DĂ©cret fixant les dates d’entrĂ©e en vigueur de dispositions de certaines lois : TR/2025-2

La Gazette du Canada, Partie II, volume 159, numéro 1

Enregistrement
TR/2025-2 Le 1er janvier 2025

LOI NO 1 D’EXÉCUTION DU BUDGET DE 2023
LOI D’EXÉCUTION DE L’ÉNONCÉ ÉCONOMIQUE DE L’AUTOMNE 2023
LOI NO 1 D’EXÉCUTION DU BUDGET DE 2024

Décret fixant les dates d’entrée en vigueur de dispositions de certaines lois

C.P. 2024-1321 Le 16 dĂ©cembre 2024

Sur recommandation de la ministre des Finances, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil :

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie du Décret.)

Proposition

Objectif

Le prĂ©sent dĂ©cret a pour objectif d’assurer l’entrĂ©e en vigueur des modifications apportĂ©es Ă  la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (LRPCFAT) concernant l’introduction d’un rĂ©gime pour dĂ©clarer les biens sanctionnĂ©s, renforcer le cadre d’inscription des entreprises de services monĂ©taires (ESM) en exigeant une vĂ©rification du casier judiciaire pour certaines personnes, et Ă©largir le règlement de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© (LRPC) et contre le financement des activitĂ©s terroristes (FAT) pour qu’il vise les acquĂ©reurs pour les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche. Plus prĂ©cisĂ©ment :

Contexte

Le Régime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (LRPC/FAT) contribue à protéger l’intégrité du système financier canadien ainsi que la sécurité des Canadiens en détectant, en dissuadant et en perturbant le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes, ainsi qu’en contribuant à décourager les infractions criminelles sous-jacentes qui génèrent des produits de la criminalité.

La Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (LRPCFAT), mise en Ĺ“uvre pour la première fois en 2000, est une loi clĂ© du RĂ©gime canadien de LRPC/FAT. Ses objectifs sont les suivants : faciliter la dissuasion, la dĂ©tection, les enquĂŞtes et les poursuites concernant les infractions de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes; lutter contre la criminalitĂ© organisĂ©e en fournissant aux agents chargĂ©s de l’application des lois les informations dont ils ont besoin tout en Ă©tablissant les garanties adĂ©quates en matière de confidentialitĂ©; aider Ă  remplir les engagements internationaux du Canada, notamment dans le cadre du Groupe d’action financière (GAFI), Ă  l’égard de la lutte mondiale contre la criminalitĂ© financière transnationale; et protĂ©ger le système financier canadien contre les abus. Ă€ ces fins, la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes oblige les entreprises et les professionnels rĂ©glementĂ©s par la Loi (c’est-Ă -dire les « entitĂ©s dĂ©clarantes Â») Ă  Ă©laborer et Ă  mettre en Ĺ“uvre des programmes de conformitĂ© pour Ă©tablir les clients, surveiller les relations d’affaires, tenir des registres et dĂ©clarer certains types de transactions financières. En outre, elle Ă©tablit CANAFE Ă  titre d’organisme de rĂ©glementation de la lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes et d’unitĂ© de renseignement financier du Canada. Plusieurs règlements soutiennent la LRPCFAT.

Au cours des dernières annĂ©es, le gouvernement a apportĂ© une sĂ©rie de modifications lĂ©gislatives et d’investissements pour renforcer et moderniser le cadre lĂ©gislatif et rĂ©glementaire en matière de LRPC/FAT, y compris des annonces dans le budget de 2023, le budget de 2024 et l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023.

