DĂ©cret fixant au 1er janvier 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur de certaines dispositions de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024 : TR/2025-4

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 1

Enregistrement
TR/2025-4 Le 1er janvier 2025

LOI NO 1 D’EXÉCUTION DU BUDGET DE 2024

DĂ©cret fixant au 1er janvier 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur de certaines dispositions de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024

C.P. 2024-1339 Le 16 dĂ©cembre 2024

Sur recommandation du ministre de la Justice et en vertu du paragraphe 339(1) de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024, chapitre 17 des Lois du Canada (2024), Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil fixe au 1er janvier 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur des paragraphes 336(1) et (2) et de l’article 337 de cette loi.

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie du Décret.)

Proposition

Ce dĂ©cret, pris en vertu de l’article 339 de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024 (la Loi), fixe au 1er janvier 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur des modifications apportĂ©es au Code criminel par les paragraphes 336(1) et (2) et de l’article 337 de la Loi.

Objectif

Les modifications lĂ©gislatives ont pour but de renforcer l’application des dispositions du Code criminel sur le taux d’intĂ©rĂŞt criminel. Ce dĂ©cret fixe au 1er janvier 2025 pour l’entrĂ©e en vigueur des paragraphes 336(1) et (2) et de l’article 337 de la Loi. Les modifications Ă©largissent l’application de l’article 347 du Code criminel (taux d’intĂ©rĂŞt criminel) pour inclure l’interdiction d’offrir un taux d’intĂ©rĂŞt supĂ©rieur au taux d’intĂ©rĂŞt criminel ou d’en faire la publicitĂ©. Ces changements visent Ă  renforcer l’efficacitĂ© du rĂ©gime actuel en amĂ©liorant la capacitĂ© des autoritĂ©s chargĂ©es de l’application de la loi Ă  lutter contre les pratiques de prĂŞt abusives.

Contexte

Les modifications au Code criminel ont Ă©tĂ© mises en place dans le cadre de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, afin d’abaisser le taux d’intĂ©rĂŞt criminel, qui passe de l’équivalent de 48 % Ă  35 % en taux annualisĂ©. Ces modifications entreront en vigueur le 1er janvier 2025 en vertu du C.P. 2024-631 et permettront au Règlement sur le taux d’intĂ©rĂŞt criminel d’entrer en vigueur le mĂŞme jour. Ces règlements limitent les coĂ»ts des prĂŞts sur salaire Ă  un maximum de 14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©e et exempte certains prĂŞts de l’application du taux d’intĂ©rĂŞt criminel. Elles protĂ©geront la population canadienne contre les prĂŞteurs prĂ©dateurs qui peuvent tromper les personnes vulnĂ©rables au Canada.

Afin de mieux protéger les personnes vulnérables au Canada contre les prêteurs illégaux dangereux qui tentent de contourner le taux d’intérêt criminel, il a été annoncé dans le budget de 2024 que le gouvernement entend modifier le Code criminel pour renforcer l’application du taux d’intérêt criminel.

L’infraction relative au taux d’intérêt criminel actuelle est commise par quiconque conclut une convention ou une entente pour percevoir des intérêts à un taux criminel ou perçoit, même partiellement, des intérêts à un taux criminel. Certains emprunteurs qui reçoivent des prêts à des taux d’intérêt illégaux peuvent hésiter à se tourner vers les autorités chargées de l’application de la loi pour diverses raisons. Les victimes sont souvent des emprunteurs consentants, car ils n’ont souvent pas accès aux formes juridiques de crédit en raison de leurs antécédents en matière de crédit mauvais ou non établis. Les victimes n’ont donc pas un incitatif pour signaler l’activité illicite à l’organisme responsable de l’application de la loi. Ces modifications permettraient aux organismes responsables de l’application de la loi de cibler directement les prêteurs illégaux en interdisant les offres ou les publicités de prêts à un taux d’intérêt criminel.

Le 2 mai 2024, la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024 a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e Ă  la Chambre des communes et a reçu la sanction royale le 20 juin 2024. Le paragraphe 336(1) de cette loi Ă©largit l’infraction relative au taux d’intĂ©rĂŞt criminel actuelle pour inclure l’interdiction d’offrir un taux d’intĂ©rĂŞt supĂ©rieur au taux d’intĂ©rĂŞt criminel ou d’en faire la publicitĂ©, permettant ainsi aux organismes responsables de l’application de la loi de cibler les prĂŞteurs sur la base des seules offres ou publicitĂ©s, sans qu’il soit nĂ©cessaire de prouver l’existence d’un prĂŞt conclu. Le paragraphe 336(2) apporte des modifications corrĂ©latives aux dĂ©finitions de « capital prĂŞtĂ© Â» et d’« intĂ©rĂŞt Â» afin de s’assurer que ces dĂ©finitions englobent les offres ou les publicitĂ©s de crĂ©dit supĂ©rieur au taux criminel.

En 2007, le Code criminel a Ă©tĂ© modifiĂ© afin de prĂ©voir une exemption de l’application des dispositions relatives au taux criminel Ă©noncĂ©es Ă  l’article 347 pour les prĂŞts sur salaire, Ă  condition que certaines conditions soient remplies. Plus prĂ©cisĂ©ment, le prĂŞt doit ĂŞtre de 1 500 $ ou moins pour une durĂ©e de 62 jours ou moins, et ĂŞtre Ă©mis par un prĂŞteur agréé ou par une personne spĂ©cifiquement autorisĂ©e par les lois d’une province et la province est dĂ©signĂ©e par le gouverneur en conseil. Une province sera dĂ©signĂ©e si ce prĂŞteur ou cette personne a adoptĂ© un rĂ©gime de prĂŞts sur salaire, conformĂ©ment au paragraphe 347.1(3).

