Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus : DORS/2022-240

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 25

Enregistrement
DORS/2022-240 17 novembre 2022

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

C.P. 2022-1213 Le 17 novembre 2022

Attendu que la gouverneure en conseil juge que les actions de la République du Bélarus constituent une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales qui est susceptible d’entraîner ou a entraîné une grave crise internationale,

Ă€ ces causes, sur recommandation de la ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu des paragraphes 4(1)rĂ©fĂ©rence a, (1.1)rĂ©fĂ©rence b, (2)rĂ©fĂ©rence c et (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales rĂ©fĂ©rence d, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus, ci-après.

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Bélarus

Modifications

1 La partie 1.1 de l’annexe 1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus rĂ©fĂ©rence 1 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

2 La partie 2 de l’annexe 1 du mĂŞme règlement est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

Antériorité de la prise d’effet

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2)a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires, le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada.

Entrée en vigueur

4 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Le BĂ©larus supporte la violation de la souverainetĂ© et de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine par la FĂ©dĂ©ration de Russie.

Contexte

Le 9 aoĂ»t 2020, la RĂ©publique du BĂ©larus a tenu des Ă©lections prĂ©sidentielles entachĂ©es de nombreuses irrĂ©gularitĂ©s. Sous la direction du prĂ©sident au pouvoir Alexandre Loukachenko, le gouvernement du BĂ©larus a menĂ© une campagne de rĂ©pression systĂ©matique pendant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant le vote et pendant le dĂ©roulement de l’élection elle-mĂŞme, et a utilisĂ© la violence soutenue par l’État contre le peuple bĂ©larussien afin de rĂ©primer les manifestations antigouvernementales. Human Rights Watch, Amnistie internationale, le Bureau du commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, le Viasna Human Rights Centre, ainsi que l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE), ont tous signalĂ© de nombreuses violations des droits de la personne. Depuis lors, plusieurs organisations renommĂ©es des droits de la personne, y compris le Viasna Human Rights Centre, ont Ă©tĂ© contraintes de fermer.

Depuis les Ă©lections prĂ©sidentielles de 2020, le gouvernement du BĂ©larus continue de commettre des violations flagrantes et systĂ©matiques des droits de la personne. Celles-ci comprennent des dĂ©tentions arbitraires prolongĂ©es, la brutalitĂ©, l’intimidation et l’usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques. Les arrestations arbitraires se poursuivent. De plus, il existe des restrictions indues aux droits Ă  la libertĂ© d’expression, de rĂ©union pacifique et Ă  la libertĂ© d’association. Les observateurs des droits de la personne ont identifiĂ© une escalade de l’ampleur de la rĂ©pression contre les journalistes indĂ©pendants en 2021, notamment des dĂ©tentions arbitraires, l’imposition d’amendes et de peines de prison, la perte d’accrĂ©ditations mĂ©diatiques et des descentes de police. Le 23 mai 2021, le gouvernement biĂ©lorusse a lancĂ© une alerte Ă  la bombe sous un faux motif pour justifier le dĂ©tournement du vol Ryanair 4978 vers Minsk afin d’arrĂŞter le journaliste biĂ©lorusse dissident Raman Pratasevich et son Ă©pouse russe, qui restent assignĂ©s Ă  rĂ©sidence. Le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU a condamnĂ© Ă  la majoritĂ© cette action le 31 octobre 2022.

Le Canada s’est fortement engagé dans la situation au Bélarus, tant directement avec le gouvernement du Bélarus et avec des partenaires internationaux, ainsi qu’au sein de forums multilatéraux, tels que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la Coalition pour la liberté des médias et la Freedom Online Coalition.

Depuis la mi-2021, il y a eu un rapprochement entre le BĂ©larus et la Russie. La Russie apporte un soutien diplomatique, financier, militaire, aux mĂ©dias et au renseignement au BĂ©larus. Le 30 novembre 2021, Loukachenko a mentionnĂ© que le territoire de la CrimĂ©e occupĂ© par la Russie Ă©tait lĂ©galement devenu une partie de la Russie en 2014, ajoutant qu’il avait planifiĂ© de visiter la pĂ©ninsule avec le PrĂ©sident russe Vladimir Poutine. Cela marque un changement important des dĂ©clarations prĂ©cĂ©dentes du BĂ©larus.

