Vol. 146, no 22 — Le 24 octobre 2012

Enregistrement

DORS/2012-219 Le 5 octobre 2012

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

C.P. 2012-1331 Le 4 octobre 2012

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1) (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence b), le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Gazette du Canada Partie Ⅰ, le 30 octobre 2010, le projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), conforme en substance au texte ci-après, et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations à cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 90(1) de cette loi, le gouverneur en conseil est convaincu que les substances visĂ©es par le dĂ©cret ci-après sont des substances toxiques,

À ces causes, sur recommandation du ministre de l’Environnement et de la ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence c), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

DÉCRET D’INSCRIPTION DE SUBSTANCES TOXIQUES À L’ANNEXE 1 DE LA LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

MODIFICATION

1. L’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence 1) est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

121. 4-Allylvératrole, dont la formule moléculaire est C11H14O2

122. Pentaoxyde de divanadium, dont la formule moléculaire est V2O5

123. 2,2′,2″,2″′-[Éthane-1,2-diylidènetĂ©trakis (p-phĂ©nylĂ©noxymĂ©thylène)]tĂ©traoxirane, dont la formule molĂ©culaire est C38H38O8

124. Bromate de potassium, dont la formule moléculaire est KBrO3

ENTRÉE EN VIGUEUR

2. Le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)

1. Contexte

Les Canadiens dĂ©pendent des substances chimiques utilisĂ©es dans la fabrication de centaines de choses, des mĂ©dicaments aux ordinateurs, en passant par les tissus et les combustibles. Malheureusement, certaines substances chimiques peuvent avoir des effets nocifs sur la santĂ© humaine ou l’environnement si elles sont libĂ©rĂ©es dans l’environnement. Afin de gĂ©rer les risques associĂ©s à ces produits chimiques, le gouvernement du Canada a annoncĂ© le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC), le 8 dĂ©cembre 2006. Un Ă©lĂ©ment clĂ© du Plan de gestion des produits chimiques est l’initiative du DĂ©fi, qui recueille des renseignements sur les propriĂ©tĂ©s et les utilisations des quelque 200 substances chimiques hautement prioritaires. Ces 200 substances chimiques ont Ă©tĂ© rĂ©parties en 12 lots de 10 à 20 substances chimiques chacun.

Quatre substances (ci-après appelĂ©es les quatre substances) qui font l’objet du prĂ©sent dĂ©cret sont parmi les 17 substances qui ont Ă©tĂ© incluses dans le neuvième lot du DĂ©fi et elles sont rĂ©pertoriĂ©es ci-dessous :

  • Pentaoxyde de divanadium (numĂ©ro de registre Chemical Abstracts Service [CAS] 1314-62-1);
  • Bromate de potassium (numĂ©ro de registre CAS 7758-01-2);
  • 2,2′,2″,2′″-[Ă©thane-1,2-diylidènetĂ©trakis(p-phĂ©nylĂ©noxymĂ©thylène)]tĂ©traoxirane (numĂ©ro de registre CAS 7328-97-4), ci-après appelĂ© « TGOPE »;
  • 4-AllylvĂ©ratrole (numĂ©ro de registre CAS 93-15-2), ci-après appelĂ© « mĂ©thyleugĂ©nol ».

Des Ă©valuations prĂ©alables ont Ă©tĂ© menĂ©es afin de dĂ©terminer les risques potentiels des 17 substances du neuvième lot pour la santĂ© humaine et l’environnement.

Afin de faciliter les Ă©valuations prĂ©alables, les renseignements relatifs à chaque substance de l’initiative du DĂ©fi, comme les quantitĂ©s importĂ©es, fabriquĂ©es ou utilisĂ©es au Canada, ont Ă©tĂ© obtenus auprès des intervenants de l’industrie par l’entremise d’enquêtes obligatoires en vertu de l’article 71 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE (1999) ou la Loi]. Les parties intĂ©ressĂ©es doivent fournir les renseignements nĂ©cessaires à l’amĂ©lioration de la prise de dĂ©cisions pour ce qui est de dĂ©terminer si ces substances rĂ©pondent à l’un ou plusieurs des critères Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la LCPE (1999), c’est-à-dire si la substance pĂ©nètre ou peut pĂ©nĂ©trer dans l’environnement dans une quantitĂ© ou concentration, ou dans des conditions de nature à :

  • a) avoir, immĂ©diatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversitĂ© biologique;

  • b) mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie;

  • c) constituer un danger au Canada pour la vie ou la santĂ© humaines.