Déclaration des biens sanctionnés

Avant l’invasion de l’Ukraine, les sanctions étaient principalement imposées contre des personnes, des entités et des pays ayant des liens économiques et financiers relativement faibles avec le Canada. La situation présentée par la Russie nécessite la mise en place de systèmes plus robustes pour à la fois recourir aux sanctions et lutter contre le contournement des sanctions, notamment au moyen de déclarations claires et efficaces des biens sanctionnés au Canada. Le budget de 2023 a annoncé l’imposition de modifications législatives et réglementaires pour créer un nouveau rapport sur les biens sanctionnés, qui devra être soumis à CANAFE par les entités déclarantes. Auparavant, les entités déclarantes devaient présenter au CANAFE une déclaration de biens appartenant à un groupe terroriste lorsqu’elles étaient tenues de faire une divulgation en vertu du Code criminel ou du Règlement d’application des résolutions des Nations Unies sur la lutte contre le terrorisme. Les informations figurant dans le nouveau rapport sur les biens sanctionnés traduiront fidèlement les informations déjà saisies en vertu des exigences antérieures en matière de déclaration de biens appartenant à un groupe terroriste (par exemple, les informations d’identification et les informations transactionnelles). Le rapport sur les biens sanctionnés exige également une déclaration pour les sanctions énumérées dans la Loi sur les mesures économiques spéciales, la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus et la Loi sur les Nations Unies.

Cadre d’inscription des ESM

Aux termes de la LRPCFAT, les ESM sont des personnes ou des entitĂ©s qui offrent un ou plusieurs des services suivants : opĂ©rations de change, remise ou transmission de fonds, Ă©mission ou rachat de mandats ou d’autres instruments semblables, nĂ©gociant en monnaie virtuelle ou proposant des services de plateforme de financement participatif, ou des personnes transportant des espèces ou des mandats, des chèques de voyage ou d’autres instruments nĂ©gociables. Le secteur des ESM est intrinsèquement vulnĂ©rable aux risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© en raison de la gamme de produits et de services qu’il offre, de son intĂ©gration au système financier et de sa vaste portĂ©e gĂ©ographique au Canada et Ă  l’étranger. Ce risque est accru lorsqu’un acteur criminel est capable d’infiltrer la structure d’entreprise d’une ESM. Lors de leur inscription auprès du CANAFE, les ESM Ă©trangères sont dĂ©jĂ  tenues de fournir au CANAFE une vĂ©rification du casier judiciaire de leur chef de la direction, de leur prĂ©sident, de leurs administrateurs et de toute personne qui contrĂ´le directement ou indirectement 20 % ou plus de l’entitĂ© ou des actions de l’entitĂ©. Pour gĂ©rer les risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et favoriser des règles de jeu Ă©quitables, le budget de 2023 a annoncĂ© des changements pour exiger que les ESM nationales soumettent de la mĂŞme manière des vĂ©rifications du casier judiciaire de leur prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral, de leur prĂ©sident, de leurs administrateurs et de toute personne qui contrĂ´le directement ou indirectement 20 % ou plus de l’ESM ou des actions de l’ESM au CANAFE lors de l’inscription (et de la rĂ©inscription) tous les deux ans. Ces exigences Ă©taient incluses dans la LEB 2023.

De plus, les modifications lĂ©gislatives introduites dans la LEB 2023 obligeraient Ă©galement les ESM Ă  obtenir et Ă  examiner les vĂ©rifications du casier judiciaire de leurs agents et Ă  soumettre les renseignements relatifs Ă  ces vĂ©rifications du casier judiciaire lors de leur inscription (et de leur rĂ©inscription) tous les deux ans auprès du CANAFE. En ce qui concerne les agents des ESM qui sont des « entitĂ©s Â» (c’est-Ă -dire des sociĂ©tĂ©s), le directeur gĂ©nĂ©ral, le prĂ©sident, les administrateurs et tout individu qui possède ou contrĂ´le, directement ou indirectement, 20 % ou plus de l’entitĂ© ou des actions de l’entitĂ©, doit Ă©galement ĂŞtre assujetti Ă  une vĂ©rification de casier judiciaire pour que l’ESM puisse soumettre ces renseignements au CANAFE lors de l’inscription (et de la rĂ©inscription) tous les deux ans. Toutes les informations relatives aux vĂ©rifications du casier judiciaire doivent avoir Ă©tĂ© obtenues auprès de l’autoritĂ© compĂ©tente au cours des six derniers mois (par rapport au moment de l’inscription ou de la rĂ©inscription), ce qui signifie que les ESM devraient effectuer les vĂ©rifications obligatoires du casier judiciaire avant leur inscription (et rĂ©inscription) tous les deux ans.

