Vol. 146, no 21 — Le 10 octobre 2012
Enregistrement
DORS/2012-186 Le 20 septembre 2012
LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)
DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)
C.P. 2012-1087 Le 20 septembre 2012
Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1) (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence b), le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Gazette du Canada Partie Ⅰ, le 1er octobre 2011, le projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), conforme au texte ci-après, et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations à cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;
Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 90(1) de cette loi, le gouverneur en conseil est convaincu que les substances visĂ©es par le dĂ©cret ci-après sont des substances toxiques,
À ces causes, sur recommandation du ministre de l’Environnement et de la ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence c), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.
DÉCRET D’INSCRIPTION DE SUBSTANCES TOXIQUES À L’ANNEXE 1 DE LA LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)
MODIFICATION
1. L’article 8 de l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence 1) est remplacĂ© par ce qui suit :
8. Mercure et ses composés
ENTRÉE EN VIGUEUR
2. Le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur à la date de son enregistrement.
RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT
DE LA RÉGLEMENTATION
(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)
1. Contexte
PubliĂ©e par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en dĂ©cembre 2002, l’Évaluation mondiale du mercure conclut que toutes les formes de mercure (y compris les composĂ©s du mercure) ont divers effets nocifs importants sur la santĂ© humaine et l’environnement dans le monde entier (voir rĂ©fĂ©rence 2). En fĂ©vrier 2009, le Conseil d’administration du PNUE a dĂ©cidĂ© d’Ă©tablir un instrument mondial juridiquement contraignant sur le mercure et sur ses composĂ©s. Le gouvernement du Canada a approuvĂ© la dĂ©cision du Conseil d’administration et a dĂ©terminĂ© que les preuves prĂ©sentĂ©es dans l’Ă©valuation mondiale de ce programme Ă©taient suffisantes pour conclure que le mercure et ses composĂ©s ont ou pourraient avoir, immĂ©diatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversitĂ© biologique et qu’ils constituent ou peuvent constituer un danger pour la santĂ© humaine et l’environnement selon les critères Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [la « LCPE (1999) » ou la « Loi »].
Le gouvernement du Canada a jouĂ© un rôle important dans l’Ă©laboration de l’Ă©valuation mondiale du PNUE en prĂ©sentant des donnĂ©es de recherche et d’analyse de même que des donnĂ©es de surveillance. Cette Ă©valuation mondiale fournit des donnĂ©es suffisantes pour justifier la prise de mesures internationales visant à rĂ©duire les risques associĂ©s au mercure et à ses composĂ©s. Il a donc Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© qu’une Ă©valuation canadienne distincte des composĂ©s du mercure n’Ă©tait pas nĂ©cessaire, Ă©tant donnĂ© la profondeur des donnĂ©es et des analyses internationales et canadiennes prĂ©sentĂ©es dans l’Ă©valuation mondiale du PNUE.
La StratĂ©gie de gestion du risque relative au mercure, publiĂ©e en octobre 2010, dĂ©crit les objectifs, les prioritĂ©s et les mesures actuelles et prĂ©vues du gouvernement du Canada ainsi que les programmes de surveillance mis en place par ce dernier pour contribuer de manière durable et utile à la rĂ©duction des Ă©missions de mercure au Canada et ailleurs (voir rĂ©fĂ©rence 3).
2. Enjeux/problèmes
Le projet de Règlement sur les produits contenant certaines substances toxiques inscrites à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [ci-après appelĂ© le « règlement sur les produits contenant du mercure »], qui a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada le 26 fĂ©vrier 2011, limiterait l’importation, la fabrication et la vente de produits contenant du mercure ou l’un de ses composĂ©s, avec quelques exemptions pour des produits essentiels pour lesquels il n’existe aucune solution de rechange viable (par exemple certaines applications relatives à la santĂ©, à la sĂ©curitĂ© et à la recherche, y compris les amalgames dentaires) (voir rĂ©fĂ©rence 4). L’inclusion de produits qui contiennent des composĂ©s du mercure (tels que des piles) dans la version finale du règlement sur les produits contenant du mercure dĂ©pend de l’inscription des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999).
