour demander des commentaires sur sa reclassification proposĂ©e de lâespĂšce de la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante » Ă celle dâ« espĂšce menacĂ©e », notant que cette espĂšce est prĂ©sente dans les terres de la PremiĂšre Nation, et que des interdictions seront appliquĂ©es Ă la suite du changement de statut. Un appel tĂ©lĂ©phonique de suivi a Ă©galement Ă©tĂ© effectuĂ©; aucun commentaire nâa Ă©tĂ© soumis.
Au cours de 2017-2018, pour lâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), des courriels de suivi ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă lâadministration de la PremiĂšre Nation afin de solliciter des commentaires sur son inscription. Une rĂ©union en personne avait Ă©tĂ© tenue en 2017 afin de discuter de lâinscription, et une autre rĂ©union avait Ă©tĂ© tenue en 2018, au cours de laquelle cette PremiĂšre Nation avait exprimĂ© des inquiĂ©tudes relativement aux renseignements prĂ©sentĂ©s dans le rapport de situation du COSEPAC sur lâespĂšce. Lors de cette rĂ©union, le MinistĂšre a notĂ© que, advenant lâinscription de lâespĂšce, des commentaires seraient sollicitĂ©s pour lâĂ©laboration du programme de rĂ©tablissement.
Choix de lâinstrument
La LEP stipule quâaprĂšs avoir reçu une Ă©valuation du COSEPAC sur la situation dâune espĂšce sauvage, le gouverneur en conseil peut procĂ©der Ă lâexamen de lâĂ©valuation et peut, Ă la recommandation du ministre de lâEnvironnement :
- (1) accepter lâĂ©valuation et inscrire lâespĂšce Ă lâannexe 1;
- (2) dĂ©cider de ne pas inscrire lâespĂšce Ă lâannexe 1; ou
- (3) renvoyer lâĂ©valuation au COSEPAC aux fins dâun examen approfondi.
La protection des espÚces en péril est une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. Par conséquent, le gouvernement fédéral doit respecter ses responsabilités en matiÚre de protection des espÚces sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques.
La Loi comprend des articles qui appuient les approches dâintendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement, organisation ou personne au Canada. Bien que ces articles puissent ĂȘtre utilisĂ©s pour obtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce, lâobligation du ministre de formuler une recommandation Ă lâintention du gouverneur en conseil relativement Ă une Ă©valuation ne peut pas ĂȘtre contournĂ©e.
Analyse de la réglementation
Cette analyse prĂ©sente les impacts supplĂ©mentaires, tant en termes dâavantages que de coĂ»ts, du projet de dĂ©cret. Les impacts supplĂ©mentaires sont dĂ©finis comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario dans lequel le projet de dĂ©cret est mis en Ćuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč une espĂšce est prĂ©sente et tient compte de tout changement, prĂ©vu au cours des dix prochaines annĂ©es, qui surviendrait sans lâadoption du projet de dĂ©cret. Le scĂ©nario dans lequel le projet de dĂ©cret est mis en Ćuvre comprend les impacts qui devraient dĂ©couler des interdictions gĂ©nĂ©rales ainsi que de tout arrĂȘtĂ© ou dĂ©cret de protection de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial, qui pourrait ĂȘtre pris Ă lâavenir. Lâhabitat essentiel nâĂ©tant dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan dâaction quâaprĂšs lâinscription de lâespĂšce Ă lâannexe 1 de la LEP, lâĂ©tendue de lâhabitat essentiel dĂ©signĂ© (et donc des mesures de protection connexes) est inconnue pour le moment. Par consĂ©quent, lâanalyse est fondĂ©e sur les meilleures donnĂ©es disponibles Ă cette Ă©tape.
Une pĂ©riode de 10 ans a Ă©tĂ© choisie pour lâanalyse, puisque le statut dâune espĂšce doit ĂȘtre réévaluĂ© tous les 10 ans par le COSEPAC. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s selon leur valeur actualisĂ©e ont Ă©tĂ© calculĂ©s Ă un taux dâactualisation de 3 % pour la pĂ©riode de 2022 Ă 2031. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans la prĂ©sente analyse sont en dollars constants de 2021.
De façon gĂ©nĂ©rale, le projet de dĂ©cret devrait profiter Ă la sociĂ©tĂ© canadienne. La protection des espĂšces visĂ©es permettrait de prĂ©server les valeurs socioĂ©conomiques et culturelles connexes, les valeurs dâexistence et dâoption ainsi que les avantages dĂ©coulant de services tels que le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. Le projet de dĂ©cret ne devrait entraĂźner que de faibles coĂ»ts liĂ©s Ă lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction et de plans de gestion, le cas Ă©chĂ©ant, ainsi quâaux Ă©ventuelles demandes de permis et Ă la promotion de la conformitĂ©. Les autres coĂ»ts dĂ©coulant de ce projet de dĂ©cret, liĂ©s au dĂ©clenchement de lâapplication dâinterdictions gĂ©nĂ©rales et Ă dâĂ©ventuels futurs arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets de protection de lâhabitat essentiel visant les espĂšces inscrites comme menacĂ©es ou en voie de disparition, devraient ĂȘtre faibles, voire nuls.
I. Avantages
En vertu de la LEP, les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays bĂ©nĂ©ficient de lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans dâaction qui dĂ©finissent les principales menaces pesant sur leur survie et, dans la mesure du possible, lâhabitat nĂ©cessaire Ă leur survie et Ă leur rĂ©tablissement au Canada. Les espĂšces prĂ©occupantes bĂ©nĂ©ficient de lâĂ©laboration dâun plan de gestion, qui comprend des mesures de conservation de lâespĂšce. Ces documents permettent aux autoritĂ©s responsables de la gestion des terres de prendre des mesures coordonnĂ©es, peu importe oĂč les espĂšces se trouvent au Canada. Une meilleure coordination entre les autoritĂ©s augmente la probabilitĂ© de survie des espĂšces. Ce processus permet Ă©galement dâexaminer lâimpact des mesures de rĂ©tablissement des espĂšces et de consulter les peuples autochtones et les intervenants. Ces activitĂ©s peuvent ĂȘtre complĂ©tĂ©es par des projets rĂ©alisĂ©s par les administrations locales, des intervenants et/ou les peuples autochtones pour protĂ©ger les espĂšces et leur habitat, par exemple des projets financĂ©s par le Programme dâintendance de lâhabitatrĂ©fĂ©rence 62, qui nĂ©cessite un soutien et des fonds de contrepartie provenant dâautres sources. Ces projets amĂ©liorent la capacitĂ© de comprendre les besoins en matiĂšre de conservation des espĂšces et de leur habitat et dây rĂ©pondre efficacement.
La dĂ©signation comme espĂšce prĂ©occupante est Ă©galement un premier signe que lâespĂšce nĂ©cessite une attention particuliĂšre en raison dâune combinaison de caractĂ©ristiques biologiques et de menaces recensĂ©es. Elle aide Ă gĂ©rer lâespĂšce de façon proactive, en optimisant la probabilitĂ© de rĂ©ussite et en prĂ©venant potentiellement des mesures coĂ»teuses Ă lâavenir. Lâavantage supplĂ©mentaire de la reclassification dâune espĂšce dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante » dĂ©coule des efforts de gestion qui reflĂštent les meilleures donnĂ©es scientifiques disponibles, qui sont fournies par le COSEPAC. De tels efforts permettent de sâassurer que les espĂšces sont protĂ©gĂ©es conformĂ©ment aux objectifs de la LEP avec une incidence minimale sur les intervenants, les peuples autochtones et les ressources gouvernementales.
Ăconomie de coĂ»ts dĂ©coulant des reclassifications dans une catĂ©gorie de moindre risque
La radiation du Faucon pĂšlerin de la liste des espĂšces en pĂ©ril, oĂč il Ă©tait inscrit Ă titre dâespĂšce prĂ©occupante, permettrait dâĂ©viter des coĂ»ts, puisque lâĂ©laboration dâun plan de gestion Ă jour ne serait plus nĂ©cessairerĂ©fĂ©rence 18. De mĂȘme, des plans dâaction ne seraient plus nĂ©cessaires pour lâEngoulevent dâAmĂ©rique et le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive, Ă©tant donnĂ© quâils seraient reclassifiĂ©s dans la catĂ©gorie de moindre risque « espĂšce prĂ©occupante »rĂ©fĂ©rence 64. On estime que les coĂ»ts Ă©vitĂ©s par le gouvernement se situeraient entre 3 000 et 10 000 dollars par espĂšce (non actualisĂ©s), soit un total estimĂ© entre 9 000 et 30 000 dollars pour ces trois espĂšces. Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne sâappliqueraient plus Ă ces espĂšces aprĂšs leur reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque; cependant, elles seraient toujours protĂ©gĂ©es par la LCOM et devraient faire lâobjet de permis en vertu de cette Loi. En se basant sur les demandes de permis dĂ©jĂ dĂ©posĂ©es pour ces espĂšces, on suppose que, Ă lâavenir, il y aurait en moyenne cinq demandes de permis dĂ©livrĂ©s en vertu de la LCOM par annĂ©e qui nâauraient plus besoin dâĂȘtre conformes Ă la LEP. Cela se traduirait par une Ă©conomie estimĂ©e Ă 16 500 $ pour les demandeurs de permis et Ă 34 000 $ pour le gouvernement du Canada. Les coĂ»ts totaux Ă©vitĂ©s pour ces trois espĂšces varieraient entre 59 500 $ et 80 500 $ (non actualisĂ©s).
Valeur économique totale de la conservation des espÚces
Le cadre de la valeur Ă©conomique totale est souvent utilisĂ© pour Ă©valuer de quelle façon les richesses de lâenvironnement telles que les espĂšces en pĂ©ril contribuent au bien-ĂȘtre de la sociĂ©tĂ©. Ă lâaide de ce cadre, lâanalyse effectuĂ©e a permis de constater que les espĂšces visĂ©es par ce projet de dĂ©cret procurent divers types dâavantages aux Canadiens. Bien que le projet de dĂ©cret ne puisse Ă lui seul prĂ©venir la perte dâavantages que ces espĂšces procurent aux Canadiens, certains dâentre eux sont prĂ©sentĂ©s ci-dessous Ă des fins de mise en contexte.
a) Valeurs socioéconomiques et culturelles pour les peuples autochtones
Certaines des espĂšces dont lâinscription est proposĂ©e ont une valeur Ă©conomique, sociale et culturelle unique pour les peuples autochtones.
Par exemple, Ă partir de lâĂ©corce interne du tronc du frĂȘne bleu, on peut produire un colorant bleu. Des donnĂ©es rĂ©vĂšlent que les peuples autochtones utilisaient, dans le passĂ©, ce colorant dans la production de divers textilesrĂ©fĂ©rence 50. La gĂ©rardie jaune aurait des propriĂ©tĂ©s mĂ©dicinales, et les peuples autochtones de lâAmĂ©rique du Nord sâen servent pour traiter des maladiesrĂ©fĂ©rence 21. Les racines de cette plante sont Ă©galement utilisĂ©es traditionnellement par les peuples autochtones pour teindre les objets de vannerierĂ©fĂ©rence 37.
La couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest, en tant quâespĂšce de couleuvre, revĂȘt une importance pour le patrimoine de nombreux peuples autochtones de la cĂŽte nord-ouest du Pacifique, dont font partie les PremiĂšres Nations vivant Ă proximitĂ© de lâaire de rĂ©partition canadienne de cette espĂšce en Colombie-Britannique. Par exemple, une crĂ©ature surnaturelle ressemblant Ă un serpent, appelĂ©e « Sisiutl », existe dans les mythes et dans lâiconographie traditionnelle et cĂ©rĂ©monialerĂ©fĂ©rence 53. Les reprĂ©sentations kwakiutl montrent un visage humanoĂŻde entre les deux tĂȘtes dâun serpent, et des reprĂ©sentations similaires existent chez les groupes Tsimshian, Tlingit, Bella Coola, Nootka et HaidarĂ©fĂ©rence 38. Le Sisiutl est associĂ© Ă la fois Ă la mort et Ă la propriĂ©tĂ©, ce qui pourrait ĂȘtre Ă lâorigine de son iconographie bicĂ©phale. Il est Ă©galement liĂ© aux chamans, car tous deux sont considĂ©rĂ©s comme des mĂ©diateurs entre les mondes naturel et surnaturelrĂ©fĂ©rence 23.
b) Avantages récréatifs
Les espĂšces du genre Hemileuca, comme lâhĂ©mileucin de Nuttall, suscitent lâintĂ©rĂȘt des entomologistes, tant amateurs que professionnels, depuis de nombreuses annĂ©es, en partie Ă cause de leurs mĆurs diurnes et de leur coloration remarquablerĂ©fĂ©rence 24. De plus, Ă©tant donnĂ© que les papillons de nuit figurent frĂ©quemment dans les photos des concours organisĂ©s par la SociĂ©tĂ© dâentomologie du Canada, on peut en dĂ©duire que cette espĂšce peut avoir une valeur esthĂ©tique pour les photographes de la faunerĂ©fĂ©rence 25. Comme il sâagit du plus grand bruant dâAmĂ©rique du Nord et du seul Ă se reproduire uniquement au CanadarĂ©fĂ©rence 26, le Bruant Ă face noire incite probablement Ă lâobservation des oiseaux. En tant quâespĂšce charismatique et largement connue au Canada pour ses capacitĂ©s physiques, le Faucon pĂšlerin est Ă©galement susceptible dâinciter Ă lâobservation des oiseaux. LâEngoulevent dâAmĂ©rique et le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive sont dâautres oiseaux qui favorisent probablement les activitĂ©s dâobservation. Selon lâEnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012rĂ©fĂ©rence 57, 4,7 millions de Canadiens pratiquent lâobservation des oiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012rĂ©fĂ©rence 28. En moyenne, les ornithologues amateurs ont consacrĂ© 133 jours et 207 $CAN (de 2012) chacun Ă cette activitĂ©.
