Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole : DORS/2024-53

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 8

Enregistrement
DORS/2024-53 Le 25 mars 2024

LOI SUR LES PROGRAMMES DE COMMERCIALISATION AGRICOLE

C.P. 2024-269 Le 25 mars 2024

Sur recommandation du ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Ă  laquelle souscrit la ministre des Finances, et en vertu de l’alinĂ©a 40(1)c)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole

Modification

1 Le paragraphe 10(6) du Règlement sur les programmes de commercialisation agricole rĂ©fĂ©rence 1 est remplacĂ© par ce qui suit :

(6) Pour l’application du paragraphe 9(1) de la Loi, le montant fixĂ© par règlement est de 250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2024.

(7) Les définitions qui suivent s’appliquent au présent article.

Entrée en vigueur

2 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les producteurs agricoles du Canada continuent de faire face aux impacts durables des facteurs Ă©conomiques mondiaux, qui ont entraĂ®nĂ© des taux d’intĂ©rĂŞt Ă©levĂ©s et une augmentation des coĂ»ts de certains intrants agricoles (semences, pesticides, etc.). Bien qu’il semble y avoir une certaine amĂ©lioration dans le secteur depuis 2023, on s’attend Ă  ce que les producteurs soient toujours confrontĂ©s Ă  des problèmes de trĂ©sorerie, car ils devront payer ces dĂ©penses avant de cultiver leurs produits au printemps et Ă  l’étĂ© prochains. De telles pressions financières dans le secteur contribuent Ă©galement Ă  l’inflation alimentaire.

Description : La modification au Règlement sur les programmes de commercialisation agricole fera temporairement passer la limite sans intĂ©rĂŞt du Programme de paiements anticipĂ©s (PPA) Ă  250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2024. La limite globale actuelle de prĂŞt d’un million de dollars demeurera la mĂŞme.

Justification : Cette modification rĂ©duira le coĂ»t d’emprunt au titre du PPA et amĂ©liorera l’accès des producteurs Ă  des liquiditĂ©s, leur permettant ainsi de gĂ©rer leurs coĂ»ts d’exploitation au cours de la prochaine saison de croissance de 2024 et Ă  l’automne. Elle aidera Ă  stabiliser le secteur agricole primaire, qui est essentiel pour assurer la sĂ©curitĂ© alimentaire, stabiliser les prix des aliments et attĂ©nuer les rĂ©percussions de l’inflation sur le coĂ»t de la vie pour tous les Canadiens et Canadiennes.

Enjeux

Au cours des dernières annĂ©es, les producteurs agricoles canadiens ont dĂ» faire face Ă  un certain nombre de facteurs qui ont eu une incidence nĂ©gative sur leur accès Ă  des liquiditĂ©s abordables et sur leurs rĂ©sultats nets. En 2022, le conflit entre la Russie et l’Ukraine a commencĂ©, perturbant ainsi les chaĂ®nes d’approvisionnement et augmentant les coĂ»ts des intrants agricoles, y compris le carburant et les engrais. Ces pressions se sont accentuĂ©es en 2023 en raison de l’inflation gĂ©nĂ©ralisĂ©e, de l’augmentation des coĂ»ts des intrants clĂ©s, des perturbations continues des chaĂ®nes d’approvisionnement et des frais de service de la dette plus Ă©levĂ©s en raison de la flambĂ©e des taux d’intĂ©rĂŞt.

En 2022, la hausse des prix du pĂ©trole Ă  l’échelle mondiale a contribuĂ© Ă  l’inflation, et les inquiĂ©tudes relatives Ă  l’inflation ont amenĂ© la Banque du Canada Ă  augmenter les taux d’intĂ©rĂŞt. Par consĂ©quent, les frais d’intĂ©rĂŞt du secteur ont augmentĂ© de 26,1 %, pour atteindre 5,0 milliards de dollars en 2022. Les frais d’intĂ©rĂŞt, qui reprĂ©sentent environ 7 % des dĂ©penses agricoles totales, devraient augmenter encore de 36,6 % en 2023, puisque les inquiĂ©tudes liĂ©es Ă  l’inflation continuent d’influencer les dĂ©cisions de la Banque du Canada sur la politique monĂ©taire. Alors que les taux d’intĂ©rĂŞt devraient demeurer Ă©levĂ©s en 2024, ils semblent s’être stabilisĂ©s et il est attendu que la Banque du Canada commencera peut-ĂŞtre Ă  les rĂ©duire plus tard en 2024.

