DĂ©cret de remise (intĂ©rĂŞts sur les dettes pour services rendus par la Gendarmerie royale du Canada) : TR/2023-7

La Gazette du Canada, Partie II, volume 157, numéro 8

Enregistrement
TR/2023-7 Le 12 avril 2023

LOI SUR LA GESTION DES FINANCES PUBLIQUES

Décret de remise (intérêts sur les dettes pour services rendus par la Gendarmerie royale du Canada)

C.P. 2023-289 Le 27 mars 2023

Sur recommandation du ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile et du Conseil du TrĂ©sor et en vertu du paragraphe 23(2.1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur la gestion des finances publiquesrĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil, estimant que l’intĂ©rĂŞt public le justifie, fait remise des intĂ©rĂŞts affĂ©rents aux dettes payĂ©es ou Ă  payer par une municipalitĂ© — rĂ©sultant des augmentations de la rĂ©munĂ©ration rĂ©troactives — pour la pĂ©riode commençant le 1er avril 2017 et se terminant le 31 mars 2021, aux termes de son entente respective sur les services de police municipaux.

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie du Décret.)

Proposition

Sur recommandation du Conseil du TrĂ©sor et du ministre de la SĂ©curitĂ© publique et en vertu du paragraphe 23(2.1) de la Loi sur la gestion des finances publiques (LGFP), la gouverneure en conseil prend le DĂ©cret de remise (intĂ©rĂŞts sur les dettes pour services rendus par la Gendarmerie royale du Canada) [le DĂ©cret de remise].

Objectif

Le Décret de remise vise à verser tous les intérêts pertinents payables par les municipalités qui ont recours à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour obtenir des services de police contractuels dans le contexte de l’augmentation rétroactive des coûts de quatre années (paiements rétroactifs) découlant de l’entérinement de la toute première convention collective de la Fédération de la police nationale (FPN) visant les membres réguliers (MR) et les réservistes. Il est dans l’intérêt public de verser les intérêts sur la dette des services de police de la GRC afin d’assurer un traitement juste et équitable de toutes les administrations contractantes.

Contexte

La GRC fournit des services de police de première ligne à toutes les provinces et à tous les territoires, à l’exception de l’Ontario et du Québec, ainsi qu’à plus de 150 municipalités et à plus de 600 collectivités autochtones. Elle offre également des services d’agents de la paix dans trois aéroports internationaux (Vancouver, Edmonton et Winnipeg). Les provinces et les territoires ont autorité sur l’administration de la justice, y compris les services de police, et déterminent leur niveau de services de police requis, le budget et les priorités en matière de services de police. Les services de police offerts par la GRC dans les secteurs de compétence visés par un contrat sont gérés au moyen d’ententes de services de police, qui sont des contrats de coûts partagés entre les administrations et le gouvernement fédéral.

Sécurité publique Canada (SPC) est responsable de l’administration des contrats. La GRC est responsable de la prestation de services et de l’administration financière des contrats. Les ententes de services de police définissent les fonctions et les responsabilités de la GRC relatives aux domaines financier, opérationnel et administratif, et l’obligation pour les administrations de payer les coûts de fonctionnement et d’entretien des services de police, ainsi que les coûts liés à la rémunération et aux avantages sociaux, y compris les augmentations rétroactives.

Le 6 aoĂ»t 2021, le gouvernement du Canada a signĂ© la première convention collective avec le FNP, l’agent nĂ©gociateur des membres de la GRC, visant les membres rĂ©guliers et les rĂ©servistes pour la pĂ©riode du 1er avril 2017 au 31 mars 2023. La convention ne concerne pas les officiers brevetĂ©s de grades supĂ©rieurs de la GRC (c’est-Ă -dire le grade d’inspecteur ou plus Ă©levĂ©). L’entente a Ă©tĂ© conclue Ă  la suite d’une loi adoptĂ©e en 2017 qui permettant aux membres rĂ©guliers et aux rĂ©servistes de la GRC de se syndiquer pour la première fois. Cette entente comprenait des augmentations salariales rĂ©troactives de près de 15,2 % sur quatre ans (de 2017-2018 Ă  2020-2021), qui reprĂ©sentent un montant total de 448,1 millions de dollars en coĂ»ts rĂ©troactifs dus par toutes les administrations.

