RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel : DORS/2024-114

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 13

Enregistrement
DORS/2024-114 Le 31 mai 2024

CODE CRIMINEL

C.P. 2024-625 Le 31 mai 2024

Attendu que, conformĂ©ment aux paragraphes 347.01(2)rĂ©fĂ©rence a et 347.1(2.1)rĂ©fĂ©rence b du Code criminel rĂ©fĂ©rence c, le ministre de la Justice a consultĂ© la ministre des Finances relativement au rĂšglement ci-aprĂšs,

À ces causes, sur recommandation du ministre de la Justice et en vertu des paragraphes 347.01(2)rĂ©fĂ©rence a et 347.1(2.1)rĂ©fĂ©rence b du Code criminel rĂ©fĂ©rence c, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel, ci-aprĂšs.

RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel

Non-application — fins commerciales ou d’affaires

CritĂšres

1 Pour l’application du paragraphe 347.01(1) du Code criminel, l’article 347 de cette loi ne s’applique pas Ă  l’égard d’une convention ou d’une entente si, Ă  la fois :

Non-application — prĂȘts sur gage

CritĂšres

2 Pour l’application du paragraphe 347.01(1) du Code criminel, l’article 347 de cette loi ne s’applique pas Ă  l’égard d’une convention ou d’une entente si, Ă  la fois :

Plafond — prĂȘts sur salaire

Plafond — coĂ»t total du prĂȘt

3 (1) Pour l’application de l’alinĂ©a 347.1(2)a.1) du Code criminel, le plafond du coĂ»t total du prĂȘt visĂ© par la convention de prĂȘt sur salaire est de quatorze pour cent de la somme d’argent prĂȘtĂ©e Ă  l’emprunteur.

Précision

(2) Lorsqu’il s’agit de dĂ©terminer si la convention de prĂȘt sur salaire respecte le plafond prĂ©vu au paragraphe (1), le coĂ»t total du prĂȘt n’inclut pas les frais, amendes, pĂ©nalitĂ©s ou autres sommes qui sont expressĂ©ment autorisĂ©s en vertu de la loi provinciale applicable et qui sont imposĂ©s Ă  l’emprunteur :

Définition de loi provinciale applicable

(3) Au paragraphe (2), loi provinciale applicable s’entend des mesures lĂ©gislatives visĂ©es au paragraphe 347.1(3) du Code criminel qui s’appliquent dans la province oĂč la convention de prĂȘt sur salaire a Ă©tĂ© conclue.

Entrée en vigueur

L.C. 2023, ch. 26

4 Le prĂ©sent rĂšglement entre en vigueur le premier jour oĂč les articles 610 Ă  612 de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 sont tous en vigueur ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du RÚglement.)

Résumé

Enjeux : Les prĂȘteurs Ă  conditions abusives profitent des personnes les plus vulnĂ©rables de nos collectivitĂ©s, notamment les Canadiens Ă  faible revenu, les nouveaux arrivants au Canada et les personnes ayant un historique de crĂ©dit limitĂ©, souvent en accordant des prĂȘts Ă  un taux d’intĂ©rĂȘt trĂšs Ă©levĂ©. Pour lutter contre les prĂȘts Ă  conditions abusives, le gouvernement a abaissĂ© le taux d’intĂ©rĂȘt criminel en vertu du Code criminel de l’équivalent d’environ 48 % sur une base de taux annualisĂ© en pourcentage (TAP) Ă  35 % et s’est Ă©galement engagĂ© Ă  rĂ©duire le coĂ»t maximum d’emprunt sur les prĂȘts sur salaire Ă  14 $ pour chaque 100 $ empruntĂ©.

Description : Le RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel (le RĂšglement) introduit des exemptions de taux d’intĂ©rĂȘt criminel pour les prĂȘts commerciaux d’une valeur supĂ©rieure Ă  10 000 $ et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  500 000 $, pour autant que le TAP de ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 %. Les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă  500 000 $ ne seront soumis Ă  aucun plafond de taux et les prĂȘts commerciaux infĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă  10 000 $ seront soumis aux nouveaux taux d’intĂ©rĂȘt criminels.

En outre, le RĂšglement prĂ©voit des exemptions pour les prĂȘts sur gages, Ă  condition que le TAP de ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 % et que le prĂȘt soit d’une valeur infĂ©rieure Ă  1 000 $. Les prĂȘts sur gages d’une valeur Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  1 000 $ restent soumis aux nouveaux taux d’intĂ©rĂȘt criminels de 35 %.

Le RĂšglement impose Ă©galement une nouvelle limite au coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire de 14 $ par 100 $ empruntĂ©s dans toutes les provinces qui ont un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire approuvĂ©. Le RĂšglement exclut les frais de chĂšque refusĂ© de 20 $ ou moins du calcul de la limite de 14 $, et n’inclut pas les intĂ©rĂȘts allant jusqu’à 2,5 % par mois sur les montants de prĂȘts non remboursĂ©s dans le plafond.

Justification : Le RĂšglement est nĂ©cessaire pour exempter du taux d’intĂ©rĂȘt criminel les pratiques de prĂȘt qui ne s’inscrivent pas dans l’intention politique du gouvernement de sĂ©vir contre les prĂȘts Ă  conditions abusives, et pour imposer une limite fĂ©dĂ©rale au coĂ»t de l’emprunt pour les prĂȘts sur salaire. Ce RĂšglement rĂ©pond aux objectifs politiques de protection des emprunteurs tout en permettant des pratiques de prĂȘt qui maintiennent les opportunitĂ©s de dĂ©veloppement Ă©conomique et un certain accĂšs au crĂ©dit pour les emprunteurs vulnĂ©rables. Entre 2024 et 2034, le RĂšglement devrait se traduire par des avantages en valeur actualisĂ©e pour les emprunteurs sur salaire totalisant 226 millions de dollars et des coĂ»ts en valeur actualisĂ©e pour les prĂȘteurs sur salaire de 208 millions de dollars, ce qui se traduit par un avantage net pour la sociĂ©tĂ© de 18 millions de dollars.

Enjeux

Les prĂȘteurs Ă  conditions abusives profitent des personnes les plus vulnĂ©rables de nos collectivitĂ©s, notamment les Canadiens Ă  faible revenu, les nouveaux arrivants au Canada et les personnes ayant un historique de crĂ©dit limitĂ©, souvent en accordant des prĂȘts Ă  taux d’intĂ©rĂȘt trĂšs Ă©levĂ©s. Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel prĂ©vu dans le Code criminel, soit actuellement un taux d’intĂ©rĂȘt effectif annuel de 60 % — Ă©quivalent Ă  48 % environ sur une base du taux annuel en pourcentage (TAP) — peut piĂ©ger les Canadiens dans un cycle d’endettement qu’ils ne peuvent se permettre ni auquel ils ne peuvent Ă©chapper.

La Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 a modifiĂ© l’article 347 du Code criminel pour abaisser le taux d’intĂ©rĂȘt criminel (Ă©galement appelĂ© « le taux criminel Â») Ă  35 % sur une base du TAP. Cette modification entrera en vigueur Ă  la date ou aux dates qui seront fixĂ©es par dĂ©cret du gouverneur en conseil.

La fixation d’un taux d’intĂ©rĂȘt criminel infĂ©rieur en vertu du Code criminel peut modifier les pratiques de prĂȘt telles que certains prĂȘts commerciaux ainsi que les prĂȘts garantis de petite valeur, Ă©galement appelĂ©s prĂȘts sur gages, deux types de prĂȘts qui n’enferment pas frĂ©quemment les Canadiens dans un cycle d’endettement. Les prĂȘts commerciaux n’enferment pas les Canadiens dans un cycle d’endettement, car ils sont accordĂ©s Ă  des entitĂ©s commerciales et non Ă  des particuliers. Comme les prĂȘts sur gages sont garantis, si les consommateurs ne remboursent pas, leur dette est Ă©teinte lorsque leur garantie est conservĂ©e par le prĂȘteur, et l’emprunteur ne peut donc pas se retrouver piĂ©gĂ© dans un cycle d’endettement (mĂȘme si dans certains cas, les emprunteurs peuvent emprunter de nouveau pour ne pas perdre leur bien mis en gage).

Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel s’applique Ă  toutes les conventions de prĂȘt au Canada, Ă  l’exception de certains prĂȘts sur salaire (Ă  condition que certaines conditions Ă©noncĂ©es dans le Code criminel soient remplies) et des avances sur les remboursements d’impĂŽt.

