Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie : DORS/2022-263

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 26

Enregistrement
DORS/2022-263 Le 7 dĂ©cembre 2022

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2022-1303 Le 7 dĂ©cembre 2022

Attendu que la gouverneure en conseil juge que la situation en Birmanie constitue une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui entraîne ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu des paragraphes 4(1)rĂ©fĂ©rence a, (1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant la Birmanie

Modifications

1 La partie 1 de l’annexe du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

2 La partie 2 de l’annexe du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Le 1er fĂ©vrier 2021, sous la direction du gĂ©nĂ©ral principal Min Aung Hlaing, commandant en chef des Forces armĂ©es du Myanmar (Tatmadaw), l’armĂ©e du Myanmar a dĂ©clenchĂ© un coup d’État militaire contre le gouvernement dĂ©mocratiquement Ă©lu de la Ligue nationale pour la dĂ©mocratie (LND).

Malgré la condamnation de la communauté internationale, les appels répétés à mettre fin à la violence et les efforts de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) pour inciter le régime à participer aux dialogues inclusifs en faveur de la paix, le régime n’a pas changé de cap. En fait, la violence s’intensifie, alors que les violations flagrantes des droits de la personne et du droit humanitaire se multiplient et s’aggravent.

Des membres haut placés du régime contribuent aux efforts de la junte pour consolider par la violence sa mainmise sur le Myanmar, tandis que d’autres particuliers et entités agissant pour le compte du régime continuent d’acheter des armes et des ressources pour les fournir à l’armée du Myanmar, contribuant ainsi à perpétuer le conflit armé et l’usage disproportionné de la force contre les civils et à entretenir la violence continue et l’actuelle rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales.

Face à la violence, aux graves violations des droits de la personne, aux conséquences humanitaires pour les plus vulnérables, aux répercussions sur les pays voisins qui accueillent les personnes fuyant la violence et à l’absence de progrès tangibles vers la paix, il convient d’imposer de nouvelles mesures coercitives.

Contexte

Depuis le coup d’État militaire de fĂ©vrier 2021, le rĂ©gime n’a pas rĂ©ussi Ă  consolider pleinement son pouvoir et la rĂ©sistance violente dans tout le pays s’est intensifiĂ©e, poussant le Myanmar près du statut d’État en dĂ©route et de l’effondrement Ă©conomique, renversant les acquis dĂ©mocratiques et Ă©conomiques antĂ©rieurs. L’accĂ©lĂ©ration des conflits armĂ©s rĂ©duit les probabilitĂ©s d’un Ă©ventuel retour volontaire, en sĂ©curitĂ© et dans la dignitĂ©, des Rohingyas dĂ©placĂ©s. Des Forces de dĂ©fense du peuple (FDP) ont Ă©tĂ© formĂ©es localement dans tout le pays et se livrent Ă  des combats de guĂ©rilla contre le rĂ©gime, tandis que les organisations ethniques armĂ©es (OEA) poursuivent des conflits qui durent depuis des dĂ©cennies avec la Tatmadaw. L’opposition politique s’est cristallisĂ©e autour d’un gouvernement d’unitĂ© nationale, qui a formĂ© un gouvernement fantĂ´me et cherche Ă  obtenir la reconnaissance internationale, passant rĂ©cemment de la rĂ©sistance politique Ă  la rĂ©sistance armĂ©e.

Les violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne se poursuivent en toute impunitĂ©, tandis que la Tatmadaw fait de plus en plus usage de violence contre la population du pays pour exterminer toute rĂ©sistance et affirmer son autoritĂ©. Le rapport du rapporteur spĂ©cial des Nations Unies sur les violences commises depuis le coup d’État, publiĂ© en fĂ©vrier 2022, souligne les violations flagrantes des droits de la personne commises par le rĂ©gime militaire contre la population du Myanmar. L’armĂ©e a lancĂ© des opĂ©rations de grande envergure dans plusieurs rĂ©gions du Myanmar, dans le but d’anĂ©antir les Forces de dĂ©fense du peuple locales et le soutien des civils dont elles bĂ©nĂ©ficient. Dans un contexte d’inaction internationale et de dĂ©sintĂ©rĂŞt mondial, l’armĂ©e a perpĂ©trĂ© des attaques aĂ©riennes et terrestres contre des civils et des infrastructures civiles, provoquant des dĂ©placements massifs et une crise humanitaire de plus en plus grave. Un grand nombre des opĂ©rations continues visant la population civile constituent des atteintes au droit international humanitaire et au droit pĂ©nal international.

