RĂšglement sur le taux dâintĂ©rĂȘt criminel : DORS/2024-114
La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 13
Enregistrement
DORS/2024-114 Le 31 mai 2024
CODE CRIMINEL
C.P. 2024-625 Le 31 mai 2024
Attendu que, conformément aux paragraphes 347.01(2)référence a et 347.1(2.1)référence b du Code criminel référence c, le ministre de la Justice a consulté la ministre des Finances relativement au rÚglement ci-aprÚs,
Ă ces causes, sur recommandation du ministre de la Justice et en vertu des paragraphes 347.01(2)rĂ©fĂ©rence a et 347.1(2.1)rĂ©fĂ©rence b du Code criminel rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le RĂšglement sur le taux dâintĂ©rĂȘt criminel, ci-aprĂšs.
RĂšglement sur le taux dâintĂ©rĂȘt criminel
Non-application — fins commerciales ou dâaffaires
CritĂšres
1 Pour lâapplication du paragraphe 347.01(1) du Code criminel, lâarticle 347 de cette loi ne sâapplique pas Ă lâĂ©gard dâune convention ou dâune entente si, Ă la fois :
- a) lâemprunteur nâest pas une personne physique;
- b) le prĂȘt vise des fins commerciales ou dâaffaires;
- c) le montant du capital prĂȘtĂ© est, selon le cas :
- (i) supĂ©rieur Ă dix mille dollars mais Ă©gal ou infĂ©rieur Ă cinq cent mille dollars et assujetti Ă un taux dâintĂ©rĂȘt annuel en pourcentage — appliquĂ© au capital prĂȘtĂ© et calculĂ© conformĂ©ment aux rĂšgles et pratiques actuarielles gĂ©nĂ©ralement admises — ne dĂ©passant pas quarante-huit pour cent,
- (ii) supérieur à cinq cent mille dollars.
Non-application — prĂȘts sur gage
CritĂšres
2 Pour lâapplication du paragraphe 347.01(1) du Code criminel, lâarticle 347 de cette loi ne sâapplique pas Ă lâĂ©gard dâune convention ou dâune entente si, Ă la fois :
- a) la personne qui perçoit des intĂ©rĂȘts exploite une entreprise liĂ©e aux prĂȘts sur gage;
- b) le capital est prĂȘtĂ© en Ă©change de la mise en gage dâun bien meuble corporel ou bien personnel corporel, autre quâun vĂ©hicule;
- c) en cas de dĂ©faillance de lâemprunteur, le seul recours que possĂšde la personne visĂ©e Ă lâalinĂ©a a) est la saisie du bien mis en gage;
- d) le montant du capital prĂȘtĂ© est infĂ©rieur Ă mille dollars et est assujetti Ă un taux dâintĂ©rĂȘt annuel en pourcentage — appliquĂ© au capital prĂȘtĂ© et calculĂ© conformĂ©ment aux rĂšgles et pratiques actuarielles gĂ©nĂ©ralement admises — ne dĂ©passant pas quarante-huit pour cent.
Plafond — prĂȘts sur salaire
Plafond — coĂ»t total du prĂȘt
3 (1) Pour lâapplication de lâalinĂ©a 347.1(2)a.1) du Code criminel, le plafond du coĂ»t total du prĂȘt visĂ© par la convention de prĂȘt sur salaire est de quatorze pour cent de la somme dâargent prĂȘtĂ©e Ă lâemprunteur.
Précision
(2) Lorsquâil sâagit de dĂ©terminer si la convention de prĂȘt sur salaire respecte le plafond prĂ©vu au paragraphe (1), le coĂ»t total du prĂȘt nâinclut pas les frais, amendes, pĂ©nalitĂ©s ou autres sommes qui sont expressĂ©ment autorisĂ©s en vertu de la loi provinciale applicable et qui sont imposĂ©s Ă lâemprunteur :
- a) en cas de défaut de paiement;
- b) en cas de chÚque ou autre effet refusé, si ces frais, amendes, pénalités ou autres sommes totalisent vingt dollars ou moins.
Définition de loi provinciale applicable
(3) Au paragraphe (2), loi provinciale applicable sâentend des mesures lĂ©gislatives visĂ©es au paragraphe 347.1(3) du Code criminel qui sâappliquent dans la province oĂč la convention de prĂȘt sur salaire a Ă©tĂ© conclue.
Entrée en vigueur
L.C. 2023, ch. 26
4 Le prĂ©sent rĂšglement entre en vigueur le premier jour oĂč les articles 610 Ă 612 de la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023 sont tous en vigueur ou, si elle est postĂ©rieure, Ă la date de son enregistrement.
RĂSUMĂ DE LâĂTUDE DâIMPACT DE LA RĂGLEMENTATION
(Le présent résumé ne fait pas partie du RÚglement.)
Résumé
Enjeux : Les prĂȘteurs Ă conditions abusives profitent des personnes les plus vulnĂ©rables de nos collectivitĂ©s, notamment les Canadiens Ă faible revenu, les nouveaux arrivants au Canada et les personnes ayant un historique de crĂ©dit limitĂ©, souvent en accordant des prĂȘts Ă un taux dâintĂ©rĂȘt trĂšs Ă©levĂ©. Pour lutter contre les prĂȘts Ă conditions abusives, le gouvernement a abaissĂ© le taux dâintĂ©rĂȘt criminel en vertu du Code criminel de lâĂ©quivalent dâenviron 48 % sur une base de taux annualisĂ© en pourcentage (TAP) Ă 35 % et sâest Ă©galement engagĂ© Ă rĂ©duire le coĂ»t maximum dâemprunt sur les prĂȘts sur salaire Ă 14 $ pour chaque 100 $ empruntĂ©.
Description : Le RĂšglement sur le taux dâintĂ©rĂȘt criminel (le RĂšglement) introduit des exemptions de taux dâintĂ©rĂȘt criminel pour les prĂȘts commerciaux dâune valeur supĂ©rieure Ă 10 000 $ et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 500 000 $, pour autant que le TAP de ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 %. Les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă 500 000 $ ne seront soumis Ă aucun plafond de taux et les prĂȘts commerciaux infĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 10 000 $ seront soumis aux nouveaux taux dâintĂ©rĂȘt criminels.
En outre, le RĂšglement prĂ©voit des exemptions pour les prĂȘts sur gages, Ă condition que le TAP de ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 % et que le prĂȘt soit dâune valeur infĂ©rieure Ă 1 000 $. Les prĂȘts sur gages dâune valeur Ă©gale ou supĂ©rieure Ă 1 000 $ restent soumis aux nouveaux taux dâintĂ©rĂȘt criminels de 35 %.
Le RĂšglement impose Ă©galement une nouvelle limite au coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire de 14 $ par 100 $ empruntĂ©s dans toutes les provinces qui ont un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire approuvĂ©. Le RĂšglement exclut les frais de chĂšque refusĂ© de 20 $ ou moins du calcul de la limite de 14 $, et nâinclut pas les intĂ©rĂȘts allant jusquâĂ 2,5 % par mois sur les montants de prĂȘts non remboursĂ©s dans le plafond.
Justification : Le RĂšglement est nĂ©cessaire pour exempter du taux dâintĂ©rĂȘt criminel les pratiques de prĂȘt qui ne sâinscrivent pas dans lâintention politique du gouvernement de sĂ©vir contre les prĂȘts Ă conditions abusives, et pour imposer une limite fĂ©dĂ©rale au coĂ»t de lâemprunt pour les prĂȘts sur salaire. Ce RĂšglement rĂ©pond aux objectifs politiques de protection des emprunteurs tout en permettant des pratiques de prĂȘt qui maintiennent les opportunitĂ©s de dĂ©veloppement Ă©conomique et un certain accĂšs au crĂ©dit pour les emprunteurs vulnĂ©rables. Entre 2024 et 2034, le RĂšglement devrait se traduire par des avantages en valeur actualisĂ©e pour les emprunteurs sur salaire totalisant 226 millions de dollars et des coĂ»ts en valeur actualisĂ©e pour les prĂȘteurs sur salaire de 208 millions de dollars, ce qui se traduit par un avantage net pour la sociĂ©tĂ© de 18 millions de dollars.
Enjeux
Les prĂȘteurs Ă conditions abusives profitent des personnes les plus vulnĂ©rables de nos collectivitĂ©s, notamment les Canadiens Ă faible revenu, les nouveaux arrivants au Canada et les personnes ayant un historique de crĂ©dit limitĂ©, souvent en accordant des prĂȘts Ă taux dâintĂ©rĂȘt trĂšs Ă©levĂ©s. Le taux dâintĂ©rĂȘt criminel prĂ©vu dans le Code criminel, soit actuellement un taux dâintĂ©rĂȘt effectif annuel de 60 % — Ă©quivalent Ă 48 % environ sur une base du taux annuel en pourcentage (TAP) — peut piĂ©ger les Canadiens dans un cycle dâendettement quâils ne peuvent se permettre ni auquel ils ne peuvent Ă©chapper.
La Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023 a modifiĂ© lâarticle 347 du Code criminel pour abaisser le taux dâintĂ©rĂȘt criminel (Ă©galement appelĂ© « le taux criminel ») Ă 35 % sur une base du TAP. Cette modification entrera en vigueur Ă la date ou aux dates qui seront fixĂ©es par dĂ©cret du gouverneur en conseil.
La fixation dâun taux dâintĂ©rĂȘt criminel infĂ©rieur en vertu du Code criminel peut modifier les pratiques de prĂȘt telles que certains prĂȘts commerciaux ainsi que les prĂȘts garantis de petite valeur, Ă©galement appelĂ©s prĂȘts sur gages, deux types de prĂȘts qui nâenferment pas frĂ©quemment les Canadiens dans un cycle dâendettement. Les prĂȘts commerciaux nâenferment pas les Canadiens dans un cycle dâendettement, car ils sont accordĂ©s Ă des entitĂ©s commerciales et non Ă des particuliers. Comme les prĂȘts sur gages sont garantis, si les consommateurs ne remboursent pas, leur dette est Ă©teinte lorsque leur garantie est conservĂ©e par le prĂȘteur, et lâemprunteur ne peut donc pas se retrouver piĂ©gĂ© dans un cycle dâendettement (mĂȘme si dans certains cas, les emprunteurs peuvent emprunter de nouveau pour ne pas perdre leur bien mis en gage).
Le taux dâintĂ©rĂȘt criminel sâapplique Ă toutes les conventions de prĂȘt au Canada, Ă lâexception de certains prĂȘts sur salaire (Ă condition que certaines conditions Ă©noncĂ©es dans le Code criminel soient remplies) et des avances sur les remboursements dâimpĂŽt.
