Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le Venezuela : DORS/2024-264

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 1

Enregistrement
DORS/2024-264 Le 13 dĂ©cembre 2024

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2024-1318 Le 13 dĂ©cembre 2024

Attendu que la gouverneure en conseil juge que des violations graves et systématiques des droits de la personne ont été commises dans la République bolivarienne du Venezuela;

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation de la République bolivarienne du Venezuela constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui est susceptible d’entraîner ou a entraîné une grave crise internationale;

Attendu que la gouverneure en conseil juge qu’un national de la République bolivarienne du Venezuela, qui est un agent public étranger ou une personne qui est associée à un tel agent, est responsable ou complice d’avoir ordonné, supervisé ou dirigé d’une façon quelconque des actes de corruption à grande échelle,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le Venezuela, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Venezuela

Modifications

1 (1) L’alinĂ©a 2a) du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le Venezuela rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Les alinĂ©as 2d) Ă  f) du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

2 L’alinĂ©a 3a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

3 Le passage de l’article 6 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

Obligation de vérification

6 Il incombe aux entitĂ©s mentionnĂ©es ci-après de vĂ©rifier de façon continue si des biens qui sont en leur possession ou sous leur contrĂ´le appartiennent Ă  une personne dont le nom figure sur la liste ou sont dĂ©tenus ou contrĂ´lĂ©s, mĂŞme indirectement, par elle :

4 L’alinĂ©a 7(1)a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

5 L’annexe du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

6 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

7 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Bien que le rĂ©gime Maduro ait acceptĂ©, en octobre 2023, un processus d’élection prĂ©sidentielle plus transparent et plus Ă©quitable, la crise politique prolongĂ©e au Venezuela s’aggrave. La proclamation contestĂ©e de Maduro comme vainqueur de l’élection prĂ©sidentielle du 28 juillet 2024, sur fond d’allĂ©gations gĂ©nĂ©ralisĂ©es de fraude Ă©lectorale, a dĂ©clenchĂ© des manifestations massives. Le rĂ©gime Maduro a encore renforcĂ© son pouvoir et lancĂ© une nouvelle vague de rĂ©pression de la dissidence. Les organismes internationaux de dĂ©fense des droits de la personne ont fait Ă©tat de violations systĂ©matiques des droits de la personne, notamment de dĂ©tentions arbitraires et d’exĂ©cutions extrajudiciaires. Les citoyens vĂ©nĂ©zuĂ©liens, qui ont participĂ© pacifiquement et massivement aux Ă©lections du 28 juillet, sont de moins en moins en mesure d’exercer leurs droits; en consĂ©quence, l’économie vĂ©nĂ©zuĂ©lienne et la crise humanitaire continuent de se dĂ©tĂ©riorer.

Contexte

Situation avant l’élection prĂ©sidentielle du 28 juillet 2024

Cela fait des années que le Venezuela souffre d’une crise politique prolongée, de violations systématiques des droits de la personne, de restrictions croissantes de l’espace civique, d’une corruption bien ancrée et d’une contraction de l’économie due à la mauvaise gestion et à la corruption, impliquant notamment de hauts responsables du régime Maduro. Le régime Maduro contrôle toutes les institutions gouvernementales, y compris le Tribunal supérieur de justice (TSJ) et les organes inférieurs du pouvoir judiciaire, le Conseil national électoral (CNE), l’Assemblée nationale et les forces de sécurité et de défense. Il les utilise pour saper les institutions démocratiques et réduire au silence les voix dissidentes, dont celles des défenseurs des droits de la personne, des journalistes et des dirigeants sociaux et politiques.

Le 17 octobre 2023, des reprĂ©sentants du rĂ©gime Maduro et de l’opposition dĂ©mocratique vĂ©nĂ©zuĂ©lienne ont signĂ© un accord (« l’accord de la Barbade Â») pour garantir le respect des droits politiques et Ă©lectoraux lors de l’élection prĂ©sidentielle de 2024, en permettant, entre autres, Ă  chaque parti de choisir librement ses candidats. Cependant, quelques semaines après la signature de l’accord, le rĂ©gime Maduro est revenu sur ses engagements. En dĂ©cembre 2023, le rĂ©gime, par l’intermĂ©diaire du TSJ, a confirmĂ© la « disqualification Â» (prĂ©sumĂ©e) de la dirigeante de l’opposition Maria Corina Machado, vainqueure des primaires de l’opposition en 2023, qui ne pouvait dĂ©sormais plus participer Ă  la vie politique pendant 15 ans. En mars 2024, le rĂ©gime a empĂŞchĂ© Maria Corina Machado et sa remplaçante, Corina Yoris, de se porter candidates, ce qui a nui Ă  la compĂ©titivitĂ© de l’élection. Au lieu de cela, il n’a fait que permettre Ă  Edmundo Gonzalez Urrutia, un diplomate Ă  la retraite Ă  peine connu, de se prĂ©senter en tant que remplaçant de Maria Corina Machado.