L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) a menĂ© des efforts de paix avec le soutien international, notamment du Canada, Ă  la suite du consensus en cinq points de l’ANASE, qui a Ă©tabli une feuille de route pour la paix au Myanmar. Depuis sa mise en place en avril 2021, le rĂ©gime a constamment bloquĂ© toute mise en Ĺ“uvre tangible du Consensus en cinq points, et a effectivement bloquĂ© le travail de l’envoyĂ© spĂ©cial de l’ANASE nommĂ© dans le cadre du Consensus, notamment en empĂŞchant les rencontres avec les membres importants de l’opposition.

Au 24 novembre 2022, outre la crise humanitaire qui s’aggrave quotidiennement, le bilan des violences provoquĂ©es par le coup d’État Ă©tait le suivantrĂ©fĂ©rence 2

Tableau 1 : Bilan des violences associées au coup d’État du 1er février 2021, mis à jour le 24 novembre
Violence associée au coup d’État Nombre de personnes touchées
Civils tuĂ©s par le rĂ©gime 2 533
Civils dĂ©tenus arbitrairement 16 426
Civils dĂ©tenus arbitrairement Ă  l’heure actuelle 12 986
Militaires tuĂ©s 19 840
Militaires blessĂ©s 5 042
Nombre de personnes dĂ©placĂ©es depuis le coup d’État 1 000 000
Nombre de rĂ©fugiĂ©s dans les pays voisins 70 000

La situation, notamment l’escalade du conflit armé et les graves violations des droits de la personne, représente une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales et une grave crise internationale qui prend de l’ampleur. Elle s’étend aux pays voisins, où se réfugient les personnes qui fuient la violence. L’absence de progrès tangibles vers la paix rend nécessaire que le Canada prenne d’autres mesures coercitives. Par conséquent, les modifications proposées incluent l’ajout de particuliers et d’entités qui remplissent des fonctions clés pour le compte du régime militaire, qui dirigent les efforts de désinformation et la militarisation du système judiciaire, et qui facilitent les flux d’armes vers le régime.

Campagne de désinformation et exécutions

Les responsables de l’équipe du renseignement du Conseil d’administration de l’État, dirigĂ© par les militaires, sont chargĂ©s de formuler des messages uniformes diffusĂ©s Ă  l’échelle nationale et internationale en vue de rallier des appuis en faveur du rĂ©gime (par exemple en dĂ©signant publiquement les partisans de la dĂ©mocratie et de l’opposition comme des « terroristes Â»). Ils organisent des confĂ©rences de presse et des sĂ©ances d’information au cours desquelles les discours du rĂ©gime sont mis de l’avant, et publient des articles sympathiques Ă  celui-ci dans le journal de la junte, le Global New Light of Myanmar, afin de promouvoir ces discours auprès du public. Les responsables de l’équipe du renseignement sont gĂ©nĂ©ralement chargĂ©s de diffuser des informations erronĂ©es et de la dĂ©sinformation concernant les agissements du rĂ©gime et le conflit national, tout en diabolisant l’opposition prodĂ©mocratie. Ces campagnes servent Ă  justifier les atrocitĂ©s et les violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne commises par le rĂ©gime, et sont essentielles aux efforts visant Ă  consolider le contrĂ´le de celui-ci sur le pays et Ă  conforter sa lĂ©gitimitĂ© sur la scène internationale.

Le 23 juillet 2022, le rĂ©gime a exĂ©cutĂ© quatre dirigeants de l’opposition prodĂ©mocratie Ă  l’issue de procès tenus en secret, qui ne respectent aucune norme concevable d’équitĂ© ou d’impartialitĂ©. Cet acte illustre une fois de plus le mĂ©pris total du rĂ©gime pour les droits de la personne et la primautĂ© du droit. Ces exĂ©cutions fondĂ©es sur des raisons politiques, les premières depuis plus de 30 ans, ont tirĂ© parti de la campagne de dĂ©sinformation du rĂ©gime et de la diabolisation des militants prodĂ©mocratie. Ces exĂ©cutions ont eu lieu en dĂ©pit d’un plaidoyer personnel Ă©crit adressĂ© directement au chef du Conseil d’administration de l’État, le gĂ©nĂ©ral Min Aung Hlaing, par le premier ministre cambodgien Hun Sen, en sa qualitĂ© de prĂ©sident de l’ANASE, et malgrĂ© les assurances informelles que les exĂ©cutions n’auraient pas lieu.

