DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : DORS/2025-13

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 4

Enregistrement
DORS/2025-13 Le 31 janvier 2025

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

C.P. 2025-55 Le 31 janvier 2025

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 6 mars 2021, le projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), conforme en substance au texte du DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) ci-après, et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations Ă  cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 90(1)rĂ©fĂ©rence c de cette loi, la gouverneure en conseil est convaincue que la substance visĂ©e par le dĂ©cret ci-après est toxique,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre de l’Environnement et du ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1)rĂ©fĂ©rence c de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Modification

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La substance 2,4,11,13-tĂ©traaza-1,3,12,14-tĂ©traiminotĂ©tradĂ©cane-1,14-diylbis(p-chlorophĂ©nylamine) (chlorhexidine) et ses sels ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE ou la Loi] en juin 2019. La chlorhexidine et ses sels satisfont au critère de toxicitĂ© pour l’environnement Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64a) de la LCPE. ConformĂ©ment au paragraphe 90(1) de la LCPE, dans sa version antĂ©rieure Ă  l’entrĂ©e en vigueur de la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ©, qui a reçu la sanction royale le 13 juin 2023, le ministre de l’Environnement et le ministre de la SantĂ© (les ministres) ont recommandĂ© Ă  la gouverneure en conseil de dĂ©crĂ©ter l’inscription de la chlorhexidine et ses sels Ă  l’annexe 1 de la Loi. En vertu du paragraphe 61(2) de la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ©, la prĂ©sente recommandation est rĂ©putĂ©e ĂŞtre une recommandation pour inscrire la chlorhexidine et ses sels Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPErĂ©fĂ©rence 1.

La chlorhexidine et ses sels comprennent notamment les quatre substances figurant dans le tableau 1 ci-dessous.

Tableau 1 : Chlorhexidine et ses sels
No CAS note a du tableau 1 Nom commun Nom sur la Liste intérieure note b du tableau 1 ou nom chimique
55-56-1 Chlorhexidine 2,4,11,13-tétraaza-1,3,12,14-tétraiminotétradécane-1,14-diylbis(p-chlorophénylamine) (chlorhexidine)
56-95-1 Diacétate de chlorhexidine Di(acétate) de chlorhexidine
3697-42-5 Dichlorhydrate de chlorhexidine Dichlorhydrate de N,N"-bis(4-chlorophényl)-3,12-diimino-2,4,11,13-tétraazatétradécanediimidamide
18472-51-0 Digluconate de chlorhexidine Acide D-gluconique, composé avec la N,N"-bis(4-chlorophényl)-3,12-diimino-2,4,11,13-tétraazatétradécanediamidine (2:1)

Note(s) du tableau 1

Note a du tableau 1

Le numéro d’enregistrement du Chemical Abstracts Service (no CAS) est la propriété de l’American Chemical Society. Toute utilisation ou redistribution, sauf lorsqu’elle est requise en vertu d’exigences réglementaires ou pour des rapports destinés au gouvernement du Canada et lorsque l’information et les rapports sont exigés en vertu de la loi ou d’une politique administrative, est interdite sans le consentement préalable écrit de l’American Chemical Society.

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Note b du tableau 1

La Liste intérieure du Canada est un inventaire des substances présentes sur le marché canadien.

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Contexte

Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santé

Le 13 juin 2023, la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ© a reçu la sanction royale. Elle a modifiĂ© plusieurs dispositions de la LCPE et, pour cette raison, certaines dispositions mentionnĂ©es tout au long du document ont depuis Ă©tĂ© abrogĂ©es ou remplacĂ©es et ne sont plus en vigueur. En ce qui concerne les substances inscrites Ă  l’annexe 1 de la LCPE, l’annexe 1 a Ă©tĂ© divisĂ©e en deux parties. Les ministres doivent classer par ordre de prioritĂ© les substances toxiques inscrites Ă  la partie 1 en vue d’une interdiction totale, partielle ou conditionnelle des activitĂ©s liĂ©es Ă  ces substances lors de la gestion des risques qu’elles impliquent. Les ministres doivent classer par ordre de prioritĂ© les substances toxiques inscrites Ă  la partie 2 en vue de l’application de mesures de prĂ©vention de la pollution, qui peuvent inclure une interdiction totale, partielle ou conditionnelle, lors de la gestion des risques qu’elles impliquent. Cette loi prĂ©voit des dispositions transitoires en vertu des paragraphes 60(1), (2) et 61(1), (2) pour dĂ©terminer si les substances Ă©valuĂ©es avant cette loi satisfont aux critères d’inscription Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE.