La LEB 2023 fournit aussi des dĂ©finitions liĂ©es aux vĂ©rifications des casiers judiciaires pour les ESM et leurs agents, interdit les personnes ayant certains antĂ©cĂ©dents criminels Ă  faire certains investissements dans une ESM ou Ă  exercer certaines fonctions au sein d’une telle entreprise. La Loi contient aussi une exigence gĂ©nĂ©rale pour la soumission d’un document qui prĂ©sente les antĂ©cĂ©dents criminels de certaines personnes et certains investisseurs au CANAFE lors de l’inscription ou de la rĂ©inscription d’une ESM tous les deux ans. La Loi Ă©tablit les exigences en matière de documentation des casiers judiciaires, ainsi qu’une exigence concernant la pĂ©riode de conservation rĂ©glementaire, des procĂ©dures de vĂ©rification et des exigences connexes. En gĂ©nĂ©ral, la loi dĂ©crit des exigences plus gĂ©nĂ©rales, notamment la prĂ©sentation d’un document provenant d’une autoritĂ© compĂ©tente qui fait Ă©tat des condamnations criminelles portĂ©es au dossier d’une personne, et les règlements fournissent d’autres dĂ©tails sur les renseignements Ă  inclure dans le document, tels que l’emplacement et le nom de l’autoritĂ© compĂ©tente.

Les modifications rĂ©glementaires fournissent plus de dĂ©tails Ă  l’appui des modifications lĂ©gislatives. Par exemple, en exigeant ce qui suit : la prĂ©sentation de documents qui Ă©tablissent la propriĂ©tĂ© et la structure de l’ESM; la prĂ©sentation de coordonnĂ©es et d’autres renseignements personnels concernant les personnes devant ĂŞtre assujetties Ă  une vĂ©rification du casier judiciaire; d’autres renseignements, comme la date et le lieu, qui doivent ĂŞtre inclus lors de la prĂ©sentation de renseignements liĂ©s Ă  la vĂ©rification du casier judiciaire; les dossiers relatifs Ă  la vĂ©rification du casier judiciaire Ă  conserver pendant cinq ans.

Enfin, le budget 2024 a annoncĂ©, et la LEB 2024 a intĂ©grĂ©, une modification technique pour ajouter une infraction criminelle Ă  la LRPCFAT pour tout manquement aux exigences liĂ©es Ă  la vĂ©rification du casier judiciaire des ESM et de leurs agents qui ont Ă©tĂ© annoncĂ©es dans le budget de 2023, assurant ainsi une cohĂ©rence avec les autres infractions des ESM liĂ©es Ă  l’inscription (par exemple l’exploitation d’une ESM non inscrite, et la fourniture de fausses nouvelles ou d’information trompeuse lors de l’inscription d’une ESM). Plus prĂ©cisĂ©ment, la modification Ă©nonce que, si on contrevient sciemment Ă  l’exigence qui impose qu’une ESM ne doive pas embaucher certaines personnes ayant des antĂ©cĂ©dents criminels interdits, cet acte serait considĂ©rĂ© comme Ă©tant une infraction criminelle passible : (i) d’une amende imposĂ©e par procĂ©dure sommaire d’au plus de 250 000 $ ou d’un emprisonnement maximal de deux ans moins un jour, ou les deux; (ii) d’une amende imposĂ©e par mise en accusation d’au plus de 500 000 $ ou d’un emprisonnement maximal de cinq ans, ou les deux.