3. Objectifs
Le DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (ci-après appelĂ© le « DĂ©cret ») permettra d’ajouter « mercure et ses composĂ©s » à l’annexe 1 de la Loi, c’est-à-dire la Liste des substances toxiques. Le mercure figure à l’article 8 de la Liste des substances toxiques. ConformĂ©ment au paragraphe 90(1) de la LCPE (1999), le DĂ©cret modifiera l’article 8 de la liste (qui indique uniquement « mercure » à l’heure actuelle) pour que soit inscrit « mercure et ses composĂ©s ». L’ajout des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la Loi permettrait que le projet de règlement sur les produits contenant du mercure s’applique à ces substances. De plus, cet ajout permettrait au ministre de l’Environnement et au ministre de la SantĂ© (les « ministres ») d’Ă©laborer et de mettre en œuvre d’autres mesures de gestion des risques, au besoin, pour gĂ©rer les risques associĂ©s aux composĂ©s du mercure.
4. Description
4.1 Description de la substance
Le mercure est prĂ©sent à l’Ă©tat naturel dans l’environnement et est rejetĂ© par suite des activitĂ©s humaines. Il se trouve sous les trois formes gĂ©nĂ©rales suivantes :
- le mercure pur (également connu sous le nom de mercure élémentaire ou de mercure métallique);
- les composés inorganiques du mercure;
- les composés organiques du mercure.
Le mercure et ses composĂ©s font partie d’un cycle mondial et contribuent aux charges environnementales des autres formes de mercure plus nocives. Par exemple, certains micro-organismes et processus naturels peuvent modifier la forme du mercure ou de l’un de ses composĂ©s dans l’environnement. Le mĂ©thylmercure, qui se forme dans l’environnement par la mĂ©thylation du mercure inorganique, est particulièrement prĂ©occupant en raison de son potentiel d’accumulation (bioaccumulation et bioamplification) dans de nombreux mammifères marins et poissons comestibles (d’eau douce et d’eau salĂ©e), à des niveaux qui sont beaucoup plus Ă©levĂ©s que ceux des eaux environnantes.
De plus, le mercure et ses composĂ©s tendent à s’accumuler dans les rĂ©gions polaires, et les concentrations mesurĂ©es dans les lacs de l’Arctique canadien ont doublĂ© ou triplĂ© au cours du siècle dernier.
Au Canada, la plupart des utilisations des composĂ©s du mercure et des activitĂ©s de fabrication de produits qui en contiennent ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©es progressivement ou sont en voie de l’être en raison des prĂ©occupations relatives à la toxicitĂ©. Cependant, certains produits qui peuvent contenir des composĂ©s du mercure continuent d’être importĂ©s sur le marchĂ© canadien. Il s’agit notamment des catalyseurs utilisĂ©s dans la fabrication de polyurĂ©thane et de divers types de piles (par exemple piles alcalines, piles à oxyde de manganèse, à oxyde de mercure et à oxyde d’argent, accumulateurs zinc-air et piles primaires). En 2008, environ 900 kilogrammes de composĂ©s du mercure auraient Ă©tĂ© importĂ©s au Canada dans les piles. À l’Ă©tape de fin de vie des produits, on estime que les composĂ©s du mercure utilisĂ©s dans les piles peuvent entrer dans l’environnement ou être Ă©liminĂ©s dans des sites d’enfouissement, à partir desquels ces composĂ©s peuvent s’infiltrer dans l’eau ou être rejetĂ©s dans l’air au fil du temps (voir rĂ©fĂ©rence 5).
Historiquement, les composĂ©s du mercure ont Ă©tĂ© utilisĂ©s dans divers produits comme les feux d’artifice, les explosifs, les produits pharmaceutiques et les pesticides, ainsi que dans le traitement des semences, des fourrures et des pelleteries. Ils ont Ă©galement Ă©tĂ© utilisĂ©s comme pigments, agents de prĂ©servation, insecticides, fongicides, antibiotiques gĂ©nĂ©raux et mĂ©dicaments.
