Vol. 146, no 9 — Le 25 avril 2012

Enregistrement

DORS/2012-81 Le 10 avril 2012

LOI SUR L’ACCORD PORTANT CRÉATION DE LA BANQUE EUROPÉENNE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DÉVELOPPEMENT

DĂ©cret modifiant l’annexe de la Loi sur l’Accord portant crĂ©ation de la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement

C.P. 2012-404 Le 5 avril 2012

Sur recommandation du ministre des Finances et en vertu de l’article 4.1 (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi sur l’Accord portant crĂ©ation de la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (voir rĂ©fĂ©rence b), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le DĂ©cret modifiant l’annexe de la Loi sur l’Accord portant crĂ©ation de la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement, ci-après.

DÉCRET MODIFIANT L’ANNEXE DE LA LOI SUR L’ACCORD
PORTANT CRÉATION DE LA BANQUE EUROPÉENNE POUR
LA RECONSTRUCTION ET LE DÉVELOPPEMENT

MODIFICATIONS

1. L’article 1 de l’Accord figurant à l’annexe de la Loi sur l’Accord portant crĂ©ation de la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (voir rĂ©fĂ©rence 1) est remplacĂ© par ce qui suit :

ARTICLE 1

OBJET

L’objet de la Banque est, en contribuant au progrès et à la reconstruction Ă©conomiques des pays d’Europe centrale et orientale qui s’engagent à respecter et mettent en pratique les principes de la dĂ©mocratie pluraliste, du pluralisme et de l’Ă©conomie de marchĂ©, de favoriser la transition de leurs Ă©conomies vers des Ă©conomies de marchĂ©, et d’y promouvoir l’initiative privĂ©e et l’esprit d’entreprise. Aux mêmes conditions, l’objet de la Banque peut Ă©galement être mis en œuvre en Mongolie et dans les pays membres de la partie mĂ©ridionale et orientale du Bassin mĂ©diterranĂ©en comme la Banque en dĂ©cidera sur vote affirmatif des deux tiers au moins du nombre des gouverneurs, reprĂ©sentant au moins les trois quarts du nombre total des voix attribuĂ©es aux Membres. En consĂ©quence, toute rĂ©fĂ©rence dans le prĂ©sent Accord et dans ses annexes aux « pays d’Europe centrale et orientale », à un ou plusieurs « pays bĂ©nĂ©ficiaires » ou aux « pays membres bĂ©nĂ©ficiaires » s’applique Ă©galement à la Mongolie ainsi qu’aux pays de la partie mĂ©ridionale et orientale du Bassin mĂ©diterranĂ©en qui rĂ©pondent aux conditions Ă©noncĂ©es ci-dessus.

2. L’article 18 de l’Accord figurant à l’annexe de la même loi est remplacĂ© par ce qui suit :

ARTICLE 18

FONDS SPÉCIAUX

  1. 1. (i) La Banque peut accepter la gestion de Fonds spĂ©ciaux créés pour la rĂ©alisation de son objet et entrant dans le cadre de sa mission dans ses pays bĂ©nĂ©ficiaires et ses pays bĂ©nĂ©ficiaires potentiels. Les frais de gestion de chaque Fonds spĂ©cial sont imputĂ©s à ce Fonds spĂ©cial.
  2. (ii) Aux fins du sous-paragraphe (i), le Conseil des gouverneurs peut, à la demande d’un Membre qui n’est pas un pays bénéficiaire, décider que ledit Membre se qualifie comme pays bénéficiaire potentiel pour une période limitée et selon des conditions à déterminer. Cette décision sera prise par un vote affirmatif des deux tiers au moins du nombre des gouverneurs, représentant au moins les trois quarts du nombre total des voix attribuées aux Membres.
  3. (iii) La décision de permettre à un Membre de se qualifier comme pays bénéficiaire potentiel ne peut être prise que si ce Membre est en mesure de répondre aux conditions requises pour devenir pays bénéficiaire. Ces conditions sont celles énoncées à l’Article 1 du présent Accord, dans sa version applicable au moment de ladite décision ou dans celle applicable lors de l’entrée en vigueur d’un amendement qui a déjà été approuvé par le Conseil des gouverneurs au moment de ladite décision.
  4. (iv) Si un pays bénéficiaire potentiel n’est pas devenu pays bénéficiaire à la fin de la période indiquée au sous-paragraphe (ii), la Banque cessera immédiatement toute opération spéciale dans ce pays, à l’exception de celles découlant de la liquidation, de la conservation et de la préservation des actifs du Fonds spécial et de l’accomplissement des obligations apparues à cet égard.