Les prĂȘts sur salaire sont dĂ©finis au paragraphe 347.1(1) du Code criminel comme une avance d’argent en Ă©change d’un chĂšque postdatĂ©, d’une autorisation de prĂ©lĂšvement automatique ou de paiement futur de mĂȘme nature. Le paragraphe 347.1(2) prĂ©cise que les prĂȘts exonĂ©rĂ©s doivent ĂȘtre infĂ©rieurs Ă  1 500 $ pour une pĂ©riode de 62 jours ou moins. La protection contre les dĂ©couverts, les prĂȘts sur marge, les prĂȘts sur gages, les marges de crĂ©dit et les cartes de crĂ©dit sont explicitement exclus de la dĂ©finition des prĂȘts sur salaire. En outre, les prĂȘts ne peuvent ĂȘtre accordĂ©s que par des prĂȘteurs titulaires d’une licence provinciale et la province qui dĂ©livre la licence doit ĂȘtre dĂ©signĂ©e par le gouverneur en conseil. Pour recevoir cette dĂ©signation, une province doit avoir adoptĂ© un rĂ©gime de prĂȘt sur salaire, conformĂ©ment au paragraphe 347.1(3) du Code criminel. Les provinces dĂ©signĂ©es fixent actuellement diverses limites sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, ce qui signifie que les consommateurs sont confrontĂ©s Ă  des frais d’emprunt variables pour les prĂȘts sur salaire selon la province dans laquelle le prĂȘt est Ă©mis. Ces limites variables sur le coĂ»t d’emprunt peuvent donc toucher de maniĂšre disproportionnĂ©e certains consommateurs selon la province dans laquelle ils rĂ©sident.

Le RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel (le RĂšglement) est nĂ©cessaire pour exempter du taux d’intĂ©rĂȘt criminel les pratiques de prĂȘt qui ne correspondent pas Ă  l’intention politique du gouvernement de rĂ©primer les prĂȘts Ă  conditions abusives. De plus, le RĂšglement est nĂ©cessaire afin d’imposer une limite fĂ©dĂ©rale au coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire afin d’harmoniser le coĂ»t des prĂȘts sur salaire dans les provinces dĂ©signĂ©es parce qu’elles ont adoptĂ© un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire.

Contexte

Le Code criminel Ă©rige en infraction : (1) la conclusion d’une convention ou d’une entente visant Ă  percevoir des intĂ©rĂȘts Ă  un taux supĂ©rieur Ă  60 % du taux annuel effectif (TAE); et (2) perception d’intĂ©rĂȘts Ă  un taux supĂ©rieur Ă  60 % du TAE. Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel a Ă©tĂ© introduit pour la premiĂšre fois dans l’article 347 du Code criminel en 1980. Les modifications introduites dans le cadre de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 ont constituĂ© une mise Ă  jour importante du rĂ©gime des taux d’intĂ©rĂȘt criminels. Le taux criminel s’applique Ă  pratiquement tous les contrats et arrangements de crĂ©dit au Canada, y compris les prĂȘts remboursables par versements, les marges de crĂ©dit, les prĂȘts automobiles, les prĂȘts sur titre automobiles, les cartes de crĂ©dit, et plus encore. Les dispositions relatives aux taux d’intĂ©rĂȘt criminels ne s’appliquent pas aux transactions relevant de la Loi sur la cession du droit au remboursement en matiĂšre d’impĂŽt et de certaines conventions de prĂȘts sur salaire. Cette derniĂšre exception a Ă©tĂ© adoptĂ©e par le biais de modifications incluses dans l’ancien projet de loi C-26, Loi modifiant le Code criminel (L.C. 2007, ch. 9) en 2007.

Lorsqu’elle intente une poursuite pour une infraction, la Couronne doit choisir, selon les circonstances, soit de procĂ©der par acte d’accusation (qui est rĂ©servĂ© aux cas les plus graves), soit par procĂ©dure sommaire (pour les cas moins graves). Les peines prĂ©vues Ă  l’article 347 sont une peine d’emprisonnement d’une durĂ©e maximale de 5 ans, sur mise en accusation, ou, dans le cas des procĂ©dures sommaires, une amende d’au plus 25 000 $, ou une peine d’emprisonnement d’une durĂ©e maximale de 2 ans moins un jour, ou les deux.

Exemption des prĂȘts sur salaire

En 2007, l’article 347 du Code criminel a Ă©tĂ© modifiĂ© afin de prĂ©voir une exemption de l’application des dispositions relatives aux taux criminels pour les prĂȘts sur salaire, Ă  condition que certaines conditions soient remplies [c’est-Ă -dire le prĂȘt est de 1 500 $ ou moins pour une durĂ©e de 62 jours ou moins, il est Ă©mis par un prĂȘteur agréé ou par une personne spĂ©cifiquement autorisĂ©e par les lois d’une province et la province est dĂ©signĂ©e par le gouverneur en conseil conformĂ©ment au paragraphe 347.1(3)]. Pour obtenir cette dĂ©signation, une province doit avoir mis en place des mesures lĂ©gislatives qui protĂšgent les utilisateurs de prĂȘts sur salaire et doit prĂ©voir des limites sur le coĂ»t total d’emprunt pour les ententes de prĂȘts sur salaire. Actuellement, neuf provinces disposent d’un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire approuvĂ©. Les territoires et le QuĂ©bec n’ont pas demandĂ© de dĂ©signation en vertu de ces dispositions et, par consĂ©quent, toute offre de prĂȘts sur salaire dans les territoires et au QuĂ©bec serait assujettie au taux d’intĂ©rĂȘt criminel.

Le rĂ©gime de prĂȘts sur salaire de chaque province est diffĂ©rent, bien que la plupart des rĂ©gimes provinciaux incluent des mesures communes de protection des consommateurs telles que des exigences de divulgation, des droits d’annulation et des restrictions sur les cessions de salaires ou les reconductions de prĂȘts. Actuellement, les autoritĂ©s provinciales fixent une limite au coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire, qui peut varier entre 14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s (Terre-Neuve-et-Labrador) et 17 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s (Manitoba et Saskatchewan).

Actuellement, les rĂ©gimes provinciaux de prĂȘts sur salaire autorisent Ă©galement des frais uniques pour chĂšque refusĂ© de 20 $ en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et Ă  Terre-Neuve-et-Labrador, de 25 $ en Alberta, en Ontario et en Saskatchewan et de 40 $ en Nouvelle-Écosse, tandis que l’Île-du-Prince-Édouard n’impose aucune limite numĂ©rique aux frais de chĂšque refusĂ© qui peuvent ĂȘtre facturĂ©s. Des frais de chĂšque refusĂ© sont imposĂ©s par un prĂȘteur sur salaire Ă  un emprunteur lorsque les fonds du compte bancaire de l’emprunteur sont insuffisants pour couvrir le remboursement du prĂȘt sur salaire.

Initiatives gouvernementales pour rĂ©primer les prĂȘts Ă  conditions abusives

En 2021, la lettre de mandat du ministre des Finances comprenait un engagement Ă  sĂ©vir contre les prĂȘteurs prĂ©dateurs en abaissant le taux d’intĂ©rĂȘt criminel prĂ©vu dans le Code criminel. De plus, cet engagement a Ă©tĂ© soulignĂ© dans le budget de 2021. Aux fins de cette analyse, les prĂȘts Ă  conditions abusives sont considĂ©rĂ©s comme des produits de crĂ©dit assortis de taux d’intĂ©rĂȘt ou de frais Ă©levĂ©s. Ces produits sont gĂ©nĂ©ralement fournis par des prĂȘteurs parallĂšles (par exemple des prĂȘteurs autres que les banques ou les coopĂ©ratives de crĂ©dit).

Dans son budget de 2023, le gouvernement annonçait son intention d’abaisser le taux d’intĂ©rĂȘt criminel Ă  35 % sur la base du TAP (ce qui Ă©quivaut Ă  environ 41,2 % sur la base du TAE lorsque composĂ© mensuellement), par rapport Ă  60 % sur la base du TAE, (ce qui Ă©quivaut Ă  48 % environ sur une base du TAP lorsque composĂ© mensuellement) et de fixer le coĂ»t d’emprunt maximal pour les prĂȘts sur salaire Ă  14 $ pour 100 $ empruntĂ©s. Par consĂ©quent, la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 a introduit des modifications lĂ©gislatives pour abaisser le taux d’intĂ©rĂȘt criminel Ă  35 % sur la base du TAP. Les modifications comprenaient Ă©galement deux pouvoirs de rĂ©glementation pour : (1) accorder des exemptions au taux criminel pour certains types de prĂȘts; et (2) fixer une limite au coĂ»t total d’emprunt pour une entente de prĂȘts sur salaire. Ces dispositions ont reçu la sanction royale avec l’adoption de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, mais ne sont pas encore en vigueur.

Le budget de 2024 a annoncĂ© que le gouvernement proposerait des modifications lĂ©gislatives au Code criminel afin d’interdire l’offre de crĂ©dit au taux d’intĂ©rĂȘt criminel et de supprimer l’obligation d’obtenir le consentement du procureur gĂ©nĂ©ral pour poursuivre les infractions visĂ©es Ă  l’article 347.

Objectif

Les objectifs du RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel sont les suivants :

Description

Exemptions du taux d’intĂ©rĂȘt criminel

Le RĂšglement exempte les prĂȘts commerciaux (c’est-Ă -dire les prĂȘts Ă  des fins commerciales lorsque l’emprunteur n’est pas une personne physique) d’une valeur supĂ©rieure Ă  10 000 $ et jusqu’à 500 000 $ du taux d’intĂ©rĂȘt criminel (qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, passera Ă  35 % sur la base du TAP), tant que le TAP sur ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 %. Les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă  500 000 $ ne seront pas soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel ni Ă  tout autre plafond de taux en vertu du RĂšglement. Les prĂȘts commerciaux de 10 000 $ et moins seraient soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, passerait Ă  35 % sur la base du TAP.