Ă€ la fin de l’automne 2021, après des mois d’intensification, la Russie a commencĂ© Ă  rassembler ses troupes, des Ă©quipements militaires et des capacitĂ©s militaires aux frontières de l’Ukraine et autour du pays. Le renforcement a continuĂ© jusqu’en fĂ©vrier 2022, totalisant finalement 150 000 Ă  190 000 troupes. Cela a inclus les exercices militaires au BĂ©larus, avec la participation des forces armĂ©es du BĂ©larus. La Russie et le BĂ©larus ont tenu des exercices militaires anticipĂ©s du 10 au 20 fĂ©vrier 2022. Toutefois, le 20 fĂ©vrier 2022, la Russie a Ă©tendu la durĂ©e de cet exercice militaire avec le BĂ©larus et a annoncĂ© que les troupes russes ne quitteraient pas le BĂ©larus. Les relations du BĂ©larus avec l’Ukraine, les États-Unis et l’Organisation du traitĂ© de l’Atlantique Nord (OTAN) se sont Ă©galement dĂ©tĂ©riorĂ©es, ce qui a menĂ© Ă  des tensions accrues.

Le 24 fĂ©vrier, le prĂ©sident Poutine a annoncĂ© une « opĂ©ration militaire spĂ©ciale Â» au moment oĂą des forces russes lançaient une invasion Ă  grande Ă©chelle contre l’Ukraine. Cette invasion a commencĂ© par des frappes ciblĂ©es sur des infrastructures militaires ukrainiennes d’importance, avec des forces russes avançant au nord de l’Ukraine en provenance de la Russie et du BĂ©larus, Ă  l’est en provenance de la Russie et les rĂ©gions dites RĂ©publique populaire de Louhansk (RPL) et RĂ©publique populaire de Donetsk (RPD), et au sud en provenance de la CrimĂ©e. L’attaque de la Russie contre l’Ukraine est dĂ©jĂ  bien avancĂ©e. Le 27 fĂ©vrier, le rĂ©gime de Loukachenko a adoptĂ© un amendement frauduleux Ă  la constitution du BĂ©larus supprimant l’article 18, qui s’engageait Ă  « faire de son territoire une zone dĂ©nuclĂ©arisĂ©e et un État neutre Â». Cette dĂ©cision a ouvert la voie au BĂ©larus pour accueillir des armes nuclĂ©aires russes. Ă€ la suite de l’invasion, les forces du BĂ©larus ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©es Ă  la frontière avec l’Ukraine, mais n’ont pas encore pĂ©nĂ©trĂ© en Ukraine elle-mĂŞme.

Réponse internationale

Depuis le début de la crise actuelle, le Canada et la communauté internationale demandent à la Russie de désamorcer la situation, de poursuivre la voie diplomatique et de faire preuve de transparence dans ses activités militaires. Les négociations diplomatiques se sont déroulées sur plusieurs pistes, notamment par (1) les pourparlers bilatéraux entre les États-Unis et la Russie (par exemple le Dialogue stratégique sur la stabilité; (2) l’OTAN; (3) l’OSCE; et (4) le Format Normandie (Ukraine, Russie, Allemagne, France) pour la mise en œuvre des accords de Minsk.

Le 21 fĂ©vrier 2022, les ministres des Affaires Ă©trangères du G7 ont publiĂ© une dĂ©claration condamnant la reconnaissance russe des soi-disant rĂ©gions du RPL et RPD, et mentionnant que le G7 s’apprĂŞtait Ă  renforcer ses mesures restrictives en rĂ©ponse aux actions russes. De plus, les membres ont rĂ©affirmĂ© leur engagement inĂ©branlable envers la souverainetĂ© et l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine. Les ministres des Affaires Ă©trangères du G7 et les chefs de l’OTAN continuent d’être unis dans leur promesse de consĂ©quences importantes pour la Russie. Le Canada et le G7 ont Ă©galement appelĂ© le BĂ©larus Ă  mettre fin Ă  son soutien Ă  l’invasion russe.

