Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus : DORS/2025-3

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 4

Enregistrement
DORS/2025-3 Le 24 janvier 2025

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2025-26 Le 24 janvier 2025

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation dans la République du Bélarus constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui est susceptible d’entraîner ou a entraîné une grave crise internationale;

Attendu que la gouverneure en conseil juge que des violations graves et systématiques des droits de la personne ont été commises dans la République du Bélarus,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Bélarus

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe 1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

2 La partie 1.1 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

4 La partie 3 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

5 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

6 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Le gouvernement du BĂ©larus continue de commettre des violations graves et systĂ©matiques des droits de la personne et de tenir des Ă©lections frauduleuses. Ă€ l’approche des Ă©lections prĂ©sidentielles, les violations des droits de la personne se poursuivent : des arrestations, des perquisitions et des dĂ©tentions arbitraires, de la torture gĂ©nĂ©ralisĂ©e, des discours nuisibles de mĂ©sinformation et de dĂ©sinformation, ainsi que des actes graves de rĂ©pression de la libertĂ© des mĂ©dias — surtout de la part des services de sĂ©curitĂ© de l’État. Ces problèmes sont exacerbĂ©s pendant le cycle Ă©lectoral et nĂ©cessitent une rĂ©ponse de la part du Canada. Il est essentiel de souligner l’opposition du Canada Ă  ces forces, Ă  leurs dirigeants et Ă  ceux et celles qui font partie de leurs cercles rapprochĂ©s.

Des personnes et des entités, en particulier celles qui sont impliquées dans le complexe militaro-industriel et de défense du Bélarus, continuent également de faciliter, de soutenir ou de financer la violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ou d’y contribuer, dans le contexte de la guerre que mène actuellement la Russie. Ces entités participent à l’établissement d’une coopération plus étroite en matière de défense avec le complexe militaro-industriel russe, ainsi qu’à son approvisionnement, en fournissant des technologies et des équipements aux forces russes qui alimentent la guerre en Ukraine.

Le Canada continue de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements partenaires internationaux pour assurer l’harmonisation des sanctions et s’attaquer aux problèmes nouveaux et persistants posés par le régime bélarussien, ainsi que pour tenir responsables de leurs crimes ceux qui appuient la guerre brutale et injustifiable menée par la Russie contre l’Ukraine.

Contexte

Violations graves et systématiques des droits de la personne

Le 9 aoĂ»t 2020, la RĂ©publique du BĂ©larus a organisĂ© une Ă©lection prĂ©sidentielle marquĂ©e d’irrĂ©gularitĂ©s gĂ©nĂ©ralisĂ©es. Sous la direction du prĂ©sident sortant, Alexander Lukashenko, le gouvernement du BĂ©larus a menĂ© une campagne de rĂ©pression systĂ©matique tout au long de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant l’élection et pendant le scrutin. Il a Ă©galement eu recours Ă  de la violence contre le peuple du BĂ©larus, laquelle Ă©tait commanditĂ©e par l’État, afin de rĂ©primer les manifestations contre le gouvernement. Depuis l’élection de 2020, Human Rights Watch, Amnistie internationale, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le Viasna Human Rights Centre et l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE) ont tous signalĂ© de nombreux cas de violations des droits de la personne. Parallèlement, des organismes locaux rĂ©putĂ©s de dĂ©fense des droits de la personne, dont le Viasna Human Rights Centre, ont Ă©tĂ© contraints par le gouvernement de fermer leurs portes.

Des violations des droits de la personne internationaux continuent d’être commises au Bélarus. Celles-ci comprennent des arrestations arbitraires, des détentions arbitraires prolongées, de la brutalité, de l’intimidation et de l’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques. Il y a également eu des allégations crédibles de recours à la torture et à la violence sexuelle contre les personnes injustement détenues. Des personnes sont illégalement poursuivies et condamnées à de longues peines d’emprisonnement. De plus, les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association sont soumis à des restrictions excessives.

