Règlement modifiant certains règlements pris en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu : DORS/2022-91

La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 10

Enregistrement
DORS/2022-91 Le 2 mai 2022

LOI SUR LES ARMES À FEU

C.P. 2022-447 Le 29 avril 2022

Attendu que le ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile, conformĂ©ment Ă  l’article 118 de la Loi sur les armes Ă  feu rĂ©fĂ©rence a, a fait dĂ©poser le projet de règlement intitulĂ© Règlement modifiant certains règlements pris en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu, conforme en substance au texte ci-après, devant chaque chambre du Parlement le 21 juin 2021, laquelle date est antĂ©rieure d’au moins trente jours de sĂ©ance Ă  la date du prĂ©sent dĂ©cret,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile et en vertu des alinĂ©as 117a), c.1)rĂ©fĂ©rence b, m)rĂ©fĂ©rence c, n.1)rĂ©fĂ©rence d et w) de la Loi sur les armes Ă  feurĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le Règlement modifiant certains règlements pris en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu, ci-après.

Règlement modifiant certains règlements pris en vertu de la Loi sur les armes à feu

Règlement sur les permis d’armes à feu

1 L’intertitre prĂ©cĂ©dant l’article 6 et les articles 6 Ă  8.2 du Règlement sur les permis d’armes Ă  feu rĂ©fĂ©rence 1 sont remplacĂ©s par ce qui suit :

Renouvellement de permis de possession et d’acquisition d’armes à feu

8.2 Les articles 8.3 Ă  8.5 s’appliquent au renouvellement des permis de possession et d’acquisition d’armes Ă  feu dĂ©livrĂ©s aux particuliers.

2 L’article 8.5 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

8.5 Les articles 3 Ă  5 ne s’appliquent pas au renouvellement du permis.

3 L’alinĂ©a 14(1)d) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

4 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 24, de ce qui suit :

Conditions

24.1 (1) Pour l’application de l’alinĂ©a 58.1(1)a) de la Loi, les renseignements sont les suivants :

(2) Pour l’application de l’alinĂ©a 58.1(1)a) de la Loi, la pĂ©riode est de vingt ans Ă  compter de la date de crĂ©ation du registre ou du fichier.

(3) Pour l’application de l’alinĂ©a 58.1(1)c) et du paragraphe 58.1(2) de la Loi, la personne dĂ©signĂ©e est le directeur.

(4) Pour l’application du paragraphe 58.1(2) de la Loi, la destruction des registres et fichiers visĂ©s peut s’effectuer Ă  la fin de la pĂ©riode de vingt ans qui commence Ă  la date de la rĂ©ception de ceux-ci.

Règlement sur les conditions visant la cession des armes à feu et autres armes

5 La dĂ©finition de arme Ă  feu sans restrictions, Ă  l’article 1 du Règlement sur les conditions visant la cession des armes Ă  feu et autres armes rĂ©fĂ©rence 2, est abrogĂ©e.

6 (1) Le paragraphe 3(1) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

3 (1) Pour l’application de l’alinĂ©a 23.2(1)f) de la Loi, la condition Ă  remplir est la fourniture au directeur, par le cĂ©dant, de ses nom et numĂ©ro de permis et de ceux du cessionnaire.

(2) Le passage du paragraphe 3(3) du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

(3) Pour l’application de l’alinĂ©a 23.2(1)f) de la Loi, les conditions Ă  remplir par le cessionnaire sont les suivantes :

(3) Le passage de l’alinĂ©a 3(3)a) de la version anglaise du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant le sous-alinĂ©a (i) est remplacĂ© par ce qui suit :

(4) Le passage de l’alinĂ©a 3(3)b) de la version anglaise du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant le sous-alinĂ©a (i) est remplacĂ© par ce qui suit :

7 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 4, de ce qui suit :

Renseignements liés au permis du cessionnaire

5 Pour l’application du paragraphe 23(2) de la Loi, les renseignements sont ceux qui figurent au recto du permis du cessionnaire, y compris la photographie.

6 Aux fins d’attribution d’un numĂ©ro de rĂ©fĂ©rence au titre de l’article 23 de la Loi, le cĂ©dant :

Période de validité du numéro de référence

7 Pour l’application du paragraphe 23(4) de la Loi, la pĂ©riode est de quatre-vingt-dix jours.

8 (1) Le passage de l’article 10 de la version anglaise du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant le sous-alinĂ©a a)(i) est remplacĂ© par ce qui suit :

10 For the purposes of subsection 26(1) of the Act, a transferor must comply with the following conditions to transfer a firearm to Her Majesty in right of Canada or a province, to a police force or to a municipality:

(2) L’alinĂ©a 10b) de la version anglaise du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

9 L’article 11 de la version anglaise du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

11 For the purposes of subsection 26(2) of the Act, to transfer a prohibited weapon, a restricted weapon, a prohibited device, ammunition or prohibited ammunition to Her Majesty in right of Canada or a province, to a police force or to a municipality, a transferor must obtain a receipt from the person accepting the transfer on behalf of Her Majesty in right of Canada or a province or on behalf of a police force or a municipality that identifies the date of the transfer and describing the goods transferred.

10 L’article 12 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

12 Pour l’application de l’article 32 de la Loi, avant de cĂ©der une arme Ă  feu par la poste, le cĂ©dant obtient toutes les copies des certificats d’enregistrement et autorisations que la Loi exige comme condition prĂ©alable au transfert.

Règlement d’adaptation visant les armes à feu des peuples autochtones du Canada

11 L’alinĂ©a 2d) du Règlement d’adaptation visant les armes Ă  feu des peuples autochtones du Canada rĂ©fĂ©rence 3 est remplacĂ© par ce qui suit :

12 (1) Le passage de l’article 5 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

5 Les articles 3 et 9 du Règlement sur les permis d’armes Ă  feu sont adaptĂ©s de manière que toute attestation prĂ©sentĂ©e par un demandeur autochtone ou un autre Autochtone puisse ĂŞtre faite :

(2) L’alinĂ©a 5a) de la version anglaise du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

13 Le passage de l’article 6 du mĂŞme règlement prĂ©cĂ©dant l’alinĂ©a a) est remplacĂ© par ce qui suit :

6 Les articles 3 et 9 du Règlement sur les permis d’armes Ă  feu sont adaptĂ©s de manière qu’un particulier qui prĂ©sente une demande et qui dĂ©sire que le prĂ©sent règlement lui soit applicable, joigne Ă  sa demande les informations suivantes :

14 L’article 7 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

7 Les articles 3 et 9 du Règlement sur les permis d’armes Ă  feu sont adaptĂ©s par adjonction de l’exigence suivante : lorsque le contrĂ´leur des armes Ă  feu envisage de refuser de dĂ©livrer un permis Ă  un demandeur autochtone, il doit donner Ă  celui-ci la possibilitĂ© de lui soumettre pour examen les recommandations fournies par un aĂ®nĂ© ou dirigeant de la collectivitĂ© autochtone du demandeur, qui soulignent l’importance pour celui-ci de pratiquer la chasse ancestrale.

15 L’intertitre prĂ©cĂ©dant l’article 18 et les articles 18 et 19 du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

Règlement sur les renseignements relatifs aux armes à feu (armes à feu sans restrictions)

16 Le Règlement sur les renseignements relatifs aux armes à feu (armes à feu sans restrictions) référence 4 est abrogé.

Disposition transitoire

17 Le Règlement sur les permis d’armes Ă  feu, dans sa version antĂ©rieure Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement, s’applique jusqu’au 1er octobre 2022 dans le cas d’une entreprise visĂ©e Ă  l’alinĂ©a 58.1(1)c) de la Loi sur les armes Ă  feu qui cesse d’en ĂŞtre une Ă  la date de l’entrĂ©e en vigueur du prĂ©sent règlement ou après cette date.

Entrée en vigueur

18 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 7 de la Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes Ă  feu, chapitre 9 des Lois du Canada (2019), ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

Actuellement, les particuliers et les entreprises qui cèdent (c.-Ă -d. vendent, troquent ou donnent) des armes Ă  feu sans restriction peuvent de leur propre grĂ© vĂ©rifier si le cessionnaire (c.-Ă -d. l’acheteur ou le destinataire) dĂ©tient un permis d’armes Ă  feu valide, mais cette vĂ©rification n’est pas obligatoire. Or, puisque les armes Ă  feu sans restrictions reprĂ©sentent la vaste majoritĂ© (environ 90 %) des ventes, il y a lĂ  un risque que des armes Ă  feu soient cĂ©dĂ©es Ă  des personnes non autorisĂ©es.

Les entreprises n’ont pas à tenir de registre des transactions liées à des armes à feu sans restriction pour conserver leur permis, alors qu’elles y sont obligées pour les cessions d’armes à feu prohibées ou à autorisation restreinte. Ces registres peuvent aider les forces de l’ordre à retracer des armes à feu si elles sont utilisées pour perpétrer un crime (ou des activités illégales). Faute de tels registres, les forces de l’ordre ont du mal à savoir d’où proviennent les armes à feu sans restriction utilisées pour perpétrer un crime, sauf si elles les trouvent dans leurs propres bases de données tel le Centre d’information de la police canadienne (CIPC).

La Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes Ă  feu (l’ancien projet de loi C-71) a reçu la sanction royale le 21 juin 2019. Entre autres modifications Ă  la Loi sur les armes Ă  feu, elle rĂ©tablit la nĂ©cessitĂ© de vĂ©rifier le permis du cessionnaire avant de cĂ©der une arme Ă  feu sans restriction ainsi que, pour conserver un permis d’entreprise, de tenir un registre des armes Ă  feu sans restriction en leur possession et leur disposition. Ă€ prĂ©sent, la rĂ©glementation devra ĂŞtre modifiĂ©e pour rendre ces mesures concrètes.

