Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus : DORS/2024-167

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 18

Enregistrement
DORS/2024-167 Le 8 aoĂ»t 2024

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2024-930 Le 8 aoĂ»t 2024

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation dans la République du Bélarus constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui est susceptible d’entraîner ou a entraîné une grave crise internationale;

Attendu que la gouverneure en conseil juge que des violations graves et systématiques des droits de la personne ont été commises dans la République du Bélarus,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu de l’alinĂ©a 4(1)a)rĂ©fĂ©rence a et des paragraphes 4(1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Bélarus

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe 1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

2 La partie 1.1 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

3 La partie 2 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

4 La partie 3 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

5 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

6 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Contexte

Violations flagrantes et systématiques des droits de la personne

Contexte

Le 9 aoĂ»t 2020, la RĂ©publique du BĂ©larus a organisĂ© une Ă©lection prĂ©sidentielle marquĂ©e d’irrĂ©gularitĂ©s gĂ©nĂ©ralisĂ©es. Sous la direction du prĂ©sident sortant Alexander Lukashenko, le gouvernement du BĂ©larus a menĂ© une campagne de rĂ©pression systĂ©matique tout au long de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant l’élection et pendant le scrutin. Il a Ă©galement eu recours Ă  la violence sanctionnĂ©e par l’État contre le peuple du BĂ©larus afin de rĂ©primer les manifestations contre le gouvernement. Depuis l’élection de 2020, Human Rights Watch, Amnistie internationale, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le Viasna Human Rights Centre et l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE) ont tous signalĂ© des cas de violations des droits de la personne. Parallèlement, de nombreux organismes de dĂ©fense des droits de la personne rĂ©putĂ©s, dont le Viasna Human Rights Centre, ont Ă©tĂ© contraints de fermer leurs portes.

De nombreuses violations du droit international des droits de la personne continuent d’être commises au Bélarus. Celles-ci comprennent des arrestations arbitraires, des détentions arbitraires prolongées, la brutalité, l’intimidation et l’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques. Il y a également eu des allégations crédibles de recours à la torture et à la violence sexuelle contre les personnes injustement détenues. Des personnes sont injustement poursuivies et condamnées à de longues peines d’emprisonnement. De plus, les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association sont toujours soumis à des restrictions excessives.

Les autoritĂ©s ont condamnĂ© Ă  des peines d’emprisonnement plusieurs militants biĂ©lorusses influents, dont Ales Bialiatski, laurĂ©at du prix Nobel de la paix 2022, et Sviatlana Tsikhanouskaya, chef de l’opposition en exil. Les autoritĂ©s ont Ă©galement menĂ© un grand nombre de descentes dans des lieux liĂ©s Ă  des militants de l’opposition (en novembre 2023), Ă  des observateurs de l’élection de 2020 (en dĂ©cembre 2023) et Ă  d’anciens prisonniers politiques et Ă  leurs familles (en janvier 2024). Depuis juillet 2024, il est avĂ©rĂ© que six prisonniers politiques sont dĂ©cĂ©dĂ©s dans les prisons biĂ©lorusses, et que de nombreux autres y sont dĂ©tenus sans contact avec l’extĂ©rieur.

Les autorités biélorusses ont continué d’employer une rhétorique agressive à l’égard de l’opposition, refusé d’engager le dialogue et rejeté les appels à une nouvelle élection présidentielle. Rien n’indique que le gouvernement du Bélarus soit véritablement déterminé à trouver une solution négociée avec les groupes d’opposition ni à faire en sorte que les responsables de violations flagrantes et systématiques des droits de la personne aient à répondre de leurs actes. Aucune mesure appropriée n’a été prise pour rétablir les droits démocratiques ou pour remédier aux violations des droits de la personne qui se poursuivent.