Une Ă©bauche des Ă©valuations prĂ©alables a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en tenant compte des renseignements reçus par le biais du DĂ©fi et d’autres donnĂ©es disponibles afin de dĂ©terminer si les quatre substances rĂ©pondent aux critères de l’article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). L’Ă©bauche des Ă©valuations prĂ©alables a Ă©tĂ© soumise à un examen par les pairs. D’autres avis relatifs à ces Ă©valuations ont Ă©galement Ă©tĂ© obtenus, au besoin, par l’intermĂ©diaire du Groupe consultatif du DĂ©fi (voir rĂ©fĂ©rence 2). L’Ă©bauche des Ă©valuations prĂ©alables a ensuite Ă©tĂ© publiĂ©e sur le site Web portant sur les substances chimiques en même temps qu’ont paru les avis dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, le 20 mars 2010, qui indiquaient l’intention du ministre de l’Environnement et du ministre de la SantĂ© (les ministres) de poursuivre la gestion des risques (voir rĂ©fĂ©rence 3).

Après avoir pris en compte les commentaires du public et les nouveaux renseignements disponibles, les rapports finaux d’Ă©valuation prĂ©alable ont Ă©tĂ© publiĂ©s sur le site Web portant sur les substances chimiques et les avis ont Ă©tĂ© publiĂ©s dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada le 18 septembre 2010.

Conclusions de l’Ă©valuation prĂ©alable

Les Ă©valuations prĂ©alables finales, qui s’appuyaient principalement sur l’Ă©valuation fondĂ©e sur le poids de la preuve rĂ©alisĂ©e par des organismes internationaux et d’autres organismes nationaux (par exemple la Commission europĂ©enne, le National Toxicology Program des États-Unis et le Centre International de Recherche sur le Cancer [CIRC]), ont permis de conclure que les quatre substances satisfont aux critères Ă©noncĂ©s à l’alinĂ©a 64(c) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), compte tenu de la cancĂ©rogĂ©nicitĂ© des substances, pour lesquelles il pourrait exister une possibilitĂ© d’effets nocifs peu importe le niveau d’exposition. À ce titre, un dĂ©cret d’inscription des quatre substances à l’annexe 1 de la LCPE (1999) a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, le 30 octobre 2010 (voir rĂ©fĂ©rence 4).

D’après les renseignements reçus, aucune des quatre substances n’est nocive pour l’environnement aux termes des alinĂ©as 64a) et 64b) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999).

Les Ă©valuations prĂ©alables finales, les documents sur la mĂ©thode de gestion des risques proposĂ©e et les rĂ©ponses aux commentaires reçus sur les quatre substances peuvent être obtenus à partir du site Web portant sur les substances chimiques ou auprès de la Division de la mobilisation et de l’Ă©laboration de programmes, Environnement Canada, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3, 819-953-7155 (tĂ©lĂ©copieur), ou par courriel à l’adresse substances@ec.gc.ca.

Descriptions des substances

Pentaoxyde de divanadium

Le pentaoxyde de divanadium est un produit chimique industriel, mais qui est Ă©galement prĂ©sent de façon naturelle dans l’environnement. De plus, il est un sous-produit de la combustion de certains combustibles fossiles. Il est utilisĂ© au Canada principalement dans la fabrication de ferrovanadium et comme catalyseur dans la production d’acide sulfurique. Selon les renseignements soumis en rĂ©ponse à une enquête publiĂ©e en vertu de l’article 71 de la LCPE (1999), entre 1 000 000 kg et 10 000 000 kg de cette substance ont Ă©tĂ© fabriquĂ©s au Canada au cours de l’annĂ©e de dĂ©claration 2006, et entre 100 000 kg et 1 000 000 kg ont Ă©tĂ© importĂ©s au cours de la même annĂ©e.

