Règlement modifiant le Règlement sur la sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles (exigences minimales concernant le bruit des vĂ©hicules hybrides et Ă©lectriques) : DORS/2022-254

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 26

Enregistrement
DORS/2022-254 Le 2 dĂ©cembre 2022

LOI SUR LA SÉCURITÉ AUTOMOBILE

C.P. 2022-1263 Le 2 dĂ©cembre 2022

Sur recommandation du ministre des Transports et en vertu du paragraphe 11(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur la sĂ©curitĂ© automobile rĂ©fĂ©rence b, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur la sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles (exigences minimales concernant le bruit des vĂ©hicules hybrides et Ă©lectriques), ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur la sécurité des véhicules automobiles (exigences minimales concernant le bruit des véhicules hybrides et électriques)

Modifications

1 L’annexe III du Règlement sur la sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 136, de ce qui suit :

Colonne I

Article (NSVAC)

Colonne II

Description

Colonne III

Catégorie de véhicules

Autobus Camion Motocyclette Véhicule à usage restreint Motoneige Chariot de conversion Remorque Véhicule de tourisme à usages multiples Voiture de tourisme Véhicule à basse vitesse Véhicule à trois roues
Motocyclette à habitacle fermé Motocyclette sans habitacle fermé Motocyclette à vitesse limitée Tricycle à moteur
141 Exigences minimales concernant le bruit des vĂ©hicules hybrides et Ă©lectriques X X                 X X X  

2 La partie II de l’annexe IV du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 136, de ce qui suit :

Exigences minimales concernant le bruit des véhicules hybrides et électriques (NSVAC 141)

141 (1) Les voitures de tourisme, les vĂ©hicules Ă  basse vitesse, les vĂ©hicules de tourisme Ă  usages multiples, les camions et les autobus qui sont hybrides ou Ă©lectriques et qui ont un PNBV de 4 536 kg ou moins doivent :

(2) Pour l’application des alinĂ©as (1)a) et b), le paragraphe 2 du règlement n° 138 et la disposition S4 du Standard No. 141 s’appliquent, respectivement, avec leurs modifications successives, Ă  l’interprĂ©tation de ces documents.

Entrée en vigueur

3 Le présent règlement entre en vigueur à la date de sa publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Les vĂ©hicules hybrides et Ă©lectriques (VHE) sont beaucoup plus silencieux que les vĂ©hicules Ă©quipĂ©s d’un moteur Ă  combustion interne lorsqu’ils circulent Ă  basse vitesse, ce qui accroĂ®t le risque de collision pour les personnes aveugles et malvoyantes qui dĂ©pendent des signaux sonores lors de leurs dĂ©placements Ă  proximitĂ© de vĂ©hicules (par exemple dans les stationnements ou aux intersections). Les VHE qui circulent sur les routes du Canada aujourd’hui sont Ă©quipĂ©s de systèmes qui gĂ©nèrent artificiellement des niveaux sonores minimaux lorsqu’ils circulent Ă  basse vitesse; toutefois, aucun règlement n’exige de tels systèmes. Si une entreprise dĂ©cide de construire ou d’importer pour la vente des vĂ©hicules sans ces systèmes, ces vĂ©hicules pourraient reprĂ©senter un risque accru de collision pour les piĂ©tons et les cyclistes, y compris les personnes malvoyantes.

Contexte

La Loi sur la sécurité des véhicules automobiles (LSA) a été adoptée pour réglementer la fabrication et l’importation des véhicules et équipements automobiles en vue de limiter les risques de mort, de blessures et de dommages matériels et environnementaux. La LSA établit des normes et des règlements de sécurité qui s’appliquent à l’importation de véhicules et d’équipement automobile, ainsi qu’au transport interprovincial ou la livraison de matériels fabriqués au Canada.

La certification de conformitĂ© aux normes et règlements applicables incombe au constructeur du vĂ©hicule ou de l’équipement par le biais d’un rĂ©gime d’« autocertification Â». Les fabricants de vĂ©hicules apposent une Ă©tiquette de conformitĂ© sur leurs vĂ©hicules pour indiquer que ces derniers sont conformes aux normes applicables. Les vĂ©hicules neufs fabriquĂ©s au Canada et expĂ©diĂ©s d’une province Ă  l’autre doivent comporter un dessin de la marque nationale de sĂ©curitĂ© (MNS) sur ou Ă  cĂ´tĂ© de l’étiquette de conformitĂ©. Les vĂ©hicules importĂ©s peuvent utiliser un Ă©noncĂ© prescrit sur l’étiquette de conformitĂ© au lieu d’une MNS.

Aux fins de la prĂ©sente initiative rĂ©glementaire, on entend par vĂ©hicule lĂ©ger hybride et Ă©lectrique (ci-après dĂ©nommĂ© « VHE lĂ©ger Â») les voitures de tourisme, les vĂ©hicules Ă  basse vitesse, les vĂ©hicules de tourisme Ă  usages multiples, les camions et les autobus qui sont hybrides ou Ă©lectriques et qui ont un poids nominal brut du vĂ©hicule (PNBV) de 4 536 kg ou moins. Un vĂ©hicule hybride ou Ă©lectrique inclut notamment un vĂ©hicule qui peut fonctionner sur la marche avant ou arrière sans que le moteur Ă  combustion interne du vĂ©hicule ne fonctionne (c’est-Ă -dire des vĂ©hicules qui ne peuvent fonctionner qu’avec un moteur Ă©lectrique, par exemple une batterie Ă©lectrique, un vĂ©hicule Ă©lectrique hybride rechargeable ou une pile Ă  combustible Ă  hydrogène).

Qu’un véhicule puisse être facilement détecté ou non par le son qu’il produit est le résultat du type de véhicule, de sa vitesse et du niveau sonore ambiant. Le fait que certains véhicules soient plus silencieux pourrait réduire la capacité des piétons à évaluer l’état de la circulation à proximité et, par conséquent, avoir une incidence sur la sécurité des piétons. C’est aussi le cas lorsque d’autres stimuli auditifs, comme le bruit des pneus du véhicule et la résistance au vent, sont moins perceptibles. Le manque de détectabilité des véhicules plus silencieux pourrait être atténué si ces derniers étaient équipés de générateurs de sons synthétiques qui imitent le bruit des véhicules équipés d’un moteur à combustion interne et si les spécifications futures concernant le niveau sonore des véhicules pouvaient être précisées en fonction de paramètres mesurés avec objectivité.

