DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) : DORS/2024-275

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 1

Enregistrement
DORS/2024-275 Le 16 dĂ©cembre 2024

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

C.P. 2024-1331 Le 16 dĂ©cembre 2024

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 26 juin 2021, le projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), conforme en substance au texte du DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne de protection de l’environnement (1999) ci-après, et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations Ă  cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 90(1)rĂ©fĂ©rence c de cette loi, la gouverneure en conseil est convaincue que la substance visĂ©e par le dĂ©cret ci-après est toxique,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre de l’Environnement et du ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Modification

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) rĂ©fĂ©rence b est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Les goudrons de houille et leurs distillats (dĂ©signĂ©s « substances Ă  base de goudron de houille Â») ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (LCPE ou « la Loi Â») le 26 juin 2021. Les substances Ă  base de goudron de houille satisfont aux critères de toxicitĂ© pour l’environnement et la santĂ© humaine Ă©noncĂ©s aux alinĂ©as 64a) et 64c) de la Loi. ConformĂ©ment au paragraphe 90(1) de la LCPE, dans sa version antĂ©rieure Ă  l’entrĂ©e en vigueur de la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ©, qui a reçu la sanction royale le 13 juin 2023, le ministre de l’Environnement et le ministre de la SantĂ© (les ministres) ont recommandĂ© Ă  la gouverneure en conseil de dĂ©crĂ©ter l’inscription des goudrons de houille et leurs distillats Ă  l’annexe 1 de la Loi (Liste des substances toxiques). En vertu du paragraphe 61(2) de la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ©, la prĂ©sente recommandation est rĂ©putĂ©e ĂŞtre une recommandation pour inscrire les goudrons de houille et leurs distillats Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPErĂ©fĂ©rence 1.

Contexte

Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santé

Le 13 juin 2023, la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ© a reçu la sanction royale. Cette Loi a permis de modifier plusieurs dispositions de la LCPE et, pour cette raison, certaines dispositions mentionnĂ©es tout au long du prĂ©sent document ont depuis Ă©tĂ© abrogĂ©es ou remplacĂ©es et ne sont plus en vigueur. En ce qui concerne les ajouts de substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE, l’annexe 1 a Ă©tĂ© divisĂ©e en deux parties. L’inscription de substances toxiques Ă  la partie 1 exige qu’en gĂ©rant les risques posĂ©s par lesdites substances, les ministres donnent prioritĂ© Ă  l’interdiction totale, partielle ou conditionnelle des activitĂ©s liĂ©es Ă  ces substances. Quant Ă  l’inscription de substances toxiques Ă  la partie 2 de l’annexe 1, elle exige qu’en gĂ©rant les risques posĂ©s par lesdites substances, les ministres donnent prioritĂ© aux mesures de prĂ©vention de la pollution, qui peuvent inclure une interdiction totale, partielle ou conditionnelle. La prĂ©sente Loi prĂ©voit, aux paragraphes 60(1), (2) et 61(1), (2), des dispositions transitoires visant Ă  dĂ©terminer si les substances Ă©valuĂ©es avant la prĂ©sente Loi rĂ©pondent aux critères d’inscription Ă  la partie 1 ou Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la LCPE.

Plan de gestion des produits chimiques

Le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC) est un programme fĂ©dĂ©ral qui vise Ă  Ă©valuer et gĂ©rer les substances chimiques et organismes vivants potentiellement nocifs pour l’environnement ou la santĂ© humaine. Dans le cadre du PGPC, les ministres ont Ă©valuĂ© les substances Ă  base de goudron de houille conformĂ©ment aux articles 68 et 74 de la Loi dans sa version antĂ©rieure Ă  l’entrĂ©e en vigueur de la Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santĂ©.

Substances Ă  base de goudron de houille : description, production, utilisations et sources de rejet et d’exposition

Description

Les goudrons de houille et leurs distillats ne sont pas naturellement prĂ©sents dans l’environnement, et lorsqu’ils le sont, il s’agit du rĂ©sultat d’une activitĂ© humaine. Les goudrons de houille sont des liquides ou des semi-solides presque noirs plus lourds que l’eau, lĂ©gèrement alcalins, et ayant une odeur caractĂ©ristique s’apparentant Ă  celle du naphtalène (comme les boules Ă  mites). Ils ne sont que lĂ©gèrement solubles dans l’eau. Les goudrons de houille peuvent subir une distillation qui donne diverses fractions appelĂ©es distillats. Bien que la composition chimique absolue des goudrons de houille et de leurs distillats ne soit pas connue, un mĂ©lange typique peut comporter jusqu’à 10 000 composĂ©s chimiques et la composition varie considĂ©rablement selon les facteurs liĂ©s Ă  la production, comme le type de goudron, les tempĂ©ratures utilisĂ©es et les changements qui surviennent durant le procĂ©dĂ© de distillationrĂ©fĂ©rence 2. Les goudrons de houille et leurs distillats sont des mĂ©langes complexes composĂ©s d’hydrocarbures (principalement aromatiques), de composĂ©s phĂ©noliques et de composĂ©s hĂ©tĂ©rocycliques contenant de l’oxygène, du soufre ou de l’azote, qui contiennent un nombre important et variable de composants chimiques (dont certains sont inconnus). C’est pourquoi les substances Ă  base de goudron de houille sont considĂ©rĂ©es comme des substances de « composition inconnue ou variable, des produits de rĂ©action complexe ou des matières biologiques Â» (ou UVCB) qui n’ont pas de formule ou de structure chimique propre Ă  l’opposĂ© des « substances dĂ©finies Â» qui sont reprĂ©sentĂ©es par une seule formule ou structure chimique.