Depuis la conclusion du processus de nĂ©gociation collective, les administrations contractantes ont demandĂ© au gouvernement fĂ©dĂ©ral d’envisager des options de paiement souples liĂ©es aux paiements rĂ©troactifs des augmentations salariales de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral a rĂ©agi en mettant un Ă©chĂ©ancier de remboursement souple allant jusqu’à deux ans pour chaque administration contractante au-delĂ  des dĂ©lais prĂ©vus dans les ententes sur les services de police (c’est-Ă -dire au-delĂ  des 45 jours prĂ©vus dans les ententes sur les services de police et les 60 jours prescrits dans les accords au titre de Programme des services de police des Premières Nations et des Inuits [PPIPN]). Cette mesure tient en compte le fait que certaines administrations pourraient avoir besoin de plus de temps pour rembourser le montant total dĂ» en raison de difficultĂ©s financières, comme les coĂ»ts engagĂ©s en raison de la pandĂ©mie de COVID-19.

Tout calendrier de remboursement prolongé fera appel aux intérêts courus sur la dette en vertu de la LGFP, ce qui aggravera la dette due par les administrations contractantes. En vertu de la LGFP, les provinces et les territoires ne sont pas assujettis au paiement d’intérêts sur les dettes envers la Couronne. Lorsque des ententes sur les services de police sont conclues avec des gouvernements provinciaux et territoriaux pour la prestation de services de police, ces entités sont exemptées de payer des intérêts sur toute dette envers la Couronne. Cela inclut les aéroports, les collectivités autochtones et les municipalités de la Colombie-Britannique, où le gouvernement fédéral a des contrats accordés directement avec la province, qui à son tour a des contrats directement avec les municipalités.

Bien que les ententes sur les services de police ne mentionnent pas les intĂ©rĂŞts, le gouvernement fĂ©dĂ©ral traitera toutes les administrations de façon juste et Ă©quitable en ce qui concerne cette situation sans prĂ©cĂ©dent. La remise des intĂ©rĂŞts est dans l’intĂ©rĂŞt public, car elle garantit que toutes les municipalitĂ©s sont traitĂ©es de la mĂŞme façon que les provinces et les territoires. Par consĂ©quent, conformĂ©ment au paragraphe 23(2.1) de la LGFP, un dĂ©cret est tenu de verser tous les intĂ©rĂŞts pertinents payables relativement Ă  la dette due en vertu des ententes de services de police municipaux.

Répercussions

Le DĂ©cret de remise versera tous les intĂ©rĂŞts Ă  payer sur la dette des municipalitĂ©s pour l’augmentation rĂ©troactive de la rĂ©munĂ©ration pour la pĂ©riode commençant le 1er avril 2017 et se terminant le 31 mars 2021, en vertu de leur entente de services de police municipaux. Compte tenu de la structure unique de l’entente de services de police avec la Colombie-Britannique, toutes les municipalitĂ©s signataires de cette entente sont exemptĂ©es d’intĂ©rĂŞts sur leur dette. Le versement d’intĂ©rĂŞts pour toutes les municipalitĂ©s accroĂ®t l’équitĂ© entre toutes les administrations de services de police contractuels de la GRC puisque les provinces et les territoires n’ont pas Ă  payer d’intĂ©rĂŞts en vertu de la LGFP.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

SPC et la GRC ont organisĂ© des sĂ©ances de mobilisation avec les provinces, les territoires et les municipalitĂ©s, entre mars et juin 2022, au cours desquelles de nombreuses municipalitĂ©s canadiennes ont exprimĂ© qu’elles avaient de la difficultĂ© Ă  obtenir la capacitĂ© financière requise pour s’acquitter des coĂ»ts croissants des services de police locaux dans un contexte d’enjeux multiples tels que la hausse de l’inflation et des prix de l’essence, les crises de santĂ© mentale et des opioĂŻdes et la reprise après la pandĂ©mie de COVID-19. La remise des intĂ©rĂŞts payables, le cas Ă©chĂ©ant, aux municipalitĂ©s aura indirectement un impact positif sur les individus dans ces administrations, notamment les femmes, les hommes et les personnes de diverses identitĂ©s de genre, qui bĂ©nĂ©ficieront d’une protection contre les fonds dĂ©tournĂ©s d’autres pressions financières locales pour payer des intĂ©rĂŞts sur les coĂ»ts rĂ©troactifs.