Les prĂȘts sur salaire sont dĂ©finis au paragraphe 347.1(1) du Code criminel comme une avance dâargent en Ă©change dâun chĂšque postdatĂ©, dâune autorisation de prĂ©lĂšvement automatique ou de paiement futur de mĂȘme nature. Le paragraphe 347.1(2) prĂ©cise que les prĂȘts exonĂ©rĂ©s doivent ĂȘtre infĂ©rieurs Ă 1 500 $ pour une pĂ©riode de 62 jours ou moins. La protection contre les dĂ©couverts, les prĂȘts sur marge, les prĂȘts sur gages, les marges de crĂ©dit et les cartes de crĂ©dit sont explicitement exclus de la dĂ©finition des prĂȘts sur salaire. En outre, les prĂȘts ne peuvent ĂȘtre accordĂ©s que par des prĂȘteurs titulaires dâune licence provinciale et la province qui dĂ©livre la licence doit ĂȘtre dĂ©signĂ©e par le gouverneur en conseil. Pour recevoir cette dĂ©signation, une province doit avoir adoptĂ© un rĂ©gime de prĂȘt sur salaire, conformĂ©ment au paragraphe 347.1(3) du Code criminel. Les provinces dĂ©signĂ©es fixent actuellement diverses limites sur le coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire, ce qui signifie que les consommateurs sont confrontĂ©s Ă des frais dâemprunt variables pour les prĂȘts sur salaire selon la province dans laquelle le prĂȘt est Ă©mis. Ces limites variables sur le coĂ»t dâemprunt peuvent donc toucher de maniĂšre disproportionnĂ©e certains consommateurs selon la province dans laquelle ils rĂ©sident.
Le RĂšglement sur le taux dâintĂ©rĂȘt criminel (le RĂšglement) est nĂ©cessaire pour exempter du taux dâintĂ©rĂȘt criminel les pratiques de prĂȘt qui ne correspondent pas Ă lâintention politique du gouvernement de rĂ©primer les prĂȘts Ă conditions abusives. De plus, le RĂšglement est nĂ©cessaire afin dâimposer une limite fĂ©dĂ©rale au coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire afin dâharmoniser le coĂ»t des prĂȘts sur salaire dans les provinces dĂ©signĂ©es parce quâelles ont adoptĂ© un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire.
Contexte
Le Code criminel Ă©rige en infraction : (1) la conclusion dâune convention ou dâune entente visant Ă percevoir des intĂ©rĂȘts Ă un taux supĂ©rieur Ă 60 % du taux annuel effectif (TAE); et (2) perception dâintĂ©rĂȘts Ă un taux supĂ©rieur Ă 60 % du TAE. Le taux dâintĂ©rĂȘt criminel a Ă©tĂ© introduit pour la premiĂšre fois dans lâarticle 347 du Code criminel en 1980. Les modifications introduites dans le cadre de la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023 ont constituĂ© une mise Ă jour importante du rĂ©gime des taux dâintĂ©rĂȘt criminels. Le taux criminel sâapplique Ă pratiquement tous les contrats et arrangements de crĂ©dit au Canada, y compris les prĂȘts remboursables par versements, les marges de crĂ©dit, les prĂȘts automobiles, les prĂȘts sur titre automobiles, les cartes de crĂ©dit, et plus encore. Les dispositions relatives aux taux dâintĂ©rĂȘt criminels ne sâappliquent pas aux transactions relevant de la Loi sur la cession du droit au remboursement en matiĂšre dâimpĂŽt et de certaines conventions de prĂȘts sur salaire. Cette derniĂšre exception a Ă©tĂ© adoptĂ©e par le biais de modifications incluses dans lâancien projet de loi C-26, Loi modifiant le Code criminel (L.C. 2007, ch. 9) en 2007.
Lorsquâelle intente une poursuite pour une infraction, la Couronne doit choisir, selon les circonstances, soit de procĂ©der par acte dâaccusation (qui est rĂ©servĂ© aux cas les plus graves), soit par procĂ©dure sommaire (pour les cas moins graves). Les peines prĂ©vues Ă lâarticle 347 sont une peine dâemprisonnement dâune durĂ©e maximale de 5 ans, sur mise en accusation, ou, dans le cas des procĂ©dures sommaires, une amende dâau plus 25 000 $, ou une peine dâemprisonnement dâune durĂ©e maximale de 2 ans moins un jour, ou les deux.
Exemption des prĂȘts sur salaire
En 2007, lâarticle 347 du Code criminel a Ă©tĂ© modifiĂ© afin de prĂ©voir une exemption de lâapplication des dispositions relatives aux taux criminels pour les prĂȘts sur salaire, Ă condition que certaines conditions soient remplies [câest-Ă -dire le prĂȘt est de 1 500 $ ou moins pour une durĂ©e de 62 jours ou moins, il est Ă©mis par un prĂȘteur agréé ou par une personne spĂ©cifiquement autorisĂ©e par les lois dâune province et la province est dĂ©signĂ©e par le gouverneur en conseil conformĂ©ment au paragraphe 347.1(3)]. Pour obtenir cette dĂ©signation, une province doit avoir mis en place des mesures lĂ©gislatives qui protĂšgent les utilisateurs de prĂȘts sur salaire et doit prĂ©voir des limites sur le coĂ»t total dâemprunt pour les ententes de prĂȘts sur salaire. Actuellement, neuf provinces disposent dâun rĂ©gime de prĂȘts sur salaire approuvĂ©. Les territoires et le QuĂ©bec nâont pas demandĂ© de dĂ©signation en vertu de ces dispositions et, par consĂ©quent, toute offre de prĂȘts sur salaire dans les territoires et au QuĂ©bec serait assujettie au taux dâintĂ©rĂȘt criminel.
Le rĂ©gime de prĂȘts sur salaire de chaque province est diffĂ©rent, bien que la plupart des rĂ©gimes provinciaux incluent des mesures communes de protection des consommateurs telles que des exigences de divulgation, des droits dâannulation et des restrictions sur les cessions de salaires ou les reconductions de prĂȘts. Actuellement, les autoritĂ©s provinciales fixent une limite au coĂ»t dâemprunt pour un prĂȘt sur salaire, qui peut varier entre 14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s (Terre-Neuve-et-Labrador) et 17 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s (Manitoba et Saskatchewan).
Actuellement, les rĂ©gimes provinciaux de prĂȘts sur salaire autorisent Ă©galement des frais uniques pour chĂšque refusĂ© de 20 $ en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et Ă Terre-Neuve-et-Labrador, de 25 $ en Alberta, en Ontario et en Saskatchewan et de 40 $ en Nouvelle-Ăcosse, tandis que lâĂle-du-Prince-Ădouard nâimpose aucune limite numĂ©rique aux frais de chĂšque refusĂ© qui peuvent ĂȘtre facturĂ©s. Des frais de chĂšque refusĂ© sont imposĂ©s par un prĂȘteur sur salaire Ă un emprunteur lorsque les fonds du compte bancaire de lâemprunteur sont insuffisants pour couvrir le remboursement du prĂȘt sur salaire.
Initiatives gouvernementales pour rĂ©primer les prĂȘts Ă conditions abusives
En 2021, la lettre de mandat du ministre des Finances comprenait un engagement Ă sĂ©vir contre les prĂȘteurs prĂ©dateurs en abaissant le taux dâintĂ©rĂȘt criminel prĂ©vu dans le Code criminel. De plus, cet engagement a Ă©tĂ© soulignĂ© dans le budget de 2021. Aux fins de cette analyse, les prĂȘts Ă conditions abusives sont considĂ©rĂ©s comme des produits de crĂ©dit assortis de taux dâintĂ©rĂȘt ou de frais Ă©levĂ©s. Ces produits sont gĂ©nĂ©ralement fournis par des prĂȘteurs parallĂšles (par exemple des prĂȘteurs autres que les banques ou les coopĂ©ratives de crĂ©dit).
Dans son budget de 2023, le gouvernement annonçait son intention dâabaisser le taux dâintĂ©rĂȘt criminel Ă 35 % sur la base du TAP (ce qui Ă©quivaut Ă environ 41,2 % sur la base du TAE lorsque composĂ© mensuellement), par rapport Ă 60 % sur la base du TAE, (ce qui Ă©quivaut Ă 48 % environ sur une base du TAP lorsque composĂ© mensuellement) et de fixer le coĂ»t dâemprunt maximal pour les prĂȘts sur salaire Ă 14 $ pour 100 $ empruntĂ©s. Par consĂ©quent, la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023 a introduit des modifications lĂ©gislatives pour abaisser le taux dâintĂ©rĂȘt criminel Ă 35 % sur la base du TAP. Les modifications comprenaient Ă©galement deux pouvoirs de rĂ©glementation pour : (1) accorder des exemptions au taux criminel pour certains types de prĂȘts; et (2) fixer une limite au coĂ»t total dâemprunt pour une entente de prĂȘts sur salaire. Ces dispositions ont reçu la sanction royale avec lâadoption de la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023, mais ne sont pas encore en vigueur.
Le budget de 2024 a annoncĂ© que le gouvernement proposerait des modifications lĂ©gislatives au Code criminel afin dâinterdire lâoffre de crĂ©dit au taux dâintĂ©rĂȘt criminel et de supprimer lâobligation dâobtenir le consentement du procureur gĂ©nĂ©ral pour poursuivre les infractions visĂ©es Ă lâarticle 347.
Objectif
Les objectifs du RĂšglement sur le taux dâintĂ©rĂȘt criminel sont les suivants :
- Exempter certains types de prĂȘts du taux dâintĂ©rĂȘt criminel lorsque ces types de prĂȘts ne conduiront pas Ă des pratiques de prĂȘt Ă conditions abusives.
- Limiter le coĂ»t dâemprunt dâun prĂȘt sur salaire Ă 14 $ par 100 $ empruntĂ©s et limiter le montant qui peut ĂȘtre facturĂ© par les prĂȘteurs sur salaire pour les frais de chĂšque refusĂ©.
Description
Exemptions du taux dâintĂ©rĂȘt criminel
Le RĂšglement exempte les prĂȘts commerciaux (câest-Ă -dire les prĂȘts Ă des fins commerciales lorsque lâemprunteur nâest pas une personne physique) dâune valeur supĂ©rieure Ă 10 000 $ et jusquâĂ 500 000 $ du taux dâintĂ©rĂȘt criminel (qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023, passera Ă 35 % sur la base du TAP), tant que le TAP sur ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 %. Les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă 500 000 $ ne seront pas soumis au taux dâintĂ©rĂȘt criminel ni Ă tout autre plafond de taux en vertu du RĂšglement. Les prĂȘts commerciaux de 10 000 $ et moins seraient soumis au taux dâintĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023, passerait Ă 35 % sur la base du TAP.
Le RĂšglement exempte les petits prĂȘts garantis sans recours, communĂ©ment appelĂ©s prĂȘts sur gages, du taux dâintĂ©rĂȘt criminel, Ă condition que le TAP de ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 % et que le prĂȘt soit Ă©valuĂ© Ă moins de 1 000 $. Les prĂȘts sur gages dâune valeur de 1 000 $ et plus resteraient soumis au taux dâintĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023, diminuera Ă 35 % du TAP.
