Vol. 146, no 7 — Le 28 mars 2012

Enregistrement

DORS/2012-40 Le 8 mars 2012

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

C.P. 2012-260 Le 8 mars 2012

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 332(1) (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence b), le ministre de l’Environnement a fait publier dans la Gazette du Canada Partie Ⅰ, le 2 octobre 2010, le projet de dĂ©cret intitulĂ© DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), conforme en substance au texte ci-après, et que les intĂ©ressĂ©s ont ainsi eu la possibilitĂ© de prĂ©senter leurs observations à cet Ă©gard ou un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution d’une commission de rĂ©vision;

Attendu que, conformĂ©ment au paragraphe 90(1) de cette loi, le gouverneur en conseil est convaincu que les substances visĂ©es par le dĂ©cret ci-après sont des substances toxiques,

À ces causes, sur recommandation du ministre de l’Environnement et de la ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence c), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

DÉCRET D’INSCRIPTION DE SUBSTANCES TOXIQUES À L’ANNEXE 1
DE LA LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION
DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

MODIFICATION

1. L’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence 1) est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :

116. 2-Nitropropane, dont la formule moléculaire est C3H7NO2

117. 2-Nitrotoluène, dont la formule molĂ©culaire est C7H7NO2

118. 4-sec-Butyl-2,6-di-tert-butylphénol, dont la formule moléculaire est C18H30O

119. Acétate de [p-(diméthylamino)phényl]bis[4-(éthylamino)-3-méthylphényl]méthylium, dont la formule moléculaire est C27H34N3.C2H3O2

ENTRÉE EN VIGUEUR

2. Le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT
DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)

Question et objectifs

Les Canadiens dĂ©pendent des substances chimiques utilisĂ©es dans la fabrication de centaines de produits, des mĂ©dicaments aux ordinateurs, en passant par les tissus et les combustibles. Malheureusement, certaines substances chimiques peuvent avoir des effets nocifs sur l’environnement ou la santĂ© humaine si elles sont libĂ©rĂ©es dans l’environnement en certaines quantitĂ©s, à certaines concentrations ou dans certaines conditions. Des Ă©valuations scientifiques sur l’impact de l’exposition des humains et de l’environnement à un certain nombre de ces substances ont rĂ©vĂ©lĂ© que celles-ci constituent ou peuvent constituer un danger pour la santĂ© humaine ou l’environnement selon les critères Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE (1999)].

L’objectif du DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [ci-après appelĂ© le « DĂ©cret »] Ă©tabli en vertu du paragraphe 90(1) de la LCPE (1999), est d’ajouter les substances suivantes à la Liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE (1999), comme le recommande le rapport d’Ă©valuation prĂ©alable :

  • le propane, 2-nitro- (numĂ©ro de registre du Chemical Abstracts Service [numĂ©ro de CAS] (voir rĂ©fĂ©rence 2) : 79-46-9), ci-après appelĂ© « 2-nitropropane »;
  • le 1-mĂ©thyle-2-nitro-benzène (numĂ©ro de CAS 88-72-2), ci-après appelĂ© « 2-nitrotoluène »;
  • le 4-sec-butyl-2,6-di-tert-butylphĂ©nol (numĂ©ro de CAS 17540-75-9), ci-après appelĂ© « DTBSBP »;
  • l’acĂ©tate de [p-(dimĂ©thylamino)phĂ©nyl]bis[4-(Ă©thylamino)-3- mĂ©thylphĂ©nyl]mĂ©thylium (numĂ©ro de CAS 72102-55-7), ci-après appelĂ© « MAPBAP acĂ©tate ».

Cet ajout de substances permet au ministre de l’Environnement et au ministre de la SantĂ© (les ministres) d’Ă©tablir des règlements ou des instruments proposĂ©s afin de gĂ©rer les risques pour la santĂ© humaine et l’environnement que prĂ©sentent ces substances en vertu de la LCPE (1999). Les ministres peuvent toutefois choisir d’Ă©tablir des instruments ne relevant pas de la LCPE (1999) pour gĂ©rer ces risques.

Description et justification

Contexte

Environ 23 000 substances (souvent appelĂ©es substances « existantes ») ont Ă©tĂ© utilisĂ©es au Canada entre le 1er janvier 1984 et le 31 dĂ©cembre 1986. Ces substances se retrouvent sur la Liste intĂ©rieure (LI), mais bon nombre d’entre elles n’ont jamais fait l’objet d’une Ă©valuation, à savoir si elles rĂ©pondent aux critères Ă©noncĂ©s dans l’article 64 de la LCPE (1999). ConformĂ©ment à l’article 73 de la LCPE (1999), toutes les substances figurant sur la LI doivent faire l’objet d’une catĂ©gorisation pour dĂ©terminer celles qui prĂ©sentent le plus fort risque d’exposition pour la population gĂ©nĂ©rale. La catĂ©gorisation permet Ă©galement de dĂ©terminer les substances qui sont jugĂ©es persistantes ou bioaccumulables conformĂ©ment au Règlement et intrinsèquement toxiques pour les humains et les organismes non humains. ConformĂ©ment à l’article 74 de la LCPE (1999), les substances qui ont Ă©tĂ© signalĂ©es au cours du processus de catĂ©gorisation doivent subir une Ă©valuation afin de dĂ©terminer si elles rĂ©pondent à l’un ou plusieurs des critères Ă©noncĂ©s à l’article 64. Des Ă©valuations peuvent Ă©galement être publiĂ©es conformĂ©ment à l’article 68 de la LCPE 1999 pour les substances identifiĂ©es comme hautement prioritaires, mais qui ne satisfont pas aux critères de catĂ©gorisation Ă©noncĂ©s à l’article 73 de ladite loi.

