Vol. 146, no 20 — Le 26 septembre 2012

Enregistrement

DORS/2012-171 Le 11 septembre 2012

LOI SUR L’IMMIGRATION ET LA PROTECTION DES RÉFUGIÉS

Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s

C.P. 2012-1068 Le 11 septembre 2012

Sur recommandation du ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration et en vertu des paragraphes 5(1) et 14(2) et de l’article 26 (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (see footnote b), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, ci-après.

RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT SUR L’IMMIGRATION ET LA PROTECTION DES RÉFUGIÉS

MODIFICATION

1. L’alinĂ©a 190(1)a) du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (voir rĂ©fĂ©rence 1) est remplacĂ© par ce qui suit :

  • a) les citoyens des pays suivants : Andorre, Antigua-et-Barbuda, Australie, Autriche, Bahamas, Barbade, Belgique, BrunĂ©i Darussalam, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Îles Salomon, Irlande, Islande, Italie, Japon, Lettonie, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Monaco, Norvège, Nouvelle-ZĂ©lande, Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e, Pays-Bas, Portugal, RĂ©publique de CorĂ©e, RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d’Allemagne, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Marin, Samoa, Singapour, Slovaquie, SlovĂ©nie, Suède et Suisse;

ENTRÉE EN VIGUEUR

2. Le prĂ©sent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce rĂ©sumĂ© ne fait pas partie du Règlement.)

Contexte

En vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s et de son règlement d’application, tout citoyen Ă©tranger cherchant à entrer et à rester au Canada de façon temporaire a besoin d’un visa de rĂ©sident temporaire (VRT), exceptĂ© ceux qui viennent de pays ou de territoires auxquels une dispense a Ă©tĂ© accordĂ©e. L’exigence de visa est le moyen le plus efficace pour maintenir l’intĂ©gritĂ© des systèmes d’immigration et d’octroi de l’asile du Canada et pour protĂ©ger la santĂ© et la sĂ©curitĂ© des Canadiens, car elle permet de procĂ©der à un filtrage des risques potentiels durant le processus de demande de VRT avant l’arrivĂ©e au Canada. Les voyageurs venant de pays dispensĂ©s de visa ne sont contrôlĂ©s qu’à l’arrivĂ©e au point d’entrĂ©e canadien.

La dispense de visa est fondĂ©e sur une Ă©valuation holistique des risques et des avantages d’une telle dĂ©cision, notamment l’impact sur les systèmes d’immigration et d’octroi de l’asile du Canada ainsi que les avantages d’une plus grande facilitation. Les facteurs et rĂ©percussions Ă©valuĂ©s comprennent les suivants : le coût de la vĂ©rification et du traitement des infractions en matière d’immigration, du traitement des demandes d’asile au Canada, du renvoi des personnes interdites de territoire et des demandeurs d’asile dĂ©boutĂ©s, ainsi que les objectifs du gouvernement dans les domaines du commerce, du tourisme et des relations bilatĂ©rales. Les dĂ©cisions en matière d’exigence de visa sont fondĂ©es sur un suivi continu de la situation qui règne dans les pays, rĂ©alisĂ© par CitoyennetĂ© et Immigration Canada (CIC) et d’autres ministères, et sur une Ă©valuation par rapport aux critères et seuils Ă©tablis.

Enjeux et objectifs

En 2011, les citoyens du Botswana, de la Namibie, du Swaziland, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent ont dĂ©posĂ© plus de 2 000 demandes d’asile, ce qui reprĂ©sente 9 % du nombre total de demandes. Le nombre de demandes d’asile de citoyens de la Namibie, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent dĂ©passe le seuil Ă©tabli, soit moins de 2 % de toutes les demandes d’asile faites au Canada durant l’annĂ©e antĂ©rieure.

Il est Ă©galement ressorti du suivi continu de la situation qui règne dans les pays que les documents de voyage ainsi que la migration clandestine et la traite de personnes prĂ©sentaient des risques. La combinaison des passeports dispensĂ©s de visa, des procĂ©dures de dĂ©livrance peu rigoureuses en Namibie, au Botswana et au Swaziland et des lacunes dans le processus d’enregistrement civil à Sainte-Lucie et à Saint-Vincent permet aux personnes et aux groupes de cibler ces passeports pour tenter d’entrer au Canada. De plus, la nature organisĂ©e du mouvement en provenance d’Afrique australe indique que les rĂ©seaux de migration clandestine et de traite de personnes tirent profit des faiblesses de sĂ©curitĂ© des passeports et des problèmes d’intĂ©gritĂ© ainsi que de la disponibilitĂ© rĂ©sultante de passeports authentiques et contrefaits pour faire venir au Canada des citoyens de Namibie, du Swaziland et du Botswana ainsi que d’autres pays d’Afrique.

