Vol. 146, no 9 — Le 25 avril 2012
Enregistrement
DORS/2012-75 Le 3 avril 2012
LOI SUR LA SANTÉ DES ANIMAUX
Règlement modifiant le Règlement sur les maladies dĂ©clarables
En vertu du paragraphe 2(2) de la Loi sur la santĂ© des animaux (voir rĂ©fĂ©rence a), le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire prend le Règlement modifiant le Règlement sur les maladies dĂ©clarables, ci-après.
Ottawa, le 3 avril 2012
Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire
GERRY RITZ
RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT SUR
LES MALADIES DÉCLARABLES
MODIFICATION
1. Dans l’annexe du Règlement sur les maladies dĂ©clarables (voir rĂ©fĂ©rence 1) , la mention
influenza aviaire hautement pathogène
highly pathogenic avian influenza
est remplacée par ce qui suit :
influenza aviaire hautement pathogène et influenza aviaire faiblement pathogène — sous-types H5 et H7
highly pathogenic avian influenza and low pathogenicity avian influenza — subtypes H5 and H7
ENTRÉE EN VIGUEUR
2. Le prĂ©sent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.
RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT
DE LA RÉGLEMENTATION
(Ce rĂ©sumĂ© ne fait pas partie du Règlement.)
Question
L’influenza aviaire (IA), communĂ©ment appelĂ©e « grippe aviaire », est une infection virale très infectieuse et contagieuse qui touche plusieurs espèces d’oiseaux destinĂ©s à l’alimentation (poulets, dindes, etc.), ainsi que les oiseaux de compagnie et les oiseaux sauvages. Le virus peut, en de rares occasions, causer des maladies chez les humains. L’IA est causĂ©e par diffĂ©rentes souches du virus et la gravitĂ© de l’atteinte dĂ©pend de la souche virale et de l’espèce aviaire touchĂ©e. Selon la gravitĂ© de la maladie qu’ils causent chez les oiseaux, les virus de l’IA sont classĂ©s en deux grandes catĂ©gories : influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et influenza aviaire faiblement pathogène (IAFP). La plupart des virus de l’IA sont faiblement pathogènes et les oiseaux infectĂ©s ne prĂ©sentent que peu ou pas de signes cliniques. Les virus hautement pathogènes sont rares mais peuvent entraîner une maladie grave et causer la mort des oiseaux. Bien qu’il soit difficile de dĂ©terminer la distribution et la prĂ©valence de l’IA, il y a des Ă©closions sporadiques et occasionnelles chez les oiseaux domestiques partout dans le monde, ce qui fait de l’IA une maladie de portĂ©e internationale. La plus importante Ă©closion d’IA au Canada a eu lieu en 2004 dans la vallĂ©e du Fraser en Colombie-Britannique. On estime que les pertes Ă©conomiques dĂ©coulant de cette Ă©closion s’Ă©lèvent à plus de 300 millions de dollars. Des cas isolĂ©s d’IAFP ont Ă©tĂ© signalĂ©s depuis 1960, le plus rĂ©cent cas ayant eu lieu en novembre 2010 au Manitoba.
L’Organisation mondiale de la santĂ© animale (OIE), dont le Canada est membre, Ă©tablit les normes internationales en matière de prĂ©vention, de contrôle et d’Ă©radication des maladies animales d’importance, telles que l’IA. Elle gère le système mondial d’information sur la santĂ© animale, qui dĂ©pend de l’engagement des pays membres à informer l’OIE de la prĂ©sence de toute maladie devant faire l’objet d’un contrôle rĂ©glementaire. Les normes de l’OIE servent aussi de normes de rĂ©fĂ©rence internationales en matière de santĂ© animale, adoptĂ©es pour le commerce international d’animaux et de produits animaux en vertu de l’Accord sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires (Accord MPS) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les conditions selon lesquelles le virus de l’influenza aviaire doit faire l’objet d’une dĂ©claration à l’OIE sont Ă©noncĂ©es dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres de cet organisme, que l’on encourage les membres à respecter lorsqu’ils traitent avec leurs partenaires commerciaux. Au Canada, le fondement lĂ©gislatif de la lutte contre l’IA s’inscrit dans la Loi sur la santĂ© des animaux (LSA) et le Règlement sur les maladies dĂ©clarables (RMD). Le RMD, Ă©tabli en vertu de la LSA, prĂ©cise les maladies qui sont dĂ©clarables. ConformĂ©ment à la LSA, les propriĂ©taires d’animaux et toute personne qui donne des soins aux animaux ou en a la garde, y compris les mĂ©decins vĂ©tĂ©rinaires et toute personne analysant des Ă©chantillons d’animaux, qui constatent la prĂ©sence d’une maladie dĂ©clarable ou qui prennent connaissance d’un fait indiquant la prĂ©sence possible d’une telle maladie, sont tenus de le signaler immĂ©diatement à un inspecteur vĂ©tĂ©rinaire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). L’ACIA prendra les mesures nĂ©cessaires pour contrôler ou Ă©radiquer la maladie selon un programme convenu par les intervenants, une fois que la maladie a Ă©tĂ© signalĂ©e, et en informera l’OIE.
