Vol. 146, no 21 — Le 10 octobre 2012

Enregistrement

DORS/2012-178 Le 20 septembre 2012

LOI SUR LA CITOYENNETÉ

Règlement modifiant le Règlement sur la citoyennetĂ©

C.P. 2012-1079 Le 20 septembre 2012

Sur recommandation du ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration en vertu de l’article 27 (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi sur la citoyennetĂ© (voir rĂ©fĂ©rence b), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur la citoyennetĂ©, ci-après.

RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT SUR LA CITOYENNETÉ

MODIFICATIONS

1. Le paragraphe 3(4) du Règlement sur la citoyennetĂ© (voir rĂ©fĂ©rence 1) est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a d), de ce qui suit :

  • e) une preuve Ă©tablissant que le demandeur possède une connaissance suffisante de l’une des deux langues officielles du Canada, notamment les rĂ©sultats obtenus lors d’un test linguistique ou toute autre preuve dĂ©montrant qu’il rĂ©pond aux exigences Ă©noncĂ©es à l’article 14.

2. L’article 14 du même règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

14. Une personne possède une connaissance suffisante de l’une des langues officielles du Canada si elle dĂ©montre une capacitĂ© Ă©lĂ©mentaire à communiquer dans cette langue, de manière à pouvoir :

  • a) prendre part à de brèves conversations sur des sujets de la vie courante;

  • b) comprendre des instructions et des directives simples;

  • c) utiliser, dans la communication orale, les règles de base de la grammaire, notamment pour ce qui est de la syntaxe et de la conjugaison;

  • d) utiliser un vocabulaire adĂ©quat pour communiquer oralement au quotidien.

ENTRÉE EN VIGUEUR

3. Le prĂ©sent règlement entre en vigueur le 1er novembre 2012.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce rĂ©sumĂ© ne fait pas partie du Règlement.)

1. Résumé

Enjeu : La Loi sur la citoyennetĂ© (la Loi) oblige les adultes qui prĂ©sentent une demande de citoyennetĂ© à dĂ©montrer qu’ils possèdent une « connaissance suffisante de l’une des langues officielles du Canada » [alinĂ©a 5(1)d) de la Loi]. Selon le système actuel, la connaissance de la langue est essentiellement Ă©valuĂ©e au moyen d’un examen Ă©crit à choix multiples, qui sert Ă©galement à Ă©valuer la connaissance du Canada ainsi que des responsabilitĂ©s et avantages confĂ©rĂ©s par la citoyennetĂ©. L’examen n’offre toutefois pas un moyen satisfaisant d’Ă©valuer la connaissance de la langue, car il ne renseigne pas sur les compĂ©tences en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral. L’Ă©valuation actuelle des connaissances de la langue amène un manque d’efficacitĂ© dans le programme de citoyennetĂ© puisque les demandes prĂ©sentĂ©es par des personnes ne connaissant pas suffisamment la langue sont tout de même traitĂ©es. Enfin, il n’existe pas de critères prĂ©cis pour Ă©valuer la compĂ©tence linguistique et les dĂ©cideurs ne disposent pas non plus de donnĂ©es objectives sur lesquelles se fonder pour Ă©valuer la connaissance de la langue, ce qui rend ces Ă©valuations difficiles à effectuer pour les dĂ©cideurs.

Description : La modification du Règlement sur la citoyennetĂ© (le Règlement) oblige le demandeur de la citoyennetĂ© à accompagner sa demande d’une preuve Ă©tablissant sa compĂ©tence linguistique, par exemple les rĂ©sultats d’un test d’Ă©valuation de la compĂ©tence linguistique ou d’autres preuves objectives, tels un diplôme d’Ă©tudes secondaires ou postsecondaires en anglais ou en français ou une attestation fournie par certains programmes de formation linguistique financĂ©s par le gouvernement. La connaissance de la langue sera en outre Ă©valuĂ©e selon des critères plus prĂ©cis, qui correspondent au niveau 4 des Niveaux de compĂ©tence linguistique canadiens/Canadian Language Benchmark (NCLC/CLB), soit le niveau qui se rapproche le plus de celui exigĂ© pour obtenir la citoyennetĂ©. Le niveau de compĂ©tence linguistique exigĂ© pour obtenir la citoyennetĂ© n’est pas relevĂ©. Les modifications prĂ©cisent d’autre part que les aptitudes linguistiques exigĂ©es sont les compĂ©tences en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral. Sont enfin supprimĂ©es l’exigence que les questions visant à Ă©valuer la compĂ©tence linguistique soient rĂ©digĂ©es par le ministre, ce qui permet d’accepter des preuves de source externe. Les modifications encouragent les demandeurs à possĂ©der le niveau de compĂ©tence linguistique exigĂ© au moment de prĂ©senter une demande de citoyennetĂ©. Elles permettent Ă©galement d’amĂ©liorer le mode d’Ă©valuation de la compĂ©tence linguistique exigĂ©e pour obtenir la citoyennetĂ© de même que l’intĂ©gritĂ© du programme et son efficacitĂ©.

ÉnoncĂ© des coûts et avantages : Il ressort de l’analyse coûts-avantages (ACA) que cette mesure se traduit par un coût monĂ©taire net de 1,7 M$ par annĂ©e pour les gouvernements et les demandeurs. On estime toutefois que les avantages qualitatifs prĂ©cisĂ©s dans l’ACA l’emportent sur le coût monĂ©taire net, procurant ainsi un avantage global net aux Canadiens. Les coûts entraînĂ©s par ces modifications dĂ©coulent essentiellement de la prestation gratuite à tous les nouveaux arrivants de cours de langue financĂ©s par le gouvernement. Les autres coûts sont ceux que reprĂ©sente le temps consacrĂ© aux cours de langue par le demandeur ainsi que le coût que certaines personnes auront à assumer pour faire Ă©valuer leurs aptitudes linguistiques par un tiers. Les avantages monĂ©taires qui sont relevĂ©s dans l’ACA sont l’amĂ©lioration de l’employabilitĂ© et des revenus des rĂ©sidents permanents qui approfondissent ainsi plus tôt leur niveau de compĂ©tence linguistique. L’amĂ©lioration des aptitudes linguistiques procure Ă©galement des avantages qualitatifs, sur le plan social et de la santĂ©. Enfin, des avantages pour les employeurs canadiens ont aussi Ă©tĂ© identifiĂ©s sous la forme d’une augmentation de la productivitĂ© grâce à ce meilleur niveau de compĂ©tence linguistique.