Contexte

La Loi sur les armes à feu impose un permis pour acheter et posséder des armes à feu en tant que particulier, ainsi que pour exploiter une entreprise dans ce domaine (munitions comprises). Le particulier doit détenir un permis de possession et d’acquisition pour posséder une arme à feu sans restriction, ou un permis de possession et d’acquisition d’une arme à feu à autorisation restreinte pour posséder une arme à feu prohibée ou une arme à feu à autorisation restreinte visée par un droit acquis. Quant à l’entreprise, elle pourra avoir différentes autorisations inscrites sur son permis, selon son secteur d’activité (vente, réparation, expédition, exposition en musée, etc.).

Le rĂ©gime des permis existe pour obliger les particuliers Ă  subir une vĂ©rification d’antĂ©cĂ©dents et Ă  suivre le Cours canadien sur la sĂ©curitĂ© dans le maniement des armes Ă  feu et le Cours canadien de sĂ©curitĂ© dans le maniement des armes Ă  feu Ă  autorisation restreinte si besoin est. Le titulaire de permis est ensuite assujetti Ă  une vĂ©rification continue de l’admissibilitĂ© : ses Ă©ventuels comportements Ă  risque Ă©levĂ© signalĂ©s par la police sont portĂ©s Ă  l’attention du contrĂ´leur des armes Ă  feu (CAF) de l’administration concernĂ©e, aux fins d’enquĂŞte et d’intervention. Pour une arme Ă  feu sans restriction, la Loi sous sa forme actuelle exige que le cessionnaire (« acheteur Â») dĂ©tienne un permis de possession et d’acquisition et que le cĂ©dant (« vendeur Â») ait toutes les raisons de le croire autorisĂ© Ă  acquĂ©rir et Ă  possĂ©der l’arme Ă  feu en question.

Quant Ă  la tenue de registres, la Loi oblige dĂ©jĂ  les entreprises Ă  tenir un inventaire et un registre ou fichier des transactions pour les armes Ă  feu prohibĂ©es et Ă  autorisation restreinte afin de conserver leur permis. En revanche, le Règlement sur les renseignements relatifs aux armes Ă  feu (armes Ă  feu sans restrictions) interdit de leur imposer la mĂŞme chose pour les armes Ă  feu sans restriction sous peine de leur retirer leur permis. Ce règlement a Ă©tĂ© pris en juin 2012, après l’abolition du registre des armes d’épaule.

Nous examinerons ces deux enjeux plus largement dans les prochaines sections. La Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes Ă  feu exigera de vĂ©rifier le permis du cessionnaire avant de cĂ©der une arme Ă  feu sans restrictions et obligera les entreprises Ă  tenir un registre ou fichier des cessions d’armes Ă  feu sans restriction. Il faut noter toutefois que les dispositions du projet de loi C-71 sont entrĂ©es en vigueur par dĂ©cret.

Vérification des permis

La Loi sur l’abolition du registre des armes d’épaule, en 2012, a Ă©liminĂ© l’obligation de prĂ©venir le directeur de l’enregistrement des armes Ă  feu (le directeur) Ă  chaque cession d’une arme Ă  feu sans restriction. Le directeur, affectĂ© au Programme canadien des armes Ă  feu (PCAF) en vertu de la Loi sur l’emploi dans la fonction publique, porte la responsabilitĂ© de donner, de refuser et de rĂ©voquer selon le cas les certificats d’enregistrement d’armes Ă  feu prohibĂ©es ou Ă  autorisation restreinte. Il a aussi la responsabilitĂ© de tenir le Registre canadien des armes Ă  feu, lequel contient lesdits certificats ainsi que des fiches sur les permis et autorisations dĂ©livrĂ©s par les CAF. Ces derniers Ă  leur tour sont responsables entre autres de la dĂ©livrance des permis d’armes Ă  feu et des autorisations de port et de transport dans leur province ou territoire. Chaque province et chaque territoire a son CAF.

Avant la Loi sur l’abolition du registre des armes d’épaule, le directeur ne donnait pas de certificat d’enregistrement pour une arme Ă  feu sans restriction sans d’abord vĂ©rifier que le particulier concernĂ© avait toujours un permis valide (c.-Ă -d. n’essayait pas, par exemple, d’utiliser un permis frauduleux). Depuis 2012, les vendeurs pouvaient cĂ©der une arme Ă  feu sans restriction sans devoir vĂ©rifier auprès du directeur si le permis de l’acheteur Ă©tait toujours valide. Les vendeurs pouvaient cependant faire cette vĂ©rification de leur propre grĂ©. La loi interdit au directeur de consigner les demandes de vĂ©rification dans un registre ou fichier, mais puisqu’elles sont facultatives et nĂ©cessitent un effort supplĂ©mentaire, SĂ©curitĂ© publique Canada (SP) juge raisonnable de supposer qu’elles sont rares. Il n’existe pas de donnĂ©es sur les ventes actuelles d’armes Ă  feu sans restriction, mais pour l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant l’abolition du registre des armes d’épaule (2012), quelque 7,1 millions (90 %) des 7,9 millions des armes Ă  feu enregistrĂ©es au Canada Ă©taient sans restriction. Devant se fier Ă  cette ancienne statistique faute de donnĂ©es plus rĂ©centes, le ministère estime que pour une Ă©crasante majoritĂ© des ventes d’armes Ă  feu rĂ©alisĂ©es aujourd’hui, le vendeur ne vĂ©rifie pas le permis de l’acheteur auprès du directeur.

ProtĂ©ger la population contre les crimes commis au moyen d’une arme Ă  feu reste une grande prioritĂ© du gouvernement. Or, les particuliers qui dĂ©tiennent des permis volĂ©s ou frauduleux prĂ©sentent un risque pour la sĂ©curitĂ© publique. L’entrĂ©e en vigueur de l’article 5 de l’ancien projet de loi C-71 rĂ©tablira l’exigence de vĂ©rification des permis avant la cession d’une arme Ă  feu sans restriction. L’acheteur devra fournir l’information prescrite par règlement au vendeur, qui Ă  son tour demandera au directeur un numĂ©ro de rĂ©fĂ©rence, vĂ©rifiant que le permis de l’acheteur est toujours valide. Si le directeur constate que l’acheteur dĂ©tient et est encore admissible Ă  dĂ©tenir un permis d’armes Ă  feu permettant l’acquisition et la possession d’armes Ă  feu sans restriction, le directeur Ă©met un numĂ©ro de rĂ©fĂ©rence Ă  l’acheteur et au vendeur. Ce numĂ©ro de rĂ©fĂ©rence sera valide pendant toute la durĂ©e dĂ©terminĂ©e par la rĂ©glementation. Si le directeur ne fait pas cette constatation, il peut en informer le vendeur.

Pour prescrire les éléments susmentionnés (renseignements, période de validité du numéro de référence, personne désignée, conservation des renseignements), le Règlement sur les conditions visant la cession des armes à feu et autres armes sera modifié au moyen du présent projet de règlement. Le Règlement précise quels renseignements doivent être fournis au CAF quand une arme à feu prohibée ou à autorisation restreinte est cédée à un particulier ou à une entreprise, et quels renseignements doivent être transmis au directeur quand il y a cession aux autorités fédérales, provinciales ou municipales, à un corps policier, ou encore par la poste.

Puisqu’il est devenu nĂ©cessaire que le vendeur — particulier ou entreprise — vĂ©rifie le permis de l’acheteur auprès du directeur et que ce dernier en confirme la validitĂ©, les modifications rendent obligatoire que les permis soient vĂ©rifiĂ©s dans tous les cas, sans exception, et les particuliers qui dĂ©tiendront un permis volĂ© ou frauduleux ne pourront plus se procurer d’armes Ă  feu sans restriction.

Tenue des registres par les entreprises

L’obligation légale que les entreprises conservent les renseignements relatifs aux achats d’armes à feu a été abolie en 2005, puisque la création du registre des armes d’épaule en 1998 l’avait rendue redondante. Chaque arme à feu sans restriction, prohibée ou à autorisation restreinte serait inscrite au Registre canadien des armes à feu, avec le nom et le numéro de permis de son propriétaire. En 2012, le gouvernement a aboli l’enregistrement des armes à feu sans restriction; il a aussi, en prenant le Règlement sur les renseignements relatifs aux armes à feu (armes à feu sans restrictions), interdit dorénavant que les CAF obligent les entreprises à consigner des renseignements sur la possession ou la cession d’armes à feu sans restriction. Toutefois, il n’a pas interdit aux entreprises de continuer à tenir des inventaires à l’interne; en l’occurrence, la plupart ont continué d’enregistrer les transactions impliquant des armes à feu sans restriction, ne serait-ce que comme pratique exemplaire (pour faciliter les retours/échanges, pour les assurances, pour vérifier les garanties, etc.).

