Règlement modifiant le Règlement sur les dispositifs Ă©mettant des radiations (appareils Ă  laser) : DORS/2024-196

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 21

Enregistrement
DORS/2024-196 Le 27 septembre 2024

LOI SUR LES DISPOSITIFS ÉMETTANT DES RADIATIONS

C.P. 2024-1062 Le 27 septembre 2024

Sur recommandation du ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 13(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les dispositifs Ă©mettant des radiations rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les dispositifs Ă©mettant des radiations (appareils Ă  laser), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les dispositifs émettant des radiations (appareils à laser)

Modifications

1 La dĂ©finition de ministre, Ă  l’article 2 du Règlement sur les dispositifs Ă©mettant des radiations rĂ©fĂ©rence 1, est abrogĂ©e.

2 Le paragraphe 3(2) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Les normes énoncées à l’annexe II ou incorporées par renvoi pour les catégories prescrites de dispositifs émettant des radiations sont les normes prescrites qui régissent la conception, la fabrication et le fonctionnement de ces catégories de dispositifs émettant des radiations et de leurs éléments.

3 Les articles 7 et 8 de l’annexe I du mĂŞme règlement sont remplacĂ©s par ce qui suit :

7 Appareil Ă  laser : dispositif qui peut ĂŞtre induit, principalement par le processus d’émission stimulĂ©e contrĂ´lĂ©e, visant Ă  Ă©mettre ou Ă  amplifier un rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique dans une gamme de longueurs d’onde de 180 nm Ă  1 mm .

4 Les parties VII et VIII de l’annexe II du mĂŞme règlement sont remplacĂ©es par ce qui suit :

PARTIE VII
Appareils Ă  laser

Définitions et interprétation

1 Les définitions qui suivent s’appliquent à la présente partie.

norme CEI 60825-1
La norme de la Commission Ă©lectrotechnique internationale CEI 60825-1, Ă©dition 3.0, 2014-05, intitulĂ©e SĂ©curitĂ© des appareils Ă  laser – Partie #1 : Classification des matĂ©riels et exigences. (IEC 60825-1)
norme CEI 62471
La norme de la Commission électrotechnique internationale CEI 62471, édition 1.0, 2006-07, intitulée Sécurité photobiologique des lampes et des appareils utilisant des lampes. (IEC 62471)
norme CEI 62471-5
La norme de la Commission Ă©lectrotechnique internationale CEI 62471-5, Ă©dition 1.0, 2015-06, intitulĂ©e SĂ©curitĂ© photobiologique des lampes et des appareils utilisant des lampes – Partie #5 : Projecteurs d’images. (IEC 62471-5)

2 Pour l’application de la prĂ©sente partie :

Normes de conception, de fabrication et de fonctionnement

3 (1) Sauf disposition contraire de la présente partie, la conception, la fabrication et le fonctionnement de tout appareil à laser doivent être conformes aux exigences applicables précisées dans la norme CEI 60825-1, à l’exclusion de toute autre norme qui y est incorporée par renvoi.

(2) Est exemptĂ© de l’application du paragraphe (1) tout appareil Ă  laser :

Exception

(3) Est exemptĂ© de l’application de l’article 6 de la norme CEI 60825-1 et des articles 6 Ă  8 de la prĂ©sente partie, tout appareil Ă  laser visĂ© aux articles 4 et 5 de la norme CEI 60825-1 dont le niveau d’émission ne dĂ©passe pas, dans toutes les conditions de fonctionnement d’entretien et dĂ©faillance, la limite d’émission accessible de la classe 1.

4 (1) Sauf disposition contraire de la prĂ©sente partie, lorsque l’appareil Ă  laser est conçu pour fonctionner comme une lampe conventionnelle et qu’il satisfait aux critères prĂ©vus au paragraphe 4.4 de la norme CEI 60825-1, ses Ă©missions peuvent ĂŞtre Ă©valuĂ©es conformĂ©ment aux exigences applicables prĂ©cisĂ©es dans la norme CEI 62471 ou la norme CEI 62471-5.

(2) Il suffit que l’appareil Ă  laser visĂ© au paragraphe (1) soit conforme aux exigences de ce paragraphe ou au paragraphe 3(1).

5 Ne s’appliquent pas Ă  l’égard de l’appareil Ă  laser les Ă©lĂ©ments de la norme CEI 60825-1 suivants  :

Renseignements et étiquetage

Disposition générale

6 (1) Les renseignements visĂ©s aux articles 7 et 8 doivent ĂŞtre prĂ©sentĂ©s dans les deux langues officielles.

Exceptions

(2) Est exemptĂ© de l’application des articles 7 et 8 tout appareil Ă  laser :

Renseignements

7 (1) Sauf disposition contraire de la prĂ©sente partie, le fabricant, le distributeur et l’importateur veillent Ă  ce que les renseignements prĂ©vus Ă  l’article 8.1 de la norme CEI 60825-1 ou, le cas Ă©chĂ©ant, aux paragraphes 6.6 et 6.7 de la norme CEI 62471-5 accompagnent tout appareil Ă  laser.

(2) Les renseignements visĂ©s aux points 8.1a), c), f) et i) de la norme CEI 60825-1 sont exigĂ©s lorsque « l’émission accessible Â» au sens du paragraphe 3.2 de cette norme d’un appareil Ă  laser pendant son fonctionnement ou son entretien est supĂ©rieure Ă  celle des appareils Ă  laser de classe 3R conformĂ©ment au point 5.3d) de la mĂŞme norme.

(3) Les exigences en matière de renseignements supplĂ©mentaires visĂ©es au paragraphe 8.2 de la norme CEI 60825-1 ne s’appliquent pas aux appareils Ă  laser.

Étiquetage

8 (1) Tout appareil Ă  laser doit porter des Ă©tiquettes qui satisfont aux exigences de l’article 7 de la norme CEI 60825-1 ou, le cas Ă©chĂ©ant, du paragraphe 6.5 de la norme CEI 62471-5.

(2) Tout appareil Ă  laser conçu pour fonctionner comme une lampe conventionnelle doit ĂŞtre muni d’étiquettes qui satisfont aux exigences du paragraphe 4.4 de la norme CEI 60825-1 et, le cas Ă©chĂ©ant, des paragraphes 6.5 et 6.7 de la norme CEI 62471-5.

(3) Outre les renseignements visĂ©s au paragraphe 4.4. et Ă  l’article 7 de la norme CEI 60825-1, les Ă©tiquettes de tout appareil Ă  laser, notamment celui conçu pour fonctionner comme une lampe conventionnelle, doivent indiquer :

(4) MalgrĂ© l’article 6, les renseignements visĂ©s aux alinĂ©as (3)a) Ă  d) sont indiquĂ©s dans au moins une langue officielle.

Entrée en vigueur

5 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur au premier anniversaire de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

La lumière provenant d’un laser est une source de rayonnement optique fortement focalisé et cohérent, qui prend généralement la forme d’un petit faisceau étroit. Les sources de lumière laser peuvent transporter beaucoup d’énergie sur de longues distances (plusieurs kilomètres). Bien que certains appareils à laser soient considérés comme étant sécuritaires, d’autres peuvent être extrêmement dangereux et nécessiter l’application de mesures de sécurité pour éviter qu’une personne soit exposée, même de façon momentanée, à une partie directe ou réfléchie du faisceau. Lorsque les tissus biologiques absorbent une quantité suffisante d’énergie laser, des blessures graves et permanentes peuvent survenir. Selon la conception de l’appareil à laser, les effets peuvent aller de légères brûlures cutanées à des lésions irréversibles de la peau et des yeux (ce qui comprend la cécité). Les données sont de plus en plus nombreuses à indiquer que les lasers causent des blessures au sein de la population canadienne.