Au cours des cinq ans entre 2013 et 2017, le nombre estimĂ© de dĂ©cès et de blessures dĂ©coulant de collisions impliquant des VHE lĂ©gers et des piĂ©tons au Canada Ă©tait de 19 et de 991, respectivement. Ă€ ce nombre s’ajoutaient aussi 3 dĂ©cès et 523 blessĂ©s dĂ©coulant de collisions impliquant des VHE lĂ©gers et des cyclistesrĂ©fĂ©rence 2.

En 2016, les Nations Unies (ONU) et la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) des États-Unis (É.-U.) ont tous deux adoptĂ© des règlements prĂ©cisant les exigences minimales concernant le bruit des VHE lĂ©gers. Le règlement n° 138 de la Commission Ă©conomique des Nations Unies pour l’Europe, intitulĂ© Prescriptions uniformes relatives Ă  l’homologation des vĂ©hicules Ă  moteur silencieux en ce qui concerne leur audibilitĂ© rĂ©duite (l’ONU no 138), a Ă©tĂ© adoptĂ© par l’ONU au Forum mondial de l’harmonisation des règlements concernant les vĂ©hicules (WP.29) de la Commission Ă©conomique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) en 2016 et est entrĂ© en vigueur le 5 octobre 2016. Le 14 dĂ©cembre 2016, la NHTSA des É.-U. a publiĂ© un règlement final prĂ©sentant la nouvelle Federal Motor Vehicle Safety Standard (FMVSS — norme fĂ©dĂ©rale sur la sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles) intitulĂ©e Standard No. 141; Minimum Sound Requirements for Hybrid and Electric Vehicles (exigences minimales concernant le bruit des vĂ©hicules hybrides et Ă©lectriques) [FMVSS 141]. Le FMVSS 141 et l’ONU no 138 exigent tous deux que les VHE lĂ©gers produisent des niveaux sonores respectant leurs normes respectives.

En Ă©valuant les avantages de l’établissement d’un règlement, la NHTSA a conclu que les VHE Ă©taient environ 20 % plus susceptibles d’entrer en collision avec des piĂ©tons et environ 50 % plus susceptibles d’entrer en collision avec des cyclistes que les vĂ©hicules Ă©quipĂ©s d’un moteur Ă  combustion internerĂ©fĂ©rence 3.

Le Parlement europĂ©en, qui se rĂ©fère au règlement de l’ONU no 138, a exigĂ© qu’un système d’avertissement acoustique du vĂ©hicule soit installĂ© dans tous les nouveaux VHE lĂ©gers au plus tard le 1er juillet 2019. Aux États-Unis, les VHE lĂ©gers nouveaux doivent ĂŞtre conformes Ă  la FMVSS 141 au 1er septembre 2018. Aux États-Unis, la conformitĂ© n’est pas exigĂ©e avant le 1er mars 2021 pour les constructeurs Ă  faible volume.

Après l’élaboration des règlements des États-Unis et de l’ONU, Transports Canada (TC) a analysĂ© le potentiel de mettre en Ĺ“uvre un règlement sur les vĂ©hicules Ă  moteur silencieux. Le règlement viserait Ă  exiger l’intĂ©gration dans les VHE lĂ©gers d’un système sonore Ă  des vitesses de fonctionnement basses afin d’aider les personnes malvoyantes Ă  dĂ©tecter ces vĂ©hicules. Un avis public a Ă©tĂ© publiĂ© le 4 janvier 2018, accompagnĂ© d’une pĂ©riode de commentaires se terminant le 19 fĂ©vrier 2018. Les travaux sur cette initiative ont Ă©tĂ© suspendus, car TC attendait l’élaboration d’un règlement technique mondial (RTM) Ă  la CEE-ONU qui aurait permis d’harmoniser le règlement des États-Unis et celui de l’ONU. Étant donnĂ© que le processus visant Ă  Ă©tablir un RTM pour les VHE n’a pas portĂ© ses fruits, TC va de l’avant avec un projet de règlement Ă©tablissant des exigences minimales concernant le bruit des VHE lĂ©gers.

Objectif

L’objectif de ces modifications est d’instaurer une exigence dans la réglementation canadienne voulant que les VHE légers respectent des exigences minimales concernant le bruit lorsqu’ils circulent à basse vitesse afin de maintenir un niveau de sécurité minimal pour les piétons et les cyclistes, y compris les personnes aveugles et malvoyantes. Le bruit minimal généré par les VHE légers serait semblable au bruit généré par les véhicules conventionnels.

Il est important de souligner que les VHE lĂ©gers qui circulent actuellement sur les routes du Canada sont volontairement conformes aux exigences des États-Unis ou Ă  celles de l’ONU. L’objectif est d’incorporer ces deux exigences dans une norme canadienne permettant aux constructeurs de choisir l’exigence Ă  adopter (c’est-Ă -dire celle des États-Unis ou celle de l’ONU), codifiant par le fait mĂŞme une pratique existante. Non seulement cela permettrait d’aligner la norme canadienne sur les exigences des États-Unis et celles de l’ONU, mais Ă©galement de dĂ©montrer l’engagement de TC envers la rĂ©solution d’enjeux touchant de façon disproportionnĂ©e les personnes handicapĂ©es.