4.2 Effets des composĂ©s du mercure sur la santĂ© et l’environnement
Toutes les formes de composĂ©s du mercure sont toxiques. L’exposition chez l’humain peut causer des altĂ©rations du cerveau, des nerfs, des reins, des poumons ou du système cardiovasculaire et, dans des cas extrêmes, le coma ou la mort. La principale voie d’exposition humaine aux composĂ©s du mercure est la consommation de poissons et de mammifères piscivores qui contiennent des concentrations Ă©levĂ©es de mĂ©thylmercure. Les enfants exposĂ©s au mĂ©thylmercure pendant la gestation risquent de connaître des difficultĂ©s du dĂ©veloppement, des retards dans la maîtrise de la marche, un manque de coordination ou la cĂ©citĂ©.
Le cas des pêcheurs de subsistance qui consomment beaucoup de poisson en raison de leur mode de vie traditionnel est particulièrement prĂ©occupant. Environnement Canada signale que de nombreux avis en matière de consommation de poisson de pêche sportive au Canada chaque annĂ©e sont attribuables aux concentrations Ă©levĂ©es de composĂ©s du mercure. Il signale en outre que les concentrations de ces composĂ©s trouvĂ©es dans de nombreux lacs et dans les poissons d’eau douce dĂ©passent les valeurs recommandĂ©es pour la consommation humaine, qu’il s’agisse d’une consommation de subsistance ou de vente dans le commerce (voir rĂ©fĂ©rence 6). De plus, de fortes concentrations de composĂ©s du mercure dans les poissons sont nocives pour la faune piscivore. Par exemple, l’exposition au mĂ©thylmercure a gĂ©nĂ©ralement une incidence sur la reproduction et le comportement des oiseaux, tandis qu’elle a le plus souvent des effets neurologiques sur les mammifères. La gravitĂ© des effets toxiques observĂ©s chez les humains et d’autres organismes est fonction du degrĂ© d’exposition et peut aller d’un lĂ©ger trouble à l’infĂ©conditĂ© ou à la mort (voir rĂ©fĂ©rence 7).
5. Consultation
Le 12 juin 2010, un Avis d’intention de recommander que les composĂ©s du mercure soient ajoutĂ©s à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) en vertu du paragraphe 90(1) de la Loi (ci-après appelĂ© l’« avis d’intention ») a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, pour une pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours. PrĂ©alablement, Environnement Canada et SantĂ© Canada avaient informĂ© le gouvernement des provinces et des territoires, par l’intermĂ©diaire du ComitĂ© consultatif national de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement(1999) de la publication de l’avis d’intention et de la pĂ©riode de commentaires publics connexe. Le ComitĂ© consultatif national n’a fait part d’aucun commentaire.
Au cours de la pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours, deux soumissions ont Ă©tĂ© reçues, l’une d’une association industrielle et l’autre d’un service d’Ă©lectricitĂ©. Tous les commentaires ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration dans l’Ă©laboration du projet de dĂ©cret.
Voici un rĂ©sumĂ© des commentaires reçus concernant l’avis d’intention ainsi que les rĂ©ponses formulĂ©es à leur sujet.
- Commentaire : L’association industrielle a indiquĂ© : (1) que l’utilisation de composĂ©s du mercure dans la fabrication des vĂ©hicules avait diminuĂ© en raison d’une Ă©limination progressive par les fabricants de vĂ©hicules; (2) que la gestion des risques liĂ©s au mercure et à ses composĂ©s devait être conforme aux approches mondiales et qu’un dĂ©lai suffisant devait être accordĂ© aux entreprises touchĂ©es par les mesures rĂ©glementaires Ă©ventuelles.