L’article 337 de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2024 prĂ©ciserait que l’infraction relative au taux d’intĂ©rĂŞt criminel ne s’applique pas aux offres et aux conventions de prĂŞt sur salaire qui sont conformes Ă  l’article 347.1 du Code criminel. Les modifications de coordination avec la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 pour tenir compte des offres ou des publicitĂ©s de crĂ©dit supĂ©rieur au taux criminel sont Ă©galement envisagĂ©es dans la Loi. Les paragraphes 336(1) et (2) et l’article 337 de la Loi entreront tous en vigueur le 1er janvier 2025, par le biais de ce dĂ©cret.

Répercussions

Une fois en vigueur, ces modifications renforceront la lutte contre les prĂŞts abusifs en Ă©rigeant en infraction le fait de proposer ou de faire la publicitĂ© d’un crĂ©dit Ă  un taux supĂ©rieur au taux d’intĂ©rĂŞt criminel. Lorsqu’elle intente une poursuite pour une infraction, la Couronne doit choisir, selon les circonstances, de procĂ©der soit par acte d’accusation (qui est rĂ©servĂ© pour les cas plus graves), soit par procĂ©dure sommaire (pour les cas moins graves). Les peines prĂ©vues Ă  l’article 347 sont une peine d’emprisonnement d’une durĂ©e maximale de cinq ans, sur mise en accusation, ou, dans le cas des procĂ©dures sommaires, une amende d’au plus 25 000 $, ou une peine d’emprisonnement d’une durĂ©e maximale de deux ans moins un jour, ou les deux.

Le prĂ©sent dĂ©cret fixe la date d’entrĂ©e en vigueur au 1er janvier 2025 pour les paragraphes 336(1) et (2) et l’article 337 de la Loi afin de l’harmoniser avec la date d’entrĂ©e en vigueur de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, les modifications apportĂ©es aux dispositions du Code criminel relatives au taux d’intĂ©rĂŞt criminel ainsi que la date d’entrĂ©e en vigueur du Règlement sur le taux d’intĂ©rĂŞt criminel. L’alignement de la date d’entrĂ©e en vigueur de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, les modifications au Code criminel, le Règlement sur le taux d’intĂ©rĂŞt criminel, et les modifications avec les paragraphes 336(1) et (2) et l’article 337 de la Loi rĂ©duira la confusion pour l’industrie et les autres intervenants.

Consultation

Ces modifications font suite Ă  la Consultation pour lutter plus rapidement contre les prĂŞts Ă  conditions abusives, organisĂ©e par le ministère des Finances en octobre 2023, au cours de laquelle le gouvernement a sollicitĂ© des commentaires sur la possibilitĂ© d’abaisser davantage le taux d’intĂ©rĂŞt criminel, de prendre des mesures visant Ă  accroĂ®tre l’accès au crĂ©dit Ă  faible coĂ»t et de faible valeur au Canada, et sur des rĂ©visions supplĂ©mentaires de l’exemption sur les prĂŞts sur salaire. Les consultations ont Ă©galement permis de recueillir les rĂ©actions des intervenants sur le renforcement de l’application du taux d’intĂ©rĂŞt criminel.

Les acteurs du secteur (c’est-à-dire les prêteurs à coût élevé du secteur des prêts non traditionnels et les associations de l’industrie qui les représentent), les groupes de défense des consommateurs, les groupes de réflexion et les autorités provinciales qui ont participé à cette consultation s’accordent généralement pour dire que l’application du taux d’intérêt criminel n’a pas permis jusqu’à présent d’empêcher les prêts illégaux au Canada. Les acteurs du secteur ont fait remarquer que l’abaissement du taux d’intérêt criminel pourrait augmenter le nombre de consommateurs se tournant vers des prêteurs illégaux. Ils ont également noté que les emprunteurs ne savent souvent pas qu’ils ont affaire à un prêteur illégal, ce qui les incite à ne pas le signaler aux autorités. Les groupes de défense des consommateurs ont souligné que la suppression de l’exigence du consentement du procureur général réduirait les obstacles à l’application du taux d’intérêt criminel.

En réponse aux commentaires de cette consultation, afin de renforcer la boîte à outils de l’application de la loi, le budget de 2024 a annoncé que le gouvernement modifierait le Code criminel pour renforcer l’application du taux d’intérêt criminel en interdisant les offres de crédit à un taux d’intérêt criminel et en permettant des poursuites contre les prêteurs illégaux sans avoir à obtenir l’approbation du procureur général. La proposition d’interdire les offres de prêts à un taux criminel allégera la charge de travail des consommateurs et permettra aux organismes responsables de l’application de la loi de cibler directement les prêteurs illégaux. À la suite de l’annonce de ces mesures dans le budget de 2024, certains groupes de défense des consommateurs ont exprimé leur soutien.

Personnes-ressources

Judith Hamel
Directrice générale
Division des services financiers
Direction de la politique du secteur financier
Ministère des Finances Canada
90, rue Elgin
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5
TĂ©lĂ©phone : 613‑406‑4409
Courriel : judith.hamel@fin.gc.ca

Kenyatta Hawthorne
Avocat
Secteur des politiques
Section de la politique en matière de droit pénal
Ministère de la Justice Canada
284, rue Wellington
Ottawa (Ontario)
K1A 0H8
TĂ©lĂ©phone : 343‑571‑7283
Courriel : kenyatta.hawthorne@justice.gc.ca