Incidences sur les entreprises et les consommateurs : Les modifications touchent surtout les demandeurs de la citoyennetĂ© qui ne possèdent pas une preuve Ă©tablissant leurs compĂ©tences en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral, et qui seront dĂ©sormais tenus de fournir cette preuve à l’appui de leur demande de citoyennetĂ©. Ceux qui ne possèdent pas un niveau de compĂ©tence linguistique de base seront ainsi fortement motivĂ©s à suivre des cours de langue afin d’obtenir le niveau de compĂ©tence exigĂ©, et de fournir la preuve de leurs compĂ©tences en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral dès la prĂ©sentation de leur demande.

2. Contexte

L’acquisition de la citoyennetĂ© est une Ă©tape importante de l’intĂ©gration des nouveaux arrivants. L’attribution de la citoyennetĂ© aux demandeurs admissibles permet de confĂ©rer aux nouveaux arrivants l’ensemble des droits qui sont assortis à la citoyennetĂ©, et de les encourager à assumer les responsabilitĂ©s qui y sont attachĂ©es. Pour obtenir la citoyennetĂ©, le candidat est entre autres tenu, selon la loi, de dĂ©montrer qu’il possède un niveau de compĂ©tence de base dans l’une des langues officielles du Canada.

Pour rĂ©ussir à trouver un emploi et participer à la vie de leur collectivitĂ©, il est essentiel que les nouveaux arrivants connaissent la langue. La compĂ©tence linguistique est, de plus, l’un des principaux dĂ©terminants de la rĂ©ussite de l’intĂ©gration et de la participation active à la vie citoyenne ainsi qu’à la vie de la sociĂ©tĂ© civile. Une analyse documentaire a mis en lumière les divers avantages que procure la connaissance de la langue aux nouveaux arrivants sur les plans Ă©conomique, social et sanitaire. Dans un rapport de 2011, fondĂ© entre autres sur l’Enquête internationale sur l’alphabĂ©tisation et les compĂ©tences des adultes de Statistique Canada, le Groupe Financier Banque TD fait observer que [traduction] « l’amĂ©lioration des capacitĂ©s de lecture et d’Ă©criture se traduit par un taux d’emploi plus Ă©levĂ©, un chômage moins Ă©levĂ© et de plus courte durĂ©e, un revenu plus Ă©levĂ© et de meilleurs emplois » (voir rĂ©fĂ©rence 2). Monica Boyd et Cao Xingshan ont de même constatĂ©, dans une Ă©tude fondĂ©e sur les niveaux de compĂ©tence linguistique Ă©valuĂ©s au moyen des donnĂ©es de recensement de Statistique Canada, que l’augmentation des gains hebdomadaires moyens est directement liĂ©e au niveau de compĂ©tence linguistique (voir rĂ©fĂ©rence 3). Dans le discours du Trône de 2008, le gouvernement du Canada s’est engagĂ© à accroître la participation aux programmes d’aide à l’Ă©tablissement destinĂ©s aux immigrants, notamment aux cours de langue offerts gratuitement aux nouveaux arrivants.

Compte tenu de l’importance capitale des aptitudes linguistiques pour la rĂ©ussite de l’Ă©tablissement et de l’intĂ©gration des nouveaux arrivants, la lĂ©gislation de la citoyennetĂ© oblige, depuis 1947, les adultes qui prĂ©sentent une demande de citoyennetĂ© à dĂ©montrer qu’ils possèdent une connaissance suffisante de l’une des langues officielles du Canada. Cette exigence est actuellement prĂ©vue à l’alinĂ©a 5(1)d) de la Loi. Les personnes de 18 à 54 ans, soit environ 134 000 demandeurs par annĂ©e, doivent actuellement remplir cette exigence.

3. Enjeux/problèmes

L’article 14 du Règlement indique de façon gĂ©nĂ©rale les critères à appliquer pour dĂ©terminer si une personne possède une connaissance suffisante de l’une des langues officielles. Le Règlement exige que la personne comprenne des renseignements « Ă©lĂ©mentaires » et possède la capacitĂ© d’expression nĂ©cessaire pour communiquer ces renseignements. Par contre, le Règlement ne prĂ©voit pas de critères prĂ©cis à appliquer pour Ă©valuer le niveau de compĂ©tence linguistique, ce qui cause certaines difficultĂ©s aux dĂ©cideurs au moment de procĂ©der à l’Ă©valuation des demandeurs.

En outre, selon le système actuel, la langue est essentiellement Ă©valuĂ©e au moyen d’un examen Ă©crit à choix multiples qui sert Ă©galement à Ă©valuer la connaissance que possède le demandeur du Canada ainsi que des responsabilitĂ©s et des avantages confĂ©rĂ©s par la citoyennetĂ© (une exigence distincte prĂ©vue à l’alinĂ©a 5(1)e) de la Loi). L’examen Ă©crit ne fournit toutefois pas un moyen satisfaisant pour mesurer la connaissance de la langue, car il n’Ă©value pas les capacitĂ©s en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral, qui sont des compĂ©tences linguistiques qu’il est essentiel de possĂ©der pour bien s’intĂ©grer et communiquer efficacement avec les autres Canadiens : d’où le risque que les demandeurs qui ne possèdent pas des capacitĂ©s suffisantes en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral puissent obtenir la citoyennetĂ©.

