ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq : DORS/2024-165

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 17

Enregistrement
DORS/2024-165 Le 24 juillet 2024

LOI SUR LES OCÉANS

Attendu que le présent arrêté désigne la zone de protection marine de Tuvaijuittuq d’une manière qui n’est pas incompatible avec quelque accord sur des revendications territoriales mis en vigueur et ratifié ou déclaré valide par une loi fédérale,

Ă€ ces causes, en vertu du paragraphe 35.1(2)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les ocĂ©ans rĂ©fĂ©rence b, la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans prend l’ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq, ci-après.

Ottawa, le 22 juillet 2024

La ministre des Pêches et des Océans
Diane Lebouthillier

ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq

Définitions

Définitions

1 Les dĂ©finitions suivantes s’appliquent au prĂ©sent arrĂŞtĂ© :

Accord
L’accord sur les revendications territoriales conclu entre les Inuit de la région du Nunavut et Sa Majesté la Reine du chef du Canada, signé le 25 mai 1993 et déposé devant la Chambre des communes au nom du ministre des Affaires Indiennes et du Nord le 26 mai 1993, ainsi que toutes les modifications qui peuvent lui être apportées conformément à ses dispositions. (Agreement)
zone de protection marine
L’espace maritime désigné par l’article 2. (Marine Protected Area)

Zone de protection marine

2 (1) Est dĂ©signĂ© comme zone de protection marine de Tuvaijuittuq l’espace maritime dans l’ocĂ©an Arctique constituĂ© des eaux au large du cĂ´tĂ© nord de l’île d’Ellesmere et dĂ©crit dans le plan numĂ©ro FB42596, certifiĂ© le 16 juillet 2019, et reprĂ©sentĂ© dans le plan numĂ©ro CLSR 108395, tels qu’ils sont dĂ©posĂ©s aux Archives d’arpentage des terres du Canada.

Fond marin, sous-sol et eaux surjacentes

(2) La zone de protection marine comprend, sous la laisse de basse mer, le fond marin, le sous-sol jusqu’à une profondeur de cinq mètres et les eaux surjacentes au fond marin, y compris la glace de mer.

Activités en cours

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 35.1(2)a) de la Loi sur les ocĂ©ans, les catĂ©gories d’activitĂ©s qui sont en cours dans la zone de protection marine sont les suivantes :

Interdictions

4 (1) Il est interdit, dans la zone de protection marine, d’exercer toutes activitĂ©s, sauf celles visĂ©es aux alinĂ©as 3a) et b), qui perturbent, endommagent, dĂ©truisent ou retirent de la zone toute caractĂ©ristique gĂ©ologique ou archĂ©ologique unique, tout organisme marin vivant ou toute partie de son habitat, ou qui sont susceptibles de le faire.

Exemption

(2) MalgrĂ© le paragraphe (1), il est permis d’exercer les activitĂ©s ci-après dans la zone de protection marine :

Non-application Accord

5 Le présent arrêté ne s’applique pas à l’égard des droits de récolte des ressources fauniques des Inuit qui sont visés par l’Accord.

Abrogation

6 L’Arrêté sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq référence 1 est abrogé.

Entrée en vigueur

Enregistrement

7 Le présent arrêté entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie de l’Arrêté.)

Résumé

Tuvaijuittuq est un habitat unique, d’une importance cruciale, situé dans l’Extrême-Arctique canadien. Pêches et Océans Canada (le Ministère ou le MPO), Parcs Canada (PC), le gouvernement du Nunavut et la Qikiqtani Inuit Association (QIA), en consultation avec les cinq collectivités inuites touchées, ont travaillé en collaboration pour examiner la protection marine à long terme de la zone, y compris l’aménagement d’une aire protégée et de conservation autochtone (APCA).

Le 30 juillet 2019, Tuvaijuittuq a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© en tant que zone de protection marine (ZPM) par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans. Cet ancien arrĂŞtĂ© (ArrĂŞtĂ© de 2019) contribuait Ă  protĂ©ger et Ă  conserver l’importante diversitĂ© biologique, l’habitat structurel unique et la fonction Ă©cosystĂ©mique dans cette zone pendant une pĂ©riode maximale de cinq ans, tandis que des renseignements supplĂ©mentaires Ă©taient recueillis et que les outils de conservation Ă©taient Ă©valuĂ©s en vue d’une protection Ă  long terme. Les dĂ©fis dĂ©coulant de la pandĂ©mie de COVID-19 ont nui Ă  la capacitĂ© des parties de consulter de manière constructive les collectivitĂ©s inuites touchĂ©es et de rĂ©aliser les travaux de faisabilitĂ©, notamment une Ă©tude de l’Inuit Qaujimajatuqangit axĂ©e sur la rĂ©gion de l’île d’Ellesmere et d’autres recherches scientifiques. Les partenaires conviennent que cette pĂ©riode de cinq ans relative Ă  la protection de la ZPM Ă©tait trop courte pour rĂ©aliser les travaux permettant d’envisager une protection marine Ă  long terme de la zone et de son habitat unique et d’une importance capitale.

Le Ministère a donc abrogĂ© l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel de 2019 pour la ZPM de Tuvaijuittuq et l’a remplacĂ© par l’ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq (l’ArrĂŞtĂ© no 2). De cette façon, le Ministère s’assure de laisser plus de temps pour l’achèvement des recherches ainsi que pour l’élaboration, la consultation et la mise en Ĺ“uvre d’une protection marine Ă  long terme de la zone.