Le Canada travaille en étroite coordination avec ses alliés. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et d’autres alliés ont annoncé des sanctions en réponse à l’attaque militaire russe en Ukraine, y compris via le Bélarus.

La réponse du Canada

Le Canada continue de condamner fermement le comportement de la Russie envers l’Ukraine. Le Canada a annoncĂ© plusieurs contributions pour soutenir l’Ukraine, y compris des programmes humanitaires, de dĂ©veloppement, de rĂ©silience, de sĂ©curitĂ©, de droits de la personne et de stabilisation en Ukraine. Cela reprĂ©sente plus de 600 millions de dollars depuis janvier 2022. Pour soutenir la rĂ©silience Ă©conomique de l’Ukraine, le Canada a Ă©galement offert jusqu’à 1,45 milliard de dollars pour des prĂŞts supplĂ©mentaires au gouvernement ukrainien par l’entremise du nouveau compte pour l’Ukraine administrĂ© par le Fonds monĂ©taire international (FMI), qui ont Ă©tĂ© entièrement dĂ©boursĂ©s.

Le Canada a Ă©galement envoyĂ© des armes, telles que des lance-roquettes, des grenades Ă  main, des armes antiblindĂ© et des munitions, pour soutenir l’Ukraine. Ces contributions s’ajoutent Ă  plus de 57 millions de dollars en Ă©quipement militaire que le Canada a fourni Ă  l’Ukraine de 2015 Ă  2021 et Ă  l’élargissement de l’engagement du Canada dans l’opĂ©ration REASSURANCE, la contribution des Forces armĂ©es canadiennes aux mesures d’assurance et de dissuasion de l’OTAN en Europe centrale et orientale.

Depuis le 24 fĂ©vrier 2022, le gouvernement du Canada a adoptĂ© un certain nombre de mesures punitives et imposĂ© des sanctions Ă©conomiques sĂ©vères et Ă©tendues contre la Russie pour sa guerre d’agression contre l’Ukraine et contre le BĂ©larus pour son soutien Ă  la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine. Depuis le dĂ©but de la crise, en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES), le Canada a sanctionnĂ© plus de 1 400 personnes et entitĂ©s en Russie, au BĂ©larus et en Ukraine. Il s’agit notamment de hauts membres du gouvernement du BĂ©larus, de hauts responsables militaires, d’oligarques et des membres de leur famille.

Le Canada a Ă©galement mis en Ĺ“uvre des mesures pour faire pression sur l’économie du BĂ©larus et limiter les Ă©changes commerciaux du BĂ©larus avec le Canada en rĂ©voquant le statut de « nation la plus favorisĂ©e Â» du BĂ©larus, appliquant un tarif de 35 % sur toutes les importations en provenance de ce pays.

Le Canada a interdit l’accès de l’espace aérien canadien aux aéronefs bélarussiens (détenus et exploités). Il a également interdit l’exportation de produits de luxe, d’une liste de biens qui pourraient être utilisés dans la production et la fabrication d’armes par le Bélarus, ainsi que de biens et de technologies de pointe qui pourraient être utilisés dans la production et la fabrication d’armes par ce pays.

Les modifications au Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Bélarus renforcent les sanctions existantes du Canada contre le Bélarus en entravant davantage les relations des autorités bélarussiennes avec le Canada. Ces mesures sont prises en coordination avec des partenaires, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne, l’Australie et le Japon.

Conditions pour imposer et soulever les sanctions

Conformément à la Loi sur les mesures économiques spéciales, le gouverneur en conseil peut imposer des sanctions économiques et autres contre des États étrangers, des entités et des particuliers lorsque, parmi d’autres circonstances, une rupture sérieuse de la paix et de la sécurité internationales s’est produite et a entraîné une grave crise internationale.

La durée des sanctions imposées par le Canada et ses partenaires aux vues similaires a été explicitement liée à la résolution pacifique du conflit et au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières telles qu’elles sont reconnues par la communauté internationale; ces frontières incluent la Crimée et les zones maritimes limitrophes de l’Ukraine. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne, l’Australie et le Japon continuent aussi à mettre à jour leurs régimes de sanctions à l’encontre de particuliers et d’entités en Russie, au Bélarus et en Ukraine.