Les ministres ont complété le processus de catégorisation en septembre 2006. Parmi les quelque 23 000 substances retrouvées sur la Liste intérieure, environ 4 300 ont été identifiées comme méritant une attention plus poussée.

Le 8 dĂ©cembre 2006, par suite de ce travail de catĂ©gorisation, le Plan de gestion des produits chimiques (le Plan) a Ă©tĂ© lancĂ© en vue d’amĂ©liorer la protection contre les substances chimiques dangereuses.

Un Ă©lĂ©ment clĂ© du Plan consiste en la collecte de renseignements sur les propriĂ©tĂ©s et les utilisations des quelque 200 substances identifiĂ©es comme hautement prioritaires, à savoir celles dont on a Ă©tabli :

  • qu’elles rĂ©pondent à tous les critères environnementaux de la catĂ©gorisation, notamment la persistance, le potentiel de bioaccumulation et la toxicitĂ© intrinsèque pour les organismes non humains, et qui sont commercialisĂ©es ou prĂ©sentent un intĂ©rêt commercial au Canada; ces substances sont considĂ©rĂ©es comme d’intĂ©rêt prioritaire en vue d’une Ă©valuation des risques Ă©cologiques;
  • qu’elles rĂ©pondent aux critères de la catĂ©gorisation pour le plus fort risque d’exposition pour les Canadiens ou qui prĂ©sentent un risque d’exposition intermĂ©diaire et qui ont Ă©tĂ© jugĂ©es particulièrement dangereuses pour la santĂ© humaine à la lumière des renseignements obtenus concernant leur cancĂ©rogĂ©nicitĂ©, leur gĂ©notoxicitĂ© ou leur toxicitĂ© pour le dĂ©veloppement ou la reproduction; ces substances sont considĂ©rĂ©es comme d’intĂ©rêt prioritaire en vue d’une Ă©valuation des risques pour la santĂ© humaine.

Ces renseignements doivent servir à la prise de dĂ©cisions concernant la meilleure dĂ©marche à adopter pour protĂ©ger les Canadiens et leur environnement face aux risques que peuvent prĂ©senter ces substances. Cette initiative de collecte de donnĂ©es s’appelle le « DĂ©fi ».

Afin de faciliter le processus, Environnement Canada et SantĂ© Canada ont rĂ©parti les quelque 200 substances en 12 lots d’environ 15 substances chacun. Lorsqu’un lot de substances est publiĂ© tous les trois mois, les intervenants sont alors tenues de prĂ©senter des renseignements (comme les quantitĂ©s importĂ©es, fabriquĂ©es ou utilisĂ©es au Canada) en rĂ©pondant à une enquête lancĂ©e en vertu de l’article 71 de la LCPE (1999). Les intervenants doivent fournir les renseignements nĂ©cessaires à l’amĂ©lioration de la prise de dĂ©cisions pour ce qui est de dĂ©terminer si une substance rĂ©pond à l’un ou plusieurs des critères Ă©noncĂ©s à l’article 64 de la LCPE (1999), c’est-à-dire si la substance pĂ©nètre ou peut pĂ©nĂ©trer dans l’environnement dans une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature à :

  • avoir, immĂ©diatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversitĂ© biologique;
  • mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie;
  • constituer un danger au Canada pour la vie ou la santĂ© humaines.

Des Ă©valuations prĂ©alables ont Ă©tĂ© faites en tenant compte des renseignements reçus et d’autres donnĂ©es disponibles afin de dĂ©terminer si les substances rĂ©pondent à un ou plusieurs des critères de l’article 64. Les Ă©valuations prĂ©alables sont soumises à un examen par les pairs. D’autres avis relatifs à ces Ă©valuations sont Ă©galement obtenus, s’il y a lieu, par le truchement du Groupe consultatif du DĂ©fi. Le Groupe a Ă©tĂ© créé pour conseiller le gouvernement sur l’application du principe de prudence et de la mĂ©thode du poids de la preuve dans les Ă©valuations prĂ©alables rĂ©alisĂ©es dans le cadre du DĂ©fi. Il est composĂ© d’experts de divers domaines tels que la politique sur les produits chimiques, la fabrication de ces produits, l’Ă©conomie et la santĂ© de l’environnement. Ces Ă©valuations prĂ©alables sont ensuite publiĂ©es sur le site Web portant sur les substances chimiques à l’adresse www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/challenge-defi/batch-lot-8/index-fra.php en même temps que paraissent les avis dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada qui prĂ©cisent l’intention des ministres de prendre des mesures supplĂ©mentaires de gestion des risques.