L’ArrĂŞtĂ© no 2 permet la poursuite du gel de l’empreinte des activitĂ©s humaines en cours dans la zone pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans, soit jusqu’en 2029. Cela signifie que, sous rĂ©serve de certaines exceptions et exemptions dĂ©jĂ  mentionnĂ©es dans l’ArrĂŞtĂ© de 2019, aucune nouvelle activitĂ© n’est autorisĂ©e dans la zone. Les activitĂ©s qui pourraient se poursuivre dans la zone sont notamment la recherche scientifique marine, les activitĂ©s de sĂ»retĂ©, de sĂ©curitĂ© et d’urgence, la navigation maritime, y inclus les activitĂ©s de navigation maritime menĂ©es par un ressortissant, une entitĂ©, un navire ou un État Ă©trangers; ainsi que l’installation, l’entretien et la rĂ©paration de câbles et de pipelines par un État Ă©tranger. Comme c’était le cas dans l’ArrĂŞtĂ© de 2019, l’ArrĂŞtĂ© no 2 ne s’applique pas aux droits des Inuits concernant l’exploitation de la faune de la rĂ©gion du Nunavut, comme le prĂ©voit l’Accord du Nunavut.

L’ArrĂŞtĂ© no 2 continuera de respecter les objectifs de la Politique sur l’Inuit Nunangat Ă©laborĂ©e conjointement qui vise Ă  promouvoir la prospĂ©ritĂ© et Ă  appuyer le bien-ĂŞtre des collectivitĂ©s et des personnes dans l’ensemble de l’Inuit Nunangat dans un souci d’équitĂ© socioĂ©conomique et culturelle entre les Inuits et les autres Canadiens.

Enjeux

On considère la zone de protection marine (ZPM) de Tuvaijuittuq comme Ă©tant unique Ă  l’échelle mondiale, nationale et rĂ©gionale en raison de la prĂ©sence d’une banquise pluriannuelle et l’on estime qu’il s’agit d’un habitat d’une importance capitale pour les communautĂ©s vivant sous la glace dans l’Arctique. Elle joue Ă©galement un rĂ´le important auprès de plusieurs espèces qui dĂ©pendent de la glace. Cette zone reprĂ©sente une partie de l’ExtrĂŞme-Arctique canadien qui devrait conserver sa banquise pluriannuelle Ă  long terme. Elle deviendra probablement un refuge important pour le biote associĂ© Ă  la glace Ă  mesure que la perte de glace de mer se poursuivra dans l’Arctique en raison des changements climatiques. PĂŞches et OcĂ©ans Canada (le Ministère ou le MPO) et Parcs Canada (PC) ont travaillĂ© en collaboration avec des partenaires du Nord Ă  l’élaboration d’une approche en plusieurs Ă©tapes pour examiner la faisabilitĂ© d’une protection marine Ă  long terme de cette zone. La première Ă©tape de l’approche consistait Ă  prendre l’ArrĂŞtĂ© ministĂ©riel de 2019 dĂ©signant la zone de Tuvaijuittuq comme ZPM en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans. Cette dĂ©signation contribue Ă  protĂ©ger et Ă  conserver l’importante diversitĂ© biologique, l’habitat structurel unique et la fonction Ă©cosystĂ©mique dans cette zone pendant que des renseignements supplĂ©mentaires sont recueillis et que les outils de conservation sont Ă©valuĂ©s en vue d’une protection Ă  long terme.

Les travaux de faisabilitĂ© pour la zone de Tuvaijuittuq ont commencĂ© au dĂ©but de 2020, mais la pandĂ©mie de COVID-19 a posĂ© des dĂ©fis imprĂ©vus et importants Ă  la capacitĂ© des parties de consulter de manière constructive les collectivitĂ©s inuites touchĂ©es et de terminer leur Ă©valuation de la faisabilitĂ© et de l’intĂ©rĂŞt d’une protection Ă  long terme de Tuvaijuittuq.

En 2023, la Qikiqtani Inuit Association (QIA) a demandĂ© que l’ArrĂŞtĂ© ministĂ©riel de 2019 pour la ZPM de Tuvaijuittuq soit abrogĂ© et remplacĂ© par un nouvel arrĂŞtĂ© semblable afin de laisser suffisamment de temps pour terminer les travaux de faisabilitĂ© et les consultations avec les collectivitĂ©s, et amĂ©nager une aire protĂ©gĂ©e et de conservation autochtone (APCA) pour Tuvaijuittuq. Le Ministère a convenu que ces travaux nĂ©cessitent plus de temps.

Afin de rĂ©pondre aux prĂ©occupations susmentionnĂ©es, l’ArrĂŞtĂ© ministĂ©riel de 2019 a Ă©tĂ© abrogĂ© et remplacĂ© par l’ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq, qui permet une protection de la zone pour une pĂ©riode supplĂ©mentaire pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Contexte

En juin 2016, le Canada a annoncĂ© un plan en cinq points pour atteindre ses objectifs de conservation marine (OCM) nationaux et internationaux, afin de faire passer la proportion de zones marines et cĂ´tières protĂ©gĂ©es du Canada Ă  10 % d’ici 2020. Le MPO et PC ont reçu un financement dans le budget de 2017 pour poursuivre leurs initiatives de protection du milieu marin de l’ExtrĂŞme-Arctique, une zone communĂ©ment appelĂ©e la « dernière zone de glace Â». En juillet 2019, la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans a dĂ©signĂ©, par arrĂŞtĂ©, une ZPM qui englobe une grande partie de la banquise pluriannuelle dans le bassin de l’ExtrĂŞme-Arctique (Tuvaijuittuq) [figure 1]. L’amĂ©nagement de la ZPM par l’ArrĂŞtĂ© ministĂ©riel de 2019 a contribuĂ© Ă  une augmentation du pourcentage de 5,55 % des OCM du Canada et a fait progresser la collaboration des Autochtones en matière de conservation marine.