Guichets automatiques privés à étiquette blanche

L’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023 a annoncĂ© l’intention du gouvernement Ă  dĂ©finir les acquĂ©reurs fournissant des services Ă  des guichets automatiques bancaires privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche comme Ă©tant des entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la LRPCFAT. Les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche sont des distributeurs automatiques de billets dĂ©tenus par des intĂ©rĂŞts privĂ©s et exploitĂ©s en entreprise privĂ©e qui sont très vulnĂ©rables au recyclage des produits de la criminalitĂ©. Ces distributeurs peuvent contenir des espèces illicites, que le public retire, alors que les institutions financières remboursent le propriĂ©taire de ces distributeurs avec des fonds effectivement « propres Â». Une Ă©valuation du renseignement stratĂ©gique de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de 2008 a conclu que des groupes criminels organisĂ©s avaient infiltrĂ© l’industrie des guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche et a estimĂ© que 315 millions de dollars par annĂ©e pourraient ĂŞtre blanchis grâce Ă  ces machines et potentiellement jusqu’à un milliard de dollars par an. Les acquĂ©reurs sont des entreprises intermĂ©diaires qui relient les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche Ă  un rĂ©seau de paiements. Le fait de dĂ©finir les acquĂ©reurs comme Ă©tant des entitĂ©s dĂ©clarantes en vertu de la LRPCFAT permettra au CANAFE de recueillir et d’analyser des renseignements sur les transactions effectuĂ©es aux guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche et de divulguer des renseignements aux organismes responsables de l’application de la loi afin d’aborder les risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© associĂ©s aux guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche. Les exigences imposĂ©es aux acquĂ©reurs permettront d’officialiser bon nombre des pratiques existantes de l’industrie.

Répercussions

Le prĂ©sent dĂ©cret fait entrer en vigueur les dispositions de la LEB 2023 concernant le rĂ©gime de biens sanctionnĂ©s pour les sanctions prĂ©vues dans la Loi sur les Nations Unies 60 jours après la prise du dĂ©cret. Le rĂ©gime de dĂ©claration des biens sanctionnĂ©s visĂ©s par la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales et la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus sera entièrement mis en Ĺ“uvre le 1er octobre 2025. Un dĂ©lai plus court pour les biens sanctionnĂ©s visĂ©s par la Loi sur les Nations Unies est requis pour respecter les obligations internationales du Canada liĂ©es au Groupe d’action financière. On s’attend Ă  ce que le nombre de biens sanctionnĂ©s et de dĂ©clarations ultĂ©rieures des biens sanctionnĂ©s aux termes de la Loi sur les Nations Unies soit très faible et ne devrait pas rendre nĂ©cessaire des modifications immĂ©diates aux systèmes informatiques des entitĂ©s dĂ©clarantes.

Le prĂ©sent dĂ©cret fixe aussi au 1er octobre 2025 la date d’entrĂ©e en vigueur de la lĂ©gislation permettant de rĂ©aliser le rĂ©gime de renforcement du cadre d’inscription des ESM, laquelle a Ă©tĂ© annoncĂ©e dans le budget de 2023 et intĂ©grĂ©e dans la LEB 2023, ainsi que de la modification technique connexe incluse dans la LEB 2024. Le dĂ©cret fait aussi entrer en vigueur les dispositions de la LEB 2023 pour mettre en Ĺ“uvre le rĂ©gime rĂ©glementaire pour les acquĂ©reurs des guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche en vertu de la LRPCFAT.

Le règlement qui fournit les dĂ©tails requis pour rĂ©aliser le cadre stratĂ©gique des mesures lĂ©gislatives liĂ©es Ă  la dĂ©claration des biens sanctionnĂ©s (le cadre d’inscription des ESM) et aux guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche a Ă©tĂ© publiĂ© au prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 6 juillet 2024, et a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada en mĂŞme temps que le prĂ©sent dĂ©cret. Le dĂ©cret en conseil prĂ©cise que les dates d’entrĂ©e en vigueur des modifications lĂ©gislatives cadreront avec celles des modifications lĂ©gislatives. Plus prĂ©cisĂ©ment, les modifications lĂ©gislatives liĂ©es Ă  la dĂ©claration de biens sanctionnĂ©s visĂ©s par la Loi sur les Nations Unies entrent en vigueur 60 jours après la date d’enregistrement du règlement, et elles entrent en vigueur le 1er octobre 2025 pour les biens sanctionnĂ©s visĂ©s par la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales et la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus. Les modifications lĂ©gislatives liĂ©es au cadre d’inscription des ESM et la rĂ©glementation sur les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche entrent en vigueur le 1er octobre 2025.