Les lasers sont utilisĂ©s dans une vaste gamme croissante de produits et d’applications, notamment dans les domaines de l’industrie, des produits de consommation, de la mĂ©decine, de la recherche, de la sĂ©curitĂ©, de la dĂ©fense, du maintien de l’ordre, de la lutte antiparasitaire et des transports. Les progrès technologiques, en particulier ceux liĂ©s aux sources optiques (par exemple nouvelles bandes de longueur d’onde, puissances de sortie accrues, dĂ©veloppement d’impulsions ultracourtes) et aux sources d’énergie (par exemple batteries permettant la portabilitĂ©), ont transformĂ© le paysage des appareils Ă  laser, dont beaucoup peuvent maintenant ĂŞtre achetĂ©s en ligne par la population canadienne. La baisse du coĂ»t des composants laser a permis d’amĂ©liorer l’accessibilitĂ© des nouvelles applications des technologies laser, y compris de celles qui fonctionnent Ă  des niveaux d’émission jugĂ©s dangereux pour l’usage auquel elles sont destinĂ©es.

Contrairement au Canada, de nombreux autres pays, dont les partenaires commerciaux du Canada, ont adopté la classification des lasers selon une norme internationale reconnue pour gérer les risques en la matière. La classification des lasers fournit des renseignements sur le potentiel d’un produit à causer des effets nocifs biologiques.

Dans ce contexte, le cadre réglementaire en vigueur qui s’applique aux appareils à laser et qui est prévu par la Loi sur les dispositifs émettant des radiations ne tient pas compte de la diversité du secteur, n’est pas harmonisé avec le système de classification fondé sur les dangers actuellement reconnu par d’autres pays et ne permet pas de protéger adéquatement la population canadienne contre les risques associés à l’utilisation des appareils à laser.

Contexte

La surveillance qu’exerce SantĂ© Canada Ă  l’égard des appareils Ă  laser s’applique Ă  l’importation ou Ă  la vente de ces appareils au Canada. Ce sont les provinces et les territoires qui rĂ©glementent principalement en ce qui concerne l’utilisation des appareils Ă  laser (par exemple installation sĂ©curitaire, fonctionnement et formation).

La Loi sur les dispositifs Ă©mettant des radiations et son Règlement sur les dispositifs Ă©mettant des radiations (RDER) confèrent les pouvoirs en matière de surveillance après la mise en marchĂ© de façon Ă  protĂ©ger la santĂ© et la sĂ©curitĂ© de la population canadienne contre l’exposition aux rayonnements provenant des dispositifs Ă©mettant des radiations qui sont importĂ©s, louĂ©s ou vendus au Canada, ce qui comprend les lasers. La Loi vise un vaste Ă©ventail de produits Ă©mettant des radiations, tels que des produits de consommation, des instruments mĂ©dicaux et des produits industriels, mais elle s’étend aussi Ă  de nombreux autres appareils Ă  laser, dont ceux utilisĂ©s pour l’enseignement. Le RDER Ă©tablit entre autres des normes de radioprotection relatives Ă  la conception, Ă  la construction, Ă  la performance et aux renseignements d’étiquetage pour deux catĂ©gories prĂ©cises d’appareils Ă  laser seulement : les explorateurs laser (annexe II, partie VII) et les lasers de dĂ©monstration (annexe II, partie VIII). Ces deux parties du RDER n’ayant pas Ă©tĂ© modifiĂ©es depuis plus de 30 ans, elles ne tiennent pas compte des connaissances scientifiques actuelles sur les risques pour la santĂ© et la sĂ©curitĂ©, ne s’appliquent qu’à une gamme très limitĂ©e de produits et sont dĂ©phasĂ©es par rapport aux normes internationales adoptĂ©es par les autoritĂ©s rĂ©glementaires d’autres pays.

Les lasers destinés à des applications médicales sont réglementés par la Loi sur les aliments et drogues et par son Règlement sur les instruments médicaux (RIM).

De nos jours, la facilitĂ© d’accès aux appareils Ă  laser suscite des inquiĂ©tudes, car de nombreuses applications peuvent faire intervenir des lasers fonctionnant Ă  des niveaux d’émission jugĂ©s dangereux. Par exemple, les consommateurs canadiens peuvent facilement se procurer en ligne des lasers portatifs et des pointeurs laser qui Ă©mettent des niveaux Ă©levĂ©s de rayonnement et qui peuvent causer des effets graves aux utilisateurs et aux personnes Ă  proximitĂ©. En cas de mauvaise utilisation, les risques touchent Ă  la fois Ă  la santĂ© humaine (par exemple lĂ©sions oculaires, brĂ»lures des tissus) et Ă  la sĂ©curitĂ© publique (par exemple illumination d’aĂ©ronefs). Qui plus est, les lĂ©sions oculaires causĂ©es par le laser peuvent survenir plus rapidement que la capacitĂ© de l’œil Ă  se protĂ©ger par le rĂ©flexe de clignement. Selon une enquĂŞte menĂ©e par SantĂ© Canada en 2018 auprès d’optomĂ©tristes et d’ophtalmologistes canadiens, un total de 318 lĂ©sions oculaires dues aux lasers ont Ă©tĂ© recensĂ©es entre 2013 et 2017, soit une augmentation annuelle de 34,4 % au cours de cette pĂ©riode. Les rĂ©sultats ont rĂ©vĂ©lĂ© une forte association entre la prĂ©sence de lĂ©sions rĂ©tiniennes et la gravitĂ© de la perte de vision. Parmi les cas les plus graves, l’atteinte allait de mineure Ă  modĂ©rĂ©e et, dans la moitiĂ© des cas signalĂ©s, les troubles visuels ont persistĂ© pendant plus de trois mois.

De plus en plus, les organismes de rĂ©glementation internationaux, dont bon nombre de partenaires commerciaux du Canada, ont adoptĂ© ou s’apprĂŞtent Ă  adopter la norme de la Commission Ă©lectrotechnique internationale (CEI) CEI 60825-1, SĂ©curitĂ© des appareils Ă  laser – Partie 1 : Classification des matĂ©riels et exigences, Ă©dition 3.0, 60825-1:2014 (la norme CEI), comme principale norme de sĂ©curitĂ© pour les lasers. La norme CEI dĂ©finit la mĂ©thodologie et les règles de classification des lasers, les exigences en matière d’étiquetage et de renseignements, et les caractĂ©ristiques de sĂ©curitĂ© techniques correspondant Ă  chaque classe de laser. Elle est reconnue Ă  l’échelle internationale et permet de favoriser la cohĂ©rence et la pertinence du processus d’identification des dangers liĂ©s aux lasers, d’assurer la sĂ©curitĂ© et de faciliter les Ă©changes commerciaux. Selon cette norme, les appareils Ă  laser sont classĂ©s en fonction du danger qu’ils prĂ©sentent, du plus faible au plus Ă©levĂ©, avec une dĂ©signation de classe (c’est-Ă -dire classe 1, 1C, 1M, 2, 2M, 3R, 3B, 4), et les exigences en matière de construction et d’étiquetage sont adaptĂ©es Ă  la classe de danger, le danger le plus Ă©levĂ© (classes 3B et 4) Ă©tant assorti des exigences de sĂ©curitĂ© les plus strictes. La norme peut ĂŞtre appliquĂ©e autant aux appareils Ă  laser existants qu’aux appareils Ă  laser Ă©mergents, car elle n’est pas fondĂ©e sur des produits prĂ©cis, mais bien sur les caractĂ©ristiques d’émission du laser. Le Canada a participĂ© Ă  l’élaboration de la norme CEI.

En ce qui concerne les appareils Ă  laser destinĂ©s au grand public, les lasers portatifs font l’objet d’une certaine surveillance aux termes de la Loi canadienne sur la sĂ©curitĂ© des produits de consommation (LCSPC). Pour l’application de cette loi, SantĂ© Canada considère que les pointeurs laser portatifs destinĂ©s au grand public de classe 3B ou 4 selon la classification des dangers de la norme CEI constituent un danger pour la santĂ© ou la sĂ©curitĂ© humaines. Les produits de consommation visĂ©s par la LCSPC qui rĂ©pondent aux critères de danger pour la santĂ© ou la sĂ©curitĂ© humaines ne peuvent ĂŞtre vendus, importĂ©s, annoncĂ©s ou fabriquĂ©s au Canada. Toutefois, comme la LCSPC ne contient pas d’exigence rĂ©glementaire explicite selon laquelle les appareils Ă  laser doivent porter une Ă©tiquette indiquant leur classification selon la norme CEI, il est difficile de dĂ©terminer la classe Ă  laquelle un appareil Ă  laser appartient, ce qui limite la capacitĂ© de SantĂ© Canada Ă  faire respecter cette interdiction.