La ZPM de Tuvaijuittuq chevauche trois zones d’importance Ă©cologique et biologique dĂ©signĂ©es par le MPO en 2011. Elle a Ă©galement Ă©tĂ© choisie par PC comme site candidat pour faire partie de son rĂ©seau d’aires marines nationales de conservation. L’importance de cette zone a Ă©tĂ© reconnue par le milieu universitaire et les organisations non gouvernementales de l’environnement qui ont rĂ©clamĂ© sa protection en raison de son importance croissante dans le contexte d’un climat changeant.

Figure 1 : Carte de la zone de protection marine de Tuvaijuittuq

Figure 1 : Carte de la zone de protection marine de Tuvaijuittuq - Version textuelle en dessous de l'image

Figure 1 : Carte de la zone de protection marine de Tuvaijuittuq - Version textuelle

La figure 1 est une carte de l'emplacement de la zone de protection marine Tuvaijuittuq. En haut Ă  gauche de la figure se trouve une carte Ă  plus grande Ă©chelle qui montre l'emplacement de la carte de la figure 1 au Canada. La carte de la figure 1 englobe une grande superficie au large du nord de l’Ă®le d’Ellesmere de la laisse de basse mer jusqu’Ă  la limite extĂ©rieure de la zone Ă©conomique exclusive du Canada. La limite ouest de Tuvaijuittuq commence Ă  l’intersection nord-est de la rĂ©gion dĂ©signĂ©e des Inuivialuit, reprĂ©sentĂ©e sur la carte par une ligne pointillĂ© jaune, et la rĂ©gion du Nunavut, reprĂ©sentĂ©e par une ligne pointillĂ© orange. La zone de protection marine dĂ©passe de peu la Station des Forces canadienne Alert le long de la cĂ´te nord-est de l’Ă®le d’Ellesmere. Une partie de la zone se trouve dans la rĂ©gion du Nunavut. L’Ă©chelle figure dans le coin infĂ©rieur gauche de la carte et la flèche du nord figure dans le coin supĂ©rieur droit de la carte. La lĂ©gende figure dans le coin infĂ©rieur droit de la carte. On y trouve des couleurs et des symboles pour reprĂ©senter la rĂ©gion dĂ©signĂ©e des Inuivialuit, la rĂ©gion du Nunavut ainsi que la zone de protection marine Tuvaijuittuq. La carte reprĂ©sente aussi une partie du Groenland qui se trouve Ă  l’est de Tuvaijuittuq et de l’Ă®le d’Ellesmere.

Le climat arctique subit des changements rapides qui entraînent une perte de glace de mer, et plus particulièrement de la banquise pluriannuelle. Ces changements entraînent de nouveaux défis, mais aussi de nouvelles possibilités pour l’Arctique, notamment une saison de navigation prolongée et la création de nouvelles routes de navigation. Cela pourrait par ailleurs rendre l’exploitation minière, pétrolière et gazière, la pêche commerciale, la recherche et le tourisme plus accessibles dans l’Arctique. Ces types d’activités peuvent poser un risque pour l’habitat, la biodiversité et la fonction écosystémique dans la zone.

L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel pour la ZPM de Tuvaijuittuq est la première Ă©tape d’une approche en plusieurs Ă©tapes visant Ă  Ă©valuer la faisabilitĂ© d’une protection marine Ă  long terme de cette zone. Le Ministère et PC collaborent avec des partenaires inuits et du Nord Ă  l’élaboration d’une protection Ă  long terme pour la totalitĂ© ou une partie de la ZPM de Tuvaijuittuq. Les travaux visant Ă  dĂ©terminer la faisabilitĂ© d’une protection Ă  long terme ont Ă©tĂ© Ă©clairĂ©s en partie par l’équipe du Programme multidisciplinaire arctique (PMA) – Dernière zone de glace, actuellement dirigĂ© par le MPO. Cette Ă©quipe a Ă©tudiĂ© la structure, la fonction et le rĂ´le de l’écosystème associĂ© Ă  la banquise dans l’ocĂ©an Arctique.

Objectif

L’ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq prĂ©voit plus de temps pour examiner l’amĂ©nagement d’une APCA marine; consulter de manière constructive les collectivitĂ©s et les intervenants touchĂ©s, recueillir des renseignements supplĂ©mentaires (par exemple Ă©tude de l’Inuit Qaujimajatuqangit et autres recherches scientifiques), et Ă©laborer et mettre en Ĺ“uvre de façon collaborative une protection Ă  long terme de Tuvaijuittuq qui rĂ©pondrait aux intĂ©rĂŞts des Inuits de Qikiqtani et du gouvernement du Canada.

Ce dĂ©lai supplĂ©mentaire servira Ă©galement Ă  attĂ©nuer les pressions exercĂ©es sur les Inuits et le gouvernement du Nunavut dans le cadre de leur participation aux processus, compte tenu des prioritĂ©s concurrentes associĂ©es Ă  la participation Ă  de multiples dossiers fĂ©dĂ©raux de conservation. L’ArrĂŞtĂ© no 2 tient compte de ces pressions et contribue ainsi grandement Ă  l’engagement du Canada Ă  faire progresser la rĂ©conciliation tout en aidant Ă  maintenir les relations existantes avec les principaux partenaires. Ces partenariats importants s’étendront Ă  des projets d’intĂ©rĂŞt commun, notamment l’avancement par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel des ZPM de Sarvarjuaq et de Qikiqtait.

La protection continue de la zone laisse le temps d’approfondir la recherche Ă  l’appui d’une justification d’une protection Ă  long terme. Les renseignements recueillis dans le cadre de ces initiatives de recherche aideront le MPO Ă  mieux comprendre la zone, fourniront une base de rĂ©fĂ©rence pour la recherche et la surveillance maritimes, serviront Ă  identifier des mesures de conservation et de protection pour la zone, et favoriseront la sensibilisation visant Ă  amĂ©liorer les connaissances du public sur l’importance de cette rĂ©gion du monde relativement peu connue. L’ArrĂŞtĂ© no 2 fait Ă©galement en sorte que la ZPM de Tuvaijuittuq continue de contribuer Ă  hauteur de 5,55 % aux OCM du Canada, dans un contexte oĂą l’on envisage une protection Ă  long terme.