RĂ©ponse : Le gouvernement du Canada a rĂ©cemment publiĂ© la StratĂ©gie de gestion du risque relative au mercure, qui renseigne les intervenants sur les objectifs, les prioritĂ©s et les mesures actuelles et prĂ©vues, ainsi que sur les programmes de surveillance mis en place pour gĂ©rer les risques continus liĂ©s au mercure et à ses composĂ©s. Les instruments de gestion des risques proposĂ©s dans cette stratĂ©gie seront Ă©laborĂ©s en collaboration avec l’industrie et d’autres intervenants concernĂ©s. Les questions liĂ©es au dĂ©lai, à la mise en œuvre et à l’harmonisation avec d’autres administrations seront prises en considĂ©ration tout au long du processus de gestion des risques. - Commentaire : Le service d’Ă©lectricitĂ© a suggĂ©rĂ© de ne pas ajouter le mĂ©thylmercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999), puisque les risques liĂ©s à cette substance sont dĂ©jà gĂ©rĂ©s pendant la construction d’un barrage Ă©lectrique au moyen de la Loi canadienne sur l’Ă©valuation environnementale et que l’exposition est faible ou aura une faible incidence une fois la construction terminĂ©e.
RĂ©ponse : Le mĂ©thylmercure est l’un des composĂ©s du mercure les plus nocifs pour les humains et d’autres organismes, car il est persistant, biocumulatif et toxique et qu’il peut facilement entrer dans le cerveau et traverser la barrière placentaire. De plus, la prĂ©sence de mĂ©thylmercure dans l’environnement n’est pas uniquement attribuable à la construction des barrages Ă©lectriques, puisqu’il se forme par le processus gĂ©nĂ©ral de mĂ©thylation du mercure, un processus se produisant naturellement dans l’environnement.
Consultations suivant la publication prĂ©alable du DĂ©cret dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada le 1er octobre 2011
Le 1er octobre 2011, un projet de dĂ©cret visant à inscrire « le mercure et ses composĂ©s » à l’annexe 1 de la LCPE (1999) a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, pour une pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours. Environnement Canada et SantĂ© Canada avaient informĂ© le gouvernement des provinces et des territoires, par l’intermĂ©diaire du ComitĂ© consultatif national de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, de la publication du projet de dĂ©cret et de la pĂ©riode de commentaires publics connexe. Le ComitĂ© consultatif national de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) n’a fait part d’aucun commentaire.
Au cours de la pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours, quatre soumissions ont Ă©tĂ© reçues au total : une d’une association industrielle, une d’un gouvernement Ă©tranger et deux de citoyens canadiens. Tous les commentaires ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration dans l’Ă©laboration du dĂ©cret final.
Voici un rĂ©sumĂ© des commentaires reçus concernant le projet de dĂ©cret ainsi que les rĂ©ponses formulĂ©es à leur sujet.
- Commentaire : L’association industrielle a indiquĂ© que les composĂ©s du mercure et leur numĂ©ro de registre du Chemical Abstracts Service (no CAS) devaient être dĂ©terminĂ©s et que les composĂ©s du mercure satisfaisant aux critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la LCPE (1999) devaient être inscrits sĂ©parĂ©ment à l’annexe 1.
RĂ©ponse : Comme il a Ă©tĂ© Ă©tabli que tous les composĂ©s du mercure respectent les critères Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la LCPE (1999), ils sont ajoutĂ©s à l’annexe 1. Il existe de nombreux prĂ©cĂ©dents d’inscription de tous les composĂ©s d’une substance donnĂ©e à l’annexe 1. Par exemple, les composĂ©s inorganiques de l’arsenic et du cadmium sont respectivement inscrits en tant qu’article 28 et article 31. La StratĂ©gie de gestion du risque relative au mercure dĂ©crit les mesures proposĂ©es par le gouvernement du Canada pour gĂ©rer les risques prĂ©sentĂ©s par le mercure et ses composĂ©s. De plus, en vertu de la LCPE (1999), les instruments de gestion des risques sont Ă©laborĂ©s suivant un processus consultatif. De cette manière, les produits qui contiennent des composĂ©s du mercure ou les processus qui en utilisent sont identifiĂ©s et pris en charge. - Commentaire : Un gouvernement Ă©tranger a soumis des commentaires sur le projet de dĂ©cret en vertu de l’Accord sur les obstacles techniques au commerce de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le gouvernement Ă©tranger est prĂ©occupĂ© par le fait que l’initiative de gestion des risques Ă©laborĂ©e par le gouvernement du Canada visant les composĂ©s du mercure ciblerait la prĂ©sence naturelle de ces substances. De plus, le gouvernement Ă©tranger a indiquĂ© que, puisque les nĂ©gociations internationales liĂ©es à un instrument mondial juridiquement contraignant visant à rĂ©glementer le mercure et ses composĂ©s n’ont pas encore Ă©tĂ© conclues, il serait inopportun que le gouvernement du Canada prenne des mesures unilatĂ©rales.