Selon Financement agricole Canada (FAC), le marchĂ© canadien des intrants de culture (engrais, produits chimiques, semences et carburant) devrait avoir augmentĂ© de 26,1 % en 2022, atteignant un record de 21,8 milliards de dollars en ventes. La majeure partie de cette croissance est attribuable Ă  l’augmentation des prix des engrais et du carburant rĂ©sultant des perturbations des chaĂ®nes d’approvisionnement mondiales et de la guerre en Ukraine. Pour 2023, FAC prĂ©voit une augmentation additionnelle de 5,9 %, pour un total de 23,1 milliards de dollars, ce qui ferait des cultures de 2023 les plus chères jamais plantĂ©es. Selon un rapport de FAC de septembre 2023, alors que le prix des produits chimiques et des semences demeure incertain en ce dĂ©but de 2024, le prix d’autres intrants importants, dont les engrais et le carburant, ont diminuĂ© un peu au cours de la dernière annĂ©e.

Ces pressions financières dans le secteur contribuent Ă©galement Ă  l’inflation qui touche les aliments. Selon les donnĂ©es mensuelles sur l’indice des prix Ă  la consommation pour septembre 2023, les prix des aliments achetĂ©s en magasin ont augmentĂ© plus rapidement que le taux d’inflation global pendant 22 mois consĂ©cutifs, soit depuis dĂ©cembre 2021. Les prix pour l’ensemble de l’économie Ă©taient 3,8 % plus Ă©levĂ©s en septembre 2023 qu’ils ne l’étaient durant le mĂŞme mois en 2022. En septembre 2023, les prix Ă  la consommation des produits alimentaires en magasin Ă©taient supĂ©rieurs de 5,8 % Ă  ceux de septembre 2022.

Les rĂ©sultats des dernières prĂ©visions du revenu agricole d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) prĂ©voient une augmentation de 11,8 % (25,9 milliards de dollars) en revenu agricole net en 2023 par rapport au sommet de 23,2 milliards de dollars enregistrĂ© en 2022. Ces prĂ©visions, en plus des possibles rĂ©ductions des taux d’intĂ©rĂŞt et de la baisse du prix des intrants, semblent indiquer qu’il y aura quelques amĂ©liorations dans le secteur pour la campagne agricole de 2024.

Comme le PPA offre aux producteurs agricoles primaires du Canada un accès à des avances de fonds au cours de la saison de croissance, il est adapté pour répondre à leurs besoins de liquidités. Les producteurs agricoles canadiens ont un rôle important à jouer dans la réduction des répercussions de l’inflation et en matière de sécurité alimentaire. En offrant des économies d’intérêts additionnelles et en rendant le PPA plus abordable, le gouvernement contribue à atténuer les difficultés liées aux liquidités résiduelles, en raison des coûts d’emprunt élevés et des coûts élevés de certains intrants agricoles nécessaires. Comme cette modification cible les producteurs agricoles primaires, elle aura une incidence directe sur la production alimentaire primaire, favorisera un approvisionnement alimentaire stable et régulier et aidera à réduire certaines des pressions à l’origine de l’inflation et de la volatilité économique dans le secteur alimentaire.

Contexte

Le PPA est un programme législatif en vertu de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole et de son règlement. Il s’agit d’un programme fédéral de garantie de prêts qui donne aux producteurs agricoles admissibles l’accès à des avances de fonds à faible taux d’intérêt ou sans intérêt afin d’augmenter leurs liquidités au cours de la période de production et de commercialisation et d’accroître leurs possibilités de commercialisation, permettant aux producteurs de vendre au moment le plus opportun pour eux.