La principale voie d’exposition de la population gĂ©nĂ©rale au pentaoxyde de divanadium formĂ© durant la combustion de certains combustibles fossiles devrait être par l’inhalation de l’air ambiant. L’exposition au pentaoxyde de divanadium peut Ă©galement survenir en raison de sa prĂ©sence naturelle dans les aliments et le sol.

Bromate de potassium

Le bromate de potassium est un produit chimique industriel qui est principalement utilisĂ© dans des applications industrielles et commerciales, par exemple comme rĂ©actif oxydant dans les laboratoires ou dans les teintures pour textiles. Selon les renseignements soumis en rĂ©ponse à une enquête publiĂ©e en vertu de l’article 71 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), moins de 1 000 kg de cette substance ont Ă©tĂ© importĂ©s au Canada en 2006. Aucune entreprise canadienne n’a dĂ©clarĂ© avoir fabriquĂ© cette substance au cours de la même annĂ©e.

Environ 20 kg de la substance ont Ă©tĂ© rejetĂ©s principalement dans l’air à partir des Ă©missions industrielles, selon les donnĂ©es de l’Inventaire national des rejets de polluants de 2007, et moins de 10 kg ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s à une installation d’Ă©limination des dĂ©chets hors site. L’exposition de la population gĂ©nĂ©rale par les milieux naturels (par exemple l’eau potable), les aliments et les produits de consommation devrait être nĂ©gligeable. Depuis 1994, cette substance n’est plus autorisĂ©e comme additif dans les aliments vendus au Canada.

TGOPE

Le TGOPE est un produit chimique industriel. Il s’agit d’un agent adhĂ©sif ou agglomĂ©rant. Il est utilisĂ© principalement au Canada dans la fabrication de peintures, de revêtements destinĂ©s à une utilisation industrielle et de certaines pièces de rĂ©sine adhĂ©sive Ă©poxyde. Selon les renseignements soumis en rĂ©ponse à une enquête publiĂ©e en application de l’article 71 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), il n’a pas Ă©tĂ© fabriquĂ© au Canada en 2006, mais entre 1 000 kg et 10 000 kg de cette substance ont Ă©tĂ© importĂ©s au Canada au cours de la même annĂ©e. L’exposition de la population gĂ©nĂ©rale devrait être nĂ©gligeable en ce qui concerne les sources environnementales et faibles en ce qui concerne les produits de consommation (par exemple certains adhĂ©sifs Ă©poxydes).

Méthyleugénol

Le mĂ©thyleugĂ©nol est prĂ©sent naturellement dans les huiles essentielles des plantes, y compris les plantes herbacĂ©es. Ces huiles sont extraites pour être utilisĂ©es comme parfums et adoucisseurs dans les produits de soins personnels et les cosmĂ©tiques, et comme substance aromatique dans les aliments et les boissons. Selon les renseignements soumis en rĂ©ponse à une enquête publiĂ©e en vertu de l’article 71 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), le mĂ©thyleugĂ©nol n’a pas Ă©tĂ© fabriquĂ© au Canada en 2006, et moins de 100 kg ont Ă©tĂ© importĂ©s au Canada au cours de la même annĂ©e. Les Canadiens peuvent être exposĂ©s à de faibles concentrations de mĂ©thyleugĂ©nol à partir de certains types d’huiles essentielles qu’on trouve dans des produits de soins personnels, des cosmĂ©tiques et des insectifuges à base d’essence de citronnelle. Les Canadiens peuvent aussi être exposĂ©s au mĂ©thyleugĂ©nol dans les huiles essentielles de plantes ou de certaines parties, comme les feuilles, les tiges et les graines, qui contiennent naturellement du mĂ©thyleugĂ©nol et qui peuvent être utilisĂ©es comme substances aromatisantes dans les aliments.

2. Enjeux/problèmes

Selon les conclusions des Ă©valuations prĂ©alables, rĂ©sumĂ©es ci-dessus, les quatre substances peuvent constituer un danger au Canada pour la vie ou la santĂ© humaines à tous les niveaux d’exposition en raison de leur cancĂ©rogĂ©nicitĂ© et de leur gĂ©notoxicitĂ©.

Étant donnĂ© la conclusion liĂ©e à l’Ă©valuation, des mesures devraient être prises pour veiller à ce que des mesures de contrôle soient mises en place afin que les ministres puissent gĂ©rer convenablement les risques posĂ©s par les quatre substances.