CANAFE est l’unitĂ© de renseignement financier du Canada et l’organisme de rĂ©glementation de la lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. Dans ce rĂ´le, CANAFE est chargĂ© d’assurer la conformitĂ© et l’application des mesures liĂ©es Ă  la dĂ©claration des biens sanctionnĂ©s, au cadre d’inscription des ESM, et aux guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche. La fonction de surveillance de CANAFE est entièrement financĂ©e grâce Ă  son modèle de financement par Ă©valuation des dĂ©penses, qui permet de facturer aux entitĂ©s dĂ©clarantes le coĂ»t annuel de son programme de conformitĂ©. CANAFE fournit des directives et des ressources aux entitĂ©s dĂ©clarantes sur son site Web : https://fintrac-canafe.canada.ca/guidance-directives/1-fra. Cela comprend Ă  la fois des directives par secteur et des directives dĂ©taillĂ©es rĂ©parties par exigence rĂ©glementaire. CANAFE mettra Ă  jour ces renseignements sur son site Web et informera les entitĂ©s dĂ©clarantes existantes avant l’entrĂ©e en vigueur des modifications lĂ©gislatives et rĂ©glementaires Ă  l’égard de la dĂ©claration des biens sanctionnĂ©s, du cadre d’inscription des ESM et des guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche.

CANAFE entreprendra aussi des activités de sensibilisation auprès des acquéreurs de guichets automatiques privés à étiquette blanche, car ils deviendront de nouvelles entités déclarantes, et il les aidera à établir des typologies pour mieux comprendre leurs risques en matière de recyclage des produits de la criminalité et de financement des activités terroristes. Avant la publication des nouvelles lignes directrices adaptées, les nouveaux secteurs déclarants peuvent également consulter la bibliothèque de lignes directrices existantes, qui est disponible sur le site Web de CANAFE. Une fois le règlement entré en vigueur, CANAFE mènera des activités de surveillance continues, y compris des évaluations pour assurer la conformité. En cas de non-conformité, CANAFE peut imposer des sanctions administratives pécuniaires ou prendre d’autres mesures d’application, au besoin. La politique de CANAFE en matière de sanctions administratives pécuniaires se trouve sur son site Web.

Aucune prĂ©occupation prĂ©cise n’a Ă©tĂ© signalĂ©e sur le plan financier, environnemental, Ă©conomique ou social. Les changements appuient des relations fĂ©dĂ©rales/provinciales/territoriales pour la lutte contre la criminalitĂ© financière. Plus particulièrement, la Commission of Inquiry into Money Laundering in British Columbia (Commission d’enquĂŞte sur le blanchiment d’argent en Colombie-Britannique) de 2022, connue sous le nom de « Commission Cullen Â», a recommandĂ© qu’il soit pertinent de mettre en Ĺ“uvre la rĂ©glementation sur les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale.

Le recyclage des produits de la criminalité constitue une menace à la sécurité de la population canadienne et à l’intégrité du système financier. Les mesures solidifient le régime de LRPC/FAT, contribuant ainsi à réduire les effets négatifs de la criminalité financière sur la population canadienne, le secteur financier et l’économie. De plus, la lutte contre le recyclage des produits de la criminalité aide à lutter contre les infractions criminelles qui génèrent des produits de la criminalité (comme la traite de personnes, la contrebande de drogues et d’armes, et la fraude). Les victimes de ces infractions incluent des personnes de divers groupes diversifiés, et souvent vulnérables, aux caractéristiques différentes, notamment les femmes, les peuples autochtones, les communautés noires ou autres communautés racisées/minorités visibles, les personnes âgées, et les nouveaux arrivants ou les immigrants.

Consultation

Les modifications rĂ©glementaires ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 6 juillet 2024, suivies d’une pĂ©riode de commentaires de 30 jours qui a pris fin le 5 aoĂ»t 2024. Le ministère des Finances a reçu des commentaires par l’entremise du Système de consultation rĂ©glementaire en ligne (SCRL) et par courriel. Le Ministère a reçu 16 observations au total (10 de la part d’associations industrielles et 6 provenant d’individus). Ce qui suit rĂ©sume les observations portant sur la dĂ©claration des biens sanctionnĂ©s, sur le cadre d’inscription des ESM et sur les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche.