Dans la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant l’élection de 2024, le rĂ©gime Maduro a dĂ©ployĂ© des efforts pour saper la participation aux Ă©lections et la surveillance transparente des processus, notamment en rendant difficile l’accès Ă  l’inscription sur les listes Ă©lectorales pour les Ă©lecteurs ayant atteint l’âge lĂ©gal et pour les Ă©lecteurs vivant en dehors du Venezuela. Le rĂ©gime a Ă©galement rĂ©duit la capacitĂ© des citoyens Ă  voter Ă  l’intĂ©rieur du pays, par exemple en dĂ©plaçant les centres de vote dans des zones reculĂ©es ou Ă  l’intĂ©rieur de complexes rĂ©sidentiels fortement alignĂ©s sur la rĂ©volution bolivarienne et en rĂ©affectant les Ă©lecteurs Ă  diffĂ©rents centres de vote, y compris dans diffĂ©rentes villes, ce qui a eu une incidence disproportionnĂ©e sur les zones oĂą l’opposition avait obtenu de bons rĂ©sultats lors des Ă©lections prĂ©cĂ©dentes. En outre, en mai 2024, le rĂ©gime, qui avait invitĂ© l’Union europĂ©enne Ă  envoyer une mission d’observation Ă©lectorale Ă  l’élection prĂ©sidentielle, a rĂ©voquĂ© son invitation, rĂ©duisant ainsi au minimum le contrĂ´le indĂ©pendant du processus.

MalgrĂ© tous ces efforts, Maria Corina Machado a continuĂ© Ă  faire campagne pour Edmundo Gonzalez Urrutia et Ă  organiser des rassemblements massifs, y compris dans des villes historiquement alignĂ©es sur la rĂ©volution bolivarienne. Grâce aux efforts de Maria Corina Machado, Edmundo Gonzalez Urrutia a consolidĂ© son avance dans les sondages d’au moins 20 % sur Maduro.

Situation le jour de l’élection et après l’élection présidentielle

Le 28 juillet, les VĂ©nĂ©zuĂ©liens ont participĂ© massivement et pacifiquement aux Ă©lections prĂ©sidentielles. Les experts estiment que le taux de participation a atteint près de 70 % des personnes inscrites sur les listes Ă©lectorales qui vivent encore au Venezuela (soit près du double du taux de participation des Ă©lections prĂ©sidentielles de 2018 et le triple du taux de participation officiel du rĂ©fĂ©rendum consultatif de dĂ©cembre 2023 sur l’Essequibo, un territoire disputĂ© avec la Guyane). Le CNE, contrĂ´lĂ© par Maduro, a ensuite proclamĂ© Maduro vainqueur de l’élection, mais n’a fourni aucune preuve. L’opposition, grâce Ă  un rĂ©seau de citoyens tĂ©moins, a compilĂ© plus de 83 % des feuilles de dĂ©compte officielles des bureaux de vote, qui montrent que le candidat de l’opposition, Edmundo Gonzalez Urrutia, a remportĂ© l’élection avec 67 % des voix contre 30 % pour Maduro. Ce rĂ©sultat est conforme Ă  plusieurs sondages Ă  la sortie des bureaux de vote crĂ©dibles et Ă  quatre comptages rapides indĂ©pendants.

Deux des entités internationales indépendantes qui ont observé le processus électoral à l’invitation du gouvernement ont également publié des rapports préliminaires mettant en doute l’intégrité du processus. Le Centre Carter, qui a envoyé une petite équipe d’observation électorale au Venezuela, a conclu que l’élection ne répondait pas aux normes internationales d’intégrité électorale et ne pouvait être considérée comme démocratique. Le groupe d’experts des Nations Unies qui avait également surveillé les élections a également conclu, dans un rapport rendu public à titre exceptionnel par le secrétaire général des Nations Unies, que le processus de gestion des résultats ne respectait pas les mesures de transparence et d’intégrité essentielles à l’organisation d’élections crédibles. Les deux entités ont également fait des références favorables à la véracité des preuves publiées par l’opposition.