Les autoritĂ©s ont condamnĂ© Ă  des peines d’emprisonnement plusieurs militants bĂ©larussiens influents, dont Ales Bialiatski, laurĂ©at du prix Nobel de la paix 2022, et Sviatlana Tsikhanouskaya, cheffe de l’opposition en exil. Depuis 2023, les autoritĂ©s ont Ă©galement menĂ© un grand nombre de descentes dans des lieux liĂ©s Ă  des militants de l’opposition, Ă  des observateurs de l’élection de 2020, Ă  d’anciens prisonniers politiques et Ă  leurs familles, ainsi qu’à des pĂ©dagogues. En date de novembre 2024, sept prisonniers politiques sont dĂ©cĂ©dĂ©s dans les prisons bĂ©larussiennes et d’autres personnalitĂ©s influentes y sont dĂ©tenues sans contact avec l’extĂ©rieur — elles se sont vu refuser l’accès Ă  une reprĂ©sentation juridique et Ă  des procĂ©dures judiciaires, et il leur est interdit de communiquer avec leur famille.

Les autorités bélarussiennes continuent d’employer une rhétorique agressive à l’égard de l’opposition, refusent d’engager le dialogue et rejettent les appels à la tenue d’élections présidentielles libres et équitables. Aucune mesure appropriée n’a été prise pour rétablir les droits démocratiques ou pour remédier aux violations des droits de la personne qui se poursuivent et, malgré certaines libérations symboliques de prisonniers, le nombre total de personnes détenues illégitimement a augmenté.

La prochaine « Ă©lection Â» prĂ©sidentielle au BĂ©larus est prĂ©vue le 26 janvier 2025. Il est gĂ©nĂ©ralement attendu que l’élection ait pour rĂ©sultat de prolonger le règne d’Alexander Lukashenko, au pouvoir depuis 1994 et connu pour sa gouvernance autoritaire et sa rĂ©pression de la dissidence politique. Ă€ la suite de l’élection contestĂ©e de 2020, qui a donnĂ© lieu Ă  d’importantes manifestations et Ă  de violentes mesures de rĂ©pression contre l’opposition, le climat politique reste tendu. Il convient de souligner que l’élection Ă  venir aura lieu dans un environnement marquĂ© par la rĂ©pression continue, oĂą plus de 1 300 prisonniers politiques seraient actuellement dĂ©tenus. Sviatlana Tsikhanouskaya, cheffe de l’opposition en exil, a condamnĂ© l’élection en la qualifiant de « farce Â» et a exhortĂ© la communautĂ© internationale Ă  rejeter sa lĂ©gitimitĂ© avant le vote.

Au cours du prĂ©sent cycle Ă©lectoral, le rĂ©gime Lukashenko a poursuivi sa rĂ©pression brutale contre les civils et son mĂ©pris des droits de la personne. En cette pĂ©riode préélectorale, des mises en dĂ©tention et des descentes sont dĂ©jĂ  signalĂ©es dans tout le BĂ©larus : les forces de sĂ©curitĂ© de l’État effectuent des raids Ă  l’échelle du pays, dans les rĂ©gions de Grodno, de Baranovichi et de Minsk, dans le but d’intimider la population avant les Ă©lections. Les forces de sĂ©curitĂ© se prĂ©pareraient Ă©galement Ă  faire face Ă  des troubles civils au moyen d’exercices de rĂ©pression des foules. Il est attendu que les services de sĂ©curitĂ© prennent d’autres mesures de rĂ©pression avant le scrutin. L’imposition de sanctions et la rĂ©ponse diplomatique coordonnĂ©e tĂ©moignent d’une solidaritĂ© continue avec la population du BĂ©larus et sa lutte pour la dĂ©mocratie, en plus de tenir pour responsables les acteurs malveillants connus.