Limite du coĂ»t dâemprunt pour un prĂȘt sur salaire
Le RĂšglement impose une nouvelle limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire de 14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s dans toutes les provinces ayant un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire approuvĂ©. Les prĂȘteurs des provinces qui imposent actuellement des limites plus Ă©levĂ©es sur le coĂ»t dâemprunt devront prĂȘter au taux de 14 $ par tranche de 100 $ pour se conformer au Code criminel. Dans les cas oĂč le prĂȘt sur salaire est remboursĂ© en deux semaines, cela entraĂźnerait un TAP supĂ©rieur Ă 350 %.
Le RĂšglement exclut Ă©galement les frais de chĂšque refusĂ© de 20 $ ou moins du calcul de la limite tarifaire de 14 $. Cela fixera effectivement un plafond de 20 $ sur les frais uniques pour chĂšque refusĂ© quâun prĂȘteur sur salaire pourrait facturer, ce qui correspondrait aux frais provinciaux les plus bas autorisĂ©s. Les prĂȘteurs des provinces qui facturent de frais de 14 $ par tranche de 100 $ qui autorisent actuellement des frais pour chĂšque refusĂ© plus Ă©levĂ©s devront rĂ©duire leurs frais pour chĂšque refusĂ© Ă 20 $ pour se conformer au Code criminel.
Le RĂšglement nâinclut pas les intĂ©rĂȘts sur les montants impayĂ©s des prĂȘts dans la limite de 14 $, car presque tous les rĂ©gimes provinciaux autorisent actuellement des intĂ©rĂȘts sur les montants impayĂ©s des prĂȘts allant jusquâĂ 2,5 % par mois.
Le RĂšglement sâappliquera Ă tous les prĂȘts, y compris les prĂȘts sur salaire, conclus Ă compter de la date dâentrĂ©e en vigueur du RĂšglement.
Ălaboration de la rĂ©glementation
Consultation
Consultations antérieures
Ă lâautomne 2022, le ministĂšre des Finances (le MinistĂšre) a menĂ© une consultation publique de 60 jours sur la rĂ©duction du taux dâintĂ©rĂȘt criminel afin de freiner les prĂȘts Ă conditions abusives. Dans le cadre de cette consultation, le MinistĂšre a reçu plus de 100 entrĂ©es provenant dâassociations industrielles, de groupes de consommateurs, dâuniversitaires et de citoyens canadiens.
Ă la suite de lâannonce du budget de 2023, qui prĂ©voyait une rĂ©duction du taux dâintĂ©rĂȘt criminel et lâintroduction dâun plafond sur le coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire, le MinistĂšre a tenu des consultations ciblĂ©es avec certains intervenants pour orienter la rĂ©daction de RĂšglement sur les exemptions au taux dâintĂ©rĂȘt criminel et au plafond des prĂȘts sur salaire. Le MinistĂšre a reçu plus de 50 entrĂ©es et a organisĂ© des rĂ©unions de suivi avec les intervenants pour discuter plus en dĂ©tail de leurs prĂ©sentations.
Les commentaires reçus au cours de ces consultations sont rĂ©sumĂ©s dans le rĂ©sumĂ© de lâĂ©tude dâimpact de la rĂ©glementation (REIR) publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada avec le RĂšglement proposĂ©.
Consultation réglementaire
Le projet de RĂšglement sur le taux dâintĂ©rĂȘt criminel (le projet de rĂšglement) et le REIR ont fait lâobjet dâune publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 23 dĂ©cembre 2023 pour une pĂ©riode de commentaires de 30 jours se terminant le 22 janvier 2024. Dans lâensemble, le gouvernement a reçu plus de 80 entrĂ©es de lâindustrie (y compris de prĂȘteurs parallĂšles et de prĂȘteurs sur gages), de dĂ©fenseurs des consommateurs, de provinces et territoires, et de particuliers. Le gouvernement a Ă©galement organisĂ© plusieurs rĂ©unions avec des prĂȘteurs parallĂšles avant la clĂŽture de la pĂ©riode de consultation rĂ©glementaire afin de permettre Ă ces intervenants de partager leur point de vue.
Exemption commerciale — Enjeux
En ce qui concerne lâexemption commerciale, la plupart des commentaires reçus portaient sur les ajustements Ă apporter au projet de rĂšglement. Certains dĂ©fenseurs des consommateurs Ă©taient dâavis que le projet de rĂšglement ne suffirait pas Ă protĂ©ger les petits emprunteurs commerciaux qui peuvent avoir besoin dâun prĂȘt pour diverses raisons. Afin de mieux protĂ©ger ces emprunteurs, certains ont suggĂ©rĂ© de relever le seuil minimum de lâexemption commerciale de 10 000 Ă 50 000 $.
Toutefois, les prĂȘteurs ont fait valoir que le rĂšglement proposĂ© nâirait pas assez loin pour permettre lâoctroi de crĂ©dits dans le domaine des prĂȘts commerciaux. Certains ont demandĂ© que le seuil dâexemption soit ramenĂ© Ă 2 500 $. Beaucoup ont Ă©galement demandĂ© une mise Ă jour de la section du rĂšglement qui prĂ©cise qui peut bĂ©nĂ©ficier de lâexemption, en indiquant que les « personnes physiques » pourraient exclure les propriĂ©taires uniques. Certains ont recommandĂ© de demander aux prĂȘteurs de faire signer aux emprunteurs une confirmation que le prĂȘt sera utilisĂ© Ă des fins commerciales.
Exemption commerciale — RĂ©action
Aucun ajustement nâa Ă©tĂ© apportĂ© aux seuils permettant de bĂ©nĂ©ficier de lâexemption commerciale, Ă©tant donnĂ© que lâexemption maintient un Ă©quilibre en Ă©vitant les consĂ©quences involontaires sur le marchĂ© du crĂ©dit commercial tout en rĂ©duisant le risque dâarbitrage rĂ©glementaire ou de crĂ©ation de lacunes.
En ce qui concerne lâexigence dâune personne physique, le gouvernement note que de nombreux entrepreneurs individuels prĂ©sentent des schĂ©mas et des montants dâemprunt similaires Ă ceux des consommateurs, ce qui pourrait crĂ©er une faille dans la rĂ©glementation.
Exemption pour les prĂȘts sur gages — Enjeux
En ce qui concerne lâexemption pour les prĂȘts sur gages, les prĂȘteurs sur gages ont demandĂ© une mise Ă jour de la formulation afin de tenir compte des frais dâentreposage et de manutention. De nombreux emprunteurs de prĂȘts sur gages ont Ă©galement Ă©crit pour soutenir les services de prĂȘts sur gages. Cependant, certains intervenants, principalement des groupes de dĂ©fense des consommateurs, ont indiquĂ© que cette exemption nuirait aux emprunteurs vulnĂ©rables et nâĂ©taient pas favorables Ă celle-ci.
Exemption pour les prĂȘts sur gages — RĂ©action
Aucun ajustement nâa Ă©tĂ© apportĂ© Ă lâexemption des prĂȘts sur gages. Lâexemption permet effectivement au prĂȘt sur gages de fonctionner comme il lâa fait depuis lâintroduction du taux dâintĂ©rĂȘt criminel, et lâexemption des frais dâentreposage et de manutention nĂ©cessiterait des modifications lĂ©gislatives Ă la dĂ©finition de lâintĂ©rĂȘt, ce qui nâentre pas dans le champ dâapplication du RĂšglement.
Autres exemptions — Enjeux
Les prĂȘteurs ont Ă©galement demandĂ© que dâautres types dâexemptions soient examinĂ©s. Il sâagit notamment dâune exemption pour les prĂȘts non garantis dâun montant infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 5 000 $, dâune exemption pour les prĂȘts de consolidation de dettes et dâune exemption pour les actes volontaires de lâemprunteur (câest-Ă -dire lorsque lâemprunteur rembourse le prĂȘt de maniĂšre anticipĂ©e).
Autres exemptions — RĂ©action
Aucune autre exemption nâa Ă©tĂ© proposĂ©e. Une exemption pour les prĂȘts non garantis de 5 000 $ ou moins, bien quâelle attĂ©nue les prĂ©occupations concernant les pertes potentielles dâaccĂšs au crĂ©dit, ne serait pas conforme Ă lâintention politique dâaider les consommateurs Ă Ă©viter un cycle dâendettement quâils ne peuvent se permettre ni auquel ils ne peuvent Ă©chapper. En outre, les intervenants reprĂ©sentant les consommateurs nâont pas exprimĂ© de prĂ©occupations concernant lâaccessibilitĂ© au crĂ©dit Ă coĂ»t Ă©levĂ©. Enfin, ce type dâexemption pourrait donner lieu Ă des abus de la part des emprunteurs ou des prĂȘteurs (par exemple le cumul de plusieurs prĂȘts). En ce qui concerne lâexemption pour les prĂȘts de consolidation de dettes, ce type dâexemption nâest pas non plus conforme Ă lâobjectif politique dâaider les consommateurs Ă Ă©viter un cycle dâendettement, car ils peuvent ĂȘtre assortis dâun taux dâintĂ©rĂȘt trĂšs Ă©levĂ© et sont susceptibles dâĂȘtre utilisĂ©s de maniĂšre abusive par les prĂȘteurs. Le RĂšglement ne prĂ©voit pas dâexemption pour les actes volontaires de lâemprunteur, car lâautoritĂ© lĂ©gislative du RĂšglement ne permet pas une telle exemption, Ă©tant donnĂ© quâelle nâentrerait pas dans le champ dâapplication du RĂšglement.
PrĂȘts sur salaire — Enjeux
En ce qui concerne le plafonnement des prĂȘts sur salaire, de nombreux intervenants (par exemple des dĂ©fenseurs des consommateurs et des universitaires) ont notĂ© quâil sâagissait dâun pas dans la bonne direction. Toutefois, nombre dâentre eux ont appelĂ© Ă des mesures supplĂ©mentaires pour abroger complĂštement lâexemption. Les prĂȘteurs sur salaire nâĂ©taient pas favorables Ă ce plafond, arguant quâil conduirait les prĂȘteurs Ă quitter le marchĂ©. Ces prĂȘteurs se sont Ă©galement opposĂ©s au plafonnement des frais pour chĂšques refusĂ©s, affirmant que ces frais reprĂ©sentent les coĂ»ts encourus par le prĂȘteur en cas de dĂ©faut de paiement.
PrĂȘts sur salaire — RĂ©action
Aucun ajustement nâa Ă©tĂ© apportĂ© au coĂ»t dâemprunt maximal pour les prĂȘts sur salaire ni au montant maximal autorisĂ© pour les frais de chĂšques refusĂ©s. Le plafond et le montant maximal des frais pour chĂšques refusĂ©s harmonisent les exigences les plus strictes dĂ©jĂ en vigueur dans les provinces.