ConformĂ©ment à l’article 91 de la LCPE (1999), le ministre de l’Environnement est tenu de publier, dans la Gazette du Canada, un projet de texte — règlement ou autre instrument — portant sur les mesures de prĂ©vention ou de contrôle dans les deux ans suivant la publication d’un avis en vertu de l’alinĂ©a 77(6)b) de la LCPE (1999), indiquant que la mesure, confirmĂ©e ou modifiĂ©e, que proposent les ministres, est une recommandation d’inscrire la substance sur la Liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE (1999). L’article 92 les oblige ensuite à terminer et à publier le texte dans les 18 mois suivant la publication dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada.

L’inscription de substances à l’annexe 1 de la LCPE (1999), permet aux ministres de mettre au point des outils de gestion des risques afin de s’acquitter de ces obligations. La LCPE (1999) permet l’Ă©laboration d’instruments de gestion des risques (comme des règlements, des directives et des codes de pratique) afin de protĂ©ger l’environnement et la santĂ© humaine. Ces instruments peuvent être Ă©laborĂ©s en vue de contrôler tous les aspects du cycle de vie d’une substance, depuis la recherche et le dĂ©veloppement jusqu’à l’Ă©limination finale ou au recyclage, en passant par la fabrication, l’utilisation, le stockage et le transport. Des documents proposant une approche de gestion des risques et indiquant le centre de prĂ©occupation des activitĂ©s de gestion des risques du gouvernement ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s pour les substances du huitième lot et sont disponibles en ligne sur le site Web des substances chimiques susmentionnĂ©.

Descriptions des substances, rĂ©sumĂ© des Ă©valuations et conclusions pour les substances du huitième lot

Le propane, 2-nitro-

Le propane, 2-nitro-, aussi appelĂ© « 2-nitropropane » est une substance chimique industrielle, utilisĂ©e comme solvant et comme produit chimique intermĂ©diaire. En tant que solvant, la substance peut être utilisĂ©e dans des encres, des peintures, des adhĂ©sifs, des vernis, des polymères et des matĂ©riaux synthĂ©tiques. Par ailleurs, le 2-nitropropane peut servir d’intermĂ©diaire dans la synthèse de produits pharmaceutiques, de teintures et d’insecticides. Bien que le 2-nitropropane puisse être utilisĂ© pour la production des encres d’imprimerie pour l’emballage de produits alimentaires flexible, aucune utilisation de cette substance à cette fin n’a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e au Canada au cours des 10 dernières annĂ©es au moins. L’utilisation de 2-nitropropane est autorisĂ©e dans la transformation des huiles vĂ©gĂ©tales. Cela dit, les donnĂ©es disponibles (fournies par les intervenants à SantĂ© Canada, en 2009) rĂ©vèlent que cette substance n’a pas Ă©tĂ© utilisĂ©e à cette fin en AmĂ©rique du Nord. L’utilisation de 2-nitropropane en tant que solvant dans la transformation des aliments est Ă©galement dĂ©conseillĂ©e à l’Ă©chelle internationale. NĂ©anmoins, afin de tenir compte de la prĂ©sence potentielle de 2-nitropropane dans les huiles vĂ©gĂ©tales importĂ©es au Canada, une Ă©valuation de l’exposition potentielle à la substance par l’intermĂ©diaire d’huiles et de graisses vĂ©gĂ©tales a Ă©tĂ© menĂ©e.

Le 2-nitropropane n’a pas Ă©tĂ© fabriquĂ© au Canada au-dessus du seuil de 100 kg, mais de 100 à 1 000 kg par an y ont Ă©tĂ© importĂ©s en 2006. Les sources potentielles d’exposition les plus importantes au 2-nitropropane comprennent vraisemblablement l’inhalation de la fumĂ©e de cigarette et l’ingestion d’huile vĂ©gĂ©tale, qui pourrait contenir des concentrations rĂ©siduelles de cette substance. En s’appuyant principalement sur les Ă©valuations fondĂ©es sur le poids de la preuve qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es par des organismes internationaux et d’autres organismes nationaux (Centre international de recherche sur le cancer, Commission europĂ©enne, National Toxicology Program des États-Unis), la cancĂ©rogĂ©nicitĂ© reprĂ©sente un effet critique du 2-nitropropane aux fins de la caractĂ©risation des risques pour la santĂ© humaine. Diverses Ă©tudes menĂ©es sur des animaux de laboratoire ont rĂ©vĂ©lĂ© une incidence accrue de tumeurs au foie. Par ailleurs, la gĂ©notoxicitĂ© du 2-nitropropane a Ă©tĂ© clairement dĂ©montrĂ©e chez les rats.

