Vol. 146, no 13 — Le 20 juin 2012

Enregistrement

TR/2012-40 Le 20 juin 2012

LOI SUR LA SÉCURITÉ DES RUES ET DES COMMUNAUTÉS

DĂ©cret fixant au 13 juin 2012 la date d’entrĂ©e en vigueur des articles 52 à 107 et 147 de la loi

C.P. 2012-770 Le 7 juin 2012

Sur recommandation du ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile et en vertu du paragraphe 166(1) de la Loi sur la sĂ©curitĂ© des rues et des communautĂ©s, chapitre 1 des Lois du Canada (2012), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil fixe au 13 juin 2012 la date d’entrĂ©e en vigueur des articles 52 à 107 et 147 de cette loi.

NOTE EXPLICATIVE

(Cette note ne fait pas partie du Décret.)

Proposition

Le ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile propose de fixer la date d’entrĂ©e en vigueur des articles 52 à 107 et de l’article 147 au 13 juin 2012, en vertu du paragraphe 166(1) de la Loi sur la sĂ©curitĂ© des rues et des communautĂ©s. Ces articles modifient la Loi sur le service correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition (LSCMLC).

Objectif

L’approbation du gouverneur en conseil concernant le choix du 13 juin 2012 comme date d’entrĂ©e en vigueur des articles 52 à 107 et de l’article 147 de la Loi sur la sĂ©curitĂ© des rues et des communautĂ©s (projet de loi C-10). La LSCMLC est le cadre lĂ©gislatif du système correctionnel et de mise en libertĂ© sous condition au Canada. La LSCMLC vise à contribuer au maintien d’une sociĂ©tĂ© juste, vivant en paix et en sĂ©curitĂ©, en assurant l’exĂ©cution des peines imposĂ©es par les tribunaux par des mesures de garde sĂ©curitaires et humaines, et en aidant à la rĂ©adaptation et à la rĂ©insertion sociale des dĂ©linquants.

Contexte

La Loi sur la sĂ©curitĂ© des rues et des communautĂ©s (projet de loi C-10) respecte l’engagement pris par le gouvernement dans son discours du Trône de juin 2011 de ne pas tarder à « prĂ©senter à nouveau des mesures lĂ©gislatives sur la loi et l’ordre regroupĂ©es pour lutter contre le crime et le terrorisme ». Le projet de loi C-10 est composĂ© de neuf anciens projets de loi sur la justice pĂ©nale qui n’ont pas Ă©tĂ© entièrement examinĂ©s au cours de la dernière session parlementaire.

La partie 1 porte sur de nouvelles mesures pour dĂ©courager le terrorisme en appuyant les victimes d’actes terroristes et en modifiant la Loi sur l’immunitĂ© des États (ancien projet de loi S-7). La partie 2 prĂ©voit des rĂ©formes en matière de dĂ©termination de la peine qui visent les infractions sexuelles à l’Ă©gard d’enfants (ancien projet de loi C-54) et les infractions graves liĂ©es à la drogue (ancien projet de loi S-10), et vise à Ă©liminer les peines d’emprisonnement avec sursis pour des crimes violents et des crimes contre les biens (ancien projet de loi C-16).

La partie 3 prĂ©voit des rĂ©formes postsentencielles pour accroître la responsabilisation des dĂ©linquants (ancien projet de loi C-39), Ă©liminer le pardon en cas de crime grave (ancien projet de loi C-23B) et renforcer le rĂ©gime de transfèrement international des dĂ©linquants (ancien projet de loi C-5). La partie 4 comprend des rĂ©formes en matière de justice pĂ©nale pour les jeunes (ancien projet de loi C-4) et la partie 5 prĂ©voit des rĂ©formes en matière d’immigration pour protĂ©ger les travailleurs Ă©trangers vulnĂ©rables (ancien projet de loi C-56).

La LSCMLC est entrĂ©e en vigueur en 1992. En 2007, le ministre de la SĂ©curitĂ© publique de l’Ă©poque a annoncĂ© la formation d’un comitĂ© d’examen indĂ©pendant afin d’Ă©valuer les activitĂ©s du Service correctionnel du Canada (SCC). Le comitĂ© a publiĂ© son rapport et ses recommandations en octobre 2007. Les articles 52 à 107 et l’article 147 de la partie 3 du projet de loi C-10 modifient la LSCMLC et peuvent être caractĂ©risĂ©s comme la rĂ©ponse lĂ©gislative à certaines de ces recommandations.