Consultation

Avant et pendant les premières nĂ©gociations collectives, dirigĂ©es par le FNP et le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor (SCT), SPC a appuyĂ© la communication et la mobilisation avec les administrations contractantes Ă  l’aide du ComitĂ© de gestion des contrats (CGC) au niveau des sous-ministres adjoints, qui communique rĂ©gulièrement avec les administrations contractantes afin de veiller Ă  ce que les services de police demeurent au fait des nouvelles exigences et des approches novatrices, conformĂ©ment aux modalitĂ©s du contrat. Dans la mesure du possible, compte tenu de la confidentialitĂ© du processus de nĂ©gociation, le CGC a servi Ă  transmettre de l’information avec tous les membres et Ă  rĂ©pondre aux questions liĂ©es au processus. Le SCT communiquait Ă©galement directement avec les membres et les tenait au courant au moyen de rĂ©unions rĂ©gulières du CGC et d’un groupe spĂ©cial de reprĂ©sentants du CGC qui rencontrait le gouvernement fĂ©dĂ©ral pour recevoir des mises Ă  jour sur les nĂ©gociations et dans le but de diffuser l’information aux autres administrations contractantes, y compris les municipalitĂ©s.

En janvier 2022, des reprĂ©sentants du gouvernement de SPC et de la GRC ont tenu une rĂ©union spontanĂ©e du CGC avec les membres associĂ©s des provinces, des territoires et des municipalitĂ©s afin de prĂ©senter une mise Ă  jour et de discuter des travaux visant Ă  examiner la demande de flexibilitĂ© des paiements des administrations contractantes. En fĂ©vrier et en mars 2022, SPC a Ă©crit Ă  chacune des administrations contractantes pour leur fournir une estimation personnalisĂ©e des coĂ»ts associĂ©s aux montants rĂ©troactifs dus, ainsi que des renseignements sur la mĂ©thodologie de la GRC pour calculer les coĂ»ts estimatifs. Les lettres invitaient Ă©galement les administrations contractantes intĂ©ressĂ©es Ă  rencontrer les fonctionnaires de SPC et de la GRC en vue de discuter de leurs situations, de leurs besoins et de leurs besoins uniques. Entre mars et juin 2022, 15 rencontres ont Ă©tĂ© tenues avec plus d’une centaine d’administrations contractantes, y compris des reprĂ©sentants de l’association des municipalitĂ©s du CGC. Au total, plus de 180 reprĂ©sentants des gouvernements provinciaux, territoriaux, municipaux et des associations municipales ont participĂ© Ă  ces rencontres. De plus, SPC a communiquĂ© avec la FĂ©dĂ©ration canadienne des municipalitĂ©s pour la tenir au courant de l’analyse du gouvernement afin d’éclairer la prise de dĂ©cisions sur cette question.

SPC continuera de mobiliser les administrations contractantes par l’entremise du CGC et en envoyant des lettres les informant de la décision. La GRC enverra ensuite les factures aux partenaires contractuels. SPC communiquera avec chacune des administrations contractantes pour discuter de leurs besoins en matières la souplesse de remboursement, au besoin, jusqu’à un maximum de deux ans.

Le Bureau du Conseil privé, le Secrétariat du Conseil du Trésor, le ministère des Finances, le ministère de la Justice et la Gendarmerie royale du Canada ont été consultés au sujet du Décret de remise.

Personne-ressource

Julie Thompson
Directrice générale
Direction générale des politiques en matière de police
Secteur de la prévention du crime
Sécurité publique Canada
296, avenue Laurier Ouest
Ottawa (Ontario)
K1A 0P8
TĂ©lĂ©phone : 613‑297‑3719
Courriel : Julie.Thompson@ps-sp.gc.ca