Réponse internationale

La rĂ©ponse de la communautĂ© internationale aux Ă©lections frauduleuses de 2020 et aux violations graves et systĂ©matiques des droits de la personne a consistĂ© Ă  imposer des restrictions en matière de visa aux fonctionnaires bĂ©larussiens, Ă  mettre en Ĺ“uvre des sanctions ciblĂ©es, Ă  tendre la main Ă  l’opposition bĂ©larussienne et Ă  apporter un soutien financier aux organisations d’opposition bĂ©larussiennes. La Plateforme internationale de responsabilisation pour le BĂ©larus a Ă©tĂ© créée, et la communautĂ© internationale a poursuivi ses efforts de mobilisation par l’intermĂ©diaire d’organisations multilatĂ©rales telles que le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et l’OSCE. Ă€ deux reprises, les États participants de l’OSCE ont invoquĂ© le MĂ©canisme de Moscou de l’Organisation, Ă©tablissant ainsi une mission ad hoc pour enquĂŞter sur des prĂ©occupations relatives aux violations des droits de la personne au BĂ©larus. Cela a Ă©tĂ© fait en septembre 2020 en rĂ©ponse Ă  des signalements crĂ©dibles de violations des droits de la personne liĂ©es Ă  l’élection prĂ©sidentielle de 2020, et en mars 2023, en rĂ©action Ă  une augmentation de la rĂ©pression des voix de l’opposition et de la sociĂ©tĂ© civile. Les rapports ultĂ©rieurs concordaient avec les prĂ©occupations de la mission ad hoc et contenaient plusieurs recommandations mettant en lumière les violations des droits de la personne, notamment les lacunes judiciaires, les dĂ©tentions arbitraires, ainsi que la rĂ©pression de la sociĂ©tĂ© civile et de la libertĂ© d’expression. Le 11 juillet 2024, 38 Ă‰tats de l’OSCE ont invoquĂ© le MĂ©canisme de Vienne (dimension humaine) concernant les prisonniers politiques au BĂ©larus, exprimant leur prĂ©occupation constante et demandant des renseignements supplĂ©mentaires quant Ă  la situation des BĂ©larussiens qui se sont opposĂ©s au comportement antidĂ©mocratique du rĂ©gime de Lukashenko.

Réponse du Canada

Le Canada n’a pas reconnu les rĂ©sultats de l’élection prĂ©sidentielle de 2020, considĂ©rĂ©e comme frauduleuse et inconstitutionnelle. En rĂ©ponse aux violations graves et systĂ©matiques des droits de la personne commises au BĂ©larus, le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus (le Règlement) a Ă©tĂ© Ă©tabli le 28 septembre 2020 en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES). Depuis lors, les sanctions du Canada Ă  l’encontre du BĂ©larus ont visĂ© les autoritĂ©s bĂ©larussiennes impliquĂ©es dans l’oppression des BĂ©larussiens qui rĂ©clament des Ă©lections libres et Ă©quitables ainsi que le respect des droits de la personne et de l’État de droit. Les personnes sanctionnĂ©es incluent de hauts fonctionnaires, actuels ou anciens, des membres des forces de sĂ©curitĂ©, des procureurs publics, des membres de l’appareil judiciaire et des administrateurs de colonies pĂ©nitentiaires et « Ă©ducatives Â». Ces sanctions imposent des interdictions de transactions (un gel effectif des avoirs) aux personnes et aux entitĂ©s Ă©numĂ©rĂ©es qui soutiennent ou permettent la violation de la souverainetĂ© de l’Ukraine par la Russie. Il est interdit Ă  toute personne au Canada et Ă  tout Canadien Ă  l’étranger, Ă  l’égard des personnes Ă©numĂ©rĂ©es dans le Règlement, d’effectuer une opĂ©ration portant sur un bien leur appartenant, de conclure une transaction avec elles, de leur fournir des services ou par ailleurs de mettre des marchandises Ă  leur disposition. Ces personnes sont Ă©galement interdites de territoire au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s.