Les modifications comprennent des changements à la section sur l’objet et les principes pour mettre l’accent sur la sĂ©curitĂ© publique en tant que principale prĂ©occupation au titre de la LSCMLC. Elles contribueront à renforcer la gestion des dĂ©linquants grâce à un certain nombre de changements, y compris l’inscription de l’exigence d’Ă©tablir un plan correctionnel. Ce plan inclura les attentes en matière de comportement et les objectifs relatifs à la participation aux programmes, et Ă©tablira les objectifs relatifs aux obligations imposĂ©es par le tribunal, comme le soutien apportĂ© aux enfants et le dĂ©dommagement des victimes.

En outre, les modifications crĂ©eront deux nouvelles infractions disciplinaires et feront en sorte que les dĂ©linquants reconnus coupables d’infractions disciplinaires graves, qui sont isolĂ©s des autres dĂ©tenus, puissent se voir imposer des restrictions en ce qui concerne les visites. D’autres modifications permettront aux policiers d’arrêter sans mandat un dĂ©linquant qui semble avoir manquĂ© à ses obligations de mise en libertĂ© conditionnelle ou d’office, en plus de permettre de suspendre automatiquement la mise en libertĂ© sous condition ou la libĂ©ration d’office pour les dĂ©linquants, qui recevront une autre peine en Ă©tablissement. Enfin, les modifications permettront au SCC d’imposer une condition de surveillance Ă©lectronique pendant une pĂ©riode de libĂ©ration conditionnelle.

La dĂ©finition de victimes a Ă©tĂ© Ă©largie dans le projet de loi C-10 pour y inclure les tuteurs et les soignants des personnes à charge des victimes dĂ©cĂ©dĂ©es, malades ou incapables. Les victimes pourront avoir accès à davantage de renseignements sur les dĂ©linquants qui leur ont fait du mal, y compris les raisons d’un transfèrement de dĂ©linquant, un sommaire de la participation des dĂ©linquants à leurs programmes, les infractions disciplinaires graves qu’ils ont commises et les raisons d’une absence temporaire. Les modifications garantiront le droit des victimes de participer à une audience de libĂ©ration conditionnelle et de s’assurer que la Commission puisse procĂ©der à un examen et à la prise d’une dĂ©cision quand un dĂ©linquant annule sa participation dans les 14 jours prĂ©cĂ©dant une audience.

Enfin, les modifications contribueront à augmenter le nombre de membres à plein temps de la Commission des libĂ©rations conditionnelles du Canada et à apporter des changements techniques importants à d’autres parties de la LSCMLC afin de promouvoir la clartĂ© et de rĂ©pondre aux dĂ©cisions des tribunaux.

Répercussions

Il n’y a aucun investissement supplĂ©mentaire nĂ©cessaire pour soutenir ces modifications, puisque les frais peuvent être assumĂ©s dans le cadre des budgets existants. Les modifications de la LSCMLC portent sur le système correctionnel fĂ©dĂ©ral et n’auront donc aucune incidence, ou très peu, sur les systèmes provinciaux et territoriaux. Ces modifications miseront sur la protection de la sociĂ©tĂ© comme plus grand principe au titre de la LSCMLC, apporteront des changements à la façon de gĂ©rer les dĂ©linquants au sein du système correctionnel fĂ©dĂ©ral et augmenteront le nombre de renseignements auxquels pourront accĂ©der les victimes.

Consultation

En 2007, le gouvernement a mandatĂ© un comitĂ© d’examiner les activitĂ©s du SCC. Le rapport du comitĂ© d’examen contenait 109 recommandations, et les mesures contenues dans le projet de loi C-10 sont une rĂ©ponse lĂ©gislative à certaines de ces recommandations.

Les tĂ©moins qui ont comparu devant le ComitĂ© permanent de la justice et des droits de la personne se sont prononcĂ©s en faveur de certaines composantes du projet de loi et contre certaines autres. Les victimes et les organismes de dĂ©fense des victimes ont fortement appuyĂ© les changements proposĂ©s à la LSCMLC concernant les renseignements auxquels les victimes peuvent avoir accès et le processus d’examen des demandes de libĂ©ration conditionnelle. Les policiers et les associations de policiers ont appuyĂ© vigoureusement l’arrestation sans mandat des dĂ©linquants.