Depuis l’annonce des résultats, des dizaines de pays, dont le Canada, et des organisations internationales ont exigé la publication des bulletins de vote et leur vérification indépendante.

Après la proclamation contestĂ©e de Maduro par le CNE, de nombreuses manifestations de citoyens inquiets, rejetant les rĂ©sultats officiels, ont eu lieu dans tout le pays. Le rĂ©gime a sĂ©vèrement rĂ©primĂ© ces manifestations, dĂ©courageant ainsi d’autres protestations publiques. De nombreux rapports font Ă©tat d’actes de violence de la part des forces de sĂ©curitĂ© rĂ©gulières et des forces parapolicières (colectivos), qui ont fait au moins 28 morts par balles, et d’éventuelles exĂ©cutions extrajudiciaires. Il y a eu plus de 2 000 dĂ©tentions arbitraires, dont plus de 150 adolescents, et au moins 43 disparitions forcĂ©es.

Le rĂ©gime a Ă©galement pris des mesures sĂ©vères Ă  l’encontre de l’opposition et a intensifiĂ© le harcèlement et la persĂ©cution Ă  l’encontre des dissidents rĂ©els ou supposĂ©s, en ciblant particulièrement les figures de l’opposition, les leaders sociaux, les journalistes et les volontaires Ă©lectoraux. Ce harcèlement s’est traduit par un mandat d’arrĂŞt contre Edmundo Gonzalez Urrutia, qui a Ă©tĂ© contraint de s’exiler en Espagne le 7 septembre 2024. Plusieurs organisations internationales et personnalitĂ©s se sont exprimĂ©es et ont fait part de leurs prĂ©occupations concernant la violence et la rĂ©pression au Venezuela et/ou les ont condamnĂ©es, notamment le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, la mission d’enquĂŞte des Nations Unies sur le Venezuela, le procureur de la Cour pĂ©nale internationale et la Commission interamĂ©ricaine des droits de l’homme, qui ont qualifiĂ© la rĂ©ponse de l’État vĂ©nĂ©zuĂ©lien Ă  la manifestation de pratiques de « terrorisme d’État Â».

Réponse du Canada

Depuis 2017, le Canada a mis en Ĺ“uvre trois sĂ©ries de sanctions ciblĂ©es contre le Venezuela en rĂ©ponse Ă  l’érosion des institutions dĂ©mocratiques en raison du rĂ©gime Maduro. Les sanctions ont dĂ©butĂ© le 22 septembre 2017, lorsque le Canada a ciblĂ© 40 personnes liĂ©es au gouvernement, dans le but de demander des comptes aux responsables de l’affaiblissement de la dĂ©mocratie et de la stabilitĂ© dans le pays. Ces mesures ont Ă©tĂ© adoptĂ©es en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES) et comprennent le gel des avoirs et l’interdiction d’entretenir des relations avec les personnes figurant sur la liste. Ă€ ce jour, le Canada a imposĂ© des sanctions ciblĂ©es contre 113 citoyens vĂ©nĂ©zuĂ©liens en vertu du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le Venezuela (le « Règlement Â»).

Le Canada est également resté actif dans la crise vénézuélienne, notamment en co-parrainant des résolutions et en intervenant à l’Organisation des États américains, aux Nations Unies, au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et dans d’autres forums internationaux, appelant les autorités vénézuéliennes à respecter les accords signés, les droits de la personne, la démocratie et la volonté du peuple.

Objectif

Description

Les modifications élargissent le champ d’application du Règlement pour permettre au Canada d’imposer des sanctions en réponse à la situation actuelle au Venezuela, qui ne cesse de se détériorer. Elles comprennent désormais les activités qui contribuent directement ou indirectement à une atteinte grave à la paix et à la sécurité internationales, à des violations flagrantes et systématiques des droits de la personne, ou à une corruption importante. Les critères d’inscription sur la liste du Règlement sont modifiés pour tenir compte de ces nouvelles circonstances.