Le RĂšglement exempte les petits prĂȘts garantis sans recours, communĂ©ment appelĂ©s prĂȘts sur gages, du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, Ă  condition que le TAP de ces prĂȘts ne dĂ©passe pas 48 % et que le prĂȘt soit Ă©valuĂ© Ă  moins de 1 000 $. Les prĂȘts sur gages d’une valeur de 1 000 $ et plus resteraient soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, diminuera Ă  35 % du TAP.

Limite du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire

Le RĂšglement impose une nouvelle limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire de 14 $ par tranche de 100 $ empruntĂ©s dans toutes les provinces ayant un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire approuvĂ©. Les prĂȘteurs des provinces qui imposent actuellement des limites plus Ă©levĂ©es sur le coĂ»t d’emprunt devront prĂȘter au taux de 14 $ par tranche de 100 $ pour se conformer au Code criminel. Dans les cas oĂč le prĂȘt sur salaire est remboursĂ© en deux semaines, cela entraĂźnerait un TAP supĂ©rieur Ă  350 %.

Le RĂšglement exclut Ă©galement les frais de chĂšque refusĂ© de 20 $ ou moins du calcul de la limite tarifaire de 14 $. Cela fixera effectivement un plafond de 20 $ sur les frais uniques pour chĂšque refusĂ© qu’un prĂȘteur sur salaire pourrait facturer, ce qui correspondrait aux frais provinciaux les plus bas autorisĂ©s. Les prĂȘteurs des provinces qui facturent de frais de 14 $ par tranche de 100 $ qui autorisent actuellement des frais pour chĂšque refusĂ© plus Ă©levĂ©s devront rĂ©duire leurs frais pour chĂšque refusĂ© Ă  20 $ pour se conformer au Code criminel.

Le RĂšglement n’inclut pas les intĂ©rĂȘts sur les montants impayĂ©s des prĂȘts dans la limite de 14 $, car presque tous les rĂ©gimes provinciaux autorisent actuellement des intĂ©rĂȘts sur les montants impayĂ©s des prĂȘts allant jusqu’à 2,5 % par mois.

Le RĂšglement s’appliquera Ă  tous les prĂȘts, y compris les prĂȘts sur salaire, conclus Ă  compter de la date d’entrĂ©e en vigueur du RĂšglement.

Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

Consultations antérieures

À l’automne 2022, le ministĂšre des Finances (le MinistĂšre) a menĂ© une consultation publique de 60 jours sur la rĂ©duction du taux d’intĂ©rĂȘt criminel afin de freiner les prĂȘts Ă  conditions abusives. Dans le cadre de cette consultation, le MinistĂšre a reçu plus de 100 entrĂ©es provenant d’associations industrielles, de groupes de consommateurs, d’universitaires et de citoyens canadiens.

À la suite de l’annonce du budget de 2023, qui prĂ©voyait une rĂ©duction du taux d’intĂ©rĂȘt criminel et l’introduction d’un plafond sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, le MinistĂšre a tenu des consultations ciblĂ©es avec certains intervenants pour orienter la rĂ©daction de RĂšglement sur les exemptions au taux d’intĂ©rĂȘt criminel et au plafond des prĂȘts sur salaire. Le MinistĂšre a reçu plus de 50 entrĂ©es et a organisĂ© des rĂ©unions de suivi avec les intervenants pour discuter plus en dĂ©tail de leurs prĂ©sentations.

Les commentaires reçus au cours de ces consultations sont rĂ©sumĂ©s dans le rĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation (REIR) publiĂ© dans la Partie I de la Gazette du Canada avec le RĂšglement proposĂ©.

Consultation réglementaire

Le projet de RĂšglement sur le taux d’intĂ©rĂȘt criminel (le projet de rĂšglement) et le REIR ont fait l’objet d’une publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada le 23 dĂ©cembre 2023 pour une pĂ©riode de commentaires de 30 jours se terminant le 22 janvier 2024. Dans l’ensemble, le gouvernement a reçu plus de 80 entrĂ©es de l’industrie (y compris de prĂȘteurs parallĂšles et de prĂȘteurs sur gages), de dĂ©fenseurs des consommateurs, de provinces et territoires, et de particuliers. Le gouvernement a Ă©galement organisĂ© plusieurs rĂ©unions avec des prĂȘteurs parallĂšles avant la clĂŽture de la pĂ©riode de consultation rĂ©glementaire afin de permettre Ă  ces intervenants de partager leur point de vue.

Exemption commerciale — Enjeux

En ce qui concerne l’exemption commerciale, la plupart des commentaires reçus portaient sur les ajustements Ă  apporter au projet de rĂšglement. Certains dĂ©fenseurs des consommateurs Ă©taient d’avis que le projet de rĂšglement ne suffirait pas Ă  protĂ©ger les petits emprunteurs commerciaux qui peuvent avoir besoin d’un prĂȘt pour diverses raisons. Afin de mieux protĂ©ger ces emprunteurs, certains ont suggĂ©rĂ© de relever le seuil minimum de l’exemption commerciale de 10 000 Ă  50 000 $.

Toutefois, les prĂȘteurs ont fait valoir que le rĂšglement proposĂ© n’irait pas assez loin pour permettre l’octroi de crĂ©dits dans le domaine des prĂȘts commerciaux. Certains ont demandĂ© que le seuil d’exemption soit ramenĂ© Ă  2 500 $. Beaucoup ont Ă©galement demandĂ© une mise Ă  jour de la section du rĂšglement qui prĂ©cise qui peut bĂ©nĂ©ficier de l’exemption, en indiquant que les « personnes physiques Â» pourraient exclure les propriĂ©taires uniques. Certains ont recommandĂ© de demander aux prĂȘteurs de faire signer aux emprunteurs une confirmation que le prĂȘt sera utilisĂ© Ă  des fins commerciales.

Exemption commerciale — RĂ©action

Aucun ajustement n’a Ă©tĂ© apportĂ© aux seuils permettant de bĂ©nĂ©ficier de l’exemption commerciale, Ă©tant donnĂ© que l’exemption maintient un Ă©quilibre en Ă©vitant les consĂ©quences involontaires sur le marchĂ© du crĂ©dit commercial tout en rĂ©duisant le risque d’arbitrage rĂ©glementaire ou de crĂ©ation de lacunes.

En ce qui concerne l’exigence d’une personne physique, le gouvernement note que de nombreux entrepreneurs individuels prĂ©sentent des schĂ©mas et des montants d’emprunt similaires Ă  ceux des consommateurs, ce qui pourrait crĂ©er une faille dans la rĂ©glementation.

Exemption pour les prĂȘts sur gages — Enjeux

En ce qui concerne l’exemption pour les prĂȘts sur gages, les prĂȘteurs sur gages ont demandĂ© une mise Ă  jour de la formulation afin de tenir compte des frais d’entreposage et de manutention. De nombreux emprunteurs de prĂȘts sur gages ont Ă©galement Ă©crit pour soutenir les services de prĂȘts sur gages. Cependant, certains intervenants, principalement des groupes de dĂ©fense des consommateurs, ont indiquĂ© que cette exemption nuirait aux emprunteurs vulnĂ©rables et n’étaient pas favorables Ă  celle-ci.

Exemption pour les prĂȘts sur gages — RĂ©action

Aucun ajustement n’a Ă©tĂ© apportĂ© Ă  l’exemption des prĂȘts sur gages. L’exemption permet effectivement au prĂȘt sur gages de fonctionner comme il l’a fait depuis l’introduction du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, et l’exemption des frais d’entreposage et de manutention nĂ©cessiterait des modifications lĂ©gislatives Ă  la dĂ©finition de l’intĂ©rĂȘt, ce qui n’entre pas dans le champ d’application du RĂšglement.

Autres exemptions — Enjeux

Les prĂȘteurs ont Ă©galement demandĂ© que d’autres types d’exemptions soient examinĂ©s. Il s’agit notamment d’une exemption pour les prĂȘts non garantis d’un montant infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  5 000 $, d’une exemption pour les prĂȘts de consolidation de dettes et d’une exemption pour les actes volontaires de l’emprunteur (c’est-Ă -dire lorsque l’emprunteur rembourse le prĂȘt de maniĂšre anticipĂ©e).