Si le demandeur Ă©choue à l’examen Ă©crit, ou si des doutes concernant son niveau de compĂ©tence en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral sont signalĂ©s à la suite d’un Ă©change oral avec un agent de la citoyennetĂ©, l’intĂ©ressĂ© est convoquĂ© à une entrevue avec un juge de la citoyennetĂ©. Le juge peut rejeter la demande de citoyennetĂ© s’il constate que le demandeur ne remplit pas les exigences relatives à la connaissance des langues officielles. Ce processus n’est pas efficace et ne donne pas un bon service à la clientèle. D’une part, le temps Ă©coulĂ© est parfois très long entre le moment où est prĂ©sentĂ©e la demande et celui où le client est convoquĂ© en entrevue pour vĂ©rifier son niveau de compĂ©tence linguistique. D’autre part, ces entrevues alourdissent le traitement des demandes et augmentent le nombre de demandes en attente. Le dĂ©lai nĂ©cessaire pour traiter les cas simples ne nĂ©cessitant pas d’entrevue est actuellement d’environ 19 mois. Lorsqu’une entrevue est nĂ©cessaire, ce dĂ©lai est encore prolongĂ©.

Divers facteurs motivent l’adoption des mesures proposĂ©es : le fait que l’examen de citoyennetĂ© Ă©crit est un moyen insatisfaisant d’Ă©valuer la connaissance de la langue; que les dĂ©cideurs manquent actuellement de preuves objectives sur lesquelles se fonder pour Ă©valuer les compĂ©tences linguistiques; et que le traitement de demandes prĂ©sentĂ©es par des personnes ne connaissant pas suffisamment la langue rĂ©duit l’efficacitĂ© du programme.

4. Objectifs

Les modifications apportĂ©es au Règlement :

  • encourageront les demandeurs à satisfaire aux exigences linguistiques au moment de prĂ©senter leur demande de citoyennetĂ©, ce qui permettra de mieux intĂ©grer les nouveaux citoyens et de les aider à participer pleinement à la vie de la sociĂ©tĂ© canadienne;
  • prĂ©ciseront les exigences linguistiques en les harmonisant plus clairement aux indicateurs du niveau 4 des NCLC/CLB pour ce qui est de l’expression orale et de la comprĂ©hension de l’oral, ce qui sera utile pour les demandeurs, les fonctionnaires du ministère de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration (CIC) et les juges de la citoyennetĂ©;
  • amĂ©lioreront le traitement des demandes en permettant de retourner les demandes accompagnĂ©es du remboursement des frais acquittĂ©s dans les cas où aucune preuve n’est fournie, ce qui permettra à CIC de se concentrer sur le traitement des demandes prĂ©sentĂ©es par les personnes qui satisfont aux exigences, et de convoquer moins de demandeurs à une entrevue avec un juge pour l’Ă©valuation des compĂ©tences linguistiques.

Ces modifications renforceront l’intĂ©gritĂ© du programme de citoyennetĂ© en rendant l’Ă©valuation de la compĂ©tence linguistique plus objective, tout en amĂ©liorant la situation des nouveaux arrivants sur le plan linguistique, puisqu’elles les inciteront à acquĂ©rir plus rapidement les compĂ©tences linguistiques dont ils ont besoin pour demander la citoyennetĂ©. Les modifications ont de plus Ă©tĂ© conçues de manière à imposer le moins possible un fardeau aux demandeurs.

Les modifications constituent pour le gouvernement un autre moyen de respecter l’engagement qu’il a pris dans le discours du Trône de 2008 d’augmenter le taux de participation des immigrants aux programmes d’aide à l’Ă©tablissement, notamment aux cours de langue offerts gratuitement aux nouveaux arrivants. Elles cadrent de plus avec le Plan d’action pour la citoyennetĂ© (PAC), selon lequel il est nĂ©cessaire de modifier l’Ă©valuation de la compĂ©tence linguistique pour assurer la cohĂ©sion sociale et mettre en place une sociĂ©tĂ© intĂ©grĂ©e. Le PAC est un ensemble d’initiatives concertĂ©es à moyen terme qui visent à valoriser la citoyennetĂ©.

5. Description

L’article 3 du Règlement est modifiĂ© afin d’obliger les demandeurs à accompagner leur demande de citoyennetĂ© d’une preuve qu’ils possèdent le niveau de compĂ©tence linguistique exigĂ©. Ces preuves pourraient comprendre les rĂ©sultats de tests linguistiques effectuĂ©s par des tiers agréés ou d’autres attestations objectives. Des directives administratives fourniront une liste de tests linguistiques acceptables corrĂ©lĂ©s avec les NCLC/CLB, tels les tests actuellement acceptĂ©s aux fins de l’immigration au Canada. Les directives prĂ©ciseront Ă©galement les autres attestations qui pourraient constituer des preuves objectives acceptables, tels les diplômes d’Ă©tudes secondaires ou postsecondaires en anglais ou en français ou l’obtention d’un certain niveau de compĂ©tence linguistique à l’issue de cours comme les Cours de langue pour les immigrants au Canada/Language Instruction for Newcomers to Canada (CLIC/LINC), qui sont financĂ©s par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Seront Ă©galement acceptĂ©s, aux fins de la citoyennetĂ©, les rĂ©sultats de tests que le demandeur aura antĂ©rieurement subis et qui auront Ă©tĂ© acceptĂ©s à d’autres fins, comme les tests effectuĂ©s lors de la prĂ©sentation d’une demande d’immigration à titre de demandeur principal au titre de la catĂ©gorie des travailleurs qualifiĂ©s (fĂ©dĂ©ral) ou de la catĂ©gorie de l’expĂ©rience canadienne.