SantĂ© Canada a Ă©galement constatĂ© qu’un grand nombre de pointeurs laser bon marchĂ© importĂ©s au Canada sont des produits de haute puissance qui sont Ă©tiquetĂ©s Ă  tort comme des produits de faible puissance ou qui ne sont pas Ă©tiquetĂ©s du tout. Entre 2011 et 2023, SantĂ© Canada a analysĂ© et classĂ© 581 lasers portatifs conformĂ©ment aux articles 4 et 5 de la norme CEI; dans 86 % des cas, l’étiquetage Ă©tait erronĂ©, absent ou incomplet. En l’absence d’étiquette, les inspecteurs saisissent le produit pour en faire un examen plus approfondi; ils utilisent de l’équipement et des mĂ©thodes de mesure du rayonnement laser pour dĂ©terminer le niveau d’émission de l’appareil Ă  laser et la classe de danger Ă  laquelle il appartient. Pour les vĂ©rifications de la conformitĂ© ponctuelles, cette façon de faire n’est ni pratique ni raisonnable, compte tenu des ressources requises (par exemple analyse, transport du produit, etc.), de la diversitĂ© des produits sur le marchĂ© et de la nĂ©cessitĂ© de formuler des recommandations Ă  court prĂ©avis, surtout en ce qui concerne l’admissibilitĂ© au Canada au point d’importation.

En l’absence d’une obligation de divulgation claire de la classification des appareils à laser au Canada, il est impossible de connaître le niveau de danger réel d’un appareil à laser sans effectuer des analyses approfondies et sans le classer. Santé Canada doit moderniser son processus de surveillance réglementaire des appareils à laser aux termes du RDER afin d’assurer la sécurité radiologique d’une gamme élargie d’appareils à laser qui peuvent présenter un risque d’effets graves et qui sont de plus en plus accessibles au public.

Objectif

Les objectifs de la proposition sont les suivants :

Mieux protĂ©ger la population canadienne et contribuer Ă  rĂ©duire les blessures causĂ©es par la vaste gamme croissante de technologies laser actuellement offertes sur le marchĂ©. Le rĂ©sultat souhaitĂ© est une augmentation du nombre de produits Ă©tiquetĂ©s Ă  l’importation, une amĂ©lioration de l’exactitude de l’étiquetage vĂ©rifiĂ© Ă  l’inspection et une rĂ©duction du taux annuel de lĂ©sions oculaires dues aux appareils Ă  laser signalĂ©es par les optomĂ©tristes et les ophtalmologistes canadiens. Pour ce faire, il faudra :

Description

Les modifications remplaceront les exigences actuelles relatives aux explorateurs laser et aux lasers de démonstration énoncées dans le RDER par des exigences modernes applicables à la vaste gamme d’appareils à laser maintenant accessibles à la population canadienne, exigences proportionnelles au niveau de danger des appareils.

Plus prĂ©cisĂ©ment, les modifications :

Les renvois Ă  la norme CEI prĂ©vus dans les modifications rĂ©glementaires sont statiques.

Des modifications mineures, qui ne concernent pas des questions de fond, seront également apportées; ces modifications visent à moderniser la terminologie désuète, à s’aligner sur le langage réglementaire contemporain et à supprimer les définitions inutiles qui figurent déjà dans la Loi.

Dans certains cas, SantĂ© Canada s’est Ă©cartĂ© de la norme CEI pour tenir compte du contexte canadien. Les Ă©carts par rapport Ă  la norme CEI sont les suivants :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Au printemps 2021, SantĂ© Canada a menĂ© une consultation prĂ©alable Ă  la publication dans la Partie I de la Gazette du Canada sur les modifications proposĂ©es au RDER. La consultation a eu lieu en ligne, pendant 60 jours, soit du 30 juin 2021 au 30 aoĂ»t 2021.

La consultation de SantĂ© Canada visait Ă  obtenir des commentaires et des rĂ©actions sur les points suivants :

Au total, SantĂ© Canada a reçu 18 rĂ©ponses de la part d’importateurs, de distributeurs et de fabricants, d’universitaires et de groupes de recherche, d’associations professionnelles, d’associations industrielles et de particuliers. Dans l’ensemble, les rĂ©pondants Ă©taient favorables Ă  une approche rĂ©glementaire qui s’aligne sur certaines parties de la norme CEI et n’ont exprimĂ© aucune objection Ă  l’abrogation de l’annexe II, parties VII et VIII, du RDER.

Santé Canada a retiré l’exigence accrue en matière de tenue de registres qu’il proposait, et ce, en raison de préoccupations relatives au fardeau administratif.

Même si les répondants appuyaient l’introduction de limites de classe ou de longueur d’onde pour certains appareils à laser, Santé Canada ne propose pour l’instant que des exigences pour la classification des lasers, les caractéristiques techniques, l’étiquetage et les renseignements à fournir. Les limites de classe applicables à des produits précis, par exemple les jouets, seront examinées de façon plus approfondie à une date ultérieure, au besoin, en fonction de l’efficacité de la réglementation et si des produits présentant un risque élevé sont repérés.

En ce qui concerne l’introduction d’un Ă©tiquetage bilingue, d’une Ă©tiquette d’identification et de renseignements Ă  fournir aux utilisateurs dans les deux langues officielles, la plupart des rĂ©pondants s’y sont montrĂ©s favorables, mais ont fait Ă©tat de difficultĂ©s liĂ©es aux petits produits dont la surface est limitĂ©e et aux produits utilisĂ©s dans des environnements stĂ©riles ou dangereux oĂą le matĂ©riau de l’étiquette lui-mĂŞme peut ĂŞtre dangereux ou compromettre la stĂ©rilitĂ© souhaitĂ©e. Il convient toutefois de noter que la norme CEI accepte la gravure d’étiquettes Ă©quivalentes sur les appareils Ă  laser ou les panneaux. Si la conception du produit rend l’étiquetage difficilement rĂ©alisable, les renseignements d’étiquetage requis doivent ĂŞtre inclus dans les renseignements Ă  fournir aux utilisateurs ou sur l’emballage.

Les rĂ©pondants ont indiquĂ© que les coĂ»ts de traduction des Ă©tiquettes et des renseignements bilingues proposĂ©s Ă  fournir aux utilisateurs constituaient le coĂ»t le plus important associĂ© Ă  la proposition. Toutefois, comme la norme CEI existe dĂ©jĂ  en français et en anglais (ce qui comprend le libellĂ© descriptif, les Ă©noncĂ©s explicatifs et les avertissements supplĂ©mentaires), les coĂ»ts sont attĂ©nuĂ©s.

Publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le projet de Règlement modifiant le Règlement sur les dispositifs Ă©mettant des radiations (appareils Ă  laser) [le Règlement] a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada le 1er juillet 2023; la publication a Ă©tĂ© suivie d’une pĂ©riode de commentaires de 75 jours. SantĂ© Canada a reçu 23 commentaires d’universitaires, d’entreprises, d’associations, d’organisations et de particuliers. La majoritĂ© des intervenants Ă©tait favorable Ă  l’approche proposĂ©e qui consiste Ă  harmoniser les exigences relatives aux appareils Ă  laser avec les exigences de la norme CEI, et reconnaissait la nĂ©cessitĂ© d’actualiser le règlement existant.

Certains intervenants ont formulé des commentaires sur des aspects de la sécurité des lasers, tels que les exigences en matière de formation et d’équipement de protection qui, bien qu’ils fassent partie intégrante de l’utilisation sécuritaire des appareils à laser, ne s’inscrivent pas dans la portée de la proposition ni dans le rôle de Santé Canada en ce qui concerne les dispositifs émettant des radiations. Les commentaires portant sur l’installation et l’utilisation en toute sécurité des appareils à laser ont été transmis aux membres du Comité de radioprotection fédéral-provincial-territorial pour qu’ils les examinent.