L’ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq garantit Ă©galement des avantages permanents pour les collectivitĂ©s environnantes par l’intermĂ©diaire d’une entente sur les rĂ©percussions et les avantages pour les Inuits, et pour l’ensemble de la population canadienne (voir les services Ă©cosystĂ©miques dans la section « CoĂ»ts et avantages Â» ci-dessous).

Description

La ZPM de Tuvaijuittuq couvre une superficie de 319 411 km2 et comprend les eaux marines au large du nord de l’île d’Ellesmere, de la laisse de basse mer Ă  la limite externe de la zone Ă©conomique exclusive du Canada (figure 1). Une partie de la zone est situĂ©e dans la rĂ©gion du Nunavut. Elle comprend Ă©galement les fonds marins, le sous-sol jusqu’à une profondeur de cinq mètres et la colonne d’eau, y compris la glace de mer. Une version PDF du plan numĂ©ro FB 42596 et la carte des Archives d’arpentage des terres du Canada correspondante peuvent ĂŞtre tĂ©lĂ©chargĂ©es en ligne (DĂ©tails du plan | Rechercher un plan d’arpentage [nrcan-rncan.gc.ca]). Les limites initiales de la zone d’étude Ă©taient fondĂ©es sur l’avis scientifique (2011/55) du SecrĂ©tariat canadien de consultation scientifique de 2011, qui soulignait l’importance Ă©cologique et biologique de la zone.

L’ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq permet de geler l’empreinte des activitĂ©s humaines en cours dans la zone pendant une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans. Cela signifie qu’il est interdit d’exercer toute activitĂ© qui perturbe, endommage, dĂ©truit ou supprime de la ZPM tout Ă©lĂ©ment gĂ©ologique ou archĂ©ologique unique, tout organisme marin vivant ou toute partie de son habitat, ou qui est susceptible de le faire, sauf en ce qui concerne les activitĂ©s prĂ©cises Ă©numĂ©rĂ©es ci-dessous. Toute activitĂ© qui a eu lieu dans la ZPM au cours de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant la dĂ©signation de 2019, ou qui Ă©tait autorisĂ©e et continue d’être autorisĂ©e par une licence, un permis ou tout autre moyen, peut se poursuivre Ă  titre d’activitĂ© « en cours Â» aux termes de l’ArrĂŞtĂ© no 2. L’ArrĂŞtĂ© no 2 ne s’applique pas aux droits des Inuits d’exploiter les ressources fauniques de la rĂ©gion du Nunavut, comme le prĂ©voit l’Accord du Nunavut. Aux fins de conformitĂ© avec les divers engagements internationaux du Canada, certaines activitĂ©s menĂ©es par un ressortissant, une entitĂ©, un navire ou un État Ă©trangers continueront Ă©galement d’être exemptĂ©es de l’application des interdictions Ă©noncĂ©es dans l’ArrĂŞtĂ© no 2.

En 2019, le MPO a consultĂ© les Canadiens et les intervenants concernĂ©s et a collaborĂ© avec des partenaires inuits, y compris des organisations inuites, des gouvernements territoriaux, les collectivitĂ©s voisines et d’autres ministères fĂ©dĂ©raux afin de dĂ©terminer toutes les activitĂ©s en cours et autorisĂ©es dans la zone au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dant la dĂ©signation de 2019. Le MPO a collaborĂ© avec la QIA et le gouvernement du Nunavut afin de consulter les intervenants, de les sensibiliser au projet d’arrĂŞtĂ© et de leur donner la possibilitĂ© de formuler des commentaires. Selon les renseignements recueillis, l’ArrĂŞtĂ© no 2 autorise la poursuite des « activitĂ©s en cours Â» suivantes dans la ZPM :

L’ArrĂŞtĂ© no 2 ne s’applique pas en ce qui concerne :

ConformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 35.1(2)d) de la Loi sur les ocĂ©ans, les activitĂ©s suivantes exercĂ©es par un ressortissant Ă©tranger, une entitĂ© qui est constituĂ©e en personne morale ou formĂ©e sous le rĂ©gime de la lĂ©gislation d’un pays Ă©tranger, un navire Ă©tranger ou un État Ă©tranger sont exemptĂ©es de l’application des interdictions et sont autorisĂ©es Ă  se poursuivre dans la ZPM :

Le paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans prĂ©cise certaines activitĂ©s qui sont autorisĂ©es dans toutes les ZPM. Les activitĂ©s suivantes font partie des exceptions prĂ©vues dans la Loi sur les ocĂ©ans :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Du 18 novembre au 6 dĂ©cembre 2022, le MPO, PC, le gouvernement du Nunavut et la QIA ont menĂ© des consultations communautaires conjointes Ă  Arctic Bay, Ă  Clyde River, Ă  Grise Fiord, Ă  Pond Inlet et Ă  Resolute Bay pour discuter du processus d’évaluation de faisabilitĂ© de Tuvaijuittuq, communiquer les rĂ©sultats des Ă©valuations rĂ©alisĂ©es pour la zone (par exemple aperçu Ă©cologique, Ă©valuation socioĂ©conomique prĂ©liminaire, Ă©valuation des ressources et des Ă©conomies de Ressources naturelles Canada [RNCan]), et solliciter les commentaires des collectivitĂ©s sur l’utilisation de la zone et les perspectives entourant la protection. Un petit nombre de personnes de Grise Fiord, d’Arctic Bay, de Pond Inlet et de Clyde River peuvent accĂ©der occasionnellement Ă  la portion de la zone de Tuvaijuittuq faisant partie de l’Accord du Nunavut pour mener des activitĂ©s fondĂ©es sur les droits.