L’obligation de fournir une preuve, dès la prĂ©sentation de la demande, du niveau de compĂ©tence linguistique permettra d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© du processus et de rĂ©duire le fardeau administratif de CIC puisque, à dĂ©faut d’une telle preuve, la demande et les frais acquittĂ©s seront retournĂ©s au demandeur. Par la même occasion, le demandeur sera avisĂ© par Ă©crit qu’il n’a pas fourni une preuve satisfaisante de sa connaissance de l’une des langues officielles. Ainsi, CIC pourra se concentrer sur les demandeurs qui remplissent les exigences relatives à la langue. Enfin, l’obligation de fournir une preuve du niveau de compĂ©tence linguistique permet Ă©galement aux juges de la citoyennetĂ© de fonder leur dĂ©cision sur des donnĂ©es objectives. Aussi, on prĂ©voit que les juges de la citoyennetĂ© auront moins d’entrevues à rĂ©aliser puisque les demandeurs prĂ©senteront leur demande seulement une fois ayant atteint le niveau de compĂ©tence linguistique requis.

L’article 14 du Règlement est Ă©galement modifiĂ© afin de spĂ©cifier les critères permettant d’Ă©valuer les capacitĂ©s en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral et de tenir compte des principaux Ă©lĂ©ments du niveau 4 des NCLC/CLB, par exemple pouvoir prendre part à de brèves conversations sur des sujets de la vie courante, appliquer les règles de base de la grammaire pour ce qui est de la syntaxe et de la conjugaison, possĂ©der un vocabulaire adĂ©quat pour communiquer oralement au quotidien et comprendre des instructions et des directives simples. L’Ă©valuation de la connaissance de la langue à l’aide de critères plus prĂ©cis, correspondant au niveau 4 des NCLC/CLB, et le fait d’indiquer clairement que les compĂ©tences exigĂ©es sont les capacitĂ©s en expression orale et en comprĂ©hension de l’oral permettent d’Ă©valuer la connaissance de la langue de façon plus transparente et uniforme. Les modifications apportĂ©es au Règlement n’ont pas pour effet de relever le niveau de compĂ©tence linguistique exigĂ© pour la citoyennetĂ©, mais elles prĂ©cisent les exigences actuellement prĂ©vues dans ce domaine.

Enfin, les modifications apportĂ©es à l’article 14 du Règlement suppriment l’exigence que les questions visant à Ă©valuer le niveau de compĂ©tence linguistique soient prĂ©parĂ©es par le ministre, ce qui permettrait l’utilisation de preuves externes.

6. Options réglementaires et non réglementaires considérées

Le ministère de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration a tentĂ© d’amĂ©liorer le mode d’Ă©valuation de la connaissance de la langue en mettant au point des outils pour aider les agents et les juges à Ă©valuer le niveau de compĂ©tence linguistique des demandeurs et à effectuer une Ă©valuation plus uniforme. Ces Ă©valuations demeurent toutefois subjectives, et les nouveaux outils ne procurent pas de gains d’efficacitĂ©. L’obligation de fournir une preuve objective dès le dĂ©but du processus est donc le meilleur moyen de garantir une Ă©valuation uniforme, d’assurer l’intĂ©gritĂ© du programme et d’accroître l’efficacitĂ© opĂ©rationnelle au profit des clients.

Il faut modifier l’article 3 du Règlement afin d’exiger du demandeur qu’il accompagne sa demande de citoyennetĂ© d’une preuve Ă©tablissant sa connaissance de la langue. Il n’est pas possible d’appliquer des solutions autres que rĂ©glementaires, puisque les documents exigĂ©s pour prĂ©senter une demande de citoyennetĂ©, en vertu du paragraphe 5(1) de la Loi, sont prĂ©cisĂ©s dans le Règlement. De plus, le Règlement Ă©tablit une norme à respecter, ce qui constitue un moyen pour obliger les demandeurs à fournir la preuve exigĂ©e, contrainte qui ne peut être Ă©tablie par des directives administratives.

L’article 14 du Règlement donne actuellement une indication gĂ©nĂ©rale des critères à appliquer pour Ă©valuer le niveau de compĂ©tence linguistique. Il faut donc modifier le Règlement pour que les agents de CIC et les juges de la citoyennetĂ© puissent se fonder sur des critères plus prĂ©cis. La clarification des critères par la modification du Règlement permet de rendre l’Ă©valuation du niveau de compĂ©tence linguistique transparente, uniforme et Ă©quitable. Le fait que les règlements sont contraignants, contrairement aux directives administratives, garantit que tous les demandeurs sont tenus de respecter les mêmes critères.

7. Avantages et coûts

Le tableau ci-après donne un aperçu des rĂ©sultats de l’analyse coûts-avantages. Les modifications seront mises en œuvre en 2012, mais les coûts-avantages ne pourront pas être mesurĂ©s avant 2013, à l’exception de certains coûts administratifs pour CIC. Le coût estimatif total, pour les gouvernements et les demandeurs, pour la pĂ©riode visĂ©e par l’analyse (2012-2021) est de 110 M$ (valeur actuelle) [VA]. Les avantages totaux qui dĂ©coulent des mesures rĂ©glementaires reprĂ©sentent 92,5 M$ (VA), selon les estimations : d’où un impact nĂ©gatif net de 17,5 M$ (VA), soit 1,7 M$ par annĂ©e. Cet impact nĂ©gatif est compensĂ© par les incidences qualitatives mentionnĂ©es dans l’Ă©tude.