Les membres de l’industrie ont fait ressortir la nĂ©cessitĂ© de clarifier les exemptions ainsi que certains aspects des exigences en matière d’étiquetage et de renseignements, comme l’emplacement des Ă©tiquettes, les renseignements Ă  indiquer sur l’emballage et la possibilitĂ© d’utiliser des codes QR au lieu des Ă©tiquettes de produit, ou encore la possibilitĂ© d’utiliser des codes-barres associĂ©s Ă  la date de fabrication. En ce qui concerne les codes QR et les codes-barres, les utilisateurs doivent ĂŞtre capables de lire et d’interprĂ©ter les Ă©tiquettes de produit sans avoir Ă  consulter une source externe, qui pourrait avoir Ă©tĂ© vĂ©rifiĂ©e ou non. Les codes QR et les codes-barres ne permettent donc pas de satisfaire aux exigences d’étiquetage. Une partie rĂ©glementĂ©e pourrait dĂ©cider d’ajouter, de son plein grĂ©, un code QR ou un code-barres sur son appareil Ă  laser, en plus de l’étiquette contenant les donnĂ©es d’identification et l’origine du produit et les Ă©tiquettes requises par la norme CEI, mais elle ne pourrait pas remplacer les renseignements Ă  fournir aux utilisateurs conformĂ©ment Ă  la norme CEI par un code QR. En rĂ©ponse Ă  ces commentaires, le Règlement a Ă©tĂ© rĂ©visĂ© par souci de clartĂ©, et des documents de soutien seront mis en ligne au moment de la publication dĂ©finitive.

Quelques intervenants ont demandĂ© l’imposition de limites de classe ou de longueur d’onde pour certains produits (par exemple les jouets). En dĂ©cidant d’adopter des exigences de classification gĂ©nĂ©rale, d’étiquetage et de sĂ©curitĂ© qui sont harmonisĂ©es avec la norme CEI, SantĂ© Canada peut appliquer des exigences de base en matière de sĂ©curitĂ© Ă  une gamme Ă©largie d’appareils Ă  laser, en plus de favoriser une utilisation Ă©clairĂ©e et sĂ©curitaire ainsi qu’une meilleure comprĂ©hension du niveau de danger des appareils Ă  laser chez les utilisateurs finaux. La dĂ©cision permet Ă©galement d’harmoniser les exigences canadiennes avec celles d’autres pays, crĂ©ant ainsi des gains d’efficience pour les parties rĂ©glementĂ©es qui se conforment dĂ©jĂ  Ă  la norme CEI. L’imposition de limites de classe et de longueur d’onde pour des produits prĂ©cis sera examinĂ©e de façon plus approfondie Ă  une date ultĂ©rieure, au besoin, en fonction de l’efficacitĂ© de la proposition actuelle et selon les produits prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© qui seront repĂ©rĂ©s.

Pour ce qui a trait Ă  l’incorporation de la norme CEI, certains commentaires reçus prĂ©conisaient l’utilisation de renvois dynamiques plutĂ´t que statiques. Il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© d’avoir recours Ă  des renvois statiques, car ceux-ci permettent de conserver un droit de regard sur le contenu et garantissent la concordance de la numĂ©rotation et des extraits incorporĂ©s par renvoi dans les modifications avec la norme CEI. Le Règlement s’aligne sur des parties prĂ©cises de la norme CEI, mais il s’en Ă©carte aussi Ă  certains Ă©gards, ce qui procure une plus grande marge de manĹ“uvre aux parties rĂ©glementĂ©es. Par ailleurs, certaines parties de la norme CEI n’ont pas Ă©tĂ© incorporĂ©es, car elles portent sur des domaines qui ne s’inscrivent pas dans le mandat de SantĂ© Canada. Il n’est pas prĂ©vu que les rĂ©visions futures de la norme CEI fassent l’objet de changements majeurs. NĂ©anmoins, si des changements Ă©taient apportĂ©s Ă  la norme, il se pourrait qu’ils ne cadrent pas avec la lĂ©gislation et les objectifs de la rĂ©glementation du Canada.

Certains rĂ©pondants ont recommandĂ© la reconnaissance de la norme E60825-1 du Groupe CSA (anciennement l’Association canadienne de normalisation), tandis que d’autres ont dit souhaiter l’harmonisation du Règlement avec la rĂ©glementation et les normes des États-Unis ou de l’Union europĂ©enne Ă  des fins de simplification. Bien que la norme du Groupe CSA soit identique Ă  la norme CEI Ă  de nombreux Ă©gards, elle contient Ă©galement d’autres exigences du code de l’électricitĂ© qui dĂ©passent le champ d’application du RDER. La norme CEI est une norme largement reconnue Ă  l’échelle internationale, et l’industrie la connaĂ®t bien. L’Union europĂ©enne et les États-Unis ont dĂ©jĂ  adoptĂ© la norme CEI ou sont en voie de le faire. De plus, les Ă©carts par rapport Ă  la norme CEI prĂ©vus dans le Règlement visent Ă  reflĂ©ter le contexte canadien; rien de tel ne figurerait donc dans la rĂ©glementation des États-Unis ou de l’Union europĂ©enne.

Une partie a proposĂ© une pĂ©riode de transition plus longue (soit de 24 mois plutĂ´t que la pĂ©riode de 12 mois proposĂ©e avant la date d’entrĂ©e en vigueur) pour permettre Ă  l’industrie d’apporter entièrement les modifications proposĂ©es Ă  la conception et Ă  la production des appareils Ă  laser. Il s’agit du seul commentaire reçu Ă  propos de la pĂ©riode de transition. Le choix d’une pĂ©riode de transition de 12 mois s’explique par le risque continu que pose actuellement l’absence de rĂ©glementation Ă  jour sur les appareils Ă  laser existants et les appareils Ă  laser Ă©mergents. De plus, SantĂ© Canada ne veut pas que le Canada devienne une destination de choix pour les stocks non conformes aux exigences de la norme CEI, car les risques pour la population canadienne s’en trouveraient augmentĂ©s. Comme la norme CEI existe depuis 2014, la majoritĂ© des entreprises s’y conforme dĂ©jĂ , et les Ă©tiquettes supplĂ©mentaires requises par le règlement modifiĂ© (par exemple donnĂ©es d’identification aux fins de suivi et date de fabrication) peuvent ĂŞtre placĂ©es sur les stocks existants Ă  faible coĂ»t.

Les changements ci-après ont Ă©tĂ© apportĂ©s au Règlement en rĂ©ponse aux commentaires reçus :

Certaines modifications ont Ă©tĂ© apportĂ©es au prĂ©sent rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (REIR) pour clarifier le champ d’application des modifications rĂ©glementaires, notamment en ce qui concerne les exemptions et certains aspects des exigences en matière d’étiquetage et de renseignements (par exemple la date de fabrication). La description des activitĂ©s de SantĂ© Canada et de celles des provinces et territoires pour ce qui a trait Ă  la surveillance de la formation et de l’utilisation des appareils Ă  laser a Ă©galement Ă©tĂ© clarifiĂ©e dans le prĂ©sent REIR.

Au sujet de l’analyse coĂ»ts-avantages, un des rĂ©pondants a demandĂ© si les fabricants de lasers qui sont Ă©tablis au Canada, mais qui exportent leurs produits Ă  l’échelle internationale, avaient Ă©tĂ© pris en compte dans la section « Avantages et coĂ»ts Â» du prĂ©sent document. Les fabricants de lasers Ă©tablis au Canada qui exportent leurs produits Ă  l’échelle internationale n’ont pas Ă©tĂ© inclus dans l’analyse, car la Loi sur les dispositifs Ă©mettant des radiations ne confère pas les pouvoirs nĂ©cessaires pour rĂ©glementer les appareils Ă  laser exportĂ©s; seuls les appareils Ă  laser importĂ©s, vendus ou louĂ©s au Canada sont visĂ©s par la Loi. Un autre rĂ©pondant a demandĂ© si les « intĂ©grateurs Â» avaient Ă©tĂ© pris en compte dans les calculs d’analyse. Les intĂ©grateurs sont des entreprises qui font l’acquisition d’un laser auprès d’un fabricant, d’un importateur ou d’un distributeur pour l’intĂ©grer dans un système plus gros. Normalement, un intĂ©grateur serait considĂ©rĂ© comme un fabricant (Ă©tant donnĂ© qu’il vend un produit fini), mais des recherches Internet approfondies sur l’activitĂ© des importateurs ont permis de trouver d’autres fabricants (19) et d’autres importateurs et distributeurs (28) qui ont dĂ©sormais Ă©tĂ© inclus dans l’analyse coĂ»ts-avantages.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, Santé Canada a procédé à une analyse pour déterminer si la proposition réglementaire était susceptible de donner lieu à des obligations découlant des traités modernes. L’analyse s’est penchée sur la portée géographique et l’objet de la proposition par rapport aux traités modernes en vigueur, et aucune obligation relative aux traités modernes n’a été relevée, comme l’a validé le Bureau des affaires autochtones et de la mobilisation.