Le Canada a interpellĂ© directement le gouvernement du BĂ©larus et la communautĂ© internationale pour la prise de mesures Ă  l’égard de la rĂ©pression et des violations des droits de la personne actuellement perpĂ©trĂ©es au BĂ©larus, notamment dans le cadre de forums multilatĂ©raux tels que l’OSCE, la Coalition pour la libertĂ© des mĂ©dias, la Freedom Online Coalition (Coalition pour la libertĂ© en ligne) et la Plateforme internationale de responsabilisation pour le BĂ©larus. Le Canada a Ă©galement rencontrĂ© la dirigeante des forces dĂ©mocratiques du BĂ©larus, Sviatlana Tsikhanouskaya, en novembre 2024. La rĂ©union a permis un Ă©change franc d’information et d’idĂ©es, y compris la confirmation du Canada de son soutien continu Ă  la lutte du BĂ©larus pour le respect des droits de la personne et de la dĂ©mocratie, de mĂŞme qu’à son combat contre l’oppression. Les points clĂ©s Ă  retenir de la rĂ©union sont que le Canada continuera Ă  travailler avec les gouvernements partenaires, ainsi qu’avec les forces dĂ©mocratiques du BĂ©larus, afin de tenir le rĂ©gime bĂ©larussien responsable de ses affronts envers les droits de la personne.

Violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine

Le rĂ©gime bĂ©larussien a soutenu et encouragĂ© l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La Russie et le BĂ©larus ont entamĂ© un exercice militaire conjoint Ă  la mi-fĂ©vrier 2022, qui a permis le rassemblement de 150 000 Ă  190 000 soldats russes Ă  la frontière entre le BĂ©larus et l’Ukraine. Le 20 fĂ©vrier 2022, la Russie a prolongĂ© l’exercice militaire conjoint et a annoncĂ© que les troupes russes ne quitteraient pas le BĂ©larus. Le 24 fĂ©vrier 2022, sans provocation, les forces russes ont lancĂ© une invasion globale de l’Ukraine, y compris Ă  partir du territoire du BĂ©larus. Le 27 fĂ©vrier 2022, le gouvernement du BĂ©larus a adoptĂ© un amendement frauduleux Ă  la constitution du BĂ©larus supprimant l’article 18, qui s’engageait Ă  « faire de son territoire une zone dĂ©nuclĂ©arisĂ©e et un État neutre Â». Cette dĂ©cision a ouvert la voie au BĂ©larus pour accueillir des armes nuclĂ©aires russes, si bien qu’au printemps 2023, le prĂ©sident russe, Vladimir Poutine, a annoncĂ© le transfert d’armes nuclĂ©aires tactiques vers ce pays. Les forces bĂ©larussiennes continuent d’être dĂ©ployĂ©es Ă  la frontière de l’Ukraine. Bien qu’elles n’y aient pas encore pĂ©nĂ©trĂ©, la menace de leur incursion — en tant qu’alliĂ©es de la Russie — mobilise des Ă©lĂ©ments des forces armĂ©es ukrainiennes. Cette situation complique le transfert de rĂ©serves supplĂ©mentaires par l’Ukraine vers d’autres fronts pour se dĂ©fendre contre les troupes russes.

Les ministères de la DĂ©fense du BĂ©larus et de la Russie ont signĂ© un plan de coopĂ©ration pour 2024 qui vise Ă  faire progresser la coopĂ©ration militaire entre le BĂ©larus et la Russie, et Ă  mettre en place des centres d’entraĂ®nement au combat pour la formation conjointe du personnel militaire du BĂ©larus. En mai 2024, des exercices conjoints de l’armĂ©e de l’air et de la dĂ©fense aĂ©rienne BĂ©larus-Russie ont Ă©tĂ© annoncĂ©s. Diverses forces bĂ©larussiennes y ont pris part, notamment l’armĂ©e de l’air, des troupes de missiles antiaĂ©riens et des troupes d’ingĂ©nierie radio. La Russie et le BĂ©larus continuent d’acquĂ©rir des capacitĂ©s militaires et de les mettre en pratique contre l’Ukraine, ce qu’il faut entraver et miner.