Réponse internationale

La rĂ©ponse de la communautĂ© internationale aux Ă©lections frauduleuses et aux violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne a consistĂ© Ă  imposer des restrictions en matière de visa aux fonctionnaires biĂ©lorusses, Ă  mettre en Ĺ“uvre des sanctions ciblĂ©es, Ă  s’engager auprès de l’opposition biĂ©lorusse et Ă  apporter un soutien financier aux organisations d’opposition biĂ©lorusses. La Plateforme internationale de responsabilisation pour le BĂ©larus a Ă©tĂ© créée, et la communautĂ© internationale a poursuivi son engagement par l’intermĂ©diaire d’organisations multilatĂ©rales telles que le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et l’OSCE. Ă€ deux reprises, les Ă©tats participants de l’OSCE ont invoquĂ© le mĂ©canisme de Moscou de l’organisation, Ă©tablissant ainsi une mission ad hoc pour enquĂŞter sur les violations des droits de la personne au BĂ©larus. Ces mesures ont Ă©tĂ© prises en septembre 2020 en rĂ©ponse Ă  des rapports crĂ©dibles de violations des droits de la personne liĂ©es Ă  l’élection prĂ©sidentielle de 2020 et en mars 2023 en rĂ©action Ă  une augmentation de la rĂ©pression des voix de l’opposition et de la sociĂ©tĂ© civile. Les rapports ultĂ©rieurs ont rejoint les prĂ©occupations de la mission ad hoc et ont formulĂ© plusieurs recommandations qui ont mis en lumière les violations des droits de la personne, notamment les lacunes judiciaires, les dĂ©tentions arbitraires, ainsi que la suppression de la sociĂ©tĂ© civile et de la libertĂ© d’expression. Le 11 juillet 2024, 38 Ă‰tats de l’OSCE ont invoquĂ© le mĂ©canisme de Vienne (dimension humaine) concernant les prisonniers politiques au BĂ©larus, exprimant leur prĂ©occupation constante et demandant des renseignements supplĂ©mentaires sur le statut des BiĂ©lorusses qui se sont opposĂ©s au comportement antidĂ©mocratique du rĂ©gime de Lukashenko.

Réponse du Canada

Le Canada n’a pas reconnu les rĂ©sultats de l’élection prĂ©sidentielle de 2020, considĂ©rĂ©e comme frauduleuse et inconstitutionnelle. Le 28 septembre 2020, en rĂ©ponse aux violations graves et systĂ©matiques des droits de la personne commises au BĂ©larus, la gouverneure en conseil a approuvĂ© le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus (le Règlement visant le BĂ©larus), en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES). Depuis lors, les sanctions du Canada Ă  l’encontre du BĂ©larus ont visĂ© les autoritĂ©s biĂ©lorusses impliquĂ©es dans l’oppression des BiĂ©lorusses qui rĂ©clament des Ă©lections libres et Ă©quitables, ainsi que le respect des droits de la personne et de l’État de droit, y compris les hauts fonctionnaires, actuels ou anciens, impliquĂ©s dans les affaires internes, des membres des forces de sĂ©curitĂ©, des procureurs, des membres de l’appareil judiciaire et des administrateurs de colonies pĂ©nitentiaires et « Ă©ducatives Â». Ces sanctions interdisent de faire des opĂ©rations (ce qui entraĂ®ne dans les faits un gel des avoirs) avec des particuliers et des entitĂ©s dont le nom figure sur la liste du Règlement, et interdisent Ă  toute personne se trouvant au Canada ou Ă  tout Canadien se trouvant Ă  l’étranger d’effectuer une opĂ©ration portant sur un bien appartenant Ă  un particulier dont le nom figure sur la liste, de conclure une transaction avec lui, de lui fournir des services ou de rendre disponibles des biens Ă  ce particulier.

Le Canada s’est engagé directement auprès du gouvernement du Bélarus et de la communauté internationale à lutter contre la répression et les violations des droits de la personne au Bélarus, notamment dans le cadre de forums multilatéraux tels que l’OSCE, la Coalition pour la liberté des médias, la Freedom Online Coalition (Coalition pour la liberté en ligne) et la Plateforme internationale de responsabilisation pour le Bélarus.

Violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine

Contexte

Le gouvernement du BĂ©larus a contribuĂ© Ă  l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La Russie et le BĂ©larus ont entamĂ© un exercice militaire conjoint Ă  la mi-fĂ©vrier 2022, qui a permis la constitution de 150 000 Ă  190 000 soldats russes Ă  la frontière entre le BĂ©larus et l’Ukraine. Le 20 fĂ©vrier 2022, la Russie a prolongĂ© l’exercice militaire conjoint et a annoncĂ© que les troupes russes ne quitteraient pas le BĂ©larus. Le 24 fĂ©vrier 2022, sans provocation, les forces russes ont lancĂ© une invasion globale de l’Ukraine, y compris Ă  partir du territoire du BĂ©larus. Le 27 fĂ©vrier 2022, le gouvernement du BĂ©larus a adoptĂ© un amendement frauduleux Ă  la constitution du BĂ©larus supprimant l’article 18, qui s’engageait Ă  « faire de son territoire une zone dĂ©nuclĂ©arisĂ©e et un État neutre Â». Cette dĂ©cision a ouvert la voie au BĂ©larus pour accueillir des armes nuclĂ©aires russes, si bien qu’au printemps 2023, le prĂ©sident russe Vladimir Poutine a annoncĂ© le transfert d’armes nuclĂ©aires tactiques vers ce pays. Les forces biĂ©lorusses continuent d’être dĂ©ployĂ©es Ă  la frontière de l’Ukraine. Bien qu’elles n’y aient pas encore pĂ©nĂ©trĂ©, la menace de leur incursion, en tant qu’alliĂ©es de la Russie, mobilise des Ă©lĂ©ments des forces armĂ©es ukrainiennes. Cette situation complique le transfert de rĂ©serves supplĂ©mentaires par l’Ukraine vers d’autres fronts pour se dĂ©fendre contre les troupes russes.