Production

Au Canada, les goudrons de houille sont un sous-produit des activitĂ©s de fabrication de coke dans quatre aciĂ©ries intĂ©grĂ©es situĂ©es en Ontario. Les goudrons de houille sont des produits de condensation obtenus par refroidissement jusqu’à environ la tempĂ©rature ambiante, du gaz produit par la distillation du goudron pendant son utilisation comme matière première dans les activitĂ©s de fabrication de coke. Le coke est un combustible solide fabriquĂ© en chauffant le goudron en absence d’air pour que les composants volatils se libèrent. Il est utilisĂ© dans les hauts fourneaux pour transformer le minerai de fer en fer, lequel peut ĂŞtre raffinĂ© pour produire de l’acier. Les goudrons de houille produits au Canada sont classĂ©s comme goudron de houille (no CASrĂ©fĂ©rence 3 8007-45-2) ou goudron de houille de haute tempĂ©rature (no CAS 65996-89-6), mais pas comme goudron de houille de basse tempĂ©rature (no CAS 65996-90-9). En effet, les goudrons de houille produits au Canada proviennent d’activitĂ©s de fabrication de coke ayant lieu Ă  des tempĂ©ratures bien supĂ©rieures Ă  700 degrĂ©s Celsius, soit le seuil entre les goudrons de houille de haute tempĂ©rature et ceux de basse tempĂ©rature.

Le goudron de houille de haute tempĂ©rature est utilisĂ© comme matière première pour produire des distillats de goudron de houille dans la seule raffinerie de goudron de houille au Canada, Ă©galement situĂ©e en Ontario. Les distillats de goudron de houille produits au Canada comprennent notamment les huiles de goudron de houille (No CAS 65996-82-9), les distillats supĂ©rieurs de goudron de houille (NCAS 65996-91-2) et le brai de goudron de houille de haute tempĂ©rature (NCAS 50-93-0), ce qui devrait reprĂ©senter environ 50 % du goudron de houille total distillĂ© annuellement au CanadarĂ©fĂ©rence 4.

D’après la prĂ©sentation intitulĂ©e MarchĂ©s du brai de goudron de houille en Europe et en AmĂ©rique du Nord (Sutton 2008), on a estimĂ© la production du Canada Ă  146 kilotonnesrĂ©fĂ©rence 5 (kt) de goudrons de houille et Ă  165 kt de distillats de goudron de houille en 2007rĂ©fĂ©rence 6. La production de goudrons de houille et de distillats de goudron de houille pour les annĂ©es plus rĂ©centes n’a pas Ă©tĂ© identifiĂ©e.

Utilisations

Le ministère de la SantĂ© et le ministère de l’Environnement (les ministères) ont menĂ© une enquĂŞte obligatoire en vertu de l’article 71 de la LoirĂ©fĂ©rence 14 sur les goudrons de houille et leurs distillats (annĂ©e de dĂ©claration 2011) afin d’obtenir des renseignements sur la fabrication et l’importation de distillats de goudron de houille au Canada. Selon l’industrie, la fabrication et l’importation d’huiles de goudron de houille se situaient dans une plage de 100 kt Ă  1 000 kt et les importations de distillats supĂ©rieurs de goudron de houille variaient entre 1 kt et 100 kt. On ne s’attend pas Ă  ce que les renseignements dĂ©clarĂ©s aient changĂ© de façon considĂ©rable depuis 2011. Le tableau 1 prĂ©sente un rĂ©sumĂ© de la description et des utilisations de certains distillats de goudron de houille au Canada.

Tableau 1 : Résumé de la description et des utilisations de certains distillats de goudron de houille au Canada
Nom commun Description et utilisations
Brai de goudron de houille Liquide noir épais principalement utilisé dans l’industrie de l’aluminium comme liant des anodes servant à fabriquer l’aluminium liquide. Il sert aussi de base pour les revêtements et la peinture, pour les toitures et le pavage, et comme liant pour les produits d’asphalte. Il peut également être utilisé comme adhésif ou liant dans les pigeons d’argile et les briquettes, pour renforcer et imprégner des composés réfractaires utilisés pour le revêtement des fours industriels, les produits d’étanchéité pour pavage et les revêtements époxy utilisés dans les applications industrielles.
Noir de carbone Fine poudre noire utilisée principalement comme agent de remplissage et de renforcement dans les pneus et autres produits en caoutchouc. Dans les plastiques, les peintures et les encres, il est utilisé comme pigment.
Créosote Huile brun foncé utilisée comme agent de conservation du bois.
Pétrole Ces huiles (huile légère, huile carbolique, huile de naphtalène, huile de rinçage, huile d’anthracène, huile de base, huile de brai de goudron de houille et huile aromatique lourde) sont principalement utilisées comme matières premières pour les procédés industriels.
Naphtalène brut Solide cristallin blanc ayant une odeur caractéristique, utilisée comme ingrédient principal dans les boules à mites et comme matière première pour la fabrication de produits chimiques.
Goudron de houille Ingrédient actif de médicaments à usage vétérinaire ou humain, principalement sous forme de shampooings pour traiter des affections cutanées comme le psoriasis, l’eczéma et la dermatite séborrhéique.
Sources de rejet et d’exposition

En fonction la production, la fabrication, l’importation et l’utilisation prévues de substances à base de goudron de houille au Canada, les goudrons de houille et leurs distillats peuvent être rejetés dans l’environnement (air, eau et sol) en raison d’activités industrielles liées à leur production, à leur transport et à leur entreposage, ainsi que durant l’utilisation et l’élimination des produits de consommation et industriels qui en contiennent (par exemple produits d’étanchéité à base de goudron de houille pour pavés et toitures). Les personnes vivant près des quatre aciéries intégrées et de la raffinerie de goudron de houille, ainsi les consommateurs qui utilisent des produits qui contiennent ces substances, risquent d’être davantage exposés aux rejets de substances à base de goudron de houille dans l’air. Des dépôts ultérieurs sur le sol et rejetés dans l’eau (par l’entremise du réseau d’égouts) provenant des émissions atmosphériques de ces installations industrielles peuvent également se produire. Les substances à base de goudron de houille peuvent être libérées dans le sol et rejetées dans l’eau à la suite de l’application ou de l’utilisation de produits d’étanchéité pour pavage à base de goudron de houille dans les entrées de garage des résidences et les stationnements commerciaux et de produits d’étanchéité pour toiture.