Choix de l’instrument

Santé Canada a envisagé les options qui suivent.

(1) Conserver le régime de réglementation et de conformité volontaire actuel

Dans le cadre de cette option, le Canada continuerait de s’en remettre Ă  la conformitĂ© volontaire Ă  la norme CEI et n’apporterait aucun changement Ă  la rĂ©glementation en vigueur. Bien que cette option soit viable pour certains fabricants qui mènent dĂ©jĂ  des activitĂ©s dans d’autres pays qui exigent le respect de la norme CEI, il est de plus en plus Ă©vident que certains fabricants contournent la norme CEI ou en font fi. La rĂ©glementation en vigueur est dĂ©passĂ©e, ne s’applique qu’à deux types de produits et n’est pas harmonisĂ©e avec la rĂ©glementation d’autres pays. Le fait de devoir se conformer aux diffĂ©rentes exigences rĂ©glementaires des diffĂ©rents pays constitue un fardeau pour l’industrie. En n’utilisant pas les mesures de protection et les directives rĂ©glementaires reconnues les plus modernes, le Canada risque de devenir une destination de choix pour les lasers dangereux. Cette option est donc irrĂ©alisable en raison du risque que reprĂ©sentent les appareils Ă  laser existants, ainsi que le nombre croissant d’appareils Ă  laser et de nouvelles applications.

(2) Classer les nouvelles applications laser aux termes de la Loi sur les dispositifs émettant des radiations et mettre à jour le RDER existant

Autrement, Santé Canada pourrait ajouter de nouvelles classes pour d’autres applications laser, comme les pointeurs laser, les outils de télémétrie et les lecteurs optiques, et mettre à jour les normes prescrites existantes dans le RDER pour les explorateurs laser et les lasers de démonstration. Cependant, le fait de prescrire de nouvelles classes ne constitue pas une solution pratique à long terme, car il faudrait modifier la réglementation à maintes reprises, et la capacité à traiter les risques liés aux applications nouvelles et imprévues serait limitée. Les nouvelles applications se multiplient, et cette tendance devrait se poursuivre, car les lasers sont intégrés dans un nombre croissant de produits industriels, de recherche, de sécurité, de consommation et de télécommunications. Si le Canada décide de réglementer chaque nouvelle application laser, le RDER accusera toujours du retard par rapport aux progrès de l’industrie et à l’offre de produits sur le marché. Comme dans la première option envisagée, le Canada ne serait pas harmonisé avec ses partenaires étrangers, ce qui imposerait à l’industrie le fardeau de se conformer à de multiples exigences réglementaires. En outre, rien ne serait fait face au risque posé par le nombre croissant d’appareils à laser dangereux au Canada ni au manque d’information de la population canadienne sur les risques pour la santé que présentent les appareils à laser existants, risques qu’il faut connaître pour permettre une utilisation sécuritaire.

(3) Modifier le RDER pour l’harmoniser avec une norme internationale relative aux lasers

Dans l’esprit d’un régime réglementaire plus souple, l’option privilégiée consiste à créer une nouvelle classe prescrite de dispositifs émettant des radiations qui englobe tous les appareils à laser et à imposer un système de classification fondé sur les dangers assorti de mesures de contrôle appropriées, de caractéristiques de sécurité intégrées et d’un étiquetage adapté au niveau de danger. Cette option permettra essentiellement d’assurer la pérennité de la réglementation relative aux lasers. L’imposition d’exigences réglementaires harmonisées avec une norme acceptée à l’échelle internationale (c’est-à-dire la norme CEI) appuiera la mise en œuvre d’énoncés clairs et transparents sur la classification des dangers associés aux appareils à laser, facilitera la détermination du niveau de danger réel des appareils à laser et contribuera à une utilisation éclairée et sécuritaire des appareils par la population canadienne. Il convient de noter que l’harmonisation de la réglementation avec une norme internationale réduira le fardeau lié à la conformité des parties réglementées qui mènent des activités dans plus d’un pays. L’harmonisation permettra également de résoudre les problèmes actuels tels que l’importation au Canada de nombreux pointeurs laser de haute puissance bon marché et mal étiquetés, car les exigences d’étiquetage que les parties réglementées doivent respecter seront clairement définies.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Une première Ă©tape importante de l’élaboration d’une mĂ©thode d’analyse coĂ»ts-avantages consiste Ă  Ă©tablir un scĂ©nario de base en fonction duquel il est possible d’analyser des options. Dans le cadre de la prĂ©sente analyse, le scĂ©nario de base est celui oĂą aucun changement n’a Ă©tĂ© apportĂ© Ă  la rĂ©glementation existante et oĂą les parties rĂ©glementĂ©es n’ont pas l’obligation de se conformer Ă  la norme CEI ni de respecter les exigences d’étiquetage. Dans ce cas, tous les coĂ»ts pris en charge par les parties rĂ©glementĂ©es seraient engagĂ©s de façon volontaire. Toutefois, ce scĂ©nario fait courir Ă  la population canadienne le risque de subir des effets nocifs causĂ©s par des lasers mal Ă©tiquetĂ©s ou non Ă©tiquetĂ©s importĂ©s et vendus au Canada. Les modifications rĂ©glementaires visent Ă  harmoniser les exigences rĂ©glementaires avec la norme CEI, ce qui sera bĂ©nĂ©fique pour la santĂ© de la population canadienne, car il en rĂ©sultera une rĂ©duction du nombre de lasers mal Ă©tiquetĂ©s ou non Ă©tiquetĂ©s importĂ©s ou vendus au Canada. Les hypothèses pour le calcul des coĂ»ts potentiels ont Ă©tĂ© Ă©tablies Ă  partir de consultations d’experts en la matière, de consultations prĂ©liminaires auprès des parties rĂ©glementĂ©es, et de donnĂ©es qualitatives et quantitatives accessibles en ligne et dans des rapports de veille Ă©conomique provenant d’entreprises.

Avantages
Avantages pour la santé et la sécurité

Les dispositions relatives à la classification et à l’étiquetage aideront les fonctionnaires fédéraux à restreindre l’importation de produits dangereux au Canada, en plus de permettre d’avertir adéquatement les utilisateurs des dangers et de déterminer les renseignements à fournir sur les produits pour que les utilisateurs puissent prendre des décisions éclairées et appliquer les mesures de sécurité appropriées pendant l’utilisation de ces produits. Le Règlement permettra également de réduire les risques de lésions oculaires et cutanées au sein de la population canadienne en limitant l’exposition aux rayonnements dangereux grâce aux caractéristiques de sécurité intégrées requises.

Avantages pour l’économie, les entreprises et le commerce

Le Règlement permettra d’aligner les exigences canadiennes en matière d’étiquetage sur celles des principaux partenaires commerciaux du Canada, dont un grand nombre sont en train d’harmoniser leurs exigences avec la norme internationale susmentionnĂ©e ou l’ont dĂ©jĂ  fait. Certains pays (dont les États-Unis, l’Union europĂ©enne et l’Australie) ont Ă©galement imposĂ© des limites de classe Ă  certains produits comme les pointeurs laser, les niveaux au laser, les outils de mesure au laser et les jouets au laser pour enfants. L’harmonisation des normes profite aux entreprises en rĂ©duisant les obstacles commerciaux inutiles, facilite l’accès au marchĂ© en diminuant les coĂ»ts de mise en conformitĂ© et encourage l’innovation en rĂ©duisant le temps Ă©coulĂ© entre la mise au point d’un nouveau produit et sa mise sur le marchĂ©. Les fabricants qui utilisent dĂ©jĂ  la norme CEI pour rĂ©pondre aux exigences rĂ©glementaires d’autres pays peuvent plus facilement dĂ©montrer leur conformitĂ© Ă  la rĂ©glementation en vigueur au Canada.