La Russie et le BĂ©larus ont confirmĂ© leur dĂ©termination commune Ă  contrer les sanctions du Canada et de ses partenaires tout en recherchant une plus grande coopĂ©ration avec des pays tiers tels que la CorĂ©e du Nord et l’Iran, y compris en facilitant la coopĂ©ration trilatĂ©rale entre la Russie et la CorĂ©e du Nord afin d’accroĂ®tre la fourniture d’armements destinĂ©s Ă  ĂŞtre utilisĂ©s contre l’Ukraine. Les ministères de la DĂ©fense biĂ©lorusse et russe ont signĂ© un plan de coopĂ©ration pour 2024 qui vise Ă  faire progresser la coopĂ©ration militaire entre le BĂ©larus et la Russie, et Ă  mettre en place des centres d’entraĂ®nement au combat pour la formation conjointe du personnel militaire du BĂ©larus. En mai 2024, des exercices conjoints de l’armĂ©e de l’air et de la dĂ©fense aĂ©rienne BĂ©larus-Russie ont Ă©tĂ© annoncĂ©s. Diverses forces biĂ©lorusses y ont pris part, notamment l’armĂ©e de l’air, des troupes de missiles antiaĂ©riens et des troupes d’ingĂ©nierie radio.

Réponse internationale

Le 24 fĂ©vrier 2022, les dirigeants du G7 ont condamnĂ© l’invasion de l’Ukraine, dirigĂ©e en partie depuis le sol biĂ©lorusse. L’OSCE a exprimĂ© sa vive inquiĂ©tude quant au rĂ´le du BĂ©larus dans l’invasion de l’Ukraine. Dans une dĂ©claration commune de 45 Ă‰tats participants, dont le Canada, les États membres de l’OSCE ont accueilli un rapport d’experts indĂ©pendants qui confirme les violations systĂ©matiques du droit international humanitaire (DIH) par les forces russes, soutenues par le BĂ©larus. Le 10 juillet 2024, lors du Sommet de l’Organisation du traitĂ© de l’Atlantique Nord (OTAN) Ă  Washington, les dirigeants ont instamment demandĂ© Ă  tous les pays de ne fournir aucune forme d’aide Ă  l’agression de la Russie, et condamnĂ© tous ceux qui facilitent et prolongent ainsi la guerre de la Russie en Ukraine. Les dirigeants de l’OTAN ont dĂ©clarĂ© que le BĂ©larus continuait de faciliter la guerre de la Russie en mettant Ă  disposition son territoire et ses infrastructures. Les dirigeants ont en outre dĂ©clarĂ© que l’approfondissement de l’intĂ©gration politique et militaire du BĂ©larus par la Russie, y compris le dĂ©ploiement de capacitĂ©s et de personnel militaires russes avancĂ©s, avait des incidences nĂ©gatives sur la stabilitĂ© rĂ©gionale et la dĂ©fense de l’Alliance.

Réponse du Canada

Le gouvernement du Canada a adoptĂ© un certain nombre de mesures punitives Ă  l’encontre du BĂ©larus pour son soutien Ă  la guerre menĂ©e par la Russie. En mars 2022, le Canada a Ă©largi la portĂ©e du Règlement visant le BĂ©larus pour y inclure le pouvoir de sanctionner les personnes s’adonnant Ă  des activitĂ©s qui facilitent une violation de la souverainetĂ© ou de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine ou qui entravent le travail d’organisations internationales en Ukraine. Depuis lors, les sanctions du Canada Ă  l’encontre du BĂ©larus ont inclus les hauts fonctionnaires du gouvernement biĂ©lorusse, ses hauts responsables militaires, ses oligarques et les membres de leur famille, les entitĂ©s biĂ©lorusses opĂ©rant dans les secteurs de l’armĂ©e, de la technologie et de l’ingĂ©nierie, ainsi que les entreprises et les banques d’État biĂ©lorusses. En outre, le Canada a mis en place des restrictions ciblĂ©es Ă  l’importation et Ă  l’exportation contre la Russie et le BĂ©larus dans les secteurs de la finance, du commerce (biens et services), de l’énergie et des transports.