Activités de gestion des risques au Canada

Gouvernement fédéral

L’utilisation du goudron de houille comme ingrédient actif dans les médicaments à usage humain et vétérinaire, principalement sous la forme de shampooings utilisés pour traiter les affections de la peau, figure dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada et est donc réglementée par la Loi sur les aliments et drogues (LAD). Selon la LAD, les goudrons de houille (bruts et raffinés) sont décrits dans la Liste critique des ingrédients de cosmétiques comme des ingrédients interdits dans les produits cosmétiques au Canada. Ces substances ne peuvent être vendues comme un produit de santé naturel et ne sont pas approuvées comme additifs alimentaires.

Il n’existe aucune mesure fĂ©dĂ©rale de gestion des risques associĂ©s Ă  l’utilisation ou au rejet de goudrons de houille et de leurs distillats pour les produits d’étanchĂ©itĂ© Ă  base de goudron de houille ou de goudron de houille raffinĂ© vendus comme produits de consommation. Toutefois, on a proposĂ© le Règlement sur certains produits contenant des substances toxiques le 18 novembre 2023 pour interdire la fabrication, l’importation et la vente de certains produits d’étanchĂ©itĂ© Ă  base de goudron de houille et de certains produits d’étanchĂ©itĂ© contenant des concentrations Ă©levĂ©es d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) afin de prĂ©venir les effets nocifs sur l’environnement et de permettre de rĂ©duire les risques d’effets nocifs sur la santĂ©. De plus, au niveau fĂ©dĂ©ral, il existe des mesures de gestion des risques visant Ă  gĂ©rer les rejets de polluants atmosphĂ©riques provenant des aciĂ©ries intĂ©grĂ©es, comme les HAP et le benzène, deux principaux composants des substances du goudron de houille. Ces mesures (par exemple avis de planification de la prĂ©vention de la pollution, codes de pratique et norme pancanadienne) ont entraĂ®nĂ© des rĂ©ductions substantielles des rejets de HAP et de benzène dans l’air attribuables aux aciĂ©ries intĂ©grĂ©es au Canada (par exemple en 2008, les Ă©missions de benzène avaient diminuĂ© d’environ 88 % par rapport aux niveaux de 1995).

Gouvernements provinciaux et territoriaux

Les produits d’étanchéité à base de goudron de houille vendus comme produits de consommation ne sont l’objet d’aucune mesure provinciale ou territoriale de gestion des risques associés aux rejets de substances à base de goudron de houille provenant de ces produits, que ce soit des mesures de prévention ou de contrôle. Toutefois, des mesures de gestion des risques sont en place en Ontario, où sont situées toutes les aciéries intégrées et la seule raffinerie de goudron de houille au Canada. Ces mesures visent à limiter l’exposition à des substances chimiques potentiellement nocives pour l’environnement et la santé humaine libérées par les installations industrielles et commerciales locales, dont les aciéries intégrées et la raffinerie de goudron de houille. Entre 2016 et 2017, la province a approuvé des normes propres au site pour le benzo[a]pyrène (a PAH) et le benzène s’appliquant aux quatre aciéries intégrées et à la raffinerie de goudron de houille. Ces normes devraient se traduire par des réductions importantes d’émissionsréférence 7.

Activités de gestion des risques d’autres pays

États-Unis (É.-U.)

En vertu de la Toxic Substances Control Act, le goudron de houille et ses distillats supérieurs sont assujettis à un règlement sur les nouvelles utilisations importantes. Cela exige le dépôt d’un avis de nouvelle utilisation importante auprès de l’Environmental Protection Agency (EPA) avant la fabrication, l’importation ou le traitement de l’une ou l’autre de ces substances chimiques à des fins d’utilisation. L’avis requis donne à l’EPA la possibilité d’évaluer l’utilisation prévue et, au besoin, d’interdire ou de limiter cette activité avant qu’elle ne se produise.

De plus, plusieurs règlements du National Emission Standards for Hazardous Air Pollutants program de la Clean Air Act pourraient Ă©galement s’appliquer Ă  la production de substances Ă  base de goudron de houille. Par exemple, les batteries de four Ă  coke utilisent du charbon pour produire du cokerĂ©fĂ©rence 8, et dans le cadre de ce programme, la norme pour l’enfourneuse/dĂ©fourneuse, l’extinction et l’assemblage des batteries de fours Ă  coke vise Ă  rĂ©duire les Ă©missions de polluants atmosphĂ©riques toxiques provenant de ces procĂ©dĂ©s ayant lieu dans le four Ă  coke. Un autre exemple est la norme sur les fuites d’équipement de raffinage du goudron de houille faisant partie de la norme pour l’industrie de la fabrication de produits chimiques organiques de synthèse (PDF).

