ArrĂŞtĂ© modifiant l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation) : DORS/2024-3

La Gazette du Canada, Partie II, volume 158, numéro 3

Enregistrement
DORS/2024-3 Le 16 janvier 2024

LOI SUR LES INDIENS

Attendu que, dans le dĂ©cret C.P. 1701 du 25 mars 1952, il a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© que le conseil de la bande Brokenhead, en Manitoba, serait constituĂ© au moyen d’élections tenues conformĂ©ment Ă  la Loi sur les Indiens;rĂ©fĂ©rence a

Attendu que le conseil de la première nation a fourni Ă  la ministre des Services aux Autochtones une rĂ©solution, adoptĂ©e le 27 octobre 2023, dans laquelle il demande Ă  ĂŞtre soustrait Ă  l’application de l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indienne rĂ©fĂ©rence b;

Attendu que le conseil de la première nation a fourni à la ministre un projet de code électoral communautaire prévoyant des règles sur l’élection du chef et des conseillers de la première nation;

Attendu que la ministre ne juge plus utile à la bonne administration de la première nation que le conseil de celle-ci soit constitué au moyen d’élections tenues conformément à la Loi sur les Indiens référence a,

Ă€ ces causes, en vertu du paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens rĂ©fĂ©rence a, la ministre des Services aux Autochtones prend l’ArrĂŞtĂ© modifiant l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation), ci-après.

Gatineau, le 15 janvier 2024

La ministre des Services aux Autochtones
Patricia Hajdu

Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation)

Modification

1 L’article 4 de la partie IV de l’annexe I de l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes rĂ©fĂ©rence b est abrogĂ©.

Entrée en vigueur

2 Le présent arrêté entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie de l’Arrêté.)

Enjeux

Brokenhead Ojibway Nation, au Manitoba, désire élire son chef et son conseil au moyen de son propre processus de sélection communautaire qui a été développé et ratifié par la collectivité.

Le 27 octobre 2023, Brokenhead Ojibway Nation a demandĂ©, par le biais d’une rĂ©solution de son conseil, de ne plus ĂŞtre assujetti aux dispositions Ă©lectorales de la Loi sur les Indiens.

Contexte

Une Première Nation tenant ses Ă©lections en vertu de la Loi sur les Indiens peut demander, auprès de la ministre des Services aux Autochtones, une modification Ă  l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes, pris conformĂ©ment au paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens, afin de retirer l’application de l’article 74 pour la Première Nation.

Le retrait d’une Première Nation de l’application des modalités électorales de la Loi sur les Indiens se fait par arrêté pris par la ministre des Services aux Autochtones lorsque le ministère des Services aux Autochtones Canada a la certitude que la Première Nation a développé des règles électorales appropriées qui permettent le vote secret ainsi qu’un processus d’appel indépendant, et qui respectent la Charte canadienne des droits et libertés. De plus, les règles communautaires, tout comme la volonté de convertir à l’utilisation de ces règles, doivent avoir reçu l’appui des membres de la communauté. La Politique ministérielle sur la conversion à un système électoral communautaireréférence 1 établit les étapes et les conditions par lesquelles une Première Nation tenant ses élections selon les dispositions de la Loi sur les Indiens puisse adopter un système électoral communautaire.

Objectif

L’objectif de cette initiative est de :

Cette initiative est prise dans l’intérêt de Brokenhead Ojibway Nation et se limite à cet intérêt. La conversion vers un système électoral communautaire permettra de développer et de renforcer l’autonomie de gouvernance de la Première Nation et répondra plus adéquatement aux besoins de la communauté.

Description

L’ArrĂŞtĂ© modifiant l’ArrĂŞtĂ© sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation), pris en vertu du paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens, retire l’application des dispositions de la Loi sur les Indiens relatives aux Ă©lections pour Brokenhead Ojibway Nation, prĂ©voit que la Première Nation tiendra ses Ă©lections selon son propre code Ă©lectoral coutumier et Ă©tablit la date de la première Ă©lection du conseil au 18 avril 2024.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Brokenhead Ojibway Nation a tenu un vote de ratification sur une pĂ©riode de 40 jours et qui s’est terminĂ©e le 17 octobre 2023 afin de dĂ©terminer si ses membres appuyaient son retrait de l’application des modalitĂ©s Ă©lectorales de la Loi sur les Indiens et l’adoption du code Ă©lectoral de Brokenhead Ojibway Nation. Un total de 250 Ă©lecteurs ont votĂ©, et le nombre de votes en faveur (201) a surpassĂ© le nombre de votes en dĂ©faveur (46). Trois votes ont Ă©tĂ© rejetĂ©s.