Le 2-nitrotoluène

Le 2-nitrotoluène est un produit chimique industriel dont l’utilisation est principalement rĂ©servĂ©e aux applications industrielles dans les systèmes fermĂ©s de production des explosifs au Canada. D’autres utilisations à l’Ă©tranger comprennent la fabrication de produits pesticides et pharmaceutiques, qui pourraient être importĂ©s au Canada. Aucune fabrication de 2-nitrotoluène au-dessus du seuil de 100 kg n’a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e au Canada, mais de 100 à 1 000 kg par an y ont Ă©tĂ© importĂ©s en 2006. L’exposition de la population gĂ©nĂ©rale au 2-nitrotoluène ne devrait pas provenir des milieux naturels, des aliments, des boissons et des produits de consommation. Cette substance a Ă©tĂ© classĂ©e par d’autres organismes nationaux et internationaux (Centre international de recherche sur le cancer, Commission europĂ©enne, National Toxicology Program des États-Unis) en fonction de sa cancĂ©rogĂ©nicitĂ©. Bien qu’on ne dispose que de très peu de donnĂ©es sur l’Ă©ventuelle cancĂ©rogĂ©nicitĂ© du 2-nitrotoluène chez les humains, on a enregistrĂ© une incidence accrue de tumeurs chez les animaux de laboratoire. L’exposition à cette substance a aussi Ă©tĂ© associĂ©e à d’autres effets que le cancer, notamment des effets sur le dĂ©veloppement, le système reproducteur, les poumons, le foie, la rate, la moelle osseuse et le système hĂ©matopoïĂ©tique. Le 2-nitrotoluène s’est Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© gĂ©notoxique lors d’expĂ©riences menĂ©es sur des rongeurs.

Le DTBSBP

Le DTBSBP ne se trouve pas naturellement dans l’environnement et est utilisĂ© au Canada et ailleurs comme antioxydant et agent stabilisant dans les plastiques, notamment le chlorure de polyvinyle (PVC) et la mousse de polyurĂ©thanne, ainsi que dans les liquides pour freins, les rĂ©sines pour encres et les huiles minĂ©rales ou vĂ©gĂ©tales utilisĂ©es dans le secteur industriel. Toutefois, cette substance n’est plus utilisĂ©e au Canada dans le PVC. Il est Ă©galement utilisĂ© comme antioxydant dans le secteur pĂ©trochimique. Bien que la substance ne soit pas produite au Canada, entre 10 000 kg et 100 000 kg de DTBSBP y ont Ă©tĂ© importĂ©s en 2006, essentiellement pour la fabrication de produits plastiques et dans les liquides pour freins. La quantitĂ© de DTBSBP importĂ©e au Canada ainsi que les utilisations potentiellement dispersives de cette substance indiquent qu’elle pourrait être rejetĂ©e dans l’environnement au pays. Pour ce qui est des activitĂ©s d’Ă©valuation dans les autres pays, elles ont Ă©tĂ© parrainĂ©es par le High Production Volume Program des États-Unis, cette substance ayant Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme appartenant à la classe des « alkylphĂ©nols ». L’Environmental Protection Agency des États-Unis a par ailleurs effectuĂ© une Ă©valuation des risques en 2007. À l’heure actuelle, le DTBSBP est aussi parrainĂ© par le Japon pour un ensemble de donnĂ©es de dĂ©pistage dans le cadre du programme de l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE) sur les substances chimiques produites en grandes quantitĂ©s. Les donnĂ©es empiriques et modĂ©lisĂ©es pour le DTBSBP et les donnĂ©es empiriques pour les analogues structuraux similaires indiquent que le DTBSBP devrait être persistant dans l’eau, le sol et les sĂ©diments. Les donnĂ©es modĂ©lisĂ©es et les donnĂ©es sur les analogues rĂ©vèlent que le DTBSBP a le potentiel de s’accumuler dans les organismes et prĂ©sente un risque de bioamplification dans les chaînes alimentaires. Il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que cette substance ne rĂ©pond pas aux critères de persistance et de bioaccumulation dĂ©finis dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation. En outre, les donnĂ©es modĂ©lisĂ©es ainsi que les donnĂ©es empiriques relatives à un analogue structural similaire, le 2,4,6-tri-tert-butylphĂ©nol, indiquent que la substance pourrait s’avĂ©rer très dangereuse pour les organismes aquatiques.

Le MAPBAP acétate

Le MAPBAP acĂ©tate n’est pas prĂ©sent naturellement dans l’environnement et est utilisĂ© comme teinture cationique principalement dans la production de produits de papier (papier journal) au Canada et ailleurs dans le monde. Bien que le MAPBAP acĂ©tate n’ait pas Ă©tĂ© produit au Canada, entre 10 001 kg et 100 000 kg de cette substance y ont Ă©tĂ© importĂ©s en 2006. Les quantitĂ©s importĂ©es au Canada ainsi que les utilisations connues de cette substance indiquent qu’elle pourrait être rejetĂ©e dans l’environnement canadien. Bien qu’aucun rejet de MAPBAP acĂ©tate n’ait Ă©tĂ© rapportĂ© dans le cadre d’une enquête menĂ©e en vertu de l’article 71 de la LCPE (1999), cette substance pourrait être libĂ©rĂ©e dans l’environnement en raison de son utilisation actuelle comme colorant pour papier. Cette substance n’a fait l’objet d’aucune Ă©valuation en Union europĂ©enne ou aux États-Unis. Étant donnĂ© l’absence de donnĂ©es expĂ©rimentales sur la persistance et le potentiel de bioaccumulation du MAPBAP acĂ©tate, on s’est servi de donnĂ©es modĂ©lisĂ©es pour en Ă©valuer la persistance. Le MAPBAP acĂ©tate devrait être persistant dans l’environnement, mais pas bioaccumulable, compte tenu des critères dĂ©finis dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation. En outre, les donnĂ©es disponibles rĂ©vèlent que le MAPBAP acĂ©tate pourrait être très dangereux pour les organismes aquatiques.