DĂ©lai — Enjeux
Les prĂȘteurs se sont opposĂ©s au dĂ©lai de mise en Ćuvre proposĂ© de trois mois aprĂšs la publication finale, demandant plus de temps pour sâadapter. Nombre dâentre eux ont fait remarquer que la dĂ©finition actuarielle du taux annuel en pourcentage, aux fins du calcul du taux dâintĂ©rĂȘt criminel dans le Code criminel, ne sera pas finalisĂ©e avant le mois de mai, et quâils auraient besoin de plus de temps pour mettre Ă jour leurs systĂšmes en consĂ©quence (Ă©tant donnĂ© quâils sont actuellement soumis Ă un plafond du taux annualisĂ© en pourcentage). Les dates de mise en Ćuvre suggĂ©rĂ©es vont de 6 mois Ă 2 ans. Les provinces ont Ă©galement demandĂ© plus de temps pour aligner leur lĂ©gislation, afin dâassurer la conformitĂ© des titulaires de permis sur le marchĂ©, et pour informer les emprunteurs du nouveau plafond de taux. Les dĂ©lais suggĂ©rĂ©s varient de 6 mois Ă un an aprĂšs la publication finale.
DĂ©lai — RĂ©action
Le gouvernement a soigneusement pris en compte ce dĂ©lai proposĂ© et la date dâentrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© ajustĂ©e pour laisser plus de temps Ă la mise en Ćuvre. La date dâentrĂ©e en vigueur ajustĂ©e reprĂ©sente le bas de la fourchette des dates de mise en Ćuvre suggĂ©rĂ©es par certains intervenants et provinces.
Autres — Enjeux et rĂ©ponses
Plusieurs prĂȘteurs ont exprimĂ© leur dĂ©ception quant au fait quâaucune analyse formelle des coĂ»ts et bĂ©nĂ©fices nâa Ă©tĂ© effectuĂ©e pour le changement du taux dâintĂ©rĂȘt criminel, qui est passĂ© de lâĂ©quivalent de 48 % Ă 35 % du TAP. Le gouvernement note que, comme il sâagit dâun changement lĂ©gislatif plutĂŽt que rĂ©glementaire, une analyse formelle ne sera pas publiĂ©e et nâentre pas dans le champ dâapplication de ce prĂ©sent REIR.
Dâautres ajustements techniques mineurs ont Ă©tĂ© apportĂ©s au RĂšglement afin de faire rĂ©fĂ©rence aux conventions de prĂȘt de maniĂšre neutre, plutĂŽt quâau passĂ©.
Consultations connexes
En octobre 2023, le gouvernement a lancĂ© des consultations pour Ă©tudier la possibilitĂ© dâabaisser davantage le taux dâintĂ©rĂȘt criminel, dâaccroĂźtre lâaccĂšs au crĂ©dit Ă faible coĂ»t et de faible valeur au Canada, et dâapporter des rĂ©visions supplĂ©mentaires Ă lâexemption des prĂȘts sur salaire. Les consultations ont Ă©galement sollicitĂ© les commentaires dâintervenants sur le renforcement de lâapplication de la loi.
En rĂ©ponse aux commentaires de cette consultation, il a Ă©tĂ© annoncĂ© dans le budget de 2024 que le gouvernement a lâintention de modifier le Code criminel pour renforcer lâapplication du taux dâintĂ©rĂȘt criminel en interdisant les offres de crĂ©dit Ă un taux dâintĂ©rĂȘt criminel et en permettant des poursuites contre les prĂȘteurs illĂ©gaux sans lâapprobation du procureur gĂ©nĂ©ral. En vertu de la loi actuelle, un dĂ©lit nâest commis que lorsquâun emprunteur conclut une convention ou une entente pour payer des intĂ©rĂȘts Ă un taux criminel, quelle que soit lâintention du prĂȘteur. Certains emprunteurs obtenant des prĂȘts Ă des taux dâintĂ©rĂȘt illĂ©gaux peuvent ĂȘtre rĂ©ticents, pour diverses raisons, Ă sâadresser aux autoritĂ©s chargĂ©es de lâapplication de la loi. La proposition dâinterdire les offres de prĂȘts Ă un taux criminel permettrait aux forces de lâordre de cibler directement les prĂȘteurs illĂ©gaux. En outre, la proposition visant Ă supprimer lâobligation dâobtenir le consentement du procureur gĂ©nĂ©ral permettrait de lever un obstacle relevĂ© par les intervenants, Ă savoir lâapplication du taux criminel.
Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones
Les peuples autochtones pourraient ĂȘtre touchĂ©s positivement par le RĂšglement. Les donnĂ©es de lâEnquĂȘte canadienne sur les capacitĂ©s financiĂšres de 2019 indiquent que les rĂ©pondants qui sâidentifient comme Autochtones Ă©taient gĂ©nĂ©ralement plus susceptibles dâavoir empruntĂ© au moyen dâun prĂȘt sur salaire au cours des 12 derniers mois de la pĂ©riode dâenquĂȘte, en particulier pour les mĂ©nages Ă faible revenu. Cette annĂ©e-lĂ , le groupe sâidentifiant comme autochtone a eu recours Ă des prĂȘts sur salaire Ă un taux plus Ă©levĂ© que la moyenne, 5 % des rĂ©pondants autochtones ayant accĂ©dĂ© Ă des prĂȘts sur salaire, contre 1,3 % des rĂ©pondants non autochtones. Ainsi, Ă©tant donnĂ© que les peuples autochtones sont plus susceptibles dâaccĂ©der Ă des prĂȘts sur salaire, ils tireraient des avantages du coĂ»t dâemprunt infĂ©rieur de 14 $ par tranche de 100 $ fixĂ© par ce RĂšglement.
Le RĂšglement ne devrait pas avoir dâeffets prĂ©judiciables sur des droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă lâarticle 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.
Choix de lâinstrument
Le taux dâintĂ©rĂȘt criminel est dĂ©fini dans le Code criminel. Une fois que les modifications adoptĂ©es dans la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023 sont en vigueur, le Code criminel autorisera Ă©galement le gouverneur en conseil Ă prendre des rĂšglements prĂ©voyant des exemptions Ă lâapplication de ce taux. Le RĂšglement est le seul instrument viable pour prĂ©voir de telles exemptions et, Ă ce titre, aucun autre instrument nâa Ă©tĂ© envisagĂ©.
Analyse de la réglementation
Avantages et coûts
Lâanalyse coĂ»ts-avantages complĂšte Ă©laborĂ©e pour soutenir ce RĂšglement est disponible sur demande.
Plusieurs changements ont Ă©tĂ© apportĂ©s Ă lâanalyse depuis la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada. Lâanalyse rĂ©visĂ©e des prĂȘts sur salaire utilise des donnĂ©es actualisĂ©es, car plusieurs provinces ont publiĂ© de nouvelles donnĂ©es sur le marchĂ© des prĂȘts sur salaire depuis la publication prĂ©alable et une province (la Nouvelle-Ăcosse) a abaissĂ© son taux plafond pour les prĂȘts sur salaire. Comme indiquĂ© ci-dessous, ces changements devraient entrer en vigueur le 1er janvier 2025. La premiĂšre annĂ©e de lâanalyse est donc 2024 et ne tient compte que des coĂ»ts ponctuels pour les prĂȘteurs (pour mettre Ă jour le marketing, les informations, etc.), Ă©tant donnĂ© que cela devrait ĂȘtre fait avant la date dâentrĂ©e en vigueur. Tous les autres impacts commencent en 2025.
En outre, il existe une Ă©valuation plus approfondie des rĂ©sultats pour les emprunteurs qui pourraient ĂȘtre exclus du marchĂ© du prĂȘt sur salaire Ă la suite de ces changements. Un rĂ©sumĂ© de lâanalyse se trouve ci-dessous.
Exemptions du taux dâintĂ©rĂȘt criminel
Les prĂȘts commerciaux ne nĂ©cessitent pas le mĂȘme degrĂ© de surveillance rĂ©glementaire que les prĂȘts personnels. Les prĂȘts commerciaux nĂ©cessitent souvent des taux de rendement Ă©levĂ©s pour attirer les investissements en capital et sont gĂ©nĂ©ralement contractĂ©s par des parties qui comprennent le rapport risque-rendement dans le cadre de portefeuilles diversifiĂ©s conçus pour couvrir les risques. Des rĂšgles trop restrictives sur ces types de prĂȘts pourraient avoir un effet dissuasif sur les transactions qui, tous facteurs pris en compte, seraient avantageuses pour les deux parties et pour lâĂ©conomie.
De plus, au Canada, les prĂȘts commerciaux nâenferment pas les particuliers dans un cycle dâendettement. En plus de capturer certaines pratiques de prĂȘt commercial qui ne correspondent pas Ă lâintention politique, une baisse supplĂ©mentaire du taux criminel pourrait restreindre la capacitĂ© des entitĂ©s commerciales sophistiquĂ©es Ă sâengager dans des opĂ©rations dâemprunt. Câest pourquoi le RĂšglement exemptera les prĂȘts commerciaux du nouveau taux dâintĂ©rĂȘt criminel plus bas.
Plus prĂ©cisĂ©ment, le RĂšglement exemptera les prĂȘts commerciaux Ă©valuĂ©s entre 10 000 $ et 500 000 $ du taux dâintĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă la Loi no 1 dâexĂ©cution du budget de 2023, passera Ă 35 % sur la base du TAP, mais maintiendra la limite de 48 % sur la base du TAP. Cela continuera de sâappliquer dans les cas oĂč lâemprunteur nâest pas une personne physique et que le prĂȘt est utilisĂ© Ă des fins commerciales. Cela garantit vĂ©ritablement Ă certains emprunteurs commerciaux, en particulier les petites entreprises, de continuer de bĂ©nĂ©ficier dâun certain niveau de protection pĂ©nale, tout en pouvant accĂ©der Ă un crĂ©dit qui ne serait pas accordĂ© Ă un taux dâintĂ©rĂȘt infĂ©rieur Ă 35 % sur la base du TAP.
Les prĂȘts commerciaux dâune valeur infĂ©rieure Ă 10 000 $ ne seront pas exemptĂ©s du nouveau taux criminel de 35 % sur la base du TAE en vertu du RĂšglement. TrĂšs peu de prĂȘts commerciaux sont Ă©mis pour des valeurs infĂ©rieures Ă 10 000 $ et ces prĂȘts sont moins susceptibles de faire partie dâun portefeuille dâinvestissement diversifiĂ© plus large. Ainsi, les prĂȘts commerciaux infĂ©rieurs Ă 10 000 $ seront soumis au nouveau taux dâintĂ©rĂȘt criminel afin de dissuader les prĂȘteurs de manipuler les exemptions rĂ©glementaires et de contourner le taux criminel en accordant des prĂȘts Ă la consommation en tant que prĂȘts commerciaux. Ătant donnĂ© que peu de prĂȘts commerciaux sont Ă©valuĂ©s Ă moins de 10 000 $, cela aura un impact financier trĂšs minime sur les prĂȘteurs et emprunteurs commerciaux. En gĂ©nĂ©ral, les emprunteurs consommateurs bĂ©nĂ©ficieront dâun risque rĂ©duit de voir les prĂȘteurs tenter de contourner le nouveau taux dâintĂ©rĂȘt criminel.