3. Objectifs

Le projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [ci-après appelĂ© « projet de dĂ©cret »] a pour objet de permettre aux ministres d’Ă©tablir des instruments de gestion des risques en vertu de la LCPE (1999) afin de gĂ©rer les risques que prĂ©sentent ces quatre substances pour la santĂ© humaine.

4. Description

Le DĂ©cret inscrit les quatre substances à l’annexe 1 de la LCPE (1999) [la Liste des substances toxiques].

ConformĂ©ment à l’article 91 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), le ministre de l’Environnement est tenu de publier, dans la Gazette du Canada, un projet de texte — règlement ou instrument — portant sur les mesures de prĂ©vention ou de contrôle, dans les deux ans suivant la publication au titre de l’alinĂ©a 77(6)b) de la LCPE (1999) d’une dĂ©claration prĂ©cisant que la mesure confirmĂ©e ou modifiĂ©e consiste à recommander l’inscription de la substance à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). Selon les dispositions de l’article 92, le texte doit être terminĂ© et publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada dans les 18 mois suivant la date où son projet a Ă©tĂ© publiĂ©.

5. Consultation

Le 20 mars 2010, les ministres ont publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada un rĂ©sumĂ© des Ă©valuations scientifiques effectuĂ©es pour les quatre substances du neuvième lot, en vue d’une pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours. Le même jour ont aussi Ă©tĂ© publiĂ©s les cadres de gestion des risques, où sont dĂ©crites les options prĂ©liminaires examinĂ©es pour la gestion des quatre substances que l’on propose de considĂ©rer comme remplissant un ou plusieurs des critères au sens de l’article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). PrĂ©alablement, Environnement Canada et SantĂ© Canada avaient informĂ© le gouvernement des provinces et des territoires, par l’intermĂ©diaire du ComitĂ© consultatif national (CCN) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, de la publication des rapports d’Ă©valuation prĂ©alable sur les quatre substances, des cadres de gestion des risques et de la pĂ©riode de commentaires du public mentionnĂ©e ci-dessus. Le ComitĂ© consultatif national de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement n’a fait part d’aucun commentaire.

Au cours de la pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours, trois organisations environnementales non gouvernementales, deux associations industrielles et quatre intervenants de l’industrie (y compris un fabricant de produits chimiques) ont fourni un total de neuf commentaires sur l’Ă©bauche du rapport d’Ă©valuation prĂ©alable et sur le cadre de gestion des risques proposĂ© pour le pentaoxyde de divanadium. Tous les commentaires ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s dans l’Ă©laboration de l’Ă©valuation finale et de l’approche de gestion des risques. Aucun commentaire n’a Ă©tĂ© reçu concernant les rapports d’Ă©valuation prĂ©alable pour le bromate de potassium, le TGOPE et le mĂ©thyleugĂ©nol.

Vous trouverez ci-dessous un rĂ©sumĂ© des commentaires reçus sur l’Ă©valuation prĂ©alable du pentaoxyde de divanadium, ainsi que les rĂ©ponses à ces commentaires. Dans le cas des commentaires formulĂ©s concernant le fait qu’une substance satisfait ou non aux critères de l’article 64 de la Loi lorsque l’information est insuffisante ou que des incertitudes persistent, le gouvernement a indiquĂ© qu’il ferait preuve de prudence pour protĂ©ger la santĂ© des Canadiens et l’environnement. Il est possible d’obtenir toutes les rĂ©ponses aux commentaires reçus sur le site Web, par la poste, par tĂ©lĂ©copieur ou par courriel, aux coordonnĂ©es ci-dessus.

Pentaoxyde de divanadium

  • Une association de l’industrie chimique a indiquĂ© que l’exposition de la population gĂ©nĂ©rale au pentaoxyde de divanadium est très improbable. Au Canada, il n’y a aucune preuve d’exposition à la substance qui reprĂ©sente un risque à la santĂ© des Canadiens en raison de son inhalation.

