DĂ©cret imposant une surtaxe Ă  la Chine (2024) : DORS/2024-187

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 21

Enregistrement
DORS/2024-187 Le 20 septembre 2024

TARIF DES DOUANES

C.P. 2024-1027 Le 20 septembre 2024

Sur recommandation de la ministre des Finances et de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu du paragraphe 53(2)rĂ©fĂ©rence a et de l’alinĂ©a 79a)rĂ©fĂ©rence b du Tarif des douanes rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret imposant une surtaxe Ă  la Chine (2024), ci-après.

DĂ©cret imposant une surtaxe Ă  la Chine (2024)

Définition de marchandises originaires de la Chine

1 Dans le présent décret, marchandises originaires de la Chine s’entend des marchandises qui sont admissibles au marquage en tant que marchandises de la Chine conformément au Règlement sur la détermination, aux fins de marquage, du pays d’origine des marchandises (sauf pays ACEUM).

Non-application

2 Le présent décret ne s’applique pas aux marchandises originaires de la Chine qui sont en transit au Canada à la date d’entrée en vigueur du présent décret.

Surtaxe — numĂ©ros tarifaires figurant Ă  l’annexe

3 Les marchandises originaires de la Chine classĂ©es dans l’un ou l’autre des numĂ©ros tarifaires figurant Ă  l’annexe sont assujetties Ă  une surtaxe correspondant Ă  100 pour cent de leur valeur en douane, dĂ©terminĂ©e conformĂ©ment aux articles 47 Ă  55 de la Loi sur les douanes.

Entrée en vigueur

4 Le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur le 1er octobre 2024 ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

ANNEXE

(article 3)

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Les actes, les politiques et les pratiques du gouvernement de la Chine dans le secteur des véhicules électriques (VE) et hybrides ont des effets négatifs sur le commerce de marchandises au Canada. Si rien n’est fait, le soutien hors marché de la Chine dans le secteur des VE pourrait entraîner une augmentation exponentielle des importations qui pourrait nuire à la transformation et aux investissements prévus dans le secteur automobile canadien.

Contexte

Les VE, ainsi que leurs chaĂ®nes d’approvisionnement, reprĂ©sentent un secteur stratĂ©gique pour un avenir propre au Canada. Au cours des quatre dernières annĂ©es, les fabricants de VE et de marchandises dans la chaĂ®ne d’approvisionnement des VE ont annoncĂ© des investissements de 44 milliards de dollars pour accroĂ®tre la capacitĂ© de production de VE du Canada tout au long de la chaĂ®ne d’approvisionnement, du raffinage des minĂ©raux essentiels Ă  la production de batteries et Ă  l’assemblage final de vĂ©hicules, ce qui jouera un rĂ´le important dans la mise en place d’une Ă©conomie propre au Canada et dans la garantie de possibilitĂ©s Ă  long terme pour les travailleurs du secteur.

Le recours omniprĂ©sent de la Chine Ă  des politiques et Ă  des pratiques hors marchĂ© a menĂ© Ă  une grande surcapacitĂ© dans sa production de VE. Ces politiques et procĂ©dures comprennent, sans toutefois s’y limiter, le subventionnement omniprĂ©sent, y compris pour les chaĂ®nes d’approvisionnement de composants nĂ©cessaires, l’insuffisance de normes en matière de travail et d’environnement et d’autres mesures visant Ă  rĂ©duire artificiellement les coĂ»ts de production. Par consĂ©quent, la Chine exporte des VE Ă  des prix injustement bas, faussant le commerce mondial. Il y a dĂ©jĂ  eu une hausse des importations dans le marchĂ© canadien des VE fabriquĂ©s en Chine, qui sont passĂ©es de 84 millions de dollars en 2022 Ă  presque 2,3 milliards de dollars en 2023.

Le 2 juillet 2024, le gouvernement a lancĂ© une consultation de 30 jours sur les rĂ©ponses stratĂ©giques possibles pour protĂ©ger les travailleurs canadiens et les chaĂ®nes d’approvisionnement des VE contre les pratiques commerciales dĂ©loyales de la Chine, notamment l’imposition d’une surtaxe sur les VE fabriquĂ©s en Chine et d’éventuelles mesures supplĂ©mentaires, telles que les ajustements aux programmes fĂ©dĂ©raux d’incitatifs pour l’achat de vĂ©hicules zĂ©ro Ă©mission et d’incitatifs pour les vĂ©hicules moyens et lourds zĂ©ro Ă©mission, ainsi que des restrictions en matière d’investissement. Les consultations sollicitaient aussi des commentaires sur la cybersĂ©curitĂ© et la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es concernant la protection des renseignements personnels des Canadiens et des intĂ©rĂŞts de sĂ©curitĂ© nationale du Canada, de mĂŞme que des avis sur les politiques chinoises qui sont Ă  l’origine de la surcapacitĂ© et qui accĂ©lèrent les exportations de VE de la Chine, y compris les normes en matière de travail et d’environnement et les pratiques dĂ©loyales et hors marchĂ©.