Dans le cadre du programme, les producteurs admissibles peuvent avoir accès Ă  des avances de fonds pouvant atteindre 50 % de la valeur marchande estimĂ©e des produits agricoles admissibles qui sont produits ou entreposĂ©s. L’avance maximale au titre du PPA est d’un million de dollars (c’est-Ă -dire un million de dollars pour une valeur de rĂ©colte de 2 millions de dollars), et le gouvernement fĂ©dĂ©ral paie habituellement l’intĂ©rĂŞt au prĂŞteur sur les premiers 100 000 $ avancĂ©s Ă  chaque producteur (soit la limite sans intĂ©rĂŞt). Les principaux produits agricoles sont pour la plupart admissibles dans le cadre du programme, notamment les cĂ©rĂ©ales et les olĂ©agineux, les fruits et lĂ©gumes et le bĂ©tail.

Le programme est administré par 27 associations de l’industrie (agents d’exécution du PPA) partout au pays, qui versent des avances en utilisant le crédit qu’elles sont en mesure de négocier avec leurs prêteurs (banques, coopératives de crédit, etc.). Grâce à la garantie fédérale, les agents d’exécution du PPA sont en mesure de négocier des taux d’intérêt plus bas, qui leur permettent ainsi d’offrir des taux d’intérêt concurrentiels aux producteurs sur la partie des avances portant intérêt.

Les avances sont gĂ©nĂ©ralement offertes Ă  partir du 1er avril de chaque annĂ©e jusqu’au 31 mars de l’annĂ©e suivante (lorsque les avances pour l’annĂ©e de programme suivante deviennent disponibles). Les producteurs sont tenus d’effectuer des remboursements dans les 30 jours suivant la vente du produit pour lequel une avance a Ă©tĂ© obtenue, avec un maximum de 18 mois pour rembourser intĂ©gralement les avances sur la plupart des produits admissibles, y compris les cultures de cĂ©rĂ©ales et d’olĂ©agineux (jusqu’à 24 mois pour les avances visant les bovins et les bisons).

Par exemple, la date limite de demande pour les avances de 2023 se clĂ´ture le 31 mars 2024, avec une Ă©chĂ©ance de remboursement fixĂ©e au 30 septembre 2024. Ensuite, de nouvelles avances pour l’annĂ©e de programme 2024 seront disponibles Ă  compter du 1er avril 2024; elles doivent ĂŞtre demandĂ©es au plus tard le 31 mars 2025 et ĂŞtre remboursĂ©es au plus tard le 30 septembre 2025 (le 31 mars 2026 dans le cas des avances pour les bovins et les bisons).

En moyenne (d’après les donnĂ©es de 2016-2021), et selon les paramètres normaux du programme, le PPA verse 2,5 milliards de dollars d’avances Ă  plus de 20 000 producteurs et paie environ 17,3 millions de dollars d’intĂ©rĂŞts au nom des producteurs. Cependant, les taux d’intĂ©rĂŞt Ă©taient beaucoup moins Ă©levĂ©s au cours de ces annĂ©es, de sorte que les coĂ»ts Ă©taient aussi moins Ă©levĂ©s. Comme les avances du PPA sont garanties en vertu de la Loi, au besoin, AAC remboursera les avances en dĂ©faut au prĂŞteur, qui deviennent alors des dettes envers la Couronne. Il s’agit toutefois d’un Ă©vĂ©nement rare dans le cadre du programme (seulement environ 0,91 % des avances totales) et, en moyenne, 50 % des montants en souffrance sont rĂ©cupĂ©rĂ©s.

En 2022, la limite des avances sans intĂ©rĂŞt du PPA est passĂ©e de 100 000 $ Ă  250 000 $ pour les annĂ©es de programme 2022 et 2023. Pour l’annĂ©e de programme 2022, le PPA a fourni des avances totalisant 3,5 milliards de dollars Ă  18 804 producteurs au Canada. Un total de 9 568 producteurs a pu profiter de cette hausse de la limite des avances sans intĂ©rĂŞt, parmi lesquels 3 273 ont reçu le montant maximal, soit 250 000 $ d’avances sans intĂ©rĂŞt. Dans le budget de 2023, le gouvernement a encore augmentĂ© la limite des avances sans intĂ©rĂŞt pour la faire passer Ă  350 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2023. Jusqu’à maintenant, 19 929 producteurs ont reçu des avances totalisant 4,1 milliards de dollars. Un total de 11 799 producteurs a reçu des avances sans intĂ©rĂŞt de plus de 100 000 $ et, parmi ceux-ci, 6 859 ont reçu des avances sans intĂ©rĂŞt de plus de 250 000 $. Un total de 4 493 producteurs a reçu le montant maximal sans intĂ©rĂŞt, soit 350 000 $.