Une entreprise d’armes Ă  feu est une personne qui fabrique, assemble, possède, achète, vend, importe, exporte, expose, rĂ©pare, restaure, entretient, entrepose, modifie, prĂŞte sur gage, transporte, expĂ©die, distribue ou livre des armes Ă  feu. Une consignation exacte de ces activitĂ©s est essentielle pour savoir d’oĂą viennent les armes Ă  feu auxquelles on s’intĂ©resse. Le Centre national de dĂ©pistage des armes Ă  feu (CNDAF) aide de multiples manières les forces de l’ordre canadiennes et Ă©trangères dans leurs enquĂŞtes de terrain. Quand une arme Ă  feu est saisie ou rĂ©cupĂ©rĂ©e sur une scène de crime, la police peut mobiliser le CNDAF afin qu’il retrace d’oĂą elle vient, ce qui permet d’ouvrir des avenues d’enquĂŞte et d’y associer un suspect. Un dĂ©pistage est qualifiĂ© de rĂ©ussi quand le CNDAF trouve le premier propriĂ©taire pour qui une inscription existe. Dans la pĂ©riode de 2018 Ă  2020, Ă  peine 18 % en moyenne des dĂ©pistages ont Ă©tĂ© fructueux pour les armes Ă  feu sans restriction, contre 51 % pour les armes Ă  feu prohibĂ©es ou Ă  autorisation restreinte. Il n’est pas impossible que la non-consignation des armes Ă  feu sans restriction soit parmi les principales causes d’un chiffre si bas. Ă€ compter de l’entrĂ©e en vigueur des modifications rĂ©glementaires et des modifications lĂ©gislatives (projet de loi C-71) connexes, les entreprises seront tenues, pour garder leur permis, de conserver pendant la durĂ©e demandĂ©e les registres et fichiers contenant les renseignements (sur la possession et la disposition des armes Ă  feu sans restriction) prĂ©vus au règlement. Si elles cessent leurs activitĂ©s, ces entreprises seront Ă©galement tenues de transmettre les registres ou fichiers au directeur de l’enregistrement, qui Ă  son tour pourra les dĂ©truire selon les modalitĂ©s de temps et dans les situations prĂ©vues par règlement. Seul le directeur peut accĂ©der aux documents des anciennes entreprises; les documents ne seront liĂ©s d’aucune façon au Système canadien d’information relativement aux armes Ă  feu (SCIRAF) actuel et des ordonnances judiciaires seront requises pour tous les cas de demande d’accès aux renseignements d’anciennes entreprises par les forces de l’ordre.

Traduire les points susmentionnés en mesures concrètes (renseignements pertinents, personne désignée, périodes de conservation) passe par les présents changements au Règlement sur les permis d’armes à feu, lequel encadre la délivrance de permis aux particuliers, les demandes de permis, les refus et les révocations ainsi que la délivrance de permis aux entreprises.

Objectif

Le gouvernement est toujours dĂ©terminĂ© Ă  tenir ses engagements de fond sur les armes Ă  feu et Ă  protĂ©ger les collectivitĂ©s. La Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes Ă  feu (l’ancien projet de loi C-71) prĂ©voit d’imposer la vĂ©rification du permis lors de la cession d’armes Ă  feu sans restriction ainsi que la consignation de renseignements sur cette catĂ©gorie d’armes Ă  feu par les entreprises. Il est prĂ©vu que la mise en Ĺ“uvre de mesures par ces modifications rĂ©glementaires rĂ©duise les acquisitions illĂ©gales de telles armes Ă  feu et rende plus facile le dĂ©pistage de celles impliquĂ©es dans des actes criminels. Elle cadrera aussi avec l’engagement, inscrit dans la lettre de mandat du ministre de la SĂ©curitĂ© publique, de « continuer de rĂ©aliser [les] engagements [du gouvernement] en matière d’armes Ă  feu Â».

Ce changement de rĂ©glementation a deux objectifs. Premièrement, les dispositions obligeant Ă  vĂ©rifier les permis signifient que quelques cessions d’armes Ă  feu sans restriction seront rejetĂ©es parce qu’on aura constatĂ© que l’acheteur ne dĂ©tient pas de permis valide. Ces rejets seront sans doute peu nombreux certes, mais chacun aura le potentiel de prĂ©venir une mauvaise utilisation de l’arme Ă  feu en cause. Deuxièmement, les dispositions obligeant la conservation de renseignements par les entreprises devraient Ă©lever le taux annuel de dĂ©pistages fructueux au-dessus des 18 % actuels. En aval, on pourra s’attendre Ă  voir davantage de dĂ©clarations de culpabilitĂ© pour infractions liĂ©es aux armes Ă  feu, Ă  dĂ©couvrir des stratagèmes d’achat par prĂŞte-noms interposĂ©s, et Ă  pouvoir rendre des armes Ă  feu volĂ©es Ă  leurs propriĂ©taires lĂ©gitimes.

Description

Le Règlement modifiant certains règlements pris en vertu de la Loi sur les armes à feu modifie trois règlements existants et en abroge un autre.

Vérification des permis

Concernant la vĂ©rification des permis, les modifications s’appliquent aux particuliers et entreprises parties Ă  des cessions d’armes Ă  feu sans restriction — de particulier Ă  particulier, de particulier Ă  entreprise, d’entreprise Ă  particulier, ou d’entreprise Ă  entreprise. Le Règlement sur les conditions visant la cession des armes Ă  feu et autres armes est modifiĂ© comme suit, de façon Ă  exiger la vĂ©rification du permis avant la cession d’une arme Ă  feu sans restriction :

Tenue des registres par les entreprises

Les modifications touchent les entreprises dont le permis autorise Ă  faire des transactions commerciales impliquant des armes Ă  feu sans restriction. Le Règlement sur les permis d’armes Ă  feu est modifiĂ© pour indiquer l’information que les entreprises auront Ă  conserver Ă  compter de l’entrĂ©e en vigueur des modifications et des dispositions de l’ancien projet de loi C-71. Les modifications indiquent Ă©galement la pĂ©riode de conservation des renseignements, et la personne dĂ©signĂ©e Ă  qui devraient transmettre leurs fichiers et registres les entreprises qui dĂ©cideraient de cesser leurs activitĂ©s.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es ont Ă©tĂ© publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada le 26 juin 2021 pour une pĂ©riode de consultation publique de 30 jours afin d’offrir aux personnes intĂ©ressĂ©es l’occasion de rĂ©agir Ă  la proposition. SĂ©curitĂ© publique Canada a effectuĂ© une mobilisation ciblĂ©e en invitant de manière proactive certaines associations de l’industrie des armes Ă  feu, dont l’Association de l’industrie canadienne des munitions et armes de sport, l’Association canadienne pour les armes Ă  feu et la Coalition canadienne pour les droits aux armes Ă  feu afin de s’assurer que soit pris en compte le point de vue des propriĂ©taires d’entreprises et d’armes Ă  feu, ceux-lĂ  mĂŞmes qui auront Ă  respecter les nouvelles exigences introduites par la rĂ©glementation. Dans le mĂŞme ordre d’idĂ©es, les reprĂ©sentants de SĂ©curitĂ© publique Canada ont communiquĂ© avec les organismes qui militent en faveur du contrĂ´le des armes Ă  feu et au nom des victimes de la violence par arme Ă  feu, notamment PolySeSouvient, la Coalition pour le contrĂ´le des armes, les MĂ©decins pour un meilleur contrĂ´le des armes Ă  feu, des organisations de femmes comme la Fondation canadienne des femmes, et toutes les organisations autochtones nationales reconnues, dont l’AssemblĂ©e des Premières Nations, pour les informer qu’ils pouvaient formuler des commentaires sur les changements proposĂ©s.

SĂ©curitĂ© publique Canada a reçu 78 commentaires de la part d’entreprises et de particuliers. La plupart de ces commentaires abordaient le rĂ©gime des armes Ă  feu de manière gĂ©nĂ©rale et non les changements Ă  la loi C-71 en particulier. La plupart des commentaires exprimaient l’avis que la rĂ©glementation est excessive, du fait que les titulaires de permis sont gĂ©nĂ©ralement des personnes responsables et qu’ils sont dĂ©jĂ  soumis Ă  des mesures de contrĂ´le. Beaucoup estiment que davantage d’attention et de financement devraient ĂŞtre consacrĂ©s Ă  la prĂ©vention des crimes commis avec des armes Ă  feu, Ă  l’application de la loi et Ă  la sĂ©curitĂ© frontalière. Trois des commentaires reçus accueillent favorablement un contrĂ´le accru des armes Ă  feu en vue d’éliminer ou de rĂ©duire les crimes commis qui y sont associĂ©s.

Outre les commentaires généraux, les répondants ont également fourni des commentaires sur les deux initiatives réglementaires spécifiques, la vérification des permis et la tenue de registres par les entreprises, qui sont abordés ci-après.

Vérification des permis

Des propriĂ©taires d’armes Ă  feu ont manifestĂ© leur soutien Ă  la vĂ©rification des permis Ă  condition qu’il s’agisse d’un processus efficace, convivial et rapide qui n’augmente pas les temps d’attente et ne constitue pas un fardeau financier pour le gouvernement ou les entreprises. Les rĂ©pondants ont exprimĂ© le besoin d’un portail en ligne convivial, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour assurer la rapiditĂ© du traitement de la vĂ©rification des permis pour les cessions d’armes Ă  feu sans restriction par des entreprises et des particuliers. Les reprĂ©sentants du Programme canadien des armes Ă  feu (PCAF) ont confirmĂ© que le portail en ligne a Ă©tĂ© conçu pour ĂŞtre accessible et utilisable Ă  partir d’un tĂ©lĂ©phone mobile, et qu’il sera lancĂ© dès l’entrĂ©e en vigueur du règlement.

Des inquiĂ©tudes ont Ă©galement Ă©tĂ© exprimĂ©es quant au fait que le PCAF conserverait seulement des heures d’ouverture en semaine, ce qui pourrait entraĂ®ner de longues pĂ©riodes d’attente pour les appels et des complications liĂ©es aux transferts lors des expositions d’armes Ă  feu qui se tiennent pendant la fin de semaine. Certains s’attendent Ă  ce que la vĂ©rification des permis prolonge les temps d’attente. Bien que l’on s’attende Ă  une certaine augmentation des demandes de vĂ©rification des permis par le centre d’appels, on prĂ©voit que plus de la moitiĂ© de toutes les transactions de vĂ©rification seront effectuĂ©es par le portail en ligne, qui sera accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Comme on s’attend Ă  ce que l’utilisation du portail de services Web ne fasse qu’augmenter, cela attĂ©nuera en majeure partie l’augmentation des demandes soumises au centre d’appels en dehors des heures normales de travail. On s’attend Ă  ce que la majoritĂ© des entreprises qui vendent des armes Ă  feu sans restriction lors d’expositions d’armes Ă  feu se dĂ©roulant pendant la fin de semaine soient en mesure d’utiliser leurs services en ligne pour effectuer une demande de numĂ©ro de rĂ©fĂ©rence. On prĂ©voit que les ventes de particulier Ă  particulier seront les plus susceptibles d’être touchĂ©es par la demande de rĂ©fĂ©rence par un vendeur en dehors des heures normales de travail. Ces vendeurs ont toujours la possibilitĂ© de traiter la demande par le biais du portail des services en ligne aux particuliers, qui est convivial et accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les personnes qui souhaitent toujours contacter le service Ă  la clientèle par tĂ©lĂ©phone devront attendre les heures normales de bureau, du lundi au vendredi, pour que leur demande soit traitĂ©e. Toute augmentation globale de la charge de travail rĂ©sultant de la proportion de demandes de vĂ©rification de permis soumises par tĂ©lĂ©phone sera compensĂ©e par l’arrivĂ©e de 11 nouveaux agents du service Ă  la clientèle au centre d’appels.