Description

Le Règlement sur la sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles (RSVA) est modifiĂ© afin d’y intĂ©grer la Norme de sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles du Canada (NSVAC) 141 — Exigences minimales concernant le bruit des vĂ©hicules hybrides et Ă©lectriques (NSVAC 141). La norme de sĂ©curitĂ© comprend des exigences relatives aux paramètres acoustiques vĂ©rifiables lorsque le vĂ©hicule est sur le point de se dĂ©placer ou se dĂ©place Ă  basse vitesse. Ces exigences augmenteront la probabilitĂ© que les aveugles, les malvoyants et les autres piĂ©tons et cyclistes Ă  pĂ©dales soient en mesure de dĂ©tecter et de reconnaĂ®tre les VHE lĂ©gers Ă  proximitĂ©. Ces spĂ©cifications devraient permettre au piĂ©ton de reconnaĂ®tre la prĂ©sence d’un vĂ©hicule, l’endroit oĂą il se trouve et son Ă©tat de fonctionnement, plus prĂ©cisĂ©ment, si le vĂ©hicule accĂ©lère ou dĂ©cĂ©lère, avance ou recule.

Ces modifications modifient l’annexe III du RSVA en y ajoutant la NSVAC 141. De plus, les modifications modifient l’annexe IV en incorporant par renvoi, avec leurs modifications successives, des dispositions de la FMVSS 141 des États-Unis, Minimum Sound Requirements for Hybrid and Electric Vehicles, et du règlement de l’ONU no 138, Prescriptions uniformes relatives Ă  l’homologation des vĂ©hicules Ă  moteur silencieux en ce qui concerne leur audibilitĂ© rĂ©duite. Ces dispositions concernent les spĂ©cifications techniques relatives Ă  l’émission de sons (par exemple les caractĂ©ristiques acoustiques, l’essai Ă  vitesse constante, l’essai en marche arrière, les sons Ă  l’arrĂŞt, les sons sĂ©lectionnables par le conducteur), ainsi que les conditions et les procĂ©dures d’essai permettant de mesurer si les vĂ©hicules rĂ©pondent aux spĂ©cifications techniques, et les dĂ©finitions.

Cela signifie que les VEH lĂ©gers doivent se conformer Ă  l’une des deux normes incorporĂ©es suivantes :

Ces deux options permettent d’atteindre le mĂŞme objectif, Ă  savoir que les VHE lĂ©gers font du bruit Ă  basse vitesse, tout en limitant les coĂ»ts et les complications pour les constructeurs qui produisent des vĂ©hicules pour diffĂ©rents marchĂ©s. En ce qui concerne les diffĂ©rences spĂ©cifiques entre les ensembles d’exigences techniques, un rĂ©sumĂ© est prĂ©sentĂ© dans la section « Justification Â».

Comme les VHE légers au Canada qui sont également vendus sur les marchés des États-Unis et/ou de l’Union européenne (UE) se conforment déjà volontairement à la norme américaine ou à la norme de l’ONU, tous les véhicules visés devraient déjà répondre aux exigences de cette norme. À l’heure actuelle, il n’y a pas de VHE léger propre au Canada qui ne satisfait pas aux exigences sonores minimales des États-Unis ou de l’ONU.

Le RSVA comprend la Norme de sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles du Canada (NSVAC) 1106 — Ă‰mission de bruit, qui Ă©nonce les exigences en matière d’émissions sonores maximales des vĂ©hicules. Les exigences de la norme NSVAC 141 n’entrent pas en conflit avec les Ă©missions sonores maximales existantes, et leur mise en Ĺ“uvre dans les vĂ©hicules actuels ou futurs n’est pas entravĂ©e ou empĂŞchĂ©e par cette norme.

Élaboration de la réglementation

Consultation

TC informe l’industrie automobile, les organismes de sĂ©curitĂ© publique et le grand public lorsque des changements sont prĂ©vus au RSVA. Il le fait notamment en diffusant, tous les trimestres, son plan rĂ©glementaire sur la sĂ©curitĂ© des vĂ©hicules automobiles. Ce plan donne aux intervenants l’occasion de formuler des commentaires sur les changements proposĂ©s. De plus, TC mène des consultations rĂ©gulières, en personne ou par tĂ©lĂ©confĂ©rence, avec l’industrie automobile, les organismes de sĂ©curitĂ© publique, les provinces et les territoires. Par exemple, TC rencontre en personne les deux associations de constructeurs automobiles (l’Association canadienne des constructeurs de vĂ©hicules et les Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada) trois fois par annĂ©e pour discuter des règlements en vigueur et pour planifier les règlements futurs. La modification a Ă©tĂ© incluse dans le plan rĂ©glementaire et a fait l’objet d’une discussion lors de plusieurs rĂ©unions avec les intervenants avant la consultation officielle dans un avis public (voir la section « Avis public Â» ci-dessous). Les intervenants ont exprimĂ© leur appui Ă  l’égard du règlement.

TC rencontre régulièrement les autorités fédérales d’autres pays, car l’alignement des règlements est un élément central du commerce ainsi que de la concurrence de l’industrie automobile canadienne. Par exemple, TC et le département des Transports des États-Unis tiennent deux réunions par année pour aborder les enjeux d’importance mutuelle et pour planifier les changements à la réglementation.

Commentaires initiaux du Regroupement des Aveugles et Amblyopes du Québec

Le Regroupement des aveugles et amblyopes du QuĂ©bec (RAAQ), qui reprĂ©sente les personnes aveugles et malvoyantes de la province du QuĂ©bec, recommande depuis plusieurs annĂ©es que TC prenne des dispositions rĂ©glementaires pour exiger que les VHE produisent un son additionnel lorsqu’ils circulent Ă  une vitesse infĂ©rieure Ă  30 km/h. Le RAAQ a envoyĂ© plusieurs lettres Ă  TC au cours des 10 dernières annĂ©es concernant le dĂ©placement sĂ©curitaire des personnes aveugles et malvoyantes et les risques que prĂ©sente, pour ces personnes, l’absence de son des VHE circulant Ă  une vitesse infĂ©rieure Ă  30 km/h. Le RAAQ a Ă©galement soulevĂ© des prĂ©occupations concernant l’efficacitĂ© rĂ©duite du règlement de l’ONU no 138 sĂ©rie 00 permettant l’interruptionrĂ©fĂ©rence 4 du système d’avertissement acoustique du vĂ©hicule (voir la section « RĂ©ponse de TC aux commentaires Â» ci-dessous). En guise d’appui de la proposition, le RAAQ a demandĂ© que TC prenne une disposition rĂ©glementaire pour exiger que ces vĂ©hicules produisent un son additionnel.