Le 9 janvier 2023, la QIA a Ă©crit une lettre Ă  la ministre des PĂŞches, des OcĂ©ans et de la Garde cĂ´tière canadienne pour demander que l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel actuel soit abrogĂ© et remplacĂ© par l’ArrĂŞtĂ© no 2 afin de donner plus de temps pour recueillir des donnĂ©es sur la zone, examiner l’amĂ©nagement d’une APCA pour rĂ©pondre pleinement Ă  la vision de la QIA en matière de conservation et d’intendance dirigĂ©es par les Inuits, et mener les consultations nĂ©cessaires auprès des collectivitĂ©s et des intervenants. Dans sa lettre, la QIA a mentionnĂ© que les travaux nĂ©cessaires Ă  l’amĂ©nagement d’une APCA dĂ©passeront le dĂ©lai restant prĂ©vu dans l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel actuel.

Ă€ la suite de cette entente, le MPO, PC, la QIA et le gouvernement du Nunavut ont consultĂ©, d’avril Ă  juillet 2023, les cinq organisations de chasseurs et de trappeurs, les conseils de hameau et les collectivitĂ©s afin de prĂ©senter une proposition d’abrogation et de remplacement de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel actuel et de solliciter des commentaires sur cette initiative. Parallèlement, le MPO et ses partenaires ont consultĂ© les principaux intervenants afin qu’ils participent Ă  la proposition. Les intervenants qui ont participĂ© au processus d’élaboration de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel actuel (2019) ont Ă©tĂ© consultĂ©s de nouveau de juillet Ă  aoĂ»t 2023, de mĂŞme que d’autres groupes dĂ©terminĂ©s depuis, en collaboration avec les partenaires. Les intervenants du Nunavut ont Ă©tĂ© consultĂ©s par l’intermĂ©diaire du ComitĂ© directeur sur les objectifs de conservation marine du Nunavut (reprĂ©sentĂ© par Environnement et Changement climatique Canada [ECCC], PC, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada [RCAANC], Transports Canada [TC], le MPO, le ministère de l’Environnement du gouvernement du Nunavut et Nunavut Tunngavik inc.), le Conseil du milieu marin du Nunavut, le Qikiqtaaluk Wildlife Board, le Nunavut Inuit Wildlife Secretariat, la Commission du Nunavut chargĂ©e de l’examen des rĂ©percussions et la Qikiqtaaluk Corporation. Les intervenants de la rĂ©gion dĂ©signĂ©e des Inuvialuit ont participĂ© Ă  l’élaboration de la proposition par l’intermĂ©diaire du ComitĂ© de coordination rĂ©gional du Partenariat de la mer de Beaufort, qui est constituĂ© de la SociĂ©tĂ© rĂ©gionale inuvialuit, du Conseil inuvialuit de gestion du gibier, du ComitĂ© mixte de gestion de la pĂŞche, de PC, de RCAANC, du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, du gouvernement du Yukon, d’ECCC, de RNCan et de TC.

De juillet Ă  aoĂ»t 2023, des consultations ont Ă©tĂ© menĂ©es auprès d’organisations industrielles et non gouvernementales, notamment le Conseil consultatif maritime canadien, la Nunavut Fisheries Association, le ComitĂ© consultatif des intervenants sur la pĂŞche du poisson de fond dans l’est de l’Arctique, Arctic Security Consultants, OcĂ©ans Nord, le Fonds mondial pour la nature-Canada (WWF-Canada), l’Ecology Action Centre et le Conseil circumpolaire inuit. Des intervenants clĂ©s de l’industrie des navires de croisière ont Ă©galement Ă©tĂ© consultĂ©s au cours de cette pĂ©riode. Parmi les intervenants externes consultĂ©s, seul le WWF-Canada a formulĂ© des commentaires. Cet intervenant a appuyĂ© sans rĂ©serve la proposition.

Le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN) a Ă©tĂ© initialement consultĂ© en juin 2023 au moyen d’une note d’information et d’une mise Ă  jour verbale lors de sa rĂ©union trimestrielle afin de discuter de la proposition. La prĂ©sentation officielle au CGRFN de la proposition aux fins d’approbation a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e lors de sa rĂ©union trimestrielle du 26 mars 2024, Ă  la suite de la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada. Le 11 avril 2024, le CGRFN a approuvĂ©, conformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 5.2.34a), et aux articles 9.3.2, 15.2.1 et 15.3.4 de l’Accord du Nunavut, le plan visant Ă  rĂ©tablir la protection provisoire de la zone de Tuvaijuittuq en la dĂ©signant comme ZPM, par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans. Le gouvernement du Nunavut a soulevĂ© des inquiĂ©tudes constantes au sujet de l’interdiction des activitĂ©s rĂ©crĂ©atives, de tourisme et de pourvoirie dans la ZPM. Étant donnĂ© que ces activitĂ©s ne rĂ©pondent pas Ă  la dĂ©finition de « en cours Â» en vertu du paragraphe 35.1(1) de la Loi sur les ocĂ©ans et pourraient autrement menacer la conservation et la protection de la zone, elles n’ont pas Ă©tĂ© incluses dans l’ArrĂŞtĂ© no 2. Le gouvernement du Canada est toujours rĂ©solu Ă  prendre en considĂ©ration ces activitĂ©s dans le cadre d’une approche visant une protection Ă  long terme. ConformĂ©ment aux exigences Ă©noncĂ©es dans l’Accord du Nunavut, le MPO a prĂ©sentĂ© sa proposition pour le projet d’arrĂŞtĂ© Ă  la Commission d’amĂ©nagement du Nunavut (CAN) afin qu’elle en dĂ©termine la conformitĂ©. Ce processus permet de dĂ©terminer si une proposition de projet est conforme ou non au plan d’utilisation des terres appropriĂ©. La CAN a effectuĂ© une rĂ©vision du projet et conclu qu’un processus de dĂ©termination de la conformitĂ© n’était pas nĂ©cessaire. Le Ministère a acceptĂ© la dĂ©cision de la CAN.