Les universitaires, les fournisseurs de services juridiques et l’enquêteur correctionnel ont fortement recommandĂ© de ne pas supprimer le principe des mesures le moins restrictives possible et ont exprimĂ© des prĂ©occupations concernant les capacitĂ©s du système actuel et la proposition de limiter la disponibilitĂ© des visites pour les dĂ©tenus mis en isolement prĂ©ventif en raison d’une infraction disciplinaire grave. Les fournisseurs de services, comme la SociĂ©tĂ© John Howard et la SociĂ©tĂ© Elizabeth Fry, ont parlĂ© des enjeux actuels relatifs à la surpopulation et aux capacitĂ©s du système actuel.

Les tĂ©moins qui ont comparu devant le ComitĂ© sĂ©natorial permanent des Affaires juridiques et constitutionnelles ont mentionnĂ© des arguments similaires. Les policiers et les associations de policiers ont exprimĂ© de nouveau leur soutien quant aux modifications, tout comme les victimes et les organismes de dĂ©fense des victimes. L’Ombudsman fĂ©dĂ©ral des victimes d’actes criminels a plus particulièrement suggĂ©rĂ© des modifications supplĂ©mentaires pour amĂ©liorer ces composantes.

Les fournisseurs de soins de santĂ© ont parlĂ© de l’enjeu liĂ© à la santĂ© mentale dans les prisons, en prĂ©cisant que le système correctionnel n’est pas conçu pour s’occuper de ces types de cas. L’enquêteur correctionnel a exprimĂ© des prĂ©occupations semblables, en mentionnant les dĂ©fis en matière de capacitĂ© du système fĂ©dĂ©ral et les problèmes uniques des dĂ©linquants plus âgĂ©s. L’Association du Barreau canadien rĂ©clame la rĂ©intĂ©gration du principe des mesures le moins restrictives possible, une opinion partagĂ©e par l’enquêteur correctionnel, les universitaires et les fournisseurs de services. La SociĂ©tĂ© John Howard et la SociĂ©tĂ© Elizabeth Fry ont Ă©galement exprimĂ© des prĂ©occupations quant aux capacitĂ©s du système actuel, aux restrictions liĂ©es aux visites, à la santĂ© mentale et à la surpopulation.

Lorsque le ministre de la SĂ©curitĂ© publique a comparu devant le ComitĂ©, il a soulignĂ© que l’augmentation prĂ©vue de la population ne s’est pas encore concrĂ©tisĂ©e dans le système correctionnel fĂ©dĂ©ral. En outre, le projet de loi C-10 ne vise pas à crĂ©er de nouveaux dĂ©linquants, mais plutôt à prĂ©venir la rĂ©cidive.

L’intĂ©gration du concept de la santĂ© mentale dans la section sur les principes contribue à reconnaître la nature profonde du problème et souligne le besoin de dĂ©ployer des efforts supplĂ©mentaires à cet Ă©gard. Faire de la sĂ©curitĂ© publique l’objectif primordial de la LSCMLC met l’accent sur le fait que la sĂ©curitĂ© publique est un Ă©lĂ©ment clĂ© de la gestion des dĂ©linquants à tous les niveaux du processus correctionnel. En outre, les concepts de la responsabilisation et de la rĂ©adaptation sociale sont directement liĂ©s l’un l’autre. L’une des façons de faire preuve de responsabilisation est de reconnaître la souffrance qu’un comportement a causĂ©e, pourquoi le dĂ©linquant a agi de la sorte et les Ă©tapes que le dĂ©linquant devra entreprendre pour s’assurer de ne pas rĂ©pĂ©ter ce même comportement. Le plan correctionnel est au cœur de la pĂ©riode d’incarcĂ©ration d’un dĂ©linquant dans un Ă©tablissement fĂ©dĂ©ral et il englobe tous ces Ă©lĂ©ments. Les victimes et les organismes de dĂ©fense des victimes appuient fortement les modifications visant à communiquer davantage de renseignements aux victimes et à accroître les possibilitĂ©s pour ces dernières de prendre part au processus correctionnel.

Personne-ressource du ministère

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Madame Mary Campbell
Directrice générale
Direction générale des affaires correctionnelles et de la justice
Sécurité publique Canada
TĂ©lĂ©phone : 613-991-2592