La Russie et le Bélarus ont également confirmé leur détermination commune à contrer les sanctions du Canada et de ses autres gouvernements partenaires tout en recherchant une plus grande coopération avec des pays tiers tels que la Corée du Nord et l’Iran, y compris en facilitant la coopération trilatérale, notamment en ce qui concerne le renforcement de la capacité industrielle qui pourrait être utilisée contre l’Ukraine.

Réponse internationale

Le 24 fĂ©vrier 2022, les dirigeants du G7 ont condamnĂ© l’invasion de l’Ukraine, dirigĂ©e en partie depuis le sol bĂ©larussien. L’OSCE a exprimĂ© sa vive inquiĂ©tude quant au rĂ´le du BĂ©larus dans l’invasion de l’Ukraine. Dans une dĂ©claration commune de 45 Ă‰tats participants, dont le Canada, les États membres de l’OSCE ont accueilli un rapport d’experts indĂ©pendants qui confirme des schĂ©mas de violations du droit international humanitaire (DIH) par les forces russes, soutenues par le BĂ©larus. Le 10 juillet 2024, lors du Sommet de l’Organisation du TraitĂ© de l’Atlantique Nord (OTAN) Ă  Washington, les dirigeants ont instamment demandĂ© Ă  tous les pays de ne fournir aucune forme d’aide Ă  l’agression de la Russie, et condamnĂ© tous ceux qui facilitent et prolongent ainsi la guerre de la Russie en Ukraine. Les dirigeants de l’OTAN ont dĂ©clarĂ© que le BĂ©larus continuait de faciliter la guerre de la Russie en mettant Ă  disposition son territoire et ses infrastructures. Les dirigeants ont en outre dĂ©clarĂ© que l’approfondissement de l’intĂ©gration politique et militaire du BĂ©larus par la Russie, y compris le dĂ©ploiement de capacitĂ©s et de personnel militaires russes avancĂ©s, avait des incidences nĂ©gatives sur la stabilitĂ© rĂ©gionale et la dĂ©fense de l’Alliance.

Réponse du Canada

Le gouvernement du Canada a adoptĂ© un certain nombre de mesures Ă  l’encontre du BĂ©larus pour son soutien Ă  la guerre menĂ©e par la Russie. En mars 2022, le Canada a Ă©largi la portĂ©e du Règlement pour y inclure le pouvoir de sanctionner les personnes s’adonnant Ă  des activitĂ©s qui facilitent une violation de la souverainetĂ© ou de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine ou qui entravent le travail d’organisations internationales en Ukraine. Depuis lors, les sanctions du Canada Ă  l’encontre du BĂ©larus visent les hauts fonctionnaires du gouvernement bĂ©larussien, ses hauts responsables militaires, ses oligarques et les membres de leur famille, les entitĂ©s exerçant leurs activitĂ©s dans le secteur militaire et les secteurs des technologies et de l’ingĂ©nierie, ainsi que les banques d’État et les entreprises appartenant Ă  l’État. En outre, le Canada a mis en place des restrictions ciblĂ©es Ă  l’importation et Ă  l’exportation contre la Russie et le BĂ©larus dans les secteurs des finances, du commerce (biens et services), des technologies, de l’énergie et des transports. La dernière sĂ©rie de sanctions, annoncĂ©e en aoĂ»t 2024, cible des Ă©lĂ©ments de la base industrielle militaire ainsi que des individus qui souscrivent Ă  de telles initiatives et en tirent profit.