c) Avantages fonctionnels
De nombreuses espĂšces dont lâinscription ou la reclassification est recommandĂ©e jouent des rĂŽles fonctionnels importants Ă lâappui des systĂšmes Ă©conomiques et de la santĂ© et du bien-ĂȘtre des humains. La coccinelle Ă neuf points joue un rĂŽle vital en tant quâagent de lutte biologique dans les jardins et les champs de cultures agricoles, car elle est un prĂ©dateur de diverses espĂšces de pucerons, dâacariens, de cochenilles et de chenillesrĂ©fĂ©rence 59. La couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest se nourrit dâinsectes nuisibles et de rongeurs, ce qui pourrait contribuer Ă lutter contre les infections Ă hantavirus, des maladies propagĂ©es par les souris sylvestres en Colombie-BritanniquerĂ©fĂ©rence 45,rĂ©fĂ©rence 16. Ces couleuvres jouent Ă©galement un rĂŽle important dans les zones agricoles oĂč les insectes et les rongeurs peuvent causer des dommages aux culturesrĂ©fĂ©rence 17. Les lichens tels que la lobaire rĂ©ticulĂ©e sont des composantes essentielles de nombreux Ă©cosystĂšmes de la Colombie-Britannique en raison de leur rĂŽle dans le maintien de la santĂ© des Ă©cosystĂšmes, par exemple parce quâils protĂšgent le sol contre lâĂ©rosion et lâempiĂ©tement des mauvaises herbes et parce quâils constituent une source essentielle dâazote atmosphĂ©riquerĂ©fĂ©rence 48,rĂ©fĂ©rence 19. Les escargots tels que le polyspire rayĂ© peuvent jouer un rĂŽle essentiel dans le fonctionnement des Ă©cosystĂšmes forestiers en contribuant aux processus de dĂ©composition, du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs et de formation des solsrĂ©fĂ©rence 20. Les frĂȘnes jouent Ă©galement un rĂŽle important dans le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs dans les forĂȘts de feuillusrĂ©fĂ©rence 20. Comme la plupart des papillons dotĂ©s dâune trompe (câest-Ă -dire dâune longue langue tubulaire servant de paille), lâhespĂ©rie tachetĂ©e et lâhespĂ©rie du Colorado sont des pollinisateurs qui favorisent la reproduction et la dispersion des plantes Ă fleurs, contribuant ainsi Ă la biodiversitĂ© de la florerĂ©fĂ©rence 36,rĂ©fĂ©rence 22. La gesse littorale est une source de nourriture pour les populations cĂŽtiĂšres de cerfs, et divers insectes sâalimentent de ses fleursrĂ©fĂ©rence 23. Câest Ă©galement lâune des rares espĂšces constituant une source de nourriture pour les chenilles du Platyprepia virginalis (un papillon nommĂ© « Ranchmanâs Tiger Moth » en anglais)rĂ©fĂ©rence 23. LâEngoulevent dâAmĂ©rique et le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive sont des agents importants de contrĂŽle des populations dâinsectes, car ils se nourrissent de grandes quantitĂ©s dâinsectes volants, leur seule source de nourriturerĂ©fĂ©rence 39,rĂ©fĂ©rence 40,rĂ©fĂ©rence 41,rĂ©fĂ©rence 27. Le Faucon pĂšlerin, pour sa part, est un agent important de contrĂŽle des populations dâoiseaux, car son rĂ©gime alimentaire se compose principalement dâoiseauxrĂ©fĂ©rence 43,rĂ©fĂ©rence 29.
d) Valeur scientifique
Plusieurs des espĂšces dont lâinscription ou la reclassification est recommandĂ©e sont utilisĂ©es dans la recherche comme indicateurs de lâĂ©tat des Ă©cosystĂšmes et de lâenvironnement. Les scientifiques sâappuient sur ces bio-indicateurs pour comprendre lâimpact des perturbations anthropiques sur les Ă©cosystĂšmes et pour surveiller et gĂ©rer la biodiversitĂ©. Les dĂ©clins dâescargots peuvent avoir un impact important sur la dynamique des populations de passereaux forestiers, et la diversitĂ© des escargots peut indiquer le degrĂ© de perturbation anthropique de lâenvironnementrĂ©fĂ©rence 30,rĂ©fĂ©rence 61,rĂ©fĂ©rence 32. Il est possible que le polyspire rayĂ© puisse prĂ©senter ces caractĂ©ristiques et puisse donc ĂȘtre utilisĂ© comme indicateur de la biodiversitĂ©. Les lichens tels que la lobaire rĂ©ticulĂ©e sont utiles pour Ă©valuer la biodiversitĂ© et la continuitĂ© des forĂȘts et pour surveiller la qualitĂ© de lâairrĂ©fĂ©rence 33,rĂ©fĂ©rence 34. Les papillons de nuit sont aussi, en gĂ©nĂ©ral, considĂ©rĂ©s comme des indicateurs Ă©cologiques convenablesrĂ©fĂ©rence 35. Compte tenu de sa prĂ©fĂ©rence pour les milieux Ă purshie tridentĂ©e, lâhĂ©mileucin de Nuttall pourrait ĂȘtre une espĂšce indicatrice idĂ©ale de la santĂ© globale de son Ă©cosystĂšme prĂ©fĂ©rĂ©rĂ©fĂ©rence 51.
e) Valeur dâexistence
De nombreuses personnes Ă©prouvent un sentiment de bien-ĂȘtre du simple fait de savoir quâune espĂšce existe maintenant et/ou quâelle continuera dâexister Ă lâavenir. Bien que lâon ne dispose dâaucune estimation quantitative de la valeur de lâexistence des espĂšces dont lâinscription ou la reclassification est recommandĂ©e, des Ă©tudes connexes indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde une valeur substantielle aux espĂšces vulnĂ©rables, et en particulier aux espĂšces charismatiques, emblĂ©matiques ou ayant une valeur symboliquerĂ©fĂ©rence 52,rĂ©fĂ©rence 38. Les coccinelles sont des espĂšces emblĂ©matiques pour le grand public, et le dĂ©clin observĂ© de la jolie coccinelle Ă neuf points a suscitĂ© lâintĂ©rĂȘt du public pour sa conservationrĂ©fĂ©rence 54. La lobaire rĂ©ticulĂ©e est une espĂšce phare pour un groupe de lichens et de bryophytes rares et peu communs, qui poussent dans les forĂȘts anciennes humides de la ColombieBritanniquerĂ©fĂ©rence 55. Une espĂšce phare est une espĂšce charismatique qui a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e pour aider Ă sensibiliser les gens aux enjeux de la conservation, habituellement parce que la protection de cette espĂšce protĂšge indirectement de nombreuses autres espĂšces dans le mĂȘme Ă©cosystĂšme. De mĂȘme, lâhĂ©mileucin de Nuttall est considĂ©rĂ© comme une espĂšce emblĂ©matique de lâĂ©cosystĂšme Ă purshie tridentĂ©e du sud aride de la vallĂ©e de lâOkanagan, lâun des Ă©cosystĂšmes les plus menacĂ©s au CanadarĂ©fĂ©rence 56. Enfin, lâhespĂ©rie tachetĂ©e est un papillon reprĂ©sentatif dâĂ©cosystĂšmes rares et vitaux Ă lâĂ©chelle mondiale, tels que les forĂȘts de chĂȘnes, les forĂȘts de pins, les prairies Ă grandes graminĂ©es et les alvarsrĂ©fĂ©rence 42.
f) Valeur dâoption
Le public et les entreprises du Canada peuvent valoriser la prĂ©servation de lâinformation gĂ©nĂ©tique qui pourrait ĂȘtre utilisĂ©e Ă lâavenir Ă des fins biologiques, mĂ©dicales, gĂ©nĂ©tiques et autresrĂ©fĂ©rence 58. Plusieurs espĂšces dont lâinscription ou la reclassification est recommandĂ©e sont associĂ©es Ă ces valeurs (câest-Ă -dire les valeurs dâoption). Les gĂ©rardies ont une valeur de conservation considĂ©rable, car lâhabitat dans lequel elles sont prĂ©sentes est censĂ© ĂȘtre relativement intact depuis lâĂ©poque prĂ©cĂ©dant la colonisation par les EuropĂ©ensrĂ©fĂ©rence 44. De telles espĂšces sont importantes pour la recherche sur la biogĂ©ographie, le flux gĂ©nique et lâĂ©volutionrĂ©fĂ©rence 59. Le frĂȘne bleu est considĂ©rĂ© comme unique parmi les cinq espĂšces de frĂȘnes indigĂšnes de lâOntario, principalement parce quâil rĂ©siste mieux Ă lâagrile du frĂȘne et quâil pourrait possĂ©der certaines propriĂ©tĂ©s pouvant avantager dâautres espĂšces de frĂȘnesrĂ©fĂ©rence 60. Au Canada, le polyspire rayĂ© et la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest sont prĂ©sents Ă la limite nord de leur aire de rĂ©partition mondialerĂ©fĂ©rence 46,rĂ©fĂ©rence 47. Les populations se trouvant aux limites de leur aire de rĂ©partition peuvent avoir une importance pour la recherche sur la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique, la survie Ă long terme et lâĂ©volution des espĂšces, et offrent des possibilitĂ©s dâactivitĂ©s rĂ©crĂ©atives pour les humainsrĂ©fĂ©rence 63.
II. Coûts
Les espĂšces ont Ă©tĂ© incluses dans le projet de dĂ©cret uniquement si la nature de la modification rĂ©glementaire connexe Ă©tait censĂ©e nâimposer aucun coĂ»t, voire un coĂ»t minimal, aux intervenants et/ou aux peuples autochtones. Ainsi, par dĂ©finition, les rĂ©percussions prĂ©vues du projet de dĂ©cret seraient faibles.
Pour chaque espĂšce, lâanalyse a pris en compte quatre types de coĂ»ts supplĂ©mentaires du projet de dĂ©cret :
- les coĂ»ts liĂ©s au respect des interdictions gĂ©nĂ©rales sur les rĂ©serves des PremiĂšres Nations ou ailleurs sur le territoire domanial, pour les peuples autochtones et les intervenants, ainsi que les coĂ»ts rĂ©sultant dâĂ©ventuels futurs arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets de protection de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial;
- les coĂ»ts de lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement, dâun plan dâaction ou dâun plan de gestion, de la promotion de la conformitĂ© et de lâapplication de la loi, pour le gouvernement du Canada;
- les coûts des demandes de permis et de la délivrance de ceux-ci, pour les peuples autochtones, les intervenants et le gouvernement du Canada; et
- dâautres coĂ»ts.
Lâanalyse est fondĂ©e sur la meilleure information accessible Ă ce stade.
Coûts pour les intervenants et les peuples autochtones
Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sâappliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes, ce qui signifie que lâinscription ou la reclassification dâune espĂšce dans cette catĂ©gorie nâentraĂźne aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les intervenants et les peuples autochtones. De plus, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne sont dĂ©clenchĂ©es que pour les espĂšces prĂ©sentes sur le territoire domanial, ce qui fait en sorte quâil nây a aucun nouvel impact pour les peuples autochtones ou les intervenants lorsque la prĂ©sence des espĂšces nâest pas connue sur le territoire domanial.
Bien que les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP sâappliquent Ă lâensemble du rĂ©seau de lieux patrimoniaux protĂ©gĂ©s de lâAPC au moment de lâinscription, les espĂšces et leur habitat bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ dâune protection dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationauxrĂ©fĂ©rence 49 en vertu de la LPNC. Trois espĂšces nouvellement inscrites comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition se trouvent dans des zones protĂ©gĂ©es par lâAPC : le polyspire rayĂ©, la gesse littorale et le frĂȘne bleu.
Lâinscription proposĂ©e des espĂšces prĂ©sentes sur les terres de lâAPC touchĂ©es nâentraĂźnera aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les intervenants, autre que le coĂ»t potentiel des demandes de permis (pour de plus amples dĂ©tails, voir la sous-section sur les demandes de permis ci-dessous). De mĂȘme, en raison de la protection existante, les impacts supplĂ©mentaires attendus dâun Ă©ventuel dĂ©cret de protection de lâhabitat essentiel de ces espĂšces sont minimes.
Des interdictions gĂ©nĂ©rales sâappliquent Ă©galement ailleurs sur le territoire domanial, notamment dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations. Sept espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret qui seraient nouvellement inscrites ou reclassifiĂ©es comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition se trouvent dans des rĂ©serves : le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune, lâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), la gesse littorale, lâhespĂ©rie du Colorado, le frĂȘne bleu et la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest. Comme il est expliquĂ© plus en dĂ©tail ci-dessous, ces occurrences ne devraient pas entraĂźner dâimpacts supplĂ©mentaires dus aux interdictions gĂ©nĂ©rales ou aux futurs arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets de protection de lâhabitat essentiel dans des rĂ©serves, au-delĂ de lâobligation de demander un permis pour certaines activitĂ©s. Les coĂ»ts supplĂ©mentaires pour le gouvernement du Canada dĂ©coulant du dĂ©cret proposĂ© pour ces sept espĂšces, liĂ©s aux activitĂ©s de promotion de la conformitĂ© et dâapplication de la loi, sont abordĂ©s ci-dessous.