Autres exemptions — RĂ©action

Aucune autre exemption n’a Ă©tĂ© proposĂ©e. Une exemption pour les prĂȘts non garantis de 5 000 $ ou moins, bien qu’elle attĂ©nue les prĂ©occupations concernant les pertes potentielles d’accĂšs au crĂ©dit, ne serait pas conforme Ă  l’intention politique d’aider les consommateurs Ă  Ă©viter un cycle d’endettement qu’ils ne peuvent se permettre ni auquel ils ne peuvent Ă©chapper. En outre, les intervenants reprĂ©sentant les consommateurs n’ont pas exprimĂ© de prĂ©occupations concernant l’accessibilitĂ© au crĂ©dit Ă  coĂ»t Ă©levĂ©. Enfin, ce type d’exemption pourrait donner lieu Ă  des abus de la part des emprunteurs ou des prĂȘteurs (par exemple le cumul de plusieurs prĂȘts). En ce qui concerne l’exemption pour les prĂȘts de consolidation de dettes, ce type d’exemption n’est pas non plus conforme Ă  l’objectif politique d’aider les consommateurs Ă  Ă©viter un cycle d’endettement, car ils peuvent ĂȘtre assortis d’un taux d’intĂ©rĂȘt trĂšs Ă©levĂ© et sont susceptibles d’ĂȘtre utilisĂ©s de maniĂšre abusive par les prĂȘteurs. Le RĂšglement ne prĂ©voit pas d’exemption pour les actes volontaires de l’emprunteur, car l’autoritĂ© lĂ©gislative du RĂšglement ne permet pas une telle exemption, Ă©tant donnĂ© qu’elle n’entrerait pas dans le champ d’application du RĂšglement.

PrĂȘts sur salaire — Enjeux

En ce qui concerne le plafonnement des prĂȘts sur salaire, de nombreux intervenants (par exemple des dĂ©fenseurs des consommateurs et des universitaires) ont notĂ© qu’il s’agissait d’un pas dans la bonne direction. Toutefois, nombre d’entre eux ont appelĂ© Ă  des mesures supplĂ©mentaires pour abroger complĂštement l’exemption. Les prĂȘteurs sur salaire n’étaient pas favorables Ă  ce plafond, arguant qu’il conduirait les prĂȘteurs Ă  quitter le marchĂ©. Ces prĂȘteurs se sont Ă©galement opposĂ©s au plafonnement des frais pour chĂšques refusĂ©s, affirmant que ces frais reprĂ©sentent les coĂ»ts encourus par le prĂȘteur en cas de dĂ©faut de paiement.

PrĂȘts sur salaire — RĂ©action

Aucun ajustement n’a Ă©tĂ© apportĂ© au coĂ»t d’emprunt maximal pour les prĂȘts sur salaire ni au montant maximal autorisĂ© pour les frais de chĂšques refusĂ©s. Le plafond et le montant maximal des frais pour chĂšques refusĂ©s harmonisent les exigences les plus strictes dĂ©jĂ  en vigueur dans les provinces.

DĂ©lai — Enjeux

Les prĂȘteurs se sont opposĂ©s au dĂ©lai de mise en Ɠuvre proposĂ© de trois mois aprĂšs la publication finale, demandant plus de temps pour s’adapter. Nombre d’entre eux ont fait remarquer que la dĂ©finition actuarielle du taux annuel en pourcentage, aux fins du calcul du taux d’intĂ©rĂȘt criminel dans le Code criminel, ne sera pas finalisĂ©e avant le mois de mai, et qu’ils auraient besoin de plus de temps pour mettre Ă  jour leurs systĂšmes en consĂ©quence (Ă©tant donnĂ© qu’ils sont actuellement soumis Ă  un plafond du taux annualisĂ© en pourcentage). Les dates de mise en Ɠuvre suggĂ©rĂ©es vont de 6 mois Ă  2 ans. Les provinces ont Ă©galement demandĂ© plus de temps pour aligner leur lĂ©gislation, afin d’assurer la conformitĂ© des titulaires de permis sur le marchĂ©, et pour informer les emprunteurs du nouveau plafond de taux. Les dĂ©lais suggĂ©rĂ©s varient de 6 mois Ă  un an aprĂšs la publication finale.

DĂ©lai — RĂ©action

Le gouvernement a soigneusement pris en compte ce dĂ©lai proposĂ© et la date d’entrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© ajustĂ©e pour laisser plus de temps Ă  la mise en Ɠuvre. La date d’entrĂ©e en vigueur ajustĂ©e reprĂ©sente le bas de la fourchette des dates de mise en Ɠuvre suggĂ©rĂ©es par certains intervenants et provinces.

Autres — Enjeux et rĂ©ponses

Plusieurs prĂȘteurs ont exprimĂ© leur dĂ©ception quant au fait qu’aucune analyse formelle des coĂ»ts et bĂ©nĂ©fices n’a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour le changement du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui est passĂ© de l’équivalent de 48 % Ă  35 % du TAP. Le gouvernement note que, comme il s’agit d’un changement lĂ©gislatif plutĂŽt que rĂ©glementaire, une analyse formelle ne sera pas publiĂ©e et n’entre pas dans le champ d’application de ce prĂ©sent REIR.

D’autres ajustements techniques mineurs ont Ă©tĂ© apportĂ©s au RĂšglement afin de faire rĂ©fĂ©rence aux conventions de prĂȘt de maniĂšre neutre, plutĂŽt qu’au passĂ©.

Consultations connexes

En octobre 2023, le gouvernement a lancĂ© des consultations pour Ă©tudier la possibilitĂ© d’abaisser davantage le taux d’intĂ©rĂȘt criminel, d’accroĂźtre l’accĂšs au crĂ©dit Ă  faible coĂ»t et de faible valeur au Canada, et d’apporter des rĂ©visions supplĂ©mentaires Ă  l’exemption des prĂȘts sur salaire. Les consultations ont Ă©galement sollicitĂ© les commentaires d’intervenants sur le renforcement de l’application de la loi.

En rĂ©ponse aux commentaires de cette consultation, il a Ă©tĂ© annoncĂ© dans le budget de 2024 que le gouvernement a l’intention de modifier le Code criminel pour renforcer l’application du taux d’intĂ©rĂȘt criminel en interdisant les offres de crĂ©dit Ă  un taux d’intĂ©rĂȘt criminel et en permettant des poursuites contre les prĂȘteurs illĂ©gaux sans l’approbation du procureur gĂ©nĂ©ral. En vertu de la loi actuelle, un dĂ©lit n’est commis que lorsqu’un emprunteur conclut une convention ou une entente pour payer des intĂ©rĂȘts Ă  un taux criminel, quelle que soit l’intention du prĂȘteur. Certains emprunteurs obtenant des prĂȘts Ă  des taux d’intĂ©rĂȘt illĂ©gaux peuvent ĂȘtre rĂ©ticents, pour diverses raisons, Ă  s’adresser aux autoritĂ©s chargĂ©es de l’application de la loi. La proposition d’interdire les offres de prĂȘts Ă  un taux criminel permettrait aux forces de l’ordre de cibler directement les prĂȘteurs illĂ©gaux. En outre, la proposition visant Ă  supprimer l’obligation d’obtenir le consentement du procureur gĂ©nĂ©ral permettrait de lever un obstacle relevĂ© par les intervenants, Ă  savoir l’application du taux criminel.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Les peuples autochtones pourraient ĂȘtre touchĂ©s positivement par le RĂšglement. Les donnĂ©es de l’EnquĂȘte canadienne sur les capacitĂ©s financiĂšres de 2019 indiquent que les rĂ©pondants qui s’identifient comme Autochtones Ă©taient gĂ©nĂ©ralement plus susceptibles d’avoir empruntĂ© au moyen d’un prĂȘt sur salaire au cours des 12 derniers mois de la pĂ©riode d’enquĂȘte, en particulier pour les mĂ©nages Ă  faible revenu. Cette annĂ©e-lĂ , le groupe s’identifiant comme autochtone a eu recours Ă  des prĂȘts sur salaire Ă  un taux plus Ă©levĂ© que la moyenne, 5 % des rĂ©pondants autochtones ayant accĂ©dĂ© Ă  des prĂȘts sur salaire, contre 1,3 % des rĂ©pondants non autochtones. Ainsi, Ă©tant donnĂ© que les peuples autochtones sont plus susceptibles d’accĂ©der Ă  des prĂȘts sur salaire, ils tireraient des avantages du coĂ»t d’emprunt infĂ©rieur de 14 $ par tranche de 100 $ fixĂ© par ce RĂšglement.

Le RĂšglement ne devrait pas avoir d’effets prĂ©judiciables sur des droits ancestraux ou issus de traitĂ©s, Ă©tablis ou potentiels, qui sont reconnus et confirmĂ©s Ă  l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Choix de l’instrument

Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel est dĂ©fini dans le Code criminel. Une fois que les modifications adoptĂ©es dans la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023 sont en vigueur, le Code criminel autorisera Ă©galement le gouverneur en conseil Ă  prendre des rĂšglements prĂ©voyant des exemptions Ă  l’application de ce taux. Le RĂšglement est le seul instrument viable pour prĂ©voir de telles exemptions et, Ă  ce titre, aucun autre instrument n’a Ă©tĂ© envisagĂ©.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’analyse coĂ»ts-avantages complĂšte Ă©laborĂ©e pour soutenir ce RĂšglement est disponible sur demande.