Avis public

Un avis public a Ă©tĂ© publiĂ© sur le site Web Parlons transport, le 4 janvier 2018; la date limite pour transmettre les commentaires Ă©tait le 19 fĂ©vrier 2018. On a invitĂ© les intervenants Ă  formuler leurs commentaires lors d’un forum public de discussion ou de transmettre une proposition dĂ©taillĂ©e par courriel. Seuls quelques commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s lors du forum. La plupart des intervenants ont convenu que le RSVA devrait ĂŞtre modifiĂ© de manière Ă  exiger la prise d’une norme de sĂ©curitĂ© relative au niveau sonore minimal pour les VHE en vue d’accroĂ®tre la sĂ©curitĂ© pour les piĂ©tons et les cyclistes.

Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada (CMAC) a informĂ© TC qu’aucune des deux options prĂ©sentĂ©es pour considĂ©ration (la FMVSS 141 et le règlement de l’ONU no 138) n’est meilleure que l’autre; elle est d’avis que la seule diffĂ©rence entre elles s’articule autour du critère opĂ©rationnel et que les deux semblent respecter l’intention de la proposition rĂ©glementaire. Cette association a affirmĂ© qu’elle aimerait que les constructeurs aient le choix d’adhĂ©rer Ă  l’une ou l’autre des options. Elle affirme Ă©galement que le fait d’avoir deux options rendrait moins contraignante la construction de vĂ©hicules pour les marchĂ©s conjoints (Canada — Ă‰tats-Unis ou Canada — marchĂ© international), ce qui viendrait Ă  accorder une plus grande marge de manĹ“uvre pour ce qui est des vĂ©hicules exclusifs au Canada pouvant ĂŞtre adaptĂ©s Ă  partir de marchĂ©s rĂ©glementĂ©s en fonction de l’approbation de type soumis au règlement de l’ONU no 138.

L’Association canadienne des constructeurs de vĂ©hicules (ACCV) a informĂ© TC qu’à son avis, l’obligation de respecter les deux options (la FMVSS 141 et le règlement de l’ONU no 138) compliquerait inutilement les documents de conformitĂ©, rendrait trop lourd le fardeau des ressources chargĂ©es de la certification et de la vĂ©rification de conformitĂ© lors de la mise Ă  l’essai de combinaisons uniques de vĂ©hicules, et se solderait en fin de compte par un vaste exercice d’application de la loi. En permettant aux constructeurs de se conformer Ă  l’un ou l’autre des options, on viendrait allĂ©ger le fardeau des intervenants en les autorisant Ă  construire des vĂ©hicules pour un marchĂ© voulu (par exemple le marchĂ© Ă©tats-unien ou le marchĂ© international). L’ACCV a Ă©galement soulevĂ© des prĂ©occupations concernant l’efficacitĂ© rĂ©duite du règlement de l’ONU no 138 sĂ©rie 00 permettant l’interruption du système d’avertissement acoustique du vĂ©hicule afin d’arrĂŞter le son temporairement. L’ACCV a Ă©galement affirmĂ© que l’on pourrait empĂŞcher l’importation aux États-Unis de vĂ©hicules d’occasion s’ils respectent les exigences de l’ONU puisqu’ils ne seraient pas certifiĂ©s par la FMVSS 141. Toutefois, cela ne serait pas conforme Ă  l’Accord Canada–États-Unis–Mexique dont l’intention est de rĂ©duire au minimum les obstacles au commerce. Des vĂ©hicules d’occasion conformes au règlement de l’ONU no 138 pourraient quand mĂŞme ĂŞtre importĂ©s aux États-Unis s’ils sont certifiĂ©s par la FMVSS 141, avec quelques modifications possibles. L’ACCV a conclu que les individus qui dĂ©mĂ©nagent de façon permanente aux États-Unis emportant avec eux un vĂ©hicule certifiĂ© aux termes de l’option ONU subiraient des rĂ©percussions nĂ©gatives puisqu’au moment de l’achat, ils n’auraient pas Ă©tĂ© informĂ©s des exigences en matière d’importation de la NHTSA visant le respect de la FMVSS 141; par consĂ©quent, ces individus pourraient se voir refuser l’importation de leur vĂ©hicule aux États-Unis. Les modifications n’auront aucune incidence sur le mouvement de vĂ©hicules importĂ©s, pas plus qu’aux termes du rĂ©gime rĂ©glementaire actuel, puisque dans ces deux cas, il revient Ă  l’individu de certifier son vĂ©hicule auprès de la FMVSS 141.

Réponse de Transports Canada aux commentaires avant la publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Pour ce qui est des commentaires formulĂ©s par l’ACCV et le RAAQ concernant la fonction d’interruption Ă©noncĂ©e dans une version prĂ©alable du règlement de l’ONU no 138, TC convient qu’une telle fonction permettant d’arrĂŞter le système d’avertissement acoustique du vĂ©hicule devrait ĂŞtre interdite. De nouvelles modifications au règlement de l’ONU no 138, qui seront mises en rĂ©fĂ©rence dans la nouvelle norme canadienne, interdisent dĂ©sormais la fonction d’interruption. Cette sĂ©rie de modifications rend obligatoire un tel système qui demeure actif, sans fonction d’interruption; ce n’était pas le cas au moment oĂą ces commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s.