Déclaration des biens sanctionnés

Le rĂ©gime proposĂ© pour les biens sanctionnĂ©s a Ă©tĂ© orientĂ© par les sĂ©ances de consultation tenues par le ministère des Finances auprès des principales banques du Canada en mai 2023. Ces sĂ©ances Ă©taient axĂ©es sur la mise en Ĺ“uvre des sanctions autonomes du Canada. Au cours des consultations, les banques canadiennes ont exprimĂ© des difficultĂ©s concernant l’ambiguĂŻtĂ© des exigences de communication de renseignements sur les biens sanctionnĂ©s et les incohĂ©rences dans l’approche de soumission des dĂ©clarations de biens sanctionnĂ©s. Ces commentaires ont Ă©clairĂ© les modifications proposĂ©es, qui contribuent Ă  garantir la clartĂ© des exigences en matière d’information et constituent une base pour des dĂ©clarations plus cohĂ©rentes des biens sanctionnĂ©s. Le rĂ©gime proposĂ© pour les biens sanctionnĂ©s a aussi Ă©tĂ© Ă©laborĂ© en consultation avec CANAFE, la GRC et le Service canadien du renseignement de sĂ©curitĂ©.

Les modifications rĂ©glementaires liĂ©es Ă  la dĂ©claration des biens sanctionnĂ©s ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 6 juillet 2024. Deux associations de l’industrie ont demandĂ© d’offrir une plus grande flexibilitĂ© pour les dispositions qui entreront en vigueur. Le ministère des Finances a donc prolongĂ© jusqu’au 1er octobre 2025 la pĂ©riode d’entrĂ©e en vigueur de la dĂ©claration de la majoritĂ© des biens sanctionnĂ©s visĂ©s par la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales et par la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants Ă©trangers corrompus. Des clarifications mineures ont Ă©tĂ© apportĂ©es au rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation et, au besoin, au projet de règlement pour faire suite aux commentaires fournis par les associations de l’industrie. Une association de l’industrie a aussi demandĂ© des lignes directrices du CANAFE, lesquelles sont Ă  venir. Enfin, deux associations de l’industrie ont demandĂ© d’éliminer la dĂ©claration existante des biens sanctionnĂ©s au Bureau du surintendant des institutions financières, au Service canadien du renseignement de sĂ©curitĂ© et Ă  la GRC. Une telle simplification nĂ©cessiterait des modifications lĂ©gislatives, ce qui est hors portĂ©e du rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation et des modifications rĂ©glementaires et n’est pas possible dans ce contexte. Par contre, le ministère des Finances consulte tout de mĂŞme ces organismes gouvernementaux pour dĂ©terminer s’il est possible de simplifier les obligations de dĂ©claration des biens sanctionnĂ©s dans de futures modifications lĂ©gislatives.

Cadre d’inscription des ESM

Les consultations menĂ©es par le ministère des Finances portaient prĂ©cisĂ©ment sur l’enjeu liĂ© au renforcement du cadre d’inscription des ESM lors d’une consultation publique visant Ă  trouver des moyens d’amĂ©liorer le RĂ©gime canadien de LRPC/FAT, qui s’est dĂ©roulĂ©e de juin Ă  aoĂ»t 2023. Les principaux intervenants, y compris l’Association canadienne des ESM, ont rĂ©pondu Ă  cette consultation en indiquant qu’ils Ă©taient d’accord avec l’objectif global de dissuader les demandeurs indĂ©sirables de s’inscrire en tant qu’ESM nationales ou Ă©trangères auprès du CANAFE, car cela contribuerait Ă  rĂ©duire le profil de risque global du secteur. En plus de cette consultation prĂ©cise sur le renforcement du cadre d’inscription des ESM, le ministère des Finances s’entretient rĂ©gulièrement avec le secteur des ESM sur diverses questions, gĂ©nĂ©ralement par l’intermĂ©diaire de l’Association canadienne des ESM.