L’article 53 du Tarif des douanes permet l’application de mesures commerciales (y compris les surtaxes) pour rĂ©pondre aux actes, aux politiques ou aux pratiques des gouvernements d’autres pays qui ont ou qui entraĂ®nent directement ou indirectement des rĂ©percussions nĂ©gatives sur le commerce de marchandises ou de services du Canada.

Le Canada a trouvĂ© des preuves de politiques, de pratiques et d’actes importants et divers du gouvernement de la Chine pour la fabrication de VE et la production d’intrants essentiels en Chine, tant au niveau central qu’au niveau rĂ©gional du gouvernement. En voici des exemples :

Ces pratiques chinoises dĂ©loyales, qui avantagent les VE fabriquĂ©s en Chine en permettant leur production Ă  des prix artificiellement bas, et ont donnĂ© lieu Ă  une grande surcapacitĂ©, ont actuellement des effets nĂ©gatifs sur le commerce de marchandises du Canada d’au moins trois façons :

Il est Ă©galement craint que, sans rĂ©ponse stratĂ©gique du Canada, les effets nĂ©gatifs des importations croissantes de VE chinois minent le dĂ©veloppement et l’expansion de l’industrie canadienne des VE. La production de VE de la Chine dĂ©passe maintenant sa consommation intĂ©rieure, et il est attendu que les entreprises chinoises produisent des millions d’automobiles excĂ©dant la demande intĂ©rieure chinoise au cours des annĂ©es Ă  venir. Cette surcapacitĂ© entraĂ®ne dĂ©jĂ  la croissance exponentielle des exportations de VE chinois, qui sont passĂ©es de 4,7 milliards de dollars canadiens en 2020 Ă  58,6 milliards de dollars canadiens en 2023. De mĂŞme, la part des importations des VE chinois dans les marchĂ©s des pays tiers (l’Union europĂ©enne [UE], le Royaume-Uni, l’Australie et le Mexique) augmente rapidement. En 2023, le Canada reprĂ©sentait approximativement 3,84 % des exportations de VE chinois, mais cette proportion pourrait fortement augmenter au cours des prochaines annĂ©es si rien n’est fait, surtout si d’autres pays agissent pour rĂ©duire l’accès des VE chinois Ă  leurs marchĂ©s.

De mĂŞme, l’absence de rĂ©ponse stratĂ©gique pour restreindre l’entrĂ©e des VE chinois sur le marchĂ© canadien serait susceptible de menacer l’intĂ©gration continue du marchĂ© automobile nord-amĂ©ricain. L’industrie automobile du Canada est hautement intĂ©grĂ©e Ă  celle de l’AmĂ©rique du Nord, des centaines de fournisseurs livrant des milliers de pièces pour les vĂ©hicules, certaines d’entre elles traversant la frontière sept Ă  huit fois pendant leur assemblage dans les vĂ©hicules. En fait, de 2021 Ă  2023, le commerce des produits automobiles, y compris les vĂ©hicules finis et les pièces, reprĂ©sentait 16 % du commerce bilatĂ©ral entre le Canada et les États-Unis. Une hausse des importations de VE chinois compromettrait l’intĂ©gration nord-amĂ©ricaine, car une part plus grande du marchĂ© serait enlevĂ©e Ă  la production canadienne et nord-amĂ©ricaine Ă©quitablement commercialisĂ©e, et nuirait encore plus aux investissements dans la production canadienne de VE.

Certains autres partenaires commerciaux aux vues similaires, dont les États-Unis et l’UE, ont soulevĂ© des prĂ©occupations semblables Ă  l’égard des programmes de soutien dans le secteur des VE de la Chine et ont pris des mesures pour protĂ©ger leurs marchĂ©s. L’UE applique actuellement des droits compensatoires provisoires aux VE produits en Chine, et les États-Unis ont annoncĂ© qu’ils augmenteront leurs tarifs de l’article 301 sur les VE chinois Ă  100 % cette annĂ©e (ces tarifs sont actuellement de 25 %).