LâhespĂ©rie du Colorado et la gĂ©rardie jaune se trouvent toutes deux dans la rĂ©serve dâune PremiĂšre Nation en Colombie-Britannique : la rĂ©serve East Saanich no 2. La PremiĂšre Nation a Ă©laborĂ© plusieurs approches rĂ©glementaires pour gĂ©rer lâamĂ©nagement des terres dans la rĂ©serve, notamment en matiĂšre de protection ou de gestion des caractĂ©ristiques environnementales naturelles. La PremiĂšre Nation a Ă©galement Ă©laborĂ© un plan communautaire exhaustif visant Ă prĂ©server les zones Ă©cosensibles et Ă crĂ©er un rĂ©seau Ă©cologique et rĂ©crĂ©atif interreliĂ© oĂč les espĂšces sauvages peuvent prospĂ©rer. Lâensemble de ces approches est considĂ©rĂ© comme Ă©tant des mesures suffisantes pour protĂ©ger lâhespĂ©rie du Colorado et la gesse littorale, et lâinscription des deux espĂšces et dâĂ©ventuels dĂ©crets de protection de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial devraient entraĂźner un seul impact supplĂ©mentaire minime.
LâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) se trouve dans la rĂ©serve dâune PremiĂšre Nation en Ontario. Les activitĂ©s sont dĂ©jĂ restreintes dans une certaine mesure Ă cet endroit en raison de la prĂ©sence dâautres espĂšces inscrites Ă la LEP, et des permis sont dĂ©jĂ requis Ă cet endroit pour toute activitĂ© touchant la rainette faux-grillon de lâOuest et/ou la rĂ©sidence de lâespĂšce. La gĂ©rardie jaune et le polyspire rayĂ© se trouvent dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Walpole Island en Ontario. Lâemplacement de la population de gĂ©rardie jaune est considĂ©rĂ© comme un site de patrimoine naturel et est protĂ©gĂ© au sein de la communautĂ©. Cette rĂ©serve compte des occurrences ainsi que de lâhabitat essentiel de multiples espĂšces inscrites Ă la liste de la LEP, et elle rĂ©alise dĂ©jĂ dâimportants travaux de conservation et de remise en Ă©tat pour protĂ©ger les espĂšces. Le frĂȘne bleu se trouve dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Moravian no 47. Aucune activitĂ© susceptible dâentraĂźner lâapplication des interdictions gĂ©nĂ©rales nâa Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©e Ă cet endroit. Les impacts supplĂ©mentaires liĂ©s Ă lâinscription des quatre espĂšces et aux Ă©ventuels arrĂȘtĂ©s ou dĂ©crets de protection de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial devraient donc ĂȘtre minimes.
La prĂ©sence de la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest est confirmĂ©e dans trois sites en territoire domanial, dans trois rĂ©serves de PremiĂšres Nations et possiblement prĂšs de trois autres rĂ©serves de PremiĂšres Nations, toutes en Colombie-Britannique. Cette espĂšce partage des hibernacles (chambres souterraines que les serpents utilisent pendant lâhiver pour se protĂ©ger du froid) avec la couleuvre Ă nez mince du Grand Bassin et, dans une moindre mesure, avec le crotale de lâOuest et la couleuvre nocturne du dĂ©sert. Ces trois espĂšces sont dĂ©jĂ inscrites Ă lâannexe 1 de la LEP comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition et, par consĂ©quent, leurs hibernacles sont protĂ©gĂ©s par les dispositions applicables de la LEP. Lâaire de rĂ©partition de la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest chevauche Ă©galement de façon importante lâhabitat essentiel dĂ©signĂ© de nombreuses espĂšces actuellement inscrites comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition Ă lâannexe 1 de la LEP, notamment le crapaud du Grand Bassin et le blaireau dâAmĂ©rique. Par consĂ©quent, les impacts supplĂ©mentaires prĂ©vus du changement de statut de la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest pour les intervenants et les peuples autochtones, que ce soit en ce qui concerne les interdictions gĂ©nĂ©rales ou un Ă©ventuel arrĂȘtĂ© ou dĂ©cret de protection de lâhabitat essentiel sur le territoire domanial, ne seraient que minimes, hormis les coĂ»ts liĂ©s Ă lâapplication de la loi et aux permis, qui sont abordĂ©s aux sous-sections 2 et 3 de la section sur les coĂ»ts.
Il est fort possible que lâhĂ©mileucin de Nuttall se trouve dans la rĂ©serve nationale de faune (RNF) de Vaseux-Bighorn, en Colombie-Britannique. Bien que les espĂšces prĂ©sentes dans les RNF soient protĂ©gĂ©es dans une certaine mesure par le RĂšglement sur les rĂ©serves dâespĂšces sauvages fĂ©dĂ©ral, des mesures de protection supplĂ©mentaires sâappliqueraient normalement Ă une espĂšce en vertu des dispositions de la LEP dĂšs lâinscription de cette espĂšce. Toutefois, lâhabitat essentiel de lâhĂ©mileucin de Nuttall a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©signĂ© au sein de la rĂ©serve nationale de faune de Vaseux-Bighorn et du refuge dâoiseaux migrateurs (ROM) du Lac-Vaseux dans la version provisoire du programme de rĂ©tablissement de lâespĂšce. Lâhabitat essentiel de lâhĂ©mileucin chevauche de maniĂšre importante lâhabitat essentiel dĂ©jĂ dĂ©signĂ©, et donc dĂ©jĂ protĂ©gĂ©, du porte-queue de Behr, une espĂšce de papillon. Comme le porte-queue de Behr est dĂ©jĂ protĂ©gĂ© en vertu de la LEP, les activitĂ©s dans cette partie du territoire domanial qui reprĂ©sentaient des menaces pour lâespĂšce sont dĂ©jĂ interdites, ce qui bĂ©nĂ©ficie grandement Ă lâhĂ©mileucin de Nuttall. Ainsi, Ă lâexception des coĂ»ts liĂ©s Ă lâapplication de la loi et aux permis (abordĂ©s ci-dessous dans la section relative aux coĂ»ts pour le gouvernement du Canada), les interdictions gĂ©nĂ©rales ou un Ă©ventuel arrĂȘtĂ© ou dĂ©cret de protection de lâhabitat essentiel sur le territoire fĂ©dĂ©ral ne devraient pas avoir dâimpact supplĂ©mentaire sur les intervenants en ce qui concerne lâinscription de lâhĂ©mileucin de Nuttall.
LâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) se trouve sur une propriĂ©tĂ© du ministĂšre de la DĂ©fense nationale (MDN), la BFC Borden. Les impacts de lâinscription de cette population devraient ĂȘtre minimes, car lâespĂšce dĂ©pend dâune plante hĂŽte qui nâa pas Ă©tĂ© touchĂ©e par les activitĂ©s dâentraĂźnement sur la propriĂ©tĂ© du MDN. Le MDN dispose dâun programme environnemental qui fournit une orientation favorisant la conformitĂ© avec les lois environnementales, et il a collaborĂ© avec le ministĂšre de lâEnvironnement et lâAPC Ă des questions relatives aux espĂšces terrestres en pĂ©ril. De plus, lorsque des activitĂ©s sont liĂ©es Ă des considĂ©rations de sĂ©curitĂ© nationale, elles peuvent ĂȘtre exemptĂ©es des interdictions gĂ©nĂ©rales et des exigences en matiĂšre de protection de lâhabitat essentiel prĂ©vues dans la LEP, si une telle exemption est autorisĂ©e au titre dâune autre loi fĂ©dĂ©ralerĂ©fĂ©rence 65. Compte tenu de ces facteurs, aucun impact important nâest prĂ©vu sur les propriĂ©tĂ©s du MDN. Les coĂ»ts que le MDN pourrait subir en rapport avec les espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret dans le cadre de son approche globale Ă lâĂ©gard de la gestion de lâenvironnement nâont pas Ă©tĂ© estimĂ©s, car ils sont considĂ©rĂ©s comme faisant partie du scĂ©nario de base. Tous les coĂ»ts supplĂ©mentaires dĂ©coulant du dĂ©cret proposĂ© devraient ĂȘtre minimes.
Coûts pour le gouvernement du Canada
Comme lâindique le tableau 4 ci-dessous, les coĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada diffĂšrent selon la catĂ©gorie dâinscription, car les diffĂ©rentes catĂ©gories entraĂźnent diffĂ©rentes exigences en matiĂšre de production de rapports.
| Types dâinscription |
Exigences de la LEP |
Coût estimé par espÚce |
|---|---|---|
Nouvelle inscription ou reclassification en tant quâespĂšce prĂ©occupante |
Ălaboration dâun plan de gestion |
De 10 000 $ Ă 15 000 $ |
Reclassification de lâespĂšce, de la catĂ©gorie " espĂšce menacĂ©e " Ă la catĂ©gorie " espĂšce en voie de disparition " (et vice versa) |
Mise Ă jour du programme de rĂ©tablissement et du plan dâaction |
De 3 000 $ Ă 10 000 $ |
Nouvelle inscription en tant quâespĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays |
Ălaboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun plan dâaction |
De 20 000 $ Ă 25 000 $ par document |
Changement au nom dâune espĂšce |
Mise Ă jour de documents |
3 000 $ |
Retrait de lâannexe 1 |
S.O. |
S.O. |
Lâinscription ou la reclassification de trois espĂšces en tant quâespĂšces prĂ©occupantes sont proposĂ©es : le Bruant Ă face noire, lâEngoulevent dâAmĂ©rique et le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive. Les espĂšces nouvelles inscrites comme Ă©tant prĂ©occupantes nĂ©cessitent lâĂ©laboration dâun plan de gestion, tandis que les espĂšces reclassifiĂ©es comme Ă©tant prĂ©occupantes nĂ©cessitent la mise Ă jour du plan de gestion, dont les coĂ»ts sont Ă©valuĂ©s entre 10 000 et 15 000 $ par espĂšce. Le coĂ»t total non actualisĂ© que le gouvernement du Canada devra assumer pour toutes les espĂšces de ce groupe est donc estimĂ© entre 30 000 et 45 000 $.
Treize espĂšces ont Ă©tĂ© rĂ©cemment Ă©valuĂ©es par le COSEPAC comme Ă©tant en voie de disparition ou menacĂ©es. Le coĂ»t de la prĂ©paration des programmes de rĂ©tablissement et des plans dâaction est estimĂ© entre 20 000 et 25 000 $ par espĂšce, par document, pour un coĂ»t total non actualisĂ© de 520 000 Ă 650 000 $ devant ĂȘtre assumĂ©s par le gouvernement du Canada pour la prĂ©paration des 13 programmes de rĂ©tablissement et plans dâaction concernant ces espĂšces. Les espĂšces de ce groupe nĂ©cessiteraient Ă©galement des activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©, dont le coĂ»t total est estimĂ© Ă 10 000 $ pour la premiĂšre annĂ©e.
Huit espĂšces dont lâinscription est proposĂ©e se trouvent ou pourraient se trouver sur le territoire domanial : le frĂȘne bleu, le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune, lâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), lâhĂ©mileucin de Nuttall, la gesse littorale, lâhespĂ©rie du Colorado et la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest. Leur prĂ©sence sur le territoire domanial fĂ©dĂ©ral pourrait entraĂźner la prise de mesures dâapplication de la loi et des coĂ»ts connexes. Ces coĂ»ts sont liĂ©s Ă lâanalyse des renseignements, aux inspections, aux enquĂȘtes et aux mesures nĂ©cessaires pour aborder toute infraction prĂ©sumĂ©e au dĂ©cret proposĂ©. Le coĂ»t des efforts prĂ©opĂ©rationnels dâapplication de la loi (par exemple analyse des renseignements et mobilisation des partenaires) est Ă©valuĂ© Ă environ 11 000 $. Les coĂ»ts dâapplication de la loi pendant la premiĂšre annĂ©e suivant lâentrĂ©e en vigueur du dĂ©cret sont Ă©valuĂ©s Ă environ 67 000 $. Ce montant englobe 5 000 $ pour les analyses, 20 000 $ pour les inspections (y compris les coĂ»ts des opĂ©rations et du transport), 4 000 $ pour les mesures visant Ă aborder les infractions prĂ©sumĂ©es (y compris les avertissements), 6 000 $ pour les enquĂȘtes et 32 000 $ pour les poursuites. Le total des coĂ»ts pour chaque annĂ©e dâactivitĂ©s suivante est Ă©valuĂ© Ă environ 46 000 $. Le total non actualisĂ© des coĂ»ts que le gouvernement du Canada devrait assumer pour lâapplication de la loi et la promotion de la conformitĂ© pendant la pĂ©riode dâanalyse est dâenviron 500 000 $.