Conclusions des évaluations finales

Les Ă©valuations prĂ©alables finales pour le huitième lot du DĂ©fi ont conclu que sur les 14 substances, 4 rĂ©pondent à un des critères ou plus Ă©tablis dans l’article 64 de la LCPE (1999).

Compte tenu du potentiel de cancĂ©rogĂ©nicitĂ©, qui pourrait avoir des effets nocifs à tous les niveaux d’exposition ainsi que d’autres effets nocifs Ă©ventuels, le 2-nitropropane et le 2-nitrotoluène sont considĂ©rĂ©s comme des substances pouvant pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature à constituer un danger au Canada pour la vie ou la santĂ© humaines, et qu’elles remplissent ainsi les critères de l’alinĂ©a 64c) de la LCPE (1999).

Compte tenu des renseignements disponibles, il a Ă©tĂ© conclu que le DTBSBP et le MAPBAP acĂ©tate pĂ©nètrent ou peuvent pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immĂ©diatement ou à long terme, des effets nocifs sur l’environnement ou sur la biodiversitĂ©, aux termes de l’alinĂ©a 64a) de la LCPE (1999). Par consĂ©quent, il a Ă©tĂ© proposĂ© que le 2-nitropropane, 2-nitrotoluène, le DTBSBP et le MAPBAP acĂ©tate soient ajoutĂ©s à l’annexe 1 de la LCPE (1999).

De plus, la prĂ©sence du DTBSBP dans l’environnement rĂ©sulte surtout de l’activitĂ© humaine et les donnĂ©es disponibles sur la persistance et la bioaccumulation indiquent que cette substance rĂ©pond au critère Ă©noncĂ© dans le Règlement sur la persistance et la bioaccumulation de la LCPE (1999). Cette substance rĂ©pond donc au critère de mise en place de la quasi-Ă©limination des rejets dans l’environnement, conformĂ©ment au paragraphe 77(4).

Les rapports finaux d’Ă©valuation prĂ©alable, les documents proposant une mĂ©thode de gestion des risques et les rĂ©ponses complètes aux commentaires reçus sur les substances du huitième lot ont Ă©tĂ© publiĂ©s le 31 juillet 2010 et peuvent être obtenus à partir du site Web sur les substances chimiques susmentionnĂ© ou auprès de la Division de la mobilisation et de l’Ă©laboration de programmes, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3, 819-953-7155 (tĂ©lĂ©copieur); ou par courriel à l’adresse Existing.Substances.Existantes@ ec.gc.ca.

Solutions envisagées

Après une Ă©valuation menĂ©e en vertu de la LCPE (1999), il est possible de prendre l’une des mesures suivantes :

  • inscrire la substance sur la Liste des substances d’intĂ©rêt prioritaire (lorsque des renseignements supplĂ©mentaires sont nĂ©cessaires pour dĂ©terminer si une substance rĂ©pond ou non aux critères Ă©noncĂ©s à l’article 64);
  • ne rien faire à l’Ă©gard de la substance;
  • recommander son inscription sur la Liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE (1999) et, s’il y a lieu, mettre en œuvre sa quasi-Ă©limination.

Il a Ă©tĂ© conclu dans les rapports finaux d’Ă©valuation prĂ©alable que le 2-nitropropane et le 2-nitrotoluène pĂ©nètrent ou peuvent pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature à constituer un danger au Canada pour la vie ou la santĂ© humaines, au sens de l’alinĂ©a 64c) de la LCPE (1999).

Il a Ă©galement Ă©tĂ© conclu que le DTBSBP et le MAPBAP acĂ©tate pĂ©nètrent ou peuvent pĂ©nĂ©trer dans l’environnement en une quantitĂ© ou concentration ou dans des conditions de nature à avoir, immĂ©diatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversitĂ© biologique au sens de l’alinĂ©a 64a) de la LCPE (1999).

Par consĂ©quent, la meilleure solution consiste à inscrire ces substances à l’annexe 1 afin de permettre la crĂ©ation de règlements ou autres instruments de gestion des risques.

De plus, la prĂ©sence de DTBSBP dans l’environnement est principalement le rĂ©sultat d’activitĂ© humaine et les donnĂ©es disponibles rĂ©vèlent que la substance est persistante et bioaccumulable, comme le dĂ©crit le Règlement sur la persistance et bioaccumulation. Par consĂ©quent, les ministres suivront le processus spĂ©cifiĂ© dans la LCPE (1999) pour les substances qui rĂ©pondent au critère de la quasi-Ă©limination des rejets dans l’environnement.

Avantages et coûts

L’inscription de ces substances permet aux ministres d’Ă©tablir des règlements ou des instruments proposĂ©s afin de gĂ©rer les risques que prĂ©sentent ces substances en vertu de la LCPE (1999). Ceux-ci incluent des instruments tels que les plans de prĂ©vention de la pollution, les lignes directrices ou les codes de pratique. Les ministres peuvent toutefois choisir d’Ă©tablir des instruments ne relevant pas de la LCPE (1999) pour aider à protĂ©ger la santĂ© humaine et l’environnement. Au cours de l’Ă©tablissement de ces mesures proposĂ©es, les ministres feront une Ă©valuation des incidences potentielles, notamment une analyse Ă©conomique, et ils consulteront le public et d’autres intervenants.