Plan de gestion des produits chimiques

Le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC) est un programme fĂ©dĂ©ral qui vise Ă  Ă©valuer et Ă  gĂ©rer les substances chimiques et les organismes vivants potentiellement nocifs pour l’environnement ou la santĂ© humaine. Dans le cadre du PGPC, les ministres ont Ă©valuĂ© la chlorhexidine et ses sels en vertu des articles 68 et 74 de la LCPE dans sa version antĂ©rieure Ă  l’entrĂ©e en vigueur de la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ©.

Description, utilisations et sources de rejet

La chlorhexidine et ses sels ne sont pas prĂ©sents naturellement dans l’environnement. Les enquĂŞtes obligatoires publiĂ©es en vertu de l’article 71 de la LCPErĂ©fĂ©rence 2 qui portaient sur la chlorhexidine (annĂ©e de dĂ©claration 2011), le diacĂ©tate de chlorhexidine (annĂ©es de dĂ©claration 2005, 2006 et 2011), le digluconate de chlorhexidine (annĂ©e de dĂ©claration 2011) et le dichlorhydrate de chlorhexidine (annĂ©e de dĂ©claration 2015), de mĂŞme que les renseignements volontairement fournis en 2013 sur le dichlorhydrate de chlorhexidine, indiquent que ces substances n’ont pas Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es comme Ă©tant fabriquĂ©es au Canada en quantitĂ©s supĂ©rieures au seuil de dĂ©claration de 100 kilogrammes (kg), bien qu’elles aient Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es ĂŞtre importĂ©es dans les quantitĂ©s suivantes, par annĂ©e :

Au Canada, la chlorhexidine et ses sels sont utilisés comme antiseptiques à large spectre, désinfectants pour les mains, désinfectants pour surfaces dures et agents de conservation antimicrobiens dans des produits tels que les cosmétiques, les produits de santé naturels, et les médicaments d’ordonnance et en vente libre à usage humain ou vétérinaire. Toutefois, leur usage dans les désinfectants pour les mains et pour surfaces dures qui sont présentés comme permettant de lutter contre la COVID-19 n’est pas l’utilisation principale prévue.

La quantité de chlorhexidine et de ses sels importée au Canada, ainsi que les renseignements sur leurs utilisations, indique un potentiel de rejets périodiques et continus dans l’environnement canadien. Les rejets de ces substances proviennent de l’utilisation par les consommateurs et de la formulation des produits à base de chlorhexidine, et se produisent principalement par les eaux usées municipales et industrielles, car les technologies de traitement ne peuvent éliminer que partiellement la chlorhexidine. Les sels de chlorhexidine se dissocient dans l’eau pour libérer la chlorhexidine, la partie suscitant des préoccupations sur le plan toxicologique. En milieu aquatique, la chlorhexidine aura une affinité pour les solides dissous et en suspension ainsi que les sédiments du fond. Elle peut également être libérée dans le sol par l’épandage de biosolides provenant de systèmes de traitement des eaux usées (STEU)référence 3 sur des terres agricoles et des pâturages.

Activités actuelles de gestion des risques

Niveau national

Le transport des substances à base de chlorhexidine est assujetti à la Loi de 1992 sur le transport des marchandises dangereuses et au Règlement sur le transport des marchandises dangereuses ainsi qu’au Règlement sur l’exportation et l’importation de déchets dangereux et de matières recyclables dangereuses et au Règlement sur les mouvements interprovinciaux des déchets dangereux. Il existe également plusieurs instruments réglementaires et non réglementaires pris en application de la Loi sur les aliments et drogues, administrés par le ministère de la Santé, qui visent à limiter la présence de chlorhexidine et de ses sels dans les cosmétiques, les produits de santé naturels et les médicaments en vente libre.

Niveau international

Il n’existe aucune mesure connue de gestion des risques à l’échelle internationale pour contrôler les rejets de chlorhexidine et de ses sels dans l’environnement. Cependant, la United States Environmental Protection Agency a rendu une décision d’admissibilité à la réhomologation du diacétate de chlorhexidine en tant qu’ingrédient actif de pesticides en 1996, et la substance, ainsi que le digluconate de chlorhexidine, fait l’objet d’un examen de réhomologation depuis 2011.