L’OIE, selon les nouvelles observations que la plupart des cas d’IAHP commencent sous forme d’IAFP et se transforment en IAHP avec le temps, a modifiĂ© les exigences de notification de l’IA pour inclure, en plus de l’IAHP, les sous-types H5 et H7 de l’IAFP. Bien que l’ACIA rĂ©ponde aux cas d’IAFP, celle-ci ne figure pas actuellement dans le RMD. Cette non-conformitĂ© avec les normes de l’OIE pourrait être considĂ©rĂ©e par les partenaires commerciaux comme une absence de contrôle rĂ©glementaire à l’Ă©gard de l’IAFP au Canada. Ce point de vue a dĂ©jà Ă©tĂ© exprimĂ© par la Commission europĂ©enne dans son Ă©valuation de 2009 des mesures canadiennes de contrôle sanitaire visant les volailles et les produits de volaille destinĂ©s à l’exportation vers l’Union europĂ©enne. La non-conformitĂ© du RMD avec les normes de l’OIE pour l’influenza aviaire pourrait se traduire, pour le Canada, par la diminution de la part des exportations sur les marchĂ©s de la volaille et des produits de volaille.
Objectifs
L’objectif de cette proposition est d’harmoniser la liste des sous-types d’IA dans le RMD avec les normes de l’OIE afin de protĂ©ger les volailles et les produits de volaille contre les restrictions potentielles en matière d’importation par les principaux partenaires commerciaux du Canada.
Description et justification
La LSA vise entre autres à contrôler et à Ă©liminer au Canada les maladies qui sont susceptibles de porter atteinte à la santĂ© des humains ou de nuire considĂ©rablement à l’industrie du bĂ©tail du Canada. Le RMD, Ă©tabli en vertu de la LSA, contient la liste des maladies dĂ©clarables. La LSA oblige les propriĂ©taires d’animaux (et toute personne qui donne des soins aux animaux ou en a la garde), ainsi que les mĂ©decins vĂ©tĂ©rinaires et les laboratoires qui constatent la prĂ©sence d’une maladie visĂ©e par le RMD ou qui prennent connaissance d’un fait indiquant la prĂ©sence possible d’une telle maladie, sont tenus de le signaler immĂ©diatement à un inspecteur vĂ©tĂ©rinaire de l’ACIA. Le dĂ©faut de se conformer à cette exigence constitue une infraction à la LSA et peut entraîner le refus d’indemnisation si des animaux doivent être dĂ©truits, ou le recouvrement des coûts liĂ©s au contrôle d’une Ă©closion de maladie. Ce règlement vise à fournir au Canada un cadre de rĂ©glementation pour la dĂ©claration et la gestion des maladies animales qui est conforme aux normes internationales.
La prĂ©sente modification met à jour la liste d’IA dans le RMD pour qu’elle cadre avec les normes internationales actuelles Ă©tablies par l’OIE afin de permettre au Canada de continuer de gĂ©rer efficacement l’IA et de respecter les normes internationales relatives à l’IA.
Consultation
La mise à jour du RMD pour tenir compte des normes actuelles de l’OIE ne change pas la portĂ©e des activitĂ©s d’intervention zoosanitaires actuelles. Elle confère tout simplement le pouvoir de rĂ©glementation nĂ©cessaire pour exiger le signalement à l’ACIA des sous-types H5 et H7 de l’IAFP. Selon les politiques et les programmes canadiens actuels de santĂ© animale et de lutte contre les maladies, l’ACIA traite ces sous-types de l’IAFP comme des maladies prĂ©occupantes et prend rapidement les mesures appropriĂ©es pour les Ă©liminer avant qu’ils ne se transforment en IAHP.
Une trousse d’information a Ă©tĂ© envoyĂ©e aux vĂ©tĂ©rinaires en chef provinciaux et territoriaux et aux groupes d’intervenants de l’industrie avicole en août 2011 afin d’expliquer le projet de modification rĂ©glementaire et de demander leurs commentaires concernant la proposition. Les rĂ©ponses recueillies sur une pĂ©riode de deux semaines, après une première demande de commentaires, ont rĂ©vĂ©lĂ© un appui considĂ©rable pour le projet de modification rĂ©glementaire. Deux demandes de prĂ©cisions ont Ă©tĂ© reçues de vĂ©tĂ©rinaires provinciaux, auxquelles l’ACIA a donnĂ© suite.
Mise en œuvre, application et normes de service
La modification ne changera aucune des activitĂ©s actuelles de diagnostic et de surveillance exĂ©cutĂ©es par les laboratoires provinciaux et fĂ©dĂ©raux de l’Agence. Cependant, les propriĂ©taires/ responsables d’animaux et les vĂ©tĂ©rinaires devront être informĂ©s de la modification de la liste des maladies dĂ©clarables. Le dĂ©faut de signaler une maladie dĂ©clarable constitue une infraction à l’article 65 de la Loi sur la santĂ© des animaux et peut entraîner le refus d’indemnisation si des animaux ou des objets sont dĂ©truits, ou le recouvrement des coûts liĂ©s au contrôle de l’Ă©closion de maladie.
Contact
Abed Harchaoui
Spécialiste de programme vétérinaire
Division de la santé des animaux terrestres
Agence canadienne d’inspection des aliments
Camelot Court
59, promenade Camelot, Ă©tage 3 E, pièce 206
Ottawa (Ontario)
K1A 0Y9
Téléphone : 613-773-7449
Télécopieur : 613-773-7574
Référence a
L.C. 1990, ch. 21
Référence 1
DORS/91-2