2. Les Fonds spĂ©ciaux acceptĂ©s par la Banque peuvent être utilisĂ©s dans ses pays bĂ©nĂ©ficiaires et ses pays bĂ©nĂ©ficiaires potentiels de quelque manière que ce soit selon toutes conditions et modalitĂ©s compatibles avec l’objet et la mission de la Banque, avec toute autre disposition applicable du prĂ©sent Accord ainsi qu’avec la ou les conventions rĂ©gissant ces Fonds.

3. La Banque adopte les règles et règlements nĂ©cessaires à l’institution, à la gestion et à l’utilisation de chaque Fonds spĂ©cial. Ces règles et règlements doivent être compatibles avec les dispositions du prĂ©sent Accord, à l’exception de celles se rapportant expressĂ©ment et exclusivement aux opĂ©rations ordinaires de la Banque.

ENTRÉE EN VIGUEUR

3. (1) L’article 1 entre en vigueur sept jours après la date de la communication formelle prĂ©vue au paragraphe 2 de l’article 56 de l’Accord.

(2) L’article 2 entre en vigueur sept jours après la date de la communication formelle prĂ©vue au paragraphe 1 de l’article 56 de l’Accord.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT
DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)

Question et objectifs

Le Canada est membre et actionnaire de la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BERD), une institution créée après la chute du mur de Berlin dont le but est de promouvoir la transition vers une dĂ©mocratie pluraliste, un Ă©tat du droit et une Ă©conomie de marchĂ© dans les pays de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est, de même que dans les rĂ©publiques de l’ancienne Union soviĂ©tique. La relation du Canada avec la BERD est rĂ©gie par la Loi sur l’Accord portant crĂ©ation de la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement, qui comprend le traitĂ© connexe (l’Accord portant crĂ©ation de la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement ou l’« Accord ») en annexe.

Au Sommet du G8 de Deauville le 27 mai 2011, en rĂ©ponse aux Ă©vĂ©nements ayant eu lieu dans certaines parties du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au dĂ©but de 2011, les dirigeants des pays du G8 ont appelĂ© à une extension gĂ©ographique des opĂ©rations de la BERD. Le 30 septembre 2011, le Conseil des gouverneurs de la BERD (dont est membre le Canada) a approuvĂ© les modifications à l’article 1 de l’Accord en vue d’Ă©largir la rĂ©gion d’intervention de la BERD aux pays du sud et de l’est de la MĂ©diterranĂ©e. Ces modifications permettront d’Ă©largir le cadre des opĂ©rations de la BERD aux pays qui bordent la MĂ©diterranĂ©e ainsi que la Jordanie, sous rĂ©serve de certaines restrictions. À l’instar des membres existants de la BERD, les pays de cette nouvelle rĂ©gion devront dĂ©montrer leur engagement à adhĂ©rer aux principes de la dĂ©mocratie pluraliste, du pluralisme et de l’Ă©conomie de marchĂ© afin de bĂ©nĂ©ficier des ressources de la BERD.

Le Conseil des gouverneurs de la BERD a Ă©galement adoptĂ© des mesures afin de permettre à la BERD d’intervenir dans la rĂ©gion en temps opportun. Une sĂ©rie de modifications à l’article 18 de l’Accord permettra donc l’utilisation des fonds spĂ©ciaux dans les pays bĂ©nĂ©ficiaires « potentiels », sous rĂ©serve de certaines conditions. Les modifications à l’article 1 et à l’article 18 doivent être ratifiĂ©es par les membres de la BERD afin de prendre effet.

De plus, les États-Unis ont fait de la ratification de ces modifications une prioritĂ© pour leur prĂ©sidence du G8 en 2012. La ratification du Canada des modifications à l’Accord permettra donc au Canada de prendre les mesures qui s’imposent quant à une prioritĂ© du G8 et de signaler son engagement relativement au pluralisme et à la dĂ©mocratie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, de même qu’à la valeur de favoriser le dĂ©veloppement par une croissance menĂ©e par le secteur privĂ©.

Description et justification

Afin que la lĂ©gislation nationale du Canada tienne compte des modifications apportĂ©es à l’Accord, cette rĂ©glementation modifie l’annexe à la Loi portant crĂ©ation de la BERD de sorte que celle-ci reflète les modifications aux articles 1 et 18 de l’Accord. Puisque tous les membres de la BERD sont tenus de ratifier les modifications à l’Accord, la date exacte de prise d’effet des modifications n’est pas encore connue. Afin d’Ă©viter toute asymĂ©trie entre l’annexe de la Loi portant crĂ©ation de la BERD et l’Accord correspondant, cette rĂ©glementation ne prendra effet qu’à date d’entrĂ©e en vigueur des modifications à l’Accord.