Les prĂȘts commerciaux dâune valeur supĂ©rieure Ă 500 000 $ ne seront soumis Ă aucun taux dâintĂ©rĂȘt criminel. Il sâagit dâĂ©viter les frictions contractuelles et de garantir des investissements sains et productifs dans les domaines du capital-risque et du capital-investissement, qui peuvent actuellement ĂȘtre limitĂ©s par un taux criminel de 48 % sur la base du TAP. Les opĂ©rations de prĂȘt commercial supĂ©rieures Ă 500 000 $ reprĂ©sentent un niveau de sophistication qui ne nĂ©cessite pas de protection par les dispositions pĂ©nales sur les taux dâintĂ©rĂȘt. De plus, il y a trĂšs peu de transactions commerciales pour des prĂȘts supĂ©rieurs Ă 500 000 $ dont la valeur approche un taux dâintĂ©rĂȘt de 48 %, de sorte que les coĂ»ts pour les prĂȘteurs et les emprunteurs sont limitĂ©s. Exempter du taux dâintĂ©rĂȘt criminel les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă 500 000 $ prĂ©sentera des avantages pour certaines formes limitĂ©es de transactions sophistiquĂ©es, telles que le financement par capital-risque et le financement de stocks automobiles. Ces types de transactions ne touchent pas les Canadiens Ă faible revenu et Ă©conomiquement vulnĂ©rables.
Les prĂȘts garantis de petit montant, sans recours, communĂ©ment appelĂ©s prĂȘts sur gages, sont diffĂ©rents des autres types dâemprunt, car lâobtention dâun tel prĂȘt ne dĂ©pend pas du revenu ou du crĂ©dit de lâemprunteur. Les prĂȘts sur gages sont garantis par une sĂ»retĂ©. Si le prĂȘt est remboursĂ©, la sĂ»retĂ© est restituĂ©e Ă lâemprunteur. Si le prĂȘt nâest pas remboursĂ©, le prĂȘteur conserve la sĂ»retĂ©, couvrant toute obligation impayĂ©e et protĂ©geant lâemprunteur dâune dette quâil pourrait ne pas ĂȘtre en mesure de rembourser, ce qui est lâun des principaux objectifs politiques du nouveau taux dâintĂ©rĂȘt criminel plus bas. En tant que tels, ces prĂȘts ne causent pas le mĂȘme niveau de prĂ©judice que les autres prĂȘts dans la mesure oĂč aucun cycle dâendettement nâest créé ou perpĂ©tuĂ© et un dĂ©faut de paiement de ces prĂȘts ne modifie pas les cotes de crĂ©dit des emprunteurs ni leur capacitĂ© Ă obtenir dâautres emprunts. Cependant, compte tenu du degrĂ© de prĂ©judice relativement moindre, le RĂšglement maintiendra donc lâaccĂšs Ă ce produit de prĂȘt garanti de faible valeur.
Les prĂȘts sur gages dâune valeur Ă©gale ou supĂ©rieure Ă 1 000 $ continueront dâĂȘtre soumis au taux dâintĂ©rĂȘt criminel, qui passe Ă 35 % sur la base du TAP, afin de ne pas inciter les prĂȘteurs Ă manipuler les exemptions rĂ©glementaires et Ă contourner le taux dâintĂ©rĂȘt criminel pour accorder des prĂȘts Ă la consommation. Par exemple, en lâabsence de ce seuil, les prĂȘteurs parallĂšles qui proposent des prĂȘts Ă tempĂ©rament Ă coĂ»t Ă©levĂ© peuvent ĂȘtre incitĂ©s Ă obtenir des licences sur gages pour proposer des prĂȘts « garantis » de grande valeur. Il convient de noter que trĂšs peu de prĂȘts sur gages sont Ă©mis pour des valeurs Ă©gales ou supĂ©rieures Ă 1 000 $.
Ătant donnĂ© que les exemptions prĂ©vues par le RĂšglement supprimeront les restrictions et seraient de nature permissive, on suppose que les particuliers et les entreprises concernĂ©s se comportent gĂ©nĂ©ralement de maniĂšre rationnelle et nâentreprennent de tels Ă©changes que dans les situations quâils jugent ĂȘtre dans leur intĂ©rĂȘt. Ătant donnĂ© que lâexemption concernant les prĂȘts sur gages maintiendra en grande partie le statu quo en soumettant la majoritĂ© des prĂȘts sur gages au taux criminel actuel, il nây a aucun coĂ»t ni avantage monĂ©tisĂ© pour ces Ă©lĂ©ments de la proposition. De mĂȘme, le statu quo est largement maintenu pour les prĂȘts commerciaux infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 500 000 $ (en termes de taux dâintĂ©rĂȘt maximal applicable). Bien que les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă 500 000 $ qui ne sont plus soumis Ă une limite de taux puissent prĂ©senter certains avantages monĂ©taires positifs, en raison de la variabilitĂ© du nombre et de la valeur des prĂȘts Ă©mis, ces effets ne sont pas monĂ©tisĂ©s.
Limite du coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire
Certains intervenants ont indiquĂ© que la baisse du taux dâintĂ©rĂȘt criminel, sans aucune mesure visant Ă rĂ©duire le coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire, pourrait inciter de plus en plus les consommateurs Ă recourir aux prĂȘts sur salaire. Ătant donnĂ© que le plafond du coĂ»t dâemprunt pour un prĂȘt sur salaire varie selon la province, le RĂšglement imposera un plafond fĂ©dĂ©ral pour ĂȘtre admissible Ă lâexemption des prĂȘts sur le salaire du taux dâintĂ©rĂȘt criminel en vertu de lâarticle 347.1 du Code criminel, ce qui harmonise les coĂ»ts des prĂȘts sur salaire entre les provinces qui autorisent les prĂȘts sur salaire, les alignant ainsi sur la limite provinciale la plus basse du coĂ»t dâemprunt pour un prĂȘt sur salaire, Ă Terre-Neuve-et-Labrador.
Le modĂšle suivant quantifie les coĂ»ts et les avantages de la limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t dâemprunt dâun prĂȘt sur salaire. Le modĂšle Ă©value deux scĂ©narios : dans la rĂ©fĂ©rence, sur une pĂ©riode de 11 ans, des plafonds de taux maximaux (y compris des plafonds de taux sur les frais de chĂšques refusĂ©s) sont dĂ©terminĂ©s par les provinces et on suppose quâils sont maintenus aux niveaux actuels. Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, sur la mĂȘme pĂ©riode de 11 ans, une limite maximale fĂ©dĂ©rale du coĂ»t dâemprunt pour un prĂȘt sur salaire de 14 $ par chaque tranche de 100 $ sâapplique dans les provinces et territoires concernĂ©s, ainsi que des frais de chĂšque refusĂ©s maximaux de 20 $. Les impacts diffĂ©rentiels du RĂšglement sont mesurĂ©s comme la diffĂ©rence entre ces deux scĂ©narios.
Les donnĂ©es provinciales sur les prĂȘts sur salaire de lâAlberta, de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle-Ăcosse sont disponibles sur plusieurs annĂ©es. Les donnĂ©es de 2022, lâannĂ©e la plus rĂ©cente pour laquelle des donnĂ©es sont disponibles pour les trois provinces, sont utilisĂ©es pour estimer les coĂ»ts et les avantages. Toutes les valeurs monĂ©taires prĂ©sentĂ©es dans cette analyse sont exprimĂ©es en dollars de 2022. Selon les plus rĂ©centes donnĂ©es disponibles, il existe des variations dans les limites provinciales concernant le coĂ»t dâemprunt, exprimĂ© comme le coĂ»t dâemprunt maximal pour un prĂȘt sur salaire de 100 $ :
- 17 $ en Nouvelle-Ăcosse, au Manitoba et en Saskatchewan,
- 15 $ en Ontario, Ă lâĂle-du-Prince-Ădouard, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Ăcosse, en Alberta et en Colombie-Britannique.
- 14 $ Ă Terre-Neuve-et-Labrador.
Afin de simplifier lâanalyse, on utilise la moyenne pondĂ©rĂ©e selon la population de la limite permise par tranche de 100 $. Cette moyenne correspond Ă 15,17 $ par 100 $ dans la base de rĂ©fĂ©rence et Ă 14 $ par 100 $ en vertu du RĂšglement.
De plus, il existe actuellement des variations dans les limites provinciales concernant les frais maximaux admissibles pour les chĂšques refusĂ©s imputĂ©s par les fournisseurs de prĂȘts sur salaire. Les voici :
- 40 $ en Nouvelle-Ăcosse;
- 25 $ en Alberta, en Ontario et en Saskatchewan;
- 20 $ en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et Ă Terre-Neuve-et-Labrador; et
- Non prĂ©cisĂ© Ă lâĂle-du-Prince-Ădouard.
Comme pour les coĂ»ts de prĂȘt, la moyenne pondĂ©rĂ©e selon la population des frais de chĂšque refusĂ©s admissibles est utilisĂ©e pour simplifier lâimpact potentiel. On suppose que le maximum moyen Ă lâĂle-du-Prince-Ădouard est de 25 $ (voir ci-dessous). Ainsi, les frais moyens admissibles pondĂ©rĂ©s selon la population nationale passeraient de 24,24 $ dans la base de rĂ©fĂ©rence Ă 20 $ en vertu du RĂšglement.
Les hypothÚses supplémentaires suivantes sont envisagées :
- Aucun prĂȘt sur salaire nâest offert dans les provinces et les territoires sâils nâont pas reçu de dĂ©signation dâexemption de prĂȘts sur salaire du gouverneur en conseil. Ainsi, le QuĂ©bec et les territoires sont donc exclus de lâanalyse.
- Le recours aux prĂȘts sur salaire est proportionnel Ă la population de la province. Ătant donnĂ© le manque de donnĂ©es sur les prĂȘts sur salaire dans certaines provinces, les donnĂ©es dĂ©mographiques provinciales sont considĂ©rĂ©es comme la mĂ©thode la plus prĂ©cise pour estimer la valeur des prĂȘts sur salaire et le nombre de clients de prĂȘts sur salaire dans une province donnĂ©e.
- Ă compter du 1er janvier 2024, le coĂ»t maximal dâemprunt en Nouvelle-Ăcosse est passĂ© de 17 $ Ă 15 $ par tranche de 100 $. Ătant donnĂ© que les donnĂ©es disponibles les plus rĂ©centes ne tiennent pas compte du taux actuel et quâil nây a pas eu suffisamment de temps pour observer les changements associĂ©s au nouveau taux, on suppose que les points de donnĂ©es (câest-Ă -dire le nombre de clients de prĂȘts sur salaire, le nombre total de prĂȘts sur salaire, etc.) de lâannĂ©e se terminant le 30 juin 2023 demeureront inchangĂ©s. Ainsi, ce modĂšle utilise les donnĂ©es de la Nouvelle-Ăcosse de lâannĂ©e se terminant le 30 juin 2023.