Consultation

Les ministres ont publiĂ©, le 30 janvier 2010, dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada un rĂ©sumĂ© des Ă©valuations scientifiques effectuĂ©es pour les 14 substances du huitième lot, en vue d’une pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours. Le même jour ont aussi Ă©tĂ© publiĂ©s les cadres de gestion des risques, où sont dĂ©crites les options prĂ©liminaires examinĂ©es pour la gestion des quatre substances que l’on propose de considĂ©rer comme toxiques au sens de l’article 64 de la LCPE (1999). PrĂ©alablement, Environnement Canada et SantĂ© Canada avaient informĂ© les gouvernements des provinces et des territoires, par l’intermĂ©diaire du ComitĂ© consultatif national (CCN) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, de la publication des Ă©valuations prĂ©alables sur les 14 substances, des cadres de gestion des risques et de la pĂ©riode de commentaires publics mentionnĂ©e ci-dessus. Le ComitĂ© consultatif national de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement n’a fait part d’aucun commentaire.

Au cours de la pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours, 4 intervenants de l’industrie et 4 organisations non gouvernementales ont fourni un total de 10 rĂ©troactions sur les Ă©valuations scientifiques et les cadres de gestion des risques pour les substances du huitième lot que l’on proposait d’ajouter à l’annexe 1 de la LCPE (1999). Tous les commentaires ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s dans l’Ă©laboration des Ă©valuations prĂ©alables finales. Les commentaires sur les cadres de gestion des risques liĂ©s aux substances ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s dans l’Ă©laboration des mĂ©thodes de gestion des risques proposĂ©es, lesquelles feront aussi l’objet d’une pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours.

Voici, ci-dessous, un rĂ©sumĂ© des principaux commentaires reçus sur les conclusions des Ă©valuations concernant la toxicitĂ© des substances, ainsi que les rĂ©ponses à ces rĂ©actions. Dans le cas des commentaires formulĂ©s concernant le fait qu’une substance satisfait ou non aux critères de l’article 64 de la LCPE (1999), Ă©tant donnĂ© les incertitudes et le manque d’information, le gouvernement fait alors preuve de prudence pour protĂ©ger les Canadiens et l’environnement. Les rĂ©ponses complètes aux commentaires reçus sont disponibles sur le site Web des substances chimiques du gouvernement du Canada. Ils peuvent, par ailleurs, être obtenus en communiquant avec les services compĂ©tents par la poste, par tĂ©lĂ©copieur ou par courriel aux coordonnĂ©es susmentionnĂ©es.

Résumé des commentaires généraux et des réponses

  • Les commentaires d’un fabricant de produits chimiques laissaient entendre que les rapports d’Ă©valuation prĂ©alable Ă©taient surtout un rĂ©sumĂ© de renseignements critiques, et qu’ils ne constituaient pas un examen de toutes les donnĂ©es disponibles. Cela ouvre la porte à la contestation des Ă©valuations ou des mesures de gestion des risques.

RĂ©ponse : Les Ă©valuations prĂ©alables sont fondĂ©es sur les renseignements actuellement disponibles lorsqu’il s’agit de dĂ©terminer les effets sanitaires et Ă©cologiques critiques. Les scientifiques d’Environnement Canada et de SantĂ© Canada examinent les Ă©lĂ©ments de preuves extraits de documents soumis par les membres de l’industrie [que ce soit volontairement ou en vertu de l’article 71 de la LCPE (1999)], des donnĂ©es scientifiques provenant d’une variĂ©tĂ© de sources, notamment des articles publiĂ©s dans des revues scientifiques et d’autres Ă©tudes internationales, et ils tentent d’obtenir d’autres avis et commentaires scientifiques de la part de spĂ©cialistes lorsqu’ils proposent des conclusions. SantĂ© Canada comprend bien le contexte et les implications sur le plan rĂ©glementaire entourant l’utilisation d’Ă©valuations des dangers faisant appel au poids de la preuve qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es par d’autres organismes internationaux. Les Ă©valuations font Ă©galement l’objet d’une pĂ©riode de commentaires publics de 60 jours, ce qui donne l’occasion à tous les intervenants de soumettre des commentaires ainsi que des donnĂ©es ou renseignements supplĂ©mentaires. Ces commentaires sont pris en compte lors de l’Ă©laboration de la version finale des Ă©valuations. En cas d’avancĂ©e scientifique, de nouveaux rĂ©sultats ou de certitudes qui surviendraient à l’avenir, les Ă©valuations pourraient être revues, s’il y a lieu.

  • Un fabricant du secteur a demandĂ© les raisons pour lesquelles on recourt au nouveau modèle d’Ă©valuation prĂ©alable des polluants organiques persistants de l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE).