Attaques contre des civils

La Tatmadaw cible des civils depuis des dĂ©cennies. Au fil des ans, au cours de ses attaques contre les civils, l’armĂ©e du Myanmar a systĂ©matiquement utilisĂ© des bombardements aĂ©riens Ă  partir d’hĂ©licoptères de combat, d’avions de chasse et d’artillerie, ainsi que de vĂ©hicules blindĂ©s terrestres. Cependant, ces derniers mois, les attaques du rĂ©gime contre les civils se sont considĂ©rablement intensifiĂ©es. Le rĂ©gime utilise dĂ©sormais rĂ©gulièrement des avions, des hĂ©licoptères de combat, des vĂ©hicules blindĂ©s de transport de troupes et des missiles acquis Ă  l’étranger pour mener des attaques visant des civils, en violation du droit international humanitaire et pĂ©nal. Les bombardements aveugles du rĂ©gime ont dĂ©truit des maisons, des Ă©difices religieux, des Ă©coles et des installations mĂ©dicales, entre autres infrastructures civiles. Dans la grande majoritĂ© des cas documentĂ©s, des civils Ă©taient prĂ©sents sur le lieu de la frappe au moment de l’attaque. Une illustration flagrante de cette tendance a Ă©tĂ© l’attaque du 16 septembre 2022 contre une Ă©cole dans la rĂ©gion de Sagaing. Au moment de l’attaque, deux hĂ©licoptères du rĂ©gime ont ciblĂ© l’école oĂą 11 enfants ont Ă©tĂ© tuĂ©s et 17 autres personnes (14 Ă©lèves et 3 enseignants) ont Ă©tĂ© blessĂ©es. Des troupes du rĂ©gime ont menĂ© le raid aĂ©rien en allĂ©guant que des combattants de la rĂ©sistance se trouvaient dans l’école du village.

Par la suite, le 23 octobre, l’armĂ©e du Myanmar a menĂ© une frappe aĂ©rienne contre un rassemblement marquant le 62e anniversaire de l’Organisation pour l’indĂ©pendance du Kachin (KIO), une OEA, dans le canton de Hpakant, dans l’État du Kachin, tuant au moins 62 personnes (dont des civils) et faisant au moins 100 blessĂ©s, dont beaucoup se sont vu refuser des soins mĂ©dicaux par la suite. Cet incident reprĂ©sente l’attaque la plus meurtrière commise par le rĂ©gime militaire depuis le coup d’État, et rend la perspective d’un dialogue pacifique encore plus lointaine.

Pour perpĂ©trer ces atrocitĂ©s, il est indispensable pour le rĂ©gime de disposer d’armes et de matĂ©riel militaire. Les armes fournies au rĂ©gime l’aident Ă  commettre des actes de violence et des atrocitĂ©s dans tout le Myanmar. Au sein de la communautĂ© internationale, peu d’États sont disposĂ©s Ă  continuer de vendre et de transfĂ©rer des armes et du matĂ©riel militaire au Myanmar Ă©tant donnĂ© les risques que l’armement soit utilisĂ© Ă  mauvais escient. Le rĂ©gime cherche donc Ă  camoufler ses acquisitions et compte sur des individus bien placĂ©s et les entitĂ©s commerciales qu’ils contrĂ´lent pour trouver des armes et du matĂ©riel militaire, les acheter pour son compte et les lui livrer. ConformĂ©ment Ă  la rĂ©solution 75/287 de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies, le Canada a exhortĂ© tous les États membres des Nations Unies Ă  empĂŞcher la vente et le transfert d’armes, de matĂ©riel militaire, de matĂ©riel Ă  double usage et d’assistance technique au Myanmar. Le Canada le fait dĂ©jĂ  et il plaide avec force pour une action internationale concertĂ©e en ce sens. Le Canada prend d’autres mesures rigoureuses pour empĂŞcher le rĂ©gime d’avoir accès aux armes et au matĂ©riel militaire en ciblant ces personnes et les sociĂ©tĂ©s qu’elles contrĂ´lent.

Le coup d’État militaire menace également la paix et la sécurité régionales en favorisant la criminalité organisée, le trafic de drogue et d’autres activités illicites. La Tatmadaw est depuis longtemps complice du trafic de drogue, du bois, des pierres précieuses et du jade au Myanmar, qui attire les groupes criminels organisés et est une source de corruption dans toute la région. Sans contrôle intérieur ni obligation de rendre des comptes, ce trafic, et la corruption qui en découle, atteint de nouveaux sommets.