Un nombre croissant d’États aux États-Unis réglementent ou interdisent l’utilisation des produits d’étanchéité pour pavage à base de goudron de houille. Au début de 2018, le Texas, le Wisconsin, l’État de New York, le Massachusetts, le District de Columbia, le Michigan, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, l’État de Washington, la Californie, le Kansas, l’Illinois, le Maryland, le Minnesota, le Connecticut et le Missouri avaient imposé des restrictions sur les produits d’étanchéité pour pavage à base de goudron de houille dans leur territoire.

Union européenne (UE)

Le brai de goudron de houille de haute tempĂ©rature est considĂ©rĂ© comme une substance très inquiĂ©tante dans l’UE et l’Agence europĂ©enne des produits chimiques a recommandĂ© l’inscription de la substance Ă  l’annexe XIV du Règlement sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables Ă  ces substances en 2017. Par consĂ©quent, il est interdit de commercialiser ou d’utiliser cette substance depuis octobre 2020, Ă  moins d’une autorisation ou d’une exemption.

Le Règlement sur la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances et des mĂ©langes a classĂ© le brai de goudron de houille de haute tempĂ©rature comme dangereux pour la santĂ© humaine dans la catĂ©gorie 1A — cancĂ©rogène (connu pour causer cet effet chez l’humain), dans la catĂ©gorie 1B — mutagène (soupçonnĂ© de causer cet effet chez l’humain), et dans la catĂ©gorie 1B — toxicitĂ© pour la reproduction (soupçonnĂ© de causer cet effet chez l’humain). Ces catĂ©gories sont associĂ©es Ă  des exigences en matière d’étiquetage, comme des mentions de danger et des mises en garde.

La directive europĂ©enne PrĂ©vention et rĂ©duction intĂ©grĂ©es de la pollution (directive IPPC 2008/1/EC) Ă©nonce des lignes directrices afin de minimiser la pollution provenant de diverses sources ponctuelles telles que les Ă©missions des rĂ©servoirs de stockage et Ă©tablit des documents de rĂ©fĂ©rence sur les meilleures techniques disponibles (MTD). La directive IPPC 2008/1/EC est le principal instrument de l’UE rĂ©gissant les Ă©missions de polluants provenant d’installations industrielles et exige que les MTD constituent une rĂ©fĂ©rence dans l’établissement des conditions de dĂ©livrance de permis (Commission europĂ©enne, 2010)rĂ©fĂ©rence 9.

Résumé de l’évaluation préalable

Le 26 juin 2021, les ministres ont publiĂ© une Ă©valuation prĂ©alable des goudrons de houille et de leurs distillats sur la page du site Web Canada.ca (substances chimiques). L’évaluation prĂ©alable a permis de dĂ©terminer si les goudrons de houille et leurs distillats satisfont Ă  un ou plusieurs des critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s Ă  l’article 64 de la LCPE.

En vertu de l’article 64 de la LCPE, une substance est considĂ©rĂ©e toxique si elle pĂ©nètre ou peut pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature Ă  :

Les ministères ont recueilli et pris en compte des donnĂ©es provenant de plusieurs sources (notamment des donnĂ©es de modĂ©lisation, d’un recensement des publications scientifiques, de recherches dans des bases de donnĂ©es internes et externes, d’enquĂŞtes obligatoires publiĂ©es en vertu de l’article 71 de la LCPE, et, lorsque cela Ă©tait justifiĂ©, de suivis ciblĂ©s auprès des parties intĂ©ressĂ©es) pour rĂ©diger la conclusion de l’évaluation prĂ©alable. Les parties de la prĂ©sente Ă©valuation prĂ©alable qui portent sur la santĂ© humaine et l’environnement ont fait l’objet d’un examen rĂ©digĂ© par des pairs ou d’une consultation de ces derniers. Des universitaires, des spĂ©cialistes en la matière, le ministère de l’Environnement de l’Ontario et d’autres intervenants pertinents ont formulĂ© des commentaires.

L’évaluation prĂ©liminaire des goudrons de houille et de leurs distillats a permis de conclure que les substances Ă  base de goudron de houille satisfont aux critères de toxicitĂ© pour l’environnement et la santĂ© humaine Ă©noncĂ©s aux alinĂ©as 64a) et c) de la Loi, et donc, peuvent avoir des effets nocifs sur l’environnement et constituer un risque pour la santĂ© humaine au Canada. Les considĂ©rations relatives aux Ă©valuations des risques pour l’environnement et la santĂ© humaine et le rĂ©sumĂ© de ces Ă©valuations figurent ci-dessous.

Considérations relatives aux évaluations

En tant qu’UVCB, les goudrons de houille et leurs distillats sont des mĂ©langes complexes qui contiennent un grand nombre de composants chimiques variables (dont certains sont inconnus), difficiles Ă  mesurer et qui peuvent ĂŞtre nocifs pour l’environnement et la santĂ© humaine. L’approche utilisĂ©e pour Ă©valuer ces UVCB Ă©tait de sĂ©lectionner des composants reprĂ©sentatifs pour des raisons pratiques, parce qu’il Ă©tait impossible de caractĂ©riser tous les composants de ces UVCB complexes. Les composants reprĂ©sentatifs sont gĂ©nĂ©ralement choisis en fonction de leur danger par rapport aux autres composants; leur contribution relative Ă  la composition globale de l’UVCB; et la quantitĂ© de donnĂ©es existantes Ă  leur sujet. IdĂ©alement, les composants reprĂ©sentatifs satisferont tous ces critères. D’après les donnĂ©es communiquĂ©es Ă  l’Inventaire national des rejets de polluants (INRP) par les installations de raffinage du goudron de houille et les renseignements existants sur la composition chimique des substances Ă  base de goudron de houille, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des composants du benzène qui devraient prĂ©senter les plus grandes prĂ©occupations pour l’environnement et la santĂ©, ont Ă©tĂ© choisis comme composants reprĂ©sentatifs pour Ă©valuer les risques d’exposition des Canadiens et de l’environnement aux goudrons de houille et Ă  leurs distillats.