- Le volume (en dollars) des prĂȘts est une fonction de lâĂ©lasticitĂ© de lâoffre. Cela suppose que si le taux maximum pouvant ĂȘtre facturĂ© pour un prĂȘt sur salaire diminue, lâoffre de prĂȘts sur salaire diminuera en consĂ©quence. Cette hypothĂšse est conforme Ă la thĂ©orie Ă©conomique de lâĂ©lasticitĂ© de lâoffre. Cette Ă©lasticitĂ© est estimĂ©e Ă partir dâune diminution du nombre de comptoirs de services en Ontario, suivant plusieurs changements de taux dans la province (de 21 $ Ă 15 $ par prĂȘt de 100 $).
- La croissance du volume des prĂȘts est assumĂ©e Ă un taux rĂ©el (au-delĂ de lâinflation) de 2 % dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et dans le scĂ©nario rĂ©glementaire.
- Lâoffre et la demande de prĂȘts sur salaire ne seraient pas touchĂ©es par la rĂ©duction des frais admissibles en cas dâinsuffisance de fonds. Cette hypothĂšse repose sur la conviction que les frais dâinsuffisance de fonds sur les chĂšques destinĂ©s Ă couvrir les obligations liĂ©es aux prĂȘts sur salaire sont utilisĂ©s comme un outil par les prĂȘteurs pour inciter les emprunteurs Ă sâassurer que des soldes suffisants sont disponibles dans leurs comptes. La limite de 20 $ est jugĂ©e suffisante pour atteindre cet objectif et aucun changement dans le comportement des emprunteurs nâest donc modĂ©lisĂ© et les taux de dĂ©faut de paiement nâaugmenteraient pas. En outre, les prĂȘteurs ne sont pas censĂ©s considĂ©rer ces frais comme une source fiable de revenus dans le cadre de leur modĂšle Ă©conomique et il est donc peu probable quâils rĂ©agissent en restreignant lâoffre de prĂȘts.
- Tous les prĂȘts en dĂ©faut sont attribuables Ă des chĂšques refusĂ©s ou Ă un dĂ©bit refusĂ©. Le rĂšglement sur les prĂȘts sur salaire fixe une limite de 20 $ pour le montant quâun prĂȘteur sur salaire peut facturer Ă un emprunteur pour un instrument refusĂ©. Cela limite les frais autorisĂ©s dans des provinces comme lâAlberta, lâOntario et la Saskatchewan. Afin dâestimer les impacts de ce changement, cette hypothĂšse est nĂ©cessaire.
- Les frais moyens pour un chĂšque refusĂ© Ă lâĂle-du-Prince-Ădouard sont de 25 $. MĂȘme sâils pourraient ĂȘtre plus Ă©levĂ©s, le marchĂ© des prĂȘts sur salaire dans la province est trĂšs petit par rapport au reste du pays et, par consĂ©quent, un montant de frais pour chĂšque refusĂ© aura trĂšs peu dâimpact supplĂ©mentaire et peu dâimpact sur les rĂ©sultats de lâanalyse dans lâensemble du pays.
- Le nombre moyen de prĂȘts contractĂ©s par un emprunteur augmente de 5 %. Cette hypothĂšse sâappuie sur des rapports universitaires qui estiment que le nombre de prĂȘts sur salaire par emprunteur augmente lorsque le taux dâintĂ©rĂȘt maximum sur les prĂȘts sur salaire est rĂ©duit. Cela est probablement attribuable au fait que les prĂȘteurs sur salaire accordent des prĂȘts Ă des emprunteurs existants qui ont un historique de remboursement positif et une relation Ă©tablie avec le prĂȘteur.
- Les utilisateurs de prĂȘts sur salaire se voient imputer les intĂ©rĂȘts maximaux permis dans leur province. Cette hypothĂšse sâappuie sur les commentaires de plusieurs groupes de consommateurs et de membres de lâindustrie.
- Le nombre de consommateurs Ă la recherche dâun prĂȘt sur salaire ne diminuera pas dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. Cependant, certains de ces emprunteurs ne seront plus en mesure dâemprunter auprĂšs de prĂȘteurs sur salaire rĂ©glementĂ©s. Cette hypothĂšse est Ă©tayĂ©e par la rĂ©ponse dâun membre de lâindustrie dans le cadre de la consultation.
- Toutes les dĂ©penses dâexploitation engagĂ©es par le prĂȘteur demeurent les mĂȘmes dans les deux scĂ©narios. Les dĂ©penses liĂ©es aux crĂ©ances irrĂ©couvrables demeurent Ă la mĂȘme proportion de revenus dans les deux scĂ©narios. Cela suppose que les prĂȘteurs ont un certain contrĂŽle sur les crĂ©ances irrĂ©couvrables et autres dĂ©penses Ă court terme, tandis que les dĂ©penses dâexploitation sont fixes.
- Avec ces changements rĂ©glementaires, lâindustrie devra assumer un coĂ»t ponctuel afin de mettre Ă jour ses activitĂ©s (par exemple mettre Ă jour les systĂšmes informatiques, documents de marketing, etc.). Lâestimation de ces coĂ»ts est fournie par lâindustrie et est prĂ©sumĂ©e exacte. Ces coĂ»ts seront imposĂ©s avant tout changement officiel de taux (en 2024).
Les variables étudiées aux fins de cette analyse coûts-avantages comprennent les changements dans les bénéfices des entreprises et les économies estimées pour les emprunteurs. Toutes les valeurs monétaires sont exprimées en dollars de 2022.
Pour calculer les coĂ»ts de ce RĂšglement, la perte de surplus des producteurs est estimĂ©e Ă lâaide dâune ventilation des coĂ»ts fournie par lâindustrie. Le coĂ»t du RĂšglement est estimĂ© comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le profit estimĂ© de lâindustrie dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence en fonction du total des prĂȘts Ă©mis et le profit estimĂ© de lâindustrie dans le scĂ©nario rĂ©glementaire.
Afin dâestimer les avantages pour les emprunteurs de prĂȘts sur salaire, la diffĂ©rence du coĂ»t dâemprunt est appliquĂ©e Ă la valeur totale des prĂȘts qui continuent dâĂȘtre Ă©mis dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. En moyenne, les consommateurs Ă©conomiseront 1,25 $ pour chaque tranche de 100 $ de prĂȘts sur salaire. Ătant donnĂ© que la valeur estimĂ©e des intĂ©rĂȘts payĂ©s diminue dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, on peut conclure que le RĂšglement permettra aux consommateurs qui sont en mesure dâemprunter de lâargent Ă la fois dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et dans le scĂ©nario rĂ©glementaire (autres clients) de rĂ©aliser des Ă©conomies.
Comme le dĂ©crivent les tableaux ci-dessous, les emprunteurs canadiens Ă©conomisent collectivement environ 29,7 millions de dollars en intĂ©rĂȘts sur les prĂȘts sur salaire, ainsi que sur les frais de chĂšques refusĂ©s, au cours de la premiĂšre annĂ©e et 225,9 millions de dollars sur 11 ans. Cela se traduit par des Ă©conomies dâenviron 50,56 $ par client pour tous les autres clients au cours de la premiĂšre annĂ©e. Les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es par les emprunteurs devraient entraĂźner un coĂ»t sur les bĂ©nĂ©fices de lâindustrie, lesquels devraient diminuer de 30,7 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e et de 207,6 millions de dollars sur 11 ans. Cela se traduit par un avantage pour la valeur actualisĂ©e nette pour la sociĂ©tĂ© de 18,2 millions de dollars (225,9 millions de dollars moins 207,6 millions de dollars).
ĂnoncĂ© des coĂ»ts et avantages
- Nombre dâannĂ©es : 11 ans (de 2024 Ă 2034)
- AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence pour lâĂ©tablissement des coĂ»ts : 2022
- Année de référence pour la valeur actualisée : 2024
- Taux dâactualisation : 7 %
| Intervenant touché | Description des coûts | PremiÚre année et année de référence (2024-2025) | 2028 | 2034 | Total (valeur actualisée) | Valeur annualisée |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Industrie | Perte de bénéfices continue | 26,8 $ | 28,4 $ | 32 $ | 203,7 $ | 27,2 $ |
| Coût unique (par exemple mise à jour des systÚmes informatiques, du matériel marketing, etc.) | 3,9 $ | 0 $ | 0 $ | 3,9 $ | 0,5 $ | |
| Tous les intervenants | Total des coûts | 30,7 $ | 28,4 $ | 32 $ | 207,6 $ | 27,7 $ |
| Intervenant touchĂ© | Description de lâavantage | PremiĂšre annĂ©e et annĂ©e de rĂ©fĂ©rence (2024-2025) | 2028 | 2034 | Total (valeur actualisĂ©e) | Valeur annualisĂ©e |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Consommateurs | Ăconomies sur les frais de montage | 27,8 $ | 29,5 $ | 33,2 $ | 211,6 $ | 28,2 $ |
| Ăconomies sur les frais de chĂšques refusĂ©s | 1,9 $ | 2 $ | 2,2 $ | 14,3 $ | 1,9 $ | |
| Tous les intervenants | Total des avantages | 29,7 $ | 31,5 $ | 35,5 $ | 225,9 $ | 30,1 $ |
| Répercussions | PremiÚre année et année de référence (2024-2025) | 2028 | 2034 | Total (valeur actualisée) | Valeur annualisée |
|---|---|---|---|---|---|
| Total des coûts | 30,7 $ | 28,4 $ | 32 $ | 207,6 $ | 27,7 $ |
| Total des avantages | 29,7 $ | 31,5 $ | 35,5 $ | 225,9 $ | 30,1 $ |
| RĂPERCUSSION NETTE | (1 $) | 3,1 $ | 3,5 $ | 18,2 $ | 2,4 $ |
Répercussions quantifiées (non monétarisées) et répercussions qualitatives
Répercussions positives
- Les rĂ©sultats de la modĂ©lisation indiquent que le nombre dâemprunteurs sur salaire diminuerait de plus de 45 000 Canadiens. Pour certains emprunteurs, cela rĂ©duirait le risque de tomber dans un cycle dâendettement. Les Canadiens susceptibles de bĂ©nĂ©ficier de ce changement chercheraient dâautres sources dâendettement Ă moindre coĂ»t ou repousseraient leurs dĂ©penses discrĂ©tionnaires jusquâĂ ce quâils puissent se payer le produit ou le service au moyen de leurs Ă©conomies. MĂȘme si lâon pouvait affirmer que les particuliers nâemprunteront de lâargent que sâils estiment quâil est dans leur plus grand intĂ©rĂȘt de le faire, les frais de retard et les intĂ©rĂȘts associĂ©s font en sorte que de nombreux clients sous-estiment le coĂ»t global du prĂȘt.