En dĂ©cembre 2017, le SecrĂ©tariat amĂ©ricain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (la Food and Drug Administration des États-Unis) a publiĂ© un règlement final sur les antiseptiques en vente libre associĂ©s aux soins de santĂ©, ce qui comprend le digluconate de chlorhexidine utilisĂ© dans des produits antiseptiques en vente libre destinĂ©s aux professionnels de la santĂ© travaillant en milieu hospitalier ou dans d’autres contextes de soins hors des hĂ´pitaux. Depuis le 20 dĂ©cembre 2018, les entreprises ne peuvent plus commercialiser les antiseptiques associĂ©s aux soins de santĂ© (c’est-Ă -dire les produits antiseptiques de prĂ©paration de la peau des patients, les nettoyants et dĂ©sinfectants pour les mains du personnel soignant, les nettoyants et dĂ©sinfectants chirurgicaux pour les mains) contenant du digluconate de chlorhexidine, sans avoir obtenu au prĂ©alable l’approbation de ces produits en tant que nouveaux mĂ©dicaments.

La chlorhexidine et son digluconate sont également inscrits en vertu du règlement sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et la restriction des substances chimiques (REACH) de l’Union européenne. Ce règlement vise à renforcer la protection de la santé humaine et de l’environnement par la détermination précoce et améliorée des propriétés intrinsèques des substances chimiques. L’inscription d’une substance en vertu de ce règlement signifie que des entreprises ont soumis de l’information sur les dangers et l’évaluation des risques à l’Agence européenne des produits chimiques.

Résumé de l’évaluation préalable

Le 29 juin 2019, les ministres ont publiĂ© une Ă©valuation prĂ©alable de la chlorhexidine et de ses sels sur le site Web Canada.ca (page dĂ©diĂ©e aux substances chimiques) au titre du paragraphe 77(6). L’évaluation prĂ©alable a permis de dĂ©terminer si ces substances satisfont Ă  un ou plusieurs des critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s Ă  l’article 64 de la LCPE.

En vertu de l’article 64 de la LCPE, une substance est considĂ©rĂ©e comme toxique si elle pĂ©nètre ou peut pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature Ă  :

Le ministère de l’Environnement et le ministère de la SantĂ© (les ministères) ont recueilli et pris en compte des donnĂ©es provenant de sources multiples (par exemple des analyses de la littĂ©rature scientifique, des recherches dans des bases de donnĂ©es internes et externes, des modĂ©lisations, des enquĂŞtes obligatoires publiĂ©es en vertu de l’article 71 de la LCPE, et, lorsque cela Ă©tait justifiĂ©, des suivis ciblĂ©s auprès des parties intĂ©ressĂ©es) pour rĂ©diger la conclusion de l’évaluation prĂ©alable. Les parties de cette Ă©valuation consacrĂ©es aux risques pour l’environnement et la santĂ© humaine ont fait l’objet d’un examen externe par des pairs et de consultations auprès d’universitaires et d’autres parties prenantes concernĂ©es.

L’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que la chlorhexidine et ses sels satisfont au critère de toxicitĂ© pour l’environnement Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64a) de la LCPE et prĂ©sentent donc un risque pour l’environnement au Canada. Les Ă©valuations des risques pour l’environnement et la santĂ© humaine sont rĂ©sumĂ©es ci-dessous.

Résumé de l’évaluation environnementale

L’évaluation environnementale a montré que la chlorhexidine et ses sels, à des concentrations faibles, ont le potentiel de causer des effets nocifs, tels qu’une réduction de la croissance et une hausse de la mortalité chez les organismes aquatiques et benthiques, les algues étant particulièrement sensibles aux effets de la chlorhexidine. Les études disponibles sur la chlorhexidine indiquent que cette substance présente un faible potentiel de bioaccumulation dans les organismes aquatiques, mais qu’elle tend à persister dans l’eau, les sédiments et le sol, ce qui peut donner lieu à des expositions prolongées à la chlorhexidine à la fois près et loin des points de rejet dans l’environnement.