RĂ©ponse : L’ajout de substances à l’annexe 1 ne suscite pas en soi un obstacle technique au commerce, mais il s’agit plutôt d’une Ă©tape lĂ©gale officielle permettant d’Ă©laborer des instruments rĂ©glementaires de gestion des risques en vertu de la LCPE (1999). L’OMC serait avisĂ©e de toute mesure rĂ©glementaire ou de toute autre mesure de gestion des risques proposĂ©e par le gouvernement du Canada qui pourrait reprĂ©senter un obstacle technique au commerce. Par exemple, l’OMC a Ă©tĂ© avisĂ©e en mars 2011 de la publication, le 26 fĂ©vrier 2011, du projet de règlement sur les produits contenant du mercure dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada. Tous les composĂ©s du mercure seront ajoutĂ©s à l’annexe 1, car ils respectent les critères de l’article 64 de la LCPE (1999). NĂ©anmoins, la prĂ©sence naturelle des composĂ©s du mercure serait prise en compte lors de l’Ă©laboration de tout instrument de gestion des risques visant ces substances, incluant le règlement sur les produits contenant du mercure. En ce qui concerne les nĂ©gociations internationales, le Canada participe aux nĂ©gociations du PNUE qui devraient aboutir en 2013 à la conclusion d’un traitĂ© mondial juridiquement contraignant sur le mercure et ses composĂ©s (voir rĂ©fĂ©rence 8). L’ajout des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 permettrait au Canada de prendre des mesures à l’Ă©chelle nationale concernant les composĂ©s du mercure, dont certaines viseraient à s’acquitter de ses obligations internationales en vertu de ce traitĂ©, s’il dĂ©cidait de le ratifier. - Commentaire : Les citoyens canadiens ont indiquĂ© approuver l’ajout des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999) en prĂ©cisant qu’il existait suffisamment de preuves pour soutenir l’ajout des composĂ©s du mercure à la Liste des substances toxiques. Dans leurs commentaires, ces citoyens ont Ă©galement prĂ©conisĂ© : 1) l’utilisation de la Liste de quasi-Ă©limination compilĂ©e en vertu de la LCPE (1999) en ce qui concerne le mercure et ses composĂ©s; 2) l’organisation de pourparlers internationaux quant à la prise en compte des composĂ©s du mercure (en plus du mercure Ă©lĂ©mentaire).
RĂ©ponse : Le gouvernement du Canada apprĂ©cie les soumissions dĂ©taillĂ©es et favorables envoyĂ©es par les citoyens canadiens. Des points pertinents ont Ă©tĂ© soulevĂ©s dans leurs soumissions :- (1) Pour ce qui est de l’utilisation de la Liste de quasi-Ă©limination compilĂ©e en vertu de la LCPE (1999), elle ne conviendrait pas pour le mercure et ses composĂ©s, car le mercure est une substance prĂ©sente à l’Ă©tat naturel. Les instruments de gestion des risques peuvent contribuer à limiter les rejets anthropiques de mercure et de ses composĂ©s.
- (2) Pour ce qui est des pourparlers internationaux, le mercure et ses composĂ©s font dĂ©jà l’objet de discussions aux sessions du processus du ComitĂ© intergouvernemental de nĂ©gociation du PNUE. Les documents utilisĂ©s durant la troisième session du ComitĂ©, tenue à Nairobi du 31 octobre au 4 novembre 2011, traitent de plusieurs composĂ©s du mercure en particulier et contiennent des rĂ©fĂ©rences gĂ©nĂ©rales aux composĂ©s du mercure. Comme les nĂ©gociations devraient se poursuivre jusqu’en 2013, il est donc impossible de tirer aucune conclusion pour le moment.