Coûts
Gouvernement

Pour le gouvernement, on suppose que les coûts internes sont liés à la préparation des documents d’orientation et de communication, ainsi qu’aux activités de promotion de la conformité et d’application de la loi. Ces coûts ne devraient pas être importants et seront absorbés par le financement de programme existant.

Industrie

Pour les entreprises, les coĂ»ts maximaux associĂ©s aux modifications rĂ©glementaires sont estimĂ©s Ă  9 millions de dollars sur 10 ans (montant non actualisĂ©). On s’attend Ă  ce que ces coĂ»ts soient liĂ©s aux exigences d’étiquetage imposĂ©es par les exigences du Canada en matière de bilinguisme et aux modifications propres au Canada. Par ailleurs, ces coĂ»ts sont rĂ©duits parce que la norme CEI et les Ă©tiquettes connexes existent dĂ©jĂ  dans les deux langues officielles et que, selon SantĂ© Canada, la plupart des fabricants de lasers au Canada se conforment dĂ©jĂ  Ă  la norme CEI pour rĂ©pondre aux exigences d’autres pays. Les entreprises canadiennes qui fabriquent des produits destinĂ©s exclusivement Ă  la vente Ă  l’extĂ©rieur du Canada ne sont pas visĂ©es par les modifications rĂ©glementaires, Ă©tant donnĂ© que la Loi sur les dispositifs Ă©mettant des radiations s’applique uniquement aux produits importĂ©s ou vendus au Canada.

L’industrie canadienne des lasers est dominĂ©e par plusieurs sociĂ©tĂ©s multinationales bien connues qui, par la nature de leurs activitĂ©s mondiales, utilisent la norme CEI. De mĂŞme, de nombreux fabricants Ă©tablis au Canada qui commercialisent leurs produits dans le monde entier utilisent eux aussi la norme CEI. Le fardeau liĂ© Ă  la conformitĂ© sera donc faible pour ces parties. D’ailleurs, dans le cadre du processus prĂ©alable Ă  la consultation, ce sont les coĂ»ts de traduction liĂ©s aux exigences d’étiquetage, et non les coĂ»ts de mise en conformitĂ© Ă  la norme CEI, qui ont Ă©tĂ© dĂ©crits comme Ă©tant les coĂ»ts les plus importants associĂ©s Ă  la proposition rĂ©glementaire.

SantĂ© Canada estime qu’il y a 143 entreprises de lasers au Canada, soit 64 fabricants d’appareils Ă  laser et 79 non-fabricants qui importent ou distribuent des appareils Ă  laser. Cette estimation est fondĂ©e sur des renseignements recueillis auprès des sources suivantes :

En outre, une analyse supplĂ©mentaire fondĂ©e sur la recherche dans Internet d’entreprises qui effectuent l’intĂ©gration de composants laser (des « intĂ©grateurs Â») aux fins de vente ou de distribution a permis de trouver 48 autres entreprises que les recherches prĂ©cĂ©dentes n’avaient pas repĂ©rĂ©es; l’analyse coĂ»ts-avantages a donc Ă©tĂ© rĂ©visĂ©e en consĂ©quence.

Il incombe à toute personne qui vend ou qui importe des appareils à laser au Canada de se conformer à la réglementation. Toutefois, Santé Canada reconnaît que, pour des raisons pratiques, les fabricants peuvent être les mieux placés pour assurer la conformité en raison de leur connaissance approfondie des spécifications techniques des appareils à laser. Les importateurs et les distributeurs devront prendre les mesures nécessaires (par exemple processus d’audit) pour veiller à ce que les produits fabriqués à l’extérieur du Canada soient conformes au Règlement.

Il est Ă  noter que SantĂ© Canada ne dispose pas de donnĂ©es historiques qui permettraient de prĂ©voir avec exactitude la croissance attendue des nouvelles entreprises sur le marchĂ© canadien. Cependant, en examinant les Ă©tudes de marchĂ© pour y dĂ©celer les tendances, selon MarketsandMarkets, il est estimĂ© que, dans l’ensemble, la taille du marchĂ© mondial des technologies laser devrait passer de 16,7 milliards de dollars amĂ©ricains en 2022 Ă  25,6 milliards de dollars amĂ©ricains en 2027 et qu’elle devrait croĂ®tre, au cours de la mĂŞme pĂ©riode, Ă  un taux de croissance annuel composĂ© de 8,9 %. Bien que de nouveaux produits puissent entrer sur le marchĂ© pour lesquels les coĂ»ts ci-dessous peuvent s’appliquer, l’analyse des coĂ»ts en a tenu compte de façon qualitative.

Fabricants

Pour les fabricants, le coĂ»t total estimĂ© est de 4,6 millions de dollars sur 10 ans (montant non actualisĂ©).

Les quelque 64 fabricants de lasers peuvent ĂŞtre rĂ©partis en trois catĂ©gories : 20 grands fabricants multinationaux de lasers qui commercialisent des produits dans des pays ayant un rĂ©gime de rĂ©glementation semblable au rĂ©gime proposĂ© par SantĂ© Canada, qui doivent connaĂ®tre en tout ou en partie la norme CEI, qui se conforment probablement Ă  la norme CEI et qui ont dĂ©jĂ  des Ă©tiquettes bilingues; 36 entreprises Ă©trangères ou multinationales ayant une prĂ©sence au Canada qui se conforment probablement Ă  la norme CEI, mais qui devront prendre des mesures pour satisfaire aux exigences en matière d’étiquettes et de renseignements bilingues; 8 fabricants non internationaux qui ne se conforment probablement pas Ă  la norme CEI et qui n’ont probablement pas d’étiquettes ni de renseignements bilingues.

Le premier groupe de 20 fabricants (pour les marchĂ©s nord-amĂ©ricain et international) dispose dĂ©jĂ  d’étiquettes, d’instructions et de documentation multilingues sur les produits (par exemple anglais, français), et il se conforme dĂ©jĂ  Ă  la norme CEI et aux exigences linguistiques. Il se peut toutefois que les fabricants doivent adapter l’étiquetage de leurs produits en modifiant leurs modèles d’étiquettes (pour chaque appareil Ă  laser) afin de rĂ©pondre Ă  l’exigence relative Ă  l’étiquette d’identification. Il est estimĂ© que chaque fabricant devra assumer un coĂ»t unique de 1 000 $, ce qui suppose un coĂ»t de 100 $ par appareil et un total de 10 appareils par fabricant. Le coĂ»t estimĂ© pour tous les fabricants de ce groupe est de 20 000 $.

Le deuxième groupe est Ă©galement censĂ© dĂ©jĂ  se conformer partiellement Ă  la norme CEI, car il commercialise ses produits dans des pays qui respectent la norme. Les coĂ»ts de mise en conformitĂ© pour ces 36 entreprises devraient se limiter en grande partie aux coĂ»ts liĂ©s au respect des exigences en matière d’étiquetage bilingue, et ces coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  64 000 $ par entreprise sur 10 ans, rĂ©partis comme suit :

Le coĂ»t total sur 10 ans est estimĂ© Ă  2,3 millions de dollars (montant non actualisĂ©) pour les fabricants qui se conforment dĂ©jĂ  partiellement Ă  la norme CEI.

Les huit autres fabricants de lasers au Canada produisent des lasers exclusivement pour le marchĂ© canadien; ils ne connaissent peut-ĂŞtre pas la norme CEI et pourraient devoir assumer des coĂ»ts estimĂ©s Ă  290 000 $ par fabricant sur 10 ans, rĂ©partis comme suit :

Le coĂ»t total sur 10 ans est estimĂ© Ă  2,3 millions de dollars (montant non actualisĂ©) pour les fabricants qui vendent des appareils uniquement sur le marchĂ© canadien (en fonction de l’hypothèse la plus dĂ©favorable selon laquelle les fabricants n’ont aucune capacitĂ© de rĂ©aliser ces activitĂ©s). Il convient de noter que, lors des consultations, les parties rĂ©glementĂ©es n’ont pas fait Ă©tat de prĂ©occupations importantes concernant les investissements en capital (c’est-Ă -dire en Ă©quipement) et en main-d’œuvre nĂ©cessaires pour se conformer Ă  la proposition rĂ©glementaire.

Non-fabricants

Pour les quelque 79 importateurs et distributeurs, le coĂ»t total prĂ©vu est de 4,4 millions de dollars sur 10 ans (montant non actualisĂ©).