La réponse du Canada face à la crise au Myanmar comporte plusieurs volets. Le Canada refuse de légitimer le régime ou de collaborer avec ses responsables gouvernementaux, sauf sur certaines questions dans le cadre de l’ANASE ou lorsque cela est indispensable pour fournir des services essentiels aux populations vulnérables. Le Canada a fait pression sur la communauté internationale pour qu’elle porte attention à la situation, condamne le régime et prenne des mesures en conséquence, et il a demandé au régime de mettre fin à la violence, de libérer les personnes détenues arbitrairement, d’engager un dialogue sincère avec l’ANASE, et de permettre un accès humanitaire complet et sans restriction au Myanmar. À cela s’ajoutent cinq séries de sanctions coordonnées avec nos alliés, en plus d’un soutien aux efforts pour amener les responsables de crimes antérieurs et actuels à répondre de leurs actes au moyen des mécanismes de justice internationale. Le Canada apporte aussi une aide humanitaire et met en œuvre des programmes de développement au profit des populations vulnérables et touchées par le conflit. Le Canada utilise les voies bilatérales et multilatérales pour attirer et maintenir l’attention sur la crise et pour encourager les autres pays à exercer des pressions sur le régime, tout en s’efforçant de préserver les programmes de développement afin de pouvoir fournir des soins et des traitements vitaux aux populations vulnérables, y compris contre la COVID-19. Ces pressions soutenues, concertées et coordonnées, conjuguées à des initiatives pour encourager la coopération, ont pour but d’amener le régime à changer de cap et à participer aux efforts de paix internationaux, dans l’objectif de rétablir la paix, la démocratie, la prospérité et la stabilité dans ce pays. Il s’agit aussi de remédier à la rupture sérieuse de la paix internationale que constitue cette situation et à la grave crise internationale qui en résulte. Le Canada est résolu à coordonner ses efforts et à faire preuve de solidarité avec ses principaux alliés pour mieux atteindre ces objectifs.

Que ce soit par les voies bilatérales ou multilatérales, le Canada continue de participer activement aux efforts diplomatiques déployés pour trouver une solution à la situation au Myanmar.

Objectif

Description

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie ajoute Ă  l’annexe du Règlement le nom de 12 particuliers et de 3 entitĂ©s qui sont liĂ©s au rĂ©gime militaire ou en font partie.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada s’entretient régulièrement avec les intervenants concernés, notamment les organisations de la société civile et les communautés culturelles, ainsi qu’avec d’autres gouvernements d’optique commune, au sujet de la démarche suivie par le Canada pour appliquer des sanctions.

Concernant ces modifications, il n’aurait pas été judicieux de tenir des consultations publiques, puisque la communication du nom des particuliers et des entités visés par les sanctions aurait probablement entraîné la fuite d’actifs avant l’entrée en vigueur des modifications.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

À la suite de l’évaluation initiale de la portée géographique de l’initiative, aucune obligation découlant de traités modernes n’a été cernée, puisque les modifications ne s’appliquent pas à une zone visée par de tels traités.

Choix de l’instrument

Les règlements constituent l’unique méthode pour promulguer des sanctions au Canada. Aucun autre instrument ne pouvait être envisagé.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

L’application de sanctions servira à faire pression sur le régime militaire pour qu’il modifie son comportement et à démontrer la volonté du Canada d’imposer des coûts réels à ceux qui tentent d’entraver ou de saper les efforts internationaux visant à résoudre la crise au Myanmar. Cela démontrera en outre que ceux qui soutiennent le régime en subiront les conséquences. Les sanctions communiquent un message clair que le Canada n’acceptera pas que des actions constituant une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales entraînant une grave crise internationale continuent de se dérouler au Myanmar aux mains de l’armée en toute impunité. Comme les efforts déployés à ce jour n’ont pas convaincu le régime militaire d’accepter la responsabilité de ses actes, des sanctions supplémentaires envoient un message important du Canada pour l’inciter à changer son comportement.

Les banques et institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Elles le feront en ajoutant les nouvelles interdictions à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de conformité mineur.

Les modifications engendreront des coûts additionnels pour les entreprises devant obtenir un permis afin d’être autorisées à effectuer des activités ou des transactions autrement interdites. Cependant, les coûts seront probablement faibles, car il est peu probable que les entreprises canadiennes fassent des affaires avec les personnes nouvellement inscrites sur la liste.