En outre, le critère d’inscription sur la liste des hauts fonctionnaires d’une entité est élargi pour inclure à la fois les fonctionnaires actuels et les anciens fonctionnaires. Enfin, les modifications comprennent une mise à jour de la formulation à des fins de clarification et de cohérence avec d’autres règlements en vertu de la LMES. Ces modifications comprennent une mise à jour de la formulation afin de préciser qu’il est interdit à toute personne au Canada ou à tout Canadien à l’étranger d’effectuer des opérations sur des biens détenus ou contrôlés directement ou indirectement par une personne inscrite sur la liste. Elles précisent également que les Canadiens (y compris les entreprises, telles que les banques et les associations coopératives de crédit) ont l’obligation de déterminer et de divulguer s’ils sont en possession ou s’ils contrôlent de tels biens.

Les modifications ajoutent cinq individus à la liste des personnes désignées en vertu du Règlement. Ces personnes sont de hauts fonctionnaires actuels ou anciens du gouvernement vénézuélien et ont participé à l’affaiblissement des institutions démocratiques du pays.

Il est ainsi interdit à toute personne au Canada, ainsi qu’à tout Canadien à l’étranger, d’effectuer des opérations sur les biens des personnes figurant sur la liste (individus et entités), de conclure des transactions avec elles, de leur fournir des services, de leur transférer des biens ou de mettre des biens à leur disposition de quelque manière que ce soit. Ces mesures rendront également les personnes inscrites sur la liste interdites de territoire au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR). En vertu du Règlement, les personnes inscrites sur la liste peuvent demander au ministre des Affaires étrangères que leur nom soit retiré de la liste des personnes désignées. Le ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables de recommander ce retrait au gouverneur en conseil.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada s’engage régulièrement avec les parties prenantes concernées au Venezuela, y compris les organisations de la société civile et d’autres gouvernements aux vues similaires, concernant la réponse du Canada à la situation au Venezuela, y compris la mise en œuvre des sanctions.

En ce qui concerne ces modifications, une consultation publique n’aurait pas été appropriée, car la publication des noms des personnes visées par les sanctions aurait pu entraîner une fuite des actifs avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une première évaluation de la portée géographique de l’initiative a été réalisée et n’a pas permis de déterminer d’obligations relatives aux traités modernes, étant donné que le régime proposé ne prend pas effet dans une zone couverte par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Les règlements sont le seul moyen d’appliquer des sanctions au Canada. Aucun autre instrument ne pourrait être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les modifications renforcent la capacitĂ© du Canada Ă  dissuader les acteurs de se livrer Ă  des violations des droits de la personne et/ou Ă  des actes qui portent atteinte Ă  la paix, Ă  la sĂ©curitĂ© ou Ă  la stabilitĂ© du Venezuela ou Ă  l’intĂ©gritĂ© de ses institutions dĂ©mocratiques, et/ou Ă  des actes de corruption importants commis par les autoritĂ©s de facto du Venezuela. Ces modifications s’inscrivent dans la ligne droite des stratĂ©gies et actions de politique Ă©trangère du Canada visant Ă  faire pression sur le Venezuela pour qu’il respecte la volontĂ© du peuple exprimĂ©e lors de l’élection prĂ©sidentielle du 28 juillet 2024 et qu’il garantisse le respect des droits de la personne dans ce pays.

Le coût supplémentaire pour le gouvernement du Canada de l’administration et de l’application de ces interdictions supplémentaires est minime. Les modifications visent des personnes particulières, et elles ont, par conséquent, moins d’incidence sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques traditionnelles de portée générale, et ont un impact limité sur les citoyens du pays des personnes inscrites sur la liste. Sur la base d’une première évaluation des informations de source ouverte disponibles, on estime que les personnes nouvellement inscrites ont des liens limités avec le Canada et n’ont donc pas de relations d’affaires significatives pour l’économie canadienne. Ces modifications ne devraient donc pas avoir d’impact significatif sur les Canadiens et les entreprises canadiennes.

Les banques et institutions financières canadiennes sont tenues de respecter les sanctions. Pour ce faire, elles ajouteront les nouvelles interdictions à leurs systèmes de contrôle existants, ce qui pourrait entraîner un coût de mise en conformité très faible.