Le ministre des Affaires Ă©trangères a dĂ©jà rempli l’obligation du Canada de ratifier les modifications à l’Accord.

La rĂ©ussite de la transition des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui font le choix d’adhĂ©rer aux principes de la dĂ©mocratie pluraliste stable bĂ©nĂ©ficiant de secteurs privĂ©s robustes est dans l’intĂ©rêt national du Canada. La stagnation Ă©conomique et les niveaux Ă©levĂ©s de chômage, plus particulièrement chez les jeunes, sont d’importants obstacles à ce processus de transition.

La BERD reprĂ©sente un outil que le Canada peut utiliser afin de contribuer de manière rentable à la stabilitĂ© et à la prospĂ©ritĂ© de la rĂ©gion. Le capital de la BERD et l’expertise particulière de celle-ci dans le dĂ©veloppement du secteur privĂ© et financier constitueront des prĂ©cieux ajouts aux efforts bilatĂ©raux et multilatĂ©raux dĂ©jà en cours dans la rĂ©gion. La capacitĂ© de la BERD à miser sur le capital des actionnaires et à inciter la participation du secteur privĂ© dans des projets reprĂ©sente Ă©galement une manière efficace d’appuyer le dĂ©veloppement de la rĂ©gion.

Cette rĂ©glementation n’entraînera aucun coût pour le Canada, puisqu’elle sera entièrement financĂ©e par le capital de base existant de la BERD. Elle permettra donc au Canada d’accroître son soutien aux pays du sud et de l’est de la MĂ©diterranĂ©e en misant sur ses apports en capital existants à la BERD et en les combinant à l’expertise d’une institution multilatĂ©rale renommĂ©e.

Puisque la BERD maintiendra ses activitĂ©s prĂ©vues dans sa rĂ©gion d’intervention actuelle, l’extension des opĂ©rations de la BERD à une nouvelle rĂ©gion limitera nĂ©cessairement la capacitĂ© de la BERD à rĂ©pondre aux nouvelles demandes supplĂ©mentaires de financement incessamment. Ce risque est acceptable puisque la collectivitĂ© internationale a exprimĂ© clairement son dĂ©sir que la BERD soutienne le dĂ©veloppement du secteur privĂ© dans les pays du sud et de l’est de la MĂ©diterranĂ©e.

Consultation

Le ministère des Finances Canada a menĂ© les nĂ©gociations à la BERD dès le dĂ©part, au dĂ©but de 2011, en consultation avec le ministère des Affaires Ă©trangères et d’autres membres importants de la BERD. Comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© ci-dessus, les discussions sur l’extension du mandat de la BERD ont Ă©galement eu lieu lors du sommet du G8, aboutissant dans la DĂ©claration du G8 sur les Printemps arabes à Deauville en mai 2011.

Les modifications à l’Accord de la BERD reprĂ©sentaient un compromis entre les diffĂ©rents points de vue des membres de la BERD. L’approche progressive, qui permet à la BERD de commencer rapidement ses opĂ©rations dans la nouvelle rĂ©gion, mais avec certaines restrictions, reprĂ©sente un compromis entre le besoin de fournir un soutien rapide à la transition Ă©conomique de la rĂ©gion et l’incertitude quant à l’orientation future et la rapiditĂ© de la rĂ©forme politique. De plus, la dĂ©cision d’Ă©largir le mandat gĂ©ographique aux pays du sud et de l’est de la MĂ©diterranĂ©e reprĂ©sentait un compromis entre les membres de la BERD qui souhaitaient inclure une rĂ©gion plus Ă©tendue et ceux qui dĂ©siraient restreindre les opĂ©rations à un plus petit groupe de pays, de même que les contraintes de ressources de la BERD.

Les propositions particulières de modifications à la BERD ont Ă©tĂ© examinĂ©es par la suite par les ministres des finances du G8 à la mi-septembre, et ont finalement Ă©tĂ© approuvĂ©es par les membres de la BERD le 30 septembre 2011. Le 5 dĂ©cembre 2011, les modifications à l’Accord ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es aux fins d’examen devant le Parlement pendant 21 jours de sĂ©ance. Aucun commentaire n’a Ă©tĂ© reçu pendant la pĂ©riode de dĂ©pôt.

Personne-ressource

David Hart
Économiste
Division des finances internationales et du développement
Finances et échanges internationaux
Ministère des Finances Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0G5
TĂ©lĂ©phone : 613-992-6763
Courriel : David.Hart@fin.gc.ca

Référence a
L.C. 2006, ch. 4, art. 214

Référence b
L.C. 1991, ch. 12

Référence 1
L.C. 1991, ch. 12