Objectif

La modification rĂ©glementaire augmenterait temporairement la limite sans intĂ©rĂŞt du PPA de 100 000 $ Ă  250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2024. La limite globale actuelle des prĂŞts demeurera fixĂ©e Ă  un million de dollars. La modification devrait avoir un impact positif sur près de 12 000 producteurs agricoles primaires, en rĂ©duisant leur coĂ»t d’emprunt dans le cadre du programme et, ce faisant, en augmentant leur accès Ă  des liquiditĂ©s au cours de la saison de croissance de 2024. Cette modification rĂ©duirait la limite sans intĂ©rĂŞt de 100 000 $ par rapport Ă  la limite de 350 000 $ offerte en 2023, et ce, pour des raisons de prudence financière et Ă  cause des quelques amĂ©liorations sectorielles prĂ©vues en 2024, comme elles sont susmentionnĂ©es. Il est toutefois toujours prĂ©vu que cette mesure temporaire contribuera Ă  stabiliser le secteur agricole primaire, qui est essentiel pour assurer la sĂ©curitĂ© alimentaire, stabiliser les prix des aliments et attĂ©nuer les rĂ©percussions de l’inflation sur le coĂ»t de la vie, au bĂ©nĂ©fice de tous les Canadiens et Canadiennes.

Description

La modification exigera que les modifications suivantes soient apportĂ©es Ă  l’article 10 (Montants fixĂ©s) du Règlement sur les programmes de commercialisation agricole.

Ajout du paragraphe 10(6) suivant :

Changement de la numĂ©rotation du paragraphe 10(6) actuel, qui deviendra ainsi le paragraphe 10(7), et ajout de ce qui suit Ă  ce paragraphe :

Élaboration de la réglementation

Consultation

Il y a eu une couverture médiatique soutenue au sujet des nombreuses difficultés auxquelles les agriculteurs font face, notamment les répercussions de la grève à la Voie maritime du Saint-Laurent, l’augmentation des coûts des intrants agricoles et l’inflation. En outre, les agriculteurs continuent d’être aux prises avec les effets des phénomènes météorologiques extrêmes.

La couverture médiatique concernant l’augmentation de la portion exempte d’intérêt des avances du PPA pour l’année de programme 2023, annoncée dans le budget de 2023, a été en grande partie neutre ou positive à la fois dans les médias traditionnels et les médias sociaux. Les réactions des intervenants ont également été en grande partie positives. Certaines associations ont indiqué qu’elles espèrent que l’augmentation de la portion sans intérêt restera en vigueur au-delà de 2023-2024.

En consultant les agents d’exĂ©cution du PPA, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les producteurs apprĂ©cieraient les Ă©conomies d’intĂ©rĂŞt supplĂ©mentaires en 2024-2025. En raison du passage de la limite sans intĂ©rĂŞt de 350 000 $ en 2023 Ă  250 000 $ en 2024, on s’attend Ă  ce que la rĂ©action de l’industrie et des mĂ©dias soit neutre ou nĂ©gative.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

La modification a fait l’objet d’une évaluation des répercussions des traités modernes. L’évaluation n’a pas fait ressortir de répercussions ni d’obligations inhérentes à des traités modernes. Il est prévu que les producteurs des régions visées par des traités modernes pourraient recevoir des avances de fonds et bénéficier de l’augmentation des économies d’intérêts, lorsqu’ils répondent aux critères d’admissibilité du programme. Cependant, les partenaires autochtones ont indiqué qu’il est difficile pour les Autochtones d’accéder aux ressources financières afin de saisir les possibilités dans le secteur agricole en raison de plusieurs facteurs, notamment les obstacles juridiques découlant de la Loi sur les Indiens. AAC continuera de collaborer avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis afin d’améliorer l’accès aux capitaux, en plus de surveiller et d’évaluer les répercussions lors de l’octroi des fonds.