Plusieurs changements ont Ă©tĂ© apportĂ©s Ă  l’analyse depuis la publication prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada. L’analyse rĂ©visĂ©e des prĂȘts sur salaire utilise des donnĂ©es actualisĂ©es, car plusieurs provinces ont publiĂ© de nouvelles donnĂ©es sur le marchĂ© des prĂȘts sur salaire depuis la publication prĂ©alable et une province (la Nouvelle-Écosse) a abaissĂ© son taux plafond pour les prĂȘts sur salaire. Comme indiquĂ© ci-dessous, ces changements devraient entrer en vigueur le 1er janvier 2025. La premiĂšre annĂ©e de l’analyse est donc 2024 et ne tient compte que des coĂ»ts ponctuels pour les prĂȘteurs (pour mettre Ă  jour le marketing, les informations, etc.), Ă©tant donnĂ© que cela devrait ĂȘtre fait avant la date d’entrĂ©e en vigueur. Tous les autres impacts commencent en 2025.

En outre, il existe une Ă©valuation plus approfondie des rĂ©sultats pour les emprunteurs qui pourraient ĂȘtre exclus du marchĂ© du prĂȘt sur salaire Ă  la suite de ces changements. Un rĂ©sumĂ© de l’analyse se trouve ci-dessous.

Exemptions du taux d’intĂ©rĂȘt criminel

Les prĂȘts commerciaux ne nĂ©cessitent pas le mĂȘme degrĂ© de surveillance rĂ©glementaire que les prĂȘts personnels. Les prĂȘts commerciaux nĂ©cessitent souvent des taux de rendement Ă©levĂ©s pour attirer les investissements en capital et sont gĂ©nĂ©ralement contractĂ©s par des parties qui comprennent le rapport risque-rendement dans le cadre de portefeuilles diversifiĂ©s conçus pour couvrir les risques. Des rĂšgles trop restrictives sur ces types de prĂȘts pourraient avoir un effet dissuasif sur les transactions qui, tous facteurs pris en compte, seraient avantageuses pour les deux parties et pour l’économie.

De plus, au Canada, les prĂȘts commerciaux n’enferment pas les particuliers dans un cycle d’endettement. En plus de capturer certaines pratiques de prĂȘt commercial qui ne correspondent pas Ă  l’intention politique, une baisse supplĂ©mentaire du taux criminel pourrait restreindre la capacitĂ© des entitĂ©s commerciales sophistiquĂ©es Ă  s’engager dans des opĂ©rations d’emprunt. C’est pourquoi le RĂšglement exemptera les prĂȘts commerciaux du nouveau taux d’intĂ©rĂȘt criminel plus bas.

Plus prĂ©cisĂ©ment, le RĂšglement exemptera les prĂȘts commerciaux Ă©valuĂ©s entre 10 000 $ et 500 000 $ du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui, en vertu des modifications apportĂ©es Ă  la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2023, passera Ă  35 % sur la base du TAP, mais maintiendra la limite de 48 % sur la base du TAP. Cela continuera de s’appliquer dans les cas oĂč l’emprunteur n’est pas une personne physique et que le prĂȘt est utilisĂ© Ă  des fins commerciales. Cela garantit vĂ©ritablement Ă  certains emprunteurs commerciaux, en particulier les petites entreprises, de continuer de bĂ©nĂ©ficier d’un certain niveau de protection pĂ©nale, tout en pouvant accĂ©der Ă  un crĂ©dit qui ne serait pas accordĂ© Ă  un taux d’intĂ©rĂȘt infĂ©rieur Ă  35 % sur la base du TAP.

Les prĂȘts commerciaux d’une valeur infĂ©rieure Ă  10 000 $ ne seront pas exemptĂ©s du nouveau taux criminel de 35 % sur la base du TAE en vertu du RĂšglement. TrĂšs peu de prĂȘts commerciaux sont Ă©mis pour des valeurs infĂ©rieures Ă  10 000 $ et ces prĂȘts sont moins susceptibles de faire partie d’un portefeuille d’investissement diversifiĂ© plus large. Ainsi, les prĂȘts commerciaux infĂ©rieurs Ă  10 000 $ seront soumis au nouveau taux d’intĂ©rĂȘt criminel afin de dissuader les prĂȘteurs de manipuler les exemptions rĂ©glementaires et de contourner le taux criminel en accordant des prĂȘts Ă  la consommation en tant que prĂȘts commerciaux. Étant donnĂ© que peu de prĂȘts commerciaux sont Ă©valuĂ©s Ă  moins de 10 000 $, cela aura un impact financier trĂšs minime sur les prĂȘteurs et emprunteurs commerciaux. En gĂ©nĂ©ral, les emprunteurs consommateurs bĂ©nĂ©ficieront d’un risque rĂ©duit de voir les prĂȘteurs tenter de contourner le nouveau taux d’intĂ©rĂȘt criminel.

Les prĂȘts commerciaux d’une valeur supĂ©rieure Ă  500 000 $ ne seront soumis Ă  aucun taux d’intĂ©rĂȘt criminel. Il s’agit d’éviter les frictions contractuelles et de garantir des investissements sains et productifs dans les domaines du capital-risque et du capital-investissement, qui peuvent actuellement ĂȘtre limitĂ©s par un taux criminel de 48 % sur la base du TAP. Les opĂ©rations de prĂȘt commercial supĂ©rieures Ă  500 000 $ reprĂ©sentent un niveau de sophistication qui ne nĂ©cessite pas de protection par les dispositions pĂ©nales sur les taux d’intĂ©rĂȘt. De plus, il y a trĂšs peu de transactions commerciales pour des prĂȘts supĂ©rieurs Ă  500 000 $ dont la valeur approche un taux d’intĂ©rĂȘt de 48 %, de sorte que les coĂ»ts pour les prĂȘteurs et les emprunteurs sont limitĂ©s. Exempter du taux d’intĂ©rĂȘt criminel les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă  500 000 $ prĂ©sentera des avantages pour certaines formes limitĂ©es de transactions sophistiquĂ©es, telles que le financement par capital-risque et le financement de stocks automobiles. Ces types de transactions ne touchent pas les Canadiens Ă  faible revenu et Ă©conomiquement vulnĂ©rables.

Les prĂȘts garantis de petit montant, sans recours, communĂ©ment appelĂ©s prĂȘts sur gages, sont diffĂ©rents des autres types d’emprunt, car l’obtention d’un tel prĂȘt ne dĂ©pend pas du revenu ou du crĂ©dit de l’emprunteur. Les prĂȘts sur gages sont garantis par une sĂ»retĂ©. Si le prĂȘt est remboursĂ©, la sĂ»retĂ© est restituĂ©e Ă  l’emprunteur. Si le prĂȘt n’est pas remboursĂ©, le prĂȘteur conserve la sĂ»retĂ©, couvrant toute obligation impayĂ©e et protĂ©geant l’emprunteur d’une dette qu’il pourrait ne pas ĂȘtre en mesure de rembourser, ce qui est l’un des principaux objectifs politiques du nouveau taux d’intĂ©rĂȘt criminel plus bas. En tant que tels, ces prĂȘts ne causent pas le mĂȘme niveau de prĂ©judice que les autres prĂȘts dans la mesure oĂč aucun cycle d’endettement n’est créé ou perpĂ©tuĂ© et un dĂ©faut de paiement de ces prĂȘts ne modifie pas les cotes de crĂ©dit des emprunteurs ni leur capacitĂ© Ă  obtenir d’autres emprunts. Cependant, compte tenu du degrĂ© de prĂ©judice relativement moindre, le RĂšglement maintiendra donc l’accĂšs Ă  ce produit de prĂȘt garanti de faible valeur.

Les prĂȘts sur gages d’une valeur Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  1 000 $ continueront d’ĂȘtre soumis au taux d’intĂ©rĂȘt criminel, qui passe Ă  35 % sur la base du TAP, afin de ne pas inciter les prĂȘteurs Ă  manipuler les exemptions rĂ©glementaires et Ă  contourner le taux d’intĂ©rĂȘt criminel pour accorder des prĂȘts Ă  la consommation. Par exemple, en l’absence de ce seuil, les prĂȘteurs parallĂšles qui proposent des prĂȘts Ă  tempĂ©rament Ă  coĂ»t Ă©levĂ© peuvent ĂȘtre incitĂ©s Ă  obtenir des licences sur gages pour proposer des prĂȘts « garantis Â» de grande valeur. Il convient de noter que trĂšs peu de prĂȘts sur gages sont Ă©mis pour des valeurs Ă©gales ou supĂ©rieures Ă  1 000 $.

Étant donnĂ© que les exemptions prĂ©vues par le RĂšglement supprimeront les restrictions et seraient de nature permissive, on suppose que les particuliers et les entreprises concernĂ©s se comportent gĂ©nĂ©ralement de maniĂšre rationnelle et n’entreprennent de tels Ă©changes que dans les situations qu’ils jugent ĂȘtre dans leur intĂ©rĂȘt. Étant donnĂ© que l’exemption concernant les prĂȘts sur gages maintiendra en grande partie le statu quo en soumettant la majoritĂ© des prĂȘts sur gages au taux criminel actuel, il n’y a aucun coĂ»t ni avantage monĂ©tisĂ© pour ces Ă©lĂ©ments de la proposition. De mĂȘme, le statu quo est largement maintenu pour les prĂȘts commerciaux infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  500 000 $ (en termes de taux d’intĂ©rĂȘt maximal applicable). Bien que les prĂȘts commerciaux supĂ©rieurs Ă  500 000 $ qui ne sont plus soumis Ă  une limite de taux puissent prĂ©senter certains avantages monĂ©taires positifs, en raison de la variabilitĂ© du nombre et de la valeur des prĂȘts Ă©mis, ces effets ne sont pas monĂ©tisĂ©s.

