Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant les attaques terroristes du Hamas : DORS/2024-178

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 21

Enregistrement
DORS/2024-178 Le 17 septembre 2024

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2024-1006 Le 16 septembre 2024

Attendu que la gouverneure en conseil juge que les attaques par le Hamas contre l’État d’IsraĂ«l, qui ont commencĂ© le 7 octobre 2023, constituent une rupture sĂ©rieuse de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales qui a entraĂ®nĂ© une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant les attaques terroristes du Hamas, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant les attaques terroristes du Hamas

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant les attaques terroristes du Hamas rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

2 La partie 2 de l’annexe du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Les attaques terroristes du 7 octobre 2023, perpĂ©trĂ©es par le Hamas en IsraĂ«l, et les actions subsĂ©quentes entreprises par le Hamas et ses affiliĂ©s contre IsraĂ«l et les personnes rĂ©sidant en IsraĂ«l, y compris l’enlèvement et le meurtre de civils, ainsi que la poursuite de tirs de roquettes contre des civils et des infrastructures civiles en IsraĂ«l, constituent une grave atteinte Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© internationales, entraĂ®nant une grave crise internationale. Ces actions contre l’État d’IsraĂ«l et la population civile israĂ©lienne, qui ont directement entraĂ®nĂ© des souffrances, des pertes en vies humaines et des violations des droits de la personne, sont facilitĂ©es par des personnes et des entitĂ©s affiliĂ©es au rĂ©seau financier du Hamas.

Contexte

Le 7 octobre 2023, le Hamas a lancĂ© une attaque brutale depuis Gaza contre plusieurs communautĂ©s israĂ©liennes, envoyant des militants armĂ©s en IsraĂ«l tuer, torturer, violer et capturer des citoyens rĂ©sidant en IsraĂ«l. L’attaque a Ă©tĂ© marquĂ©e par des violences sexuelles, des enlèvements, des mutilations et des meurtres. Au cours de cette attaque, le Hamas a tuĂ© plus de 1 200 personnes et ramenĂ© plus de 200 otages Ă  Gaza. Le Hamas et ses affiliĂ©s dĂ©tiennent toujours plus de 120 otages (dont plusieurs sont prĂ©sumĂ©s dĂ©cĂ©dĂ©s) et, malgrĂ© les nombreux appels internationaux exhortant les parties au conflit Ă  protĂ©ger les civils, le Hamas continue de tirer sans discernement des roquettes en direction d’IsraĂ«l, affectant directement les civils et les infrastructures civiles. Ces actions continues posent des risques significatifs pour la sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© des civils, pour la stabilitĂ© rĂ©gionale ainsi que pour la paix et la sĂ©curitĂ© internationales.

Depuis novembre 2002, le Canada a inscrit le Hamas sur la liste des entitĂ©s terroristes en vertu du Code criminel, de sorte que toute participation ou contribution dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  une activitĂ© du Hamas constitue une infraction criminelle. Les membres d’une entitĂ© terroriste inscrite sur la liste sont interdits de territoire au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (LIPR), et tout bien dĂ©tenu par une entitĂ© terroriste inscrite sur cette liste au Canada peut faire l’objet d’une saisie, d’un blocage ou d’une confiscation. En rĂ©ponse aux attaques terroristes du 7 octobre 2023 contre IsraĂ«l et au conflit qui s’en est suivi, le gouvernement du Canada a mis en place des mesures supplĂ©mentaires contre le Hamas et ses affiliĂ©s, y compris des sanctions en vertu du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (attaques terroristes du Hamas) [le Règlement relatif au Hamas].

Un fort consensus international persiste parmi les alliés et partenaires du Canada sur l’importance de renforcer davantage les mesures visant à isoler, à délégitimer et à contrer les capacités du Hamas à mener ses activités, à collecter des fonds et à commettre des actes terroristes.