Choix de l’instrument

En vertu de la Loi sur les programmes de commercialisation agricole, une augmentation des limites du PPA doit être réalisée en obtenant l’approbation du gouverneur en conseil pour modifier le Règlement sur les programmes de commercialisation agricole. Le ministre des Finances doit également approuver la modification du programme.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les producteurs seront avantagĂ©s par l’augmentation des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts sur les avances de plus de 100 000 $, jusqu’à concurrence de 250 000 $. Il est anticipĂ© que cette modification au programme permettra Ă  environ 11 950 participants de rĂ©aliser des Ă©conomies d’intĂ©rĂŞts totalisant 58,7 millions de dollars pour l’annĂ©e de programme 2024, avec des Ă©conomies supplĂ©mentaires moyennes de 4 916 $ par producteur en fonction de la valeur de leur avance de 2024. Ces estimations sont basĂ©es sur les avances moyennes de plus de 100 000 $ enregistrĂ©es en 2022 et 2023, sur l’absence d’augmentation supplĂ©mentaire du taux prĂ©fĂ©rentiel actuel de 7,20 %, et sur le taux d’intĂ©rĂŞt moyen facturĂ© par les agents d’exĂ©cution du PPA dans l’ensemble du programme.

Le coĂ»t total estimĂ© pour le gouvernement du changement de programme comprend le coĂ»t de la prise en charge des paiements d’intĂ©rĂŞts supplĂ©mentaires pour 2024, ainsi que le coĂ»t liĂ© aux avances en souffrance payĂ©es par le gouvernement dans le cadre de la garantie. Il est prĂ©vu ce que cette modification entraĂ®ne des coĂ»ts supplĂ©mentaires de 63,7 millions de dollars pour le gouvernement, dont des frais d’intĂ©rĂŞt de 56 millions de dollars rĂ©partis entre les exercices 2024-2025 et 2025-2026, le montant restant Ă©tant pour les coĂ»ts par dĂ©fauts (dĂ©duction faite des montants recouvrĂ©s). Ces estimations sont basĂ©es sur des avances moyennes de plus de 100 000 $ enregistrĂ©es en 2022 et 2023, une lĂ©gère diminution des avances en dĂ©faut (moins de 1 %), et aucune autre augmentation du taux prĂ©fĂ©rentiel actuel de 7,20 %.

Afin de couvrir les coûts d’exécution du programme, les agents d’exécution du PPA (organismes sans but lucratif) facturent aux producteurs des taux d’intérêt légèrement supérieurs à ce qu’ils paient à leurs prêteurs sur la partie des avances portant intérêt (c’est-à-dire une marge d’intérêt). Par conséquent, les économies d’intérêts pour les producteurs seront légèrement supérieures aux coûts d’intérêts pour le gouvernement.

Ils facturent Ă©galement certains frais, tels que des frais administratifs et des frais de gestion des dossiers en dĂ©faut. Les frais varient considĂ©rablement au sein du programme, car ils dĂ©pendent du modèle opĂ©rationnel de l’agent d’exĂ©cution et de la taille de sa clientèle du PPA. Afin de compenser la baisse des revenus tirĂ©s de la marge d’intĂ©rĂŞt Ă  la suite de l’augmentation de la limite sans intĂ©rĂŞt en 2022 et en 2023, cinq agents d’exĂ©cution du PPA ont augmentĂ© leurs frais. Il est prĂ©vu que les augmentations de frais se poursuivront en raison de l’augmentation de la limite sans intĂ©rĂŞt Ă  250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2024.

Grâce à cette modification, le gouvernement fournirait un paiement de transfert aux producteurs. Toutefois, ce faisant, il générerait des avantages sous forme d’augmentation de la partie sans intérêt du PPA pour fournir aux agriculteurs participants un accès à un financement abordable à un moment où ils subissent d’importantes pressions de liquidités résultant de la hausse des taux d’intérêt et des coûts des intrants agricoles.