Demandes de permis
Des permis seraient nĂ©cessaires pour les activitĂ©s qui seraient interdites par la LEP. Cette analyse utilise les permis prĂ©cĂ©demment demandĂ©s pour formuler des hypothĂšses sur le nombre de demandes de permis potentielles, en tenant compte du fait quâil nâest pas certain que le dĂ©cret proposĂ© entraĂźne des exigences supplĂ©mentaires en matiĂšre de permis et quâaucune conclusion ne puisse ĂȘtre tirĂ©e sur la possibilitĂ© de dĂ©livrer un permis avant la prĂ©sentation dâune demande. Plus prĂ©cisĂ©ment, on suppose quâil peut y avoir une demande de permis par propriĂ©tĂ© fĂ©dĂ©rale abritant des espĂšces et une autre demande de permis pour les terres de lâAPC ou certaines terres dâECCC, comme les RNF ou les ROM. Les demandes de permis supplĂ©mentaires pour les terres de lâAPC porteraient probablement sur des recherches ou des activitĂ©s qui profitent Ă des espĂšces et seraient prĂ©parĂ©es par des Ă©tablissements universitaires ou dâautres organismes de recherche (par exemple organisations non gouvernementales et gouvernements). Pour les propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ un permis au titre dâune autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation dâune activitĂ© (par exemple parc national et rĂ©serve nationale de faune), la modification du permis pour le rendre conforme Ă la LEP entraĂźnerait un coĂ»t supplĂ©mentaire, mais exigerait environ quatre fois moins de temps que la prĂ©sentation dâune nouvelle demande de permis (ou environ sept heures du temps du demandeur). Les coĂ»ts moyens liĂ©s aux demandes de permis en vertu de la LEP sont prĂ©sentĂ©s dans les tableaux 5.1 et 5.2 ci-dessous.
| Type de demande de permis |
Coût par permis note a du tableau c2 |
|---|---|
Industrie, y compris les peuples autochtones (permis de prise accessoire) |
2 700 $ |
Industrie (permis de prise accessoire) — coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă la LEP seulement |
700 $ |
Chercheur/scientifique (permis de recherche) |
1 300 $ |
Chercheur/scientifique (permis de recherche) — coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă la LEP seulement |
300 $ |
Parcs Canada pour les terres de Parcs Canada/Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) pour les rĂ©serves nationales de faune et les refuges dâoiseaux migrateurs |
800 $ |
Note(s) du tableau c2
|
|
Type de demande de permis |
Coût par permis note a du tableau c3 |
|---|---|
Nouveau permis — ECCC |
3 400 $ |
CoĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă la LEP — gouvernement fĂ©dĂ©ral |
700 $ |
Note(s) du tableau c3
|
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Des huit espĂšces qui se trouvent ou pourraient se trouver sur le territoire domanial, le polyspire rayĂ© et le frĂȘne bleu se trouvent tous deux dans le parc national de la Pointe-PelĂ©e (Ontario), qui est gĂ©rĂ© par lâAPC. La gesse littorale se trouve Ă©galement sur des terres de lâAPC, dans la rĂ©serve de parc national Pacific Rim et la rĂ©serve de parc national des Ăles-Gulf, qui se trouvent toutes deux en Colombie-Britannique. De plus, il est fort possible que lâhĂ©mileucin de Nuttall se trouve dans deux sites en territoire domanial dĂ©signĂ©s comme Ă©tant de lâhabitat essentiel dans la version provisoire du programme de rĂ©tablissement de lâespĂšce; il sâagit de la rĂ©serve nationale de faune Vaseux-Bighorn et du refuge dâoiseaux migrateurs du Lac-Vaseux, qui sont gĂ©rĂ©s par ECCC en Colombie-Britannique. Par consĂ©quent, le dĂ©cret pourrait entraĂźner la prĂ©sentation de jusquâĂ 12 demandes de modification de permis pour les rendre conformes Ă la LEP Ă ces endroits : quatre de lâAPC pour autoriser les activitĂ©s de lâorganisme dans ses parcs nationaux, quatre de chercheurs ou pour des prises accessoires sur les propriĂ©tĂ©s de lâAPC, deux dâECCC pour autoriser les activitĂ©s du MinistĂšre dans deux aires protĂ©gĂ©es, et deux de chercheurs ou pour des prises accessoires sur les propriĂ©tĂ©s dâECCC. Des six demandes de permis concernant des propriĂ©tĂ©s de lâAPC ou dâECCC qui ne seraient pas prĂ©sentĂ©es par lâAPC ou ECCC, il est prĂ©sumĂ© que trois seraient prĂ©sentĂ©es par des chercheurs et que les trois autres seraient prĂ©sentĂ©es pour des prises accessoires.
Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, le MinistĂšre ne prĂ©voit pas de coĂ»ts futurs liĂ©s aux demandes de permis concernant les sites en territoire domanial oĂč se trouve la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest en raison de la possibilitĂ© dâajouter celle-ci aux permis qui existent dĂ©jĂ pour dâautres espĂšces qui sont inscrites Ă la LEP et prĂ©sentes aux mĂȘmes endroits. Pour les chercheurs et lâindustrie, la prĂ©sentation de demandes de permis en vertu de la LEP dans les cas oĂč un permis Ă©tait dĂ©jĂ requis peut entraĂźner des coĂ»ts supplĂ©mentaires dâenviron 300 et 700 $ par permis, respectivement. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, les aires protĂ©gĂ©es telles que les parcs nationaux et les rĂ©serves nationales de faune nĂ©cessitent dĂ©jĂ des permis en vertu de la LPNC et du RĂšglement sur les rĂ©serves dâespĂšces sauvages (RRES), respectivement. Tel que susmentionnĂ©, les demandeurs de lâAPC ou dâECCC qui demandent des permis en vertu de la LEP pour des projets dans des parcs nationaux, des rĂ©serves nationales de faune ou des refuges dâoiseaux migrateurs assument un coĂ»t pouvant atteindre 800 $ par espĂšce. Par consĂ©quent, le coĂ»t supplĂ©mentaire total non actualisĂ© que tous les demandeurs de permis liĂ©s aux espĂšces dans des aires protĂ©gĂ©es doivent assumer est estimĂ© Ă 7 800 $.
De plus, le dĂ©cret pourrait entraĂźner jusquâĂ neuf nouvelles demandes de permis pour des prises accessoires qui ne sont pas dĂ©jĂ conformes Ă la LEP. Le polyspire rayĂ© et la gĂ©rardie jaune se trouvent tous deux dans la rĂ©serve de la PremiĂšre Nation de Walpole Island. LâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) se trouve dans une rĂ©serve en Ontario. La gesse littorale et lâhespĂ©rie du Colorado se trouvent dans la rĂ©serve East Saanich no 2. Le frĂȘne bleu se trouve dans la rĂ©serve Moravian no 47. Pour ce qui est de la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest, sa prĂ©sence est confirmĂ©e dans trois rĂ©serves des PremiĂšres Nations du sud de la Colombie-Britannique. Le coĂ»t que le demandeur doit assumer pour un nouveau permis de prise accessoire est estimĂ© Ă 2 700 $. Ainsi, le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires non actualisĂ©s pour tous les demandeurs Ă ces endroits pourrait sâĂ©lever Ă 24 800 $.
Les coĂ»ts supplĂ©mentaires que le gouvernement du Canada devrait assumer pour traiter les 12 demandes de modification de permis pour les rendre conformes Ă la LEP sont estimĂ©s Ă 700 $ par permis, tandis que les neuf demandes de nouveaux permis en vertu de la LEP prĂ©vues entraĂźneraient des coĂ»ts estimĂ©s Ă environ 3 400 $ par permis, y compris les coĂ»ts liĂ©s Ă lâexamen des permis, Ă lâĂ©valuation des demandes et Ă la communication avec les demandeurs. Ces coĂ»ts englobent les dĂ©penses et la main-dâĆuvre supplĂ©mentaires ainsi que les coĂ»ts de mise Ă jour des permis actuellement en vigueur et de dĂ©livrance de nouveaux permis en raison dâune augmentation possible du nombre de demandes de permis scientifiques. Les coĂ»ts supplĂ©mentaires totaux (non actualisĂ©s) que le gouvernement du Canada devrait assumer pour lâexamen de ces demandes de permis au cours des dix annĂ©es suivant lâinscription pourraient atteindre 39 000 $.
Autres coûts
a) Incidences sur les évaluations environnementales
Il pourrait y avoir des incidences sur les projetsrĂ©fĂ©rence 66 devant faire lâobjet dâune Ă©valuation environnementale en vertu dâune loi fĂ©dĂ©rale (ci-aprĂšs nommĂ©e « EE fĂ©dĂ©rale »). Toutefois, les coĂ»ts devraient ĂȘtre minimes par rapport au total des coĂ»ts de lâexĂ©cution dâune EE fĂ©dĂ©rale. Une fois quâune espĂšce est inscrite Ă lâannexe 1 de la LEP, quelle que soit sa dĂ©signation, des exigences supplĂ©mentaires en vertu de lâarticle 79 de la LEP sâappliquent aux promoteurs de projets et aux reprĂ©sentants du gouvernement qui entreprennent une EE fĂ©dĂ©rale. Ces exigences incluent lâidentification de tous les effets nĂ©fastes que le projet pourrait avoir sur lâespĂšce et son habitat essentiel et, si le projet est rĂ©alisĂ©, lâassurance que des mesures sont prises afin dâĂ©viter ou dâattĂ©nuer ces effets et de les surveiller. Toutefois, le MinistĂšre recommande toujours aux promoteurs dans les lignes directrices de lâEE (au dĂ©but du processus dâEE) dâĂ©valuer les effets sur les espĂšces dĂ©jĂ Ă©valuĂ©es par le COSEPAC qui pourraient ĂȘtre inscrites Ă lâannexe 1 de la LEP dans un avenir rapprochĂ©, ce qui fait en sorte que ces coĂ»ts sont dĂ©jĂ probablement intĂ©grĂ©s dans le scĂ©nario de base.
b) Impacts potentiels des futurs rĂšglements pris en vertu de la LEP
Lâinscription dâune espĂšce sauvage Ă la LEP en tant quâespĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne une sĂ©rie dâobligations pour le gouvernement, notamment la prĂ©paration dâun programme de rĂ©tablissement qui comprend la dĂ©signation, dans la mesure du possible, de lâhabitat nĂ©cessaire Ă la survie ou au rĂ©tablissement de lâespĂšce (habitat essentiel), et diffĂ©rentes obligations concernant la protection de cet habitat essentiel. La protection de lâhabitat essentiel sur le territoire non domanial peut nĂ©cessiter lâadoption de mesures rĂ©glementaires, qui permettent des avantages connexes, mais Ă©galement des coĂ»ts potentiels pour les propriĂ©taires fonciers, les utilisateurs du territoire et le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Lâimpact socioĂ©conomique de chaque mesure rĂ©glementaire sera Ă©valuĂ© si cette mesure de protection supplĂ©mentaire devient nĂ©cessaire.
Coûts et des avantages
Le dĂ©cret proposĂ© devrait entraĂźner des mesures de protection et des mesures coordonnĂ©es Ă lâappui du rĂ©tablissement des espĂšces inscrites, contribuant ainsi aux avantages quâelles procurent Ă la sociĂ©tĂ© canadienne. La conservation des espĂšces est liĂ©e Ă des valeurs socioĂ©conomiques et culturelles ainsi quâĂ des valeurs dâexistence et dâoption. Outre les dĂ©penses liĂ©es aux permis, le dĂ©cret proposĂ© ne devrait pas imposer de coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones et aux intervenants. Les coĂ»ts globaux liĂ©s au dĂ©cret proposĂ© pour le gouvernement du Canada devraient ĂȘtre faibles et dĂ©couler de lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction ou de plans de gestion ainsi que dâactivitĂ©s de traitement des demandes de permis, de promotion de la conformitĂ© et dâapplication de la loi.
Selon la liste des espĂšces incluses dans le dĂ©cret proposĂ©, le coĂ»t net global que le gouvernement du Canada devra assumer, y compris les coĂ»ts Ă©vitĂ©s mentionnĂ©s dans la section des avantages, est estimĂ© entre 904 500 $ et 1 055 000 $ sur dix ans (2022-2031), actualisĂ© Ă 3 %, utilisant 2021 comme annĂ©e de rĂ©fĂ©rence. Pour tous les permis, le coĂ»t net global que les demandeurs (câest-Ă -dire lâindustrie, les PremiĂšres Nations, les autres ordres de gouvernement, les chercheurs et les scientifiques) devront assumer, y compris les coĂ»ts Ă©vitĂ©s mentionnĂ©s dans la section sur les avantages, est estimĂ© Ă un coĂ»t unique dâenviron 16 000 $ (non actualisĂ©). Le tableau ci-dessous rĂ©sume ces coĂ»ts en regroupant les espĂšces ayant des catĂ©gories semblables dâimpacts prĂ©vus.
| Modifications proposĂ©es Ă lâannexe 1 |
EspĂšces |
Répercussions sur les coûts |
|---|---|---|
Nouvelle inscription en tant quâespĂšce menacĂ©e ou en voie de disparition (11 espĂšces) |
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Les interdictions gĂ©nĂ©rales ne sâappliquent quâaux espĂšces prĂ©sentes sur le territoire domanial. Des treize espĂšces quâil est proposĂ© dâinscrire comme Ă©tant en voie de disparition ou menacĂ©es, huit se trouvent sur le territoire domanial : le frĂȘne bleu, le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune, lâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), lâhĂ©mileucin de Nuttall, la gesse littorale, lâhespĂ©rie du Colorado et la couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest. Pour ces espĂšces, les coĂ»ts liĂ©s aux demandes de permis pourraient ĂȘtre minimes. Toute demande doit satisfaire Ă des conditions prĂ©alables pour quâun permis soit dĂ©livrĂ©. Les coĂ»ts liĂ©s Ă ces espĂšces que le gouvernement du Canada devrait assumer englobent lâĂ©laboration de documents de rĂ©tablissement, le traitement des demandes de permis, la promotion de la conformitĂ© et les activitĂ©s dâapplication de la loi. |
| Reclassification de la catĂ©gorie dâespĂšce prĂ©occupante Ă celle dâespĂšce menacĂ©e (2 espĂšces) |
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Nouvelle inscription ou reclassification en tant quâespĂšce prĂ©occupante (3 espĂšces) |
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Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne sâappliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes. Câest pourquoi aucun coĂ»t supplĂ©mentaire pour les peuples autochtones et/ou les intervenants nâest prĂ©vu. Les coĂ»ts pour le gouvernement du Canada se limitent Ă lâĂ©laboration des plans de gestion. |
Reclassification dans une catĂ©gorie de moindre risque – retrait de lâannexe 1 (1 espĂšce) |
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Aucun coĂ»t important nâest Ă prĂ©voir puisquâil nây a aucun impact prĂ©vu sur les intervenants. Le gouvernement du Canada pourrait mĂȘme faire des Ă©conomies sâil nâa pas besoin de produire des documents de rĂ©tablissement. |
Lentille des petites entreprises
Lâanalyse effectuĂ©e selon la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le dĂ©cret proposĂ© nâaura pas dâimpact sur les petites entreprises canadiennes.