La modification rĂ©glementaire vise à :

  • maintenir l’intĂ©gritĂ© du système d’octroi de l’asile au Canada;
  • protĂ©ger la santĂ© des Canadiens et assurer leur sĂ©curitĂ©, tout en continuant à favoriser la venue au Canada de travailleurs, d’Ă©tudiants et de visiteurs lĂ©gitimes.

Description

La modification aura pour effet de supprimer le Botswana, la Namibie, le Swaziland, Sainte-Lucie et Saint-Vincent de la liste des pays et territoires dont les citoyens sont dispensĂ©s de l’exigence d’être munis d’un VRT pour venir au Canada aux termes du paragraphe 190(1) du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s.

Consultation

Des commentaires et des observations ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s et reçus de la part d’autres ministères et organismes : le ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international, SĂ©curitĂ© publique Canada et les organismes de son portefeuille, dont l’Agence des services frontaliers du Canada, le Service canadien du renseignement de sĂ©curitĂ©, et la Gendarmerie royale du Canada. Le Bureau du Conseil privĂ©, le ministère des Finances, le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor, le ministère de la Justice, Industrie Canada et Transports Canada ont Ă©galement Ă©tĂ© consultĂ©s.

Il y avait un risque que la publication prĂ©alable de l’intention du gouvernement de supprimer les dispenses de visa accordĂ©es au Botswana, à la Namibie, au Swaziland, à Sainte-Lucie et à Saint-Vincent aurait pu amplifier le nombre de personnes qui seraient venues au Canada pour prĂ©senter une demande d’asile avant l’entrĂ©e en vigueur de la modification rĂ©glementaire. Par consĂ©quent, il n’y a pas eu de consultations publiques.

Règle du « un pour un »

La règle du « un pour un » concernant l’adoption d’un nouveau règlement ne s’applique pas à cette proposition, puisque celle-ci consiste à modifier l’actuel Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s, et n’Ă©tablit pas un nouveau règlement.

Lentille des petites entreprises

Le critère relatif au point de vue des petites entreprises ne s’applique pas à cette proposition, car celle-ci n’entraîne aucun coût pour les petites entreprises.

Justification

La suppression des dispenses de VRT pour le Botswana, la Namibie, le Swaziland, Sainte-Lucie et Saint-Vincent contribuerait à protĂ©ger l’intĂ©gritĂ© des systèmes d’immigration et d’octroi de l’asile du Canada en s’attaquant à des dĂ©fis comme l’important arriĂ©rĂ© dans le traitement des demandes, la fraude, et la vulnĂ©rabilitĂ© des systèmes à l’abus. Le nombre Ă©levĂ© de demandes d’asile rejetĂ©es, retirĂ©es ou faisant l’objet d’un dĂ©sistement crĂ©e un fardeau pour le système canadien d’octroi de l’asile et met en pĂ©ril l’efficacitĂ© des rĂ©formes qui seront mise en œuvre aux termes de la Loi visant à protĂ©ger le système d’immigration du Canada. La suppression de dispenses de visa rĂ©duirait le volume de nouvelles demandes d’asile et pourrait contribuer à accĂ©lĂ©rer le traitement des demandes se trouvant dans l’arriĂ©rĂ© existant. Cela faciliterait la pleine mise en œuvre de la rĂ©forme du système d’octroi de l’asile en laissant suffisamment de temps pour que le système amĂ©liorĂ© se consolide et cela aidera à s’assurer que les objectifs de ces rĂ©formes — pour lesquelles des fonds importants ont Ă©tĂ© investis — ne sont pas mis en pĂ©ril. L’expĂ©rience passĂ©e dĂ©montre que la suppression de dispenses de visa est un mĂ©canisme très efficace pour attĂ©nuer les pressions exercĂ©es sur le système d’octroi de l’asile du Canada. Par exemple, la suppression des dispenses de visa pour les citoyens de la RĂ©publique tchèque et du Mexique a entraînĂ© une baisse importante des demandes.

Un autre avantage pour le gouvernement du Canada et les contribuables canadiens sera d’Ă©viter des coûts futurs significatifs. Dans le cadre du système actuel, le coût estimatif de chaque dĂ©cision dĂ©favorable relative à une demande d’asile est en moyenne de 55 000 $, tandis que les coûts assumĂ©s par le gouvernement pour chaque demande d’asile retirĂ©e ou ayant fait l’objet d’un dĂ©sistement sont respectivement de 17 500 $ et de 15 000 $. Ce montant comprend: les coûts opĂ©rationnels, ceux associĂ©s au système d’octroi de l’asile, les frais d’aide juridique, les coûts des services sociaux si la personne a recours à l’aide sociale pendant toute la durĂ©e de son sĂ©jour au Canada, ceux associĂ©s au Programme fĂ©dĂ©ral de santĂ© intĂ©rimaire ainsi que le coût des renvois de personnes du Canada. Plus de 800 demandes, reprĂ©sentant près de 48 % des demandes d’asile rĂ©glĂ©es Ă©manant de ces pays, ont Ă©tĂ© rejetĂ©es par la Commission de l’immigration et du statut de rĂ©fugiĂ© du Canada en 2011, ce qui reprĂ©sente des coûts associĂ©s jusqu’à 46 millions de dollars.