Répercussions négatives
- Selon le modĂšle examinĂ©, les rĂ©sultats indiquent que le nombre de prĂȘts Ă©mis a baissĂ© de prĂšs de 90 000 prĂȘts au cours de la premiĂšre annĂ©e. Cela signifie que certains emprunteurs Ă risque pourraient ne pas ĂȘtre en mesure dâaccĂ©der au crĂ©dit auprĂšs des prĂȘteurs sur salaire. La rĂ©duction des prĂȘts qui en dĂ©coulerait aurait diverses consĂ©quences. Comme mentionnĂ©, pour certains, cela serait avantageux. Toutefois, pour dâautres, une diminution de lâoffre de prĂȘts pourrait entraĂźner des coĂ»ts supplĂ©mentaires, notamment des consĂ©quences pour retard de paiement sur dâautres obligations financiĂšres comme les services publics. Si le retard de paiement entraĂźne une dĂ©connexion du service, les frais de reconnexion pourraient ĂȘtre importants. Cela pourrait Ă©galement entraĂźner des frais supplĂ©mentaires pour insuffisance de fonds de la part des banques. Dans des cas extrĂȘmes, les emprunteurs peuvent recourir aux prĂȘteurs du marchĂ© noir (usuriers). Les usuriers imputent des taux supĂ©rieurs aux limites criminelles et peuvent recourir Ă des menaces et/ou Ă la violence pour inciter au remboursement.
- Les bĂ©nĂ©fices des prĂȘteurs diminuent de plus de 50 %, soit plus de 27 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e. Outre la baisse des bĂ©nĂ©fices, le RĂšglement pourrait entraĂźner une consolidation de lâindustrie. Ă long terme, il pourrait y avoir moins dâentreprises qui offrent des prĂȘts sur salaire et chaque entreprise pourrait limiter le nombre de points de vente en activitĂ©, limitant ainsi les frais gĂ©nĂ©raux. Cela pourrait Ă©galement entraĂźner une augmentation des prĂȘts sur salaire offerts exclusivement par lâintermĂ©diaire de fournisseurs en ligne Ă faible coĂ»t. Cet accĂšs restreint pourrait accroĂźtre les coĂ»ts de recherche pour les clients, compensant ainsi les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es grĂące Ă la baisse des taux dâintĂ©rĂȘt.
Analyse de la sensibilité
Pour examiner les rĂ©percussions de diffĂ©rentes variables sur les rĂ©sultats du RĂšglement, une analyse de la sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sur lâĂ©lasticitĂ© de lâoffre (scĂ©narios 1 et 2).
Scénario 1
Dans le scĂ©nario 1, les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© estimĂ©s en supposant une Ă©lasticitĂ© accrue de lâoffre de 0,41, contre 0,31 dans lâanalyse rĂ©glementaire (centrale). Cela garantit que les rĂ©sultats sont robustes par rapport aux variations de cette hypothĂšse, laquelle est incertaine Ă©tant donnĂ© les donnĂ©es limitĂ©es sur lesquelles elle sâappuie. Ătant donnĂ© que les membres de lâindustrie ont affirmĂ© quâun plafond de taux entraĂźnerait une diminution des prĂȘts sur salaire, une augmentation de lâĂ©lasticitĂ© a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une possibilitĂ©. Avec lâĂ©lasticitĂ© accrue de lâoffre, il y aurait une plus grande restriction de lâoffre rĂ©sultant de la baisse des taux de prĂȘt, et le volume total des prĂȘts accordĂ©s dans le cadre de la rĂ©glementation passerait de 2,28 milliards de dollars Ă 2,21 milliards de dollars au cours de la premiĂšre annĂ©e. En raison de ce changement, les consommateurs devraient Ă©conomiser en moyenne 50,69 $, les avantages totalisant 29,5 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e.
Au cours de la premiĂšre annĂ©e, les prĂȘteurs constateraient Ă©galement une lĂ©gĂšre diminution de leurs bĂ©nĂ©fices, passant de 26,8 millions de dollars dans le scĂ©nario central Ă 25,1 millions de dollars dans le scĂ©nario 1. Cela reprĂ©sente une perte de bĂ©nĂ©fices de 28,6 millions de dollars par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, compte tenu des coĂ»ts uniques.
Dans lâensemble, la valeur actualisĂ©e nette du RĂšglement dans le scĂ©nario 1 est de 18,1 millions de dollars, soit une baisse importante par rapport Ă la valeur actualisĂ©e nette estimĂ©e dans le scĂ©nario central de 18,2 millions de dollars.
Scénario 2
Dans le scĂ©nario 2, on suppose que lâĂ©lasticitĂ© de lâoffre est Ă©gale Ă 0,21, soit une diminution par rapport Ă ce qui est estimĂ© dans le scĂ©nario central. Cela permettra dâestimer les coĂ»ts et les avantages dans le cas oĂč lâoffre ne rĂ©agirait pas aussi bien Ă un changement de prix. Dans le scĂ©nario 2, le volume total des prĂȘts dĂ©caissĂ©s au cours de la premiĂšre annĂ©e est estimĂ© Ă 2,24 milliards de dollars, soit une lĂ©gĂšre augmentation par rapport Ă ce qui est estimĂ© dans le scĂ©nario central (2,22 milliards de dollars). Le nombre total dâemprunteurs diminuera de prĂšs de 41 000 dans ce scĂ©nario. Les consommateurs devraient Ă©conomiser 50,43 $ chacun, pour un total de 29,8 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e.
De plus, en raison dâune modification du volume total des prĂȘts, les bĂ©nĂ©fices des prĂȘteurs devraient baisser de 24,9 millions de dollars (au cours de la premiĂšre annĂ©e) par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Il sâagit dâune diminution moindre que celle estimĂ©e dans le scĂ©nario central de 26,7 millions de dollars.
Dans lâensemble, les rĂ©percussions sur la valeur actualisĂ©e nette du RĂšglement dans le scĂ©nario 2 sont de 47 millions de dollars, soit une forte augmentation par rapport Ă la valeur actualisĂ©e nette du scĂ©nario central (18,2 millions de dollars) et du scĂ©nario 1 (18,1 millions de dollars).
Les rĂ©sultats des scĂ©narios 1 et 2 impliquent que le modĂšle est trĂšs sensible Ă lâincertitude inhĂ©rente Ă lâĂ©lasticitĂ© de lâoffre. Cela dĂ©montre que les vĂ©ritables rĂ©percussions de ce RĂšglement dĂ©pendent largement de la rĂ©action du marchĂ© Ă celui-ci.
| Répercussions | Scénario central | Scénario 1 | Scénario 2 |
|---|---|---|---|
| Total des coûts | 30,7 $ | 32,5 $ | 28,9 $ |
| Total des avantages | 29,7 $ | 31,5 $ | 31,7 $ |
| Répercussion nette | (1 $) | (1 $) | 2,8 $ |
| Valeur actualisée nette (sur 10 ans) | 18,2 $ | 18,1 $ | 47 $ |
Analyse de répartition
En gĂ©nĂ©ral, les emprunteurs sur salaire ont souvent des revenus plus faibles et moins dâĂ©pargne. LâĂ©tude de 2016 de lâAgence de la consommation en matiĂšre financiĂšre du Canada (ACFC) sur les emprunteurs sur salaire au Canada a rĂ©vĂ©lĂ© que 53 % des emprunteurs sur salaire gagnaient moins de 55 000 $ par annĂ©e. De plus, 62 % des personnes interrogĂ©es ont dĂ©clarĂ© que leurs Ă©conomies couvriraient moins de trois mois de dĂ©penses. Seulement 24 % ont dĂ©clarĂ© quâils seraient en mesure de payer un achat inattendu de 500 $ avec leurs Ă©conomies existantes.
Selon les donnĂ©es provinciales accessibles au public, on estime quâil y avait plus de 600 000 emprunteurs sur salaire au Canada en 2021. LâACFC estime quâen septembre 2022, 4,52 % des Canadiens avaient eu recours Ă un prĂȘt sur salaire au cours de leur vie pour gĂ©rer leurs dĂ©penses quotidiennes. Les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les Canadiens Ă faible revenu et les femmes sont surreprĂ©sentĂ©s dans ces rĂ©sultats.
Les emprunteurs sur salaire sont souvent en Ăąge de travailler et vivent en zone urbaine. LâACFC rapporte que 72 % des emprunteurs sur salaire Ă©taient ĂągĂ©s de 25 Ă 54 ans et que 83 % dâentre eux vivaient en zone urbaine.
Bien que les utilisateurs de prĂȘts sur salaire empruntent pour un certain nombre de raisons, la plupart empruntent pour couvrir les dĂ©penses nĂ©cessaires. Par exemple, le rapport de 2016 de lâACFC rĂ©vĂšle que 45 % des rĂ©pondants ont eu recours Ă un prĂȘt sur salaire pour une dĂ©pense nĂ©cessaire et inattendue, tandis que 41 % ont empruntĂ© pour une dĂ©pense nĂ©cessaire mais attendue. Seulement 7 % des personnes interrogĂ©es ont dĂ©clarĂ© avoir utilisĂ© le prĂȘt pour « acheter quelque chose de spĂ©cial ». Quant aux raisons pour lesquelles les emprunteurs ont recours aux prĂȘts sur salaire plutĂŽt quâĂ des solutions de crĂ©dit de rechange moins chĂšres, beaucoup ont dĂ©clarĂ© ne pas pouvoir accĂ©der Ă ces solutions de rechange.
Selon cette recherche, le MinistĂšre estime que le RĂšglement bĂ©nĂ©ficiera de façon disproportionnĂ©e aux personnes Ă faible revenu ĂągĂ©es de 25 Ă 54 ans, car la plupart pourront continuer Ă emprunter, mais Ă moindre coĂ»t. Les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les personnes Ă faible revenu et les femmes bĂ©nĂ©ficieront probablement du RĂšglement dans la mesure oĂč ils ont recours aux prĂȘts sur salaire. Ces groupes devraient bĂ©nĂ©ficier le plus du RĂšglement.
Parmi les emprunteurs qui perdront lâaccĂšs aux prĂȘts sur salaire, on sâattend Ă ce que certains dâentre eux en bĂ©nĂ©ficient, par exemple en trouvant une source de crĂ©dit moins chĂšre ou en renonçant complĂštement au crĂ©dit, Ă©conomisant ainsi sur les paiements dâintĂ©rĂȘts. Les rapports dâenquĂȘte rĂ©vĂšlent que lorsquâils se voient refuser un crĂ©dit auprĂšs de prĂȘteurs parallĂšles, certains consommateurs se tournent vers leur famille, leurs amis ou des organismes communautaires pour emprunter des fonds. Ces options dâemprunt peuvent parfois ĂȘtre moins risquĂ©es pour les consommateurs, car elles sont moins susceptibles de les entraĂźner dans un cycle dâendettement.