Lentille des petites entreprises

Comme il est peu probable que les entreprises canadiennes fassent des affaires dans ces secteurs, on ne s’attend pas à ce que les modifications entraînent une perte importante de débouchés pour les petites entreprises. Afin d’aider les petites entreprises à respecter les interdictions, Affaires mondiales Canada a accru ses activités de sensibilisation afin de mieux les informer des changements apportés au Règlement, notamment par la mise à jour du site Web sur les sanctions et la création d’une ligne d’assistance téléphonique sur les sanctions.

De plus, le 9 avril 2021, le Canada a diffusĂ© un avis aux entreprises afin de s’assurer que les entreprises canadiennes, y compris les petites entreprises, sont conscientes des risques accrus sur le plan commercial et pour leur rĂ©putation de faire des affaires au Myanmar. L’avis soulignait Ă©galement les attentes du gouvernement du Canada en matière de pratiques commerciales responsables Ă  l’étranger et recommandait aux entreprises canadiennes d’exercer une diligence raisonnable pour assurer une conduite des affaires responsable, notamment en examinant de près leurs chaĂ®nes d’approvisionnement pour dĂ©terminer si leurs activitĂ©s soutiennent des conglomĂ©rats militaires ou des sociĂ©tĂ©s qui leur sont affiliĂ©es.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas aux modifications, car elles n’imposent pas de nouveau fardeau administratif aux entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement s’inscrivant dans un cadre officiel de coopération en matière de réglementation, elles concordent avec les mesures prises par des partenaires aux vues similaires.

Évaluation environnementale stratégique

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a conclu qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Les modifications visent des personnes bien précises (particuliers et entités) faisant partie de l’armée du Myanmar et des personnes participant à des activités qui ont contribué à la rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales survenue au Myanmar, plutôt que les citoyens du Myanmar dans leur ensemble. Cela permet de limiter les effets collatéraux à ceux qui dépendent de ces personnes.

Des exemptions sont prévues dans le Règlement, notamment pour permettre la fourniture d’une aide humanitaire afin d’atténuer quelque peu les répercussions des sanctions sur les groupes vulnérables. La ministre des Affaires étrangères peut également délivrer des permis conformément à l’ordonnance. En tant que telles, ces nouvelles sanctions sont susceptibles d’entraîner des répercussions limitées sur les citoyens du Myanmar.

Justification

Ces modifications sont une réponse directe aux violations flagrantes des droits de la personne qui se poursuivent alors que le régime militaire intensifie la violence contre sa propre population pour exterminer toute résistance, affirmer son autorité et consolider son contrôle. La situation, notamment l’escalade du conflit armé et les graves violations des droits de la personne, représente une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales et une grave crise internationale qui prend de l’ampleur, notamment parce qu’elle s’étend aux pays voisins où se réfugient les personnes qui fuient la violence.

Les 12 particuliers et les 3 entitĂ©s ajoutĂ©s au Règlement sont soit de hauts fonctionnaires actuels du rĂ©gime militaire, soit des personnes travaillant pour leur compte afin d’obtenir des armes utilisĂ©es pour mener des attaques flagrantes contre la population civile du Myanmar. Ils sont liĂ©s, en particulier, Ă  l’exĂ©cution illĂ©gale, pour des motifs politiques, de quatre militants prodĂ©mocratie en juillet 2022, et aux rĂ©centes frappes aĂ©riennes visant une Ă©cole (septembre 2022) et un rassemblement pacifique (octobre 2022), qui ont coĂ»tĂ© la vie Ă  des dizaines de civils, dont des femmes et des enfants.

Ces sanctions témoignent de la solidarité avec des pays aux vues similaires, qui ont déjà imposé des restrictions analogues.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

La Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada sont chargĂ©es de l’application des règlements relatifs aux sanctions. ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales, quiconque contrevient au Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Birmanie encourt, sur dĂ©claration de culpabilitĂ©, une amende maximale de 25 000 $ et un emprisonnement maximal d’un an, ou l’une de ces deux peines, ou par mise en accusation, un emprisonnement maximal de cinq ans.

Personne-ressource

Graham Dattels
Directeur
Direction de l’Asie du Sud-Est II
Direction générale de l’Asie du Sud-Est, de l’Océanie, de l’APEC et de l’ANASE
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
Courriel : graham.dattels@international.gc.ca