Limite du coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire

Certains intervenants ont indiquĂ© que la baisse du taux d’intĂ©rĂȘt criminel, sans aucune mesure visant Ă  rĂ©duire le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, pourrait inciter de plus en plus les consommateurs Ă  recourir aux prĂȘts sur salaire. Étant donnĂ© que le plafond du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire varie selon la province, le RĂšglement imposera un plafond fĂ©dĂ©ral pour ĂȘtre admissible Ă  l’exemption des prĂȘts sur le salaire du taux d’intĂ©rĂȘt criminel en vertu de l’article 347.1 du Code criminel, ce qui harmonise les coĂ»ts des prĂȘts sur salaire entre les provinces qui autorisent les prĂȘts sur salaire, les alignant ainsi sur la limite provinciale la plus basse du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire, Ă  Terre-Neuve-et-Labrador.

Le modĂšle suivant quantifie les coĂ»ts et les avantages de la limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t d’emprunt d’un prĂȘt sur salaire. Le modĂšle Ă©value deux scĂ©narios : dans la rĂ©fĂ©rence, sur une pĂ©riode de 11 ans, des plafonds de taux maximaux (y compris des plafonds de taux sur les frais de chĂšques refusĂ©s) sont dĂ©terminĂ©s par les provinces et on suppose qu’ils sont maintenus aux niveaux actuels. Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, sur la mĂȘme pĂ©riode de 11 ans, une limite maximale fĂ©dĂ©rale du coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire de 14 $ par chaque tranche de 100 $ s’applique dans les provinces et territoires concernĂ©s, ainsi que des frais de chĂšque refusĂ©s maximaux de 20 $. Les impacts diffĂ©rentiels du RĂšglement sont mesurĂ©s comme la diffĂ©rence entre ces deux scĂ©narios.

Les donnĂ©es provinciales sur les prĂȘts sur salaire de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle-Écosse sont disponibles sur plusieurs annĂ©es. Les donnĂ©es de 2022, l’annĂ©e la plus rĂ©cente pour laquelle des donnĂ©es sont disponibles pour les trois provinces, sont utilisĂ©es pour estimer les coĂ»ts et les avantages. Toutes les valeurs monĂ©taires prĂ©sentĂ©es dans cette analyse sont exprimĂ©es en dollars de 2022. Selon les plus rĂ©centes donnĂ©es disponibles, il existe des variations dans les limites provinciales concernant le coĂ»t d’emprunt, exprimĂ© comme le coĂ»t d’emprunt maximal pour un prĂȘt sur salaire de 100 $ :

Afin de simplifier l’analyse, on utilise la moyenne pondĂ©rĂ©e selon la population de la limite permise par tranche de 100 $. Cette moyenne correspond Ă  15,17 $ par 100 $ dans la base de rĂ©fĂ©rence et Ă  14 $ par 100 $ en vertu du RĂšglement.

De plus, il existe actuellement des variations dans les limites provinciales concernant les frais maximaux admissibles pour les chĂšques refusĂ©s imputĂ©s par les fournisseurs de prĂȘts sur salaire. Les voici :

Comme pour les coĂ»ts de prĂȘt, la moyenne pondĂ©rĂ©e selon la population des frais de chĂšque refusĂ©s admissibles est utilisĂ©e pour simplifier l’impact potentiel. On suppose que le maximum moyen Ă  l’Île-du-Prince-Édouard est de 25 $ (voir ci-dessous). Ainsi, les frais moyens admissibles pondĂ©rĂ©s selon la population nationale passeraient de 24,24 $ dans la base de rĂ©fĂ©rence Ă  20 $ en vertu du RĂšglement.

Les hypothĂšses supplĂ©mentaires suivantes sont envisagĂ©es :

Les variables Ă©tudiĂ©es aux fins de cette analyse coĂ»ts-avantages comprennent les changements dans les bĂ©nĂ©fices des entreprises et les Ă©conomies estimĂ©es pour les emprunteurs. Toutes les valeurs monĂ©taires sont exprimĂ©es en dollars de 2022.

Pour calculer les coĂ»ts de ce RĂšglement, la perte de surplus des producteurs est estimĂ©e Ă  l’aide d’une ventilation des coĂ»ts fournie par l’industrie. Le coĂ»t du RĂšglement est estimĂ© comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le profit estimĂ© de l’industrie dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence en fonction du total des prĂȘts Ă©mis et le profit estimĂ© de l’industrie dans le scĂ©nario rĂ©glementaire.

Afin d’estimer les avantages pour les emprunteurs de prĂȘts sur salaire, la diffĂ©rence du coĂ»t d’emprunt est appliquĂ©e Ă  la valeur totale des prĂȘts qui continuent d’ĂȘtre Ă©mis dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. En moyenne, les consommateurs Ă©conomiseront 1,25 $ pour chaque tranche de 100 $ de prĂȘts sur salaire. Étant donnĂ© que la valeur estimĂ©e des intĂ©rĂȘts payĂ©s diminue dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, on peut conclure que le RĂšglement permettra aux consommateurs qui sont en mesure d’emprunter de l’argent Ă  la fois dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et dans le scĂ©nario rĂ©glementaire (autres clients) de rĂ©aliser des Ă©conomies.

Comme le dĂ©crivent les tableaux ci-dessous, les emprunteurs canadiens Ă©conomisent collectivement environ 29,7 millions de dollars en intĂ©rĂȘts sur les prĂȘts sur salaire, ainsi que sur les frais de chĂšques refusĂ©s, au cours de la premiĂšre annĂ©e et 225,9 millions de dollars sur 11 ans. Cela se traduit par des Ă©conomies d’environ 50,56 $ par client pour tous les autres clients au cours de la premiĂšre annĂ©e. Les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es par les emprunteurs devraient entraĂźner un coĂ»t sur les bĂ©nĂ©fices de l’industrie, lesquels devraient diminuer de 30,7 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e et de 207,6 millions de dollars sur 11 ans. Cela se traduit par un avantage pour la valeur actualisĂ©e nette pour la sociĂ©tĂ© de 18,2 millions de dollars (225,9 millions de dollars moins 207,6 millions de dollars).

ÉnoncĂ© des coĂ»ts et avantages
Coûts monétarisés (en millions de dollars)
Intervenant touché Description des coûts PremiÚre année et année de référence (2024-2025) 2028 2034 Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Industrie Perte de bĂ©nĂ©fices continue 26,8 $ 28,4 $ 32 $ 203,7 $ 27,2 $
CoĂ»t unique (par exemple mise Ă  jour des systĂšmes informatiques, du matĂ©riel marketing, etc.) 3,9 $ 0 $ 0 $ 3,9 $ 0,5 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 30,7 $ 28,4 $ 32 $ 207,6 $ 27,7 $
Avantages monétarisés (en millions de dollars)
Intervenant touchĂ© Description de l’avantage PremiĂšre annĂ©e et annĂ©e de rĂ©fĂ©rence (2024-2025) 2028 2034 Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Consommateurs Économies sur les frais de montage 27,8 $ 29,5 $ 33,2 $ 211,6 $ 28,2 $
Économies sur les frais de chĂšques refusĂ©s 1,9 $ 2 $ 2,2 $ 14,3 $ 1,9 $
Tous les intervenants Total des avantages 29,7 $ 31,5 $ 35,5 $ 225,9 $ 30,1 $
Résumé des coûts et avantages monétarisés (en millions de dollars)
Répercussions PremiÚre année et année de référence (2024-2025) 2028 2034 Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des coĂ»ts 30,7 $ 28,4 $ 32 $ 207,6 $ 27,7 $
Total des avantages 29,7 $ 31,5 $ 35,5 $ 225,9 $ 30,1 $
RÉPERCUSSION NETTE (1 $) 3,1 $ 3,5 $ 18,2 $ 2,4 $
Répercussions quantifiées (non monétarisées) et répercussions qualitatives

Répercussions positives

Répercussions négatives

Analyse de la sensibilité

Pour examiner les rĂ©percussions de diffĂ©rentes variables sur les rĂ©sultats du RĂšglement, une analyse de la sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sur l’élasticitĂ© de l’offre (scĂ©narios 1 et 2).