La proposition pour l’ArrĂŞtĂ© no 2 sur la zone de protection marine de Tuvaijuittuq a Ă©galement fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une pĂ©riode de commentaires de 30 jours, du 23 dĂ©cembre 2023 au 22 janvier 2024. Un prĂ©avis avait Ă©tĂ© envoyĂ© aux intervenants et aux parties intĂ©ressĂ©es pour les informer de la publication prĂ©alable. Au cours de cette pĂ©riode, une personne a fourni des commentaires. Ceux-ci Ă©taient en faveur de la protection de la zone et de sa biodiversitĂ© et encourageaient la mise en Ĺ“uvre d’une protection Ă  long terme dès que possible.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Des renseignements sur la consultation et la mobilisation des Autochtones se trouvent dans la section ci-dessus. Cette proposition a été soumise à une évaluation en vertu de la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes. L’évaluation a permis de conclure que la mise en œuvre de cette proposition présentera un risque extrêmement faible d’incidences sur les droits, les intérêts et/ou les dispositions relatives à l’autonomie gouvernementale des partenaires des traités modernes de l’Accord du Nunavut. Comme le précise cette proposition, le MPO continuera de respecter les obligations de consultation énoncées dans l’Accord du Nunavut. Le MPO poursuivra également son engagement auprès de la QIA et d’autres organes de gouvernance dans la région visée par le traité sur les changements de politique et de programme dans le cadre des travaux subséquents liés à l’établissement d’une aire de conservation à long terme.

Choix de l’instrument

La Loi sur les ocĂ©ans confère au ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans le pouvoir, par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, de « geler l’empreinte Â» des activitĂ©s humaines dans une zone pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Le climat arctique subit des changements rapides qui entraînent une perte de glace de mer et, plus particulièrement, de banquise pluriannuelle. Ces changements présentent de nouvelles possibilités et de nouveaux défis dans l’Arctique. Par exemple, le réchauffement pourrait entraîner une saison de navigation prolongée et la création de nouvelles routes de navigation, ce qui pourrait par ailleurs rendre l’exploitation minière, pétrolière et gazière, la pêche commerciale, la recherche et le tourisme plus accessibles dans l’Arctique. L’accessibilité accrue à ces types d’activités pose un risque pour l’habitat, la biodiversité et la fonction écosystémique dans la zone de Tuvaijuittuq.

Depuis 2019, des efforts ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s qui nous permettent de mieux comprendre la zone et d’évaluer la faisabilitĂ© des options de protection Ă  long terme pour la zone de Tuvaijuittuq. Le Programme multidisciplinaire arctique (PMA) – Dernière zone de glace du MPO, actuellement en cours dans certaines parties de la ZPM de Tuvaijuittuq, Ă©tudie l’écosystème de glace pluriannuelle dans l’ExtrĂŞme-Arctique canadien afin de comprendre la structure, la fonction et le rĂ´le de l’écosystème associĂ© Ă  la glace de mer dans l’ocĂ©an Arctique. Le PMA – Dernière zone de glace utilise une approche concertĂ©e pour intĂ©grer les composantes physique, biochimique et Ă©cologique de l’écosystème liĂ© Ă  la glace de mer-ocĂ©an et sa rĂ©ponse aux forçages climatiques et ocĂ©aniques. Ces travaux portent notamment sur l’évaluation de la prĂ©sence et la rĂ©partition des mammifères marins ainsi que leur utilisation de l’habitat de la zone.

La pandĂ©mie de COVID-19 a posĂ© des dĂ©fis imprĂ©vus et importants Ă  la capacitĂ© des parties de recueillir les donnĂ©es nĂ©cessaires pour terminer leurs travaux de faisabilitĂ©, y compris des Ă©lĂ©ments comme une Ă©tude de l’Inuit Qaujimajatuqangit dirigĂ©e par la QIA axĂ©e sur la rĂ©gion de l’île d’Ellesmere et d’autres recherches scientifiques rĂ©alisĂ©es par l’intermĂ©diaire du PMA – Dernière zone de glace.

Compte tenu de l’augmentation possible des pressions exercĂ©es par le transport maritime et l’exploration de l’ocĂ©an Arctique, l’ArrĂŞtĂ© no 2 assure une protection plus immĂ©diate et provisoire en gelant l’empreinte des activitĂ©s humaines en cours dans la zone pour une pĂ©riode supplĂ©mentaire pouvant aller jusqu’à cinq ans, pendant que le gouvernement du Canada, la QIA et le gouvernement du Nunavut trouvent une mesure de protection Ă  long terme qui cadre avec la vision de la QIA de crĂ©er une aire protĂ©gĂ©e et de conservation inuite.

Analyse de la réglementation

Coûts et avantages

L’analyse coĂ»ts-avantages de l’ArrĂŞtĂ© no 2 a tenu compte des rĂ©percussions sur tous les intervenants et les Inuits, principalement du point de vue qualitatif. Les coĂ»ts du gouvernement fĂ©dĂ©ral ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s quantitativement. L’horizon temporel (de 2024 Ă  2029) utilisĂ© pour l’évaluation des rĂ©percussions potentielles est de cinq ans, et les coĂ»ts sont prĂ©sentĂ©s en dollars de 2024 avec un taux d’actualisation de 7 %.

L’analyse socioĂ©conomique prĂ©liminaire rĂ©vèle que la dĂ©signation de Tuvaijuittuq comme ZPM en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans entraĂ®nera des coĂ»ts peu Ă©levĂ©s pour les entreprises, les consommateurs, la population canadienne et les gouvernements. L’ArrĂŞtĂ© ministĂ©riel de 2019 Ă©tait en vigueur depuis 2019; par consĂ©quent, son remplacement par l’ArrĂŞtĂ© no 2, qui est très semblable, n’entraĂ®nera pas de coĂ»ts supplĂ©mentaires ou d’incidences pour les entreprises ou d’autres intervenants.