Un certain nombre de répondants ont exprimé des inquiétudes quant au volume de renseignements personnels que l’acheteur doit fournir au vendeur, ce qui pourrait poser un risque de vol d’identité ou de fraude. Les entreprises canadiennes d’armes à feu utilisent leurs propres systèmes de gestion de l’information et sont responsables de la sécurité de la manipulation et du stockage des renseignements de nature délicate sur les clients. Tout renseignement personnel transmis entre une entreprise et le directeur est acheminé par l’entremise du système des Services en direct destinés aux entreprises (SDDE), qui est chiffré. Les renseignements fournis au directeur par un particulier vendeur à propos d’un acheteur pour les vérifications de licence seront également chiffrés lorsqu’ils sont transmis par l’intermédiaire du portail en ligne. La transmission en ligne de renseignements sur les permis d’un acheteur à un vendeur, dans les situations où l’acheteur et le vendeur ne se rencontrent jamais en personne, peut présenter un risque légèrement accru de fraude à l’identité, car l’acheteur doit fournir au vendeur une pièce d’identité supplémentaire émise par le gouvernement. Cependant, les représentants de Sécurité publique Canada n’ont pu identifier qu’un seul cas rapporté publiquement où une personne a tenté d’effectuer une transaction d’armes à feu en ligne en utilisant un permis d’armes à feu volé. Par conséquent, aucun changement n’est recommandé aux exigences, étant donné l’importance primordiale pour les vendeurs d’identifier positivement les acheteurs dans tous les cas de vente d’armes à feu. Comme c’est le cas pour toute transaction privée en ligne, il incombe aux particuliers de prendre les précautions nécessaires pour s’assurer que leurs renseignements sont transmis et traités de manière responsable.

Plusieurs commentateurs ont indiquĂ© que le règlement n’aura pas d’incidence sur la principale source d’armes Ă  feu utilisĂ©es Ă  des fins criminelles au Canada, puisqu’il n’englobera pas les armes Ă  feu introduites en contrebande depuis les États-Unis. Les donnĂ©es existantes sur les sources d’armes Ă  feu utilisĂ©es Ă  des fins criminelles varient d’une annĂ©e Ă  l’autre; en 2020, 58 % des armes Ă  feu utilisĂ©es Ă  des fins criminelles qui ont pu ĂŞtre retracĂ©es provenaient du Canada. Plus important encore, 88 % des armes d’épaule sans restriction qui ont pu ĂŞtre tracĂ©es (les armes Ă  feu qui sont couvertes par ce règlement) provenaient du Canada. Bien qu’il existe de nombreux moyens d’obtenir illĂ©galement des armes Ă  feu au pays qui ne seront pas touchĂ©s par cette mesure, l’exigence de vĂ©rification des permis devrait rĂ©duire l’accès Ă  certaines armes Ă  feu criminelles si elles proviennent du Canada.

Certains répondants ont affirmé que la réglementation sur la vérification des permis ne protégera pas les femmes autochtones contre la violence armée, car les propriétaires d’armes à feu autochtones ne sont pas soumis aux mêmes exigences en matière de permis. Le Règlement d’adaptation visant les armes à feu des peuples autochtones du Canada prévoit des mesures d’adaptation dans certaines situations (traduction des renseignements relatifs à la demande de permis dans la langue autochtone pour les non-anglophones, aide à la transcription pour remplir la demande de permis, etc.). Cependant, les Autochtones doivent toujours obtenir un permis d’armes à feu pour posséder et utiliser des armes à feu, tout comme les personnes qui ne sont pas autochtones. Par conséquent, les modifications réglementaires s’appliquent également à tous les titulaires de permis d’armes à feu qui cherchent à céder une arme à feu sans restriction.

Certains étaient d’avis que la prédiction d’un temps d’attente de trois minutes pour obtenir la vérification du permis en appelant la ligne du service à la clientèle du directeur de l’enregistrement est grandement sous-estimée. L’estimation indiquée dans la Partie I de la Gazette du Canada est fondée sur les efforts requis de la part d’un agent du service à la clientèle pour traiter une demande de numéro de référence de vérification de permis par téléphone, pourvu que le demandeur dispose de tous les renseignements nécessaires. Cette estimation n’envisage pas le temps écoulé si le demandeur est placé en attente avant de parler à un agent du service à la clientèle (étant donné que la ligne du service à la clientèle est utilisée pour une variété de demandes de renseignements des clients et non pas exclusivement pour le processus de vérification des permis). Pour répondre à ces préoccupations, une analyse de sensibilité a été ajoutée à l’étude de la réglementation.

Un groupe de défense du contrôle des armes à feu a recommandé que le règlement précise explicitement qu’un vendeur doit fournir au directeur de l’enregistrement les renseignements complets sur le permis d’un acheteur potentiel au cours de la vérification du permis, afin d’assurer qu’aucun gouvernement futur ne puisse imposer des exigences moindres en matière de renseignements à l’avenir. Sécurité publique Canada a convenu que cela augmenterait la clarté en ce qui concerne la transmission de l’information. Par conséquent, le règlement a été mis à jour à la suite de ces commentaires pour exiger que le vendeur fournisse le numéro de permis de l’acheteur et toute autre information demandée par le directeur afin de compléter le processus de vérification du permis.

Tenue des registres par les entreprises

Un des commentaires critiquait le fait que les dossiers soient conservĂ©s pendant 20 ans, estimant qu’il s’agit d’une durĂ©e excessive. La durĂ©e de 20 ans est pourtant une pĂ©riode de conservation standard pour les dossiers d’entreprises d’armes Ă  feu dans de nombreuses juridictions, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Cette pĂ©riode de conservation est Ă©galement une exigence incluse dans la Convention interamĂ©ricaine contre la fabrication et le trafic illicites des armes Ă  feu, munitions, explosifs et autres matĂ©riels connexes et dans le Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d’armes Ă  feu, de leurs pièces, Ă©lĂ©ments et munitions. Le Canada est signataire des deux traitĂ©s, mais n’a encore ratifiĂ© aucun d’entre eux, en partie parce que les exigences en matière de tenue de registres commerciaux n’existaient pas au Canada jusqu’à maintenant.

Onze répondants ont affirmé que les nouvelles exigences en matière de tenue de registres pour les entreprises équivaudront à une façon détournée de créer un registre des armes à feu. Il existe toutefois deux différences importantes entre l’ancien registre des armes à feu et ce système de tenue de registres par les entreprises. Premièrement, dans le cadre de l’ancien registre des armes d’épaule, les dossiers étaient détenus par le directeur de l’enregistrement des armes à feu, et aucune autorisation judiciaire n’était requise de la part des forces de l’ordre pour y accéder. En vertu du règlement, ce sont les entreprises qui détiendront les dossiers, et non le gouvernement, ce qui signifie aucun accès direct. Deuxièmement, les forces de l’ordre devront obtenir la permission d’une entreprise pour accéder aux dossiers, ce qui, dans de nombreux cas, pourrait impliquer l’obtention d’une autorisation judiciaire appropriée. Même après qu’une entreprise aura fermé ses portes et transmis ses dossiers au directeur de l’enregistrement, les dossiers seront conservés dans des archives distinctes, sans lien avec le Système canadien d’information relativement aux armes à feu, et ne seront accessibles, même par la GRC elle-même, qu’en vertu d’une ordonnance de production ou d’une demande d’accès prévue par la loi (en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels, par exemple).

Examen parlementaire

En vertu de la Loi sur les armes Ă  feu, le gouvernement Ă©tait tenu de dĂ©poser une version prĂ©liminaire des modifications proposĂ©es devant les deux chambres du Parlement au moins 30 jours de sĂ©ance avant la finalisation. Le dĂ©pĂ´t a eu lieu le 21 juin 2021 et la pĂ©riode de 30 jours de sĂ©ance s’est terminĂ©e le 4 fĂ©vrier 2022. Le ComitĂ© permanent de la sĂ©curitĂ© publique et nationale de la Chambre des communes n’a recommandĂ© aucun changement au règlement lors de sa rĂ©union du 16 dĂ©cembre 2021. Le ComitĂ© sĂ©natorial permanent de la sĂ©curitĂ© nationale et de la dĂ©fense n’a pas indiquĂ© s’il avait l’intention de rĂ©viser le Règlement avant l’expiration de la pĂ©riode de 30 jours de sĂ©ance, le 4 fĂ©vrier 2022.