Les quelque 79 importateurs et distributeurs peuvent eux aussi ĂŞtre rĂ©partis en trois catĂ©gories : 20 grandes entreprises multinationales qui commercialisent des produits dans des pays ayant un rĂ©gime de rĂ©glementation semblable au rĂ©gime proposĂ© par SantĂ© Canada, qui doivent connaĂ®tre en tout ou en partie la norme CEI, qui se conforment probablement Ă  la norme CEI et qui ont dĂ©jĂ  des Ă©tiquettes bilingues; 39 entreprises internationales qui se conforment probablement Ă  la norme CEI, mais qui devront prendre des mesures pour satisfaire aux exigences en matière d’étiquettes et de renseignements bilingues; 20 entreprises non internationales qui ne se conforment probablement pas Ă  la norme CEI et qui n’ont probablement pas d’étiquettes ni de renseignements bilingues.

Le premier groupe de 20 importateurs et distributeurs qui commercialisent leurs appareils Ă  laser pour les marchĂ©s nord-amĂ©ricain et international dispose dĂ©jĂ  d’étiquettes, d’instructions et de documentation multilingues sur les produits (par exemple anglais, français), et il se conforme dĂ©jĂ  Ă  la norme CEI et aux exigences linguistiques. Si ces entreprises doivent adapter leur capacitĂ© d’étiquetage des produits pour rĂ©pondre Ă  l’exigence relative Ă  l’étiquette d’identification, elles pourraient devoir assumer un coĂ»t liĂ© Ă  la modification de leurs modèles. Il est estimĂ© qu’il s’agirait d’un coĂ»t unique de 1 000 $ par entreprise, ce qui suppose un coĂ»t de 100 $ par produit et un total de 10 produits par importateur ou distributeur. Le coĂ»t estimĂ© pour tous les importateurs et distributeurs est de 20 000 $.

Le deuxième groupe est Ă©galement censĂ© dĂ©jĂ  se conformer partiellement Ă  la norme CEI, car il commercialise ses produits dans des pays qui respectent la norme. Les coĂ»ts de mise en conformitĂ© pour ces 39 entreprises devraient se limiter en grande partie aux coĂ»ts liĂ©s au respect des exigences en matière d’étiquetage bilingue, et ces coĂ»ts sont estimĂ©s Ă  64 000 $ par entreprise sur 10 ans, rĂ©partis comme suit :

Le coĂ»t total sur 10 ans est estimĂ© Ă  2,5 millions de dollars (montant non actualisĂ©) pour les non-fabricants qui se conforment partiellement Ă  la norme CEI.

Les 20 autres importateurs et distributeurs qui vendent ou qui louent des lasers exclusivement pour le marchĂ© canadien ne connaissent peut-ĂŞtre pas la norme CEI et pourraient devoir assumer des coĂ»ts estimĂ©s Ă  96 000 $ par entreprise sur 10 ans. Il convient de noter qu’il s’agit lĂ  d’estimations prudentes, car les importateurs et les distributeurs trouveront probablement d’autres sources de produits qui rĂ©pondent dĂ©jĂ  Ă  la norme CEI. Les coĂ»ts sont rĂ©partis comme suit :

Le coĂ»t total non actualisĂ© sur 10 ans est estimĂ© Ă  1,9 million de dollars pour les importateurs et les distributeurs qui vendent des produits uniquement sur le marchĂ© canadien.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises s’applique, car les modifications réglementaires auront des répercussions sur les petites entreprises. En application de la lentille des petites entreprises, comme l’exige la Politique sur la limitation du fardeau réglementaire sur les entreprises, les exigences réglementaires de la présente proposition devraient avoir peu de répercussions sur les petites entreprises au Canada. Les coûts associés au Règlement concernent l’intégration des caractéristiques techniques appropriées, la traduction, l’impression et l’application d’étiquettes d’avertissement et d’identification du produit, ainsi que l’impression de renseignements à fournir aux utilisateurs, coûts qui seront généralement pris en charge par le fabricant. La plupart des petites entreprises de la chaîne d’approvisionnement des lasers sont en aval (du détaillant au consommateur); le fardeau de la conformité imposé par la proposition se trouve en amont (importateurs, distributeurs et fabricants).

Il est possible que les petits dĂ©taillants et importateurs d’appareils Ă  laser doivent se tourner vers des fournisseurs qui se conforment Ă  la norme CEI, ce qui pourrait entraĂ®ner des coĂ»ts plus Ă©levĂ©s. Cette mesure est toutefois nĂ©cessaire pour aider Ă  protĂ©ger certaines petites entreprises et la population canadienne contre le risque d’utiliser des appareils Ă  laser importĂ©s non conformes. SantĂ© Canada a constatĂ© que de nombreux pointeurs laser interdits entrent au pays par le marketing s’adressant directement aux consommateurs, qui provient en grande partie d’entreprises Ă©trangères, par l’entremise du système postal ou d’un service de messagerie, plutĂ´t que de dĂ©taillants traditionnels.

En définitive, le Règlement, qui permettra au Canada de s’harmoniser avec une norme internationale établie et bien connue de l’industrie et qui restreindra la conformité à la période post-commercialisation, limitera le fardeau de la conformité imposé aux petites entreprises. Les petites entreprises auront besoin de moins de temps pour se familiariser avec les exigences puisqu’il s’agit de normes industrielles, et la conformité à ces normes permettra d’ouvrir les marchés internationaux à tout fabricant établi au Canada. Compte tenu des problèmes de sécurité et des risques de blessures graves que la présente proposition vise à résoudre, les autres possibilités de mise en conformité n’ont pas été jugées appropriées, car elles vont à l’encontre des objectifs de la proposition.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, parce qu’il n’y a pas de hausse du fardeau administratif pour les entreprises.

La proposition modifiera le règlement existant; aucune nouvelle rĂ©glementation ne sera adoptĂ©e. Bien que les modifications rĂ©glementaires Ă©tablissent des exigences relatives Ă  l’étiquetage, Ă  la construction, au fonctionnement et aux renseignements devant accompagner le produit pour en assurer l’utilisation sĂ©curitaire et adĂ©quate, elles n’introduisent pas d’activitĂ©s qui seraient considĂ©rĂ©es comme un fardeau administratif pour les importateurs et les vendeurs. Les parties rĂ©glementĂ©es ne sont pas tenues de recueillir, de traiter, de dĂ©clarer ou de conserver des renseignements ni de remplir des formulaires pour dĂ©montrer leur conformitĂ©. La fabrication d’appareils Ă  laser au Canada est Ă©galement limitĂ©e. Par consĂ©quent, la règle du « un pour un Â» ne s’applique pas.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

La présente proposition ne s’inscrit pas dans des travaux ni dans un engagement de programme dans le cadre d’un forum officiel de coopération en matière de réglementation. L’intention du Règlement est de s’harmoniser avec les parties pertinentes d’une norme internationalement reconnue et utilisée par les principaux partenaires commerciaux du Canada, dont l’Australie, l’Union européenne, la Corée du Sud et le Japon.

La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a Ă©galement signalĂ© son intention de s’harmoniser avec la norme CEI. La FDA des États-Unis utilise actuellement son propre système de classification, qui est semblable au système de classification de la norme CEI, mais qui n’est pas parfaitement compatible avec celui-ci. En 2014, elle a publiĂ© des règles proposĂ©es dans le Federal Register (vol. 78, no 121) pour s’harmoniser avec la norme CEI, mais les règles dĂ©finitives n’ont pas Ă©tĂ© publiĂ©es. Dans l’intervalle, elle a publiĂ© plusieurs avis sur les lasers Ă  l’intention de l’industrie, indiquant que la conformitĂ© Ă  certaines parties de la norme CEI est considĂ©rĂ©e comme essentiellement Ă©quivalente Ă  certaines parties du titre 21 du Code of Federal Regulations. Dans ces avis sur les lasers, la FDA des États-Unis a rĂ©itĂ©rĂ© son intention de s’harmoniser avec les parties pertinentes de la norme CEI.