Puisque cette évaluation n’a relevé aucune donnée sur les concentrations mesurées de chlorhexidine dans les milieux naturels au Canada, les concentrations dans l’environnement ont été estimées à partir des données limitées recueillies dans le cadre du contrôle et de la surveillance de certains STEU et des renseignements disponibles sur les quantités de chlorhexidine et de ses sels qui sont importées et consommées au Canada. L’évaluation de l’exposition s’axait sur les rejets de chlorhexidine et de ses sels provenant de la formulation industrielle de produits à base de chlorhexidine et les rejets dans les égouts découlant de l’utilisation de ces produits par les consommateurs. Pour déterminer si ces scénarios peuvent poser un risque environnemental, un quotient de risque a été calculé comme le rapport entre les concentrations environnementales estimées (CEE) pour ces substances et les concentrations estimées sans effet (CESE). Lorsque les valeurs de CEE sont supérieures aux valeurs de CESE, il existe un risque d’effets nocifs pour l’environnement. Les résultats de cette analyse indiquent qu’aux niveaux d’utilisation actuels, la chlorhexidine et ses sels posent un risque pour les organismes aquatiques et benthiques lorsqu’ils sont rejetés dans le cadre d’une utilisation industrielle, mais pas dans le cadre de l’utilisation de produits les contenant (rejets dans les égouts).

L’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que la chlorhexidine et ses sels satisfont au critère de toxicitĂ© pour l’environnement Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64a) de la LCPE. L’évaluation a Ă©galement permis de dĂ©terminer que la partie chlorhexidine satisfait aux critères de persistance, mais non aux critères de bioaccumulation tels qu’ils sont Ă©noncĂ©s dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation pris en application de la LCPE.

Résumé de l’évaluation des risques pour la santé humaine

Aucune donnée probante de cancérogénicitéréférence 4 ou de génotoxicitéréférence 5 n’a été observée dans les données empiriques disponibles pour la chlorhexidine et ses sels. Par conséquent, la caractérisation des risques dans l’évaluation préalable a été fondée sur des effets non cancéreux.

Aucune exposition par voie alimentaire n’est attendue de l’utilisation de digluconate de chlorhexidine et de diacĂ©tate de chlorhexidine comme composants dans les additifs indirects (par exemple les produits de nettoyage) employĂ©s dans les Ă©tablissements de transformation des aliments. L’exposition Ă  la chlorhexidine par la consommation d’eau potable potentiellement contaminĂ©e est estimĂ©e nĂ©gligeable. Par consĂ©quent, le risque pour la santĂ© humaine liĂ© Ă  la consommation d’eau potable est considĂ©rĂ© comme faible aux niveaux d’exposition actuels.

L’exposition de la population générale à la chlorhexidine et à ses sels est principalement due à l’utilisation de cosmétiques et de produits de santé naturels appliqués sur la peau. Pour les cosmétiques et les produits de santé naturels utilisés quotidiennement ou irrégulièrement, les comparaisons des valeurs estimatives de l’exposition par voie cutanée avec le niveau d’effet critiqueréférence 6 ont montré que le risque pour la santé humaine découlant de l’utilisation de ces produits est considéré comme faible. Bien que l’utilisation concomitante ou consécutive de produits contenant de la chlorhexidine et ses sels soit possible, l’exposition simultanée à plusieurs produits contenant ces substances ne serait pas préoccupante étant donné la nature prudente de ce scénario d’exposition et la très faible absorption cutanée de la chlorhexidine qui a été observée expérimentalement.

L’exposition à la chlorhexidine et à ses sels peut également se produire par voie orale en raison de l’utilisation d’un nombre limité de cosmétiques tels que les rouges à lèvres et les baumes pour les lèvres ainsi que de produits de santé naturels comme les rince-bouches. Compte tenu du nombre limité de produits disponibles et de la faible part de marché de ces produits, l’exposition par la bouche à ces substances est limitée chez la population générale. L’évaluation a conclu que le risque pour la santé humaine découlant de l’exposition par voie orale aux rouges à lèvres, aux baumes pour les lèvres et aux rince-bouches devrait être faible aux niveaux d’exposition actuels.

Puisque les risques pour la santĂ© humaine associĂ©s Ă  la chlorhexidine et Ă  ses sels sont considĂ©rĂ©s comme faibles aux niveaux d’exposition actuels, l’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que ces substances ne satisfont pas au critère de toxicitĂ© pour la santĂ© humaine Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64c) de la LCPE.

Objectif

L’objectif du DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [le DĂ©cret] est de permettre aux ministres de proposer des instruments de gestion des risques pour une substance toxique en vertu de la Loi qui privilĂ©gient les mesures de prĂ©vention de la pollution, lesquelles peuvent comprendre des interdictions, lors de la gestion des risques environnementaux potentiels associĂ©s Ă  la substance.