Date d’entrée en vigueur

La date d’entrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© fixĂ©e au 18 mai 2022. SĂ©curitĂ© publique Canada a annoncĂ© cette date au moment de l’enregistrement des règlements la première semaine de mai, ce qui donnera aux titulaires de permis un prĂ©avis d’environ 14 jours pour se prĂ©parer. Durant cette pĂ©riode, la GRC enverra des lignes directrices aux quelque 4 500 entreprises d’armes Ă  feu au sujet de leurs obligations en vertu des deux règlements. En outre, elle enverra de l’information aux quelque 2,2 millions de titulaires de permis individuels quant Ă  leurs obligations relatives Ă  la vĂ©rification des permis dans le but de favoriser le respect des exigences.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

L’évaluation prĂ©liminaire effectuĂ©e conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes rĂ©vèle que la proposition semble sans consĂ©quence sur les obligations du Canada au titre des traitĂ©s modernes. Les modifications au Règlement d’adaptation visant les armes Ă  feu des peuples autochtones du Canada sont des modifications d’ordre administratif qui servent Ă  mettre Ă  jour ce règlement afin qu’il ne fasse plus rĂ©fĂ©rence aux articles dĂ©suets du Règlement sur les permis d’armes Ă  feu, qui sera abrogĂ© par cette proposition. Il n’y a aucun impact prĂ©vu sur les dĂ©tenteurs de permis d’armes Ă  feu autochtones Ă  la suite de ce changement. Une fois les modifications publiĂ©es dans la Partie I de la Gazette du Canada, SĂ©curitĂ© publique Canada a mobilisĂ© des organismes autochtones nationaux afin de les aviser de la possibilitĂ© de formuler des commentaires sur les modifications. Aucune demande visant le règlement n’a toutefois Ă©tĂ© reçue.

Choix de l’instrument

Les titulaires de permis utilisent légalement des armes à feu sans restriction pour la chasse, le tir sportif et les collections. Cependant, la vérification des permis à titre volontaire laisse la porte ouverte à ce que de telles armes à feu soient achetées par des personnes qui n’ont pas de permis valide. Il n’y a pas non plus de données sur les vérifications volontaires faites par les vendeurs, puisque la loi interdit au directeur de les enregistrer. Toutefois, il suffit de seulement quelques ventes à des personnes qui ne détiennent pas de permis pour menacer sérieusement la sécurité publique (blessures, meurtres conjugaux, suicides, fusillades de masse, etc.). Le Parlement a jugé que maintenir le caractère volontaire des vérifications serait contraire à la sécurité publique, et la réglementation est donc nécessaire.

Faute de dispositions légales et réglementaires sur la conservation des renseignements, les entreprises qui ne conservent pas ceux demandés dans les modifications pourraient se trouver à vendre des armes à feu qui deviendraient impossibles à dépister par la suite. Avec les modifications réglementaires par contre, la collecte de données et la tenue de registres font l’objet d’une approche normalisée dans l’ensemble du Canada, d’où un meilleur dépistage par les forces de l’ordre.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Les autorités de Sécurité publique Canada ont réalisé une analyse coûts-avantages visant les modifications et ont déduit que les entreprises d’armes à feu devraient subir une augmentation des coûts tant sur le plan administratif que sur celui de la conformité. De plus, les coûts supplémentaires pris en charge par le gouvernement du Canada augmenteront probablement en raison des mesures de soutien qu’il devra appliquer pour la mise en œuvre des modifications.

Il est attendu que les modifications rĂ©glementaires entraĂ®neront un coĂ»t amorti sur une base annuelle de l’ordre de 3,1 M$ (dont 2,5 M$ reprĂ©sentant les coĂ»ts acquittĂ©s par les entreprises), Ă©tant donnĂ© qu’elles nĂ©cessitent (1) l’activitĂ© de conformitĂ© suivant laquelle les vendeurs devront vĂ©rifier le permis des acheteurs avant de leur cĂ©der des armes Ă  feu sans restriction (vĂ©rification qui, Ă  ce jour, constitue une mesure facultative); (2) l’activitĂ© administrative suivant laquelle les entreprises devront ajouter des tâches de mise Ă  jour de leur registre d’inventaire d’armes feu sans restriction. Les coĂ»ts associĂ©s aux modifications rĂ©glementaires prennent en compte les coĂ»ts d’administration et les coĂ»ts de conformitĂ©, de mĂŞme que les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre incombant au gouvernement fĂ©dĂ©ral.

L’analyse dont il est question ci-dessous prĂ©sente deux scĂ©narios : un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (sans modification rĂ©glementaire) et un scĂ©nario fondĂ© sur une estimation du coĂ»t des modifications. Ainsi, les coĂ»ts supplĂ©mentaires des deux scĂ©narios pourront donc ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme Ă©tant reprĂ©sentatifs de l’impact des modifications.

Coût des mesures de vérification des permis

ScĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (sans modification rĂ©glementaire) : Les entreprises et les particuliers peuvent, Ă  leur discrĂ©tion, vĂ©rifier le permis d’armes Ă  feu d’un acheteur auprès du directeur avant de cĂ©der une arme Ă  feu sans restriction. Or, comme il s’agit lĂ  d’une pratique facultative qui peut ĂŞtre perçue comme un inconvĂ©nient, on tient pour acquis que ni les particuliers ni les petites entreprises ne procĂ©deront systĂ©matiquement Ă  ce type de vĂ©rification. D’ailleurs, selon l’analyse, seulement 1 % des cessions d’armes Ă  feu sans restriction sont l’objet d’une vĂ©rification du permis au moment de la transaction. Chaque demande doit ĂŞtre soumise par tĂ©lĂ©phone au Bureau central de traitement du Programme canadien des armes Ă  feu (PCAF), et il ne faut pas plus de trois minutes au PCAF pour produire le numĂ©ro du permis et les renseignements concernant l’acheteur.

Les donnĂ©es concernant les cessions d’armes Ă  feu sans restriction ne sont plus disponibles depuis 2012. Or, de 2007 Ă  2012, le nombre annuel moyen des cessions d’armes Ă  feu sans restriction Ă©tait de 620 303. Comme le nombre des permis s’est accru de 17 % depuis 2012, on peut dĂ©duire que chaque annĂ©e, le nombre des armes Ă  feu sans restriction nĂ©cessitant une vĂ©rification sera de 725 755. Si l’on se fie Ă  ces chiffres et que l’on tient pour acquis que seulement 1 % des cessions d’armes Ă  feu sans restriction seront l’objet d’une vĂ©rification du permis, il a lieu de conclure que 7 258 vĂ©rifications de permis sont faites chaque annĂ©e. En outre, selon l’EnquĂŞte sur la population active de Statistique Canada, le salaire horaire moyen d’un associĂ© aux ventes d’armes Ă  feu est de 22,65 $rĂ©fĂ©rence 5. Par consĂ©quent, trois minutes de travail consacrĂ©es Ă  la vĂ©rification du permis coĂ»tent 1,13 $. Donc, le coĂ»t total pour les 1 468 entreprises appelĂ©es Ă  vĂ©rifier le permis d’un acheteur au moment de la cession d’une arme Ă  feu sans restriction devrait se calculer ainsi : le total des 7 258 transactions/annĂ©e multipliĂ© par le coĂ»t de 1,13 $/transaction Ă©gale 8 202 $.

Quant aux coĂ»ts pris en charge par le gouvernement, il se calcule Ă  partir de l’échelon 1 du salaire annuel de PM-01, soit 54 878 $ — qui est versĂ© aux membres du personnel du Centre d’appel national, du PCAF et de la GRC — et du temps de trois minutes consacrĂ© Ă  chacune des vĂ©rifications tĂ©lĂ©phoniques. Ainsi, le total des 7 258 transactions par annĂ©e multipliĂ© par le coĂ»t de 1,75 $ par transaction Ă©gale 12 702 $.

L’estimation du coĂ»t total du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence est donc de 20 904 $ par annĂ©e.

ScĂ©nario des modifications rĂ©glementaires : Au moment de la mise en Ĺ“uvre des modifications rĂ©glementaires, il faudra compter environ 725 755 vĂ©rifications de permis par annĂ©e pour les cessions d’armes Ă  feu sans restriction. En outre, le PCAF a perfectionnĂ© son portail en ligne de façon Ă  optimiser les services offerts au public. Par exemple, on a procĂ©dĂ© Ă  la crĂ©ation d’un portail Web de services aux entreprises, grâce auquel il est notamment possible d’effectuer des vĂ©rifications de permis en ligne plutĂ´t que par tĂ©lĂ©phone. Ainsi, qu’ils demandent une vĂ©rification de permis par tĂ©lĂ©phone — auprès du Centre d’appel national — ou en ligne, les particuliers et les entreprises devraient attendre trois minutes, tout au plus, avant de recevoir les confirmations requises. Par consĂ©quent, le coĂ»t des vĂ©rifications de permis devrait se calculer ainsi : le total des 725 755 transactions/annĂ©e multipliĂ© par le salaire horaire de 1,13 $/transaction Ă©gale donc 820 103 $ par annĂ©e, si l’on effectue les calculs en fonction de l’indice des prix Ă  la consommation de 2020.

Pour ce qui concerne les coĂ»ts assumĂ©s par le gouvernement, il s’avère que selon l’utilisation des donnĂ©es provenant de la mĂ©thode de rĂ©partition employĂ©e pour l’acquisition ou le renouvellement d’un permis d’armes Ă  feu, il faut s’attendre Ă  ce que 55 % des demandes soient faites en ligne et 45 % au tĂ©lĂ©phone. La GRC n’aura pas de frais de transaction Ă  encourir pour les demandes effectuĂ©es en ligne, puisque les interrogations seront automatiquement acheminĂ©es Ă  la base de donnĂ©es des permis aux fins de confirmation ou de rĂ©futation de la validitĂ© des donnĂ©es. Par ailleurs, l’estimation des coĂ»ts de mise Ă  niveau des systèmes de TI nĂ©cessaires Ă  l’opĂ©rationnalisation du prĂ©sent projet n’est pas comptabilisĂ©e, dans la mesure oĂą on estimait que ces coĂ»ts Ă©taient irrĂ©cupĂ©rables. Pour ce qui a trait aux demandes traitĂ©es au Centre d’appel, au coĂ»t de 1,75 $/transaction (chaque transaction ne durant que trois minutes), les 326 590 demandes de vĂ©rification annuellement soumises (45 % du total des 725 755 demandes) finiront par coĂ»ter 571 532 $ Ă  la GRC.