Bien que les composants reprĂ©sentatifs Ă  risque Ă©levĂ© soient choisis pour l’analyse quantitative, comme les HAP et le benzène dans les substances Ă  base de goudron de houille, l’évaluation et sa conclusion sont basĂ©es sur les UVCB dans leur ensemble, lesquels comprennent d’autres composants chimiques. D’autres composants chimiques (par exemple hydrocarbures aromatiques monocycliques, composĂ©s phĂ©noliques et composĂ©s hĂ©tĂ©rocycliques) ont Ă©tĂ© relevĂ©s lors de l’évaluation comme pouvant contribuer Ă  la toxicitĂ© des substances Ă  base de goudron de houille pour l’environnement. Dans ce contexte, lorsque l’évaluation cerne un risque associĂ© Ă  l’exposition aux composants reprĂ©sentatifs (HAP et benzène), d’autres composants nocifs des substances Ă  base de goudron de houille ont le potentiel de contribuer Ă  des prĂ©occupations pour l’environnement ou la santĂ© humaine au Canada. Bien que les HAP et le benzène soient des substances toxiques figurant Ă  l’annexe 1 de la LoirĂ©fĂ©rence 10, en raison des caractĂ©ristiques des UVCB, il a Ă©tĂ© jugĂ© appropriĂ© d’ajouter les goudrons de houille et leurs distillats Ă  l’annexe 1 de la Loi afin de gĂ©rer les risques d’exposition aux substances Ă  base de goudron de houille. Vous trouverez ci-dessous de plus amples renseignements sur la toxicitĂ© des HAP, du benzène et d’autres composants des substances Ă  base de goudron de houille :

RĂ©sumĂ© de l’évaluation des risques pour l’environnement

Aux fins de l’évaluation des risques pour l’environnement, les HAP ont été choisis comme composants représentatifs permettant d’évaluer les risques potentiels associés au rejet de substances à base de goudron de houille dans l’environnement, qui comprend d’autres composants (par exemple composés autres que les HAP) susceptibles de contribuer au risque global pour l’environnement posé par les substances à base de goudron de houille. Pour mener l’évaluation, on a utilisé des données sur les rejets d’HAP provenant du secteur des goudrons de houille et de leurs distillats concerné, ainsi que d’autres données existantes pour évaluer les risques pour l’environnement pour trois scénarios d’exposition définis. Ces scénarios comprenaient le dépôt d’HAP sur le sol par les rejets dans l’air à la raffinerie de goudron de houille, les rejets d’HAP dans l’eau provenant de la même raffinerie, et les rejets d’HAP dans l’eau attribuables à l’application de produits d’étanchéité pour pavage à base de goudron de houille. Dans le cadre des éléments de preuve présentés dans l’évaluation, pour déterminer si ces scénarios peuvent présenter un risque pour l’environnement, la concentration estimée dans l’environnement (CEE) a été estimée pour les HAP, à l’aide des rejets d’HAP déclarés à l’INRP et d’autres données disponibles, comme des publications révisées par des pairs et des bases de données contenant des renseignements sur l’utilisation des produits au Canada. D’après les renseignements tirés des Recommandations canadiennes pour la qualité de l’environnement (c’est-à-dire l’eau et le sol), les concentrations estimées sans effet (CESE) des HAP ont également été déterminées. Les valeurs de CEE supérieures aux valeurs de CESE sont un indicateur du potentiel d’effets nocifs sur l’environnement dans ce milieu (c’est-à-dire l’eau, l’air, le sol et les sédiments).

Selon les valeurs de CEE et de CESE pour chacun des scĂ©narios Ă©valuĂ©s et d’autres donnĂ©es disponibles, l’évaluation prĂ©alable a permis de dĂ©terminer que :

Compte tenu des renseignements susmentionnĂ©s, ainsi que de la possibilitĂ© que d’autres composants des substances Ă  base de goudron de houille (par exemple les composĂ©s autres que les HAP) contribuent Ă  la toxicitĂ© des goudrons de houille et de leurs distillats pour l’environnement, l’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que les goudrons de houille et leurs distillats pourraient causer des effets nocifs sur l’environnement, dĂ©finis par les critères d’une substance toxique Ă©noncĂ©s Ă  l’alinĂ©a 64a) de la Loi. Les substances Ă  base de goudron de houille ne rĂ©pondaient pas aux critères d’une substance toxique Ă©noncĂ©s Ă  l’alinĂ©a 64b) de la Loi.

Évaluation des risques pour la santé humaine

Aux fins de l’évaluation des risques pour la santé humaine, des HAP et le benzène ont été choisis comme composants représentatifs pour évaluer les risques pour la santé humaine associés aux rejets de substances à base de goudron de houille, qui comprennent d’autres composants chimiques susceptibles de contribuer au risque global pour la santé humaine que posent les goudrons de houille et leurs distillats. L’évaluation a permis de relever trois scénarios d’exposition pouvant présenter un risque pour la santé humaine au Canada.

Les deux premiers scénarios ont permis de considérer les rejets dans l’air de substances à base de goudron de houille provenant du traitement ou de l’entreposage à proximité des aciéries intégrées et de la raffinerie de goudron de houille. Le troisième scénario portait sur l’exposition à des substances à base de goudron de houille provenant de la poussière domestique produite par l’altération ou l’usure des produits d’étanchéité pour allée de garage à base de goudron de houille.