    RĂ©ponse : Le rapport final d’Ă©valuation prĂ©alable conclut que le pentaoxyde de divanadium est un cancĂ©rogène. L’exposition de la population gĂ©nĂ©rale au pentaoxyde de divanadium a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e en fonction des renseignements disponibles. La population gĂ©nĂ©rale du Canada devrait être exposĂ©e à de faibles niveaux de pentaoxyde de divanadium par l’inhalation d’air contenant cette substance à la suite de la combustion de certains combustibles fossiles. Les rejets de pentaoxyde de divanadium dans l’environnement au Canada sont principalement attribuables aux Ă©missions atmosphĂ©riques issues de diverses activitĂ©s industrielles.
  • Une association de l’industrie chimique a indiquĂ© que le pentaoxyde de divanadium n’Ă©tait pas gĂ©notoxique et que sa cancĂ©rogĂ©nicitĂ© par l’entremise de mĂ©canismes non rĂ©actifs de l’ADN avait seulement Ă©tĂ© rapportĂ©e dans une Ă©tude mal effectuĂ©e sur des souris par le National Toxicology Program des États-Unis. Le commentateur a fourni un nouvel essai biologique (une expĂ©rience visant à mesurer les effets d’une substance sur un organisme vivant) et plusieurs documents de travail scientifiques pour appuyer ce point de vue.

    RĂ©ponse : Aux fins de la caractĂ©risation des effets sur la santĂ©, toutes les donnĂ©es disponibles ont tenu compte des conclusions du National Toxicology Program des États-Unis et du CIRC. Une mĂ©thode du poids de la preuve a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour la caractĂ©risation du risque. En l’absence d’un mode d’action pleinement Ă©lucidĂ©, c’est-à-dire le mĂ©canisme par lequel la substance peut produire des effets nĂ©fastes sur un organisme vivant, et avec seulement un essai biologique sur le cancer chez les animaux, on ne peut exclure la possibilitĂ© que les tumeurs observĂ©es chez les animaux de laboratoire rĂ©sultent d’une interaction directe avec le matĂ©riel gĂ©nĂ©tique et qu’elles puissent se former chez les humains.
  • Une association de l’industrie chimique a indiquĂ© que le pentaoxyde de divanadium n’aurait pas dû être classĂ© comme prĂ©sentant le « plus fort risque d’exposition » pour les Canadiens et, par consĂ©quent, n’aurait pas dû être Ă©valuĂ© dans le cadre du DĂ©fi.

    RĂ©ponse : La dĂ©termination du « plus fort risque d’exposition » pour cette substance fait rĂ©fĂ©rence aux rĂ©sultats du processus d’Ă©tablissement des prioritĂ©s pour les substances chimiques existantes (catĂ©gorisation) que le gouvernement du Canada a terminĂ© en 2006. Cette dĂ©termination Ă©tait fondĂ©e sur l’information recueillie pendant la constitution de la Liste intĂ©rieure dans le milieu des annĂ©es 1980. Il est important de noter que lorsque SantĂ© Canada et Environnement Canada caractĂ©risent l’exposition pour les Ă©valuations prĂ©alables, les profils d’utilisation actuels sont Ă©tablis à l’aide de toutes les sources d’information disponibles, y compris les dĂ©clarations en vertu de l’article 71. Cette mĂ©thode a Ă©tĂ© appliquĂ©e au pentaoxyde de divanadium dans l’Ă©valuation actuelle.

    De plus, le pentaoxyde de divanadium a Ă©tĂ© identifiĂ© comme une prioritĂ© pour Ă©valuation selon des classifications des risques par d’autres organisations.
  • Un intervenant de l’industrie a soulignĂ©, selon les donnĂ©es publiĂ©es dans les documents scientifiques, qu’il n’est pas correct de supposer que tous les rejets de vanadium provenant de la combustion de bois, de l’Ă©corce et de pĂ©trole sont des rejets de pentaoxyde de divanadium formĂ© dans les chaudières industrielles constitue une surestimation.

    RĂ©ponse : Le gouvernement du Canada reconnaît que l’hypothèse selon laquelle tous les rejets de vanadium de ces sources sont des rejets de pentaoxyde de divanadium constitue une surestimation. Comme le mentionne le rapport d’Ă©valuation prĂ©alable, cette valeur a Ă©tĂ© utilisĂ©e comme le pire des scĂ©narios pour l’Ă©valuation de l’exposition Ă©cologique. Étant donnĂ© qu’aucun risque n’a Ă©tĂ© Ă©tabli pour les rĂ©cepteurs Ă©cologiques, cette hypothèse n’a pas Ă©tĂ© peaufinĂ©e.