Il faut Ă©galement s’attendre Ă  ce que les entreprises engagent des coĂ»ts uniques pour la formation sur les systèmes. Dans le cas prĂ©sent, il est probable que la formation prendra 15 minutes par associĂ© aux ventes pour une moyenne de 21 associĂ©s par entreprise. Ainsi, pendant la première annĂ©e de mise en Ĺ“uvre, le coĂ»t de formation pour chacune des entreprises devrait s’élever Ă  119 $ pour un coĂ»t total de 174 525 $ pour l’ensemble des entreprises.

Donc, le coĂ»t supplĂ©mentaire (c.-Ă -d. le coĂ»t du scĂ©nario de modification rĂ©glementaire moins le coĂ»t du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence) qui incombera aux entreprises et aux particuliers pour la vĂ©rification obligatoire des permis est estimĂ© Ă  811 901 $ par annĂ©e, somme Ă  laquelle il faut ajouter un coĂ»t unique de 174 525 $. Quant au coĂ»t supplĂ©mentaire qui incombe au gouvernement, il s’élève Ă  558 830 $ par annĂ©e.

Sur le plan des avantages, le principal impact de l’initiative de vĂ©rification des permis devrait ĂŞtre la rĂ©duction du nombre des particuliers non autorisĂ©s qui font l’acquisition d’une arme Ă  feu sans restriction en utilisant des permis falsifiĂ©s, rĂ©voquĂ©s (mais non restituĂ©s) ou volĂ©s. Par contre, les donnĂ©es qui existent sur les taux d’occurrence ne sont pas disponibles. Le second avantage serait que la combinaison du processus de vĂ©rification systĂ©matique des permis et des mesures de tenue des registres pourrait permettre au PCAF de mieux percevoir les risques qu’un nombre restreint d’entreprises prennent part sciemment ou involontairement au dĂ©tournement des armes Ă  feu vers les marchĂ©s illicites. Et mĂŞme si le nombre Ă©tait faible, les consĂ©quences seraient nĂ©anmoins considĂ©rables. Par exemple, selon un rapport du Bureau of Alcohol Tobacco and Firearms (ATF) des États-Unis publiĂ© en 2000, 1,2 % des dĂ©taillants d’armes Ă  feu des États-Unis ont Ă©tĂ© Ă  l’origine de 57 % des armes Ă  feu retracĂ©es qui ont Ă©tĂ© utilisĂ©es Ă  des fins criminelles. Le Canada ne dispose pas de statistiques semblables, mais il y a tout lieu de croire que les rĂ©sultats canadiens afficheraient des proportions analogues Ă  celles des États-Unis.

Coût de la tenue des registres

ScĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (sans modification rĂ©glementaire) : Au Canada, on compte actuellement 2 578 entreprises, y compris les dĂ©taillants d’armes Ă  feu, les musĂ©es et les armuriers, qui dĂ©tiennent un permis de vente ou de possession d’armes Ă  feu sans restriction. De ce nombre, 179 sont des musĂ©es, 940 sont des entreprises d’un autre type (p. ex. armuriers, importateurs/exportateurs), alors que 1 468 sont des dĂ©taillants d’armes Ă  feu. Ă€ ce jour, aucune loi n’exige que des registres d’armes sans restriction soient tenus. Tout indique que certains dĂ©taillants d’armes Ă  feu enregistrent et tiennent Ă  jour un registre d’inventaire pour les armes Ă  feu sans restriction, et ce, Ă  des fins administratives, notamment pour le traitement des retours, les assurances ou la garantie, mais pour les besoins de la prĂ©sente analyse, il convient d’estimer les coĂ»ts incombant aux entreprises Ă  0 $, puisque les registres ne sont pas officiellement exigĂ©s.

ScĂ©nario des modifications rĂ©glementaires : Dans le prĂ©sent scĂ©nario, la totalitĂ© des 2 578 entreprises sera obligĂ©e de tenir un registre faisant Ă©tat de l’inventaire et des cessions de toutes les armes Ă  feu sans restriction. Dans le cadre des prĂ©sentes mesures permanentes de conformitĂ©, les entreprises seront tenues de crĂ©er une fiche d’inventaire pour chacune des armes Ă  feu sans restriction, lesquelles fiches contiendront six renseignements particuliers. On estime Ă  cinq minutes le temps de crĂ©ation de ces fiches. ConsidĂ©rant que le salaire horaire moyen (comprenant 25 % pour les coĂ»ts indirects) est de 22,65 $ pour les associĂ©s aux ventes qui travaillent chez les dĂ©taillants canadiens d’armes Ă  feu (tel qu’il a Ă©tĂ© dĂ©crit prĂ©cĂ©demment), la crĂ©ation d’une nouvelle fiche d’inventaire coĂ»tera 1,88 $. Il n’existe pas de donnĂ©es qui peuvent ĂŞtre consultĂ©es Ă  propos des inventaires d’armes Ă  feu dĂ©tenues par des entreprises privĂ©es. Ainsi, pour les besoins de la prĂ©sente analyse, le nombre prĂ©vu des vĂ©rifications de permis servira de valeur de rĂ©fĂ©rence pour le nombre potentiel de cessions d’armes Ă  feu sans restriction. En l’occurrence, il faudra compter 725 755 fiches Ă  crĂ©er ou Ă  mettre Ă  jour chaque annĂ©e, ce qui donne un coĂ»t total approximatif de 1 364 419 $ par annĂ©e qui incomberait aux entreprises.

On estime Ă©galement que les 2 578 entreprises dĂ©tenant un permis de vente ou de possession d’armes Ă  feu sans restriction devront assumer le coĂ»t unique de formation sur la gestion du registre d’inventaire d’armes Ă  feu, ainsi que les coĂ»ts associĂ©s aux modifications Ă  apporter aux procĂ©dures de gestion administrative. Dans le cas prĂ©sent, nous tenons pour acquis que ladite formation prendra environ 30 minutes par associĂ© aux ventes, que les 1 468 dĂ©taillants d’armes Ă  feu concernĂ©s comptent chacun 21 associĂ©s aux ventes et que les 1 110 autres entreprises (170 musĂ©es et 940 autres types d’entreprises [p. ex. les armuriers]) comptent chacune 5 employĂ©s. Le coĂ»t unique de formation sera de 238 $ pour chacun des dĂ©taillants d’armes Ă  feu et de 57 $ pour chacune des autres entreprises. Ainsi, le coĂ»t total de formation pour l’ensemble des 2 578 entreprises est estimĂ© Ă  411 891 $.

Lorsqu’on pose le postulat selon lequel il faut 7,5 heures Ă  chacun des propriĂ©taires d’entreprises pour modifier leurs procĂ©dures administratives en fonction des nouvelles exigences s’appliquant aux registres d’inventaire, il faut calculer les coĂ»ts comme suit : 7,5 heures (par entreprise) multipliĂ© par un salaire horaire moyen de 70 $ multipliĂ©, cette fois, par 2 578 entreprises dĂ©tenant un permis de vente ou de possession d’armes sans restriction, ce qui donne un rĂ©sultat de 1 354 729 $. En dĂ©finitive, le coĂ»t total de formation et de modification des procĂ©dures de gestion administrative est estimĂ© Ă  1 766 620 $.

Donc, le total des coĂ»ts supplĂ©mentaires que les entreprises devront assumer pour se conformer aux nouvelles dispositions et pour mettre en place un système de registre pour les armes Ă  feu sans restriction reprĂ©sentera un coĂ»t annuel permanent de 1 364 419 $ sans compter les coĂ»ts initiaux de formation et de dĂ©veloppement des procĂ©dures de gestion administrative estimĂ©s Ă  1 766 620 $.

Les avantages dĂ©coulant des dispositions relatives Ă  la tenue d’un registre par les entreprises devraient se manifester par une efficacitĂ© accrue du dĂ©pistage des armes Ă  feu sans restriction, ce qui donnera lieu Ă  un plus grand nombre d’enquĂŞtes visant les armes Ă  feu sans restriction utilisĂ©es Ă  des fins criminelles. Cette capacitĂ© de dĂ©pistage permettrait non seulement d’accĂ©lĂ©rer la progression des enquĂŞtes portant sur certaines armes employĂ©es Ă  des fins criminelles et de favoriser la collecte de preuves solides menant Ă  des condamnations, mais elle renforcerait aussi les mesures de dĂ©tection des points oĂą les armes Ă  feu deviennent illicites, ce qui permettrait de mettre au jour les activitĂ©s de trafic et de contrebande des armes Ă  feu. Ainsi, le principal avantage mesurable devrait ĂŞtre l’accroissement du taux de dĂ©pistage des armes Ă  feu sans restriction volĂ©es ou employĂ©es dans la commission d’un crime. Ă€ titre de comparaison, selon les donnĂ©es de 2018 Ă  2020, le taux de rĂ©ussite des mesures de dĂ©pistage visant les armes Ă  feu Ă  autorisation restreinte et les armes Ă  feu prohibĂ©es — dont les titres de propriĂ©tĂ© et les caractĂ©ristiques techniques sont enregistrĂ©s auprès du directeur — Ă©tait de 51 % en moyenne. Pendant la mĂŞme pĂ©riode, le taux de rĂ©ussite pour les armes Ă  feu sans restriction — pour lesquelles aucun registre n’est tenu — Ă©tait de 18 % en moyenne.