Le risque associé à une exposition à long terme de la population générale à des émissions de vapeurs de goudrons de houille provenant des aciéries intégrées et de la raffinerie de goudron de houille a été caractérisé en comparant l’exposition estimée au benzène et aux HAP rejetés dans l’air par ces installations aux estimations du pouvoir cancérogène de ces substances. Il a été conclu que l’exposition au benzène par inhalation à long terme peut poser un risque pour la santé humaine des populations vivant à proximité de ces installations.

Le risque associĂ© Ă  l’exposition Ă  des substances Ă  base de goudron de houille provenant de la poussière domestique produite par l’altĂ©ration des produits d’étanchĂ©itĂ© pour allĂ©e de garage Ă  base de goudron de houille a Ă©tĂ© caractĂ©risĂ© en calculant une estimation de l’exposition Ă  vie aux HAP prĂ©sents dans la poussière de maison causĂ©e par l’ingestion accidentelle (c’est-Ă -dire non intentionnelle) de poussière domestique, Ă  l’aide de l’estimation du pouvoir cancĂ©rogène des HAP. Il a Ă©tĂ© conclu que l’exposition aux HAP associĂ©e Ă  l’utilisation des produits d’étanchĂ©itĂ© pour allĂ©e de garage Ă  base de goudron de houille pourrait poser un risque pour la santĂ© humaine. De plus, il a Ă©tĂ© notĂ© que les enfants âgĂ©s de six mois Ă  11 ans Ă©taient considĂ©rĂ©s comme des sous-populations vulnĂ©rables en raison de leur potentiel d’exposition et de leur sensibilitĂ© accrus aux effets des HAP.

Compte tenu des donnĂ©es susmentionnĂ©es, et de la possibilitĂ© que d’autres composants des substances Ă  base de goudron de houille (par exemple composĂ©s autres que les HAP) contribuent Ă  la toxicitĂ© des goudrons de houille et de leurs distillats pour la santĂ© humaine, l’évaluation prĂ©alable a permis de conclure que les goudrons de houille et leurs distillats constituent un risque pour la santĂ© humaine, conformĂ©ment aux critères d’une substance toxique Ă©noncĂ©s Ă  l’alinĂ©a 64c) de la Loi.

Objectif

L’objectif du DĂ©cret d’inscription d’une substance toxique Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [le DĂ©cret] est de permettre aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques pour une substance toxique en vertu de la Loi axĂ©es sur la prĂ©vention de la pollution, dont des interdictions, lors de la gestion des risques pour l’environnement et la santĂ© humaine associĂ©s aux goudrons de houille et leurs distillats.

Description

Le DĂ©cret permet d’inscrire les goudrons de houille et leurs distillats Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Le 11 juin 2016, les ministres ont publiĂ© un avis contenant un rĂ©sumĂ© de l’ébauche d’évaluation prĂ©alable des goudrons de houille et de leurs distillats (qui comprend un lien vers l’ébauche de l’évaluation complète) dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une consultation publique de 60 jours. L’avis annonçait Ă©galement la publication du Cadre de gestion des risques associĂ©s aux substances Ă  base de goudron de houille pour que les intervenants puissent entamer des discussions sur l’élaboration de mesures de gestion des risques, après l’ajout de ces substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE. Au cours de cette pĂ©riode, huit intervenants de l’industrie et des organisations non gouvernementales ont soumis des commentaires. Les commentaires sur l’ébauche d’évaluation prĂ©alable Ă©taient liĂ©s Ă  de nouveaux renseignements et donnĂ©es, ainsi qu’à la mĂ©thodologie utilisĂ©e pour Ă©valuer les risques pour l’environnement et la santĂ© humaine ainsi que l’exposition. Un tableau rĂ©sumant l’ensemble des commentaires reçus du public et les rĂ©ponses Ă  ces commentaires est disponible sur le site Web Canada.ca (Substances chimiques).

Nouveaux renseignements et nouvelles données

Les intervenants ont fourni une description (« identitĂ© de la substance Â») du produit d’étanchĂ©itĂ© pour pavage Ă  base de goudron de houille et ont demandĂ© un examen des donnĂ©es sur les goudrons de houille publiĂ©e par le United States Geological Survey (USGS) et sur les normes propres au site approuvĂ©es par l’Ontario pour les aciĂ©ries intĂ©grĂ©es liĂ©es Ă  la rĂ©duction des Ă©missions de substances Ă  base de goudron de houille. Les reprĂ©sentants ont rĂ©pondu que la description (« identitĂ© de la substance Â») du produit d’étanchĂ©itĂ© pour pavage Ă  base de goudron de houille et les renseignements de la USGS ont Ă©tĂ© examinĂ©s et ajoutĂ©s au rapport final de l’évaluation prĂ©alable. Les reprĂ©sentants ont Ă©galement examinĂ© les renseignements fournis sur les normes de site approuvĂ©es en Ontario pour les aciĂ©ries intĂ©grĂ©es et ont dĂ©terminĂ© que leurs Ă©missions continuaient de prĂ©senter une prĂ©occupation potentielle pour la santĂ© humaine au Canada.

Méthodologie utilisée pour évaluer les risques pour l’environnement et la santé humaine ainsi que l’exposition

Un intervenant de l’industrie et un organisme non gouvernemental étaient d’accord avec la conclusion sur la toxicité pour l’environnement et la santé humaine, mais un autre intervenant de l’industrie a contesté le recours à des paramètres qui étayaient les conclusions sur la toxicité pour l’environnement et la santé humaine, comme les marges d’exposition (ME), les points de contact, la concentration estimée dans l’environnement (CEE) et la concentration estimée sans effet (CESE). L’intervenant de l’industrie était d’avis que ces paramètres ne reflétaient pas l’exposition actuelle aux goudrons de houille et à leurs distillats et les effets sur la santé humaine et l’environnement. Les représentants ont répondu en modifiant l’approche utilisée pour l’un des scénarios d’exposition et en fournissant des justifications fondées sur des éléments probants en ce qui a trait aux méthodologies utilisées dans l’évaluation, en se basant sur plusieurs études représentant une gamme de conditions et divers produits pouvant être utilisés au Canada, plutôt que sur une seule étude.