Pour ce qui est du commentaire de l’ACCV concernant une approche flexible, le choix de conformitĂ© a Ă©tĂ© proposĂ© parce que les deux options respectent l’intention que les VHE produisent un son quand ils circulent Ă  basse vitesse tout en limitant le coĂ»t et les complications pour les constructeurs de vĂ©hicules destinĂ©s Ă  diffĂ©rents marchĂ©s. En pratique, les diffĂ©rences au niveau des exigences en matière de mise Ă  l’essai technique devraient avoir une incidence nĂ©gligeable sur la dĂ©tection de vĂ©hicules. Il est Ă  noter que la norme proposĂ©e ne se combine pas aux normes internationales, mais elle permet aux entreprises de se conformer Ă  l’une ou l’autre. Les entreprises peuvent donc sĂ©lectionner l’une ou l’autre de ces options rĂ©glementaires en fonction de leur intention de vendre le vĂ©hicule au Canada et aux États-Unis ou au Canada et dans le marchĂ© international. Pour ce qui est d’empĂŞcher les propriĂ©taires de vĂ©hicules d’importer leur vĂ©hicule canadien aux États-Unis, l’absence de rĂ©glementation Ă  l’heure actuelle fait en sorte que les vĂ©hicules qui satisfont aux exigences Ă©tats-uniennes peuvent ĂŞtre importĂ©s aux États-Unis alors que ceux qui satisfont aux exigences de l’ONU peuvent ĂŞtre interdits Ă  l’importation aux États-Unis. Ainsi, le choix de respecter les exigences des États-Unis ou de l’ONU n’aurait pas une incidence considĂ©rable sur les obstacles Ă  l’importation. Les vĂ©hicules qui satisfont actuellement au règlement de l’ONU no 138 pourraient dĂ©jĂ  faire l’objet d’obstacles Ă  l’importation aux États-Unis.

Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Cette proposition rĂ©glementaire a Ă©tĂ© publiĂ©e dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 24 avril 2021, suivie d’une pĂ©riode de commentaires de 75 jours. Au total, cinq commentaires d’intervenants ont Ă©tĂ© reçus au cours de cette pĂ©riode. Ă€ la suite de la pĂ©riode de commentaires, TC a pris le temps de s’engager davantage auprès des intervenants afin de rĂ©pondre aux commentaires et de fournir des prĂ©cisions sur les procĂ©dures d’essai de la norme NSVAC 141.

Les principaux thèmes des commentaires reçus au cours de la publication préalable sont présentés ci-dessous.

Test de fond et bruit standardisé

Un intervenant s’est inquiété du fait que les essais réglementaires ne seraient spécifiés que dans les limites d’un environnement de laboratoire stérile, mais les piétons et autres usagers de la route vulnérables ne se déplacent pas dans un tel environnement.

Aucune modification n’a été apportée au texte réglementaire à la suite de ce commentaire. D’un point de vue réglementaire, TC doit exiger des essais reproductibles afin que les fabricants puissent autocertifier leurs véhicules selon la norme. Cela garantirait que, quel que soit le laboratoire dans lequel le constructeur effectue son test, le résultat sera reproductible. Pour que cela soit possible, il faut un environnement où le véhicule est la seule source sonore afin de mesurer avec précision le son qu’il émet.

L’intervenant s’est également demandé si les véhicules qui répondent aux normes constitueraient un avertissement sonore adéquat pour les piétons qui comptent sur les signaux sonores des véhicules pour leur propre sécurité.

Aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e au texte rĂ©glementaire Ă  la suite de ce commentaire. Les exigences normatives Ă©noncĂ©es dans la FMVSS 141 et le règlement de l’ONU no 138 Ă©taient fondĂ©es sur la dĂ©tectabilitĂ© de ces vĂ©hicules par rapport aux vĂ©hicules Ă  moteur Ă  combustion interne conventionnels dans un environnement urbain. En d’autres termes, les normes Ă©taient fondĂ©es sur des recherches menĂ©es auprès de sujets humains ayant des dĂ©ficiences visuelles. La NHTSA a menĂ© des recherches sur ce sujet de 2010 Ă  2014 pour Ă©laborer la FMVSS 141. Les scĂ©narios nĂ©cessaires Ă  la sĂ©curitĂ© des piĂ©tons malvoyants ont Ă©tĂ© identifiĂ©s, notamment les vĂ©hicules s’approchant Ă  faible vitesse, les vĂ©hicules faisant marche arrière, etc. La rĂ©glementation amĂ©ricaine qui en rĂ©sulte exige des niveaux sonores minimaux dans une gamme de frĂ©quences audibles appropriĂ©e pour que les humains puissent dĂ©tecter un vĂ©hicule dans un environnement urbain. L’ONU a suivi une voie de recherche similaire pour dĂ©terminer les exigences Ă©noncĂ©es dans la rĂ©glementation de l’ONU no 138.

Clarifications de définitions

Certains intervenants ont fait remarquer qu’il n’était pas clair si les dĂ©finitions figurant dans la FMVSS 141 des États-Unis et le règlement de l’ONU no 138 Ă©taient incluses dans l’incorporation par renvoi. TC a convenu que ce n’était pas clair et a donc modifiĂ© le texte rĂ©glementaire pour prĂ©ciser que la dĂ©finition de la norme citĂ©e en rĂ©fĂ©rence Ă  laquelle le fabricant choisit de se conformer s’applique.

Demande pour uniquement le standard américain

Certains intervenants ont suggĂ©rĂ© que la norme NSVAC 141 — Exigences minimales concernant le bruit des vĂ©hicules hybrides et Ă©lectriques ne devrait intĂ©grer que la norme amĂ©ricaine. Ces intervenants ont notĂ© que la FMVSS 141 des États-Unis comprend un protocole d’essai de vitesse plus strict et exige qu’un vĂ©hicule Ă©mette un son lorsqu’il est Ă  l’arrĂŞt, alors que le règlement de l’ONU no 138 n’exige pas qu’un vĂ©hicule Ă©mette un son lorsqu’il est Ă  l’arrĂŞt.

Aucune modification n’a été apportée au texte réglementaire à la suite de ces commentaires. En ce qui concerne la différence de vitesse dans les protocoles d’essai, l’objectif dans les deux cas est la détection des véhicules à basse vitesse. Le son minimal émis est mesuré différemment dans les deux cas ; cependant, la perception réelle du son émis est très similaire.

Comme il est indiquĂ© dans la publication de la Partie I de la Gazette du Canada, le fait de ne pas offrir aux entreprises l’option de dĂ©montrer leur conformitĂ© au règlement de l’ONU no 138 constituerait un obstacle pour les entreprises qui suivent cette norme et pourrait accroĂ®tre le fardeau de l’industrie pour rĂ©pondre aux demandes des consommateurs.