Les modifications rĂ©glementaires liĂ©es au renforcement du cadre d’inscription des ESM ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 6 juillet 2024. Au cours des consultations, une association de l’industrie a demandĂ© d’exempter les institutions financières sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale qui sont Ă©galement des agents d’ESM de l’obligation d’effectuer des vĂ©rifications du casier judiciaire. Une telle exemption nĂ©cessiterait une modification lĂ©gislative Ă  la LRPCFAT, ce qui est hors portĂ©e des modifications rĂ©glementaires et n’est pas possible dans ce contexte. Le ministère des Finances examinera donc cette demande, en coordination avec le Bureau du surintendant des institutions financières, pour dĂ©terminer si cela serait possible dans le cadre d’une future modification lĂ©gislative. Une association de l’industrie a Ă©galement demandĂ© que le seuil d’actions dĂ©tenues soit haussĂ© pour les vĂ©rifications du casier judiciaire, passant de 20 % Ă  25 %, afin de cadrer avec les exigences en matière de propriĂ©tĂ© effective. Le ministère des Finances a pris cette demande en considĂ©ration, mais a dĂ©terminĂ© en fin de compte que le seuil de 20 % est dĂ©jĂ  le plus Ă©levĂ© possible pour permettre de limiter le fardeau administratif et de s’adapter aux pratiques du secteur, tout en s’attaquant aux risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes dans le secteur des ESM. Enfin, une association de l’industrie a aussi demandĂ© des lignes directrices Ă  jour du CANAFE, lesquelles sont Ă  venir.

Guichets automatiques privés à étiquette blanche

De juin Ă  aoĂ»t 2023, le gouvernement a tenu une Consultation sur le renforcement du RĂ©gime canadien de lutte contre le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes. La consultation a posĂ© une question prĂ©cise quant Ă  la possibilitĂ© d’étendre le cadre de la LRPC/FAT aux guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche, si oui, quelles obligations devraient s’appliquer. La plupart des commentaires reçus sur les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche Ă©taient favorables Ă  l’élargissement du cadre de la LRPC/FAT du Canada de façon Ă  inclure le secteur. D’ordre gĂ©nĂ©ral, les intervenants du secteur des guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche s’opposaient Ă  la rĂ©glementation de la LRPC/FAT, soutenant que le secteur dispose dĂ©jĂ  d’exigences et de procĂ©dures internes solides. Toutefois, en 2008, le ministère des Finances a collaborĂ© avec des reprĂ©sentants des rĂ©seaux de paiement canadiens afin d’élaborer un ensemble de règles sectorielles volontaires et autoapplicables pour attĂ©nuer les risques de recyclage des produits de la criminalitĂ© et de financement des activitĂ©s terroristes posĂ©s par les guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche. MalgrĂ© ces règles imposĂ©es par l’industrie, la GRC continue de signaler que les GAPEB sont soupçonnĂ©s d’être liĂ©s Ă  des activitĂ©s criminelles.

Ă€ la suite de la publication de l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne 2023, le ministère des Finances a tenu des sĂ©ances de mobilisation bilatĂ©rales et collectives avec plusieurs membres du secteur des guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche. Ces sĂ©ances de mobilisation avaient pour but de sensibiliser le secteur Ă  l’égard du RĂ©gime de LRPC/FAT, de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalitĂ© et le financement des activitĂ©s terroristes (LRPCFAT) et de son cadre rĂ©glementaire. Ces sĂ©ances ont Ă©tĂ© suivies de sĂ©ances plus dĂ©taillĂ©es donnant un aperçu des exigences potentielles en matière de LRPC/FAT Ă  l’étude. Cette approche a permis au ministère des Finances d’affiner sa politique rĂ©glementaire pour s’assurer qu’elle rĂ©pond aux risques posĂ©s par le secteur ainsi qu’aux pratiques commerciales des acquĂ©reurs de guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche. Les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es liĂ©es aux guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 6 juillet 2024. Aucun commentaire n’a Ă©tĂ© reçu sur les modifications proposĂ©es liĂ©es aux guichets automatiques privĂ©s Ă  Ă©tiquette blanche au cours de la pĂ©riode de consultation de 30 jours.

Personne-ressource

Erin Hunt
Directrice générale
Division des crimes financiers et de la sécurité
Direction de la politique du secteur financier
Ministère des Finances
90, rue Elgin
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5