6. Justification
L’Évaluation mondiale du mercure (PNUE, 2002) conclut que les composĂ©s du mercure ont divers effets nocifs importants bien documentĂ©s en ce qui a trait à la santĂ© humaine et à l’environnement partout dans le monde (voir rĂ©fĂ©rence 9). Le mercure et ses composĂ©s font partie d’un cycle mondial et contribuent aux charges environnementales des autres formes de mercure plus nocives, tout particulièrement le mĂ©thylmercure, qui est persistant dans l’environnement, biocumulatif (il s’accumule dans les organismes) et nocif pour les humains ainsi que pour d’autres organismes.
Les preuves prĂ©sentĂ©es dans l’Évaluation mondiale du mercure permettent de conclure que les composĂ©s du mercure rĂ©pondent à tous les critères de toxicitĂ© Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la LCPE (1999), c’est-à-dire qu’ils pĂ©nètrent ou peuvent pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature à :
- a) avoir, immĂ©diatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversitĂ© biologique;
- b) mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie;
- c) constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaines.
Il est donc recommandĂ© d’ajouter les composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999).
6.1 Solutions de rechange
6.1.1 Statu quo
Le gouvernement du Canada a envisagĂ© la possibilitĂ© de ne pas ajouter les composĂ©s du mercure à l’annexe 1 (statu quo). Toutefois, le statu quo ne permettrait pas au gouvernement de prendre des mesures rĂ©glementaires de gestion des risques à l’Ă©gard des composĂ©s du mercure et limiterait sa capacitĂ© de gĂ©rer de façon efficace les risques liĂ©s à ces substances. Par exemple, dans le cadre du statu quo, l’utilisation de composĂ©s du mercure dans les piles et les catalyseurs utilisĂ©s dans la fabrication du polyurĂ©thane ne serait pas rĂ©glementĂ©e en vertu de la version finale du règlement sur les produits contenant du mercure.
Compte tenu de la large acceptation internationale des effets nocifs importants associĂ©s aux composĂ©s du mercure à l’Ă©chelle mondiale, le gouvernement du Canada reconnaît que le statu quo ne permettrait pas la prise des mesures de gestion des risques qui pourraient s’imposer à l’Ă©gard des composĂ©s du mercure du fait que ces substances satisfont aux critères Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la LCPE (1999).
6.1.2 Option réglementaire
L’ajout des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999) en remplaçant l’article 8 (« mercure ») par « mercure et ses composĂ©s » permet l’Ă©laboration de règlements ou d’autres instruments visant à gĂ©rer les risques pour la santĂ© humaine et l’environnement qui sont associĂ©s aux composĂ©s du mercure. L’ajout des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 permettra Ă©galement au gouvernement du Canada d’envisager la ratification de l’instrument mondial juridiquement contraignant qui sera proposĂ© par le ComitĂ© intergouvernemental de nĂ©gociation du PNUE afin d’attĂ©nuer les risques pour la santĂ© et l’environnement qui sont liĂ©s à ces substances à l’Ă©chelle internationale. Par consĂ©quent, l’ajout des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999) est l’option retenue.
6.2 Avantages et coûts
Le DĂ©cret n’aura pas d’impact diffĂ©rentiel (avantage ou coût) sur le public ou sur les autres intervenants; en effet, le fardeau administratif et le fardeau en matière de conformitĂ© des industries et des petites entreprises n’augmenteront pas. L’ajout des composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999) permet aux ministres d’Ă©tablir un règlement relatif aux composĂ©s du mercure en vertu de la Loi. Les ministres peuvent toutefois choisir d’Ă©tablir des instruments non rĂ©glementaires, tels que des plans de prĂ©vention de la pollution, des plans d’urgence environnementale, des directives ou des codes de pratique, afin de gĂ©rer les risques que prĂ©sentent ces substances pour la santĂ© humaine et l’environnement. De plus, les ministres peuvent choisir d’Ă©tablir des instruments ne relevant pas de la LCPE (1999) pour aider à protĂ©ger la santĂ© humaine. Au cours de l’Ă©tablissement de ces mesures proposĂ©es, les ministres Ă©valueront les avantages et les coûts et consulteront le public et d’autres intervenants. En fait, le RĂ©sumĂ© de l’Ă©tude d’impact de la rĂ©glementation qui accompagne la publication du règlement sur les produits contenant du mercure dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada fournit une Ă©valuation des avantages et des coûts ainsi qu’un rĂ©sumĂ© des consultations tenues entre les intervenants pendant l’Ă©laboration de ce projet de règlement.