Enfin, en ce qui concerne le son émis lorsqu’un véhicule est à l’arrêt, de nombreux véhicules à moteur à combustion interne sont actuellement dotés d’une fonction d’arrêt-démarrage. Cette fonction coupe le moteur, et les émissions sonores associées, lorsque le véhicule est à l’arrêt. De nombreux véhicules à moteur à combustion interne sont donc également silencieux à l’arrêt.

Date d’entrée en vigueur

Certains intervenants ont demandé que les modifications entrent en vigueur un ou deux ans après leur publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Aucune modification n’a été apportée au texte réglementaire en réponse à cette demande. La NSVAC 141 a été ajoutée pour s’aligner sur les exigences existantes des États-Unis et des Nations Unies, et ainsi tous les véhicules visés devraient déjà être conformes à l’une ou l’autre de ces exigences. En d’autres termes, puisque les entreprises au Canada respectent déjà l’une ou l’autre des normes, les modifications réglementaires ne devraient pas avoir d’incidences supplémentaires sur l’industrie et, par conséquent, l’industrie n’aurait pas besoin d’une période de transition pour se conformer aux modifications.

Étant donnĂ© que certaines dispositions de la FMVSS 141 et du règlement de l’ONU no 138 sont incorporĂ©es par rĂ©fĂ©rence comme rĂ©fĂ©rences ambulatoires dans la NSVAC 141, lorsque des modifications sont apportĂ©es aux sections incorporĂ©es par les États-Unis ou par l’ONU, elles entreront en vigueur en mĂŞme temps que la date d’application choisie par les États-Unis ou l’ONU. L’un des principaux objectifs de l’incorporation par rĂ©fĂ©rence des deux normes internationales est que le Canada reste alignĂ© sur ses homologues internationaux.

Mise à niveau et application au modèle de véhicule

Certaines organisations souhaitaient que la nouvelle norme canadienne soit appliquée aux anciennes générations de VHE.

Aucune modification n’a été apportée au texte réglementaire en réponse à ce commentaire. La LSA s’applique aux nouveaux véhicules et non aux véhicules déjà en circulation. Bien que la réglementation des normes de sécurité pour les véhicules automobiles neufs et importés soit une responsabilité fédérale, ce sont les gouvernements provinciaux et territoriaux qui ont compétence sur l’utilisation des voies publiques et la délivrance des permis de conduire, ainsi que sur les règles concernant l’entretien, la modification et l’utilisation des véhicules, y compris l’installation de pièces du marché secondaire. Par conséquent, la décision d’appliquer ces exigences aux anciennes générations de VHE léger relève de la compétence des provinces et des territoires.

Certains organismes ont Ă©galement fait remarquer que la norme NSVAC 141 devrait s’appliquer Ă  tous les VHE, et non seulement aux vĂ©hicules dont le PNBV est infĂ©rieur Ă  4 536 kg.

Aucune modification n’a Ă©tĂ© apportĂ©e au texte rĂ©glementaire en rĂ©ponse Ă  ce commentaire. TC surveillera l’industrie des VHE lourds afin de dĂ©terminer si une rĂ©glementation est nĂ©cessaire. Le bruit gĂ©nĂ©rĂ© par les VHE lourds est sensiblement diffĂ©rent de celui des VHE lĂ©gers. Ă€ l’heure actuelle, TC ne dispose pas de suffisamment d’information pour dĂ©terminer les rĂ©percussions qu’aurait un règlement semblable Ă  la norme NSVAC 141 sur les VHE lourds. Actuellement, les VHE lourds ne sont soumis Ă  aucune exigence minimale obligatoire en matière de son, que ce soit dans l’option Ă©tats-unienne ou celle de l’ONU. Toutefois, les entreprises de VHE lourds peuvent se conformer aux normes pour les VHE lĂ©gers s’ils le souhaitent. Par exemple, les constructeurs d’autobus scolaires Ă©lectriques se conformeront aux exigences techniques de la norme CMVSS 141 par le biais de la norme CSA D250. La norme CSA D250 sur les autobus scolaires est une norme de fabrication du groupe de normes CSA destinĂ©e Ă  s’appliquer Ă  l’équipement original fourni par le fabricant d’autobus.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une analyse a été entamée pour déterminer si les modifications pourraient donner lieu à des obligations découlant des traités modernes. Selon l’analyse, les modifications n’entraînent pas de répercussions liées aux traités modernes et ne sont pas susceptibles d’avoir une incidence différentielle sur les peuples autochtones.

Choix de l’instrument

TC a Ă©tudiĂ© des options pour son objectif initial visant Ă  garantir un niveau de sĂ©curitĂ© minimum pour les piĂ©tons et les cyclistes. Dans cette section, TC se penche sur trois options : maintenir le statu quo (scĂ©nario de base); incorporer par renvoi uniquement les exigences des États-Unis; incorporer par renvoi les exigences des États-Unis et de l’ONU (approche proposĂ©e).

Scénario de base

Dans le scĂ©nario de base, on estime que tous les vĂ©hicules nouvellement construits visĂ©s par la NSVAC 141 (construits au Canada ou importĂ©s au Canada Ă  des fins de vente) seront pleinement conformes aux exigences des États-Unis ou celle de l’ONU. TC ne s’attend pas Ă  ce que de nouveaux vĂ©hicules non conformes soient vendus ou importĂ©s Ă  des fins de vente Ă  l’avenir, mais le contexte de rĂ©glementation qui sous-tend le scĂ©nario de base le permettrait tout de mĂŞme.

Incorporation par renvoi des exigences des États-Unis uniquement

Cette option a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme la principale option de rechange par rapport Ă  l’approche proposĂ©e. Elle comprendrait des renvois dans les normes de sĂ©curitĂ© canadiennes uniquement aux exigences des États-Unis. Certains intervenants l’ont appuyĂ©e parce que la FMVSS 141 rend obligatoire la production d’un son mĂŞme quand le vĂ©hicule est en marche, mais immobile (par exemple devant un arrĂŞt ou un feu rouge); cette obligation ne fait pas partie du règlement de l’ONU no 138. TC Ă©tablit une comparaison avec le système d’arrĂŞt-dĂ©marrage de certains vĂ©hicules Ă©quipĂ©s d’un moteur Ă  combustion interne qui interrompt le moteur, ainsi que le son, quand le vĂ©hicule est immobile. Les vĂ©hicules Ă©quipĂ©s d’un moteur Ă  combustion interne seulement pourraient Ă©galement ĂŞtre silencieux quand ils sont immobiles.