Compte tenu du fait que l’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation) est pris à la demande de Brokenhead Ojibway Nation, il n’est pas jugé nécessaire de tenir des consultations en plus de celles qui ont été menées par la Première Nation auprès de ses membres.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Cette initiative n’implique aucune obligation potentielle relative aux traités modernes puisqu’elle répond aux besoins et aux intérêts de Brokenhead Ojibway Nation. Aucune exigence de consultation ou de mobilisation prescrite dans un traité moderne n’est imposée au gouvernement du Canada dans le cadre de cette initiative.

Choix de l’instrument

Des options non rĂ©glementaires n’ont pas Ă©tĂ© envisagĂ©es puisque le paragraphe 74(1) de la Loi sur les Indiens confère le pouvoir nĂ©cessaire Ă  la ministre des Services aux Autochtones de retirer l’application de l’article 74 pour Brokenhead Ojibway Nation.

Analyse de la réglementation

L’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation) est pris à la demande de Brokenhead Ojibway Nation qui désire tenir les élections de son conseil de bande selon son système électoral communautaire.

Avantages et coûts

Il n’y a aucun coût associé au retrait de Premières Nations des modalités électorales de la Loi sur les Indiens. Dorénavant, Brokenhead Ojibway Nation assumera la pleine responsabilité de la conduite de l’ensemble de son processus électoral. Le gouvernement du Canada n’intervient pas dans les élections tenues selon un processus communautaire, pas plus qu’il n’interprète le processus et n’en détermine la validité ni ne règle les appels de résultats électoraux. Les différends concernant un processus électoral communautaire doivent être résolus selon les dispositions prévues dans le code électoral communautaire ou devant les tribunaux.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas à cette initiative, car elle n’entraîne aucun coût pour les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas Ă  cette initiative, car elle n’implique aucune augmentation ou rĂ©duction des coĂ»ts administratifs envers les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Cette initiative ne fait pas partie d’un plan de travail officiel de coopération en matière de réglementation.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, l’analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’était pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Les processus communautaires ou coutumiers de sélection de dirigeants sont souvent contenus dans un code communautaire électoral qui détaille les règles encadrant la sélection du chef et des conseillers dans les Premières Nations qui ne tiennent pas leurs élections selon le régime prévu par la Loi sur les Indiens. Ces codes diffèrent d’une Première Nation à l’autre et sont propres à une communauté. Le Ministère n’intervient jamais dans les élections tenues selon un processus coutumier ou communautaire, pas plus qu’il n’interprète le processus et n’en détermine la validité ni ne règle les appels de résultats électoraux. Le rôle du Ministère se limite à consigner le résultat de l’élection que lui fournit la Première Nation lorsqu’un code coutumier est mis en œuvre. Cependant, le processus de conversion des codes coutumiers nécessite un examen ministériel pour s’assurer que les codes proposés respectent et se conforment à la Charte des droits et libertés et à la jurisprudence relative aux élections des Premières Nations. Une fois qu’un code coutumier est mis en œuvre, le rôle du Ministère se limite à consigner les résultats des élections fournis par la Première Nation. Ainsi, le retrait de la Loi sur les Indiens et vers cette loi confère aux collectivités un plus grand contrôle sur leurs systèmes de gouvernance. Cela s’aligne sur une plus grande autodétermination et soutient la restauration des formes traditionnelles de gouvernance qui respectent et promeuvent les voix des femmes, des jeunes, des aînés et d’autres sous-groupes communautaires.