Objectif

Ces sanctions ont pour objectif d’envoyer un message clair :

Description

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (attaques terroristes du Hamas) [les modifications] dĂ©signe 11 individus et 2 entitĂ©s affiliĂ©s au rĂ©seau financier du Hamas. Ces individus et entitĂ©s se sont livrĂ©s Ă  des activitĂ©s qui facilitent, soutiennent et financent directement les attaques terroristes ou les tentatives d’attaques terroristes du Hamas et de ses affiliĂ©s contre l’État d’IsraĂ«l et les personnes rĂ©sidant dans l’État d’IsraĂ«l, et ce, depuis le 7 octobre 2023. Ces mesures contribuent Ă  contrer la capacitĂ© du Hamas Ă  opĂ©rer, Ă  collecter des fonds et Ă  commettre des actes terroristes, notamment en veillant Ă  ce que le système financier canadien soit protĂ©gĂ© contre toute utilisation par ces personnes et entitĂ©s spĂ©cifiques.

Il est donc interdit à toute personne (individus et entités) au Canada ou à tout Canadien à l’étranger d’effectuer des transactions à l’égard des biens des personnes inscrites sur la liste (individus et entités), de conclure des transactions avec ces dernières, de leur fournir des services, de leur transférer des biens ou de mettre des biens à leur disposition de quelque manière que ce soit. Ces mesures rendent également les personnes inscrites interdites de territoire au Canada en vertu de la LIPR. En vertu du Règlement relatif au Hamas, les personnes inscrites peuvent demander par écrit à la ministre des Affaires étrangères que leur nom soit retiré de l’annexe des personnes désignées. La ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables de recommander au gouverneur en conseil la radiation de la liste.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada mobilise régulièrement les intervenants pertinents, notamment des organisations de la société civile et des représentants d’autres gouvernements aux vues similaires, pour discuter de l’approche du Canada quant à la mise en œuvre de sanctions.

En ce qui concerne les modifications, une consultation publique n’aurait pas été appropriée étant donné l’urgence d’imposer ces mesures. La publication des noms des personnes visées par les sanctions aurait également pu entraîner une fuite d’actifs avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique de l’initiative a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant de traités modernes, puisque le Règlement relatif au Hamas ne s’applique pas dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont le seul moyen permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument ne peut être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les coûts supplémentaires liés à l’administration et à l’application de ces interdictions supplémentaires sont minimes pour le gouvernement du Canada. Les sanctions visant des personnes et des entités spécifiques ont également moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques traditionnelles de portée générale et ont un impact limité sur les citoyens des pays des personnes et des entités inscrites sur la liste. Sur la base d’une première analyse de renseignements provenant de sources ouvertes, il est estimé que les personnes et les entités figurant sur la liste ont des liens limités avec le Canada et n’ont donc pas de relations d’affaires importantes qui sont pertinentes pour l’économie canadienne. Ces modifications ne devraient donc pas avoir d’impact significatif sur les Canadiens et les entreprises canadiennes.

Les banques et institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Pour ce faire, elles doivent ajouter les nouvelles interdictions à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de conformité mineure.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuĂ©e dans le cadre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que les modifications pourraient avoir un impact sur les petites entreprises canadiennes. Le Règlement relatif au Hamas interdit aux entreprises canadiennes de traiter avec les personnes figurant sur la liste, de leur fournir des services ou de mettre des biens Ă  leur disposition, mais il ne crĂ©e aucune obligation administrative directe Ă  leur Ă©gard. Bien que les entreprises canadiennes puissent demander des permis en vertu du Règlement relatif au Hamas, ceux-ci sont accordĂ©s Ă  titre exceptionnel, et Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de demandes rĂ©sultant de l’inscription de ces personnes; il n’y aurait donc pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire dĂ©coulant de cette exigence. Les petites entreprises canadiennes sont Ă©galement soumises Ă  l’obligation de divulgation en vertu du Règlement relatif au Hamas, ce qui reprĂ©senterait une exigence de conformitĂ© directe. Toutefois, comme les personnes nouvellement inscrites ont des liens connus limitĂ©s avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne s’attend pas Ă  ce que les modifications entraĂ®nent des divulgations.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif du fardeau administratif pour les entreprises. Le processus de dĂ©livrance de permis aux entreprises correspond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse; toutefois, bien que des permis puissent ĂŞtre accordĂ©s Ă  titre exceptionnel en vertu du Règlement relatif au Hamas, puisque les personnes inscrites ont peu ou pas de liens commerciaux avec l’économie canadienne, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de demandes de permis en ce qui concerne le Règlement relatif au Hamas.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Les modifications ne sont pas associées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération en matière de réglementation. Toutefois, ces mesures s’alignent sur les actions entreprises par les alliés du Canada. Les sanctions sont plus efficaces lorsqu’elles sont appliquées de manière coordonnée.