7. Mise en œuvre, application et normes de service
Le DĂ©cret permet d’ajouter les composĂ©s du mercure à l’annexe 1 de la LCPE (1999) et permet ainsi aux ministres de recommander au gouverneur en conseil l’Ă©tablissement d’un règlement ou d’autres instruments visant à gĂ©rer les risques pour la santĂ© humaine et l’environnement qui sont associĂ©s au mercure et à ses composĂ©s. Par consĂ©quent, dans le cadre de ce dĂ©cret, il n’est pas jugĂ© nĂ©cessaire d’Ă©laborer un plan de mise en œuvre ou une stratĂ©gie de conformitĂ© ou encore d’Ă©tablir des normes de service. Le gouvernement entreprendra une Ă©valuation de la mise en œuvre, de la conformitĂ© et de l’application pendant l’Ă©laboration des instruments visant à gĂ©rer les risques liĂ©s au mercure et à ses composĂ©s. Une telle Ă©valuation est comprise dans le RĂ©sumĂ© de l’Ă©tude d’impact de la rĂ©glementation, lequel accompagne la publication du règlement sur les produits contenant du mercure dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada.
8. Personnes-ressources
Greg Carreau
Division de la mobilisation et de l’Ă©laboration de programmes
Direction des sciences et de l’Ă©valuation des risques
Direction générale des sciences et de la technologie
Environnement Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information de la gestion des substances :
1-800-567-1999 (sans frais au Canada)
819-953-7156 (extérieur du Canada)
Télécopieur : 819-953-7155
Courriel : substances@ec.gc.ca
Markes Cormier
Bureau de la gestion du risque
Direction de la sécurité des milieux
Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
Téléphone : 613-957-8166
Télécopieur : 613-952-8857
Courriel : markes.cormier@hc-sc.gc.ca
Référence a
L.C. 2004, ch. 15, art. 31
Référence b
L.C. 1999, ch. 33
Référence c
L.C. 1999, ch. 33
Référence 1
L.C. 1999, ch. 33
Référence 2
L’Évaluation mondiale du mercure du PNUE est disponible à l’adresse suivante : www.chem.unep.ch/mercury/report/final%20assessment%20report.htm.
Référence 3
Environnement Canada et Santé Canada (2010), Stratégie de gestion du risque relative au mercure : www.ec.gc.ca/doc/mercure-mercury/1241/index_f.htm.
Référence 4
Partie Ⅰ de la Gazette du Canada : www.gazette.gc.ca/rp-pr/p1/2011/2011-02-26/html/index-fra.html.
Référence 5
Environnement Canada (2009). ToxEcology, Socio-Economic and Mass Balance Study for Mercury-Containing Products. Cette Ă©tude est disponible sur demande auprès d’Environnement Canada.
Référence 6
Le site Web suivant d’Environnement Canada contient de plus amples renseignements sur les avis en matière de consommation de poisson : www.ec.gc.ca/mercure-mercury/default.asp?lang=Fr&n=DCBE5083-1.
Référence 7
Veuillez consulter le site Web suivant d’Environnement Canada pour obtenir de plus amples renseignements : www.ec.gc.ca/mercure-mercury/Default.asp?lang=Fr&n=DB6D2996-1.
Référence 8
Veuillez consulter le site Web suivant du PNUE pour obtenir de plus amples renseignements: www.unep.org/hazardoussubstances/MercuryNot/MercuryNegotiations/tabid/3320/language/en-US/Default.aspx (site Web en anglais contenant certains documents disponibles dans plusieurs langues dont le français).
Référence 9
L’Évaluation mondiale du mercure du PNUE est disponible à l’adresse suivante: www.chem.unep.ch/mercury/report/final%20assessment%20report.htm.