RĂ©ponse : UtilisĂ© depuis 2006, le modèle de dĂ©pistage des polluants organiques persistants est un outil qui permet de prĂ©voir le potentiel de transport à grande distance (PTGD) d’une substance chimique. Il a la capacitĂ© de prĂ©voir la quantitĂ© de substance chimique qui se retrouvera dans une rĂ©gion cible, ainsi que son potentiel de transport. Cette caractĂ©ristique est unique à l’outil. Une autre caractĂ©ristique de cet outil consiste en sa capacitĂ© à comparer une substance donnĂ©e à des polluants organiques persistants, en plus de dĂ©terminer si elle possède des propriĂ©tĂ©s semblables à celles des polluants organiques persistants. Grâce à ces caractĂ©ristiques, l’outil permet d’obtenir d’autres Ă©lĂ©ments de preuves concernant le potentiel de transport à grande distance lors de l’Ă©valuation.

  • Un fabricant du secteur a demandĂ© les raisons pour lesquelles on n’a pas calculĂ© les quotients de risque des substances persistantes et bioaccumulables.

RĂ©ponse : Il est gĂ©nĂ©ralement admis que lorsqu’on recourt aux mĂ©thodes classiques pour Ă©valuer les risques liĂ©s aux substances persistantes et bioaccumulables, il y a des chances pour que ces risques soient sous-estimĂ©s, puisque la consommation des aliments est habituellement la principale voie d’exposition aux substances persistantes et bioaccumulables — notamment pour les prĂ©dateurs de niveau trophique supĂ©rieur. Les concentrations estimĂ©es sans effet (CESE) peuvent entraîner une sous-estimation des seuils d’exposition produisant un effet si la voie alimentaire n’est pas prise en considĂ©ration lors des principales Ă©tudes de toxicitĂ©. Bien qu’on puisse utiliser des approches prudentes (par exemple les Ă©valuations supplĂ©mentaires ou les facteurs d’incertitude) pour combler ces lacunes, certaines incertitudes importantes sont associĂ©es aux estimations des risques rĂ©sultantes.

La preuve qu’une substance est persistante et bioaccumulable reprĂ©sente aussi un bon indice de son potentiel de nuisibilitĂ© à l’environnement. Cette preuve, conjuguĂ©e avec d’autres renseignements tels que la preuve de toxicitĂ© chez les organismes de laboratoire ou d’autres organismes, ainsi que la preuve de potentiel de rejet dans l’environnement, est suffisante pour permettre de conclure qu’une substance pourrait rĂ©pondre aux critères Ă©tablis à l’alinĂ©a 64a) de la LCPE (1999). Dans ce cas, le quotient de risque n’est pas calculĂ©.

  • Une organisation non gouvernementale de l’environnement a fait remarquer que le fait de citer des renseignements commerciaux confidentiels (RCC) concernant l’utilisation et le volume des substances devrait être revu en vue de diminuer les plaintes portant sur la divulgation de renseignements commerciaux confidentiels. Les intervenants ne peuvent formuler de manière appropriĂ©e leurs commentaires concernant les Ă©valuations s’ils n’accèdent pas à ces renseignements. Le gouvernement devrait revoir les restrictions liĂ©es aux renseignements commerciaux confidentiels lorsqu’il y a incidence sur la santĂ© publique et l’environnement.

RĂ©ponse : Les ministres travaillent en permanence avec les intervenants pour veiller à ce que de tels renseignements soient prĂ©sentĂ©s de la manière la plus transparente possible, de sorte à rĂ©pondre aux demandes de traitement confidentiel.

RĂ©sumĂ© des principaux commentaires sur les substances d’intĂ©rêt prioritaire pour la santĂ©

2-nitropropane

Une organisation non gouvernementale de l’environnement a laissĂ© entendre que les renseignements sur les rejets dans l’environnement Ă©taient insuffisants. Par ailleurs, elle suggère d’effectuer des recherches et de la surveillance pour dĂ©terminer la concentration du 2-nitropropane dans l’environnement et les produits de consommation.

RĂ©ponse : L’Ă©valuation prĂ©alable est basĂ©e sur les renseignements disponibles qui laissent entendre que le degrĂ© d’exposition de la population gĂ©nĂ©rale devrait être faible. Les importateurs et les fabricants canadiens sont tenus de dĂ©clarer les rejets dans l’atmosphère, le sol et l’eau dans le cadre de l’enquête menĂ©e en vertu de l’article 71. En ce qui concerne les concentrations estimĂ©es pour les milieux naturels, les renseignements disponibles sur divers Ă©lĂ©ments (par exemple les volumes d’importation faibles et l’absence de rejets dĂ©clarĂ©s) viennent appuyer la conclusion selon laquelle le degrĂ© d’exposition de la population à partir des milieux naturels devrait être faible. Les hypothèses utilisĂ©es dans cette Ă©valuation ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme Ă©tant assez prudentes et comme fournissant des preuves suffisantes pour pouvoir prendre une dĂ©cision.

2-nitrotoluène

Une organisation non gouvernementale de l’environnement a suggĂ©rĂ© que l’Ă©valuation ne tient pas compte des populations vulnĂ©rables.

RĂ©ponse : L’Ă©valuation prĂ©alable du 2-nitrotoluène est une Ă©valuation scientifique des donnĂ©es disponibles. Compte tenu de l’utilisation industrielle du 2-nitrotoluène au Canada, aucune population ne devrait y être exposĂ©e, y compris les populations vulnĂ©rables.