Objectif

  1. Faire clairement savoir au gouvernement du Bélarus que le Canada n’accepte pas que l’État continue de se livrer à des abus de pouvoir ainsi qu’à des violations graves et systématiques des droits de la personne et qu’il est solidaire de la population bélarussienne dans sa lutte pour la démocratie et son combat contre l’oppression.
  2. Décourager de tels actes en dénonçant les auteurs de violations des droits de la personne, leurs proches et les membres de leur famille, et en imposant aux personnes identifiées des coûts réels et liés à la réputation.
  3. Miner l’aide apportée par le régime de Lukashenko à la violation par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, en particulier le soutien militaire et industriel.
  4. Harmoniser les efforts avec ceux des alliés et des gouvernements partenaires pour cibler le régime bélarussien ainsi que les acteurs malveillants, de manière à augmenter l’efficacité des sanctions et à combler les écarts.

Description

Les modifications ajoutent 22 personnes (entitĂ©s et particuliers) Ă  l’annexe 1 du Règlement, lesquelles sont assujetties Ă  une interdiction gĂ©nĂ©rale de transactions.

En rĂ©ponse aux violations graves et systĂ©matiques des droits de la personne qui se poursuivent au BĂ©larus, Ă  l’approche d’une Ă©lection frauduleuse, le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus (les modifications) Ă©numère six membres de la famille et proches collaborateurs d’auteurs de violations des droits de la personne au BĂ©larus, ainsi que trois entitĂ©s de sĂ©curitĂ© de l’État qui sont rĂ©gulièrement impliquĂ©es dans la violation des droits de la personne au BĂ©larus et dans l’oppression de ses citoyens. Un particulier est inscrit en tant que haut responsable d’une entitĂ© de sĂ©curitĂ© de l’État.

En réponse au soutien apporté par le Bélarus à la violation par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, les modifications énumèrent neuf entités impliquées dans le complexe militaro-industriel et de défense du Bélarus. Trois particuliers qui sont de hauts responsables de ces entités ont également été inscrits sur la liste.

Par conséquent, il est interdit à quiconque au Canada et aux Canadiens à l’étranger d’effectuer des opérations portant sur un bien détenu par les personnes dont le nom figure dans la liste, de conclure une transaction avec l’une de ces personnes, de fournir des services à l’une d’entre elles, de transférer des biens à ces personnes ou de mettre autrement des biens à leur disposition. Ces mesures rendront également les personnes désignées interdites de territoire au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Selon le Règlement, les personnes inscrites peuvent demander au ministre des Affaires étrangères de faire retirer leur nom de la liste des personnes désignées. En pareil cas, le ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables de recommander au gouverneur en conseil de retirer leur nom.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada consulte régulièrement les intervenants concernés, notamment des organisations de la société civile, des communautés culturelles et des représentants d’autres gouvernements aux vues similaires, pour discuter de l’approche du Canada relative à la mise en œuvre de sanctions.

En ce qui a trait aux modifications, il n’aurait pas été approprié de tenir une consultation publique. La publication du nom des personnes visées par les sanctions aurait peut-être entraîné la fuite de biens avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une première évaluation de la portée géographique du Règlement a été réalisée et n’a pas permis de déterminer des obligations découlant d’un traité moderne, étant donné que le Règlement ne prend pas effet dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont le seul instrument permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument ne pourrait être considéré.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le coût additionnel pour administrer et appliquer ces interdictions supplémentaires est minime pour le gouvernement du Canada. Les sanctions visant des entités et des particuliers précis ont moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques habituelles à grande échelle, et elles ont une incidence limitée sur les citoyens du pays des entités et particuliers désignés. Sur la base d’une première évaluation des informations de source ouverte disponibles, il est estimé que les entités et particuliers nouvellement inscrits ont des liens limités avec le Canada et n’effectuent donc pas d’opérations significatives pour l’économie canadienne.

Compte tenu des échanges commerciaux limités avec le Bélarus et des sanctions déjà en place, il est peu probable que ces sanctions supplémentaires aient des retombées importantes sur les Canadiens, les entreprises canadiennes ou les intérêts commerciaux du Canada en général.