Commentaires reçus à la suite de la publication du projet de dĂ©cret dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada

Le 30 octobre 2010, les ministres ont publiĂ© un projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada.

Au cours de la pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours, deux associations industrielles ont dĂ©posĂ© des avis d’opposition en vertu du paragraphe 332(2) de la Loi et ont demandĂ© la crĂ©ation d’une commission de rĂ©vision en vertu de l’article 333 de la LCPE (1999) concernant l’ajout proposĂ© du pentaoxyde de divanadium à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). Aucun autre commentaire n’a Ă©tĂ© reçu.

Les renseignements fournis dans les avis d’opposition ont Ă©tĂ© examinĂ©s par SantĂ© Canada et Environnement Canada. Il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© qu’aucun des renseignements fournis n’appuie une modification de la conclusion de l’Ă©valuation selon laquelle le pentaoxyde de divanadium est nocif pour la santĂ© humaine. Par consĂ©quent, les ministres ont dĂ©cidĂ© de ne pas constituer une commission de rĂ©vision.

Vous trouverez ci-dessous un rĂ©sumĂ© des commentaires formulĂ©s dans les avis d’opposition ainsi que les rĂ©ponses à ces commentaires.

  • Une association industrielle a indiquĂ© que l’Ă©valuation n’est pas fondĂ©e sur les meilleures donnĂ©es et connaissances scientifiques actuelles concernant les propriĂ©tĂ©s chimiques du vanadium, en particulier le pentaoxyde de divanadium. Elle se fonde sur des conclusions non justifiĂ©es, ne tient pas compte de certaines donnĂ©es et repose sur des hypothèses et des rĂ©sultats trop prĂ©ventifs, ce qui se traduit par des scĂ©narios d’exposition dĂ©raisonnables.

    RĂ©ponse : SantĂ© Canada a prĂ©cisĂ© que toutes les donnĂ©es actuelles et pertinentes sur le vanadium et le pentaoxyde de divanadium avaient Ă©tĂ© prises en compte dans la formulation des conclusions de l’Ă©valuation. Ceci prend en compte l’information fournie par les parties intĂ©ressĂ©es ainsi que les rĂ©sultats de recherche de publications. Aucune nouvelle donnĂ©e scientifique qui viendrait appuyer une modification de la conclusion de l’Ă©valuation selon laquelle le pentaoxyde de divanadium est nocif pour la santĂ© humaine n’a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e dans les avis d’opposition. En raison des incertitudes associĂ©es à l’ensemble des donnĂ©es sur l’exposition au pentaoxyde de divanadium (manque de donnĂ©es sur les espèces chimiques de vanadium dans les milieux naturels et les aliments), l’Ă©valuation prĂ©alable repose sur des hypothèses prudentes, conformĂ©ment à l’application du principe de prudence en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). Cette façon de procĂ©der est cohĂ©rente avec l’approche prise pour tous les autres composĂ©s mĂ©talliques Ă©valuĂ©s à ce jour dans le cadre du DĂ©fi.
  • Une association industrielle a indiquĂ© que même si des diffĂ©rences marquĂ©es sont apparentes dans la rĂ©ponse cancĂ©rogène entre les rats et les souris, les raisons expliquant ces diffĂ©rences et la pertinence de ces dernières pour l’exposition humaine n’ont pas Ă©tĂ© Ă©tablies. Par consĂ©quent, la pertinence des effets du pentaoxyde de divanadium sur la santĂ© humaine est inconnue.