Une organisation non gouvernementale de l’environnement se voit prĂ©occupĂ©e par le fait qu’on ne soit pas au courant de tous les types d’utilisation du 2-nitrotoluène au Canada et par le fait qu’on en sous-estime ou qu’on en ignore les concentrations dans l’environnement et dans les biens de consommation importĂ©s. Cette organisation non gouvernementale de l’environnement est Ă©galement prĂ©occupĂ©e par le peu de renseignements disponibles sur les rejets de cette substance dans l’environnement canadien et sur son Ă©limination.

RĂ©ponse : L’Ă©valuation est basĂ©e sur les renseignements disponibles qui laissent entendre que le degrĂ© d’exposition de la population gĂ©nĂ©rale devrait être faible. Ces prĂ©occupations ont Ă©tĂ© formulĂ©es au cours du processus d’Ă©valuation prĂ©alable. Par consĂ©quent, on a tenu compte de tous les types d’usage du 2-nitrotoluène dans le monde pour Ă©tudier l’impact de l’Ă©ventuelle utilisation de cette substance au Canada. Aucun renseignement supplĂ©mentaire n’Ă©tait disponible. Les renseignements prĂ©sentĂ©s concernant les rejets se fondaient sur l’information fournie par les membres de l’industrie et celle extraite de la documentation. Les tendances de l’utilisation du 2-nitrotoluène (dans le monde et au Canada) rĂ©vèlent que le recours à cette substance a diminuĂ©. Ainsi, la plupart des renseignements contenus dans les documents concernaient les utilisations passĂ©es. Il n’y avait aucun renseignement sur l’Ă©limination du 2-nitrotoluène, peut-être à cause des quantitĂ©s limitĂ©es ou faibles utilisĂ©es dans le milieu industriel.

RĂ©sumĂ© des principaux commentaires sur les substances d’intĂ©rêt prioritaire pour l’environnement

DTBSBP

Les commentaires d’un fabricant de produits chimiques ont laissĂ© entendre que les estimations et les hypothèses du modèle concernant les rejets de DTBSBP (par exemple Ă©missions des eaux usĂ©es) sont extrêmement Ă©levĂ©es et ne sont pas rĂ©alistes.

RĂ©ponse : Les estimations relatives aux rejets de DTBSBP reprĂ©sentent des scĂ©narios rĂ©alistes de la pire Ă©ventualitĂ© (par exemple rejets potentiels maximaux). La plupart des hypothèses concernant les rejets dans l’environnement Ă©taient extraites des documents portant sur les scĂ©narios d’Ă©mission publiĂ©s par l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques. Toutefois, les estimations de rejets n’ont pas eu d’incidence sur les conclusions Ă©cologiques de cette Ă©valuation prĂ©alable.

MAPBAP acétate

Un fabricant de produits chimiques a fourni de nouveaux renseignements sur les propriĂ©tĂ©s physiques de la substance, en plus d’autres prĂ©cisions sur son importation, son utilisation et ses rejets, ainsi que sur les pratiques de gestion qui sont en place.

RĂ©ponse : Les scientifiques d’Environnement Canada et de SantĂ© Canada ont tenu compte de ces nouveaux renseignements pour rĂ©aliser l’Ă©valuation finale.

Commentaires reçus à la suite de la publication du dĂ©cret proposĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada

Les ministres ont publiĂ© le 2 octobre 2010, dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, un projet de DĂ©cret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). Aucun commentaire n’a Ă©tĂ© reçu pendant la pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours.

Mise en œuvre, application et normes de service

Le DĂ©cret ajoute les quatre substances mentionnĂ©es ci-dessus à l’annexe 1 de la LCPE (1999), permettant ainsi aux ministres de rĂ©pondre à leur obligation de publier les règlements ou autres instruments proposĂ©s au plus tard le 31 juillet 2012, et de les mettre au point au plus tard le 31 janvier 2014. L’Ă©laboration d’un plan de mise en œuvre ou d’une stratĂ©gie de conformitĂ© ou encore l’Ă©tablissement de normes de service ne sont pas considĂ©rĂ©s comme essentiels si aucune proposition particulière de gestion des risques n’est soumise. Le gouvernement entreprendra une Ă©valuation appropriĂ©e de la mise en œuvre, de la conformitĂ© et de l’application pendant l’Ă©laboration de projets de règlement ou d’instruments de contrôle qui s’appliquent aux mesures de prĂ©vention ou de contrôle à l’Ă©gard de ces substances.

Personnes-ressources

Greg Carreau
Division de la mobilisation et de l’Ă©laboration de programmes
Environnement Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information de la gestion des substances :
1-800-567-1999 (sans frais au Canada)
TĂ©lĂ©copieur : 819-953-7155
Courriel : substances@ec.gc.ca

Michael Donohue
Bureau de gestion du risque
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
TĂ©lĂ©phone : 613-957-8166
TĂ©lĂ©copieur : 613-952-8857
Courriel : michael.donohue@hc-sc.gc.ca

Référence a
L.C. 2004, ch. 15, art. 31

Référence b
L.C. 1999, ch. 33

Référence c
L.C. 1999, ch. 33

Référence 1
L.C. 1999, ch. 33

Référence 2
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