Le trafic maritime a été limité dans la région, récemment et par le passé. Il n’y a pas de pêche commerciale ou récréative active dans la ZPM et la récolte de subsistance est limitée ou inexistante.

Il n’y a pas de permis d’exploitation pétrolière et gazière dans la zone de Tuvaijuittuq, et aucun puits extracôtier n’a été foré dans les limites de la ZPM. La Commission géologique du Canada estime qu’il y a une forte probabilité que des ressources pétrolières soient présentes dans la zone, mais les données sont limitées en raison de la nature éloignée et de l’inaccessibilité générale de Tuvaijuittuq. La banquise épaisse et pluriannuelle de Tuvaijuittuq (la plus épaisse dans l’Arctique canadien) et la prévision que la zone restera couverte de glace de mer estivale plus longtemps que toute autre zone de l’Arctique canadien malgré les changements climatiques et le réchauffement de la planète empêchent l’accès à la zone; par conséquent, il ne sera pas possible d’extraire physiquement ou économiquement des ressources dans un avenir prévisible.

Dans l’ensemble, les perspectives de mise en valeur des ressources pĂ©trolières dans la ZPM dès 2035 ou Ă  très long terme en fonction de l’amĂ©lioration des conditions des glaces, demeurent hautement spĂ©culatives (RNCan, 2022). La zone est protĂ©gĂ©e par le moratoire fĂ©dĂ©ral indĂ©fini de 2016, qui fait l’objet d’un examen tous les cinq ans et qui interdit d’émettre tout nouveau titre pĂ©trolier et gazier dans les eaux au large de l’Arctique canadien. C’est pourquoi on ne prĂ©voit pas que cette ZPM entraĂ®nera des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour le secteur pĂ©trolier et gazier.

Le gouvernement fĂ©dĂ©ral continuera d’assumer les coĂ»ts associĂ©s Ă  la gestion continue de la ZPM de Tuvaijuittuq, y compris la surveillance, l’application de la loi, l’administration et la recherche scientifique. La ZPM de Tuvaijuittuq devrait entraĂ®ner un coĂ»t total de 14 millions de dollars (en dollars de 2024) sur la pĂ©riode de cinq ans de 2024 Ă  2029, soit un coĂ»t annuel moyen de 3,4 millions de dollars (en dollars de 2024) pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Ces coĂ»ts gouvernementaux seront financĂ©s au moyen des ressources existantes.

Étant donnĂ© que les renseignements sur les rĂ©sultats Ă©cologiques potentiels attribuables Ă  l’établissement de la ZPM ne sont pas facilement accessibles, les avantages n’ont pas pu ĂŞtre Ă©valuĂ©s quantitativement. Cependant, on prĂ©voit que des avantages dĂ©couleront de l’interdiction continue de certaines activitĂ©s (c’est-Ă -dire le gel de l’empreinte) dans la zone jusqu’à ce qu’une protection Ă  long terme puisse ĂŞtre mise en place, dont les suivants :

Même si l’analyse n’a pu quantifier les avantages potentiels ou comparer les valeurs actualisées des coûts et des avantages de manière quantitative, on estime que les avantages écologiques, économiques, sociaux et culturels de la ZPM dépasseraient probablement les coûts perçus.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas, car aucune augmentation importante des coĂ»ts pour les petites entreprises ne dĂ©coule de l’ArrĂŞtĂ© no 2.

Règle du « un pour un Â»

L’ArrĂŞtĂ© no 2 n’impose aucun fardeau administratif aux entreprises. Par consĂ©quent, la règle du « un pour un Â» ne s’applique pas.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

La ZPM de Tuvaijuittuq contribue Ă  la conservation de 5,55 % du territoire ocĂ©anique protĂ©gĂ© du Canada, et sa protection continue est essentielle pour le respect de l’engagement du Canada Ă  conserver 25 % de ses terres et de ses eaux d’ici 2025, et 30 % de chacun de ces milieux d’ici 2030. Un engagement similaire de conserver 30 % des terres et des eaux d’ici 2030 a Ă©tĂ© pris Ă  l’échelle mondiale en dĂ©cembre 2022, lorsque les Parties Ă  la Convention sur la diversitĂ© biologique (CDB) ont adoptĂ© le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming Ă  MontrĂ©al, qui remplace le Plan stratĂ©gique de la CDB pour la biodiversitĂ© 2011-2020 et ses objectifs d’Aichi. La zone Ă©conomique exclusive du Canada est une zone sur laquelle le Canada exerce certains droits souverains. En raison de la couverture de glace dans cette zone, le Canada maintient un niveau de contrĂ´le environnemental accru sur les navires. De plus, un accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement des États-Unis sur la coopĂ©ration dans l’Arctique s’applique Ă  la ZPM pour faciliter la navigation des brise-glaces dans leurs eaux arctiques respectives. La ZPM n’autorise pas la navigation commerciale intĂ©rieure, mais l’ArrĂŞtĂ© no 2 reconnaĂ®t les obligations en vertu du droit international coutumier, de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et de l’accord canado-amĂ©ricain.

L’ArrĂŞtĂ© no 2 appuie Ă©galement d’autres prioritĂ©s du gouvernement, y compris la rĂ©conciliation avec les peuples autochtones et la mise en Ĺ“uvre complète des accords sur les revendications territoriales, et contribue aux objectifs de la politique sur l’Inuit Nunangat Ă©laborĂ©e conjointement. Cette politique vise Ă  promouvoir la prospĂ©ritĂ© et Ă  soutenir le bien-ĂŞtre des collectivitĂ©s et des personnes de tout l’Inuit Nunangat ainsi qu’à assurer l’équitĂ© socioĂ©conomique et culturelle entre les Inuits et les autres Canadiens.