Les banques et les institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Pour ce faire, elles ajouteront les entités et particuliers nouvellement inscrits à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de mise en conformité.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications pourraient avoir une incidence limitée sur les petites entreprises canadiennes. Le Règlement interdit aux entreprises canadiennes de traiter avec les personnes figurant sur la liste, de leur fournir des services ou de mettre des biens à leur disposition, mais il ne crée aucune obligation administrative directe à leur égard. Bien que les entreprises canadiennes puissent demander des permis en vertu du Règlement, Affaires mondiales Canada ne prévoit pas de demandes résultant de l’inscription des particuliers en question, de sorte que cette exigence n’entraînerait pas de fardeau administratif supplémentaire. Les petites entreprises canadiennes sont également soumises à l’obligation de divulgation en vertu du Règlement, ce qui représenterait une exigence de conformité directe. Toutefois, comme les particuliers nouvellement inscrits ont peu de liens connus avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne prévoit pas de divulgations résultant des modifications.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas aux modifications, car celles-ci n’imposent aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises. La procĂ©dure de dĂ©livrance de permis pour les entreprises rĂ©pond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse; cependant, bien que des permis puissent ĂŞtre accordĂ©s Ă  titre exceptionnel en vertu du Règlement, Ă©tant donnĂ© le niveau minimal des Ă©changes commerciaux avec le BĂ©larus, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit aucune demande de permis en ce qui concerne les modifications.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ni à un engagement dans le cadre d’un mécanisme officiel de coopération en matière de réglementation, elles sont harmonisées avec les mesures prises par les gouvernements partenaires internationaux du Canada. Les sanctions sont plus efficaces lorsqu’elles sont appliquées de manière coordonnée.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que les modifications aient des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique (Directive EEES), une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale et économique stratégique n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le sujet des sanctions économiques a déjà fait l’objet d’une analyse des effets sur le genre et la diversité dans le passé. Bien qu’elles visent à faciliter un changement de comportement en exerçant une pression économique sur des particuliers et des entités dans des États étrangers, les sanctions prévues par la LMES peuvent néanmoins avoir une incidence involontaire sur certains groupes et personnes vulnérables. Les sanctions ciblées n’auront pas d’effet sur le Bélarus dans son ensemble, mais plutôt sur des personnes soupçonnées de se livrer à des violations graves et systématiques des droits de la personne et des personnes soupçonnées de s’adonner à des activités qui, directement ou indirectement, soutiennent ou financent une violation de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ou y contribuent. Par conséquent, il est peu probable que ces sanctions aient des répercussions importantes sur les groupes vulnérables, par rapport aux sanctions économiques traditionnelles à grande échelle visant un État.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

Du fait de leur inscription en vertu du Règlement, et conformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 35.1b) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, les particuliers inscrits seront interdits de territoire au Canada.

Les noms des entités et des particuliers inscrits seront accessibles en ligne pour que les institutions financières puissent en prendre connaissance et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement.

Le Service des délégués commerciaux du Ministère, à l’étranger et au Canada, continue d’aider les clients à comprendre la réglementation canadienne en matière de sanctions, et notamment l’incidence du Règlement sur toute activité à laquelle des Canadiens pourraient prendre part. Le Ministère intensifie également ses efforts de sensibilisation dans tout le Canada, notamment auprès des entreprises, des universités et des gouvernements provinciaux et territoriaux, afin d’améliorer à l’échelle nationale la connaissance et le respect des sanctions canadiennes.

Au titre de la LMES, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada peuvent imposer des sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, ainsi que par les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, quiconque contrevient volontairement au Règlement ou omet de s’y conformer encourt, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, une amende maximale de 25 000 $ et un emprisonnement maximal d’un an, ou l’une de ces peines; ou, par mise en accusation, un emprisonnement maximal de cinq ans.

Personne-ressource

Direction générale des sanctions (ISD)
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 1‑833‑352‑0769
TĂ©lĂ©phone (local) : 343‑203‑3975
TĂ©lĂ©copieur : 613‑995‑9085
Courriel : sanctions@international.gc.ca