Objectif

Description

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus (les modifications) ajoute 22 particuliers et 16 entitĂ©s Ă  l’annexe 1, partie 1.1 et partie 2 du Règlement respectivement. Ces derniers sont sujets Ă  une prohibition gĂ©nĂ©rale de transactions. Ces personnes sont de hauts fonctionnaires bĂ©larussiens de l’armĂ©e, de l’agence frontalière et de l’administration politique et civile. Les entitĂ©s concernĂ©es sont des entreprises militaires de fabrication, de technologie et d’ingĂ©nierie, des banques publiques et privĂ©es et la sociĂ©tĂ© nationale des chemins de fer.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Affaires mondiales Canada mobilise régulièrement les intervenants pertinents, qui incluent des organisations de la société civile, des communautés culturelles, et des représentants d’autres gouvernements aux vues similaires pour discuter de l’approche du Canada relative à la mise en œuvre de sanctions.

Pour ce qui est du processus des mesures des listes de sanctions, il n’est pas approprié d’y inclure des consultations publiques, compte tenu de l’urgence d’imposer ces mesures en réponse à la violation continue de la paix et de la sécurité internationales en Ukraine.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Une évaluation initiale de la portée géographique des modifications a été effectuée et n’a révélé aucune obligation découlant des traités modernes, puisque les modifications ne prendront pas effet dans une région visée par un traité moderne.

Choix de l’instrument

Au Canada, les règlements sont le seul instrument permettant d’appliquer des sanctions. Aucun autre instrument ne pourrait être considéré.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les sanctions visant des personnes et entités précises ont moins d’impact sur les entreprises canadiennes que les sanctions économiques traditionnelles à grande échelle, et auront un impact limité sur les citoyens des pays des personnes inscrites sur la liste. Il est probable que les particuliers et entités désignés ont des liens limités avec le Canada et n’ont donc pas d’activités commerciales importantes pour l’économie canadienne. Les banques et les institutions financières canadiennes sont tenues de se conformer aux sanctions. Elles le feront en ajoutant les personnes nouvellement inscrites sur la liste à leurs systèmes de surveillance existants, ce qui pourrait entraîner un coût de conformité mineur. Les modifications pourraient éventuellement créer des coûts supplémentaires pour les entreprises qui cherchent à obtenir des permis qui les autoriseraient à mener des activités ou des transactions spécifiques qui sont autrement interdites.

Lentille des petites entreprises

Les modifications entraîneront potentiellement des coûts supplémentaires pour les petites entreprises qui chercheront à obtenir des permis qui les autoriseraient à effectuer des activités ou des transactions spécifiques qui sont autrement interdites. Cependant, les coûts seront probablement faibles, car il est peu probable que les petites entreprises canadiennes aient ou auront des relations avec les personnes et entités nouvellement inscrites.

Règle du « un pour un Â»

Le processus d’autorisation pour les entreprises rĂ©pond Ă  la dĂ©finition de « fardeau administratif Â» dans la loi sur la rĂ©duction de la paperasse et devrait ĂŞtre calculĂ© et compensĂ© dans les 24 mois. Cependant, la proposition rĂ©pond Ă  une situation d’urgence et est exemptĂ©e de l’obligation de compenser le fardeau administratif et les titres rĂ©glementaires en vertu de la règle du « un pour un Â».

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Bien que les modifications ne soient pas liées à un plan de travail ou à un engagement dans le cadre d’un forum officiel de coopération réglementaire, elles s’alignent sur les mesures prises par les alliés du Canada.