Certains consommateurs qui se voient refuser un prĂȘt sur salaire subissent des prĂ©judices, comme le manquement au paiement dâune facture ou la renonciation Ă une dĂ©pense nĂ©cessaire. Sâils ne parviennent pas Ă trouver dâautres formes de crĂ©dit, ces emprunteurs peuvent ĂȘtre confrontĂ©s Ă des frais de retard de paiement ou Ă dâautres consĂ©quences nĂ©gatives en raison de la perte dâaccĂšs aux prĂȘts sur salaire. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© par des intervenants de lâindustrie, certains emprunteurs peuvent mĂȘme recourir Ă des prĂȘts illĂ©gaux sâil leur est impossible dâobtenir un prĂȘt sur salaire auprĂšs dâun prĂȘteur rĂ©glementĂ©.
Lentille des petites entreprises
Lâanalyse sous lâangle des petites entreprises a conclu que le RĂšglement aurait une incidence sur les petites entreprises.
En ce qui concerne les exemptions proposĂ©es au taux dâintĂ©rĂȘt criminel pour les prĂȘts commerciaux, le RĂšglement nâapplique pas le nouveau taux criminel aux prĂȘts supĂ©rieurs Ă 10 000 $ et exempte les prĂȘts supĂ©rieurs Ă 500 000 $ de lâapplication de tout taux dâintĂ©rĂȘt maximum. Ces exemptions seraient de nature permissive et faciliteraient le fonctionnement des entreprises de la mĂȘme maniĂšre quâavant la diminution du taux criminel. Cela aiderait les petites entreprises Ă attirer des investissements en capital pour des projets Ă haut risque en offrant des taux de rendement Ă©levĂ©s, leur permettant ainsi de se dĂ©velopper plus rapidement et de couvrir leurs risques personnels en les partageant avec des prĂȘteurs potentiels.
La plupart des prĂȘteurs sur gages sont de petites entreprises. Comme pour les prĂȘts commerciaux exemptĂ©s, les exemptions leur permettront de fonctionner de maniĂšre similaire au statu quo. En ce sens, le RĂšglement serait avantageux pour les petites entreprises et leur permettrait dâoffrir des prĂȘts de moins de 1 000 $ garantis par une sĂ»retĂ© Ă des taux plus Ă©levĂ©s que ceux de la base de rĂ©fĂ©rence.
En ce qui concerne le plafonnement des frais sur les prĂȘts sur salaire Ă 14 $ par 100 $ empruntĂ©s, certains prĂȘteurs sur salaire pourraient ĂȘtre classĂ©s comme de petites entreprises et, Ă ce titre, seraient touchĂ©s par le RĂšglement. Nous prĂ©voyons quâen imposant un plafond de taux sur les prĂȘts sur salaire, le secteur pourrait se contracter et contraindre certains prĂȘteurs Ă cesser leurs activitĂ©s. Il semblerait que la diminution du plafond des taux maximum puisse entraĂźner une diminution du nombre de points de service de prĂȘts sur salaire. Ainsi, la concurrence pourrait diminuer sur le marchĂ© des prĂȘts sur salaire Ă mesure que les grandes entreprises gagnent des parts de marchĂ©. La nouvelle limite sur le coĂ»t dâemprunt pour un prĂȘt sur salaire peut entraĂźner des coĂ»ts de conformitĂ© pour les prĂȘteurs, comme lâadaptation des systĂšmes informatiques, lâaffichage et le marketing auprĂšs des emprunteurs. Les prĂȘteurs estiment que ce coĂ»t fixe sâĂ©lĂšvera Ă 3,9 millions de dollars Ă lâĂ©chelle nationale. En raison des limites des donnĂ©es, il est difficile de connaĂźtre la proportion des prĂȘteurs sur salaire qui Ă©mettent des prĂȘts sur salaire qui sont de petites entreprises. Selon un rapport CARDUS de 2016, 35 % des prĂȘteurs sur salaire sont de petites entreprises. Selon les donnĂ©es provinciales disponibles, le MinistĂšre estime quâil existe plus de 1 000 prĂȘteurs sur salaire au Canada. En prenant la limite infĂ©rieure de cette estimation (1 000), les rĂ©percussions sur les petites entreprises sont prĂ©sentĂ©es ci-dessous.
Ătant donnĂ© que lâobjectif principal du RĂšglement consiste Ă protĂ©ger les emprunteurs canadiens contre les frais de prĂȘt excessifs, les options de conformitĂ© flexibles nâont pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme viables.
Résumé de la lentille des petites entreprises
- Nombre de petites entreprises touchées : 350
- Nombre dâannĂ©es : 11 (de 2024 Ă 2034)
- AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence pour lâĂ©tablissement des coĂ»ts : 2022
- Année de base de la valeur actualisée : 2024
- Taux dâactualisation : 7 %
| Totaux | Valeur annualisée | Valeur actualisée |
|---|---|---|
| Coût total (toutes les petites entreprises touchées) | 9,5 $ | 71,3 $ |
| Coût par petite entreprise touchée | 0,03 $ | 0,20 $ |
RÚgle du « un pour un »
La rĂšgle du « un pour un » ne sâapplique pas puisquâil nây a pas de changement progressif dans le fardeau administratif des entreprises et quâaucun titre rĂ©glementaire nâest abrogĂ©. Le RĂšglement nâimpose aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises, car il nâest pas nĂ©cessaire de prouver quâune entitĂ© est admissible Ă lâexemption du taux dâintĂ©rĂȘt criminel. De mĂȘme, les entitĂ©s nâont aucune obligation de prouver Ă un organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral que leurs offres de prĂȘts sur salaire sont infĂ©rieures au plafond. Les entreprises peuvent, Ă leur propre discrĂ©tion, choisir de conserver des dossiers comme preuve de leur innocence en cas de procĂ©dure pĂ©nale. La rĂšgle du « un pour un » ne sâapplique donc pas.
Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation
Le MinistĂšre a menĂ© et commandĂ© des recherches sur lâenvironnement rĂ©glementaire des juridictions internationales. Les juridictions internationales spĂ©cifiques qui ont fait lâobjet de recherches comprennent le Royaume-Uni, lâIrlande, lâAustralie, la Nouvelle-ZĂ©lande et les Ătats-Unis en matiĂšre de coĂ»ts dâemprunt maximaux et dâexemptions Ă ceux-ci. Ce RĂšglement sâharmonise dans une certaine mesure avec les exemptions aux plafonds de taux dâintĂ©rĂȘt dans ces juridictions. Par exemple, les prĂȘts commerciaux sont exempts de plafonds de taux dâintĂ©rĂȘt dans de nombreux Ătats amĂ©ricains, au Royaume-Uni, en Irlande, en Australie et en Nouvelle-ZĂ©lande. Les prĂȘts sur gages sont exempts de plafonds de taux dâintĂ©rĂȘt en Australie, ainsi que dans certains Ătats amĂ©ricains. De plus, le MinistĂšre a consultĂ© des partenaires provinciaux ayant des rĂ©gimes de prĂȘts sur salaire existants pour sâassurer que lâapproche fĂ©dĂ©rale visant Ă plafonner les prĂȘts sur salaire sâharmonise avec les rĂ©gimes lĂ©gislatifs provinciaux.
Ăvaluation environnementale stratĂ©gique
ConformĂ©ment Ă la Directive du Cabinet sur lâĂ©valuation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse prĂ©liminaire a permis de conclure quâune Ă©valuation environnementale stratĂ©gique nâest pas requise.
Analyse comparative entre les sexes plus
Les donnĂ©es de lâACFC dĂ©montrent que les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les Canadiens Ă faible revenu et les femmes sont surreprĂ©sentĂ©s dans le pourcentage de Canadiens qui ont utilisĂ© un prĂȘteur en ligne ou sur salaire. Les utilisateurs de prĂȘts sur salaire ont gĂ©nĂ©ralement un revenu plus faible et peuvent vivre dans la pauvretĂ©.
Ces groupes bĂ©nĂ©ficieraient de cette mesure dans la mesure oĂč ils dĂ©pendent des prĂȘts sur salaire. De plus, toute personne au Canada qui se fie aux prĂȘts sur salaire bĂ©nĂ©ficiera de ce RĂšglement. Toutefois, une petite proportion dâemprunteurs potentiels qui perdent lâaccĂšs au crĂ©dit pourrait subir un certain prĂ©judice en raison du RĂšglement. Certains de ces prĂ©judices peuvent inclure lâexclusion de ce marchĂ© et potentiellement le recours Ă des prĂȘts illĂ©gaux.
Mise en Ćuvre, conformitĂ© et application, et normes de service
Mise en Ćuvre
Le RĂšglement entrera en vigueur le mĂȘme jour que les modifications apportĂ©es au Code criminel pour abaisser le taux dâintĂ©rĂȘt criminel, soit le 1er janvier 2025. La pĂ©riode entre la publication finale et lâentrĂ©e en vigueur permettra aux prĂȘteurs dâajuster leurs opĂ©rations, y compris les systĂšmes informatiques, lâaffichage et le marketing pour sâaligner sur les exigences, et accordera aux provinces un dĂ©lai supplĂ©mentaire pour apporter des ajustements, le cas Ă©chĂ©ant.
Conformité et application
Le taux dâintĂ©rĂȘt criminel a Ă©tĂ© et continuera dâĂȘtre appliquĂ© en vertu du Code criminel, et les exemptions au taux dâintĂ©rĂȘt criminel dans le RĂšglement seront Ă©galement appliquĂ©es par les services de police provinciaux. Les prĂȘteurs qui ne respectent pas le taux criminel et les exemptions non liĂ©s Ă la paie sâexposent Ă des poursuites.
Dans les provinces dĂ©signĂ©es dotĂ©es dâun rĂ©gime de prĂȘts sur salaire et de limites existantes sur le coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire, la nouvelle limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t dâun prĂȘt sur salaire continuera dâĂȘtre appliquĂ©e par lâorganisme de rĂ©glementation provincial appropriĂ©. Ătant donnĂ© que les organismes de rĂ©glementation provinciaux concernĂ©s appliquent dĂ©jĂ des limites provinciales sur le coĂ»t dâemprunt pour les prĂȘts sur salaire et dâautres mesures de protection des consommateurs liĂ©es aux prĂȘts sur salaire, on sâattend Ă ce quâils soient en mesure de mettre en Ćuvre la nouvelle limite fĂ©dĂ©rale au cours de la pĂ©riode de transition. Aucun nouveau financement ne sera requis pour soutenir les organismes de rĂ©glementation provinciaux dans la mise en Ćuvre.
Personnes-ressources
Mark Radley
Courriel : consultationconsumeraffairs.consultationconsommation@fin.gc.ca
Ou
MinistĂšre de la Justice
Renseignements généraux :
TĂ©lĂ©phone : 613‑957‑4222
Courriel : webadmin@justice.gc.ca