Bien que la proposition vise Ă  s’harmoniser avec d’autres pays par l’adoption de la norme CEI, norme Ă  laquelle le Canada continue de contribuer, certains Ă©carts (dĂ©crits ci-dessus) sont nĂ©cessaires pour assurer la conformitĂ© Ă  la lĂ©gislation canadienne et pour remplir le mandat du Ministère, qui est d’aider Ă  protĂ©ger la santĂ© de la population canadienne.

La présente proposition ne devrait pas créer d’obstacles techniques au commerce.

Effets sur l’environnement

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire. La proposition ne devrait pas avoir d’effets importants sur l’environnement.

Ă€ l’heure actuelle, pour pouvoir analyser les produits qui ne sont pas accompagnĂ©s d’étiquette indiquant la classification des dangers ou de renseignements sur les risques, il faut envoyer ces produits au laboratoire d’essais optiques de SantĂ© Canada Ă  Ottawa aux fins d’évaluation de la classe du produit et des risques qu’il prĂ©sente. Les produits dangereux sont renvoyĂ©s dans leur pays d’origine ou Ă©liminĂ©s comme dĂ©chets Ă©lectroniques. Certains de ces produits peuvent contenir du lithium, du mercure, du plomb et d’autres toxines, ce qui nĂ©cessite la prise de mesures supplĂ©mentaires en matière d’élimination pour attĂ©nuer les effets environnementaux. La mise en Ĺ“uvre des exigences d’étiquetage de la classification selon la norme CEI permettra de rĂ©duire le nombre de produits non Ă©tiquetĂ©s qui doivent ĂŞtre envoyĂ©s au laboratoire d’essais optiques de SantĂ© Canada, diminuant ainsi les besoins en transport (et les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre qui en rĂ©sultent) et la production de dĂ©chets Ă©lectroniques.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e dans le cadre de la proposition. Selon les donnĂ©es sur les blessures recueillies par SantĂ© Canada, les enfants, les adolescents et les jeunes adultes sont surreprĂ©sentĂ©s par rapport Ă  la population canadienne en gĂ©nĂ©ral pour ce qui a trait aux lĂ©sions oculaires et cutanĂ©es causĂ©es par les appareils Ă  laser portatifs. Les enfants sont plus vulnĂ©rables, car ils n’ont pas encore dĂ©veloppĂ© les rĂ©actions innĂ©es d’aversion ou de clignement rapide des yeux qui permettent d’éviter l’exposition intermittente au faisceau laser. En outre, chez les enfants, le cristallin permet l’absorption d’une plus grande quantitĂ© de rayons ultraviolets et de lumière bleue, ce qui les rend plus susceptibles aux lĂ©sions oculaires que les adultes. Les donnĂ©es montrent qu’au Canada, les personnes de sexe masculin sont 1,12 fois plus susceptibles que les personnes de sexe fĂ©minin d’utiliser un appareil Ă  laser ou d’y ĂŞtre exposĂ©es. En ce qui concerne les lĂ©sions oculaires causĂ©es par les lasers, les cas les plus graves sont principalement observĂ©s chez les personnes de sexe masculin. Les exigences en matière d’étiquetage et de renseignements permettront de sensibiliser les personnes aux risques inhĂ©rents aux lasers et d’aider toute la population canadienne Ă  prendre des dĂ©cisions Ă©clairĂ©es et les prĂ©cautions nĂ©cessaires.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le Règlement entrera en vigueur 12 mois après la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada, ce qui permettra d’appuyer l’industrie des lasers dans le cadre de la transition en donnant aux fabricants, aux importateurs, aux distributeurs et aux fournisseurs suffisamment de temps pour s’harmoniser avec le règlement modifiĂ©.

La norme CEI n’est pas un système de certification; les parties rĂ©glementĂ©es ne sont pas tenues de demander une certification d’une tierce partie, et SantĂ© Canada n’exigera pas non plus de certification pour dĂ©montrer la conformitĂ© Ă  la norme CEI. Afin de rĂ©duire le fardeau pour l’industrie, SantĂ© Canada n’a pas inclus de processus de certification prĂ©alable Ă  la commercialisation ni d’exigences en matière de tenue de registres. Aux termes de la Loi sur les dispositifs Ă©mettant des radiations, SantĂ© Canada continuera d’utiliser la surveillance post-commercialisation et l’examen du produit lui-mĂŞme pour vĂ©rifier la conformitĂ© aux exigences rĂ©glementaires, le cas Ă©chĂ©ant.

Les parties rĂ©glementĂ©es sont considĂ©rĂ©es comme ayant les compĂ©tences techniques nĂ©cessaires et elles connaissent probablement dĂ©jĂ  la norme CEI, Ă©tant donnĂ© que celle-ci est dĂ©jĂ  utilisĂ©e depuis longtemps comme norme de rĂ©fĂ©rence Ă  l’échelle mondiale dans le domaine de la sĂ©curitĂ© des appareils Ă  laser. Le volume de questions provenant de ces parties devrait ĂŞtre faible. NĂ©anmoins, lorsque le règlement modifiĂ© sera publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada, les intervenants en seront informĂ©s au moyen d’un avis, qui sera accompagnĂ© d’un rĂ©sumĂ© des modifications rĂ©glementaires, d’information ciblĂ©e sur les sujets qui nĂ©cessitaient des Ă©claircissements au cours de la pĂ©riode de consultation suivant la publication dans la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que des coordonnĂ©es oĂą obtenir des prĂ©cisions. L’avis sera envoyĂ© par courriel directement aux intervenants et publiĂ© en ligne. D’autres documents d’orientation seront finalisĂ©s au cours de la pĂ©riode de transition de 12 mois, en fonction des questions reçues des intervenants, et seront publiĂ©s sur la page Web de SantĂ© Canada intitulĂ©e Loi et Règlement sur les dispositifs Ă©mettant des radiations.

En plus des activités de promotion et d’éducation en matière de conformité, Santé Canada continuera de fournir des conseils en matière de radioprotection et de sécurité aux autorités provinciales et territoriales, à d’autres ministères fédéraux et aux comités internationaux d’élaboration de normes pour des applications laser précises, à l’appui des activités prévues dans son mandat.

Conformité et application

SantĂ© Canada mène des activitĂ©s de mise en conformitĂ© et d’application de la loi Ă  l’égard des dispositifs Ă©mettant des radiations selon une approche fondĂ©e sur les risques, laquelle est gĂ©nĂ©ralement appliquĂ©e lorsque le Ministère effectue la surveillance post-commercialisation, dĂ©cèle des problèmes ou reçoit des plaintes. Aux termes du règlement modifiĂ©, SantĂ© Canada continuera de mener ses activitĂ©s de vĂ©rification de la conformitĂ© et d’application de la loi conformĂ©ment aux procĂ©dures Ă©tablies, ce qui comprend l’échantillonnage et l’analyse des produits (par exemple aux points d’entrĂ©e, dans les entreprises ou en ligne), le suivi des incidents signalĂ©s (par exemple par le public canadien, les organismes de santĂ© publique ou les organismes de rĂ©glementation Ă  l’étranger) et l’examen des dĂ©clarations obligatoires de non-conformitĂ© ou de dĂ©faut par l’industrie.

Santé Canada entreprendra des activités de vérification de la conformité après l’entrée en vigueur du règlement modifié sur les appareils à laser. Il examinera notamment diverses applications des lasers au cours des années suivantes (en fonction du niveau de risque).

Les appareils à laser non conformes seront soumis à des mesures d’application de la loi progressives et proportionnelles, mesures dont disposent les inspecteurs de Santé Canada aux termes de la Loi sur les dispositifs émettant des radiations et de son Règlement. Ces mesures pourraient inclure un engagement volontaire de l’industrie à corriger ou à détruire les produits, la négociation avec l’industrie du retrait volontaire des produits du marché, le retrait du Canada des produits importés aux frais du propriétaire, la saisie ou des poursuites judiciaires.

Ces activités de mise en conformité et d’application de la loi fourniront des données précieuses permettant d’évaluer l’efficacité des programmes de réglementation et d’éclairer la planification de la surveillance continue.

Personne-ressource

Narine Martel
Directrice
Bureau de la protection contre les rayonnements des produits cliniques et de consommation
Direction des sciences de la santé environnementale et de la radioprotection
Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 1C1
Courriel : ccrpb-pcrpcc@hc-sc.gc.ca