Coûts, avantages et rĂ©partition

Année de base 2012

Cinquième annĂ©e 2017

Dernière annĂ©e 2021

Total

Moyenne annuelle

A. Incidences chiffrĂ©es en millions de dollars — valeur actuelle (dollars de 2012)

Coûts

Intervenants

         

Financement des cours de langue par les gouvernements fédéral et provinciaux

CIC et gouvernements provinciaux

0,0

3,8

3,0

36,7

3,7

Télécentre

CIC

0,1

0,05

0,04

0,7

0,07

Transition

CIC

0,2

0,0

0,0

0,2

0,02

Test effectué par un tiers

Demandeurs

0,0

2,5

2,0

22,3

2,2

Temps consacré aux cours de langue

Demandeurs

0,0

5,4

4,2

48,5

4,8

Traitement (Sydney)

CIC

0,2

0,2

0,1

1,5

0,01

Coût total

 

0,3

12,0

9,3

110,0

11,0

Avantages

Intervenants

 

 

 

 

 

Traitement — bureaux locaux

CIC

0,0

0,1

0,08

0,8

0,08

EfficacitĂ© du traitement grâce au report des demandes advenant le non-respect des exigences linguistiques

CIC

0,0

0,04

0,03

0,4

0,04

AmĂ©lioration de la situation d’emploi

Économie et demandeurs

0,0

1,5

1,2

13,2

1,3

Salaire plus élevé

Économie et demandeurs

0,0

3,7

5,2

31,1

3,1

RĂ©duction de la dĂ©pendance à l’Ă©gard de l’AE

Gouvernement du Canada

0,0

0,8

0,6

7,4

0,7

Emploi plus conforme aux compétences

Économie et demandeurs

0,0

4,7

6,6

39,5

4,0

Avantages totaux

 

0,0

10,9

13,8

92,5

9,2

Avantages nets (VAN)

-17,5

-1,7

B. Incidences qualitatives

Avantages

Intervenants

Description du coût ou de l’avantage

Avantage social

Demandeurs

Participation plus importante à la vie de la sociĂ©tĂ© canadienne.

Avantages du point de vue de la santé

Demandeurs

Accès accru aux services de santĂ© et amĂ©lioration Ă©ventuelle de l’Ă©tat de santĂ© des nouveaux immigrants.

Baisse du nombre d’entrevues sur les connaissances pour les juges de la citoyennetĂ©

CIC

RĂ©duction du nombre d’entrevues, puisqu’il y aura moins de personnes qui Ă©choueront au test sur les connaissances en raison de leur niveau de compĂ©tence linguistique insuffisant.

Traitement : avantages pour les autres ministères

Gouvernement du Canada

Avantage pour les autres ministères ou organismes gouvernementaux qui n’auraient pas à Ă©tudier les demandes de citoyennetĂ© non conformes aux exigences.

Facilité de communiquer avec les nouveaux citoyens

Gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux

AmĂ©lioration de la capacitĂ© de fournir des services gouvernementaux aux immigrants qui connaîtront mieux la langue et seront ainsi en mesure de mieux comprendre le mode de prestation des services sociaux.

AmĂ©lioration de l’employabilitĂ© des rĂ©sidents permanents ou des nouveaux citoyens

Employeurs canadiens

Les nouveaux immigrants acquerraient plus rapidement une bonne connaissance de la langue, ce qui leur permettrait de travailler et de mieux communiquer avec des employeurs éventuels.

Augmentation du nombre de clients

Écoles de langue privĂ©es

Hausse éventuelle de la demande de cours de langue offerts dans le secteur privé.

Valorisation de la citoyenneté canadienne

Société canadienne

Renforcement de l’intĂ©gritĂ© du programme grâce à une Ă©valuation plus objective de la langue, Ă©lĂ©ment essentiel de la citoyennetĂ© canadienne.

Renforcement de la cohésion sociale

Société canadienne

Une meilleure connaissance de la langue facilite l’interaction avec les autres Canadiens, accroît la participation à la vie de la collectivitĂ© et amĂ©liore la connaissance des normes et valeurs canadiennes.

Coûts

Intervenants

 

Coût d’inscription aux cours de langue offerts par le secteur privĂ©

Demandeurs

Les demandeurs qui dĂ©cideront de suivre des cours de langue offerts par le secteur privĂ© plutôt que les cours de langue dispensĂ©s gratuitement par le gouvernement pourraient devoir acquitter des frais.

Incidences sur les entreprises et les consommateurs

Les modifications touchent surtout les demandeurs de la citoyennetĂ© qui ne possèdent pas une preuve de leur niveau de compĂ©tence linguistique et qui seront dĂ©sormais tenus de fournir cette preuve à l’appui de leur demande. Ceux qui ne possèdent pas un niveau de compĂ©tence linguistique de base seront ainsi fortement encouragĂ©s à suivre des cours de langue afin d’obtenir le niveau de compĂ©tence exigĂ© et d’en fournir la preuve dès la prĂ©sentation de leur demande. Il en dĂ©coulera un avantage pour les formateurs donnant des cours de langue dans le secteur privĂ©, puisque la proposition encourage les demandeurs de la citoyennetĂ© à parfaire plus rapidement leur connaissance de la langue. Il s’agit toutefois d’un avantage qualitatif, car il est très difficile de prĂ©dire le nombre de demandeurs qui, ayant un niveau de compĂ©tence infĂ©rieur au niveau 4 des NCLC/CLB, dĂ©cideraient de suivre les cours de langue offerts par le secteur privĂ© plutôt que les cours offerts gratuitement par le gouvernement. Il est Ă©galement impossible de prĂ©dire la durĂ©e de la pĂ©riode pendant laquelle ils suivraient ces cours ainsi que le coût moyen des cours.

Effets distributifs

Après sa mise en œuvre, la mesure devrait entraîner, pour les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux, un coût net de 39,1 M$ pour la pĂ©riode à l’Ă©tude (10 ans). Ce coût est principalement attribuable à la modeste augmentation prĂ©vue de la demande dont feront l’objet les cours de langue que les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux offrent gratuitement aux citoyens Ă©ventuels.

On s’attend à ce que le nombre de demandeurs de la citoyennetĂ© diminue lĂ©gèrement au dĂ©but. Cette baisse tient en partie au fait que certains rĂ©sidents permanents pourraient attendre d’avoir amĂ©liorĂ© leur connaissance de la langue avant de prĂ©senter une demande de citoyennetĂ©, et conserver ainsi leur statut de rĂ©sident permanent jusque là. Pendant ces premières annĂ©es, on peut s’attendre à ce qu’un petit nombre de personnes s’inscrivent à divers programmes de formation linguistique (les programmes financĂ©s par le gouvernement fĂ©dĂ©ral, les Ă©coles de langue privĂ©es, et les programmes d’enseignement secondaire ou postsecondaire en français ou en anglais). Il importe toutefois de noter que ces tendances reposent sur des hypothèses susceptibles de changer au fil du temps.