RÚgle du « un pour un »
La rĂšgle du « un pour un » ne sâapplique pas, car il nây a pas de changement supplĂ©mentaire du fardeau administratif des entreprises et aucun titre de rĂšglement nâest abrogĂ© ou ajoutĂ©.
Collaboration et harmonisation en matiÚre de réglementation
La protection des espĂšces sauvages est Ă©galement une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont indiquĂ© leur engagement Ă protĂ©ger et Ă rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant lâAccord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril en 1996. Certaines des espĂšces Ă lâĂ©tude sont actuellement inscrites Ă certaines lois provinciales, et le dĂ©cret proposĂ© viendrait complĂ©ter cette protection existante. Ces lois sont indiquĂ©es dans le tableau 7 ci-dessous.
| Nom commun de lâespĂšce |
Aire de répartition |
Proposition dâinscription Ă la LEP |
Statut provincial / territorial |
|---|---|---|---|
Engoulevent dâAmĂ©rique |
Partout au Canada |
Menacée à préoccupante |
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Moucherolle à cÎtés olive |
Partout au Canada |
Menacée à préoccupante |
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Faucon pĂšlerin anatum/tundrius |
Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, QuĂ©bec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ăcosse, Terre-Neuve-et-Labrador |
Préoccupante à non en péril |
|
Le MinistĂšre collabore Ă©galement avec ses partenaires fĂ©dĂ©raux (câest-Ă -dire PĂȘches et OcĂ©ans Canada et lâAPC) pour dĂ©terminer lâincidence de lâinscription des espĂšces.
LâĂ©laboration des programmes de rĂ©tablissement et des plans dâaction, qui dĂ©coulerait de la modification du statut des espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret proposĂ©, nĂ©cessiterait la participation de diffĂ©rentes autoritĂ©s dâamĂ©nagement du territoire, comme les autres ordres de gouvernement et les communautĂ©s autochtones, ainsi que la coordination des travaux avec ces intervenants. Les coĂ»ts liĂ©s Ă lâĂ©laboration des documents sont estimĂ©s dans la section prĂ©cĂ©dente. Lâampleur des impacts Ă©conomiques dĂ©coulant de la collaboration avec ces autres autoritĂ©s dâamĂ©nagement du territoire dĂ©pendrait de leur niveau de participation au processus de planification du rĂ©tablissement et des mesures prises Ă la suite de lâĂ©laboration des plans dâaction. Cette participation serait volontaire, et son ampleur est donc inconnue Ă lâheure actuelle. Toutefois, Ă©tant donnĂ© que le niveau de coordination nĂ©cessaire pour les espĂšces pour lesquelles on propose de modifier le statut en vertu de la LEP devrait ĂȘtre relativement faible par rapport Ă celui dâautres espĂšces plus connues dont lâaire de rĂ©partition est plus vaste, les rĂ©percussions Ă©conomiques connexes devraient Ă©galement ĂȘtre faibles. Il est actuellement impossible de quantifier ces coĂ»ts.
Ăvaluation environnementale stratĂ©gique
Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a permis de conclure que le dĂ©cret proposĂ© aurait des effets positifs importants sur lâenvironnement. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection des espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes.
Le dĂ©cret proposĂ© aiderait aussi le Canada Ă respecter les engagements quâil a pris aux termes de la Convention sur la diversitĂ© biologique. Ătant donnĂ© lâinterdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut entraĂźner une diminution des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques. Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont des liens importants avec lâĂ©conomie canadienne. De petits changements au sein dâun Ă©cosystĂšme entraĂźnant la perte dâindividus et dâespĂšces peuvent donc avoir des effets nĂ©gatifs, irrĂ©versibles et de grande portĂ©e.
Les modifications Ă lâannexe 1 de la LEP appuieraient Ă©galement lâobjectif de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD)rĂ©fĂ©rence 67 « Populations dâespĂšces sauvages en santĂ© » en visant Ă garantir que « les espĂšces qui sont en sĂ©curitĂ© le demeurent, et les populations dâespĂšces en pĂ©ril inscrites en vertu des lois fĂ©dĂ©rales montrent des tendances qui sont conformes aux programmes de rĂ©tablissement et aux plans de gestion ». Les modifications appuieraient cet objectif en aidant Ă garantir que les espĂšces bĂ©nĂ©ficient dâune protection appropriĂ©e. Elles contribueraient aussi indirectement Ă lâobjectif de la SFDD « Mesures relatives aux changements climatiques » en appuyant la conservation de la biodiversitĂ©, car de nombreux Ă©cosystĂšmes jouent un rĂŽle clĂ© dans lâattĂ©nuation des effets des changements climatiques. Ces mesures appuieraient Ă©galement les objectifs du Programme de dĂ©veloppement durable Ă lâhorizon 2030 des Nations UniesrĂ©fĂ©rence 68 concernant la vie terrestre (objectif 15) et les mesures relatives Ă la lutte contre les changements climatiques (objectif 13).
Analyse comparative entre les sexes plus
Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour cette proposition afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, lâĂąge, la race, lâorientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation dâemploi, la langue, le statut de minoritĂ© visible, le handicap ou la religion influencent la façon dont une personne est touchĂ©e par le dĂ©cret proposĂ©.
La rĂ©gion de rĂ©sidence a Ă©tĂ© Ă©tablie comme le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par la proposition. Lâinscription de nouvelles espĂšces Ă lâannexe 1 de la LEP ou leur reclassification dans la catĂ©gorie « espĂšce en voie de disparition » ou « espĂšce menacĂ©e » (depuis la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante ») entraĂźne lâapplication des interdictions gĂ©nĂ©rales relatives au fait de tuer un individu dâune espĂšce protĂ©gĂ©e, de le capturer ou de lui nuire. Lorsque ces interdictions gĂ©nĂ©rales sont mises en Ćuvre, elles peuvent avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones parce quâelles ne sâappliquent quâau territoire domanial, dont les rĂ©serves autochtones font partie. La reclassification dâespĂšces sauvages dans une catĂ©gorie de moindre risque ou leur radiation de la liste peut Ă©galement avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones lorsque ces modifications entraĂźnent une perte de la protection de ces espĂšces qui sâapplique au territoire autochtone. Certaines des espĂšces visĂ©es par des dĂ©crets dâinscription qui se trouvent sur ce territoire ont une grande importance culturelle, cĂ©rĂ©monielle et socioĂ©conomique pour les peuples autochtones. Par consĂ©quent, les personnes rĂ©sidant dans les rĂ©serves autochtones constituent le principal sous-groupe qui pourrait ĂȘtre touchĂ© nĂ©gativement par lâinscription ou la reclassification dâespĂšces Ă lâannexe 1 de la LEP.
Le MinistĂšre a menĂ© des consultations ciblĂ©es afin de sâassurer que toutes les populations et communautĂ©s autochtones potentiellement touchĂ©es aient la possibilitĂ© dâĂ©clairer la dĂ©cision en suspens, de donner leur avis sur les consĂ©quences potentielles de celle-ci et de faire part de leurs idĂ©es sur la meilleure façon dâaborder les menaces pesant sur les espĂšces. En plus de ces consultations initiales, qui ont durĂ© entre quatre et neuf mois, le MinistĂšre a entrepris des consultations Ă©largies pour sâassurer que les groupes autochtones potentiellement touchĂ©s Ă©taient consultĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e. Plus prĂ©cisĂ©ment, des consultations Ă©largies ont Ă©tĂ© menĂ©es sur les modifications proposĂ©es concernant le frĂȘne bleu, le polyspire rayĂ©, la gĂ©rardie jaune et lâhespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs), qui ont tous des occurrences confirmĂ©es sur des terres des PremiĂšres Nations. De plus amples dĂ©tails sur ces consultations se trouvent dans la section « Mobilisation et consultation des Autochtones » ci-dessus.
Le MinistĂšre a compris que lâinformation Ă la base des consultations est complexe et quâelle nâest donc pas facilement accessible aux personnes ayant un faible niveau dâalphabĂ©tisation ou nâayant pas de formation scientifique. La langue peut Ă©galement constituer un obstacle Ă une participation constructive des peuples autochtones aux consultations. Pour relever ces dĂ©fis, le MinistĂšre a offert dâorganiser des tĂ©lĂ©confĂ©rences ou des rĂ©unions en personne pour expliquer la proposition aux communautĂ©s qui ont demandĂ© plus de soutien et discuter de ses rĂ©percussions possibles.
Justification
La biodiversitĂ© est essentielle Ă la productivitĂ©, Ă la santĂ© et Ă la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes, mais elle dĂ©cline rapidement dans le monde entier, Ă mesure que les espĂšces disparaissentrĂ©fĂ©rence 69. Le dĂ©cret proposĂ© favorise la survie et le rĂ©tablissement de 16 espĂšces en pĂ©ril au Canada, contribuant ainsi au maintien de la biodiversitĂ© au pays. Une autre espĂšce, le Faucon pĂšlerin anatum/tundrius, sera radiĂ©e de la liste en raison de lâĂ©valuation ayant permis de conclure quâil nâest plus en pĂ©ril et quâil nâa plus besoin de protection en vertu de la LEP. Dans le cas des 13 espĂšces quâil est proposĂ© dâinscrire ou de reclasser comme espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition, 8 dâentre elles seraient protĂ©gĂ©es sur le territoire domanial par les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP, y compris lâinterdiction de tuer, de blesser, de harceler, de capturer, de possĂ©der, de collectionner, dâacheter, de vendre et dâĂ©changer des individus des espĂšces en question. Les 13 espĂšces nouvellement inscrites ou reclassĂ©es comme espĂšces menacĂ©es ou en voie de disparition bĂ©nĂ©ficieraient Ă©galement de lâĂ©laboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans dâaction qui dĂ©finissent les principales menaces pesant sur leur survie et, dans la mesure du possible, lâhabitat essentiel nĂ©cessaire Ă leur survie et Ă leur rĂ©tablissement au Canada. De plus, 3 espĂšces dont lâinscription ou la reclassification dans la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante » est proposĂ©e bĂ©nĂ©ficieraient de la prĂ©paration dâun plan de gestion, qui comprend des mesures de conservation des espĂšces.
En rĂ©sumĂ©, les inscriptions ou reclassifications proposĂ©es pour les espĂšces visĂ©es par le dĂ©cret profiteraient aux Canadiens Ă bien des Ă©gards, et les peuples autochtones ou les intervenants nâauraient pas Ă assumer de coĂ»ts importants. Les coĂ»ts pour le gouvernement devraient ĂȘtre relativement faibles.
Mise en Ćuvre, conformitĂ© et application, et normes de service
Mise en Ćuvre
Ă la suite de lâinscription, le MinistĂšre et lâAPC mettront en Ćuvre un plan de promotion de la conformitĂ©. Les initiatives de la promotion de la conformitĂ© consistent en des mesures qui encouragent la conformitĂ© volontaire Ă la loi par des activitĂ©s dâĂ©ducation et de sensibilisation et visent Ă faire connaĂźtre et comprendre les interdictions. Les activitĂ©s de sensibilisation sâadresseraient, au besoin, aux peuples autochtones et aux intervenants susceptibles dâĂȘtre touchĂ©s afin :
- de les aider à connaßtre et à comprendre le décret;
- de promouvoir lâadoption de comportements contribuant Ă la conservation et Ă la protection des espĂšces en pĂ©ril au Canada;
- dâaccroĂźtre la conformitĂ© au dĂ©cret;
- de les aider à mieux connaßtre les espÚces en péril.
Ces objectifs pourraient ĂȘtre atteints, lĂ oĂč cela est nĂ©cessaire, grĂące Ă la crĂ©ation et Ă la diffusion de produits dâinformation expliquant les nouvelles interdictions concernant les espĂšces visĂ©es par ce dĂ©cret qui sâappliqueront sur le territoire domanial, le processus de planification du rĂ©tablissement qui suit lâinscription ou la reclassification, la façon dont les peuples autochtones et les intervenants peuvent participer, ainsi que les renseignements gĂ©nĂ©raux sur chacune des espĂšces. Ces ressources seront publiĂ©es dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril. Des envois postaux et des prĂ©sentations destinĂ©es aux publics cibles pourraient aussi ĂȘtre envisagĂ©s.
Dans les lieux patrimoniaux de lâAgence Parcs Canada, le personnel de premiĂšre ligne reçoit lâinformation appropriĂ©e concernant les espĂšces en pĂ©ril qui se trouvent sur leurs sites afin quâil puisse informer les visiteurs des mesures de prĂ©vention et les faire participer Ă la protection et Ă la conservation des espĂšces en pĂ©ril.
AprĂšs lâinscription des espĂšces concernĂ©es, la prĂ©paration et la mise en Ćuvre de programmes de rĂ©tablissement, de plans dâaction ou de plans de gestion peuvent mener Ă des recommandations de mesures de rĂ©glementation supplĂ©mentaires pour la protection des espĂšces sauvages. Ces recommandations peuvent aussi sâinspirer des dispositions dâautres lois du Parlement pour assurer la protection requise.