Description

Le DĂ©cret inscrit la substance 2,4,11,13-tĂ©traaza-1,3,12,14-tĂ©traiminotĂ©tradĂ©cane-1,14-diylbis(p-chlorophĂ©nylamine) (chlorhexidine) et ses sels Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 19 aoĂ»t 2017, les ministres ont publiĂ© un avis accompagnĂ© d’un rĂ©sumĂ© de l’ébauche de l’évaluation prĂ©alable de la chlorhexidine et de ses sels (qui comprenait un lien vers le rapport complet de l’ébauche de l’évaluation prĂ©alable) dans la Partie I de la Gazette du Canada, et ce, pour une consultation publique de 60 jours. Cet avis indiquait Ă©galement la publication d’un cadre de gestion des risques de la chlorhexidine et de ses sels afin d’entamer des discussions avec les parties prenantes sur l’élaboration de mesures de gestion des risques Ă  la suite de l’inscription de ces substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE. Durant la pĂ©riode de consultation, quatre parties prenantes ont fait part de leurs commentaires sur l’ébauche de l’évaluation prĂ©alable. Un tableau rĂ©sumant tous les commentaires reçus et les rĂ©ponses Ă  ces commentaires est disponible sur le site Web Canada.ca (page dĂ©diĂ©e aux substances chimiques).

Des intervenants de l’industrie ont fourni des renseignements sur l’utilisation et les sources de rejet de ces substances. Ils ont Ă©galement fait des commentaires sur les pratiques actuelles de gestion des risques liĂ©s Ă  la chlorhexidine dans leurs activitĂ©s commerciales respectives. Les reprĂ©sentants du gouvernement ont pris acte de tous les renseignements fournis par les parties prenantes. Ces commentaires concordaient gĂ©nĂ©ralement avec l’information dĂ©jĂ  prise en compte dans l’évaluation prĂ©alable. Les intervenants ont Ă©galement soulignĂ© que certains aspects de la caractĂ©risation des risques pourraient ĂŞtre rĂ©visĂ©s afin de minimiser l’incertitude ou le prĂ©jugĂ© des rĂ©sultats dans l’évaluation prĂ©alable. Les reprĂ©sentants du gouvernement ont rĂ©pondu en justifiant les choix mĂ©thodologiques ou les donnĂ©es prĂ©sentĂ©es dans l’évaluation prĂ©alable. Ces commentaires ont Ă©tĂ© pris en compte dans l’élaboration de la version finale de l’évaluation prĂ©alable, publiĂ©e le 29 juin 2019, mais n’ont pas entraĂ®nĂ© de modification de la conclusion selon laquelle la chlorhexidine et ses sels satisfont au critère de toxicitĂ© Ă©noncĂ© Ă  l’alinĂ©a 64a) de la LCPE.

Le 29 juin 2019, les ministres ont Ă©galement publiĂ© un document sur l’approche de la gestion des risques sur le site Web Canada.ca (page dĂ©diĂ©e aux substances chimiques) afin de poursuivre les discussions avec les parties prenantes sur les mesures proposĂ©es pour la gestion des risques associĂ©s Ă  la chlorhexidine et Ă  ses sels, dont la mise en Ĺ“uvre d’un code de pratique et d’une entente sur la performance environnementale visant Ă  rĂ©duire les rejets dans l’environnement provenant de l’utilisation industrielle de ces substances.

Le 6 mars 2021, le projet de dĂ©cret recommandant l’inscription de la chlorhexidine et de ses sels Ă  l’annexe 1 de la LCPE a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada suivi d’une consultation publique de 60 jours. Durant cette pĂ©riode, une partie prenante (un particulier) a fait part de ses commentaires, qui soutenaient l’inscription des substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE.

Les ministères ont informé les gouvernements provinciaux et territoriaux de toutes les publications par l’entremise du Comité consultatif national de la LCPEréférence 7, par courrier, et leur ont donné l’occasion de faire part de leurs commentaires. Le Comité n’a soumis aucun commentaire.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une Ă©valuation des rĂ©percussions sur les traitĂ©s modernes effectuĂ©e conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale de la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes a permis de conclure que les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE n’imposaient aucune nouvelle exigence rĂ©glementaire et n’avaient donc aucune incidence sur les droits ou obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes. Par consĂ©quent, il n’y a pas eu de mobilisation ni de consultations particulières des peuples autochtones. Toutefois, la pĂ©riode de consultation prĂ©alable Ă  la publication est l’occasion pour les peuples autochtones et l’ensemble de la population canadienne de faire part de leurs commentaires sur le projet de dĂ©cret.