    RĂ©ponse : Le rapport final d’Ă©valuation prĂ©alable reconnaît qu’il existe une incertitude à l’Ă©gard des diffĂ©rences interspĂ©cifiques. Cependant, l’effet liĂ© au traitement est jugĂ© important sur le plan toxicologique. En l’absence d’un mode d’action pleinement Ă©lucidĂ©, on ne peut exclure la possibilitĂ© que les tumeurs observĂ©es chez les animaux de laboratoire rĂ©sultent d’une interaction directe avec le matĂ©riel gĂ©nĂ©tique et qu’elles puissent se former chez les humains.
  • Les deux commentateurs soutiennent qu’ils n’appuient pas les conclusions du rapport d’Ă©valuation, en particulier selon lesquelles tout niveau d’exposition peut être nocif et qu’il n’est pas clair pourquoi une telle extrapolation à partir des documents de rĂ©fĂ©rence a Ă©tĂ© utilisĂ©e dans l’Ă©valuation.

    RĂ©ponse : En Ă©valuant le potentiel de cancĂ©rogĂ©nicitĂ© du pentaoxyde de divanadium, SantĂ© Canada a examinĂ© les donnĂ©es disponibles, y compris les conclusions du National Toxicology Program des États-Unis, du Environmental Protection Agency de la Californie et du CIRC.

    SantĂ© Canada, en accord avec l’avis d’intention des ministres (9 dĂ©cembre 2006), considère qu’une preuve de cancĂ©rogĂ©nicitĂ© (c’est-à-dire la classification par au moins une agence nationale ou internationale), même en l’absence d’une analyse pleinement Ă©lucidĂ©e du mode d’action, suffit pour proposer comme conclusion qu’il existe un risque d’effet nocif, quel que soit le niveau d’exposition, et que le critère de l’alinĂ©a 64c) de la LCPE (1999) est satisfait. L’adoption d’une approche prĂ©ventive est requise en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999).
  • Une association industrielle a indiquĂ© que les donnĂ©es fournies dans l’Ă©bauche d’Ă©valuation prĂ©alable ne sont pas fondĂ©es sur un scĂ©nario d’exposition judicieux et raisonnable, et qu’il existe peu de preuves raisonnables en matière d’exposition en appui aux conclusions prĂ©sentĂ©es dans l’Ă©bauche de l’Ă©valuation des risques.

    RĂ©ponse : En raison des incertitudes associĂ©es à l’ensemble des donnĂ©es sur l’exposition au pentaoxyde de divanadium, des hypothèses prudentes ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour l’Ă©valuation prĂ©alable, conformĂ©ment à l’adoption d’une approche prĂ©ventive prĂ©vue dans la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). Aucune donnĂ©e n’a Ă©tĂ© recensĂ©e, ou fournie par les parties intĂ©ressĂ©es, sur les niveaux des espèces chimiques du vanadium dans les milieux naturels ou les aliments. Par consĂ©quent, aux fins de la prĂ©sente Ă©valuation prĂ©alable, l’exposition au pentaoxyde de divanadium a Ă©tĂ© estimĂ©e à partir des concentrations de vanadium total dans ces sources. Comme cela est indiquĂ© prĂ©cĂ©demment, même en utilisant le pire des scĂ©narios d’exposition fondĂ© sur des hypothèses prudentes, aucun risque Ă©cologique n’a pu être Ă©tabli. Par consĂ©quent, il n’Ă©tait pas nĂ©cessaire de peaufiner ces scĂ©narios.

6. Justification

Tel qu’il est dĂ©crit dans la section « Contexte », les quatre substances sont utilisĂ©es dans diverses applications au Canada, ce qui expose la population gĂ©nĂ©rale à ces substances. De plus, les Ă©valuations prĂ©alables ont permis de conclure que les quatre substances sont cancĂ©rogènes. En raison de ces prĂ©occupations, les Ă©valuations prĂ©alables ont permis de conclure que les quatre substances satisfont aux critères Ă©noncĂ©s à l’alinĂ©a 64c) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999).

Après une Ă©valuation menĂ©e en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), il est possible de prendre les trois mesures suivantes :

  • inscrire la substance sur la Liste des substances d’intĂ©rêt prioritaire (lorsque des renseignements supplĂ©mentaires sont nĂ©cessaires pour dĂ©terminer si une substance rĂ©pond ou non aux critères Ă©noncĂ©s à l’article 64);
  • ne rien faire à l’Ă©gard de la substance;
  • recommander son inscription à l’annexe 1 de la LCPE (1999) et, s’il y a lieu, mettre en œuvre sa quasi-Ă©limination.