Conformité et application
La LEP prĂ©voit des sanctions en cas dâinfraction Ă la Loi, notamment des amendes ou des peines dâemprisonnement, la saisie et la confiscation des biens saisis ou des produits de leur aliĂ©nation. Dans certaines conditions, un accord sur des mesures de rechange peut ĂȘtre conclu avec la personne accusĂ©e dâune infraction. La LEP prĂ©voit Ă©galement lâinspection ainsi que des opĂ©rations de recherche et de saisie par les agents de lâautoritĂ© dĂ©signĂ©s pour en contrĂŽler lâapplication. En vertu des dispositions sur les peines, une sociĂ©tĂ© reconnue coupable dâune infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire est passible dâune amende maximale de 300 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible dâune amende maximale de 50 000 $ et toute autre personne est passible dâune amende maximale de 50 000 $ ou dâune peine dâemprisonnement maximale dâun an, ou des deux. Une sociĂ©tĂ© reconnue coupable dâune infraction punissable par mise en accusation est passible dâune amende maximale de 1 000 000 $, une sociĂ©tĂ© sans but lucratif est passible dâune amende maximale de 250 000 $ et toute autre personne est passible dâune amende maximale de 250 000 $ ou dâune peine dâemprisonnement maximale de cinq ans, ou des deux.
Normes de service
Comme il est indiquĂ© ci-dessus, lâarticle 73 de la LEP permet Ă une personne de demander au ministre compĂ©tent un permis lâautorisant Ă exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus. Une fois que le demandeur est avisĂ© de la rĂ©ception de sa demande de permis en vertu de lâarticle 73, le ministre dispose de 90 jours pour dĂ©livrer le permis ou refuser de le fairerĂ©fĂ©rence 70. Le dĂ©lai de 90 jours peut ne pas sâappliquer dans certaines circonstances.
En vertu de lâarticle 73 de la LEP, le RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite contribue Ă la cohĂ©rence, Ă la prĂ©visibilitĂ© et Ă la transparence du processus de dĂ©livrance des permis en vertu de la LEP en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le MinistĂšre mesure le rendement de ses services chaque annĂ©e, et lâinformation sur le rendement est diffusĂ©e sur le site Web du MinistĂšrerĂ©fĂ©rence 71 au plus tard le 1er juin pour lâexercice prĂ©cĂ©dent.
Personne-ressource
Paula Brand
Directrice
Politiques sur la Loi sur les espÚces en péril
Service canadien de la faune
MinistĂšre de lâEnvironnement
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
TĂ©lĂ©phone : 1‑800‑668‑6767
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca
ANNEXE 1 — DESCRIPTION DES ESPĂCES AJOUTĂES OU RECLASSIFIĂES Ă LâANNEXE 1 DE LA LOI SUR LES ESPĂCES EN PĂRIL
A — EspĂšces que lâon propose dâajouter Ă lâannexe 1 de la LEP
1. Bruant Ă face noire (Zonotrichia querula) — espĂšce prĂ©occupante
Ă propos de lâespĂšce
Le Bruant Ă face noire est un bruant de grande taille dotĂ© dâun capuchon et dâune bavette noirs distinctifs. Le plumage est semblable chez les deux sexes. Cet oiseau est le seul passereau qui ne niche quâau Canada.
La conversion de lâhabitat de lâespĂšce en terres agricoles et, dans une moindre mesure, lâĂ©talement urbain constituent des menaces pour lâespĂšce, mais on ne connaĂźt pas la portĂ©e de ces menaces.
Avantages de lâespĂšce
Comme il est le bruant de plus grande taille en AmĂ©rique du Nord et le seul qui niche seulement au Canada, le Bruant Ă face noire entraĂźne probablement des activitĂ©s dâobservation des oiseaux. Selon lâEnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă des activitĂ©s dâobservation dâoiseaux chaque annĂ©e (environ 20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur dâoiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($CAN de 2012) par annĂ©e Ă cette activitĂ©.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et mai 2018. Six commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă lâappui de lâinscription de cette espĂšce, et un commentaire ne sây opposait pas.
Justification de lâinscription
Les données des Recensements des oiseaux de Noël dans le Midwest américain montrent une baisse significative à long terme de 59 % au cours des 35 derniÚres années, dont 16 % au cours de la derniÚre décennie.
Bien que lâinscription en tant quâespĂšce prĂ©occupante nâentraĂźne pas lâimposition dâinterdictions prĂ©vues Ă la LEP, elle peut contribuer Ă la conservation de lâespĂšce au Canada, en exigeant lâĂ©laboration dâun plan de gestion, qui inclurait des mesures visant Ă empĂȘcher que lâespĂšce devienne davantage en pĂ©ril.
2. Lobaire rĂ©ticulĂ©e (Lobaria retigera) — espĂšce menacĂ©e
Ă propos de lâespĂšce
La lobaire rĂ©ticulĂ©e est un cyanolichen rare Ă©troitement associĂ© aux forĂȘts humides matures ou anciennes. Son thalle se caractĂ©rise par sa face supĂ©rieure foncĂ©e Ă crĂȘtes en forme de filet ou rĂ©ticulĂ©e et ses abondantes propagules vĂ©gĂ©tatives ressemblant Ă des grains (isidies).
La lobaire rĂ©ticulĂ©e est limitĂ©e par la disponibilitĂ© de lâhabitat convenable (forĂȘts humides matures ou anciennes) et sa faible capacitĂ© de dispersion. Lâabondance des forĂȘts de thuyas et de pruche humides matures ou anciennes a diminuĂ© en raison de lâexpansion graduelle de lâexploitation forestiĂšre. Dâautres menaces dĂ©coulent des infestations de lâarpenteuse de la pruche et des incendies, dont la gravitĂ© et la frĂ©quence devraient augmenter en raison de la hausse des tempĂ©ratures annuelles moyennes attribuable au rĂ©chauffement climatique.
Avantages de lâespĂšce
La lobaire rĂ©ticulĂ©e prĂ©sente des avantages Ă©cologiques en favorisant la santĂ© globale des Ă©cosystĂšmes. Elle a Ă©galement une valeur dâexistence en tant quâespĂšce phare de lâhabitat de forĂȘt pluviale tempĂ©rĂ©e.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et mai 2019. Deux commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s en opposition Ă lâinscription de lâespĂšce.
Justification de lâinscription
Une rĂ©duction de plus de 30 % des individus connus et estimĂ©s de cette espĂšce de lichen est prĂ©vue, principalement en raison des impacts rĂ©cents et futurs de lâexploitation forestiĂšre, au cours des trois prochaines gĂ©nĂ©rations. Il existe des incertitudes quant aux impacts des changements climatiques prĂ©vus, mais ces derniers pourraient exacerber la perte de lâespĂšce.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
3. HespĂ©rie tachetĂ©e (population borĂ©ale) (Erynnis martialis) — espĂšce en voie de disparition
Ă propos de lâespĂšce
LâhespĂ©rie tachetĂ©e est un papillon diurne de la famille des HespĂ©riidĂ©s. Cette hespĂ©rie gris foncĂ© de taille moyenne, fortement marbrĂ©e, se caractĂ©rise par de lĂ©gers reflets violacĂ©s. La prĂ©sence de taches brun jaunĂątre donne aux ailes postĂ©rieures un aspect marbrĂ© qui distingue lâhespĂ©rie tachetĂ©e des autres hespĂ©ries du genre Erynnis.
En ce moment, la quasi-totalitĂ© des sites est menacĂ©e dâune maniĂšre ou dâune autre. Le dĂ©veloppement urbain, la succession naturelle, la gestion inappropriĂ©e des incendies (dommageable au papillon et Ă son arbuste hĂŽte), la pulvĂ©risation de Btk contre la spongieuse, un insecte dĂ©foliant non indigĂšne, les inondations naturelles et la plantation de pins gris constituent les principales menaces qui pĂšsent sur un ou plusieurs sites.
Avantages de lâespĂšce
Comme la plupart des papillons dotĂ©s dâun proboscis (câest-Ă -dire une longue langue tubulaire servant de paille), lâhespĂ©rie tachetĂ©e est un pollinisateur, favorisant la reproduction et la dispersion des plantes florifĂšres, et contribuant ainsi Ă la biodiversitĂ© de la flore.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2014 et mars 2014. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© formulĂ©.
Justification de lâinscription
Ce papillon est en dĂ©clin dans toute son aire de rĂ©partition nord-amĂ©ricaine. Au Canada, cette population particuliĂšre est restreinte Ă une petite zone de pinĂšdes dans le sud-est du Manitoba. Toutes les localitĂ©s sont menacĂ©es. Une localitĂ© devrait ĂȘtre inondĂ©e dâici dix ans et les quatre autres pourraient connaĂźtre des dĂ©clins de population considĂ©rables en raison de la succession forestiĂšre naturelle. Lâhabitat de lâespĂšce Ă toutes les localitĂ©s pourrait faire lâobjet dâune pulvĂ©risation de Btk pour lutter contre la spongieuse. Tous les sites actuellement non documentĂ©s connaĂźtront probablement une gamme similaire de menaces.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
4. HespĂ©rie tachetĂ©e (population des plaines des Grands Lacs) (Erynnis martialis) — espĂšce en voie de disparition
Ă propos de lâespĂšce
LâhespĂ©rie tachetĂ©e est un papillon diurne de la famille des HespĂ©riidĂ©s. Cette hespĂ©rie gris foncĂ© de taille moyenne, fortement marbrĂ©e, se caractĂ©rise par de lĂ©gers reflets violacĂ©s. La prĂ©sence de taches brun jaunĂątre donne aux ailes postĂ©rieures un aspect marbrĂ© qui distingue lâhespĂ©rie tachetĂ©e des autres hespĂ©ries du genre Erynnis.
En ce moment, la quasi-totalitĂ© des sites est menacĂ©e dâune maniĂšre ou dâune autre. Le dĂ©veloppement urbain, la succession naturelle, la gestion inappropriĂ©e des incendies (dommageable au papillon et Ă son arbuste hĂŽte), la pulvĂ©risation de Btk contre la spongieuse, un insecte dĂ©foliant non indigĂšne, les inondations naturelles et la plantation de pins gris constituent les principales menaces qui pĂšsent sur un ou plusieurs sites.
Avantages de lâespĂšce
Comme la plupart des papillons dotĂ©s dâun proboscis (câest-Ă -dire une longue langue tubulaire servant de paille), lâhespĂ©rie tachetĂ©e est un pollinisateur, favorisant la reproduction et la dispersion des plantes florifĂšres, et contribuant ainsi Ă la biodiversitĂ© de la flore.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2013 et mars 2014. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© formulĂ©.
Justification de lâinscription
La population est disparue du QuĂ©bec et occupe maintenant quelques localitĂ©s isolĂ©es dans le sud de lâOntario, dont le nombre continue de connaĂźtre un dĂ©clin. Les effectifs de la population sont aussi en dĂ©clin. LâespĂšce est menacĂ©e principalement par la fragmentation de lâhabitat, mais Ă©galement par la perte et la dĂ©gradation de lâhabitat en raison, par exemple, du dĂ©veloppement, de la succession naturelle, de la suppression des feux et du broutage intensif par les cerfs.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
5. Coccinelle Ă neuf points (Coccinella novemnotata) — espĂšce en voie de disparition
Ă propos de lâespĂšce
La coccinelle à neuf points est un petit coléoptÚre indigÚne en Amérique du Nord. Les adultes se reconnaissent facilement à leurs caractÚres morphologiques externes distinctifs : les élytres sont orange pùle à rouges, avec une ligne foncée bordant la suture de chaque élytre. Les élytres sont généralement ornés de neuf points, mais la taille et le nombre de points peuvent varier.
Les causes prĂ©cises du dĂ©clin de la coccinelle Ă neuf points sont inconnues. Les menaces potentielles pesant sur lâespĂšce comprennent les interactions nĂ©gatives avec des espĂšces non indigĂšnes rĂ©cemment Ă©tablies, telles la coccinelle Ă sept points et la coccinelle asiatique, rĂ©sultant de la compĂ©tition, de la prĂ©dation intraguilde et des effets indirects de lâintroduction de pathogĂšnes. Les effets directs et indirects des pesticides et des autres produits chimiques utilisĂ©s en agriculture pour lutter contre les pucerons, principales proies de lâespĂšce, ainsi que la perte dâhabitat occasionnĂ©e par lâexpansion urbaine, lâabandon des terres agricoles et dâautres perturbations humaines sont Ă©galement considĂ©rĂ©s comme des menaces potentielles.
Avantages de lâespĂšce
La coccinelle à neuf points présente des avantages écologiques, comme la lutte contre les prédateurs de cultures.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2017. Cinq commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă lâappui de lâinscription de cette espĂšce, et cinq commentaires ne sây opposaient pas.
Justification de lâinscription
La coccinelle Ă neuf points a dĂ©jĂ Ă©tĂ© commune et largement rĂ©partie dans lâensemble du sud du Canada, depuis lâĂźle de Vancouver jusque dans le sud du QuĂ©bec, en passant par les Prairies. Depuis, elle a connu un dĂ©clin considĂ©rable et est maintenant rarement observĂ©e. MalgrĂ© des efforts de recherche ciblĂ©s au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, lâabondance de lâespĂšce a diminuĂ© relativement Ă dâautres espĂšces de coccinelles. Les causes prĂ©cises du dĂ©clin sont inconnues. Les menaces possibles comprennent lâintroduction de coccinelles non indigĂšnes, lesquelles pourraient affecter cette espĂšce indigĂšne par la compĂ©tition, la prĂ©dation intraguilde, ou lâintroduction dâagents pathogĂšnes. Dâautres menaces possibles incluent la diminution de la qualitĂ© de lâhabitat causĂ©e par les effets indirects de lâutilisation de pesticides/substances chimiques associĂ©s Ă lâagriculture pour lutter contre leurs espĂšces proies, lâexpansion urbaine, ainsi que lâabandon des terres agricoles et la succession naturelle subsĂ©quente.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
6. HespĂ©rie du Colorado (Hesperia colorado oregonia) — espĂšce en voie de disparition
Ă propos de lâespĂšce
LâhespĂ©rie du Colorado est un petit papillon de la famille des HespĂ©riidĂ©s. Le dessus des ailes est principalement orange rougeĂątre, largement marginĂ© de brun foncĂ©, avec des taches angulaires orange. En dessous, les ailes sont gris verdĂątre, avec le fond des ailes postĂ©rieures brun riche.