La mesure aura Ă©galement une incidence sur les rĂ©sidents permanents qui souhaitent obtenir la citoyennetĂ© canadienne. On prĂ©voit que la grande majoritĂ© des demandeurs (près de 99 000 ou 73 %) auront dĂ©jà une forme quelconque de preuve de compĂ©tence linguistique qui rĂ©pond aux exigences. Cette obligation n’imposera donc pas un fardeau supplĂ©mentaire à ce groupe. La minoritĂ© des demandeurs qui ne possèdent pas dĂ©jà une telle preuve devra toutefois assumer des dĂ©penses considĂ©rables, compte tenu du temps à consacrer aux cours et des sommes qu’ils devront verser à des tiers pour faire Ă©valuer leur niveau de compĂ©tence linguistique et obtenir la preuve exigĂ©e. Comme il est indiquĂ© dans le tableau ci-après, ce coût s’Ă©lève à 70,9 M$. Il est essentiellement attribuable à la valeur du temps que la personne doit consacrer à un cours pour amĂ©liorer son niveau de compĂ©tence linguistique.

Une meilleure connaissance de la langue profite toutefois aussi bien aux demandeurs qu’à l’Ă©conomie canadienne, puisqu’il en rĂ©sulte une hausse de l’emploi et une amĂ©lioration de la productivitĂ©. Comme le montre le tableau suivant, la mesure proposĂ©e contribue à amĂ©liorer la situation Ă©conomique et sociale des demandeurs et leur procure ainsi des avantages qui l’emportent sur les coûts.

En permettant de prĂ©senter divers types de preuves, ces modifications imposent un fardeau minimal aux demandeurs. Les preuves acceptables comprennent les tests prĂ©cĂ©demment subis par le demandeur et acceptĂ©s à d’autres fins, par exemple pour immigrer au Canada. Ces demandeurs n’auront donc pas à obtenir de nouvelles preuves à seule fin d’obtenir la citoyennetĂ©. Les modifications tiennent Ă©galement compte de la situation des locuteurs natifs en acceptant les diplômes d’Ă©tudes secondaires et postsecondaires en français ou en anglais. Elles accordent de plus une valeur particulière à certains cours de langue financĂ©s par le gouvernement, qui sont offerts gratuitement aux demandeurs.

Incidences par intervenant
(en millions de dollars)

Coûts

Avantages

Avantages
nets (VAN)

Gouvernements fédéral et provinciaux
(y compris CIC)

39,1

8,6

30,5

Résidents permanents souhaitant
obtenir la citoyenneté

70,9

83,9

13,0

Total

110,0

92,5

17,5

L’ACA intĂ©grale est disponible sur demande.

8. Règle du « un pour un »

La règle du « un pour un » ne s’applique pas à cette proposition, puisque les coûts administratifs assumĂ©s par les entreprises ne changent pas.

9. Lentille des petites entreprises

Le critère relatif au point de vue des petites entreprises ne s’applique pas à cette proposition, puisque celle-ci n’entraîne aucun coût pour ces entreprises.

10. Consultation

À la suite de la publication, le 15 octobre 2011, d’un avis d’intention dans la Gazette du Canada, un certain nombre de commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s au sujet de la proposition. La majoritĂ© des personnes qui ont rĂ©pondu y Ă©taient favorables. Sur un total de 68 rĂ©ponses, 40 Ă©taient en faveur de la proposition et 17 Ă©taient contre. Les 11 rĂ©ponses restantes consistaient en des demandes de renseignements supplĂ©mentaires. CIC a obtenu divers commentaires de la part de particuliers (46) et d’organisations (22). Les principaux motifs invoquĂ©s en faveur de la proposition Ă©taient que la connaissance de la langue devrait être l’une des exigences fondamentales à remplir pour devenir un citoyen, et qu’il est essentiel aux nouveaux arrivants de connaître la langue pour obtenir les divers services et prestations, comme les soins de santĂ©. L’appui le plus enthousiaste est venu de particuliers. Certains se sont prononcĂ©s en faveur de la proposition, mais à la condition que les nouvelles règles continuent de prĂ©voir une exception pour les demandeurs âgĂ©s, que les cours de langue financĂ©s par le gouvernement fĂ©dĂ©ral soient maintenus, et que les individus puissent bĂ©nĂ©ficier d’une dispense en cas de besoin. Les principales prĂ©occupations soulevĂ©es par les intervenants concernaient les consĂ©quences entraînĂ©es pour les groupes vulnĂ©rables, comme les rĂ©fugiĂ©s, les personnes ayant des troubles d’apprentissage, ou les personnes qui, du fait qu’elles vivent en milieu rural, ont un accès limitĂ© aux Ă©coles de langue. Des intervenants se sont Ă©galement inquiĂ©tĂ©s de ce que certains groupes n’aient peut-être pas le temps ou l’argent nĂ©cessaires pour suivre des cours de langue ou faire Ă©valuer leurs compĂ©tences.