L’option d’incorporer seulement les exigences des États-Unis n’a pas Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e, car elle pourrait empĂŞcher certaines entreprises de VHE d’autres pays d’importer leurs vĂ©hicules au Canada. Ces entreprises possèdent des vĂ©hicules qui sont dĂ©jĂ  conformes au règlement de l’ONU no 138, mais pas Ă  la FMVSS 141.

Approche proposée

Étant donné le nombre croissant de VHE sur les routes, des entreprises pourraient venir s’établir au Canada. TC a proposé d’incorporer les exigences des États-Unis et des Nations Unies ; cette approche flexible permettra de faire en sorte que les VHE légers produisent un son quand ils circulent à basse vitesse tout en limitant les coûts et les complexités pour les constructeurs de ces véhicules destinés à différents marchés. On ne s’attend pas à ce que les différences entre les exigences techniques de mise à l’essai changent considérablement la capacité des piétons et des cyclistes à détecter ces véhicules, peu importe la norme respectée.

L’exigence pour les constructeurs ou les importateurs de véhicules à respecter l’une ou l’autre de ces options viendra à garantir que les exigences visant le marché canadien sont claires et qu’un niveau de sécurité minimum est respecté.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les modifications Ă©tabliront un niveau de sĂ©curitĂ© minimum pour les vĂ©hicules destinĂ©s au Canada. Puisque les modèles de vĂ©hicules existants devront ĂŞtre entièrement conformes Ă  l’une des deux normes qui seraient mises en Ĺ“uvre, on ne prĂ©voit aucun avantage supplĂ©mentaire en matière de sĂ©curitĂ©. Les coĂ»ts additionnels associĂ©s Ă  la NSVAC 141 et aux essais de conformitĂ© effectuĂ©s par TC sont Ă©valuĂ©s Ă  289 483 $ en valeur actuelle au cours de la pĂ©riode d’analyse de 10 ans. Les avantages et les coĂ»ts sont dĂ©crits en dĂ©tail ci-après.

Avantages

Ces modifications harmonisent la norme de sécurité canadienne avec celles des États-Unis et de l’ONU. Même si aucun avantage supplémentaire en matière de sécurité n’est prévu en raison de la conformité totale de l’industrie, ces modifications assureront le maintien d’un niveau de sécurité minimum pour les véhicules neufs ou importés, afin de limiter les collisions dans l’avenir.

Coûts

L’incorporation de la FMVSS 141 et du règlement de l’ONU no 138 occasionnera des coĂ»ts additionnels au gouvernement du Canada, car de nouveaux essais de conformitĂ© devront alors ĂŞtre menĂ©s. On prĂ©voit que TC rĂ©aliserait de trois Ă  cinq nouveaux essais de conformitĂ© chaque annĂ©e pour les vĂ©hicules qu’il aurait dĂ©jĂ  acquis auprès du constructeur pour d’autres essais. Les essais seraient menĂ©s sur une piste d’essai conforme Ă  la norme 10844 de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), Ă  un coĂ»t Ă©valuĂ© Ă  5 000 $ par essai, ou dans une chambre semi-anĂ©choĂŻque, Ă  un coĂ»t Ă©valuĂ© Ă  7 700 $ par essai. La FMVSS 141 des États-Unis exige que les essais soient rĂ©alisĂ©s sur la piste d’essai seulement, tandis que le règlement de l’ONU no 138 offre les deux options aux constructeurs. TC effectuerait les essais de conformitĂ© selon l’option d’autocertification choisie par le constructeur. Afin de ne pas sous-estimer les coĂ»ts, cette analyse est fondĂ©e sur l’essai de cinq vĂ©hicules par annĂ©e dans la chambre semi-anĂ©choĂŻque, de sorte que les rĂ©sultats obtenus correspondent Ă  un coĂ»t maximal. Le total des coĂ»ts pour le gouvernement sur une pĂ©riode d’analyse de 10 ans s’échelonnant de 2022 Ă  2031 est Ă©valuĂ© Ă  289 483 $ en valeur actuelle en dollars de 2021.

Comme TC estime la conformitĂ© de base Ă  100 %, on ne s’attend pas Ă  ce que l’industrie engage des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour mettre en Ĺ“uvre les modifications au Canada. Les constructeurs assujettis au rĂ©gime d’autocertification ou au rĂ©gime d’approbation de type respectent l’une des deux normes. En effet, les constructeurs qui prĂ©voient vendre des vĂ©hicules aux États-Unis sont tenus de procĂ©der Ă  une autocertification desdits vĂ©hicules pour attester leur conformitĂ© Ă  la FMVSS 141. Pareillement, les constructeurs assujettis au rĂ©gime d’approbation de type doivent certifier la conformitĂ© de leurs vĂ©hicules au règlement de l’ONU no 138. Dans les deux cas, les constructeurs auront effectuĂ© les essais minimaux exigĂ©s par le gouvernement canadien.

Les modifications n’ont pas d’incidence sur les véhicules existants. De plus, TC fera seulement l’essai des nouveaux modèles de véhicules et des modèles importés, et non des modèles qui ont été modifiés. La modification des véhicules n’occasionnera donc pas de coûts additionnels aux entreprises ou aux individus.