L’ajout de ces quatre substances à l’annexe 1 de la LCPE (1999) est la meilleure des trois options puisqu’elle permet aux ministres de mettre au point des instruments de gestion des risques en vertu de cette loi afin de gĂ©rer les risques que prĂ©sentent ces quatre substances.

Un projet de dĂ©cret visant à inscrire les quatre substances à l’annexe 1 de la LCPE (1999) a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, le 30 octobre 2010. Deux associations industrielles ont dĂ©posĂ© des avis d’opposition en vertu du paragraphe 332(2) de la Loi et ont demandĂ© la crĂ©ation d’une commission de rĂ©vision en vertu de l’article 333 de la LCPE (1999) concernant l’ajout proposĂ© du pentaoxyde de divanadium à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). Aucun autre commentaire n’a Ă©tĂ© reçu.

L’inscription de quatre substances à l’annexe 1 de la LCPE (1999) n’entraîne aucun coût ou avantage diffĂ©rentiel pour le public ni aucun fardeau administratif ou fardeau de conformitĂ© diffĂ©rentiel pour l’industrie et les petites entreprises. Au cours de l’Ă©laboration de ces mesures proposĂ©es, les ministres feront une Ă©valuation des coûts et des avantages en plus de consulter le public ainsi que d’autres parties intĂ©ressĂ©es à propos des substances en question.

7. Mise en œuvre, application et normes de service

L’ajout de ces quatre substances à l’annexe 1 de la LCPE (1999) permet aux ministres de mettre au point des instruments de gestion des risques en vertu de cette loi afin de gĂ©rer les risques que prĂ©sentent ces quatre substances. Les ministres doivent s’acquitter de leur obligation de publier des projets de règlement ou d’autres instruments de gestion au plus tard le 18 septembre 2012 et d’y mettre la dernière main au plus tard le 18 mars 2014. L’Ă©laboration d’un plan de mise en œuvre ou d’une stratĂ©gie de conformitĂ© ou encore l’Ă©tablissement de normes de service ne sont pas considĂ©rĂ©s comme essentiels Ă©tant donnĂ© qu’aucune proposition particulière de gestion des risques n’a Ă©tĂ© formulĂ©e dans ce dĂ©cret. Le gouvernement a entrepris une Ă©valuation appropriĂ©e de la mise en œuvre, de la conformitĂ© et de l’application pendant l’Ă©laboration des projets de règlement ou d’instruments de gestion des risques qui s’appliquent aux mesures de prĂ©vention ou de contrôle à l’Ă©gard de ces substances.

8. Personnes-ressources

Greg Carreau
Division de la mobilisation et de l’Ă©laboration de programmes
Direction de la science et de l’Ă©valuation des risques
Direction générale des sciences et de la technologie
Environnement Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information de la gestion des substances :
   1-800-567-1999 (sans frais au Canada)
   819-953-7156 (extĂ©rieur du Canada)
TĂ©lĂ©copieur : 819-953-7155
Courriel : substances@ec.gc.ca

Michael Donohue
Bureau de gestion du risque
Direction de la sécurité des milieux
Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
TĂ©lĂ©phone : 613-957-8166
TĂ©lĂ©copieur : 613-952-8857
Courriel : michael.donohue@hc-sc.gc.ca

Référence a
L.C. 2004, ch. 15, art. 31

Référence b
L.C. 1999, ch. 33

Référence c
L.C. 1999, ch. 33

Référence 1
L.C. 1999, ch. 33

Référence 2
Le Groupe a Ă©tĂ© créé pour conseiller le gouvernement sur l’application du principe de prudence et de la mĂ©thode du poids de la preuve dans les Ă©valuations prĂ©alables rĂ©alisĂ©es dans le cadre du DĂ©fi. Il est composĂ© d’experts de divers domaines tels que la politique sur les produits chimiques, la fabrication de ces produits, l’Ă©conomie et la santĂ© de l’environnement.

Référence 3
Le site Web portant sur les substances chimiques se trouve à l'adresse suivante : www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/challenge-defi/batch-lot-10/index-fra.php.

Référence 4
www.gazette.gc.ca/rp-pr/p1/2010/2010-10-30/html/reg1-fra.html