CitoyennetĂ© et Immigration Canada a consultĂ© les hauts fonctionnaires des provinces et territoires pour expliquer l’incidence de la proposition et vĂ©rifier si les programmes de formation linguistique des provinces et territoires pourraient être en mesure de fournir des attestations de compĂ©tence linguistique acceptables aux fins de la citoyennetĂ©. Par suite de ces nĂ©gociations, des provinces clĂ©s ont indiquĂ© consentir à ce que leurs programmes de formation linguistique fournissent des attestations susceptibles d’être utilisĂ©es pour les besoins de la citoyennetĂ©. Les juges de la citoyennetĂ© ainsi que les spĂ©cialistes de la langue, au niveau fĂ©dĂ©ral, provincial et territorial, ont Ă©galement Ă©tĂ© consultĂ©s. CIC continue de consulter les tiers chargĂ©s de l’Ă©valuation des compĂ©tences linguistiques au sujet de la prestation de tests acceptables. Des consultations ont Ă©galement Ă©tĂ© menĂ©es avec d’autres intervenants, comme les fournisseurs de services d’Ă©tablissement, les reprĂ©sentants de l’Association du Barreau canadien et les reprĂ©sentants des organismes de rĂ©glementation des consultants en immigration. Les intervenants ont Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement favorables.

Le projet de règlement a Ă©tĂ© publiĂ© au prĂ©alable dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada le 21 avril 2012. Les personnes intĂ©ressĂ©es ont disposĂ© d’une pĂ©riode de 30 jours pour formuler des commentaires, soit jusqu’au 20 mai 2012. Quatorze commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s pendant cette pĂ©riode. Trois commentaires Ă©taient favorables à la modification, leurs auteurs faisant valoir que la connaissance de la langue devrait être l’une des exigences fondamentales à remplir pour devenir un citoyen et qu’elle contribuait par ailleurs à assurer une meilleure intĂ©gration. Deux personnes Ă©taient dĂ©favorables à la proposition, l’une parce qu’elle estimait que la modification Ă©tait trop stricte et entraînerait des frais supplĂ©mentaires pour les futurs demandeurs de la citoyennetĂ©, l’autre, parce qu’elle jugeait que cette modification n’allait pas assez loin et que CIC devrait être plus exigeant à l’Ă©gard des immigrants et des futurs citoyens. Neuf commentaires, gĂ©nĂ©ralement neutres, consistaient de façon gĂ©nĂ©rale en des demandes de renseignements supplĂ©mentaires sur la modification proposĂ©e. La majoritĂ© des commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s par des particuliers (10), les 4 autres par des organisations ou les gouvernements provinciaux ou territoriaux.

En ce qui concerne les prĂ©occupations soulevĂ©es par les intervenants au sujet des consĂ©quences pour les groupes vulnĂ©rables, CIC a tenu compte de leurs besoins au moment d’Ă©laborer ce projet. Par exemple, l’acceptation de diverses preuves, y compris les rĂ©sultats de cours offerts gratuitement aux participants grâce au financement du gouvernement fĂ©dĂ©ral, permet d’attĂ©nuer l’incidence de cette mesure sur des groupes vulnĂ©rables.

11. Justification

Les modifications visant à obliger les demandeurs à fournir une preuve de leur niveau de compĂ©tence linguistique, dès la prĂ©sentation de leur demande, encourageront les intĂ©ressĂ©s à acquĂ©rir les aptitudes linguistiques nĂ©cessaires avant de demander la citoyennetĂ©. Étant donnĂ© l’importance capitale de la langue pour la rĂ©ussite de l’intĂ©gration, cette mesure favorisera l’intĂ©gration des nouveaux citoyens à la sociĂ©tĂ© canadienne. Elle les aidera Ă©galement à assumer les droits et les responsabilitĂ©s qui leur incombent en leur qualitĂ© de citoyens et contribuera à amĂ©liorer leur situation Ă©conomique et sociale.

En obligeant les intĂ©ressĂ©s à fournir une preuve de leur niveau de compĂ©tence linguistique dès la prĂ©sentation de la demande, les modifications permettent par ailleurs d’amĂ©liorer l’intĂ©gritĂ© de l’Ă©valuation et de soutenir la prise de dĂ©cisions. Obliger dès le dĂ©part les demandeurs à prĂ©senter un niveau de compĂ©tence bien dĂ©terminĂ© (le niveau 4 des NCLC/CLB) permet Ă©galement de rationaliser le traitement, puisque les demandes non accompagnĂ©es d’une preuve acceptable des aptitudes linguistiques seront retournĂ©es avec le remboursement des frais acquittĂ©s pour le traitement. Cette mesure facilitera de plus la tâche des agents de CIC chargĂ©s d’Ă©valuer le niveau de compĂ©tence linguistique des demandeurs.

Cette mesure constituera d’autre part un avantage pour les demandeurs, puisque ces derniers connaîtront prĂ©cisĂ©ment les exigences linguistiques auxquelles ils doivent satisfaire et sauront, dès la prĂ©sentation de leur demande, s’ils ont fourni une preuve appropriĂ©e de leur niveau de compĂ©tence linguistique. Les demandeurs qui ne possèdent pas le niveau de compĂ©tence linguistique exigĂ© gagneront quant à eux à ne pas avoir à attendre 20 mois en moyenne pour le traitement de leur demande, rien que pour apprendre, au terme de cette pĂ©riode, que leur demande a Ă©tĂ© rejetĂ©e. Cette mesure empêchera Ă©galement que ces mêmes demandeurs aient à payer des frais pour le traitement d’une demande qui finira par être rejetĂ©e.

La modification de l’article 14 du Règlement tient compte de niveaux de compĂ©tence (NCLC/CLB) qui sont reconnus comme les normes officielles du Canada pour dĂ©crire, mesurer et reconnaître les niveaux de compĂ©tence linguistique des immigrants adultes en anglais et en français. Les tests externes ont Ă©tĂ© mis en corrĂ©lation avec ces normes puisque celles-ci sont appliquĂ©es en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s. La clarification des exigences prĂ©vues à l’article 14 du Règlement contribue à rendre les normes appliquĂ©es pour Ă©valuer la compĂ©tence linguistique plus objectives, Ă©quitables et transparentes. L’application de normes prĂ©cises et uniformes constitue un avantage pour les fonctionnaires, les employeurs et la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral, puisque le niveau de compĂ©tence linguistique des citoyens et le programme de citoyennetĂ© dans son ensemble inspireront davantage confiance.