Au chapitre de la protection de la vie privĂ©e, rappelons que des renseignements personnels sont collectĂ©s par le PCAF Ă  l’occasion des demandes visant les permis d’armes Ă  feu (qu’il s’agisse d’une nouvelle demande ou d’un renouvellement). Ces renseignements sont donc enregistrĂ©s dans le Système canadien d’information relativement aux armes Ă  feu (SCIRAF). Pendant la procĂ©dure, les demandeurs acceptent que les renseignements inscrits dans le formulaire de demande soient exigĂ©s en vertu de la Loi sur les armes Ă  feu et reconnaissent que ces renseignements serviront Ă  dĂ©terminer leur admissibilitĂ© ainsi qu’à administrer et Ă  appliquer la lĂ©gislation relative aux armes Ă  feu. En outre, ajoutons que ces renseignements sont protĂ©gĂ©s par les dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Tel qu’il a Ă©tĂ© indiquĂ© plus tĂ´t, les acheteurs seront tenus de fournir les renseignements affichĂ©s au recto de leur permis de sorte Ă  permettre au vendeur d’effectuer une vĂ©rification de l’état dudit permis. Cependant, ni l’ancien projet de loi C-71 ni les prĂ©sentes modifications n’exigent que les entreprises conservent les renseignements, Ă  l’exception du numĂ©ro de permis d’armes Ă  feu. En revanche, les propriĂ©taires d’entreprises peuvent choisir de conserver d’autres renseignements figurant sur les permis d’armes Ă  feu, s’ils le jugent utile. Dans les cas oĂą les renseignements sont conservĂ©s, l’utilisation et la divulgation desdits renseignements sont rĂ©gies par les lois provinciales ou territoriales s’appliquant aux entreprises en matière de protection des renseignements personnels ou, en l’absence de lois Ă©quivalentes, par Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents Ă©lectroniques (LPRPDE) du gouvernement fĂ©dĂ©ral.

La documentation transmise par des entreprises qui n’existent plus au directeur (l’entitĂ© officielle dĂ©signĂ©e plus haut) pourrait contenir des renseignements personnels (p. ex. les noms et adresses de particuliers et d’entitĂ©s commerciales) qui sont de la mĂŞme nature que ceux que le PCAF dĂ©tient dĂ©jĂ  au sujet de tous les dĂ©tenteurs de permis. En vertu de la Loi sur l’accès Ă  l’information, ces renseignements sont l’objet d’une exception de divulgation Ă  titre de « renseignements confidentiels de nature commerciale relatifs Ă  une tierce partie Â» et, dans certains cas (p. ex. les documents attestant la cession d’une arme Ă  feu sans restriction Ă  un particulier), ces renseignements sont protĂ©gĂ©s en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels. Seul le directeur peut accĂ©der aux documents des anciennes entreprises aux fins d’exĂ©cution d’une ordonnance judiciaire ou de traitement d’une demande d’accès Ă  l’information.

Tableau 1 : CoĂ»ts financiersrĂ©fĂ©rence 6
Intervenants touchés Description des coûts 2021 2030 Total (valeur actuelle) Valeur annualisée
Gouvernement — GRC Traitement des vĂ©rifications de permis 566 185 $ 566 185 $ 4 060 823 $ 578 170 $
Industrie — AutorisĂ©s Ă  vendre ou possĂ©der des armes Ă  feu sans restriction Demande de vĂ©rification de permis 988 520 $ 813 994 $ 6 085 678 $ 866 464 $
Industrie — AutorisĂ©s Ă  vendre ou possĂ©der des armes Ă  feu sans restriction Tenue des registres 3 131 436 $ 1 364 816 $ 11 677 786 $ 1 662 654 $
Tous les intervenants CoĂ»t total 4 686 140 $ 2 744 995 $ 21 824 287 $ 3 107 288 $

Analyse de sensibilité sur la vérification des permis

Les commentaires reçus de la part des intervenants lors des consultations sur la Partie I de la Gazette du Canada ont fait Ă©tat d’une augmentation possible du temps d’attente pour les appels entrants Ă  la ligne de service Ă  la clientèle du directeur de l’enregistrement. Une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour dĂ©terminer le volume prĂ©vu de clients qui appelleront le service Ă  la clientèle du directeur de l’enregistrement. Cette analyse tient compte des quatre types de transfert d’armes Ă  feu : de particulier Ă  particulier, d’entreprise Ă  entreprise, d’entreprise Ă  particulier et de particulier Ă  entreprise. Selon les renseignements existants, la grande majoritĂ© des entreprises d’armes Ă  feu utilisent dĂ©jĂ  le portail de services en ligne pour effectuer des transactions liĂ©es aux armes Ă  feu Ă  autorisation restreinte et prohibĂ©es plutĂ´t que le service Ă  la clientèle du directeur de l’enregistrement. On prĂ©voit que la majoritĂ© des entreprises continueront de profiter du portail de services en ligne pour effectuer les vĂ©rifications de permis pour les cessions d’armes Ă  feu sans restriction. Par consĂ©quent, l’augmentation prĂ©vue du nombre d’appels au service Ă  la clientèle pour des demandes de vĂ©rification de permis devrait ĂŞtre ressentie dans un nombre restreint d’entreprises et surtout dans les cas de ventes de particulier Ă  particulier, qui reprĂ©sentent 30 % de toutes les cessions d’armes Ă  feu sans restriction. Une augmentation d’environ 5 Ă  10 minutes du temps d’attente pour les clients entraĂ®nerait une incidence totale sur les coĂ»ts pour les intervenants de 4 433 187 $ Ă  8 822 375 $ en plus des coĂ»ts financiers totaux prĂ©vus de 21 824 287 $. Des rĂ©percussions financières sont possibles dans ce scĂ©nario d’augmentation des temps d’attente, mais la probabilitĂ© est jugĂ©e faible. On prĂ©voit plutĂ´t avec le temps une augmentation de l’utilisation du portail de service Ă  la clientèle en ligne en raison de sa facilitĂ© d’utilisation (moins de trois minutes pour obtenir le numĂ©ro de rĂ©fĂ©rence) et du fait qu’il est accessible en tout temps. Toute augmentation initiale des appels au service Ă  la clientèle du directeur de l’enregistrement devrait diminuer d’annĂ©e en annĂ©e après l’entrĂ©e en vigueur du règlement. La GRC a Ă©galement obtenu du financement pour embaucher 11 nouveaux agents de service Ă  la clientèle, qui viendront appuyer la ligne de service Ă  la clientèle du directeur de l’enregistrement. Ces ressources supplĂ©mentaires attĂ©nueront davantage toute augmentation des appels reçus par le service Ă  la clientèle.

De plus, même si l’augmentation des coûts se concrétise, elle est considérée comme raisonnable compte tenu des objectifs du règlement.

Lentille des petites entreprises

On juge que les modifications toucheront 2 578 entreprises, dont un certain nombre seront de petites entreprises. Bien que le nombre exact de ces petites entreprises soit inconnu, il y a lieu de croire que la proportion des petites entreprises canadiennes faisant partie de la catĂ©gorie Â« Tous les autres magasins d’articles de sport Â» (code 451119 du Système de classification des industries de l’AmĂ©rique du Nord [SCIAN]) constituerait un indicateur crĂ©dible. Or, cette catĂ©gorie se constituait Ă  55,67 % de petites entreprises en 2018, ce qui signifie que près de 1 435 des entreprises touchĂ©es qui sont dĂ©crites plus haut dans l’analyse coĂ»ts-avantages sont probablement de petites entreprises.

Certes, les petites entreprises supporteront probablement des coĂ»ts plus faibles que ceux incombant Ă  la moyenne des entreprises — une rĂ©alitĂ© attribuable Ă  un plus faible volume de ventes, donc au nombre limitĂ© des vĂ©rifications de permis et des enregistrements Ă  consigner —, mais pour les besoins de la prĂ©sente analyse, tous les postulats formulĂ©s Ă  l’étape de l’analyse coĂ»ts-avantages sont maintenus. De fait, les rĂ©sultats de cette analyse peuvent ĂŞtre consultĂ©s dans le tableau s’affichant plus bas.

Au moment d’énoncer les modifications, on a tenté de limiter les coûts pour toutes les entreprises, y compris les petites entreprises, en faisant en sorte que les exigences en matière de tenue de registre se rapprochent le plus possible des pratiques courantes exercées par les entreprises aux fins de gestion des stocks. De plus, tel qu’il a été mentionné précédemment, un système en ligne a été élaboré dans le but d’accélérer la procédure de confirmation des permis. Or, comme le résultat stratégique visé par l’adoption des modifications est d’accroître la sécurité publique, aucun assouplissement n’a été considéré comme étant viable dans le cas des petites entreprises.

Tableau 2 : CoĂ»t des mesures de conformitĂ©
Activité Valeur annualisée Valeur actuelle
VĂ©rification des permis 482 361 $ 3 387 903 $
CoĂ»t total des mesures de conformitĂ© 482 361 $ 3 387 903 $
Tableau 3 : CoĂ»t des mesures administratives
Activité Valeur annualisée Valeur actuelle
Conservation des registres 925 601 $ 6 501 036 $
CoĂ»t total des mesures administratives 925 601 $ 6 501 036 $
Tableau 4 : CoĂ»t total des mesures liĂ©es Ă  la conformitĂ© et Ă  l’administration
Totaux Valeur annualisée Valeur actuelle
CoĂ»t total (pour toutes les petites entreprises touchĂ©es) 1 407 962 $ 9 888 939 $
CoĂ»t par petite entreprise touchĂ©e 981 $ 6 890 $

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique Ă©tant donnĂ© que les modifications donnent lieu Ă  une augmentation progressive du fardeau administratif des entreprises, et que la proposition est considĂ©rĂ©e comme un facteur d’alourdissement du fardeau conformĂ©ment Ă  ladite règle. De fait, l’augmentation du fardeau administratif vient du fait que les entreprises doivent dĂ©sormais s’habituer aux nouvelles exigences en matière de tenue de registre en plus de remplir, d’enregistrer ou de rĂ©cupĂ©rer, selon les cas, les documents relatifs aux cessions (p. ex. les ventes) d’armes Ă  feu sans restriction, qu’ils sont appelĂ©s Ă  traiter.