Un autre intervenant de l’industrie a laissĂ© entendre que l’approche globale adoptĂ©e dans l’ébauche d’évaluation prĂ©alable ne reflète pas fidèlement la situation actuelle des installations de production de coke en Ontario. Les reprĂ©sentants ont rĂ©pondu que l’approche utilisĂ©e pour estimer l’exposition aux Ă©missions des installations productrices de coke en Ontario est adĂ©quate pour dĂ©terminer les risques pour l’environnement et la santĂ© humaine, conformĂ©ment Ă  l’article 64 de la Loi. Les renseignements propres aux installations canadiennes ont Ă©tĂ© utilisĂ©s dans l’évaluation prĂ©alable lorsqu’ils Ă©taient disponibles, y compris les renseignements propres au site des installations de production de coke en Ontario fournis par l’Association canadienne des producteurs d’acier. Les donnĂ©es des bases de donnĂ©es de l’INRP sur les rejets d’HAP et de benzène dans l’air et d’autres mĂ©dias environnementaux (par exemple l’eau et le sol) des installations de production de coke de l’Ontario ont Ă©galement Ă©tĂ© prises en considĂ©ration. Des approches et des modèles d’estimation ont Ă©tĂ© utilisĂ©s lorsque certaines donnĂ©es Ă©taient manquantes.

Certains intervenants de l’industrie et des organisations non gouvernementales ont proposĂ© diverses sources de nouvelles donnĂ©es et des Ă©tudes rĂ©centes. Ces sources ont Ă©tĂ© prises en compte et certaines d’entre elles ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©es au rapport final de l’évaluation prĂ©alable. De plus, un avis relatif Ă  une enquĂŞte obligatoire en vertu de l’article 71 a Ă©tĂ© Ă©mis le 1er dĂ©cembre 2018 dans la Partie I de la Gazette du Canada pour Ă©clairer les activitĂ©s de gestion des risques pour les substances Ă  base de goudron de houille.

Les commentaires sur l’ébauche d’évaluation prĂ©alable ont Ă©tĂ© pris en compte dans l’élaboration du rapport final de l’évaluation prĂ©alable, publiĂ© le 26 juin 2021, mais n’ont pas entraĂ®nĂ© de modification de la conclusion selon laquelle les goudrons de houille et leurs distillats rĂ©pondent aux critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s aux alinĂ©as 64a) et c) de la LCPE. Par consĂ©quent, les ministres ont recommandĂ© l’inscription des goudrons de houille et de leurs distillats Ă  l’annexe 1 de la Loi.

Les commentaires reçus sur le cadre de gestion des risques ont Ă©tĂ© pris en compte dans l’élaboration de l’approche de gestion des risques. Le 26 juin 2021, les ministres ont publiĂ© le document sur l’approche de gestion des risques sur le site Web Canada.ca (Substances chimiques) afin de poursuivre les discussions avec les intervenants sur les mesures proposĂ©es de gestion des risques pour les goudrons de houille et leurs distillats après leur inscription Ă  l’annexe 1 de la Loi, par exemple :

D’autres consultations sur les mesures de gestion des risques, notamment sur l’évaluation des effets, auront lieu pendant l’élaboration réglementaire de toute mesure proposée par les ministres en matière de gestion des risques.

Publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le 26 juin 2021, le projet de DĂ©cret recommandant l’inscription des goudrons de houille et de leurs distillats Ă  l’annexe 1 de la LCPE a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada, pour une consultation publique de 60 jours. Durant cette pĂ©riode, un intervenant de l’industrie a fait part de ses commentaires sur ce projet de DĂ©cret d’inscription des goudrons de houille et de leurs distillats. L’intervenant n’a pas appuyĂ© l’ajout des goudrons de houille et de leurs distillats Ă  l’annexe 1 de la Loi, car selon lui, les HAP et le benzène sont dĂ©jĂ  inscrits et que, par consĂ©quent, les goudrons de houille et leurs distillats ne devraient pas ĂŞtre ajoutĂ©s Ă  l’annexe 1 de la Loi. Les reprĂ©sentants ont rĂ©pondu que les goudrons de houille et leurs distillats sont des composĂ©s UVCB qui comprennent des HAP, du benzène et d’autres composants, lesquels peuvent tous contribuer Ă  la toxicitĂ©. Les inscriptions actuelles des HAP et du benzène ne suffisent pas Ă  contrer les risques pour l’environnement et la santĂ© humaine que pose l’exposition aux substances Ă  base de goudron de houille. L’évaluation prĂ©alable a permis d’établir que les effets nocifs ne pouvaient pas ĂŞtre exclusivement attribuĂ©s aux HAP et au benzène prĂ©sents en tant que composants dans les goudrons de houille et leurs distillats. Par consĂ©quent, il a Ă©tĂ© jugĂ© appropriĂ© de procĂ©der Ă  l’inscription des goudrons de houille et de leurs distillats Ă  l’annexe 1 de la Loi.