Lentille des petites entreprises

L’analyse en vertu de la lentille des petites entreprises a permis de conclure qu’il n’y a pas d’impacts associés sur les petites entreprises.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car le changement n’entraĂ®ne pas d’augmentation progressive du fardeau administratif pour les entreprises, ni d’abrogation ou d’ajout d’un règlement.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

En fĂ©vrier 2011, le Conseil de coopĂ©ration Canada—États-Unis en matière de rĂ©glementation (CCR) a Ă©tĂ© créé. Dans le cadre du CCR, le Canada et les États-Unis se sont engagĂ©s Ă  harmoniser les règlements et Ă  collaborer pour Ă©laborer de nouvelles normes visant Ă  prĂ©venir les incohĂ©rences. Par ailleurs, les nĂ©gociations relatives Ă  l’Accord Ă©conomique et commercial global entre le Canada et l’Union europĂ©enne (AECG), finalisĂ©es en septembre 2014, ont permis d’accroĂ®tre la coopĂ©ration entre le Canada et l’Europe dans le secteur de la rĂ©glementation sur les vĂ©hicules automobiles, notamment en ce qui a trait « Ă  l’élaboration et Ă  la mise en place de règlements techniques ou de normes connexes Â» (AECG, annexe 4-A). De plus, dans le cadre du WP.29, le Canada a acceptĂ© de soutenir tous les efforts d’harmonisation des exigences rĂ©glementaires, pour autant que ce faire Ă©tablisse un niveau de sĂ©curitĂ© Ă©quivalent. La modification offrira aux constructeurs ou aux importateurs de vĂ©hicules mentionnĂ©es dans la portĂ©e de la NSVAC no 141 l’option d’harmoniser les exigences avec celles des États-Unis ou de l’ONU, ce qui cadre avec les engagements du CCR et de l’AECG.

Évaluation environnementale stratégique

Une analyse préliminaire a été menée, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, et il a été déterminé qu’une évaluation environnementale stratégique n’était pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

En ce qui concerne les risques pour la sécurité des personnes malvoyantes, les VHE sont beaucoup plus silencieux que les véhicules équipés d’un moteur à combustion interne lorsqu’ils circulent à basse vitesse. Par conséquent, ils posent un danger pour ces personnes, qui dépendent des signaux sonores lors de leurs déplacements à proximité de véhicules (par exemple dans les stationnements, aux intersections).

L’initiative de réglementation vise à éliminer les risques disproportionnés pour les personnes malvoyantes. Sinon, on ne s’attend pas à ce que l’initiative ait un impact différentiel sur des groupes de personnes en fonction de facteurs d’identité tels que le sexe, le genre, l’âge, la langue, l’éducation, la culture, l’origine ethnique, le revenu, la capacité, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.

Justification

Comparaison entre la FMVSS 141 et le règlement de l’ONU no 138

Bien que les exigences des États-Unis et de l’ONU prĂ©voient des procĂ©dures d’essai de tout le vĂ©hicule sur une piste extĂ©rieure conforme Ă  la norme ISO 10844, le règlement de l’ONU no 138 offre Ă©galement l’option d’effectuer des essais Ă  l’intĂ©rieur, dans une chambre semi-anĂ©choĂŻque. Il permet Ă©galement de faire l’essai de tout le vĂ©hicule ou seulement du système d’avertissement acoustique du vĂ©hicule (dans certains scĂ©narios d’essai), en mouvement rĂ©el ou au moyen de signaux transmis au vĂ©hicule pour simuler une utilisation rĂ©elle. Les normes Ă©tablissent aussi des procĂ©dures de traitement et d’analyse des donnĂ©es recueillies. Le traitement des donnĂ©es doit montrer que le son produit lors de chaque essai respecte l’exigence acoustique de 2 ou 4 bandes applicable prescrite par la norme utilisĂ©e pour s’assurer que le vĂ©hicule demeure dĂ©tectable dans toutes les conditions d’utilisation mentionnĂ©es. Les exigences de chaque norme rĂ©pondraient aux objectifs des modifications et amĂ©lioreraient la dĂ©tectabilitĂ© des vĂ©hicules Ă  basse vitesse. Le tableau 1 ci-dessous prĂ©sente les scĂ©narios d’essai exigĂ©s et les options acoustiques offertes pour chaque norme.

Tableau 1. Comparaison générale des principales différences entre les exigences acoustiques minimales des États-Unis et de l’ONU
Exigences en matière de système d’avertissement acoustique du vĂ©hicule FMVSS 141 Règlement de l’ONU no 138
Avertissement sonore lorsque le véhicule est immobile Obligatoire Optionnel
Simulation d’accélération Hausse de volume Changement de fréquence
CaractĂ©ristique de l’avertissement sonore 2 bandes ou 4 bandes 2 bandes
Vitesse d’essai 0 km/h Ă  32 km/h 0 km/h Ă  20 km/h
Lieu d’essai Extérieur Intérieur ou extérieur

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les nouvelles exigences minimales concernant le bruit prescrites par la NSVAC 141 entrent en vigueur le jour de leur publication dans la Partie II de la Gazette du Canada.

Les entreprises sont responsables d’assurer la conformité aux exigences de la LSA et à celles de ses règlements. TC surveillera les avis de défaut et de non-conformité afin de s’assurer qu’ils contiennent, au minimum, l’information requise aux termes des règlements de la LSA, et veillera à ce que les entreprises prennent des mesures correctives dans les délais prescrits par les règlements. De plus, TC recueillera des renseignements sur les problèmes liés à la sécurité en examinant les plaintes publiques et autres rapports, en procédant à l’inspection ou à l’essai de véhicules ou de composantes ou en recourant à d’autres techniques d’enquête. En vertu de la LSA, les inspecteurs désignés peuvent aussi pénétrer dans des lieux s’ils ont des motifs raisonnables de croire qu’ils y trouveront des dossiers relatifs aux véhicules ou à l’équipement, afin de confirmer tout défaut ou non-conformité d’un véhicule ou d’équipement, et ils peuvent examiner tout document soupçonné de contenir des renseignements pertinents à l’application de la LSA. Si un véhicule ou équipement n’est pas conforme à la LSA, l’entreprise ou l’individu est passible de poursuites et, s’il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à une amende conformément à la LSA.

Personne-ressource

Marc-André Larocque-Legros
Ingénieur, Élaboration des règlements
Programmes de transport multimodal et de sécurité routière
Transports Canada
330, rue Sparks
Ottawa (Ontario)
K1A 0N5
Courriel : RegulationsClerk-ASFB-Commisauxreglements@tc.gc.ca