Lentille des petites entreprises

En ce qui concerne les personnes figurant sur la liste établie en vertu du Règlement, une analyse réalisée au titre de la lentille des petites entreprises a conclu que les modifications pourraient avoir une incidence sur les petites entreprises canadiennes. Le Règlement interdit aux entreprises canadiennes de traiter avec les personnes figurant sur la liste, de leur fournir des services ou de mettre des biens à leur disposition, mais il ne crée aucune obligation administrative directe à leur égard. Bien que les entreprises canadiennes puissent demander des autorisations en vertu du Règlement, celles-ci sont accordées à titre exceptionnel. Affaires mondiales Canada ne prévoit pas de demandes résultant de l’inscription de ces personnes sur la liste. Cette exigence n’entraînerait donc aucune charge administrative supplémentaire. Les petites entreprises canadiennes sont également soumises à l’obligation de divulgation en vertu du Règlement, ce qui représenterait une exigence de conformité directe. Toutefois, comme les personnes nouvellement inscrites ont peu de liens connus avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne prévoit pas de divulgations résultant de ces modifications.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif de la charge administrative pesant sur les entreprises. La procĂ©dure de dĂ©livrance de permis pour les entreprises rĂ©pond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse; cependant, bien que des permis puissent ĂŞtre accordĂ©s Ă  titre exceptionnel en vertu du Règlement, Ă©tant donnĂ© que les particuliers figurant sur la liste ont des liens d’affaires limitĂ©s avec l’économie canadienne, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit aucune demande de permis en ce qui concerne le Règlement.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que le Règlement ne soit pas liĂ© Ă  un plan de travail ou Ă  un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopĂ©ration en matière de rĂ©glementation, il s’aligne sur les mesures prises par des partenaires aux vues similaires. Les sanctions sont plus efficaces lorsqu’elles sont appliquĂ©es de manière coordonnĂ©e. Plusieurs pays aux vues similaires envisagent Ă©galement des sanctions en rĂ©ponse aux actes de corruption et aux violations des droits de la personne qui ont eu lieu au cours du processus Ă©lectoral de 2024. Le 12 septembre 2024, les États-Unis ont pris une sĂ©rie de sanctions Ă  l’encontre de 16 membres du gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien de facto impliquĂ©s dans des actes faisant obstacle Ă  un processus d’élection prĂ©sidentielle compĂ©titif et inclusif au Venezuela et dans des violations des droits de la personne. Le 27 novembre 2024, ils ont imposĂ© une nouvelle sĂ©rie de sanctions Ă  21 membres du gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien de facto sur la mĂŞme base.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, une analyse préliminaire a été réalisée et a permis de conclure qu’il n’est pas nécessaire de procéder à une évaluation environnementale et économique stratégique.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le thème des sanctions économiques a déjà fait l’objet d’une évaluation de ses effets sur le genre et la diversité. Bien qu’elles soient destinées à faciliter un changement de comportement en exerçant une pression économique sur des particuliers et des entités dans des États étrangers, les sanctions prévues par la LMES peuvent néanmoins avoir une incidence involontaire sur certains groupes et individus vulnérables. Plutôt que d’affecter l’ensemble des Vénézuéliens, ces sanctions ciblées n’auraient un effet direct que sur les personnes figurant sur la liste. Par conséquent, il est peu probable que ces sanctions aient un effet indirect négatif significatif sur les groupes vulnérables, comparativement à des sanctions économiques traditionnelles de grande ampleur visant un État, et elles limitent les effets collatéraux à ceux qui dépendent des personnes désignées.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le Règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

En raison de leur inscription sur la liste du Règlement et conformĂ©ment Ă  l’application de l’alinĂ©a 35.1b) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, les personnes inscrites sur la liste seraient interdites de territoire au Canada.

Les noms des particuliers et des entités inscrits seront mis en ligne pour que les institutions financières puissent les consulter, et ils seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement relatif au Venezuela.

Le Service des dĂ©lĂ©guĂ©s commerciaux d’Affaires mondiales Canada continue d’aider ses clients Ă  bien comprendre la rĂ©glementation canadienne en matière de sanctions, et notamment l’incidence de cette rĂ©glementation sur toutes les activitĂ©s auxquelles les Canadiens pourraient participer, Ă  l’étranger et au Canada. Affaires mondiales Canada intensifie Ă©galement ses efforts de sensibilisation partout au Canada — notamment auprès des entreprises, des universitĂ©s et des gouvernements provinciaux et territoriaux — afin de renforcer la prise de conscience et le respect des sanctions canadiennes au niveau national.

En vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada ont le pouvoir de faire appliquer le Règlement en cas de violation des sanctions en vertu des pouvoirs que leur confèrent la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, et les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, toute personne qui, en connaissance de cause, contrevient ou ne se conforme pas au Règlement est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 dollars ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou des deux Ă  la fois; ou, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

Personne-ressource

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