L’intervenant a également demandé un examen des données scientifiques les plus récentes et des consultations supplémentaires à mener auprès d’intervenants. Toutefois, dans le cadre de son processus continu d’établissement des priorités, le gouvernement du Canada continuera de surveiller et d’examiner toute nouvelle donnée scientifique disponible. Ces informations serviront de base à toute activité future d’établissement des priorités, d’évaluation ou de gestion des risques. Vous trouverez de plus amples renseignements sur le processus de priorisation sur le site Web Canada.ca (Substances chimiques).

Les ministères ont informé les gouvernements provinciaux et territoriaux de toutes les publications par courrier et par l’entremise du Comité consultatif national de la LCPEréférence 11 et leur ont donné l’occasion de faire part de leurs commentaires. Le Comité n’a soumis aucun commentaire.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une Ă©valuation des rĂ©percussions sur les traitĂ©s modernes effectuĂ©e conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale de la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes a permis de conclure que les dĂ©crets d’inscription de substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE n’imposaient aucune nouvelle exigence rĂ©glementaire et n’avaient donc aucune incidence sur les droits ou obligations dĂ©coulant des traitĂ©s modernes. Par consĂ©quent, il n’y a pas eu de mobilisation ciblĂ©e ni de consultations des peuples autochtones. Toutefois, la pĂ©riode de consultation prĂ©alable Ă  la publication est l’occasion pour les peuples autochtones et l’ensemble de la population canadienne de commenter le projet de DĂ©cret.

Choix de l’instrument

Lorsqu’une substance satisfait Ă  un ou plusieurs des critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s Ă  l’article 64 de la LCPE, les ministres proposent l’une des options suivantes :

Les substances toxiques qui prĂ©sentent le risque le plus Ă©levĂ© sont ajoutĂ©es Ă  la partie 1 de l’annexe 1. Elles sont classĂ©es par ordre de prioritĂ© en vue de l’application de mesures qui peuvent inclure une interdiction totale, partielle ou conditionnelle. D’autres substances toxiques sont inscrites Ă  la partie 2 de l’annexe 1 et sont classĂ©es par ordre de prioritĂ© en vue de l’application de mesures de prĂ©vention de la pollution, qui peuvent inclure une interdiction totale, partielle ou conditionnelle. Jusqu’à ce que des règlements prĂ©voyant des critères de classification des substances qui prĂ©sentent le plus grand risque ou qui sont cancĂ©rogènes et mutagènes, ou toxiques pour la reproduction soient Ă©laborĂ©s, des substances toxiques qui rĂ©pondent aux critères du Règlement sur la persistance et la bioaccumulation existant seront ajoutĂ©es Ă  la partie 1. Si d’autres critères sont prĂ©cisĂ©s dans le règlement, certaines substances que l’on a initialement ajoutĂ©es Ă  la partie 2 de l’annexe 1 seront plutĂ´t inscrites Ă  la partie 1 de l’annexe 1. Étant donnĂ© que l’évaluation prĂ©liminaire n’a pas conclu qu’elles satisfont aux critères Ă©noncĂ©s dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation, les substances Ă  base de goudron de houille sont ajoutĂ©es Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’inscription des goudrons de houille et de leurs distillats Ă  la partie 2 de l’annexe 1 de la Loi n’impose pas en soi d’exigences rĂ©glementaires aux entreprises et n’entraĂ®ne donc pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires de mise en conformitĂ© pour les intervenants ou de coĂ»ts d’application de la loi pour le gouvernement du Canada. Le DĂ©cret confère aux ministres le pouvoir d’élaborer des instruments de gestion des risques en vertu de la Loi pour les goudrons de houille et leurs distillats. Le gouvernement du Canada consultera les parties prenantes sur les futurs instruments de gestion des risques avant leur mise en Ĺ“uvre et examinera leurs incidences Ă©ventuellesrĂ©fĂ©rence 12.

Lentille des petites entreprises

Une analyse de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le Décret n’aura aucune incidence sur les petites entreprises canadiennes, car il n’impose aucun coût administratif ou de mise en conformité aux entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car le DĂ©cret ne modifie pas le fardeau administratif imposĂ© aux entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Canada collabore avec des organisations internationales et des organismes de réglementation pour la gestion des produits chimiques (par exemple l’Environmental Protection Agency [EPA] des États-Unis, l’Agence européenne des produits chimiques et l’Organisation de coopération et de développement économiques). Il est également signataire de plusieurs accords environnementaux multilatéraux internationaux dans le domaine des produits chimiques et des déchetsréférence 13. Bien que le Décret ne soit pas lui-même lié à des obligations ou accords internationaux, il permet aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques qui pourraient s’aligner sur celles mises en œuvre par d’autres administrations.

Effets sur l’environnement

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e dans le cadre du PGPC et des dĂ©crets d’inscription de substances Ă  l’annexe 1 de la LCPE. L’évaluation a conclu que le PGPC devrait avoir un effet positif sur l’environnement et la santĂ© humaine.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le Décret n’a aucune incidence en matière d’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+).

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Comme aucune mesure particulière de gestion des risques n’est recommandée dans le cadre du Décret, l’élaboration d’un plan de mise en œuvre et d’une stratégie de mise en conformité et d’application de la loi ainsi que l’établissement de normes de service ne sont pas nécessaires pour le moment.

Personnes-ressources

Thomas Kruidenier
Directeur exécutif
Division de la priorisation, de l’évaluation et de la coordination des substances
Environnement et Changement climatique Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information sur la gestion des substances :
1‑800‑567‑1999 (sans frais au Canada)
819‑938‑3232 (Ă  l’étranger)
Courriel : substances@ec.gc.ca

Andrew Beck
Directeur
Bureau de la gestion du risque
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
TĂ©lĂ©phone : 613‑266‑3591
Courriel : andrew.beck@hc-sc.gc.ca