Les modifications s’appliquent aux demandeurs adultes de la citoyennetĂ© qui doivent respecter des exigences linguistiques. Comme ces exigences sont actuellement imposĂ©es aux demandeurs de 18 à 54 ans, ces personnes (soit environ 134 000 par annĂ©e) seront tenues de fournir la preuve de leur niveau de compĂ©tence linguistique dès le dĂ©pôt de leur demande. Comme ces demandeurs seront visĂ©s par les nouvelles dispositions rĂ©glementaires, ils seront tenus de fournir une preuve de leur niveau de compĂ©tence linguistique. CIC limitera les consĂ©quences nĂ©gatives qui en dĂ©couleront pour les demandeurs en permettant de prĂ©senter diverses preuves Ă©tablissant la compĂ©tence linguistique de façon objective.

On s’attend à ce que la majoritĂ© des demandeurs de la citoyennetĂ© (près de 99 000 par annĂ©e, ou 73 %) dispose dĂ©jà d’une preuve pouvant être jointe à leur demande. Par consĂ©quent, cette exigence ne devrait pas reprĂ©senter un fardeau supplĂ©mentaire pour la plupart des demandeurs qui disposent dĂ©jà d’une preuve montrant qu’ils se conforment à la nouvelle exigence relative aux langues officielles.

12. Mise en œuvre, application et normes de service

Le Règlement entrera en vigueur le 1er novembre 2012. Toute demande prĂ©sentĂ©e à cette date ou après sera assujettie au nouveau cadre rĂ©glementaire. Afin d’informer les citoyens Ă©ventuels et les intervenants des nouvelles modifications, et pour garantir que les demandeurs de la citoyennetĂ© sachent quels documents ils doivent annexer à leur demande de citoyennetĂ©, CIC a pris les devants en matière de communication en veillant à ce que les demandeurs soient au courant de la nouvelle mĂ©thode d’Ă©valuation et de leur obligation de fournir une preuve de leur compĂ©tence linguistique dès la prĂ©sentation de leur demande.

CitoyennetĂ© et Immigration Canada a de plus mis sur pied un groupe de travail sur la mise en œuvre, qui s’occupera des diverses exigences dĂ©coulant de la mise en œuvre, par exemple modifier les formulaires de demande, le site Web de CIC et les systèmes informatiques. Il faudra Ă©galement fournir une formation aux fonctionnaires de CIC et aux juges, dĂ©terminer ce qui constitue une preuve acceptable de la part des organismes fĂ©dĂ©raux, provinciaux et territoriaux qui dispensent des cours de langue, et prendre des dispositions avec les tiers chargĂ©s de l’Ă©valuation des compĂ©tences linguistiques pour garantir que des tests appropriĂ©s sont offerts.

Enfin, CIC surveillera les rĂ©sultats du nouveau rĂ©gime d’Ă©valuation de la compĂ©tence linguistique. Il veillera Ă©galement à limiter les risques de fraude posĂ©s par les nouvelles exigences, en vĂ©rifiant les tests effectuĂ©s par les tiers et en modifiant les mĂ©canismes actuellement utilisĂ©s pour l’assurance de la qualitĂ©.

13. Mesures de rendement et évaluation

Un PMRE a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© afin d’Ă©valuer les modifications. Il est prĂ©vu que la proposition permettra d’obtenir les rĂ©sultats suivants à court terme : a) le traitement des demandes de citoyennetĂ© sera simplifiĂ©; b) les nouveaux arrivants participeront en plus grand nombre aux cours de langue financĂ©s par le gouvernement fĂ©dĂ©ral (CLIC); c) la nouvelle obligation à respecter pour obtenir la citoyennetĂ©, soit fournir une preuve de la compĂ©tence linguistique dès le dĂ©pôt de la demande, sera mieux connue. Les rĂ©sultats intermĂ©diaires escomptĂ©s sont les suivants : a) les demandeurs admissibles pourront obtenir la citoyennetĂ© de façon efficace; b) les demandeurs de la citoyennetĂ© possĂ©deront une connaissance suffisante de l’une des langues officielles. Les rĂ©sultats finaux prĂ©vus sont quant à eux les suivants : a) l’intĂ©gritĂ© du programme de citoyennetĂ© et de la procĂ©dure à suivre pour demander la citoyennetĂ© sera renforcĂ©e; b) l’amĂ©lioration du niveau de compĂ©tence linguistique, lors de la prĂ©sentation de la demande de citoyennetĂ©, contribuera à rehausser l’employabilitĂ© des nouveaux citoyens.

Ces rĂ©sultats seront surveillĂ©s et Ă©valuĂ©s selon le calendrier Ă©tabli pour l’Ă©valuation rĂ©gulière du programme, prĂ©vue pour l’exercice financier de 2018-2019.

14. Personne-ressource

Mary-Ann Hubers
Directrice par intérim
Législation de la citoyenneté et politique du programme
Citoyenneté et Immigration Canada
180, rue Kent
Ottawa (Ontario)
K1A 1L1
TĂ©lĂ©phone : 613-998-1756
TĂ©lĂ©copieur : 613-991-2485
Courriel : mary-ann.hubers@cic.gc.ca

Référence a
L.C. 2008, ch. 14, art. 12

Référence b
L.R., ch. C-29

Référence 1
DORS/93-246; DORS/2009-108

Référence 2
Alexander, Craig, et Frank McKenna, « Literacy Matters: Helping Newcomers Unlock Their Potential », Groupe Financier Banque TD, p. 11, www.td.com/document/PDF/economics/special/ca0909_literacy.pdf (en anglais seulement).

Référence 3
Boyd, Monica, et Cao Xingshan, « Immigrant Language Proficiency, Earnings, and Language Policies », Canadian Studies in Population vol. 36.I–2, (printemps/ Ă©tĂ© 2009), www.canpopsoc.org/journal/2009/CSPv36n1-2p63.pdf.