De plus, la vĂ©rification des demandes et des titres de voyage des ressortissants du Botswana, de la Namibie, du Swaziland, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent s’effectuerait dans les missions plutôt qu’à leur arrivĂ©e au Canada. Cela permettrait Ă©galement à SĂ©curitĂ© publique Canada et aux organismes de son portefeuille de concentrer leurs ressources sur les personnes reprĂ©sentant un risque plus Ă©levĂ© en matière de grande criminalitĂ©, de criminalitĂ© organisĂ©e et de sĂ©curitĂ© nationale. La suppression de dispenses de visa contribuerait Ă©galement à appuyer les efforts du gouvernement dans la lutte contre le trafic de personnes et le passage de clandestins.

Alors que les coûts de mise en œuvre de cette proposition sont estimĂ©s à 6,0 millions de dollars approximativement sur cinq ans pour accroître la capacitĂ© de traitement aux missions canadiennes à Pretoria et à Port of Spain, une exigence de visa pour ces cinq pays devrait aussi produire des recettes provenant des demandes de VRT de l’ordre de 2,9 millions de dollars sur cinq ans, qui seront versĂ©es au TrĂ©sor.

La suppression des dispenses de visa exigera que les voyageurs de bonne foi fassent une demande de visa avant de voyager au Canada en provenance de ces pays. Cependant, seulement environ 9 000 entrĂ©es au Canada furent enregistrĂ©es par des citoyens de ces pays en 2011, incluant plus de 2 000 demandeurs d’asile et environ 1 000 personnes supplĂ©mentaires avec des infractions documentĂ©es aux lois canadiennes sur l’immigration ou qui sont jugĂ©es interdites de territoire à un port d’entrĂ©e. Par consĂ©quent, puisque les demandeurs d’asile ne consacrent habituellement pas une partie importante de leur revenu aux activitĂ©s touristiques, la suppression des dispenses de visa pour ces pays ne devrait pas avoir de rĂ©percussions importantes sur le tourisme canadien. ConformĂ©ment à la pratique courante, l’impact sur les voyageurs de bonne foi sera Ă©galement attĂ©nuĂ© par la dĂ©livrance de visas pour sĂ©jours multiples et par la dispense de visa existante pour les diplomates et reprĂ©sentants accrĂ©ditĂ©s au Canada. Selon le règlement d’application, les citoyens de ces pays en possession d’un permis de travail ou d’Ă©tudes valide recevront un VRT.

Finalement, la suppression des dispenses de visa pour les trois derniers pays d’Afrique dispensĂ©s de visa et pour deux pays des Caraïbes pourrait donner lieu à la perception que le Canada s’Ă©loigne de ces deux rĂ©gions, ce qui pourrait crĂ©er des frictions dans les relations diplomatiques au-delà des cinq pays en question. Nonobstant cela, ces pays prĂ©sentent des risques accrus pour l’intĂ©gritĂ© des systèmes d’immigration et d’octroi de l’asile du Canada et ne rĂ©pondent plus aux critères Ă©tablis pour la dispense de l’exigence de visa.

Mise en œuvre, application et normes de service

Des fonctions liĂ©es au traitement des visas sont en place en vue d’offrir des services aux citoyens de la Namibie, du Botswana, du Swaziland, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent. La mission canadienne à Pretoria servira les citoyens du Botswana, de la Namibie et du Swaziland alors que la mission à Port of Spain servira les citoyens de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent.

Il est attendu que l’imposition de l’obligation de visa proposĂ©e rĂ©duira considĂ©rablement le nombre de demandes d’asile prĂ©sentĂ©es par les citoyens des pays visĂ©s ainsi que les coûts associĂ©s à ces demandes. CIC, en collaboration avec d’autres ministères gouvernementaux, Ă©valuera les rĂ©percussions de cette proposition grâce à la surveillance continue des conditions et des tendances qui existent dans ces pays, incluant le nombre de demandes d’asile.

Personne-ressource

Maia Welbourne
Directrice
Politique des documents et des visas
Direction gĂ©nĂ©rale de l’admissibilitĂ©
Citoyenneté et Immigration Canada
300, rue Slater
Ottawa (Ontario)
K1A 1L1
TĂ©lĂ©phone : 613-954-6243
Courriel : maia.welbourne@cic.gc.ca

Référence a
L.C. 2012, ch. 17, art. 15

Référence b
S.C. 2001, c. 27

Référence 1
DORS/2002-227