Les sanctions du Canada Ă  l’encontre du Hamas et de ses affiliĂ©s s’inscrivent dans le cadre d’efforts concertĂ©s avec des gouvernements de mĂŞme sensibilitĂ© visant Ă  dĂ©manteler et Ă  restreindre l’architecture financière du Hamas afin d’entraver ses efforts de poursuivre ses attaques. Depuis octobre 2023, le Canada et ses alliĂ©s, dont l’Australie, le Japon, l’Union europĂ©enne, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont adoptĂ© des mesures visant une sĂ©rie d’acteurs liĂ©s au Hamas, notamment des groupes terroristes et leurs principaux dirigeants, ainsi que des complices et des facilitateurs sur le plan financier. Ces mesures comprennent l’inscription sur des listes de terroristes, un gel des avoirs, des obligations de dĂ©claration, des interdictions de transactions, des interdictions de voyager, des embargos sur les armes et des mesures financières.

Effets sur l’environnement

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les sanctions économiques ont déjà fait l’objet d’une évaluation de leurs effets en matière de genre et de diversité. Bien qu’elles soient destinées à faciliter un changement de comportement par le biais d’une pression économique sur des individus dans des États étrangers, les sanctions prévues par la Loi sur les mesures économiques spéciales (LMES) peuvent néanmoins avoir un impact involontaire sur certains groupes et individus vulnérables. Plutôt que de toucher l’ensemble de la région, ces sanctions ciblées visent les personnes et les entités impliquées dans des activités qui facilitent, soutiennent et financent directement les attaques terroristes ou les tentatives d’attaques terroristes du Hamas en Israël. Par conséquent, ces sanctions ne risquent pas d’avoir un impact significatif sur des groupes vulnérables, contrairement aux sanctions économiques traditionnelles de grande ampleur visant un État étranger, et devraient limiter les effets collatéraux sur les personnes qui dépendent des individus ciblés.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

Ă€ la suite de leur inscription Ă  la liste du Règlement relatif au Hamas, et conformĂ©ment Ă  l’application de l’alinĂ©a 35.1b) de la LIPR, les personnes dĂ©signĂ©es seront interdites de territoire au Canada.

Les noms des personnes inscrites pourront être consultés en ligne par les institutions financières et seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement relatif au Hamas.

Le Service des dĂ©lĂ©guĂ©s commerciaux d’Affaires mondiales Canada, Ă  l’étranger et au Canada, continue d’aider ses clients Ă  bien comprendre la rĂ©glementation canadienne en matière de sanctions, et notamment l’impact de cette rĂ©glementation sur toutes les activitĂ©s auxquelles les Canadiens pourraient participer. Affaires mondiales Canada intensifie Ă©galement ses efforts de sensibilisation dans tout le Canada — notamment auprès des entreprises, des universitĂ©s et des gouvernements provinciaux/territoriaux — afin de renforcer la prise de conscience et le respect des sanctions canadiennes Ă  l’échelle nationale.

Dans le cadre de la LMES, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada ont le pouvoir de faire respecter les violations relatives aux sanctions en vertu de l’autoritĂ© qui leur est confĂ©rĂ©e par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, et les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, toute personne qui contrevient volontairement ou ne se conforme pas au Règlement relatif au Hamas est passible, dans le cas d’une dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou des deux; ou, dans le cas d’une dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

Personne-ressource

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