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuĂ©e sous la lentille des petites entreprises a conclu que la modification rĂ©glementaire aura une incidence sur les petites entreprises, telles qu’elles sont dĂ©finies dans la Politique du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor (SCT) sur la limitation du fardeau rĂ©glementaire sur les entreprises (moins de 100 employĂ©s ou moins de 5 millions de dollars de recettes brutes annuelles). La majoritĂ© des fermes canadiennes entrent dans cette dĂ©finition. La modification ne devrait pas entraĂ®ner de coĂ»ts directs supplĂ©mentaires pour les petites entreprises agricoles. Elle augmenterait l’abordabilitĂ© du PPA, et donc l’accès des entreprises agricoles au crĂ©dit pour couvrir leurs coĂ»ts d’exploitation pendant la saison de croissance.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas. La modification n’entraĂ®nera pas d’augmentation ou de diminution du fardeau administratif des entreprises agricoles.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

La modification ne devrait pas entraîner de problèmes de coopération réglementaire ou d’alignement et n’est pas liée à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum formel de coopération réglementaire.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, la modification a fait l’objet d’un examen initial. L’examen a révélé que la prolongation de l’augmentation temporaire de la limite sans intérêt ne nécessite pas d’analyse environnementale supplémentaire parce qu’elle vise à renouveler ou à prolonger un programme existant et présente un faible risque pour l’environnement.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une évaluation de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été menée concernant cette modification. Les conclusions sont décrites ci-dessous.

La majoritĂ© des avances du PPA visent les cĂ©rĂ©ales, les olĂ©agineux et les lĂ©gumineuses, dont la production est principalement assurĂ©e par des hommes. En 2021, les femmes reprĂ©sentaient 26 % des exploitants agricoles dans ces secteurs. En 2021, 60,5 % des exploitants agricoles Ă©taient âgĂ©s de 55 ans et plus, alors que 8,6 % Ă©taient âgĂ©s de 35 ans et moins. Compte tenu des donnĂ©es dĂ©mographiques du secteur, la modification soutiendra principalement des fermes dont l’exploitation est gĂ©rĂ©e par des hommes de race blanche âgĂ©s de plus de 55 ans. Cependant, au cours des dernières annĂ©es, une augmentation des fermes exploitĂ©es par des groupes sous-reprĂ©sentĂ©s, tels que les femmes et les Autochtones, a Ă©tĂ© observĂ©e. Il est probable que les groupes sous-reprĂ©sentĂ©s ou marginalisĂ©s bĂ©nĂ©ficieraient de cette modification, proportionnellement Ă  leur participation actuelle dans le secteur.

Comme cette modification ciblerait les producteurs agroalimentaires primaires, elle permettrait au gouvernement de favoriser un approvisionnement alimentaire stable et constant, d’aider les producteurs à mieux gérer leurs finances et à résister à la volatilité économique et de contribuer à la réduction de la pression relative à l’inflation alimentaire, ce qui profitera à l’ensemble de la population. Il est également prévu que les employés des exploitations agricoles qui ont recours au PPA profitent de l’aide accrue fournie à leur employeur.

Cette modification devrait générer des impacts économiques positifs dans les régions où l’agriculture est un moteur économique important. De plus, elle soutient les emplois et la compétitivité dans le secteur agricole et agroalimentaire, ce qui aura une incidence positive sur tous les groupes démographiques.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Pour la majoritĂ© des producteurs, l’annĂ©e de programme 2024 du PPA commencera le 1er avril 2024. Si la modification est approuvĂ©e, une fois qu’elle est en vigueur, le gouvernement annoncera qu’il a temporairement mis en place une limite sans intĂ©rĂŞt de 250 000 $ pour l’annĂ©e de programme 2024.

AAC communiquera avec les agents d’exécution du PPA pour discuter de ce changement au programme et des mesures qu’il faudra prendre pour le mettre en œuvre auprès des producteurs à temps pour le début de l’année de programme 2024. Comme dans les années précédentes, les fonctionnaires fédéraux collaboreront avec les agents d’exécution pour mettre en œuvre le changement au programme, notamment en rédigeant ou en modifiant les accords de garantie d’avance pour 2024, en mettant à jour les documents relatifs au programme, en faisant la promotion de la prolongation de l’augmentation de la limite sans intérêt et en prenant toutes autres mesures nécessaires.

Personne-ressource

Justin Sugawara
Directeur
Division des programmes de garanties financières
Direction générale des programmes
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Courriel : justin.sugawara@AGR.GC.CA