Le gouvernement du Canada reconnaît que toutes les relations avec les peuples autochtones doivent être fondées sur la reconnaissance et la mise en œuvre de leur droit à l’autodétermination, y compris le droit inhérent à l’autonomie gouvernementale. À ce titre, nous travaillons avec les Premières Nations pour faciliter la transition de la Loi sur les Indiens, un système de gouvernance imposé par le gouvernement fédéral qui ne tient pas compte des circonstances particulières et des questions intégrales entourant la culture et les traditions des communautés individuelles.

Les structures de gouvernance traditionnelles de nombreuses nations incluaient les femmes, les aînés et les jeunes dans les processus de prise de décision. Pour de nombreuses communautés, le leadership traditionnel suivait même une ligne matriarcale. Avec l’imposition de la Loi sur les Indiens, les rôles de leadership des femmes, des aînés et des jeunes ont pu être minés. Depuis les modifications à la Loi sur les Indiens de 1951 permettant aux femmes de participer à la structure de gouvernance, de nombreuses initiatives législatives et réglementaires ont soutenu le rétablissement des rôles des femmes dans la prise de décision et une plus grande diversité de voix dans la gouvernance autochtone.

Par exemple, les femmes reprĂ©sentent maintenant plus du quart des conseillers des Premières Nations. Le pourcentage de femmes Ă©lues conseillères a augmentĂ© depuis l’établissement de rapports en 1992, passant de 21 % Ă  27 % en 2019, avec un pic de 31 % en 2008-2009. De plus, près d’un chef sur cinq dans les collectivitĂ©s des Premières Nations est une femme. En 1992, 12 % des chefs des collectivitĂ©s des Premières Nations Ă©taient des femmes. Bien que la proportion ait augmentĂ© Ă  20 % en 2008, elle a lĂ©gèrement diminuĂ© au cours des annĂ©es suivantes et est restĂ©e relativement stable pendant plus d’une dĂ©cennie. Bien qu’il reste du travail pour atteindre la paritĂ© entre les sexes dans les rĂ´les de leadership au sein des communautĂ©s des Premières Nations, les Ă©lections tenues en vertu des codes coutumiers n’empĂŞchent pas la participation de toute personne pendant le processus Ă©lectoral. Ce système Ă©lectoral permet une grande accessibilitĂ© pour les Ă©lecteurs qui peuvent ĂŞtre touchĂ©s par des obstacles tels que la distance gĂ©ographique et un handicap physique et offre des dĂ©lais flexibles pendant lesquels le vote est rendu possible.

Comme le Ministère ne dispose actuellement d’aucun processus pour suivre l’identité de genre ou l’orientation sexuelle des candidats, il n’existe aucune donnée pour refléter le nombre de candidats 2ELGBTQQIA+. Le Système d’information sur l’administration des bandes (SIAB) a été mis à jour pour inclure les bispirituels parmi les options de genres pour les élus qui choisissent de s’identifier comme tels. Cela permettra une nouvelle désagrégation des données au fil du temps.

Justification

L’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation) est pris à la demande du conseil de Brokenhead Ojibway Nation. Le code électoral de Brokenhead Ojibway Nation a subi un processus de ratification communautaire au cours duquel une majorité des voix déposées par les électeurs de la Première Nation s’est avérée en faveur de la modification à l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes et de la tenue des élections futures en vertu de cette loi.

Compte tenu de la demande spécifique du conseil de la Première Nation par voie d’une résolution, la ministre des Services aux Autochtones ne juge maintenant plus utile à la bonne administration de Brokenhead Ojibway Nation que l’élection du chef et du conseil se fasse selon les modalités de la Loi sur les Indiens. Par conséquent, l’Arrêté modifiant l’Arrêté sur l’élection du conseil de bandes indiennes (Brokenhead Ojibway Nation) assure que les élections du chef et du conseil pourront se tenir en vertu du code électoral de Brokenhead Ojibway Nation.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

En conformité avec le code électoral de Brokenhead Ojibway Nation, la tenue d’élections de même que les conflits en découlant relèvent dorénavant de la responsabilité de Brokenhead Ojibway Nation.

Personne-ressource

Jessica Wong
Directrice
Direction de la mise en œuvre des politiques et Initiatives législatives
Terres et développement économique
Services aux Autochtones Canada
Courriel : jessica.wong2@sac-isc.gc.ca