En utilisant le calculateur des coĂ»ts de la rĂ©glementation proposĂ© par le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor, on estime que l’augmentation progressive moyenne du fardeau administratif imposĂ© aux entreprises d’armes Ă  feu dĂ©tenant un permis de vente d’armes Ă  feu sans restriction sera de 803 374 $ en dollars de 2012 et calculĂ© moyennant un taux d’actualisation de 7 %.

Les modifications auront pour effet d’abroger le Règlement sur les renseignements relatifs aux armes Ă  feu (armes Ă  feu sans restriction), ce qui n’entraĂ®nera aucun changement (ni Ă  la hausse ni Ă  la baisse) au fardeau administratif (l’abrogation n’aura pour effet que d’annuler une interdiction relative Ă  la tenue de registres). Dans ce cas, l’élĂ©ment B de la règle du un pour un s’applique Ă©tant donnĂ© qu’un règlement est abrogĂ© et que la proposition fait en sorte qu’il y aura un règlement en moins.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Canada est signataire de la Convention interamĂ©ricaine contre la fabrication et le trafic illicites des armes Ă  feu, munitions, explosifs et autres matĂ©riels connexes (CIFTA), mais ne l’a pas encore ratifiĂ©e. Au reste, voici quelques-unes des exigences que la CIFTA impose aux États membres : rendre illĂ©gaux la fabrication illicite et le trafic des armes Ă  feu; adopter des lois exigeant le marquage des armes Ă  feu aux fins d’identification et de dĂ©pistage; et disposer d’un système efficient d’importation, d’exportation et de permis ou d’autorisations de transit international pour la cession d’armes Ă  feu et de munitions. D’ailleurs, le fait d’obliger les entreprises Ă  tenir des registres pourrait non seulement renforcer les capacitĂ©s de dĂ©pistage, mais aussi reprĂ©senter un pas de plus vers la ratification de la CIFTA, par le Canada.

MĂŞme s’il n’a pas formellement adoptĂ© la convention, le Canada reconnaĂ®t la teneur du document [TRADUCTION] Instrument international visant Ă  permettre aux États de procĂ©der Ă  l’identification et au dĂ©pistage rapides et fiables des armes lĂ©gères et de petit calibre illicites, lequel fait partie du Programme d’action des Nations Unies sur les armes lĂ©gères. De fait, cet instrument a Ă©tĂ© adoptĂ© Ă  l’occasion de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies de 2005. Il stipule notamment que les États doivent s’engager Ă  ce que les armes lĂ©gères et de petits calibres soient dĂ»ment marquĂ©es et Ă  ce que des registres soient tenus, et doivent imposer une pĂ©riode de conservation de 20 ans pour les documents constituant des preuves de cessions d’armes Ă  feu et pour d’autres documents.

La pĂ©riode minimale de 20 ans durant laquelle les entreprises seront tenues de conserver les documents de possession et d’élimination des armes Ă  feu sans restriction se calque sur des règlements semblables adoptĂ©s aux États-Unis et sur des lois adoptĂ©es au Royaume-Uni, en Australie, en Allemagne et en France, qui exigent que les entreprises conservent leurs documents pendant non moins que 20 ans.

Évaluation environnementale stratégique

En accord avec la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a mené à la conclusion qu’une évaluation environnementale stratégique n’était pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en vue de la prĂ©paration des modifications lĂ©gislatives du projet de loi C-71 et des modifications rĂ©glementaires connexes. La Loi sur les armes Ă  feu s’applique sans distinction Ă  tous les Canadiens. Toutefois, la vaste majoritĂ© des dĂ©tenteurs de permis d’armes Ă  feu sont des hommes (le ratio entre le nombre d’hommes et le nombre de femmes Ă©tant approximativement de 8 pour 1). Ainsi, il y a tout lieu de conclure que le fardeau rĂ©glementaire qui pourrait ĂŞtre imposĂ© par les modifications serait principalement portĂ© par des hommes.

La majorité de la population du Canada vit dans les zones urbaines, mais les détenteurs de permis d’armes à feu se répartissent plus également entre les zones urbaines et les zones rurales. Or, les propriétaires d’armes à feu à autorisation restreinte et d’armes à feu prohibées tendent à se concentrer légèrement plus dans les zones urbaines que dans les zones rurales, alors que la tendance est à l’inverse pour les armes à feu sans restriction. En l’occurrence, il est possible que les modifications (qui auront un impact sur les armes à feu sans restriction) puissent toucher davantage les Canadiens vivant en zone rurale que ceux qui vivent en zone urbaine.

La vĂ©rification des permis pourrait favoriser la prĂ©vention de certains incidents de violence entre partenaires intimes (VPI) impliquant une arme Ă  feu, voire d’autres crimes, quand le directeur refuse de produire un numĂ©ro de rĂ©fĂ©rence pour l’achat d’une arme Ă  feu dans les cas oĂą une personne dont le permis a Ă©tĂ© rĂ©voquĂ© pour antĂ©cĂ©dents de violence, de violence familiale ou de VPI garde son permis non valide et tente d’acheter une arme Ă  feu sans restriction. MĂŞme si les cas de VPI avec armes Ă  feu sont peu nombreux, il s’avère que les femmes courent un risque plus important. D’ailleurs, ce sont les femmes vivant en zone rurale qui subissent les taux les plus Ă©levĂ©s de VPI, et ces taux sont encore plus Ă©levĂ©s dans le cas des femmes autochtones et des femmes handicapĂ©es — quoique les informations concernant l’utilisation des armes Ă  feu dans ce type de situation sont limitĂ©es. En 2018, les victimes de sexe fĂ©minin reprĂ©sentaient 86 % des cas de VPI avec armes Ă  feu qui ont Ă©tĂ© signalĂ©s Ă  la police (510 victimes de sexe fĂ©minin). Dans la mesure oĂą les modifications pourraient contribuer Ă  la prĂ©vention des VPI, on pourrait conclure que les femmes, particulièrement les femmes autochtones et les femmes handicapĂ©es, pourraient ĂŞtre favorisĂ©es par la prĂ©sente proposition.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les modifications lĂ©gislatives habilitantes (prĂ©parĂ©es en considĂ©ration de l’ancien projet de loi C-71) et les modifications rĂ©glementaires connexes visant la vĂ©rification des permis et l’obligation des entreprises Ă  tenir un registre entreront en vigueur simultanĂ©ment le 18 mai 2022.

SĂ©curitĂ© publique Canada, conjointement avec la GRC, annoncera publiquement l’entrĂ©e en vigueur prochaine de la Loi et des modifications rĂ©glementaires connexes par l’intermĂ©diaire du site Web du PCAF. Il sera Ă©galement possible d’obtenir de l’information par tĂ©lĂ©phone en appelant le centre d’appel du PCAF. De plus, la GRC aura recours Ă  divers produits de communication (p. ex. courriels d’information visant Ă  sensibiliser les dĂ©tenteurs de permis) qui aideront les dĂ©tenteurs de permis d’armes Ă  feu et les entreprises Ă  se prĂ©parer Ă  la mise en Ĺ“uvre des modifications. Le site Web du PCAF offrira Ă©galement des conseils Ă  tous les dĂ©tenteurs de permis (particuliers et entreprises) dans le but de faciliter la transition. Les coordonnĂ©es seront comprises dans le matĂ©riel de communication, au cas oĂą les particuliers et les entreprises auraient besoin de plus amples informations.

Conformité et application

Le PCAF prĂ©conise la communication proactive avec les dĂ©tenteurs de permis et les entreprises, afin de promouvoir la conformitĂ© aux dispositions de la Loi sur les armes Ă  feu et de son règlement, et d’encourager la possession et l’utilisation responsables des armes Ă  feu. En vertu de la Loi sur les armes Ă  feu, les entreprises sont assujetties Ă  des inspections servant Ă  surveiller leur conformitĂ© aux conditions de leur permis d’entreprise. En outre, ces inspections pourraient coĂŻncider avec le renouvellement dudit permis (p. ex., le cycle de renouvellement sera de trois ans). En cas de non-conformitĂ©, un CAF pourrait rĂ©voquer un permis d’entreprise, dès lors qu’il a des motifs raisonnables de croire que le dĂ©tenteur n’est pas admissible. Semblablement, pendant une enquĂŞte policière, les entreprises visĂ©es par une autorisation judiciaire (p. ex. un mandat de perquisition) seront tenues de remettre les documents demandĂ©s par les agents d’application de la loi. Ce type de circonstance se prĂŞterait parfaitement Ă  la vĂ©rification de la conformitĂ© aux exigences relatives Ă  la vĂ©rification des permis et Ă  la tenue d’un registre.

L’application des modifications procĂ©dera du Code criminel et de la Loi sur les armes Ă  feu. Pour ce qui a trait Ă  la vĂ©rification des permis, l’article 99 du Code criminel stipule qu’une infraction est commise lorsqu’une entreprise ou un particulier cède une arme Ă  feu en sachant que l’acquĂ©reur n’est pas titulaire d’un permis valide. La peine maximale pour ce type d’infraction est de 10 ans d’emprisonnement.

Pour ce qui concerne l’exigence portant sur la tenue d’un registre en tant que condition de dĂ©tention d’un permis d’entreprise, l’article 110 de la Loi sur les armes Ă  feu stipule qu’une infraction est commise lorsqu’une personne contrevient aux conditions d’un permis sans excuse lĂ©gitime. Lorsque la contravention constitue un acte criminel, la peine maximale est de deux ans d’emprisonnement; lorsque l’infraction est punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, la personne coupable doit verser une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 $ ou subir une peine maximale d’emprisonnement de deux ans moins un jour, voire les deux. Toute infraction aux conditions d’un permis constitue Ă©galement un motif de rĂ©vocation dudit permis.

Personne-ressource

Division des politiques sur les armes Ă  feu
Courriel : ps.firearms-armesafeu.sp@ps-sp.gc.ca