ScĂ©nario 1

Dans le scĂ©nario 1, les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© estimĂ©s en supposant une Ă©lasticitĂ© accrue de l’offre de 0,41, contre 0,31 dans l’analyse rĂ©glementaire (centrale). Cela garantit que les rĂ©sultats sont robustes par rapport aux variations de cette hypothĂšse, laquelle est incertaine Ă©tant donnĂ© les donnĂ©es limitĂ©es sur lesquelles elle s’appuie. Étant donnĂ© que les membres de l’industrie ont affirmĂ© qu’un plafond de taux entraĂźnerait une diminution des prĂȘts sur salaire, une augmentation de l’élasticitĂ© a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une possibilitĂ©. Avec l’élasticitĂ© accrue de l’offre, il y aurait une plus grande restriction de l’offre rĂ©sultant de la baisse des taux de prĂȘt, et le volume total des prĂȘts accordĂ©s dans le cadre de la rĂ©glementation passerait de 2,28 milliards de dollars Ă  2,21 milliards de dollars au cours de la premiĂšre annĂ©e. En raison de ce changement, les consommateurs devraient Ă©conomiser en moyenne 50,69 $, les avantages totalisant 29,5 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e.

Au cours de la premiĂšre annĂ©e, les prĂȘteurs constateraient Ă©galement une lĂ©gĂšre diminution de leurs bĂ©nĂ©fices, passant de 26,8 millions de dollars dans le scĂ©nario central Ă  25,1 millions de dollars dans le scĂ©nario 1. Cela reprĂ©sente une perte de bĂ©nĂ©fices de 28,6 millions de dollars par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, compte tenu des coĂ»ts uniques.

Dans l’ensemble, la valeur actualisĂ©e nette du RĂšglement dans le scĂ©nario 1 est de 18,1 millions de dollars, soit une baisse importante par rapport Ă  la valeur actualisĂ©e nette estimĂ©e dans le scĂ©nario central de 18,2 millions de dollars.

ScĂ©nario 2

Dans le scĂ©nario 2, on suppose que l’élasticitĂ© de l’offre est Ă©gale Ă  0,21, soit une diminution par rapport Ă  ce qui est estimĂ© dans le scĂ©nario central. Cela permettra d’estimer les coĂ»ts et les avantages dans le cas oĂč l’offre ne rĂ©agirait pas aussi bien Ă  un changement de prix. Dans le scĂ©nario 2, le volume total des prĂȘts dĂ©caissĂ©s au cours de la premiĂšre annĂ©e est estimĂ© Ă  2,24 milliards de dollars, soit une lĂ©gĂšre augmentation par rapport Ă  ce qui est estimĂ© dans le scĂ©nario central (2,22 milliards de dollars). Le nombre total d’emprunteurs diminuera de prĂšs de 41 000 dans ce scĂ©nario. Les consommateurs devraient Ă©conomiser 50,43 $ chacun, pour un total de 29,8 millions de dollars la premiĂšre annĂ©e.

De plus, en raison d’une modification du volume total des prĂȘts, les bĂ©nĂ©fices des prĂȘteurs devraient baisser de 24,9 millions de dollars (au cours de la premiĂšre annĂ©e) par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Il s’agit d’une diminution moindre que celle estimĂ©e dans le scĂ©nario central de 26,7 millions de dollars.

Dans l’ensemble, les rĂ©percussions sur la valeur actualisĂ©e nette du RĂšglement dans le scĂ©nario 2 sont de 47 millions de dollars, soit une forte augmentation par rapport Ă  la valeur actualisĂ©e nette du scĂ©nario central (18,2 millions de dollars) et du scĂ©nario 1 (18,1 millions de dollars).

Les rĂ©sultats des scĂ©narios 1 et 2 impliquent que le modĂšle est trĂšs sensible Ă  l’incertitude inhĂ©rente Ă  l’élasticitĂ© de l’offre. Cela dĂ©montre que les vĂ©ritables rĂ©percussions de ce RĂšglement dĂ©pendent largement de la rĂ©action du marchĂ© Ă  celui-ci.

RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©tarisĂ©s au cours de l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence (en millions de dollars)
RĂ©percussions ScĂ©nario central ScĂ©nario 1 ScĂ©nario 2
Total des coĂ»ts 30,7 $ 32,5 $ 28,9 $
Total des avantages 29,7 $ 31,5 $ 31,7 $
RĂ©percussion nette (1 $) (1 $) 2,8 $
Valeur actualisĂ©e nette (sur 10 ans) 18,2 $ 18,1 $ 47 $
Analyse de répartition

En gĂ©nĂ©ral, les emprunteurs sur salaire ont souvent des revenus plus faibles et moins d’épargne. L’étude de 2016 de l’Agence de la consommation en matiĂšre financiĂšre du Canada (ACFC) sur les emprunteurs sur salaire au Canada a rĂ©vĂ©lĂ© que 53 % des emprunteurs sur salaire gagnaient moins de 55 000 $ par annĂ©e. De plus, 62 % des personnes interrogĂ©es ont dĂ©clarĂ© que leurs Ă©conomies couvriraient moins de trois mois de dĂ©penses. Seulement 24 % ont dĂ©clarĂ© qu’ils seraient en mesure de payer un achat inattendu de 500 $ avec leurs Ă©conomies existantes.

Selon les donnĂ©es provinciales accessibles au public, on estime qu’il y avait plus de 600 000 emprunteurs sur salaire au Canada en 2021. L’ACFC estime qu’en septembre 2022, 4,52 % des Canadiens avaient eu recours Ă  un prĂȘt sur salaire au cours de leur vie pour gĂ©rer leurs dĂ©penses quotidiennes. Les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les Canadiens Ă  faible revenu et les femmes sont surreprĂ©sentĂ©s dans ces rĂ©sultats.

Les emprunteurs sur salaire sont souvent en Ăąge de travailler et vivent en zone urbaine. L’ACFC rapporte que 72 % des emprunteurs sur salaire Ă©taient ĂągĂ©s de 25 Ă  54 ans et que 83 % d’entre eux vivaient en zone urbaine.

Bien que les utilisateurs de prĂȘts sur salaire empruntent pour un certain nombre de raisons, la plupart empruntent pour couvrir les dĂ©penses nĂ©cessaires. Par exemple, le rapport de 2016 de l’ACFC rĂ©vĂšle que 45 % des rĂ©pondants ont eu recours Ă  un prĂȘt sur salaire pour une dĂ©pense nĂ©cessaire et inattendue, tandis que 41 % ont empruntĂ© pour une dĂ©pense nĂ©cessaire mais attendue. Seulement 7 % des personnes interrogĂ©es ont dĂ©clarĂ© avoir utilisĂ© le prĂȘt pour « acheter quelque chose de spĂ©cial Â». Quant aux raisons pour lesquelles les emprunteurs ont recours aux prĂȘts sur salaire plutĂŽt qu’à des solutions de crĂ©dit de rechange moins chĂšres, beaucoup ont dĂ©clarĂ© ne pas pouvoir accĂ©der Ă  ces solutions de rechange.

Selon cette recherche, le MinistĂšre estime que le RĂšglement bĂ©nĂ©ficiera de façon disproportionnĂ©e aux personnes Ă  faible revenu ĂągĂ©es de 25 Ă  54 ans, car la plupart pourront continuer Ă  emprunter, mais Ă  moindre coĂ»t. Les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les personnes Ă  faible revenu et les femmes bĂ©nĂ©ficieront probablement du RĂšglement dans la mesure oĂč ils ont recours aux prĂȘts sur salaire. Ces groupes devraient bĂ©nĂ©ficier le plus du RĂšglement.

Parmi les emprunteurs qui perdront l’accĂšs aux prĂȘts sur salaire, on s’attend Ă  ce que certains d’entre eux en bĂ©nĂ©ficient, par exemple en trouvant une source de crĂ©dit moins chĂšre ou en renonçant complĂštement au crĂ©dit, Ă©conomisant ainsi sur les paiements d’intĂ©rĂȘts. Les rapports d’enquĂȘte rĂ©vĂšlent que lorsqu’ils se voient refuser un crĂ©dit auprĂšs de prĂȘteurs parallĂšles, certains consommateurs se tournent vers leur famille, leurs amis ou des organismes communautaires pour emprunter des fonds. Ces options d’emprunt peuvent parfois ĂȘtre moins risquĂ©es pour les consommateurs, car elles sont moins susceptibles de les entraĂźner dans un cycle d’endettement.

Certains consommateurs qui se voient refuser un prĂȘt sur salaire subissent des prĂ©judices, comme le manquement au paiement d’une facture ou la renonciation Ă  une dĂ©pense nĂ©cessaire. S’ils ne parviennent pas Ă  trouver d’autres formes de crĂ©dit, ces emprunteurs peuvent ĂȘtre confrontĂ©s Ă  des frais de retard de paiement ou Ă  d’autres consĂ©quences nĂ©gatives en raison de la perte d’accĂšs aux prĂȘts sur salaire. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© par des intervenants de l’industrie, certains emprunteurs peuvent mĂȘme recourir Ă  des prĂȘts illĂ©gaux s’il leur est impossible d’obtenir un prĂȘt sur salaire auprĂšs d’un prĂȘteur rĂ©glementĂ©.

Lentille des petites entreprises

L’analyse sous l’angle des petites entreprises a conclu que le Rùglement aurait une incidence sur les petites entreprises.