LâĂ©pandage dâinsecticides Ă base de Btk contre la spongieuse est considĂ©rĂ© comme la principale menace pesant sur lâespĂšce. Les menaces Ă la pĂ©rennitĂ© de lâhabitat incluent la conversion et la perte dâhabitat, la suppression des incendies, les espĂšces vĂ©gĂ©tales non indigĂšnes envahissantes, la succession vĂ©gĂ©tale naturelle et les tempĂȘtes et les inondations associĂ©es aux changements climatiques.
Avantages de lâespĂšce
Comme la plupart des papillons dotĂ©s dâun proboscis (câest-Ă -dire une longue langue tubulaire servant de paille), lâhespĂ©rie du Colorado est un pollinisateur, favorisant la reproduction et la dispersion des plantes florifĂšres, et contribuant ainsi Ă la biodiversitĂ© de la flore.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et avril 2015. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© formulĂ©.
Justification de lâinscription
Cette espĂšce vit dans les Ă©cosystĂšmes Ă vĂ©gĂ©tation clairsemĂ©e du chĂȘne de Garry et de langues de sable cĂŽtiĂšres, qui ont subi dâĂ©normes pertes par le passĂ©. Les populations de cette hespĂ©rie ont probablement connu des dĂ©clins semblables et il ne reste que quatre des seize sites, lesquels totalisent moins de 16 kmrĂ©fĂ©rence 2. Cet habitat est fragmentĂ© et isolĂ©. Toutefois, les principales menaces pesant actuellement sur cette hespĂ©rie sont lâapplication du pesticide Btk utilisĂ© pour lutter contre la spongieuse, une espĂšce envahissante, et la succession de la vĂ©gĂ©tation dans les habitats ouverts.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
7. HĂ©mileucin de Nuttall (Hemileuca nuttalli) — espĂšce en voie de disparition
Ă propos de lâespĂšce
LâhĂ©mileucin de Nuttall est une grande espĂšce de papillon nocturne qui appartient Ă la famille des SaturniidĂ©s. Chez les adultes des deux sexes, les ailes antĂ©rieures mesurent 32 Ă 39 mm de longueur et sont blanches Ă jaune pĂąle, tandis que les ailes postĂ©rieures sont jaune vif; les deux paires dâailes sont ornĂ©es dâun motif dâĂ©paisses marques noires.
Les effets cumulĂ©s de la perte cumulĂ©e dâhabitat et de la dĂ©gradation et de la fragmentation des parcelles dâhabitat restantes causĂ©es par lâagriculture (principalement lâamĂ©nagement de vignobles et de vergers) et le dĂ©veloppement rĂ©sidentiel et commercial reprĂ©sentent les plus importantes menaces pour les populations dâhĂ©mileucins de Nuttall au Canada.
Avantages de lâespĂšce
LâhĂ©mileucin de Nuttall offre des avantages rĂ©crĂ©atifs, suscitant lâintĂ©rĂȘt des entomologistes tant amateurs que professionnels. Il prĂ©sente une valeur dâexistence en tant quâemblĂšme de lâĂ©cosystĂšme Ă purshie tridentĂ©e et un avantage Ă titre de bio-indicateur de la santĂ© globale de lâĂ©cosystĂšme.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2017. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© formulĂ©.
Justification de lâinscription
Ce grand papillon nocturne, voyant et remarquable est restreint Ă lâhabitat de la purshie tridentĂ©e dans la vallĂ©e de lâOkanagan, en Colombie-Britannique. Ce type dâhabitat a connu un dĂ©clin considĂ©rable en qualitĂ© et en Ă©tendue au cours du dernier siĂšcle et demeure menacĂ© par la conversion continue en viticulture, le dĂ©veloppement rĂ©sidentiel et commercial ainsi que par lâimpact des incendies. Ce papillon nocturne est rare au Canada, peu dâindividus ont Ă©tĂ© observĂ©s depuis la premiĂšre mention en 1920. Des fluctuations potentiellement importantes dans la taille de la population pourraient affecter sa viabilitĂ© Ă long terme.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
8. Polyspire rayĂ© (Webbhelix multilineata) — espĂšce en voie de disparition
Ă propos de lâespĂšce
Le polyspire rayĂ© est un gros escargot terrestre, dont la coquille jaune pĂąle, mince, ronde, mais lĂ©gĂšrement aplatie, prĂ©sente des bandes spiralĂ©es de couleur plus foncĂ©e. Cette espĂšce fait partie de la faune unique de la forĂȘt carolinienne au Canada, et elle a une importance particuliĂšre pour le fonctionnement de lâĂ©cosystĂšme par lâintermĂ©diaire du cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. La population Ă©tablie Ă la limite de lâaire de rĂ©partition de lâespĂšce au Canada est importante pour assurer la conservation de lâespĂšce Ă lâĂ©chelle mondiale.
Avantages de lâespĂšce
Le polyspire rayĂ© fournit de la nourriture Ă dâautres animaux. De plus, il offre un avantage Ă©cologique en contribuant Ă la dĂ©composition et au cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs. Il se trouve Ă la limite septentrionale de son aire de rĂ©partition au Canada et pourrait constituer une valeur dâoption dans les Ă©tudes approfondies de la recherche sur lâespĂšce.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et mai 2019. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© reçu.
Justification de lâinscription
Ce gros escargot terrestre est prĂ©sent sur lâĂźle PelĂ©e, dans le lac ĂriĂ©, et dans trois sites des terres continentales du sud-ouest de lâOntario : parc national de la Pointe-PelĂ©e, Ăźle Walpole et rĂ©serve de conservation Bickford Oak Woods. LâespĂšce semble avoir disparu de quatre autres sites historiquement connus des terres continentales et dâau moins un site de lâĂźle PelĂ©e. LâaltĂ©ration et la perte dâhabitat causĂ©es par lâhumain ont entraĂźnĂ© le dĂ©clin et lâisolement de la population. Parmi les menaces figurent les phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes (p. ex. sĂ©cheresses), les brĂ»lages dirigĂ©s et les perturbations humaines (c.-Ă -d. piĂ©tinement pendant que lâespĂšce sâalimente dans des sentiers lorsque les conditions sont humides).
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce en voie de disparition entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
9. GĂ©rardie de Virginie (Aureolaria virginica) — espĂšce en voie de disparition
10. GĂ©rardie fausse-pĂ©diculaire (Aureolaria pedicularia) — espĂšce menacĂ©e
11. GĂ©rardie jaune (Aureolaria flava) — espĂšce menacĂ©e
Ă propos de ces espĂšces
Les trois espĂšces de gĂ©rardies prĂ©sentes au Canada sont des plantes herbacĂ©es vivaces qui possĂšdent des fleurs jaune voyant. Une petite partie de lâaire de rĂ©partition mondiale des trois espĂšces sâĂ©tend dans le sud-ouest de lâOntario. Les trois espĂšces sont disparues de nombreux anciens sites.
La population de gĂ©rardie de Virginie est trĂšs petite, comptant environ 400 individus matures dans 5 sous-populations situĂ©es dans le sud-ouest de lâOntario. Les trois quarts de la population se trouvent sur un site prĂšs de Cambridge (Ontario).
La gĂ©rardie fausse-pĂ©diculaire se trouve dans les savanes et les forĂȘts claires, aux cĂŽtĂ©s du chĂȘne noir, son hĂŽte de prĂ©dilection. Environ 85 % de la population se trouve dans les sous-populations du complexe Pinery et du complexe de la pointe Turkey.
La gĂ©rardie jaune se trouve dans les savanes et les forĂȘts claires, aux cĂŽtĂ©s du chĂȘne noir, son hĂŽte de prĂ©dilection. La population canadienne est estimĂ©e entre 464 et 1 409 individus matures. Plus de 60 % de la population se trouve dans trois sites de la sous-population du complexe de prairies Ojibway.
Avantages de lâespĂšce
Valeur socioĂ©conomique et culturelle pour les peuples autochtones; approvisionnement en nourriture pour dâautres espĂšces; valeur dâoption.
Consultations
Des consultations ont Ă©tĂ© menĂ©es pour cette espĂšce de janvier Ă mai 2019. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© reçu.
Justification de lâinscription
Les trois espĂšces de gĂ©rardies, en raison de leur association avec les Ă©cosystĂšmes de chĂȘnes dĂ©gagĂ©s Ă semi-dĂ©gagĂ©s, sont exposĂ©es Ă des menaces semblables. La suppression des incendies et le broutage par le cerf de Virginie menacent les localitĂ©s existantes restantes. Certaines petites sous-populations de chaque espĂšce sont exposĂ©es Ă un risque considĂ©rable de disparition, car les plantes sont situĂ©es Ă proximitĂ© de sentiers rĂ©crĂ©atifs trĂšs frĂ©quentĂ©s.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce en voie de disparition et menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
12. Gesse littorale (Lathyrus littoralis) — espĂšce menacĂ©e
Ă propos de lâespĂšce
La gesse littorale est une herbacée vivace à rhizome qui atteint une hauteur de 10 à 60 cm. Les tiges sont ramifiées et densément couvertes de poils soyeux gris. Les feuilles sont alternes et composées-pennées; elles comprennent 4 à 8 folioles et sont dépourvues de vrilles. Les fleurs sont typiques des Légumineuses; les pétales inférieurs et latéraux sont blancs, tandis que le pétale supérieur, plus grand, est de couleur rose, rouge ou violet.
Avantages de lâespĂšce
La gesse littorale est une source de nourriture pour les populations cĂŽtiĂšres de cerfs, et divers insectes sâalimentent de ses fleurs. Elle compte Ă©galement parmi les quelques espĂšces que le stade larvaire du Platyprepia virginalis utilise comme plante hĂŽte.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2013 et mars 2014. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© reçu.
Justification de lâinscription
Cette plante des dunes cĂŽtiĂšres, dont lâaire de rĂ©partition mondiale se trouve en majeure partie au Canada, est menacĂ©e par la compĂ©tition que lui livrent les plantes exotiques envahissantes ainsi que par les vĂ©hicules tout-terrain, le piĂ©tinement, lâherbivorie et la diminution de lâhabitat convenable due aux marĂ©es de tempĂȘte de plus en plus frĂ©quentes et plus fortes en raison des changements climatiques. La rĂ©partition restreinte de lâespĂšce, le trĂšs faible nombre dâindividus et le petit nombre de sous-populations rendent lâespĂšce en pĂ©ril.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
B – EspĂšces que lâon propose de reclasser Ă lâannexe 1 de la LEP
13. Engoulevent dâAmĂ©rique (Chordeiles minor) — reclassification dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce prĂ©occupante
Ă propos de lâespĂšce
LâEngoulevent dâAmĂ©rique est le membre le plus frĂ©quemment observĂ© de la famille des engoulevents. Il chasse et attrape des insectes volants en plein vol, et il est surtout actif entre le crĂ©puscule et lâaube. Il est extrĂȘmement bien camouflĂ©, grĂące Ă son plumage brun tachetĂ©, lorsquâil se repose au sol ou sur des surfaces horizontales. LâEngoulevent dâAmĂ©rique est le plus souvent observĂ© en vol, lorsquâil peut ĂȘtre reconnu par son vol bondissant distinctif, sa bande blanche Ă proximitĂ© du bout de lâaile, et son cri nasillard « pßßnt ».
Avantages de lâespĂšce
LâEngoulevent dâAmĂ©rique est un important agent de contrĂŽle des populations dâinsectes, car il mange de grandes quantitĂ©s dâinsectes volants, sa seule source de nourriture. En tant quâoiseau, il offre aussi probablement des avantages rĂ©crĂ©atifs aux observateurs dâoiseaux. Selon lâEnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă des activitĂ©s dâobservation dâoiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur dâoiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($ CAN de 2012) par annĂ©e Ă cette activitĂ©.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2019. Huit commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă lâappui de lâinscription de cette espĂšce, six commentaires sây opposaient et dix commentaires ne sây opposaient pas.
Justification de la reclassification
Cet insectivore aĂ©rien est un oiseau rĂ©pandu dans le sud et la rĂ©gion borĂ©ale du Canada. Dans le sud du pays, sa population a connu une baisse de 68 % depuis 1970, mais le taux de dĂ©clin a diminuĂ© considĂ©rablement au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, et lâespĂšce semble relativement abondante dans les habitats borĂ©aux convenables. Des prĂ©occupations demeurent sur les effets des activitĂ©s humaines et des changements climatiques sur la rĂ©duction de la disponibilitĂ© de nourriture et sites de nidification.
Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs lâinscription de celle-ci en tant quâespĂšce menacĂ©e en 2010. Une reclassification dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce prĂ©occupante nâempĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ en cours, car elle nĂ©cessite lâĂ©laboration dâun plan de gestion pour Ă©viter que lâespĂšce ne devienne encore plus en pĂ©ril.