Objectif

Une surtaxe constituera une réponse aux actes, aux politiques et aux pratiques du gouvernement de la Chine qui ont des effets préjudiciables, ou ont provoqué directement ou indirectement des effets préjudiciables, sur le commerce de marchandises du Canada. Elle contribuera à uniformiser les règles du jeu pour les travailleurs automobiles canadiens et permettra à l’industrie canadienne des VE d’être concurrentielle en limitant les importations au Canada de VE chinois déloyalement commercialisés. Une surtaxe préserve aussi les chaînes d’approvisionnement automobiles nord-américaines profondément intégrées, car elle est alignée sur une mesure similaire des États-Unis, et assure une protection contre une hausse potentielle des importations de VE de la Chine découlant des mesures adoptées par d’autres administrations, notamment les États-Unis et l’UE.

Description

Le DĂ©cret imposant une surtaxe Ă  la Chine (2024) [le DĂ©cret] impose une surtaxe de 100 % sur les VE fabriquĂ©s en Chine et importĂ©s au Canada Ă  compter du 1er octobre 2024. Cette surtaxe s’ajoute au tarif de la nation la plus favorisĂ©e (NPF) de 6,1 % qui s’applique aux VE produits en Chine et importĂ©s au Canada. Le gouvernement a l’intention d’examiner cette mesure dans un dĂ©lai d’un an Ă  compter de son entrĂ©e en vigueur.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Les consultations publiques annoncĂ©es le 24 juin 2024 se sont dĂ©roulĂ©es du 2 juillet au 1er aoĂ»t 2024. AffichĂ©es sur le site Web du ministère des Finances, elles sollicitaient des avis sur des rĂ©ponses stratĂ©giques possibles aux pratiques de commerce dĂ©loyales de la Chine, notamment :

Le gouvernement a reçu un total de 232 soumissions de l’industrie, d’associations professionnelles, d’organismes non gouvernementaux, d’entreprises, de provinces et de particuliers. Les intervenants dans l’industrie automobile et sa chaĂ®ne d’approvisionnement ont largement appuyĂ© la surtaxe et soulignĂ© l’importance de s’aligner sur les États-Unis. Certains intervenants ont demandĂ© l’élargissement de la portĂ©e pour couvrir d’autres biens associĂ©s Ă  la chaĂ®ne d’approvisionnement des VE. D’autres encore ont dit craindre de possibles impacts Ă©conomiques nĂ©gatifs, notamment sur les prix et les activitĂ©s des entreprises canadiennes, et aussi de possibles impacts sur le rythme d’adoption des VE au Canada.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Ă€ la suite de la rĂ©alisation de l’évaluation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes, aucun effet prĂ©judiciable sur des droits ancestraux ou issus de traitĂ©s potentiels ou Ă©tablis, reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, n’a Ă©tĂ© relevĂ© dans le DĂ©cret.

Choix de l’instrument

Le paragraphe 53(2) du Tarif des douanes Ă©tablit le pouvoir du gouverneur en conseil, sur recommandation du ministre des Finances et du ministre des Affaires Ă©trangères, d’assujettir par dĂ©cret Ă  une surtaxe des marchandises originaires d’un pays pour rĂ©agir aux actes, politiques ou aux pratiques du gouvernement d’un pays qui nuisent au commerce des marchandises ou services du Canada ou provoquent directement ou indirectement des effets nocifs Ă  cet Ă©gard.

D’autres instruments ont été envisagés, mais n’ont pas été jugés pertinents pour compenser rapidement le large éventail de politiques et de pratiques omniprésentes et hors marché de la Chine et corriger les distorsions du commerce mondial qu’elles engendrent.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Il est attendu qu’une surtaxe sur les VE chinois soit prohibitive et entraĂ®ne une chute des importations de la Chine ainsi qu’une rĂ©duction correspondante des droits perçus (139,8 millions de dollars en 2023). Il est attendu que les importations de VE se dĂ©placent vers d’autres pays qui produisent des VE, dont bon nombre ont des accords de libre-Ă©change avec le Canada (par exemple les États-Unis, l’UE, le Japon, la CorĂ©e du Sud), et Ă  ce que ces importations entrent au Canada exemptes de droits de douane en vertu de ces accords. La production intĂ©rieure de VE est Ă©galement en expansion. Comme les vĂ©hicules chinois importĂ©s sont gĂ©nĂ©ralement assez chers et qu’il est attendu que ces vĂ©hicules commencent Ă  provenir d’autres sources, il ne devrait pas y avoir de coĂ»t pour les consommateurs Ă  court terme. Des impacts Ă  long terme sur les consommateurs sont possibles, dans la mesure oĂą la surtaxe empĂŞche l’importation future de vĂ©hicules chinois moins coĂ»teux, mais l’étendue et la nature de ces impacts dĂ©pendent de nombreuses variables, dont la demande globale de VE et la gamme changeante de vĂ©hicules en provenance d’autres sources, y compris le Canada.