Évaluation environnementale stratégique

Cette initiative rĂ©glementaire rĂ©pond aux cibles et aux prioritĂ©s clĂ©s de l’objectif 14 de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (2022-2026) de conserver et de protĂ©ger les ocĂ©ans du Canada. La protection de la zone de Tuvaijuittuq contribue Ă  l’atteinte des objectifs et des cibles du Canada en matière de biodiversitĂ© pour 2030 des Nations Unies en ce qui concerne la santĂ© des cĂ´tes et des ocĂ©ans et la santĂ© des populations fauniques. Ces objectifs peuvent ĂŞtre atteints de diffĂ©rentes manières, notamment par l’application des approches Ă©cosystĂ©miques Ă  la gestion, de manière Ă  ce que les espèces qui sont en sĂ©curitĂ© le demeurent et par l’établissement d’une base solide de recherche et d’analyse scientifique sur les changements climatiques.

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse prĂ©liminaire a permis de conclure qu’une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique n’est pas nĂ©cessaire. L’ArrĂŞtĂ© no 2 et l’ArrĂŞtĂ© de 2019 assurent des protections très similaires. L’ArrĂŞtĂ© no 2 n’a donc aucune incidence, positive ou nĂ©gative, sur l’environnement. Toutefois, les mesures de protection continues qui dĂ©coulent de l’ArrĂŞtĂ© no 2 ont des rĂ©percussions positives sur l’environnement puisqu’elles assurent la protection continue de cet habitat unique et d’une importance cruciale dans l’ExtrĂŞme-Arctique du Canada.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e et aucune rĂ©percussion liĂ©e Ă  l’ACS+ n’a Ă©tĂ© cernĂ©e pour cette initiative de rĂ©glementation. La ZPM de Tuvaijuittuq est situĂ©e dans une rĂ©gion très Ă©loignĂ©e, Ă  l’écart de toute collectivitĂ© Ă©tablie. Il est difficile et coĂ»teux de naviguer dans cette zone en raison de la banquise pluriannuelle persistante qui recouvre la majeure partie de la rĂ©gion; par consĂ©quent, il y a très peu d’activitĂ©s dans la zone. De plus, l’ArrĂŞtĂ© no 2 permet la poursuite des activitĂ©s en cours; par consĂ©quent, aucune incidence sur l’ACS+ n’est prĂ©vue.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre et normes de service

L’ArrĂŞtĂ© no 2 est entrĂ© en vigueur dès son enregistrement.

En vue de complĂ©ter l’orientation gĂ©nĂ©rale fournie par l’ArrĂŞtĂ© no 2, un plan de gestion de la ZPM est Ă©laborĂ© en fonction des règlements et de l’objectif de conservation et conformĂ©ment Ă  l’entente sur les rĂ©percussions et les avantages pour les Inuits pertinente.

Conformité et application

En tant qu’autoritĂ© fĂ©dĂ©rale responsable de la dĂ©signation et de la gestion de cette ZPM, le MPO assume la responsabilitĂ© globale de veiller au respect et Ă  l’application de l’ArrĂŞtĂ© no 2. Ces activitĂ©s seront menĂ©es dans le cadre du mandat officiel et des responsabilitĂ©s en matière d’application de la loi du MPO en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans, de la Loi sur les pĂŞches, de la Loi sur la protection des pĂŞches cĂ´tières et d’autres lois liĂ©es Ă  la conservation et Ă  la protection des pĂŞches et Ă  la sĂ»retĂ© maritime.

La surveillance de la conformité dans la ZPM continuera de se faire par la surveillance et la détection du trafic maritime au moyen de systèmes d’information automatiques et du Système de trafic de l’Arctique canadien (NORDREG) de la Garde côtière canadienne, ainsi que par une surveillance aérienne. Les efforts de surveillance, les rapports d’événements ainsi que les approches et les stratégies visant à assurer la conformité sont décrits dans un plan de conformité exécutoire axé sur les risques.

Les agents d’application de la loi dĂ©tenant des pouvoirs d’application de la loi dĂ©signĂ©s par le MPO en vertu de l’article 39 de la Loi sur les ocĂ©ans appliqueront l’ArrĂŞtĂ© no 2. Toute personne contrevenant Ă  l’ArrĂŞtĂ© no 2 aura commis une infraction et sera passible des mesures d’application prĂ©vues Ă  l’article 39.6 de la Loi sur les ocĂ©ans.

En vertu de l’article 39.6 de la Loi sur les ocĂ©ans, toute infraction au règlement serait passible d’une amende maximale de 8 000 000 $ pour une infraction punissable par procĂ©dure sommaire et d’une amende maximale de 12 000 000 $ pour un acte criminel. La violation des conditions d’un permis ou d’une licence qui s’appliquent aux activitĂ©s menĂ©es dans cette ZPM peut Ă©galement entraĂ®ner des accusations en vertu d’autres lois canadiennes applicables, comme la Loi sur les pĂŞches, la Loi sur la protection des pĂŞches cĂ´tières, la Loi sur les espèces en pĂ©ril ou d’autres lois ou règlements applicables.

Personnes-ressources

Alasdair Beattie
Gestionnaire régional par intérim
Planification et conservation marines, région de l’Arctique
PĂŞches et OcĂ©ans Canada
5204, 50e Avenue
Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest)
X1A 1E2
Courriel : DFO.ArcticMPC-ArctiquePCM.MPO@dfo-mpo.gc.ca

Elizabeth Edmondson
Gestionnaire par intérim
Planification et conservation marines, région de la capitale nationale
PĂŞches et OcĂ©ans Canada
200, rue Kent
Ottawa (Ontario)
K1A 0E6