Objectif

  1. Faire clairement savoir au gouvernement du Bélarus que le Canada n’acceptera pas que des violations flagrantes et systématiques des droits de la personne continuent d’être commises par l’État en toute impunité.
  2. Diminuer l’aide apportée par le Bélarus à la Russie pour violer la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Description

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus (les modifications) ajoute 16 personnes Ă  l’annexe 1 du Règlement visant le BĂ©larus qui sont assujetties Ă  une interdiction gĂ©nĂ©rale de transactions.

En réponse aux violations flagrantes et systématiques des droits de la personne au Bélarus, les modifications dressent la liste de six membres actuels ou anciens du pouvoir judiciaire impliqués dans des détentions, arrestations, poursuites et condamnations arbitraires de Biélorusses protestant contre des élections frauduleuses, d’une entreprise d’État ayant supprimé les droits de ses employés à la liberté de réunion et d’association pacifiques, et d’un membre de la famille du président biélorusse Lukashenko.

En réponse au soutien apporté par le Bélarus à la violation par la Russie de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, les modifications énumèrent trois hauts fonctionnaires, actuels ou anciens, et cinq entités impliquées dans le complexe militaro-industriel et de défense du Bélarus.

Ainsi, il est interdit aux personnes au Canada et aux Canadiens à l’étranger d’effectuer une opération portant sur un bien détenu par une personne figurant sur la liste, de conclure une transaction avec une personne figurant sur la liste, de fournir des services à une personne figurant sur la liste, de transférer des biens à une personne figurant sur la liste ou d’autrement mettre de la marchandise à la disposition d’une personne figurant sur la liste. Ces mesures rendront également les personnes inscrites inadmissibles au Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. En vertu du Règlement visant le Bélarus, les personnes inscrites sur la liste peuvent demander à la ministre des Affaires étrangères de retirer leur nom de l’annexe relative aux personnes désignées. La ministre doit déterminer s’il existe des motifs raisonnables de recommander la révocation au gouverneur en conseil.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada interagit rĂ©gulièrement avec les parties prenantes concernĂ©es, y compris les organisations de la sociĂ©tĂ© civile, les collectivitĂ©s culturelles et d’autres gouvernements partageant les mĂŞmes idĂ©es, concernant l’approche du Canada en matière de mise en Ĺ“uvre des sanctions.

En ce qui concerne ces modifications, une consultation publique n’aurait pas été appropriée. La publication des noms des personnes visées par les sanctions aurait également pu entraîner une fuite des actifs avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une première évaluation de la portée géographique du Règlement visant le Bélarus a été réalisée et n’a pas permis de déterminer des obligations découlant d’un traité moderne, étant donné que le Règlement visant le Bélarus ne prend pas effet dans une zone couverte par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Le Règlement visant le Bélarus constitue la seule méthode pour promulguer des sanctions au Canada. Aucun autre instrument n’a pu être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Le coût supplémentaire de l’administration et de l’application de ces interdictions supplémentaires est minime pour le gouvernement du Canada. Les sanctions visant des entités et des particuliers précis ont moins d’incidence sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques habituelles à grande échelle et ont un effet limité sur les citoyens du pays des entités et particuliers visés. Sur la base d’une première évaluation des informations de source ouverte disponibles, il est estimé que les particuliers et les entités nouvellement inscrits ont des liens limités avec le Canada et n’effectuent donc pas d’opérations d’affaires notables pour l’économie canadienne.

Compte tenu des échanges commerciaux limités avec le Bélarus et des sanctions déjà en place, il est peu probable que ces sanctions supplémentaires aient des retombées importantes sur les Canadiens, les entreprises canadiennes ou les intérêts commerciaux du Canada en général.