Les droits de douane non perçus représentent aussi des économies correspondantes pour les importateurs et les producteurs automobiles canadiens qui n’auront plus à payer les tarifs s’ils importent subséquemment des véhicules exempts de droits de douane de pays avec lesquels le Canada a un accord de libre-échange ou s’ils produisent des véhicules au Canada.

Les mandats de ventes de VE du Canada jusqu’en 2035 ont été établis avant la récente hausse marquée des importations de VE de la Chine, en fonction des tendances historiques du Canada en matière d’importation de ce type de véhicules. Bien que la surtaxe puisse compromettre l’adoption rapide des VE par les consommateurs canadiens, cet obstacle est compensé par l’avantage à long terme que les investissements du Canada dans la chaîne d’approvisionnement et d’assemblage des VE se concrétiseront. Autrement dit, la surtaxe garantira que ces investissements ne seront pas minés ou empêchés par une croissance des VE ayant bénéficié d’un soutien déloyal grâce à l’utilisation, par le gouvernement de la Chine, d’un grand éventail de politiques et de pratiques hors marché.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a permis de déterminer que la mesure n’imposerait pas d’obligations administratives ou de conformité aux petites entreprises canadiennes. Les taxes ne sont pas incluses dans la définition du fardeau administratif ou de conformité de la Politique sur la limitation du fardeau réglementaire sur les entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de modification progressive du fardeau administratif pesant sur les entreprises. Les taxes n’entrent pas dans la dĂ©finition du fardeau administratif de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse et ne sont pas assujetties Ă  la prescription en matière de compensation en vertu de la règle.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Comme il est indiqué ci-dessus, les partenaires commerciaux aux vues similaires du Canada, dont les États-Unis et l’UE, ont cerné des préoccupations semblables et prennent des mesures pour protéger leurs marchés.

Le 14 mai 2024, les États-Unis ont annoncĂ© une augmentation dans les tarifs de l’article 301 applicables aux VE importĂ©s de la Chine de 25 % Ă  100 % parmi divers autres secteurs stratĂ©giques. De plus, le 12 juin 2024, la Commission europĂ©enne a annoncĂ© une conclusion provisoire selon laquelle la chaĂ®ne d’approvisionnement en batteries pour VE de la Chine bĂ©nĂ©ficie d’un subventionnement injuste qui menace de nuire aux producteurs europĂ©ens. Des droits de douane provisoires allant de 17,4 % Ă  37,6 % sont imposĂ©s aux importations de VE produits en Chine depuis le 4 juillet 2024, la dĂ©cision finale Ă©tant attendue en novembre 2024.

Effets sur l’environnement

La limitation de l’entrée des VE chinois à faible coût sur le marché canadien pourrait ralentir l’adoption de ce type de véhicules au Canada et compliquer l’atteinte des cibles d’adoption à court terme. En revanche, une surtaxe aiderait la transition de l’industrie automobile canadienne vers les VE. Les VE produits au Canada ont un impact environnemental plus faible que ceux produits en Chine, surtout parce que les sources d’électricité utilisées pour les produire sont plus propres. Par conséquent, à long terme, l’impact environnemental global devrait être faible.

Analyse comparative entre les sexes plus

Aucun impact fondé sur le genre ou d’autres facteurs identitaires n’a été cerné relativement à cette mesure, car des VE d’autres sources seront encore disponibles.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Le prĂ©sent dĂ©cret entrera en vigueur le 1er octobre 2024. Comme avec d’autres mesures antĂ©rieures similaires, les marchandises qui transiteront au Canada Ă  cette date seront exemptĂ©es de la surtaxe.

Le Décret sera mis en application par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à titre d’administrateur du Tarif des douanes. L’ASFC avisera les clients de la nouvelle surtaxe au moyen d’un Avis des douanes et de bulletins dans son Unité des services techniques aux clients commerciaux.

Personne-ressource

Mike Mosier
Directeur
Politique commerciale et tarifaire
Division de la politique commerciale internationale
Ministère des Finances
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5
Courriel : tariff-tarif@fin.gc.ca