14. Moucherolles Ă cĂŽtĂ©s olive (Contopus cooperi) — reclassification dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce prĂ©occupante
Ă propos de lâespĂšce
Le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive est un oiseau chanteur de taille moyenne. Les adultes ont le plumage olive brunĂątre profond sur le dessus, tandis que la gorge, le centre de la poitrine et le ventre jusquâaux sous-caudales sont blanchĂątres, ce qui contraste fortement avec les flancs et les cĂŽtĂ©s sombres de la poitrine qui les font paraĂźtre vĂȘtus. Des touffes blanches sont souvent visibles au-dessus des ailes, de chaque cĂŽtĂ© du croupion. Les ailes sont foncĂ©es et prĂ©sentent des barres alaires pĂąles et indistinctes, et le bec est gros.
Avantages de lâespĂšce
Le Moucherolle Ă cĂŽtĂ©s olive est un important agent de contrĂŽle des populations dâinsectes, car il mange de grandes quantitĂ©s dâinsectes volants, sa seule source de nourriture. Il se peut que lâespĂšce constitue Ă©galement une motivation pour les activitĂ©s dâobservation dâoiseaux, offrant des avantages rĂ©crĂ©atifs aux observateurs. Selon lâEnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă des activitĂ©s dâobservation dâoiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur dâoiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($CAN de 2012) par annĂ©e Ă cette activitĂ©.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2019. Huit commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă lâappui de lâinscription de cette espĂšce, cinq commentaires sây opposaient, et douze commentaires ne sây opposaient pas.
Justification de la reclassification
La population canadienne de cet oiseau chanteur forestier rĂ©pandu a subi un dĂ©clin substantiel Ă long terme, mais le taux de dĂ©clin a diminuĂ© au cours de la derniĂšre dĂ©cennie. La perte dâhabitat dâhivernage dans le nord de lâAmĂ©rique du Sud est probablement la menace la plus importante auquel fait face cet insectivore aĂ©rien, mais lâespĂšce pourrait Ă©galement ĂȘtre touchĂ©e par les changements dans les aires de reproduction, comme les effets de lâaltĂ©ration des rĂ©gimes dâincendie et des changements climatiques sur la qualitĂ© de lâhabitat de nidification ainsi que la rĂ©duction de lâabondance et de la disponibilitĂ© des insectes volants.
Un programme de rĂ©tablissement a Ă©tĂ© publiĂ© pour cette espĂšce aprĂšs lâinscription de celle-ci en tant quâespĂšce menacĂ©e en 2010. Une reclassification dâespĂšce menacĂ©e Ă espĂšce prĂ©occupante nâempĂȘche pas les efforts de conservation dĂ©jĂ en cours, car elle nĂ©cessite lâĂ©laboration dâun plan de gestion pour Ă©viter que lâespĂšce ne devienne encore plus en pĂ©ril.
15. FrĂȘne bleu (Fraxinus quadrangulata) — reclassification dâespĂšce prĂ©occupante Ă espĂšce menacĂ©e
Ă propos de lâespĂšce
Le frĂȘne bleu est un arbre de dimensions moyennes et il compte parmi les six espĂšces de frĂȘne indigĂšnes du Canada. Le tronc est droit ou irrĂ©gulier et la cime est Ă©troite, petite et de forme arrondie. LâĂ©corce Ă©cailleuse est de couleur claire, gris rougeĂątre ou gris havane. Les feuilles sont composĂ©es et opposĂ©es; elles comportent sept folioles. Les rameaux sont quadrangulaires en raison de la prĂ©sence de quatre crĂȘtes ou ailerons subĂ©reux trĂšs apparents (dâoĂč lâĂ©pithĂšte spĂ©cifique quadrangulata). Des grappes de petites fleurs sans pĂ©tales apparaissent au printemps Ă mesure que les nouvelles feuilles se dĂ©roulent. Le fruit est une samare unisĂ©minĂ©e, habituellement tordue; son aile large porte une encoche. Le frĂȘne bleu possĂšde le trait distinctif de garder ses branches infĂ©rieures mortes, ce qui lui donne un aspect nĂ©gligĂ©.
Avantages de lâespĂšce
Le frĂȘne bleu a une valeur socioĂ©conomique et culturelle pour les peuples autochtones, car la teinture provenant du tronc de lâarbre est utilisĂ©e pour teindre des tissus. Ses graines servent de nourriture Ă des animaux. Il a Ă©galement une valeur dâoption dans les recherches approfondies sur la rĂ©sistance Ă lâagrile du frĂȘne.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre dĂ©cembre 2015 et mai 2016. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© reçu.
Justification de lâinscription
Cet arbre a une rĂ©partition limitĂ©e dans les forĂȘts caroliniennes du sud-ouest de lâOntario. La petite taille de la population totale que lâon retrouve dans un paysage fragmentĂ©, combinĂ©e avec lâimpact potentiel croissant du broutage par le cerf de Virginie et lâinfestation de lâagrile du frĂȘne, une espĂšce envahissante, exposent lâespĂšce Ă un risque de connaĂźtre dâautres dĂ©clins dans la plupart des sites. De plus, les arbres matures sur lâĂźle Middle sont menacĂ©s par les impacts causĂ©s par les Cormorans Ă aigrettes nicheurs.
Une reclassification Ă la LEP en tant quâespĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
16. Couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest (Coluber constrictor mormon) — reclassification dâespĂšce prĂ©occupante Ă espĂšce menacĂ©e
Ă propos de lâespĂšce
La couleuvre agile est un serpent relativement mince qui mesure normalement moins dâun mĂštre de longueur. Les adultes, uniformĂ©ment gris ou vert olive, ont le ventre jaune, tandis que les juvĂ©niles ont une sĂ©rie de bandes brunes en forme de selle le long du dos qui pĂąlissent Ă mesure que les individus vieillissent. La couleuvre agile est inoffensive pour lâĂȘtre humain et se nourrit principalement dâinsectes. On rencontre lâespĂšce dans la partie intĂ©rieure mĂ©ridionale et centrale de la Colombie-Britannique, laquelle inclut au moins cinq zones de population distinctes prĂšs de Trail, de Grand Forks et de Midway, ainsi quâĂ lâintĂ©rieur des bassins hydrographiques de lâOkanagan et de la Similkameen ainsi que de ceux de la Thompson et du Fraser.
Avantages de lâespĂšce
La couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest prĂ©sente des avantages Ă©cologiques, contribuant possiblement Ă la rĂ©duction de lâinfestation en se nourrissant de rongeurs. Elle prĂ©sente une valeur dâoption pour les Ă©tudes, se trouvant Ă la limite septentrionale de son aire de rĂ©partition au Canada. Il est Ă©galement possible quâelle prĂ©sente une valeur socioĂ©conomique et culturelle pour les peuples autochtones.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2017. Aucun commentaire portant sur cette espĂšce nâa Ă©tĂ© reçu.
Justification de lâinscription
Cette couleuvre est prĂ©sente dans cinq vallĂ©es du centre-sud de la Colombie-Britannique. La perte et la fragmentation de lâhabitat aux dĂ©pens de lâagriculture et le dĂ©veloppement urbain menacent lâespĂšce, surtout que lâespĂšce sâadapte particuliĂšrement mal Ă lâurbanisation. Le rĂ©seau routier toujours en expansion et lâaccroissement du trafic augmentent le taux de mortalitĂ© et fragmentent encore plus lâhabitat. LâĂ©pandage de pesticides dans les zones agricoles pourrait nuire Ă lâespĂšce, soit par contamination directe ou contamination des insectes dont elle se nourrit. Il est peu probable quâune immigration dâindividus des Ătats-Unis soit suffisante pour avoir un effet salvateur en raison de la perte considĂ©rable dâhabitats dans la zone adjacente Ă la frontiĂšre.
Une inscription Ă la LEP en tant quâespĂšce menacĂ©e entraĂźne la protection immĂ©diate des individus de lâespĂšce et de leurs rĂ©sidences sur le territoire domanial et rend obligatoire lâĂ©laboration dâun programme de rĂ©tablissement et dâun ou plusieurs plans dâaction.
C – EspĂšce que lâon propose de radier de la LEP
17. Faucon pĂšlerin (Falco peregrinus anatum/tundrius) — dâespĂšce prĂ©occupante Ă espĂšce non en pĂ©ril
Ă propos de lâespĂšce
Cette sous-espĂšce se rencontre sur presque tout le littoral de la ColombieBritannique. MalgrĂ© la hausse continue de ses effectifs, la population demeure petite. Toutefois, une grande portion de la population niche dans des aires protĂ©gĂ©es, et la probabilitĂ© dâimmigration de source externe Ă partir des Ătats-Unis est Ă©levĂ©e.
Avantages de lâespĂšce
En tant quâespĂšce charismatique et grandement connue au Canada pour ses capacitĂ©s physiques, le Faucon pĂšlerin suscite probablement des activitĂ©s dâobservation dâoiseaux. Le Faucon pĂšlerin est Ă©galement un important agent de contrĂŽle des populations dâoiseaux, car son rĂ©gime alimentaire est principalement composĂ© dâoiseaux. Selon lâEnquĂȘte canadienne sur la nature de 2012, 4,7 millions de Canadiens participent Ă des activitĂ©s dâobservation dâoiseaux chaque annĂ©e (~20 % de la population canadienne en 2012). En moyenne, chaque observateur dâoiseaux consacre 133 jours, et 207 $ ($CAN de 2012) par annĂ©e Ă cette activitĂ©.
Consultations
Des consultations sur cette espĂšce ont eu lieu entre janvier et octobre 2019. Quarantesix commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s Ă lâappui de lâinscription de cette espĂšce, deux commentaires sây opposaient et neuf commentaires ne sây opposaient pas.
Justification de lâinscription
AprĂšs des baisses marquĂ©es au milieu du 20e siĂšcle, cette espĂšce a connu un regain important au cours des derniĂšres dĂ©cennies, affichant de façon continue des hausses modĂ©rĂ©es Ă fortes dans de nombreuses parties du Canada depuis le dernier rapport de situation en 2007. Le rĂ©tablissement initial Ă©tait le rĂ©sultat de rĂ©introductions dans la majeure partie du sud du Canada Ă la suite de lâinterdiction des pesticides organochlorĂ©s (p. ex. DDT). De plus en plus, la croissance dĂ©mographique continue est fonction dâune productivitĂ© saine et, dans le cas des couples nicheurs en milieu urbain, de lâexploitation dâhabitat auparavant inoccupĂ©.
PROJET DE RĂGLEMENTATION
Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a, se propose de prendre le DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, ci-aprĂšs.
Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont priĂ©s dây citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication, et dâenvoyer le tout Ă Paula Brand, directrice, Politiques sur la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, Service canadien de la faune, ministĂšre de lâEnvironnement, Gatineau (QuĂ©bec), K1A 0H3 (tĂ©l. : 1‑800‑668‑6767; courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca).
Ottawa, le 24 mai 2022
La greffiÚre adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon
DĂ©cret modifiant lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril
Modifications
1 La partie 2 de lâannexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence a est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Mollusques », de ce qui suit :
- Polyspire rayé (Webbhelix multilineata)
- Whitelip, Striped
2 La partie 2 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Arthropodes », de ce qui suit :
- Coccinelle Ă neuf points (Coccinella novemnotata)
- Lady Beetle, Nine-spotted
- Hémileucin de Nuttall (Hemileuca nuttalli)
- Moth, Nuttallâs Sheep
- Hespérie du Colorado (Hesperia colorado oregonia)
- Skipper, Oregon Branded
- Hespérie tachetée (Erynnis martialis) population boréale
- Duskywing, Mottled Boreal population
- Hespérie tachetée (Erynnis martialis) population des plaines des Grands Lacs
- Duskywing, Mottled Great Lakes Plains population
3 La partie 2 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Plantes », de ce qui suit :
- Gérardie de Virginie (Aureolaria virginica)
- Foxglove, Downy Yellow False
4 La partie 3 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
- Engoulevent dâAmĂ©rique (Chordeiles minor)
- Nighthawk, Common
- Moucherolle à cÎtés olive (Contopus cooperi)
- Flycatcher, Olive-sided
5 La partie 3 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Reptiles », de ce qui suit :
- Couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest (Coluber constrictor mormon)
- Racer, Western Yellow-bellied
6 La partie 3 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Plantes », de ce qui suit :
- FrĂȘne bleu (Fraxinus quadrangulata)
- Ash, Blue
- Gérardie fausse-pédiculaire (Aureolaria pedicularia)
- Foxglove, Fern-leaved Yellow False
- Gérardie jaune (Aureolaria flava)
- Foxglove, Smooth Yellow False
- Gesse littorale (Lathyrus littoralis)
- Pea, Silky Beach
7 La partie 3 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Lichens », de ce qui suit :
- Lobaire réticulée (Lobaria retigera)
- Lichen, Smokerâs Lung
8 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
- Faucon pĂšlerin anatum/tundrius (Falco peregrinus anatum/tundrius)
- Falcon anatum/tundrius, Peregrine
9 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon lâordre alphabĂ©tique, sous lâintertitre « Oiseaux », de ce qui suit :
- Bruant Ă face noire (Zonotrichia querula)
- Sparrow, Harrisâs
- Engoulevent dâAmĂ©rique (Chordeiles minor)
- Nighthawk, Common
- Moucherolle à cÎtés olive (Contopus cooperi)
- Flycatcher, Olive-sided
10 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous lâintertitre « Reptiles », de ce qui suit :
- Couleuvre agile Ă ventre jaune de lâOuest (Coluber constrictor mormon)
- Racer, Western Yellow-bellied
11 La partie 4 de lâannexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous lâintertitre « Plantes », de ce qui suit :
- FrĂȘne bleu (Fraxinus quadrangulata)
- Ash, Blue
Entrée en vigueur
12 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.