Les banques et institutions financières canadiennes sont tenues de respecter les sanctions. Pour ce faire, elles ajouteront les particuliers et les entités nouvellement inscrits à leurs systèmes de suivi existants, ce qui pourrait entraîner un coût de mise en conformité.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous la lentille des petites entreprises a conclu que les modifications pourraient avoir une incidence sur les petites entreprises canadiennes. Le Règlement visant le BĂ©larus interdit aux entreprises canadiennes de traiter avec les personnes figurant sur la liste, de leur fournir des services ou de mettre des biens Ă  leur disposition, mais il ne crĂ©e aucune obligation administrative directe Ă  leur Ă©gard. Bien que les entreprises canadiennes puissent demander des permis en vertu du Règlement visant le BĂ©larus, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de demandes rĂ©sultant de l’inscription des particuliers en cause, de sorte que cette exigence n’entraĂ®nerait pas de fardeau administratif supplĂ©mentaire. Les petites entreprises canadiennes sont Ă©galement soumises Ă  l’obligation de divulgation en vertu du Règlement visant le BĂ©larus, ce qui reprĂ©senterait une exigence de conformitĂ© directe. Toutefois, comme les particuliers nouvellement inscrits ont peu de liens connus avec le Canada, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit pas de divulgations rĂ©sultant des modifications.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif du fardeau administratif pesant sur les entreprises. La procĂ©dure de dĂ©livrance de permis pour les entreprises rĂ©pond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» de la Loi sur la rĂ©duction de la paperasse; cependant, bien que des permis puissent ĂŞtre accordĂ©s Ă  titre exceptionnel en vertu du Règlement visant le BĂ©larus, Ă©tant donnĂ© que les particuliers figurant sur la liste ont des liens d’affaires minimes avec le BĂ©larus, Affaires mondiales Canada ne prĂ©voit aucune demande de permis en ce qui concerne les modifications.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire, elles s’alignent sur les mesures prises par des partenaires internationaux du Canada. Les sanctions sont plus efficaces lorsqu’elles sont appliquées de manière coordonnée.

Évaluation environnementale stratégique

Il est peu probable que les modifications aient des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’était pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le thème des sanctions économiques a déjà fait l’objet d’une évaluation au chapitre de leurs effets sur le genre et la diversité. Bien qu’elles visent à faciliter un changement de comportement en exerçant une pression économique sur des particuliers et des entités dans des États étrangers, les sanctions prévues par la LMES peuvent néanmoins avoir une incidence involontaire sur certains groupes et particuliers vulnérables. Les sanctions ciblées n’auront pas d’effet sur le Bélarus dans son ensemble, mais plutôt sur des personnes soupçonnées de s’adonner à des activités qui, directement ou indirectement, facilitent une violation ou une tentative de violation de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Par conséquent, il est peu probable que ces sanctions aient des répercussions importantes sur les groupes vulnérables, par rapport aux sanctions économiques traditionnelles de grande ampleur visant un État.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

Du fait de leur inscription en vertu du Règlement visant le BĂ©larus, et conformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 35.1b) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, les particuliers inscrits seraient interdits de territoire au Canada.

Les noms des particuliers et entités inscrits seront disponibles en ligne pour que les institutions financières puissent les consulter et ils seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. La conformité au Règlement visant le Bélarus s’en trouvera facilitée.

Le Service des délégués commerciaux du ministère, à l’étranger et au Canada, continue d’aider les clients à comprendre la réglementation canadienne en matière de sanctions, et notamment l’incidence du Règlement visant le Bélarus sur toute activité à laquelle des Canadiens pourraient prendre part. Le ministère intensifie également ses efforts de sensibilisation dans tout le Canada, notamment auprès des entreprises, des universités et des gouvernements provinciaux et territoriaux, afin d’améliorer à l’échelle nationale la connaissance et le respect des sanctions canadiennes.

Au titre de la LMES, les agents de la Gendarmerie royale du Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada peuvent imposer des sanctions en vertu des pouvoirs qui leur sont confĂ©rĂ©s par la Loi sur les douanes, la Loi sur l’accise ou la Loi de 2001 sur l’accise, ainsi que par les articles 487 Ă  490, 491.1 et 491.2 du Code criminel.

ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la LMES, quiconque contrevient volontairement au Règlement visant le BĂ©larus ou omet de s’y conformer encourt, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, une amende maximale de 25 000 $ et un emprisonnement maximal d’un an, ou l’une de ces peines, ou, par mise en accusation, un emprisonnement maximal de cinq ans.

Personne-ressource

Direction générale des sanctions (PSD)
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone (local) : 343‑203‑3975
TĂ©lĂ©phone (sans frais) : 1‑833‑352‑0769
TĂ©lĂ©copieur : 613‑995‑9085
Courriel : sanctions@international.gc.ca