Choix de l’instrument

Ă€ la suite d’une Ă©valuation rĂ©alisĂ©e en vertu de l’article 68 de la Loi, la publication de la conclusion de l’évaluation en vertu de l’article 77 de la Loi doit proposer l’une des mesures suivantes :

Les substances toxiques qui prĂ©sentent le risque le plus Ă©levĂ© sont inscrites Ă  la partie 1 de l’annexe 1. Elles sont classĂ©es par ordre de prioritĂ© en vue d’une interdiction totale, partielle ou conditionnelle. Les autres substances toxiques sont inscrites Ă  la partie 2 de l’annexe 1 et sont classĂ©es par ordre de prioritĂ© en vue de l’application de mesures de prĂ©vention de la pollution, qui peuvent inclure une interdiction totale, partielle ou conditionnelle. Jusqu’à la mise en place d’une rĂ©glementation prĂ©cisant les critères de classification des substances qui prĂ©sentent le risque le plus Ă©levĂ© ou qui sont carcinogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, les substances toxiques qui satisfont aux critères du Règlement sur la persistance et la bioaccumulation (le Règlement) en vigueur seront inscrites Ă  la partie 1 de l’annexe 1. Si des critères supplĂ©mentaires sont prĂ©cisĂ©s dans la rĂ©glementation, certaines substances dont l’inscription Ă  la partie 2 de l’annexe 1 Ă©tait envisagĂ©e au dĂ©part pourraient finalement ĂŞtre inscrites Ă  la partie 1 de l’annexe 1. Étant donnĂ© que la chlorhexidine et ses sels ne rĂ©pondent pas aux critères Ă©noncĂ©s dans le Règlement, ils sont inscrits Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’inscription de la chlorhexidine et de ses sels Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE n’impose pas en soi d’exigences rĂ©glementaires aux entreprises et n’entraĂ®ne donc pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires de mise en conformitĂ© pour les parties prenantes ou de coĂ»ts d’application de la loi pour le gouvernement du Canada. Le DĂ©cret accorde aux ministres le pouvoir d’élaborer des instruments de gestion des risques associĂ©s Ă  ces substances en vertu de la LCPE. Le gouvernement du Canada consultera les parties prenantes au sujet de toute mesure future de gestion des risques de la chlorhexidine et de ses sels avant sa mise en Ĺ“uvre et examinera ses impacts Ă©ventuelsrĂ©fĂ©rence 8.

Lentille des petites entreprises

Une analyse de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le Décret n’aura aucune incidence sur les petites entreprises canadiennes, car il n’impose aucun coût administratif ou de mise en conformité aux entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car le DĂ©cret ne modifie pas le fardeau administratif imposĂ© aux entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Canada coopère avec d’autres organisations internationales et organismes de réglementation en matière de gestion des produits chimiques (par exemple l’Environmental Protection Agency [EPA] des États-Unis, l’Agence européenne des produits chimiques et l’Organisation de coopération et de développement économiques). La chlorhexidine et ses sels ne figurent dans aucun accord multilatéral dont le Canada est signataire. Bien que le Décret ne soit pas lui-même lié à des obligations ou accords internationaux, il permet aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques qui pourraient s’aligner sur celles mises en œuvre par d’autres administrations.

Effets sur l’environnement

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et Ă©conomique stratĂ©gique, une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e dans le cadre du PGPC et des dĂ©crets d’inscription de substances Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE. L’évaluation a permis de conclure que le PGPC devrait avoir un effet positif sur l’environnement et la santĂ© humaine.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le Décret n’a aucune incidence en matière d’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+).

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Comme aucune mesure précise de gestion des risques n’est recommandée dans le cadre du Décret, l’élaboration d’un plan de mise en œuvre et d’une stratégie de mise en conformité et d’application ainsi que l’établissement de normes de service ne sont pas nécessaires pour le moment.

Personnes-ressources

Thomas Kruidenier
Directeur exécutif
Division de la priorisation, de l’évaluation et de la coordination des substances
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information sur la gestion des substances :
1‑800‑567‑1999 (sans frais au Canada)
819‑938‑3232 (Ă  l’étranger)
Courriel : substances@ec.gc.ca

Andrew Beck
Directeur
Bureau de la gestion du risque
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
TĂ©lĂ©phone : 613‑266‑3591
Courriel : andrew.beck@hc-sc.gc.ca