En ce qui concerne les exemptions proposĂ©es au taux d’intĂ©rĂȘt criminel pour les prĂȘts commerciaux, le RĂšglement n’applique pas le nouveau taux criminel aux prĂȘts supĂ©rieurs Ă  10 000 $ et exempte les prĂȘts supĂ©rieurs Ă  500 000 $ de l’application de tout taux d’intĂ©rĂȘt maximum. Ces exemptions seraient de nature permissive et faciliteraient le fonctionnement des entreprises de la mĂȘme maniĂšre qu’avant la diminution du taux criminel. Cela aiderait les petites entreprises Ă  attirer des investissements en capital pour des projets Ă  haut risque en offrant des taux de rendement Ă©levĂ©s, leur permettant ainsi de se dĂ©velopper plus rapidement et de couvrir leurs risques personnels en les partageant avec des prĂȘteurs potentiels.

La plupart des prĂȘteurs sur gages sont de petites entreprises. Comme pour les prĂȘts commerciaux exemptĂ©s, les exemptions leur permettront de fonctionner de maniĂšre similaire au statu quo. En ce sens, le RĂšglement serait avantageux pour les petites entreprises et leur permettrait d’offrir des prĂȘts de moins de 1 000 $ garantis par une sĂ»retĂ© Ă  des taux plus Ă©levĂ©s que ceux de la base de rĂ©fĂ©rence.

En ce qui concerne le plafonnement des frais sur les prĂȘts sur salaire Ă  14 $ par 100 $ empruntĂ©s, certains prĂȘteurs sur salaire pourraient ĂȘtre classĂ©s comme de petites entreprises et, Ă  ce titre, seraient touchĂ©s par le RĂšglement. Nous prĂ©voyons qu’en imposant un plafond de taux sur les prĂȘts sur salaire, le secteur pourrait se contracter et contraindre certains prĂȘteurs Ă  cesser leurs activitĂ©s. Il semblerait que la diminution du plafond des taux maximum puisse entraĂźner une diminution du nombre de points de service de prĂȘts sur salaire. Ainsi, la concurrence pourrait diminuer sur le marchĂ© des prĂȘts sur salaire Ă  mesure que les grandes entreprises gagnent des parts de marchĂ©. La nouvelle limite sur le coĂ»t d’emprunt pour un prĂȘt sur salaire peut entraĂźner des coĂ»ts de conformitĂ© pour les prĂȘteurs, comme l’adaptation des systĂšmes informatiques, l’affichage et le marketing auprĂšs des emprunteurs. Les prĂȘteurs estiment que ce coĂ»t fixe s’élĂšvera Ă  3,9 millions de dollars Ă  l’échelle nationale. En raison des limites des donnĂ©es, il est difficile de connaĂźtre la proportion des prĂȘteurs sur salaire qui Ă©mettent des prĂȘts sur salaire qui sont de petites entreprises. Selon un rapport CARDUS de 2016, 35 % des prĂȘteurs sur salaire sont de petites entreprises. Selon les donnĂ©es provinciales disponibles, le MinistĂšre estime qu’il existe plus de 1 000 prĂȘteurs sur salaire au Canada. En prenant la limite infĂ©rieure de cette estimation (1 000), les rĂ©percussions sur les petites entreprises sont prĂ©sentĂ©es ci-dessous.

Étant donnĂ© que l’objectif principal du RĂšglement consiste Ă  protĂ©ger les emprunteurs canadiens contre les frais de prĂȘt excessifs, les options de conformitĂ© flexibles n’ont pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme viables.

Résumé de la lentille des petites entreprises

CoĂ»ts totaux de conformitĂ© et d’administration (en millions de dollars)
Totaux Valeur annualisée Valeur actualisée
CoĂ»t total (toutes les petites entreprises touchĂ©es) 9,5 $ 71,3 $
CoĂ»t par petite entreprise touchĂ©e 0,03 $ 0,20 $

RĂšgle du « un pour un Â»

La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique pas puisqu’il n’y a pas de changement progressif dans le fardeau administratif des entreprises et qu’aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ©. Le RĂšglement n’impose aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises, car il n’est pas nĂ©cessaire de prouver qu’une entitĂ© est admissible Ă  l’exemption du taux d’intĂ©rĂȘt criminel. De mĂȘme, les entitĂ©s n’ont aucune obligation de prouver Ă  un organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral que leurs offres de prĂȘts sur salaire sont infĂ©rieures au plafond. Les entreprises peuvent, Ă  leur propre discrĂ©tion, choisir de conserver des dossiers comme preuve de leur innocence en cas de procĂ©dure pĂ©nale. La rĂšgle du « un pour un Â» ne s’applique donc pas.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

Le MinistĂšre a menĂ© et commandĂ© des recherches sur l’environnement rĂ©glementaire des juridictions internationales. Les juridictions internationales spĂ©cifiques qui ont fait l’objet de recherches comprennent le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Australie, la Nouvelle-ZĂ©lande et les États-Unis en matiĂšre de coĂ»ts d’emprunt maximaux et d’exemptions Ă  ceux-ci. Ce RĂšglement s’harmonise dans une certaine mesure avec les exemptions aux plafonds de taux d’intĂ©rĂȘt dans ces juridictions. Par exemple, les prĂȘts commerciaux sont exempts de plafonds de taux d’intĂ©rĂȘt dans de nombreux États amĂ©ricains, au Royaume-Uni, en Irlande, en Australie et en Nouvelle-ZĂ©lande. Les prĂȘts sur gages sont exempts de plafonds de taux d’intĂ©rĂȘt en Australie, ainsi que dans certains États amĂ©ricains. De plus, le MinistĂšre a consultĂ© des partenaires provinciaux ayant des rĂ©gimes de prĂȘts sur salaire existants pour s’assurer que l’approche fĂ©dĂ©rale visant Ă  plafonner les prĂȘts sur salaire s’harmonise avec les rĂ©gimes lĂ©gislatifs provinciaux.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse prĂ©liminaire a permis de conclure qu’une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les donnĂ©es de l’ACFC dĂ©montrent que les Autochtones, les immigrants rĂ©cents, les Canadiens Ă  faible revenu et les femmes sont surreprĂ©sentĂ©s dans le pourcentage de Canadiens qui ont utilisĂ© un prĂȘteur en ligne ou sur salaire. Les utilisateurs de prĂȘts sur salaire ont gĂ©nĂ©ralement un revenu plus faible et peuvent vivre dans la pauvretĂ©.

Ces groupes bĂ©nĂ©ficieraient de cette mesure dans la mesure oĂč ils dĂ©pendent des prĂȘts sur salaire. De plus, toute personne au Canada qui se fie aux prĂȘts sur salaire bĂ©nĂ©ficiera de ce RĂšglement. Toutefois, une petite proportion d’emprunteurs potentiels qui perdent l’accĂšs au crĂ©dit pourrait subir un certain prĂ©judice en raison du RĂšglement. Certains de ces prĂ©judices peuvent inclure l’exclusion de ce marchĂ© et potentiellement le recours Ă  des prĂȘts illĂ©gaux.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

Le RĂšglement entrera en vigueur le mĂȘme jour que les modifications apportĂ©es au Code criminel pour abaisser le taux d’intĂ©rĂȘt criminel, soit le 1er janvier 2025. La pĂ©riode entre la publication finale et l’entrĂ©e en vigueur permettra aux prĂȘteurs d’ajuster leurs opĂ©rations, y compris les systĂšmes informatiques, l’affichage et le marketing pour s’aligner sur les exigences, et accordera aux provinces un dĂ©lai supplĂ©mentaire pour apporter des ajustements, le cas Ă©chĂ©ant.

Conformité et application

Le taux d’intĂ©rĂȘt criminel a Ă©tĂ© et continuera d’ĂȘtre appliquĂ© en vertu du Code criminel, et les exemptions au taux d’intĂ©rĂȘt criminel dans le RĂšglement seront Ă©galement appliquĂ©es par les services de police provinciaux. Les prĂȘteurs qui ne respectent pas le taux criminel et les exemptions non liĂ©s Ă  la paie s’exposent Ă  des poursuites.

Dans les provinces dĂ©signĂ©es dotĂ©es d’un rĂ©gime de prĂȘts sur salaire et de limites existantes sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire, la nouvelle limite fĂ©dĂ©rale sur le coĂ»t d’un prĂȘt sur salaire continuera d’ĂȘtre appliquĂ©e par l’organisme de rĂ©glementation provincial appropriĂ©. Étant donnĂ© que les organismes de rĂ©glementation provinciaux concernĂ©s appliquent dĂ©jĂ  des limites provinciales sur le coĂ»t d’emprunt pour les prĂȘts sur salaire et d’autres mesures de protection des consommateurs liĂ©es aux prĂȘts sur salaire, on s’attend Ă  ce qu’ils soient en mesure de mettre en Ɠuvre la nouvelle limite fĂ©dĂ©rale au cours de la pĂ©riode de transition. Aucun nouveau financement ne sera requis pour soutenir les organismes de rĂ©glementation provinciaux dans la mise en Ɠuvre.

Personnes-ressources

Mark Radley
Courriel : consultationconsumeraffairs.consultationconsommation@fin.gc.ca

Ou

MinistĂšre de la Justice
Renseignements gĂ©nĂ©raux :
TĂ©lĂ©phone : 613‑957‑4222
Courriel : webadmin@justice.gc.ca