Évaluation environnementale stratégique

Il est peu probable que les modifications entraînent des effets importants sur l’environnement. Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le sujet des sanctions Ă©conomiques a dĂ©jĂ  fait l’objet d’une analyse des effets sur le genre et la diversitĂ© dans le passĂ©. Bien qu’elles visent Ă  encourager un changement de comportement en exerçant une pression Ă©conomique sur des particuliers et entitĂ©s Ă  l’étranger, les sanctions prises en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales peuvent nĂ©anmoins avoir une incidence involontaire sur certains groupes et certaines personnes vulnĂ©rables. PlutĂ´t que d’affecter le BĂ©larus dans son ensemble, ces sanctions ciblĂ©es ont un impact sur les secteurs Ă©conomiques clĂ©s qui, directement ou indirectement, soutiennent, financent ou contribuent Ă  une violation de la souverainetĂ© ou de l’intĂ©gritĂ© territoriale de l’Ukraine. Par consĂ©quent, ces sanctions Ă©conomiques n’auront probablement pas d’incidence importante sur les groupes vulnĂ©rables, en comparaison aux larges sanctions traditionnelles visant un État, et leurs effets collatĂ©raux se limiteront aux personnes qui dĂ©pendent des personnes et des entitĂ©s ciblĂ©es.

Justification

Les modifications sont une rĂ©ponse directe Ă  l’implication du Gouvernement du BĂ©larus et des forces armĂ©es du BĂ©larus dans l’invasion de l’Ukraine du 24 fĂ©vrier 2022; laquelle constitue une violation flagrante par la Russie et le BĂ©larus de l’intĂ©gritĂ© territoriale et la souverainetĂ© de l’Ukraine, et du droit et des principes internationaux. Le BĂ©larus s’est rendu complice de ces actions du fait de son soutien Ă  la Russie. En coordination avec les actions menĂ©es par les alliĂ©s du Canada, les modifications visent Ă  imposer des coĂ»ts Ă©conomiques directs sur le BĂ©larus et signalent la condamnation ferme par le Canada de l’implication du BĂ©larus dans les dernières violations russes de l’intĂ©gritĂ© territoriale et de la souverainetĂ© de l’Ukraine.

Les modifications inscrivent 22 nouvelles personnes et 16 entitĂ©s sur la liste en vertu du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus. Ces personnes sont de hauts fonctionnaires bĂ©larussiens de l’armĂ©e, des services frontaliers, de l’administration politique et civile, y compris ceux qui ont compĂ©tence sur les territoires du BĂ©larus qui ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour stationner et transporter du personnel et du matĂ©riel militaires russes avant et pendant l’invasion russe de l’Ukraine. Ces entitĂ©s sont des entreprises militaires de fabrication, de technologie et d’ingĂ©nierie, des banques publiques et privĂ©es qui reprĂ©sentent des secteurs Ă©conomiques essentiels pour le rĂ©gime de Loukachenko et ses politiques actuelles qui menacent la sĂ©curitĂ© de l’Ukraine et des Ukrainiens. Dans le cas des banques, certaines d’entre elles offrent encore un accès aux systèmes de paiement internationaux qui permettent Ă  leurs clients russes de contourner les sanctions existantes. La sociĂ©tĂ© Belarusian Railway est Ă©galement recommandĂ©e pour les sanctions, car elle facilite le mouvement des troupes et du matĂ©riel russes, y compris des armes, vers l’Ukraine. Ces modifications permettront d’aligner davantage la rĂ©glementation canadienne sur celle des alliĂ©s et des partenaires, Ă  savoir les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union europĂ©enne.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Les modifications entrent en vigueur le jour de leur enregistrement.

Les noms des particuliers inscrits seront disponibles en ligne pour que les institutions financières puissent les examiner, et ils seront ajoutés à la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes. Cela contribuera à faciliter le respect du Règlement.

Les règlements canadiens sur les sanctions sont appliquĂ©s par la Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada. ConformĂ©ment Ă  l’article 8 de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales, quiconque contrevient sciemment au Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant le BĂ©larus est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, d’une amende maximale de 25 000 $ ou d’une peine d’emprisonnement maximale d’un an, ou d’une combinaison des deux; ou encore, sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation, d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a des pouvoirs d’exécution en vertu de la LMES et de la Loi sur les douanes, et jouera un rôle dans l’application de ces sanctions.

Personne-ressource

Andrew Turner
Directeur
Direction de l’Europe de l’Est et de l’Eurasie
Affaires mondiales Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 343‑203‑3603
Courriel : Andrew.Turner@international.gc.ca